Islam  : Libération des opprimés

Observer la Syrie et se rappeler le Nicaragua

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Le parallèle entre les évènements de Syrie actuels et la tragédie du Nicaragua au début des années 1980 se trouve être de plus en plus d’actualité. L’ASL est l’équivalent des Contras, escadrons de la mort formés, financés et armés par la CIA, encadrés par la CIA, les forces spéciales américaines et les anciens cadres de la garde nationale déchue du dictateur Somoza, soutenu par les Etats-Unis.

 Nous savons aujourd’hui que les Contras nicaraguéens ont été financés par l’argent du traffic de drogue et de ventes d’armes illicites, le tout géré par l’armée de l’empire. Pour savoir qui finance l’ASL et les Contras syriens, il suffit de suivre la piste du fric, comme d’habitude. L’argent vient des pays du Golfe (Arabie Saoudite, Qatar) et plus que probablement du traffic de la drogue afghane, géré par le Pentagone et acheminée au Kosovo (Camp Bonsteele, plus grosse base américaine sur le sol européen) par avions militaires.
L’avenir proche nous en dira bien plus…

– Résistance 71 –

Le 18 Juillet, une grosse bombe a tué ou grièvement blessé plusieurs top officiels de la sécurité syrienne. Alors que l’ “Armée Syrienne Libre “ (ASL) a revendiqué l’attentat, cette attaque à la bombe hautement sophistiquée du 18 Juillet à Damas ne porte pas les stigmates d’une organisation fraîchement émoulue d’un groupe paramilitaire, mais plutôt les marques de fabrique de la CIA voire du Mossad. L’attentat a été accueilli par Leon Panetta, patron de la CIA, comme démontrant “une véritable dynamique” pour l’opposition syrienne soutenue par l’occident. Le New York Times du 19 Juillet, dans un article de couverture, louait la technique des faiseurs de bombe de l’opposition syrienne. La Maison Blanche et le ministère des affaires étrangères quant à eux, ne masquèrent qu’à peine leur contentement et leur approbation.
Il serait absolument impossible d’imaginer des sentiments similaires émanant de Washington et des faiseurs de politique de New York, épaulés par leurs médias corporatifs propagandistes, à l’égard d’un véritable mouvement progressiste ou révolutionnaire. Le 19 Juillet a aussi marqué le 33ème anniversaire du triomphe d’une de ces révolutions, menée par le Front de Libération Nationale Sandiniste du Nicaragua (FLNSN). Il n’y a eu aucune félicitation pour le FLNSN venant du congrès ou des médias capitalistes. Le gouvernement de Jimmy Carter s’était engagée dans un gros effort afin de prévenir que le FLNSN ne prenne le pouvoir contre le régime brutal et corrompu d’Anastasio Somoza qui dirigeait le pays d’une main de fer depuis plus de quarante ans. Ce ne furent que l’esprit combattant, l’organisation et le sacrifice des sandinistes qui mirent fin à la dictature de Somoza.
Les résultats héroïques des combattants sandinistes contre la garde nationale de Somoza, créée par les Etats-Unis, ne furent jamais loués par les médias d’ici. Aucun article célébrant la qualité des techniques combattantes des jeunes militants du FLNSN, développée à un tel point, qu’ils furent capables, en ne recevant qu’une aide extérieure minimale, de vaincre une garde nationale armée et préparée de bien meilleure façon. Au contraire, bien qu’il qu’il y eu des différences d’ordre tactique au sein des cercles de la classe dirigeante, reflétées par ailleurs dans des journaux, chaînes de radio et de télévision concurrentes, il y avait en fait un consensus dès le premier jour du conflit interne: la destruction de la révolution sandiniste.
Un article du 10 Juillet 1979 dans le New York Times, caractérisait laconiquement le rôle des Etats-Unis comme étant celui “d’arbitre final de la destinée politique du Nicaragua”. L’article continuait en disant que le gouvernement Carter “avait indiqué que la démission du général Somoza ne serait effective que quand les Etats-Unis seront satisfaits de la composition et du programme politique du régime successeur… Les Etats-Unis ont convaincu Somoza de retarder son départ jusqu’à ce que, des mots mêmes d’un officiel américain, ceux-ci aient “neutralisé” les éléments radicaux de l’opposition.”
En Juillet 1979, les statistiques des décès s’élevaient à près de 50 000 personnes, pour la plupart victimes civiles de la garde nationale et ce dans un pays comptant moins de 2,5 millions d’habitants. La vaste majorité du pays était en ruines, mais le gouvernement Carter n’eut aucun problème à continuer les combats et à ajouter à ce qui était déjà un chiffre énorme de pertes humaines et de destruction dans le but de continuer à dominer l’Amérique centrale. Lorsque le nouveau gouvernement du FLNSN refusa de plier aux diktats de Washington, le peuple nicaraguéen fut soumis à une décennie de terrible punition. Les Etats-Unis autorisèrent Somoza à amener avec lui l’argent public de la nation dévastée lorsqu’ils lui accordèrent l’asile politique.
Des sanctions économiques draconiennes furent imposées au pays, un des plus pauvres du continent américain. Le port principal du pays fut miné par la marine américaine et un embargo naval total fut appliqué jusqu’en 1985. La CIA créa, recruta, finança et arma un des groupes paramilitaires les plus redoutables et assassins connu sous le nom de Contras.
Plus de 50 000 citoyens nicaraguéens moururent dans la guerre qui s’en suivit. La tactique des Contras étaient les assassinats de masse, les viols, la torture et la destruction. Ils ont massacrés des médecins, des infirmières, des enseignants; ils ont brûlé des hôpitaux, des écoles, des coopératives. Les chefs maffieux des Contras étaient nourris et reçus en grandes pompes par les membres du congrès américains et les présidents successifs.
Aujourd’hui, La CIA coordonne l’armement et la réalisation de beaucoup d’opérations de l’ “Armée Syrienne Libre” (ASL), décidant quelles forces doivent recevoir armes et équipement (New York Times du 21 Juin 2012). Les agences de renseignement américaines et leurs contre-parties dans les pays anciennement colonisateurs du Moyen-Orient comme la Grande-Bretagne et la France, de concert avec Israël, en font même encore plus sans aucun doute.
Le Conseil National Syrien (CNS), un groupe essentiellement composé d’exilés syriens de très longue date quasiment inconnus, est traité par les Etats-Unis et ses alliés comme étant le gouvernement légitime en attente. Les leaders américains sont à 100% derrière la révolte armée du CNS/ASL pour la même raison qu’ils étaient opposés à la révolution sandiniste et soutenaient les Contras au Nicaragua. Ils ont confiance que la victoire de l’opposition syrienne sera également leur victoire et un autre grand pas vers plus de dominance américaine au Moyen-Orient.

url de l’article original:
http://www.informationclearinghouse.info/article31964.htm

http://resistance71.wordpress.com/2012/07/24/ingerence-et-imperialisme-occidental-connaitre-lhistoire-pour-mieux-la-repeter/

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