Islam  : Libération des opprimés

Contributions sur l’idée de coopérative et de crédit mutuel

Contributions sur l’idée de coopérative et de crédit mutuel
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Trois contributions, celle de Hussein et celle de Techtonica

Contribution d’Hussein (diaporama) sur les coopératives et le crédit

 

 

Contribution d’Hussein par écrit :

Merci pour ce partage d’expérience …
votre réflexion me rappelle un livre que j’avais lu sur l’intelligence relationnelle écrit par une psycho-sociologue, l’auteure dit dans l’interface que « si on veut que la société prospère et continuer dans la prospérité, alors faudrait s’occuper de son capital humain » ….

j’avais pensé au même mécanisme basé sur la coopération et solidarité (dommage que je ne soit pas riche, sinon j’aurais déjà fait une petite expérience pour tout concrétiser) … en fait, pour démarrer ce mécanisme il faudra disposer des éléments qualifiés (capital humain) et un capital financier; l’État Algérien peut très bien investir dans cette voie car un tel mécanisme met chaque citoyen en face de sa responsabilité (la situation catastrophique actuelle en Algérie n’est pas causée que par le gouvernement mais aussi par les citoyens qui représentent la structure sociale, donc ils ont une part de responsabilité) tout en lui léguant toutes les charges économiques, un peu comme la privatisation mais dans ce cas, elle est au compte du citoyen lui même et non au compte d’une entreprise privée, donc le citoyen devient actionnaire de sa propre entreprise …

je crois que le partage des richesses n’est pas partager les recettes comme certains le croient ou le veulent d’ailleurs ! , le partage des richesses est le partage des responsabilités et charges économiques, plus il y a moins de charge plus il y a moins de risque, plus l’économie prospérera …

En France avec la crise, certains ouvriers/employé de peur de perdre leur travail ont préférer d’acheter leur propre entreprise où chaque ouvrier/employé est devenu DG (directeur général), où chaque ouvrier/employé avant d’en faire partie doit signer un engagement de coopération (j’ai regardé un reportage sur un cas pareil, le journaliste reporter quand il a posé la question à un ouvrier d’une entreprise qu’il a racheté lui et ses collègues pour sauver leur travail, de comment sentez vous maintenant en tant qu’actionnaire de sa propre entreprise (ou en tant que directeur de sa propre personne), l’ouvrier lui a répondu « que maintenant on fait plus attention qu’on faisait pas avant !!), de ce fait, chaque élément prendra part à la responsabilité, et partagera les mêmes risques et bienfaits

pour schématiser tout ça :

capital humain qualifié + capital financier ====> Entreprise où chaque élément devient actionnaire (bon suivi du bilan économique, plus de corruption, plus de fraude) ===> partage de responsabilité ( partage des mêmes risques) ===> remboursement.

Si l’argent est prêté par l’État je crois que la meilleure solution pour la rembourser est sous forme d’impôt, l’État est déjà gagnant à tous les coups parce que déjà l’argent vient des hydrocarbures (donc chaque citoyen devrait avoir une part de ces richesses naturelles mais sous forme de capitaux pour la création de l’emploi), donc je vois mal que l’état prendrait part de responsabilité s’il réclame des intérêts, au final l’état n’aura qu’un seul rôle : la gestion des capitaux et la supervision des projets ===> on aurait mis le citoyen en contact direct avec l’économie

Hussein

 

Omar Mazri vous encourage à développer davantage votre raisonnement et à continuer à nous apporter votre contribution. Vous serez avec la bénédiction de Dieu un des promoteurs de ce genre d’initiative en Algérie. Il vous répond rapidement sur deux points :

« dommage que je ne soit pas riche, sinon j’aurais déjà fait une petite expérience pour tout concrétiser »

Le but de la coopérative ou de l’économie solidaire ou de l’entreprise privé à intérêt collectif est d’entreprendre sans être riche par la mise en commun de ce que l’économie islamique appelle al Moucharaka et al Moudharaba en associant les moyens communs et le capital d’un investisseur qui prend le risque de perdre ou de gagner 15 à 20 % de bénéfice dans le halal alors qu’il ne va gagner avec le riba que 2 à 3 % dans le haram.

« Le citoyen devient actionnaire de sa propre entreprise »

La démarche coopérative, solidaire ou l’entreprise privée d’intérêt commun ou collectif est justement la promotion du citoyen  par la démocratie dans l’activité économique (le droit d’entreprendre pour assurer son autonomie, sa dignité sociale et économique, ainsi que contribuer au bien être social). C’est une démarche non capitaliste : L’adhérent n’est pas actionnaire mais sociétaire. Son capital est rémunéré au prorata de son apport sachant qu’une partie est obligatoirement reversée dans l’investissement  de développement de la coopérative ou dans l’apport au capital du crédit mutuel (ou coopératif). L’adhérent par contre a une voix qui a la même valeur de celles des autres adhérents indépendamment de leur montant en capital. L’adhérent est en même temps usager et de ce fait il bénéficie d’accès privilégié à la production et aux services de la coopérative. Si l’adhérent est employé par la coopérative il est rémunéré en contrepartie de son travail.

« Si l’argent est prêté par l’État je crois que la meilleure solution pour la rembourser est sous forme d’impôt, l’État est déjà gagnant à tous les coups… »

L’Etat, la société et le citoyen seront tous gagnants par cette formule : solidarité, responsabilité, esprit citoyen, amélioration du cadre de vie, sécurité, investissement, revenus, consommation… Sur l’impôt je pense que la coopérative devrait  être exonérée de l’impôt ou du moins bénéficier d’allégement car elle crée de l’emploi et de la valeur. Le remboursement  devra se faire sans intérêt et à long terme en ce qui concerne l’apport de l’état. Pour le crédit mutuel et l’apport des investissements il faut encore travailler sur une solution adaptée à l’Algérie. Il ne faut surtout pas retomber dans le gaspillage et les détournements des emplois jeunes et des importations tout azimut.

 

Contribution de Techtonica sur les coopératives et les villages

C’est très stimulant toutes ses idées.

Si je ne me trompe pas, les villages d’il y a quelques années ont fonctionné plus au moins sur un modele coopératif en simplifiant bien sûr.

Imaginez la conception d’un micro quartier qui fonctionne sur ce mode, qui a pour but d’avoir une vie de partage, d’entraide, mais surtout de créer une ambiance qui dynamise le travail et l’innovation. Les voisins, familles, résidant partage les mêmes idées de développement durable dans le sens large de thème de progrès et de responsabilité.

L’importance est le lancement d’une dynamique positive afin de tirer le meilleur de chaque individu qui partage ce territoire balisé par les règles de la coopérative (micro-société durable).

Imaginez une coopératif d’accès à l’habitation durable, celle si servira a créer un mini quartier qui rassemble un groupe de personnes qui partage les même valeurs.

Architecturalement ça pourrait  ressembler au Compound « gated cummunity » ville fermée, mais pas dans l’esprit. Cela peut créer une dynamique au niveau de la vie quotidienne qui favorisera et stimulera le travail, le progrès et l’innovation à l’image de la Silicon Valley même mieux car l’argent ne devras pas être le moteur du projet. Autrement dit concevoir un espace de vie ou l’état d’esprit est favorable au développent. Un espace architectural où le paysage est  de qualité, où le voisinage, la sécurité et les services sont garantis par des règles de la coopération et la responsabilisation de chaque résidant.

Ce Projet peut être réalisé partout dans le monde,…

Je prend l’exemple de l’Algérie: Aujourd’hui avec les projets LSP où les terrains sont donnés par l’état au promoteur a 20% de leur valeur, avec des aides financières aux acquéreur. Un groupe d’individus peu acquérir un terrain et construire leur propre quartier au lieu de le donner à un prompteur ignorant et peu scrupuleux qui construit des ghettos où les populations sont entassées avec tous les problèmes socio-urbains que cela engendre.

Prenons l’exemple de la gestion des déchets ménagère dans un quartier par exemple: Aujourd’hui la ville assure très mal ce service pour plusieurs raisons. Dans cette micro-société- on définit une stratégie simple, claire qui consiste à responsabiliser les résidents avec des solutions techniques connues (trie des déchets, asséché les déchets, planification…), on peut donner d’autre exemples dans la sécurité, énergie et les services (approvisionnement ou autre),….

Le but final de cette coopérative d’habitat c’est d’avoir une vie agréable de qualité, de partage et surtout de créer cette dynamique de travail et d’innovation, car on ne peut innover en vivant et  travaillant dans des milieux médiocres.

Voici quelques points que ce model de cohabitation peux nous offrir:

  • Construction un projet architectural, paysage urbain de qualité ;
  • Choix d’un voisinage averti avec un état d’esprit cohérent et ouvert au progrès ;
  • Sécurité et services assuré par coalisions des résidents ;
  • Un sens de responsabilité individuelle et du groupe plus développer,….

Je suis ouvert a toute critique et proposition d’amélioration.

 Techtonica

 

Omar Mazri : Excellente contribution. Continuez à imaginer et faites des propositions en parlant autour de vous. La seule limite est notre imagination. Vous serez avec la bénédiction de Dieu un des promoteurs de ce type de projet.

La formule Ksar qui conjugue tradition et modernité, solidarité sociale et participation de l’État, effort collectif et apports individuel correspond à votre vision. Oui il faut aller vers la formule village autour des grandes villes et ne plus toucher à l’urbain saturé ni aux terres agricoles.  La majorité  des villes algériennes sont entourées de sorte de piémont où les Algériens peuvent construire des villages reliés entre eux comme un réseau informatique avec des pénétrantes en chemin de fer vers la métropole. Le piémont permet de réaliser de jolies habitations avec une agriculture coopérative de montagne et un réseau coopératif de transport semi public avec maintenance. Il y a à creuser davantage la question. En tous les cas il y a du travail pour nos urbanistes, nos architectes, nos experts en aménagement du territoire, nos agronomes, nos économistes et nos concitoyens.

On ne peut créer par une démarche volontariste des métropoles pour désengorger les villes ou créer des pôles urbains spécialisés. La démarche qui tient la route est celle que l’histoire a retenue : laisser aux citoyens la liberté d’entreprendre à leur taille humaine et c’est la capacité d’entreprendre qui va créer des réseaux de plus en plus grands, diversifiés, enchevêtrés et complexes. Il y a une sorte de déterminisme urbain, social et économique qu’on appelle la loi de Metcalfe. C’est une loi en vigueur dans les réseaux informatiques et sociaux transposables dans les transports et activités économiques et commerciales : chaque  nœud (carrefour,  connexion) dans un réseau multiplie par 10 la valeur du réseau. Théoriquement  pour n réseaux il y n (n-1) / 2 potentiels. Plus n tend à être un grand nombre et plus le potentiel  tend à s’élever au carré.

 

Article de référence :

COOPÉRATIVES ET CRÉDIT MUTUALISTE

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