Islam  : Libération des opprimés

Eschatologie et Apocalypse : sauve-qui-peut ou quête de rétribution ?

Eschatologie et Apocalypse :  sauve-qui-peut ou quête de rétribution ?
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J’ai livré ma première lecture sur l’eschatologie dans l’article suivant :

Analyse de l’explication eschatologique de l’histoire

Il  a montré comment Mohamed (saws) avait fait face à la réalité sociale, économique et militaire pour la transformer à l’avantage des musulmans de Médine. Il avait cassé le monopole des Juifs sur le marché, l’industrie et les finances tout en engageant de grands chantiers de modernisation de la ville accompagnant l’œuvre de foi et la reconstruction de la personnalité humaine. Avant de livrer ma lecture de la Sourate Al Kahf dans la réfutation de l’analyse eschatologique de l’histoire et montrer sa vocation principale dans le Tamkine (la territorialisation  globale) de l’Islam, je vous livre dans le présent article la signification et les dangers de la lecture eschatologique de l’histoire.

La dimension internationale et apocalyptique du conflit syrien touche presque à sa fin laissant derrière elle un champ de ruines en Syrie, un « printemps » arabe grisaillé et maussade et une recomposition régionale qui demande une lecture correcte si l’on veut mettre fin à l’effusion du sang et profiter du retrait de l’armada américaine pour réparer nos maux. Elle laisse beaucoup de questions sur le silence des uns et le sauve-qui-peut des autres. alors que l’effusion du sang exigeait des réponses appropriées pour tirer leçon de l’horreur des crimes,  de la violation du sacré et de l’arrogance de l’hyperpuissance en déclin.

Partout le règne du chaos, de la confusion et de la faillite dans le monde arabe. Tout le potentiel arabe est gaspillé par des gouvernants despotes, des opposants incultes et des gouvernés ramenés au niveau infantile. Dans ces faillites,  il y a celle du discours apocalyptique qui annonçait la venue du Messie et la fin du monde ainsi que celle du discours bigot infantile ou anarchiste qui annonçait le triomphe de l’Islam et l’extermination des mécréants.  La débâcle américaine sans livrer bataille laisse le Hezbollah et l’Iran en position renforcée dans la région n’en déplaise aux « sunnites » mauvais tacticiens incultes sur le plan géopolitique. La débâcle américaine rend improbable à moyen terme le scénario apocalyptique attendu par les Musulmans, les Juifs, les Chrétiens et les athées oisifs. Il serait temps de revenir sur ce scénario sous l’angle de la culture musulmane et en tirer quelques leçons.

Comme tous les peuples livrés au sauve-qui-peut social et idéologique lorsque les crises sociales et historiques les submergent et s’accumulent sans explication logique, les musulmans se sont inventé des ennemis et des mythes pour expliquer l’histoire qui semble « injustement » les accabler. Contre la raison et les lois de l’Histoire les peuples en fuite se réfugient dans le fatalisme et la superstition qui prennent apparence de religiosité pour mieux se vendre.

On invoque des Hadiths pour justifier l’irrationnel et le sensationnel comme si le Prophète (saws) n’avait pas mené des résistances héroïques défiant le rapport des forces en s’appuyant sur la détermination de la foi et l’organisation la plus judicieuse et la plus efficace.  La bataille de Badr avait annoncé la suprématie de la foi sur l’agression alors que celle d’Ohod avait annoncé la défaite de la des justes et des pieux au sommet de leur puissance lorsqu’ils se mettent à improviser, à se désorganiser et à mal gérer leur crise.

La bataille d’Ohod est immortalisée par le Coran comme une pédagogie de la victoire par le repositionnement  efficace des rangs, des esprits  et des cœurs lorsqu’il y a revirement du sort et défaite dans la bataille. Ohod nous apprend à chercher nos défaites et nos malheurs en nous-mêmes sans bouc émissaire, ni victimisation, ni mystification :

{Quand un malheur vous frappe, quoique vous ayez infligé le double aux ennemis, vous dites : « Comment cela ? » Dis : « Cela provient de vous-mêmes »}

L’être humain a tendance, par paresse intellectuelle et par débordement imaginatif, de préférer se raconter des histoires qui répondent aux « mystères » de son existence  que de chercher  à comprendre.  La  fabulation et la mythologie ont joué un grand rôle dans l’histoire humaine. Ce sont des systèmes de représentation erronée de la réalité et de l’histoire qui sont en général fondés sur des supposés imaginaires, des préjugés, des fausses connaissances et la crédulité des gens sans éducation et sans désir sur la connaissance de la genèse des phénomènes selon le principe de causalité.  La fabulation ou la superstition consiste à adopter un modèle imaginaire de représentation à la suite d’un phénomène difficile à comprendre puis à le reproduire dans la mentalité collective comme vrai. Les faux modèles de représentation de la réalité lorsqu’ils deviennent culture ou religion produisent l’adoption de syllogismes fallacieux non seulement pour expliquer le passé et l’avenir, mais  pour aussi et surtout manipuler la tendance humaine à recourir à la superstition et à la fiction et l’amener à se soumettre à l’idée aliénante et au pouvoir dominant.

Plus le système est décadent ou tyrannique plus il produit de la superstition et s’invente des fabulateurs, des marabouts et des légendes. Le système tyrannique a besoin des esprits féconds en fabulations et en superstitions pour maintenir sa domination politique, économique, militaire et mentale. Contre l’Islam et son pouvoir fédérateur et libérateur, les colons étrangers et les usurpateurs nationaux ont facilité l’émergence des mouvements fétichistes, totémistes, maraboutiques, infantiles parfois sous le couvert de l’Islam et de ses imposteurs. Dans les troubles sociaux et dans la longue nuit coloniale ou tyrannique apparaissent les fous qui incarnent la mentalité collective qui se retrouve souvent bien représentée par une  folie à la fois solitaire et sociable, sauvage et mondaine, marginale et conformiste.

Les fous de Shakespeare et de Mohamed Dib sont éloquents. Ces auteurs de génie montrent avec art et intelligence  comment une société et un pouvoir  cultivent la confusion, le désespoir, l’attente de fausses solutions avec des éclaircies de vérité, de prémonitions. Les personnages fantasmatiques de la Grèce antique n’ont pas empêché celle-ci de produire de la philosophie, des mathématiques et un sens raffiné de l’harmonie et du beau. Les fictions romaines n’ont pas interdit à Rome de mettre sur pied une administration et un droit dont l’efficacité a permis de coloniser et d’administrer une grande partie de l’Asie, de l’Afrique et de l’Europe.

Les mythes et les fictions faussent la réalité, mais ne s’opposent pas au développement d’une cité lorsque celle-ci n’a pas de crise d’identité ou de crise sur le  projet de son devenir qui l’empêchent de se fédérer, de s’orienter, d’agir efficacement.  Le monde musulman accumule les mythes, les fictions avec l’absence de projet et d’efficacité au point qu’il se permet d’introduire les fabulations arabes, perses, romaines et grecques non seulement dans sa culture populaire d’errant, mais dans sa culture savante, mais fossilisée sur l’Islam.

Dans les grandes crises des nations, des partis politiques, de l’histoire, il y a souvent confusion des rôles, dilution des responsabilités, absence de projet, et difficulté à identifier la hiérarchie et à utiliser les passerelles de communication entre le commandement et l’exécution. La crise mortelle est celle où la crise de légitimité et la crise d’efficacité se conjuguent et durent trop longtemps rendant impossible l’imagination d’une solution sauf par la voie du bouleversement qui détruit l’inertie et remet le mouvement même si cela se fait d’une manière violente et anarchique dans un premier temps à moins qu’il ne précipite l’achèvement du système qui a produit la crise.

Les peuples qui ne parviennent pas à prendre de la distance sur les phénomènes ni à voir leur part de responsabilité dans les malheurs et les calamités qui les frappent comme les guerres, les catastrophes et les crises s’inventent souvent des catharsis pour conjuguer le mauvais sort. L’effort cathartique ne résout pas les problèmes, mais il agit comme un anesthésiant social ou plus exactement comme un effet placebo en  déplaçant la réalité vers l’imaginaire. Ainsi on s’invente des étrangers oiseaux de mauvais augure à pourchasser, des rituels sacrificiels à pratiquer,  des ancêtres à adorer, des fétiches et de faux combats. Bien entendu, les pouvoirs et les magiciens entretiennent ces dérives sociales et culturelles pour assoir leur pouvoir et conserver leur rente.

Les peuples et les gouvernants qui surmontent les crises sont ceux qui procèdent à  l’inventaire de leurs forces et faiblesses, à l’analyse objective et minutieuse de leurs erreurs et de leurs défaillances, à la recherche  en eux-mêmes des causes  de leur échec et de leur retard en prospectant le Moi individuel et collectif sur le plan psychologique, mental, éthique, pragmatique et spirituel afin de mettre fin à l’inertie, à la paralysie, à l’égarement.  Ce sont les leçons de la bataille d’Ohod qui indiquent les causes de la victoire et de la défaite face à l’ennemi, de l’émergence d’une civilisation et de sa décadence face à une concurrente.

La cause et la gestion de la crise d’une société, d’un mouvement islamique ou d’une civilisation musulmane, de ses malheurs, de sa catastrophe, de sa défaite ou de sa décadence ne sont pas abordées fortuitement dans le Coran, mais sont posés comme loi à connaitre et à appliquer en tout lieu, tout moment et toute circonstance :

{Et ce qui vous a frappé de malheur, c’est en raison de ce que vos mains ont commis, mais Il pardonne beaucoup. Vous ne saurez L’entraver de par la terre et vous n’avez, à l’exclusion d’Allah, ni protecteur ni partisan.} As Choura 30

Ce sont donc les mêmes leçons d’Ohod qui indiquent comment se redresser après une défaite, une crise ou  une régression :

{O vous qui êtes devenus croyants, si vous obéissez à ceux qui sont devenus  mécréants, ils vous feront retourner sur vos pas, alors vous deviendrez des perdus. Sans aucun doute, Allah est votre Protecteur et Il est le meilleur des secoureurs.       Nous Jetterons l’épouvante dans les cœurs de ceux qui sont devenus  mécréants, en raison de ce qu’ils associèrent à Allah ce sur quoi Il n’a révélé aucune preuve. Leur refuge sera le Feu, piètre demeure des injustes !             Allah a effectivement accompli Sa promesse envers vous lorsque, par Son Vouloir, vous taillez votre ennemi en pièces, jusqu’au moment où vous avez fléchi et vous avez contesté les ordres. Vous vous êtes rebellés après qu’Il vous ait montré ce que vous souhaitiez. Il est parmi vous celui qui veut le monde, et il est parmi vous celui qui veut la vie future. Ensuite, Il vous a détourné d’eux pour vous éprouver. Et Il vous a sûrement Pardonné. Allah Est tout Munificence envers les croyants. Lorsque vous battiez en retraite sans vous soucier les uns des autres et tandis que le Messager vous rappelait sur vos arrières, Il vous infligea alors souci sur souci, afin que vous ne soyez point affligés par ce que vous avez raté, ni par ce que vous avez subi. Allah est bien informé de ce que vous faites. Ensuite, le souci surmonté, Il a fait descendre sur vous Sa sécurité. Un groupe d’entre vous a été enveloppé d’un sommeil tandis qu’un autre groupe ne se souciaient que d’eux-mêmes, et pensaient d’Allah autre que la vérité : des pensées préislamiques. Ils disaient : « Avons-nous une part de décision en cela ? » Dis : « Toute la décision appartient à Allah ». Ils cachent en eux-mêmes ce qu’ils ne te manifestent point. Ils disent : « Si nous avions une part dans la décision, nous ne serions pas tués ici même ». Dis : « Eussiez-vous été dans vos maisons, ceux pour qui il a été décrété d’être tués auraient surgi sur leur couche ». Et cela, afin qu’Allah Éprouve ce qui est dans vos poitrines, et Purifie ce qui est dans vos cœurs. Allah Est Tout-Scient de l’essence des pensées.   Certes, ceux d’entre vous qui fuirent le jour où les deux troupes s’affrontèrent, c’est Satan qui les fit chuter à cause de certains de leurs acquis. Mais Allah leur A Pardonné. Certes, Allah Est Absoluteur, Longanime.} Ali ‘Imrane  149 à 155

{Si Allah vous fait triompher, nul ne pourra vous vaincre. Et s’Il vous Abandonne, qui d’autre que Lui pourra vous faire triompher ? Que les croyants se fient à Allah.}  Ali ‘Imrane  160

{Allah A effectivement Gratifié les croyants, lorsqu’Il Envoya parmi eux un Messager d’eux-mêmes leur réciter Ses Versets, les épurer, leur apprendre le Livre et la Sagesse, bien qu’avant cela, ils étaient dans un fourvoiement évident.              Quand un malheur vous frappe, quoique vous ayez infligé le double aux ennemis, vous dites : « Comment cela ? » Dis : « Cela vient de vous-mêmes ». Certes, Allah Est Omnipotent sur toute chose. Et ce qui vous a atteint, le jour où les deux troupes s’affrontèrent, fut par le Vouloir d’Allah, afin qu’Il fasse voir les croyants, et afin qu’Il fasse voir ceux qui furent hypocrites, à qui il fut dit : « Venez combattre pour la cause d’Allah ou bien prenez la défense »*. Ils dirent : « Si nous savions combattre, nous vous aurions suivi ». Ils étaient, ce jour-là, plus proche de la mécréance que de la Foi : ils disent par leurs bouches ce qui n’est point dans leurs cœurs. Allah Est plus Scient de ce qu’ils taisent. Ceux qui dirent à leurs confrères, et s’abstinrent : « S’ils nous avaient écoutés, ils n’auraient pas été tués ». Dis : « Repoussez-donc la mort loin de vous-mêmes si vous êtes véridiques! »} Ali ‘Imrane 164 à 168

{Et certainement, Allah ne perd point la rémunération des croyants, ceux qui ont favorablement réagi à l’appel d’Allah et du Messager, bien que la blessure les ait touchés. A ceux d’entre eux, qui firent le meilleur et sont devenus  pieux, une immense rémunération. Ceux à qui les hommes dirent : « Les hommes se coalisèrent contre vous, prenez donc garde ». Mais cela augmenta leur foi et dirent : « Allah nous suffit, c’est le meilleur Procurateur ». Alors ils revinrent avec une grâce d’Allah et une munificence. Aucun mal ne les effleura, et ils suivirent l’agrément d’Allah. Allah Possède une Munificence immense.        Seulement, tel est Satan : il fait peur à ses liges. Ne les redoutez point, et redoutez-Moi, si vous êtes croyants. Et ne t’afflige point de ceux qui s’empressent vers la mécréance. Ils ne nuiront en rien à Allah. Allah Veut ne leur Assigner aucune part dans la vie Future. Et ils auront un immense châtiment.} Ali ‘Imrane  171 à 175

Cet énoncé est suffisamment explicite et détaillé pour ne pas avoir à le commenter. Il faut par contre éviter de prendre des morceaux de phrases et en faire une conclusion générale pour la soumettre à notre opinion. Cet énoncé est confirmé par d’autres énoncés pour s’affirmer comme une loi générale historique qui supervise les défaites et les victoires, les décadences et les émergences, les avancées et les retards qui naissent de la loi universelle de l’attraction répulsion dans tous les phénomènes :

{Et ces jours, Nous les alternons parmi les hommes.} Ali ‘Imrane 140

Il ne s’agit pas de remettre en cause l’authenticité technique ou la sémantique des Hadiths qui sont invoqués pour l’explication eschatologique de l’histoire, mais de montrer que le Coran, Parole d’Allah est la configuration de la parole, du comportement et de l’action de Mohamed (saws). À ce titre il ne peut ni annuler, ni contredire le Coran et il ne peut annoncer des événements faisant loi historique alors que le Coran ne les a ni expressément cités ni implicitement  évoqués.  Je n’ai pas compétence à me prononcer sur le Hadith, mais le Coran énonce une éthique et une pragmatique  dans la bataille d’Ohod pour qu’elle devienne une praxis pour une communauté appelée à recourir et à défendre l’ultime prophète et l’ultime religion pour les univers. Nous croyons avec certitude qu’Allah intervient dans l’histoire humaine pour la modifier selon son Dessein qui transcende celui des hommes. Il donne à ses Waliys vertueux des prodiges, des Signes, des intuitions, des visions et des comportements qui transforment radicalement les rapports de forces :

{Et Allah repoussa ceux qui sont devenus  mécréants, avec leur rage, ils n’obtinrent aucun bien. Allah a épargné le combat aux croyants. Allah a toujours Été Tout-Fort, Invincible. Et Il fit sortir ceux qui les soutiennent, des gens du Livre, de leurs fortifications et il a jeté l’effroi dans leurs cœurs : un groupe vous tuez, et vous captivez un groupe ! Et Il vous a fait hériter leur terre, et leurs demeures, et leurs biens, et une terre que vous n’aviez jamais foulée. Allah a toujours été Omnipuissant sur toute chose.} Al Ahzab 25

{C’est Lui qui a fait sortir ceux qui sont devenus  mécréants des gens du Livre, de leurs demeures, pour le début du rassemblement. Vous ne pensiez pas qu’ils sortiraient et eux pensèrent que leurs forteresses les préserveraient d’Allah, alors Allah les surprit par où ils ne s’attendaient pas, et Il jeta l’effroi dans leurs cœurs. Ils détruisent leurs maisons par leurs propres mains et par les mains des croyants. Tirez-en un exemple, ô doués de clairvoyance.} Al Hashr 2

{Et lorsque ton Dieu  a inspiré aux Anges : « Je suis avec vous, affermissez donc ceux qui sont devenus  croyants, Je déposerais  l’épouvante dans les cœurs de ceux qui sont devenus  mécréants. Frappez donc sur les cous, frappez-en chaque bout de doigt ».} Al Anfal 12

Toutes ces manifestations divines sont l’expression de la même loi « Kun fa Yakoun – ainsi soit-il » qui s’expriment dans les lois immuables de l’alternance et de l’épreuve qui font du croyant et de la communauté de foi les  premiers concernés et les premiers impliqués par et dans  le changement de leur  situation. Confier son destin au Messie (saws), aux Russes ou aux Américains non seulement n’est pas très sérieux comme comportement, mais va à l’encontre des lois coraniques :

{Ceci est un Manifeste pour les hommes, une Direction infaillible et une exhortation pour les pieux. Ne perdez donc pas courage, ne vous affligez point alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes croyants. Si une blessure vous atteint, les autres furent aussi atteints d’une blessure pareille. Et ces jours, Nous les alternons parmi les hommes. Allah connait certainement  ceux qui sont devenus croyants, et Il élit des Martyrs d’entre vous _ Allah n’aime point les injustes – afin qu’Il purifie ceux qui sont devenus croyants, et qu’Il anéantisse les mécréants. Ou bien pensiez-vous entrer au Paradis sans qu’Allah ne confirme  ceux qui ont lutté d’entre vous et ne confirme  les persévérants ?} Ali ‘Imrane 139

Si les musulmans se trompent d’ennemis, d’analyse, de situation géopolitique, de logistique, de forme de lutte, cela relève de leur insenséisme, de leur fatalisme ou de leur inculture, mais non du Coran ou du Hadith. Nous sommes, comme les autres, anciens, présents et à venir, condamnés à vivre comme épreuve des autres et à être éprouvés par les autres. Personne ne peut vivre ce destin à notre place. Se tromper de lecture du destin ou de notre rôle dans ce destin ne change pas à la nature de l’existence humaine ni à la pérennité du conflit où nos responsabilités sont engagées entièrement :

{Si Allah ne Faisait pas réagir les hommes les uns par les autres, que de cloîtres, d’églises, de synagogues et de mosquées, dans lesquels le nom d’Allah est beaucoup Invoqué, seraient démolis ! Certes, Allah donnera sûrement victoire à celui qui fait triompher Sa Cause, en effet  Allah est véritablement Fort, Invincible. Ceux qui, lorsque Nous leur accordons autorité sur un territoire, accomplissent la Salât, s’acquittent de la Zakat, commandent le bon usage et interdisent le répréhensible. Et c’est à Allah qu’appartient l’ultime décision.} Al Hajj 40

Lorsque l’épreuve nous fait perdre le cap au point de demander aux musulmans friands de sensationnels et en panne d’imagination de se réfugier avec leur fortune transformée en or ou en argent, loin de la civilisation, dans un village, loin des côtes, sans moyens de communication modernes, il y a un problème. Quelle est la source coranique ou prophétique et quelle est la logique de ce comportement qui ressemble étrangement à celui de Robinson Crusoé. Daniel Defoe en imaginant le naufrage et le salut de Robinson Crusoé décrit la société occidentale comme le mythe de l’éternel retour dans une vision matérialiste et efficace où la Bible devient un carnet comptable pour la mémoire et la planification de l’homme en quête de survie dans un monde sans Dieu ni perspective autre que l’imagination ingénieuse, l’exploration du monde, le travail efficace et la mise au service de vendredi le noir faisant office d’auxiliaire domestique.

Quelle est la signification spirituelle, morale, psychologique et idéologique de l’état d’esprit de l’errance et de la solitude qui pousse les musulmans à chercher le repli autarcique et la posture communautariste de ghetto socioreligieux dans un monde qui est devenu un méga village où tout s’échange et se communique à la vitesse de la lumière ? Pourquoi aller contre l’esprit qui a fait la gloire de l’Islam et l’essor de la civilisation musulmane : l’ouverture aux autres. Les Musulmans du temps du Prophète, d’Abou Bakr et d’ Omar sont allés vers les autres pour marquer l’empreinte de l’Islam sur le monde et ne pas subir l’enfermement mortel. Parfois ils  sont allés l’épée à la main, mais souvent ils sont allés comme commerçants et savants apportant la vérité, la justice, la fraternité humaine et l’ouverture d’esprit.

Ce discours « sauve-qui-peut trouve » naturellement écho auprès de la jeunesse stigmatisée par les systèmes dominants, sans projet de vie, et sans connaissance de la philosophie islamique. C’est justement sa facilité à se propager dans les médias et dans les esprits qui le rend dangereux. Heureusement, comme tous les projets farfelus des musulmans, il a manqué d’ingénierie pour ne pas donner des perspectives réelles de fuite vers l’inconnu dans un monde où tout est balisé ne laissant place qu’à très peu d’espace libre.

Nous avons beaucoup de responsabilités à accomplir et beaucoup d’épreuves à affronter y compris au sein des nôtres :

{Nous avons fait ce qu’il y a sur la terre pour l’embellir afin de les éprouver : lequel d’entre eux agit au mieux.} Al Kahf  6

{Les hommes pensent-ils qu’ils seraient épargnés juste pour avoir dit : « Nous devînmes croyants » et qu’ils ne seraient pas mis à l’épreuve ? Nous avons éprouvé, en fait, ceux qui étaient avant eux. Allah sait sûrement ceux qui furent véridiques et Sait sûrement les menteurs.} Al Ankabout 2

Le dessein d’Allah est exprimé en début de ses Sourates : la mise à l’épreuve des hommes et tout particulièrement des croyants pour que la foi et l’acte humain soient soumis à la vérité, à la justice et à la sanction, car Allah est Vérité,  Justice et Miséricorde  par  lesquelles nous pouvons voir Sa Parole et Son Acte de manifester en nous donnant vie, existence et possibilités de déploiement dans Son Royaume. Nous ne pouvons ignorer l’ouverture et la clôture d’une Sourate puis aller chercher à l’intérieur un sens ésotérique ou une influence judéo-chrétienne justifiant nos élucubrations apocalyptiques et eschatologiques sur lesquels ces Sourates ne disent absolument rien qui puissent nous donner matière pour raisonner et agir en conformité avec la lettre et l’esprit coranique.

Nous ne pouvons ignorer les épreuves qui nous frappent et que ne parvenons pas à surmonter sans revenir aux versets qui citent les épreuves et tout particulièrement à la grande épreuve d’Ohod. L’énoncé d’Ohod a donné la réponse aux Compagnons du Prophète et il continue de nous la donner et de la donner aux communautés de croyants après nous jusqu’à la fin de l’épreuve ultime :

{Il n’est pas de mise qu’Allah laisse les croyants dans l’état où vous êtes, jusqu’à ce qu’Il discerne le méchant du bon. Et il n’est pas de mise qu’Il vous informe sur l’Occulte, mais Allah élit, parmi Ses Messagers, qui Il veut. Croyez donc en Allah et en ses Messagers. Et si vous êtes croyants et êtes pieux, vous aurez sûrement une immense rémunération.}  Ali ‘Imrane  179

Il n’est pas de mise qu’Allah nous informe sur le Ghayb, l’Occulte, l’inconnaissable, le non manifesté, le destin, le futur existentialisé ou non existentialisé, les possibles non d’actualité, l’inintelligible, la métaphysique. Allah a suffisamment doté l’humain de facultés cognitives, psycho affectives, intuitives, actancielles et spirituelles   pour qu’il puisse raisonner et agir en être connaissant et responsable. Le musulman est un humain qui dispose des mêmes facultés que les autres hommes avec l’avantage du soutien d’Allah s’il agit pour la cause d’Allah et s’il réfléchit et agit en conformité avec la méthodologie et les enseignements coraniques et prophétiques.

Malheureusement dans les crises nous perdons la compétence de raisonner et d’agir rationnellement et efficacement faisant perdurer la crise jusqu’à oublier ses origines, ses causes, ses actants pour finir par  controverser sur la nature de la crise, sa fatalité et les personnalités qui ont réfléchi sur la crise d’une manière superficielle ou   sérieuse sans avoir pour but la quête de solutions. Comme les peuples primitifs et les sociétés médiévales, nous cherchons les explications dans le surnaturel, dans le sensationnel, dans le fascinant car notre esprit ayant perdu tout contact avec la rationalité et la réalité ne recherche plus l’efficacité et la vérité. Il cherche à se rassurer et à communiquer pour se prouver qu’il existe et qu’il a une position dominante dans un monde où l’intuition lui dit pourtant qu’il n’est plus représentatif de la vérité, qu’il n’a plus compétence à trouver des solutions ou à gouverner au sens politique, idéologique et religieux.

La société malade et infantilisée par la crise va produire des élites moribondes et paternalistes qui vont entretenir la maladie puis l’aggraver. Entre les élites et le peuple va se tisser une relation de Pygmalion où chacun sera fasciné par le regard que l’autre lui porte ainsi que par le regard qu’il porte sur l’autre. La raison et la réalité sont remplacés par l’admiration mutuelle, la démagogie, le sensationnel. Poussés par le même désir du sensationnel et de la mythologie, les peuples et les élites vont entrer en compétition délirante sur le même désir en faisant de la surenchère : qui produit le plus de fascination, le plus d’invraisemblables et le plus de « fuites en avant » pour ne pas avoir à assumer ses responsabilités, à ne pas surmonter la crise, mais au contraire à en faire un fonds de commerce, une rente, une fausse monnaie intellectuelle et religieuse.

C’est pour éviter ces dérives et ces déviations que la victoire d’Ohad s’est transformée en défaite pour imprimer la conscience historique  et puis cette défaite s’est transformée en une victoire stratégique pour imprimer le devenir de cette communauté qui a la mission de porter l’étendard de l’Islam.  L’esprit de synthèse ou l’esprit d’analyse que nous commande le Coran par Ohod est dans ce verset :

{Il n’est pas de mise qu’Allah laisse les croyants dans l’état où vous êtes, jusqu’à ce qu’Il discerne le méchant du bon. Et il n’est pas de mise qu’Il vous informe sur l’Occulte, mais Allah élit, parmi Ses Messagers, qui Il veut. Croyez donc en Allah et en ses Messagers. Et si vous êtes croyants et êtes pieux, vous aurez sûrement une immense rémunération.}  Ali ‘Imrane  179

Il ne suffit pas de se déclarer musulman ou partisan du Prophète pour vivre heureux et triomphant, il faut vivre avec discernement sa foi et la réalité du monde, car l’existence est une épreuve. L’épreuve est une purification et une pédagogie pour aller de l’avant. Celui qui néglige l’épreuve ou y succombe n’a pas de devenir sur le plan du rapport des intelligences, des volontés et des forces face à son ennemi de l’extérieur, le mécréant transgresseur et agresseur, et face à son ennemi de l’intérieur, l’hypocrite comploteur. Il n’y a pas de place à l’anarchie et à l’improvisation, car ces deux tares entretiennent la désunion et facilitent le travail de sape de l’ennemi de l’intérieur et de l’extérieur en quête de toute faute, de toute défaillance. Il n’y a pas de place à la coexistence de deux systèmes divergents dans leur projet et dans leur valeur. La crise nait souvent de la coexistence de deux oppositions à force égale. La crise n’est surmontée que par l’épreuve qui permet à une force de se démarquer de l’autre et d’imposer sa vérité et sa logique par sa détermination, sa vertu et son efficacité.

Dans l’épreuve et dans l’adversité, il est attendu des musulmans la constance et l’endurance, mais aussi le réalisme et l’efficacité. Ce qui sape l’effort social est le fatalisme, la spéculation sur le destin et la controverse sur le Ghayb pour expliquer ce que la raison ne veut pas voir et justifier ce que l’ingénierie ne peut pas imaginer comme réponse efficace. En discourant sur l’eschatologie alors que le Coran n’en fait pas un sujet de connaissance conceptuelle et praticien dans l’exercice des responsabilités du musulman ne prend-on pas le risque de faire dire à Allah ce qu’Il n’a pas dit : « Et il n’est pas de mise qu’Il vous informe sur l’Occulte ».

Allah a promis la victoire aux musulmans s’ils agissent en conformité avec les lois spirituelles, psychologiques, sociales et techniques de la victoire et de la gloire. Allah a promis de distinguer par l’épreuve les croyants des hypocrites, mais Il n’a pas permis d’informer le croyant sur le nom, la liste et les intentions du cœur des hypocrites.

Spéculer sur les hypocrites et les mécréants pour les pourchasser comme le faisaient les tribunaux de l’Inquisition médiévale n’est pas de la culture musulmane. Le faire c’est accentuer la crise et se détourner des solutions réelles. Encore une fois attendre des solutions miraculeuses, faire des spéculations métaphysiques, porter des jugements de valeur sur les intentions des gens  ou leur jeter l’anathème font partie de la leçon d’Ohod comme étant des pratiques à bannir, car elles ne font que déplacer la bataille sur des considérations secondaires et sur des opinions qui ne changent rien à la réalité sociale, spirituelle, militaire ou géopolitique de la communauté de foi face à son adversaire qui l’agresse ou face à une décadence qui la disperse et la menace de disparition.

Il n’est donc pas de mise que le musulman fuit la réalité sur laquelle il a prise vers  l’inconnu de l’eschatologie, du sectarisme  et de la bigoterie qui ne modifient en rien la situation ontologique et sociale du musulman et qui ne permettent  en rien d’agir sur l’environnement du musulman et de son adversaire.

L’environnement n’est pas un vague sentiment, une opinion, une idée farfelue, une connaissance superficielle ou une préoccupation secondaire. L’environnement est l’ensemble des facteurs géographiques, économiques, politiques, militaires, juridiques et techniques qui ont influence sur nous ou qui nous permettent d’exercer une influence sur les autres. Que l’influence soit positive ou négative, ponctuelle ou permanente, étendue ou limitée dans le temps, l’espace et l’intensité, elle ne configure un environnement que si elle agit sur nous ou sur notre adversaire ou concurrent. L’intelligence est d’analyser ses influences, de les mesurer, de les hiérarchiser et de trouver leurs leviers d’action ou de freinage pour en faire des facteurs de développement, de paix ou de victoire. La connaissance et l’action sur l’environnement ne sont pas un exercice de style, mais la pratique de la loi de l’adaptation et de la loi du changement.

Les psychiatres et les pédagogues connaissent les problèmes psychologiques et sociaux de l’adaptation  et leur corrélation avec  le  stress, l’angoisse traumatisante et la culture de l’échec pouvant aller jusqu’au comportement auto destructif.  Le déni de réalité pousse les victimes de leur propre décadence et de leur inertie au repli identitaire et au comportement victimaire. La culture de la souffrance devient fatalité, la fuite ou  la polémique devient méthode d’argumentation,  les futilités ou l’anathème deviennent le comportement qui évite la responsabilité du changement. L’adaptation est difficile, voire impossible, lorsque l’individu ne parvient pas à se focaliser sur des phénomènes observables et mesurables leur préférant les jugements de valeur et la morale ou les références passéistes. La loi universelle du changement  exige l’adaptation raisonnée et librement choisie par chacun comme étant de son devoir et de sa responsabilité :

{Allah ne change point en un peuple tant que ses membres ne changement pas ce qui est en lui » Ar Raâd 11

Le Prophète (saws) façonneur du changement et des hommes qui conduisent le changement a montré les lacunes qui interdisent le changement : la recherche des justifications et le mimétisme social :

« Allah mon Dieu ! Je me réfugie auprès de Toi contre toute justification invoquée »

« Le Croyant ne pratique pas la mai’a ! c’est quoi la mai’a ? La mai’a c’est que tu fasse le bien lorsque les gens font le bien et que tu fasse le mal lorsque les gens font le mal. Le Croyant fait le bien même lorsque les gens font le mal ».

Être libre et responsable, mais pour cela il faut être lucide, vigilant et extrêmement critique au point de ne rien accepter sans évaluation préalable des conséquences, sans vérification des sources, sans quête de l’efficacité, sans regard relatif et évolutif sur la genèse des phénomènes, car le monde n’est pas donné achevé une fois pour toutes, mais il est en devenir incessant. La responsabilité est sans doute après la foi ce qui caractérise le plus et le mieux le croyant. Nous entendons des musulmans justifier leur crime au nom d’Allah et du destin, nous voyons des musulmans spéculer sur la validité de la foi et des intentions intimes des gens, nous lisons des livres et des articles décrire le destin comme s’ils étaient informés du contenu du Livre du destin. Et pourtant le Coran nous ordonne dans le cas le plus extrême, en l’occurrence le combat, de garder le sens des responsabilités et le scrupule  qui rendent le croyant consciencieux, prenant garde à Allah dans ses dires et ses actes :

{O vous qui êtes devenus croyants, si vous vous lancez pour la cause d’Allah, discernez bien et ne dites pas à qui vous offre la paix : « Tu n’es pas croyant », aspirant aux vanités de la vie terrestre, alors qu’Allah Possède d’innombrables biens. Ainsi étiez-vous auparavant, mais Allah vous A Gratifiés. Discernez bien.} An Nissa 94

Nous sommes tenus au respect de la vérité stricte,  de la vie d’autrui et de sa sécurité autant sinon plus qu’à notre propre vie. Pourquoi alors inventez des mensonges et fuir les responsabilités qui s’imposent ? La quête du prestige, l’ignorance, l’irresponsabilité ?

Pourquoi s’attacher à des explications historiques et à des solutions qui ont fait faillite depuis plus de cinq siècles. Ne voyons-nous pas que le corpus théologique et juridique que nous sanctifions n’est pas la Parole d’Allah, mais opinions personnelles ? Seul Allah est immuable et Absolu, le reste est relatif, faillible.

Lorsque Allah nous livre l’essence de la pédagogie d’Ohod « Et il n’est pas de mise qu’Il vous informe sur l’Occulte, mais Allah élit, parmi Ses Messagers, qui Il veut. Croyez donc en Allah et en ses Messagers. » Il nous dit qu’il est de l’ordre des choses de subir les épreuves et que le changement, qui transforme l’épreuve de la défaite en victoire et celle de la décadence en émergence de civilisation, passe par la foi authentique ». Il n’y a pas de place aux mythes,  ni aux fabulations, ni aux innovations, ni aux solutions partielles et ponctuelles. La voie du salut comme celle de la victoire ou de la civilisation est dans la méthodologie du Coran et la pratique du Prophète (saws).

Tant que les Musulmans se sont attachés au Coran et au Prophète, malgré la culture d’empire et les divergences doctrinales apportées par les dynasties omeyyades et abbassides, la civilisation musulmane a rayonné sur le monde. Son rayonnement était spirituel, politique, culturel, philosophique, scientifique, technique et artistique. Lorsqu’elle avait perdu les attributs de ce rayonnement et les moyens de sa défense et de son expansion, elle a connu la déferlante des barbares qui sont tombés sur elle comme une épreuve terrible lui faisant perdre ses derniers attributs de résistance militaire et idéologique.

Les crises qui ont précédé puis  suivi la destruction de Bagdad puis la perte de Cordoue et ensuite la colonisation du monde musulman n’ont pas donné écho aux analyses des savants musulmans qui avaient annoncé ou analysé sociologiquement, politiquement et spirituellement la décadence du monde musulman. La paresse intellectuelle et les germes persistants de la même crise  ont favorisé trois tendances de pensées.

La première tendance est celle du sectarisme doctrinal et politique où les uns attendent le Mahdi et les autres le Calife bien guidé. La seconde tendance ne se préoccupe pas de faire une analyse sociologique, géopolitique, idéologique et intellectuelle des causes de la décadence ou de la civilisation, elle se contente du discours moralisateur paternaliste et de l’érudition juridique.  La troisième tendance vise à expliquer l’histoire par l’eschatologie.

Dès qu’un évènement tragique survient dans le monde musulman, les Mongols, les blancs colonisateurs, Tsunami, la guerre en Syrie, la Bible de Daniel est invoquée sous habillage musulman pour embrouiller les cartes ou tout simplement  pour trouver une niche médiatique.  Ce qui est risible, s’il y a matière à rire, c’est que les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans sont tous d’accord sur la venue du Messie et l’affrontement mondial avec chacun une issue qui est favorable pour sa seule religion. Les plus politisés sont les sionistes qui sont parvenus à faire de l’eschatologie messianique, alors qu’ils ne croient pas au Messie, une préoccupation idéologique, politique et médiatique aux États-Unis au service d’Israël.

Quelle est la clé qui permet de trouver le lien entre les théories américaines de la fin de l’histoire comme celle de Francis Fukuyama et le discours musulman sur la fin du monde et la venue du Messie qui met fin à l’histoire humaine ?

Les Américains ont un dispositif de conquête du monde d’ailleurs en faillite où il n’y a plus de place aux autres cultures et aux autres idéologies. La fin de l’histoire c’est le triomphe du monothéisme du marché et du rêve américain c’est-à-dire la ressuscitation de tous les diables et de tous les démons que permet l’hyperpuissance.

Qu’apporte la fin de l’histoire aux musulmans et à l’humanité lorsqu’elle est une narrative d’un Cheikh ou d’un docteur musulman parlant au nom de l’Islam ? Qu’apporte-t-elle sur le plan spirituel, social, économique, militaire, politique ? Rien ! Elle ne fait qu’inscrire le musulman dans l’attente messianique qui est finie puisque le Prophète Mohamed annoncé par Jésus est venu et que ce Prophète a annoncé qu’il est la réinitialisation du temps et qu’il est l’annonce de la fin du monde. Les compteurs de l’humanité ont été remis à zéro pour un nouveau départ et une nouvelle mission. Quelle est cette mission à expliquer à l’humanité,  quel est le nouveau départ, vers quelle destination, pour quelle finalité et avec quels moyens ? L’Islam a répondu. Pourquoi lui imputer d’autres réponses ?

Au lieu d’analyser la carte géopolitique du monde arabe, l’histoire et les perspectives des mouvements islamiques, les conditions d’oppression et de libération, il est plus simple, plus rassurant et plus convaincant pour une population en quête de sensationnel de jouer à l’occultiste qui déchiffre les mystères. Hollywood incarné dans un personnage avec barbe et qamis pour raconter aux crédules   la venue du Messie, l’apparition de l’antéchrist,  la sortie de Gog et Magog puis la fin du monde.

La pédagogie, l’ingénierie, la psychologie se rejoignent sur le questionnement comme démarche saine pour comprendre et trouver les solutions qui aident à s’adapter ou à innover sur le plan du comportement, des savoirs  et des pratiques. Lorsque le culte des anciens devient la règle, le questionnement devient banni y compris sur la réalité du monde et sur la signification du Coran. Sans questionnement, nous devenons des fossiles, des mémoires figées sans attention sur le présent et sans attente sur le futur sauf à s’émerveiller de ce qui cultive l’apologie du passé et les certitudes répétées depuis des siècles sans pour autant voir qu’elles ne peuvent plus expliquer ni résoudre nos problèmes récurrents.

Je ne veux pas dire que la fin ultime du monde ne va pas avoir lieu ni que les fins partielles des mondes ne se produisent pas. La fin d’une civilisation, l’anéantissement d’un peuple, la disparition d’une contrée sont des phénomènes qui se sont produits et qui vont se produire de nouveau. L’histoire et l’archéologie parfois elles sont des témoins crédibles, mais parfois il y a un mystère total qui ne reste vivace que dans la mémoire des collectivités humaines ou dans quelques traces portées par les vestiges des villes disparues ou englouties. Allah réalise  la fin d’un monde, d’une civilisation ou d’un peuple par un  châtiment effroyable qui peut s’exécuter par le vent, la pluie, la mer, le feu, les pierres, les séismes, les guerres ou les Anges. À titre d’exemple :

{Mentionne le frère de `Âd lorsqu’il vint avertir son peuple dans le pays d’al-Ahqâf , bien que des avertisseurs étaient déjà venus avant et autour de  lui.  «N’adorez, dit-il, qu’Allah! Je crains pour vous le châtiment d’un Jour effroyable !» Ils dirent : « Es-tu venu à nous  pour nous détourner de nos divinités? Alors, apporte-nous donc ce dont tu nous menace, si tu es du nombre des véridiques ». Il leur dit : « Allah Seul en a connaissance, Je ne fais que vous transmettre ce pour quoi j’ai été envoyé, mais je vois bien que j’ai affaire à un peuple d’ignorants ». Quand ils le virent tel un phénomène à l’horizon, faisant face à leurs vallées, ils dirent : « Ce n’est qu’un phénomène qui nous apporte la pluie ! » Bien au contraire, ce n’est que ce que vous étiez impatients de voir venir : un vent porteur d’un douloureux châtiment, qui détruit tout, par la volonté de son Dieu. Le lendemain matin alors on ne voyait plus que les traces de leurs demeures : C’est ainsi que Nous punissons les peuples malfaiteurs.} } Al Ahqaf 21

Lorsqu’on étudie attentivement la fin des civilisations dans le Coran ou la fin de l’histoire d’une nation et sa disparition totale nous voyons un certain nombre de lois se manifester. C’est  un Prophète qui menace ses détracteurs, il est appuyé par des Signes qui ne trompent pas sur la suite des événements comme les Signes de Moise ou de Noé. Ces Signes ne sont pas discours de désespoir ou fuite de la réalité, mais aboutissement historique de la confrontation entre d’une part une foi porteuse de vérité et d’esprit de sens en minorité et d’autre part une arrogance belliqueuse porteuse de corruption et de mécréance agressive et criminelle en position de force.

La vérité portée et défendue par les Prophètes et leurs disciples ne s’inscrit dans aucun calcul mondain et politicien, autrement dit il n’y a ni revendication de pouvoir ni promesse électorale, mais agissement sincère et résolu pour Allah par amour d’Allah : le Tamkine comme pouvoir politique et position territoriale vient comme récompense à l’effort du Tamkine Dine Allah ( la promotion de la parole d’Allah) et non comme préalable.  Les Prophètes ne spéculent pas, ils annoncent une vérité qui va s’accomplir même si le terme de son accomplissement leur échappe. Enfin nous constatons que cette confrontation ultime annoncée en faveur de la vérité prophétique porte en elle les ferments de l’alternative pour que le châtiment qui frappe les iniques devienne salut pour les disciples des Prophètes. Le salut est à la fois spirituel et civilisationnel comme l’énonce la Sourate Al Ahqaf :

{Nous les avions pourvus  de ce  dont vous n’avez pas été pourvus : Nous leur avions certes donné l’ouïe, la vue et l’intelligence, mais ni leur ouïe, ni leur vue, ni leur intelligence ne leur servirent à rien comme ils reniaient les Signes d’Allah, Et il s’avéra contre eux ce dont ils se moquaient. Nous avons fait périr nombre de cités qui vous entouraient, après avoir multiplié les signes à leur intention, afin qu’ils reviennent [au droit chemin].} Al Ahqaf 26

L’annonce par les Prophètes de la fin du monde ou de la fin de l’histoire de leurs ennemis n’est pas une plaisanterie, mais processus historique logique dans le long et pénible processus du salut qui implique des générations. Est-ce que nous sommes suffisamment impliqués ontologiquement et socialement à l’image des Prophètes et de leurs disciples pour espérer voir la fin de l’Amérique et de ses vassaux despotes. Sommes-nous l’alternative ?

Lorsque les Russes et les Chinois rivalisent diplomatiquement, militairement, économiquement et technologiquement pour s’imposer comme alternative au monopole américain est-ce que nous sommes partie prenante dans le changement du monde ? Est-ce que nous avons les facultés de perception et d’entendement que cite la Sourate Al Ahqaf dans la perspective du changement annoncé aux Arabes du temps de Mohamed (saws) ?  Quelle est notre priorité ? A qui destiner le discours sur la fin du monde : à nos ennemis qui nous menacent d’extermination ainsi que les autres humains de la planète et avec quels moyens ou à nos populations en mal de vivre et en panne de projet. Je ne pense pas que l’Islam, les musulmans et l’humanité a besoin d’un cirque médiatique d’autant plus que ce cirque et les autres qui l’accompagnent depuis la chute de Bagdad et de Cordoue ne font qu’amuser sans instruire réellement les musulmans sur leur situation de Wahn.

Comment apprendre de notre situation afin qu’elle ne se reproduise plus si nous refusons de nous poser des questions sur la genèse de nos problèmes et sur nos rapports ontologiques et sociaux à ces problèmes ? C’est la grande leçon d’Ohod à laquelle nous invite le Coran que nous esquivons.

Lorsque nous la lisons en cohérence avec les énoncés d’Ohod sans tronquer le contextuel alors nous comprenons que le changement attendu et que nous ne parvenons pas à réaliser est global, complexe, réaliste et dynamique :

Un changement spirituel : la foi et la spiritualité sont l’essence du changement, car elles déterminent sa finalité en l’occurrence le salut collectif dans ce monde et le salut individuel dans l’autre.

Un changement ontologique et social en changeant les attributs actanciels de l’être individuel et social : vouloir, pouvoir, savoir, devoir, croire et agir.

Un changement dans le système de représentation de l’environnement en devenant acteur dans cet environnement par la prise en charge de ses facteurs et de ses influences. Le musulman n’est pas un être errant et solitaire qui vit en autarcie sur une planète perdue dans l’univers. Il vit sur terre avec d’autres communautés avec la mission de faire le bien et de témoigner de la foi. C’est une épreuve qu’il faut vivre et non subir.

Un changement dans la conscience qui donne la mesure de la crise, de ses causes et du refus de s’y soumettre.

Un changement dans la lecture de notre réalité et de notre environnement. Il ne peut y avoir changement de lecture si nous restons focalisés sur les vieilles lectures. La lecture de Flen ou Felten peut apporter des informations intéressantes, par exemple sur la situation médiévale du monde musulman alors que l’Europe prépare sa Renaissance en prenant tous ses matériaux au monde musulman alors que celui-ci entre en paralysie intellectuelle, scientifique et technique. Si notre lecture ne voit pas l’alternance des civilisations et la confrontation entre des efficacités et des projets alors elle peut continuer à faire de son passé un mouroir.

Ces registres de changements ne sont pas isolés les uns des autres, car l’être humain n’est pas un composé de parties distinctes, mais un tout complexe et dynamique. Le registre le plus important est la foi monothéisme saine et authentique, celle qui fait vibrer l’âme et imposer ses marques spirituelles, éthiques et esthétiques aux idées et aux territoires.

Le changement, l’adaptation et le réalisme ne signifient pas la soumission à l’ordre injuste dominant ni à l’acceptation de la mécréance comme vérité respectable ou admissible, mais l’effort assidu de trouver ce qui est le plus opportun sur le plan temporel, le plus pertinent sur le plan spatial, le plus cohérent sur le plan de la globalité, le plus urgent sur le plan des priorités et le plus efficace sur le plan des moyens pour transformer notre défaite et notre Wahn en victoire et en rayonnement civilisationnel le plus intense, le plus durable et le plus étendu.

Je crois à la fin « apocalyptique » du monde comme il est dit dans le Coran. La fin du monde fait partie intégrale de la foi :

{Ce Livre-là, sans aucun doute, est une Direction infaillible pour les pieux, ceux qui croient au Ghayb, accomplissent la prière et dépensent de ce que Nous leur avons octroyé, et ceux qui croient en ce qui t’as été révélé, en ce qui a été révélé avant toi, et qui croient foncièrement en la vie future. Ceux-là sont sous une Direction infaillible de leur Dieu, et ceux-là sont ceux qui cultivent. } Al Baqarah 2

La fin du monde est le préalable au Jugement dernier et au Paradis et à l’Enfer :

{Et Nous Donnâmes, en fait, à Moïse et à Aaron le Critère comme Lumière et Rappel pour les pieux : ceux qui prennent garde à leur Dieu en conscience et prennent garde de l’Heure.} Al Anbiya 40

L’annonce de la fin du monde est rationnellement le chemin de la foi, car l’éphémère et la mortalité sont évidents et ont un dessein : réfuter l’absurdité d’une existence sans raison, sans finalité, sans responsabilités. C’est aussi la motivation et l’effort spirituel, moral et actanciel pour le salut ontologique et social. La description coranique, prophétique  et scientifique de la fin du monde est suffisamment éloquente pour ne pas en rajouter en en faisant du sensationnel pour captiver un public friand de sensations, mais très peu intéressé par la vérité et le devoir.

Les mécréants ont refusé d’y  croire alors que les Juifs et les Chrétiens, se croyant les bien-aimés d’Allah, ont refusé de croire à leur fin en Enfer. La Sourate Al Kahf nous montre trois attitudes magistrales devant l’évocation de la fin du monde.

La première attitude se rapporte à la découverte des jeunes dormants de la caverne qui avaient  fui la persécution des païens :

{C’est ainsi que Nous avons fait pour qu’ils soient découverts afin que les gens sachent que la promesse d’Allah est Vérité, et que l’Heure ne fait aucun doute. Lorsqu’ils se sont disputés au sujet de leur affaire, certains d’entre eux  ont dit : « Construisez sur eux un édifice : leur Dieu en est Plus-Scient », alors que ceux qui ont emporté la  décision ont dit : « Nous élèverons sûrement une mosquée au-dessus d’eux ». Les uns disent : « Ils étaient trois, mais leur chien étant  le quatrième », et d’autres disent : « Ils étaient cinq, mais leur sixième étant leur chien » par divination. Et d’autres encore disent : « Ils étaient sept, mais leur chien  étant le huitième  ». Dis : « Mon Dieu Est Plus-Scient de leur nombre, et peu nombreux sont ceux qui savent leur nombre. Ne discute alors sur leur sujet que par une évocation globale, et ne demande l’avis de personne à leur sujet. Et ne dis jamais à propos pas d’une chose : « Je ferai ceci demain », sauf : « Si Allah veut ». Evoque  le Nom de ton Dieu, si tu oublies, et dis : « Mon Dieu me guidera sûrement vers ce qui est plus proche de cela en sens ».} Al Kahf 22

L’énoncé nous montre comment l’esprit « rationnel et comptable » débat sur les futilités du nombre au lieu de méditer le Signe de la Ressuscitation. L’esprit  « politique et pratique » quant à lui débat sur l’aspect utilitaire et rituel pour récupérer le phénomène en élevant un édifice mortuaire qui fait office de sanctuaire. Le Fiqh musulman qui a confondu la Parole d’Allah avec celle des personnages du récit coranique en fait tout une controverse juridique sur les constructions des tombes dont les effets sur la guerre en Syrie et en Libye se font sentir de nos jours.

Tirer l’enseignement le plus sensé en termes de foi et le plus évocateur en termes de vie spirituelle est le dessin que nous devons suivre comme nous y invite le Coran. Cet énoncé vient comme une pédagogie de la lucidité et de la victoire alors que Mohamed (saws) était en situation de faiblesse à la Mecque. Si nous pouvons nous permettre une analogie nous dirons que c’est au moment de la persécution comme celle de Mohamed (saws) sans voir une aide s’annoncer qu’il aurait été « possible » d’imaginer la venue du Messie porter main forte à Mohamed et non maintenant que la religion musulmane et que le Coran sont confortablement installés dans l’histoire humaine.

La seconde attitude est celle du rebelle arrogant dont la catastrophe de la vie ici-bas témoigne de la fin du monde annoncée et de la catastrophe lors du Jugement dernier qui attend le négateur transgresseur et agresseur :

{Et il entra dans son jardin, se faisant injuste à lui-même en disant : « Je ne pense pas que ceci puisse jamais disparaître, et je ne pense pas que l’Heure du Jugement dernier puisse avoir  lieu ; et si jamais  je suis ramené à mon Dieu, j’en trouverai sûrement un meilleur sort ». […] Et ses fruits furent ravagés. Alors il se mit à se tordre les mains, déplorant ce qu’il a dépensé, en le voyant dévasté sur ses treillis, et à se lamenter : « Dussé-je n’avoir jamais associé personne à mon Dieu ! » Il ne trouva aucun  clan pour le soutenir contre Allah, et nul ne peut le secourir, car en pareille situation, la protection appartient à Allah qui est la vérité suprême} Al Kahf 35

La troisième attitude est celle du Croyant, ici représenté par un pauvre qui ne possède que sa foi et sa lucidité qui lui permettent d’envisager l’avenir avec espoir tout en craignant la catastrophe imminente pour le mécréant arrogant :

{Son voisin qui conversait  avec lui  répliqua : « As-tu renié Celui qui t’a créé de poussière, ensuite d’une nutfah, ensuite t’a donné forme humaine ? Mais pour moi,  Allah est mon Dieu et je n’associe personne à mon Dieu. Et que n’as-tu dit, en entrant dans ton jardin : ‘‘ Tel est le Vouloir d’Allah ! Il n’y a de puissance qu’avec l’appui d’Allah !’’ Si tu me vois, moins pourvu que  toi en biens et en enfants,  Il se peut que mon Dieu me donne quelque chose de meilleur que ton jardin contre lequel Il enverra une grêle   du ciel, alors sa terre deviendra stérile et  boueuse, ou bien son eau se tarisse, alors tu ne pourras point l’atteindre ». Il est Celui qui accorde la meilleure rétribution et le  meilleur aboutissement.} Al Kahf 35

Il ne s’agit pas d’attendre la fin du monde comme spectateurs, mais de chercher la rétribution après l’aboutissement de la vie et l’accomplissement de l’effort dans cette vie. La Sourate Al Kahf montre la priorité du discours : l’avertissement de la fin aux mécréants pour les menacer et l’annonce de l’espoir et de l’espérance dans la rétribution aux Croyants pour les encourager et les inciter à se montrer assidu et constant :

{Livre d’une parfaite intégrité, afin d’avertir du châtiment rigoureux qui provient de Lui, et d’annoncer aux croyants qui font le bien qu’ils auront une bonne rémunération} Al Kahf 2,

Pourquoi donc se tromper d’interlocuteur et consacrer le discours destiné aux croyants à attendre la venue, vraie ou inventée, du Messie ou celle du Mahdi. Est-ce que l’annonce ou la venue du Messie et du Mahdi va-t-elle remplacer celle de Mohamed (saws) et est-elle suffisante ou nécessaire pour constater nos souffrances et nos malheurs et enfin avoir l’espoir de les surmonter ou de disparaitre avec l’anéantissement de la vie sur terre ?

L’attitude du croyant dans la sourate Al Kahf est celle de ce voisin qui conseille avec probité et qui entrevoit les catastrophes naturelles comme châtiment divin dont il faut se prémunir par le travail laborieux et la foi agissante :

{Son voisin qui conversait avec lui répliqua : « As-tu renié Celui qui t’a créé de poussière, ensuite d’une nutfah, ensuite t’a donné forme humaine ? Mais pour moi, Allah est mon Dieu et je n’associe personne à mon Dieu. Et que n’as-tu dit, en entrant dans ton jardin : ‘‘ Tel est le Vouloir d’Allah ! Il n’y a de puissance qu’avec l’appui d’Allah !’’ Si tu me vois, moins pourvu que  toi en biens et en enfants,  Il se peut que mon Dieu me donne quelque chose de meilleur que ton jardin contre lequel Il enverra une grêle   du ciel, alors sa terre deviendra stérile et  boueuse, ou bien son eau se tarisse, alors tu ne pourras point l’atteindre ». Il est Celui qui accorde la meilleure rétribution et le meilleur aboutissement.} Al Kahf 35

L’attitude de ce croyant   n’est-elle pas la meilleure réponse pour affronter les responsables de nos décadences et trouver une issue honorable à nos problèmes. Ce récit est-il en contradiction avec les enseignements d’Ohod sur la responsabilité individuelle et collective ?

Nous avons vu comment l’énoncé coranique qui traite de la défaite d’Ohod, de ses causes et de ses conséquences exclue l’Occulte. Il n’est donc pas attendu du musulman d’expliquer la colonisation ou la guerre en Syrie et leurs conséquences par l’Occulte, mais par l’analyse logique et documentée sur l’histoire, la sociologie, l’économie, la politique, l’idéologie de la région et l’état décadent de la pensée musulmane qui produit des catastrophes chez les uns et le sauve-qui-peut chez les autres.

Je suis convaincu qu’il vaut mieux se tromper par l’imperfection de sa logique et le manque de fiabilité de sa  documentation que de faire dire à Allah ce qu’Il n’a pas dit.

Allah (swt) dit d’une manière claire, précise et transparente ne nécessitant aucun commentaire :

{Certes, Allah possède la connaissance de l’Heure} Loqman 34

La connaissance de la fin du monde et de l’avenir appartient exclusivement à Allah. S’il faut chercher une connaissance c’est donc auprès de Sa Parole dans le Coran. Le Coran dit la même vérité sans lui trouver un énoncé équivoque ou permettant une interprétation eschatologique :

{ … certes sont perdus, ceux qui ont démenti la rencontre d’Allah, jusqu’à ce que l’Heure [la fin du monde]  leur vienne à l’improviste.} Al An’âme 31

{Ils t’interrogent sur l’Heure : « A quelle époque est-elle  fixée ? » Dis : « Sa  connaissance est seulement auprès de mon Dieu. Nul autre que Lui ne la manifestera à son moment propice. Pesante elle sera aux Cieux et en la terre.  Elle ne vous parviendra qu’à l’improviste. »  Ils t’interrogent comme si tu étais à sa recherche. Dis : « Sa connaissance est seulement auprès d’Allah, mais la plupart des hommes ne savent pas. » Dis : « Je ne détiens pour ma personne ni bien ni mal, sauf ce que veut Allah. Si je  connaissais le Ghayb, j’en aurais accru les biens et nulle nuisance ne m’aurait touché. Je ne suis qu’un avertisseur et un annonciateur pour des gens qui croient. »}  Al A’raf  187-188

{Certes, l’Heure aura lieu : Je la rends absolument secrète afin que chaque personne soit récompensée selon ses efforts.} Taha 15

{Les hommes t’interrogent sur l’Heure. Dis : « Sa connaissance est seulement auprès d’Allah ». Et qu’en sais-tu ? Peut-être que l’Heure aura lieu bientôt.} Al Ahzab 63

Personne ne sait donc quand aura lieu la fin du monde, mais les croyants savent qu’elle aura lieu et qu’elle est inscrite dans le Livre de Dieu que nul ne peut voir ni deviner. Pourquoi alors ce discours sur ce qui échappe à notre entendement ?

Le Prophète menaçait les mécréants de la fin du monde et rappelait aux croyants la fin du monde pour qu’ils agissent toujours bien de peur qu’ils ne meurent à l’improviste dans un état qui ne sied pas au croyant. Allah a fait voir l’Enfer et le Paradis au Prophète, mais Il ne lui a pas fait connaitre la date de la fin du monde.

Parler de la fin du monde, de l’Enfer et du Paradis fait partie du discours de la foi (théologie) et de la pédagogie de la foi et de la vertu, mais cela ne peut se transformer en discours sensationnel messianique où le délai d’Allah connu uniquement par Lui devient une prédiction à la portée de n’importe quel homme s’il a suffisamment d’éloquence et de crédibilité médiatique :

{Laisse-moi donc avec ceux qui démentent ce Coran, Nous allons les appâter par où ils ne se rendront pas compte.  Et Je leur laisserai un délai. Certes, Ma Manœuvre est solide.} Al Qalam 44

Notre discours, notre comportement et nos actes doivent donc être davantage orientés vers l’éveil et la responsabilisation de notre communauté que vers son divertissement ou sa diversion par des motifs aussi graves et solennels que la fin du monde et le Châtiment divin. Si les malheurs qui frappent cette communauté ne parviennent pas à la réveiller, je ne pense pas raisonnablement que le discours fascinant et terrorisant puisse la réveiller ni d’ailleurs le discours moralisateur et formaliste. L’injonction de la Sourate Al Qalam au Prophète (saws) chagriné par le refus des païens et des Gens du Livre à l’écouter puis à le suivre nous donne la solution :

{… possèdent-ils l’Occulte de sorte qu’ils écrivent ? Persévère donc jusqu’au jugement de ton Dieu}  Al Qalam 47

Les Juifs, les Chrétiens, les Arabes païens et les hypocrites pour différentes raisons l’interrogeaient sur la fin du monde. Les uns voulaient vérifier la validité de sa Prophétie alors que les autres voulaient le railler ou le provoquer. Le Coran lui a donné cette réponse :

{Ils t’interrogent sur l’Heure : « A quelle époque est-elle fixée ? » Qu’as-tu à faire de son moment ? C’est vers ton Dieu sa finale. Mais toi, tu n’as qu’à avertir celui qui la craint.} An Nazi’âtes 42

Cette réponse est aussi valable pour les croyants encore sensibles aux mythologies grecques et perses qui leur parvenaient des caravanes et qui questionnaient le Prophète (saws). Les hadiths rapportent ce dialogue fort instructif que je ne transmets pas fidèlement :

« Un musulman demanda au Prophète : « quand est-ce qu’aura lieu la fin du monde ? » – le Prophète lui répondit : En quoi cela te concerne ? » – le demandeur dit alors : «  Non je voulais juste savoir quoi faire lorsqu’elle survient » – le Prophète lui dit : «  Si tu as dans la main une pousse de palmier empresse-toi de la planter »

Question intelligente et réponse magistrale pour ceux qui cherchent la vérité et l’efficacité de l’Islam : que faire ?

Expliquer les révolutions arabes, la guerre en Syrie ou l’occupation sioniste de la Palestine par l’eschatologie c’est non seulement introduire la culture judéo-chrétienne dans les croyances musulmanes, mais c’est cultiver le sensationnel alors que l’urgence et la priorité sont dans l’éveil du musulman qui doit se montrer réaliste, efficace et assidu dans des projets à long terme qui construisent sa liberté et sa responsabilité.

J’ai du mal à comprendre l’entêtement des experts en eschatologie alors que  le Prophète (saws) a formellement interdit de dater la fin du monde :

« Malheurs aux Waqatoun ! Ceux qui fixent une date à l’Heure »

S’il y a un investissement personnel ou collectif à faire, il réside bien dans la définition du salut et de la mission impartie :

{O vous qui êtes devenus croyants, prenez garde à Allah, et que chaque personne voit ce qu’elle a préparé pour le lendemain, et prenez garde à Allah. Certes, Allah Est Omniscient de ce que vous faites. Et ne soyez pas comme ceux qui oublièrent Allah, alors Il fit qu’ils s’oublièrent eux-mêmes. Ceux-là sont les pervertis.}  Al Hashr 18

Celui qui est préparé à vivre ou à mourir demain avec la certitude de rencontrer Allah est davantage préoccupé par l’usage du temps, de l’argent et de  l’intelligence dont il a été pourvu et dont il devra rendre compte.

Je ne crois pas qu’il faille expliquer le monde et l’histoire par des références eschatologiques. La priorité de notre jeunesse est d’étudier sérieusement la Parole d’Allah. Cette jeunesse doit acquérir les méthodes scientifiques, historiques, sociologiques, psychologiques et archéologiques pour mieux comprendre le monde le marquer de la couleur islamique monothéiste. Je suis persuadé que celui qui a recours à l’explication eschatologique non seulement fait une erreur de lecture, mais se comporte idéologiquement et psychologiquement de la même façon  que les Arabes dahrinistes et déterministes qui se contentaient d’imputer la vie et la mort au processus naturel de succession des générations sans jugement dernier.

{Et ils disent : « Ce n’est que notre vie terrestre : nous mourons et nous vivons, et ne nous fait périr que le temps ».} Al Jatiya 24

Si les Dahrinistes pensent que c’est le temps qui les fait périr et que la vie est absurde, les Apocalyptiques sont croyant en Dieu et au Jugement dernier, mais ils pensent que notre existence est absurde et que l’histoire humaine est réglée d’une manière surnaturelle surlaquelle nous n’avons aucune prise sauf d’attendre la fin du monde et le Décret d’Allah. Il faut lire la réponse d’Allah aux Dahrinistes païens pour deviner  la réponse à faire aux Apocalyptiques croyants :

{Et ils disent : « Ce n’est que notre vie terrestre : nous mourons et nous vivons, et ne nous fait périr que le temps ». Et ils n’ont de cela aucune science. Certes, ils ne font que conjecturer} Al Jatiya 24

Tous les négateurs refusent de croire en la fin du monde. La fin du monde n’est un fait scientifique ou narratif dont il faut simplement prendre connaissance par curiosité intellectuelle ou dont il faut faire le sujet principal de nos discours entre nous ou de notre discours aux autres. Il faut lire les énoncés coraniques dans leur intégralité et dans leur contexte :

{Et lorsqu’on leur récite Nos Signes évidents, leur argument n’était autre qu’ils dirent : Et ils disent : « Ce n’est que notre vie terrestre : nous mourons et nous vivons, et ne nous fait périr que le temps ».}  Dis : « Allah vous Fait revivre, ensuite vous Fait mourir, ensuite vous Rassemble pour le Jour de la Résurrection, sans aucun doute, mais la plupart des hommes ne savent pas, et à Allah appartient le Royaume des Cieux et de la terre. Et le Jour où l’Heure aura lieu, ce Jour-là les détracteurs seront perdus ». Et tu vois chaque communauté agenouillée. Chaque communauté sera appelée à son Livre : Aujourd’hui vous serez récompensés de ce que vous faisiez. Voici notre Registre qui témoigne de vous en toute Vérité. Nous, Nous Inscrivions ce que vous faisiez.} Al Jatiya 24 à 29

La fin du monde comme la fin de notre monde aura lieu, mais nous ignorons son terme. Elle annonce le Jugement dernier, qui lui-même annonce la rétribution de nos actes commis dans cette existence terrestre. La foi dans le Jugement dernier c’est la foi agissante, celle qui agit pour être récompensée. L’excellence c’est d’agir pour l’amour d’Allah. Le Prophète (saws) a décrit la foi et la vertu comme 99 registres d’actions positives et bienfaisantes.

Avons-nous épuisé tout le registre pédagogique du Coran, toutes les possibilités d’action de la foi et tous les moyens de résistance contre l’oppression ?

Avons-nous vu les causes, la dimension et la profondeur de la culture de la catastrophe sociale, politique et idéologique dans les malheurs et l’insouciance qui continuent de nous frapper. Voyons nous la Justice d’Allah qui  fait subir aux hommes et aux peuples leurs propres œuvres :

{Il n’est pas de mise qu’Allah soit injuste envers eux, mais c’est envers eux-mêmes qu’ils étaient injustes.} At Tawbah 70

 

 

 

 

 

 

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10 Commentaires

  1. sous-commandant 7 décembre 2013 at 19:57

    Salam, Monsieur Mazri,
    Votre analyse me parait parfaitement justifiée.
    L’abêtissement dans lequel nos masses musulmanes et nos « élites » sont plongé doit beaucoup à une lecture de l’islam, comme vous le soulignez justement, infantilisante et fossilisée par un juridisme et une théologie d’ « érudits » de carcan.
    Sans être sectaire, je crois que l’idée du Messie ou du Mahdi, telle qu’elle existe chez les musulmans chiites est d’abord briévement:
    – une explication subtile de l’après prophétie de Mohammed (PS). La fin du cycle de la prophétie n’est pas la fin de l’histoire. Les évènements et les personnages relatés dans le Coran ont un sens en perpétuel mouvement dont le Mahdi est le révélateur ;
    – l’idée de Mahdi dans le chiisme n’est et ne peut être une attente eschatologique déresponsabilisante des musulmans. L' »attente » justifie tous les agissements dans le sens de l’éthique et de la foi coranique pour accomplir les desseins Divin pour l’homme.

    • Omar MAZRI 9 décembre 2013 at 13:44

      Salam, sous-commandant

      Baraka Allah fik

      Je ne connais pas suffisamment bien le Mahdi dans le chiisme, mais je suis d’accord que l’idée ou la croyance en la venue d’un réformateur, de l’émergence d’une foi d’espérance, libératrice et civilisatrice fait partie de notre foi. On voit l’attaque de certains excités contre le Hezbollah et l’Iran qui ont pourtant construit leur force sur la foi et l’espoir et non sur la mythologie et le catastrophisme. Sur l’essentiel on s’est compris. Sur l’essentiel, les musulmans peuvent se fédérer en l’occurrence sur les Desseins divin se rapportant à l’humanité et sur l’islamité.

      Bien à toi

  2. Samir 20 décembre 2013 at 04:33

    Salam Ostad,
    Nous sommes vraiment en décalage avec notre réalité ou nous la vivons dans un monde parallèle. Nous avons perdu la notion du temps et son importance dans le Tamkine. Plus jeune, je voulais comprendre comment nos ancêtres ont perdu l’Andalousie. Je pensais l’avoir compris, mais juste au moment ou nous avons perdu le Soudan du Sud (presque la superficie de la France) j’ai réalisé à quel point les analyses des choyoukhs, concernant la perte de l’Andalousie, étaient médiocres. Pire encore, vivre une scission d’Andalousie version 2011 dans un silence assourdissant mise à part un misérable bayan des Oulamas. Cet absentéisme nous a montré un autre visage en Syrie comme quoi la médiocrité est une pièce de monnaie ou le jeu du pile ou face ne relève pas du hasard. Nous avons cette capacité phénoménale de créer et compliquer les problèmes et les échecs en les voyant des solutions et réussites ! un mode de pensé à formater sans tarder.
    Les dizaines de compagnons sensés ne pas bouger de leurs place même en voyant une bataille gagnée et les mécréants en fuite, ont compris la leçon. Avons-nous compris que dans le cas de brouillard (une faillite, division assurée) il ne faut pas bouger ou faire preuve d’intelligence en allument les phares antibrouillard. Hélas, nous fonçons dans le brouillard (les zones grises, elmotachabih) en criant Allah akbar ! Je crois que c’est AbdAllah ibn Messaoud (R) qui a dit ce jour là après qu’il a écouté les versets coranique d’Ohod: « je ne savait pas qu’il y avait des compagnons qui aimaient el donya » ça veut tout dire sur la préparation du prophète (saw) de ses compagnons.
    Barak Allah fik

  3. Jalil 9 janvier 2014 at 10:54

    Salam Mr Mazri
    Je me contente jamais que de lire les choses mais les comprendre au même temps, ce qui prend moins de temps si on ne fait que lire sans comprendre, et c’est étonnant que votre site, malgré ce qu’il contient, soit si peu fréquenté quand on le compare avec d’autres sites qui au lieu de stimuler la reflexion, ils répètent les choses machinalement … loin de l’eschatologie qui à mon sens reste du domaine informatif non-absolu puisque le destin lui même est subdivisé en destin strict qui dépendra que de la décision divine, et en destin probabiliste qui entend de laisser une empreinte humaine qui dépendra que de son effort comme l’a dit Allah awj dans son livre « et qu’en réalité l’homme n’obtient que le fruit de ses efforts » , les jeux sont déjà faits, est une raison de ne pas agir ? Le prophète que la paix soit sur lui dit en réponse à un de ses compagnons « travaillez ou agissez, chaque chemin vous facilité selon votre destinée » , donc on voit bien que ce hadith et la définition du destin se concordent, le destin est déjà prédit mais faut aussi travailler et agir non pour le modifier mais accomplir l’autre partie qui reste toujours occulte à la perception humaine, j’ai lu récemment l’histoire de Sodome (ville où vivait le prophète lût) en plusieurs version ( judaïque, catholique et islamique), la seule chose qui a retenu mon attention c’était l’explication de Abdallah ibn alabass où il dit que Sodome ne serait pas détruite que si le prophète Lût que la paix soit sur lui et sur notre prophète témoignait quatre fois, et ce témoignage n’est autre que les évenements qui se sont déroulés la veille du châtiment divin, je veux dire par là que Allah awj voulait que les anges fussent eux-même des témoins sur les habitants de cette ville et au même temps leur donner une chance puisque son châtiment dépendait du témoignage du prophète Lût, et par conséquent le cours de l’histoire aurait été différent comme c’était le cas de la ville du prophéte Yûnas (Jonas) … c’est pas pour l’islam que je m’inquiète, l’islam porte en lui même ses propres valeurs intrinsèques, c’est l’islam qui valorise l’homme et non l’inverse, la décadence de cette communauté (dans la majorité des cas) et le nombre des convertis chaque année et chaque mois ne font qu’affirmer ses valeurs, entre ceux qui appellent aux meurtres de leurs frères et ceux se prennent au dessus de tout être et ceux qui ont perdus tout sens de raisonnement dans la gestion conflictuelle, je ne peux que dire que cela n’est que le fruit de l’ignorance du sens du destin … la science décrit la création de l’univers comme la succession de deux phases distinctives, la première l’appelle Ère de Planck, pendant cette phase qui n’a durée que 10 (puissance)-43 seconde l’univers physiquement n’existait pas, si je puis dire il n’était que sous forme d’équations, cette phase est aussitôt succédée par une phase où l’univers prend physiquement une forme ( la formation des particules élémentaires ou parti les subatomiques) et sa conception actuelle n’est autre que des équations physiques auxquelles la matière a obéi … cette description scientifique me renvoie automatiquement vers des versets coraniques sanspour autant les affirmer, sourate par-Room verset 56, et sourate elQamar V 49-50 qui affirment explicitement à mon sens le destin que l’univers devait prendre avant sa concrétisation physique, qui sera détaillée par la suite dans d’autres versets où Allah awj nous explique comment il a créé cet univers, sourates Fussilat V9-12, ces versets nous incitent non seulement à réfléchir à la création de l’univers mais aussi de prendre conscience de l’importance du destin qui n’est qu’une combinaison entre l’absolu et la probabilité qui incite l’homme à toujours prévoir et à organiser et à apprendre au même temps de ses erreurs qui contribueront par la suite à améliorer son quotidien …. le Mehdi n’est qu’un facteur je dirais de l’ordre psychologique pour non seulement faire régner la justice mais aussi rétablir ce lien que cette communauté a perdu avec son destin.

    • Omar MAZRI 9 janvier 2014 at 22:49

      Salam, Jalil,

      Baraka Allahou fik pour ton commentaire fort instructif. je partage ta vision sur le destin et le libre arbitre. Je suis entrain de travailler sur la notion de liberté et j’avoue avoir trouvé des réponses philosophiques et psychologiques dans le Coran qui ne sont pas évidentes à premier abord. Il faut avoir le niveau de Prophète et l’éternité pour comprendre les subtilités du Coran. Ce que j’ai compris est déjà indicible et je ne parviens pas à trouver les mots et les phrases pour les images mentales.

      Mon site me ressemble : il y a un peu d’intelligence, de sensibilité et de sincérité, mais très peu de reconnaissance. Ma vie professionnelle et intellectuelle était riche, mais elle est noyée dans la solitude et l’indifférence. Ma vie sociale est celle du dénuement. C’est une part de mon destin, mais aussi un choix dans mes prises de positions anciennes et nouvelles qui me mettent hors système.Le système actuel, politique ou religieux, dans l’officiel ou dans l’opposition, en Algérie ou en France, est fondé sur la rente partagée entre les copains et l’asservissement des auxiliaires de services et des préposés aux applaudissements. C’est une chance, une épreuve, un destin, une lucidité, un miracle que de vivre toutes ces années hors du système sans rien demander ni rien attendre. L’incroyable c’est que c’est ainsi comme si c’était un pur hasard alors qu’il y a un enchaînement logique qui aurait laissé un homme dans le désarroi s’il n’avait pas eu la foi qui explique et qui éclaire la raison défaillente : {Rabana ma khalqta hadha batila}.

      Al Hamdoullilah, il y a des êtres comme toi qui viennent me rappeler que j’ai encore des valeurs et des idées à partager. Cela maintient le désir de chercher à être utile et à parler vrai dans les limites de ses compétences.

      Pour le Mahdi comme pour le Messie, effectivement il y a des projections psychologiques et des aspirations spirituelles et temporelles à travers leur symbolique ou leur venue réelle ou imaginaire. Je n’ai pas autorité ni savoir pour confirmer ou infirmer l’authenticité des Hadiths sur ce sujet. Mais psychologiquement et intellectuellement j’ai du mal à envisager le comportement de notre communauté et de nos savants dans la perspective du Mahdi et/ou du Messie d’autant plus que cette communauté dispose déjà de l’ultime Prophète, miséricorde universelle, et du Coran, Parole divine. Je crois à l’Omniscience et l’Omnipotence d’Allah (swt), mais j’ai du mal à intégrer dans mon système mental et spirituel l’attente du « mieux » ou de « l’ultime » alors que nous n’avons pas épuisé l’excellence qu’Allah nous a octroyé.

      Bien à toi

      Omar Mazri

      • jalil 11 janvier 2014 at 15:28

        Salam

        Vivement que vous terminiez et diffusiez votre article … portez vous bien mon frère.

  4. Abdellatif 24 janvier 2014 at 11:15

    Salam alaykoum akhy Mazri,

    Nassi7a Urgente ! Un conseil pour votre salut : Renseignez-vous sur le Chiisme avant de parler !!

    Car vous avez, nous avons une responsabilité énorme sur nos paroles, surtout quand on est un homme public comme vous.

    • jalil 26 janvier 2014 at 06:08

      Salam Abdellatif

      le sujet le plus redondant de l’histoire humaine, ne sera jamais enterré que par ses inventeurs, enfin s’ils le souhaitent vraiment !! Veux-tu vraiment savoir qu’a dit Allah awj dans son livre « ceux qui émiettent leur religion et se divisent en sectes, de ceux-là tu n’est responsable en rien, leur sort ne dépend que d’Allah, puis il les informeras de ce qu’ils faisaient » S6V159 … veux-tu savoir le plus gros malheur dans lequel est tombé cette communauté qui est sensée d’être soudée, soudée ni par l’argent ni par le sol ni par un drapeau, soudée par de simples Valeurs Humaines, Justice, Entraide, Sacrifice, Partage, soudée au dépens de la jalousie, du pouvoir, du profit, du territoire et de la fumisterie, Allah awj dit dans son livre « …et la discorde est plus grave que le meurtre … » S2V191, le sunnisme n’est autre que le chiisme, une secte rien de plus comme l’est le salafisme, le wahabisme, qui ont, en croyant donner une image digne à l’islam, salis l’islam par davantage de discorde et de meurtre, vous vous trompez si vous croyant être les garants de l’islam, lisez S15V09 … VOUS VOULEZ VOUS ENTRETUER POUR QU’IL Y AIT DISCORDE ET QUE LA RELIGION SOIT ENTIÈREMENT À AUTRE QU’ALLAH AWJ … il y a l’islam et il y a le fait de s’en démarquer quoique ce soit l’opinion ou l’intention ….. insulter un sahabi du prophète que la paix soit sur lui n’est pas plus grave que d’avoir du sang muslim sur les mains … toi mon frère le sunnite, tu n’est sunnite que par ta naissance, tu aurais pu être chiite ou autre qu’un musulman, en effet Dieu merci que tu sois musulman MAIS c’est plus compliqué que tu le penses car le plus dur c’est de rester musulman …. notre prophète que la paix soit sur lui a appelé notre temps « le temps de la discorde ou l’eau trouble » , et le seul remède de ceci est de mettre les différends de côté …. Mr Mazri serait responsable ?! même pas qu’il l’était pas le prophète que la paix soit sur lui …. salam

  5. jalil 26 janvier 2014 at 06:58

    Rectif

    Pas plus qu’il était le prophète que la paix soit sur lui … salam

  6. Iskandaar 1 août 2014 at 23:44

    Je lis :

    « L’être humain a tendance, par paresse intellectuelle et par débordement imaginatif, de préférer se raconter des histoires qui répondent aux « mystères » de son existence que de chercher à comprendre. La fabulation et la mythologie ont joué un grand rôle dans l’histoire humaine. Ce sont des systèmes de représentation erronée de la réalité et de l’histoire qui sont en général fondés sur des supposés imaginaires, des préjugés, des fausses connaissances et la crédulité des gens sans éducation et sans désir sur la connaissance de la genèse des phénomènes selon le principe de causalité. La fabulation ou la superstition consiste à adopter un modèle imaginaire de représentation à la suite d’un phénomène difficile à comprendre puis à le reproduire dans la mentalité collective comme vrai. »

    L’approche que vous développez est celle des matérialistes, qui je vous le rappelle, ont la même vision de l’Islam, à savoir celle d’une « fable », d’une mythologie. Or ce que vous appelez mythologie était la religion des ancêtres de l’humanité, et la Civilisation dépend de la religion des anciens, chose que les modernes sont incapables de comprendre, car derrière ce qu’ils perçoivent comme mythologique, ils ne comprennent pas le niveau de perception de ces anciens peuples et leur rapport à la transcendance et à Al Haqq. La sourate Al Kahf qui est qualifiée justement d’eschatologique évoque cette question notamment à travers l’histoire de Dhul Qarnain, il n’est donc rien d’étonnant à ce que la notion de « mythologie » reviennent dans votre propos au sujet de l’eschatologie, ces deux choses sont effectivement liées. Ce qui a permis à ces peuples d’accomplir des prodiges était réel, il y’avait donc autre chose derrière ce qui vous apparaît comme la mythologisation des événements, une grande force, tout comme derrière la réalité de dhul qarnain qui fut mythologisée, il y’eut un très grand serviteur d’ar Rabbi Al ameen et une grande ibadat.

    Réduire ces événements au mythe relève de l’incompréhension du moderne, qui ramène l’histoire civilisationnelle à sa propre expérience limitée dans la modernité.

    La civilisation a été permise par ce que vous appelez des « mythes », il convient donc pour vous et vos semblables de réfléchir à ce qu’est réellement le « Mythe » au delà de la dialectique matérialiste, et en quoi consiste sa haqiqa (réalité essentielle) au delà des terminologies. Si vous acceptez que le mythe est à la source de la civilisation (et non la philosophie vous faites de l’anachronisme…), vous pourrez comprendre pourquoi la même réalité « mythique » que vous avez devinée derrière l’eschatologie sera également à la source du renouveau civilisationnel islamique, c’est là qu’il devient question de la fonction du Mahdi et son « Manzil » (ou demeure archétypale)… Le sujet est vaste je ne fais ici que vous donner des pistes…

    wa Salam

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