Les mécanismes de la destitution de Morsi vus par un Frère musulman

Au moment où la roue de l’histoire poursuit inexorablement sa trajectoire faisant tomber les illusions des uns et faisant voir les manœuvres des autres il est bon pour l’esprit de chercher à comprendre les mécanismes de la tragédie. Il s’agit d’une tragédie, car le peuple arabe continue de vivre les coups d’État et les instabilités du fait de l’immaturité de sa classe politique et de sa fâcheuse culture démocratique qui appelle l’armée à résoudre les problèmes de la société.

Quelques hommes ont vu la tragédie venir de très loin. Parmi ces hommes Mohamed Habib.

Mohamed Habib considéré comme  l’un des militants les plus remarquables, en termes de pensée et de poste occupé dans la hiérarchie des Frères Musulmans auprès de qui il avait passé 43 ans de son existence, avait démissionné de la confrérie en pleine « révolution » égyptienne alors que Moubarak venait de  tomber.  Il fait partie des grandes figures musulmanes qui ont  apporté la contradiction politique aux Frères Musulmans  sur le champ public.  On se rappelle aussi le candidat aux présidentiels Abdel Moun’im Abou Fatouh qui s’est présenté en candidat libre contre Morsi le candidat de la confrérie. Mohamed Habib, avec d’autres dissidents,  avait créé le parti de la Nahda qui se voulait « Wassata » entre les islamistes et les libéraux pour empêcher que l’Égypte ne sorte du parti unique pour tomber dans celui de la bipolarité idéologique : islamistes et anti-islamistes.

Mohamed Habib   s’est   démarqué  des pratiques  de la confrérie qu’il a considérées contraires à l’esprit de son fondateur Hassan Al Banna. Auteur du livre    »  Les Frères et la vérité amère » , paru il y a quelques semaines  il a publié plusieurs articles  depuis la révolution qui a porté les Frères Musulmans au pouvoir. Il n’a pas manqué  d’y  condamner la démarche « révolutionnaire » des Frères Musulmans considérant qu’elle était contraire à la philosophie pacifique et sociale du mouvement et qu’elle annonçait une dérive loin des principes affichés et des discours.  Pour lui la révolution n’était ni dans la culture, ni dans l’objectif, ni dans l’espoir des Frères Musulmans.  Elle peut se produire pour des raisons objectives et subjectives dont le despotisme qui outrepasse toutes les limites. La culture islamique est d’agir avec la réalité objective et d’analyser la révolution puis d’en tirer toutes les conséquences. Comploter pour prendre le pouvoir ou planifier  pour pousser le peuple à s’insurger n’est pas une culture islamique. La réforme est globale et longue, elle est donc en contradiction avec l’empressement et les imprévus du fait révolutionnaire. Le fait révolutionnaire peut se produire lorsqu’il n’y a pas de réforme et que la situation devient explosive sans issue. À long terme la révolution n’apporte pas de solutions objectives, elle reste une réponse  ponctuelle sur laquelle il ne faut pas compter. L’erreur stratégique des Frères Musulmans semble se focaliser sur leur positionnement par rapport  aux révolutions arabes.

Il s’est démarqué plusieurs fois de la position des « sunnites » qui veulent partir en guerre contre les chiites et il a refusé de prendre position contre le Hezbollah et l’Iran comme il avait refusé de magnifier le Qatar et la Turquie. Sa position sur l’axe de la résistance ne semble  souffrir d’aucune ambiguïté.

Il explique la logique historique qui a présidé à la conduite  partisane des Frères musulmans  face à la répression qui se trouvent donc contraints de passer à la clandestinité, laquelle les amène inévitablement à se développer comme une organisation secrète. Celle-ci finit par devenir otage de son bureau politique échappant au contrôle et au ressourcement.  La répression isole l’élite des cadres du terrain et à la longue les uns et les autres se trouvent coupés de la réalité pensée, du retour d’expérience sur les activités et du rajeunissement des cadres.  Avec le temps non seulement le gouvernant et l’opposant se trouvent sans canaux de communication et de dialogue, mais tous se trouvent privés de compétence et de l’aptitude à renouveler la pensée féconde et novatrice.  Dans ces conditions, rêver du pouvoir, s’y préparer ou l’exercer comme ik se doit relève de l’impossible à imaginer.

Il ne s’agit pas du déballage infantile et auxiliaire des repentis du FIS, mais d’une pensée structurée qui exprime sa déception avec pertinence et opportunité (dans le feu de l’action). Mohamed Habib   n’est pas un parvenu : c’est un intellectuel et un cadre de haut niveau qui a participé à l’organisation des  Frères Musulmans  et à l’émergence de la pensée résistante contre le despotisme. Comme la majorité de ses compagnons de route, il  a affronté au péril de sa vie et de sa liberté le despotisme du régime égyptien. On peut résumer ses reproches et ses inquiétudes que le temps a confirmées comme suit :

1 – Il considère qu’objectivement le mouvement des Frères Musulmans avait  épuisé son stock historique, politique et social et qu’il lui fallait changer sur le plan idéologique et méthodologique pour faire face aux changements objectifs de la rue algérienne et aux nouveaux défis de la révolution égyptienne qui ne peuvent se contenter de l’approche « classique ».

2 – Il considère que l’hégémonie, l’exclusion et l’exclusive au sein du parti ou entre les partis dans l’Égypte née de la Révolution ne sont plus d’actualité. La pensée unique et l’héritage ancien doivent faire place à une pensée moderne, à la consultation élargie et à la fin de la culture du secret et de la clandestinité imposés par l’histoire. La feuille de route, le règlement intérieur et la peur de l’autre que les Frères Musulmans avaient hérité du régime policier sont devenus caducs. Les Frères Musulmans ne pouvaient et ne devaient prétendre gouverner l’Égypte sans se réformer préalablement et  rénover leur pensée, leur mode d’organisation et de prise de décision. L’avenir de l’Égypte et l’exercice politique dans les nouvelles conditions et les nouvelles possibilités ne pouvaient se confiner dans la structure du Bureau du guide et ses appareils.

3 – Il a dénoncé le mauvais choix des hommes comme étant des choix partisans ou sentimentaux  qui auront  fatalement des répercussions négatives sur la vie sociale, politique  et économique sur l’Égypte qui attend la mobilisation de compétences avérées pour résoudre des problèmes complexes exigeant la coopération du plus grand nombre de forces politiques.

Les choix des hommes ne sont pas judicieux et n’obéissent pas à la logique politique du moment.  Il dit sans détour que l’Égypte est dans la nécessité de choisir des hommes imaginatifs, innovateurs, penseurs pour répondre aux ambitions du peuple égyptien que la révolution a réveillé. Tout conformisme aux appareils de la confrérie aux dépens des attendus du peuple sera préjudiciable aux Frères Musulmans.   L’Égypte a de grands problèmes qui exigent une grande pensée au service de l’intérêt général loin de l’esprit partisan.

4 – Il considère que la faute catastrophique était la gestion de la réforme constitutionnelle et qu’il était impensable que la Constitution nouvelle puisse être aux mains du pouvoir politique, car elle perd de son caractère de référence et devient démarche partisane. Il aurait fallu dissocier l’assemblée constituante de l’Assemblée législative et confier cette tâche à des experts autonomes sans attache avec l’exercice du pouvoir. Une constitution, même si elle est « parfaite » reste illégitime et contestable lorsqu’elle est l’apanage d’un parti ou d’une coalition au pouvoir. Cette manière de procéder fragilise l’État et ouvre la porte à toutes les dérives. La Constitution par son caractère durable devrait être acceptée par les minorités et par l’opposition. Elle ne doit donc pas être l’œuvre du pouvoir en place, même si ce pouvoir est légitime sur le plan démocratique.

5 –  Les Frères Musulmans sont entrés dans la confusion totale perdant le cap et l’objectif de leur existence en l’occurrence la réforme et le progrès. La course au pouvoir a occulté les devoirs. L’absence de vision stratégique dans le cadre des changements survenus qui ont surpris le mouvement qui ne s’est pas préparé au changement  ne lui permet ni à lui ni à ses cadres de gouverner autrement que par l’improvisation et la confusion.

6 – L’hégémonie des Frères Musulmans sur les institutions porte un préjudice au principe de l’équilibre et de la séparation des pouvoirs. Il y aura sans doute des répercussions.  Le drame dans cette situation c’est que les militants, les sympathisants et les cadres dont confiance aveugle à leur direction qui se trouve ainsi privée de sens critique venant s’ajouter à l’héritage lourd d’une pensée immobile et dépassée.  Lorsque la vigilance, la lucidité et le devoir de bon conseil font défaut, l’esprit de sens, l’esprit d’efficacité et l’esprit de justesse viennent à manquer. Morsi ne semble pas voir que sous sa présidence il y a déjà 60 morts et qu’il lui faut mettre fin à ce schéma qui va conduire à la tragédie dont il sera tenu pour responsable.  Le recours aux justifications n’annonce pas de bons auspices.

7 – La pire des confusions c’est de ne pas voir que dans la réalité les institutions et les pouvoirs aux mains des Frères Musulmans sont des coquilles vides. Le pouvoir réel est toujours exercé par l’armée et les Frères Musulmans portent la responsabilité politique et historique de ne pas s’attaquer à la nature et aux mécanismes du pouvoir réel et de se contenter de manœuvres politiciennes sans portée sur les réformes et la liberté.  Le calcul politicien, empressé  et conjoncturel des Frères Musulmans avec les militaires leur serait fatal.

Pour lui le peuple égyptien qui a surpris le pouvoir de Moubarak est capable de surprendre le nouveau pouvoir à tout moment.  Il est capable de renverser en quelques jours les équations que les élites ont mis des années à construire ou à réaliser les objectifs que les partis ont cherchés en vain d’accomplir. L’étape exige une écoute du peuple et la prise de mesures concrètes pour le faire participer dans la gestion de la cité. L’effusion de sang qui a accompagné l’accord des Frères Musulmans avec l’armée sur la désignation de Omar Suleyman pose toujours la question de la responsabilité à chercher sur les auteurs des crimes et pose toujours la question d’une feuille de route pour celui qui ne veut  pas être pris de court par les manœuvres de l’armée.

8 – La priorité est dans la fédération du peuple et la destruction des barrières sociales, politiques et autres qui se font contre l’unité nationale et contre la prospérité du peuple égyptien. Il explique qu’il a essayé de fédérer des personnalités égyptiennes sans grand succès et que le choix pour Morsi n’a pas été judicieux puisque ce dernier n’a pas respecté tous ses engagements ni donné suite aux promesses que le peuple attendait de lui. Il exprime sans faux fuyant ni esprit de revanche sa déception et montre son inquiétude pour l’avenir politique et social des Frères Musulmans qui vont payer les conséquences de leur échec annoncé par leur démarche propre  et programmé  par les forces tapies dans l’ombre.  Morsi a fait un mauvais choix en optant pour un gouvernement limité dans ses moyens et petit dans son ambition. Le gouvernement choisi par Morsi lui portera préjudice et laissera un héritage lourd à gérer. L’improvisation,  l’irresponsabilité  et le manque d’imagination sont catastrophiques pour la suite des événements qui n’annoncent  pas des jours meilleurs.

9 – La situation héritée du régime Moubarak dépasse l’entendement. Les grands chantiers sur la sécurité du citoyen et le développement économique sont donc des priorités. Les Frères musulmans ont une littérature et une compétence de propositions et de solutions  s’ils empruntent la voie de la fédération des forces. Le tourisme et l’investissement  étranger qui sont un pilier de l’économie égyptienne exigent la sécurité et la confiance que doivent renforcer des politiques diligentes en matière de santé publique et de logement. Les mesures techniques ne suffisent pas à terme si elles ne reposent pas et si elles n’impulsent pas la réforme de l’éducation nationale et de la recherche scientifique.

10 – Sur le plan doctrinal et intellectuel il s’est donné comme objectif, à la lumière de la révolution égyptienne et de son expérience auprès des Frères Musulmans,  de se consacrer à l’émergence d’une pensée moderne  qui réforme le Fiqh, les concepts et les représentations de la Sunna, de la Jama’â. Il considère que les Sunnites des temps modernes s’ils se comparent avec objectivité aux Chiites en matière de pensée politique, économique et sociale ils vont se trouver très en retard. Il considère de son devoir d’écrire et de publier son expérience auprès des Frères musulmans et tout particulièrement  leurs rapports à la Palestine, à la vie politique parlementaire, à la violence.

Khatib parle comme un visionnaire qui ne cache pas ses attaches avec la confrérie qu’il espère rejoindre de nouveau pour servir l’Islam et l’Égypte  avec une pensée rénovée et rénovatrice.  Il a du mal à comprendre que ceux qui ont été privés, hier,  de liberté, de revenus, de droits, puissent, aujourd’hui se retrouver otages d’une politique insensée et d’une confusion aveugle qui menace leur existence et entache leur passé. Surmontant ses émotions et son chagrin il parvient à trouver la faille en ciblant la direction des Frères Musulmans inaptes à gouverner par sa composition actuelle ainsi que par son manquement  à la règle coranique :

{Le mal et le bien ne sont pas pareils, repousse le mal par le bien}

C’est cette compétence imaginative et lucide qui a fait défaut à un mouvement frappé d’immobilisme du fait qu’il a perdu la culture islamique de l’esprit critique. C’est la confusion entre le parti et l’État qui a paralysé Morsi le rendant otage des contradictions et des confusions d’une direction hors du temps et de l’espace.

Il y a moins de dix jours que Khatib a fait un appel solennel à Morsi et aux Frères Musulmans leur demandant de s’ouvrir aux forces politiques et sociales égyptiennes et de ne rester dans le confinement partisan. Mais, le  visionnaire, l’esprit probe, ne peut être entendu lorsque la majorité beugle.

Ce sont les résumés de ses interventions à la presse égyptienne. J’ai tenté de traduire une pensée et non des extraits de livre ou d’interviews. Si j’ai manqué d’objectivité ou de véracité dans mon effort de résumer et de traduire que monsieur Khatib m’en excuse.

J’avais espéré, jusqu’à la dernière minute,  ne pas voir les Frères Musulmans et Morsi s’entêter dans des considérations de légalité constitutionnelle et de respect des urnes pour  tirer rapidement  les conclusions qui s’imposent en pareille et prendre  l’initiative historique et politique de démissionner et d’appeler à la paix civile pour ne pas laisser l’armée dans une manœuvre politique qui peut mener à une guerre civile.

 

 

Frères Egyptiens ne soyez pas les pieds nickelés qui réitérent le scénario algérien.

omar-mazriLa tragédie algérienne semble non seulement continuer d’inspirer les héritiers de l’interruption du processus électoral remporté par le FIS en Algérie qui ne sont pas pressés de revenir  à la gestion démocratique du pays et à confier au peuple la conduite de ses affaires,  mais elle donne des ailes aux assoiffés de pouvoir des mouvements hétéroclites de gauche et de droite en Égypte qui ne se plient pas au jeu démocratique.

Il ne s’agit pas dans cet article de faire porter encore le chapeau aux Frères Musulmans qui assument une partie de la responsabilité de ce qui arrive.  En ce qui me concerne, j’ai situé le problème des Frères Musulmans sur le plan idéologique c’est-à-dire la mauvaise lecture de l’Islam et de la politique dans l’état des choses. Il était attendu qu’il ne s’empresse pas de s’accaparer le pouvoir  sans impliquer toutes les forces et en particulier les jeunes qui ont mené la « révolution ». Il était attendu de voir les Frères musulmans s’entourer de grosses pointures comme Heykel et tant d’autres pour construire ensemble une feuille de route de transition pour faire face aux crises structurelles et complexes : morales, politiques sociales, institutionnelles, économiques, financières, régionales et ensemble aller vers le redressement de l’Égypte.

J’avais espéré que les élites égyptiennes sortent du piège et du bourbier qui leurs était préparés, mais ils se sont crispés sur des détails ici insignifiants et sur des clivages idéologiques complexes ailleurs. Les Frères Musulmans n’ont pas eu le recul et ma sagesse de voir que ce qui leur a été confiait était empoisonnement et qu’il leur fallait, une fois en leur possession, de neutraliser sa nuisance et s’ouvrir vers le plus grande nombre autour du plus grand dénominateur commun : remettre les institutions en marche, remettre le peuple au travail, remettre les élites en confiance et en débat.

J’ai exprimé mes craintes et j’ai dénoncé les fautes et les erreurs d’empressement aux Frères Musulmans eu égard à leur puissante organisation  et aux craintes réelles ou fabriquées à son égard. Il reste à dire la vérité amère sur l’armée et les forces se prétendant démocrates. Il n’est pas juste de ne pas supporter le mandat du Président alors que son mandat mal ou bien accompli ne va ne pas changer grand-chose eu égard aux catastrophes héritées de l’ancien régime. Les démocrates égyptiens à l’instar des démocrates algériens sont les premiers ennemis de la démocratie  et les pires assoiffés de pouvoir. La haine de l’Islam les pousse à faire des fautes graves. La pire des fautes est de donner un quitus blanc à l’armée qui intervient dans la vie politique et sociale alors que son devoir est d’être à la frontière laissant les civils trouver une solution à leurs différents.

Qui est le coup d’État le plus méprisable : celui des Algériens ou celui des Egyptiens qui rejettent dans un avenir incertain la pratique démocratique et ouvrent la porte à des violences et des haines dont seul Allah connait l’intensité, la portée, les dimensions et les conséquences.

Les Frères Musulmans, appuyés par le peuple et par la légitimité vont-ils se laisser déposséder de leur droit de gouverner.  Une période de transition sous la conduite des pourfendeurs de l’expérience démocratique sera-t-telle menée jusqu’à terme sans violence ? Les perdants lors des élections démocratiques ont-il la légitimité de parler au nom du peuple égyptien ?

Les Frères Musulmans ont commis des erreurs idéologiques, mais leurs adversaires vont commettre des erreurs idéologiques, politiques et morales. La pire des fautes c’est de placer l’armée en arbitre puis en acteur en faveur de la majorité du peuple contre la minorité. On peut rapprocher aux Frères Musulmans  de n’avoir pas coopérer avec la minorité et ce reproche peut être surmonté si un débat serein et responsable s’ouvre où chacun fait des concessions pour sauver l’Égypte et épargner le peuple de la ruine économique et de l’effusion de sang qui se prépare.  Les Égyptiens ne sont pas seuls. L’empire et le sionisme sont les acteurs les plus actifs et les plus dangereux.

Que les Frères Musulmans et leurs sympathisants n’aient pas recours au Jihad pour des affaires mondaines. Qu’il cherche le compromis ou le retrait dans la dignité. Leurs transgresseurs devront rendre compte de la folie qui va conduire l’Egypte à une instabilité.  Les Frères Musulmans doivent  revenir à Allah et faire le Bilan sans passion ni humiliation ni esprit de revanche. C’est maintenant plus que jamais et avant qu’il ne soit trop tard de faire preuve d’humilité, de sens des priorités et d’offrir la compétence de l’Islam à sauvegarder les intérêts suprêmes de la communauté.

Que les perdants apprennent à attendre leur tour et qu’ils se hissent au niveau politique d’opposants : conseiller, dénoncer et participer le cas échéant. Confondre la lutte politique avec la haine contre l’Islam ou le refus de la Charia ne peut trouver écoute auprès des peuples musulsmans. Vous êtes en train de jouer avec les sensibilités religieuses et sur ce terrain souvent les diables sont vivant et bien vivants. Réveillez-vous et faites preuve de probité. Vous avez tout à gagner.

Que les Militaires assument leurs responsabilités : ce sont leurs pratiques despotiques et leur mesure sécuritaire qui ont poussé les gens à vivre dans la clandestine, dans  la haine et dans la confusion politique sur les solutions d’avenir. Il est temps de renforcer le processus démocratique et de veiller à ce qu’il n’y ait pas d’effusion de sang. Il est temps d’engager une réconciliation nationale et de pousser les forces politiques et sociales à collaborer  et à répondre aux attentes des masses plus nombreuses qui n’ont pris position ni pour ni contre les uns et les autres. Elles ne savent toujours pas qui leur apportera le pain, la sécurité et la dignité :

tous les Égyptiens  peuvent et doivent empêcher l’institution d’un coup de force anti constitutionnelle  en acceptant ou en demandant  d’accepter de négocier sans condition ni parti prix  un compromis historique qui leur conserve l’esprit d’initiative pour sauver la paix civile, redynamiser les institutions et proposer une autre feuille de route sur trois volets cruciaux :

La défense et le renforcement de l’État de droit non partisan

Le règlement des problèmes sociaux et économiques

La garantie des libertés individuelles et publiques

Un gouvernement non partisan, d’union nationale et de salut public, sous la présidence du président Morsi devrait  superviser le règlement des affaires courantes (justice, police, sécurité, administration, etc.) et organiser la mise en place des États généraux pour tracer ensemble des programmes ambitieux pour redresser l’Égypte et la conduire dans les délais normaux aux prochaines  élections sans gagnants ni perdants. Ils ont mille et une raisons d’aplanir leurs clivages idéologiques et  de se rassembler sur un minimum démocratique pour sauver tout ce qui peut être sauvé de leur expérience démocratique imparfaite et relancer la machine économique et sociale à régler ce qui peut être réglable afin que l’Égypte ne soit pas mise à feux et à sang au profit du sionisme et de l’Empire.

Vous êtes  à la croisée des chemins : ou bien refondation et nouveau départ ou bien ouverture vers l’inconnu. Vous avez mal démarré votre révolution et si vous ne redressez pas la conduite idéologique, politique, morale  et sociale, vous serez tous du nombre des perdus et des perdants.

Par Allah ne faites pas couler votre sang et n’épuisez pas vos efforts. Le monde arabe est exsangue, sans ressources mentales. Il attend de vous un sursaut de dignité, une prise à corps de vos responsabilités. Ne nous  faites pas honte après que vous nous avez déçus. Restez patients et apprenez à respectez les règles de l’alternance.

 

Oumma Wasstà : communauté de rayonnement !

Partie 1 – Wassatiya : communauté de juste milieu ?

Partie 2 – Wasstà : communauté de rayonnement !

 

Le terme coranique Wasstà

Le terme Wasstà est un terme coranique qui pose le clivage entre communautés humaines sur la base de la foi agissante : monothéisme et œuvre de bien d’un côté et culture mécréante et impériale de l’autre. Il ne s’agit pas de la Wassatiya comprise comme juste milieu entre des contradictions ou des confusions.

Nous ne pouvons comprendre le sens véritable de ce mot et tout particulièrement dans son contexte moderne que par le respect de la méthodologie de lecture du Coran en l’occurrence  le Tartil et le Taddabbur. Le Tartil  n’est pas seulement la psalmodie musicale du Coran, mais la lecture attentive et méditative qui prend l’énoncé coranique comme un convoi de sens, un cortège de paraboles, un défilé de récits se suivant les uns les autres et s’auto expliquant. Le Taddabbur c’est de chercher le sens en cherchant à comprendre l’amont de l’énoncé et à découvrir les liaisons de sens permettant de faire sortir le véritable sens qui aurait pu ne pas être apparent si le terme ou l’énoncé était pris comme un isolat lexical ou sémantique . De la même manière qu’on lit une carte en la déployant,  en comparant le relief, en suivant les réseaux, en faisant des agrandissements ou des réductions d’échelles nous lisons l’énoncé coranique comme une topographie permettant de situer le récit et le sens.

Ainsi le terme Wassata :

{Nous avons fait de vous une communauté du « juste milieu »} Al Baqara 143

S’inscrit dans une succession d’énoncés qui font référence à Ibrahim (as) et à sa milla (confession), à la Sibghat Allah (couleur d’Allah) nous permettant ainsi de comprendre que le Wassat signifie l’adoption de l’Islam dans son caractère universel de Dine d’Allah pour l’humanité. Cette succession d’énoncés met en valeur la vocation cardinale du musulman : le témoignage. Cette succession d’énoncés met en exergue le véritable clivage entre monothéisme et polythéisme. Cette succession d’énoncés montre des communautés se réclamant des Prophètes alors qu’elles transgressent la conduite de ces Prophètes. La communauté Wassat est celle qui se conforme à la voix prophétique. Les Prophètes ont appelé à l’adoration d’Allah (swt), à la fédération d’une communauté œuvrant pour la foi et pour le bien. Les Prophètes n’ont pas revendiqué le pouvoir. Les Prophètes et les communautés qui ont bénéficié du pouvoir ne l’ont obtenu que comme un don divin qui vient récompenser les uns devenus héritiers des civilisations anéanties ou qui vient soumettre les autres à l’épreuve de l’existence et de la gouvernance.

Nous pouvons commencer la lecture avant ou à partir de cet énoncé :

{Les Juifs ont dit : « Les Nazaréens ne tiennent sur rien », et les Nazaréens ont dit : « Les Juifs ne tiennent sur rien », et ils récitent le Livre! Ainsi ceux qui ne savent pas disent aussi les mêmes paroles. Mais Allah tranchera alors entre eux, le Jour de la Résurrection, sur ce dont ils divergeaient.} Al Baqarah  113

Puis l’achever après ou juste après  cet énoncé

{Nous vous avons envoyé un Messager de parmi vous, vous réciter Nos Ayats, vous épurer, vous apprendre le Livre et le sens, et vous apprendre ce que vous ne saviez pas, de même, évoquez mon Nom, Je vous garderai; soyez reconnaissants envers Moi et ne mécroyez point. O vous qui êtes devenus croyants , ayez recours à la persévérance et à la prière. Certes, Allah est avec les persévérants.} Al Baqarah  151

Le terme coranique du Wassat appelle donc à l’universel de l’Islam et à la voix immuable des Prophètes alors que le terme qaradhawien de la wassatiya appelle au confinement dans les frontières mentales, sociales et historiques léguées par le colonialisme et par la pensée héritée de la décadence musulmane avec ses déchirements partisans et sectaires. Cet héritage ne parvient toujours pas à se hisser au niveau de l’Islam en se débarrassant de l’esprit d’errance et d’isolement. Cette pensée stérile ne parvient pas à s’inscrire dans un projet de civilisation ou dans une alternative à l’Empire. Et pourtant le Coran fixe le curseur idéologique et les enjeux stratégiques qui nous  permettent de voir les clivages principaux :

{Et ils disent : « Soyez juifs ou nazaréens, vous serez guidés ». Dis : « Bien au contraire : la confession d’Abraham, pur monothéiste, et qui ne fut point du nombre des polythéistes ».

Dites : « Nous sommes devenus croyants en Allah, en ce qui nous a été révélé, et en ce qui a été révélé à Abraham, à  Ismaël, à Isaac, à Jacob, aux Tribus, et en ce qui a été révélé à Moïse, à Jésus, et en ce qui a été révélé aux Prophètes par leur Dieu. Nous ne faisons de distinction entre aucun d’entre eux et nous nous remettons à Lui ».

S’ils croient en cela même que vous croyez, ils se sont effectivement bien guidés, et s’ils s’en détournent, c’est qu’ils sont en schisme. Certainement Allah sûrement te Prémunira contre eux, car Il est L’Omniaudient, L’Omniscient.} Al Baqarah 135 à 137

Quelle est notre voie : contre ceux qui ont la même Qibla que nous ou contre ceux qui luttent contre notre foi et qui convoitent nos territoires et nos ressources au détriment de notre existence et de notre dignité ?

{De même, Nous avons fait  de vous une Communauté du centre afin que vous portiez témoignage auprès des hommes, et que le Messager vous soit témoin. Nous n’Avions établi la Qibla vers laquelle tu t’orientais que pour voir qui suit le Messager de celui qui retourne sur ses pas, bien que ce soit une lourde obligation, sauf pour ceux qu’Allah A Guidés. Il n’est pas de mise qu’Il vous Fasse perdre votre Foi : Certes, Allah Est sûrement Compatissant, Miséricordieux, envers les hommes.

Nous te Voyons vraiment chercher du visage dans le ciel. Nous t’Orienterons vers une Qibla qui t’agrée : tourne ton visage vers la Mosquée Sacrée. Et où que vous soyez, tournez vos visages vers sa direction : Certes, ceux à qui le Livre a été Révélé savent bien que c’est la Vérité venue de leur Dieu, et Allah n’Est point Inattentif à ce qu’ils font.

Et même si tu produisais tout miracle, à ceux qui reçurent le Livre, ils ne suivront pas ta Qibla et tu ne suivras pas leur Qibla, ni certains d’entre eux ne suivront la Qibla des autres. Et si jamais tu suis leurs passions, à partir de ce qui t’a été donné de la Science, tu seras sûrement du nombre des injustes.} Al Baqarah 143 à 145

Est-ce-que notre véritable problème ne consiste-t-il  pas à ce que nous soyons devenus des  insensés incapables de savoir que nous sommes atteint d’insenséïsme. Est-il sensé d’être  incapables de discerner nos agresseurs de ceux qui suivent la même Qibla que nous :

{Les insensés d’entre les gens diront : « Qu’est-ce qui les a détournés de leur Qibla vers laquelle  ils s’orientaient ? » Dis : « A Allah appartiennent le levant et le ponant, Il Guide qui Il Veut vers un chemin de rectitude ».} Al Baqara 142

N’est-il pas urgent de chercher le dénominateur commun pour fédérer nos peuples et canaliser nos ressources et nos énergies vers ce qui est le plus efficace et le plus sensé. Allah(swt) accorde le pouvoir à celui qui obéit à Ses ordres et à ceux de son Prophète et qui œuvre pour la cohésion de la communauté et la réforme des mœurs sans viser autre chose que plaire à Allah :

{Leur Prophète leur dit : « Allah vous A Envoyé Saül comme roi ». Ils dirent : « Comment donc peut-il avoir le pouvoir sur nous, alors que nous avons plus de droits que lui au pouvoir, et qu’il n’a même pas l’avantage de la fortune ? Il dit : « Allah l’a élu sur vous et l’a favorisé d’une une étendue de science et de vigueur ». Allah Accorde Son Pouvoir à qui Il Veut.} Al Baqara 247

Le critère islamique n’est pas dans la prétention diabolique à dire je suis mieux que lui donc je mérite sa place, attitude qui ouvre le chemin vers la convoitise et la spoliation des droits d’autrui, mais à agir au mieux en accomplissant son devoir tout en escomptant d’Allah le salut et la récompense. La première chose que le Musulman apprend est la malédiction pour cette  prétention de Satan, créé de feu, à se croire meilleur que Adam (as), créé d’argile puante.

Les textes sont clairs et il appartient aux partisans de la sédition et de la licité  de verser le sang des musulmans pour changer les régimes à n’importe quel prix et puis se trouver dans l’incapacité de gouverner faute d’encadrement et de vision stratégique d’apporter leurs arguments. Je ne suis  ni dans le camp du pouvoir ni dans celui des opposants, je ne fais qu’apporter la détraction à ceux qui parlent au nom de l’Islam et dégager ma responsabilité sur l’effusion de sang qui ne semble pas s’arrêter.

Wastà et l’universel 

Lorsque le musulman lit le Coran et lit le monde, il ne doit pas perdre de vue que les phénomènes physiques, historiques et sociaux à l’instar du texte coranique sont des Signes d’Allah (swt) par lesquels Il manifeste Sa Présence, Sa Justice et Son Ordre. Le long énoncé coranique qui définit, institue et configure le sens et les dimensions de la Oumma wassata est une référence à l’universel dans lequel nous devons nous insérer et nous inspirer si nous voulons que nos pensées et nos actions soient sensées et efficaces :

{Il y a certes dans la création des Cieux et de la terre, dans l’alternance de la nuit et du jour, dans les navires qui voguent sur la mer avec ce qui est profitable aux hommes, dans ce qu’Allah a fait descendre comme eau, du ciel, avec laquelle Il a ranimé la terre après sa mort et y a insufflé de tout être vivant, et dans les effets des vents et les nuages assujettis entre le ciel et la terre, des Signes pour des gens qui raisonnent.} Al Baqara 164

L’universel, la connaissance de ses lois et le devoir de porter l’ultime Message de l’Ultime Prophète à l’humanité plurielle nous obligent à sortir de nos étroitesses de vues et de pensées.

a-  Nous devons garder en vue que jamais Allah ne donnera le pouvoir à celui qui le convoite :

  {Et lorsque Nous avons conclu Alliance avec vous : « Ne répandez pas votre sang, ne vous expulsez pas les uns les autres de vos demeures », vous y avez souscrit en apportant votre témoignage. Puis, voilà que vous vous entre-tuez, vous expulsez un groupe d’entre vous de leurs demeures, vous vous liguez contre eux par la transgression et l’agression; et s’ils vous échoient en captifs, vous les rançonnez, alors qu’il vous est interdit de les expulser. Croirez-vous donc en une partie du Livre et rejetterez-vous en une partie ?} Al Baqara  84 à 86

b-  Je ne peux prétendre connaitre le dessein d’Allah, mais Allah n’accorde le pouvoir, pour qu’il soit exercé à Son Nom, qu’à ceux qui sont préparés à gouverner non en son nom, mais selon ses principes en l’occurrence faire régner l’ordre, la justice, la paix et la cohésion sociale. L’énoncé coranique dans lequel est insérée la communauté Wassat cite des Prophètes qui n’ont ni exercé le pouvoir ni revendiqué le pouvoir. Cet énoncé ne pose pas l’équation humaine ou musulmane en termes de pouvoirs politiques, mais en termes d’universel qui concerne tout le monde et toutes les activités humaines :

 {A chacun une direction vers laquelle il se dirige. Concourez donc en œuvres de bienfaisance} Al Baqara  148

c-  Il ne peut y avoir d’universel, d’humanité ou d’islamité si l’amour mondain est plus fort que l’amour de la vérité  ou si la dévotion à un Cheikh, à un parti ou à une idée est plus intense que l’amour d’Allah :

{Il est parmi les hommes ceux qui adoptent, à l’exclusion d’Allah, des émules qu’ils aiment comme l’amour d’Allah, mais ceux qui croient sont plus ardents dans l’amour d’Allah.} Al Baqara  148

d-  Peut-on raisonnablement croire qu’il suffit de se réclamer de l’Islam et de s’appuyer sur des crédules pour gouverner avec aisance alors que l’époque est celle de la globalisation exigeant une démarche globale et complexe faisant appel à toutes les compétences et à toutes les expériences. L’État confisqué par les maffias arabes s’est entouré de médiocres sur la base du clientélisme et de la cooptation. Les partis dits islamiques, sans expérience de gouvernance,  sans alliés stratégiques  et sans ressources se permettent le luxe insensé de ne pas faire appel aux compétences de la communauté sous prétexte que ces compétences ne partagent pas leur vision ( ?). Nous avons vu que contrairement à la vision aveugle des islamistes, l’énoncé coranique sur la Oumma wassat déroule  l’histoire, sa dynamique et ses conséquences :

{Cette communauté-là a disparu. Elle a ses acquis et vous avez vos acquis; et vous n’aurez pas à répondre de ce qu’ils faisaient.} Al Baqarah 134

{Dites : « Nous sommes devenus croyants en Allah, en ce qui nous a été révélé, et en ce qui a été révélé à Abraham, à  Ismaël, à Isaac, à Jacob, aux Tribus, et en ce qui a été révélé à Moïse, à Jésus, et en ce qui a été révélé aux Prophètes par leur Dieu. Nous ne faisons de distinction entre aucun d’entre eux et nous nous remettons à Lui ».} Al Baqarah 136

{Cette Communauté-là a disparu. Elle a ses acquis et vous avez vos acquis, et vous n’aurez pas à répondre de ce qu’ils faisaient.} Al Baqarah 141

e-   Agir et laisser les actes témoigner. Depuis leur arrivée au pouvoir les Frères Musulmans comme les dirigeants du FIS avant leur triomphe électoral ont continué d’escamoter les mesures sociales et économiques leur préférant la rhétorique facile et irresponsable. Le FMI, la dette, l’investissement, le marché, la monnaie, l’économique, les ressources stratégiques, les besoins et les attentes du peuple sont relégués au profit d’un discours partisan. Le Prophète (saws) avait pourtant fait de la subsistance, de l’édification,  du plein emploi, de la scolarité, de l’assainissement urbain et de la libération du marché du monopole financier des Juifs une priorité et un destin qu’il a accompli en peu de temps. L’énoncé coranique sur la Oumma Wassat montre les mesures qui donnent vitalité à cette communauté et à cette « wassatiya » :

{O Hommes ! Mangez de ce qu’il y a sur la terre de licite et de bon, et ne suivez point les pas de Satan : il est pour vous un ennemi évident.} Al Baqarah 168

Au nom d’Allah (swt), de Mohamed (saws) et de l’Islam non seulement les charlatans fuient leurs responsabilités, mais ils continuent de tourner le dos à la réalité amère qu’ils ont fabriquée : les tués sans raison, les orphelins, les invalides, les déscolarisés, les prostitués, les affamés, les sans-logis, les sans-patrie par dizaine de milliers en Syrie. Les Palestiniens en première ligne dans la résistance contre l’Empire et le sionisme sont oubliés et trahis.

Est-ce que c’est ainsi que doit se comporter la Oumma se réclamant du Wassatà

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{Nous avons fait de vous une communauté du « juste milieu »} Al Baqara 143

 

Quel est le sens coranique du Wassat ?

Les énoncés coraniques évidents qui se suivent mettent en exergue le caractère universel de l’Islam dans la succession des Prophètes dans l’humanité,  dans ses valeurs immuables inscrites l’histoire des hommes et dans la confrontation de ses hommes, dans la vocation globale des Musulmans à témoigner de la vérité et de la vertu contre les oppresseurs par amour d’Allah à l’instar d’Ibrahim, de Moïse et du Messie qui ont vécu confrontés à la puissance impériale et à l’idolâtrie.  Mohamed (saws) est l’ultime Prophète, il nous a tracé le chemin : la lutte contre les empires agresseurs. La oumma Wassat est cette continuité historique et civilisationnelle de la vocation de l’Islam qu’Ibrahim a transmis à Mohamed (saws) :

{Et lorsque Abraham élevait les assises de la Maison ainsi qu’Ismaël : « Notre Dieu, Agrée de nous, Tu Es Toi L’Omni-Audient, Le Tout-Scient ; notre Dieu, Fais que nous nous remettions à Toi, et de  notre descendance : un peuple qui Te soit musulman. Montre-nous nos rites, Fais-nous Rémission, Tu Es Toi Le Rémissif, Le Miséricordieux ; notre Dieu, et envoie-leur un Messager d’entre eux, qui leur récite Tes Signes, qui leur apprenne le Livre et le Sens, et qui les épure. Tu es Toi L’Invincible, Le Sage ».} Al Baqarah 127 à 129

Ou bien nous sommes la réponse d’Ibrahim(as), la communauté de réponse à Mohamed (saws), la communauté de continuité des Prophètes, ou bien  nous sommes des insensés. Insensés ou sensés nous ne sommes pas à l’abri de l’épreuve à laquelle est soumise l’humanité pour distinguer le bon du mauvais, le juste de l’injuste, le vertueux du vicieux, l’endurant de l’empressé désespéré :

{Certes, Nous vous éprouvons,  de temps à autre, par la peur, la faim, et la perte dans les biens, les personnes et les récoltes. Mais annonce une bonne nouvelle aux persévérants} Al Baqarah 155

La communauté Wassat est une fratrie de foi vivante. Elle vit et surmonte les épreuves avec une finalité suprême : rencontrer Allah (swt) après avoir accompli son devoir de faire le bien et sa vocation de témoigner. Il s’agit de vivre comme moteur de l’histoire humaine et non comme parasite ou comme marginal ou comme un intrus provoquant corruption, désordre et effusion de sang. Bien entendu l’idée de juste milieu telle que nous la racontent Qaradhawi et les traducteurs du Coran est en deçà du sens coranique.

Suivons les linguistes arabes qui font  la différence entre Wastà et moutawassita

الوسطى #  المتوسطة

Al moustawassita signifie médiane, milieu, moyenne, intermédiaire entre deux entités. Wastà signifie vertueuse, meilleure, excellente au-dessus des autres. Dans le premier cas nous sommes dans un alignement, dans le second cas nous sommes dans une élévation, une aspiration. C’est exactement le sens et le contenu du Coran lorsqu’il qualifie la communauté musulmane de Wasstà. Elle est au-dessus des contingences, des petitesses et des arrangements conjoncturels par sa référence invariable à la Transcendance. Elle est meilleure, elle est élue par la qualité de ses œuvres, la qualité de sa foi, la qualité de son engagement et par sa conformité stricte au sens véhiculé par le terme « Musulman » qui a été porté par tous les Prophètes et tous les Croyants. Toute dérive religieuse, idéologique et culturelle qui met la communauté musulmane dans la même impasse que celle empruntée par les Juifs et les Chrétiens la fait sortir du critère d’évaluation coranique de Wassat ou Wastà :

{Et ils disent : « Soyez juifs ou nazaréens, vous serez guidés ». Dis : « Bien au contraire : la confession d’Abraham, pur monothéiste, et qui ne fut point du nombre des polythéistes ». Dites : « Nous sommes devenus croyants en Allah, en ce qui nous a été révélé, et en ce qui a été révélé à Abraham, à  Ismaël, à Isaac, à Jacob, aux Tribus, et en ce qui a été révélé à Moïse, à Jésus, et en ce qui a été révélé aux Prophètes par leur Dieu. Nous ne faisons de distinction entre aucun d’entre eux et nous nous remettons à Lui ». S’ils croient en cela même que vous croyez, ils se sont effectivement bien guidés, et s’ils s’en détournent, c’est qu’ils sont en schisme} Al Baqarah 135 à 137

Sur le plan sémantique et logique on ne peut concevoir que l’énoncé coranique puisse situer la communauté musulmane comme une communauté médiane se situant au milieu d’un schisme religieux, doctrinal ou idéologique à moins qu’elle n’ait perdu ses repères et ses références. Il ne s’agit pas d’un schisme entre Sunnites et Chiites mais d’un schisme sur le credo de la foi, sur la Qibla, sur la vérité ultime du Jugement dernier, sur la vocation des Prophètes.

Sur le plan historique et civilisationnel, on ne peut déboiter l’énoncé et ses références à l’universel de la notion de centre de gravité que doit jouer la communauté de foi dans la guidance de l’humanité, dans la proposition de solutions. En effet le terme Wassat signifie aussi le centre. On dit Wassat al Madina pour désigner le centre-ville même si géographiquement cela n’est pas exact. Il s’agit du centre vital, du centre historique, du centre commercial, du centre urbain, du centre de l’animation, du centre d’attraction, du centre commercial, du centre administratif …

La notion de Wassat est conforme à la nature humaine et à ses quêtes de sens, de liberté, d’amour, de justice, de gloire, d’excellence… En effet, par son choix l’homme peut faire partie d’un mouvement centrifuge qui lui fait chercher son centre de gravité, lui fait trouver ses repères et lui donne cette compétence d’être une force d’attraction qui invite et attire vers lui les bonnes dispositions et les bons comportements ou qui ramène vers lui les conflits et les divergences pour les arbitrer, les aplanir, les régler :

{Il y a cependant, parmi ceux que Nous avons créés, une communauté dont les membres s’attachent à la vérité et jugent avec équité.} Al-A’raf 181

L’islam veut que la communauté de foi soit un pôle de rayonnement spirituel, mais aussi un poids géostratégique qui exerce une influence positive sur le monde et une force de coercition contre le mal et le blâmable :

{Puissiez-vous former une communauté qui prêche le bien, ordonne ce qui est convenable et interdise ce qui est répréhensible. Ce sont ceux qui agissent ainsi qui seront les bienheureux !} Al-’Imrane – 104

{Vous êtes la meilleure communauté qui n’ait jamais été donnée comme exemple aux hommes. En effet, vous recommandez le Bien, vous interdisez le Mal et vous croyez en Allah.} Al-i’Imran – 110.

{Nous avons fait de vous une Communauté du centre afin que vous portiez témoignage auprès des hommes (sur les hommes), et que le Messager vous soit témoin.} Al Baqara 143

Cette communauté n’est pas celle du  « juste milieu », mais celle de ce que la littérature moderne appelle l’avant-garde ou l’élite. Il ne s’agit pas du comportement élitiste ou élitaire du prétentieux et de l’arrogant, mais du don, du sacrifice, de l’offre, du dévouement. Les Prophètes ont ouvert les voies, ils ont surmonté les difficultés, ils ont donné leur vie au service de l’humanité. Bergers, artisans ou gouvernants, ils ont forgé des outils et édifié des communautés. Ils n’ont pas cherché le juste-milieu politicien, le centre tactique. Ils ont été avec ceux qui les ont accompagnés, des forces de répulsion contre le mal et des forces d’attraction du bien. Les mots ne sont pas un gargarisme bavard, mais un canevas d’idées, de comportements et ils doivent être précis et rapportés à leur contexte réel pour ne pas générer de la confusion.

Cette communauté centrale, de rayonnement, de centre de gravité, de foi, de vertu et d’action bienfaitrice ne peut être un électron libre que chacun impulse ou neutralise selon ses intérêts, mais une oumma al wassat, la communauté du centre de gravité qui pèse dans le déroulement de l’histoire. Il ne s’agit pas d’une masse bruyante, mais d’effort consciencieux, assidu et permanent à tous les niveaux et dans toutes les activités.

La notion d’universelle me semble plus pertinente dans une communauté se déployant comme un atome avec son noyau pesant et ses électrons pleins d’énergie gravitant autour sur des couches d’énergies que d’une vision linéaire d’un milieu entre des parties extrêmes. C’est aussi l’image  que nous avons des astres et des galaxies dans le ciel. La balance, elle-même n’est pas obligatoirement une chose linéaire avec un milieu ou une médiane.  Il est évident que la balance est davantage un principe dynamique qu’un instrument chosifié.

La communauté Wasstà ou wassata signifie bien cette force centrifuge qui doit caractériser la communauté musulmane  dans les attractions et les répulsions entre communautés. Elle devrait être le pivot sur lequel s’appuie toute l’humanité pour instaurer la justice et lutter contre l’injustice. Le wassat permet de bien situer la communauté musulmane sur le terrain qu’elle doit investir et sur lequel se fait la démarcation avec les autres communautés et sur lequel se fait la démarcation intellectuelle, politique et sociale en son sein. Ce terrain lorsqu’il est configuré par la foi, l’idée, le comportement, l’histoire et l’acte, il est forcément  celui de la civilisation. Il est particulièrement remarquable de voir la dynamique de l’émergence ou de l’anéantissement des civilisations. La succession des communautés, la succession des Prophètes et le rapport  de ces prophètes avec les civilisations de leur époque invite à voir la question de la communauté wasstà comme un pôle de rayonnement civilisationnel ou comme une alternative à la civilisation en voie de disparition. Il est difficile de voir dans ces références une quelconque crédibilité ou une quelconque validité à ces prétentions confrériques sectaires, du frérisme ou du salafisme,  qui se réclament davantage du maraboutisme politico-religieux et de l’errance socio culturelle que de la démarche. L’expérience vient de confirmer qu’ils ne peuvent pas répondre aux attentes, malgré qu’ils soient dans une posture messianique. Il leur manque non seulement le soutien populaire, mais il leur manque surtout la dimension prophétique qui leur fait voir la vocation de l’Islam et de la communauté centrale.

La symbolique Wasstà dans la Sourate Al Baqarah

Le terme coranique Wasstà se trouve au verset 143 de la sourate Al Baqarah qui comporte 286 versets. Nous ne sommes pas au milieu scriptural de l’énoncé, mais nous sommes au cœur du sens véhiculé par la première sourate du Coran. Cette architecture complexe avec ses signifiants en rhizome exclut la simplification de « juste milieu » qui vide le contenu de la vocation du musulman de toutes ses charges. Nous sommes au cœur du moteur de la foi, nous sommes au cœur du drame humain, nous sommes au cœur des préoccupations du musulman.

La sourate Al Baqara tire son nom de l’immolation d’une génisse dont un des quartiers devient un instrument par lequel Moïse, sur instruction divine, fait  ressusciter un homme assassiné afin qu’il renaisse et dévoile son assassin caché au milieu d’une communauté d’incrédules, de pervers et de transgresseurs. Le sens de la vie et de la mort, la résurrection après la mort, la foi vivifiée par les Prophètes face à la foi pétrifiée par les préjugés, mériter ou démériter l’élection divine selon ce qu’on fait de sa foi et de ce qu’on fait pour sa foi. La sourate al Baqarah construit la foi et l’enracine dans le profond du cœur pour devenir le moteur, le critère, la finalité de l’existence du croyant. La foi est le cœur de l’homme. La vertu est le cœur de la cité humaine. Le savant et les appareils religieux et politiques lorsqu’ils transgressent l’esprit et la lettre de l’enseignement véhiculés par la sourate Al Baqarah, ils deviennent des symboles de discorde et de confusion.

Procédons à une brève analyse lexicale des verbes Baqara et Abqara

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La sourate Al Baqara tire son nom du verbe arabe « BAQARA ». Il  signifie « creuser la terre et y  fouiller profondément et méticuleusement  ». Il signifie aussi immoler un animal et examiner ses entrailles comme le fait un chirurgien vétérinaire. Il s’agit de disséquer un corps et de chercher dans ses entrailles pour faire sortir à l’extérieur tout ce qui est dedans et ensuite l’exposer à la lumière du jour. Les Arabes désignent le savant de « Baqer » car « baqara al ‘Ilm » signifie se consacrer à la science d’une chose par la recherche minutieuse de ses signes, la quête de ses sources et la mise en évidence des faits, des lois et de leurs interactions. Encore une fois il s’agit de références au témoignage avisé et impartial qui ne doit  rien cacher ni rien ménager de l’effort à entreprendre pour puiser au fond des choses, des phénomènes, des problèmes, de l’histoire. Il est attendu de l’homme de foi la vigilance et l’examen attentif, afin d’extirper le mal à sa racine et de mettre en évidence la vérité même si elle est cachée au fond des fonds. Les démarches superficielles et intempestives compliquent l’accès à la vérité par leur capacité réductrice et simpliste des phénomènes ou par l’introduction de biais cognitifs ou de confusion sentimentale ou idéologique.

L’analyse lexicale nous met face à un autre signifiant qui ne contredit pas les sens de la sourate Al Baqara, mais vient les renforcer :

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Baqara signifie aussi s’exiler. La sourate Al Baqarah met en évidence toutes les idées, tous les comportements et tous les faits des Bani Israël présentés comme un spécimen réduit de l’humanité. Il nous invite à prendre pour modèle la vertu des Prophètes, et il nous ordonne de nous détourner des insensés, des pervers et des manipulateurs de la religion qui faisaient légion dans les Gens du Livre et en particulier chez les Descendants d’Israël et chez les Juifs. Il ne s’agit pas de chercher un hypothétique et improbable juste milieu entre des extrêmes et des transgressions, mais de chercher l’alternative quitte à s’exiler. Affronter idéologiquement et militairement le bloc représentant, dans les temps modernes,  le comportement dénoncé par le Coran à travers Bani Israël, exige un travail de reconnaissance, d’identification, d’analyse minutieuse. La rhétorique discursive ne suffit pas.  L’opinion personnelle qui se passe du Coran ou qui lui donne une autre lecture n’apporte que confusion dans le projet de renaissance de la communauté Wasstà.

Dans mes recherches je suis tombé sur une explication qui mérite le respect. Le frère palestinien Salah Eddine Ibn Ibrahim Abou Arafa fait le rapprochement entre Baqara (ou Aqbara) et Qabara (ou Aqbara) qui consiste à enterrer, à mettre sous tombe. Il s’agit donc de déterrer, de redonner vie, de faire resurgir ce qui a été enfouie, de redonner existence à a été occulté. Nous sommes dans le cœur de la Sourate al Baqara : redonner vie à la vérité, ressusciter la foi oubliée,  faire émerger de la torpeur de  l’humanité une communauté de vertu, dynamique et vivifiante.

En examinant toutes ces définitions et en les comparant au sens lexical, sémantique et symbolique, il me semble que le cœur du message coranique se focalise sur le verbe Baqara dans son rapport intrinsèque au témoignage que doit porter la communauté de foi aux autres communautés.  Les Bani Israël ont perdu l’excellence lorsque ils ont perdu le sens du témoignage. Le témoignage est vidé de sa valeur, de son contenu, de son impartialité et de son efficacité lorsque le témoin et le communicant perdent le sens de la vérité au profit de la confusion, de l’amalgame et de l’esprit partisan. Le témoin ne peut être écouté ou entendu s’il vit en marge de l’existence :

{Ne confondez pas le Vrai avec le faux, et ne taisez pas la Vérité alors que vous savez.} Al Baqarah 42

Bien entendu, je n’ai pas épuisé et je ne pourrais pas épuiser toutes les possibilités que permet la langue arabe. Bien entendu ma lecture reste imparfaite et limitée. Je peux me tromper. Je prends le risque de me tromper au lieu de garder le silence, car il y a une vocation que le Prophète (saws) a tracé et que nous semblons ignorer malgré que nous nous gargarisons de versets et de hadiths.

L’évidence de l’énoncé coranique

{ سَيَقُولُ ٱلسُّفَهَآءُ مِنَ ٱلنَّاسِ مَا وَلَّٰهُمْ عَن قِبْلَتِهِمُ ٱلَّتِي كَانُواْ عَلَيْهَا قُل للَّهِ ٱلْمَشْرِقُ وَٱلْمَغْرِبُ يَهْدِي مَن يَشَآءُ إِلَىٰ صِرَاطٍ مُّسْتَقِيمٍ }

{ وَكَذَلِكَ جَعَلْنَاكُمْ أُمَّةً وَسَطاً لِّتَكُونُواْ شُهَدَآءَ عَلَى ٱلنَّاسِ وَيَكُونَ ٱلرَّسُولُ عَلَيْكُمْ شَهِيداً وَمَا جَعَلْنَا ٱلْقِبْلَةَ ٱلَّتِي كُنتَ عَلَيْهَآ إِلاَّ لِنَعْلَمَ مَن يَتَّبِعُ ٱلرَّسُولَ مِمَّن يَنقَلِبُ عَلَىٰ عَقِبَيْهِ وَإِن كَانَتْ لَكَبِيرَةً إِلاَّ عَلَى ٱلَّذِينَ هَدَى ٱللَّهُ وَمَا كَانَ ٱللَّهُ لِيُضِيعَ إِيمَانَكُمْ إِنَّ ٱللَّهَ بِٱلنَّاسِ لَرَءُوفٌ رَّحِيمٌ }

{Les insensés d’entre les hommes disent :  » Qu’est-ce donc qui les a détournés de la Qibla vers laquelle ils se tournaient auparavant ?  » Dis :  » Le Ponant et le Levant appartiennent à Dieu ; Il guide qui Il veut dans une voie droite. Ainsi, Nous avons fait de vous une Communauté du juste milieu pour que vous soyez témoins envers les hommes et pour que le Prophète soit un témoin envers vous. Nous n’avions établi la Qibla vers laquelle tu te tournais que pour distinguer celui qui suit l’Envoyé de celui qui tourne les talons. Cela [le changement de Qibla] a été une épreuve pénible, sauf pour ceux que Dieu a guidés ; car ce n’est pas Dieu qui rendra vaine votre foi ! Dieu, en vérité, est compatissant et clément envers les hommes.« } Al Baqara 142

L’Orient et l’Occident, le Ponant et le Levant, dans une Terre ronde et mobile, ne sont pas des extrémités spatiales dont il faut chercher le centre médian. Ils sont des Ayat qui témoignent de la Présence, de la  Grandeur et de la Puissance d’Allah que les insensés ne voient pas. La communauté wassatà ne se situe pas par rapport à des axes géographiques ou par rapport à des étendues  territoriales ou par rapport à des références temporelles, mais dans son ancrage par la foi et par la raison à ce que les insensés ne comprennent pas : la Qibla. Cette Qibla n’est pas un lieu géographique, mais une histoire permanente depuis l’apparition de l’homme sur terre et qu’Abraham a restauré : la lutte entre le monothéisme et l’idolâtrie dans leurs formes et leurs contenus religieux, sociaux, culturels…  Nul ne peut témoigner aux hommes s’il n’occupe pas une position centrale, une posture dominante, un rôle rayonnant sur le plan spirituel, moral et civilisationnel. Accomplir sa vocation de témoignage et jouer son rôle d’avant garde pour l’humanité  éprouvant, tragiquement éprouvant lorsque les insensés tournent en dérision les sensés.

Conclusion

Le sujet n’est pas épuisé. Louange à Allah qui m’a permis de suivre quelques pistes et de les soumettre pour étude à ma communauté. Bien entendu les erreurs et les fautes dans ce texte sont imputables à moi-même.

Partie 1 – Wassatiya : communauté de juste milieu ?

Partie 2 – Wasstà : communauté de rayonnement !

Ce que le hold-up confrérique ne peut voler aux Palestiniens

Le gain politique et les buts immédiats ne sont pas à inscrire à l’ordre du jour de la résistance palestinienne lorsque nous lisons le contenu de l’accord auquel l’Egypte est parvenu. Nous avons montré le hold-up que les Américains et les Frères Musulmans ont réalisé en mettant en avant le rôle de conciliateur et d’intermédiaire de l’Egypte alors qu’idéologiquement, religieusement et géo-stratégiquement  sa place était à côté de la résistance palestinienne.

Lorsque nous disons à côté de la résistance palestinienne cela ne veut pas dire l’aventurisme d’entrer dans une confrontation militaire classique avec une armée égyptienne privée de doctrine de guerre et ployant sous l’aide logistique, technique et financière américaine. Etre à côté de la résistance c’est fournir la profondeur stratégique à la résistance palestinienne dans sa continuité militaire en lui apportant la logistique militaire et dans sa continuité populaire en lui apportant le soutien populaire. A l’unité peuple-résistance armée du côté palestinien qui avait  fait face à l’agression nous espérions retrouver la même unité peuple et soutien logistique.

Le pragmatisme politique a remporté une victoire médiatique sur le  réalisme  de la cohésion et de l’harmonie peuple-résistance. Le pragmatisme est dangereux car il installe le statut quo qui peut générer de la lassitude, et  donner de la voix à la subversion idéologique et à la diversion politique pour distiller insidieusement  la question cynique sur les apports de la résistance en termes de gains militaires, politiques et sociaux.

N’est-ce pas le retour à l’immobilisme et aux contradictions des points de passage sous le contrôle des autorités sionistes et des autorités égyptiennes ? N’est-ce pas l’Amérique qui dicte ses conditions sur ce qui devrait relève de la souveraineté égyptienne sur son territoire ? N‘est-ce pas que la résistance a marqué  plus de points qu’en 2009 pour n’en obtenir que moindre ?

N’est-ce pas que nous allons voir de nouveau le déchirement entre Gaza et la Cisjordanie facilitant l’idée de la solution du  transfert des populations par une forme nouvelle : le transfert administratif des territoires entre l’Egypte, la Jordanie et l’extension-intensification de la colonisation et de la judaïsation de la Palestine.

Le pragmatisme va tenter de faire de la question palestinienne un dossier parmi tant d’autres de  l’agenda freriste de la Dawla islamiya qui compose avec le capitalisme et l’Empire. Le réalisme américain et le cynisme sionisme vont faire de ce pragmatisme  un mode opératoire pour tiédir et diluer la question palestinienne qui recule dans la conscience humaine pour devenir un feu d’artifice et un holocauste de commémoration sans perspective sur la libération.

Dans les semaines à venir le hold-up qui a remis en scène le Qatar et la Turquie, artisans du démembrement contemporain du monde arabe, l’Amérique  va tenter d’appliquer le même scénario qu’à Ramallah. A Ramallah la résistance est bâillonnée par un semblant de mieux être socio-économique qui vient faire oublier la répression qui s’abat sur les  figures et les idées de la résistance. A Ramallah règne en maitre le général américain Dayton sur le plan sécuritaire et l’ancien premier ministre britannique Tony Blair sur le plan idéologique, économique et politique.  L’idée est d’isoler les deux entités palestiniennes l’une de l’autre et chacune du territoire palestinien historique.

L’Amérique dispose de ce qu’elle n’avait pas en 2009 : l’Egypte et la Turquie. Le Qatar est toujours présent dans le rôle inchangeable d’émissaire américain et d’agent financier. L’Egypte sort de cette guerre avec le statut renforcé qu’elle avait déjà par les Accords de Camp David : le centre de gravité de la normalisation avec Israël. La Turquie consolide sa position mais perd le rôle de locomotive. Elle aura à jouer un rôle face à la Syrie et à l’Iran. Pour Gaza je la vois dans trois rôles : assistant de l’Egypte sur le plan sécuritaire et politique, opérateur économique dans Gaza avec le Qatar et peut être un rôle inédit : elle serait le seul pays à amarrer à Gaza pour donner l’illusion de la fin du blocus.

 Les Arabes politiques, médias et peuples sont, pour l’instant et dans les semaines à venir, dans l’euphorie de la victoire,  le gaspillage de temps  entre réjouissance et festivités pour commémorer leur victoire faisant l’impasse sur le hold-up, et la perte d’intelligence et de vigilance dans leur spéculation sur la défaite politique de Netanyahu.

Poser  la question de l’avenir politique de Netanyahu et débattre des clivages et des oppositions au sein de l’entité sioniste c’est faire de la diversion. Aucun homme sensé n’ignore ces trois constantes : Israël et le monde occidental perdant ou victorieux ont la culture de l’évaluation et de l’auto critique, leur système et leur culture  politique ne leur permettent pas le nombrilisme partisan. Le changement tactique  dans la continuité stratégique est leur essence. Quels que soient la couleur politique du gouvernant et la tonalité de son discours médiatique la politique menée envers la Palestine est invariante. Par ailleurs le Coran nous a appris que « leurs cœurs sont dispersés » : cela fait partie de leur comportement normal.

L’anormal dans l’affaire est notre comportement qui fait de leur normalité une fascination, une dérision, une diversion… Alors que chacun de leurs mots, de leurs idées, de leurs actes envers notre capacité de résistance est une subversion dans nos mentalités et notre unité, une dislocation dans notre tissu, dans notre géographie, dans notre histoire, dans notre devenir…

L’anormal c’est d’aller vers un comportement festif et euphorique qui ne sied pas à celui qui se réclame de Mohamed (saws) qui s’est toujours montré humble et recueilli y compris dans les plus grandes victoires comme celle de Badr ou de Mekkah. L’indécent c’est de se montrer bruyant alors que l’odeur du sang des martyrs, des blessés, des disparus et des ruines fumantes impose le recueillement. Dans ce lieu béni par le Ciel qu’est la Palestine nous ne pouvons manquer de faire le rappel entre le désir de vivre et de triompher des incrédules et des agresseurs avec ces deux qualificatifs par lesquels Allah a qualifié Son Prophète Yahya (le vivant)  dans la sourate Mariam :

{Récit de la Miséricorde de ton Dieu envers Son Dévoué Zacharie. Lorsqu’il a appelé  son Dieu en L’invoquant intimement pour lui dire  : « Mon Dieu, mes os se sont affaiblis, la tête flamboie  de cheveux blancs, et je ne fus jamais malheureux en t’invoquant ; et moi je redoute les proches, après moi, ma femme étant stérile. Accorde-moi donc, venant  de Toi, un successeur, qui hérite de moi et qui hérite de la famille Jacob. Et fais, mon Dieu, qu’il soit agréé ». O Zacharie, Nous t’annonçons la bonne nouvelle d’un garçon qui s’appelle Yahia auquel Nous n’avons pas donné d’homonyme auparavant. Il dit : « Mon Dieu, comment aurai-je un enfant alors que ma femme est stérile et que j’ai atteint l’extrême vieillesse ? » Il dit : « Au sujet de tout cela, ton Dieu a dit : “Pour Moi c’est chose facile, n’est-ce pas que je t’ai  déjà créé auparavant alors que  tu n’étais rien.” » Il dit : « Mon Dieu, désigne-moi un Signe. » Il dit : « Ton signe : tu ne pourras parler aux hommes pendant trois nuits, quoique en bonne santé. » Alors il sortit du mihrâb vers ses gens et leur fit signe : « Exaltez Dieu à l’aube et au soir ». } Mariam 2 à 11

Sans entrer dans tous les détails et le sens des Signes (Ayat) nous allons retenir quelques éléments qui clarifient notre lecture du présent focalisé sur la Palestine. C’est la première fois que le nom Yahya apparait dans l’histoire des nominations. C’est la première fois qu’un verbe « il vivra » est utilisé pour désigner un nom ou un prénom. La nomination devient Signe car le signe a pour vocation d’annoncer un autre signe ou un sens plus subtile et plus important que ce qu’il représente en sonorité ou en image mentale : l’annonce du Messie le fils de Marie, le Verbe d’Allah.

Ces signes et ce récit sont évoqués symboliquement par ce qui se passe actuellement dans le monde arabe : jamais le retour du Messie n’est ressenti aussi proche que maintenant, jamais la lutte entre le Messie fils de Marie et le faux Messie le Dajjal n’est ressentie voire souhaitée devant tant d’injustice, de mensonge, de confusion. Jamais la résistance palestinienne n’a porté autant de vitalité, de potentiel de vie, d’annonce comme ces dernières années. Si nous nous confinons à la seule analyse géo politique nous devenons pessimistes et cyniques. Le Coran est le printemps de notre vie, la guérison de notre esprit, la miséricorde pour notre fragilité, la perspective de l’avenir qui nous est promis lorsque tous les chemins semblent mener à des impasses.

La clé n’est pas dans la démonstration festive ni dans la diversion ni dans l’espoir ou le désespoir que peuvent amener les Frères Musulmans ou d’autres idéologies. La solution est le retour à l’Islam  c’est-à-dire se remettre en totale confiance au Décret d’Allah et attendre de Lui la victoire et l’issue heureuse.  

La clé est la  fidélité aux principes :

{Exaltez Dieu à l’aube et au soir}  Mariam 11

La clé n’est pas dans le pragmatisme et l’attente messianique d’une solution qui viendrait des Frères Musulmans, de l’Egypte, de Turquie ou du Qatar.  Le Hold-up n’est pas une clé c’est un détournement,  une effraction !

La clé est dans la sourate Mariam qui vient compléter l’énoncé qui  annonce la vie, l’immortalité, la remise totale en Allah :

{O Yahia, prends le Livre avec force} Mariam 12

 O Allah notre Dieu et le Dieu de tous les Univers quelle est la signification de cette force ? Elle est dans le Livre d’Allah qui dicte la manière de se comporter face aux agresseurs. Il ne peut y avoir triomphe pour les gens bruyants et dissipés ou arrogants ou calculateurs. La force au sens coranique demande l’engagement total du croyant et l’éthique du Coran que Zacharie a incarné :

{Il a appelé son Dieu en L’invoquant intimement}

Elle dénote l’intimité du cœur qui vit dans la proximité de Dieu, le recueillement de l’être qui s’adresse humblement au Maitre Souverain, le mutisme devant  l’indicible audible par la seule oreille qui a compris le sens de la Grandeur de Dieu et de son Omnipotence, le comportement secret et furtif de l’indigent qui mendie sa subsistance, son devenir auprès du Riche, le  Donateur et le Propriétaire exclusif. S’il y a du bruit c’est que le cœur est absent,  l’esprit est détourné ou les sens perturbés par les apparences trompeuses.

Yahia –  le verbe « vivre » qui témoigne d’Allah le Vivant et qui annonce le Messie que les Juifs,  l’Empire et l’idolâtrie ne peuvent tuer ou crucifier – est l’incarnation de cette force tranquille qui donne victoire au faible et au vieux Zacharie et perpétue son sang, sa foi et les nobles traditions de la famille de Prophètes (saws) :

{Et Nous lui avons octroyé la maitrise de soi alors qu’il n’était encore qu’un enfant, ainsi qu’une tendresse et une épuration par effet de Notre grâce. Il était pieux, affectueusement dévoué envers ses père et mère, et il n’était point un oppresseur rebelle.} Mariam 12 à 14

 La clé pour la Palestine n’est pas dans le positionnement idéologique ou partisan des uns et des autres, mais dans l’affirmation des constantes. Le réalisme consiste à donner de la faisabilité, de la viabilité, de la cohérence, de l’efficacité à ces constantes. Aux constantes traditionnelles qui sont la fin de l’occupation et le retour des réfugiés il y a une nouvelle constante qui vient s’imprimer dans la conscience et le sol : l’unité peuple résistance armée, l’unité de la résistance palestinienne comme facteur décisif dans l’axe de la résistance contre l’Empire et le sionisme.

Ni Zacharie, ni Yahia, ni Marie, ni le Messie fils de Marie n’ont fait des concessions sur les principes ou n’ont été partisan d’une faction ou d’un groupe combien nombreux ils étaient dans la société juive à cette époque. La société juive était partagée entre les hellénisants, les instrumentalisant la religion à des fins mondaines….

Le Coran a montré la rupture qui doit s’opérer :

{Elle (Marie) dit : « Moi, j’ai recours au Miséricordeur contre toi, si tu es pieux ».} Mariam 18

{Il dit : « Je suis le serviteur d’Allah, Il m’A Donné le Livre, et Il m’A Fait Prophète, et Il m’a rendu  béni où que je sois, et Il m’a ordonné la prière et la Zakàt tant que je serai vivant, et d’être affectueusement dévoué envers ma mère. Il ne m’a  point rendu  un oppresseur malheureux. Que  la paix soit avec moi : le jour où je suis né, le jour où je mourrai et le Jour où je serai ressuscité vivant. » Tel est Jésus fils de Marie. Parole de Vérité sur laquelle ils divergent.} Mariam 30 à 34

 De fil en aiguille ces énoncés se sont imposés à moi non comme des ornements décoratifs comme le feraient des citations, mais comme des repères religieux et historiques montrant que le conflit dans lequel nous sommes une partie prenante dépasse la géographie et le temps du présent. Il est enraciné dans la conscience humaine, dans la conscience musulmane, dans la confrontation entre le mensonge et la vérité. La question palestinienne, indépendamment des calculs politiciens des uns et des craintes légitimes des autres, est préservée  par sa présence dans l’intérieur de toute existence passée, présente et à venir.

Si nous ne doutons pas de la vérité et de l’efficacité de ces énoncés coraniques ainsi que de leur portée sur ce qui se passe et va se passer en Palestine, nous ne pouvons aussi douter que dans le camp palestinien il y a des réalistes fidèles aux principes qui ne se laisseront pas bercer par autre chose que la réponse à la force ne peut être que la force comme dans le camp sioniste il y une constance intrinsèquement lié à la nature de l’Etat sioniste : l’arrogance, l’agression et l’impunité qui vont pousser à une autre agression.

La question reste posée pour les Palestiniens, les Egyptiens et le reste du monde : comment reconstituer les stocks d’armes et de munitions pour la prochaine confrontation et comment aider les Palestiniens à ne pas subir les pressions politiques et économiques qui leur feront concéder des concessions inacceptables eu égard à leurs sacrifices.

Cette fois-ci nous attendons de voir une nouvelle génération de missiles sol air qui brise la suprématie aérienne de l’armée sioniste.

 

 

 

 

 

La Palestine est la boussole du monde.

Voici ma lecture du monde arabe et musulman en général et de la Palestine en particulier après les « révolutions arabes ». Cette lecture a très peu changé et elle explique tout en annonçant la confiscation de la question palestinienne comme celle de la volonté populaire. Je suis de plus en plus convaincu que le mal qui nous habite est plus profond pour qu’il soit réglé par la seule question de la légalité ou de la légitimité politique ou par un processus électoral abouti, dévoyé ou interrompu.

Ma lecture repose sur l’écoute des concepts ou des mots vides de concepts dans la parole et l’écrit de ceux qui font « l’histoire » ou par qui l’histoire s’écrit. Elle repose sur les prises de position dans des moments clés que la logique, l’histoire et les principes imposent, mais qui ne sont pas prises ou qui sont dévoyées. A titre d’exemple : l’engagement des négociations des Frères Musulmans avec Omar Suleyman sans pertinence ni opportunité et qui aurait dû les discréditer auprès de  la « révolution » qu’ils ont rejoint après des hésitations…

La Palestine est la boussole du monde, mais nous, les Arabes et les Musulmans, nous sommes des mécaniques détraquées, des aiguilles aimantées que fait bouger un champ magnétique selon la direction et la force qu’il veut… loin de la lucidité et de la vérité

 

Interview réalisée par le Comité Action Palestine – Bordeaux – 

 

1-Comment analysez-vous les transformations politiques récentes dans le monde arabe ? Font-elles avancer la cause des peuples arabes ?

Il faut d’abord insister sur le fait que tout changement est une rupture avec l’immobilisme morbide, mortel et mortifère même si le changement ne va pas dans le sens espéré. Que le monde arabe bouge et se transforme ou tente de se transformer est une rupture bénéfique qui va générer à terme une culture du changement sans laquelle il n’y aurait ni progrès ni salut.

Il faut aussi insister sur le fait que les changements imposés au peuple ne sont pas des changements et à terme ils seront remis en cause par le peuple.

Pour l’instant au-delà du discours émotionnel et infantile ou des déceptions ou des euphories il faut que nous sachions que la conscience collective va imprimer durablement l’idée de la possibilité du changement et d’un nouveau  mode de changement.

Cette conscience imprimée par le changement va finir par exprimer le cap du changement qui à son tour sera de nouveau imprimé dans la conscience sociale et politique. Cela prend du temps et consomme de l’énergie. Les élites de demain devront gérer l’efficacité, c’est-à-dire réduire les énergies dissipées et mettre en synergie les efforts socialement et politiquement utiles pour un meilleur rendement. Il y a des gisements de travail à explorer et à activer pour aller plus vite et plus loin et en harmonie. Dans « Les Révolutions arabes : mystique ou mystification ? », j’ai développé quelques axes pour disposer d’une grille de lecture méthodologique sur la nature et le mode des mouvements à la lumière des récits coraniques sur les Prophètes.

Ces généralités n’occultent pas la réalité tangible : il y a eu des mouvements populaires dont les transformations politiques, sociales et économiques sont en attente de visibilité. Ces mouvements sont hétérogènes en revendications,  en mode d’expression et en indépendance par rapport à l’Empire. Certains de ses mouvements ont occupé le devant de la scène médiatique et d’autres ont été occultés, car l’agenda étranger intervient comme facteur d’amplification ou de réduction, de subversion ou de mobilisation de ses mouvements à son profit tactique, stratégique ou civilisationnel. Indépendamment des acteurs endogènes et exogènes, on ne peut déboiter l’histoire des peuples arabes en relation avec la Palestine.

À titre d’illustration la Syrie a eu son indépendance en 46, l’Égypte son révolution en 52 et l’Algérie en 54 autour du drame de 48. La révolution libyenne en 69 après 67. La révolution iranienne en 1979 après les Accords de Camp David de 78. Les « révolutions arabes » 2011 et 2012 après la bataille du Forqane en décembre 2009. Je reviendrais plus en détail sur ce déterminisme historique lié à la Palestine et qui relève de la Transcendance. Il y a dans cette voie des pistes à explorer par nos étudiants en histoire, en sociologie et en sciences politiques.

La Palestine subit et influence le monde arabe et musulman et elle sera l’un des critères d’analyse (Al Forqane) des mouvements arabes et musulmans en perdant cette fois la possibilité d’être instrumentalisée comme par le passé par les rentes du nationalisme arabe et de l’islamisme infantile.

En Égypte et en Tunisie, nous avons assisté à des soulèvements sociaux qui se sont transformés en désobéissance populaire menant à la chute des têtes du régime. Ces mouvements ont souffert de six lacunes.

La première lacune est l’absence de cadre idéologique qui fixe le cap et le rythme de la révolution ainsi que le clivage idéologique du moment historique tant interne qu’externe.

La seconde est la confiscation du mouvement populaire par l’esprit partisan. Le mouvement populaire se trouve privé de l’exercice politique, économique et informationnel ainsi que de la force de proposition et d’initiative pour être relégué à jouer le rôle de votant qui confie son destin aux élus instaurant la polyarchie au lieu de la démocratie.

La troisième est l’arrangement des appareils qui a permis de ralentir le rythme et le niveau des revendications donnant ainsi le temps de coopération de l’ancien système et de l’impérialisme pour mener un mouvement contre-révolutionnaire.

La quatrième lacune est la médiocrité et la pensée unique cultivées par les gouvernants despotiques que les opposants ont héritées comme legs culturels et politiques qu’ils se transmettent et qu’ils cultivent.

La cinquième lacune est de s’inscrire dans l’économie mondiale et  les règles de jeu géopolitique au lieu de fédérer le peuple sur la résistance et de se faire protéger par ce peuple. La méconnaissance de la géopolitique et l’absence de laboratoire de veille stratégique dans le monde arabe sont accentuées par une culture d’empire qui s’appuie sur la connaissance des idées, du terrain des idées, des hommes qui s’appuyant sur les lacunes a la compétence d’anticiper, de mettre plusieurs fers au feu et d’imaginer plusieurs scénarios avec la compétence et les moyens de les mettre en œuvre.

La sixième lacune est en dehors de la revendication de faire tomber la tête du régime il n’y a eu ni projet d’avenir énoncé ni travail pédagogique pour expliquer les mécanismes politiques et géopolitiques qui sont derrière les tyrans arabes qu’il faut détricoter. Je suis presque certain que les machines qui choisissent et nomment les commis de l’État sont toujours en place à ce jour même s’il y a un ravalement de façade au sommet.

En Libye, nous avons vu la contre-révolution se mettre en place en réalisant sa stratégie. La stratégie avait quatre axes.

Le premier axe est la main mise du prédateur sur l’objet de sa convoitise : ressources naturelles, finances et exportation de ses crises internes.

Le second axe est d’interdire toute possibilité d’émancipation hors du cadre idéologique et politique de l’Occident.

Le troisième axe est de procéder à une dislocation de la grammaire des civilisations en disloquant ses constituants : les mentalités collectives, les espaces, les histoires communes, les économies sur le plan de la considération historique (continuer la fragmentation commencée par Sykes Picot, sur le plan du présent des révolutions qui ne doivent pas faire jonction, sur le plan de l’avenir pour interdire toute situation pacifique et harmonieuse favorable à une émergence d’une aire civilisationnelle autonome, alternative. Enfin il s’agit de faire des islamistes, certains islamistes naïfs, cyniques, revanchards ou ignorants, les agents de la disharmonie, de l’entropie pour bloquer l’émergence de l’Islam politique, social, libérateur et civilisateur et maintenir « l’Islam » rétrograde, réactionnaire, bigot, consumériste.

Dans les faits, l’Égypte et la Tunisie sont coupées, l’Égypte a maintenant un front ouest qui s’ajoute au front sioniste. Dans les faits l’Algérie et le Maroc sont poussés à faire des concessions pires : passer en base coloniale après avoir été comptoir commercial, les peuples arabes sont traumatisés par l’issue entropique et ils sont isolés du processus de résistance contre l’Empire et le sionisme. Pour la Libye il faut garder en tête la conjugaison d’au moins trois agendas :

la subversion interne pour faire tomber un régime et changer la donne en Libye et en Afrique ;

la diversion pour déplacer le centre d’intérêt des révolutions égyptiennes et tunisiennes ;

la lutte idéologique pour diaboliser l’Islam.

Dans «  Islamophobia : Deus machina » j’ai montré quelques aspects de la lutte idéologique menée par l’Empire pour créer la méfiance envers l’Islam et créer la défiance entre les musulmans en jouant sur l’émotionnel et l’infantilisme d’un côté et sur les techniques de guerre psychologique et de propagande médiatique. Il s’agit de détruire le capital de résistance, de libération et d’édification civilisationnel de l’Islam en profitant de la médiocrité politique et culturelle des Musulmans qui sont parvenus à se réveiller après un long cauchemar sans pour autant voir la réalité dans sa globalité, sa complexité et sa dynamique.

Pour l’instant il n’y a pas de changement significatif mais les possibilités du changement deviennent plus impératives et seront davantage clarifiées une fois l’expérience du vote et de la polyarchie sans programme de résistance aura montré de nouveau ses limites en Egypte, en Tunisie, en Algérie, au Yémen et au Maroc.

 

2-Quels sont les enjeux politiques ou géopolitiques du conflit actuel en Syrie ?

En Syrie, nous sommes face au  scénario libyen avec l’accent mis davantage sur la géopolitique.

Il s’agit pour l’Occident de parachever Sykes Picot qui a donné la Syrie en démembrant le Cham pour démembrer la Syrie sur des bases ethniques et confessionnelles et réaliser le nouveau Moyen-Orient.

Étouffer la révolution égyptienne en l’encerclant avec deux guerres civiles, deux présences étrangères.

Le troisième point est discréditer les islamistes pour liquider toute contestation islamique révolutionnaire dans les monarchies vassales.

Le quatrième point est de briser l’axe Iran,  Syrie, Palestine, Liban et Irak et de liquider la résistance contre l’entité sioniste poussant les Arabes et les Palestiniens à accepter la feuille de route américaine.

Enfin, le dernier point est la guerre sunnite, chiite pour remettre en marge le monde musulman de cet ensemble Euro Asie et faire face à la Chine dont l’Empire veut couper les sources et les voies d’approvisionnement avant de les agresser une fois que les Arabes ont montré leur vassalité à l’Empire dans l’agression contre l’Iran et le désarmement nucléaire du Pakistan appelé à poursuivre l’œuvre de fragmentation commencée par l’Empire britannique. Contrairement à la Libye, le régime syrien dispose d’une armée plus forte, d’une population moins ruraliste, de savants de stature internationale, de couches moyennes préférant le statu quo au changement incontrôlé. La Syrie dispose de l’appui de la Chine et de la Russie qui ont laissé les Occidentaux et les Arabes sortir déshonorés de l’agression par une stratégie cynique, mais payante.

Le régime syrien avait la possibilité hier de livrer la Palestine (les cadres vivant en Palestine, la logistique et le droit au retour) et de servir l’Empire. Les données ont changé et la Syrie sait qu’elle sera, à la moindre concession,  sur la trajectoire du reniement envers le Hezbollah, l’arabité et la résistance et être disloquée car géographiquement et historiquement elle constitue la ligne de démarcation Orient Occident.  La logique impérialiste exige de mener de front une campagne  subversive, une opération de diversion et une lute idéologique dans un cadre plus vaste et plus complexe que le cas libyen.

La plus grande hantise pour l’Empire est la jonction Syrie Egypte avec pour conséquence l’encerclement d’Israël et la coopération avec l’Iran.

 

3-Quels sont, selon vous, les effets des transformations politiques dans le monde arabe sur la situation en Palestine ?

Pour l’instant, on va assister à des maquillages et des instrumentalisations, mais sur le plan concret les Palestiniens vont être relégués au second plan et ils vont faire des concessions de survie.

La bataille est dans le camp arabe, mais aussi sur d’autres terrains de confrontation comme en Afghanistan.

Par ailleurs, les Turcs ont su s’imposer comme nouvelle pièce majeure dans le conflit et la Turquie est dans une situation instable face à l’axe Syrie Iran.

La question palestinienne est passée de question d’occupation coloniale à une question humanitaire à Gaza et à l’indemnisation de quelques réfugiés.

Pour l’instant, ces problèmes sont relégués à la réconciliation FATAH HAMAS imposée par les conditions géopolitiques.

Tous ces éléments dépendent de la conjoncture et de l’issue de la confrontation des axes arabes.

A terme les mouvements islamiques prendront de la consistance politique et géopolitique tout en favorisant l’émergence de nouvelles élites jeunes et intellectuellement compétentes qui vont fatalement reposer la question idéologique en interne pour la constitution d’un front national de résistance à l’impérialisme et d’édification nationale ainsi que la constitution d’un front externe idéologique et diplomatique contre Israël aboutissant inévitablement à une confrontation globale et au recentrage de la question palestinienne dans la conscience collective avec ses effets tactiques et stratégiques sur des changements révolutionnaires plus soutenus, plus étendus et plus radicaux.

Dans « le dilemme arabe et les dix commandements américains »  j’ai montré les axiomes de la géopolitique que les révolutions ont occultés et qui se retournent contre eux et contre la cause palestinienne. Ces commandements sont la nature idéologique de l’Empire et ils sont dévastateurs pour le reste du monde. Ce n’est pas le vote d’un parlement ici ou ailleurs qui va changer l’équation des rapports de force, de domination et d’intelligence, mais la remise du curseur sur les véritables défis, sur les véritables clivages et sur les véritables ingénieries politiques, économiques et informationnelles.

Les Musulmans non seulement ne donneront pas des solutions à la libération de la Palestine, mais ne se libéreront pas du formalisme, des slogans et de la vassalisation s’ils ne parviennent pas à hiérarchiser et à harmoniser la notion de souveraineté divine avec la souveraineté du peuple. Il en est de même de la notion (fi sabil Allah) qui doit être libérée du confinement au seul qualificatif islamique pour s’ouvrir à l’universel de sa vocation.

Le premier pas de libération de la Palestine sera celui de la libération des concepts, des mots, des comportements hérités de la décadence musulmane qui a fait du musulman un minus habens errant sur son propre sol et gaspillant son temps et son énergie faute de stratégie autonome, de veille sur le monde…

Pour l’instant le chaos qui s’est emparé du monde arabe annonce des clarifications à venir.

A titre d’illustration nous avons les fossoyeurs de la question palestinienne, qui sont la Ligue arabe,  la Conférence Internationale Islamique et les monarchies du golfe, qui viennent d’être discrédités aux yeux de l’opinion arabe dans leur rôle – de vassal à l’Empire – au Soudan, en  Libye et en Syrie. La seconde illustration est le comportement erratique d’Ennahda et de Moncef Marzouki qui acceptent de faire de la Tunisie le pion avancé de l’Empire et de ses vassaux, moyennant quelques petro dollars, prouvant ainsi la confiscation de la révolution tunisienne non par des traitres comme le disent certains mais par l’absence de cadre d’orientation idéologique qui permet tous les retournements et toutes les compromissions faute de cap, de veille, de boussole et de carte de navigation.

 

4-Comment expliquez-vous la relative stabilité de l’Algérie dans le contexte de déstabilisation du monde arabe :

L’absence de clivage idéologique des révolutions arabes, les scénarios violents en Libye et en Syrie, la mémoire des stigmates de 20 ans, la gestion de la pénurie, du terrorisme résiduel et la distribution de la rente sociale avec l’absence de culture d’État et l’absence de culture d’opposition politique, le caractère non mécaniste de contagion des révolutions laissent le peuple livré à l’attente messianique.

Cette attente est mise à profit par les Eradicateurs pour faire du matraquage idéologique rappelant les événements depuis juin 90 à ce jour.

Cette attente est mise à profit par les « Réformateurs » pour  imputer au FIS la responsabilité des événements et  prendre les résultats en Egypte, Libye, Maroc et Tunisie comme la réalisation de l’axe de Washington et demander  de ne pas voter pour les islamistes lors des prochaines législatives.

Les partis islamistes sont divisés, certains trop impliqués dans l’appui au CNT Libyen et au CNS syrien sans prise de distance laissant l’émotionnel prendre le pas dans un pays en catastrophe  politique, sociale et économique qui a davantage besoin de clarification et d’assurances que de confusion ou d’aventurisme. Ils font peur à la classe moyenne et à la grande masse des fonctionnaires qui ne sont pas prêts de prendre le risque libyen.

En Algérie  Il y a eu 500 000 victimes, 20 000 disparus et 3 millions de personnes déplacées et il n’y a  toujours pas de réponses ni de justice ni de clarification ni de vérité.

Le peuple vit sa révolution passive laissant la porte ouverte à l’inconnu. Pour l’instant il ne cible pas Bouteflika comme a été ciblé Moubarak ou Ben Ali. Le peuple algérien ne voit pas les occasions ratées et les ambitions de l’Algérie piétinées mais la « concorde civile », la rente sociale. Il ne voit pas l’Algérie comme cible dans le projet de dislocation des territoires musulmans, il ne voit pas l’esprit de revanche instrumentalisé par les Etats-Unis, il ne voit pas la lutte des appareils et des clans partisan des Etats-Unis, de la France ou de la monarchie saoudienne se livrer bataille comme il ne voit pas les luttes de clans pour la possession de la rente du pétrole.

Il ne décode pas la signification de l’aveu des jeunes loups et des seconds couteaux de s’émanciper de la génération de novembre 54.

Le peuple algérien conserve encore intact sa mémoire de peuple agressé par l’extérieur et par l’intérieur pour avoir choisi une solution islamique dans une conjoncture de réformes politiques et économiques qui ne siéent pas à l’impérialisme ni aux monarchies. Il a connu la tragédie et la solitude alors qu’il était agressé par des hordes ayant la garantie de l’impunité car elles entrent dans le plan de diaboliser l’Islam et de bloquer le potentiel de développement et de l’indépendance de l’Algérie.

Le peuple algérien  n’a trouvé ni l’ONU ni la communauté internationale « démocratique » ni la ligue arabe ni les monarchies du golfe pour l’aider en tant que victime et mettre fin à l’agression ou pour l’armer juridiquement, médiatiquement et militairement contre ses agresseurs.

Le peuple algérien attaché à l’Islam sait par l’expérience et par la doctrine que la révolution est légitime sur le plan religieux si et seulement si elle ne se fait pas sous l’étendard de la confusion, si elle ne se réalise par une alliance stratégique avec les profanateurs et les prédateurs et si le mal qu’elle occasionne n’est pas supérieur au mal qu’elle est censée guérir.

Le peuple algérien n’a jamais revendiqué l’internationalisation du conflit ni l’ingérence étrangère par intuition politique, par expérience du colonialisme qu’il a vécu comme la forme la plus cynique et la plus humiliante de deshumanisation.

 

5-Le mot de la fin :

La culture d’empire nous a vendu son modèle politique, économique et médiatique.

Maintenant, alors que l’Empire est en plein déclin, sa culture parvient à nous vendre la fin de l’Histoire et la fin de l’idéologie alors que jamais l’équation idéologique n’a été au cœur de notre existence et de notre devenir. L’idéologie ou l’art de production et de discours des idées est la seule démarche à répondre aux questions de sens de la grammaire des civilisations : comment conjuguer l’homme, le sol et le temps une fois que la finalité ultime a été définie et que le sens d’orientation a été tracé.

Le monde arabe non seulement a fait de l’idéologie un discours creux et vague sans logique pragmatique, mais il s’est déchiré entre des idéologies antagonistes y compris au sein des mouvances islamiques.

Sans idéologie commune, nous ne pouvons ni définir notre identité, ni notre appartenance, ni notre implication dans une cause en toute indépendance ou en résistance contre les autres idéologies.

Pour l’instant, la voie pacifique ou la voie armée n’ont pas de réponse à apporter sur le projet de société, sur le projet de civilisation, sur le projet d’édification de l’homme nouveau, faute de débat idéologique fédérateur pour faire émerger l’idée primordiale sur laquelle il y aurait  consensus pour vivre ensemble,  regarder l’avenir dans la même direction et résister pour défendre les mêmes valeurs.

 

Nouvelle Victoire de la Résistance

{Et lorsque les croyants ont vu les factions, ils dirent : « Cela est ce qu’Allah nous A Promis, ainsi que Son Messager. Allah a été Véridique, ainsi que Son Messager » Et cela n’a fait qu’augmenter leur foi et leur abnégation.  Il est parmi les croyants des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Allah. Il est d’entre eux qui (a accompli son vœu et) mourut (en martyr), et il  est d’entre eux qui attendent, et ils n’ont pas changé leur détermination, afin qu’Allah récompense sûrement les véridiques pour leur véracité, et châtie les hypocrites, s’Il veut, ou leur fasse Rémission. Certes, Allah A toujours Été Absoluteur, Miséricordieux.  Et Allah repoussa ceux qui sont devenus  mécréants, avec leur rage, ils n’obtinrent aucun bien.} Al Ahzab  22 à 25

Au moment où les négociations vont bon train aboutissant cette nuit à une trêve ou à la poursuite de l’agression sioniste contre Gaza je tiens à montrer, en dépit des mauvaises consciences arabes et occidentales que la résistance palestinienne a remporté la victoire dans sa nouvelle confrontation avec l’armée sioniste.

Pour prononcer cette annonce il faut mettre ses pas dans ceux des Prophètes (saws) et suivre avec attention les confrontations antérieures pour suivre leur évolution et tout particulièrement la confrontation Al Forqane contre Hanouka en décembre 2009.

Le but de l’opération « Hanouka » en hebreu et « Plomb durci » en français visait la mise au silence de la résistance palestinienne pour réaliser au moins six  objectifs :

–        Reconquérir  la crédibilité  de la dissuasion de la doctrine de guerre sioniste perdue face au Hezbollah.

–        Liquider politiquement et structurellement le HAMAS, et donner primauté au camp des dialoguistes pragmatiques perdus dans leurs contradictions après  l’accord d’Oslo.

–        Donner crédit à l’axe arabe défaitiste pour aller vers une reconnaissance de l’Etat sioniste avec pour préalable la liquidation de la cause palestinienne, sa  transformation en question humanitaire, la liquidation de la revendication du droit au retour des réfugiés palestiniens et démonter la vanité de la résistance armée considérée par une grande partie des officiels arabes comme une illusion voire un préjudice au processus de paix

–        Se débarrasser de Gaza en en faisant une province égyptienne

–        Faire taire les armes et les voix appelant à la résistance armée.

–        Ne plus être préoccupé par le harcèlement de la résistance palestinienne et par le soutien de la population arabe et musulmane à Gaza pour se consacrer au remodelage du Moyen-Orient qui passe par une guerre civile au Liban discréditant le Hezbollah, le démantèlement de la Syrie et l’attaque de l’Iran.

La résistance palestinienne est la charnière dans l’ensemble de ces objectifs. Cette charnière a résisté et continue de résister, elle s’exprime et fait parler d’elle. Elle a donc logiquement, sur le plan tant stratégique que tactique, remporté la victoire. Les jours à venir vont montrer l’acharnement médiatique arabe et occidental à tenter de prouver le contraire.

Nous allons donc montrer sur le court terme et sur le plan opérationnel comment la résistance a remporté la victoire à laquelle ne s’attendait pas l’agresseur sioniste. Pour cela il faut inscrire cette agression dans le même contexte que l’agression de 2009 avec la différence que l’acteur de la trahison n’est plus l’émissaire égyptien, mais l’émissaire arabe des États-Unis et d’Israël : le Qatar.

Quelques jours avant l’agression, les sources arabes  « bien informées » rapportent l’échec de la visite du Bédouin qatari qui a écourté sa visite et réduit le montant de son aide à Gaza car Ismaël Haniya, sous l’impulsion du martyr Al Jaabari, a refusé de prendre de répondre  favorablement à l’Emir du Qatar  sans consulter  la résistance qui détient la clé qu’il n’a pas.  Le message américain et israélien était sans ambiguïté : Aller vers une trêve inconditionnelle et accepter  la reconnaissance d’Israël par des mesures préparatoires en contrepartie de la reconstruction de Gaza et la levée partielle du blocus :

–        Désarmer la résistance.

–        Couper les relations avec l’Iran.

–        Couper les relations avec la Syrie et le Hezbollah.

–        S’engager dans le processus de paix.

Dans le climat de subversion en Syrie et de visite de l’émissaire arabe à Gaza, Israël a agressé par surprise et contre toute attente Gaza en assassinant Al Jaabari  se donnant ainsi prétexte de la riposte de la résistance pour mener l’opération « colonne de fumée » que les Français appellent, par parti pris, « Pilier de défense ».

Les premiers moments il faut reconnaitre que le coup porté à la résistance palestinienne et son onde de choc étaient terribles :

–        Décapitation de l’encadrement de la résistance.

–        Frappe et destruction des stocks de roquettes.

Dans un rapport de force incomparable qu’il ne faut pas comparer,  la résistance palestinienne a réalisé le miracle : riposter avec intelligence,  efficacité et effet de surprise modifiant les données comme cela s’est passé lors de la confrontation d’« Al Forqane » à « Hanouka ».  En ce moment, où les informations varient entre l’annonce d’une trêve imminente et l’annonce d’une confrontation plus intense et plus large nous montrons les premiers éléments de la victoire nonobstant les résultats immédiats ou futurs sur le terrain :

–        En lançant l’offensive le gouvernement sioniste a présenté Tel-Aviv comme ligne rouge qui engagerait les forces terrestres à envahir  Gaza.  La résistance a montré sa capacité à toucher, Tel-Aviv, montrant qu’elle est capable de frapper le cœur de l’entité sioniste. En frappant le cœur du sionisme, la résistance palestinienne vient de confirmer qu’Israël est vulnérable. Toute la doctrine militaire de l’Empire et de l’entité sioniste est mise à mort. Les missiles et les roquettes anti char, même de fabrication artisanale, peuvent changer l’équation et l’issue d’une bataille. Israël cherche une trêve et pousse les États-Unis à dépêcher leurs émissaires arabes, turcs et européens pour solliciter une trêve.

–        Le Liban, la Syrie, la Palestine et Égypte, sans devoir engager une guerre classique ou nucléaire,  peuvent, avec des moyens rudimentaires,  vider la population de l’entité sioniste en faisant changer la peur de camp.

–        Les premières  ripostes palestiniennes et leur impact sur le sol de la Palestine occupée montrent ce qui attend Israël lors d’une confrontation avec le Hezbollah, la Syrie ou l’Iran : un déluge de feu. L’issue ne sera pas dans la capacité à faire mal, mais dans la capacité à résister et à riposter. Le perdant est celui qui perdra ses nerfs et le contrôle de sa population. Les Musulmans, habitués à vivre dans l’âge de pierre n’ont rien à perdre dans la confrontation face à des peuples « civilisés » et consuméristes qui risquent de perdre leur vie, leur fortune, leur confort. Les Musulmans n’ont rien à attendre de ce monde, ils cherchent le Paradis. Les Musulmans et les Arabes ont un excédent démographique, ils peuvent consentir des sacrifices humains. Les palestiniens donnent mille des leurs pour 4 de leur ennemi.

–        L’équation du sacrifice humain est en faveurs des Arabes et des Musulmans. L’équation devient plus cruciale lorsque la résistance palestinienne réalise en 6 jours ce qu’elle n’a pas réalisé en quelques années : moins de perte dans ses rangs et plus de pertes dans les rangs de l’ennemi.

–        Toutes les factions armées et politiques palestiniennes sont aux premières lignes. Les combattants du HAMAS, du Jihad, du FATAH, du front démocratique coordonnent leurs opérations et donnent des martyrs. Les marxistes, les laïcs et les islamistes sont unis face à l’agression.  Les sunnites, les Chiites, les Frères Musulmans, les Salafistes, les sans doctrines sont unis. Le combat et le clivage est entre le camp de la résistance et le camp de l’agression et ses alliés arabes et musulmans abstraction faite de l’idéologie déclarée et de la doctrine pratiquée.

La question stratégique fondamentale se résume sur deux axes :

–        L’exigence de fédération de toutes les forces dans le monde arabe et musulman et son ouverture aux autres forces dans le monde qui refusent l’agression et l’oppression.

–        Le devoir de mobilisation pour faire échec au plan de l’Empire  et du sionisme.

En attendant le cessez-le-feu ou la trêve ou l’intensification et l’élargissement de la confrontation il faut noter les éléments suivants qui auront des répercussions sur les gains réels à court terme et à long terme :

Qui va imposer les conditions de la trêve ou du cessez-le-feu. L’état sioniste vise à parvenir à une trêve avec HAMAS  excluant le Jihad islamique et le Front populaire démocratique. Les Bani Israël sont connus pour leur compétence à ruser, à leurrer et à jouer sur les contradictions. Bibi joue sa carte politique et joue la crédibilité américaine il va donc s’appuyer sur la compétence des laboratoires occidentaux à  connaitre nos contradictions idéologiques et politiques. Ainsi le jeu va se porter sur le rapport des  Frères Musulmans  avec HAMAS et sur le rapport de la Ligue Arabe aux « arabes ».

Il faut donc s’attendre à voir et à entendre des choses horribles car la guerre psychologique et médiatique est aussi cruciale que le combat militaire sur le terrain de la confrontation.

Pour l’instant nous avons quelques marqueurs dans la grille de lecture de ce qui se passe ou de ce qui se trame dans les coulisses :

–        Le MAE qatari a fait avorter la réunion de la ligue arabe qui d’ailleurs n’attendait que l’occasion pour fuir ses responsabilités. Le peuple arabe et musulman ne manquera pas de voir que la ligue arabe avait accordé 48 heures à la Syrie pour répondre à ses injonctions alors qu’’elle fuit ses responsabilités envers Gaza et la Palestine. Le MAE irakien avait le projet de proposer le recours à l’arme du pétrole, mais au dernier moment il s’est rétracté. Le MAE qatari reconnait que nous sommes des « brebis » livrés au « loup » et qu’il faut baisser les bras. Il a dut baisser le pantalon pour satisfaire les désirs de Livni.  Le roi des bédouins saoudiens  appelle au langage de la raison et à calmer le jeu. La presse officielle saoudite dénigre la riposte palestinienne évoquant le proverbe arabe  » il n’est pire aveugle que l’aveugle qui se  frappe la tête avec sa petite canne en voulant frapper son ennemi plus grand que lui » et que la sagesse commande de laisser le temps à l’initiative de paix arabe de réaliser la normalisation avec Israël car toutes les armées arabes ne peuvent affronter Tsahal. La Turquie qui n’a pas défendu ses martyrs de Marmara est présenté comme un modèle de vertu et de sagesse. L’indien marxiste chrétien d’Amérique latine a plus de cœur et de dignité que ses pouilleux qui vivent confisquant  Mekka et Médina, et dénaturant l’arabité et l’islamité léguées par l’ultime Prophète (saws).

–        L’Égypte et la Turquie coordonnent leurs opérations de maquillage politique et médiatique pour faire aboutir un accord de cessez-le-feu qui sauve les apparences puis donne la victoire à Israël comme cela a été fait en 2009.

–        Les Frères Musulmans surfent sur une vague conciliante de la rue arabe en leur faveur qui leur permet de faire jouer leur aura « islamique » pour calmer le jeu avec l’Arabie saoudite en qualité d’intermédiaire, de garant de la paix, de conciliateur. Il est idéologiquement et religieusement parlant difficile d’imaginer un mouvement islamique atteindre ce niveau de pragmatisme alors qu’il est attendu de lui pas forcement  de déclarer la guerre, mais d’apporter l’aide logistique. Lorsqu’on on suit les déclarations des dirigeants islamistes, de leurs idéologues et de leurs propagandistes on remarque le changement de ton qui passe du triomphalisme et de la facilité déconcertante à un pragmatisme et une difficulté plus déconcertante qui prouve qu’il n’y a rien à attendre de ceux qui se sont empressés de prendre le pouvoir sans être préparés à l’exercer ni avoir la volonté de prendre tous les risques d’innover au prix de perdre ce pouvoir.

Le président Égyptien n’arrive pas à réaliser ce que Khomeyni a réalisé : fédération des forces comme un axe de résistance contre le Grand Satan et une force de libération de la Palestine. Khomeyni est venu après l’accord de camp David en 1978. Il est incontournable dans l’hégémonie organisée des Frères Musulmans dans le monde arabe. Même s’il ne fait pas ce qui est attendu de lui, il ne peut nuire aux Palestiniens comme Moubarak et Suleyman.  Il a donc des cartes à jouer dans le monde arabe et musulman, mais sa manière de jouer ses cartes va êtres déterminante à moyen et long terme.

La situation est complexe : Le Hamas était prisonnier des Frères Musulmans, il se trouve celui qui a pris en otage les Frères Musulmans et lui même otage de sa branche armée. Il faut suivre tous ses événements avec précision et prudence car la résistance palestinienne  va refonder tous les rapports dans le Moyen-Orient. Elle va annoncer de nouveaux rapports entre Netanyahu et l’Amérique.
Comme en 2009 je ne fais pas porter à Égypte toute la responsabilité. Ses gouvernants peuvent  invoquer l’état des lieux catastrophiques pour une population égyptienne de plus de 80 millions d’habitants. Les Arabes pouvaient et sont tenus d’apporter à Égypte les fonds que le FMI et l’Amérique lui donnent afin qu’elle puisse jouer son rôle :

  • Islamique : le devoir de secours
  • Géostratégique : Gaza est la profondeur stratégique tout ce qui se passe militairement, politiquement et idéologiquement a des répercussions à moyen et long terme sur la paix et la sécurité égyptienne. Même si l’Islam est « occulté » la raison d’Etat ne peut être occultée.

Égypte et ses Frères Musulmans sont une fois de plus mis devant les « plaisanteries » du destin que leur imposent la religion, la géographie, l’histoire, l’économie  et la mentalité collective. Si les Frères Musulmans avaient pris en considération ces éléments qui sont les facteurs de promotion ou de régression de la civilisation ils auraient rapidement mis une stratégie pour conserver l’initiative et non la subir. Au lieu de chercher à réaliser,  comme l’a fait Moubarak en 2009, un cessez-le-feu qui donne la victoire factice à l’agresseur frustrant  l’opprimé de sa victoire, Morsi aurait compris depuis longtemps qu’il y a trois  constantes qui sont apparues dans le rapport entre les Palestiniens et les sionistes depuis les accords de Camp David:

–        La nature belliqueuse et fallacieuse de l’entité sioniste qui rompt toute trêve et toute solution. Il n’est pas dans l’intérêt de l’Empire d’avoir d’autres fronts ouverts alors qu’il est pris à l’étau en Irak, en Afghanistan et en Syrie.

–        L’Amérique n’est plus la force hégémonique dans le monde. Il faut consulter les forces en émergence et chercher leur alliance. Meê si l’Amérique n’est pas la force dominante, elle reste puissante et nuisible. Il faut connaitre ses limites pour les franchir avec courage et intelligence et non s’y soumettre avant d’avoir commencé la partie de jeu.

–        L’esprit partisan occulte les forces de la résistance en Palestine. HAMAS, à Gaza, est incontournable, mais il n’est pas hégémonique. Sur le terrain de la résistance, il ne peut non seulement prendre l’initiative sans consulter sa branche armée, mais il ne peut tourner le dos aux forces « silencieuses » ou mises en silence par les médias arabes : le Jihad Islamique et le Front démocratique. Il y a d’autres forces qui sont apparues sur la scène en Palestine et ailleurs dans le monde musulman.

Morsi a été contraint de renvoyer l’ambassadeur israélien et prend conscience que la rue arabe et égyptienne n’est plus absente comme par le passé, même si elle lui accorde encore la confiance. Il est appelé à se radicaliser ou à se discréditer. Les événements ne vont pas manquer de le pousser dans un sens ou dans un autre le poussant à sortir du gué et à choisir définitivement son camp. Il y a encore de nouvelles surprises.

En conclusion le mythe de l’invincibilité militaire et  de l’infaillibilité du renseignement de l’Etat sioniste sont  achevés, définitivement achevés. Ils ne peuvent ni imposer les conditions d’un cessez-le-feu ni le refuser à une communauté internationale qui le demande car ce conflit fausse tous les calculs du « printemps » arabe la grande arnaque du siècle.

Pour l’instant, en prémisse du cessez-le-feu, nous assistons à une nouvelle escalade car il s’agit pour l’entité sioniste de ne pas sortir défaite. Comme en 2009 et en 2006 l’entité sioniste veut marquer les esprit en accentuant les frappes  sur Gaza à partir de l’aviation, de l’artillerie et de la marine. Elle espère ainsi se venger, imposer ses conditions de négociations et espérer gagner un peu de temps qui verrait  l’épuisement des stocks de missiles palestiniens. C’est ce que attendent les Arabes pour se donner bonne conscience et criminaliser la résistance. L’observateur averti remarque que les bombardements et le pilonnage des armées sionistes  ne trouvent plus de cibles à détruire. les armées sionistes ne font que que bombarder pour la seconde et troisième fois les mêmes cibles prouvant l’inefficacité de leur stratégie et leur impasse militaire et politique. Il ne faut jamais perdre de vue le but de la guerre : éradiquer l’ennemi ou faire taire la voix de ses armes et la voix de ses revendications politiques et religieuses

La résistance  a remporté la victoire car elle a dévoilé  la fragilité des acteurs et a permis à ce que la magie se retourne contre les magiciens dans  tous les camps. La plus grande victoire est le changement des règles de la confrontation militaire. Cette victoire annonce trois autres victoires :

–        La reconsidération sur les défaites arabes antérieures. Il n’y a pas eu de défaite militaire mais politique. L’équation politique et le problème de la gouvernance vont aller vers un clivage plus aigu.

–        La victoire du génie arabe et iranien qui s’est montré  inventif. L’embargo et le blocus sont une épreuve : «  le marteau brise le verre, mais il forge l’acier »

–        La prochaine confrontation peut venir de n’importe où. La Jordanie peut devenir  un foyer de tension et rendre les terres occupées à visée de tirs de missiles des bédouins arabes. L’Occident en jouant sur les révolutions arabes jouent sur nos contradictions, mais jouent aussi sur ses contradictions.  Il est vrai que nous regrettons cette manière de confisquer les révolutions arabes ou de les instrumentaliser à des fins géostratégiques, mais nous sommes conscients que l’Occident ne maitrise pas les changements qui peuvent amener d’autres acteurs qu’il ne connait pas et qu’il n’a pas prévu. Il faut suivre la Tunisie, Égypte, la Syrie et la Libye dans une quinzaine d’année. Les véritables changements sont à venir. L’Occident et Israël vont se poser d’autres questions : l’origine des armes de fabrication occidentale qui semblent avoir été utilisé par la résistance palestinienne. Quelle est leur provenance : Libye ou Syrie ? Qui est le transitaire ? Le serpent va se mordre la queue et la France va se trouver une fois de plus confrontée à ses impasses et ses fantasmes…

Cette victoire qui vient après l’assassinat de l’ingénieur de la résistance armée, Al Jaabari, apporte une partie de la réponse sur le devenir idéologique du HAMAS après son retrait de l’axe Iran Liban et Syrie suite à la « révolution arabe  » en Syrie. Une partie de la réponse sur l’évolution du  HAMAS est dans la négociation du cessez-le-feu ou de la trêve. Il est fort significatif de voir que celui qui est en train de négocier, d’amender, d’accepter la proposition n’est pas le HAMAS, mais la résistance. La résistance est administrée par l’ensemble des factions palestiniennes ce qui laisse supposer que le HAMAS n’a plus l’hégémonie sur les questions de paix et de guerre et qu’il est contrait de revenir aux constantes de sa fondation. Si l’OLP se refonde sur les principes qui ont présidé à sa création en s’ouvrant à l’ensemble des acteurs politiques et militaires palestiniens, alors le HAMAS sera lui aussi contraint par la loi de l’adaptation à se ranger sur le nouvel ordre intérieur et à se repositionner entre les « agneaux » arabes et les « lions » arabes.

Avec l’hégémonie des Frères Musulmans et apparenté dans les deux grands pays que sont la Turquie et l’Égypte, lesquels optent pour le pragmatisme, le HAMAS a du mal à trouver ses marques. Il est obligé de s’adapter et de retrouver sa boussole car les épreuves sur le terrain imposent leurs lois et non le pragmatisme. Affaire à suivre

Cette victoire repose de nouveau et avec force, dans la conscience universelle, les trois  constantes de la Palestine :

–        La fin du blocus

–        L’éveil islamique

–        La fin de l’occupation

Cette victoire remet à l’ordre du jour la Palestine comme critère de vérité et curseur dans la grille de lecture du monde. Tous les grands mouvements dans l’histoire du monde sont annoncés en Palestine comme les Prophètes (saws) ont révélé la Parole divine.

Celui qui connait tant ou prou le Coran sait qu’au-delà de nos analyses conjoncturelles ou stratégiques il y a une vérité que la résistance palestinienne a pris en considération qui fait que cette vérité a enveloppé, protégé et donné de la force à cette résistance la rendant triomphante sur le mensonge, même si ce mensonge est puissant :

{Et ne considère point, ceux qui sont tués pour la cause d’Allah, comme morts, bien au contraire : ils sont vivants auprès de leur Dieu et reçoivent leur subsistance, réjouis de ce qu’Allah leur Accorda de Sa Munificence, et voient un augure favorable pour ceux qui ne les ont pas rejoints, derrière eux. Il n’y a aucune crainte pour eux et ils ne seront point affligés. Ils voient un augure favorable par une grâce d’Allah et une munificence. Et certainement, Allah ne perd point la rémunération des croyants, ceux qui ont favorablement réagi à l’appel d’Allah et du Messager, bien que la blessure les ait touchés. A ceux d’entre eux, qui firent le meilleur et sont devenus  pieux, une immense rémunération. Ceux à qui les hommes dirent : « Les hommes se coalisèrent contre vous, prenez donc garde ». Mais cela augmenta leur foi et dirent : « Allah nous suffit, c’est le meilleur Procurateur ».  Alors ils revinrent avec une grâce d’Allah et une munificence. Aucun mal ne les effleura, et ils suivirent l’agrément d’Allah. Allah Possède une Munificence immense. Seulement, tel est Satan : il fait peur à ses liges. Ne les redoutez point, et redoutez-Moi, si vous êtes croyants.} Al ‘Imrane 169 à 176

Ces versets sublimes nous remettent au cœur du défi de la communauté musulmane :  faire du monde notre préoccupation ultime au point de vivre humilié sous les exigences de ce monde ou bien faire de la Promesse divine notre unique intention et ainsi vivre avec un monde qu’Allah mettra sous nos pieds pour  faciliter notre existence dans Son adoration. Celui qui parvient à cette vérité a réalisé le grand triomphe qui ne connaitra aucune défaite.

Leïla Shahid : « Notre stratégie non-violente face à Israël est un échec »

La déléguée générale de l’Autorité palestinienne auprès de l’Union européenne,  Leïla Shahid,  a accordé un entretien  à la RTBF :

Leïla Shahid, l’armée israélienne a mobilisé 75 000 réservistes. Les blindés se déploient petit à petit. Vous craignez un conflit terrestre ?

– Oui, je pense que cette situation absolument tragique, parce que c’est la répétition de ce que la population de Gaza a vécu il y a à peine 4 ans, c’est une guerre annoncée. C’est presque indécent de prétendre qu’on est surpris que ça recommence puisque, depuis l’offensive de 2008-2009, rien n’a changé à Gaza et qu’une population occupée depuis 45 ans ne peut pas continuer à vivre humiliée comme elle l’est et qu’il était évident que la communauté internationale aussi est responsable parce qu’elle n’a rien fait de tout ce qu’elle a promis, Union européenne incluse.

Et je pense que l’arrière-pensée de Monsieur Netanyahou dans cette nouvelle guerre qu’il prépare est vraiment beaucoup plus électorale qu’autre chose. Il n’a pas le scrupule d’en faire payer le prix ni à la population civile israélienne, qui est bien sûr incessamment terrorisée par les missiles et les obus que les Palestiniens tirent de Gaza, ni à une population palestinienne encore plus terrorisée…

– Donc, pour vous, on est dans un contexte électoral ?

– Mais bien sûr ! Le 22 janvier, le Premier ministre israélien a décidé qu’il voulait faire des élections anticipées. Il a pris comme partenaire dans sa coalition, Monsieur Lieberman, l’actuel ministre des Affaires étrangères israélien, qui est un homme qui ne cache pas ses positions très radicales. Monsieur Netanyahou a essayé de convaincre le Président Obama de partir en guerre contre l’Iran, il n’a pas réussi. Donc il choisit de faire la guerre contre l’ennemi le plus faible, le moins équipé sur le plan militaire, qui est la population civile de Gaza. Vous n’allez pas me dire que le Hamas, avec les quelques obus qu’ils fabriquent dans les petits ateliers locaux, va tenir tête à une armée nucléaire et aussi puissante que l’armée israélienne. Et ça va être un nouveau massacre.

– Alors, justement, le gouvernement israélien dit défendre sa population. Les Occidentaux pointent, eux aussi, la responsabilité du Hamas dans cette affaire, dans le déclenchement de ce conflit. Quelle est la position de l’Autorité palestinienne sur cette question justement ?

– Ecoutez, nous, nous avons décidé, il y a 19 ans, d’arrêter toute la lutte militaire pour décider de négocier la solution de deux Etats. Mais soyons honnêtes, nous avons échoué. La solution préconisée par le Président Mahmoud Abbas, par le Premier ministre, par Yasser Arafat avant son décès, ça fait 20 ans que nous négocions soi-disant une solution de l’occupation militaire de nos territoires depuis 45 ans. Et qu’est-ce que nous avons fait ? Nous n’avons même pas réussi à faire retirer l’armée israélienne ni de Gaza ni de Cisjordanie, ni de Jérusalem-Est. Donc regardons la réalité en face : la communauté internationale est responsable aussi de notre propre échec, parce qu’il est évident que nous avons un déséquilibre de forces total en faveur d’Israël.

– Et le Hamas, lui, il est responsable ? Le Hamas en lui-même ?

– Oui, mais le Hamas, qui n’est pas le parti que je représente, mais le Hamas représente une population. D’ailleurs, je vais vous dire : ce n’est pas le Hamas qui tire, ce n’est pas vrai que c’est le Hamas. C’est le Jihad islamique et les autres organisations. Le Hamas, ça fait 5 ans, pour des raisons tout à fait évidentes d’opportunisme, a fait respecter un cessez-le-feu intégral, il n’y a plus eu de tirs. Le Hamas a vraiment imposé un cessez-le-feu. Les tirs, ils ont sûrement un peu à voir avec la situation régionale. Mais ils sont possibles parce que la population est excédée que rien n’ait changé dans sa vie.

La tragédie de la Palestine, c’est que la communauté internationale est de mauvaise foi, d’un côté, y compris d’ailleurs l’Union européenne et les Américains, ou incapable de se mettre d’accord sur une vraie politique. Israël est traité comme l’Etat le plus démocratique, le plus gentil, il a les meilleures relations. L’Union européenne vient de lui accorder tous les privilèges au niveau des accords d’association. Et la population palestinienne a le droit aussi de se défendre comme elle pense qu’elle peut le faire. Nous, autorité, nous pensons qu’on peut le faire sur le plan politique, mais on n’a pas vraiment acquis beaucoup de crédibilité, à vous dire vrai, depuis 20 ans, puisque nous avons échoué. Les organisations comme le Hamas et le Jihad islamique, eux, préconisent qu’il faut revenir à une lutte armée.

– Ce point de vue du Hamas, ça vous inquiète ?

– Ça ne me surprend pas mais ça m’inquiète. Je vais vous dire pourquoi ça m’inquiète : ça m’inquiète parce que la disproportion du rapport de force est telle que c’est encore une fois la population civile de Gaza qui va payer le prix. Qui est mort il y a 4 ans ? 1400 femmes, enfants, et vieillards qui ont été bombardés. Qui est en train de mourir depuis maintenant 3 jours ? Ce sont 30 civils palestiniens, ce ne sont pas les combattants qui meurent. Lorsque Israël tire avec des avions F16, ce n’est pas le Hamas ni le Jihad islamique qu’on punit, c’est la population de Gaza qui ne peut même pas fuir parce que toutes les frontières de Gaza sont fermées par Israël.

– On a assisté, avant-hier, à des scènes assez rares en Cisjordanie. On avait certaines personnes qui brandissaient sur le territoire de la Cisjordanie des drapeaux en signe de ralliement au Hamas.

– Mais c’est normal parce que je vous dis que moi, je suis l’ambassadeur de Palestine, et je vous dis que, malheureusement, la stratégie de ma direction, la mienne, celle que je défends maintenant depuis 45 ans, elle a échoué. Dites-moi à quoi ont servi les négociations pendant 20 ans ? Nous avons commencé à négocier à Madrid en 1990. On a continué en 1993, on a arrêté la lutte armée, on a voulu montrer qu’on était respectueux du droit international, et Israël nous a donné une claque.

Nous avons des résolutions qui obligent Israël depuis maintenant 45 ans, c’est-à-dire la résolution 242, à quitter les territoires occupés parce que l’occupation de territoires par la force armée est illégale. Qui a fait appliquer ça dans les territoires palestiniens ? Personne. Donc ne donnez pas de leçon de morale à une population qui est excédée. Et nous devons, nous, faire une autocritique de dire que, malheureusement, nous n’avons pas réussi à mettre fin à l’occupation par des moyens non-violents, donc nous allons voir encore plus que Monsieur Netanyahou utilise cela pour son agenda électoral. Il va se mettre comme candidat, lui et Monsieur Lieberman, dans un mois comme le héros, je dirais, de l’unité nationale israélienne contre soi-disant les ennemis. Et il revient vers la guerre des civilisations et il reprend le discours de Monsieur Bush d’ » axe du bien contre le mal « , et bien sûr il diabolise le Hamas et tout ce qui est islamique pour se faire lui le chantre de la liberté.

– Et d’après vous, quel rôle peut jouer l’Egypte ?

– Tout front militaire, à côté de la frontière de l’Egypte et de Gaza, va déstabiliser aussi le président Morsi. C’est pour ça qu’il a été très vite mobilisé et, bien sûr, il a une relation, en tant que parti politique, avec le Hamas. Mais je vous dis, le Hamas a pratiquement respecté intégralement le cessez-le-feu pendant 5 ans. Pourquoi aujourd’hui ça reprend ? Je pense que c’est aussi le contexte national israélien et les élections. Et Morsi va voir, et il a déjà appelé deux fois le président Obama pour essayer aussi de dire aux puissances internationales qu’il faut qu’elles l’aident à calmer les visées de Monsieur Netanyahou qui ne mettent pas seulement en danger les Palestiniens, mais aussi toute la région.

Propos recueillis par Pierre-Yves Meugens

Ecoutez ici l’entretien avec Leïla Shahid

Source : rtbf0info

http://www.rtbf.be/info/monde/detail_violences-a-gaza-entretien-exclusif-avec-leila-shahid?id=7876355

 

Al Forqane II : Les brigades Al-Qassam et Al-Qods déjouent tous les complots

La résistance palestinienne qui a réalisé l’exploit de mettre en échec l’« Opération plomb durci » a montré la supériorité du faible lorsqu’il est déterminé à se défendre contre l’arrogant. Dans la bataille militaire la symbolique Al Forqane « le critère » a triomphé de « Hanouka » le nom de code de l’agression de décembre 2009.

Trois après, nous sommes entrés dans la phase de Forqane II avec un nouvel embrasement du front. Cette fois-ci, les enjeux symboliques qui s’affrontent sont les mêmes « le critère de vérité » comme « le mythe de Hanouka ». Mais, aujourd’hui si les enjeux sont les mêmes avec plus d’acuité et de perversion, d’autres mythes vont tomber.

En 2009, le mythe de l’invincibilité de l’armée sioniste a été pour la seconde fois mis à terre par les David arabes du Liban et de Palestine.

En 2009, Moubarak et les rois arabes se sont rangés du côté de Goliath.

Allah a voulu que la Palestine soit la respiration historique du monde, le pouls cardiaque du monde arabo-musulman. Elle est le berceau des Prophètes. Tout ce qui arrive de profond en Palestine se répercute nécessairement sur le monde et vice versa. Voir à ce sujet mon livre « les révolutions arabes et la Palestine » réalisé à la suite de la conférence que j’ai donnée au Comité Action Palestine de Bordeaux. Moubarak a été emporté comme un débris en quelques semaines pour sa complicité dans les crimes odieux et impardonnables commis contre la population de Gaza.

Les « révolutions arabes » nées à la suite de la résistance héroïque Al Forqane ont été confisquées par les appareils du mouvement islamiste au profit de l’Amérique qui ont fait de ce « moment mystique de l’histoire » une trahison pour donner caution morale et religieuse à l’OTAN d’intervenir masquée ou dévoilée en Libye et en Syrie laissant l’impression que l’heure du triomphe est arrivée pour les Bédouins Arabes et le « néo Ottoman » Erdogan qui se voyaient conduire le monde musulman et arabe au consumérisme capitaliste, à la liquidation de la cause palestinienne, et au Sykes Picot bis. C’était sans compter sur la résistance palestinienne et ses traditions de lutte.

Tout le monde voyait la fin de la Syrie, la liquidation de la cause palestinienne, le démembrement du monde arabe, la guerre contre l’Iran et l’invasion de l’Algérie sous la bénédiction des Frères Musulmans qui se croyaient les nouveaux maitres des lieux.

Le déplacement de l’émir du Qatar, PDG de la plus grande base américano pétrolière  dans le monde, à Gaza devait sceller la fin de la résistance que le HAMAS sous l’impulsion des Frères égyptiens avait commencé à liquider en se montrant traitre envers la Syrie, en s’ouvrant au Qatar et en proposant une trêve unilatérale sans contrepartie.  L’Empire, aux abois, tenu en échec en Syrie avait besoin de plus de temps et le front en Palestine devait être mis sous anesthésie. Le Qatar et les Frères Musulmans égyptiens croyaient corrompre la résistance palestinienne avec les milliards de dollars et la Dawla islamiya oubliant que les Gazaouis ont oublié la faim et le désir de manger après un long blocus, et la signification de « l’Islam est la solution » après plus d’un an de gouvernance islamique aussi infantile qu’incompétente.

Au moment où les uns désespéraient de voir la fin qu’ils attendaient alors que les autres attendaient avec impatience la levée des obstacles qui les empêchaient d’avancer vers une étape nouvelle, les brigades AlQassam et AlQods déjouent tous les complots et faussent tous les calculs : Al Forqane est de nouveau en vigueur.

Al Forqane, le critère de vérité, la discrimination entre le faux et le vrai, entre le juste et l’injuste va s’imposer à tous. Il y a un Dieu au-dessus de toutes les créatures qui met à néant tous les stratagèmes.  Soumis au Décret divin, l’Empire et le sionisme sont faillibles et se comportent contre leurs propres intérêts par précipitation et par  arrogance. Soumis au Décret divin les Arabes traitres à leur cause sont mis devant leur responsabilité. La question syrienne ne peut plus occulter leur nature perfide. Les Frères Musulmans sont dévoilés devant le monde musulman et sont contraints de prendre une position douloureuse avec des conséquences qu’ils n’ont pas prévues comme ils n’avaient pas prévues de révolution ni de prendre les clés des tyrans et agir comme eux.

Les Frères Musulmans, plus tôt que prévu, sont tenus de choisir leur camp : la cause palestinienne et la résistance avec comme conséquence l’anéantissement des faux espoirs avec les monarchies, les pseudo révolutions et le flirt avec l’Empire et son dauphin. Sinon ils seront exposés à la rue arabe, à leurs opposants arabes nationalistes et laïcs. Plus personne ne peut jouer son avenir politique sur le dos des Palestiniens et de la Palestine sans se faire brûler les ailes et la cervelle.

Dans «  Le dilemme arabe et les dix Commandements US » j’ai montré l’impasse de la confiscation de la « révolution » et l’empressement insensé d’applaudir à la mort de Kadhafi ou à l’appel à la mort de Bachar Al Assad. J’avais considéré que ces comportements sont absurdes et dénotent l’affrontement dans le monde musulman, indépendamment du qualificatif islamiste ou non islamiste, de deux écoles de pensée : l’école du pragmatique et du réalisme cynique qui est prête à composer et à détruire l’axe de la résistance pour des considérations partisanes, et l’école des principes qui refuse de composer car sa culture n’est pas une culture d’appareil, mais une philosophie de résistance, de dignité pour les peuples arabes et musulmans.

Il est vrai que les opportunistes et les cyniques ont pris le train en marche, mais ce train est en train de dérailler car c’est un train qui va à contre-courant de l’histoire. L’histoire annonce la naissance d’un Nouveau Monde multipolaire et la fin de l’hégémonie impériale et sioniste. Une partie des Frères Musulmans ne savent pas lire l’histoire, la grammaire des civilisations et les germes du futur qui sont en train de pousser sous nos yeux.

 

Ce que l’Empire, le sionisme, l’Occident agonisant et les Français en particulier ne savent pas ou ne veulent pas voir c’est que dans l’Islam il y a et il y aura toujours une faction qui restera sur la voie de la vérité, cette faction sera invincible jusqu’à la fin des temps. Elle consentira des sacrifices et donnera des martyrs sans s’impliquer dans les fausses querelles et les faux combats.

Cette faction est diluée dans le monde musulman, mais elle est présente au sein des Frères Musulmans, des Salafistes, des nationalistes et même au sein de certains laïcs ou marxistes arabes qui ne connaissent pas l’Islam, mais qui en portent le potentiel : le désir de changer, le désir de se libérer, le désir de résister, le désir de construire un autre monde où règne la liberté, la justice, la justice sociale…

La Palestine est le signe annonciateur…

Al Forqane II annonce la fin des anciens et des nouveaux mythes. La fin de l’invincibilité des puissants. La fin des rêves des Bédouins arabes et du Khalife ottoman, la fin de l’insenséisme de ceux qui se réclament de la Sunna. C’est le début du cauchemar pour la frange aristocratique et élitiste des Frères Musulmans et des « Thouars » de l’OTAN. Al Jaabari rejoint ses frères de combat  après avoir accompli son devoir sans changer de principes.

Allah a voulu que chacun soit l’épreuve de l’autre :

{Si Allah voulait, Il les réduirait à l’impuissance, mais Il veut vous  éprouver les uns par les autres.} Mohammed 4

L’épreuve est l’instrument du Forqane qui sépare le grain de l’ivraie. L’épreuve va unifier de nouveau le HAMAS qui a intérêt pour sa crédibilité, son efficacité à s’inscrire dans un cadre non partisan. Comme pour l’ensemble de la confrérie, l’issue de l’affrontement violent et sanglant pour la nouvelle invasion de Gaza va déterminer quelle est l’école de pensée qui va conduire le monde musulman dans ses rapports aux autres.

L’épreuve est une conscientisation qui met la lumière sur les rentiers qui ont fait de l’Islam une rente religieuse, politique et sociale permettant à l’Empire et au sionisme de l’instrumentaliser en la mettant au service de l’effusion du sang des musulmans, effusion sacrilège. Jamais Allah ne donnera primat religieux ou idéologique  à ceux qui ont transgressé la vie humaine qu’il a rendu sacrée. Nous les voyons se déjuger, se discréditer en tentant de minimiser la résistance héroïque des Palestiniens. Nous les voyons chercher à réconcilier la résistance avec le projet de pax américaine au Moyen-Orient.

Nous espérons ne pas voir d’autres trahisons, d’autres compromissions. Chaque musulman est comptable de chaque goutte de sang qui tombe  sur cette terre. Elle lui donnera de la gloire et de la dignité ou de l’humiliation et des malheurs selon qu’elle soit versée pour la justice et la vérité ou non.

De la trahison ou de la fidélité des uns et des autres Gaza sera non seulement le cimetière des combattants des uns ou des autres, mais la lueur d’espoir ou de malédiction pour les uns et les autres.

Celui à qui Allah accorde  la victoire, nul ne peut le vaincre.

Celui qui a choisi Hijarat Sijjil comme symbole de résistance voit la victoire devant ses yeux, même si l’ennemi et le défaitiste la voit impossible ou lointaine :

{ أَلَمْ تَرَ كَيْفَ فَعَلَ رَبُّكَ بِأَصْحَابِ ٱلْفِيلِ } * { أَلَمْ يَجْعَلْ كَيْدَهُمْ فِي تَضْلِيلٍ } * { وَأَرْسَلَ عَلَيْهِمْ طَيْراً أَبَابِيلَ } * { تَرْمِيهِم بِحِجَارَةٍ مِّن سِجِّيلٍ } * { فَجَعَلَهُمْ كَعَصْفٍ مَّأْكُولٍ }

{N’as-tu donc pas vu comment ton Dieu A fait des gens de l’éléphant ?

N’a-t-Il pas détourné leur ruse en fourvoiement ?

Et Il envoya contre eux des volatiles par volées,

leur lancer des pierres de marne entassées.

Il les a rendu  comme de la paille rongée.}

Al Fil

La pierre peut faire tomber le F16, le résistant isolé peut faire déjouer tous les complots et ainsi dire aux hommes que jamais la question palestinienne ne sortira de l’équation humaine : elle restera le critère, l’indice, l’annonce, la mesure de l’état du monde. La bataille de la Palestine sera la bataille des volatiles de feu contre les mastotondes de l’occupation si les spoliés en Palestine et ceux qui leur apportent soutien moral et matériel se hissent au niveau requis, sur le plan général à  faire du combat pour la libération de la Palestine un combat pour la liberté et la dignité des peuples, sur le plan islamique  un combat entre le Haqq et le Bàtel, un chemin sur la quête du salut dans la vie future. Allah ne donnera aux croyants  la géographie, le territoire, la dignité, la prospérité, le pouvoir que si et seulement si ils font de la quête de la rencontre de Dieu leur principale préoccupation :

{Certes, la terre sera héritée par Mes Dévoués vertueux.} Al Anbiya 105

{ Et Nous voulons faire don à ceux qui furent opprimés de par la terre, en faire des modèles, faire d’eux les héritiers,   leur donner pouvoir de par la Terre, et montrer à Pharaon, à Hàmàne, et à leurs soldats ce qu’ils appréhendaient de leur part.} Al Qassas 5

Il n’y a pas de place à l’esprit partisan et sectaire pour ceux qui veulent fonder une civilisation à visage monothéiste qui enfante des libérateurs et des civilisateurs car elle ne peut être enfantée que par des libérés et des civilisés en rupture avec tout ce qui est contraire à la vertu, au dévouement, à l’adoration d’Allah et à la fédération des forces, toutes les forces qui refusent l’exclusion et le monopole.

Chaque bataille et chaque épreuve viennent comme des gifles frapper les Arabes et les Musulmans somnolents : il est temps de se réveiller et de mettre fin à l’esprit sectaire et partisan; il est urgent de s’unifier et d’avoir une seule et même boussole pour ne pas rester encore comme des débris de détritus humains emportés comme des proies faciles vers les gueules des prédateurs insatiables.

Document  » secret » des dernières minutes de Ben Ali

Les révolutions arabes : épilogue

J’ai couvert sans relâche les « révolutions » tunisiennes, égyptiennes et libyennes prenant position pour la foule puis devenant soupçonneux et enfin anti révolution. J’ai affirmé et je continue d’affirmer que ces « révolutions » sont des formes d’octobre 88 nées de l’injustice et de l’oppression sur lesquelles viennent se greffer des agendas étrangers et des scénarios internes. J’avais soupçonné le ministre de la défense d’être l’instigateur d’un coup d’état blanc sous couvert du mouvement insurrectionnel qui se reproduit dans le monde arabe d’une manière cyclique et se termine dans le sang et dans le chaos faute de vision idéologique et d’encadrement politique.

J’ai maintenu et je continue à maintenir la récupération de l’Occident de  l’impact des cyber dissidents. Il est vrai qu’il existe sur le Net  de la dissidence comme il en existait avant dans les universités et entreprises. Personne n’ignore que tout mouvement dissident coure le risque d’être infiltré par les agents de l’extérieur et par les agents de l’intérieur. Infiltré peu ou prou, ce mouvement n’a aucune chance d’atteindre ses objectifs si la réalité tangible ne lui donne pas occasion de s’exprimer, d’avoir du crédit et s’instaurer comme guide ou inspirateur. Ce serait du mépris aux peuples arabes que de continuer à voir les foules en insurrection, souvent déconnectées de l’internet par l’exclusion sociale et culturelle, obeir à un instigateur inconnu. Ennahda n’a pas participé à l’instigation de cette insurrection, mais emlle en a récolté les profit car il y a une cooptation pour en faire un laboratoire d’essai américain et surtout elle disposait d’un maillage dans le tissus social et territorial très dense par sa seule revendication islamique qui répond à un peuple assoiffé d’islam, de justice sociale et de liberté.

L’occident a trop vite réagi en mettant en scène ces cyber dissidents et ces cyber agents subversifs pour trois  raisons majeurs. La première est de rester le modèle dominant à qui les peuples doivent le changement. La seconde est de faire peur aux autres régimes arabes. La troisième est de faire subversion en focalisant les regards, les menaces ou les espoirs sur ces jeunes cyber révolutionnaires le temps de gérer, dans la confusion, l’après Ben Ali et l’après Moubarak. La meilleure preuve est l’oubli de ces jeunes à qui on a fait miroiter des postes de ministres, de président, de chef d’entreprises et qui comme Marie et le pot au lait se sont réveillés sans vache, ni poules ni lait.

L’Occident et les arabes endormis ont occulté le véritable travail de sape psychologique et de diversion médiatique : Al Jazeera qui donnait non plus de de l’information journalistiques , mais des consignes d’actions subversives et les objectifs attendus.

J’ai maintenu et je continue à maintenir que les États-Unis ne sont pas les auteurs de ces coups d’états, mais qu’ils ont suffisamment d’intelligence pragmatique et de capacité d’anticipation pour occuper le terrain et placer leurs pions à la place qu’il faut au moment qu’il faut. Devant le scénario qu’il n’ont pas vu venir ils ont révéillé leurs taupes et pris les choses en main. Tout le cafouillage était la gestion des contradictions et des imprévus. L’occasion rêvée et attendue de trouver des remplaçants aux dictateurs en place, de mettre sur la sellette les confréries islamiques  pour réaliser la stratégie de Brezinski et de Bernard Lewis. Cette stratégie est en œuvre : occuper les musulmans dans une guerre sectaire et fratricide ou le gagnant serait le perdant et par cette guerre réaliser le projet du nouveau monde musulman démantelé et restructuré. La suite tout le monde la connait : l’effet domino et la confiscation des « révolutions » nommées printemps.

Le déclic final a eu lieu à Deauville G-8 où Christine Lagarde  officialise  « le printemps arabe » qu’elle compare  à la chute du mur de Berlin. Le Vatican, la CIA, les élites occidentalisées,  la guerre d’Afghanistan, et les mouvements sociaux  ont accéléré l’effondrement de l’URSS. Il faut relire l’histoire du monde arabe ces deux dernières décennies pour voir le même scénario. Cette fois-ci il vise l’effondrement de l’éveil islamique.

J’ai perdu le livre , à la suite d’un acte de piratage, qui décrit le lien entre ce qui s’est passé dans le bloc de Varsovie et ce qui se passe dans le monde arabe. Par contre j’ai toujours le livre « le dilemme arabe et les 10 commandements US » où j’ai prédit que le mouvement populaire confisqué va donner lieu à un mouvement de masse plus profond qui va dans quelques années liquider le passif de l’esprit confrérique et partisan des Frères Musulmans qui est un frein à la renaissance du monde musulman.

Par probité religieuse et intellectuelle j’ai refusé de considérer les Frères Musulmans de Traitres comme le prétendent les laïcs. Leur esprit partisan, leur disciple confrérique, leur absence de culture politique, leur surprise devant les émeutes, leur esprit de revanche, leur organisation en appareil, et enfin leur prétention à utiliser les Américains selon l’adage arabe « embrasse le chien sur sa gueule si cela doit te faciliter la tâche » les ont conduits à composer puis à se compromettre et enfin à se trouver embarqués dans un jeu dont ils ne peuvent ni se retirer ni changer les règles : le serpent se mord la queue. Le pragmatisme politique et l’empressement ne sont pas les qualités que le Coran attribue aux Prophètes (saws).

Le pragmatisme se trouve confronté à la réalité et n’a plus de choix qu’à se déjuger et perdre tout crédit d’autant plus que le slogan « l’islam est la solution » ne semble pas bien fonctionner, car les problèmes appelant les solutions ne sont pas connus dans leur genèse et leur interaction. Sinon il fuit en avant vers la Syrie en appelant de nouveau l’OTAN à assassiner un président en exercice contre toutes les lois religieuses et contre le droit international.  La fuite en avant est celle du poisson qui a mordu à l’appât alors qu’il s’imaginait être un fin pêcheur en eaux troubles. Les Américains ont bien ferré et ils ne lâcheront pas prise. Le dénouement n’est pas pour demain et il sera brutal. J’espère me tromper.

Je parviens à garder la tête hors de l’eau, non pas que je sois plus intelligent, plus instruit ou plus malin, mais tout simplement, car je suis indépendant loin de tout esprit partisan d’une part et d’autre part les puissants de ce monde sont tellement arrogants qu’ils ne cachent plus leur jeu à moins que pour eux ce soit aussi la fin, car ils ont perdu leur compétence d’organiser et de distribuer les rôles. Sans aucun doute, nos petits enfants verront la fin de partie pour les arrogants et pour les médiocres.

Si je ne me fais pas d’illusion sur l’Empire et le sionisme, j’attends toujours des Frères Musulmans qu’ils nous donnent, puisqu’ils appellent à l’effusion de sang en notre nom, au nom de notre religion et au Nom de notre Dieu,  les arguments incontestables du Coran et de la Sunna.

Il y a d’autres voies pour combattre la Tyrannie et les despotes. Il ne peut y avoir de sortie honorable lorsque la révolution sanguinaire est conduite par les Frères Musulmans, Al Qaeda et un athée d’origine chrétienne. Elle ne peut conduire à la paix comme elle n’a pas conduit les Afghans à la Paix lorsque l’Arabie saoudite et le Qatar en sont les commanditaires ou du moins les financiers et les soutiens logistiques.

 

 Cheikh Facebook

Sur le net les nouvelles vont vite. Ces nouvelles vont du mensonge à la vérité en passant par la rumeur, l’intox et les sondages. Voici ce que dit Cheikh Facebook  sur un  document « secret » publié le 25 octobre et partagé il y a quelques minutes par la page « Tunisie capitale du monde » , qui compte plus de 39 mille fans ,sous le titre « Exclusif: l’échange téléphonique qui a scellé le destin de la Tunisie ». Le document parle de la dernière conversation téléphonique de l’ex-président Ben Ali alors qu’il était dans l’avion vers l’Arabie Saoudite . A lire avec beaucoup de  réserves et à attendre les suites politiques et sécuritaires en Tunisie qu’il annonce.

 

Jeudi 25 Octobre 2012

Une source policière nous a fait parvenir ce document explosif, avec la bande sonore qui confirme son authenticité. Nous vous livrons en exclusivité la transcription des communications téléphoniques qui ont eu lieu, dans la nuit du 14 au 15 janvier 2011, entre Ben Ali (B.A), son Premier ministre Mohamed Ghannouchi (M.G), son ministre de la Défense Ridha Grira (G.R), Mahmoud Cheikhrouhou (M.C), le commandant de bord de l’avion qui transportait le couple présidentiel en Arabie Saoudite, et Hédi Baccouche (H.B), ancien Premier ministre de Ben Ali. Après la transcription, notre analyse des faits.

 

 « Exclusif: l’échange téléphonique qui a scellé le destin de la Tunisie » :

 

A 3h02 du matin, Ben Ali appelle l’ex-Premier Ministre Tunisien Mohamed Ghannouchi (M.G) :
B.A : « Mohamed ! Je vous ai demandé de repasser à la télé ! Dites au peuple tunisien que vous comptez donner quelques précisions au sujet de votre discours ! Dites aux gens que je rentre demain et que tout rentrera dans l’ordre ! Dites leur que je sais à présent qui a manigancé pour qu’on en arrive là !
M.G : « Monsieur le Président ! Vous êtes toujours Président de la Tunisie ! Cependant je ne pense pas que votre retour sera apprécié par le peuple tunisien ! Il faut que vous passiez encore quelques temps en Arabie Saoudite le temps que ça se calme !

B.A : « Il n’en est pas question ! Je vous ai dit que je rentre demain à la première heure ! Faites ce que je vous dis ! C’est moi le Président ! C’est moi le Président ! Où êtes-vous en ce moment Si Mohamed ?
M.G : « On est tous réunit au Ministère de l’intérieur Monsieur le Président »
B.A : « Si Ridha est-il à vos côtés? »
M.G : « Oui Monsieur le Président »
B.A : « Passez le moi ! »
R.G : « Monsieur le Président ! »
B.A : « Si Ridha ! Dites moi ce qui se passe. Mohamed m’a dit que la situation est très grave ! »
R.G : « Affirmatif Monsieur le Président ! Le pays et à feu et à sang. Des milices tirent sur des innocents. On ne sait pas d’où ils sortent ! Monsieur le Président je sens qu’il y a un complot dangereux qui se trame sur nos sols »
B.A : « Avez-vous pris contact avec Ali Sériati (Directeur de la Garde présidentielle) ? »
R.G : « Monsieur le Président ! J’ai ordonné l’arrestation d’Ali Sériati ! »
B.A : « Pourquoi avez-vous fait ça ? Qu’est ce qu’il a encore fait ?
R.G : « Je ne sais pas encore Monsieur le Président mais les R.M (Renseignements Militaires) sont en possession d’informations très délicates »
B.A : « Quels types d’informations Si Ridha ? »
R.G : « Je ne peux vous dire ça au téléphone Monsieur le Président !»
B.A : « Dites moi Ridha ! Dites moi tout de suite ce vous avez trouvé sur Ali »
RG : « Je ne peux pas Monsieur le Président ! Je n’ai plus confiance en personne. On est tous sur écoute ici ! Vous le savez ça ! »
B.A : « Vous voulez dire quoi ? »
R.G : « Vous m’avez bien compris Monsieur le Président ! »
B.A : « Bon Ridha dites à Mohamed que je rentre demain et que je vais remettre les pendules à l’heure. »
R.G : « Monsieur le Président ! Vous ne pouvez plus rentrer. Le pays risque de brûler. Les gens pensent que vous avez fui le pays. Vous ne pouvez plus faire marche arrière. Attendez encore deux ou trois jours et on vous dira ce qu’il en sera Monsieur le Président !
B.A : « Pas question ! Je rentre! Je rentre ! Je rentre ! »
R.G : « Monsieur le Président ! Si vous rentrez, je serai dans l’obligation d’assurer votre sécurité ! L’armée sera probablement contrainte de tirer sur les gens et je ne veux pas en arriver là ! Je n’ai pas envie de tuer des innocents !
B.A : « On n’en arrivera pas là ! Je vous le promets Ridha »

A ce moment, Ben Ali raccroche le téléphone. Ou la communication se coupe.

A 5h18 du matin, le commandant Mahmoud Cheikhrouhou (M.C) appelle le Premier Ministre Tunisien :
M.C : « Monsieur le Premier Ministre ! Je fais quoi ! Je suis toujours à l’aéroport ! Le Président m’a donné l’ordre de ne pas bouger. Et ici, personne n’est au courant de quoi que ce soit. J’étais avec Si Nabil (Nabil Chéttaoui est l’ancien PDG de la compagnie aérienne Tunisair) au téléphone et c’est lui qui m’a conseillé de vous contacter. »

M.G : « je ne sais pas ! Je ne peux rien vous dire pour le moment ! Attendez ! Je vous passe Si Ridha le Ministre de la Défense. C ’est l’armée et à sa tête Si Ridha qui contrôlent le pays maintenant. Je vous le passe ! »
R.G : « Si Moncef, qu’est ce qui se passe ? Qu’est ce qu’il y a ?
C : « Monsieur le Ministre ! Dites moi ce que je dois faire ! Ça fait à peu près 5 heures que j’attends et on ne m’a toujours pas donné de consignes et ici, personne ne veut ravitailler l’avion! »

A ce moment, le Ministre de la Défense s’adressa aux présents et leurs dits en ayant toujours le commandant au téléphone :

R.G : « Messieurs ! Je vais donner l’ordre au commandant de rentrer sans le Président et j’en assume l’entière responsabilité »
A ce moment là, une longue discussion a eu lieu avant que le Ministre de la Défense ne reprenne la conversation :
RG : « Mahmoud, préparez vous à repartir. Je vais vous donner plus de détails d’ici 10 mn. Faites le plein. Vous allez rentrer directement à Tunis. Et surtout n’en parlez à personne même pas au Président en personne ! Vous m’avez bien compris Si Mahmoud ?
M.C : « Oui Monsieur le Ministre ! »
RG : « Donnez-moi un numéro où je pourrai vous joindre ! »
M.C : « Tout de suite Monsieur le Ministre. Avez-vous de quoi noter Monsieur le Ministre ? »
R.G : « Oui, allez-y ! »
M.C : « C’est le xxxxxxx », rappelez-moi SVP ».
R.G : « Bien entendu ! Laissez le téléphone à vos côtés ! Je vous rappelle de suite pour vous donner les consignes. »

Près de dix minutes plus tard, Ridha Grira rappelle le commandant et lui dit :

R.G : « Si Mahmoud ! Écoutez mois attentivement ! Vous allez rentrer tout de suite. Vous allez rentrer sans le Président. C’est une décision qui a été prise au plus haut niveau de l’Etat et j’en assume l’entière responsabilité. Je vous laisse préparer l’avion ! Je reviens vers vous dans 15 mn. »
A ce moment le Ministre de la Défense raccroche le téléphone et appelle Hédi Baccouche (ancien Ministre du temps de Bourguiba et de Ben Ali , l’un des trois cerveaux de l’opération du 7 Novembre 87)
R.G : « Si Hédi ! C’est Ridha Grira au téléphone »
H.B : « Monsieur le Ministre ! J’ai appris ce qui s’est passé ! Seriez-vous derrière le départ du Président ? »
R.G : « Je vous expliquerais cela plus en détail plus tard Si Hédi ! Si Hédi Je viens de prendre une décision d’une extrême importance suite à une réunion avec Si Mohamed, Si Foued (Foued Mebazaa, ancien Président du parlement), Si Abdallah Kallel (ancien Ministre et Président de la Chambre des Sénateurs du temps de Ben Ali ), le Général Ammar (Rachid Ammar, chef d’état major), les membres du CSA (Conseil Suprême des Armées), Si Ahmed (Ahmed Friaa ancien Ministre de l’Intérieur) et Si Kamel (Kamel Morjane était encore le Ministre des Affaires étrangères) : Si Hédi ! J’ai décidé que Ben Ali ne vas plus rentrer en Tunisie !
H.B : « Etes-vous sûr de vous Si Ridha ? Avez-vous reçu des instructions d’une ambassade bien particulière ?
R.G : « Non Si Hédi ! C’est une décision personnelle ! S’il rentre, on sera obligé de le défendre et des milliers de vies tomberont !
H.B : « Faites le nécessaire Monsieur le Ministre »
R.G : « J’aurais besoin de vous Si Hédi ! J’ai proposé à Si Foued (Mebazaa) de passer à l’article 15 demain matin. Mais il ne veut pas entendre parler de ça. Il dit qu’il est malade. Mais on doit appliquer le texte de loi. Il faut qu’il occupe le poste de Président afin de fermer définitivement la porte devant un retour éventuel du Président Ben Ali. Essayez de le convaincre. Ici, il ne veut plus écouter personne. Appelez Si Hamed (Hamed Karoui est un ancien Premier ministre de Ben Ali ) ; lui, il saura lui parler ».

Analyse de ces échanges téléphoniques par Cheikh Facebook

 

Ce document parfaitement authentifié est d’une importance capitale. Nous savions déjà que Ben Ali ne s’est jamais enfui, qu’il y a été persuadé et contraint par le général Ali Seriati. Nous savons maintenant que Ben Ali voulait absolument revenir au pays. L’on comprend ici que c’est Ridha Grira qui a pris la décision d’empêcher Ben Ali de revenir. Mais a-t-il pris tout seul cette décision qui a fait basculer le destin de la Tunisie ? Nous pensons et nous affirmons que cette décision lui a été dictée par le général Rachid Ammar, même s’il en était le ministre. Mais Rachid Ammar lui-même, a-t-il agi tout seul ou sous instruction ? Nous soutenons et affirmons qu’il n’a fait qu’exécuter le « souhait » du Pentagone, pour ne pas dire l’ordre de Washington.

Si Rida Grira est le « sauveur » du pays, pourquoi donc a-t-il été arrêté, sous le Premier ministère de Béji Caïd Essebsi, en septembre 2011 ? Parce que, dès mars 2011, il n’a pas observé l’omerta. Sans doute par honnêteté intellectuelle et naïveté politique, il a commencé à parler aux médias des événements de janvier 2011, puisqu’il en était au cœur. Il a d’abord démenti la légende selon laquelle Rachid Ammar n’a jamais dit Non à Ben Ali pour réprimer la foule. Selon son propre aveu, c’est le cyber-collabos Yacine Ayari qui a lancé cette désinformation à partir de sa chambre de bonne à Bruxelles. Le démenti de Ridha Grira n’a évidemment pas plu au général Ammar, qui a fini par croire à ce mensonge qui a fait sa popularité auprès des Tunisiens. Grira a par la suite, toujours par médias interposés, accablé le général Ali Seriati dont il aurait donné l’ordre d’arrestation.

Notre thèse est par conséquent la suivante. Dès le 10 janvier 2011, sentant la crise s’aggraver et le pouvoir chanceler, plusieurs protagonistes se sont mis à rêver qu’ils pouvaient succéder à Ben Ali. Ces protagonistes sont principalement le général Ali Seriati et le général Rachid Ammar. Le premier a persuadé Ben Ali de quitter le pays, prétextant qu’il ne pourrait plus assumer sa sécurité. Il espérait ainsi créer un vide dont il aurait profité pour prendre le pouvoir. Le second a donné l’ordre d’empêcher Ben Ali de revenir, pour les mêmes raisons que Seriati. Il y avait donc deux coups-d’Etat en marche. Celui du général Ali Seriati et celui du général Ammar. Le premier de type endogène, et le second de type exogène (américain). Vous connaissez la suite : Ali Seriati a été arrêté le 14 janvier 2011, sous l’ordre de Rachid Ammar, avec l’appui des Etats-Unis, et non pas de Ridha Grira comme il le dit dans ce document.

Ce qui s’est passé le 14 janvier 2011 n’est donc pas une révolution, mais un coup d’Etat militaire, qui n’était pas planifié par les Américains, mais improvisé par les stratèges de la Maison Blanche qui suivaient de très près les événements dès leur déclenchement à Sidi Bouzid. Comment ce fait divers, l’immolation par le feu de Mohamed Bouazizi, a-t-il pu prendre une telle ampleur nationale, régionale et même internationale ?

Il s’agit là d’une autre question, géopolitique cette fois-ci, qui implique en l’occurrence une véritable planification américaine qui a commencé dès 2003. Une planification dont les acteurs et les exécutants ne sont plus l’armée nationale ou la Garde républicaine, mais l’armée des cybers-collabos, formatés par les ONG-écran des services de renseignement américain, et qui ont fait la « révolution 2.0 » ! Nous y reviendrons avec détails, documents, preuves et noms à l’appui.

La verve partisane et sectaire de Qaradhawi

 Verve partisane et esprit sectaire

Al Qaradhawi emporté par sa verve partisane et sa position sectaire continue de perdre toute retenue et toute réserve que lui imposent son rang de président de l’Association Internationale des Savants Musulmans et son titre de Savantissime (‘alama) de l’Islam. Au moment où Qatar, anglo-saxon de culture, adhère à la francophonie, Qaradhawi  demande, sur son site, aux pèlerins du Hadj 2012 de manifester à la Mecque contre les Iraniens et contre le Hezbollah pour leur soutien au régime syrien comme il demande aux musulmans de boycotter la Russie et la Chine et d’invoquer Allah contre eux pour les mêmes raisons.

Il oublie qu’il va perdre de nouveau la face comme lorsqu’il avait promis au mois de Ramadhan de venir prier le jour de l’Aïd à la grande mosquée de Damas faisant fi de l’existence et de l’importance des savants Syriens, se croyant sans doute l’incarnation du retour du Messie Ibn Mariam.  Les musulmans ont d’autres chats à fouetter que manifester contre le régime syrien ou boycotter les produits russes et chinois.

Il ne se rend pas compte que les Bédouins, parmi lesquels il réside, n’ont pas boycotté les produits israéliens et américains après l’opération plomb durci contre Gaza.  Si les hommes libres et dignes de ce monde devraient boycotter quelque chose ou quelque état ils boycotteraient les Bédouins qui ne viennent pas en aide aux Palestiniens et qui ne brisent pas le blocus sur Gaza.

Si les Musulmans devaient se mettre en guerre, ils doivent faire la guerre au monde entier, à commencer par leur indolence,  par les savants de la Fitna et par les gouvernants despotes et incultes qui les gouvernent de l’Est à l’Ouest et du Sud au Nord des terres d’Islam. S’il y avait une priorité, ce serait d’aller libérer l’Afghanistan et la Palestine. Pourquoi les Musulmans iraient-ils se mettre à dos les Russes et les Chinois alors que l’Empire et le sionisme les écrasent suffisamment pour ne pas chercher à ouvrir d’autres fronts .

Qui a intérêt à rendre service à l’OTAN et à conserver l’hégémonie impériale américaine sur le monde ? N’est-il pas dans l’intérêt des peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud de voir la fin du monde unipolaire de Pharaon, de ses bases, de ses armées et de sa suprématie économique et financière.

Pourquoi un nouveau reniement et d’autres concessions stratégiques ? N’est-ce pas Qaradhawi qui avait dit aux Tchétchènes, il y a quelques mois de cela, qu’il est inutile de continuer à combattre les Russes et qu’il vaut mieux vivre en paix avec eux ? Étrange est le comportement de ce savant qui dit une chose et son contraire. Il avait bien interdit le recours à la violence armée et considéré ses partisans comme des ignorants et des kharidjites ! Est-ce que la nation musulmane va pouvoir supporter longtemps ces confusions, ces contradictions émanant non seulement d’un savant, mais de la communauté de savant qui est derrière lui et qui ne met pas fin à ses errements.

Est-ce que musulmans avaient besoin d’une fatwa pour assassiner Kadhafi ou Assad. Ils vivent suffisamment dans les ténèbres de la haine, de la confusion et de l’ignorance pour partir en guerre contre tout et n’importe quoi. Le rôle du savant héritier est de leur apprendre la patience, la réforme ontologique et sociale pour que la Promesse d’Allah se réalise lorsque le changement s’impose puis se réalise dans la société.

Est-ce que le savoir érudit des savantissimes va nous mettre à douter de notre modeste connaissance de notre religion et de notre Coran au point de fermer nos yeux, nos oreilles, nos cœurs et nos esprits à la logique de l’Islam ?

Est-ce que le Hadj est une révolution à la sauce des Frères Musulmans dont leur idole le président égyptien vient de rendre hommage à l’autre le Lénine musulman en faisant une lecture sacrilège du Coran :

 » Mais Allah ne craint, parmi Ses Dévoués, que les savants « 

إنَّمَا يَخْشَى اللَّهَ مِنْ عِبَادِهِ الْعُلَمَاءُ إِنَّ اللَّهَ عَزِيزٌ غَفُورٌ

Toutes les lectures et toutes les traductions, y compris celles des orientalistes, ne se permettent pas de dire qu’Allah craint ses créatures ou qu’il les craint par admiration ou par respect ou par l’honneur qu’Il leur accorde.

{Mais ne craignent Allah, parmi Ses Dévoués, que les savants. Certes, Allah Est Invincible, Absoluteur.}  Fater 28

L’esprit partisan enflammé,  même s’il maitrise parfaitement l’Arabe et le Coran,  non seulement confond le complément d’objet avancé avec le sujet reculé, mais arrive fatalement à confondre le sens malgré sa science et son érudition :

Ainsi, il introduit un esprit politique et partisan là où la spiritualité est de rigueur, mais il occulte l’aspect géostratégique et occulte les véritables ennemis de la     Nation là où la vigilance est de rigueur. Il introduit de la confusion sachant que la confusion crée de la discorde et de la violence au sein de la communauté.

Le prêche de Qaradhawi face à  la lettre et à  l’esprit du Coran

Voilà ce que dit Allah sur le Hadj :

{Le Pèlerinage : ce sont des mois connus. Quiconque s’y impose le Pèlerinage, alors pas de jouissance, de perversité ou de controverse durant le Pèlerinage. Ce que vous faites de bien, Allah le Sait. Et approvisionnez-vous. Oui, sans doute, le meilleur approvisionnement, c’est la piété. Et prenez garde à Allah, ô doués d’entendement.

Vous n’encourez aucun blâme en aspirant à une Munificence de votre Dieu. Mais quand vous déferlez du Mont ‘Arafàt, psalmodiez le nom d’Allah au al-Mash‘ar al-harām (Muzdalifah). Invoquez-Le comme Il vous A Guidés, quoique vous étiez auparavant du nombre des fourvoyés.

Puis, déferlez par là où les hommes ont déferlé, et implorez Allah de vous Absoudre, car Allah est Absoluteur, Miséricordieux.

Et lorsque vous aurez terminé vos rites, psalmodiez le nom d’Allah comme vous pensez à vos ancêtres, ou d’une pensée plus ardente. Il est parmi les hommes qui disent : « O notre Dieu, Accorde-nous dans le monde », et ils n’auront aucune part dans la vie Future.

Et il en est parmi eux qui disent : « O notre Dieu, Accorde-nous du bien dans le monde, du bien dans la vie Future, et Préserve-nous du châtiment du Feu ».

Ceux-là auront une part de ce qu’ils ont acquis. Allah Est Prompt à demander compte.

Et psalmodiez le nom d’Allah en des jours déterminés. Mais celui qui s’empresse en deux jours ne commet pas de péché; et celui qui s’attarde ne commet pas de péché. Ceci concerne ceux qui sont peiux. Prenez garde à Allah et sachez que vous serez tous conduits vers Lui.

Il est parmi les hommes celui dont les paroles dans la vie terrestre te plaisent, qui prend Allah en témoin sur ses bonnes intentions, alors qu’il est le pire des ennemis ;

et lorsqu’il se détourne de vous, il s’évertue à corrompre sur terre, à détruire la récolte et le bétail, mais Allah n’Aime pas la corruption.

Et si on lui dit : « Prends garde à Allah », il est pris d’orgueil par sa coulpe. Que la Géhenne lui suffise donc, et quelles piètres couches !

Et il est parmi les hommes : celui qui se sacrifie pour l’agrément d’Allah. Allah Est Compatissant pour Ses créatures.

O vous qui êtes devenus croyants, entrez dans la paix en totalité et ne suivez point les pas de Satan. Il est pour vous un ennemi évident.} Al Baqarah 197 à 206

{O vous qui êtes devenus croyants, ne profanez point les rites sacrés d’Allah, ni le mois sacré, ni les offrandes à immoler, ni les marques des bêtes à immoler, ni ceux qui se dirigent vers la Maison Sacrée, aspirant à une munificence de leur Dieu et à un agrément. Et lorsque vous vous déliez de l’Ihràm, vous pourrez chasser. Que la haine contre les gens qui vous rebutaient de la Mosquée Sacrée, ne vous pousse point à agresser. Entraidez-vous à la justice et à la piété. Ne vous entraidez point au péché et à l’agression. Prenez garde à Allah. Certes, Allah Punit sévèrement.} Al Maidah 2

Je n’ai pas de grandes connaissances puisque je ne suis pas savant!  Ce reproche qu’on me fait  est un syllogisme fallacieux qu’entretiennent l’esprit partisan et la démarche vaticaniste au sein de l’Islam pour empêcher tout esprit de réfléchir et de contester. Nous n’avons le droit que de contester les gouvernants que les savants égarés et partisans jettent à la vindicte populaire, mais ces savants sont des infaillibles car ils ont des doctorats en théologie.

Moi et chaque musulman adulte et sachant lire avons l’obligation d’être critiques, car nous allons rendre compte à Allah de nos décisions et de nos comportements et tout particulièrement dans les périodes de Fitna. Je préfère rencontrer Allah lui disant j’ai opté pour telle décision, car mon analyse de la situation m’a montré tels éléments et surtout m’a montré les dangers de l’effusion de sang  et de discorde au sein des musulmans que de le rencontrer avec du sang sur les mains ou de l’insouciance, celle du suiveur qui  va dire à Allah j’ai suivi bêtement tel savant, je ne savais pas qu’il m’a égaré.

On me dit souvent, tu sors, du consensus des savants comme si j’étais un hérétique anarchiste. J’ai cherché le consensus je ne l’ai pas trouvé ;  je suis donc obligé sur le plan intellectuel et idéologique de construire mon argumentaire et choisir mon camp ou ma solitude. Par ailleurs, je ne revendique ni le savoir académique, ni le titre de savant, ni celui de Faqih, ni celui de Moujtahid. Je revendique mon droit à la liberté de penser et de dire ma vérité selon mon éducation, ma culture et ma sensibilité. J’impose mon point de vue à personne. Je donne mes arguments pour dégager ma responsabilité dans la Fitra qui gouverne le monde musulman.

La  sourate al Hadj est suffisamment évidente pour ne pas nécessiter des débats théoriques et des controverses sectaires et partisanes :

{Et lorsque Nous avons désigné  à Abraham l’emplacement de la Maison : « Certes, ne M’associe absolument rien, et purifie Ma Maison pour les circumambulants, pour ceux qui prient, qui s’inclinent et se prosternent.

Et appelle les hommes au pèlerinage, ils te viendront à pieds et sur toute monture, ils viendront de tout ravin éloigné.

Afin qu’ils participent aux avantages qui leur reviennent, et qu’ils invoquent le nom d’Allah en des journées connues, pour ce qu’Il leur a octroyé comme bétail de bêtes. Alors mangez-en et nourrissez l’infortuné et le miséreux.

Ensuite, qu’ils se délient de leurs interdits, qu’ils accomplissent leurs vœux, et qu’ils fassent la circumambulation autour de la Maison antique. »

C’est ainsi, car quiconque magnifie les symboles sacrés d’Allah, cela est un bien pour lui auprès de son Dieu. Et le bétail vous est rendu licite, sauf ce qui vous est signalé. Évitez donc l’infamie des idoles, et évitez le faux parler,

en purs monothéistes à l’égard d’Allah et non comme polythéistes. Et quiconque associe à Allah, c’est comme s’il s’affalait du ciel et que les oiseaux le ravissent, ou comme si le vent le faisait choir en un gouffre profond.

C’est ainsi, et quiconque honore les rites sacrés d’Allah, cela fait alors partie de la piété des cœurs.

Vous y avez des avantages jusqu’à un terme fixé, ensuite son lieu d’aboutissement est la Maison antique.} Al Hadj 26 à 33

Magnifier les symboles sacrés d’Allah et honorer comme il se doit les rites sacrés d’Allah peut sembler difficile à comprendre dans leur étendue, leur sens et leur portée. Les avantages sont spirituels, intellectuels ainsi que bénédiction du temps, des efforts et des dépenses consentis lors du Hadj. Faudrait-il dénaturer le sacré et les avantages en leur donnant une coloration partisane et sectaire ?

Que nos savants répondent s’ils ne veulent pas que leurs Fatwas ne soient pas des mauvaises innovations que des insensés vont utiliser pour d’autres raisons plus viles encore. Allah soit témoin je me désolidarise de cette bid’âa.  La seule chose que Ton Prophète (saws) a faite sur le plan politique est d’introduire l’empressement du pas lors de sa ‘Omra  pour montrer la force et la vitalité de sa communauté face aux idolâtres de Qoraïsh.

Est-ce que l’armée syrienne, le peuple syrien qui soutien le gouvernement  Assad, les Iraniens et les chiites peuvent être comparés aux idolâtres de Qoraïsh ? Est-ce que le Prophète (saws) et ses Compagnons (ra) ont fait du pèlerinage une invocation de malédiction sur les autres ?

Est-ce que le Prophète (saws) n’a pas dit lors du sermon d’adieu :

« Ô Musulmans, écoutez moi et soyez raisonnables. Vous savez que les Musulmans sont frères. Un Musulman n’a droit qu’à la part des biens de son frère qu’il lui cède de plein gré. Ne soyez pas injustes envers vous mêmes. Ai-je bien transmis le message ? Vous comparaîtrez un jour devant Dieu, c’est pourquoi vous devrez éviter de vous égarer et de vous entretuer après ma mort. Que ceux qui sont ici présents transmettent ce message aux absents, ils le comprendront peut être mieux que ceux qui l’auront écouté. Vous serez interrogés à mon sujet, que direz-vous alors ?

Et la foule de répondre : »Nous certifions que tu nous as communiqué ton message, que tu as accompli ta mission et que tu nous as prodigué tes conseils ». »

Si le Hadj devait devenir une manifestation politique, la politique dit qu’il y a des priorités dans l’acte politique et dans ses conséquences. La priorité évidente, mais pourtant décisive est devant nos yeux : A la fin du pèlerinage les pèlerins se déverse en millions sur la Palestine avec des invocations pour aller prier dans le troisième lieu saint de l’Islam. La Palestine sera libérée par Allah Akbar. Allah Akbar sera la proclamation de la grandeur d’Allah l’Invincible dans la bouche et le cœur de millions de musulmans  qui conjuguent dignité pour leurs frères palestiniens, spiritualité et unité de la communauté musulmane qu’aucune frontière ne doit empêcher.

Pour l’instant nos savantissimes voient avec satisfaction Allah Akbar profané par des  assoiffés de pouvoir et des barbares qui se donnent en spectacle risible à l’Islamophobie qui avance et se donne les repères et les forces pour nous déclarer d’autres guerres psychologiques, médiatiques, idéologiques, économiques, politiques et militaires. Pendant ce temps nos savantissimes font les guignols et cultivent la confusion et le hors temps géostratégique.

Est-ce que l’Iran et le Hezbollah sont les ennemis du monde musulman ? Est-ce que Qaradhawi, ses savants et leurs commanditaires connaissent la valeur de ces peuples dans le monde musulman et tout particulièrement leurs réalisations en matière de défense ? Est-ce qu’il est de notre intérêt ou de l’intérêt de l’Empire et du sionisme d’entrer dans des luttes fratricides ?

Est-ce que le Hadj n’est pas l’union ou du moins la fédération de tous les Musulmans ? Est-ce que la Sourate Al Hadj ne s’achève pas par un appel à l’émergence de la communauté unique sous le titre unique de Musulman ?

{Il (Allah) vous a élus et ne vous a imposé nulle gêne en religion, la confession de votre père Abraham. C’est Lui (Allah) qui vous a nommés musulmans, par le passé et dans ceci (le Coran),   afin que le Messager soit témoin auprès de vous et que vous soyez témoins auprès des hommes.} Al Hadj 77

Qu’est-ce qui doit primer durant ce mois sacré : la consécration de cette unité coranique, la ,paix et la réconciliation ou l’appel à l’effusion de sang et la discorde partisane et sectaire ? Si l’insensé et l’ignorant peuvent passer outre le contenu et le sens du Coran est-ce qu’un savantissime peut les ignorer, car il est  emporté par sa sénilité, sa mégalomanie et son esprit partisan qui pourtant ne siéent pas au rang du savant rabanniy.

Questions

Pour que le sensé – même s’il n’est pas savant –  se distingue de l’insensé – même si ce dernier est savantissime – il faut nous mettre sur le terrain politique et interroger politiquement nos savants partisans et sectaires qui sont en train de s’imposer comme des monopoles totalitaires de la pensée dans le monde musulman :

Question N° 1 :

Ces pieds nickelés qui ont détruit la Libye et qui veulent détruire la Syrie au nom de la révolution arabe, est-ce qu’ils étaient les inspirateurs et les instigateurs des révolutions en Tunisie et en Égypte ? N’ont-ils pas confisqué les sacrifices de la jeunesse par des arrangements d’appareils ? Ont-il un cap et une feuille de route pour la suite des opérations ?

Question N° 2

Ces mêmes pieds nickelés ont refusé la révolte du peuple algérien lorsqu’il a été dépossédé de sa victoire électorale sous prétexte qu’il ne faut pas se révolter contre les gouvernants et sous prétexte que la Fitna ne travaille pas l’Islam et que les « enragés du FIS » les avaient dépossédés de leur œuvre de longue haleine d’islamisation lente et scientifique de la société algérienne. Si un peuple ou un parti avait le plus de légitimité et de légalité religieuse à prendre les armes c’était bien le peuple algérien, car il y avait trahison évidente et flagrante par le recours à la force militaire pour confisquer la voix du peuple. Cette confiscation arrangeait les Français, les Américains et les Saoudiens, elle devenait halal pour le pouvoir algérien et quiconque se révolte était dans le haram. Ces mêmes pieds nickelés font valoir des arguments opposés pour la Libye et la Syrie faisant semblanbt de ne pas voir les monarchies rétrogrades,  liberticides et caricaturales de l’Islam.  Quelle est cette logique à double vitesse? Est-ce que Mohamed (saws) serait d’accord avec votre hypocrisie et votre jeu à double face ?

En ce qui me concerne j’ai apporté mes critiques à ceux qui ont pris les armes en Algérie sur le plan politique car une victoire politique ne peut être transférée sur le plan militaire où l’armée avait le plus de chance de l’emporter et faire oublier la défaite politique. Sur le plan stratégique était-il interessant de donner un champ d’expression à la lutte antiterroriste qui veut éradiquer la voix et la voie de l’Islam politique et social ? Sur le plan social était-il juste  de faire payer au peuple algérien un nouveau prix du sang alors qu’il n’était pas prêt à payer ce prix et à défendre la voie islamique qui restait davantage un refuge contre le despotisme qu’une adhésion responsable ? Etait-il légitime et légal sur le plan religieux de mener une guerre fratricide ou de répondre à une guerre fratricide ? Qui est le mort, la veuve, l’orphelin dans cette guerre ? Quelle a été le devenir de l’Islam sur le plan social? Pourquoi Mohamed (saws) a refusé de prendre les armes? L’a t-il fait par amour de l’oppression ou par miséricorde pour sa communauté qui allait payer le prix du sang, des larmes et des ruines toute action empressés et improvisée.

Pourquoi nos pieds nickelés ne respectent pas les ordres de notre Prophète ? Sont-ils plus savants que lui ?

Pourquoi ces mêmes pieds nickelés ne tirent pas leçon de ce qui s’est produit en Algérie?

Mille et un pourquoi ne semble pas venir à l »esprit ni émouvoir le cœur de nos savants belliqueux et empressés de faire couler le sang des musulmans. Kadhafi, Assad et tant d’autres peuvent trouver à nos yeux, pour ne pas dire aux yeux d’Allah, excuse du fait de leur ignorance de l’Islam et de leur entêtement à conserver et défendre leur pouvoir à n’importe quel prix, mais quelle excuse ces pieds nickelés vont chercher pour trouver excuse auprès de nous. Je n’ose pas dire auprès d’Allah (swt) et de Son Prophète (saws).

Conclusion

J’ai l’habitude d’entendre les bonnes consciences apaisées par le suivisme et le conformisme me dire : encore des écarts de langage du frère Omar. Il vaut mieux méditer  mes écarts de langage qui ne porte du tort à personne que suivre les écarts d’un savant dont chaque mot, chaque silence et chaque changement de la calotte sue sa tête produise un séisme dans le monde musulman.

Si les chiites suivent à la lettre les recommandations de Khaminei de manifester à la Mecque contre l’Amérique pour sensibiliser les Musulmans contre une guerre qui se prépare contre eux, et si les sunnites suivent Qaradhawi de manifester à la Mecque contre les Iraniens qui soutiennent la Syrie et d’invoquer contre les Russes qui empêchent l’OTAN Dde réitérer son agression contre la Libye, la question ne sera plus qui a tort ou qui a raison, car tous nous aurons contribué à faire de la peine à notre Prophète (saws) en nous battant les uns contre les autres à la Mecque et de faire de notre plus grande catastrophe  une Fitna dans notre  religion.

Celui qui veut prendre la peine de réfléchir à l’incohérence des pieds nickelés qui soutiennent l’idée que  la divergence dans la communauté est une miséricorde, mais s’empresse de déclarer la guerre aux autres communautés lorsqu’elles ne partagent pas sa confession ou sa doctrine je l’invite à lire ce texte :  Hadith – Divergence et diversité : Miséricorde ou malédiction ?

Omar Mazri

La verve partisane et sectaire de Qaradhawi