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Tahar Gaïd : Contribution de l’Islam à la renaissance de la pensée européenne |
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Il n’est pas possible de tenir en quatre pages la contribution de l’Islam à la renaissance de la pensée européenne. C’est pourquoi, cet exposé n’est qu’un résumé de quelques lignes. Son intérêt consiste pourtant à offrir au lecteur des points de repères suffisamment détaillés pour qu’il se forge une idée sur cette question. Il n’y a aucun doute que le patrimoine civilisationnel humain se réalise ainsi : donner et recevoir. Il n‘y a pas de nation à l’antique civilisation qui n’a pas offert son savoir à cet héritage universel et n’a pas puisé à son tour. Il est qu’inconcevable qu’un Etat, parmi d’autres, se constitue en prenant son élan à partir du néant. Il est indéniable que la pensée ne reconnaît pas les frontières artificielles tracées entre les peuples. Bien au contraire, elle franchit les obstacles et s’impose d’elle-même en dépit des entraves qui jalonnent son expansion naturelle. |
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Edward Said : Réflexions sur l’exil |
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« J’ai défendu l’idée que l’exil peut engendrer de la rancœur et du regret, mais aussi affûter le regard sur le monde. Ce qui a été laissé derrière soi peut inspirer de la mélancolie, mais aussi une nouvelle approche. Puisque, presque par définition, exil et mémoire sont des notions conjointes. C’est ce dont on se souvient et lu manière dont on s’en souvient qui déterminent le regard porté sur le futur » écrit Edward W. Said. Dans cet ouvrage rassemblant des essais publiés de 1967 à 1998, le grand intellectuel américain d’origine palestinienne, professeur de littérature comparée à Columbia University, grand penseur et précurseur des questions postcoloniales, unit ici érudition et expérience pour mieux poser les questions essentielles au monde de demain. |
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Edward W. Said : Des intellectuels et du Pouvoir |
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« L’ennui avec les abstractions et les orthodoxies, c’est qu’elles deviennent des maîtresses qu’il faut constamment apaiser et flatter. La morale et les principes d’un intellectuel ne doivent en aucune façon devenir une sorte de boîte de vitesses hermétiquement closes, conduisant la pensée et l’action dans une seule direction. L’intellectuel doit voir du paysage et disposer de l’espace nécessaire pour tenir tête à l’autorité, car l’aveugle servilité à l’égard du pouvoir reste dans notre monde la pire des menaces pour une vie intellectuelle active, et morale. » |
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Edward W. Said : Albert Camus, ou l’inconscient colonial |
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 Décédé en septembre 2003, Edward W. Said était professeur de littérature comparée à l’université Columbia (Etats-Unis), auteur notamment de Culture et impérialisme, Fayard-Le Monde diplomatique, Paris, 2000
Le Monde diplomatique publie - avec Fayard - Culture et impérialisme, d’Edward W. Said. Dans ce livre, également inédit en français, le grand intellectuel américano-palestinien démontre comment l’œuvre majeure de grands écrivains occidentaux n’échappe pasà la mentalité coloniale de leur temps. Exemple : Albert Camus.
Albert Camus est le seul auteur de l’Algérie française qui peut, avec quelque justification, être considéré comme d’envergure mondiale. Comme Jane Austen (1) un siècle plus tôt, c’est un romancier dont les œuvres ont laissé échapper les réalités impériales qui s’offraient si clairement à son attention. (...)
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Pierre Bourdieu : L'intellectuel négatif. |
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Ce texte, écrit en janvier 1998, est resté inédit. Publié in Contre-Feux, Liber-Raisons d'Agir, 1998, pp.105-107
Tous ceux qui ont été là, jour après jour, pendant des années, pour recevoir les réfugiés algériens, les écouter, les aider à rédiger des curriculum vitæ et à faire des démarches dans les ministères, les accompagner dans les tribunaux, écrire des lettres aux instances administratives, aller en délégation auprès des autorités responsables, solliciter des visas, des autorisations, des permis de séjour, qui se sont mobilisés, dès juin 1993, dès les premiers assassinats, non seulement pour apporter secours et protection autant que c'était possible,
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Où sont les intellectuels ? |
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Pour penser le monde, nous avons besoin des intellectuels
Une des vertus de l'action politique devrait être de pouvoir s'affranchir de la pression médiatique. C'est-à-dire se servir des média plutôt que d'en être l'outil. La politique a besoin de temps et elle s'accommode mal des états d'urgences. Les intellectuels aussi. Les livres écrits en deux jours sont rarement bons et la méditation c'est d'abord un voyage hors du temps Or de nos jours, le lien est rompu qui jadis voyait l'action politique faire son chemin avec soutenu par des compagnons de route. Toute réflexion politique est un problème intellectuel en tant qu'il mobilise le savoir et une capacité de réflexion pour parvenir à " penser ".
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La surévaluation des phénomènes idéologiques conduit, en général, à surévaluer l'importance du rôle des intellectuels. |
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Sami Naïr, en 1983, reprend la thèse gramscienne de "l'intellectuel organique" : "Pour que la classe dominante puisse réellement fournir cohérence et efficacité à ces stratégies, elle doit disposer d'intellectuels organiques qui produisent son savoir et luttent pour l'imposer. Ainsi en a-t-il été pour l'Eglise (et ses prêtres savants), pour la bourgeoisie (et ses idéologues), ainsi en sera-t-il pour le prolétariat s'il veut dominer la société". Changer le monde, c'est imposer sa vision du monde.
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Maria Inácia D’Avila : La participation ambiguë |
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Les programmes de recherche participative pour le développement, érigés en fondement moral par leurs instigateurs, tendent à rechercher la pureté originelle des communautés locales, garante d’une tradition inviolée et forcément dominée. Or cette vision globalisante masque les contradictions et les enjeux liés aux rapports de force, facteurs de nouveaux équilibres et arrangements. Les méthodes employées par les experts en sciences sociales et humaines à l’égard des communautés cibles des actions de développement font de la participation leur pierre de touche, voire leur fondement moral et éthique. Participation, développement communautaire, culture populaire et partage du processus décisionnel forment un ensemble intouchable dans les programmes des organismes internationaux et des ONG ou pour quiconque souhaitant faire une recherche avec les communautés dites défavorisées, opprimées ou dominées. |
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Attilio Monasta : L’« intellectuel organique » selon Gramsci |
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Au coeur du message de Gramsci, il y a cette idée que l'organisation de la culture est «organiquement» liée au pouvoir dominant. Ce qui définit les intellectuels, ce n'est pas tant le travail qu'ils font que le rôle qu'ils jouent au sein de la société; cette fonction est toujours, plus ou moins consciemment, une fonction de «direction» technique et politique exercée par un groupe — soit le groupe dominant, soit un autre qui tend vers une position dominante.
«Tout groupe social, qui naît sur le terrain originaire d'une fonction essentielle dans le monde de la production économique, se crée, en même temps, de façon organique, une ou plusieurs couches d'intellectuels qui lui apportent homogénéité et conscience de sa propre fonction, non seulement dans le domaine économique, mais également dans le domaine social et politique» (13).
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Jean-Yves Frétigné : Les intellectuels italiens et la politisation de leur peuple (de l’Unité aux années 1930) |
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Jean-Yves Frétigné Agrégé d’histoire, docteur en histoire de l’IEP de Paris et ancien membre de l’École française de Rome, Jean-Yves Frétigné a publié la Biographie intellectuelle d’un protagoniste de l’Italie libérale : Napoleone Colajanni (1847-1921). Essai sur la culture politique d’un sociologue et député sicilien à l’âge du positivisme (Rome, École française de Rome, 2002). Il publiera prochainement « La réception et l’influence de Gramsci chez les intellectuels français de 1945 à nos jours » dans La Rassegna storica del Risorgimento (à paraître en 2003).
RESUME — Dans l’Italie du dernier tiers du 19e siècle aux années 1930, nombre d’intellectuels de renom élaborent des conceptions hostiles à l’idée de la politisation du peuple. Le peuple italien, qu’il soit appréhendé comme majorité inorganisée, comme foule potentiellement dangereuse ou comme masse à mobiliser doit être étroitement soumis à la classe politique minoritaire, aux élites culturelles, à un leader. Cette lecture est à ce point influente que les intellectuels socialistes et communistes, favorables à la politisation du peuple, doivent affronter ces doctrines élitistes pour mieux s’efforcer de les dépasser. |
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Sheikh Muhammad Al-Ghazâlî : bataille du sens |
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 À notre époque, les ennemis de l’islam ont multiplié leurs activités. Ils augmentent les obstacles qu’ils érigent sur le chemin de ceux qui appellent à l’islam. Ils ont pu utiliser leurs développements pour empêcher l’islam de se répandre dans de nombreux pays. En outre, ils employèrent leur richesse et puissance pour égarer les masses musulmanes en Afrique, Asie et Europe. C’est pourquoi il n’est pas suffisant de fonder des organisations prêchant l’islam. Elles doivent nécessairement être appuyées par divers services sociaux, éducationnels, culturels et liés à la santé. Appeler à Allah ne peut être l’affaire d’un seul homme. Le Dâ`i (appeleur à Allah) à notre époque doit avoir une connaissance des sciences humaines. En plus de la connaissance du Coran, de la Sunnah, du Fiqh et de la civilisation islamique, il (ou elle) doit apprendre l’Histoire du monde, les sciences naturelles, la biologie, ainsi que toutes les branches contemporaines de savoir liées à la pensée et la philosophie. |
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Malek Bennabi : La lutte idéologique |
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 Avant propos : L'auteur autochtone et l'auteur progressiste dans la lutte idéologique contre le colonialisme Il est des thèmes qu’il n’est vraiment pas utile d’aborder si les arguments présentés ne découlent pas d’une expérience personnelle. Une expérience qui permet de les éclairer de l’intérieur.
La lutte idéologique dans les pays colonisés compte parmi ces questions.
[…]
Dans les pays colonisés où, trop souvent, on ignore ce combat bien qu’il se déroule à l’intérieur de nos frontières et qu’ensuite ils en constituent, eux-mêmes l’enjeu
Il y a d’une part cet aspect. De l’autre, nous relevons comment, à l’extérieur, l’auteur progressiste ignore de son côté cette lutte : nous constatons, à titre d’exemple, comment en participant au combat contre le colonialisme aux côtés des colonisés, son action se limite exclusivement au seul domaine politique. |
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