Islam  : Libération des opprimés

Inauguration du bain de sang en Egypte

Inauguration du bain de sang en Egypte
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Comme prévu le sang commence à couler avec effusion. Comme sortie de crise les putschistes n’ont pas d’autre alternative que massacrer les populations civiles.   Les Frères musulmans annoncent plus de 2000 morts et plus de 10000 blessés vers midi de ce mercredi. Parmi les morts et les blessés on retrouve des cadres de la confrérie et des membres de leur famille. L’union sacrée du sacrifice transcendant les classes sociales va affronter l’union des affairistes et des rentiers de l’ancien régime.  Symboliquement, les choses ne marchent pas au gré des putschistes qui semblent éprouver beaucoup de difficultés confortant l’idée du refus du coup d’Etat et de ses conséquences par un grand nombre d’officiers égyptiens.

meurtre-barbare

Une fois les centaines, les milliers, les dizaines de milliers de tués, de blessés, de disparus comptabilisés puis  incrustés dans la mémoire collective arabe quelle serait l’issue pour ceux qui ont ordonné, exécuté et approuvé les massacres après avoir renié et  trahi un processus électoral ?

Il sera difficile de cacher le nombre de morts et les circonstances de leur décès comme il sera difficile de s’inventer des prétextes politiques ou sécuritaires crédibles… Il sera difficile de supporter la vue des corps calcinés et mutilés :

Les organisateurs des manifestations et des sit-in contre le coup d’Etat ont sans doute pris au sérieux les menaces de l’appareil répressif,  les appels au meurtre des éradicateurs et l’hypocrisie des capitales occidentales. Ils ont sans doute élaboré des scénarios de gestion de crise  qui leur permettent de conduire les assassins vers l’impasse et de répondre de leur meurtre. Les organisateurs savent qu’ils livrent une résistance qui exigent durée et imagination face à un appareil répressif impitoyable qui ne recule devant rien. Logiquement nous devons assister à l’élargissement et à la multiplication des lieux de rassemblement.  Nous l’espérons. Sinon la guerre civile va s’installer jusqu’à l’éradication d’un camp pour ne pas dire l’anéantissement totale de l’Egypte au grand plaisir d’Israël qui a détruit le monde arabe en deux ans sans tirer une seule balle !!!

Si les partisans de la légalité se sont préparés à l’affrontement pacifique des forces de répression alors la question tragique et inévitable serait celle de l’endurance et de l’enthousiasme des populations à se sacrifier ainsi que celle des soldats et des policiers à supporter de voir le sang versé, les os broyés et les cervelles giclées sans écœurement. La résistance mentale est parfois plus décisive que le rapport des forces. L’armée et les services de répression du Shah d’Iran ont cédé après avoir atteint les limites de leur humanité :  5000 victimes civiles désarmées fauchées par les chenilles des chars et par les balles des mitrailleuses.

Les Frères musulmans ont fait la faute monumentale de composer avec l’armée de Moubarak et de stopper la révolution, il se trouve aujourd’hui dans  le défi d’achever le travail s’ils ne veulent pas disparaître de la scène politique et sociale. Les partisans de la démocratie sont eux aussi dans la même équation : relancer le processus démocratique en s’opposant au coup d’Etat et en redéfinissant les dénominateurs communs avec les principaux acteurs islamiques ou disparaître eux et leurs rêves de justice sociale, de progrès social.  L’Egypte tenu par les militaires sera une colonie d’Israël,  une base coloniale de l’Empire américain,    un comptoir commercial de l’oligarchie financière… une terre maudite par le sang versé en toute impunité. Sissi joue son avenir politique, sa vie et son désir de devenir le Hamana incontesté de l’Egypte, il sera impitoyable pour servir ses amlbitions et ceux de ses maîtres.

CHAREn attendant, il sera difficile à l’armée égyptienne de mater une insurrection dans un pays de 85 millions d’habitants. Il sera difficile à une armée de conduire avec succès une opération de police d’autant plus qu’elle a montré ses limites lors de la révolution contre Moubarak. Les opposants au coup d’Etat montre des chars en difficulté devant la population ainsi que la prise d’assaut de bâtiments gouvernementaux dans les provinces.

L’armée égyptienne a su reconquérir un prestige au détriment de la police qui porte le chapeau des exactions de l’ère Moubarak. L’armée ne peut se passer de la police dans la répression des manifestants ni de ses anciennes méthodes. Les stigmates  de l’ancien régime risquent de faire mal de nouveau et pousser la rue égyptienne à s’allier aux opprimés et aux réprimés.

Il sera difficile aux anti Morsi de continuer à se cacher derrière la mauvaise gouvernance des Frères musulmans ou derrière l’étiquette de terroristes.

Il sera difficile aux Salafistes de continuer à vivre paisiblement servant leurs intérêts sectaires et les intérêts de l’Arabie saoudite alors que leur pays est mis à feu et à sang à cause de leur incurie politique et religieuse. Al Azhar et les Salafistes vont fatalement épuiser leurs syllogismes fallacieux et se trouver sans arguments devant  leurs détracteurs qui ne manqueront pas de les interroger sur la position du Prophète (saws) sur l’effusion du sang des innocents et sur la destitution d’un gouvernant légitime.

Nous allons sans doute assister dans les heures et les jours qui suivent à des divisions qui vont repositionner politiquement les curseurs de l’opposition ou de l’alliance aux putschistes et aux légalistes transcendant le positionnement idéologique des uns et des autres. La crise ne peut être surmontée et résolue que par des changements de postures. Il faut espérer une dynamique accélérée, juste et efficace qui mette fin à l’effusion de sang et qui ouvre une nouvelle voie dans le cadre d’une recomposition politique.

Sur le plan international, les observateurs notent l’ouverture du dialogue entre les Iraniens et les Frères musulmans et le Hezbollah et le HAMAS ce qui laisse supposer que les Frères musulmans restent une force crédible et perfectible qui a toujours la possibilité d’exercer un rôle en Egypte et dans le monde arabe. En organisant, hier, des manifestations hors de leur carré, les partisans de la légalité ont sans doute pris l’initiative pour ne pas rester otage et ont poussé les autorités militaires et civiles  paralysées par les divergences en leur sein sur le recours de la violence à  se décanter et à choisir définitivement leur camp.

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1 Commentaire

  1. sofyan 17 août 2013 at 19:40

    salem alykoum omar, merci encore pour la patience et le travail que vous nous fournissez toujours un plaisir de vous lire….. et plus je vous lis plus j’ai de l’amour pour abdullah azzam, abou qatada el falestine , oussama ben laden , ont t’ils eté frappez du seau de la verité ? avez vous entendu parler du « livre d’empher » cet espion britannique qui a infiltrer la peninsule arabique et ainsi peverti un certain mohamed abdelwahab pour detruire de l’interieur le khilafa ottoman ? ce livre est t’il authentique ? ou alors les savants comptenporains mentent sur abdel wahab comme ils ont mentis sur le prophete sws , sur l’imam hamed , ibn tamiya serait t’il possible de nous raconter l ‘histoire du 16 17 et 18 eme musulman ? paix, qu’allah swt vous protege …

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