Islam  : Libération des opprimés

L’université et le village des Hafyanine aryanine

L’université et le village des Hafyanine aryanine
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J’avais été le pionnier dans le monde arabe  en termes de réflexion sur le principe coopératif. Tout ce qu’avais fait en la matière a été emporté par les débris du Wahn. Plus tard j’ai eu la chance de connaitre Michel Autier un mathématicien et philosophe français qui avait mis en place un concept innovant : les arbres de la connaissance. C’était une approche sémantique sur la recherche de termes à travers l’Internet. Il avait une société qui avait produit des logiciels. J’avais échangé avec lui des correspondances avant qu’il ne quitte la France pour les États-Unis. J’ai tenté de mettre en place le principe des arbres de la connaissance qui consiste à construire un savoir à partir des savoirs individuels et collectifs dans une démarche coopérative et associative. Ce principe ne visait pas le diplôme, mais la compétence c’est à dire la reconnaissance sociale des savoirs et des savoirs académiques et non académiques que chacun des « ratés » et des « exclus » portent avec lui sans en prendre connaissance car le regard qui donne légitimité et promotion sociale fait défaut. J’avais tenté d’innover en conjuguant la méthodologie canadienne du « portfolio pédagogique » avec ce principe de mobilisation des compétences humaines à travers un arbre des connaissances où se tisse des liens individuels et collectifs dans l’acquisition, le transfert et la mise en application des connaissance individuelles et collectives.

J’avoue mon échec, car les milieux de la formation sont des milieux qui vivent sur la misère sociale et croient faire de la formation en transposant l’école dans le centre de formation alors que l’école en tant que lieu, que programme, que pédagogie, que didactique, que contenu a été la raison de leur échec.   Einstein avait raison de dire qu’il est facile de casser un atome que de casser un préjugé. Les plus grands préjugés sont ceux qu’on acquiert avec de grands diplômes et de grandes situations qui deviennent des rentes puis des obstacles à l’innovation.  Un illuminé qui regarde le doigt au lieu de voir la lune désignée par le doigt m’a fait remarquer qu’Einstein était Juif sioniste.

En cherchant de l’inspiration pour trouver ce qui n’a pas marché dans mon projet d’impulser une nouvelle dynamique pour les coopératives je suis tombé sur des centaines d’initiatives. Ces initiatives conjuguent  l’amour, le travail bien fait, le peu de moyen et la culture populaire. Nous les Musulmans nous avons tout pour faire mieux et davantage, mais il nous manque l’essentiel : la motivation. Il ne peut y avoir motivation si le Croyant ou l’homme ne connait pas quelle est sa vocation dans ce monde.

Voici une expérience qui m’a émue et que je tien à partager avec vous tout particulièrement dans ces moments de confusion et de khalota où le Halim devient hayrane. Cette expérience me rappelle celle de l’université populaire de Constantine dans le milieu des années 60 avant le coup d’État de Boumedienne. si l’UP formait à la dialectique et au centralisme démocratique les Indien, les Bengalis et les Africains redonnent de l’initiative aux va-nu-pieds pour les faire accéder à l’adamité.  Les Islamistes, quand à eux, au nom de la gouvernance sensée qu’ils promettent, ils nous montrent l’art de décapiter bani Adam et de conduire des coups d’État contre le gré des peuples.

Avant de vous laisser  voir et à méditer ô doués de cœur je vous raconte une anecdote : depuis le début de ma carrière (début 70) j’ai été frappé par la manie de créer des organigrammes et des organes sans contenu, sans mission, sans besoin. Avec l’âge et en voyant comment ce travail factice générait de la convoitise, de la délation, des ambitions démesurées, j’ai compris un des mystère  du diktat des médiocres sur les intelligents : la ruse qui ferre la cupidité. Ceci continue de fonctionner y compris au sein des universités algériennes où on jette en pâture quelques organigramme, quelques postes aux médiocres enseignants qui se livrent à une bataille de chiffonnier pour quitter l’enseignement exercées comme une corvée et occuper des postes administratifs dont ils ne sont pas préparés à exercer. Personne ne pense à la pédagogie, à la qualité de l’enseignement, à une politique de recherche développement, aux conditions de vie et de travail des étudiants, à la relation entre l’université et le monde du travail.

O doués de cœur écoutez et observez la noblesse du monde

 

PS : pendant que les partisans de Gandhi prennent des initiatives louables réalisant des villages réalistes qui font sortir les exclus de la misère notre frère Cheikh Imran Hossein propose un village musulman. Ce village où les moyens modernes seront exclus et où la seule monnaie sera le dinar islamique  en or et en en argent a pour vocation de préparer un lieu sûr pour les musulmans puissent continuer à vivre en paix leur foi  hors du monde et hors de la tentation du Dejjal. Ce serait un moyen aussi de fuir l’apocalypse qui va frapper les côtes. J’ai lu un peu de Coran et un peu de Hadith et je ne parviens pas à trouver d’où nos Chouyoukhs tirent leurs arguments et leurs idées qui les mettent et nous mettent dans des conditions absurdes dans la conception et la réalisation de leurs idées. Qaradhawi l’autre grand illuminé est dans la béatitude : il ne propose rien comme solution saut deux voies suicidaires : la communauté musulmane se porte bien et Bachar Al Assad doit être assassiné.  L’Algérie renoue avec le FLN triomphant,  arrogant et dominant sur un peuple absent.

Je ne pense pas que cette expérience puisse concerner les Algériens qui vivent de la rente selon le principe « Yakoul al ghalla wa iyssabb al malla ». Il apportera une réponse à tous les utopistes  qui ne parviennent  pas à comprendre pourquoi ils ne parviennent pas à réaliser leur utopie, pourquoi c’est halal pour les kouffars et haram pour les mouslimines. Un milieu et un territoire doivent offrir non seulement les conditions objectives et subjectives pour réaliser un rêve, mais ils doivent en offrir les possiblités…

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3 Commentaires

  1. Karim 31 janvier 2013 at 21:27

    Essalamou Âlaïka,

    Votre billet commence par « J’avais été le pionnier », autant nous dire « j’attend des compliments et des applaudissements ». Vous me rappelez le pain que la majorité des algériens mâchent « Untel est docteur en chimie, untel est docteur en khorti »

    La modestie est en voie disparition…

    • Omar MAZRI 1 juin 2013 at 14:31

      Salam,

      Je vous remercie pour votre contribution. Docteur en walou je ne fais qu’exprimer le regret d’une expérience qui n’a pas abouti. Au moment où certains cadres algériens cherchaient à profiter de « l’ouverture démocratique » pour devenir les pionniers de l’économie du marché en détruisant ce qui restait du secteur public ou à s’emparer du pouvoir en sapant l’Etat moribond je me suis engagé pour l’économie coopérative. Un quart de siècle plus tard je garde encore la nostalgie de ce qui aurait pu être accompli… Sinon vous avez raison le véritable pionnier est le peuple algérien qui a inventé ses moyens de résistance et de subsistance contre l’occupant et contre les illégitimes.

  2. Mohand Tahar 26 avril 2014 at 23:48

    Mr Mazri bonsoir .

    Je vous remercie de m’avoir offert l’occasion de découvrir cette fabuleuse expérience de ce remarquable gentleman en tous points de vue qu’est Mr Bunker Roy !

    Cette riche et édifiante expérience partie de rien sinon de la motivation chevillée au corps, m’a fortement impressionné ! Elle m’a conforté également dans mon constat établi, bien des années auparavant, sur l’immense gâchis du potentiel réel et disponible de l’existence d’une force de travail en souffrance et d’une volonté de créer considérable chez tous nos laissés pour compte .

    Le vertige me saisit à chaque récit affligeant colporté par tous ceux qui me narrent la situation calamiteuse dans laquelle patauge notre peuple au bord de l’effondrement ! Et, comme je vous l’avais rapporté lors de notre dernière rencontre, je crains très fortement que tout cela n’est que le commencement d’une catastrophe programmée à l’échelle nationale et que la malheureuse population est loin d’imaginer quant à son ampleur et qui va s’inscrire durablement dans le temps.

    Je ne manquerai pas de faire tourner, autant faire se peut, cette vidéo exemplaire qui, je l’espère, fera office de prise de conscience salutaire chez bien des pessimistes et autres fatalistes que le Système des barons-pillards a abandonné, brisé et précipité dans le renoncement, la médiocrité affligeante et l’individualisme le plus féroce.

    A bientôt . Amitiés.

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