Partie d’échec sur l’armement chimique : les bons et les mauvais joueurs.

Après l’échec du scénario libyen, l’Empire avait activé le  scénario irakien en Syrie et il le réactive ces derniers jours sous d’autres arguments aussi fallacieux que les précédents :

1 – Exécution d’une guerre totale unilatérale immédiate.

2 – Mobilisation d’une coalition internationale après les conclusions des experts de l’ONU sur le «chimique » dans la Ghouta près de Damas et guerre différée.

Contre une  solution politique conditionnelle :

1 – Départ du président Assad

2 – Remise de l’armement chimique à la « communauté internationale ou à la Russie

3 – Engagement de ne plus fournir le Hezbollah en armes.

C’est une plateforme de négociation ou de capitulation selon l’art et la manière de céder sur tout ou partie de ces revendications qui nous rappellent celles tentées en vain contre le Hezbollah pour le désarmer après sa victoire en 2006.

La subversion psychologique-diplomatique-médiatique qui veut croire qu’elle peut gagner sans livrer bataille ou qui veut pousser l’adversaire à céder à la peur et à négocier en position de vassal est à l’œuvre dans l’analyse des prétendus alignements  de l’Union européenne sur la France ou des prétendues propositions de Poutine à la Syrie pour éviter  la guerre.  Il y avait des fuites ou des suppositions depuis quelques jours comme une prière secrète souhaitant que la Syrie fasse une faute comme celle du survol d’un escadrille syrienne sur une base anglaise et qui pourrait inverser la décision des parlementaires anglais, ou attendant un false flag pour déclencher une guerre de représailles s’instaurant comme un fait accompli et faisant taire la crise de pouvoir aux États-Unis.

L’illusion d’une guerre ciblée et limitée ne doit pas faire oublier que les bombardements contre la Libye ont duré sept mois alors que tout le monde connait la faiblesse libyenne de par son armée et sa topographie. Elle ne doit pas faire oublier que les bombardements contre Belgrade ont duré 70 jours et que les Serbes n’avaient capitulé qu’après avoir été poussés par les Russes en quête d’ouverture avec l’Occident. Ni la Syrie ni la Russie ne peuvent tomber dans ce piège et s’ils le font ils auront tout à perdre.

Les experts de l’ONU n’avaient pas pour mission de chercher les auteurs, mais de confirmer l’usage d’armes chimiques. Les rapports déclassifiés affirment sans rien prouver.

Les médias pré embarqués cherchent non seulement  à obtenir l’adhésion de leur opinion qui refuse la guerre, mais elles participent dans l’effort de guerre pour amener les Syriens, leurs alliés et leurs sympathisants à capituler. Les médias dévoilent à leur insu l’intensité de  la guerre diplomatique et politique menée contre Damas pour l’isoler et brouiller son message. Les médias expriment aussi leur peur de ne pas voir les élus américains accompagner leur Président. Ils s’emparent donc de n’importe quel os à ronger que leur envoie l’Administration américaine qui ressemble de plus en plus aux derniers instants du Titanic quelques jours après son inauguration ostentatoire et ostensible.

La confusion sur les objectifs de guerre,  les faux discours conciliant ou abrutissant et la diversion médiatique ne peuvent cacher le premier commandement fondateur des États-Unis que les crétins musulmans et arabes occultent  dans leur analyse sur la Syrie : la violence. Contre cette violence il n’y a pas d’autres choix que refuser de s’y soumettre si nous ne voulons pas tomber sous l’emprise totale et implacable des autres commandements fondateurs de l’Empire : la vassalisation des autres.

C’est dans cette ambiance où les lobbys sionistes se mobilisent pour jouer tous les atouts sur tous les fronts que la Russie, l’Iran et la Syrie réalisent le petit (ou le grand) roque comme le montre le fil des déclarations de la journée de ce lundi 9 septembre en annonçant le désistement de la Syrie sur son armement chimique par la voie de son MAE à Moscou :

« Le ministre Lavrov a mis en avant une initiative liée aux armes chimiques. Je déclare: la Syrie salue l’initiative russe, fondée sur les inquiétudes des dirigeants russes concernant la vie de nos citoyens et la sécurité de notre pays » […] salue la sagesse des dirigeants russes qui essaient d’empêcher une agression américaine contre notre peuple ».

Répondant à la proposition du MAE :

« Nous appelons les dirigeants Syriens à non seulement accepter de placer sous contrôle international leur stock d’armes chimiques, et ensuite à le détruire, mais aussi à rejoindre pleinement l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques »

Il répondait au scepticisme de Kerry :

« Bien sûr, il pourrait remettre chaque élément de son arsenal chimique à la communauté internationale dans la semaine à venir – le remettre, tout cela sans retard et autoriser une vérification totale, mais il n’en a pas l’intention et c’est impossible à faire. »

Kerry – qui s’essouffle devant les voix qui contestent les objectifs et la légitimité de la guerre y compris au sein de l’armée et du renseignement américains – avait poussé son syllogisme jusqu’au paroxysme avec la certitude de ne pas se tromper :

« Les armes chimiques en Syrie (…) sont contrôlées de manière très étroite par le régime Assad. Bachar al Assad, son frère Maher al Assad et un général sont les trois personnes qui contrôlent le déplacement et l’usage des armes chimiques.

Dans cet emballement médiatique l’Iran par la voix de son envoyé à Moscou  intervient pour soutenir la proposition russe :

« Nous espérons que les efforts déployés au plus haut niveau en Russie permettront d’éviter la réalisation d’un scénario militaire », a déclaré M.Amir-Abdollahian lors d’une rencontre avec son homologue russe Mikhaïl Bogdanov.

Ban Ki-Moon saute sur l’occasion ainsi que les Allemands et les Anglais

Les médias déstabilisés un moment reprennent l’offensive pour soit mettre en doute la proposition russe et  l’accord des Syriens soit pour crier victoire et réclamer plus. Qu’est ce qui se passe au juste et que signifie ce retournement ?

Pour y répondre, on n’est pas obligé de faire de la politique ou des analyses militaires que nous laissons aux experts. Nous allons voir la signification du Roque dans une partie d’échecs pour dire la même chose que si c’était une zone de combat sans avoir l’angoisse de la vue du sang arabe et musulman coulant à flots.

Le roque est un déplacement spécial du roi dans le jeu d’échecs. C’est un dispositif de jeu non seulement technique, mais stratégique dans le dispositif de défense et dans l’imposition du changement de dispositif offensif de l’adversaire en modifiant le rapport des forces par la modification de la position des pièces. Il a valeur hautement stratégique pour ceux qui savent transposer l’échiquier sur une carte du monde et qui s’inspirent comme les Russes et les Iraniens, grands joueurs d’échecs, pour mettre en un seul coup le roi à l’abri de la concentration des forces tout en libérant et centralisant une tour qui se trouve mise dans l’axe central pour des opérations de renforcement de la défense ou de contre-offensive.

L’empire, habitué à ne pas trouver de résistance et de stratégie, se croyait seul à décider de la règle de jeu, en l’occurrence la sienne qui ne repose ni sur l’éthique ni sur l’esthétique de la victoire militaire.

Le jeu d’échecs se termine par l’abandon lorsque le roi est mis échec et mat ou lorsque le joueur très élégant et très lucide constate l’impossibilité de gagner la partie face à un adversaire plus fort. Il ne s’agit en aucun cas de tuer le roi ou de le mettre en prison. La bataille s’achève lorsque le roi n’a plus possibilité de se déplacer ou de se protéger. La beauté et l’humanisme du jeu d’échecs sont dans cet art subtil et intelligent de faire l’économie du temps en minimisant les  pertes de pièces maitresses et en élaborant des stratégies pour anticiper sur les coups de l’adversaire. Le Blitz est rarement utilisé, car il dénote un manque de savoir-vivre ou un affrontement entre deux parties inégales qui dans un cas comme dans l’autre n’honore pas le vainqueur. Le perdant qui n’a aucun respect pour ses pièces et qui joue dans la seule perspective de sauver le roi aura lui aussi manqué à la déontologie.

Gaspiller du potentiel et des ressources n’est pas dans l’esprit de la stratégie ni dans l’esprit de la vertu. S’exposer à des risques inutiles ou aller au suicide n’est ni la culture du jeu d’échecs ni celle de la guerre. Le roi peut et doit se déplacer et ne plus occuper l’axe central au profit de la tour latérale n’est pas lâcheté ou reculade, mais manœuvre de jeu. La manœuvre est loyale. Sa cohérence, son opportunité et son efficacité dépendent de trois facteurs qui sont son insertion planifiée ou improvisée dans le dispositif de combat (avant et après le Roque), la capacité de l’adversaire à prévoir ce coup et à lui trouver des parades, et bien entendu l’issue finale de la compétition.

Le jeu d’échec exige de la concentration et de la faculté d’adaptation. Le caractère du jouer, l’accord tacite, ou les impératifs de la partie jouée, peuvent imposer un rythme plus rapide, des sacrifices et une démolition spectaculaire pour que les adversaires puissent s’affronter sur un terrain dégagé et élaboré des stratégies singulières. Quel que soit le cas de figure, il y a des règles et une éthique, il y a des objectifs qui peuvent aller du plaisir de jouer à la gymnastique intellectuelle.

L’Empire et les révoltés partagent la même rage de destruction et le même mode de transgression des règles les plus élémentaires. Le jeu d’échecs, la guerre, la politique se rencontrent pourtant sur de multiples vérités où nous pouvons voir la faillite des révolutions arabes et des politiques américaines dans le monde arabe et musulman :

  • La démarche qui pousse à produire des kamikazes n’est pas la culture  de ceux qui ont à la fois conscience d’avoir de hautes responsabilités et lucidité sur les capacités de l’adversaire. L’acte d’héroïsme isolé et inconséquent ne change pas à l’équation. L’acte violent qui déshumanise ne produit pas toujours des soumis et des vaincus, mais des fragments de haine dont la seule stratégie et le seul désir de vie sont la terreur même si cette terreur ne touche que les mosquées et les souks.
  • L’échange sacrificiel d’entrée de jeu est l’affaire des non-initiés et des machines qui calculent vite sans émotion ni inspiration
  • La perte ou le gain militaire n’a aucune signification si le champ de bataille est un champ de désolation sans perspective politique, économique ou idéologique.
  • Le cynisme et le nihilisme du réalisme politique n’ont pas de place lorsque l’échiquier est une nation et les pièces des êtres humains.
  • Le pouvoir exercé dans l’isolat et la solitude sans gouvernés pour lui donner légitimité symbolique et continuité territoriale et sociale est une chimère.
  • Le respect des règles, l’esthétique et l’esthétique des joueurs sont aussi importants sinon plus que l’issue de la partie elle-même.
  • La mesure et l’humilité tant du gagnant qui ne se montre ni arrogant ni méprisant que du perdant qui surmonte la douleur de son échec en cherchant objectivement les faiblesses de son dispositif de jeu et les forces de celles de son adversaire.

Je dois reconnaitre que le Prophète Mohamed (saws) reste un modèle exemplaire pour celui qui veut comprendre l’efficacité et l’humanisme du vertueux obligé de livrer bataille avec l’art de la rendre économe en temps et en vie humaine. Je dois avouer que les enseignements philosophiques de Sun dans « l’art de la guerre » sont une éthique que l’Occident matérialiste ne peut comprendre. Je dois dire que nous venons d’assister à un Roque (petit ou grand) qui a dérouté les certitudes des uns et qui a confirmé la stupidité des autres. Il faut voir les médias arabes et français experts en manipulation pour évaluer l’impact psychologique de ce Roque politique. Il faut attendre les réactions de la presse américaine et celle des élus américains pour en saisir toute la portée.

Ceci dit on peut comprendre le désappointement du  secrétaire d’État, John Kerry, lorsqu’il réagit de cette manière : «Bien entendu, Bachar Al-Assad pourrait restituer l’intégralité de son arsenal chimique à la communauté internationale (…). Mais il n’est pas prêt à le faire, et il ne peut pas »,

Dans la foulée on peut comprendre la réaction de l’Arabie saoudite et des sionistes par la déclaration précipitée du chef d’état-major de l’Armée syrienne libre, le général Salim Idriss, dans un entretien à Al-Jazeera : « Nous appelons à des frappes et nous avertissons la communauté internationale que le régime d’Assad  dit des mensonges, et que le menteur Poutine est son professeur » […]  « Le régime (syrien) veut gagner du temps pour se protéger » […] « Je dis aux décisionnaires que nous connaissons ce régime, que nous l’avons expérimenté, et nous vous mettons en garde: ne tombez pas dans le piège de supercherie et de malhonnêteté » […] « Ils savent qu’un vote au Congrès américain arrive, et ils (Damas et Moscou)  savent que de telles frappes entraîneront la chute du régime d’Assad.

Je ne crois pas que le régime russe, syrien et iranien  soient des enfants de chœur et des personnes élégantes ayant la haute vertu morale de l’Islam ou l’éthique du jeu d’échecs, mais je suis persuadé qu’ils viennent de réaliser un Roque au sens technique, stratégique et symbolique du terme. L’Empire et le sionisme ainsi que leurs valets n’ont ni vertu ni élégance, et les alliés de la Syrie le savent.

Quel est le sens de ce Roque ?

1 – Acculer l’Empire dans ses propres contradictions et ses mensonges

2 – Gagner la bataille médiatique décisive sachant que les lobbies partent à la conquête des voix du Congrès dont ils connaissent l’importance, cette fois-ci, dans l’échiquier de la guerre du fait de la crise de confiance, d’autorité et de moyens de l’Empire lui permettant de gagner une guerre longue et ruineuse. Dans cette bataille l’armement chimique est comme une pièce dans l’échiquier sacrifiée pour continuer la partie sur un autre souffle, une autre stratégie

3 –  Le Président Assad sait que s’il fait les mêmes erreurs que Saddam Hussein et Kadhafi d’ouvrir ses portes aux experts de la CIA, de livrer son arsenal ou de se mettre à négocier en position de faiblesse, l’armée  et la Syrie, avec ou sans Assad connaitront le même sort irakien. Poutine doit savoir aussi que s’il plie il perdra ses gains internes et externes, car l’Empire lui demandera davantage jusqu’à l’humilier.

4 – Les Russes prennent l’initiative de placer la balle dans le camp américain en  demandant à l’Agence internationale atomique de procéder à une analyse des risques que présenteraient  les frappes américaines sur un petit réacteur nucléaire en Syrie.

5 – Les Russes, les Iraniens, les Syriens, les sionistes et les Américains savent que l’armement chimique syrien était une option ancienne choisie par la Syrie dans l’équilibre de la terreur face au nucléaire. Le pouvoir de dissuasion a le paradoxe de ne pas être d’un grand recours eu égard à ses effets. S’en débarrasser est à la fois se débarrasser de quelque chose qui ne va pas peser dans le rapport des forces, répondre implicitement au Pape François et gagner la communauté chrétienne d’Orient et d’Occident puisque la communauté sunnite semble en marge du conflit, acculer l’opposition qui subit des revers militaires, politiques et médiatiques.

6 – Les amalgames des médias français et arabes sur des arrangements de dernière minute ne peuvent changer la nature des problèmes ni la logique des conséquences de la confrontation ou des armées sur le sol syrien : défaite de l’axe de la résistance ou défaite de l’axe de l’Empire. Celui qui suit le monde arabe et l’entité sioniste sait que l’armée syrienne a changé de doctrine de guerre depuis longtemps : le nombre et la multiplicité des types de missiles embarqués sur véhicules terrestres et sur petites embarcations navales. Il n’est ni dans sa stratégie ni dans son intérêt de gazer des civils ou de faire subir le risque à la population  arabe syrienne, libanaise et palestinienne.

C’est ainsi que j’ai compris la partie qui se joue dans un temps qui avance inexorablement vers la guerre ou vers la paix aux risques et périls de l’Amérique et de la France… Poutine avait déjà gagné la partie symbolique et politique contre le génie champion du monde Kasparov.

Les Français hors du temps semblent planer sur un nuage de certitude scélérate. Ils ne voient toujours pas le monde changer et ils s’enfoncent de plus en plus dans le ridicule. Le dernier vaudeville de la charte de la laïcité comme symbole de la rentrée scolaire témoigne de l’absence de projet, de dimension politique, de consistance intellectuelle. Marie, la poire, et le pot au lait…  à la veille d’une guerre mondiale ! Hier, pourtant, la télévision française nous a gratifiés de reportages fictions romantiques et pathétiques sur le Jihad islamique en Syrie donnant l’envie aux jeunes ingénieurs séduits par le « martyr » sous la bannière de confusion  d’oublier leurs droits et leur devoir en France.  Il faut le faire.

Le grand Roque c’est d’avoir mis la Russie en première position comme garant de la paix mondiale et laisser les autres accoucher d’un serpent qui se mord la queue.

Le jour d’après Saint-Pétersbourg va  montrer toute sa splendeur et dévoiler les bons et les mauvais joueurs dans cette  partie d’échec sur l’armement chimique syrien. En ce qui me concerne, j’ai l’intime conviction que l’Empire et le sionisme ont perdu ce qui faisait leur force redoutable : l’art de cacher leur jeu. Ils sont dans une confusion telle qu’ils ont perdu l’initiative qui faisait leur puissance et leur supériorité. Dans ce jeu, les Chinois et les Iraniens annoncent chacun qu’ils vont lancer leurs plus grandes manœuvres militaires.

Le Congrès américain n’a pas toutes les pièces en main, mais il a la possibilité de changer le rythme  du milieu de la partie qui se joue tant en Syrie qu’aux Etats-Unis : déflagration dramatique ou négociation. Dans un cas comme dans l’autre le roi Obama est dans une position d’échec. Dans un cas comme dans un autre la fin de partie est échec et mat du système.

G20 Saint-Petersbourg : Le jour d’après

En quinze ans, les États-Unis ont mené dix guerres contre huit  pays arabes et musulmans. Ils ont gagné, par leur supériorité militaire et technologique, toutes ces guerres en un temps record. Un grand nombre de ces guerres a été mené avec la collaboration des Arabes dont le devenir  à l’existence et la survie sont liés à ceux de l’Empire et du sionisme.

Les pays arabes et musulmans n’ont, à ce jour, réalisé aucune alliance contre l’Empire ni échafaudé une stratégie de défense ni une doctrine militaire sauf acheter du matériel à l’Empire. La Syrie a des alliances et aurait une stratégie de riposte contre une agression sioniste de grande ampleur. Chacun attend de voir la suite.

Dans cette attente il est bon de rappeler que les États-Unis n’avaient atteint aucun objectif de guerre ni réalisé un gain stratégique autre que semer la mort et la désolation dans les populations arabes et musulmanes qui haïssent de plus en plus l’Amérique.  Lorsqu’Allah (swt) hait un homme ou une nation, il rend ses œuvres et son comportement haïssables. La haine que suscitent l’oppresseur et l’arrogant chez les opprimés puis dans l’ensemble de l’humanité est en soi le signe de leur fin proche et dramatique en dépit de leur puissance sans qu’ils se rendent compte, aveuglés par leur hybris, cette folie arrogante, cette démesure, cette violence passionnelle qui habite les damnés de la terre et de l’Enfer.

Leur guerre meurtrière leur avait couté cinq mille milliards de dollars (5 000 000 000 000 $), les a plongés dans une crise financière, économique et morale sans qu’ils ne prennent conscience que le désordre qu’ils ont semé va fatalement les engloutir comme Pharaon, les pousser au suicide collectif comme l’Empire romain ou les anéantir comme Ad et Tamoud. Ils continuent de tromper les insouciants, les nihilistes et les cyniques en parlant d’une guerre en Syrie ciblée, propre et peu couteuse en vie humaine et en argent dont ils sortiront victorieux. Ils sont menés vers leur fin :

{L’exemple de ce qu’ils dépensent dans cette vie terrestre est comme l’exemple d’un vent chargé de crissement : il frappa la récolte de quelques gens, qui se sont fait injustice à eux-mêmes, et l’a détruite. Allah n’est  point injuste envers eux, mais ils sont injustes envers eux-mêmes.} Al Imrane 119

L’âne de Buridan

La topographie de la région, la défense syrienne et le renseignement russe obligent l’armée américaine à déverser son stock de munitions sur la Syrie et rendent ainsi rédhibitoire le cout de la guerre pour des objectifs que personne ne sait et pour des conséquences que personne ne connait. Nous sommes dans le comble de la confusion entretenue dans la région qui va fatalement se déplacer (elle l’est déjà) dans le cœur du système américain et dans le corps de leurs alliés. Toute résistance et toute riposte syrienne (et ses alliés) sera un facteur d’entropie dans le dispositif de l’Empire qui doute psychologiquement malgré sa supériorité technologique. L’engrenage de la violence sans gain économique et politique sera un désastre pour les Etats-Unis. La question paradoxale n’est plus de savoir si l’Amérique va aller en guerre et si elle va gagner, mais est-ce que la Syrie va accepter la confrontation sans capituler et résister suffisamment.

L’Empire connait cette équation et y va à contre cœur poussé par son arrogance et par des alliés qui ne pèsent rien en termes de stratégie et de combat. Le destin est ironique.

La Syrie et ses alliés ont une autre carte stratégique : décider d’impliquer l’entité sioniste dans la guerre à n’importe quel moment de la bataille. Il leur suffit de résister pendant les 90 jours de guerre et de ne pas s’effondrer puis d’élargir le front ou de cibler l’entité sioniste dès les premières frappes. L’armée syrienne et ses alliés ont des cartes à jouer, des petites cartes qui peuvent changer la règle du jeu. La première et grande carte jouée par l’Empire et ses vassaux avait déjà échoué : faire tomber le régime syrien et livrer la Syrie aux « rebelles » avant de la partager en 3 ou cinq entités.

Le Hezbollah avait apporté la surprise en s’engageant en Syrie. Il peut réserver d’autres surprises. C’est la carte maitresse qui peut éviter le conflit sunnite chiite et faire basculer la guerre médiatique et psychologique. Cette carte peut entrainer des bouleversements dramatiques pour l’Empire qui sera confronté à un assaut sanglant et répété contre ses intérêts au Moyen-Orient et en Asie.

La troisième carte serait l’entrée en jeu de cellules subversives dormantes iraniennes et syriennes dans les pays du Golfe et aux Etats-Unis. Les pays du BRICS et l’Amérique latine auraient alors toute la latitude pour mener à leur tour leur guerre subversive médiatique et économique contre l’Empire ou contre ses périphéries pour l’affaiblir et l’isoler en le présentant comme Néron le suicidaire. Il est impossible d’imaginer la Russie et la Chine se retirer de ce conflit ou de croire que les forces russes en Syrie sont en tourisme. La pauvre Libye et Kadhafi étaient peut-être l’appât que les Russes et les Chinois ont laissé au travers de la gorge de l’OTAN. Les Anglais semblent l’avoir compris.

Le congrès américain peut prendre conscience et refuser cette guerre avec la possibilité d’une guerre intérieure entre les centres de décision aux Etats-Unis. Il peut l’encourager ou exiger plus, mais il va aller vers une impasse lorsqu’on connait l’ampleur du déficit budgétaire, les rivalités économiques mondiales, et la volonté des BRICS de se passer du dollar. Ils ne seront jamais épargnés de la Fitna qu’ils ont semée dans le monde arabe et musulman. Jamais les monarchies arabes ne s’en sortiront indemnes de cette Fitna.

Dans cette Fitna, j’ai eu l’occasion de m’interroger sur les buts de guerre que l’opposition armée avait cherché à obtenir en s’attaquant au système de défense anti aérienne  de l’Etat syrien qu’il a commencé à construire pour passer à la phase de dissuasion contre l’entité sioniste par une doctrine et des installations qui reposent sur les missiles au lieu de l’aviation. Les sabotages réussis ne changent pas grand chose dans le rapport de forces, mais posent de nouveau le rapport à la morale, à l’intelligence, à l’Islam et à la nation d’une opposition qui ne sait pas construire sa révolution ni sa lutte armée et qui sape les capacités défensives de la nation arabe et qui assassinent les généraux qui ont encadré la résistance palestinienne et libanaise contre les agressions de 2006 et 2009. Beaucoup de questions que le temps va poser et leur donner des réponses.

Le compte à rebours a commencé. Les Occidentaux sont confrontés à leurs vieux démons de la mythologie, l’âne de Buridan qui hésite entre boire ou manger et qui finit mort de soif et de faim, le roi grec qui a volé un trésor aux Dieux et qui a été condamné à manger sans satiété, et qui a fini par bouffer son royaume avant de manger sa propre chair pour satisfaire ses appétits.

Obama est dans cette posture contradictoire et hésitante. Il est dans la psychologie du Pharaon qui voit les Signes et les comprend, mais qui continue à défier la vérité et à philosopher avant de prendre en chasse les petites gens conduits par Moïse (saws) qui le mènent au lieu de sa noyade et de ses armées, lieu inscrit dans le Dessein d’Allah (swt).

Même si tout ce bruit médiatique a pour dessein d’amener le régime syrien à capituler, à faire des concessions, ou à partager le Moyen-Orient entre la Russie et les États-Unis, il y a des signes qui ne sont pas trompeurs et qui remontent bien avant la crise syrienne et les révolutions arabes. Ils sont dans la nature même de l’Empire appelé à décliner et dans la nature de la résistance appelée à triompher.

Nous allons voir plus loin que le Coran nous donne la clé pour comprendre ce qui se passe et deviner la suite : la mise en abîme graduelle.

Les deux questions à surmonter :

Bien entendu, les empressés et les désespérés se posent des questions et doutent.

Est-ce qu’Allah donnera la victoire à Bachar Al Assad le tyran? Question fallacieuse qui se focalise sur un homme pour faire oublier l’origine du problème : l’Emprise, le sionisme et leurs vassaux qui s’imposent devant l’incompétence des musulmans à s’éveiller à l’universel de leur religion et au drame de l’humanité se contentant de subir leurs tragédies et celles des autres une fois que le Wahn de la décadence et de la colonisation les a habités.

Pourquoi Allah nous laisse-t-il dans cet état ? Question des ignorants qui refusent de voir leurs responsabilités dans les malheurs qui les accablent ! Question des ignorants qui ne voient pas le Dessein de Dieu se réaliser dans l’histoire humaine selon Sa Volonté et non selon notre volonté. La mystique de l’Histoire que j’ai expliqué dans le livre « Les révolutions arabes : Mystique ou mystification ? » et que nous avons bafouée par des arrangements d’appareils et par la transgression du sacré s’accomplit sur l’hyperpuissance.

La réponse attendue demain ou dans quelques années :

Je n’aime pas recourir aux explications eschatologiques de l’histoire, car le Coran nous donne le cadre suffisant que la raison peut plus ou moins interpréter ou transposer à une réalité semblable :

{Et ceux qui ont démenti Nos Signes,  Nous allons les conduire graduellement (vers leur perte) par où ils ne se  savent pas. Mais Je leur accorde un délai, car certainement Ma manœuvre est infaillible.} Al Aâraf 182-183

La perte inéluctable est vraie. C’est du concret, ce n’est pas de l’abstrait même si les conditions et la manière sont énoncées d’une manière abstraite pour signifier que tout est possible et de la manière la plus inattendue et à laquelle le savoir des transgresseurs, leur intelligence, et leur perception ne peuvent prévoir ni anticiper ni parer. Le Croyant voit, par le regard de la foi, les Signes. Il parvient parfois à un niveau d’abstraction à contracter le temps et l’espace. Il devine les Signes écologiques, psychologiques, politiques, moraux, économiques, géostratégiques et autres qui témoignent de l’entraînement progressif de l’Empire vers sa destruction, destruction qui échappe au contrôle des mégas intelligences de l’Empire comme Catherine leur a échappé.

La Syrie n’a pas les moyens de résister à la force de destruction de l’Empire qui peut frapper de loin sans s’exposer à une riposte qui pourrait  le mettre en échec. Les alliés immédiats de la Syrie (Russie, Hezbollah et Iran) peuvent changer le rapport de force en entrant dans le conflit et en lui donnant les moyens de s’élargir et de se prolonger faisant entrer le système dans une accélération de sa crise.

Même si la Syrie se fait écraser et ses alliés se font contenir, l’Empire commence déjà à manifester les signes de son déclin. Les BRICS qui représentent 50% de la planète s’opposent à l’Empire et vont agir de telle manière que cette agression soit la dernière, car il y va de la survie de la planète. Diplomatiquement, politiquement, idéologiquement, financièrement, économiquement et militairement l’Empire va se trouver dans l’obligation de la retraite.

Paradoxalement que cela puisse se présenter, en Syrie comme à Stalingrad, les experts pensent que le Blitz sur un champ de bataille peut donner un résultat contraire à son effet dévastateur immédiat. Le bombardement de l’entité sioniste contre le HAMAS et le Hezbollah ont montré non seulement  ses limites, mais son effet inverse : le plus puissant a perdu, en ne réalisant pas ses objectifs de guerre à court terme et en donnant l’espoir à la résistance de le vaincre dans une prochaine confrontation. Une fois surmonté l’effet de choc, l’instinct de survie du faible qui refuse le mutisme peut pousser le puissant à l’impuissance.

Dans mon livre « Gaza : la bataille du Forqane », j’ai longuement expliqué ce phénomène et ses conséquences tant sur la résistance que  sur les alliés de l’Empire et du sionisme. Dans « Le dilemme arabe et les dix commandements US », j’ai analysé comment l’Empire allait confisquer les « révolutions «  arabes et semer le chaos dans le monde arabe et tout particulièrement en Libye et en Syrie pour finalement se retourner en Égypte et remettre le chaos. L’Empire est comme un organisme agonisant, mais disposant de moyens titanesques qu’il ne sait plus utiliser et qu’il finira par retourner contre lui-même.

Pour comprendre la logique coranique  et  faciliter sa transposition dans le cas historique contemporain, il nous faut relier les Ayat 182-183 de la sourate Al Aâraf  avec d’autres énoncés coraniques  qui vont éclairer davantage leur sens selon la règle qui dit que le Coran explique ou explicite le Coran :

A –  Les deux énoncés qui viennent en amont disent :

{A Allah appartiennent les plus beaux Noms, invoquez-Le par eux. Laissez ceux qui déforment Ses Noms. Ils seront punis de ce qu’ils faisaient.}  Al Aâraf 181

Ni l’Empire, ni le sionisme ni leurs valets arabes et européens ne sont conscients qu’ils sont en train de bafouer et de déformer les Noms d’Allah en s’attribuant des attributs démiurges de grandeur, de justicier, de puissance, de vengeance contre les peuples et les petits États. Ils s’exposent de plus en plus au Châtiment divin.

Les élites musulmanes et arabes, politiques, intellectuelles et religieuses, parlent au nom d’Allah et se donnent le droit de déclarer un tel croyant et un tel autre mécréant se réservant droit de vie et de mort sur les peuples, accordant légitimité ou illégitimité au pouvoir aux uns et aux autres. Ils rendent licite ou illicite ce que leur dictent leurs opinions,  leurs  intérêts, leurs « médiatiseurs »   et leurs financiers. Chaque jour qui passe, nous les voyons, désavoués par l’intelligence qui analyse et par les faits qui s’imposent.

{Et de ceux que Nous avons créés, il est une communauté : ils guident par la vérité, et grâce à elle ils sont justes.} Al Aâraf  182

Parmi les créatures d’Allah il y a les musulmans et les non-musulmans, les Croyants et les non-croyants, les bons et les méchants. Tous sont soumis à l’épreuve de vérité. La Vérité est absolue lorsqu’il s’agit de la Parole d’Allah, de Son Décret, de Son Dessein que nous pouvons connaitre que partiellement et imparfaitement. Le musulman dispose du Coran, de sa foi et de sa vertu pour accomplir l’effort de se rapprocher de la Vérité. La vérité est aussi relative et globale. Dans ce cas, elle est celle que toute l’humanité partage et qui permet de distinguer le bien du mal, le beau du laid, le vrai du faux, le juste de l’injuste, le sensé de l’insensé. La vérité globale peut être singulière, c’est celle de la vérité que partage l’humanité qui vient à être éduquée et spécialisée par la science ou par la foi.

C’est dans ces multiples rapports à la vérité et dans leurs manifestations dans la réalité sociale et intellectuelle que les Signes de la fin de l’Empire sont mis à la portée du plus grand nombre. Dans l’article « Abou Amama et la future dernière guerre de l’Empire », j’ai analysé les scénarios probables et les positions des différents acteurs à la veille du G20 ainsi que la confusion sur le vote des élus américains. Il faut les reprendre à la lumière de ce rapport à la vérité et à la réalité sachant que le terme coranique Al Haqq désigne à la fois la réalité et la vérité.

Nous voyons que le Pape,  l’Église russe et les Églises arabes d’Orient se sont mobilisés pour refuser l’imposition d’une guerre injuste. Le président français qui est dans les traditions cléricales un officiel de l’Eglise catholique refuse de se joindre à l’appel de paix lancé par les chrétiens du monde comme il refuse d’écouter les 70% de son peuple opposé à la guerre. Il préfère servir l’Amérique et son projet destructeur faute de projet de gouvernance et de rôle à jouer dans le monde. Ce sont des signes qui ne sont pas trompeurs. Ils auront sans doute des répercussions sur la fin de l’Empire qui va se trouver de plus en plus haï, isolé et menacé dans le monde.

Dans ce rapport (vrai ou maquillé)  à la vérité des Églises sur la guerre et ses faux alibis, nous constatons le silence affligeant des élites religieuses et intellectuelles musulmanes et  arabes. Les seules voix sont celles des sunnites syriens qualifiés de savants de palais par les opposants. La grande voix de Palestine, de la Mosquée sacrée d’Al Qods, a été interdite de parole par les infantiles se réclamant des Frères musulmans ou des mouvements djihadistes. Les autres voix ne sont pas crédibles, car elles ne posent pas le problème de témoignage dans un rapport à la vérité, mais un clivage idéologique et dans une vengeance politique : incriminer l’Islam politique.

La vérité est effrayante : les partisans de l’Islam politique sont silencieux. Les vassaux du sionisme et les insensés infantiles et incultes ne se taisent pas, ils parlent au nom de Dieu pour défendre l’Empire et le supplier de détruire un pays arabe et musulman.

Cela fait des années que moralement et intellectuellement je me suis préparé à voir l’inculture géostratégique et la culture d’intrigue saper  nos intelligences et nos émotions comme elles avaient déjà sapé nos territoires avant et après la colonisation.

Louange à Allah qui m’a permis de me questionner,  d’écrire et de faire des conférences sur l’Islamophobie et de la montrer dans ce qu’elle est c’est-à-dire « Deus Machina », une machination diabolique, une fabrication diabolique, un engrenage idéologique, médiatique, diplomatique, psychologique pour mener une subversion et une guerre contre nos mentalités et nos territoires pour le compte de l’Empire et du sionisme qui s’imaginent que la fin de leur déclin est synonyme de la fin de notre éveil. Ils ont bien imaginé et bien exécuté le scénario qui rend l’humanité méfiante envers les musulmans et les musulmans défiants les uns contre les autres. Il n’est pas fortuit que l’appel de paix des Eglises soit suivi et accompagné des exactions contre les chrétiens et tout particulièrement contre  Maaloula en Syrie abritant le site religieux et historique le plus ancien de la Chrétienté. Aucun musulman croyant en Dieu ne peut transgresser le sacré des autres ni attenter à leur vie. Aucun musulman ne peut se taire devant cette transgression. Les officiels et les imposteurs de l’Islam se taisent. La vérité les dévoile, mais comme leurs maitres, ils ne sont plus capables de distinguer la vérité du mensonge.

Lorsque j’ai vu l’acharnement mis pour transformer l’Islamophobie en fonds de commerce et pour la focaliser sur le racisme à l’encontre des banlieues françaises et la déboiter des enjeux stratégiques, j’ai compris combien l’emprise idéologique de l’Empire et de ses vassaux sur les esprits et les sentiments des musulmans était grande. Je dis et je le répète ici ce que j’ai écrit : l’association internationale des savants musulmans confiée à un sénile, financée par les Qataris, impliquée dans l’esprit partisan,  et noyauté par quelques Libyens qui ont conduit leur pays à la ruine, a été mené vers sa ruine pour perdre sa crédibilité dans la gestion des grands dossiers du monde arabe et musulman qui pouvaient rendre  difficile la tâche de l’Empire de mener ses guerres et de se maintenir en vie : la Palestine comme projet de libération, l’éveil islamique comme projet de civilisation,  et le rapport sunnites chiites comme projet de fédération.

Je ne suis pas en train de faire dire au Coran ce qu’il n’a pas dit, mais je décris comment il colore mon imagination et élargit mes évocations lorsque  je tente de lire la réalité, libéré des influences idéologiques et médiatiques. Pour l’instant, je me suis très peu trompé dans mes analyses sur la « révolution » arabe et sur les Pygmalions islamistes et non islamistes à qui l’Empire accorde des tribunes et des honneurs.

Dans ce rapport à la vérité nous voyons la Russie de Poutine, malgré une opposition intérieure pro occidentale, maintenir sa position par rapport au droit international et son soutien à la Syrie. À l’opposé, nous voyons Erdogan s’impliquer dans un délire de fou pour une guerre totale en Syrie. Il est impossible que la Turquie, l’Arabie saoudite, le Qatar et les autres bédouins puissent nourrir une telle haine pour le Président Bachar Al Assad jusqu’à prendre le risque de détruire la Syrie et de se trouvé impliqués dans un conflit qui va mettre en danger la stabilité de leur pays ? Nous pouvons trouver explication dans cette haine dans les mécanismes de l’Islamophobie.

Nous ne pouvons pas comprendre comment un musulman se réclamant du Coran peut s’impliquer dans la haine ou peut avoir de la haine pour un musulman plus que pour l’Empire et le sionisme. Nous ne pouvons toujours pas à comprendre comment un acteur de la vie politique et intellectuelle du monde arabe peut imaginer qu’il y a possibilité d’arrangement avec l’Empire ou de ruse avec le sionisme justifiant la destruction d’un pays arabe comme la Syrie ou la Libye. Nous ne pouvons toujours pas comprendre comment les limbes d’un Arabe et d’un musulman peuvent oublier facilement le colonialisme et ne pas voir l’Irak, le Soudan, l’Afghanistan, la Somalie et tous ces pays marqués par la cruauté et la régression de l’Empire.

En citant ces versets et en les méditant nous comprenons aussi que jamais Allah ne fera tomber un Tyran et son Empire si face à eux la vérité ne se manifeste pas comme alternative crédible et puissante. Dans la résistance globale, j’ai montré comment Moïse a mené le combat contre Pharaon et l’a gagné sur le terrain de la foi et de la vérité qui a dévoilé les mensonges de Pharaon et de son système économique, politique, médiatique et militaire. Le monde musulman et les mouvement islamiques ne sont pas encore prêts à assumer la vérité. Ils cèdent à l’émotionnel, aux arrangements d’appareils, à la dénonciation simpliste ou  à la violence.

B – L’énoncé coranique en aval

L’énoncé coranique en aval de celui que nous venons d’évoquer apporte d’autres clarifications sur ce qui se passe et risque de se passer :

{N’ont-ils donc pas médité ? Leur Compagnon (le Prophète Mohammed)  n’a aucune folie : il n’est qu’un avertisseur évident.  N’ont-ils donc pas contemplé le Royaume des Cieux et de la terre, et toutes les choses qu’Allah A Créées, et que peut-être leur terme s’est rapproché ? En quel discours après cela croiront-ils ? Celui qu’Allah Condamne au Fourvoiement n’a point de guide. Il les Laisse s’aveugler dans leur tyrannie.}

Ainsi dans la crise graduelle qui conduit l’Empire à sa fin nous sommes interpellés sur trois éléments essentiels dans notre foi et dans notre démarche :

Le Prophète (saws) est notre guide. Prendre les conditions politiques et historiques pour justifier la transgression des paroles de Mohamed (saws) c’est le considérer comme un fou, un insensé, un homme du passé révolu, un être qui a oublié de nous transmettre l’intégralité de notre religion, et de nous avertir des conséquences des transgressions. Mohamed (saws) a interdit de porter atteinte à la vie sacrée ou de convoiter le pouvoir.

L’univers, l’Histoire et les Signes témoignent de la fin de toute chose. La fin de l’Empire est inscrite dans l’ordre des choses. La fin du monde et le Jugement dernier sont vérité absolue. Il ne s’agit pas d’en débattre ou d’en faire des émissions qui cultivent la fascination, mais de construire la vigilance et le sens des responsabilités par la quête du salut ultime. Quel est le sens de se salut lorsque le musulman fait alliance avec celui qui opprime les musulmans et les agresse,  lorsqu’il se permet de verser le sang d’un innocent, ou lorsqu’il devient une caricature hideuse, mais fausse de l’Islam.

Les égarés, affichant leur arrogance impériale ou leur bigoterie de vassal, ne peuvent lire et comprendre les signes qui témoignent de leur tyrannie au sens propre du terme ou au sens symbolique.

C’est ce cadre coranique qui nous permet d’entrevoir les évènements comme signes annonciateurs de la fin des uns et de l’émergence des autres. C’est dans ce cadre que nous avons annoncé que la tyrannie de l’Empire risquait de se retourner contre lui et faire en quelque sorte que le vote attendu des élus américains ne devienne un autre signe marquant de la  déroute du système ou le début d’une guerre intérieure, politico idéologique et militaro administrative, accélérant la décomposition et la fragmentation du système. Pour l’instant la presse américaine présente la majorité du  non comme le plus probable. Le oui minoritaire serait par contre extrêmement radical. Le oui et le non peuvent isoler le Président et faire entrer le système en crise prolongée pendant, avant et après la guerre imminente ou différée.

C – L’énoncé de la sourate Al Qalam

Comment seront les prochains jours, les prochaines semaines ou les prochains mois ? La loi de l’Istidraj est vraie, ses circonstances de temps, de lieu et de modalités d’action  ne relèvent que du savoir du vouloir  et du pouvoir d’Allah. La sourate Al Qalam  confirme et explicite la loi de la graduation et ses conséquences :

{Laisse-moi donc avec ceux qui démentent ce Coran, Nous allons les conduire graduellement (vers leur perte)  par où ils ne se savent pas.  Mais, Je leur accorde un répit, car certainement Ma manœuvre est infaillible. Leur aurais-tu jamais réclamé, pour ta mission, un salaire qui aurait pu leur peser? Ou détiendraient-ils le Ghayb pour les inspirer quoi écrire? Persévère donc,  soumets-toi au Décret de ton Dieu et ne sois pas comme l’homme au poisson, lorsqu’il appelait (Dieu) en étant en colère. S’il n’eut été sauvé par une Grâce de son Dieu, il aurait été rejeté et réprouvé sur la côte aride.} Al Qalam  44 à 50

1 – Allah est le seul et véritable agissant.

2 – Ceux qui sont conduits progressivement à leur perte ne peuvent deviner le moment et le lieu de leur perte.

3 – Le Dessein d’Allah est écrit, infaillible et imparable ; Nul ne peut le consulter ou le modifier.

4 – Le Prophète (saws) et ses adeptes doivent attendre la Promesse avec patience, constance, endurance et persévérance. Nul n’est autorisé à se laisser dominer par ses sentiments et croire que le destin s’accomplit selon ses désirs au risque de se voir rejeté et méprisé.

Ceux qui se sont empressés de semer le chaos et à appeler l’Empire pour régler un contentieux politique interne ou réaliser un Khalifat islamique régional au prix de l’effusion du sang et du désordre ne sont ni aptes à gouverner ni aptes à donner des titres de vertu. Ils ne représentent pas la ligne du Prophète. A ce jour, ils n’ont toujours pas fourni des arguments religieux ou politiques pour justifier leur sédition et leur Fitna. Il ne s’agit pas d’être pour ou contre Bachar, pour ou contre la solution islamique,  mais de s’inscrire dans la vérité coranique, sinon dans celle que partage l’humanité qui ne diffère pas de celle du Coran.

Il s’agit de guerre, d’enfants,  de soldats et de combattants musulmans qui vont mourir alors il faut dire la vérité que les arguments fallacieux tentent de masquer en faisant des jeux de mots ou en se cachant sur des hadiths tel que celui qui dit qu’Allah frappe le tyran par le tyran et l’injuste par l’injuste et que par conséquent Kadhafi et Bachar Al Assad comme Saddam Hussein sont des tyrans frappés par d’autres tyrans, et c’est ainsi. Ceux qui réfléchissent et parlent ainsi ont désacralisé la vie humaine et se considèrent comme des pieux, des vertueux, des justes, alors qu’ils sont des fauteurs de troubles qui n’ont aucun crédit moral, religieux ou intellectuel à faire valoir. L’expérience a montré qu’ils sont pires que les tyrans qu’ils veulent combattre quitte à détruire un pays,  exterminer un peuple, et renforcer un Empire pourtant agonisant.

 Graduation et science dans la marche de l’Empire vers sa fin inexorable

istidraj

{Nous allons les conduire graduellement (vers leur perte) par où ils ne se  savent pas.}

L’Isdiraj, la gradation, est le passage de marche en marche dans un sens ascendant ou descendant. L’Empire peut évoluer jusqu’à atteindre l’apogée de sa puissance puis imploser ou se désintégrer comme il peut évoluer progressivement vers la décadence et disparaître en perdant de sa puissance, de son rôle et de sa place dans le monde. Il peut aussi être soumis aux deux mouvements le rendant totalement désorienté, confus et incohérent, présentant le paradoxe d’une puissance en expansion et d’une faiblesse en expansion aussi. Soumis à des forces contradictoires il finit soit par se déchirer de l’intérieur aidé en cela par les  effets extérieurs  de sa force ou de sa faiblesse ou soit se briser à l’extérieur ne pouvant plus compter sur ses forces intérieurs contradictoires. C’est une fin tragique sur le plan historique. L’Amérique porte les symptômes de tous les scénarios de  fin tragique et lamentable.

L’Isdiraj c’est aussi la mise en séquence pour signifier un mouvement qui devient moteur de sa propre dynamique. L’empire est conduit par son propre élan vers l’accomplissement de plus en plus accéléré de l’épuisement de son énergie avant de finir épuisé, sans ressources, sans dynamique. Allah les fait donc courir vers ce qui va provoquer fatalement leur perte.  Allah ne dit pas si ce qui va provoquer la fin de l’Empire sera grand ou petit, dominant ou dominé. Le contexte ainsi que le sens du Coran laisse comprendre qu’il s’agit d’un rapport de force disproportionné entre  le Tyran et son adversaire.

L’Isdiraj c’est aussi l’enroulement. Il faut voir mentalement et symboliquement l’image d’une feuille enroulée sur elle même puis transposer le signe sur une civilisation, une société, un moment historique.

L’Isdiraj c’est aussi une référence à la proportionnalité dans le sens où le châtiment divin qui survient toujours à l’improviste frappe les cités injustes selon le degré de perversités et de crimes commis. Plus les crimes sont grands en nature, en intensité, en durée,  en étendue et en masse de participants plus le châtiment vient différé et dévastateur. Si Allah se comportait avec empressement il y a longtemps qu’il n’y aurait plus de vie sur terre.

Enfin L’Isdiraj appelle du temps. Allah est Créateur du temps et de l’Espace, Il accorde des étendues d’espaces et des délais de temps que nous pouvons appeler répit, répit d’épreuves des hommes les uns face aux autres, et répit de preuves par le principe de justice et d’équité qu’Allah a décrété. Plus la civilisation est grande, plus la mise en abîme est profonde dans le temps, dans l’espace et dans le rapport entre les dons qu’Allah accorde et le mauvais usage que les tyrans en font contre d’autres hommes et d’autres peuples, et bien entendu plus le Châtiment d’Allah est terrible.

Savoir (ya’lamoun) et percevoir, se rendre compte, s’apercevoir, prendre conscience ou ressentir (yach’ouroun) sont deux notions différentes. Le Coran les distingue ;  les traductions ou les commentaires qui  ne le font pas occultent la dimension du Coran et limite la portée de l’analyse sur la réalité.

Le terme savoir est primordial pour comprendre la crise et son issue. Par le savoir on recense,  mesure,  analyse,  compare,  juge et  décide en vue de comprendre, anticiper et  agir pour faire un gain ou se protéger d’une perte dans le domaine scientifique, politique, économique et militaire. L’absence de savoir laisse le ressenti par l’instinct prisonnier de l’inconnu et du doute qui naît de l’impossibilité de comprendre les composants et les circonstances d’un phénomène redouté d’une manière confuse.

Nous savons que le savoir humain est relatif. La construction de ce savoir relatif exige une abstraction sur les facteurs et sur leurs interactions. Le savoir devient nul lorsque les facteurs et leurs interactions ne sont plus contrôlable soit par leur complexité soit par le nombre de leurs inconnues, soit par leur déroulement échappant à la logique humaine et à ses instruments de mesure et de calcul. Sans parti pris, force est de constater que le système mondial est entré dans une logique d’entropie qui le rend incapable de voir l’ensemble des facteurs et  d’agir sur leurs interactions…

{sourds, muets, aveugles, ils ne raisonnent plus} Coran

Par une ellipse, le Coran nous dit que sur le plan cognitif, affectif, idéologique, économique, politique, scientifique, technique, technologique et organisationnel, le système impérial dispose des moyens de puissance, de manipulation et de savoir qui vont s’avérer  impuissants à stopper sa chute et son déclin. Contre le Décret divin tous les stratagèmes s’effacent et contre le Châtiment divin les plus grandes civilisations s’effondrent.

Par ailleurs en se plaçant sur le savoir, le Coran renforce la dramatique de la chute de l’Empire qui se croit invulnérable par sa puissance et son savoir, car le système tyrannique perçoit le danger, vit dans l’inquiétude, subit l’angoisse du haut de sa puissance contre un danger qui le guette et qu’ il a du mal a mesurer scientifiquement et dont il a du mal a s’en prémunir. Il vit dans la confusion totale.

Pour comprendre le rapport de l’Istidraj au savoir  dans cette Aya il faut imaginer un homme, une société, une armée, une civilisation, un phénomène pris dans une torsion, une accélération, un enroulement, une séquence sur laquelle il n’a plus prise et dont il ressent le danger, mais dont il ne sait ni la fin ni la réalité. Le Décret divin avait opéré une « mise en abîme » des Arabes qui avaient persécuté le Prophète (saws) et élaboré des machinations diaboliques contre lui et ses compagnons. C’est le même Décret divin qui gouverne l’histoire humaine.

Pour comprendre le rapport de l’Istidraj au savoir il faut savoir que l’injuste va se déplacer de la sécurité et de la puissance vers l’insécurité et la faiblesse sans savoir comment se fait ce déplacement ni vers où il conduit tout en ressentant de l’inquiétude au fur et à mesure de la vitesse et de la durée du déplacement qui font perdre les repères traditionnels sécurisant sur le plan psychologique sans apporter des réponses objectives.

Par le conflit interne entre le bien et le mal, l’Empire perçoit son  inquiétude ; par la cupidité et la convoitise, il  redoute la fin de ses privilèges. Par l’absence de savoir sur les moyens, les circonstances et les modalités de sa fin, l’Empire est confronté au châtiment de tous les égarés dans cette existence : la perte de sens, l’absence de finalités… Lorsque le savoir qui se construit sur l’étude de faits réels déserte les élites, alors la politique, la sociologie, l’économie et les médias s’inventent des faits tenant lieu de savoir s’impliquant dans le faux et tombant dans le piège de leurs mensonges et de leurs falsifications.

Nous pouvons facilement imaginer le système américain cultivant à son détriment le paradoxe de l’hyperpuissance impuissante,  de l’impuissance dévastatrice, du savoir vain, de la science sans conscience, d’une armée sans objectifs de guerre, sans budget, sans enthousiasme populaire. Nous pouvons voir comment les appareils idéologiques et médiatiques de l’Empire et du sionisme qui façonne la configuration, le contenu et la portée du savoir se trouvent emballés, excités, incapables de délivrer un message cohérent et crédible pour garder sous leur emprise les esprits de l’humanité.

Obama l’élu du système qui a joué au Pygmalion-Homme providence se trouve dans la confusion totale, à la fois  exprimant et entretenant la confusion d’un système qui perçoit sa confusion et sa fin, mais ne sait pas comment conjurer ce qu’il craint alors qu’il déclinant  au sommet de sa grandeur ou agonisant au bas de sa chute.

D’après ce que j’ai lu, personne ne sait d’où viendrait la force de résistance de l’armée syrienne, car nul ne sait de quel armement elle dispose,  ni de quelles fortifications elles disposent, ni de quelle technicité et technologie elles disposent. Les experts non alignés sur l’Empire, le sionisme et les Bédouins arabes avancent l’idée que l’armée syrienne n’a pas mobilisé toutes ses forces contre la rébellion armée car elle savait qu’elle devait faire face à une agression de l’Empire, du sionisme, de la Turquie, des Arabes ou d’une coalition internationale. Nous allons connaitre le dénouement dans quelques jours, quelques semaines ou quelques années, si Allah nous prête longue vie.

l’explication eschatologique de l’Histoire n’est pas un savoir

L’Internet regorge d’explication eschatologique juive, chrétienne et musulmane sur ce qui va se passer. Chaque partie et chaque partisan pro Assad ou anti Assad s’attribuent les bénéfices de la confrontation apocalyptique et du retour du Messie (saws).

Je reste extrêmement prudent pour quatre raisons :

La première est spécifique au lexique et à la sémantique du Coran. Allah (swt) lorsqu’Il évoque la fin du monde, Il utilise le terme avoir conscience, se rendre compte, ressentir (yach’ouroun) pour montrer la fin foudroyante et fulgurante de la fin qui survient sur une humanité totalement ivre et bestiale. Nous avons la différence  lorsqu’il s’agit de la fin des Arabes idolatres et par extension des Tyrans et des Empires.

La seconde  est que nous croyons au  Ghyab y compris dans sa formulation sur le retour du Messie (saws), mais nous croyons selon les termes du Coran que l’heure ultime n’est connu que d’Allah (swt). Certains exégètes citent un hadith où le Prophète (saws) nous demandent de démentir les Waqàtoun, ceux qui fixent une date aux événements futurs annoncés par le Coran ou par la Prophétie.

La troisième est que les Musulmans ont eu recours à ces explications pour expliquer ce qui dépassait leur savoir. Eux même pris dans une forme d’Istidraj du  système de leur époque avaient perdu toute démarche scientifique et ont préféré se réfugier dans les mythes et le fantastique ou faire dire à Allah et à Son Prophète ce qu’ils n’ont pas dit.

La quatrième est que nous assistons à une confrontation militaire possible en Syrie (voire au Moyen-orient) sur un fond de rupture tant  au sein de l’Empire qu’entre l’Empire et le reste du monde qui provoquera des ruptures majeures dans le monde arabe et musulman. Nous n’assistons pas à la préparation ou au lancement d’une guerre mondiale. Nous ne voyons pas la minorité de croyants se fédérer et affronter l’oppression et la perversité mondiale annonçant la venue du mahdi ou le retour du Messie. La crise syrienne dans l’échiquier mondial ou sur la carte du monde arabe et musulman n’est ni la crise majeure ni la crise ultime.

Al Istidraj est cette mise en abîme historique par un séquentiel de rhizomes de crises  non résolues qui échappent de plus en plus à l’entendement de leurs acteurs jusqu’au point de non retour c’est à dire jusqu’à la résolution tragique : la fin du fauteur de troubles. L’Empire américain et le sionisme sont des fauteurs de troubles. La violence et le désordre sont une composante structurelle et essentielle de leur existence.

Al Jazeera, les idiots utiles arabes et la subversion sioniste

Comme à l’accoutumé Al Jazeera forte de son audience dans le monde arabe joue sur le Wahn des esprits moribonds et mortifères pour leur vendre de l’information amalgamée en provenance du palais sans que le savantissime Qaradhawi ne dise ce qu’il est tenu de dire

«  Quiconque nous trompe n’est pas des nôtres »

« Quiconque verse le sang d’un musulman ou incite à attenter à sa vie, à sa dignité se présentera le Jour du Jugement dernier, inscrit sur son front : désespéré de la Miséricorde d’Allah »

Elle vend le faux sans preuves ni arguments :

1 – 87% des 70 000 intervenants sur une de ses émissions de télévision approuveraient  la frappe américaine contre la Syrie. Dans le cas où ce chiffre est vrai, que pensent les 300 millions d’arabes et le milliard et demi de musulmans ?

2 – Elle utilise le présent et non le conditionnel pour imputer au régime syrien l’usage des armes chimiques alors que la France et les USA sont discrédités par leurs informations sans preuves. On ne décrète pas une guerre contre un pays souverain sur la base de vidéos provenant de ses opposants ou d’écoutes téléphoniques provenant de son ennemi. On n’applaudit pas à une guerre mené contre son territoire et son peuple. On ne se fait pas porte-parole de ceux que le Prophète a maudit et qui combattent sous l’étendard de la confusion.

3 – Elle pose comme inéluctable et juste la volonté américaine de punir le régime syrien faisant l’impasse sur les questions essentielles :

–          Pourquoi avoir refusé le dialogue et poussé la Syrie à la guerre civile ?

–          Pourquoi ne pas poser le problème moral, idéologique et politique des expéditions punitives de l’Amérique comme si elle était Dieu se réservant le droit de vie et de mort sur ses créatures.

–          Comment des Arabes et des musulmans peuvent-ils tolérer une agression contre un pays arabe et musulman et s’en faire les porte-voix  alors que la religion, la logique et l’honneur l’interdisent.

4 – Elle ne joue pas son rôle de médias, mais s’affiche comme organe de propagande et de désinformation en faisant croire que la Russie par la voix de Poutine a dit qu’il voterait une résolution de l’ONU et qu’il participerait à la guerre contre la Syrie alors qu’il l’avait dit au conditionnel pour mettre au défi les Etats-Unis et Obama d’apporter la moindre preuve. Voici quelques extraits de l’intervention de Poutine

« S’il y a des informations selon lesquelles des armes chimiques ont été employées, et employées par l’armée régulière de Syrie, alors ces preuves doivent être présentées au Conseil de sécurité de l’ONU (…) elles doivent être convaincantes,

(…) Elles ne doivent pas se baser sur des rumeurs ou des informations reçues par les services secrets au cours d’écoutes, de discussions »,

(…) Si des preuves montrent sans équivoque qui a usé des armes chimiques, alors « nous sommes prêts à agir le plus résolument et sérieusement possible.

Ce n’est que lorsqu’il y aurait des preuves convaincantes que Poutine l « n’excluait pas » de soutenir une action armée occidentale, mais faute de preuves toute action militaire serait à considérer comme une « agression » :

   « Selon le droit international, seul le Conseil de sécurité de l’ONU peut décider de l’usage des armes contre un Etat souverain ».

(…)  » L’usage de la force vis-à-vis d’un Etat indépendant et souverain sera inacceptable et ne pourra être qualifié que d’agression ».

Al Jazeera non seulement court le risque d’être poursuivie devant les tribunaux pour faux et usage de faux, mais elle risque de paraitre ce qu’elle est réellement : une collaboratrice de guerre. Même si le bruit de la guerre ne se fait pas entendre, Obama a déclaré la guerre à la Syrie, et l’opinion mondiale le sait. Les journalistes d’Al Jazeera sont en train de jouer leur honneur et leur vie, mais ils sont tellement pris par leur propre mise en scène qu’ils ont perdu non seulement la pudeur, mais le sens des réalités.

Les journalistes d’Al Jazeera peuvent défendre la cause de l’insurrection armée et de l’opposition syrienne pour des raisons idéologiques ou mercantiles, mais ils ne peuvent faillir à leur devoir d’information ni à la déontologie du journalisme en temps de guerre. Ils ne pourront jamais échapper, dans ce monde et dans l’autre, à leur responsabilité dans la Fitna et dans l’effusion de sang.

L’Islam Jihadiste ou l’Islam politique  aux mains des Bédouins arabes et de voie médiatique du Qatar  ne pourra jamais déboucher sur autre chose que la criminalisation et la mise en échec de l’éveil musulman. Les purs produits de l’Empire anglais et les purs vassaux du sionisme et de l’impérialisme américain ne peuvent mener leur mensonge éternellement et effacer la conscience arabe et musulmane. Personne ne sait quand et comment ils seront balayés de la surface de la terre, mais la majorité s’accorde à dire que leur nuisance a trop duré. Si les Arabes et les musulmans ne voient pas comment Al Jazeera a mené les péripéties des Frères musulmans à la confusion puis à la persécution qu’ils s’attendent donc de suivre le même sort.

Al Jazeera pourrait continuer de mentir, mais il suffit que nous prenions conscience des deux sources véritables de nos malheurs structurels et de ne pas focaliser sur le conjoncturel du régime syrien et de l’usage vrai ou faux du chimique pour nous libérer de la propagande :

– Le moi, le notre,  arrogant et ignorant;

– L’Empire et le sionisme en cours d’achèvement historique…

Tayhoudite, Takloubite et Takharbite : détruire la Syrie et le monde arabe.

Le dialecte algérien désigne par :

  • Tayhoudite, la nuisance sociale sous les apparences de bigoterie morale ; étymologiquement il signifie faire le Yahoudi qui s’est distingué des Bani Israël en transgressant les Prophètes et en les agressant pour s’émanciper de la loi mosaïque et devenir bigot anarchiste.
  • Takloubite, la ruse et la cruauté de l’hyène face à sa proie ; étymologiquement il signifie faire le vassal et l’opportuniste  en rampant et en haletant comme un chien. Il signifie aussi de s’ancrer dans le monde et de refuser de s’en libérer à moins d’en être violemment arraché comme un koulab (tenailles).
  • Takharbite, la diversion, l’amalgame et la casuistique d’un fauteur de troubles ; étymologiquement il signifie provoquer la mise en ruines (kharba) en mettant sens dessus, en brouillant les cartes.

Ensemble, ils sont le Tchitine c’est-à-dire l’implication, l’activation et l’interaction des processus sataniques subversifs et  destructeurs. Étymologiquement il signifie se comporter comme le serpent arabe du nom de Chaytane connu par sa capacité à se tapir, à se faufiler furtivement et à attaquer à l’improviste en injectant du venin mortel.  Le peuple algérien sait conjuguer le Berbère et l’Arabe lorsqu’il  évoque les intrigues et les efforts collaboratifs du maître colon et du colonisé auxiliaire  pour saper l’identité et le territoire de l’Algérien.

[dropcap]P[/dropcap]rofitant à la fois  de la confusion (Fitna)  qui règne dans le monde arabe et musulman et de la vassalité des Européens, le sionisme et l’Empire tentent de rééditer le « coup » irakien. Ils battent les tambours de guerre et sonnent le glas. Nul n’a les moyens d’anticiper sur l’agenda et les objectifs de guerre, sur  l’étendue du champ de bataille et ses conséquences. Les moyens médiatiques, les moyens psychologiques  et les moyens militaires sont mobilisés.

Cette fois-ci ils font preuve de moins d’imagination pour faire valoir leur « preuves » médiatiques. Il leur suffit de proclamer  leur verbe comme « paroles d’Evangile » pour trouver non seulement les capitales occidentales  et arabes consentantes et les opposants syriens empressés de voir leur pays et leur peuple sous le déluge de feu, mais la bénédiction de savants et d’intellectuels séniles et monstrueux. La hargne de la guerre contre la Syrie semble défier celle menée contre l’Irak.

Il faut être sénile ou monstrueux pour croire que le déluge de feu sur Damas, le Président syrien ou l’armée arabe syrienne va trancher un conflit que les séniles et les monstres ont attisé au lieu de régler par le dialogue, faute d’avoir la patience des Prophètes qui accompagnent la réforme globale. Il faut être un eunuque pour supporter de voir un général syrien déserteur ou un général  arabe qui n’a jamais gagné une guerre ni envisagé d’en livrer une contre l’entité sioniste venir expliquer la précision chirurgicale des frappes de l’armée américaine comme d’autres généraux arabes l’ont expliqué pour occulter le nombre de morts et la destruction en Libye.

Rompant avec la patience et l’effort assidu de la réforme, ils encouragent l’effusion du sang et la dislocation du territoire. Faisant fi de l’interdiction du Prophète (saws) de combattre sous un étendard de confusion (false flag) ils se félicitent de l’intervention de l’OTAN en Libye et appellent de tous leurs vœux  l’intervention américaine en Syrie. Sans culture géopolitique ni culture politique ils participent à la destruction d’un Etat croyant ainsi remporter la victoire sur un régime qu’ils ne sont pas capables de gagner politiquement, idéologiquement et militairement.

Prisonniers de leurs passions et de leur culte idolâtrique du chef ils refusent non seulement de voir l’absence d’arguments religieux, moraux et politiques  du recours à la violence armée dans le verbe des incitateurs à la guerre, mais de voir comment ils déchirent leur pays et répandent le sang des innocents au profit des luttes d’influence que se livrent les Bédouins et les Janissaires pour être les favoris du sionisme et de l’Empire.

Nous sommes plusieurs à avoir demandé depuis des mois des arguments religieux attestant de la véracité des Fatwas meurtrières. Nous sommes nombreux à avoir exposé les arguments coraniques et prophétiques contre le meurtre des innocents et contre la violence armée dirigée contre un Etat constitué dans un pays musulman tant que la Salat est respectée et tant que le Kofr n’est pas Kofr Bawah : flagrant, incontestable, admis par tous.

Nous sommes plusieurs à avoir dit qu’il est injuste et immoral, si on admet le recours extrême à la violence armée contre un gouvernant despote et illégitime, de diriger la violence contre la Libye, le Yémen et la Syrie et de la refuser en Arabie saoudite source des Fitna dans le monde arabe, au Bahreïn où on a assisté à une répression sanglante des manifestants, et en Algérie où un parti islamiste a été réprimé après avoir remporté démocratiquement les élections. En Egypte où la Constitution, l’Assemblée, le Sénat, le Président, le gouvernement, les partis politiques et les médias proches des Frères musulmans sont suspendus et réprimés  personne n’appelle au Jihad. Nous sommes en droit moralement, religieusement, intellectuellement et politiquement de nous questionner sur ce traitement discriminatoire.

Le frère Salaheddine est sans doute celui qui a fermé la porte à toute dérive affective et à toute subversion dès le début en refusant de croire que la révolution arabe née d’un acte de désespoir qui a poussé un jeune homme à s’immoler attentant à sa vie propre vie sacrée puisse ne pas donner autre chose qu’un suicide collectif. Tout ce qui est fondé sur le faux est faux et finit par s’écrouler pour le dommage de tous. Personnellement j’ai montré dans mon livre « Révolution arabe : mystique de l’histoire ou mystification », alors que la « révolution était à son commencement, qu’il y avait des possibilités de libération des peuples arabes, mais que l’inculture géostratégique des élites et l’absence de curseur idéologique allait se transformer en cauchemar et donner l’occasion à l’Empire de continuer à provoquer les césures dans nos géographies, nos mentalités, nos économies et nos politiques.

Qaradhawi qui a appelé au Jihad contre le régime syrien, qui donne caution aux assassinats de ceux qui refusent la Fitna et qui appelle ouvertement l’Amérique à bombarder la Syrie est interpellé par la logique : pourquoi épargner l’Egypte de l’appel au Jihad contre les éradicateurs ?

Pourquoi ce Takharbite qui fait fi de la réalité confessionnelle et de l’interaction sociale et spatiale dans le Cham (Palestine, Syrie et Liban). Une guerre menée par les Croisés occidentaux mettra fin à 14 siècle de vie commune entre musulmans et chrétiens avec des répercussions dont seul le Tchitine connait l’ampleur puisque dans ses plans de Takloubite et de Tayhoudite il prévoit plus tard de venir en aide aux populations chrétiennes après les avoir armées pour les sauver de la barbarie des musulmans. La majorité des Chrétiens d’Orient ne sont ni sionistes  ni occidentalistes. Ils font partie intégrale de la civilisation musulmane et de la culture arabe. Les hommes d’Eglise semblent être plus arabes, plus rationnels et plus humanistes que les docteurs en  Fiqh et en Charia. Les gens du Cham utilisent le terme  » la Kharbata » pour désigner le dérèglement hormonal, l’amalgame des mots, le jeu du désordre des choses. Quel que soit le dialecte utilisé,  les Arabes du Maghreb et du Machreq  partagent les mêmes jeux et les mêmes maux. Il était attendu des élites arabes, politiques, intellectuelles et religieuses, de contribuer à mettre de l’ordre dans la pensée, dans les émotions et dans les mots, mais ils n’ont ni le désir, ni la compétence, ni la vocation.

Pourquoi n’avoir jamais mobilisé des hommes, de l’argent et des tribunes pour soutenir les musulmans réprimés et violentés en Afghanistan, en Birmanie, au Nigéria ? Pourquoi criminaliser  la Chine,  la Russie et  l’Iran lorsqu’ils s’opposent à l’intervention américaine en Syrie alors que la religion, la raison et l’histoire nous demandent de voir la réalité et de prendre position en connaissance de cause et avec équité. Faire l’impasse sur les rapports de forces, sur les intelligences et les contradictions économiques en présence sur l’échiquier mondial n’est pas honnête pour un homme de religion.

Est-il possible qu’un savant musulman ait moins de conscience et redoute moins les conséquences d’une agression impériale sur un pays arabe et musulman que les parlementaires anglais et l’opinion mondiale.  Est-il possible qu’un savant musulman refuse d’écouter les arguments contradictoires et de jouer un rôle de juge et arbitre lorsque la justice est absente alors que la Russie est en train de montrer qu’elle conteste les « preuves » américaines, car elle dispose d’image satellites prouvant le contraire et qu’elle disposent d’informations mettant en cause le renseignement  de l’entité sioniste dans la fournitures d’écoutes amalgamées.

Est-il logique que le Tayhoudisme arabe ne soit pas perçu par les Arabes alors que leurs Tayhoudites se taisent sur la judaïsation de la Palestine par les Beni Yahouda ? Est-il normal d’offrir à l’Empire et au sionisme une paix durable,  inconditionnelle et sans contrepartie alors que la Palestine est vidée de ses terres, de son sang, de ses ressources, de son histoire, alors qu’on offre à la Syrie que la capitulation, la guerre civile et le démembrement ?

Est-il possible que le Takloubisme, ce comportement à la fois de chien enragé qui aboie et qui mord, et de chien sournois haletant en quête de rapine ne soit pas perçu par les Arabes qui vivent dans le Wahn qui les laissent comme des gamelles que tous les chiens galeux convoitent et dévorent ?

 Est-il possible que les experts en Fitnalogie, les docteurs en Takharbite, qui sèment la zizanie, la félonie et la confusion persistent à brouiller les cartes et à inverser les rôles sans que la conscience religieuse ne vienne à se ressaisir pour voir et expliquer le sacrilège commis au nom de la religion et de la liberté.

Est-il possible qu’un savant du niveau de Ramadhan Al Bouti soit assassiné pour avoir refusé de cautionner la Fitna sans que cela n’interpelle les hommes de religion.

Est-il possible que le frère Salah Eddine Abou Arfa d’Al Qods soit humilié et chassé de la mosquée sacrée par des excités se réclamant de l’islam parce que Salah Eddine  a assumé ses responsabilités religieuses en  rappelant aux Arabes de ne pas commettre le sacrilège de verser le sang et en osant dire la vérité qui dévoile les Tayhoudites, les Takloubites et les Takharbites dominants le monde arabe. N’est-il pas urgent d’apprendre à dialoguer et de consentir à dire et à écouter tant la parole n’incite pas au meurtre et à la corruption sans que que celui qui parle ne puisse mettre sa vie, sa liberté et sa dignité en périls?

Est-il possible de voir les Arabes et les Musulmans ne pas se réveiller et dénoncer la ligue arabe et l’Association internationale des Savants musulmans  qui non seulement se sont tus, mais qui coopèrent avec l’Empire pour lui donner finances, caution morale et religieuse, territoires, diplomatie, justifications politiques pour détruire les armées et les territoires arabes. Est-il possible que la tyrannie d’un gouvernant et de ses généraux puisse être invoquée pour verser le sang des musulmans, saper leur Etat déjà moribond, et servir les intérêts stratégiques de l’Empire et du sionisme.

Comment comprendre la haine que se portent les Arabes et les musulmans si ce n’est la rencontre entre deux cultures : celle du colonisé et celle du colonisateur qui ensemble tissent la toile idéologique, politique, économique et social du        Tayhoudite, Takloubite et Takharbite.

Comment ne pas voir l’œuvre des Arabes et des imposteurs de l’Islam dans le Tayhoudite, Takloubite et Takharbite lorsque l’Empire se venge du front du refus arabe (Irak, Syrie, Libye et Algérie) contre la normalisation de Sadate avec l’entité sioniste, lorsqu’il agresse l’axe de la résistance, et lorsqu’il sape ce que le Prophète (saws) a béni   :

  • Tabarani rapporte que le Prophète a dit :

« Les Anges d’Ar-Rahman étendent leurs ailes sur la Syrie »

Ceux qui acceptent pour des intérêts partisans et se montrent ingrats devant le sacrifice du peuple syrien à soutenir la résistance libanaise et palestinienne et maintenant encouragent ouvertement ou en cachette l’agression de la Syrie sont des monstres.

  • l’Imâm al-Boukhârî rapporte que Ibn Omar rapporte a le Prophète (saws) a dit :

 « O Allah mon Dieu ! Bénis pour nous la Syrie ! O Allah mon Dieu ! Bénis pour nous le Yémen ».

  L’assistance  lui dit  alors : « Et le Najd ? ».

 Il reprit : O Allah mon Dieu ! Bénis pour nous la Syrie ! O Allah mon Dieu ! Bénis pour nous le Yémen ».

 Ils lui disent de nouveau : « Et le Najd (Est de Médine)? ». Et je crois qu’à la troisième fois il leur dit :

« Dans cet endroit, il y a des tremblements de terre et des séditions. C’est à cet endroit que se lèvera la corne du diable (le fer de lance du mal)».

madinah1

(Le Najd est le territoire à l’Est de la province de Médine couvrant les provinces actuelles de Riyad, Al Qasim et Haïl.)

  • Tabarani rapport que le Prophète (saws) a dit :

« Par Allah, Je vous en conjure par Lui, vous devez vaincre les Egyptiens, car ils seront alors un soutien pour vous et des adjuvants dans la cause d’Allah »

 « Vous trouverez des armées (alliés) : une en Syrie, une autre en Egypte, une en Iraq et une autre au Yémen »

N’est-ce pas que l’Egypte, la Syrie et le Yémen sont sous l’œuvre démoniaque de la sionisation, de la prédation et de l’insenséisme. Je ne suis pas partisan des raccourcis, mais force est de constater que la Fitna en provenance de l’Est de Médine provient de pays et de mouvements œuvrant pour l’Empire et le sionisme. Il suffit de voir la carte du monde et de la projeter dans les temps passés et dans les temps présents pour voir les facteurs se conjuguer depuis des siècles pour détruire l’arabité et l’islamité comme l’avait prédit le Prophète (saws) :

« La fitna viendra de l’est »

 madinah12

Qui  cherche donc  à allumer le feu de la Fitna entre Sunnites et Chiites et entre Arabes et Iraniens, et à détourner la communauté musulmane de ses problèmes majeurs alors que la même carte de géographie et la même histoire impériale anglo-saxonne nous montrent les mêmes  pays et les mêmes régimes façonnés par le satanisme, la cupidité, et la stupidité.

Les divergences doctrinales, idéologiques et politiques internes au monde arabe et au monde musulman ne permettent à aucun Arabe et à aucun Musulman, sous n’importe quel prétexte et sous la conduite d’aucune figure charismatique faisant autorité médiatique ou religieuse, d’accepter l’effusion de sang ou le chaos, lorsque la religion et les impératifs géostratégiques désignent le crime,  le criminel, son commanditaire  et ses complices.

Quelles les sont donc les motivations qui facilitent le Tayhoudite, le Takloubite et le Takharbite si ce ne sont les prétentions à se croire le meilleur rendant licite le sang sacré, les cupidités qui convoitent, et des confusions qui font perdre les repères religieux, moraux et nationaux. Notre Prophète (saws) qui nous a expliqué les petits et grands  détails pour ne pas nous  laissés sans cap et sans sens devant les partisans de la sédition et de la subversion :

Abû Saïd al-Khudri (ra) a dit :

«  Nous étions une fois en présence du Messager de Dieu  alors qu’il était en train de diviser l’aubaine de guerre. Dhu-l-Khuwaysira, un des hommes de la tribu de Tamim, s’approcha de lui et lui dit : « O Messager de Dieu, sois équitable ! ». Le Prophète répondit : « Malheur à toi ! Qui sera équitable si je ne le suis pas ? Tu es bien perdu si je ne suis pas équitable ! ». ‘Umar (ra) dit : « Messager de Dieu ! Permets-moi de me battre avec lui pour que je lui coupe la tête ! ».

Mais il dit : « Laisse-le, car il a aussi des compagnons ; et l’un de vous pourrait détester de faire sa prière en leur compagnie, ou de jeûner en leur compagnie. Ils prononcent le Coran, mais il ne va pas au-delà de leur clavicule. Ils passent à travers la religion comme une flèche passe à travers sa cible ». Abû Saïd continua : Je jure que j’étais présent lorsque ‘Ali ibn Abi Talib lutta contre eux. Il ordonna de ramener cet homme »

Dhu-l-Khuwaysira, est l’emblème personnifié de la Fitna, laquelle peut prendre des formes institutionnelles (pays, parti politique, groupe sectaire). Dans ce Hadith on voit les principales causes qui alimentant la Fitna autorisant le sacrilège :

  • Se considérer plus pieux, mieux informé et plus digne de servir l’Islam que ne l’est le Prophète lui-même. Cette psychologie mégalomaniaque et ce zèle bigot font plus de tort à la communauté musulmane que Satan lui-même. Les savants de la Fitna et leurs vassaux ne donnent ni argument religieux, ni argument moral ni argument politique ou géopolitique, ils se contentent de se poser comme parlant au nom de Dieu comme s’ils étaient dépositaires de  Sa Parole ou des  Justiciers exécutant Son Décret. Dhu-l-Khuwaysira se prétendait plus équitable et plus savant de l’équité que le Prophète. Le Prophète (saws) a annoncé les malheurs et la perdition qu’une telle prétention réaliserait tant au sein des illusionnés qu’au sein de la communauté.
  •  Omar exprime la conscience de la communauté qui doit couper la tête de la Fitna si elle ne pas veut en devenir otage.
  • Ali est leur victime. La nation musulmane fournira des victimes parmi ses plus illustres fils tant que l’ensemble de la communauté restera divisée et en proie aux séditieux qui imposent leur loi et leur idéologie. Le monde musulman et le monde arabe tout particulièrement sont otages de la bigoterie savante et infantilisante.
  • Le Prophète a décrit leur religiosité sans humanité et ses conséquences afin que la communauté ne soit pas otage des apparences et des discours qui instrumentalisent la religion et qui manipulent la crédulité.
  • Le facteur déclenchant est l’aubaine de guerre. La cupidité, la convoitise, la prédation se rencontrent pour désacraliser les valeurs sacrées et rendre nulle et non avenue la parole d’un Prophète même si cette parole est évidente.
    • Nous ne pouvons ignorer les énormes moyens financiers mis en œuvre pour la Fitna dans le monde arabe. Les Arabes stupides se sont empressés d’annoncer la manne qui donne légitimité au coup d’Etat en Egypte. La stupidité la plus grande c’est de voir le gourou des Frères musulmans se préoccupés davantage de la haine des Arabes et des sionistes contre Bachar Al Assad et ne pas voir que les haineux sont en train de détruire son propre pays et qu’ils ont réalisé un coup de maitre en créant de la Fitna en Egypte, en Libye et en Tunisie pour agresser militairement la Syrie. L’Empire et le sionisme n’ont pas oublié le rôle de la Syrie dans leur défaite face à Gaza et dans l’équilibre de la terreur que le Hezbollah a réalisé par l’équation  « Beyrouth /Tel-Aviv ».
    • Nous ne pouvons ignorer les enjeux stratégiques du pétrole et du gaz : les découvertes en Syrie et le transport des hydrocarbures russes via la Syrie.
    • Nous ne pouvons ignorer la manne financière que les Arabes n’arrivent pas à gaspiller dans l’achat de joujoux immobiliers et militaires et que l’Empire capte à son profit et fait dilapider pour laisser les futures générations arabes sans perspectives de développement.

Tayhoudite, Takloubite, Takharbite, et Tchitine œuvrent pour que  chaque clan arabe se fasse voir un ange à magnifier et glorifier, mais présenter les autres comme des démons à blâmer et à éradiquer, alors que la situation est plus complexe sur le plan social, politique, idéologique, et historique. La seule démarcation est géostratégique, pour ou contre l’Empire et le sionisme, pour ou contre la prise en main de la société arabe de son devenir moral, religieux et politique, pour ou contre l’Islam dans sa vocation originelle de libérateur et de civilisateur, pour ou contre  l’indépendance politique et économique, pour ou contre le dialogue et la solidarité des peuples.

Le manichéisme simpliste et infantile ne sert ni la vérité ni les peuples. Il sert Satan, l’Empire, le sionisme et leurs liges.

Il ne s’agit pas d’être pour ou contre un dictateur, contre un parti, ou contre une armée, mais de refuser l’agression d’un pays par une coalition impériale. Allah a promis qu’il ne donnera jamais suprématie des mécréants sur les Croyants, ni des injustes sur les justes. Si les Croyants sont défaits intérieurement ou extérieurement ils doivent chercher les causes de leurs malheurs autrement qu’en se focalisant sur la quête de pouvoir comme si le pouvoir était leur totem ou leur fétiche. Les jours à venir vont dévoiler l’ampleur des dégâts que la quête du pouvoir à n’importe quel prix et dans n’importe quelles conditions a occasionné dans les mentalités, les mœurs, les économies et les géographies. J’implore Allah de protéger la Syrie et le peuple syrien d’une Fitna plus grande que celle qu’ils subissent actuellement.

Si jamais l’Etat syrien s’effondre alors imaginer comment les rivalités des pervers du Qatar et de l’Arabie saoudite vont se transformer en horreur sur le sol syrien. A moins d’un miracle ou d’une guerre mondiale,  il est difficile d’imaginer comment un petit pays avec 9000 missiles sol air et 4000 batteries antiaériennes, encerclé, sans continuité géographique avec son allié iranien peut trouver les ressources pour résister contre une coalition infernale qui a la maîtrise totale de l’air et de la mer et qui ne va sans doute pas livrer bataille au sol ni tenter de l’occuper et donner ainsi à la résistance nationale et régionale l’occasion de lui infliger de lourdes pertes.

Syrie

L’Iran n’a pas d’autre alternative que de frapper les territoires arabes, mais pour quells résultats et pour quelles conséquences. Est-ce que le Hezbollah peut supporter tout seul l’effort de guerre dans un Liban en proie à la Fitna. Tous les pays de la Région ont été conduit  sur un volcan de Fitna, de Takharbite, de Takloubite et de Tayhoudite, pour être neutralisés. Il n’y a pas de complot, mais la démonstration de la faillite des militaires et des civils, des gouvernants et des opposants, des islamistes et des non islamistes qui n’ont ni la morale ni l’intelligence de ne pas voir au delà de leur intérêts immédiaits.

La partie n’est pas encore jouée et le Tchaytine ne se réalise jamais comme prévu, lorsque l’on sait qu’un pet de moustique ou qu’un battement d’ailes de papillon peut provoquer une tempête dans l’océan, dans la mer, dans les terres, dans les airs ou dans les esprits. Il y a une loi statistique sur l’entropie de ce qu’on appelle le mouvement brownien, le mouvement chaotique, qui devient générateur de sa propre dynamique jusqu’à faire oublier par qui, par quoi et comment il est arrivé à ce stade de chaos. Le Takharbite entretenu depuis trop  longtemps est comme le mouvement browinien, il est une seconde nature qui va entraîner dans son sillage les intelligences impériales, sionistes et vassales jusqu’à la  confusion ultime ne voyant ni la finalité de leurs objectifs ni l’issue de leur épuisement et de leur fin qui sera dramatique car imprévisible et soudaine.

S’il y a doute il faut juste voit comment les dominants ont introduit le mouvement brownien observé dans la thermodynamique vers la finance internationale puis ont subi ses ravages sans avoir prise sur ce mouvement. La force impériale et sioniste est entrain d’activer ce phénomène à l’échelle des pays et ce mouvement de désordre programmé finira par n’obéir à aucune logique programmatique sauf la sienne qui engloutira ses auteurs. Le désordre planifié qui échappe à ses auteurs pour les ravager est une imposition historique que le destin exécute par des voies impénétrables et imparables. Qaradhawi avait promis de présider la prière à Damas, il se démène comme un sénile. Les Frères musulmans avaient ouvert les frontières égyptiennes du Jihad contre la Syrie, ils se retrouvent persécutés et emprisonnés.  Obama avait compté sur Camroun et ils se retrouve avec Hollande impuissant à gouverner la France.

Il y a  sans doute une réaction de l’Iran, du Hezbollah, de l’Irak et de la Russie planifiée pour avant, pendant et après l’agression. Personne n’en connait le contenu et la configuration spatiale et temporelle. Il est donc inutile de spéculer. Lorsque les Russes disent qu’ils ne veulent  être les ennemis de personne,  les spéculateurs leur font dire  Russes qu’ils ont abdiqué alors que peut-être ils ont voulu  sous-entendre qu’ils continueront de soutenir le régime syrien sur le plan logistique, diplomatique et informationnelle. Chacun y va de sa manière de broder l’écriture du monde. L’expérience a montré que Hassan Nassrallah est un homme lucide, compétent et crédible. Il ne manquera ni de s’exprimer ni de réagir. Il sait que c’est la résistance à l’Empire et au sionisme qui est visée au delà de la Syrie. Le HAMAS a perdu le cap lorsqu’il a laissé l’esprit partisan prendre le dessus sur les considérations stratégiques et tactiques

Nous implorons Allah le Maître des univers de nous donner un peu d’espoir et de montrer les Signes à l’Empire comme Il les a fait voir à Pharaon et à Hamana avant de les prendre de la manière la plus inattendue et la plus imparable.

Dans l’espoir qu’Allah fasse éteindre les feux de la Fitna et de la guerre et qu’on puisse entamer une réflexion sérieuse sur les signes de la fin de l’Empire,  du sionisme et de leurs vassaux. Il faut le faire car Allah (swt) nous a dévoilé les stratagèmes du Chaytan et l’expérience nous a enseigné comment finit le Tchitine.

Nous avons besoin de la junte militaire !

En parlant de l’armée égyptienne, le général James Mattis, a déclaré au New York Times : « Nous avons besoin d’eux pour le canal de Suez, nous avons besoin d’eux pour le traité de paix à l’encontre d’Israël, nous avons besoin d’eux pour [les droits] de survol, nous avons besoin d’eux pour la poursuite du combat contre les extrémistes violents qui sont une menace à la fois pour la transition de l’Egypte vers la démocratie et pour les intérêts américains. »

En attendant de revenir sur le contenu détaillé de la relation entre l’Empire et son vassal  voici un article proposé par Mohand Tahar qui montre qu’il existe encore des femmes et des hommes  de gauche en Amérique qui éprouvent du respect pour le peuple arabe et pour les ouvriers dans le monde à contrario de la gauche arabe devenue ultra libérale et fasciste :

La junte militaire se prépare à libérer Moubarak

Par Alex Lantier
Mondialisation.ca, 22 août 2013

Après une semaine de massacres qui ont tué ou blessé des milliers de protestataires non armés, la junte militaire égyptienne se prépare à libérer l’ancien dictateur haï, Hosni Moubarak, qui se trouve en prison depuis que le soulèvement de la classe ouvrière de février 2011 l’avait contraint à démissionner.

Lorsque hier, un juge a blanchi Moubarak d’accusations de corruption, l’avocat de Moubarak, Farib el-Deeb, a dit à la presse : « Tout ce qui nous reste, c’est une simple procédure administrative qui devrait prendre moins de 48 heures. Il devrait être libéré d’ici la fin de la semaine. »

El-Deeb a prédit avec confiance que Moubarak serait disculpé d’autres accusations de corruption retenues contre lui. Il serait alors libéré sous caution et ferait appel contre l’accusation de n’avoir pas arrêté les massacres de manifestants par l’armée durant le soulèvement de 2011. La junte, qui comprend de nombreux feloul – des anciens éléments du régime Moubarak – dont les massacres, selon les chiffres officiels, ont causé la mort d’environ un millier de personnes, et blessé 6.000 personnes, chercheront aussi à tout prix à blanchir Moubarak de ces accusations.

La tuerie de masse commise par la junte et la réhabilitation du dictateur haï montre que le coup d’Etat du 3 juillet qu’elle avait organisé et qui a été soutenu par les forces de la pseudo-gauche dans la coalition Tamarod (« rebelle »), a été un complot contre-révolutionnaire mené contre la population. Il avait pour but d’empêcher les protestations grandissantes de la classe ouvrière contre le président islamiste à présent déchu, Mohamed Morsi, et de restaurer les conditions ayant existé avant la révolution.

Pendant deux ans, les feloul et leurs alliés de la classe moyenne avaient serré les dents en s’efforçant de dissimuler leur haine de classe à l’égard des protestations des travailleurs qui revendiquaient du travail, des droits démocratiques et la fin de la pauvreté. Ils ont simplement gagné du temps dans l’espoir de restaurer les conditions politiques leur permettant de jouir sans entraves de leur part des bénéfices tirés des empires commerciaux corrompus bâtis sous Moubarak. Maintenant que la junte a réimposé l’état d’urgence, restauré la police politique et envoyé les chars dans la rue pour massacrer des manifestants, ils tentent de saisir leur chance.

Hier, l’homme fort de l’armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, a fait planer la menace de nouvelles répressions contre une nouvelle opposition : « Nous ne resterons pas silencieux et sans agir face à la destruction du pays et du peuple ou à l’incendie de la nation et à l’acte de terroriser les citoyens. »

En fait, c’est la junte et ses alliés qui cherchent à terroriser le peuple égyptien en prévenant une éruption des luttes politiques de masse à l’encontre de sa politique réactionnaire. Non seulement ils ont réimposé les formes de régime dictatoriales qui avaient existé sous Moubarak, mais ils ont considérablement réduit les subventions à l’alimentation et au carburant dont dépendent des dizaines de millions de travailleurs égyptiens.

La junte a annoncé hier le meurtre de 36 autres manifestants qui avaient été capturés à la mosquée al-Fath près de la place Ramsès au Caire alors qu’ils se trouvaient en garde à vue par la police. Elle est également en train de procéder à des arrestations de masse de manifestants, dont celles de 1.004 manifestants après les protestations de vendredi.

Le ministre de l’Intérieur a aussi annoncé hier l’interdiction des « comités populaires de sécurité » et a exigé que les Egyptiens respectent le couvre-feu, à partir de 7 heures du soir, imposé par la junte. Ceci reflète en partie la multiplication des plaintes concernant les groupes de vigiles composés de sbires auxquels Tamarod a fait appel pour attaquer les manifestants pro-Morsi. Mais cela reflète aussi la peur profonde à l’égard de l’opposition de la classe ouvrière qui durant les soulèvements de 2011 avait formé des comités populaires d’autodéfense contre les sbires de la police.

Les Frères musulmans de Morsi, qui craignent aussi que de nouvelles protestations ne viennent encourager une explosion politique de la classe ouvrière, ont annulé toutes les neuf manifestations prévues, à l’exception de trois. Ils ont détourné ces manifestations des trajets prévus afin d’empêcher d’autres affrontements avec l’armée.

En soutenant les organisations contre-révolutionnaires de Tamarod, les charlatans de la pseudo-gauche comme les Socialistes révolutionnaires (SR) ont montré qu’ils se trouvaient, par rapport à la classe ouvrière, de l’autre côté de la barricade. La prochaine offensive révolutionnaire de la classe ouvrière ne pourra se développer qu’en opposition à ces forces réactionnaires, que la junte vise à intégrer pleinement dans l’Etat, ainsi qu’à ses partisans impérialistes.

Kamal Abu Eita, le ministre de la Main-d’oeuvre et du Travail, est en train d’achever la rédaction d’un projet sur « les libertés des syndicats » qui octroie aux syndicats « indépendants », mis en place par des organisations telles que les SR, l’accès à des positions et à des fonds publics. (Voir : « How Egypt’s Revolutionary Socialists helped pave the way for military repression») Abu Eita collabore aussi étroitement avec les émirats pétroliers réactionnaires du Golfe persique. Il a obtenu du cheikh sultan bin Mohamed al Qasimi, le régent de Sharjan, un don de 2 millions de dollars destiné à des « programmes de développement pour la classe ouvrière égyptienne » afin d’aider le ministère du Travail et la bureaucratie syndicale à faire fonctionner les usines fermées durant la révolution.

L’objectif de cette opération est d’accorder à la bureaucratie syndicale et aux partis de la pseudo-gauche des positions lucratives comme exploiteurs de main-d’œuvre ayant un intérêt financier direct dans la répression des luttes de la classe ouvrière dans les secteurs les plus stratégiques de l’économie. Abu Eita a précisé, « Nous avons l’intention de profiter de l’expérience de l’Amérique latine dans la réouverture d’usines fermées. »

Les puissances impérialistes financent elles aussi la contre-révolution. Bien que de nombreux responsables américains et européens aient exprimé leur manque d’aise à soutenir ouvertement la junte au moment où elle massacre des manifestants, craignant que ceci n’entraîne une opposition populaire dans leur propre pays, ils continuent de la soutenir. Le gouvernement Obama n’a pas supprimé son aide annuelle de 1,3 milliards de dollars que les Etats-Unis versent à l’armée égyptienne et continue encore effectivement à financer la répression de la junte.

La Maison Blanche est en train de signaler à la junte que si elle est en mesure d’écraser rapidement les protestations, elle ne rencontrera aucune opposition de Washington. Un responsable du gouvernement Obama a dit cyniquement au New York Times, « Bien que la violence soit intolérable, nous pourrions peut-être accepter ces décisions, et ce rapidement. »

L’armée égyptienne est un instrument crucial de l’intervention impérialiste américaine au Moyen-Orient. Elle accorde des droits de passage immédiats du canal de Suez aux navires de guerre américains et des droits de survol aux avions de combat américains pour bombarder des cibles au Moyen-Orient. Ceci réduit considérablement la durée de déploiement pour les forces américaines. Et ceci a joué un rôle primordial en facilitant l’invasion américaine de l’Irak en 2003 lorsque le refus de la Turquie de permettre aux forces américaines d’entrer en Turquie pour attaquer l’Irak avait contraint la marine américaine à redéployer ses porte-avions vers le sud et à passer par le canal de Suez.

Un autre signe indiquant que les relations de Washington avec la junte restent solides est le fait que le porte-avions USS Harry Truman et son escorte composée de deux croiseurs ont passé hier sans problème le canal de Suez.

En parlant de l’armée égyptienne, le général James Mattis, a déclaré au New York Times : « Nous avons besoin d’eux pour le canal de Suez, nous avons besoin d’eux pour le traité de paix à l’encontre d’Israël, nous avons besoin d’eux pour [les droits] de survol, nous avons besoin d’eux pour la poursuite du combat contre les extrémistes violents qui sont une menace à la fois pour la transition de l’Egypte vers la démocratie et pour les intérêts américains. »

source : http://www.mondialisation.ca/la-junte-militaire-se-prepare-a-liberer-moubarak/5346711

 

(Article original paru le 20 août 2013)

L’Egypte de Samir Amin et les patriotes de l’Algérie : des syllogismes fallacieux !

Le site « Algérie patriotique » expert de la désinformation des Algériens sur la situation en Algérie et Egypte se fait l’écho du professeur d’économie politique Samir Amin. Les éradicateurs et les falsificateurs idéologiques se renvoient l’ascenseur. Pour comprendre le nationalisme de l’« Algérie patriotique » il faut juste voir le nombre de musulmans, d’Arabes ou de Berbères qui sont affichés en première : Douganov, Maurice, Bernard et l’athée Samir Amin qui n’a jamais caché sa haine pour l’Islam politique.  Les intellectomanes d’Algérie et d’Egypte ne ratent jamais l’occasion d’exprimer leur haine de l’Islam et de s’afficher comme des auxiliaires de la pensée importée d’ailleurs.

Comme je suis un de leurs détracteurs les plus affichés des Frères musulmans,  je m’autorise moralement à répondre aux mensonges des pseudos démocrates qui ne finissent pas de faire couler le sang des musulmans en terres musulmanes, car les peuples musulmans ne veulent pas leur donner mandat pour  les gouverner, car ils savent les haïssent et qu’ils haïssent leur religion.

Q : Les médias évoquent un deal conclu entre Morsi et les Américains qui consistait à céder 40% des territoires du Sinaï aux réfugiés palestiniens. En contrepartie, les Frères musulmans auraient empoché huit milliards de dollars. Qu’en est-il réellement ? R : Oui, cette information est exacte. Il y avait un deal entre Morsi, les Américains, les Israéliens et les acolytes riches des Frères musulmans de Hamas à Ghaza

Où est le document qui prouve ces assertions frauduleuses qui vont saboter l’avenir d’un pays pour des décades. Nous pouvons écrire des analyses simples ou sophistiquées, mais nous ne pouvons construire ou déconstruire une nation sans preuves juridiques, sans arguments scientifiques, sans jugement de l’histoire.  Sur le plan logique nous avons vu comment les Frères musulmans ont eu du mal à gouverner un pays en faillite  et comment ils ont eu du mal à affronter les campagnes médiatiques qui les diabolisaient et aussi nous nous interrogeons s’ils avaient réellement imaginé vendre une partie du Sinaï ou s’ils étaient inconscients pour croire qu’ils n’allaient pas toucher un tabou. Nous ne sommes pas dans une concession de pétrole de Sahara que Sonatrach gère sans rendre compte au peuple algérien nous sommes dans un territoire avec sa sensibilité, sa mentalité collective, son histoire, sa symbolique religieuse et ses populations écartées du développement. Nous sommes dans une zone sensible où il ne s’agit pas seulement de profondeur stratégique, mais de terrain de confrontation.

Nous ne sommes pas dans une épicerie, mais dans ce qui donne justification à l’existence de la rente militaro industrielle égyptienne. Il est difficile de voir les Frères musulmans franchir ces lignes rouges. Samir Amir sait que plus c’est gros et sensationnel plus c’est crédible d’autant plus que les esprits sont fermés. C’est une accusation grave qu’un homme sensé ne peut porter sans risquer de se trouver devant les tribunaux s’il y avait la démocratie et la légalité. Un journaliste d’investigation aimant son métier et respectant ses lecteurs aurait donné la parole à l’accusé et à d’autres analystes sur un sujet aussi sensible.

« L’armée est entrée en jeu et a réagi de manière patriotique, ce qui est tout à fait à son honneur, et a dit : «On ne peut pas vendre le Sinaï à quiconque, fussent-ils des Palestiniens et faciliter le plan israélien.» C’est à ce moment-là que l’armée est rentrée en conflit avec Morsi et les Américains »

Je lis la presse égyptienne et la presse palestinienne anti Morsi, elles avancent d’autres arguments : le désaccord de l’armée sur le rapprochement de Morsi avec le HAMAS, avec l’Iran. Il y a un général  en retraite qui a soutenu que le général Sissi voulait imputer l’assassinat de soldats égyptiens au Sinaï en juillet 2012 au HAMAS alors que Morsi l’imputait à Israël. Les premiers jours du coup d’Etat la presse égyptienne, à l’unanimité, a informé d’une  plainte pour que la justice juge pour haute trahison Morsi, car il s’est évadé de prison lors de l’insurrection populaire contre Moubarak. On lui reproche tout et rien à la fois que la véritable question est escamotée : il a été démocratiquement élu et il est donc illégal et illégitime de le destituer en le gardant otage. S’il y avait une preuve du deal, elle aurait été publiée dans la presse et Morsi aurait été lynché haut et court.

Enfin tout le monde s’accorde à dire que le pouvoir réel était au sein de la confrérie et non au sein du parti de Morsi ou de son cabinet. Il aurait été plus simple et plus efficace de viser le chef de la confrérie pour ce montage que Morsi. Par ailleurs le montage géostratégique de ce deal exige la collaboration de plusieurs chefs d’Etat, de plusieurs diplomates et de plusieurs agences de renseignement. Même si Morsi voulait extorquer des milliards à l’administration américaine ou rendre services aux riches palestiniens la décision finale revenait aux grandes puissances.

Je ne suis ni journaliste ni expert en dialectique ou en droit, mais un homme qui déteste le mensonge et le crime. Je me documente sur les raisons qui motivent l’horreur aux yeux des éradicateurs au lieu de me contenter à nier les uns  ou à approuver les autres. Je me suis rappelé un débat des plus malhonnêtes qui me soit permis de voir dans le monde arabe. Ce débat (http://www.youtube.com/watch?v=5k20uL5FOSE) qui a eu lieu avant le référendum sur la Constitution se focalisait sur l’article 57 qui stipulait :

Projet de la Constitution : article 57

L’État accorde l’asile aux étrangers privés dans leur pays d’origine des droits et libertés garantis par la Constitution.

L’extradition des réfugiés politiques est interdite.

Ceci en conformité avec les dispositions légales.

Le droit international, le droit européen, et la Constitution française accordent aux réfugiés le droit d’asile avec un certain nombre de droits moraux et matériels qui assurent leur protection et leur dignité. Les grands pays à tradition d’accueil, comme la France, énonce ce droit comme un principe fondateur de la République en le proclamant dans le préambule de leur Constitution. La loi et les institutions  explicitent et régulent le code de séjour des étrangers, le code de la nationalité, le droit d’asile. Ce sont des traditions humanistes que la Charia islamique a instauré depuis  l’avènement de l’Islam. On le retrouve dans la paix offerte par l’Eglise aux réfugiés dans son enceinte. Voici ce qu’on reproche à la nouvelle Constitution égyptienne :

 » Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République «   (Article 53.1 de la Constitution de 1958).

Les Coptes, les libéraux et les nationalistes se permettent de jouer sur les mots pour faire peur à la population et exacerber son nationalisme. Ainsi ils font l’amalgame entre Gantanamo, Palestine, terrorisme, apatrides délinquants, accords commerciaux avec l’Union européenne, accords secrets avec Israël…  Je n’ai jamais entendu des propos aussi racistes et aussi négateurs des droits de l’homme que dans cette émission où les traditions totalitaires avec leur montage et leur exclusion de la partie adverse ne peuvent trouver place dans l’extrême droite française qui perdrait tout crédit politique.

Samir Amin et les comparses de l’éradication et de la diabolisation se taisent pourtant sur le résultat du référendum populaire malgré la mobilisation de tous les moyens médiatiques.  Ils continuent de nous servir leurs arguments fallacieux et leur haine de l’Islam au lieu d’affronter leurs adversaires politiques et idéologiques sur le champ des élections  et sur le terrain des idées.

Le premier argument de Samir Amin et des souteneurs du coup d’Etat sur « Algérie patriotique » :

« La seule et véritable raison est que Morsi était rejeté par le peuple égyptien. La preuve en est donnée par la campagne de signature de Tamaroud qui avait réuni, avant le 30 juin, vingt-six millions de signatures demandant le départ de Morsi. Ces signatures n’ont pas été ramassées n’importe comment. Elles représentent un chiffre vrai. La manifestation du 30 juin était bel et bien attendue. Seulement, elle a dépassé tout ce qu’on pouvait imaginer. Les chiffres indiquent que dans toute l’Egypte, et non seulement à la place Tahrir, il y avait trente-trois millions de manifestants, le 30 juin. Pour un pays de 85 millions…  Face à cela, évidemment, le commandement de l’armée a été très sage ; il a déposé Morsi et confié la présidence intérimaire à qui de droit, c’est-à-dire au président du Conseil constitutionnel, Adli Mansour, qui est un juge, mais pas un juge révolutionnaire ; c’est un homme conservateur, connu pour être parfaitement honnête et démocrate… Morsi qui se comportait comme un brigand et sans aucun respect des règles les plus élémentaires de la démocratie. »

Comment un professeur d’économie politique et un journaliste grand démocrate vont-ils nous faire avaler leur couleuvre ? Par ce que la subversion appelle le syllogisme fallacieux : fausses prémisses, faux raisonnement et fausses conclusions masquées par des affirmations tautologiques qui s’affirment comme vraies et qui deviennent référence pour faire des mensonges à venir des vérités que rien ne vient confirmer. L’esprit et la rhétorique des démocrates arabes auraient été  des curiosités s’il n’y avait pas les conséquences dramatiques que l’on sait. Les faux démocrates annoncent une fausse vérité et la suivent pas d’autres fausses vérités :

« Tout le monde le sait en Egypte. Et la preuve va être donnée par la justice bientôt. »

Les démocrates arabes, au nom de la démocratie (souveraineté du peuple) assassinent le choix du peuple, assassinent le peuple dans l’espoir que la justice de l’Etat d’exception va leur donner les arguments et les preuves. Et pourtant, un apprenti ouvrier de 14 ans (niveau BEP ou CAP) apprend au collège français que la démocratie se mesure par le scrutin, se respecte par le respect du résultat des urnes et se pratique par l’exercice de l’alternance politique. Les manifestations du Front de Droite ou du Front de Gauche, les manifestations contre ou en faveur de Sarkozy ou de Hollande, ne font pas le choix populaire et ne peuvent remplacer une élection.

Etre républicain ou démocrate commence par le respect du choix du peuple et l’engagement à œuvrer pour que le respect du choix populaire soit ancré dans la culture politique. Cette posture est davantage attendue dans les pays arabes qui n’ont pas ces traditions. Celui qui se prétend le plus démocrate devrait montrer l’exemplarité, mais les élites arabes ne sont pas à leur première contradiction, ni à leur premier parjure, ni à leur première trahison.  Ils ne peuvent voir le ridicule et le faux de leur argumentation ni leur référence qui n’est pas le peuple arabe, mais l’Etranger dont il cherche l’agrément :

« L’ambassade des Etats-Unis a proclamé Morsi vainqueur d’élections «démocratiques» et, évidemment, trois minutes après, les ambassades de Grande-Bretagne, de France et des autres pays européens ont suivi. La commission des soi-disant observateurs étrangers, principalement des Européens, a entériné ces élections-farce. Le régime ne bénéficiait, donc, d’aucune légitimité. »

C’est lamentable comme argument, ridicule comme justification, cynique comme mensonge. La vérité la plus élémentaire est d’interroger les comptes rendus de la presse égyptienne sur les aller venue des officiels du pouvoir et de l’opposition à Washington. Tous vont chercher la bénédiction de l’Administration américaine, et tous cherchent et rendent compte de la position des élites américaines et européennes à l’égard de leur pays. Les indigènes sont considérés comme des faire-valoir, ils ne sont sollicités que pour verser leur sang faute de n’avoir pas donné leurs voix. Les faux démocrates et les faux progressistes sollicitent  l’Empire et le boudent comme des prostitués lorsque l’Empire poursuit ses objectifs qui dépassent leur stupidité infantile et leurs ambitions démesurées.

Un enfant attardé mental sait que jamais l’Amérique et Israël ne laisseront leurs vassaux se faire massacrer ou se faire déposséder de cette façon. Nous voyons l’Arabie saoudite mettre tous ses  moyens diplomatiques et financiers pour empêcher que l’Europe ne puissent, par égard à ses citoyens, condamner la répression en Egypte. Nous voyons, de la manière la plus éclatante, comment le monde arabe et musulman met son curseur distinguant  les partisans de la vérité des partisans du faux. Le syllogisme des démocrates opposés aux islamistes ne tient plus depuis plus de 20 ans. Les rentiers de tout bord veulent maintenir le statut quo idéologique des années cinquante à soixante dix.

Un journaliste instruit et démocrate dispose des archives des médias. Un professeur d’économie marxiste connait l’importance du traitement statistique des données et il sait que Lénine a mené un travail colossal et objectif de collecte et de traitement des chiffres  pour réaliser ses monographies sur la situation réelle de la Russie. Lorsqu’on entend les inepties du professeur Samir Amin on comprend la faillite morale et politique de ses élèves dans le monde arabe. Ils sont prisonniers de leurs clichés idéologiques et de leurs syllogismes fallacieux. La dialectique chez les marxistes arabes c’est juste de l’intellectualisme ostentatoire et un gagne-pain dans les universités du tiers monde.

3 ou 30 millions d’opposants en Egypte il faudrait les prouver. Plus le mensonge est répété  plus il parait plausible. Plus le mensonge est gros plus il frappe les esprits. Ces pygmalions adorateurs de leurs syllogismes fallacieux savent la vérité : seule une élection permet de mesurer en grandeur réelle le poids électoral d’une force politique.  Même si les opposants de Morsi sont plus de 30 millions rien ne dit que les partisans de Morsi ne sont pas autant sinon plus, et rien ne dit que les « forces » pseudo libérales qui ont obtenu moins de 0,01% et qui ont échoué à faire boycotter le référendum sur la Constitution puissent avoir une voix dans l’avenir. Il faut revenir à l’arbitrage du peuple qui s’est déjà exprimé selon les règles de la démocratie moderne :

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Ce sont les chiffres  officiels de l’Etat égyptien. Faut-il contester ces chiffres,  changer de peuple, ou se remettre de nouveau  au peuple et attendre les nouveaux chiffres. Les falsificateurs savent qu’ils n’ont aucune chance de remporter une élection transparente et honnête. La solution est la fuite en avant en programmant un bain de sang et en tentant de le vendre puis de le justifier par des élites qui se comportent moralement et socialement pire que les Baltagis et les mercenaires. Même si vous n’avez ni religion, ni respect du pacte, ni esprit démocratique, le sang versé vous poursuivra dans ce monde et dans l’autre. L’illusion de réussite vous fermera la porte au repentir et à l’autocritique. Les militaires que vous avez entrainés dans votre chute ne vous donneront jamais la moindre  parcelle de ce pouvoir tant convoité.

Quelle est la signification de ces 3 millions de voix à la place Tahrir ? Où sont les  études réalisées par les ingénieurs, topographes, urbanistes, géographes et cartographes pour estimer le nombre de personnes pouvant se réunir à la place Tahrir et dans ses périphéries ?  J’ai cherché à comprendre la signification des chiffres qui occultent la sacralité de la vie humaine et la valeur de la pratique démocratique ? J’ai trouvé deux démonstrations que deux ingénieurs  égyptiens sur You Tube pour réfuter la valeur des chiffres.  Je vous conseille de recourir à Google Earth pro (ou plus) sinon à Google Earth grand public et de vous faire assister par le logiciel gratuit GE-Path. Même s’il y a des erreurs de l’ordre de 0,01 les résultats restent probants pour des estimations.

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Il est vrai que l’œil humain est toujours impressionné par le fantastique et qu’il est sujet aux phénomènes d’illusion optique,  il est vrai que les images sont impressionnantes.

 

 

 

 

 

 

 

Place-Tahrir2Ces images impressionnantes occultent les images aussi impressionnantes des partisans de la légalité constitutionnelle et du respect du processus électoral. Je me suis rappelé la citation d’Umbero Ecco sur les symboles et la puissance de l’image : « Dans une société démocratique, l’image doit inviter à la réflexion et non à l’hypnose ».  J’ai toujours pensé et dit que les pseudo modernistes arabes sont otages de la mythologie grecque et qu’ils sont les plus grands paresseux en matière de processus dans un monde arabe qui ne partage pas leurs symboles et leur réfutation de la foi et de la démocratie.

 

 

Il faut parvenir à évaluer la surface de cette marée humaine. Les pécheurs de l’Occident parviennent à évaluer la quantité de sardines dans l’océan, alors que les vertueux du monde arabe jouent sur la fascination.  Combien de personnes peuvent être contenues dans les espaces pouvant théoriquement les contenir si on part de l’hypothèse extrême que 4 personnes peuvent rester debout et longtemps sur 1 m2 dans une ville aussi insalubre et aussi étouffante que le Caire ? Il faut faire un tracé qui épouse les contours de cette marée humaine :

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A partir de plusieurs tracés il faut faire confiance à la technique de Google Earth et non aux idéologues éradicateurs pour évaluer, noter et additionner les superficies calculées par le  logiciel  :

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Place-Tahrir3

 

Dans le meilleur des cas nous arrivons à la même conclusion des Egyptiens qui contestent les chiffres : Au maximum 400 milles personnes si on fait abstraction de l’espace occupé par les bâtiments. En tenant compte du turn over, du renouvèlement des manifestants, nous pouvons admettre le chiffre de  600 mille. En partant de ce chiffre  et en faisant une extrapolation sur l’ensemble de l’Egypte, nous pouvons arriver à une mobilisation anti Morsi de 5 millions. Même si nous supposons qu’il a plus de 4 personnes au m2 et qu’il n’y a pas d’arbres ni de bâtiments nous arrivons au chiffre d’un millions au Caire et par extrapolation de 10 millions en Egypte. Nous sommes loin des chiffres avancés par le syllogisme fallacieux. Nous sommes loin du rapport démocratique aux chiffres officiels de l’élection présidentielle et du référendum sur la Constitution.

Il doit y avoir une haine idéologique qui transcende la rivalité politique. Elle est focalisée sur l’Islam politique. Les Français qui ont des traditions démocratiques et qui font des manifestations une expression sociale et politique normale dans le jeu démocratique ont du mal à trouver une autorité crédible et impartiale qui expertise le nombre des manifestants qui varient toujours de 1 à 10 selon la police et les organisateurs. Comment donner foi à ceux qui n’existent en poids politique dans un pays qui de surcroit n’a pas d’appareil statistique fiable.

Si nous oublions les calculs que permet Google Earth nous ne pouvons occulter le nombre impressionnant des Egyptiens qui se sont mobilisés contre le coup d’Etat. Si les démocrates avaient la certitude de remporter des élections futures ils n’auraient pas couru le risque d’occulter le nombre des partisans de Morsi et des partisans de la légalité qui continuent de se manifester malgré la terreur recherchée par la répression et la mise au silence.

Notre professeur de dialectique ou plutôt de rhétorique fallacieuse et de casuistique idéologique continue sans honte ni pudeur à déverser ses mensonges et à trouver des insensés qui le diffusent devenant  ainsi complice dans la mise à mort d’un pays frère et la fin d’une expérience démocratique :

« Il y a eu trente-trois millions de manifestants au Caire contre Morsi, lequel avait le pouvoir de l’Etat et les milliards de dollars du Golfe. Seulement, il n’a même pas pu mobiliser deux millions de partisans. On parle de danger de guerre civile quand l’opinion est véritablement divisée et partagée. Ce n’est pas le cas en Egypte. Ce qu’il y a, par contre, ce sont des actions terroristes. En Egypte, tout le monde sait que les Frères musulmans sont au nombre de cinq cent mille à six cent mille. Parmi eux, il y a une centaine de milliers qui est armée. Ce sont ceux-là qui peuvent créer des troubles, non une guerre civile. D’ailleurs, dans les manifestations populaires, ceux qui arrêtent les Frères musulmans et les battent à plate couture, ce ne sont pas les forces policières, mais plutôt les manifestants eux-mêmes. »

Les monarchies absolutistes viennent de mettre 20 milliards sur la table pour accompagner le coup d’Etat, le temps va dévoiler les dessous de table pour préparer le coup d’Etat et inciter les militaires à le faire. Le Qatar vient d’envoyer quatre bateaux de gaz. Ce n’est pas moi qui l’affirme. Les télévisions et les journaux du monde entier témoigne du mensonge sans vergogne de la gauche égyptienne et de la gauche algérienne qui se fait écho de leur mensonge sans respect ni pour  la vérité des faits, ni pour la démocratie, ni pour la sensibilité du peuple algérien et ses souffrances. Le complot contre la jeune et fragile démocratie égyptienne a réuni toutes les crapules de gauche comme de droite, de l’intérieur comme de l’extérieur, du camp islamiste comme de leur éradicateurs.

Le scénario est diabolique. Moralement, politiquement, médiatiquement  et intellectuellement, nous assistons à l’effondrement du scénario qui dévoile  l’ampleur de son mensonge et de son horreur.  Nous ne voyons ni juge ni organisation non gouvernementale indépendante recevoir les copies des 20 ou 30 millions de signataires demandant la destitution du président Morsi. Même si cela venait à se réaliser et j’en doute comme je doute que le chameau puisse entrer par le chas d’une aiguille, il faudrait prouver que ces signataires voulaient la fin de tout le processus démocratique.

Je ne suis ni journaliste, ni professeur de dialectique, ni partisan de la démocratie ou de l’islamisme, mais un homme qui refuse le mensonge et le meurtre. J’ai donc rédigé un article sur la Baltagiya fort documenté. Il y a des images, des chiffres et des analyses. Un professeur d’économie politique peut faire de la boulitique dans sa tour d’ivoire et auprès de ses pairs, mais il ne peut cacher la vérité flagrante au peuple égyptien qui vit à proximité des milices de délinquants promus en justiciers et en vitrine politique fasciste.

Le journaliste algérien, même s’il n’a pas la culture démocratique et l’esprit sportif,  il aurait pu avoir la présence d’esprit de se rappeler que les Algériens ont souffert de la Baltagiya égyptienne lors des rencontres de football et qu’ils ne risquent pas n’oublier les appels au meurtre et la falsification des faits d’un certain Dib qui conduit toujours le tapage médiatique des canailles qui trouvent refuge dans le nationalisme des frustrés et des prédateurs. Lorsqu’on analyse les commentaires on comprend que l’esprit partisan n’écrit pas pour afficher ses arguments ou pour montrer la vérité à laquelle il est parvenu, mais pour gagner son pain et plaire à ses lecteurs acquis à la même cause que lui et ses commanditaires.

Il faut bien, un jour ou l’autre, dans ce monde ou dans l’au-delà, que chacun apporte ses preuves et ses témoins et rendre compte sur ce qui a conduit à l’atrocité des crimes commis contre un peuple et un pays et comment et pourquoi avoir informé et manipulé la réalité de cette façon et non de telle autre. Il ne s’agit pas de statistiques ou de syllogismes pour s’amuser ou jouer de la passion humaine et de sa crédulité, mais de la sacralité de la vie humaine et du droit à un peuple de décider de son devenir. Un professeur « dialecticien » ou un journaliste « patriote » n’a pas plus de droit qu’un paysan, qu’un ouvrier ou qu’un exclu dans le choix de ses gouvernants et de la façon à être gouverné. Il a plus de devoir par sa compétence à raisonner et sa possibilité à communiquer. Moralement et intellectuellement parlant le professeur et le journaliste partage la même ignorance du peuple et de sa religion et fondent leur idéologie sur le même fantasme et les mêmes méthodes de mensonge. C’est lamentable.

C’est tellement lamentable qu’ils nous font croire que l’Amérique et l’Europe ne peuvent pas venir en aide à leurs  vassaux islamistes mis en Egypte pour le profit d’Israël.  Personnellement j’ai attaqué les Frères musulmans et Qaradhawi pour leur politique insensée en Syrie et en Libye disant qu’elle sert les intérêts de l’Empire et du sionisme qui déchire les musulmans entre eux pour continuer de démanteler la région. L’Empire et le sionisme poursuivent  le même objectif contre le monde arabe et le monde musulman par la stratégie du soft-powerment de Brezinski et l’attisement des luttes idéologiques entre musulmans de Bernard Levy. Sur ce terrain les islamistes et les non islamistes ont été lamentables.

Les erreurs de gouvernance ou de vision stratégique ne permettent pas d’affirmer qu’il y avait une trahison ou une collusion d’intérêt contre la souveraineté nationale. J’ai exprimé mes craintes qu’en Algérie ou qu’en Egypte  l’administration américaine puisse manipuler l’esprit de revanche, l’appétit de pouvoir et l’inculture géopolitique que les systèmes despotes ont développé y compris au sens de l’opposition islamiste. J’ai par contre refusé de croire que les Frères musulmans puissent agir  en traitres pour le compte de l’OTAN ou de l’administration sioniste. Leur combat pour la Palestine et ligne idéologique ne leur permettent pas la mutation sur les principes et les valeurs.

La mauvaise gestion du dossier syrien par les Frères musulmans et par le HAMAS, a permis de cultiver le doute, puis de  d’en faire un objectif idéologique et politique contre l’expérience démocratique égyptienne et palestinienne tout en sapant la résistance en la déchirant de l’intérieur. Ma principale crainte était de voir les Frères musulmans tomber dans des  arrangements tactiques et hypocrites avec l’armée ou avec l’Administration américaine ou de se disperser dans des faux clivages idéologiques. Les éradicateurs ont souhaité la collusion et ont focalisé leurs efforts pour lui donner une réalité médiatique. Ils n’ont pas joué seulement à la Boulitique, ils ont œuvré dans le sens de la stratégie sioniste et impériale puis ils font semblant de se présenter comme la conscience nationale par des mensonges et des manipulations. C’est mesquin et criminel !

La politique comprise comme consécration de soi au service de la cité ( le but de la démocratie n’est-ce pas) ne se fonde ni des approximations, ni sur des jugements de valeur ni sur le triomphe de l’ego au détriment des citoyens.  Le professeur du centralisme démocratique et de la dialectique historique ainsi que le journaliste patriotique auraient pu nous informer sur les revendications des 3, 10, 22, 30 ou 52 millions ligués contre Morsi. Au-delà de l’éviction de Morsi quel est leur projet, leur désir, leur ambition : économie libérale, augmentation de salaire, sécurité, élections présidentielles anticipées, révision constitutionnelle.

Si tout ce monde était rassemblé autour d’un seul et même objectif pourquoi aller vers un coup d’Etat militaire, pourquoi ce bain de sang, pourquoi ce chaos, pourquoi l’absence de ce peuple et la présence des Baltagiyas. Si ce rassemblement est divergent politiquement, socialement et idéologiquement pourquoi un retour au pouvoir de l’armée, de la police et du système Moubarak. Comment connaitre la nature réelle de ce rassemblement : le poids réel des partis dans un parlement élu démocratiquement. Pour l’instant, le choix est l’éradication pour ne pas être confronté de nouveau au choix populaire.

Les éradicateurs experts en syllogismes fallacieux ne peuvent dire à leurs relais médiatiques que la Constitution égyptienne, malgré tout ce qu’on peut lui reprocher  comme erreur de formalisme juridique, a apporté des avancées démocratiques et des garanties de justice sociale que la gauche française n’ose pas imaginer voir inscrites dans la Constitution française.  Je ne suis pas naïf au point de ne pas voir que les Islamistes  ne parviennent pas à traduire leurs bonnes intentions en praxis sociale et politique.

L’honnête homme devrait vérifier ses sources et écouter toutes les parties en conflit avant de se prononcer et devenir complice de crimes. S’il l’avait fait il aurait vu que les Frères musulmans ont inscrit dans la Constitution égyptienne le refus du licenciement des travailleurs, le principe de l’économie coopérative, la subordination de l’état d’urgence ou de la déclaration de guerre à l’accord préalable des 2/3 des parlementaires. La Constitution est perfectible par la pratique démocratique, mais les démocrates arabes refusent que la Charia islamique soit inscrite comme source du droit dans les pays arabe.

Leur haine idéologique est cachée sous leurs les arguments fallacieux qui sont alignés les uns après les autres comme des torpilles de Satan le maudit  :

« D’ailleurs, les actions contre le Mali et l’Algérie sont venues de Libye. »

N’est-ce pas que la gauche arabe a été plus stupide que les islamistes dans les tragiques événements en Libye. Est-ce qu’ils ont contesté  l’agression de l’OTAN ? Non ! On a vu des cadres des services français avec des cadres patriotes algériens se mobiliser davantage contre les Islamistes en Libye pour des raisons idéologiques que pour des questions de droit et de souveraineté nationale.

Les élites égyptiennes et algériennes ont-elles condamné l’intervention française au Mali ? Ont-elles analysé  la gestion stratégique du chaos en Libye dans le redéploiement du colonialisme français aux frontières de l’Algérie et dans ses rivalités ou dans ses collaborations avec la pénétration américaine qui confisque les ressources des peuples africains.

Le capitalisme stade suprême de l’impérialisme est une vue de l’esprit lorsque les élites arabes sont confrontés à la réalité du capitalisme et de l’impérialisme  et aux luttes idéologiques qu’ils imposent à notre système de pensée toujours incapable de penser par lui-même son drame et son devenir.

La dialectique marxiste est  l’analyse des contradictions sociales, économiques et historiques en vue de dépasser la crise et produire une nouvelle réalité et ainsi de suite. Pour les marxistes arabes c’est une série d’affirmations sans preuves, sans analyse des tenants et aboutissants. J’ai longuement écrit sur le projet américano sioniste soutenu par les Bédouins qui envisage de régler la judaïsation définitive  des terres  par le déplacement des populations palestinienne et de ce qui reste de territoires autonomes vers la Jordanie et l’Egypte.

La guerre en Syrie et les erreurs de Qaradhawi ont été  utilisé pour l’affaiblissement de la Résistance et le miroitement d’un khalifat islamique comme solution finale pour liquider la résistance palestinienne avant de liquider les mouvements islamiques par des luttes internes ou par une agression externe. J’ai montré comment Qaradhawi, devenu sénile  manipulé par le Qatar et les taupes infiltrés dans l’association internationale des savants musulmans, contribuait à la réalisation d’un plan qui dépassait la Syrie et dont, lui les savants sous sa présidence et les Frères musulmans allaient être les premières victimes. Nous sommes dans un projet, un processus, un scénario complexe, mais nous ne sommes pas dans un contrat négocié entre Américains et Frères musulmans comme veulent nous le faire gober les patriotes égyptiens et algériens.

C’est triste de voir les dialecticiens faire l’impasse sur Sykes Picot 2 et se focaliser sur l’Islam politique qui peine en Tunisie et en Egypte à financer son budget,  à ramener la sécurité et à tracer un cap.

Les rouages de l’Etat étaient encore aux mains de l’ancien régime. Samir Amin ne peut ignorer les contradictions de la « révolution égyptienne » ! Il ne peut ignorer ni les enjeux de pouvoir ni les clivages idéologiques. Pour les hommes de ma génération, Haykal et Samir Amin sont de grandes déceptions. Ils ont marqué des générations dans le mauvais sens de l’histoire. Ils vont quitter l’histoire du monde arabe lamentablement. Chacun est en train de dévoiler ses cartes à une vitesse effarantes.

Nous voyons comment les modes opératoires médiatiques et intellectuels,  sans foi ni loi, se rencontrer sur le terrain du mensonge, de la désinformation, de la criminalisation de l’adversaire politique. Ces voyous osent insulter la charia alors qu’elle leur demande d’être juste, équitable et probe. La charia qu’ils dénigrent énonce clairement que :

«  La preuve doit être établie par l’accusateur, le serment  pour l’accusé qui réfute les charges contre lui ».

Les « démoncrates » se révèlent dans les grands événements de petits usuriers  délateurs qui accusent  sans apporter la moindre preuve ni la moindre argumentation scientifique.

L’intellectualisme « anti impérialiste » véritable fond de commerce idéologique et véritable rente politique a figé les nationalistes arabes, chrétiens et athées, dans une posture qui les rend incapables de comprendre le monde et de conduire les peuples arabes vers la liberté. Voici ce que Samir Amin dit de son livre (« Le monde arabe dans la longue durée, le printemps arabe. Le Temps des Cerises » septembre 2011) sur les révolutions arabes en Tunisie et en Egypte et que le processus historique ancien et en cours dément catégoriquement :

« La victoire électorale des Frères Musulmans et des Salafistes en Égypte (janvier 2012) n’est guère surprenante. La dégradation produite par la mondialisation capitaliste contemporaine a entraîné un gonflement prodigieux des activités dites « informelles », qui, en Égypte, fournissent leurs moyens de survie à plus de la moitié de la population (les statistiques disent : 60%). Or les Frères Musulmans, sont fort bien placées pour tirer profit de cette dégradation et en perpétuer la reproduction. Leur idéologie simple donne une légitimité à cette économie primitive de marché/ de bazar. Les moyens financiers fabuleux mis à leur disposition (par le Golfe) permettent de le traduire en moyens d’action efficaces : avances financières à l’économie informelle, charité d’accompagnement (centres de soins et autres).

C’est par ce moyen que les Frères s’implantent dans la société réelle et la place sous leur dépendance. Mais ce succès aurait été difficile s’il n’avait pas répondu parfaitement aux objectifs des pays du Golfe, de Washington et d’Israël. Ces trois alliés intimes partagent la même préoccupation : faire échouer le redressement de l’Égypte. Car une Égypte forte, debout, c’est la fin du triple hégémonisme du Golfe (la soumission au discours de l’islamisation de la société), des États Unis (l’Égypte compradorisée et misérabilisée reste dans leur giron) et d’Israël (l’Égypte impuissante laisse faire en Palestine).

L’avortement planifié de la « révolution égyptienne » garantirait donc la continuité du système mis en place depuis Sadate, fondé sur l’alliance du commandement de l’armée et de l’Islam politique.

 

Celui qui veut comprendre et deviner les mots des « intellectuels » algériens il faudrait qu’il lise Samir Amin tricotant sur l’Afrique du Nord et lui transposant les théories marxistes latino américaines alors  Marx lui-même n’a a jamais osé transposer la problématique du capitalisme européen et du prolétariat dans ses analyses sur l’Asie et le monde musulman. La jeunesse arabe a fuit le marxisme et le nationalisme des Arabes pour leur  dogmatisme simpliste et pour leur haine de l’Islam. Un jour on fera la lumière sur la collusion des évangélistes avec les marxistes arabes. Ces derniers ont été les instruments de la lutte idéologique contre l’Islam mené par les évangélistes eux mêmes instruments de la lutte idéologique du sionisme pour la domination mondiale. Les documents et les témoignages existent… Ils peuvent se présenter en image  comme les défenseurs de l’humanité, mais cela ne change rien à leur nature inhumaine, ni à leur fonction d’intellectuels organiques au service des dictatures militaires.

Baltagiya et Boulitique

En Egypte et après l’effusion de sang programmée par un coup d’Etat qui a déjà montré sa faillite politique et morale, nous voyons la connivence de la Baltagiya et de la Boulitique s’étaler dans les places publiques et les petits écrans égyptiens et occidentaux. Il leur faut montrer les partisans de la solution islamique dépossédés de leurs droits en position de terroristes à abattre et leurs adversaires en un peuple uni contre le terrorisme. La pilule ne passe pas. Pour comprendre il faut aller plus loin que la lecture immédiate des images et des discours.

La Baltagiya est étymologiquement (du turc) la corporation de voyous à la pelle (en masse). C’est un terme qui est entré dans les mœurs et le lexique de l’Egypte avant la chute de Moubarak. Lors des élections de 2005 et 2007qui donnaient Moubarak usé, lui et son parti, les voyous sont entrés en scène pour intimider les électeurs et donner la victoire de plus de 90% au Président et à son  parti au pouvoir. Nous avons assisté au remake en 2011 comme acte de subversion sociale et politique contre les manifestants. Nous assistons au relookage en 2013 avec plus de sang et davantage de violences.

La Boulitique, terme introduit par Malek Bennabi,  est l’activité politicienne déraisonnée qui gère la vie publique par l’affectif et qui gère la cité comme si c’était une épicerie familiale que le dernier rejeton familial peut mettre en faillite sur un coup de tête ou qu’il peut faire prospérer sans comptabilité ni de comptes à rendre ne comptant que sur la générosité de ses clients, leur imbécilité  et sa bonne étoile. L’un et l’autre se rencontre dans une sorte de malédiction qui enlève à l’humain son humanité et à la société sa raison de faire de la politique et d’édifier une voie de progrès.

La Boulitique a recours à des analyses et des analystes déraisonnées qui jouent sur la fibre occidentale de la lutte anti-terroriste contre l’Islam et les musulmans pour continuer à naviguer à vue, à jouer le rôle de comparse dans le plan occidental qui ne veut pas d’alternative civilisationnelle islamique à son projet de domination sur les ressources et les consciences mondiales.

La Baltagiya est présentée, depuis quelques jours, comme la réaction honorable  du peuple qui apporte son soutien au régime militaire et qui exprime sa colère contre les « islamistes » qui portent atteinte à la sécurité nationale, à la sécurité publique, aux biens privés et publics, à la vie des paisibles citoyens. On prend tous les gens pour des tarés qui ne comprennent ni la similitude des images entre l’ère Moubarak et le projet de Sissi ni la collusion entre les forces de sécurité avec les organisations de voyous.
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Dans les pays arabes on voit ce phénomène de délinquance s’organiser autour du football qui devient un exutoire de haine, de défoulement psychotique d’une population névrosé, sans repères et en quête de violences gratuites pour donner sens à une vie d’insensés. Bien entendu ce phénomène coïncide avec l’instrumentalisation boulitique des sports de masse pourtant censés éduquer. Il coïncide avec la « démocratisation » des ghettos sociaux et de la perdition scolaire qui fournissent des contingents de désœuvrés, d’exclus, de rancuniers, de repris de justice récupérés, de gens sans foi ni loi. Ils sont à la fois produits par le système d’exclusion et déchets de récupération d’un système qui les recycle dans ses basses besognes, mais aussi produits et déchets d’une société en errance, en panne, en décomposition…

Avec la réintroduction du politique dans le champ social arabe, La Baltagiya est devenue une organisation politique de voyous qui agit pour le compte des appareils sécuritaires et des réseaux d’affaires affiliés aux services pour terroriser la population civile, intimider les partis politiques et les associations de la société civile, et pour casser les grèves et les manifestations. Les voyous et leur instrumentalisation par les services de police ou par d’autres officine n’est pas un fait nouveau dans l’histoire des sociétés humaines.

Souvent ils interviennent pour transformer une marche pacifique en un affrontement violent avec les forces de l’ordre faisant ainsi diversion sur les objectifs de la manifestation, de sa capacité à rassembler et à communiquer. C’est un procédé condamnable par sa malhonnête morale et intellectuelle et sa capacité de nuisance politique et sociale. Dans les pays arabes et tout particulièrement en Egypte ce phénomène prend des proportions effrayantes car ce mouvement des voyous n’est pas une manœuvre secondaire dans la diversion comme cela se passe dans les grandes démocraties, c’est une procédure systématique que le pouvoir en place utilise non seulement contre ses opposants lorsqu’ils deviennent crédibles et « menaçants », mais dirigé comme un instrument de terreur contre les populations livrées sans défense à des individus sans conscience pour empêcher que les populations ne trouvent la stabilité et les repères qui leur permettent de faire des projets autres que consommer, copuler  et voir la télévision.

Ce que nous voyons en Egypte et que tente d’expliquer d’une manière  maladroite et  malhonnête la pensée hostile à la libération des peuples traduit en réalité un phénomène infernal qui ligue tous les démons de la terre contre une confrérie islamique qui a osé gouverner au nom de l’Islam faisant fi de sa capacité ou nom à bien gouverner. Il est indécent de faire étalage des erreurs de la victime alors qu’elle est sous l’emprise de son bourreau qui ne lui donne aucun chance ! Encore une fois il s’agit d’intimider, de terroriser, de diaboliser, de frapper non seulement les islamistes réfractaires à l’ordre mondial, mais tous les partisans de la liberté, de la dignité de l’homme,  et de l’indépendance nationale dans le monde arabe.

Les stratégies de violence et de contre violence que l’administration américaine et le sionisme ont développé  aux Etats-Unis dans la lutte contre la gauche et contre l’extrême droite, dans la lutte contre les résistances arabes et palestiniennes en particulier, dans la lutte contre les mouvements révolutionnaires sud-américains sont mis en œuvre en Egypte et ce depuis longtemps. Encore une fois il s’agit de ne pas montrer le lien de déstabilisation qui frappe le monde musulman et en particulier le monde arabe où la violence et les révoltes sont fomentées puis instrumentalisés pour détruire les musulmans et les arabes par les musulmans et les arabes eux-mêmes.

Il est pitoyable de voir comment on met en scène le peuple arabe défenseur violent du coup d’Etat et le même peuple arabe rebelle violent contre un Etat constitué. Il n’y a que les bédouins qui affichent publiquement leur sénilité politique et qui soutiennent en même temps les rebelles contre Assad et les Baltagis favorables à Sissi. L’administration sioniste  et l’administration impériale ne tirent aucune balle et ne pointent aucune oreille et pourtant ils accomplissent leur œuvre de destruction. Les médias sionistes peuvent les accompagner et c’est de bonne guerre. Les Bédouins du Golfe peuvent payer la facture du coût de la répression et de ses conséquences économiques pour rendre service au sionisme et au satanisme qui veillent sur leurs trônes.

Les Algériens, les Syriens, les Irakiens, les Soudanais, les Libanais, les Afghans, les Tunisiens, les Égyptiens payent la trahison et l’immoralité des Bédouins qui contrôlent  leurs gouvernements. En faisant croire qu’il s’agit de deux peuples qui s’affrontent, encore une fois, il s’agit de masquer l’échec politique et moral d’un coup d’Etat de militaires qui ont peur de perdre leurs privilèges et de pseudo démocrates affiliés à la rente politique de l’ancien régime qui ont perdu toute chance d’accéder au pouvoir. Il s’agit de faire apparaître cet échec  en un triomphe légal et légitime de la  force violente légale contre la force  barbare.

La vengeance idéologique et la rancune politique ont un gout de sang que les Baltagiya appelés à la rescousse sont censés effacer dans une sorte de nationalisme de canailles et de voyous. Les Occidentaux sont censés ne pas faire de différence dans nos faciès et nos comportements supposés représenter le mal et la laideur. Le général Sissi et ses comparses civils boutiques et médiatiques sont parvenus à mobiliser des centaines de milliers de personnes à la place Tahrir finissant par croire à leur propre  mensonge : répondre à des millions de personnes opposés à la légitimité d’un président et de parlementaires issus d’un processus démocratique. Ils ne parviennent plus à mobiliser les crédules, malgré leur appel et leurs moyens médiatiques. La Baltagiya est le dernier secours.

Tant qu’il y avait deux acteurs politiques majeurs, le mensonge et la manipulation pouvaient se faire, mais maintenant qu’il n’y a qu’un acteur politique qui conteste le système répressif sécuritaire les stratagèmes ne tiennent plus. Sissi n’est plus le  lion qui ne dévore pas ses petits, comme il a aimé se présenter,  mais une araignée qui dévore ses géniteurs et qui va être dévoré à son tour par ses petits. Cette araignée est  fragile dans sa demeure comme nous le dit le Coran lorsqu’il nous présente les comploteurs.

La Baltagiya fait illusion qu’il y a encore un peuple contre les Frères musulmans alors que dans la réalité il y a les forces de répression contre une partie du peuple qui rejette le coup d’Etat et le système fasciste qui est en train de se mettre en place.  Le reste du peuple a peur. Sa peur est légitime. Il est livré aux tribunaux militaires et aux accusations de terroristes sans moyen de défense. La Baltagiya donne l’illusion d’être le peuple qui veut lyncher les terroristes tout en étant la menace et l’intimidation du peuple fragilisé et contraint au repli. Les images ne peuvent être cachées indéfiniment. Les peuples savent par instinct. La technologie qui permet de maquiller la vérité permet aussi de conserver intacte la mémoire de la réalité.

 

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La Baltagiya a déjà fait irruption sur la scène politique dans ce que les romantiques appellent la révolution arabe. Elle a montré ses capacités d’organisation et ses nuisances, mais elle a pu être contenue par l’effet révolutionnaire et par l’armée qui a lâché Moubarak pour ne pas tomber avec lui dans une épreuve de force qui avait tourné aux avantages de la population. Aujourd’hui la contre révolution s’est organisée et l’armée a tiré leçon de son échec et ensemble ils s’appuient sur la Baltagiya qui agit davantage comme une milice fasciste organisée comme un parti de terreur que comme une organisation de petits voyous. Le phénomène n’est pas nouveau.

Le président Morsi avait changé de ministre de l’intérieur et de Chef de la police car le siège de la présidence au Caire était devenue la cible de la Baltagiya qui a ensuite attaqué les sièges de la confrérie et assassiné dans des conditions horribles plusieurs membres de la confrérie en prélude comme elle avait intimidé les électeurs lors des élections égyptiennes sur la Constitution adoptée à 57% malgré le refus des opposants qui se sont montrés inféodés à l’ancien régime et qui ont appelé l’armée à mettre fin à l’expérience démocratique. En décembre 2012 il a été a demandé à l’autorité religieuse officielle de se prononcer sur la Baltagiya. Le secrétariat de l’instance égyptienne de la    Fatwa a publié ce  communiqué pour  condamner ce phénomène. Voici la traduction de la synthèse de cette Fatwa que j’ai faite pour préparer la rédaction de cet article :

« La Baltagiya est un terme signifiant le recours délibéré à la force et à violence pour terroriser la population et la spolier de ses biens. A ce titre c’est un péché qui peut être considéré comme un péché capital. Ce péché s’il vient à se généraliser et à s’étendre il mettrait en péril la sécurité publique que la Charia islamique a pour dessein de préserver dans sa vocation à défendre à défendre la vie, l’intelligence et la propriété des hommes sur terre.

La Charia dans sa vocation à préserver l’intégrité de la personne humaine et de sa dignité anticipe en interdisant et en punissant sévèrement tout acte et tout comportement  qui  provoquent la frayeur et l’inquiétude de la population et cela même si cet acte et ce comportement n’avaient pour intention que la plaisanterie ou s’ils résultaient de port d’objet pouvant susciter de la peur ou de la violence chez autrui. Le Prophète (saws) a dit :

« Que nul d’entre vous ne pointe son arme sur son frère, car Satan pourrait pousser son bras à commettre le répréhensible et à devenir ainsi l’hôte de l’Enfer. » « Qui pointe son  arme (ou son outils en fer) pour montrer son frère est maudit par les Anges tant  qu’il pointe sur son frère même s’il était son frère de sang » « N’effrayer pas les musulmans car l’effroi d’un musulman est une énorme injustice. »

Lorsque le comportement effrayant vise ou devient  l’intimidation pour porter atteinte à la vie, aux biens et à la dignité de l’homme cela entre sous les peines légales prévues par la Charia contre la sédition et le brigandage en bandes organisées : Le Coran a considéré les brigands qui portent atteinte à la vie d’autrui, à ses biens et à sa dignité comme Ses ennemis et les ennemis de Son Prophète qui ne méritent donc ni pitié ni excuse : {En vérité, il n’y aura qu’une seule rétribution pour ceux qui font la guerre à Dieu et à Son Envoyé et qui sèment la corruption sur la terre : ils seront mis à mort ou crucifiés, ou on leur coupera la main droite et le pied gauche – ou inversement -, ou ils seront expulsés du pays. Tel sera leur sort : une honte en ce monde et un châtiment terrible dans l’Au-delà, sauf pour ceux qui se seront repentis avant de tomber en votre pouvoir. Sachez que Dieu est Pardonneur, Miséricordieux.} Al Maidah 33

Le Prophète (saws) a considéré les brigands et les séditieux comme des criminels apostats : « Quiconque porte les armes contre nous n’est pas des nôtres »

Tous les juristes et toutes les écoles de l’Islam sont unanimes pour ne trouver ni circonstance atténuante ni réduction de peine pour le brigandage et la sédition qui mettent en péril la vie des gens et qui portent atteinte à leurs droits fondamentaux dont celui de vivre en sécurité et en paix. Les juristes musulmans considèrent que le brigandage en bandes organisées et la sédition armée mettent en péril l’existence de la communauté ainsi que ses droits et sa prospérité et qu’il faut donc les combattre avec force et détermination. C’est la seule situation pénale dans le droit musulman où la victime ne peut pas user de son droit de pardon ou de son désistement d’une partie de sa plainte si la justice venait à prouver le crime. La Charia islamique donne à l’agressé le droit à la légitime défense  pouvant causer la mort à l’agresseur s’il ne trouve pas d’autre voie que la violence contre la violence.

Celui qui tue en état de légitime défense n’a pas de Diya (tribu de sang) à verser aux ayants-droits ni de Kaffara (purification par le jeune ou l’aumône) La Charia islamique oblige le musulman à  porter secours à l’agressé et d’empêcher l’agresseur de commettre son acte. Si l’agressé ou celui qui lui porte secours meurt à la suite de l’agression ils sont considéré comme des martyrs car ils ont défendu le droit à la vie. Celui qui ne peut porter assistance doit appeler  au secours sinon aider la justice pour mettre fin à la Baltagiya et restaurer les droits de la victime.

Le Prophète a fait partager la responsabilité de l’agression également à celui qui a la possibilité de porter assistance à la victime  et ne le fait pas préférant le silence ou la démission. Il a dit : « Que l’un de vous ne reste pas impuissant devant un homme (ou ne prenne pas position en faveur) qui porte atteinte à la vie d’autrui. Celui qui se dérobe sera poursuivi de malédiction. Que l’un de vous ne reste pas impuissant (ou ne prenne pas position en faveur) devant un homme qui frappe un autre. Celui qui se dérobe sera poursuivi de malédiction. » L’islam et sa Charia ordonne aux individus et à la société de s’opposer vigoureusement à ceux qui agressent injustement les autres et leurs portent torts et préjudices. Si la société ne le fait pas alors ses membres courent le risque de voir l’anarchie s’installer en son sein et se trouver dans le malheur et l’adversité sans qu’Allah ne réponde à leur invocation.

Le Prophète (saws) a dit : « Lorsque les gens délaissent l’injuste commettre ses injustices sans l’en empêcher alors ils ne sont plus à l’abri d’un châtiment de Dieu qui les frappera à l’improviste » « Le pays où les gens commettent impunément l’injustice et assassinent devient une terre perverse (ardh khabitha). Dans une autre version : Il ne restera alors à celui qui cherche le repentir  qu’à fuir cette terre de mal » La charia islamique fait de la défense des membres de la société un devoir qui incombe à l’ensemble de la société. Tout individu ou groupe qui subit une injustice ou une exaction de la part d’autres individus ou d’autres groupes entraine l’engagement de la responsabilité morale et religieuse de l’ensemble de la société qui a failli à ses devoirs d’instaurer et de garantir la sécurité à ses membres.

Le juge musulman lorsque il est devant un crime dont il ne parvient pas à identifier les auteurs a l’obligation de faire témoigner 50 personnes du quartier où a eu lieu le meurtre et de leur faire prêter serment qu’ils ne sont ni auteurs ni complices de l’auteur et qu’ils ne connaissent pas son identité. La vie humaine est sacrée. Même s’ils ne sont pas les auteurs du crime, ils sont tenus de verser le tribut du sang à un juge qui se car ils portent la responsabilité sociale d’avoir permis par leur laxisme le meurtre dans leur cité. La loi musulmane considère que le criminel n’a pu commettre son crime dans un lieu que parce qu’il  bénéficie de la complicité de quelques-uns de ses membres ou parce qu’il connait le relâchement des liens sociaux ou de la conscience morale.

La Baltagiya est un comportement criminel qui relève des grands péchés que l’Instance  de la Fatwa tient à rappeler la gravité de son existence et la responsabilité de la société dans son apparition et sa  persistance.  L’Islam considère la Baltagiya une corruption grave (Fassad fil ardh) qui mérite donc une riposte sociale des plus vigilantes et des plus responsables ainsi les peines pénales les plus lourdes comme le prévoit le code pénal dans ses articles 6 de 1998, 10 de 2011. L’Instance de la Fatwa rappelle le principe: « La lourdeur des peines est fonction de l’ampleur des crimes »

La Baltagiya que le droit condamne a plusieurs manifestations : intimidation par la force et la violence physique et morale, démonstration de force pour effrayer,  menaces et atteintes à l’intégrité des personnes,  de leurs biens et de leur dignité, mise en danger de la vie d’autrui, troubles de l’ordre et de la sécurité publique, contraintes et harcèlement, port d’armes, d’objets, de substances ou d’animaux, susceptibles de tuer, de blesser ou d’effrayer… L’attention doit être attirée sur les nouveaux comportements et phénomènes récents qui portent atteinte aux biens publics, à la vie normale des citoyens… »

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Ce texte appelle des observations pour améliorer nos connaissances sur ce qui se passe et enseigner à nos enfants et petits enfants la valeur de la paix et de la dignité humaine. La première observation c’est la lourdeur des peines et le peu de compassion de la Charia envers les brigands qui portent atteinte à la vie et à la sécurité des innocents. Il faut avoir une idée de l’horreur des crimes et de l’ampleur de la violence infernale pour admettre que les auteurs baltagiyas ne méritent aucune compassion. Il faut avoir en mémoire que le Prophète n’a pas imaginé ni mis en exécution ces peines, mais qu’ils s’imposaient à une société musulmane naissante qui a garanti la paix, la sécurité, la justice, l’équité, la solidarité sociale et la fraternité entre ses membres. Toute intrusion violente et criminelle dans une société qui aspire à se civiliser doit être sévèrement punie, car non seulement elle sape la concorde civile, mais pousse la société à revenir à ses instincts tribaux et à sa dislocation.

A ce titre je laisse deux vidéos exprimer l’horreur des victimes et la lâcheté de la société qui assiste impuissante sans parler de la monstruosité de ceux qui appellent au lynchage. Ame sensible s’abstenir. L’internet est rempli de séquences sur  l’indicible et l’insupportable de ce que endure l’opprimé en terres d’Islam :

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La seconde observation c’est que celui qui suit les révolutions arabes constate avec effroi ce qu’elles ont produit comme violence et comme terreur. En Egypte cette terreur était devenue un phénomène banalisé qui prenait de l’ampleur lors des élections pour intimider les électeurs. Les candidats aux élections se sont montrés extrêmement violents dans leurs discours, leurs comportements et leurs menaces contre leur adversaire sans que la justice, la police, les médias, les partis politiques  et les autorités religieuses n’en fassent une préoccupation majeure. Autant la violence en Syrie et en Libye montait en crescendo sur le terrain militaire, autant elle montait en Egypte sur le plan social, politique et idéologique. Le même diable semblait agir partout, encourageant les uns et les autre à s’entre-tuer… en  donnant les justifications religieuses et idéologiques à ce que l’Islam et la morale universelle rejettent pour que chacun ne cherche qu’à fuir pour sauver sa vie :

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Cette spirale de la violence semble même être  cotée dans la bourse des salaires de la terreur et de la mort tant chez les Jihadistes en Syrie que les Baltagiyas en Egypte, œuvrant chacun pour objectifs paradoxaux, mais se retrouvant réunis par la même finalité : saper le monde arabe.

Certains journalistes égyptiens avaient avancé le montant de l’intervention « technique » des Baltagis évaluée entre 40 et 200 euros par personne et par opération. Le salaire mensuel moyen en Egypte est de l’ordre de 70 euros. Le marché du mercenariat est donc florissant en termes de revenus et en termes d’offres de services. La violence inter parti constitue la demande. C’est un sans doute le plus grand employeur du monde. Des experts évaluent à 450 mille personnes le nombre de Baltagis.

Un expert criminologue égyptien (le colonel Rafat Abdelahamid) soutient que le revenu du Baltagi peut atteindre jusqu’à 1000 euros couvrant son salaire et les frais techniques de son opération, les soins s’il est blessé, les frais de justice et l’amélioration de ses conditions de détention. Il soutient que le Baltagi est aussi employé dans les opérations de surveillance, de garde rapprochée des hautes personnalités. C’est un véritable business que n’offrent pas les tours opérators. Cette expertise a été menée en 2005. Nous sommes en 2013 : le marché s’est structuré et s’est politisé.

Celui qui suit le devenir des révolutions arabes a sans doute suivi le déroulement du coup d’Etat en Egypte qui a commencé par la mobilisation des Baltagis semant la terreur dans le pays et « prouvant » aux égyptiens qu’ils sont otages et qu’ils n’ont que le choix : se débarrasser de Morsi et des Frères musulmans incapables d’assurer leur sécurité ou subir la terreur organisée et impitoyable.

La baltagiya n’est plus un mouvement de voyous que les services utilisent pour les sales besognes. C’est une véritable institution du crime politique et de l’intimidation sociale que les régimes totalitaires n’ont pas su inventer, mais que l’esprit arabe dictatorial a produit dans le plus grand pays arabe et dans l’une des plus anciennes civilisations du monde.  Le colonel Badaoui Abdelatif ancien conseiller du Ministre de l’intérieur avait avancé dans les colonnes du plus grand quotidien arabe Al Ahram, en 2011 ou 2012,  le chiffre effarant de 50 officiers supérieurs et de 150 officiers subalternes qui étaient chargés de superviser et de coordonner la Baltagiya.

Pour les rares analyses et juristes égyptiens qui ont voulu écrire ou répondre aux questions des rares journalistes intéressés par le sujet après la chute de Moubarak l’explication de l’existence et de la puissance de la Baltagiya est que la sécurité nationale et intérieure était focalisée sur la protection du président et des principaux cadres du parti du président qui administraient le territoire. Le peuple était livré à lui-même et aux voyous. Je n’ai pas trouvé de documents de références, mais il semble que le Président Morsi a été confronté à l’énigme de l’organisation secrète et puissante de la Baltagiya et de son infiltration dans les rouages de l’Etat. Le limogeage du chef de la police, du ministre de l’intérieur et les mesures prises au sein de l’appareil de justice ont trouvé une résistance des appareils et des médias toujours au service de l’ancien régime.

Ce phénomène dépasse donc le politique et le sécuritaire au sens logique des termes : il y a une opération  terrorisante internationale qui reproduit le même modèle en Irak, en Syrie et en Egypte sous des slogans différents. Guerre confessionnelle entre sunnites et chiites, guerre idéologique entre islamistes et baasistes,  guerre de pouvoir entre démocrates nationalistes et Frères musulmans.

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La troisième  observation c’est que le   texte de la Fatwa crée  l’amalgame entre le justiciable et le politique. Défendre la légalité ou la légitimité n’est pas de la Baltagiya. Se contenter de citer des références qui font l’unanimité dans le monde musulman, arabe et non arabe, sunnite et chiite,  depuis 14 siècles, sans impliquer la responsabilité de l’Etat, du Ministre de l’intérieur, de la Justice, et sans demander une enquête criminologique ou une étude sociologique  c’est prendre les gens pour des vessies.  Jamais dans un pays démocratique, un curé, un rabbin, un citoyen, un gouvernant, un opposant, un militaire ou un policier ne viendrait confondre une association de malfaiteurs avec une marche pacifique qui réclame des droits sociaux ou qui exprime une opinion politique.

L’autorité religieuse qui se permet de telles confusions participe à la crise sociale et politique en mettant le curseur là où il ne doit pas être mis. Ce sont ces confusions et cette absence de vision lointaine sur le devenir des choses qui ont mis Qaradhawi et les Frères musulmans dans une fausse posture dans la conduite de la révolution égyptienne et ses implications en Libye et en Syrie sans parler de leurs dérives vers le sectarisme religieux dans la région.

La quatrième   observation c’est que le   texte de la Fatwa s’il met en évidence la profondeur du phénomène semble pourtant montrer les limites d’analyse sociale, politique et psychologique des autorités religieuses officielles de ce phénomène destructeur. Les sociologues et les psychologues ont des champs d’études sur cette « espèce humaine » qui se conduit en prédateurs contre les opprimés.

Nous connaissons tous les grandes causes que sont l’effondrement social, le climat de violence généré par le despotisme politique, le non droit,  l’absence de démocratie, le désespoir social, le mimétisme du marginal qui est prêt à n’importe quoi pour  s’enrichir et  acquérir du pouvoir qui lui donnent sens, l’ignorance, l’absence de conscience sociale et politique de ce que les marxistes appelle le lumpenprolétariat ou sous-produit de la bourgeoisie d’affaires  mafieuse vassalisée au grand capital internationale et aux mafias régionales du grand capital.

Il faut aller plus loin dans l’étude des mécanismes sociaux, psychologiques, économiques et policiers, car le phénomène, en Egypte s’installe durablement et risque de faire école dans le reste des pays arabes en quête de changement ou en échec de changement. En effet, l’Egypte offre un champ social, politique et économique et une proximité particulière avec l’entité sioniste et l’administration américaine qui font que l’expression de la Baltagiya est plus violente qu’ailleurs, plus organisée, et plus présente dans la vie sociale et politique. Elle aura des répercussions irréversibles sur le reste du monde arabe.

A terme les Chrétiens d’Orient seront les plus perdants. Les Coptes égyptiens sont une minorité qui a un niveau d’instruction et de revenu supérieur à celui des musulmans dans la majorité sont paupérisés. Ils ajoutent au mécontentement populaire et se placent en cibles lorsqu’ils soutiennent un coup d’Etat  et pavanent dans les plateaux de télévision occidentaux pour exprimer leur haine des Frères musulmans et leur refus de la Charia. Il faut rappeler qu’en Egypte la Charia est, sur le plan formel, toujours en vigueur et les Coptes ont leur propre loi en matière de code de la famille. Le sionisme et l’impérialisme veulent justement expurger le monde arabe de la présence chrétienne pour des raisons stratégiques que j’ai expliqué dans mon livre sur l’Islamophobie.

La Fatwa souffre du littéralisme des élites musulmanes qui se contentent du verbe alors qu’elles ont le devoir de mobiliser les moyens d’études et de résolution des problèmes. Elle ne met pas fin à la confusion en Egypte qui vit depuis longtemps une violence que la révolution a exacerbée sans lui apporter réponses et solutions. Les facteurs anciens et les acteurs anciens sont toujours présents s’affrontant pour un avenir de plus en plus incertain. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’incertitude n’est pas seulement politique et économique, mais elle est sociale et sécuritaire.

Par ailleurs, pour comprendre la gravité de cette incertitude il faut se rappeler  les scandales de la République française dans la collusion entre les services et les intérêts mafieux sur les questions de gestion de la rente coloniale, et il faut imaginer la collusion des services et des intérêts en Egypte, pays pauvre, colonisé, surpeuplé et doté d’élites bavardes, surdiplômées, mais hyper ignorantes des règles politiques et démocratiques. La France ou un autre pays occidental a les moyens de surmonter sa crise et de balayer dans ses services. Dans les conditions égyptiennes, la promotion de la petite délinquance en partenaire sécuritaire et en allié politique va détruire ce qui reste de l’Etat et de la société. Il faut interroger l’histoire. L’Etat ne peut survivre ni renaître dans les conditions de domination de la Baltagiya ou de la Boulitique. Lorsque ces deux fléaux se rencontrent c’est la société elle-même qui est mise à mort ou qui se corrompt et finit par devenir une malédiction pour elle-même. On comprend l’effroi du Prophète devant la vision du monde musulman se déchirant :

« Malheur aux arabes à cause d’un mal qui approche…
Allons-nous périr alors qu’il y a les gens pieux parmi nous ?
Oui si le mal augmente (se répand) ! Dans une autre version il a dit : Ils n’interdisent pas le blâmable »

La situation est catastrophique car les élites dites civilisées instrumentalisent la nature humaine qui se révèle ou qui est conduite à devenir lamentablement mauvaise et inconsciente de la gravité de ses péchés. Les élites deviennent le cœur de l’abîme, le moteur de l’abime,   lorsque ces élites se laissent guider par la passion et par l’idéologie aveugle alors qu’elles sont déjà enracinées dans la boulitique, c’est-à-dire lorsqu’elles interviennent dans le champ public  sans analyse scientifique, sans inscription dans le long terme, sans nobles et généreuses aspirtations.

Si on peut faire attribuer  l’horreur de ce qui se produit à des milices de voyous sanguinaires, ou à des militaires mus par l’esprit de corps et la discipline militaire, ou à des policiers excités,  comment comprendre les déraisons des élites qui  appellent au meurtre, à l’éradication de l’autre, au fascisme, à l’approbation et à l’encouragement de la Baltagiya qui tente de  lyncher  ou  de brûler les citoyens évacués par la force des armes de la mosquée Al Fath devant les forces publiques  pour ne pas dire sous leur protection ?

Pour l’œil exercé à voir, le siège de la Mosquée Al Fath par l’armée, la police et la Baltagiya signifiait que des dirigeants de l’opposition au coup d’Etat y siégeaient ou y avaient trouvé refuge.  La foule, les téléphones portables et les accords entre les officiers et les assiégés ont sans doute permis aux évacués de ne pas se faire lyncher par la Baltagiya comme il était prévu, mais cela ne leur a pas sauvé la vie sur la route de leur prison où ils ont été assassinés dans une opération rocambolesque maquillant le crime en tentatives d’évasion.  Depuis 2011, les Égyptiens savent que dans la   police  il y a des fonctionnaires  au rang de sous-officiers et d’officiers affiliés à la Baltagia.  Si les écoles arabes ont produit des crétins Les écoles coloniales et en particuliers les écoles anglo-saxones ont produit des monstres.

 

Pour comprendre où va l’Egypte conduite par les faux démocrates il faut imaginer un pays du tiers monde dont la police est du sommet à la base constituée par des réseaux affiliés aux cartels de la drogue, de la prostitution, du racket et du crime organisé. Ces réseaux disposent autant d’hommes que l’armée égyptienne. Que dire lorsque ces appels au meurtre et à la violence hors de la légalité et hors du contrôle de la justice sont prononcés par des académiciens, des scientifiques, des juristes qui se prétendaient des humanistes, des démocrates, des dialoguistes.

Les pays occidentaux qui couvrent les crimes commis contre nos peuples assurent la protection, dans leur société, aux assassins et aux violeurs pour les conduire sains et saufs devant les juridictions. Tant que la justice ne s’est pas prononcée ils demeurent des présumés coupables. Les élites arabes ne parviennent pas à cette conscience morale, intellectuelle  et sociale  du droit et de la dignité humaine.

Est-ce que les souteneurs du coup d’Etat vont prendre conscience que l’interruption de la Baltagiya dans le phénomène politique était le coup fatal donné à Moubarak et à son parti de fonctionnaires, d’affairistes et de journalistes. Le peuple égyptien a été lourdement choqué et a rompu définitivement et totalement avec Moubarak, son armée et sa police. Cela n’a pas duré longtemps car les arrangements d’appareils et la course au pouvoir étaient plus forts que la construction de l’Etat de droit et l’assainissement psychosocial. Y aurait-il un sursaut de conscience, un autre choc salvateur ? Est-ce que les souteneurs du coup d’Etat vont prendre conscience  des ravages sociaux et culturels commis par les milices des Baltagiyas promus en  « comités populaires » faisant la loi.

Les Egyptiens, en vérité, n’ont pas tiré leçons de la grave collusion entre sécurité, médias, Boulitique et Baltagiya lors d’un match de football à petit enjeu de prestige sportif régional. Est-ce qu’ils vont tirer la sonnette d’alarme et se réveiller cette fois qu’il s’agit d’enjeux plus grands ? Est-ce qu’ils vont réaliser l’horreur qui les attend lorsque cette meute de loups sanguinaires et impitoyables va prendre le contrôle définitif des appareils, des cités, des esprits et s’installer dans l’impunité totale.

La baltagiya, au-delà de son nom, de son lieu et de son époque, détruit ce qui reste d’humanité dans les cœurs et les esprits après avoir sapé tous les fondements de la civilisation.  Il y a une loi immuable et implacable qui échappe aux criminels et à leurs commanditaires :

{Aux Thamoud Nous avons envoyé leur frère Sâlih pour les exhorter à adorer Dieu ! Mais voilà qu’ils se scindèrent en deux groupes qui se querellaient.   » O mon peuple !, leur dit Sâlih, pourquoi vous hâtez-vous d’accomplir le mal plutôt que le bien ? Si seulement vous demandiez pardon à Dieu, peut-être vous serait-il fait miséricorde… «   Ils dirent :  » Nous avons tiré un mauvais augure de toi et de ceux qui sont avec toi « . Il dit :  » Votre augure relève de Dieu ; mais vous êtes un peuple mis à l’épreuve « .  Il y avait dans la ville neuf individus qui semaient la corruption sur la terre et qui ne s’amendaient pas.  Ensemble, ils firent par Dieu ce serment :  » Nous l’assaillerons de nuit, lui et sa famille ; puis nous dirons au vengeur de son sang : « Nous n’avons rien vu du massacre de sa famille ; certes, nous disons vrai ! » «   Ils ourdirent un stratagème, mais Nous en avons ourdi un autre, sans qu’ils s’en rendent compte.  Vois quel a été le résultat de leur ruse : Nous les avons exterminés, eux et tout leur peuple.  Leurs demeures sont aujourd’hui désertes parce qu’ils ont été iniques. Il y a vraiment là un signe pour l’édification des hommes. } [An Naml 45 à 52]  

Fascisme en Egypte : les évidences

On peut faire coller à n’importe qui une étiquette idéologique pour détruire ses arguments ou pour le salir dans un monde où il est interdit de penser librement. On ne peut nier l’évidence des textes promulgués, des discours, des faits qui témoignent de leur mensonge, de leur caractère fasciste et totalitaire.

Voici ce que les médias refusent d’analyser comme fondement juridique et idéologique du bain de sang : l’atteinte aux libertés. Les pseudos démocrates peuvent se cacher derrière les mots vides de sens sur la modernité, la  lutte contre le terrorisme et tout leur jargon fallacieux, mais ils ne peuvent effacer de la mémoire collective le bain de sang ni les testes liberticides et anti démocratiques qu’ils soutiennent se cachant derrière les militaires qui prennent fait et position en faveur de ceux qui ont échoué lamentablement à se faire élire par le peuple.

Article 3 de la loi sur l’Etat d’urgence

Le Président de la République, dès la proclamation de l’état d’urgence, est chargé de prendre, par écrit ou par voie orale, les mesures suivantes :
Premièrement:
– La restrictions aux liberté de réunion, de déplacement, et de résidence et de circulation des personnes dans certains lieux ou certains moments,
– L’arrestation des suspects ou des personnes dangereuses pour l’ordre et la sécurité publique et de les mettre en détention,
– Le contôle et la fouille des personnes et des lieux, sans être restreint par les dispositions du Code de procédure pénale.

L’article énumère ensuite toutes les mesures immorales, illégales de censure, de violation du courrier et de la correspondance privés ou médiatiques, de contrôle des organes et des bâtiments de presse et de télévision se donnant le droit de fermer et d’autoriser sans justification et sans référence à la justice ou à la loi.

L’article 4 donne existence et attribution aux tribunaux d’exception qui ont droit de vie et de mort, droit d’interner ou de libérer sans référence à la loi ni au droit.

Dans un article précédent, j’ai décrit ce qui se passait en Egypte comme l’instauration du fascisme. Ce n’est pas un jeu de mots.

Si les textes et les mesures rappellent le retour à l’ère Moubarak, les appels demandant de lyncher ou de brûler les opposants politiques au coup d’Etat et à la répression sanglante rappelle les tribunaux d’inquisition du Moyen-age contre ceux désignés comme hérétiques pour avoir pensé différemment ou pour avoir contesté l’ordre inquisitorial. Le fascisme est une forme « civilisée » de l’inquisition. Ce qui se passe en Egypte est pire que l’inquisition.

Le temps va montrer que le Takfir religieux dans sa forme chrétienne ou musulmane est un enfant de chœur devant le Takfir politico idéologique. Ce dernier a pour soutien l’armée, la police, les élites et les médias. J’ai dénoncé l’insenséisme du chauvinisme nationaliste et laïc qui annonçait triomphalement l’échec et la fin de l’Islam politique ne voyant pas ou refusant de voir qu’ils sont les instruments de l’échec et de la fin de la politique et les artisans du désastre de leur pays. La haine idéologique et la revanche contre le peuple qui les as boudés les conduit au nom du libéralisme, du marxisme, du salafisme, et de n’importe quoi qui donne appartenance à tout ce qui n’est pas peuple, de se venger du peuple.

Je ne suis pas juriste et encore moins un constitutionnaliste, mais je suis certain que n’importe quel étudiant français de troisième année de droit, à condition de ne pas lui situer l’enjeu politique et idéologique en Egypte, vous dira qu’il n’a jamais lu un texte aussi mal écrit , aussi confus, aussi arbitraire et aussi liberticide. Il ne peut permettre d’espérer une ouverture démocratique, une réconciliation nationale ou un progrès social tant que ses commanditaires, ses écrivains et ses exécutants restent aux commandes du pouvoir politique et militaire.

Les Arabes, nés dans l’oppression et grandis dans la soumission, ne réagissent pas, mais les latino américains qui ont la conscience des dictatures et du rôle de l’administration américaine dans l’émergence et le maintien de ses dictatures ont réagi et ont fait écouter leur voix disant non au coup d’Etat, non au bain de sang, non à l’Etat d’urgence, non au fascisme.

Crime contre l’humanité et malédiction en Egypte

Il est difficile d’imaginer voir de ses yeux cette boucherie même si intellectuellement nous y étions préparés eu égard aux enjeux idéologiques et stratégiques.

Il est difficile d’imaginer un appareil d’Etat, même au tiers monde, tirer à balles réelles sur la foule sans légitime défense et sans tirs de sommation.

Il est  difficile d’imaginer voir ces images en Egypte qualifié par le Prophète (saws) de carquois de l’Islam.

Il est difficile d’imaginer l’hôpital de fortune des occupants de la place Rabiâ al Adawiya devenir un brasier allumé par les forces de l’ordre dans une capitale qui dispose de l’université islamique Al Azhar qui veut rayonner spirituellement et intellectuellement sur le monde arabe et musulman.

Il est difficile d’imaginer que des êtres humains puissent réaliser ce carnage avec autant de cynisme et de détermination. Il est encore plus difficile d’imaginer d’autres humains encourager et soutenir le carnage commis contre leurs concitoyens et coreligionnaires.

Et pourtant cela s’est produit et va se répéter. Les militaires et les éradicateurs savent sur le plan objectif que les Frères musulmans restent la force la plus organisée et la plus conséquente en matière de mobilisation sociale pour faire face au coup d’Etat et ses conséquences politiques lorsqu’il faut revenir à la vitrine démocratique. Ni Djamel Abdel Nasser et son charisme révolutionnaire ni Sadate et Moubarak et leur alignement à l’administration américaine et sioniste n’ont pu éradiquer ni affaiblir la confrérie qui dispose de près d’un siècle d’expérience de résistance contre l’oppression. Ils tentent d’instaurer le chaos et la violence armée qui discrédite définitivement l’organisation des Frères musulmans et livrent la population au fascisme.

Les GIA égyptiens ont depuis longtemps révisé leur position sur le recours à la violence armée et ont finalement éradiqué idéologiquement, socialement  et politiquement l’organisation secrète armée dans la société égyptienne. La violence horrible ne vise qu’à pousser les égyptiens à prendre les armes et à se donner bonne conscience pour exterminer toutes les élites, toutes les forces de propositions et toutes les alternatives qui peuvent faire de l’ombre au cercle des initiés. Dans la foulée ils réactivent les réseaux terroristes dormants et les résidus des GIA, tous infiltrés, par les services égyptiens, les milieux mafieux et les officines étrangères. Les pseudos attentats contre les églises, les pseudos attaques contre l’entité sioniste et les actes de vandalismes contre les édifices publics sont les scénarios traditionnels.

Le scénario le plus cynique et le plus satanique est celui du coup d’Etat qui consiste à donner raison idéologiquement aux détracteurs salafistes jihadistes des Frères musulmans qui considèrent la démocratie comme hérésie et qui prônent le changement radical par la violence et l’islamisation par la force. Dans la conjoncture internationale le coup d’Etat est un choix délibéré pour promouvoir la violence et faire sombrer le monde arabe et musulman dans la « régression féconde » préconisé par l’administration américaine pour maintenir son hégémonie et interdire l’éveil islamique latent.

 Dans mon livre sur l’islamophobie j’ai montré comment et pourquoi se met en place le scénario de diabolisation des musulmans et comment fonctionne la machine infernale médiatique, idéologique, militaire et psychologique pour installer durablement le monde arabe  et musulman dans une instabilité où se cultive la méfiance envers les musulmans et la défiance entre les musulmans.

Les indigènes de la république continuent à se croire le centre du monde et à identifier l’islamophobie à un acte raciste ou à un profilage raciale et occultent la guerre de civilisation qui se joue en terres d’islam et où des dizaines de millions de musulmans en Afrique et en Asie se font occire ouvertement depuis le 11 septembre.

Les musulmans conscients et lettrés doivent garder à l’esprit que les courants infantiles, violents, sectaires et nombrilistes travaillent en faveur de la stratégie occidentale qui connait son ennemi véritable qu’elle doit abattre, intimider ou faire taire. Il n’est pas étonnant de voir les insensés, imposteurs de l’Islam, s’acharner  sur la démocratie, alors que l’expérience démocratique, certes imparfaite, en Tunisie et en Egypte commence à se poser les bonnes questions qui vont la conduire à produire de la pensée politique, de la liberté, de l’islamité libérée de la tyrannie et civilisatrice. Il est triste de voir le principe de l’alternance politique remis en cause de cette façon aussi tragique. Il est plus triste de constater l’inconscience et le niveau lamentable des « Arabes » qui ne parviennent pas à être réveillés par tant d’effusion de sang, de ruines, de malédiction. Ce qui se passe en Egypte et en Syrie est le processus visé par l’islamophobie américano-sioniste : diviser le monde musulman, le faire entrer en guerre civile, le rendre haïssable et méprisable pour justifier toute intervention militaire pour liquider le groupe vainqueur de l’affrontement intérieur. L’islamophobie est plus que la haine raciale ou confessionnelle : elle est une stratégie préméditée et efficace pour saper le monde musulman et en particulier le monde arabe qui fait la jonction entre l’Asie et l’Afrique.

Il y avait une volonté de présenter le courant islamique comme un vassal de Washington, ce que démentent les événements tragiques, pour faciliter sa repression. Et pourtant la vitrine actuelle des initiés, qui ont fait le coup d’Etat et qui terrorisent le peuple, est fondamentalement constitué des amis de l’Amérique : les officiers formés par le Pentagone et les Libéraux en affaire avec les milieux américains directement ou par l’intermédiaire des capitaux arabes. Cette vitrine vient d’être renforcé par la nomination au Caire de Robert S. Ford ex ambassadeur américain en Syrie et organisateur de la guerre civile en Syrie.  La presse spécialisée décrit Robert S. Ford comme étant l’ancien assistant de l’ambassadeur John Negroponte à Bagdad,  Pour ceux qui ont oublié, John Negroponte est l’installateur du chaos en Irak et la mise sur place des Blacks waters à l’image des escadrons de la mort qu’il avait crées et développées au Nicaragua pour appuyer la CIA et le régime militaire dans ses opérations répressives  de contre révolution et de subversion idéologique.

L’aveuglement idéologique veut montrer Robert S. Ford comme l’allié des Frères musulmans pour détruire l’armée égyptienne oubliant que l’armée égyptienne n’a plus de doctrine de guerre et ne considère plus Israël comme son ennemi principal.

Les élites civiles et militaires des systèmes arabes  haïssent le peuple et sont animés des mêmes désirs  de  puissance de Corée,  Hamana et  Pharaon.  Ils agissent méthodiquement et avec science : plus le nombre de victimes est nombreux plus le sentiment d’injustice est fort et large avec le risque plus grand de voir un plus grand nombre basculer dans l’action armée tout en étant certain que la majorité choquée par la violence et la contre violence sera contrainte au mutisme, au sauve-qui-peut social, à la corruption… C’est une politique diabolique qui s’apparente au terrorisme d’Etat et au fascisme.

Roland Barthes  a donné une excellente définition du fascisme : « Le fascisme, ce n’est pas d’empêcher de dire, c’est d’obliger à dire. »  Elle rejoint  la définition  de Bertollucci sur le nationalisme fasciste : « le nationalisme est le dernier refuge des canailles ». Les despotes arabes  ont l’art de cultiver le nationalisme chauvin et de se présenter comme le rempart pour protéger la démocratie des ennemis de la démocratie.  Le fascisme est essentiellement la dictature qui s’instaure sur la base du  mépris pour le peuple et pour sa liberté. Le fascisme ne se contente pas de triompher par la force de ses adversaires, mais veut les humilier avant de purifier la société de leur présence en les diabolisant puis en les exterminant. En Egypte il a commencé par effacer de la mémoire un fait extraordinaire : Morsi est le premier président civil en Egypte. Même s’il a failli dans sa gouvernance, jamais au grand jamais la classe politique n’aurait du permettre l’atteinte à la fonction symbolique de président élu. Sur le plan démocratique et sur le plan islamique porter atteinte à cette fonction par des voies séditieuses est un sacrilège qui ouvre la porte à l’effusion de sang. Les partis politiques qui ont cautionné le coup d’Etat porte la responsabilité morale du sang versé. Le fascisme a la capacité médiatique et l’art de la propagande pour maquiller la réalité et présenter le coup de force comme volonté populaire pour ne pas dire volonté divine.

Non seulement le fascisme s’installe en Egypte recouvrant de son horreur les horreurs passés de la dictature de Moubarak, mais la malédiction de Dieu fera fuir toute miséricorde, toute bénédiction des limbes, des mains et des appareils qui ont planifié, exécuté et approuvé ce crime contre l’humanité. Les images sont horribles, mais l’annonce de ce qui attend les coupables, leurs complices et les insouciants qui se taisent devant l’effusion du sang des musulmans   est pire :

{Quiconque tue un croyant intentionnellement, sa punition sera la Géhenne où il s’éternisera ; Allah le frappera de Sa Colère, le maudira et lui préparera un immense châtiment.} An Nissa 93

Aucune Ayat dans le Coran ne comporte autant de châtiments réunis. Le sang et la vie du musulman sont sacrés et nul ne peut se donner justification pour les violer et porter atteinte à leur sacralité et à leur intégrité.

Aucun hadith n’est aussi redoutable que ceux condamnant le meurtrier qui a prémédité son crime :

verset-meurtre2

Le Jour du Jugement dernier, la victime  se présentera   retenant  par la main son meurtrier.
Allah demandera alors : Pourquoi l’as tu tué ? Il dira : Pour que la gloire soit à Toi ! Allah lui dira : Mais elle est à moi.
Se présentera une autre victime tirant  par la  main de son meurtrier. Allah lui demandera alors : Pourquoi l’as tu tué ? Il dira : Pour que la gloire soit à Untel ! Allah lui dira : Mais elle n’est pas à lui. Endosse alors le fardeau de ses péchés…

verset-meurtre3

Par Allah, le monde ici-bas et tout ce qu’il contient ne valent rien en égard à l’attentat contre la vie du musulman sans raison de justice.

Le croyant demeure dans une aisance de son Dine tant qu’il pas porté atteinte à la vie sacrée.

verset-meurtre4

Quiconque aide à l’assassinat d’un musulman ne serait-ce que par une bribe de parole, rencontrera Allah le Jour de la rencontre avec Allah portant sur son front l’inscription nul espoir en la Miséricorde d’Allah.

Tout être pourrait être absous par Allah pour ses péchés à l’exception de celui qui meurt mécréant ou de celui qui tue un croyant avec préméditation.

verset-meurtre5

Le croyant demeure embrassant sa foi et bon (faisant le bien) tant qu’il ne porte pas atteinte à la vie sacrée. S’il commet un attentat contre autrui alors il s’est fermé toutes les possibilités ( de faire le bien, de se repentir).

Les caméras occidentales sont braqués sur les assassinés et le sang versé pour vendre de l’audience à la publicité. Elles ont les moyens d’estimer le nombre des victimes comme elles ont les moyens d’estimer le nombre des partisans de Morsi et le nombre des partisans du coup d’Etat. Elles n’utilisent pas ces moyens car ils risquent de réveiller la conscience humaine qui pourrait demander des comptes contre les auteurs de l’hécatombe. Combien de temps va t-on se taire  sur le nombre réel des victimes et combien de temps va t-on occulter l’autre vérité horrible : les milliers de disparus, les milliers d’internés, les milliers de torturés?

Allah répond certainement à l’invocation de l’opprimé même s’Il diffère Sa réponse

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Inauguration du bain de sang en Egypte

Comme prévu le sang commence à couler avec effusion. Comme sortie de crise les putschistes n’ont pas d’autre alternative que massacrer les populations civiles.   Les Frères musulmans annoncent plus de 2000 morts et plus de 10000 blessés vers midi de ce mercredi. Parmi les morts et les blessés on retrouve des cadres de la confrérie et des membres de leur famille. L’union sacrée du sacrifice transcendant les classes sociales va affronter l’union des affairistes et des rentiers de l’ancien régime.  Symboliquement, les choses ne marchent pas au gré des putschistes qui semblent éprouver beaucoup de difficultés confortant l’idée du refus du coup d’Etat et de ses conséquences par un grand nombre d’officiers égyptiens.

meurtre-barbare

Une fois les centaines, les milliers, les dizaines de milliers de tués, de blessés, de disparus comptabilisés puis  incrustés dans la mémoire collective arabe quelle serait l’issue pour ceux qui ont ordonné, exécuté et approuvé les massacres après avoir renié et  trahi un processus électoral ?

Il sera difficile de cacher le nombre de morts et les circonstances de leur décès comme il sera difficile de s’inventer des prétextes politiques ou sécuritaires crédibles… Il sera difficile de supporter la vue des corps calcinés et mutilés :

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Les organisateurs des manifestations et des sit-in contre le coup d’Etat ont sans doute pris au sérieux les menaces de l’appareil répressif,  les appels au meurtre des éradicateurs et l’hypocrisie des capitales occidentales. Ils ont sans doute élaboré des scénarios de gestion de crise  qui leur permettent de conduire les assassins vers l’impasse et de répondre de leur meurtre. Les organisateurs savent qu’ils livrent une résistance qui exigent durée et imagination face à un appareil répressif impitoyable qui ne recule devant rien. Logiquement nous devons assister à l’élargissement et à la multiplication des lieux de rassemblement.  Nous l’espérons. Sinon la guerre civile va s’installer jusqu’à l’éradication d’un camp pour ne pas dire l’anéantissement totale de l’Egypte au grand plaisir d’Israël qui a détruit le monde arabe en deux ans sans tirer une seule balle !!!

Si les partisans de la légalité se sont préparés à l’affrontement pacifique des forces de répression alors la question tragique et inévitable serait celle de l’endurance et de l’enthousiasme des populations à se sacrifier ainsi que celle des soldats et des policiers à supporter de voir le sang versé, les os broyés et les cervelles giclées sans écœurement. La résistance mentale est parfois plus décisive que le rapport des forces. L’armée et les services de répression du Shah d’Iran ont cédé après avoir atteint les limites de leur humanité :  5000 victimes civiles désarmées fauchées par les chenilles des chars et par les balles des mitrailleuses.

Les Frères musulmans ont fait la faute monumentale de composer avec l’armée de Moubarak et de stopper la révolution, il se trouve aujourd’hui dans  le défi d’achever le travail s’ils ne veulent pas disparaître de la scène politique et sociale. Les partisans de la démocratie sont eux aussi dans la même équation : relancer le processus démocratique en s’opposant au coup d’Etat et en redéfinissant les dénominateurs communs avec les principaux acteurs islamiques ou disparaître eux et leurs rêves de justice sociale, de progrès social.  L’Egypte tenu par les militaires sera une colonie d’Israël,  une base coloniale de l’Empire américain,    un comptoir commercial de l’oligarchie financière… une terre maudite par le sang versé en toute impunité. Sissi joue son avenir politique, sa vie et son désir de devenir le Hamana incontesté de l’Egypte, il sera impitoyable pour servir ses amlbitions et ceux de ses maîtres.

CHAREn attendant, il sera difficile à l’armée égyptienne de mater une insurrection dans un pays de 85 millions d’habitants. Il sera difficile à une armée de conduire avec succès une opération de police d’autant plus qu’elle a montré ses limites lors de la révolution contre Moubarak. Les opposants au coup d’Etat montre des chars en difficulté devant la population ainsi que la prise d’assaut de bâtiments gouvernementaux dans les provinces.

L’armée égyptienne a su reconquérir un prestige au détriment de la police qui porte le chapeau des exactions de l’ère Moubarak. L’armée ne peut se passer de la police dans la répression des manifestants ni de ses anciennes méthodes. Les stigmates  de l’ancien régime risquent de faire mal de nouveau et pousser la rue égyptienne à s’allier aux opprimés et aux réprimés.

Il sera difficile aux anti Morsi de continuer à se cacher derrière la mauvaise gouvernance des Frères musulmans ou derrière l’étiquette de terroristes.

Il sera difficile aux Salafistes de continuer à vivre paisiblement servant leurs intérêts sectaires et les intérêts de l’Arabie saoudite alors que leur pays est mis à feu et à sang à cause de leur incurie politique et religieuse. Al Azhar et les Salafistes vont fatalement épuiser leurs syllogismes fallacieux et se trouver sans arguments devant  leurs détracteurs qui ne manqueront pas de les interroger sur la position du Prophète (saws) sur l’effusion du sang des innocents et sur la destitution d’un gouvernant légitime.

Nous allons sans doute assister dans les heures et les jours qui suivent à des divisions qui vont repositionner politiquement les curseurs de l’opposition ou de l’alliance aux putschistes et aux légalistes transcendant le positionnement idéologique des uns et des autres. La crise ne peut être surmontée et résolue que par des changements de postures. Il faut espérer une dynamique accélérée, juste et efficace qui mette fin à l’effusion de sang et qui ouvre une nouvelle voie dans le cadre d’une recomposition politique.

Sur le plan international, les observateurs notent l’ouverture du dialogue entre les Iraniens et les Frères musulmans et le Hezbollah et le HAMAS ce qui laisse supposer que les Frères musulmans restent une force crédible et perfectible qui a toujours la possibilité d’exercer un rôle en Egypte et dans le monde arabe. En organisant, hier, des manifestations hors de leur carré, les partisans de la légalité ont sans doute pris l’initiative pour ne pas rester otage et ont poussé les autorités militaires et civiles  paralysées par les divergences en leur sein sur le recours de la violence à  se décanter et à choisir définitivement leur camp.