Islam  : Libération des opprimés

Aïcha la Mère des Croyants mariée à l’âge de 6 ans : vérité ou mythe antique ?

Omar MAZRI 30 août 2012 Islamophobie Commentaires fermés sur Aïcha la Mère des Croyants mariée à l’âge de 6 ans : vérité ou mythe antique ?
Aïcha la Mère des Croyants mariée à l’âge de 6 ans : vérité ou mythe antique ?
Print pagePDF pageEmail page

Introduction

j’ai retrouvé un article en anglais « Was Ayesha A Six-Year-Old Bride? The Ancient Myth Exposed »  de Shanavas qui est est un médecin d’origine indienne installé dans le Michigan – Professeur à l’université de Massachusetts. L’ article original a été publié  dans « Le Minaret de Mars 1999″  sur le site  http://www.ilaam.net/Articles/Ayesha.html

Je l’ai traduit après avoir lu un article en langue arabe présentant un jeune qui a plagié  en 2008  Shanavas en publiant la traduction arabe  dans un journal saoudien et en disant voici les failles que les savants musulmans sortis des grandes universités islamiques n’ont pas vus. J’ai jugé nécessaire de suivre le travail original et de le publier pour ne pas laisser les jeunes musulmans francophones dépourvus d’arguments devant les critiques des orientalistes et des évangélistes qui croient avoir trouvé la flèche empoisonnée pour faire douter le jeune musulman en lui présentant le Noble Prophète de « pédophile ». Sobhane Allah!

Dans la quête des sources j’ai vu que ce travail de traduction et de vérification des sources a déjà été entrepris par Ahmed Amine qui cite les sources arabes. Le docteur Shavana auteur de ce travail a été occulté. Je me suis promis de le faire porter à la connaissance du public malgré l’actualité politique et les Fatwas meurtrières  qui ne nous ont pas donné le temps de revenir aux problèmes de l’Islam, de ses détracteurs et de ses infantiles.


Problématique

Un ami chrétien m’a demandé une fois, «Consentez-vous à donner en mariage votre fille de sep ans à un homme de cinquante ans? ». Devant mon silence, il a poursuivi : « «Si, tu ne consens pas ce mariage pour ta fille comment donc pouvez-vous approuver le mariage d’une innocente fillette de sept ans, Aïcha, avec votre Prophète? » Je lui ai dit, tout simplement, que je n’avais pas de réponse à ses questions en ce moment là. Il m’a sourit et m’a quitté en me laissant avec une épine dans le cœur qui bouleversa ma foi. (Shanavas)

La plupart des Musulmans s’imaginent que de tels mariages étaient tolérés par la coutume de l’époque sinon les gens se seraient opposés, au mariage du Prophète avec Aïcha car une telle pratique aurait contredit l’usage et les convenances en vigueur. Toutefois une telle exp1ication ne serait crédible que pour ceux qui sont assez naïfs de croire que c’était l’usage et la coutume des Arabes de faire épouser un homme de cinquante ans une fille de six ou neuf ans. Mais je ne fais pas partie des naïfs pour me contenter d’une réponse aussi farfelue et je me trouvais donc très insatisfait des réponses « traditionnelles ».

 Le Prophète était un homme exemplaire, tous ses actes et ses comportements représentaient l’excellence de la vertu. Il était le modèle à suivre qui doit inspirer la vie et le comportement de tous les Musulmans qui doivent trouver facilité et sérénité à l’imiter.

 Cependant la plupart des gens de notre « Centre islamique de Tolède », moi y compris, avions du mal à envisager l’hypothèse des fiançailles de l’une de nos filles de sept ans à un homme de cinquante-deux ans. Dans l’éventualité où un père serait consentant à un tel mariage nous sommes arrivés à la conclusion que la communauté musulmane exprimerait sa désapprobation et montrerait son désaccord en affichant publiquement son mépris tant pour le vieux fiancé que pour le père de la fillette future épousée.

 En 1923, les greffiers du mariage en Égypte ont reçu l’ordre de ne pas enregistrer ni de délivrer des certificats officiels du mariage pour les épouses de moins de seize ans et époux de moins de dix-huit ans. Huit ans plus tard, la loi de l’Organisation et de la procédure des tribunaux de la Charia islamique de 1931 consolidés de la disposition ci-dessus en ne reconnaissant pas le mariage dans les cas litigieux impliquant des épouses de moins de seize ans et époux de moins de dix-huit ans., John Esposito – dans Femmes, droit de la famille musulmane 1982 – montre que dans les pays à majorité musulmane telle que l’Égypte les mariages d’enfants sont juridiquement nuls et invalides et socialement inacceptables.

 Donc, je suis restais persuadé, eu égard aux plans logique, historique et sociologique, sans preuves solides autres que ma révérence à mon Prophète, que les récits sur son mariage à 50 ans avec Aïcha âgée 7 ans, ne sont que des mythes ou des fabulations. Cependant, ma conviction m’a amené à effectuer une longue quête à la recherche de la vérité sur cette question épineuse et troublante. Cette recherche menée à son terme a confirmé la justesse de mon intuition et l’exactitude de l’image belle que je me faisais de ce noble Prophète. Mon prophète était un gentleman et il ne pouvait ni raisonnablement ni religieusement ni moralement épouser une jeune fille innocente âgée seulement de sept ou de neuf ans.

 L’âge d’Aïcha a été indiqué par erreur dans le hadith rapporté sur son mariage. En outre, j’ai l’intime conviction que les commentaires rapportés sur cet événement sont très peu fiables. Certains des hadiths (traditions du Prophète) concernant l’âge d’Aïcha au moment de son mariage avec le Prophète sont effectivement problématiques quand on les passe à l’analyse scientifique. Je présente ici les preuves démentant et réfutant l’histoire fictive rapportée par Urwah ibn Hisham et j’affiche par là mon ambition et mon intention : effacer l’idée fausse et réparer la fabulation mensongère sur mon Prophète présenté outrageusement comme un homme irresponsable et un vieux impudique s’attaquant à une petite fille innocente.

 

 TÉMOIGNAGES 1: la fiabilité de la source


 La plupart des récits imprimés dans les livres de hadiths sur le mariage de Aïcha ne sont signalés que par ibn Hisham `Urwah dans le contexte singulier qu’il rapportait non pas des commentaires sur le mariage de Aïcha mais des commentaires sur l’autorité de son père. Tout d’abord, plus de personnes que seulement un, deux ou trois devrait logiquement avoir signalé un tel événement si important tant dans la vie du Prophète que dans celui de la communauté musulmane ! Il est étrange que personne de Médine, où Hisham ibn `Urwah vécu les 71 premières années de sa vie, n’ait raconté l’événement, malgré le fait que parmi les érudits de Médine se trouvent le très respectable et bien respecté l’illustre Malik ibn Anas. Les sources de la transmission des récits sur cet événement sont les gens de l’Irak, où Hisham se serait installé au tard de sa vie après avoir vécu à Médine pour la plupart de sa longue vie.

 Tehzibu’l-Tehzib, l’un des livres les plus connus sur la vie et la fiabilité des narrateurs des traditions du Prophète, rapporte que selon Ibn Yaqub Shaibah: « Il [Hisham] est très fiable, ses récits sont acceptables, à l’exception de ce qu’il a relaté après avoir déménagé plus tard en Irak » » (Tehzi’bu’l-tehzi’b, Ibn Hajar Al-` asqala’ni, Dar al-Ihya Turath al-Islami, du 15ème siècle. Vol 11, p. 50). Il précise en outre que Malik ibn Anas fit objection sur les récits de Hisham qui ont été rapportés par des gens en Irak: « On m’a dit que Malik s’est opposé à ces récits de Hisham qui ont été signalés par les gens de l’Irak » (Tehzi’b u’l- tehzi’b, Ibn Hajar Al-`asqala’ni, Dar al-Ihya Turath al-Islami, Vol.11, p. 50).

 Mizanu’l-ai`tidal, un autre livre sur la vie des chroniqueurs et des narrateurs des traditions du Prophète rapporte:« Quand il devint vieux, la mémoire Hisham avait beaucoup souffert » (Mizanu’l-ai`tidal, Al-Zahbi, Al-Maktabatu’l-athriyyah, Sheikhupura, Pakistan, Vol. 4, p. 301).

 CONCLUSION 1 : Sur la base de ces références qui font autorité, la mémoire de Hicham a été défaillante et ses récits à un âge sénile rapporté sans discernement par des sources irakiennes ne sont pas scientifiquement fiables. Ainsi, son récit tant sur le mariage de Aïcha que sur l’âge de son mariage ne sont pas fiables et ne peuvent donc constituer une source digne de confiance sur la biographie de notre Prophète.


 REPÈRES CHRONOLOGIQUES:

 Il est également essentiel de garder à l’esprit certaines dates clé dans l’histoire de l’Islam pour situer la biographie du Prophète et son mariage avec Aïcha et poursuivre notre recherche avec objectivité et esprit scientifique impartial et rigoureux :

 · 610 AP-JC : Jahiliya (âge pré islamique) avant la Révélation.

· 610 AP-JC : Date de la première Révélation.

· 610 AP-JC : Abu Bakr se convertit à l’Islam

· 613 AP-JC : Le prophète (saws) commence à prêcher publiquement.

· 615 AP-JC : Émigration en Abyssinie

· 616 AP-JC : Omar ibn Al Khattab se convertit à l’Islam.

· 620 AP-JC : Les fiançailles généralement admises d’Aïcha avec le prophète (saws).

· 622 AP-JC : Hijrah (émigration à Yathrib, plus tard rebaptisée Médine).

· 623/624 AP-JC : Année généralement admise où Aïcha vivait comme épouse du Prophète (saws).

 

TÉMOIGNAGES 2: Les Fiançailles

Selon Tabari (selon Urwah ibn Hisham, Ibn Humbal et Ibn Sad), Aïcha a été fiancée à sept ans et a commencé à cohabiter avec le Prophète à l’âge de neuf ans.

 Toutefois, dans un autre ouvrage, Al-Tabari dit: « Tous les quatre de ses enfants [d’Abu Bakr] [sont nés de ses deux épouses au cours de la période anteislamique » (Tarikhu’l-Umam wa’l-mamlu’k, Al- Tabari (mort en 922), vol. 4, p. 50, l’arabe, Dara’l-Fikr, Beyrouth, 1979).

 Si Aïcha était fiancé à 620 AP-JC (à l’âge de sept ans) et commencé à vivre en qualité d’épouse avec le Prophète, en 624 AP-JC (à l’âge de neuf ans), alors elle serait née en 613 AP-JC. Par conséquent, sur la base d’un calcul prenant en référence Al-Tabari, les chiffres montrent que Aïcha devrait être avoir née en 613 AP-JC, donc trois ans après le début de la révélation (610 AP-JC). Hors le même Tabari déclare également qu’Aïcha est née à l’ère préislamique (en Jahiliya). Ainsi elle serait née avant l’an 610 de notre ère, et elle aurait été âgée d’au moins 14 ans quand elle a commencé à vivre avec le Prophète. Dans l’essentiel on voit que Tabari se contredit et semble ne pas se préoccuper s de l’exactitude qu’exige la vénération et le respect du Prophète.

 CONCLUSION 2 : Al-Tabari n’est pas fiable en matière de détermination de l’âge d’Aïcha.


 TÉMOIGNAGES 3: L’Age de Aïcha en comparaison de l’âge de Fatima la fille du Prophète

Selon Ibn Hajar « Fatima est née au moment où la Ka` bah a été reconstruite, quand le Prophète avait 35 ans … » ( Al-isabah fi tamyizi’l-sahabah , Ibn Hajar al-Asqalani, Vol. 4, p. 377, Maktabatu’l-Riyadh al-haditha, al-Riyadh, 1978). « Elle avait cinq ans de plus que Aïcha » (Al-isabah fi tamyizi’l-Sahaba, Ibn Hajar al-Asqalani, Vol. 4, p. 377, Maktabatu’l-Riyadh al-Haditha, al-Riyadh, 1978).

 Si la déclaration Ibn Hajar est vraie, alors Aïcha est née quand le Prophète avait 40 ans. Si Aïcha était mariée au Prophète quand il avait 52 ans, l’âge du mariage d’Aïcha avec le Prophète serait donc de 12 ans.

 CONCLUSION: Ibn Hajar, Tabari, Ibn Hisham et Ibn Humbal se contredisent. Par conséquent le mariage d’Aïcha à sept ans est un mythe.

 

TÉMOIGNAGES 4: l’âge d’Aïcha par rapport à l’âge d’Asma

 

Selon Abda’l-Rahman ibn abi zanna’d: « Asma était de 10 ans plus âgée que Aïcha » (Siyar A` la’ma’l-nubala », Al-Zahabi, vol Mu. 2, p. 289, en arabe, » assasatu’l-Risalah, Beyrouth, 1992).

 Selon Ibn Kathir: « Elle [Asma] a été à sa sœur aînée [ de Aïcha] de 10 ans» (-Bidayah wa Al-Nihayah, Ibn Kathir, vol ». 8, p. 371 Dar al-Fikr al- Arabi, Al-Gizeh, 1933).

 Selon Ibn Kathir: « Elle [Asma] a vu le meurtre de son fils au cours de cette année [73 AH], comme nous l’avons déjà mentionné, et cinq jours plus tard, elle se meurt. Selon d’autres récits, elle n’est pas morte au bout de cinq jours, mais 10 ou 20, ou quelques jours plus de 20 ou 100 jours plus tard. » ( Al-Bidayah wa’l-nihayah , Ibn Kathir, Vol. 8, p. 372, Dar al-fikr al-`arabi, Al-jizah, 1933) Au moment de sa mort, elle était de 100 ans. « (-Bidayah wa Al-Nihayah, Ibn Kathir, vol. 8, p. 372, Dar al-Fikr al-` Arabi, Al-Gizeh, 1933)

 Selon Ibn Hajar Al-Asqalani : « Elle [Asma] a vécu 100 ans et est décédée en 73 ou 74 OH.” (Taqribe el-tehzib, Ibn Hajar Al-Asqalani, p. 654, arabe, Bab fi’l-nisa ’, harfu’l al-alif ).

 Selon la majorité des historiens, Asma, la sœur aînée d’Aïcha avait 10 ans plus qu’elle. Si Asma avait 100 ans en 73 OH, elle devait avoir 27 ou 28 ans au moment de la Hijrah. Si Asma avait 27 ans ou 28 ans au moment de la Hijrah, Aïcha, elle devait donc avoir 17 ou 18 ans. Par conséquent elle ne pouvait entamer sa vie conjugale avec le Prophète qu’à l’âge de 19 ou 20 ans.

 CONCLUSION 4: En se basant sur Hajar, Ibn Katir, et ibn abi Abda’l-Rahman zanna’d, l’âge d’Aïcha au moment où elle a commencé à vivre avec le Prophète aurait été 19 ou 20 ans. Dans Témoignage n ° 3, Ibn Hajar suggère qu’Aïcha avait 12 ans et dans Témoignage n ° 4, il se contredit en lui accordant 17 ou 18 ans. Quel est l’âge exact d’Aïcha épousant le Prophète : douze ou dix-huit?

 Ibn Hajar est une source non fiable sur l’âge d’Aïcha.

 

 TÉMOIGNAGES 5: Les batailles de Badr et de Uhud


 Un récit concernant la participation d’Aïcha dans la bataille de Badr est mentionné dans le chapitre des hadiths sur le Jihad et le refus de l’alliance des musulmans avec les mécréants, (Kitabu’l-jihad wa’l-siyar, Bab karahiyati’l-isti `ANAH fi’l-ghazwi bikafir). Aïcha, tout en racontant le voyage de Badr et l’un des événements importants qui ont eu lieu dans ce voyage, dit: « quand nous avons atteint Shajarah ». De toute évidence, Aïcha a été avec le groupe en expédition vers Badr.

 El Bukhari mentionne la participation d’Aïcha dans la Bataille d’Uhud dans le chapitre du Jihad et de la participation des femmes au combat à côté des hommes ( Kitabu’l-jihad wa’l-siyar, Bab Ghazwi’l-nisa ’ wa qitalihinna ma ` a’lrijal – Hadith 2880) : « Anas annonce que le jour d’Uhud, les gens honteux se cachaient pour ne pas tomber sous le regard du Prophète. [Ce jour-là], j’ai vu Aïcha et Oumm-i-Soulaim, Elles avaient tiré leurs robes en haut de leurs pieds [pour éviter n’importe quelle entrave dans leur mouvement]. » De nouveau, cela indique qu’Aïcha était présente à la Bataille d’Uhud.

 Al Bukhari rapporte dans la bataille du tranché (Kitabu’l-Maghazi, Bab hiya’l wa Ghazwati’l-Khandaq-ahza’b): «Ibn` Umar raconte : le Prophète ne m’a pas permis de participer à Uhud, comme à cette époque, J’avais 14 ans. Mais le jour de Khandaq, quand j’avais 15 ans, le Prophète permis ma participation. »

 En se basant sur ces récits on peut conclure que :

(a) les enfants au-dessous de 15 ans ont été envoyés en arrière et n’ont pas eu le droit de participer à la Bataille.

(b) Aïcha avait participé aux Batailles de Badr et d’Uhud, et par conséquent elle aurait eu l’âge d’au moins 15 ans à ce moment là.

 CONCLUSION 5 : la participation d’Aïcha dans les batailles de Badr et d’Uhud indique clairement qu’elle n’était pas âgée de neuf ans, mais au moins de 15 ans. Nous savons que les femmes musulmanes ont accompagné les hommes aux champs de bataille pour les aider et le cas échéant participer au combat et non pas pour être un fardeau pour les combattants. Ce mode de calcul de l’âge d’Aïcha confirme une fois de plus la contradiction flagrante concernant l’âge d’Aïcha au moment de son mariage avec le Prophète.

 

TÉMOIGNAGES 6 : La naissance de Aicha et l’Hégire

Selon la tradition généralement reconnus, Aïcha est née environ huit ans avant l’Hégire. Mais selon un autre récit dans Bukhari, Aïcha est censée avoir dit: «J’étais une jeune fille (jariyah en arabe) » quand la sourate Al-Qamar a été révélé (Sahih Bukhari, kitabu’l-tafsir, Bab Qaulihi Bal al-sa`atu Maw`iduhum wa’l-sa`atu adha’ wa amarr).

 Le Chapitre 54 du Coran a été révélé huit ans avant l’Hégire (Le Coran Généreux, MM Khatib, 1985), indiquant qu’il a été révélé en 614 CE. Si Aïcha a commencé à vivre avec le Prophète à l’âge de neuf en 623 AP-JC ou 624 AP-JC, elle était une enfant voire un nourrisson (sibyah en arabe) au moment où la sourate Al-Qamar (la Lune) a été révélée. Selon la tradition ci-dessus, Aïcha était en fait une jeune fille, pas une enfant dans l’année de la révélation d’Al-Qamar. Jariyah signifie jeune fille espiègle (Lane arabe anglais Lexicon). Ainsi, Aïcha, étant une jariyah (jeune fille) entre 14 et 21 ans mais pas une sibyah (petite enfant) entre 6 et 13 ans à l’époque de la révélation d’Al-Qamar. Quand elle épousa le Prophète elle était jeune fille épousable sur le plan physique, physiologique, affectif et intellectuel.

 CONCLUSION 6 : Ce témoignage contredit également le mariage d’Aïcha à l’âge de neuf ans.


  TÉMOIGNAGES 7 : Terminologie arabe

 Selon un récit rapporté par Ahmad ibn Hanbal : après la mort de Khadija la première épouse du Prophète, Khaulah vint voir le Prophète pour lui conseiller de se marier à nouveau, le Prophète lui demanda ce qui concerne les choix qu’elle avait à l’esprit. Khaulah dit: «Vous pouvez épouser une vierge (bikr) ou une femme qui a déjà été marié (thayyib) ». Quand le Prophète a demandé l’identité de la bikr (vierge), Khaulah mentionna le nom d’Aïcha.

 Tous ceux qui connaissent un tant soit peu la langue arabe savent que le mot bikr dans la langue arabe n’est pas utilisé pour désigner une fillette de neuf ans ou une fille encore immature. Le mot correct pour une jeune fille enjouée, comme indiqué précédemment, est jariyah. Bikr d’autre part, est utilisé pour une dame célibataire sans expérience conjugale avant le mariage, que nous comprenons par le mot «vierge» en anglais. Par conséquent, de toute évidence sémantique une fillette de neuf n’est pas une «demoiselle : jeune dame vierge» (bikr). (Mousnad Ahmad ibn Hanbal, Vol. 6, p. 0.210, en arabe, Dar al-Ihya Turath al-`Arabi, Beyrouth)

 CONCLUSION 7 : Le sens littéral du mot, bikr (vierge), dans le hadith ci-dessus est «une femme sans expérience sexuelle avant le mariage. La langue arabe très précise vise par Bikr une Adulte vierge. Par conséquent, Aïcha était une jeune fille adulte au moment de son mariage.

 

TÉMOIGNAGES 8. Le texte coranique

Tous les musulmans sont unanimes sur le Coran en sa qualité de Livre véridique chargé, entre autres, de l’Orientation et de la Guidance de la vie individuelle et sociale du musulman. Donc, nous avons besoin de solliciter l’avis du Coran pour effacer le brouillard créé par des hommes, fussent-ils éminents, qui ont manqué de rigueur et ont introduit la confusion dans la période classique de l’islam autour des contradictions entretenues sur l’âge d’Aïcha au moment de son mariage avec le Prophète.

 Le Coran, source suprême, autorise-t-il ou interdit-il le mariage d’un(e) enfant immature de sept ans?

 Il n’y a aucun verset qui autorise explicitement ou implicitement un tel mariage. Cependant Il y a un verset, qui exhorte les Musulmans à accomplir leur devoir d’élever un enfant resté orphelin. Les conseils du Coran sur ce sujet sont aussi valables pour nos propres enfants.

 Dans le traitement social, matériel et affectif des enfants qui ont perdu un parent, tout musulman est ordonné de (a) les nourrir, (b) les habiller, (c) les éduquer, et (d) tester leur maturité « jusqu’à l’âge du mariage» avant de leur confier la gestion autonome de leur patrimoine légué par leurs parents décédés.

 {Restituez aux orphelins leurs biens. Ne remplacez pas le bon par le vilain. Ne vous emparez point de leurs biens en les ajoutant à vos biens. Ce serait un énorme délit.} An Nissa 2

{Ne confiez pas aux prodigues (immatures) vos biens qu’Allah vous A Donnés pour votre existence. Et octroyez-leur de ces subsistances, vêtez-les, et dites leur des paroles convenables. Éprouvez les orphelins jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge du mariage. Si vous constatez chez eux quelque maturité, alors remettez-leur leurs biens. Ne les dissipez point par prodigalité ou pour précipiter leur majorité.} An Nissa 5

 {Et lorsque vous leur remettrez leurs biens, prenez des témoins à leur encontre. Qu’il suffise d’Allah Compensateur.} An Nissa 7

 On remarque comment les versets coraniques exigent des preuves méticuleuses et des garanties magistrales de maturité intellectuelle et physique par des résultats probants après des tests objectifs sur la cognition et le comportement affectif et moral avant l’âge du mariage afin de leur confier leurs biens sous leur totale propriété et à leur libre disposition.

 A la lumière des versets suscités qui ne prêtent à aucune confusion, aucun Musulman responsable ne confierait la gestion d’un patrimoine à un ayant droit alors qu’il est immature tel qu’un enfant de sept ans ou à une fille de neuf ans. Si nous ne devons pas faire confiance en une personne de sept ans pour la laisser gérer seule des questions financières, nous sommes tenus à plus d’exigence en matière de mariage qui engage l’avenir d’une vie.

 Nous ne pouvons donc demeurer sans vigilance quand on rapporte cette culture de la responsabilité et du sens du devoir coranique au Hadith d’Ahmad Ibn Hambal (Musnad, vol.6, p. 33 et 99) qui déclare qu’Aïcha à l’âge de neuf ans a été plus attirée par le jeu que par les tâches d’une femme responsable. Il est difficile de croire, donc, qu’Abou Bakr, un grand partisan parmi les Musulmans, fiancerait sa fille immature de sept ans à un homme de 50 ans même si ce fiancé est le Prophète lui même. Il est également plus difficile d’imaginer que le prophète puisse accepte la proposition d’Abu Bakr de le fiancer à sa fille immature alors qu’il est le récipiendaire de la Révélation qui lui demande d’instruire les Musulmans à bien traiter les femmes, les orphelins et les faibles, d’être juste équitable et d’être le modèle à suivre.

 Abu Bakr était un homme plus judicieux que chacun d’entre nous. Donc, il aurait certainement jugé que Aïcha (même si physiquement elle était épanouie comme on tente de l’expliquer maladroitement) qu’elle était encore une enfant dans son cœur et ne répond pas de manière satisfaisante aux normes du mariage exigés par le Coran. Tel que le relate le Hadith d’Ahmad Ibn Hambal nul homme sensé ne l’aurait épousée alors qu’elle était enfant immature. Dans l’éventualité de recevoir une proposition d’épouser l’enfant qui a besoin d’être encore éduquée et instruite le Prophète aurait rejetée la proposition comme étant insensée. Jamais au grand jamais le Prophète ni Abu Bakr ne violeraient une clause (verset) dans le Coran.

 CONCLUSION 8: Le mariage d’Aïcha à l’âge de sept ans violerait la clause de maturité et autres exigences du Coran. Par conséquent, l’histoire du mariage d’Aïcha immature à l’âge de sept ans est un mythe en contradiction avec l’esprit et la lettre coranique.


 TÉMOIGNAGES 9: le consentement au mariage

 En Islam une femme doit être consultée pour son mariage. Son consentement est exigé pour la validation du mariage (Mishakat al Masabiah, traduction par James Robson, vol. I, p. 665). Islamiquement, l’autorisation préalable et crédible des femmes est une condition préalable pour qu’un mariage soit valide.

 Quelque soit l’effort d’imagination que nous pouvons invoquer pour justifier l’injustifiable le fait est devant nos yeux : l’autorisation donnée par une jeune fille immature de sept ans ne peut pas être une autorisation valable pour le mariage islamique.

 Il est inconcevable que nous puissions imaginer Abu Bakr, un homme d’une grande intelligence, d’une grande sensibilité et d’une probité exemplaire, prendre au sérieux l’autorisation d’une fillette de sept ans à épouser un homme de 50 ans.

 Il est davantage plus inconcevable d’imaginer le Prophète accordant crédit à l’autorisation donnée par une jeune fille qui, selon un hadith accepté tel que par les musulmans, a pris ses jouets avec elle quand elle est allée vivre avec le Prophète comme épouse.

 CONCLUSION 9 : Le Prophète n’a pas pu épouser une fillette de sept ans, Aïcha parce qu’il aurait manqué à l’obligation de la clause d’autorisation qui rend valide le contrat islamique de mariage. Par conséquent, le Prophète a épousé Aïcha alors qu’elle jouissait de toutes ses facultés intellectuelles et physiques faisant d’elle une jeune demoiselle d’âge mûr incontestable.

 

Synthèse :

Ce n’était ni une tradition arabe à donner leurs filles en mariage à un âge aussi jeune que sept ou neuf ans, ni une morale ou une intelligence du Prophète de se marier avec Aïcha à un si jeune âge. Le peuple (musulman et non musulman) de l’Arabie ne s’est pas opposé à ce mariage car il ne s’est jamais produit de la manière qu’il a été fabuleusement rapporté.

 Évidemment, le récit du mariage à neuf ans de Aïcha par Hisham ibn `Urwah ne peut être tenu vrai quand il est contredit par de nombreux autres récits rapportés. En outre, il n’y a absolument aucune raison d’accepter le récit de Hisham ibn `Urwah alors que des sommités musulmanes telles que Malik ibn Anas, mettent en doute tout ses récits durant la dernière période irakienne de sa vie où il semble avoir été défaillent. Les citations de Tabari, Boukhari et Mouslim montrent des divergences et des contradictions qui témoignent que la version « officielle » sur l’âge du mariage d’Aïcha est non crédible. En outre, bon nombre de ces savants se contredisent dans leurs propres dossiers. Ainsi, les récits sur l’âge d’Aïcha au moment du mariage ne sont pas fiables en raison des contradictions flagrantes que chacun peut trouver dans les travaux des savants de l’Islam classique.

 Par conséquent, il n’y a absolument aucune raison de considérer l’information sur l’âge d’Aïcha comme une vérité sacrée quand il ya des motifs suffisants pour le rejeter en tant que mythe. Nous avons vu que le Coran refuse de marier des filles et des garçons immatures comme il refuse que leur soit confier des responsabilités y compris celles de la gestion de leur propres biens.

 A Shanavas


Traduction et commentaire de Omar Mazri en mars 2010

Dans la même quête j’ai vu la crainte de certains musulmans plus préoccupés des convenances et de la rente religieuse que de la vérité qui redoutent de voir ce genre de travail porter atteinte au patrimoine musulman. Pris dans l’engrenage des habitudes ils ne semblent pas préoccupés de la sacralité du Prophète qui est plus importante que celle des Savants qui restent des hommes qui ont leurs limites. Ces limites n’effacent pas leur génie de l’époque. Chercher, compiler, vérifier l’Isnad (la chaine de transmission et la validité des transmetteurs) est un travail scientifique à l’honneur de nos savants classiques. Il appartient à l’Ijtihad de garder ses portes ouvertes pour donner au hadith le contexte et lui enlever les quelques contradictions dues à une époque reposant sur l’oralité et la transmission fidèle (naql) qui a délaisé le ‘Aql (raison).

Dans ce parcours de recherche je tombe sur un site arabe qui traite des « conséquences » et des attendus intellectuels de ces recherches

http://www.ahewar.org/debat/show.art.asp?aid=146848

Il nous informe que le Nom Aïcha (عائشة) est d’origine CANANÉEN ( كنعاني ) signifiant Femme d’où sont dérivés les noms Eve et Mère. Pour les historiens et archéologues arabes Canaan est une contrée arabe de Palestine remontant à Abraham voire à Noé. Il ne serait donc pas surprenant que Ayshé ((ءيشه soit le féminin répondant à Ahmed annoncé dans les Écritures et confirmant la portée du Hadith de Aicha عنها الله رضي qui dit que Son Mariage avec le Prophète a été décidé dans les Cieux par Allah lui-même ainsi que la dimension de ses titres symboliques de « mère des Croyants » et de bien aimée du Prophète qui avait toutes les qualités morales, physiques, affectives et spirituelles pour conquérir son cœur, mériter sa confiance et continuer après la mort du noble Prophète de transmettre ses paroles, ses comportements et ses actes incarnant le premier savoir académique de l’Islam classique. Mère des Croyant elle serait donc le cœur des Hadiths authentiques (Oum al Hadith) dont elle reste la principale narratrice. Je n’ai pas trouvé le temps de chercher dans ses propres hadiths ce qui vient confirmer ou infirmer le travail de Shavanas qui semble digne de foi et digne d’intérêt.

Pour la bonne foi de l’enquête sur ce sujet il faut avouer à mes lecteurs que le jeune qui a repris à son compte le travail de Shavana et qui est appuyé par Jamal al Banna le frère de Hassan al Banna s’appelle Islam Bahri et son texte en arabe se trouve sur le site :

http://www.youm7.com/News.asp?NewsID=35691

La transparence exige de moi de dire que l’article de Islam Bahri et son défenseur Khaled Mountasir qui reproche aux savants d’al azhar et aux salafistes leur laxisme et leur sacralisation du Naql font l’objet d’attaques virulentes sur ce site par exemple :

http://www.elaph.com/Web/ElaphWriter/2008/8/361613.htm

Mohamed al Ghazali de son vivant n’a jamais pu faire admettre à la jeunesse et aux dignitaires musulmans que l’intelligence humaine, la parole divine et la création du monde ne peuvent entrer en contradiction car elles sont présidées par le même Dieu Créateur. S’il y a contradiction elle est soit dans notre perception, dans notre façon de raisonner ou dans l’art de la transmission des données du passé (naql) et qu’en aucun cas Allah ni Son Prophète ne sont responsables de nos défaillances et de nos incompétences.

Ce que nous devons tous savoir au-delà de l’âge de notre mère Aïcha c’est que celui qui apporte un mensonge délibéré sur le Prophète a construit sa place en Enfer. Qu’Allah nous en préserve. Amine !

Voici une Fatwa sur Islaweb qui contredit la raison, la physiologie féminine, la fécondité de la femme qui ne peut ovuler qu’éprès sa maturité sexuelle, les coutumes humaines et le droit musulman. L’Islam est malade de ses infantiles littéralistes et de ses sots qui font des Fatwas contre le bon sens. Ce même site a publié une Fatwa d’un illustre inconnu autorisant al Istinja ( se torcher le cul) avec les pages des Ecritures des Gens du Livre. Daniel Pipes le sioniste en a fait un tapage médiatique internationale. Ce site de médiocres n’a pas eu le courage de répondre au sioniste et il a préféré battre en retraite et retirer sa Fatwa mais Daniel Pipes a gardé copie d’Ecran qu’il montre à chaque occasion. Je lui ai répondu dans mon livre « Islamophobie : Deus Machina » et j’ai répondu aux insensés qui ternissent l’Islam et le rendent repulsifs aux jeunes musulmans qui ne croient plus aux mythologies. Il faudrait avoir le courage de se poser la question : pour qui ces gens travaillent ?

فما ذكره أحد المحاضرين صحيح؛ إذ قد ثبتت مشروعية الزواج المبكر بالقرآن الكريم والسنة النبوية والإجماع وعمل الصحابة، ثم عمل المسلمين من بعدهم، وتدل عليه مصالح الشريعة:

فالدليل من القرآن الكريم:

1- قوله تعالى: وَالْلآئِي يَئَسْنَ مِنَ الْمَحِيضِ مِنْ نِسَائِكُمْ إِنِ ارْتَبْتُمْ فَعِدَّتِهِنَّ ثَلاَثَةُ أَشْهُرٍ وَالْلآئِي لِمْ يَحِضْنَ[الطلاق:].

فجعل سبحانه للآئي لم يحضن – وهنَّ الصغيرات – زواجاً وطلاقًا وعدة؛ إذ العدة لا تكون إلا بعد فراق، والفراق لا يكون إلا بعد زواج.

2- ويقول الله تعالى: وَإِنْ خِفْتُمْ أَلاَّ تُقْسِطُوا فِي الْيَتَامَى فَانْكِحُوا مَا طَاب لَكُمْ مِنْ الْنِّسَاءَ مَثْنَى وَثُلاَثَ وَرُبَاعَ[النساء:3]. قالت أم المؤمنين عائشة رضي الله عنها في تفسير هذه الآية عندما سألها عنها ابن أختها عروة بن الزبير : يا ابن أختي هي اليتيمة تكون في حجر وليها، تشاركه في ماله، فيعجبه مالها وجمالها، فيريد أن يتزوجها بغير أن يقسط في صداقها، فيعطيها مثل ما يعطيها غيره، فنهوا أن ينكحوهنَّ إلا أن يقسطوا لهنَّ، ويبلغوا بهنَّ أعلى سنتهنَّ في الصداق. متفق عليه.

فقولها رضي الله عنها: فيريد أن يتزوجها..فنهوا أن ينكحوهن إلا أن يقسطوا يدل على مشروعية زواج الصغيرة التي لم تبلغ، إذ لا يتم بعد البلوغ، وإنما اليتم ما كان قبل البلوغ.

3- ويقول الله تعالى: وَيَسْتَفْتُونَكَ فِي النِّسَاءِ قُلِ اللهُ يُفْتِيكُمْ فِيهِنَّ وَمَا يُتْلَى عَلَيْكُمْ فِي الْكِتَابِ فِي يَتَامَى النِّسَاء الْلآتِي لاَ تُؤْتُونَهُنَّ مَا كُتِبَ لَهُنَّ وَتَرْغَبُونَ أَنْ تَنْكِحُوهُنَّ [النساء:].

قالت أم المؤمنين عائشة رضي الله عنها: هي اليتيمة تكون في حجر الرجل قد شركته في ماله فيرغب عنها أن يتزوجها ويكره أن يزوجها غيره، فيدخل عليه في ماله فيحبسها، فنهاهم الله عن ذلك. متفق عليه.

وأما الدليل من السنة: فما ذكره المحاضر من زواج النبي صلى الله عليه وسلم من عائشة رضي الله عنها، وهي بنت ست سنين، وبناؤه بها وهي بنت تسع سنين، ففي الصحيحين عن عائشة رضي الله عنها قالت: تزوجني النبي صلى الله عليه وسلم وأنا ابنة ست، وبنى بي وأنا ابنة تسع.

وأما الإجماع: فقد انعقد على جواز تزويج الصغيرة البالغة، وأن الذي يتولى تزويجها أبوها، وزاد الشافعي وآخرون الجد من جهة الأب أيضًا.

قال ابن قدامة في “المغني”: أما البكر الصغيرة فلا خلاف فيها، قال ابن المنذر: أجمع كل من يحفظ عنه من أهل العلم أن نكاح الأب ابنته البكر الصغيرة جائز إذا زوجها من كفءٍ، ويجوز له تزويجها مع كراهيتها وامتناعها.

وقال البغوي كما في “فتح الباري”: أجمع العلماء أنه يجوز للآباء تزويج الصغار من بناتهم،وإن كُنَّ في المهد، إلا أنه لا يجوز لأزواجهن البناء بهنَّ إلا إذا صلحن للوطء واحتملن الرجال.

وأما أعمال الصحابة: فالآثار الدالة على اشتهار الزواج المبكر بينهم من غير نكير كثيرة، فلم يكن ذلك خاصًا بالنبي صلى الله عليه وسلم كما يتوهمه بعض الناس، بل هو عام له ولأمته، نذكر طرفًا منها:

1- زوج علي بن أبي طالب رضي الله عنه ابنته أم كلثوم من عمر بن الخطاب رضي الله عنه، وقد ولدت له قبل موت النبي صلى الله عليه وسلم، وتزوجها عمر رضي الله عنهوهي صغيرة لم تبلغ بعد. رواه عبد الرزاق في المصنف، و ابن سعد في “الطبقات”.

2- عن عروة بن الزبير : أن الزبير رضي الله عنه زوج ابنة له صغيرة حين ولدت رواه سعيد بن منصور في سننه، وابن أبي شيبة في المصنف بإسناد صحيح.

وقال الشافعي في “كتاب الأم”: وزوج غير واحد من أصحاب رسول الله صلى الله عليه وسلم ابنته صغيرة.

ثم إن التأخير في تزويج البنات في كثير من بلاد المسلمين إنما هو حادث ومخالف لما درج عليه عمل المسلمين لقرون طويلة، بسبب التغريب، ودخول القوانين الوضعية عليهم، مما أدى إلى تغير في المفاهيم والأعراف لدى شريحة كبيرة من الناس، ولا يصح مطلقًا أن نجعل الأعراف والتقاليد في بلدٍ ما هي المقياس فنقيس بها، ونعطل ما قد ثبت بالأدلة القاطعة، بل لقد تأخر تزويج البنات بعد سن البلوغ كثيراً في بعض بلاد المسلمين، مما نتج عنه انتشار السفور والفواحش، وظهور الانحراف في الخلق والدين بين الشباب، وعدم الاستقرار النفسي لديهم، لفقدهم السكن والمودة والعفة والإحصان، كما أن في التأخير تقليلاً لنسل الأمة، وهو مخالف لأمره صلى الله عليه وسلم، ومعارض لمكاثرته بأمته الأمم والأنبياء.

والله أعلم.

http://www.islamweb.net/ver2/Fatwa/ShowFatwa.php?lang=A&Id=34483&Option=FatwaId

Si ce sinistre et anonyme personnage, maitre insensé de la Fatwa, était du temps de Omar, ce dernier lui aurait interdit de prononcer une parole sur l’Islam. En effet Omar avait posé une question sur l’explication d’un verset et ceux qui étaient face à lui ont donné des réponses contradictoires ajoutant l’expression chère والله أعلم Allah est plus Savant. Il s’est mis en colère en leur disant ne cachez pas votre ignorance derrière l’évidence qu’Allah est plus Savant, ou bien vous savez et dites la vérité ou bien vous êtes ignorant et alors soit taisez-vous soit allez apprendre car le Prophète a dit que le Musulman est soit savant soit apprenant il n’y a pas de place à la confusion.

 voici une analyse du docteur Al ‘Ajami

http://oumma.com/Fatwa-satanique-ou-la-pedophilie

Critique textuelle.

Ainsi, le Prophète SBSL
aurait consommé le mariage alors que Aïcha aurait eu 9 ans. On trouve en effet
le hadîth suivant dans les nombreuses traductions en français du Sahîh de Al
Bukhârî, les données litigieuses sont soulignées :

« Le
Prophète écrivit le contrat de mariage de Aïcha alors qu’elle avait six
ans. Il consomma le mariage alors qu’elle en avait neuf. Elle demeura
auprès de lui durant neuf années »

Il s’agit là d’une erreur de traduction manifeste, nous allons le démontrer. En effet, tel quel, ce « hadîth » n’existe pas. En voici le texte original, il rapporte indirectement des propos de Aïcha. C’est-à-dire qu’alors même que la chaîne de transmission se termine par : « d’après Aïcha » (’an ’âïcha) le propos est en mode narratif indirect. Il s’agit d’une anomalie qui techniquement en fait un équivalent de hadîth mursal. Du point de vue de la scrupuleuse science du hadîth cela suffirait à invalider la classification du dit hadîth. Passons outre, en voici le texte arabe :

عن عائشة
رضي الله عنها أن النبي صلى الله عليه وسلم تزوجها وهي بنت ست سنين وأدخلت عليه وهي بنت تسع ومكثت عنده
تسعا
.

La traduction exacte en est la suivante : D’après Aïcha : « Le Prophète* l’épousa alors qu’elle avait six ans. Elle habita chez lui alors qu’elle avait neuf ans. Elle demeura auprès de lui durant neuf années.

1 Avant que d’étudier la signification exacte de termes clefs de ce propos, considérons le thème en sa généralité. Le locuteur est étrangement précis, 3.6.9 la combinaison est mathématique. Nous ne pouvons déterminer à trois années près l’âge du Prophète, l’année où débuta sa mission, ou la date fondant le calendrier de l’Hégire pour ne citer que ces éléments essentiels Mais voila que l’acte de naissance d’une fillette d’alors est d’une extrême exactitude alors même que peu de gens en ces temps là, si ce n’est aucun, connaissaient
leur date de naissance. Pour 80% de la population des pays d’obédience musulmane il en est encore ainsi.

-2 On nous dit par ailleurs que le Prophète SBSL aurait épousé Aïcha à l’âge de 6 ans et que ceci n’aurait pas posé en soi de problème au regard des coutumes de l’époque. Il s’agissait en quelque sorte de fiançailles ayant pour effet de réserver la promise. Selon les conceptions arabes le mariage servait à consolider et matérialiser l’union entre deux familles ou deux personnes et Abou Bakr fut à la fois le premier et le plus fidèle disciple de l’envoyé de Dieu. Par ailleurs la précocité supposée de Aïcha à partir de ces données faiblement étayées n’aurait rien de scandaleux ni d’étonnant, il en était de même en occident, c’est vrai. Malgré tout, que l’on ne sache pas quel âge ait eu réellement Aïcha à ce moment là reste l’hypothèse principale. Rappelons que ce n’est pas elle qui parle en ce propos, mais un contemporain qui ne donne au fond que son avis personnel. Pour valider à contrario l’affaire, les historiens nous disent qu’elle avait déjà été demandée en mariage ce qui se voudrait confirmer la précocité et les us de l’époque en la matière. Pour nous cette information tendrait plutôt à montrer une erreur quant à l’âge de l’intéressée. Ces mêmes historiens rapportent aussi qu’elle n’aurait point eu 9 ans mais 8 ou 7 ou 6 ou 12…L’ensemble de ces données est aussi invérifiable qu’invérifiée et appelle à la plus prudente des réserves. Une historienne saoudienne a d’ailleurs critiqué ces affirmations « historiques », effort de recherche ayant provoqué un tollé de la part des autorités religieuses !

-3 Pour ce qui est du texte, première remarque sur laquelle nous ne attarderons pas : Par quel tour de passe-passe remplace-t-on le verbe épousertazawwaja– par « écrire un contrat » ? Il faudra le demander à nos « légistes » et à nos traducteurs ! Cela démontre pour le moins l’influence permanente de la pensée juridique dans l’approche du Hadîth.
Le Droit, comme toute spécialité spéculative, déshumanise obligatoirement son propos.

-4 Essentiel, on aura noté la différence fondamentale entre il consomma le mariage et elle habita chez lui. Le texte original emploi le verbe adkhala. Selon le Lisân al ’arab, la référence lexicographique, cette dérivée de forme IV de dakhala (entrer) signifie « faire entrer « , au passif et suivi de ’alayhi il signifie » être introduit chez lui » et ne peut se comprendre qu’ainsi. Seule la forme I dakhala suivie de la préposition ilâ peut signifier avoir des rapports sexuels, ce n’est indubitablement pas le cas en ce propos. Donc, étymologiquement, grammaticalement et selon l’usage de la langue arabe on ne peut que le comprendre ainsi : « elle quitta le domicile de son père Abû Bakr pour celui du Prophète« . Comprendre ou traduire cela par le fait qu’ils consommèrent le mariage à ce moment là est une lecture totalement impropre.

-5 Le préjugé est cependant tenace, on peut le constater à la lecture de la deuxième version donnée par Al Bukhârî. Lors de la transmission du hadîth un des rapporteurs à remplacé le verbe adkhala par le verbe banâ qui, suivi de la préposition bi, signifie habiter chez mais aussi, par euphémisme métonymique, peut vouloir dire « consommer le mariage ». Il n’y a pas là de hasard mais une nette intention (consciente ou inconsciente je n’en jugerais pas) d’influencer le sens du hadîth par une telle permutation de termes. Le même phénomène se retrouve dans une des deux versions rapportées par Muslim. Dans la première, outre l’âge de 7 ans au lieu de 6, on retrouve le verbe banâ. En la seconde variante, on note l’emploi du verbe zaffa en lieu et place de adkhala. Zaffa signifie conduire la marié à la maison de son époux et nullement consommer le mariage. Au total , quand bien même
l’on prendrait en compte la conjonction de ces trois verbes, en réalité ces variantes démontrent l’imprécision de notre « hadîth », l’on ne pourrait en conclure que le mariage fut consommé au moment où Aïcha intégra le domicile de son époux. Cependant, à bien comprendre l’analyse, il faut au contraire en déduire que l’information a été, par touches successives, influencée dans le sens d’une opinion préconçue. Nous ne pouvons logiquement valider ces affirmations dénuées de fondements réels à la lecture même de ce texte pourtant réputé être le référence incontournable de tout jugement sur la question.

-6 Dans la deuxième version de Muslim on note une précision supplémentaire : « elles jouaient avec elles ». On sait par ailleurs qu’il s’agissait de jeunes servantes qui jouaient avec Aïcha à la poupée. Comment imaginer une telle scène sans y voir toute la perversité qu’elle reflèterait si Aïcha avait eu des rapports sexuels avec son noble époux ! Bien au contraire cette remarque indique que rien n’avait changé dans les habitudes de Aïcha après qu’elle eut intégré le domicile du Prophète !

-7 Au final, on constate avec étonnement que les textes authentifiés de références ne stipulent nullement que le mariage fût consommé à l’age de neuf ans ! Il s’agit dune affirmation sans support textuel ni preuves historiques. En admettant que Aïcha ait intégré le domicile de son mari à l’âge de neuf ans rien n’indique littéralement qu’il y ait eu acte à ce moment là. En réalité, nous ne possédons aucun élément nous permettant de savoir ce que fut l’intimité de ce couple. Quelle impudeur, quelles préoccupations malsaines, quelles volontés, ont pu pousser les doctes à déformer les textes, les ignorants sont pardonnés. Les tenants conscients de cette interprétation aussi erronée que tendancieuse prendraient-ils leurs
fantasmes pour des réalités. Une telle appréciation de leur part confine à l’accusation calomnieuse à l’égard de la mémoire du Prophète. Curieusement on pourrait y percevoir comme une persistance des calomnies ayant visé les mœurs de Aïcha en une autre affaire, crime sévèrement réprimandé selon les strictes mises en garde coraniques en la matière.

La recherche ne vaut que par l’intention. Le croyant doit engager la raison au service de sa foi et non asservir la raison à ses croyances. Le Prophète SBSL au sujet du licite et de
l’illicite, et plus globalement du bien et du mal, nous a enseigné la sagesse suivante : « …Il y a dans le corps un morceau de chair qui lorsqu’il est sain l’assainit en son entier mais, lorsqu’il est corrompu, corrompt le corps en son entier…c’est le cœur ! «  Rapporté par Muslim.

Ainsi, ceux qui soutiennent la lecture faussée de ce hadîth relatif au mariage du Prophète et d’Aïcha le font parfois par ignorance, auquel cas la contradiction évidente entre l’humanisme de l’Islam et de celui de son Prophète devrait les inciter à plus de retenue. D’aucuns forment leur jugement en se référant à un suivisme aveugle, leur cœur et leur esprit sont alors morts. D’autres admettent volontairement cette version officialisée puisqu’elle va dans le sens de leurs vils instincts. Qui plus est, ils se légitiment des propos de leurs prédécesseurs puisque ces derniers avaient eux aussi majoritairement pratiqué cette lecture « inconsciemment » influencés par leur contexte socioculturel ; et ceci est la constatation la plus clémente que l’on puisse faire…car Dieu seul jugera leurs intentions et leurs actes.

 

Vous aimez cet Article? Diffusez-le!

Commentaires clos.