Islam  : Libération des opprimés

COOPERATIVES ET CREDIT MUTUALISTE

COOPERATIVES ET CREDIT MUTUALISTE
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Comme promis dans mes précédentes analyses :

Algérie : 5 idées pour les 5 années futures

Cas d’école du débat politique en Algérie en 2012.

Les cinq maitres du Tamkine (territorialisation)

Je développe aujourd’hui le thème des coopératives et du crédit coopératif

 Tout d’abord je rappelle que j’ai montré le parallèle entre le concept coranique du  Tamkine avec les 5 maitres d’aménagement du territoire : le maitre d’usage, le maitre d’ouvrage, le maitre d’œuvre, le maitre d’exécution, le maitre d’homologation. Toute défaillance dans une de ces cinq maitrises met en péril non seulement  le processus d’édification, mais l’ordre et la sécurité par l’injustice et l’incompétence dans l’architecture et les réseaux de projets qui constituent une société dont les membres sont en interaction :

{C’est Nous qui avons distribué leur mode d’existence dans la vie terrestre, et Nous avons élevé les uns d’entre eux au-dessus des autres, de quelques degrés, afin que les uns soient au service des autres. Et la Miséricorde de ton Dieu est meilleure que ce qu’ils amassent.} As Zoukhrouf 32

Je reviens avec plus de détails sur un aspect singulier que j’ai évoqué sur l’initiative citoyenne en Algérie et l’occupation du territoire, en l’occurrence les coopératives et les mutuelles. Je jette quelques idées en vrac d’une expérience menée entre fin 89 et début 92 et qui a été stoppée.  Entre moi et ceux qui ont fait avorter ce projet destiné aux jeunes algériens il n’y a ni revanche ni ressentiment. Allah (swt) jugera entre nous avec justice et équité. Restons positifs dans nos intentions. Je me contente de faire mien le principe de Machiavel que Malek Bennabi a repris à son compte :

 » Le devoir d’un honnête homme est d’enseigner aux autres ce que la malignité du temps et l’iniquité des gens l’ont empêche d’accomplir afin que d’autres placés dans des conditions plus favorables que lui puissent se réaliser »

Honnête homme je  milite pour la valeur travail. Il suffit de méditer le rapport entre le travail et la gratitude envers le Créateur pour comprendre que le laxisme est une ingratitude envers les bienfaits qu’Allah a déposé dans nos cerveaux, nos mains et nos territoires. Il faut étudier le rôle libérateur, civilisateur et spirituel de David et Salomon pour comprendre la nécessité de se réveiller et de faire tout notre possible pour notre dignité et notre grandeur :

{Ils lui fabriquaient tout ce qu’il voulait :  sanctuaires, statues, chaudrons aussi grands que les abreuvoirs, et énormes marmites bien solides. O famille de David, œuvrez avec gratitude, car  peu nombreux sont les hommes constants en reconnaissance.} Saba 13

1 – L’intention initiale:

Les futurs coopérateurs, avant de passer en revue  l’aspect technique, comptable et juridique  de la coopérative et son business plan, doivent d’abord s’inscrire dans une philosophie en répondant avec sincérité sur leurs motivations au-delà de gagner de l’argent ou de gagner sa croute de pain. Les deux questions phares pour ceux qui aiment le travail en groupe sont :

–        Quoi, pourquoi et comment faire pour que mon activité  soit un moteur de changement social par les valeurs qu’elle véhicule telles que la  solidarité, la  justice sociale,  le développement national, la création d’emplois, la résistance contre la prédation capitaliste, la  socialisation par l’économie solidaire et citoyenne?

–        Si des jeunes et des moins jeunes n’ont pas cette envie alors ils peuvent se poser une autre question : En quoi cette expérience va-t-elle enrichir mon expérience personnelle et m’apporter les soutiens humains et logistiques  pour démarrer une activité à mon propre compte  lorsque j’aurais les moyens adéquats et les opportunités de projet ?

Les Promoteurs, les concepteurs et les réalisateurs de ces projets coopératifs ne doivent pas réfléchir en termes de technostructure, mais en termes de développement humain. A titre d’exemple il ne s’agit pas de se focaliser sur la pêche qui reste un terme abstrait qui ne peut être matérialisé que par des chiffres statistiques qui ne traduisent que des données de constatation ou de planification, mais il faut se focaliser sur le pêcheur, être concret avec ses ambitions, ses désirs, ses contraintes, ses possibilités, ses moyens et son environnement. C’est cet être concret à un moment historique,  dans une géographie donnée et dans des conditions objectives et subjectives qu’il faut projeter dans l’avenir, dans sa prospérité en tant qu’agent actanciel, acteur et non spectateur.  La pêche n’est que son domaine d’activité et tout ce qui a trait à la pêche sont des adjuvants qu’il faut renforcer ou des obstacles qu’il faut régler. Il faut mettre l’homme non seulement au centre de l’entreprise, mais laisser cet homme devenir le moteur de la quête de sens qu’il veut donner à savie.

2 – Définition de la coopérative :

Association de personnes sur le principe de la libre adhésion et de l’engagement du respect de la charte des coopérateurs

–        Participation par association des idées, de la main d’œuvre, de l’argent et des ressources. Les idées, la main d’œuvre et les ressources sont évaluées par une expertise technique et comptable pour devenir des apports dans le capital social de la coopérative.

–        Elle peut être crée par des personnes physiques ou morales, en général il faut être plus de sept

–        En se regroupant, les coopérateurs  utilisent en commun les nombreux moyens permettant de développer et faciliter leur activité économique :

  • l’approvisionnement,
  • les outils de production,
  • le conditionnement de leur production,
  • le stockage des marchandises,
  • la transformation des produits,
  • la commercialisation de leurs produits.
  • La publicité, la comptabilité, les études d’ingénierie, la documentation technique…
  • Les dépenses d’investissement et d’exploitation
  • Les paiements en nature (matière ou travail) inter-coopératives
  • Groupement d’achat au sein d’une coopérative d’achat pour le bénéfice des achats groupés favorisant les crédits fournisseurs, la réduction des frais de prospection et d’acquisition (transport, réduction, ristourne)

–        Organisation selon le principe fédérateur : réunir l’homme, le produit et le territoire

–        Les coopérateurs interviennent dans  une coopérative ou dans une fédération territoriale ou sectorielle de coopératives à la fois comme sociétaires, clients, fournisseurs ou prestataires

–        La logique des  coopératives est de n’être ni soumises  à des « OPA », ni cessibles.

–        La coopérative peut recruter des travailleurs non coopérateurs et rémunérer du travail ou du service commandé.

3 – les secteurs d’activités des coopératives

Les coopératives se créent dans tous les secteurs de la production, de la vente et du transport des produits agricoles et industriels

4 – Centrales d’achat

Il faut saisir l’opportunité et la pertinence d’occuper le terrain des approvisionnements  pour réduire les frais d’approvisionnement (couts de transport,  réduction sur achats groupés) des petites entreprises et des petits commerçants. Il serait dommage de livrer la consommation de masse et les petites entreprises aux monopoles et aux géants de la distribution internationale qui vont encore réduire les marges des petits producteurs et mettre en faillite les commerces de proximité. La relation sociale de proximité est détruite dans le monde occidental par la loi du profit et du gigantisme.

La centrale d’achat elle-même est une coopérative qui peut se regrouper en association de coopératives spécialisées selon le principe de la spécialisation des métiers et de la filialisation. Tout ce qui peut être fait par une nouvelle coopérative doit être externalisé au profit d’une nouvelle coopérative. Ce sont les impératifs de l’activité moderne en termes économiques et ce sont aussi les impératifs de la règle d’essaimage en termes de création et de développement de coopératives.

5 – Caisse commune de solidarité

Les coopérateurs, en attendant l’institutionnalisation du crédit coopératif qui exige du temps, de la confiance et de l’expertise financière et juridique, peuvent reproduire le schéma familial et amical de prêts sans intérêts en en faisant un concept économique et une pratique socio économique dans les transactions entre coopératives  ou dans  la fondation d’une nouvelle d’une nouvelle coopérative. La caiise commune bien entendu sera géré avec rigueur et aman pour  accorder des prêts sans intérêts destinés à  financer les investissements et les dépenses d’exploitation. Il faut parvenir très tôt a mettre en place des critères rationnels et transparents d’attribution et de remboursement pour éviter les confusions et les dérapages toujours possibles lorsqu’il y a de l’argent en jeu.

6  – Les coopérateurs sont

–        Des usagers propriétaires

–        Des travailleurs propriétaires

–        De petits sociétaires investisseurs

7 – Le Capital :

La coopérative est une société à capital variable : à tout moment, le capital peut être augmenté ou diminué par la souscription de nouveaux sociétaires ou le retrait de certains. Les associés souscrivent à un capital qui est proportionnel à leur activité avec la coopérative agricole.

 8  – Les bénéfices sont répartis au prorata des parts selon le principe :

–        Décision collégiale de l’assemblée générale

–        Une part du bénéfice est obligatoirement reversée soit dans la caisse de solidarité pour financer d’autres coopératives en création soit pour financer le développement, la modernisation et la maintenance de la coopérative.

9 – Direction :

La coopérative agricole est dirigée par un conseil d’administration et les décisions sont prises lors des assemblées générales. Les indemnités versées aux membres du conseil d’administration sont votées en assemblée générale.

10 – Fonctionnement :

–        Fonctionnement démocratique : chaque coopérateur est une voix quelque soit le montant  de ses actions et l’ancienneté de sa participation.

–        Le fonctionnement de la coopérative est de type associatif  anti bureaucratique : le président directeur, le secrétaire et le trésorier comptable sont nommés par l’assemblée générale qui décide à chaque fois de les reconduire ou de les changer au vote démocratique. Le travail administratif, logistique, comptable et autre peut être externalisé  et confié à des indépendants ou à une autre coopérative de service.

–        En adhérant à une coopérative de commercialisation, les  producteurs indépendants ou coopérateurs d’autres coopératives doivent s’engager  à apporter selon un cahier de charges tout ou partie de leur de leur production à la coopérative. En retour, celle-ci s’engage à commercialiser la production dont elle a la charge selon un cahier de charges.

11 – Régime fiscal :

L’état devra exonérer les coopératives de toutes charges fiscales comme cela se passe dans tous les pays du monde où existent des coopératives.  Sinon faire avec cette contrainte.

12 –  Constitution d’une coopérative :

La constitution d’une coopérative suit les mêmes règles que la création d’une entreprise. Il faut des statuts,  un agrément. Il faut respecter les procédures légales  malgré leur bureaucratie. Il faut demander les subventions légales.  Il faut réaliser un business Plan pour disposer d’un carnet de bord et d’une mémoire de projet qui permet de capitaliser l’expérience, de réajuster et de transférer le retour d’activité sous forme de savoir faire.

13 – Relation d’affaires entre les coopératives :

Le partenariat est la règle d’usage qui correspond à la culture citoyenne, démocratique et solidaire. Les coopératives ont l’obligation morale de s’entraider. Elles ont également la possibilité entre elles de ne pas recourir à la monnaie et facturer les échanges en valeur marchandises ou en valeur travail facilitant ainsi les échanges et allégeant la trésorerie.

14 – les secteurs favorables à la création de coopératives :

En occident les coopératives sont nées de l’idée de se regrouper  pour se protéger des trusts capitalistes et de mettre en commun les moyens de production pour maintenir la propriété,  l’activité et la création de richesse dans un territoire. Elles se sont concentrées dans l’agriculture, le lait et la pêche. En réalité aucun secteur n’est fermé à l’activité coopérative si les motivations de résistance citoyenne, de défense du producteur et de la création d’emploi sont là pour animer les coopérateurs qui peuvent se lancer dans toute activité si elle n’est pas fortement capitalistique exigeant des grands moyens techniques, de grands investissements et de grande concentration de main d’œuvre. La coopérative est une entreprise à taille humaine qui a pour champ de déploiement :

–        Agriculture

–        Pêche côtière

–        Cultures céréalières et vivrières stratégiques

–        Conditionnement produits agriculture et halieutiques

–        Transport et froid (stations légumières)

–        Artisanat

–        Matériaux de construction

–        Informatique et communication,

–        Petites entreprises dans la petite et moyenne mécanique adossées à un bureau d’études spécialisé (documentation de fabrication,  documentation produits, méthode et ordonnancement)

– Avec le déficit en matière d’infrastructures sanitaires, les techniciens supérieurs de la santé en soins infirmiers, pharmacie, kinésithérapie, puériculture et épidémiologie peuvent monter des coopératives sanitaires et des coopératives d’assainissement en centralisant le secrétariat médical pour plusieurs coopératives de santé. De la même manière des coopératives multi-services techino-admistratif ou logistique peuvent se monter facilement et travailler en plusieurs équipes. Le secteur du nettoyage et le secteur de la sécurité des biens et des personnes peuvent être montés et des certificats d’habilitations peuvent être établis moyennant des formations qualifiantes.

–        Etc…

L’imagination, l’expérience et le courage peuvent ouvrir les coopératives à des domaines encore vierges comme la promotion immobilière, les assurances, la publicité.

16 – Expérience de coopérative dans la promotion immobilière en Algérie :

 –         La première expérience est celle de la DNC. C’était une entreprise de l’ANP dans les années 70 destinée à fournir  l’immobilier et l’ameublement pour les personnels civils et militaires de l’armée ainsi que d’intervenir dans le casernement pour les Djounouds. L’expérience au lieu de réaliser son objectif et  de se multiplier pour l’ensemble  des secteurs de la vie civile a dévié pour se transformer en un géant de l’industrie de la construction qui faisait concurrence à la SONATIBA  et à l’ECOTEC. Il serait intéressant pour les universitaires algériens en  quête de trouver des thèmes de mémoires de faire un travail sur cette expérience et d’accompagner par la réflexion et l’étude les coopératives  dont les coopérateurs doivent pouvoir trouver de la documentation pour alimenter leurs idées de projet, leur mémoire et les erreurs à ne pas commettre.

–        Une expérience inédite et contemporaine est celle réalisé à Ghardaïa où les habitants ont construits de l’immobilier sur la base des traditions locales tant en matière d’architecture, de matériaux de construction que de solidarité dans la réalisation et dans le financement.

 C’est monsieur  Baba Ammi qui a été l’initiateur du projet de Gharadïa qui a donné  le concept du logement social participatif. Par  la suite l’état algérien en a fait sienne en lui donnant le nom de logement LSP. Il faut reconnaitre, d’après les gens de bonne foi, que ce qui a sapé le LSP est  la mentalité des « Nordistes » qui ‘n’est pas la même que celle du Sud du pays. Il n’y a pas eu de réussite davantage par l’absence de  participation de la part des futurs propriétaires sauf un faux semblant. Je vous invite à vous renseignersur l’association  Tinemerine   et visiter le Ksar Tinemerine.

Pour l’instant je n’en dis pas plus car je préfère laisser la primauté de dire et d’expliquer aux promoteurs du projet en signe de témoignage pour leur  vitalité et leur noblesse. Les Algériens soucieux de monter des projets de coopératives dans l’immobilier ou de réaliser des études de construction, d’architecture, de sociologie, d’économie solidaire devraient prendre contact avec les populations du M’zab et voir de visu leurs réalisations, leur modèle de pensée, leur philosophie, leur manière de contourner les obstacles…

Bien entendu les populations du Sud sont des Algériens et comme le chaâbi, le policier, le médecin, l’enseignant, le militaire, le préfet et le garde champêtre c’est la mentalité laxiste du type  » Akhartahat mout, Allah Ghaleb, ragda wa t’manji, hichicha talba ma’icha et autres fumisteries qui va mener une unième fois, sudistes, centristes et nordistes, à tag ‘ala men tag. Il faut rester lucide, mais ambitieux. Personne ne peut forcer un autre à boire s’il n’ a pas soif ou s’il n’a pas envie de boire. Quand il sera accablé par la chaleur il sera contraint de boire sa sueur pour ne pas dire autre chose. Que les hommes de bonne volonté se mettent en tête que l’Algérie est immense et qu’ils ne peuvent plus attendre quoi que ce soit de l’Etat ni continuer à se confiner dans son quartier. Il faut bouger, occuper le terrain, mais si vous le faites pas ce sera de nouveau les colons étrangers et les fils de riches qui le feront à votre place. Ils ont déjà le monopole de l’importation et des ressources stratégiques. Ils vous utiliseront comme esclaves car à ce rythme les marchands d’esclaves viendront vous enchaîner et vous déporter.

17 – Les ennemis de la coopérative et des coopérateurs :

–        La bureaucratie

–        La corruption

–        Le clientélisme

–        L’absence d’esprit collégial

–        L’absence de culture entrepreneuriale

–        L’aventurisme et l’improvisation

En Algérie avec le laxisme,  l’individualisme, le consumérisme et le sauve-qui-peut social il ne faut pas se voiler la face ni perdre de vue la réalité : On continue de détruire la notion d’usage, la notion de collectif, la notion de bien public. On continue de détruire les espaces verts, les terres agricoles deviennent constructibles, les plans d’eau des dépotoirs, les palmiers meurent de vieillesse et de maladie, le désert avance à grande vitesse. Que les gens méditent le rapport entre Qaroun et ceux qui sont doués de science ou qu’ils méditent le Hadith as Safina : non seulement les mauvais paieront, mais les bons qui ont gardé silence et ont laissé faire. Les futurs coopérateurs doivent se considérer comme des pionniers réformateurs en terre hostile. La partie sera difficile mais non impossible. Le plus grand ennemi après les ennemis du système décrits ci-dessus c’est l’habitude défaitiste qui baisse les bras devant la méchanceté et la médiocrité. Cette voie n’est pas celle de l’argent, mais celle des Prophètes, celle de la dignité, celle de la liberté, celle du salut : elle n’a pas de prix.

18 : Le leurre des banques «  islamiques » :

Cela fait des décades que le monde musulman vit avec le leurre des banques islamiques qui n’ont d’islamique que le nom. L’Islam est global et il ne peut être divisé en tiroirs. On ne peut parler de finances islamiques sans économie (islamique ou non islamique). On ne peut qualifier l’activité du leasing bail dans les biens de consommation durables (logement et voitures) comme de l’activité devant relever de la banque. Le commerce bien organisé peut offrir des facilités de paiement et des crédits fournisseurs sur les matières premières, l’outillage et les installations techniques, ce que ne font pas les banques islamiques. L’économie islamique ne repose pas sur la Mourabah, mais sur la Moucharakah et la Mourabahah.

La banque Al Baraka et les autres banques qui se préparent à conquérir le marché algérien et prendre en otage la finance intérieure ne doivent pas nous leurrer. La solution pour les petits et moyens revenus qui veulent œuvrer et participer par l’économique à leur libération qui leur accorde de la dignité sociale et au développement national qui leur apporte la prospérité ont dans la coopérative une meilleure alternative aux prétendues banques islamiques.

J’ai apporté une détraction au congres des savants qui veulent légaliser l’économie de marché en Algérie pour donner légitimité au recyclage des pétrodollars : instances de cotation des actions bancaires en Algérie. L’analyse des possibilités offertes par les micro crédits et les coopératives dans le monde confirment le hors jeu social,  économique et islamique  des  banques « islamiques »

19 – L’alternative : l’Islam ne se contente pas de légiférer sur le hall et le haram, mais il apporte le Badil

Lorsqu’on étudie le système de coopératives et d’économie solidaire on est obligé de rentrer dans une culture d’alternative au libéralisme du marché, à la mondialisation avec son mode de vie américaine, son Riba,  son gaspillage, et son écrasement des couches populaires.  Aucun secteur, aucune activité, autres que les activités capitalistiques relevant des très grosses entreprises, ne peuvent et ne doivent être délaissés par le modèle coopératif. A titre d’exemple nous pouvons  avec de faibles moyens et une grande volonté conjuguée à un savoir faire rigoureux et planifié nous lancer dans :

–        Les assurances mutualistes : l’assurance capitaliste qui est une arnaque qui constitue à payer 3% d’indemnités annuelles et à gagner 97% de bénéfices pour les replacer dans produits financiers, la spéculation immobilière et les bourses. L’idée des assurances peut être revue dans des fédérations de coopératives de sécurité et de prévoyance où l’assuré (l’usager) est sociétaire et où une partie importante des bénéfices  est reversée aux adhérents coopérateurs ou assurés. Nous ne sommes plus dans la loi de l’argent mais celle de l’efficacité sociale, de la justice et de l’équité. Une réflexion peut être menée sur ce terrain pour aboutir rapidement à une ingénierie de réalisation. Il ne s’agit pas d’entrer en compétition contre le modèle dominant mais dans le cadre de la concurrence offrir non seulement d’autres produits mais d’autres alternatives en termes d’organisation, de financement et de philosophie d’assurance.

–        Remettre à la mode le micro crédit pour que les petites gens (cordonniers, épiciers,  travailleurs indépendant, fermiers sans terre) accèdent au crédit de subsistance non par la consommation mais par l’investissement permettant l’achat des outils, de la matière première ou des animaux  d’élevage (volailles, moutons, chèvres, abeilles)  et gagner leur autonomie, leur dignité…

Nous avons deux modèles à étudier et à adapter à nos conditions locales :

  • La banque des pauvres « Grameen » au Bangladesh que Muhammad Yunus a fondé en 1974.Il est honteux que nous fassions appel à des savants moribonds et à des banques « islamiques » des pétrodollars pour financer la Mourabah, cette escroquerie morale et économique alors que la « « Grameen » et son inventeur Nobel d’économie sont présent en Europe ? en Amérique, en Asie, en Afrique et notamment  en Chine, aux États-Unis, en Afrique du Sud et en France. C’est ce type de révolutionnaires et de révolution dont nous avons besoin et non des « Thouars » libyens ou syriens ou des « concessionnaires » de chocolat et de cosmétiques. Ces derniers mettent en ruine leur pays pour le compte de l’OTAN alors que l’organisation du bengali Muhammad Yunus  prête 22 milliards de dollars aux pauvres parmi les pauvres du monde entier et ce en cash avec des procédures simplifiées et efficaces. Voilà ce qu’un journaliste raconte sur cette expérience qui a permis aux pauvres bengalis de représenter dix pour cent de la population à  bénéficier des prêts de la banque de Yunus soit  douze millions de personnes, avec un taux de remboursement de plus de 90 %, «… il va surmonter tous les obstacles, la lourdeur des administrations, la répulsion de l’aristocratie des banques, la méfiance des responsables politiques, la peur panique des paysans terrorisés par ce saut hors de leur condition d’intouchables, les critiques acerbes puis les tentatives de récupération de la banque mondiale dont Yunus refuse les prêts ! ». On a importé des technologies « clés en main » pour rien, et on est entrain d’importer des cartes de crédits pour accroitre la culture consumériste et le désir mimétique qui produit de la violence sociale. Il est peut-être temps de se mettre enfin à importer des modèles d’organisation qui marche et à mettre en place des solidarités d’idées et de know how avec les pays en voie de développement.
  • La banque des pauvres en France :

 Elle est appelée  ainsi, mais en réalité ce n’est pas une banque pour pauvres au sens péjoratif ni une banque pour interdis bancaires ni un mont de piété où les démunis et les faillitaires mettent en gage leur bijoux de famille. Son nom est « Banque de l’économie sociale et de la finance solidaire ». Son principe fondamentale est la finance éthique, celle qui ne finances que les activités socialement utiles et refusent de financer les produits et les activités socialement néfastes. C’est une banque ancienne (1893) qui est apparue sous le nom de « Banque des associations ouvrières ». A l’origine, elle  finançait donc les coopératives ouvrières, autour d’un projet, pour compenser le refus des banques classiques.

Le Crédit Coopératif s’est ainsi spécialisé dans le financement des associations ou des mutuelles, qui relevaient de sa même philosophie.  C’est  une banque coopérative, c’est-à-dire que ses propriétaires sont des sociétaires, et que la banque doit servir au mieux leurs intérêts. Chaque sociétaire, personne physique ou morale, a ainsi une voix. L’orientation de politique général et le pouvoir de décision appartient à la majorité des voix dans un système où chacun est représenté par sa voix et non par le montant de son capital. Il n’y a pas d’sociétaire à rémunérer chaque année car les sociétaires sont des individus impliqués dans la philosophie et qui déposent leur argent sans intérêt  ou des coopératives, des associations de la société civile, des petites entreprises, des entreprises des collectivités locales qui déposent leur trésorerie à la banque et qui se font financer l’investissement et l’exploitation par cette banque coopérative. Ce crédit coopératif intègre dans son réseau financier les fondations caritatives et écologiques comme la fondation Abbé Pierre.

  • Le rêve des Maghrébins et des Algériens :

La révolution algérienne et le combat d’Abdelkrim AL Khattabi au Maroc contre le colonialisme ainsi que l’histoire du mouvement national tunisien mettent en valeur deux idées maitresses en plus de l’indépendance et de l’identité nationale : la solidarité et la justice sociale d’un côté et l’unification du Maghreb de l’autre.  Le Maghreb des peuples n’est pas une utopie : à la contigüité des espaces, des mentalités collectives et  des histoires peut se tisser une fédération concrète par la conjugaison des désirs des peuples à vivre dans la dignité et la paix ainsi que la complémentarité  des économies et des ressources. Les coopératives peuvent créer un champ d’expériences économiques, sociologiques, culturelles, sociales et de solidarité. Ce ne sont plus les seuls politiques, les grands capitaux et les touristes qui franchissent les frontières mais les idées, les projets, les petits capitaux, les marchandises portés par les milliers de coopératives employant des milliers de personnes.

  • Le caritatif et les fondations pieuses.

L’histoire du colonialisme en Algérie ne se conjugue pas seulement à son peuplement, à sa prédation économiques  et à ses crimes contre l’ humain, mais à la destruction de la personnalité algérienne en détruisant sa langue et son socle socio économique. Ce socle était bâti sur les terres ‘Arch et le Waqf : qui donnent à la fraternité un sens concret et social, à l’identité un contenu pragmatique, à la solidarité une dimension culturelle et religieuse. Ce socle a permis à l’Algérien, avant la colonisation et durant la longue nuit de la décadence musulmane, de conserver intacte les liens de la famille et de la société et de garder sa dignité car ses terres et son Waqf lui assuraient la subsistance et le secours.  Les coopératives en redonnant vitalité à l’identité algérienne, à son esprit millénaire de solidarité et à son exigence de justice sociale renforcée par le fait colonial vont remettre en marche la dynamique sociale fondée sur la solidarité et l’esprit d’entreprise conforme à la nature sociale et pieuse de l’Algérien. Ainsi les coopératives, le système de crédit mutualiste, les mutuelles d’assurances et le réseau caritatif se mettent en synergie pour redonner naissance à ce qui a fait la grandeur et la singularité de la civilisation islamique : les fondations pieuses.

 La pauvreté n’est pas une fatalité, l’oppression n’est pas invincible. Chacun peut tisser un réseau solidaire, une démocratie solidaire, une piété solidaire, une efficacité sociale par la société qui se prend en charge dans des projets à taille humaine selon le proverbe arabe ou chinois «  Si tu donnes un poisson à un homme tu le nourris un jour, mais si tu lui donnes une canne à pêche tu le nourris pour la vie »  et selon le principe coopératif « Aidez-moi à vous aider ». L’Islam n’a pas fait de l’aumône une profession à vie, mais une béquille pour surmonter la difficulté : « la main du dessus (qui donne) est préférable à la main du dessous (qui reçoit) ». Le Coran a interdit que l’action caritative et l’œuvre charitable ne deviennent une nuisance en touchant la dignité humaine :

 {Et ils t’interrogent : « Que dépenser ? », Dis : « Du surplus ». De même, Allah vous Démontre les Signes, afin que vous méditiez sur le monde et la vie Future. Et ils t’interrogent sur les orphelins, dis : « Une éducation pour eux est bien ». Et si vous les fréquentez, ils sont vos frères.} Al Baqra 219

 {L’exemple de ceux qui dépensent leurs biens pour la cause d’Allah est comme l’exemple d’une graine qui a germé sept épis de blé, chaque épi renfermant cent graines. Et Allah multiplie à qui Il veut. Allah Est Tout-Largesse, Tout-Scient. Ceux qui dépensent leurs biens pour la cause d’Allah, puis ne font pas suivre ce qu’ils dépensèrent de vantardise, ni de nuisance, auront leur rémunération auprès de leur Dieu. Nulle crainte pour eux et ils ne seront point affligés. Un dire convenable et un pardon sont meilleurs qu’une aumône suivie de nuisance. Allah s’en Passe, Il Est Longanime. O vous qui êtes devenus croyants, n’annihilez pas vos aumônes par la vantardise et la nuisance, comme celui qui dépense son bien par ostentation devant les hommes, et qui ne croit ni en Allah ni au Jour Dernier. Son exemple est comme l’exemple d’un rocher couvert de poussière, qu’une averse frappa et laissa tout aride. Ils n’ont aucune prise sur ce qu’ils ont acquis, et Allah ne guide point les renégats. L’exemple de ceux qui dépensent leurs biens désirant l’agrément d’Allah et l’affermissement de leurs êtres est comme l’exemple d’un jardin sur une colline : dès que l’averse l’atteint, sa production est alors deux fois plus importante. Et s’il n’est pas atteint par l’averse, il le sera par la bruine. Allah Omnivoit ce que vous faites. Quelqu’un d’entre vous aimerait-il avoir un jardin de palmiers et de vignes sous lequel coulent les fleuves et qui contienne toutes sortes de fruits, puis, qu’il soit atteint de vieillesse en n’ayant que de faibles descendants, et qu’un ouragan avec du feu frappe et dévaste ce jardin ? De même, Allah vous Démontre les Versets, peut-être méditeriez-vous. O vous qui êtes devenus croyants, dépensez du meilleur de ce que vous avez gagné et de ce que Nous avons fait pousser pour vous de la terre. N’en triez pas ce qui est vilain pour le dépenser, alors que vous ne l’accepteriez pas (pour vous-mêmes) à moins que vous ne fermiez les yeux. Sachez qu’Allah s’en passe : Il Est Tout-Louable.} Al Baqarah  261 à 267

 Ces versets ne sont pas de la prose mais un cadre idéique pour imaginer des projets de solidarité sociale et un cadre d’orientation pour une praxis de la foi : les fondations pieuses. Ces fondations ne peuvent voir le jour que si et seulement la société produit du surplus. Pour éviter l’ostentation et les nuisances aux pauvres et aux indigents qui portent atteinte à la dignité de l’homme l’œuvre caritative ne doit pas relever du politique ou être le monopole des riches dans une société appauvrie. C’est l’affaire de tous. Le but n’est pas de faire de la charité pour gagner son paradis, mais d’éradiquer la pauvreté en produisant un surplus, en redistribuant équitablement les revenus de l’effort collectif et des ressources nationales, en gérant comme une entreprise (fondation pieuse) la Zakat et les Sadaqàtes.   L’émiettement des collectes et de la redistribution comme une charité d’un jour font perdre le sens social et économique de l’aumône et du don. Avec les banques coopératives, le crédit mutuel, l’assurance et la prévoyance mutualisé peuvent  naitre des initiatives populaires pour :

–        Les fondations pieuses 

Il y un gisement de métiers et d’initiatives si elles sont  gérées comme des entreprises qui investissent et qui pratiquent l’aumône et le secours sur les revenus et non sur le capital.

–        Le logement social qui est actuellement détourné par le favoritisme, le clientélisme, la bureaucratie et  la corruption. L’Etat algérien a construit des millions de logements qui retombent entre les mains des rentiers et de l’économie informelle. Lorsque des coopératives par corps de métiers réunissant le futur acquéreur et  l’artisan  animé par l’esprit solidaire alors on peut construire selon les normes éthiques, esthétiques et sociales de l’Algérie et réaliser des villages nouveaux autour des grandes villes au lieu de se lancer dans les aventures couteuses et sensationnelles, mais inefficaces, des grandes métropoles sans bureaux d’études et sans entreprises nationales.

–        Des orphelinats gérés à taille humaine et à visage humain et non comme des casernes ou des pénitenciers

–        Des asiles de miséricorde pour personnes seules, démunies,  handicapées ou âgées gérées comme des havres de miséricorde et non comme des cliniques privées fondées sur la loi du profit ou des auspices où on met en réclusion la misère et la souffrance humaine.

Le système coopératif est une philosophie de la dignité, de l’action,  de la liberté, et  de l’alternative humaniste au profit, à l’aliénation capitaliste  et à l’égoïsme de la loi du marché.

Dans ce que nous venons de voir il y une invitation à s’appuyer sur sa culture et ses réseaux sociaux et se mettre à entreprendre brique par brique puis faire les assemblages qui donnent de l’harmonie, de la valeur ajoutée et de la synergie sans mépriser la petite brique, la petite étincelle

        

18 – Les coopératives et notre patrimoine national :

A l’âge de 13 ans j’avais découvert avec émerveillement l’histoire de mon pays et comment la colonisation avait cassé le système des terres ‘Arch, indivisibles et incessibles qui ont façonné l’âme algérienne et ont permis dans les moments les plus durs de la décadence du monde musulman de sauver la dignité de l’Algérien qui pouvait se nourrir même s’il était privé du développement. Les Français en sapant la structure agraire ont sapé notre identité, notre structure mentale collective, notre organisation sociale, notre histoire millénaire et nos moyens de subsistance. La coopérative  qui n’est pas aumône mais travail socialement utile et solidairement partagé fait partie de notre culture. C’est un impératif moral, social, culturel, économique et religieux que de nous approprier l’idée de coopérative qui n’est apparu en Occident qu’au 19 ème siècle et qui a donné en France le crédit agricole, la mutuelle de crédit, les coopératives de pêche au Québec, en Espagne et en Italie. Il existe même dans ces pays des troisièmes cycles d’économie solidaire et des formations diplômantes en gestion de coopératives.

Je garde en mémoire quelques faits marquants de l’indépendance : la spontanéité du mouvement autogestionnaire qui a pris en charge dans l’industrie et l’agriculture  les exploitations bien vacant. Les comités populaires d’autogestion ont nationalisé les biens des colons  dans une forme non étatique, une forme publique, citoyenne. L’interventionnisme de l’Etat et les luttes de pouvoir politiques ont sapé cette expérience qui aurait pu conduire l’Algérie vers une autre voie de développement et un autre modèle d’organisation sociale.

Je garde en mémoire l’expérience de la Révolution agraire qui est une expérience de coopératives à l’échelle de l’ensemble du territoire et touchant les masses paysannes. Le projet était noble et généreux, mais sans  faire tout l’inventaire des potentialités ratées de cette aventure qui aurait pu être fabuleuse je dois noter quelques problèmes majeurs qui se sont manifestés pour transformer le rêve en cauchemar :

  • Le volontarisme qui rendait les paysans des caporaux au lieu d’être des acteurs de leur destin,
  • le clivage idéologique entre islamistes et communistes d’une part et  entre boumédienistes et les gros propriétaires terriens qui se sont convertis dans le commerce et qui ont pris en main certains postes clés de l’administration.
  • L’injustice : on ne corrige pas l’injustice commise par la colonisation qui a dépossédé le Fellah algérien de sa terre, par la nationalisation injuste, abusive et indifférenciée des petites propriétés.
  • La lutte idéologique menée par les communistes algériens qui ont fait de la révolution agraire non une œuvre humaniste, sociale et économique mais un instrument pour asseoir leur hégémonie politique et « bolcheviser » la mentalité algérienne réfractaire au communisme qui touche au valeurs religieuses et à la morale.
  • La lutte idéologique menées par les islamistes qui ont trouvé une voie pour dénigrer Boumédienne et sa voix de développement socialiste. Abstraction faite de Malek Bennabi qui avait approuvé et soutenu la révolution agraire dans son aspect de justice sociale et de réparation historique, les mouvements islamiques, ignorant à l’époque le Fiqh économique de l’Islam sur la propriété foncière, sur l’État, sur la valeur travail se sont opposés à la révolution agraire comme étant une œuvre impie. Si les communistes voyaient la révolution agraire le moyen de faire sortir l’Algérie de son islamité et de la libérer des « réactionnaires » musulmans, les islamistes voyaient dans la révolution agraire le pouvoir grandissant des communistes dans le pouvoir.
  • Le volontarisme et le pragmatisme sur une idée vague ne peuvent mener loin sans théorie, sans concepts, sans méthodologie et mobilisation des moyens logistiques

L’échec de la révolution agraire a tué tout esprit d’initiative populaire. Le même schéma s’est retrouvée dans la mise en échec des industries industrialisantes. Le passage d’un dirigisme de l’État au nom de la justice sociale à un libéralisme sauvage et laxiste ainsi qu’à une absence de l’État au nom de la liberté, de la démocratie et de l’économie de marché a finit par laminer toutes les bonnes volontés déjà épuisées et atomisées par les années de la terreur. Notre patrimoine est riche, mais plein d’erreurs d’aiguillages et d’échecs non assumés et non bilantés pour en faire un tremplin vers autre chose que l’immobilisme et l’hésitation. Les coopératives peuvent souffrir de cette mémoire traumatisée, mais elles sont un moyen simple et efficace de surmonter les crises en revenant à ce qui a fait la force de ce peuple dans les nuits sombres du colonialisme : la solidarité et l’invention des moyens autonomes de survie puis de résistance. En 2012 nous sommes dans la même situation qu’avant le déclenchement de la révolution : l’aggravation des contradictions et l’absence de perspectives crédibles. Il faut aller puiser nous forces en nous mêmes et nous réconcilier par le travail et l’occupation rationnelle et équitable de ce territoire disposé à donner avec générosité.

Nos traditions berbères et notre culture musulmane se rejoignent sur ce terrain de la solidarité, de l’assistance mutuelle  et du travail collaboratif. L’expression « travail arabe » n’était pas une expression péjorative, elle exprimait l’émerveillement de l’orientaliste qui découvre le monde musulman et ses compétence de travailler dans ce que les restaurateurs architectes et les spécialistes de la restructuration urbaine appelle le travail en brouillon qui est une organisation complexe faisant appel à plusieurs corps de métiers sur une même étendue et dans un même moment. L’émerveillement c’est de ne pas distinguer la structure de classe gommée par le travail en commun pour construire ou restaurer une mosquée, un quartier, un jardin, un forage d’eau …

Nous avons la mémoire, la culture, la religion et le réservoir de main d’œuvre et de territoire pour faire des ces coopératives un fer de lance pour une refondation sociale, une prospérité économique et une résistance contre le nouvel ordre mondial. Nous sommes une histoire, une culture et une religion  du don et du sacrifice. Nous ne sommes pas des vauriens avachis par trop manger et trop plaisanter. Nos grands parents et nos parents nous ont tracé un chemin de gloire et de grandeur, ne leur faisons pas honte !

Je rends hommage aux proches disparus que l’histoire a relégués à l’oubli.  Ils faisaient partie de ces jeunes tombés très tôt au champ de l’honneur. Ils faisaient aussi partie des internés dans les camps français pour que l’Algérie et ses enfants vivent dans la liberté. Ils faisaient aussi partie de ces jeunes algériens qui sont parvenus durant la colonisation à se hisser au dessus de  leur condition sociale par leur travail et par les opportunités que le colonialisme a commencé à offrir pour disposer d’une main d’œuvre indigène plus instruite pour servir d’auxiliaires techniques aux colons et à l’administration coloniale.  L’histoire retient les harangueurs des foules, mais elle oublie les abeilles qui ont construit le mouvement syndical algérien en apprenant le militantisme et la dialectique anti-coloniale et anti-impérialiste dans les coopératives et les sociétés de prévoyance qui leur permettaient de subvenir à leur besoin, de payer leurs études et d’apporter de l’aide aux démunis dans les secteurs de l’agriculture, des céréales et du lait. La coopérative est une école d’éveil politique loin de l’esprit sectaire et partisan. Le syndicalisme authentique comme le militantisme politique ne sont pas des arrangements d’appareils ou des dans politiciennes, mais la quête de l’intérêt public

Je rends hommage aux militants du FLN authentique qui au lendemain de l’indépendance ont ouvert les universités populaires qui ont permis à des générations d’algériens d’apprendre à lire, d’apprendre à manipuler les concepts et la dialectique. Même si les militants de ces universités étaient d’obédience communiste, nous devons leur rendre hommage. Ma conscience sociale et populaire s’est forgée dans ces universités populaires, assis à côté de certains de mes enseignants algériens sur le même banc avant que la scène et la salle ne devienne part la suite du music hall de bas niveau pour des enfants dont les parents mimaient l’Occident dans les futilités.

De la même manière il faut étudier l’expérience de la Medersa des Oulémas algériens  qui est une démarche identique à celle de l’esprit de résistance et de dignité des coopératives.

Toutes ces expériences sont à réactivées, à étudier et a considérer comme des acquis qui doivent nous aider et nous redonner l’enthousiasme et  enfin nous  libérer de cette mentalité de nihiliste, de défaitiste qui nous rends vulnérables non seulement devant la culture de la rente, mais devant les chants des sirènes des nostalgiques de l’Algérie française  qui n’auront de repos que le jour où ils verront l’Algérie et l’avenir des Algériens à jamais engloutis par les Algériens et Satan qui leur enjolive leurs mauvaises actions.

19 – Une opportunité à saisir :

Nous lisons dans la presse les déboires des projets véhicules en Algérie ainsi que les scandales réels ou fictifs avec Peugeot et Renault. Ces deux marques restent très prisées sur le marché algérien. Il faudrait revoir le « concessionnariat » véhicules de tourisme  avec ou sans montage de véhicules en Algérie en y impliquant la démarche stratégique en terme de formation,  de production,  d’emploi et d’intégration nationale sur le plan industrielle. La réorganisation de la filière véhicule en Algérie  peut donner lieu à l’émergence d’une industrie de petite et moyenne  mécanique en s’appuyant  sur :

–         les implantations du foncier industriel et marchand de la filière « véhicule »,

–         les compétences nationales en matière de constructions mécaniques,

–        la liste et le choix des  milliers de pièces qui peuvent être sous traitées en Algérie sur les milliers de sous traitants internationaux de la filière automobile française,

–        l’accord avec un constructeur français sinon étranger pour produire localement et pour le marché local et pour l’exportation

Alors  la production des « jeunes entrepreneurs » algériens peut atteindre en moins de 5 ans un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros par an dont 6 millions à l’exportation. La seule condition est le montage d’une  ingénierie nationale inédite : l’acquisition et le transfert du know how au profit de petits ateliers de fabrication encadrés par des experts français et algériens  pour redonner à l’algérien la culture mécanique et lui permettre d’atteindre le régime de croisière  avec une production qui satisfait aux exigences techniques en matière de normes et de qualité de fabrication.  Algérie dispose d’une expertise reconnue en matière de mécanique. Il faut visiter et voir la production mécanique des complexes pelles et grues de Constantine ou véhicules industrielles de Rouiba. Il y a du capital humain, technologique et technique et du savoir faire  qui ne demandent que la reconnaissance et le droit à l’innovation et à la prise d’initiative. Il y a des ingénieurs, des techniciens et des ouvriers qui aiment leur métier et qui aiment l’Algérie et sa jeunesse : il faut les appeler et les écouter.

Au lieu de nous lamenter sur l’obscurité, allumons une bougie pour nos jeunes et n’ayons pas peur d’être ambitieux à la lumière de la grandeur de l’étendue géographique et historique de notre immense pays encore vide et sous peuplé.

Peugeot et Renault ont des capitaux et des marchés, mais ils ont une histoire et je sais avec certitude pour les avoir rencontrés au nom d’un Ministre alors qu’il était en poste  qu’ils ne sont pas intéressés par s’associer avec les vampires qui ont sucé le secteur public et sont devenus des barons de l’import export. Ils sont prêts à s’embarquer dans une nouvelle aventure humaine et industrielle qui redonne de l’éclat à leur image de marque et les fait sortir de la morosité de l’économie française. Face à eux il faudrait mettre « monsieur propre, monsieur idée, monsieur entreprise… »

Cette idée est non seulement simple et réalisable, mais elle peut être transférer sur des centaines de filières. La solution de l’Algérie n’est pas dans l’exploitation des gisements de schiste pour se prémunir de la crise énergétique dans l’avenir putatif, elle est dans la solution à apporter immédiatement aux  jeunes avant que ne se produise l’explosion irrémédiable ou que ne survienne la mort et que chacun se mette à se mordre les doigts de regrets et de remords.

Une des filières qui pourrait combler la désolation des routes et des autoroutes est un vieux projet que les américains avaient proposé à l’Algérie au milieu des années 70 et dont j’ai oublié le nom. L’idée est simple : mettre en place un maillage de motels, de magasin de pièces de rechanges, de cafétéria, de bains publics, de centres de santé, de station essence, de réparation et d’entretien véhicules. Bien sur que le projet existe en Algérie avec des Wawouh aussi grand que la patriotisme de canailles que nous avons développé par notre amour moribond et malsain. Il s’agit de favoriser les jeunes et ne pas laisser toujours les mêmes s’installer en oligarchies avec les germes de violence dans un pays qui ne parvient toujours pas à comprendre le sens de « Res Publica » ni à donner à leur religion un caractère civilisateur et libérateur :

{L’aubaine qu’Allah a accordée à  Son Messager aux détriment des gens de la Mecque, revient à la Cause d’Allah, au Messager, aux proches, aux orphelins, aux miséreux, au passager démuni : afin que cela ne circule pas exclusivement parmi les riches d’entre vous} Al Hashr 7

Nous avons 150 ou 200 milliards de dollars de réserve : je ne demande pas de les donner comme une rente aux jeunes, mais de leur permettre de  transformer l’abondance de leur temps inutile en temps de travail utile pour qu’ils soient le meilleur gisement car il est le gisement durable qui se reproduit part lui-même en s’élargissant et en s’améliorant.  Laissez-les travailler ! Ne les assistez pas ! Ils sont capables de vivre, d’entreprendre sans la tutelle de personne.

20  – Un cas surprenant :  le secteur halieutique

Avec 1200 km de côtes, une insuffisance en termes de protéines marines et un déficit en moyens de pêche et en moyens logistiques liés aux activités halieutiques et connexes l’Algérie peut en quelques années mettre sur pied des coopératives dans la pêche côtière, le froids, le conditionnement, le transport, la réparation navale, la fabrication de glace, l’aquaculture, les jardins de la mer… Ces coopératives peuvent générer des dizaines de milliers d’emploi et 300 à 500 millions  de dollars.

Les jardins de la mer peuvent générer non seulement la production d’algues, d’huitres, de moules pour l’exportation, mais des produits extraits des algues : l’alginate produit qu’on utilise en prothèse dentaire ainsi que de la gélatine végétale pour l’industrie de la confiserie et de la pâtisserie. L’Algérie pourrait exporter de la gélatine halal pour les consommateurs musulmans en France et en Belgique.

Algérie c’est le pays d’Abel comme disait l’acteur « momo le fils de la Casbah » qui a joué le rôle du fou dans l’incendie (Dar as Sbitar), mais les Algériens en ont fait celui de Caïn. C’était le grenier et la manne de tous les colonisateurs comme si le destin de notre pays, par la faute de ses gouvernants et de ses habitants, est de se montrer généreux pour les envahisseurs, mais avare et cruel pour les siens.

21 Redéploiement des entreprises publics des collectivités locales

Nous savons tous que  l’opération de réorganisation du secteur public  a été mal conduite et finissant comme un démantèlement du secteur public qu’une restructuration industrielle. Les entreprises locales publiques représentent presque mille entités économiques tout corps de métiers et utilisant la majorité des personnels du secteur public productif.  Les coopératives sont l’outil idéal de la restructuration qui met fin au démantèlement anarchique et inavoué du patrimoine national.

– Organiser des séminaires de sensibilisation sur les coopératives

– Restructurer l’entreprise en métiers distincts. Chaque métier est une coopérative. Chaque coopérative est ouverte aux sociétaires externes.

– La viabilité et l’efficacité des nouvelles entreprises priment sur le social. Le contentieux social pour les travailleurs et les métiers qui ne peuvent (ou ne veulent) pas être abosorbés par les coopératives relève des prérogatives de l’Etat et du liquidateur. Les coopératives doivent pouvoir redémarrer sans héritages des contentieux

– Transformer les indemnités de licenciement en capital social après une opération de liquidation judiciaire qui assainit la situation comptable de l’entreprise

– Céder, ni au dinar symbolique ni au prix du marché, mais à la valeur coutante aux travailleurs coopérateurs et à leurs enfants, les actifs fixes et circulants.

– Mettre en place un échéancier de remboursement

– Mettre en place des formations de gestion

– Passer commande sur une période garantie permettant aux nouvelles coopératives issues du secteur public local d’atteindre l’autonomie de gestion et le régime de croisière en termes d’exploitation

22 – Les mesures d’accompagnement :

Il y en très peu. L’initiative étant essentiellement et prioritairement  populaire. L’Etat devra en  faciliter le cadre juridique et les implantations territoriales dans un pays où le foncier est excessivement cher.

Les apports attendus sont d’ordre institutionnel sur le plan des subventions,  de la fiscalité, de la simplification des procédures, de  l’acquisition des locaux et des installations…

Le plus grand apport serait la création par l’Etat d’une agence nationale de promotion des  coopératives. Elle serait chargé de définir les opportunités et les pertinences de projet, la formation, l’assistance technique, financière et juridique. Les expériences malheureuses des aventures improvisées et du clientélisme corrupteur  depuis la fin des années 80 à ce jour font peur aux coopérateurs animés d’un esprit sain et d’une philosophie claire. L’Etat algérien a dépensé suffisamment d’argent pour l’emploi des jeunes et l’aide à investissements qui se sont avérés avec le temps des moyens que les rentiers et les clientélistes détournent à leur profit sans création d’emploi ni de production.

Si l’Etat se lance dans cette agence il devra, s’il veut que le projet aboutisse,  donner à l’agence un caractère spécifique et protégé de la rapine et du favoritisme :

–        Elle doit fonctionner comme un organisme public à but non lucratif.

–        Elle gère sous son entière responsabilité et sous le contrôle direct de l’inspection générale des Finances (IGF) du ministère de l’Economie les dossiers d’attribution des aides aux coopératives.

–        Elle met en place un système informatique avec gestion de la base des données des acquéreurs et avec la garantie de la protection des données.

–        Elle met en place un système de chèques « spécial coopérative »  au nom de la raison sociale de la coopérative.

–        Elle met en place un système décentralisé de soutien aux coopératives.

–        Elle doit disposer d’un conseil d’administration composé de professionnels du secteur privé et public, de représentant des chambres de commerce et de métiers, des représentants des syndicats des travailleurs et paysans, de journalistes, et de représentants des 4  ministères : Finances, le  travail, la formation et l’intérieur. Mais  la majorité du conseil sera constituée par les délégués des fédérations des coopératives.

–        Elle peut réaliser des partenariats avec les grandes fédérations internationales  de coopératives et d’économie solidaire indépendantes des partis et des Etats.

–        En attendant la création des coopératives et de leur fédération, le directeur général de l’Agence de promotion des coopératives peut, pour une période de transition de moins de 3 ans, faire fonctionner l’agence selon un cahier des charges.

–        L’agence sera dissolue dès la fin de transition qui doit voir l’émergence de coopératives viables et aptes à se fédérer. Pour remplir sa fonction, l’Agence peut créer des groupes de conseils et d’expertises ad hoc.

Si l’Etat est démissionnaire ou s’il met en place des structures bureaucratiques,  il appartient aux Algériens de prendre les initiatives le plut tôt possible. L’agence n’est pas une nécessité, mais un organe de facilitation dont on pourrait se passer.  Un juriste compétent et vertueux peut montrer rapidement toutes les possibilités que permet la loi algérienne en l’état actuel des choses ainsi que les moyens légaux de faire face aux contraintes imposées par la bureaucratie et la rente.

Les hommes libres de ce pays, encore attachés à l’amour de ce peuple et aux valeurs du premier novembre 54, peuvent et doivent faire l’effort de donner de leur temps et de leur argent  pour apporter leur contribution à la mise en place de cette pépinière qui peut générer en quelques années et avec très peu d’investissements des gisements de métiers et de chiffre d’affaires.

Il ne s’agit pas de faire un « printemps arabe », mais de réaliser, tous ensemble,  la paix, la concorde et la prospérité dans notre pays.

23 : La formation et l’apprentissage professionnel :

L’Etat a une grande opportunité de relancer la formation en faisant une formation à la carte. Les contributeurs bénévoles ou associés, individus ou entrepreneurs,  peuvent, avec ou sans l’Etat,  intervenir dans le domaine de la formation et de l’apprentissage.

En effet il y a un gros déficit de formation professionnelle en quantité et en qualité. L’Algérie a consenti par le passé d’énormes efforts de formation qu’elle a délaissé laissant un pan entier de la jeunesse pour laissés pour compte pertes et profits.

Celles et ceux qui sont passionnés de pédagogie, de qualification professionnelle peuvent s’investir dans ce créneau de formation et mettre en place quelque chose d’inédit dans le monde : les coopératives de formation où l’apprenant finance modestement une partie de sa formation et le reste de sa formation sera remboursé sous formes d’actions dans la coopérative ou sous formes de crédits sans intérêts. Il faut se mettre à produire des idées, à générer des actions, à entreprendre et ne pas laisser les privilégiés voler et corrompre votre pays.

Il est honteux qu’un pays comme l’Algérie ne fasse pas de la recherche-développement en pédagogie et didactique de l’apprentissage professionnel. Il est encore plus honteux, eu égard au chômage,  à la perdition scolaire et à la précarisation de la population de rester figés sur les modèles éculés de la dichotomie entre travail manuel et intellectuel. La France, au niveau actuel de son développement, continue de former des CAP et des BEP, et des équivalences professionnelles  alors que l’Algérie  a délaissé ces formations diplômantes de niveau 5 et 4.

En plus des formations qualifiantes métiers  il faut prévoir des formations qualifiantes gestion de projet pour les futurs conseillers de coopératives ainsi que des formations pour les gestionnaires des coopératives, car une  coopérative reste une entreprise ave ses métiers, son organisation et son exploitation.

Les hommes de bonne volonté peuvent trouver l’art et la manière de mettre en place des ingénieries de formation qualifiantes  qui ne sont pas reconnues par les ministères et la fonction publique, mais reconnues par les professionnels et qui donneraient une reconnaissance sociale ainsi qu’une compétence pour se lancer dans un métier et comme coopérateur dans une coopérative d’avenir.  Il suffit d’organiser des évaluations de certifications sur les établissements de formation, sur le cursus pédagogique et sur l’examen final. Cette évaluation effectuée de concert avec les professionnels n’est pas une atteinte à la loi ni un faux diplôme, mais une attestation de reconnaissance professionnelle que telle personnelle a telle et telle aptitude qui lui permet d’effectuer tel métier ou telle tâche. Point final. Les seuls règles à ne pas transgresser sont celles où il faut des habilitations et des homologations délivrées par les organismes certifiés comme par exemple les habilitation électriques  pour intervenir sur les armoires ou les installations électriques et autres habilitations exigées pour la sécurité et la protection des  personnes et des biens. Il n’y en a pas beaucoup.

Nous voulons donc que nos coopérateurs aient une culture d’entreprise ainsi que les fondamentaux en termes de règles de l’art  en vigueur dans les  usages et les métiers. Pour les sceptiques et les rabats joie nous leur disons : La santé publique a fonctionné pendant des années en s’appuyant  sur des agents paramédicaux  sans diplômes après l’indépendance et ce dans toutes les Wilayas et pas seulement dans les Wilayas déshéritées. Nous avons eu des sages femmes rurales  dont certaines  sont  toujours en poste ou en retraite avec une formation accélérée de l’Unicef destinées aux accoucheuses rurales en Afrique.  Nous leur disons est-ce que la révolution algérienne était une importation clé en main ?

24 – La recherche développement et les cursus universitaires.

Dans les pays occidentaux malgré la domination des médias, des sources de savoir et des économies par les oligarchies financières et les lobbies nous voyons des universités,  des bibliothèques et des centres de recherches offrir des terrains d’études, de stages, de spécialisation et de recherche dans les activités liées aux coopératives et aux transferts de connaissances entre les disciplines et les organismes publics. Le tissu universitaire et documentaire algérien est appelé à promouvoir des cursus de troisième cycle ainsi qu’a produire de la documentation  pour :

–        Encadrer et donner les outils conceptuels, méthodologiques et monographiques aux coopérateurs

–        Promouvoir la culture d’entreprise et le management de type coopératif tant au niveau des dirigeants de coopératives et de fédérations de coopératives pour doter les coopératives des procédures juridiques, financières, techniques, managériales, comptables  et philosophiques  que la culture sociale pour la rendre acquise et impliquée dans le développement et la participation à l’effort collectif

–        Revoir le système comptable inspiré de la comptabilité occidentale qui fait rémunérer trois fois le capital a travers les amortissements, les intérêts et les dividendes. L’urgence est de proposer une solution pour entreprendre l’expertise des apports en nature, en travail, en cognition dans le capital social de la coopérative. Les pays industrialisés parviennent  à faire de la compétence et du savoir un actif fixe ou circulant dans l’entreprise. Nous devons reprendre l’esprit créatif, imaginatif, et ne pas rester des consommateurs des idées des autres ou des auxiliaires de consommation à leur marché et à leur idéologie.

25 – Le retour au pays

Nombreux sont les enfants des émigrés qui veulent retourner au pays de leur parent, car ils ressentent de plus en plus les horizons se boucher sur le plan économique, social et culturel. Les quelques retours ne sont pas toujours réussis faute d’opportunité d’investissements et de connaissance  des « règles » du jeu. La coopérative est un excellent moyen d’insertion socio-économique car elle offre l’encadrement humain, technique et social qui sécurise, réconforte et soutient par l’échanges des compétences, des expériences et par le lien social qui se crée entre les coopérateurs et leur environnement.

26 –  Le partenariat avec l’Etranger

Les coopératives en terme de métiers, de savoir faire technologique,  de documentation  technique, d’installations industrielles, d’organisation managériale, de capitaux et de commerce extérieur peuvent se mettre en partenariat avec les sociétés étrangères pour des projets d’intégration économique, de nouvelles technologie, d’exportation… Les partenaires qui interviennent peuvent le faire en leur qualité de travailleurs indépendants, de petites entreprises, de coopératives qui mettent en commun avec les Algériens leurs compétences distinctives.

27 – Un appel aux candidats aux prochaines élections territoriales

Il est vrai que les collectivités territoriales ont moins de prérogatives et de moyens qu’auparavant, mais elles sont suffisamment dotées et ancrées dans la population pour qu’elle puissent  encore jouer un grand rôle dans la mise en place de pépinières de coopératives autonomes ou des coopératives en partenariat avec les entreprises locales ou des coopératives en sous-traitance avec les services techniques des collectivités territoriales.

Les candidats aux élections sont donc appelés à s’intéresser de près à l’idée de coopérative et en faire un thème majeur de leur campagne.

28 – Appel aux femmes et hommes de bonne volonté :

N’attendez pas ! Organisez-vous avec les premiers volontaires et soyez les pionniers. Commencez  par une rencontre que vous pouvez appeler les Assises ou les Etas-majors  pour instaurer la constituante des coopératives. Débattez, rédigez une charte d’adhésion aux coopératives, créer les premiers statuts des coopératives, créer un label commercial et une marque déposée et ensuite comptez sur la Baraka d’Allah puis sur vos efforts :

{Dis : « Agissez, Allah Verra sûrement votre œuvre, ainsi que Son Messager et les croyants. Vous serez ramenés vers le Très-Scient du Ghayb et de la Chahada, alors Il vous informera de ce que vous faisiez ».} At Tawbah 105

 « Touba (félicitée) aux Ghouraba (étrangers, bizarres)… Ceux qui réforment ce que les gens ont corrompu »

29 – Etat d’esprit du futur coopérateur

Restez simples et modeste tout en étant imaginatif, créatif et entreprenant. Si des images mentales doivent vous aider : imaginez-vous Adam (saws) peuplant la terre, sinon une abeille ou une coccinelle.Restez positif et créatif comme un adulte avec un cœur d’enfant. Pensez Lego :

Pensez à cette parabole de Jalal Eddine Rumi :

« Tu n’est pas un corps, tu es un œil spirituel. Si tu te vois crouton de pain, tu es un pain, si tu te vois une fleur, tu es parterre fleuri, si tu te vois une âme tu es l’éternité. Tu es ce que ton œil a contemplé »

30  – Les premiers principes  donc les derniers à transgresser :

–        La coopérative n’est pas une niche pour rentier et pour assistés

–       La coopérative n’est pas une impasse pour fils de riches en manque de loisirs,

–        La coopérative est une entreprise citoyenne non capitaliste

–        La coopérative est une mutualisation des  moyens de production, de vente et de financement

–        La coopérative est une culture de solidarité

–        La démarche solidaire est une alternative socialement utile et une forme de lutte contre le  libéralisme sauvage

–        Sociale et solidaire l’économie coopérative et la finance mutualisée est la quête de sens et de dignité dans une activité et dans un collectif humain qui cherchent à s’investir, produire, consommer, diriger,  décider et investir collectivement pour une économie durable, écologique, socialement utile et  à visage humain.

Le mot de la fin

Tout doit être entrepris pour redonner de l’espoir à nos enfants et ne pas les laisser en proie à la drogue, à  la prostitution, à l’économie informelle, à la précarité, et  à la harga vers l’Europe où ils risquent de perdre leur vie, leur dignité et leurs illusions les poussant dans un cas comme dans l’autre à gaspiller le talent et les promesses sociales qu’Allah a déposé en eux.

Osez l’aventure fabuleuse, vous serez heureux ! Il y a très peu de retro commissions et trop peu d’importation c’est une aventure qui n’intéresse pas les rentiers et les corrompus. Vous serez dans l’immédiat sans intérêts financiers et plus tard vous serez trop nombreux pour qu’on puisse vous voler  ou vous faire endurer la Hogra.  Allez-y devenez l’œil de la contemplation des possibilités qu’Allah(swt)  a déposé en vous et dans votre pays.

Il me reste encore  à vous présenter  dans le prochain article  un modèle de Business Plan que chacun peut adapter à sa philosophie, à ses moyens et à son secteur. A vous de jouer pour développer et mettre en réseau vos idées et vos projets. L’Internet est fait pour ça !  Pour l’instant j’ouvre un espace documentaire sur les coopératives :

Pour en savoir plus  ==>

Contributions sur l’idée de coopérative et de crédit mutuel

 

 

 

Recevez le livre « Business-Plan »

 

Omar Mazri LIBERATION-OPPRIMES.NET


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19 Commentaires

  1. tonicatec 7 octobre 2012 at 10:35

    Salem,

    C’est très stimulant toutes ses idées si je ne me trompe pas les villages d’il ya quelques années fonctionné plus au moins sur un model de coopératif on simplifiant bien sûre.
    Imaginez la conception d’un micro quartier qui fonctionne sur ce mode, qui a pour but d’avoir une vie de partage, d’entraide, mais surtout de créer une ambiance qui dynamise le travail et l’innovation. Les voisins, familles, résidant partage les mêmes idées de développement durable dans le sens large de thème de progrès et de responsabilité.
    L’importance est le lancement d’une dynamique positive afin de tirer le meilleur de chaque individué qui partage ce territoire balisé par les règles de la coopérative (micro-société durable).
    Imaginez une coopératif d’accès à l’habitation durable, celle si servira a créer un mini quartier qui rassemble un groupe de personnes qui partage les même valeurs. Architecturalement sa peu ressembler au Compound « gated cummunity » ville fermé, mais pas dans l’esprit. Cela peut créer une dynamique au niveau de la vie quotidienne qui favorisera et stimule le travail, le progrès et l’innovation à l’image de la Silicon Valley même mieux car le fric ne devras pas être le moteur du projet. Autrement dis concevoir un espace de vie ou l’état d’esprit est favorable au développent. Un espace architectural paysagé de qualité ou le voisinage, la sécurité et les services sont garantie par des règles de la coopération et la responsabilisation de chaque résidants.
    Ce Projet peut être réalisé partout dans le monde,… je prend l’exemple de l’Algérie: Aujourd’hui avec les projets LSP où les terrains sont donner par l’état au promoteur a 20% de leur valeur, avec des aides financières aux acquéreur. Un groupe d’individué peu acquérir un terrain et construire leur propre quartier au lieu de donner sa a un prompteur ignorant et peu scrupuleux qui construit des ghettos où les populations sont entassé avec tout les problèmes socio-Urbain que sa engendre.
    Prenons l’exemple de la gestion des déchets ménagère dans un quartier par exemple: Aujourd’hui la ville assure très mal ce service pour plusieurs raisons. Dans cette micro-société- on défini une stratégie simple, claire qui se base a responsabiliser les résidants avec des solutions technique connue (trie des déchets, asséché les déchets, planification…), on peu donner d’autre exemples dans la sécurité, énergie et les services (approvisionnement ou autre),….
    Le but final de cette coopérative d’habitat c’est d’avoir une vie agréable de qualité, de partage et surtout de créer cette dynamique de travail et d’innovation, car on ne peux innové et travailler dans des milieux médiocre.
    Voici quelques points que ce model de cohabitation peux nous offrir:
    Construction un projet architectural, paysagé, urbain de qualité
    Choix d’un voisinage averti avec un état d’esprit cohérant et progressiste
    Sécurité et services assuré par coalisions des résidants
    Un sens de responsabilité individuelle et du groupe plus développer,….
    Je suis ouvert a toute critique et proposition d’amélioration.
    Salem.

    • Omar MAZRI 7 octobre 2012 at 14:50

      @ tonicatec

      Baraka Allah fik pour cette contribution de haut niveau. La seule limite est notre imagination. La formule Ksar qui conjugue tradition et modernité, solidarité sociale et participation de l’État, effort collectif et apports individuel correspond à votre vision. Oui il faut aller vers la formule village autour des grandes villes et ne plus toucher à l’urbain saturé ni aux terres agricoles. Sobhane Allah la plus part des grandes villes algériennes sont entourés de sorte de piémont où les Algériens peuvent construire des villages reliés entre eux comme un réseau informatique avec des pénétrantes en chemin de fer vers la métropole. Le piémont permet de réaliser de jolies habitations avec une agriculture coopérative de montagne et un réseau coopératif de transport semi public avec maintenance. Il y a à creuser davantage la question. En tous les cas il y a du travail pour nos urbanistes, nos architectes, nos experts en aménagement du territoire, nos économistes et nos concitoyens.

  2. tonicatec 7 octobre 2012 at 13:49

    Salem,

    Si je ne me trompe pas les villages d’il ya quelques années fonctionné plus au moins sur un model de coopératif on simplifiant bien sûre.
    Imaginez la conception d’un micro quartier qui fonctionne sur ce mode, qui a pour but d’avoir une vie de partage, d’entraide, mais surtout de créer une ambiance qui dynamise le travail et l’innovation. Les voisins, familles, résidant partage les mêmes idées de développement durable dans le sens large de thème de progrès et de responsabilité.
    L’importance est le lancement d’une dynamique positive afin de tirer le meilleur de chaque individué qui partage ce territoire balisé par les règles de la coopérative (micro-société durable).
    Imaginez une coopératif d’accès à l’habitation durable, celle si servira a créer un mini quartier qui rassemble un groupe de personnes qui partage les même valeurs. Architecturalement sa peu ressembler au Compound « gated cummunity » ville fermé, mais pas dans l’esprit. Cela peut créer une dynamique au niveau de la vie quotidienne qui favorisera et stimule le travail, le progrès et l’innovation à l’image de la Silicon Valley même mieux car le fric ne devras pas être le moteur du projet. Autrement dis concevoir un espace de vie ou l’état d’esprit est favorable au développent. Un espace architectural paysagé de qualité ou le voisinage, la sécurité et les services sont garantie par des règles de la coopération et la responsabilisation de chaque résidants.
    Ce Projet peut être réalisé partout dans le monde,… je prend l’exemple de l’Algérie: Aujourd’hui avec les projets LSP où les terrains sont donner par l’état au promoteur a 20% de leur valeur, avec des aides financières aux acquéreur. Un groupe d’individué peu acquérir un terrain et construire leur propre quartier au lieu de donner sa a un prompteur ignorant et peu scrupuleux qui construit des ghettos où les populations sont entassé avec tout les problèmes socio-Urbain que sa engendre.
    Prenons l’exemple de la gestion des déchets ménagère dans un quartier par exemple: Aujourd’hui la ville assure très mal ce service pour plusieurs raisons. Dans cette micro-société- on défini une stratégie simple, claire qui se base a responsabiliser les résidants avec des solutions technique connue (trie des déchets, asséché les déchets, planification…), on peu donner d’autre exemples dans la sécurité, énergie et les services (approvisionnement ou autre),….
    Le but final de cette coopérative d’habitat c’est d’avoir une vie agréable de qualité, de partage et surtout de créer cette dynamique de travail et d’innovation, car on ne peux innové et travailler dans des milieux médiocre.
    Voici quelques points que ce model de cohabitation peux nous offrir:
    Construction un projet architectural, paysagé, urbain de qualité
    Choix d’un voisinage averti avec un état d’esprit cohérant et progressiste
    Sécurité et services assuré par coalisions des résidants
    Un sens de responsabilité individuelle et du groupe plus développer,….
    Je suis ouvert a toute critique et proposition d’amélioration.
    Salem.

    • Omar MAZRI 7 octobre 2012 at 15:04

      Baraka Allah fik pour cette nouvelle contribution qui complète la première. Oui vous avez décrit un scénario harmonieux où va se construire une grammaire de civilisation c’est à dire une conjugaison harmonieuse qui fait sens et œuvre socialement utile : habitat, espace vert et écologie, filières technologiques, développement social durable, auto entreprise, gestion démocratique et collective. Tout cela faisant partie de notre culture et de notre patrimoine. Les villes du Maghreb était organisé en ilot organisé autour de la mosquée, du marché et des métiers spécialisés (dinanderie, tissage, etc…). Ces ilots n’étaient pas fermés mais ouverts aux autres ilots par des accès multiples. Le tout correspondait aux normes sociales et assurait la sécurité. En Europe tout est fait pour restaurer les monuments, les bâtisses et la vie sociale dans les villages et les quartiers médiévaux en leur apportant le confort de la modernité (électricité et téléphone). L’esprit du coopérateur et l’élan coopératif sont vraiment l’œuvre d’un esprit de restaurateur des valeurs, d’une dynamique de réformateurs.

      Il faut continuer à produire des idées, à collecter des informations, à faire des propositions. Inchaallah je prendrais vos contributions pour en faire un article complet sans rien ajouter ni retrancher en espérant que notre réflexion fasse tâche d’huile.

      Merci et restez avec nous sur ce chantier. Plus nous serons nombreux à en débattre et à élargir le champ de communication et mieux nous apporterons une contribution sincère et efficace à notre patrie et à nos concitoyens.

  3. . hussein 8 octobre 2012 at 18:06

    Salamou alikoum

    Je vous envoie une petite diapo de contribution en guise de commentaire. Vous pouvez la modifier pour l’améliorer.

    Je vais essayer de prendre contact avec mes anciens collègues de l’université et mes amis et les mettre au courant de ce projet pour l’enrichir

    • Omar MAZRI 8 octobre 2012 at 18:09

      @ Hussein

      Baraka Allah fik pour votre contribution. L’esprit coopératif est un esprit de pionnier, de réformateur qui prend l’initiative.

      Merci à vous, je la publierais dés que possible.

  4. Hussein 9 octobre 2012 at 23:32

    Salamou alikoum

    n’étant pas un économiste , j’ai emprunté des livres manière d’apprendre davantage , dans un ouvrage qui date de 2001 je suis tombé sur une page qui parle des « entreprises autonomes  » qu’ils appelent « SCIC » pour société coopératives d’intérêt collectif , cette idée vient de l’Italie , ces scic fonctionnent grâce aux bénévoles et salariées , et elles vivent pour deux tiers de leur chiffre d’affaires de contrats avec les collectivités locales , ce statut d’entreprises est à l’étude en France … donc l’idée est tout à fait possible , je vais en savoir plus et vous mettre au courant
    Salam

    • Omar MAZRI 9 octobre 2012 at 23:52

      @ Hussein
      Salam,

      Je t’encourage à apprendre. Le musulman est dans une des deux positions un apprenant qui cherche le savoir et l’information ou un connaissant qui délivre du savoir et donne de l’information. Tout le reste est pour Allah de la distraction ou de l’amusement. A la fin des années 80 j’ai écrit un scénario de montage des coopératives dans le secteur des pêches et métiers connexes qui aurait du créer 30 000 emplois en entreprises solidaires. J’ai donc rencontré les grandes fédérations de coopératives italiennes, espagnoles, canadiennes et japonaises. J’ ai des lettres de félicitations de ces pays, mais les décideurs algériens m’ont chassé comme un moins que rien. Plus de 20 ans après, les bateaux du secteur public ont coulé, le secteur est catastrophé et aucune coopérative digne de ce nom n’a vu le jour.

      Je n’ai pas l’esprit de revanche ni de ressentiment. J’ai vécu une aventure passionnante et j’ai beaucoup appris.
      Si je parviens de nouveau à réaliser ce genre de projet ou à donner l’envie à quelqu’un d’autre de monter ce type de projet ce sera une grande hassana qui me donnera inchaallah de la lumière dans ma tombe.

  5. Samir 11 octobre 2012 at 21:48

    Salam alaikoum,
    Merci beaucoup de partager ce projet, un modèle très ancré dans nôtre société musulmane, des structures issues de la tradition comme les Tuiza mais avec une version adaptée aux exigence du présent. Ces coopératives sont très réalistes puisque le moteur et les personnes ou chacun travail à son compte dans un cadre collectif.
    Il n y a pas longtemps le Sénégal a interdit l’exploitation de ses côtes par des pays étrangers avec de petits moyens, les sénégalais se sont très vite regrouper en petits groupes et la pêches au Sénégal a rejailli après quelques mois. Beaucoup de chose à faire sur nos côtes, sur les les hauts plateaux, notre Sahara.
    Barak Allah fik ostad Mazri

    • Omar MAZRI 11 octobre 2012 at 22:47

      Salam, Samir

      Merci de votre participation et de vos encouragements.
      Je suis arrivé à un age où c’est être complètement insensé que d’avoir des ambitions mondaines. J’espère livrer ce que je savais de ces coopératives et donner envie à d’autres de les concrétiser. Je sais qu’il y a beaucoup de résistances idéologiques, sociales et politiques, malgré que nos traditions et notre religion portent l’économie solidaire et sociale dans leur âme. Les rentiers de l’économie qui veulent tout garder pour eux, les rentiers de la religion qui cherchent les solutions dans les pétrodollars et le sermon anesthésiant, les politiciens qui passent leur temps à dénoncer le régime alors qu’une fois au pouvoir ils n’ont ni programme autre que de conduire l’Algérie vers la même impasse ne seront pas intéresses par ce genre de proposition.

      Les barons du système s’opposeront à ce que le peuple algérien résiste par l’économique et devienne autonome, eux qui exerce leur tutelle depuis l’indépendance.

      C’est ma contribution, elle est pacifique et socialement utile. Je vais inchaallah la compléter par des modèles économiques et des études de cas puis je me remettrais à l’analyse du Coran et sa projection dans la réalité de notre temps.

      Bien à toi

  6. volonté_politique 17 octobre 2012 at 15:50

    Trés bonnes solutions. Malheureusement les analphabètes et les médiocres qui tiennent le pouvoir au nom de la révolution de Novembre font obstacle à toute initiative qui va à l’encontre de leurs minables privilèges. Sans une volonté politique de ceux qui détiennent le vrai pouvoir rien ne changera. Soit ils l’ont soit il faut les obliger à l’avoir ‘cette volonté politique’, C’est l’un des projets prioritaire qu’il faut entreprendre dans ce pays et dans le monde arabe.

    • Omar MAZRI 17 octobre 2012 at 19:01

      Salam, mon frère

      Je suis ravi que le projet vous intéresse. Oui c’est vrai que les rentiers et les despotes ne laisseront jamais de tels projets voir le jour. J’en connais un bout. Par la Grâce d’Allah (swt) J’ai élaboré et mis en place, entre 89 et début 92, l’organisation et les financements en devises de tels projets. Des moyens déloyaux et arbitraires ont fait avorté ce projet. Ils en porteront la responsabilité le jour où chacun viendra avec son livre qui ne délaisse ni petit ni grand sans le recenser et l’exposer pour que chacun trouve ce qu’il a fait devant ses yeux en toute justice et Allah n’est pas Injuste.

      Cela fait plus de vingt ans que j’essaye de le « vendre » aux partis politiques qui font de l’opposition en leu disant je ne suis pas un homme d’appareil ni partisan, mais un Algérien qui est disposé à aider sans rien en contrepartie si et seulement si on arrête les surenchères de dénonciation et d’insulte contre le régime en place qui d’ailleurs s’en fout éperdument. Il y a une autre manière de résister : se mettre au service de l’humain pour lui redonner sa dignité et sa liberté par son autonomie à produire son argent, sa subsistance, ses réseaux de solidarité et ses idées. Dans une démarche de réforme de l’être individuel et social, sans violence ni gaspillage de temps, le peuple et les hommes nobles et généreux peuvent comme les Prophètes (saws) apporter l’alternative (al Badil) et puis s’en remettre à Allah comme l’a fait Moussa (saws) lorsqu’il a dit à son peuple :  » prenez vos demeures comme Qibla. Le destin intervient de la manière inattendue et en faveur des opprimés.

      Le mouvement coopératif est foncièrement compatible avec l’économie islamique dans sa lettre et son esprit s’il y a la fraternité, l’absence de riba et l’itqane dans l’effort. C’est un mouvement de résistance sociale qui a fait ses preuves contre les capitalistes et les usuriers au 19ème siècle. Omar Ibn Al Khattab (ra) avait institué le micro crédit et l’initiative économique aux gens du peuple dès que les premiers revenus sont rentrés dans la caisse du trésor public.

      Je suis réaliste, tout seul je ne pourrais pas porter un tel projet qui demande de grandes équipes et des hommes de conviction. C’est la raison pour laquelle je le met sur le net pour que plus compétent et mieux outillé que moi en fasse œuvre utile et instrument de résistance.

      L’autre voie sur laquelle personne ne m’a suivi c’est la mise en place d’un observatoire de veille stratégique indépendant où les experts, les managers et les penseurs musulmans peuvent s’exprimer et délivrer du savoir aux générations montantes pour ne pas les laisser à la merci de la télévision et des journaux des analphabètes et des médiocres. Mais une fois de plus l’inertie et la facilité de l’oppositionnelle ou la quête d’une place dans le microcosme algérois par la cooptation sont plus forts que le désir réel de changement…

      Allah n’est pas Injuste envers Ses Créatures, mais les hommes sont injustes envers eux-mêmes.

      Baraka Allah Fik

  7. volonté_politique 22 octobre 2012 at 13:32

    Salam mon frère (Mr Mazri)! y a-t-il un ou des possibilités pour que ce genre de projets soient réalisables en dehors de la machine Etatique? Car il faudrait les asseoir sur une certaine législation pour les rendre réalisable! Comment peut-on contourner cet obstacle à part opter pour des micros-projets endehors de toutes législations… Excusez-moi si jeparle de la réalisation car c’est souvent le problème sur lequel on butte dans ce pays. Merci et barakallahou fik pour ce site et tout ces efforts.

    • Omar MAZRI 22 octobre 2012 at 16:57

      Salam, volonté_politique,

      Mon frère à ma connaissance il n’y a pas, en Algérie, de législation qui favorise de tels projets.

      L’idéal serait que l’État crée de nouveaux statuts, des incubateurs de projets, des exonérations d’impôts et des facilitations financières et logistiques (location de terrain, acquisition du foncier agricole et industriel à des prix accessible, etc…). Puisque État est absent en dehors des discours, des rétrocommissions et du bradage de l’économie nationale aux prédateurs étrangers il faut que ce projet de coopératives devienne une voie de résistance sociale et économique. La société ou du moins les plus conscients de la société doivent occuper en toute légitimité l’absence de l’État et s’organiser sur le plan social et économique sans entrer en conflit avec la puissance publique.

      Que nous le voulions ou non le monde va aller vers une forme d’organisation politique plus proche de l’esprit islamique : plus de société et moins d’État. En Algérie les conditions objectives et subjectives sont réunies pour aller vers cette formule qui est une voie de salut public. Les partis politiques algériens sont en retard sur la pensée politique et sur la réalité sociale. Il faut militer pour libérer la société de la tutelle de l’État et ne laisser celui-ci que dans les fonctions régaliennes de justice, d’arbitrage, de sécurité, de protection de la monnaie nationale et de défense nationale

      Il n’y a pas, à ma connaissance, des interdictions légales. Les coopératives peuvent se mettre en place comme des entreprises à caractère privé. Je ne vous cache pas que j’attends encore des réactions qui tardent à venir. J’aurais aimé que des juristes viennent renforcer cette plateforme de réflexion pour faire l’inventaire de l’ensemble des dispositifs légaux et tracer dans le maquis bureaucratique de l’Algérie une procédure légale en attendant que les facilitations étatiques viennent renforcer le dispositif. Quelque soit le dispositif et le statut le plus important et le plus décisif dans le montage du projet est l’esprit coopérateur : la solidarité, la mutualisation des ressources, le fonctionnement selon le principe de la choura ou de la démocratie directe : un sociétaire = une voix indépendamment du montant du capital.

      Une fédération internationale évangéliste, KIVA, crée de l’emploi et des entreprises en Afrique pour servir le christianisme et lutter contre l’Islam. Elle a surmonté grâce à son réseau toutes les contraintes institutionnelles et légales. Le plus difficile en Afrique était le transfert d’argent entre les collecteurs, les distributeurs et les utilisateurs. Avec paypal ils ont résolu le problème. Les Musulmans sont toujours à la traine. Des ablutions et des menstrues ou de l’anathème on n’arrive pas à sortir.

      Le problème majeur c’est la mise en place des réseaux qui partagent la même philosophie. Sur ce terrain nous sommes en retard. Le plus grand défi est de nous remettre à entreprendre en cultivant les réseaux. Internet le permet. j’espère voir des réseaux se mettre en place sur l’idée de coopératives et et développer le débat, apporter les propositions de solutions, échanger les expériences…

      L’absence des lois fait que le travail a faire est dans l’élaboration des modèles de statuts et de règlements intérieurs. J’attends la participation d’un juriste ou d’un syndicaliste quelques jours sinon je me mettrais au travail pour élaborer un avant projet et le soumettre au débat et à l’approbation.

      J’ai préparé le modèle de Business Plan, je vais le publier les prochains jours. Il est regrettable qu’aucun « parti politique » ne prenne le train en marche, mais je ne me faisais pas d’illusion sur les compétences des appareils à être productifs et inventifs.

      Je te remercie mon frère : {Qui prend garde à Allah, Il lui donnera une issue et lui procurera des bienfaits d’où il ne s’attendait pas.}

  8. No way 5 mai 2013 at 20:01

    Merci cher frère pour votre grand contribution

  9. No way 7 mai 2013 at 18:19

    Cher Frère Mazri , as salam ailikoum , pourquoi votre site est à l’abandon ?

    J’ai parlé à des amis de votre idée formidable de la coopération en coopérative.
    Croyiez vous qu’il est possible de réaliser cela en France ou ds un pays occidental

    • Omar MAZRI 1 juin 2013 at 13:58

      Salam,
      La maladie oblige l’abandon.
      Pour les coopératives, en France ou ailleurs, la seule limite est la volonté conjuguée à l’imagination. Au lieu de poser le termes en banques islamiques ou en termes financiers les imposteurs de l’Islam aurait du d’abord épuiser le répertoire économique et commercial de l’Islam et des coopératives dans le monde.

  10. No way 3 juin 2013 at 19:37

    Puisse Allah vous accordez un prompt rétablissement.

  11. Johnc988 20 juillet 2014 at 02:32

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