Catégorie : Algérie
souvenirs et invocation lors de l’évocation du Hadj 2011
Allah (swt) nous demande d’exalter, durant la période du pèlerinage, les rites prescrits par Allah comme faisant partie de la Taqwah d’Allah qui est la vigilance envers Allah par le respect scrupuleux de Ses Commandements, la Crainte de Son Courroux et l’Espérance de Sa Miséricorde. Parmi Ses Commandements il y a le devoir de penser et d’agir pour le bien de la communauté musulmane et en particulier des plus proches. C’est aussi notre devoir de souhaiter pour notre peuple une prospérité et une gouvernance sensée qui lui apporte la paix, la sécurité et la prospérité réelle et non illusoire et mensongère.
Mais dans ces premiers jours de Dhoul Hijja de 2011 nous voyons une fois de plus des comportements irrationnels, des positions d’insouciance que blâme la Sourate Al Hadj et qui prouvent une fois de plus que nous gouvernants sont loin de penser au repentir et à la réforme:
أَفَلَمْ يَسِيرُوا فِي الْأَرْضِ فَتَكُونَ لَهُمْ قُلُوبٌ يَعْقِلُونَ بِهَا أَوْ آذَانٌ يَسْمَعُونَ بِهَا فَإِنَّهَا لَا تَعْمَى الْأَبْصَارُ وَلَٰكِنْ تَعْمَى الْقُلُوبُ الَّتِي فِي الصُّدُورِ
{N’ont-ils donc pas été de par la terre, de sorte qu’ils aient des cœurs avec lesquels ils raisonnent ou des oreilles avec lesquelles ils entendent ? En fait, ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent, mais ce qui s’aveugle, ce sont les cœurs qui sont dans les poitrines.} Al Hadj 44
Sans aller loin dans la terre et faire un grand effort intellectuel, politique, diplomatique ou économique ou un grand jihad de prospective ou de stratégie globale, l’Internet, les médias, la vox populi annoncent froidement ce chaque bureaucrate de l’administration algérienne semble ignorer car « عَلَىٰ قُلُوبٍ أَقْفَالُهَا certains cœurs portent leurs scellements ? » On verra un peu plus loin que les cœurs sont scellés, dans le cas algérien, par la médiocrité cultivée par conjugaison du despotisme politique, de la rente économique et de la présence dans les sphères de décision des Renégats à l’Algérianité (Islamité, arabité et souveraineté nationale).
« La Suède vient de perdre ce qui lui restait de souveraineté dans l’industrie automobile. Le pays scandinave était pourtant représenté par deux figures de l’automobile européenne reconnue pour leur qualité et leur caractère très affirmé: Volvo et Saab… Deux entreprises chinoises viennent de signer pour le rachat de Saab à Swedish Automobile, un an et demi après sa reprise par celui-ci. Après un an et demi de descente aux enfers, Swedish Automotive signe l’échec de la reprise de Saab en revendant la marque automobile à Pang Da et Youngman…
Swedish Automobile avait racheté Saab à General Motors en janvier 2010 pour 70 millions d’euros. Il a ensuite investi près de 120 millions d’euros dans l’entreprise. Aujourd’hui, Pang Da et Youngman mettront la main sur la marque suédoise pour 100 millions d’euros. Les ouvriers de Saab espèrent connaître le même sort que Volvo qui est sorti de sa torpeur après avoir été revendu à Geely par Ford, un constructeur automobile chinois. Celui-ci lui a ouvert les portes du marché chinois. Volvo construit désormais des usines en Asie et en Amérique. »
La Chine, un pays émergent, était comme l’Algérie un pays sous-développé. Les chinois avaient une doctrine géostratégique, une politique économique et une bonne gouvernance. Les Algériens avaient du sentimentalisme à l’eau de rose qui cultive le nationalisme de canailles et les confréries maraboutiques religieuses ou profanes qui anesthésient l’esprit et cultivent le culte du Za’im ainsi que celui de la pensée unique tant dans le pouvoir que dans l’opposition éradicatrice ou islamiste.
Avec plus de 150 milliards de dollars de réserves et une manne pétrolière, gazière et minière les Algériens n’ont pas de culture managériale mais la culture rentière d’un pays transformé en comptoir commercial ou les autochtones sont les indigènes du nouvel ordre mondial grâce à la gabegie et l’incurie de leurs « intellectomanes » et de leurs « intellect-écuelles » dont les diplômes délivrés par les prestigieuses universités mondiales ne cachent pas leur misère morale, leur indigence intellectuelle et leur servitude devant les uniformes et le bruit des bottes.
Il est surprenant qu’avec ces fonds et cette manne céleste l’Algérie n’a pas les moyens de racheter une partie des fleurons de l’industrie française évalué à plus ou moins 50 milliards de dollars. On va me dire il faut un savoir faire. Ce savoir faire était à la portée des Algériens si ces derniers au lieu de se lancer dans une décennie de désinvestissement, une décennie de guerre civile et une décennie de consommation effrénée (gastrophilie selon le terme benabien) avaient mis fin à la sous culture du marché en main, du clé en main ou du produit en main et développé des bureaux d’études, des ingénieries spécialisées, des agences d’investissements, des cabinets d’affaires internationales, des observatoire de veille économique et de prospective. Il aurait fallu rompre avec la paresse, l’indolence, la trahison, le clientélisme et la vassalité. Au lieu d’avoir un chef d’état marabout et des diplomates concierges on aurait eu des Commis de l’État qui peuvent louer les compétences de cabinets juridiques et d’experts pour acheter par exemple l’Usine Renault qui vaut aujourd’hui 4 ou 5 milliard de dollars. Même sans le soutien des experts et dans l’état actuel de leur médiocrité les cadres et les décideurs algériens auraient acheté Saab, Fiat, Peugeot, Renault.
Sans ingénieries financières et managériales de haut niveau ils auraient laissé le bon sens les guider comme il a guidé les maçons et les ouvriers d’origine maghrébine de Renault, de Peugeot ou de Berliet a économiser puis mettre leurs économies et les bijoux de famille dans les boulangeries, les épiceries, les boucheries et autres petites affaires que le français vieilli ou devenu paresseux a mis en faillite ou pris par un complexe de supériorité a délaissé croyant au mirage de gauche et de droite sur l’entreprenariat privé industrielle et High Tech dans une économie mondiale en crise depuis longtemps et que leurs économistes n’ont pas vu venir davantage captivés par le cirque médiatique et les allégeances au pouvoir que par l’observation des faits et la production de la pensée économique innovante.
Contre le bon sens, contre l’intérêt national, les Algériens en pleine crise au lieu d’attendre ou de prendre les risques réels ont une fois de plus choisi la facilité et l’absurdité la plus déconcertante : ils offrent une bouffée d’oxygène à l’État français en donnant des facilités à Renault qui va investir 1 milliard d’euro en Algérie. Il ne faut pas être nul en économie et en gouvernance mais il faut être traitre à son pays et vassal de la France pour offrir l’implantation d’un milliard d’euros alors que l’usine mère ne vaut que 4 ou 5 milliards d’euros en actifs immobiliers et industriels. Ce n’est pas une absurdité mais une trahison quand l’Algérie pour 100 ou 200 millions de dollars peut s’acheter des firmes plus prestigieuses que Renault : Jaguar, Rover, Opel.
Si les Algériens de là bas ne sont pas les véritables harkis de la France qui sont en train de dilapider leur argent en laissant les banques françaises devenir maitresses de l’économie algérienne car un président sénile et des appareils illettrés politiquement et économiquement leur ont donné l’Algérie comme un comptoir commercial avec des projets titanesques de nouvelles villes alors que l’Algérien ne sait plus tracer ni construire un trottoir droit et à l’échelle, ni restaurer, réhabiliter ou restructurer le vieux urbain sapé par le goutte à goutte des infiltrations d’eau ni mettre un plan de précaution ou de prévention pour faire face à un éventuel séisme qui mettrait par terre la centaine d’immeubles légués par le colonialisme et qui ne sont à ce jour pas entretenus et que le CTC a expertisé comme vulnérables. En pleine crise et en pleine dette les Algériens ont vendu leur dette publique au Crédit Lyonnais contre toute idée de la souveraineté nationale et contre toute idée de redressement de l’économie nationale.
Après avoir fait supporter au peuple algérien le cout de leurs improvisations et de leurs aventurismes ils le privent une fois de plus de son droit à édifier son pays ou d’avoir un droit de regard sur la gestion de ses ressources. Ils le trahissent et le mettent en situation d’indigène colonisé en donnant l’Algérie aux banques françaises hypothéquant son avenir et son indépendance. Ils poussent l’indécence à apporter leur contribution à sauver l’économie mondiale en participant au sauvetage des Banques européennes et en plaçant leur argent en Bons du Trésor américain.
Un sursaut de dignité ou de vigilance leur aurait indiqué la voie à suivre s’ils ne savent pas faire : s’adosser au nouveau capitalisme chinois et les bureaux d’études de Shanghai ou les plus performants dans le monde ceux de Hong Kong et lancer des OPA sur quelques industries et quelques banques françaises. Il ne s’agit pas d’humilier ou de prendre une revanche tardive sur le colonialisme français mais d’imiter les chinois : disposer de marques de prestiges pour assoir leur exportation ; disposer des compétences managériales pour apprendre, capitaliser et transférer les performances en matière d’organisation ; accéder au know how produit et Know how production pour un transfert de technologie ; mettre sur place en Algérie le même réseau de concessionnaire qu’en France pour que le consommateur algérien bénéficie des mêmes garanties et de la même qualité que le consommateur français.
La proximité avec la France ne milite pas dans ce scénario d’OPA de délocaliser le montage car il n’apporte rien en termes de savoir faire puisque tout est robotisé dans la chaine. La clé est dans le processus de ré-industrialisation de l’Algérie. Les firmes françaises ont environ 20000 à 30000 sous traitants alors que les firmes suédoises atteignent 60000 sous-traitants. L’Algérie gouvernés par des Algériens auraient payé un milliard au lieu de 100 million car elle a un matelas de réserve financière qui lui permet de construire en Algérie des PME générant de l’emploi, des centres de formation et un chiffre d’affaires de 5 milliards de dollars une fois la croissance mondiale retrouvée si le monde n’entre pas dans le scénario pessimiste d’une guerre nucléaire ou d’un effondrement économique. Sur le plan religieux quand je regarde l’émission les « Chantiers de l’extrême » je me dis qu’Allah a mis l’homme comme Khalifat sur terre pour la civiliser. Nous ne sommes pas prêts à entrer dans l’alternance civilisationnelle d’une part et Allah est Juste et Équitable d’autre part. L’effondrement économique et technologique de l’Occident renverrait l’Occident au moyen-âge et le reste de l’humanité à l’âge de pierre avec cette compétence occidentale de dominer de nouveau le monde car les trahisons des Algériens ne sont qu’un aspect des trahisons du monde musulman dans sa globalité territoriale, intellectuelle, technologique, économique, politique et religieuse renouer avec
Oublions ces ratages et oublions l’avenir des banques françaises qui vont mourir debout car les divergences franco allemandes sont insurmontables poussant le Président Sarkozy à annoncer lors de son allocution télévisée, qu’il ne nationaliserait pas les banques françaises. Oublions que ce seront les pays idiots utiles du monde arabe et musulman qui vont recapitaliser les banques de bon gré ou mal gré par leur contribution à l’effort de guerre occidental contre le monde arabe…
Je viens de recevoir un message m’invitant à voir la khotba de Ali Belhadj faisant de la surenchère sur la Khotba de l’imam officiel désigné par la houkouma. Le bonhomme n’a pas changé et celà n’augure rien de postifi pour l’Algérie. J’ai vu la vidéo de Belhadj expliquant qu’il ne faut pas avoir de pitié pour Kadhafi et il justifie le lynchage en citant le verset » وَإِنْ عَاقَبْتُمْ فَعَاقِبُوا بِمِثْلِ مَا عُوقِبْتُمْ بِهِ وَلَئِنْ صَبَرْتُمْ لَهُوَ خَيْرٌ لِلصَّابِرِينَ
Et si vous punissez, punissez alors comme vous avez été punis, mais si vous patientez, c’est sûrement meilleur pour les patients.
Il n’a pas le droit de couper le verset de son énoncé global et de lui donner une explication selon son opinion :
{Appelle à la Cause de ton Seigneur par la sagesse et la bienveillante exhortation, et discute avec eux de la façon la meilleure. Certes, ton Seigneur Est Plus-Scient de celui qui se fourvoie de Sa Voie, et Il Est Plus-Scient de ceux qui sont guidés. Et si vous punissez, punissez alors comme vous avez été punis, mais si vous patientez, c’est sûrement meilleur pour les patients. Et persévère, car ta persévérance tient d’Allah. Ne t’afflige point pour eux, et ne t’angoisse point de ce qu’ils rusent. Certes, Allah Est avec ceux qui ont été pieux et ceux qui font le mieux.} An Nahl 125
Il ouvre la voie à l’arbitraire et à l’anarchie car jamais Allah n’a autorisé de se faire justice soi même en dehors d’un cadre légale de justice étatique et légitime. Ces voyous du CNT n’ont aucune légitimité sauf celle de la violence de l’OTAN même si on accepte que Kadhafi est un criminel. Le discours de Ali Belhadj prouve au monde entier qu’il fallait interrompre le processus electoral et que le « Qui tue qui » est tout désigné. Je n’ai jamais vu une érudition mener l’homme à sa perdition comme celle de Ali Belhadj. Il confirme aux classes moyennes leur refus de cautionner son Jihad improvisé et que l’avenir ne peut se construire avec des ignorants de ce genre. le FIS est bel et bien mort et enterré. Belhadj joue le jeu du régime car il fait fuir la classe moyenne qui ne veut pas vivre l’anarchie de la Libye.
Ensuite il aborde la question de Khaled Nezzar devant la justice suisse et il réclame qu’il soit jugé en Algérie. Il est toujours à côté de la plaque. Est-ce qu’il est crédible de demander, d’espérer un procès en Algérie de Nezzar en Algérie connaissant la nature du pouvoir? Est ce que le système a changé? Est ce que laisser Nezzar partir en suisse et le faire prendre là bas ne cache pas quelque chose qui dépasse le cadre judiciaire: l’instrumentalisation d’une plainte légitime et de souffrances vraies dans la lutte de succession de Bouteflika entre clans du pouvoir ou dans la lutte d’influence entre les USA et la France ? Je l’ai définitivement radié de mon schéma. Il devient dangereux pour la cause de l’Islam que nous défendons car il se montre de moins en moins cohérent, moins logique et surtout il continue de ne pas voir les rapports de forces et d’intelligences au niveau interne et externe qui s’exercent sur l’Algérie la laissant sans repères, sans cap, sans gouvernail et sans carte de navigation.
D’ailleurs on le laisse parler pour l’enfoncer d’une part et car il ne représente plus une menace pour le régime d’autre part. Les salafistes et les soufies le considèrent comme un Kharijite. Celà veut dire qu’ils ont donné leur accord pour son assassinat mais le régime est trop malin il n’a pas besoin de le tuer. Il se liquide tout seul. L’intelligence est de savoir reconnaitre une défaite et de quitter la table à temps puis se mettre à écrire ses mémoires et à apporter des clarifications sur ses contacts avec l’armée, sur la chute du gouvernement de Hamrouche, sur les maquis, sur les GIA pour dégager sa responsabilité ou l’assumer et clarifier la vérité au peuple algérien.
Oublions Ali Belhadj et les ratages historiques et moraux du FIS !
Cet oubli est nécessaire pour donner vitalité à la mémoire et la faire témoigner sur une réalité vécue qui témoigne que la trahison n’est pas conjoncturelle mais structurelle et que tous les Algériens en portent une part de responsabilité par leur comportement fataliste, leur démission et le sabotage de l’Algérie par ces hauts cadres qu’ils soient dans l’armée, la sécurité, la diplomatie ou ce qu’on appelle les Ministères d’un semblant d’État. L’opposition algérienne fait partie de ce ratage et de cette trahison par son incompétence et son irresponsabiité de livrer des victimes au système sans livrer d’alternative crédible au peuple.
Je vais témoigner sur un aspect des moins complexes de cette trahison pour illustrer la rencontre de mes souvenirs avec le pélérinage qui approche et que nous ratons sur le plan collectif :
Je fus chargé par le gouvernement de Monsieur Mouloud Hamrouche de mettre de l’ordre sinon démanteler et réorganiser le service public de la pêche côtière, hauturière et océanique. Ma mission se résume en un ordre donné au Ministre de l’Agriculture de me nommer Directeur général alors qu’il ne voulait pas de moi et en une copie des résolutions du gouvernement sur la pêche.
– J’ai multiplié par 10 le prix du corail brut sur le marché international et j’ai fait signer un arrêté par Ghazi Hidouci Ministre de l’Économie et des Finances interdisant d’une part la pêche et l’exportation brute de Corail et d’autre part la production et la commercialisation d’une part de la cueillette de corail par les artisans de Beni Yéni. J’ai mis un partenariat avec les corailleurs japonais pour transférer du savoir faire de production en Algérie et du savoir faire marketing pour s’implanter en Asie et dans le monde arabe. J’ai prix le risque de rencontrer la maffia italienne en Italie et leurs avocats en Suisse pour passer un contrat simple : travailler dans la transparence sans porter atteinte à l’écologie et aux ressources et tous nous gagnerons en profit et en qualité sinon les gardes côtes algériennes vous poursuivront même si vos vedettes sont plus rapides. Un certain nombre de cadres algériens étaient prêt à jouer le jeu pour défendre cette ressource rare pour la protéger, la valoriser et la mettre au service des artisans et des pécheurs algériens qui ne sabotent pas leur pays. Les étrangers et le général patron des gardes côtes ont respecté leurs engagements. Les Algériens ont trahi pour mille et un raisons. Al Kala et Ténès étaient parmi les derniers gisements importants et de qualité dans le monde. Les Algériens étaient le premier déchet politique et économique dans le monde.
– ALMAP, la société mixte algéro mauritanienne était détruite par des agents du public qui attendaient sa privatisation et accéder au dinar symbolique aux licences de pêches, aux bateaux, au port et à l’usine de conditionnement financés par l’Algérie qui a fait un prêt de 30 millions de dollars auprès de la banque africaine de développement. Contre l’expertise du cabinet américain Price Water House menée par de jeunes marocains et tunisiens j’ai apporte ma contre expertise avec l’aide de jeunes mauritaniens de Nouadhibou et après concertation avec Monsieur Belkobi le premier ambassadeur en Mauritanie et l’un des diplomate le plus en vue du temps de la Révolution algérienne puis du temps du Président Boumediene. J’ai rencontré l’ambassadeur d’Algérie Tahar Laâjal en poste à Nouakchott et il m’a apporté son soutien pour sauver l’outil et la présence algérienne en Mauritanie. Avec un dossier économiquement, politiquement, diplomatiquement et financièrement irréprochable et incontestable non seulement pour sauver la présence algérienne en Mauritanie et utiliser une carte économique et stratégique pour la pêche océanique et hauturière en guinée, au Vietnam et en Libye j’ai trouvé tous les Ministères et toutes les banques algériennes ligués contre moi et tout particulièrement le Ministère de l’Agriculture et l’Agence nationale de développement des pêches… L’entreprise a été coulée dans un hôtel bordel à Casablanca et les cabinets de ministres à Alger.
– Les Coopératives de pêches côtières. J’ai mis en place la philosophie et les scénarios de montage des métiers sous un système coopératif de production et mutuelle de financement. J’ai mis fin au projet minable financé par la FAO présidé à l’époque par Driss Al Djazaïri, l’arrière petit fils de l’émir Abdelkader, de quelques barques de 3 mètres et j’ai élaboré le chantier d’organisation des filières de métiers liés à la mer et au poisson pour la pêche côtière et la pêche halieutique qui ne se faisait pas en Algérie par absence de tradition et par les contraintes de la topographie maritime. Ce fut l’un des projets les plus fédérateurs après la révolution agraire en 70 et l’autogestion en 62. Le Ministre de l’Économie, monsieur Ghazi Hidouci, Le Ministre du Travail, monsieur Kara, le Ministre Délégué aux Réformes, monsieur Koraichi, le syndicat des pécheurs algériens, les jeunes en formation dans les écoles de pêches, les Groupes internationaux de coopératives du Québec, d’Italie et d’Espagne, des groupes financiers ont trouvé l’idée géniale. Je dispose de documents émanant d’experts et de financiers étrangers impliqués dans le projet disant à peu près la même chose : « C’est la première fois qu’en Afrique et dans le monde arabe nous voyons un homme porter un tel projet et le décrire lui-même comme projet prêt à être exécuté ». 30000 emplois et 5 milliards de dollars de revenus en régime de croisière pour un investissement de 300 millions dollars fractionnés sur 3 ans…
Les Algériens aux commandes du pays refusaient de rêver et de croire dans les possibilités de leur pays et des hommes compétents de ce pays. J’ai donc connu une chasse à l’homme qui ne peut être comprise que si on admet l’idée que l’Algérie n’est pas gouvernée par des Algériens. Je ne suis ni naïf ni stupide je n’ai jamais livré un document ou donné une interview à la presse algérienne. Le monde de la mer est un monde silencieux la bataille a eu lieu en silence sous l’œil vigilant d’Allah. j’ai montré contre vents et marées mes performances pour être crédibles et trouver assistance pour porter ces projets et les faire réaliser. Il fallait redresser l’ENAPECHE et l’ENOCEP en les fusionnant et en remettant la machine en marche sans mettre un ouvrier, un employé ou un cadre dehors alors que les banques algériennes avaient reçus de leur souteneur l’ordre de ne plus m’accorder le découvert bancaire pour les salaires. J’ai quitté l’entreprise la laissant pour la première fois de son existence avec près de 3 milliards anciens de bénéfices. J’ai remis à flots des bateaux avec des compétences algériennes et j’ai envoyé ces bateaux ramener le thalasso dollar qu’Allah nous a donné dans la mer immense et abandonnée. Pour le prix d’un appartement loué pour une année, de billets d’avion prepaid Corée du Nord Algérie, de salaires modestes versés en dinars et avec des techniciens et ingénieurs algériens j’ai réalisé la première ferme marine en Algérie et la première station prototype de fabrication d’alginate et de gélatine végétale avec l’objectif d’exporter les algues comestibles au Japon. J’ai rencontré l’actuel président de l’Assemblée nationale alors président de la commission économique de l’assemblée nationale du FLN lui disant je vous offre ce qui fera votre gloire personnelle : offrir des perspectives de travail pour les jeunes en contrepartie je ne veux rien pour moi juste un répit pour lancer les projets et rendre le processus irréversible. Face à moi il n’y avait que « des sourds, des muets, ils ne comprennent pas »
Pendant que les Algériens étaient à l’affut comme des requins de toute proie à dévorer, mes missions en Maurtitanie m’ont fait voir le retrait de l’Algérie de la Mauritanie qui était du temps de Boumédienne considéré comme une Wilaya algérienne pour sa profondeur stratégique, son accès à l’Océant, la fraternité dans la construction du Grand Maghreb et le différent avec le Maroc au sujet du Polisario. Cette mauritanie construite par l’Algérie se remplissait de casernes avec le drapeau français et au moment où on détruisait un bel outil de production le fils de Mittérand s’installait à la tête d’une société de pêche privée.
Sachant que j’étais en terrain perilleux et tous les Algériens savent que le terrain le plus difficile était le secteur de la pêche pour les connivences des algériens pour brader le thon rouge aux pécheurs clandestins italiens, espagnols et coréens. Le chef des gardes cotes a joué avec moi le jeu d’un algérien aimant son pays et m’a livré deux thonniers avec des tonnes de thon et le matériel de pêche comme produits saisis. Je pouvais grace à la collaboration de la marine algérienne lancer une activité dans laquelle les Algériens jouaient le rôle d’informateurs par liaisons radios pour informer les trafiquants des sorties en mer des gardes côtes. Le plus ahurissant est contre toute logique je vois débarquer dans mon bureau une ravissante asiatique qui m’offraient des choses en contrepartie de la récupération des bateaux et des thons rouges énormes. Devant mon refus elle a fait intervenir un haut fonctionnaire dont elle était la maitresse. Par décision de justice tout est remis à la liberté mais moi j’avais déja vendu le thon rouge contre du thon blanc acheminé. J’ai acheté du thon blanc pour les conserveries de l’armée algérienne à 1300 dollars la tonne alors que mes prédécesseurs l’achetaient à 1700 dollars la tonne. Le thon rouge conservé dans une unité de froid a été sacagé par un acte de malveillance pour casser la vente et me laisser discréditer.
Devant cette situation qui ne permettait pas de gérer sereinement et avec des méthodes transparentes et avec les menaces de mon élimination physique ou du kidnaping de ma fille j’ai fais appel à deux connaissances. Un ancien attaché militaire et un ancien officier de gendarmerie pour m’assister dans l’affrontement qui s’annonçait violent et impitoyable surtout que j’avais lancé une opération symbolique » un rat qui ne mange pas vingt quatre heures meurt de faim ». J’ai négocié tous les contrats d’importation et d’exportation en secret et avec des leurres sur les sources, les lieux et les jours de débarquement ainsi que le mode de financement. La Banquedu crédit extérieur tenu par Omar Benderra a fait preuve de professionalisme et de respect du secret bancaire pour les transactions commerciales.
J’ai pris, devant les sabotages, les rumeurs sur mon appartenance à la sécurité militaire, au FIS, aux services italiens, espagnols, la décision de passer à la contre offensive sur un terrain vulnérable. Là où je passe j’utilise ma capacité à lire près de mille pages par jour et à trouver les infos pour créer une sorte de carte mentale me permettant d’avoir en tête ou à ma portée la culture de l’entreprise depuis sa création, sur sa base comptable, ses hommes, ses contrats. Quelque chose m’a intrigué. Un ancien secréataire d’Etat à la pêche a laissé des notes rédigés sous formes d’organigrammes qui attestent sa compétnce et sa volonté de travailler. Le directeur des pêches qui a travaillé sous ses ordres est mort dans des conditions louches et le ministre a été limogé. Mes deux spécialistes du renseignement m’ont apporté le premier contrat de pêche internationale entre l’Algérie et l’Espagne. L’étude du contrat et l’enquête discrète menée montre qu’il y avait une opération de subversion montée probablement par les services français et l’équipe du Makhzen marocain très influente dans les banques et les administrations qu’on surtout « les marocains » pour les distinguer du Hizb frança. C’est une des plus vilaines et complexes affaires. L’ancien directeur et commandant de la sécurité militaire (c’était la tradition du système algérien) a été mal conseillé par les services du secréatariat d’état qui ne lui ont pas dit qu’il existe une ordonnance algérienne interdisant la pêche algériene sous pavillon étranger (Ministère du Transport). Les services français ont poussé une société basque qui travaille pour l’ETA considérée comme organisation terroriste de faire des offres. La société y voyait une manne financière pour son organisation. La victime était l’Etat algérien accusé par la France de travailler contre ses intérêts et de négocier en contre partie la souverainté sur la mer algérienne. Dans l’affaire le commandant et le Ministre furent renvoyés par le Président Chadli sas jamais comprendre ce qui leur arrive ni pourquoi.
La France a le champ libre pour imposer Cofrepeche qui fait intervenir les bateaux désarmés du fait de la surexploitation des mers avec leurs équipages et les Algériens signent un contrat où ils mettent du personnel auxillaire et la ressources halieutique dans un marché de dupes : 80% de la peche de poisson noble était commercialisé à l’étranger sur un prix fixe moyen à la tonne et non sur le prix réel de la bourse du marché japonais ou espagnol ou dus africian. Les Algériens reçoivent 20% et les Français 80%. Les 20% était du pellagique (anchois et sardines) destinés au marché algérien selon une répartition de 80% pour les Algériens et 20% pour les français. Ces 20% en dinars permettent en réalité de ne rappatrier aucune devise en Algérie. Le financement se faisait par la comission européenne sous forme d’aide, de prêt et de subventions aux désarmement de la flotte française. En lisant ce contrat qui m’a été caché et qui était paraphé je fus pris de nausées. Al Amr bil Maârouf, la commanderie du bien, n’est pas un discours dans une mosquée avec un imam qui lit le prêche lénifiant du Ministère des afaires religieuses ou un autre qui critique le régime d’une manière incendiaire sans connaitre les mécanismes économiques et les processus de la corruption et du sabotage. Se taire ou dénoncer le contrat et ouvrir de nouvelles consultations au nom d’une entreprise connue sur le marché international comme corrompue et incompétente. Dans la crise les structures ont perdu toute signfication ne reste que l’homme qui la compétence, la probité et les idées qui persuadent du sérieux et des performances. Les contrats sont dans les banques, les Ministères concernés où je suis le seul algérien a mettre sur la table des négociations le projet de contrat rédigé par moi et ses annexes techniques. Je suis le seul où j’impose un partenariat transparent pour la p^che hauturière et océnaique sans toucher à la pêche cotière avec en sus l’obligation de réinvestir dans la peche cotière pour le montage d’une holding qui soutient les coopératives. Les coopératives revendent une partie de leur production au holding de tele manière que la pêche cotière reste le terrain exclusif et protégé de l’artisan pecheur privé ou coopérateur.
Avec l’arrivée de Ghozali, abou faracha, la mission devenait impossible. L’officier de Gendarmerie qui me secondait faisait le facteur entre moi et cerains colonels de la Sécurité dont Mu’awiya me proposant de le rencontrer et de faire de moi un minsitre de la pêche car je mérite un meilleur salaire, une meilleure position sociale et un pouvoir plus efficace pour mener à termes ces gros projets. J’ai réuni le staff et j’ai dit à A. Abdelawwahab : réveille-toi des illusions et libère ta conscience : on va faire de toi Brutus assassinant Cesar puis ont va te jeter et ils savent ton admiration pour ma capacité de travail. Les choses se sont passées exactement comme je le préssentais. Je fus interdit d’accéder à mon bureau de retour d’une mission au Japon où les japonais savaient avant moi que j’étais liquidé car les lâches et les traitres m’ont frapé dans le dos et en appelant les japonais pour leur montrer leur bassesse et ils s’imaginent qu’avec cette culture de caniveau ils vont implanter en Algérie des partenariats équitables et transparents : Impossible la loi de Dieu est sans appel :
الْخَبِيثَاتُ لِلْخَبِيثِينَ وَالْخَبِيثُونَ لِلْخَبِيثَاتِ وَالطَّيِّبَاتُ لِلطَّيِّبِينَ وَالطَّيِّبُونَ لِلطَّيِّبَاتِ أُولَٰئِكَ مُبَرَّءُونَ مِمَّا يَقُولُونَ لَهُمْ مَغْفِرَةٌ وَرِزْقٌ كَرِيمٌ
{Les mauvaises aux mauvais, et les mauvais aux mauvaises. De même, les bonnes aux bons, et les bons aux bonnes. Ceux-là sont innocents de ce que les autres disent. Ils ont un pardon et une récompense généreuse.} An Nour 26
Avec ces petites réalisations et de grands projets ficelés dans un pays qui ne vit que vassal de l’étranger et avec les autres projets en aval de ces grands projets j’ai compris la nature maffieuse et saboteuse de ce régime traitre, perfide et assassin. Pendant 20 ans de bataille et avec cette idée simpliste algérienne d’un président mal entouré, d’un ministre mal entouré, du mauvais œil des étrangers qui envient nos richesses et notre indépendance on finit par jeter l’éponge et remettre en cause l’histoire et la gouvernance de son pays. Nos malheurs ne sont pas une fatalité mais notre propre œuvre. Nous avons détruit notre pays par notre indolence, notre acceptation de l’assistance, notre refus de la lucidité et de la critique, notre penchant à la facilité et au mutisme tant que nous restons sages, corruptibles et brassant du vent dans un pays qui part en fumée.
Ceci n’est qu’un aperçu de la faillite morale et intellectuelle d’un pays sans gouvernance algérienne. Je peux étayer par d’autres exemples dans d’autres secteurs de l’économie ou de l’administration et montrer le comportement absurde des « cadres » algériens qui comme les décrit Malek Bennabi n’ont retenu de la civilisation occidentale que ses choses et avec la culture choséiste on ne fait qu’entasser des choses à l’image de ce qui ne se construit pas faute de cadre idéologique, de ligne d’orientation et de projet de civilisation.
Ce que j’ai appris du « petit peuple » algérien qui a travaillé avec moi c’est qu’il a une conscience aigue de ce qui se passe et de ce qui s’est passé. La corruption et le despotisme engendrent la médiocrité, la paresse et la corruption. Ce sont les seules armes de résistance que ce peuple a trouvé pour survivre ; les gouvernés comme les gouvernants convergent sur le court et le moyen terme au même objectif :
فَأَتَاهُمُ اللَّهُ مِنْ حَيْثُ لَمْ يَحْتَسِبُوا وَقَذَفَ فِي قُلُوبِهِمُ الرُّعْبَ يُخْرِبُونَ بُيُوتَهُمْ بِأَيْدِيهِمْ وَأَيْدِي الْمُؤْمِنِينَ فَاعْتَبِرُوا يَا أُولِي الْأَبْصَارِ
{Allah les Surprit par où ils ne s’attendaient pas, et Jeta l’épouvante dans leurs cœurs. Ils détruisent leurs maisons par leurs propres mains et par les mains des croyants. Tirez-en un exemple, ô doués de clairvoyance.} Al Hashr 2
Sur le long terme ce système va fatalement s’effondrer comme un château de cartes et ce peuple méprisé et déshumanisé va se débarrasser du vernis du Wahn qu’on lui a collé sur la peau. J’en ai grand espoir presque la certitude car je garde en mémoire le dévouement, la gentillesse et la capacité d’endurance des centaines, des milliers de personnes qui ont travaillé sous mes ordres dans des conditions difficiles sans que jamais on ne m’a manqué de respect ni refusé un ordre et sans que j’ai eu à exprimer mon autorité hiérarchique. Ce n’était pas ma position sociale mais mon autorité morale que les algériens, jeunes et vieux, ont admiré et respecté. Il est vrai que certains syndicalistes staliniens ou certains cadres corrompus me faisaient des crasses derrière le dos ou me surnommaient le prêtre quand ils faisaient des pétitions contre moi :
وَالْبَلَدُ الطَّيِّبُ يَخْرُجُ نَبَاتُهُ بِإِذْنِ رَبِّهِ وَالَّذِي خَبُثَ لَا يَخْرُجُ إِلَّا نَكِدًا كَذَٰلِكَ نُصَرِّفُ الْآيَاتِ لِقَوْمٍ يَشْكُرُونَ
{Et la bonne contrée, sa végétation pousse grâce au vouloir de son Seigneur, alors que dans celle qui fut mauvaise, elle ne pousse que dépérie. De même, Nous Varions les Signes pour des gens reconnaissants.} Al A’raf 58
L’Algérie terre de promesses et de moissons, réconciliée avec son identité trouvera le Ciel généreux pour la bénir et compenser ses souffrances et ses privations que les traitres lui ont fait porter et se relever pour édifier l’Algérie rêvé par ses Moudjahiddines, ses Oulémas, ses poètes, sa jeunesse et l’ensemble de ses braves gens. La clé pour se relever et redémarrer dans la rectitude est le jour où nous reviendrons au monothéisme pur et parfait « lâ ilâha illa Allah : Il n’y a point de divinité sauf Allah » en refusant de soumettre autrui ou de se soumettre au Taghut, en s’en remettant complètement à Allah, en ayant totale confiance en Lui, en mettant notre espoir en Lui, en ne demandant qu’à Lui et exclusivement à Lui. Allah (swt) a promis et Sa Promesse est vérité :
الَّذِينَ آمَنُوا وَلَمْ يَلْبِسُوا إِيمَانَهُمْ بِظُلْمٍ أُولَٰئِكَ لَهُمُ الْأَمْنُ وَهُمْ مُهْتَدُونَ
{Ceux qui sont devenus croyants et n’ont pas confondu leur foi d’une injustice, ceux-là auront la sécurité, et ils sont guidés.} Al An’âme 82
Le monde viendra se prosterner sous nos pieds car il a été créé pour qu’il soit assujetti à l’homme jouant sa vocation de Khalife, le libérateur civilisateur et non au paresseux, opprimé ou oppresseur :
لَقَدْ كَانَ لِسَبَإٍ فِي مَسْكَنِهِمْ آيَةٌ جَنَّتَانِ عَنْ يَمِينٍ وَشِمَالٍ كُلُوا مِنْ رِزْقِ رَبِّكُمْ وَاشْكُرُوا لَهُ بَلْدَةٌ طَيِّبَةٌ وَرَبٌّ غَفُورٌ
{Les Saba’ avaient dans leur demeure une Merveille : deux jardins, à droite et à gauche (de leur vallée). Mangez de ce qu’Allah vous A Octroyé, et soyez reconnaissants envers Lui. Un bon pays et un Seigneur Pardonneur.} Saba 15
Allah rassemble notre dispersion, facilite nos affaires et fais nous triompher de notre ego incitateur au trouble et au mal pour que nous puissions distinguer le vrai du faux, le licite de l’illicite, le juste de l’injuste, le bien du mal, l’ami de l’ennemi. Allah la sincérité est Ton épée qui finit de trancher mets-nous par Ta Miséricorde dans ce monde dans le camp des véridiques et fais-nous rejoindre dans l’autre monde les véridiques qui nous ont précédé. Amin
La Fatwa de Cheikh El Ibrahimi contre le Colonialisme
Maintenant que les savants de palais, les prédicateurs incultes et les pantins ont fini leurs jouissances et réjouissances sur les milliers de morts et les ruines de la Libye colonisée au nom des valeurs civilisatrices de l’Occident colonisateur et agresseur, se posent des questions qui vont appeler des réponses inévitables et irrévocables comme celles qu’a apportées Cheikh El Ibrahimi au colonialisme. Pour bien comprendre la portée universelle de la Fatwa du Cheikh Al Ibrahimi nous allons rapidement brosser le cadre qui se déssine après les conséquences de la Fatwa de Qaradhawi et ses adorateurs :
1 – Les va-t-en guerre musulmans appelant au meurtre n’ont jusqu’à ce jour fourni aucune justifications religieuses, idéologiques, politiques ou morale à leur alliance avec l’OTAN agressant un pays souverain. Peuvent-ils faire l’impasse sur les conséquences de la guerre?
2 – Les Analyses de savants musulmans comme Ramadan Al Bouti ou Cheikh Al Albani qui avec versets coraniques et hadiths réfutent l’aventurisme politique et l’improvisation du changement par la violence armée ainsi que le recours au colonialisme n’ont pas été écoutés et on ne leur a opposé que des opinions partisanes et sectaires sans fondement logique ni analyse géostratégique sur les enjeux et les conflits fomentés par l’impérialisme et ses vassaux. La voie de la lucidité va-t-elle l’emporter sur la confusion et l’irresponsabilité?
3 – Faisant fi qu’une révolution réussie ici ne peut être transposée mécaniquement ailleurs et surtout sans adhésion des couches moyennes, les Arabes ont montré la faillite de leur système de pensée et leur éloignement des réalités sociales. Ils ont été lamentablement manipulés comme des spectateurs face au petit écran regardant les illusionnistes et les magiciens du verbe et de l’image. Les images horribles mais réelles cachées sur la Libye, l’Irak, l’Afghanistan et autres guerres de Croisades ne vont-elle pas venir frapper le regard de l’humain et remplir son imaginaire d’horreurs intolérables qui vont inspirer à son imagination d’autres formes de résistance pour ne plus tolérer la présence du colonialisme?
4 – Faisons abstraction des intentions de la Charia en Libye dont personne n’a compris le contenu, les modalités et les nouveautés qui vont apporter plus de sécurité, de paix, de prospérité, de liberté dans un pays mis en ruines et en implosion sociologique. Quelle était l’intention d’organiser un défilé de mode et une exposition de mannequins occidentaux et arabes à une société en deuil, en perte de repères et choquée par l’exhibitionnisme de valeurs en contradiction avec ses traditions. Agressée et terrorisée, la société libyenne va-t-elle garder son mutisme et tolérer la présence des profanateurs et profanatrices qui ont souillé une seconde fois son sol après le lynchage de Omar al Mokhtar et celui de Mouammar al Kadhafi? Est-ce que les savants du Moyen-Orient connaissent la nature du colonialisme ? Est-ce le peuple libyen va se réapproprier sa mémoire anti-colonialiste?
6 – Charlie Hebdo juste après la fin de l’agression française contre la Libye, se laisse aller à son déversoir de haine pour exacerber les tensions sociales jouant sur la « défaite » refoulée des uns et l’émotionnel convulsif des autres : Il nous livre des caricatures, des blasphèmes, de l’humour de caniveau pour nous blesser et porter atteinte à la personne du Prophète (saws), aux symboles et valeurs de l’Islam comme si l’Islam est conquis, dompté, démantelé. Les Musulmans auront-ils l’intelligence de ne plus réagir par l’instinct mais de mobiliser leurs intelligences et de fédérer leurs compétences et apporter des réponses qui donnent à leur présence sur le sol français une lueur d’espoir pour le peuple français opprimé et paupérisé en leur offrant l’alternative islamique de résistance contre l’opression et les atteintes à la dignité de l’homme honoré par Dieu?
5 – Thomas R. Eddlem dans « the new american » du mardi 1er Novembre, citant des sources américaines, nous informe que l’Administration Obama travaille d’arrache pied pour la mise en place d’un OTAN arabe après l’expérience militaire réussie en Libye, l’expérience sécuritaire réussie au Bahreïn et la création d’un conglomérat militaire et économique englobant toutes les monarchies arabes du Golfe à l’Atlantique. Quelle est la prochaine cible : La Syrie, l’Algérie, l’Iran, le Liban, Gaza, le Pakistan ? Que feront les Musulmans ? Que diront les progressistes occidentaux?
Nous sommes donc à la veille de nouvelles trahisons, de nouvelles agressions et il est de notre devoir d’informer que malgré l’instrumentalisation de la religion par les rentiers, les médiocres et les bureaucrates et malgré les plans des haineux et des nostalgiques de l’Algérie française et des colonies, l’Islam demeure par son essence, son histoire, sa civilisation et ses grandes figures le Dine de la liberté et de la libération des Taghut et jamais il ne sera question pour cette oumma musulmane de se soumettre au colonialisme, à ses intimidations, à ses corruptions. Le colonialisme peut détruire des villes, assassiner des chefs d’États, liquider des opposants, diaboliser les Musulmans ou les criminaliser, il ne pourra détruire leur âme, leur mémoire et les grandes figures qui l’ont mis à nu et qui l’ont combattu comme Cheikh Mohamed Al Bachir Al Ibrahimi (1889 – 1965), ce patriote humble et ce militant dévoué contre le colonialisme en Algérie et hors des frontières de l’Algérie.
Suivons donc le parcours du libérateur et le regard du civilisé :
1 – Le colonialisme dans son intégralité est une infamie provenant de l’œuvre de Satan
« الاستعمار كُلُّه رجْسٌ من عمل الشيطان »
Partant du verset suivant
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِنَّمَا الْخَمْرُ وَالْمَيْسِرُ وَالْأَنْصَابُ وَالْأَزْلَامُ رِجْسٌ مِنْ عَمَلِ الشَّيْطَانِ فَاجْتَنِبُوهُ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ إِنَّمَا يُرِيدُ الشَّيْطَانُ أَنْ يُوقِعَ بَيْنَكُمُ الْعَدَاوَةَ وَالْبَغْضَاءَ فِي الْخَمْرِ وَالْمَيْسِرِ وَيَصُدَّكُمْ عَنْ ذِكْرِ اللَّهِ وَعَنِ الصَّلَاةِ فَهَلْ أَنْتُمْ مُنْتَهُونَ
O vous qui êtes devenus croyants, les boissons alcoolisées, les jeux d’argent, les idoles et les fiches ne sont qu’infamies, de l’œuvre de Satan, évitez-les donc, afin que vous cultiviez. Toutefois, Satan ne veut que semer parmi vous l’animosité et la haine dans les boissons alcoolisées, les jeux d’argent, vous rebuter de psalmodier le Nom d’Allah et de la prière. Ne finirez-vous donc pas ? Al Maidah 90
Cheikh Al Ibrahimi bien avant Al Khomeiny est celui qui a désigné le colonialisme de Satan et non seulement l’impérialisme américain. Al Ibrahimi nous montre les conséquences directes et tragiques du colonialisme en termes de débauche morale, de corruption sociale et de destruction de la civilisation. S’adressant à l’esprit musulman il invite l’esprit du Musulman à la vigilance s’il ne veut pas subir les ravages du colonialisme ou s’il veut s’émanciper de son emprise et se libérer de ses ruines :
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا ادْخُلُوا فِي السِّلْمِ كَافَّةً وَلَا تَتَّبِعُوا خُطُوَاتِ الشَّيْطَانِ إِنَّهُ لَكُمْ عَدُوٌّ مُبِينٌ
O vous qui êtes devenus croyants, entrez dans la paix en totalité et ne suivez point les pas de Satan. Il est pour vous un ennemi évident. Al Baqara 208
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا تَتَّخِذُوا عَدُوِّي وَعَدُوَّكُمْ أَوْلِيَاءَ تُلْقُونَ إِلَيْهِمْ بِالْمَوَدَّةِ وَقَدْ كَفَرُوا بِمَا جَاءَكُمْ مِنَ الْحَقِّ
O vous qui êtes devenus croyants, ne prenez pas Mon ennemi et votre ennemi comme protecteurs, quand vous sortez lutter pour Ma Cause et que vous recherchez Mon Agrément, en leur faisant preuve d’affection, alors qu’ils ont mécru en ce qui vous a été Révélé de Vrai Al Mumtahana 1
Dans la revue Al Bassair, à travers le contenu moral, spirituel et idéologique du Coran, Cheikh Taleb Al Ibrahimi – une des prestigieuses figures de l’Association des Oulémas algériens – montre que le colonialisme est une souillure morale, une profanation des valeurs de l’Islam et une infamie sociale et culturelle qu’il faut combattre au même titre qu’il faut combattre Satan l’inspirateur de tous les maux et de tous les fléaux :
« الاستعمارُ كلُّهُ رِجْسٌ من عَمَل الشيطان ، يَلْتَقِي القائمون به على سَجَايَا خبيثة ، ذو غرائزَ شَرِهةٍ ، ونظراتٍ عميقة إلى وسائل الافتراس ، وإخضاعِ الفرائسِ ، وأَهَمُّ تلك الوسائل َقتلُ الـمعنويات ، وتَخديرُ الاحساسات الروحية « .
« Le colonialisme dans sa globalité comme dans ses composants est une souillure provenant de l’œuvre de Satan, ses partisans se rencontrent sur ses propagations perverses celles-là même qui sont poussées par les instincts prédateurs voraces des colonisateurs et animés par les théories du colonialisme expertes dans la construction des instruments impitoyables de prédation et cultivées dans l’art de mettre en servitude les objets de leurs convoitises. Parmi ses moyens les plus redoutables, le colonialisme sape le moral des colonisés et anesthésie leurs sensibilités morales et spirituelles »
إِن فرنسا قذفَتْ هذا الوطنَ بأربعةِ أنواعٍ من القُوى مختلفةِ التأثير، مُتحدَّةِ الأثَر، متباعدةِ الميادين؛ ولكنها تَلْتقِي على هدَفٍ واحد وهو التمكينُ للاستعمار وأَنها حاربتهُ بأربعةِ أسلحةٍ بَشرية أَخفُّها فتكًا وأقصرُهَا مَدًى الجنديُّ ! «
En effet la France coloniale a pilonné l’Algérie avec quatre types de forces d’influences diverses mais coordonnées dans leur visée finale et étendue dans leur dimension et leur portée. En vérité un seul objectif est ciblé : La consolidation de la colonisation et la territorialisation du colonialisme. Dans la conjugaison de ces quatre forces de combat, les troupes d’occupation ne sont que l’aspect le plus visible mais le moins dévastateur et le moins durable sur le plan de l’effet social et historique sur le peuple algérien.
… » جاءت فرنسا إِِلى الجزائر بالراهب الاستعماري لتُفسِدَ على المسلمين دينَهم، وتَفْتِنَهُم به عن عقائدهم، وتُشكِّكَهم بتَثليثه في توحيدهم، وتُضَار في ألسنهم كلمةَ « الهادي » بكلمة » الفادي » ذلك كلُّه بعدمَا أمَدَّتْهُ بالعون، وضَمِنَتْ له الحريةَ، وكَفَرتْ به هُناكَ، لتؤمن به هنا « .
« La France est venue en Algérie avec son missionnaire évangéliste colonisateur pour corrompre l’islamité des Algériens, les pousser à douter de leur foi et de leurs valeurs, et provoquer la sédition et le désordre au sein des Musulmans. Elle est venue pour effacer de leur mémoire et de leur langue le Nom d’Allah Al Hadi (Celui qui donne la Guidance) par le nom de leur icône déifié « le Rédempteur » en donnant à ce missionnaire l’appui logistique, le soutien militaire après avoir nié Jésus là-bas et décidé de l’imposer ici »
وجاءتْ بالـمعلم « الاستعماري » ليُفْسِدَ على أبناءِ المسلمين عقولَهم ، ويُلْقِيَ الاضطرابَ في أفكارهم ، وَيستنزلَهُم عن لغتهم وآدابهم، ويُشوِّهَ لهم تاريخَهم ويُقلِّلَ لهم سلَفهم في أَعينهم، ويُزهِّدَهُم في دينهم ونبيِّهم ويُعلِّمهم _ بعد ذلك _ تعليمًا ناقصًا: هو شر من الجهل!!
La France est venue avec l’éducation « colonisatrice » et la science « colonialiste » pour corrompre les esprits des fils des Musulmans et semer le trouble dans leurs pensées, pour déposer leur conscience, leur langue et leur littérature au profit de celles de la France, pour falsifier et dénaturer leur histoire et réduire le rôle et l’importance de leurs ancêtres à leurs yeux fascinés par d’autres figures, pour les inciter à renoncer à leur religion. L’enseignement colonial vise à créer une pensée handicapée dont les effets sur la personnalité sont pires que ceux de l’ignorance.
وجاءت بالطبيب « الاستعماري » ليُحافظَ على صِحَّة أبنائها قبلَ كلِّ شيء بآية أنه لا يكونُ إلا حيثُ يكون الأوروباويون ، لا في المداشر التي يسكُنها الألوفُ من المسلمين وحدَهم، ولا في القبائل المتجاورة التي تعد عشرات الألوف منهم ، أما هذا الطبيب الاستعماري بالنسبة إلى المسلمين فكأنما جاء ليُداويَ علَّةً بعلل ، ويَقْتُلَ جرثومةً بخلْق جَراثيم، ويجرب معلوماته فيهم كما يُجرِّبها في الأَرانب، ثم يَعيشُ على أمراضهم التي مكن لها الاستعمار بالفقر والجهل.
« La France est venue avec le médecin colonialiste dont la vocation première est de préserver la santé de la population européenne et de ce fait il ne s’installe que là ou s’installe la colonie de peuplement européen ou européanisé. Il n’a pas la préoccupation d’être auprès des campagnes, des tribus et des douars peuplés par les millions de Musulmans. Si la médecine colonialiste intervient dans la population musulmane c’est comme si sa vocation n’est pas de soigner mais d’inoculer des maux nouveaux à la place d’un mal ancien, d’éradiquer un microbe en cultivant à sa place d’autres microbes, d’expérimenter ses nouveaux savoirs et ses nouveaux remèdes sur une population musulmane devenue cobaye humain. Tous ces désastres ne suffisent pas, il faut encore que le médecin français s’enrichissent sur le dos des malheurs des autochtones musulmans que le colonialisme a précarisé sur le plan sanitaire par l’instauration de la pauvreté et de l’ignorance. »
إن الاستعمار القائم على الجندي، والمعلم، والطبيب، والراهب، هَيكلٌ حيوانيٌّ يَمشِي على أربع… وإن الاستعمار قد قَضَى بواسطة هؤلاء الأربعة على عشرةِ ملايين من البشر، فَرمَى مَواهبَهم بالتعطيل ، وعُقولَهم بالخمود، وأذهانَهم بالركود، وأفكارَهم بالعقم، وأضاع على الإنسانية بضياعهم عشرَةَ ملايين من المواهب، والعقول، والأذهان، والأفكار، وهي رأسُ مالٍ عظيم كانت تستعينُ به- لولا الاستعمار- على الخيْر العام والمنفعة، وتنتفعَ به في إقامة دعائم المدنية، فَما أشْأَمَ الاستعمارَ على الإنسانية « !!!.. »
« Il est certain que le colonialisme institué sur le soldat, le missionnaire, l’enseignement et le médecin est une structure animale prédatrice marchant sur quatre pattes. C’est par ces quatre moteurs que le colonialisme a mis en panne les talents, les possibilités et le génie de millions de musulmans. Il a ainsi pu saper leur effort, figer leur mental, rendre inerte leur cognition, rendre stériles leurs idées. Il a ainsi privé l’humanité de millions de potentialités en énergie créatrice, en cerveau fécond, en mental imaginatif, en idée généreuse qui sont un prodigieux capital dont l’humanité aurait profité et utilisé pour résoudre ses problèmes mais que le colonialisme a saboté, détruit, détourné du bien pour laisser les collectifs humains sans ressources capables d’ériger des cités, de promouvoir des civilisations et de se mettre au service de l’humanité. Le colonialisme est la forme la plus pessimiste et la plus cynique dans la destruction de l’humain. »
2 – Le colonialisme et l’Islam
الاستعمار والإسلام
Le colonialisme a combattu l’Islam car il était et il demeure l’obstacle authentique et irréversible à la colonisation, à son expansion, à ses causes et à ses effets sur le monde musulman et non musulman :
جاءَ الاستعمار الَّدنِسُ الجزائرَ يَحْمِلُ : السيفَ والصليبَ، ذلك للتمكُّن.
Le colonialisme, impur et profanateur, est venu en Algérie portant l’épée dans une main et la croix dans l’autre main afin de s’implanter comme colonisation de peuplement.
وهذا للتمكين ، فَملَكَ الأرضَ واسْتَعْبَدَ الرقابَ، وفَرضَ الجِزي ، وسخَّر العقولَ والأبدانَ، ولو وقَفَ عند حدُود الدُّنيويات لقلْنَا : تلك هي طبيعةُ الاستعمار الجائع، تدفعه الشهواتُ إلى اللذات ، فيجْرِي إلى مَداها وَيقف، وتدفعه الأنانيةُ إلى الحيوانيةِ فيلتقمُ ولا ينتقمُ، ولكنه كان استعمارًا دينيًّا مسيحيًّا عاريًّا، وَقَفَ للإسلام بالمرصاد من أول يوم ، وانتَهكَ حُرُماته من أول يومٍ فابَتزَّ أموالَهُ الموقوفةَ بالقَهْر وتصرَّفَ في مَعابِدهِ بالتحويل (جامع كتشاوة مثلا) والهدم، وتحكم في الباقي منها بالاحتكار والاستبداد، وتدخَّل في شعائره بالتضييق والتشديد ، كلُّ ذلك بروح مسيحيةٍ رومانية تُشِعُّ بالحِقد، وتَفُورُ بالانتقام، ولم يكتف بذلك حتى احتضَنَ اليهوديةَ، وحَمَى أهلَها، وأَشْرَكَهُم في السيادة ليؤلِّبها مع المسيحية على حرب الإسلام، ويُجنِّدَها في الكتائب المُغيرة عليه.
Pour dominer l’Algérie et consolider son pouvoir : Il a pris possession de ses terres, il a opprimé et asservi ses habitants, il a imposé des impôts et des taxes, il a assujetti les esprits et les corps. S’il s’était confiné aux seuls aspects mondains et matériels nous aurions dit que telle est la nature du colonialisme : La prévarication et la voracité de l’affamé cherchant sa proie, l’être poussé par ses instincts bestiaux qui veut jouir des biens terrestres à n’importe quel prix. Nous aurions compris qu’une fois ses appétits satisfaits, il prenne une pause et comprenne qu’il est naturel que son égoïsme pousse la victime et le spolié à chercher à se venger de lui et non que triomphe sur lui la bête qui l’habite et qu’il se venge de sa bestialité insatiable sur sa victime et ceux qu’il a spolié.
Mais le colonialisme français est un colonialisme de nature religieuse : Un évangélisme intégriste. Cet intégrisme a ciblé l’Islam dès le premier jour de son projet colonisateur, il a porté atteinte à ses valeurs sacrées, il a profané les lieux de culte les transformant en Église et en Écurie pour ses armées, il a pratiqué la rapine sur les biens des fondations pieuses musulmanes en utilisant la contrainte par la force des armes et des lois scélérates. Après avoir démoli sans droit ce qui lui semblait de son droit à démolir par la force de ses armées il s’est attaché à installer son monopole sur les richesses et les biens et à asservir et à opprimer les Musulmans dépossédés de leurs biens et de leurs droits. Poussé par son esprit à la fois évangéliste inquisiteur, romain revanchard et manichéen rempli de haine et d’éradication de l’autre, il a traqué le culte musulman dans toutes ses expressions, ses hommes et ses institutions. En dépit de tout cela il s’est renforcé dans sa lutte contre l’Islam en se montrant généreux avec les Juifs et le judaïsme au détriment des Musulmans. Les Musulmans furent chassés et exclus alors que les Juifs furent rapprochés, consultés et impliqués en leur faveur dans le processus de la colonisation de l’Algérie. Ainsi ils ont réalisé l’alliance des Livres falsifiés contre le Livre intègre.
وقَد اطمأنتْ إلى أن الشعبَ الجزائريِّ قد مَات كما صَرَّح بذلك أحدُ ساسَتِها الكبار في خطبةٍ ألقاهَا على مُمثلي الأمَم في المهرجان الذي أقَامتْه في عِيدِها المئويِّ لاحتلال الجزائر، وكان مما قالَ:( لا تظنُّوا أنَّ هذه المهرجاناتِ من أجْل بلوغِنَا مائةَ سنةٍ في هذا الوطن، فقدْ أَقامَ الرومان قبْلَنَا فيه ثلاثَة قرونٍ، ومعَ ذلك خرَجُواْ منه، ألا فلتعلموا أن مَغزَى هذه المهرجانات هو تشييعُ جنازة الإسلام بهذه الديار ) .!!
« Lors de la célébration du centenaire de la colonisation, la France était persuadée que le peuple algérien était définitivement mort comme le proclamait un de ses notables dans son discours devant les délégués des nations occidentales. Entre tout ce qu’il a dit il faut prêter attention à ce passage : « Ne pensez pas que ces festivités sont destinés à célébrer les 100 ans de notre présence dans ce pays. Les Romains y sont restés avant nous plus de trois siècles mais ils ont fini par le quitter. Ce que vous devez savoir sur l’enjeu stratégique de cette commémoration grandiose c’est l’enterrement définitif de l’Islam dans ces contrées… »
3 – L’alliance avec le colonialisme est sédition contre l’Islam
موالاة المستعمر خروج عن الإسلام
Dès le début de la révolution algérienne contre le colonialisme, le discours du Cheikh El Ibrahimi a apporté son soutien religieux et militant. Il s’est lancé dans la lutte idéologique et psychologique menée par l’impérialisme qui cherchait à miner la dynamique et l’unité du mouvement de libération du peuple algérien opprimé. Il appelait tous les peuples opprimés à résister et à exprimer leur méfiance et leur défiance envers le colonialisme. Il a montré la vocation universelle de l’Islam que ne peuvent changer ni Qaradhawi ni Al Belhadj en donnant crédit au soutien de l’OTAN aux séditieux libyens bafouant les règles de l’Islam et souillant dans leur bouches le Nom majestueux d’Allah qui a fait entrer Mohamed (saws) entrant à la Mecque en toute humilité sans verser une goutte de sang. Durant son séjour au Caire Cheikh Al Ibrahimi a dénoncé les partisans des alliances ou des compromissions avec le colonialisme et a refusé toute justification politique ou religieuse de collaboration.
Il a promulgué une Fatwa qui reste jusqu’à aujourd’hui opportune, pertinente et cohérente.
فتوى الشيخ البشير الإبراهيمي
Fatwa du Cheikh Mohamed Al Bachir Al Ibrahimi – Le Caire 1955
بسم الله الرحمن الرحيم
إذا قلنا: « إنَّ موالاةَ المستعمِر خروجٌ عن الإسلام » فهذا حكمٌ مجمَل، تفصيلُه أنَّ الموالاة مفاعلةٌ أصلُها الولاء أو الولاية، وتمسّها في معناها مادة التّولّي، والألفاظُ الثلاثة واردة على لسان الشرع، منوطٌ بها الحكم الذي حكمنا به وهو الخروجُ عن الإسلام، وهي في الاستعمال الشرعيِّ جاريةٌ على استعمالها اللّغوي، وهو في جملته ضدُّ العداوة، لأنَّ العربَ تقول: « وَالَيْتُ أو عاديت، وفلان وليّ أو عدّو، وبنو فلان أولياء أو أعداء »، وعلى هذا المعنى تدور تصرّفات الكلمة في الاستعمَالَين الشرعيّ واللغويّ.
Au Nom d’Allah, le Miséricordeur, le Miséricordieux
Si nous disons que « l’acceptation de la tutelle du colonisateur » ou « l’alliance avec le colonisateur » est apostasie dans l’Islam nous énonçons un jugement global. Dans le détail il faut savoir que la tutelle suppose l’allégeance, l’acceptation, la protection. Ces trois termes appliqués au colonisateur sont en contradiction avec la loi coranique. Sur le plan sémantique le Walâ a pour antonymes l’agression et la transgression. Toujours dans le détail mais sur le plan lexical et sémantique le colonialisme ne peut par sa qualité intrinsèque d’agresseur et de transgresseur être un allié ou un tuteur
وماذا بين الاستعمَار والإسلام من جوامعَ أو فوارق حتى يكونَ ذلك الحكم الذي قلناه صحيحاً أو فاسداً؟
D’une manière plus précise et sans équivoque quels sont les points ou les lignes de convergence ou de rupture entre l’Islam et le Colonialisme pour que notre jugement précédent sur l’incompatibilité entre l’Islam et le colonisateur soit juste ou faux d’une manière évidente et incontestable :
إنَّ الإسلامَ والاستعمار ضدّان لا يلتقيان في مبدإٍ ولا في غاية، فالإسلام دينُ الحرية والتحرير، والاستعمار دين العبودية والاستعباد، والإسلام شرع الرحمةَ والرفق، وأمر بالعدل والإحسان، والاستعمار قوامُه على الشدّة والقسوة والطغيان، والإسلام يدعو إلى السلام والاستقرار، والاستعمار يدعو إلى الحرب والتقتيل والتدمير والاضطراب،
L’Islam et le colonialisme sont deux antagonismes qui ne peuvent jamais se rencontrer. L’Islam est la religion de la liberté et de l’émancipation alors que le colonialisme est la religion de la servitude et de l’asservissement. L’Islam a instauré la miséricorde et la bienveillance et il ordonne la pratique du bien et de la justice alors que le colonialisme repose sur la dureté, la tyrannie et la transgression. L’Islam appelle à la paix et à la stabilité, pendant que le colonialisme appelle à la guerre, au meurtre, à la destruction et aux crises.
والإسلام يُثبت الأديانَ السماوية ويحميها، ويقرّ ما فيها من خيرٍ ويحترم أنبياءَها وكتبَها، بل يجعل الإيمانَ بتلك الكتبِ وأولئك الرّسل قاعدةً من قواعده وأصلاً من أصوله، والاستعمار يكفُر بكلّ ذلك ويعمَل على هدمه، خصوصاً الإسلام ونبيّه وقرآنه ومعتنقيه.
L’Islam confirme les religions révélées dont il assure la protection, reconnait ce qu’elles contiennent comme bienfaits qu’elles professent, il respecte les Prophètes qui y sont mentionnées et vénère les livres saints. Plus encore, l’Islam a fait de la croyance des livres saints et des Prophètes de ces religions, une de ses bases et l’un de ses principes. Par contre le colonialisme renie tout cela et travaille à ruiner ces principes et plus particulièrement ceux de l’Islam dont il combat l’essence, le Prophète, le Coran et les adeptes.
نستنتِج من كلّ ذلك أن الاستعمارَ عدوّ لدودٌ للإسلام وأهلِه، فوجَب في حكم الإسلام اعتبارُ الاستعمار أعدَى أعدائِه، ووجب على المسلمين أن يطبِّقوا هذا الحكمَ وهو معاداةُ الاستعمار لا موالاته.
Aussi, nous déduisons de tout cela que le colonialisme est le pire ennemi de l’Islam et des Musulmans et par voie de conséquence il est de l’obligation de tous les gens de confession musulmane de considérer le colonialisme comme l’un de ses plus grands ennemis et par conséquent il ne peut y avoir acceptation de sa tutelle, de son alliance ou d’une allégeance à son égard.
الاستعمارُ الغربيّ ـ وكلّ استعمارٍ في الوجود غربيّ ـ يزيد على مقاصدِه الجوهريّة وهي الاستئثار والاستعلاء والاستغلال مقصداً آخرَ أصيلاً وهو محوُ الإسلام من الكرة الأرضية خوفاً من قوّته الكامنة، وخشيةً منه أن يعيدَ سيرتَه الأولى كرةً أخرى.
Le colonialisme occidental, d’ailleurs tout colonialisme dans cette existence est occidental, en plus des mobiles fondamentaux, d’égoïsme, de vanité, et d’exploitation, communs à tous les impérialismes, en a un autre qui lui appartient en propre : Effacer toute trace de l’Islam de la surface de cette planète, car il craint de le voir rétablir sa puissance d’antan et restaurer sa grandeur passé.
وجميعُ أعمال الاستعمار ترمي إلى تحقيق هذا المقصد، فاحتضانُه للحركاتِ التبشيرية وحمايتُه لها وسيلةٌ من وسائل حربِه للإسلام، وتشجيعُه للضالين المضلّين من المسلمين غايتُه تجريد الإسلام من روحانيته وسلطانه على النفوس، ثم محوُه بالتدريج، ونشرُه للإلحاد بين المسلمين وسيلةٌ من وسائل محوِ الإسلام، وحمايتُه للآفات الاجتماعية التي يحرّمها الإسلام ويحاربها كالخمر والبغاء والقمار ترمي إلى تلك الغاية، ففي الجزائر ـ مثلاً ـ يبيح الاستعمارُ الفرنسيّ فتحَ المقامِر لتبديد أموال المسلمين، وفتحَ المخامر لإفساد عقولهم وأبدانهم، وفتحَ المواخير لإفساد مجتمعهم، ولا يبيح فتحَ مدرسةٍ عربيّة تحيِي لغتَهم أو فتحَ مدرسةٍ دينيّة تحفَظ عليهم دينَهم.
Toutes les actions du colonialisme tendent vers la réalisation de ce but en l’occurrence la tutelle qu’il impose aux multitudes humaines. L’adoption des mouvements évangélistes et la protection qu’il leur apporte, ne sont que des moyens dans sa lutte contre l’Islam et dans sa tentative de dépouiller le Musulman de la spiritualité et de la force civilisationnelle de l’Islam afin de le détruire graduellement. C’est dans ce sens qu’il faut situer les encouragements qu’il prodigue aux musulmans qui ont dévié du droit chemin, et qui cherchent à en tromper d’autres. Les égarés et les séducteurs ont pour but de prêcher l’athéisme chez les Musulmans ou de cultiver les tares morales et sociales proscrites et combattues par l’Islam, telles l’alcoolisme, la prostitution et les jeux de hasards. A travers ces moyens le colonialisme poursuit toujours le même but : L’anéantissement de l’Islam. En Algérie par exemple, le colonialisme français autorise les jeux de hasard pour détruire la foi des musulmans…, c’est pour la même raison qu’il permet la multiplication des débits de boisson et bien d’autres choses. Par contre, il s’oppose à l’ouverture d’une médersa arabe, par les Algériens, pour assurer la pérennité de leur langue, ou à la création d’une école religieuse, pour sauvegarder les préceptes de leur religion.
ويأتي في آخر قائمةِ الأسلحة التي يستعمِلها الاستعمارُ الغربيّ لحرب الإسلام اتّفاقُه بالإجماع على خلقِ دولةِ إسرائيل في صميمِ الوطَن العربي، وانتزاعِ قطعةٍ مقدّسة من وطن الإسلام وإعطائها لليهود الذين يدينون بكذِب المسيح وصلبِه، وبالطعن في أمّه الطاهرة.
Dans sa stratégie de lutte contre l’Islam la dernière trouvaille du colonialisme occidental est la création de l’État d’Israël au cœur du monde arabe et l’arrachement d’une partie des lieux saints de la nation musulmane pour l’offrir aux Juifs dont la dévotion consiste à faire mentir le Messie, à prétendre à sa crucifixion et à diffamer sa mère chaste et pure.
فالواجبُ على المسلمين أن يفهَموا هذا، وأن يعلَموا أنَّ مَن كان عدوًّا لهم فأقلّ درجاتِ الإنصاف أن يكونوا أعداءً له، وأنَّ موالاتَه بأيّ نوعٍ من أنواع الولاية هي خروجٌ عن أحكام الإسلام، لأنَّ معنى الموالاةِ له أن تنصرَه على نفسِك وعلى دينِك وعلى قومِك وعلى وطنِك.
Ceci dit, les Musulmans doivent comprendre tout ces enjeux et savoir que la vigilance la plus élémentaire leur recommande d’éprouver, par esprit d’équité et de réciprocité, pour le moins, les mêmes sentiments d’hostilité que leur ennemi éprouve envers eux. Leur allégeance loyale et leur alliance sous n’importe quelle forme envers le colonialisme, leur ennemi, est une transgression des principes sacrés de l’Islam. Celui qui accepte ou tolère la tutelle colonialiste signifie ici, qu’il a accepté de se détourner de sa religion et de faire triompher l’ennemi de sa religion sur sa propre personne, sa génération, son peuple et sa patrie.
والمعاذِير التي يعتَذر بها المُوالون للاستعمار كالمداراة وطلبِ المصلحة يجب أن تدخُل في الموازين الإسلامية، والموازينُ الإسلاميّة دقيقةٌ تزِن كلَّ شيء من ذلك بقَدرِه وبقَدرِ الضرورة الداعيَة إليه، وأظهرُ ما تكون تلك الضروراتُ في الأفراد لا في الجماعات ولا في الحكومات.
Les excuses et les justifications auxquelles ont recours les vassaux du colonialisme tel que le recours à l’administration compétente ou l’attraction des bienfaits pour la communauté doivent être remises dans leur contexte et évaluées avec minutie par les règles islamiques en la matière. Ces règles sont strictes, détaillées et ne permettent aucun fourvoiement ni louvoiement. La nécessité qui fait loi pour justifier l’alliance ou l’allégeance n’est valide que pour des cas particuliers et à titre individuel et ponctuel et en aucun cas à titre collectif au niveau des groupes ou des gouvernements musulmans
وموالاةُ المستعمِر أقبحُ وأشنَع ما تكون من الحكومات، وأقبحُ أنواعِها أن يُحالَف حيث يجب أن يُخالَف، وأن يُعاهَد حيث يجب أن يُجاهَد، وأقبحُ ما فيها من القبح أن يُحالَف استعمارٌ على حربِ استعمار.
Un des aspects les plus infâmes de l’allégeance envers le colonialisme, c’est de s’allier à lui en qualité de gouvernant. Une des pires et infâmes alliances avec le colonialisme, c’est celle qui est faite au moment où il faudrait s’opposer à lui et de lui tendre la main au moment où il faudrait le combattre. Ce qui dépasse le comble de l’infamie c’est de pactiser avec ton colonisateur lorsqu’il livre bataille contre un autre colonisateur alors chacun ne veut que te mettre sous sa domination coloniale.
وقد كانَتِ الحروب قبلَ اليوم لمعانٍ بعضُها شريف، وقد يكون أحدُ الجانبَين فيها على حقّ، أما هذه الحروب التي لا تنتهي الواحدةُ منها إلا وهي حاملٌ مُقْرِب بأخرى أشدَّ منها هولاً وأشنعَ عاقبةً، فلم يبقَ فيها شيء من معاني الشّرفِ ولا من معاني الرّحمة ولا من معاني الكرامَة الإنسانيّة، وإنما هي حربٌ مجنونة يبعثُها حبُّ الاستعلاء والتسلّط على الضعفاء، والاستئثار بخيراتِ أرضهم، والضعفاءُ دائماً هم الأدوات التي تقَع بها الحرب، وتقَع عليها الحرب، فهم في السِّلم محلُّ النزاع، وفي الحربِ ميدان الصّراع.
Par le passé, avant le colonialisme occidental, les guerres pouvaient avoir d’autres mobiles et d’autres significations. Certaines guerres étaient nobles par leur cause et les partisans d’un camp pouvaient être du côté du droit. Mais ces guerres qui s’enchainent sans interruption, l’une appelant la suivante en plus dure et moins juste et avec des conséquences plus néfastes et plus désastreuses n’ont aucun soupçon d’honneur, de vérité, de miséricorde, de justice ou de dignité humaine. Nous sommes face à des guerres de folies, d’absurdité et de cruauté alimentées par l’arrogance, le despotisme, la domination des faibles et la spoliation de leurs biens et des richesses de leurs terres. Ce sont toujours les faibles et les opprimés qui sont utilisés comme instruments dans les machines guerrières, ce sont eux qui subissent les conséquences des guerres. Dans la paix ils sont l’alibi pour déclarer la guerre, et dans la guerre ils sont le terrain d’affrontements où se règlent les conflits des autres.
لا مِثال للبلاهةِ والبَلادة أوضح من محالفة الضعيفِ للقويّ إلا إذا صحّ في الواقع وفي حُكم العقل أن يحالِف الديكُ النسر، أو تحالِفَ الشاة الذئب.
Il ne peut y avoir exemple plus éloquent en matière de stupidité et de lâcheté que de voir l’opprimé faire alliance avec son oppresseur à moins que la réalité du monde et la logique de la raison nous prouvent l’alliance de la colombe avec l’aigle et celle de l’entente l’agneau avec le loup.
كيفَ نحالِف الأقوياءَ وقد دلّت التجاربُ أنهم إنما يحالفوننا ليتَّخذوا من أبنائنا وقوداً للحَرب، ومن أرضِنا ميداناً لها، ومن خيراتِ أرضنا أزواداً للقائمين بها، ثم تنتهي الحربُ ونحن المغلوبون الخاسرون على كلّ حال، وقد تكرّرت النذُر فهل من مُدَّكِر؟!
Pourquoi faire allégeance aux puissants alors les expériences prouvent qu’ils ne s’allient à nous que pour prendre nos enfants comme chair à canon, nos géographies comme zone de conflits et d’affrontements à leurs guerres coloniales, nos terres comme ressources pour asseoir leur puissance et leur domination. Puis lorsque la guerre s’achève, le plus grand perdant et le plus grand vaincu c’est toujours nous et ce quelque soient les mobiles ou les circonstances des guerres coloniales. Combien d’avertisseurs sont venus nous réveiller est-ce que parmi nous il y en a qui se souviennent ?
أيّها المسلمون أفراداً وهيئات وحكومات: لا توالُوا الاستعمارَ فإنَّ موالاتَه عداوةٌ لله وخروجٌ عن دينه.
O musulmans ! O organisations musulmanes ! O gouvernements islamiques, ne manifestez aucun sentiment d’attachement pour le colonialisme, car ce serait commettre une rébellion contre Allah, une agression contre le genre humain et vous seriez des hérétiques séditieux envers l’Islam.
ولا تتولّوه في سِلم ولا حَرب فإنَّ مصلحتَه في السِّلم قبل مصالحكم، وغنيمَته في الحرب هي أوطانُكم. ولا تعاهِدوه فإنّه لا عهدَ له. ولا تأمَنوه فإنّه لا أمانَ له ولا إيمان
Ne soyez pas alliés à ses côtés, ni en temps de paix, ni en temps de guerre, car en temps de paix, il fait passer son intérêt avant les vôtres, et en cas de guerre ce sont vos patries qui seront son butin. Ne contractez aucune alliance avec lui car il ne respecte pas ses engagements ; n’attachez aucune foi en ce qu’il dit, car certainement sans foi ni loi il n’est garant d’aucune sécurité ou protection pour vous.
إنَّ الاستعمارَ يلفِظ أنفاسَه الأخيرة فلا يكتُبْ عليكم التاريخُ أنّكم زِدتم في عمره يوماً بموالاتكم له.
ولا تحالِفوه فإنَّ من طَبعِه الحيوانيّ أن يأكلَ حليفَه قبلَ عدوِّه.
Le colonialisme laisse échapper ses derniers soupirs. Que l’histoire ne soit pas un témoignage contre vous en lui donnant par votre allégeance un jour supplémentaire d’existence sur terre. Ne vous alliez pas à lui, car sa nature bestiale le pousse à dévorer son allié avant de dévorer son ennemi.
والسلام عليكم ورحمة الله وبركاته.
Salutations à vous et que la Miséricorde d’Allah et Ses Bénédictions soient sur vous.
Cheikh Bachir El Ibrahimi
4 – Conclusion : Question cruciale
Tous les savants musulmans disent qu’une Fatwa ne change que si changent le temps, le lieu, l’homme et les conditions car elle doit être une réponse concrète et réaliste sans bien entendu être en contradiction avec le Coran, la Sunna et les coutumes du peuple recevant cette Fatwa. Entre la Fatwa de Cheikh Mohamed Al Bachir Al Ibrahimi et celle de Qaradhawi, quels sont les changements survenus dans le temps, le sol, l’homme et les conditions sociales, idéologiques, politiques, économiques et militaires pour supposer que le colonialisme a changé et que le monde musulman est bi khayr (il se porte bien) et que le recours au colonialisme n’est pas une guerre contre l’Islam, une sédition contre le Prophète de l’Islam, une trahison au Livre de l’Islam, une atteinte à la liberté et à la dignité de la communauté de l’Islam…
Si Ali Belhadj n’est pas capable de voir la portée désastreuse de ses paroles irresponsables sur l’avenir de l’Islam et de la lutte anti impérialiste dans une Algérie livrée à la prédation capitaliste ni sur la répulsion qu’il provoque sur les couches moyennes en cautionnant le lynchage de Kadhafi et en se taisant sur les crimes de l’OTAN, je l’invite fraternellement à faire preuve de lucidité, au delà de celle qu’aurait du lui apporter ses longues années de prison, de privation de droits civiques, d’atteinte à sa propre chair. Il doit méditer dans une retraite spirituelle et voir trois choses horribles. Toutes proportions gardées, il est dans le même isolement au sein du mouvement islamique que l’était Kadhafi au sein de la communauté internationale. Il n’est pas à l’abri du même lychage médiatique puis physique, que je ne lui souhaite pas, par les confréries maraboutiques et les salafistes monarchistes corrompus par l’économie de marché et qu’il ne doit cette relative liberté de parole, de mouvement et de rester en vie que par la volonté d’un régime qui n’a plus peur de lui et qui le laisse jouer le rôle de repoussoir. Enfin c’est ce colonialisme et ses agents qui ont annulé les élections remportés par le FIS, qui ont dissous le FIS et qui ont plongé l’Algérie dans une décénie noire et rouge; ce sont ce même colonialisme et ses mêmes agents qui ont lynché Kadhafi et livré la Libye à un scénario qui ne peut rentrer dans l’imagination d’un homme qui ne puise pas ses sources de lecture et de reflexion dans la tragédie algérienne face au colonialisme.
Il ne suffit pas d’être un érudit comme Qaradhawi ou une icone comme Belhadj qui fait passer ses opinions partisanes pour une Fatwa, il faudrait être comme Al Ibrahimi, être au coeur de la lutte contre le colonialisme et incarner l’histoire tragique, le sol spolié, la mémoire violée et un peuple opprimé pris entre les 4 pattes du colonialisme et les deux machoires du despotisme qui sont la corruption et l’arbitraire. Il faut de la lucidité et de la probité morale pour voir l’évolution et les métamorphoses de ces quatre pattes qui n’ont ni changé de nature ni changé la nature de la bête cruelle cupide et vorace qu’elles portent au dessus de nos têtes.
Il suffit d’être un insensé ou un agent conscient ou inconscient de la rente religieuse, politique et économique pour donner un souffle de vie à un système colonialiste en agonie et en quête de proie pour survivre. Comme un rat s’il ne mange pas 24 heures, il meurt. C’est un grand haram que de le nourrir sur le dos de la communauté musulmane alors que sa nature est de proliférer pour dévorer ses biens, ses enfants et lui apporter la peste, le choléra et le typhus!
C’est un désastre pour la pensée musulmane que de ne pas voir que la Fatwa incitant au meurtre et la barbarie qui a suivi le lychage de Kadhafi ne soient pas comprise comme une volonté colonialiste de stopper les révolutions et de criminaliser les mouvements se réclamant de l’Islam incompatible avec le colonialisme et le capitalisme. C’est un dégat inimaginable pour l’avenir de la communauté musulmane et la souveraineté nationale quand on voit les élites musulmanes alors qu’elles sont dans l’opposition, solliciter le secours et l’assistance du colonialisme. En effet le citoyen est en droit de se poser la question légitime : Si ces gens là arrivent au pouvoir avec cette mentalité et se trouvent confrontés au respects des traités internationaux, aux relations internationales, aux complexités de la gouvernance, ils feront pire que les despotes qui nous gouvernenent car ils n’ont pas conscience des enjeux ni de la lutte idéologique ni des pressions politiques, diplomatiques, militaires et économiques que les 4 pattes et les deux machoires du colonialisme leur feront subir jusqu’à céder toute parcelle de souveraineté pourvu qu’on ne touche pas à la barbe, à la gandoura, aux mosquées et au slogan « l’Islam est la religion de l’Etat« . Un état qu’ils sont incapables d’édifier ou de gouverner tant qu’ils n’ont pas d’idées claires sur la réalité du monde et sur leurs lacunes idéiques et leurs défaillences idéologiques.
Omar Mazri – Auteur, Ecrivain
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Les cinq maitres du Tamkine (territorialisation)
ٱلَّذِينَ إِن مَّكَّنَّـٰهُمْ فِى ٱلْأَرْضِ أَقَامُوا۟ ٱلصَّلَوٰةَ وَءَاتَوُا۟ ٱلزَّكَوٰةَ وَأَمَرُوا۟ بِٱلْمَعْرُوفِ وَنَهَوْا۟ عَنِ ٱلْمُنكَرِ وَلِلَّهِ عَـٰقِبَةُ ٱلْأُمُورِ
Ceux qui, si Nous leur Accordons pouvoir sur terre, accomplissent la Salat, s’acquittent de la Zakat, commandent le bon usage et interdisent le répréhensible. Et c’est à Allah qu’appartient l’issue des choses. Al Hajj – v41
Si nous devions étudier le sens et la mise en application de ces versets, nous y passerons notre existence sans épuiser le champ de leur possibilités et leur signification. Je vais juste montrer une application méthodologique et politique en terme de gouvernance moderne à travers le terme coranique de Tamkine (pouvoir sur terre, position territoriale) et ses impacts sur le plan de l’aménagement du territoire, de la planification économique, du développement urbain et industriel, et de l’indépendance nationale.
Définition globale
Le Tamkine ou la territorialisation au sens coranique, même si nous la traduisons par « pouvoir sur terre » a une signification plus large : Donner à la communauté l’autorité, les moyens et les facultés de s’établir sur un territoire et y exercer sa vocation sans rival, sans oppression, sans limites autres que celles fixées par la religion ou les membres de la communauté là où la religion lui a laissé le champ libre. Au delà de la domination sur la géographie et du pouvoir de l’État il s’agit davantage de l’établissement d’une société réformatrice et bien agissante (Mujtama’â Sàleh wa Mouslih) qui fait de son territoire de vie un cadre de déploiement de toutes les compétences et de tous les talents et de toutes les possibilités.
Le Territoire (le Makane) : Ses cinq empreintes humaines
Le Tamkine c’est l’instauration de la communauté de croyants sur un territoire de vie pour lui marquer cinq empreintes.
La première empreinte est celle de l’Honorificat originel.
L’homme, croyant ou non croyant, porte en lui le besoin de considération et d’estime qui font de lui cette créature qui est passée d’un grain de poussière insignifiant ou de cette goutte de sperme fétide à une créature honorée et élue dans les Univers. Cet Honorificat est intrinsèque et il va s’exprimer sous forme de quêtes humaines pour réaliser toutes les dignités qui font la grandeur et la noblesse de l’Homme : Dignité humaine, dignité intellectuelle, dignité religieuse, dignité sociale, dignité morale, dignité politique, dignité économique, dignité culturelle, dignité écologique. L’homme n’est pas un animal religieux ou un animal parlant mais un être honoré et vertueux s’il ne transgresse pas lui-même ou s’il ne se soumet pas à ceux qui transgressent cet ensemble de dignité indissociables.
Il n’y pas de vertu à faire valoir ni à communiquer aux autres, y compris la vertu de la foi et de la religiosité, si l’homme n’a pas et garanti l’ensemble de ses dignités qui font de lui une humanité plurielle à partir de laquelle peut émerger la communauté de foi monothéiste qui rejette le Taghut sous ses formes d’idoles, de fétiches, de totems, de préjugés, d’immobilisme et d’aliénation qui le prive de ses dignités et de sa vertu. Le Prophète (saws) a posé l’équation en termes concis fermant la porte à toute spéculation religieuse, philosophique ou eschatologique sur le substrat de l’humanité qui donne l’islamité : « Les meilleurs d’entre vous dans la Jahiliya sont les meilleurs d’entre vous dans l’Islam s’ils font l’effort de connaitre leur religion (Taffakuh fi Dine) ». Il faut être un dépravé ou un polémiste pour penser que Mohamed (saws) par le terme – meilleur – ne visait pas ce qui donne à l’homme sa dignité, son respect, sa vertu et qu’il visait le pouvoir ou la richesse.
La seconde empreinte est la compétence de nommer : Comprendre, lire et désigner les choses, les concepts
L’homme est par excellence est un processus de quêtes, un ensemble de recherches, de demandes, d’aller à la découverte de ce qui fait l’homme dans son humanité et le libère de sa bestialité, de son animalité :
…et par l’être humain, et par Celui qui l’A Parfait, et lui A Donné son impudence et sa piété. A effectivement cultivé, celui qui l’a épurée ; et a effectivement perdu, celui qui l’a souillée. As Shams – v7
Dans le sens coranique la quête est une épreuve qu’Allah fait subir aux hommes pour les distinguer, les différencier en mérites sur le plan des intentions, des actes, de la morale, de la foi et des états spirituels en vue du Jugement dernier que sera un Jour de Rétribution :
Et Nous vous Éprouvons par le mal et par le bien : différenciation (des mérites). Al Anbiya – v35
L’homme, par son intelligence, sa capacité de parler, d’écrire et de lire, de fabriquer et d’utiliser des outils, est mû par plusieurs quêtes : Quête de Dieu, de liberté, de considération, de dignité, de savoir, de territoire, de pouvoir, de puissance, de justice, de vérité, de sens, de beauté, d’amour, de faire…
Pour exprimer ses attributs ontologiques, exercer ses capacités actantielles, tisser des relations sociales et interagir dans les relations économiques et politiques, il faut disposer d’un canevas idéique qui transporte les idées, qui configure les projets, qui exprime la volonté, le savoir, l’art de négocier et le sens. Ce sont les mots, quand ils ne sont pas bavardages futiles et diversion, qui sont les métiers à tisser des complexes de quêtes. Le langage est la voie de formation de l’intelligence et du remplissage des images mentales qui vont nourrir l’imaginaire, ce champ d’exploration mentale, et y laisser l’imagination chercher à former, déformer, assembler et désassembler pour construire des images qui ont du sens, qui sont innovatrices en matière d’idées et de projets de faire. La compétence originelle de l’homme et par conséquent la première et l’ultime quête de son existence est celle de pouvoir et savoir nommer pour désigner, exprimer, clarifier, préciser ses droits et ses devoirs, et éviter la confusion :
Et Il Apprit à Adam tous les noms, puis les Exposa aux Anges et Dit : « Informez-Moi des noms de ceux-là, si vous êtes véridiques ». Ils dirent : « Gloire à Toi! Nous ne connaissons que ce que Tu nous As Enseigné, Tu Es Toi L’ Omniscient, Le Sage ». Il Dit : « O Adam, informe-les de leurs noms ». Al Baqara – v31
La compétence de nommer nous la possédons tous car elle est le nécessaire dont avaient besoin Et Adam pour peupler leur solitude sur terre, se repérer, se rencontrer, peupler la terre, se déplacer, élaborer et réaliser les projets scientifiques, technologiques et techniques. Abandonné à sa solitude, l’homme se sent assailli d’un sentiment de vide cosmique. C’est sa façon de remplir ce vide qui déterminera le type de sa culture et de sa civilisation, c’est -à- dire tous les caractères internes et externes de sa vocation historique. Le Coran pour édifier notre compétence de nommer nous invite à lire les signes coraniques, les signes cosmiques et les signes historiques pour que la compétence de nommer soit un instrument de déploiement dans le territoire revisité par la mémoire et la pensée :
N’ont-ils donc pas été de par la terre, de sorte qu’ils aient des cœurs avec lesquels ils raisonnent ou des oreilles avec lesquelles ils entendent ? En fait, ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent, mais ce qui s’aveugle, ce sont les cœurs qui sont dans les poitrines. Al Hajj – v44
Lire l’histoire pour être capable de distribuer le Bien en n’importe quel lieu, n’importe quel moment et partir en quête pour le chercher, le cultiver et le partager. C’est la vocation du Musulman dans sa compétence humaine de nommer. Il est important à la lumière de ce qui vient d’être dit jusqu’ici de souligner que l’œuvre, pour avoir un caractère islamique, n’a pas besoin de traiter exclusivement de l’Islam mais de traiter aussi de l’humanité et des quêtes de l’homme sous l’angle de l’éthique et de l’esthétique de l’Islam car sans humanité et sans territoire, il n’y a pas d’islamité. Il est encore une fois important de préciser que l’auteur musulman n’est pas confiné à ne parler que de l’Islam en tant que religion mais il doit parler de l’homme, de l’humanité, du monde, de la société en nommant leurs désirs, leurs tendances, leurs penchants, leurs contradictions.
La troisième empreinte est celle de l’exercice de la vocation de Khalife d’Allah.
Cette vocation de Khalife d’Allah sur terre consiste à mettre en action les talents et les facultés cognitives, psycho affectives, sociales sur le territoire (la terre et ses ressources assujetties à l’homme) pour s’y déployer en agent de peuplement, de civilisation, de réforme contre la corruption, et en résistant contre l’agression et l’effusion de sang sans droit ni justice. Pour mener cette vocation de Khalife, l’Homme, croyant ou non, est animé par des quêtes de liberté, de pouvoir, de puissance, de sens, d’appropriation, de jouissance, de considération, d’expression de sa compétence humaine de nommer et de manipuler les choses, les idées, les concepts, les technologies, les techniques et les savoirs…
Le Coran nous montre que le Croyant comme le Prophète ne peut se désister de son devoir de Khalife sur terre ni de l’humanité qui habite ce Khalife. Ce qui va le distinguer des autres est la finalité de son œuvre, l’espérance de la récompense, la vertu et le sens le plus raffiné et le plus noble des dignités humaines mises au service de la responsabilité individuelle (Masouliya) et de la responsabilité collective (Taklife).
Face à la corruption sur le territoire partagé, le Prophète face aux corrompus et à leur suiviste se met sur le plan de la foi mais aussi sur celui de l’humanité qui fédère la communauté plurielle car une concorde sur la justice et la paix laisse l’humain reconquérir ses dignités et reconstruire son islamité sur des bases saines loin du maraboutisme et de l’infantilisme. L’Islamité comme occupation du territoire avec le dessein d’adorer Allah et d’instaurer la justice sociale ne peut être en contradiction avec la vocation de l’humain qui est celle de se libérer, de se civiliser ou de réformer ce qui a été corrompu ou colonisé. Il ne s’agit pas d’aller contre l’humanité, la sienne ou celle des autres, mais de lutter contre la deshumanisation quelque soit la forme, hideuse ou enjolivée, de son visage ou de son discours ou de ses actes :
Invoquez votre Seigneur avec humilité et secrètement : Il n’Aime point les arrogants.
Et ne corrompez pas de par la terre après qu’elle ait été civilisée, et invoquez-Le par crainte et avec aspiration. Certes, la Miséricorde d’Allah est toute proche de ceux qui agissent au mieux. Al Aâraf – v57
Et aux Madian, leur frère Cho‘ayb. Il dit : « O mon peuple, adorez Allah, vous n’avez d’autre Dieu que Lui. Vous est parvenue une évidence de votre Seigneur. Acquittez donc les mesures et les poids, ne mésestimez pas aux gens leurs choses, et ne corrompez pas de par la terre après qu’elle ait été civilisée. Cela est mieux pour vous si vous êtes croyants. Et ne guettez point en tout chemin, menaçant et rebutant de la Cause d’Allah, quiconque croit en Lui, en la désirant tortueuse. Et rappelez-vous lorsque vous étiez peu nombreux et qu’Il vous accrut. Regardez quel ne fut le sort des corrupteurs ! Al Aâraf – v85
Et aux Thamùd, leur frère Saleh. Il dit : « O mon peuple, adorez Allah, vous n’avez d’autre Dieu que Lui. C’est Lui qui vous A Formés de la terre et vous y Installa pour la civiliser. Implorez-Le de vous Pardonner, ensuite, repentez-vous à Lui, car mon Seigneur Est Tout-Proche, Il Exauce. » Hùd – v61
Le Coran met en exergue «ذَٰلِكُمْ خَيْرٌۭ لَّكُمْ إِن كُنتُم مُّؤْمِنِينَ Cela est mieux pour vous si vous êtes croyants ». Le mieux est l’excellence du bien tant dans la conduite que le dessein du Musulman qui dépasse les faux clivages pour aller à l’essentiel de la bataille qui se déroule sur son territoire et son époque. Cette bataille n’est pas seulement religieuse et idéologique mais aussi et surtout politique, économique et sociale (éthique et esthétique de vie, de solidarité, de vivre ensemble harmonieux, de dignité, de liberté…). Cette excellence n’est pas en contradiction avec le fait religieux mais l’implique dans l’Islah du Prophète Cho’ayb (as) « Acquittez donc les mesures et les poids, ne mésestimez pas aux gens leurs choses, et ne corrompez pas de par la terre après qu’elle ait été civilisée ».
C’est la raison pour laquelle il ne peut y avoir un projet islamique sans grand projet non seulement politique et économique mais civilisationnel comme Cho’ayb l’appelle de sa force, de sa conviction, de son savoir éclairé par Allah loin des compromissions, des arrangements d’appareils et de la lutte politicienne :
Il dit : « O mon peuple, voyez-vous, si je tiens sur une évidence de mon Seigneur et qu’Il m’Ait Octroyé de Lui-même une bonne subsistance, je ne veux point faire le contraire de ce que je vous interdis. Je ne veux que la Réforme, autant que je peux. Ma réussite ne dépend que d’Allah. Je me fie entièrement à Lui, et c’est à Lui que je reviens. » Al Aâraf – v88
La quatrième empreinte est l’adoration d’Allah :
Et Je n’Ai Créé les djinns et les êtres humains que pour M’adorer. Je ne Veux d’eux nulle subsistance, et Je ne Veux point d’eux qu’ils Me nourrissent. Ad Dàriyàte – v56
Le caractère exclusif du verset « que pour M’adorer » suffit à témoigner que l’adoration d’Allah s’inscrit dans une dimension et un cadre sans limites. Il est impossible de fixer le contenu et les formes de l’adoration d’Allah. Les versets et les Hadiths sont tellement nombreux et les actes humains sont tellement multiples et divers que ni une bibliothèque ni une existence ne pourront énumérer ni les limiter. Les piliers fondamentaux de l’Islam portent l’édifice de l’adoration d’Allah et du service dans sa cause qui va du culte pur et monothéiste, à la libération de l’opprimé, à la civilisation de la terre en passant par la commanderie du bien et le blâme du répréhensible.
La Sourate Al Hajj évoque le pèlerinage, la prière et la zakat sous entendant la Chahada (Attestation de foi) et le Ramadan que le lecteur ajoute de lui-même par pratique du texte coranique et connaissance de la religion.
Le Coran se caractérise par l’ellipse qui donne au lecteur la liberté de construire le sens et qui entraine le lecteur à développer les mécanismes idéiques et imaginatifs pour faire des liens de sens au-delà de l’apparat ou du formalisme littéral car le projet coranique est un grand projet de libération et de civilisation qui repose sur l’homme libéré de l’aliénation, de la médiocrité, du prêt à penser, de l’inertie mentale, politique, sociale ou économique. Tous les énoncés coraniques sont à la fois allégorie, ellipses et mouvement dynamique qui transporte le Croyant dans le monde des idées, des actions positives et constructives sans atteinte à la cohérence, à la globalité et au réalisme à la fois du texte que du territoire dans lequel se meut le Musulman :
Et si Allah ne Faisait réagir les Hommes les uns par les autres, que de cloîtres, d’églises, de synagogues et de mosquées, dans lesquels le nom d’Allah Est beaucoup Invoqué, ne seraient démolis ! Certes, Allah Donnera sûrement victoire à celui qui fait triompher Sa Cause. Certes, Allah Est sûrement Fort, Invincible. Certes, Allah Donnera sûrement victoire à celui qui fait triompher Sa Cause. Certes, Allah Est sûrement Fort, Invincible. Ceux qui, si Nous leur Accordons pouvoir sur terre, accomplissent la Salat, s’acquittent de la Zakat, commandent le bon usage et interdisent le répréhensible. Et c’est à Allah qu’appartient l’issue des choses. Al Hajj – v40
Il n’y a pas de place à l’attente messianique ni au comportement maraboutique ni à l’infantilisme qui conduisent un peuple ou un État, au Nom de la religion, à se désister de ses droits et de ses devoirs alors que leur Dieu leur demande de porter secours aux opprimés, de défendre les valeurs y compris celles des autres et des leurs quand ils sont persécutés ou visés par la prédation colonialiste.
La cinquième empreinte est le témoignage
Il s’agit de faire du territoire un lieu de conjugaison, une grammaire de la civilisation, mettant en harmonie et en interaction de synergie les mentalités collectives, des expériences historiques et des lieux aménagés, urbanisés, mis en valeur pour témoigner de ce qui fait l’Islam parachèvement du monothéisme : l’Honorificat de l’homme, le Khalifat de Dieu sur terre et l’adoration d’Allah, l’Un, l’Unique sans rival ni associé :
C’est Lui [Allah] qui vous A déjà Nommés musulmans, auparavant, et dans ceci [le Coran] : afin que le Messager soit témoin sur vous et que vous soyez témoins sur les Hommes. Al Hajj – v78
Comment témoigner de ce qui fait l’Islam : L’anagogie et l’empathie. L’anagogie est cet élan spirituel vers Dieu avec la conscience de porter l’universel ou d’en être au moins l’écho dans tous les registres ontologiques, sociaux, territoriaux, politiques, économiques et médiatiques. Il ne s’agit pas de se soumettre à l’hégémonie impérialiste ni au despote car l’anagogie est antagoniste avec la culture d’empire et le culte du Taghut ou de Satan qui avilit l’humain, sape la foi, corrompt le territoire de vie et interdit toute expression de témoignage vivant autre que l’apologie stérile et la polémique des hypocrites et des ignorants. L’empathie est cet élan noble et généreux vers l’humanité dans sa pluralité et sa diversité comme élan miséricordieux pour témoigner, dans son cœur, son esprit et son acte de la présence du Miséricordeur Miséricordieux qui a donné existence à ce territoire avec ses ressources, ses hommes, ses bénédictions. C’est aller contre Allah que de faire de ce territoire un lieu de malédiction, un espace de domination de Satan et du Taghut, une corruption généralisée.
Le témoignage n’est pas un luxe ou un privilège pour intellectuel ou écrivain ou concepteur ou hommes politiques mais un devoir pour chaque musulman qui doit participer par ses moyens à produire ce qui donne sens à témoigner, à le diffuser, à le cultiver, à le promouvoir et à le défendre. Le territoire tel que le définit la sourate al Hajj est le lieu de lutte contre l’oppresseur, lieu de prière et lieu de redistribution équitable de la zakat, c’est-à-dire du produit national réalisé par le travail et l’exploitation des ressources. Il n’y a pas de territoire (Makane) si comme le dit le Prophète (saws) il n’y a pas de production de sa nourriture, de son habillement, de ses outillages et de son armement. Il a même précisé qu’il n’y aucun bien à attendre d’un peuple qui se contente de suivre les troupeaux sans but, sans projet de civilisation.
Le musulman ne peut exercer sa vocation et ses missions, dont celle de témoigner, alors que son territoire est profané (najass) par les souillures du colonialisme. Il ne peut y avoir Tamkine sans la consolidation du pouvoir social, politique, économique, urbain, foncier, culturel, industriel, commercial, agraire et intellectuel dans un territoire. Il ne peut y avoir Tamkine si ce pouvoir est entre les mains du colonialisme, des corrompus, des médiocres et des vassaux de l’impérialisme :
Certes, quand les tyrans s’emparent d’une Cité, ils la corrompent et rendent avilis les nobles de ses habitants. C’est ce qu’ils font toujours. An Naml – v34
Après l’indépendance, nous étions dans la possibilité de reconquérir notre territoire dans le sens global et non comme terre ou flotte un drapeau et il est du devoir de chaque musulman de lutter pour une appropriation politique, économique et sociale la plus large de ses ressources nationales pour le profit du peuple et de tous les agents œuvrant dans la transparence, la probité et l’effort méritoire de libérer et de civiliser le territoire :
Et le butin qu’Allah leur A Enlevé pour Son Messager, vous n’avez précipité dessus ni chevaux, ni chameaux, mais Allah Donne pouvoir à Ses Messagers sur qui Il Veut. Allah Est Omnipuissant sur toute chose. Le butin qu’Allah A Enlevé aux gens des Cités, pour Son Messager, revient à la Cause d’Allah, au Messager, aux proches, aux orphelins, aux miséreux, au passager démuni : afin que cela ne circule pas exclusivement parmi les riches d’entre vous. Et ce que le Messager vous a donné, prenez-le, et ce qu’il vous a interdit, abstenez-vous-en, et prenez-garde à Allah, car Allah Punit sévèrement. Et (revient) aux émigrés pauvres, qui furent chassés de leurs demeures et de leurs biens, recherchant une Munificence d’Allah et un agrément, et font triompher la Cause d’Allah et Son Messager. Ceux-là sont les véridiques.
Et (revient) à ceux qui s’installèrent en la demeure et dans la foi, avant eux, qui aiment ceux qui émigrèrent auprès d’eux, et ne trouvent, en leurs cœurs, nulle envie pour ce qu’ils ont reçu, et les préfèrent à eux-mêmes, même s’ils souffrent de pauvreté. Et quiconque se prémunit contre sa propre avarice, ceux-là alors sont ceux qui cultivent. Et (revient) à ceux qui vinrent après eux, qui disent : « Notre Seigneur, Pardonne-nous ainsi que nos frères qui nous devancèrent dans la foi, et ne Laisse pas de rancune dans nos cœurs contre ceux qui sont devenus croyants, notre Seigneur, Tu Es Compatissant, Miséricordieux ». Al Hashr – v 6 à 10
Ces versets ne sont pas abrogés et nous interpellèrent chaque jour eu égard à la corruption des uns et à la paupérisation des autres. Ils nous interpelleront individuellement et collectivement, le Jour où chacun viendra nu rendre des comptes et tout son corps ainsi que son existence viendront comme des témoins contre lui car il n’a pas témoigné dans ce monde et n’a pas fait de son territoire un lieu de témoignage par la dignité, la vertu, la prospérité, la justice, l’équité, le scrupule inspirant aux autres le respect, la considération et non la prédation et l’humiliation.
Le Prophète a laissé un contenu inégalé en termes de justice sociale sur le territoire où vivent les Musulmans en position de pouvoir sur le territoire s’ils ne veulent pas perdre leur territoire et devenir esclaves ou assistés sur leur territoires et sur les territoires des autres :
« Les gens sont associés en quatre : L’eau, le feu, le sel et les pâturages »
Il ne faut pas être un Mufti des monarchies du Golfe ou le grand communicateur d’al Jazeera pour comprendre le terme « butin » des versets d’Al Hachr et les ressources stratégiques ou vitales de la nation dans le hadith. Il n’y a pas de territoire si le Musulman suit sa passion, son opinion ou les inspirations de Satan, des Hommes ou des Djinns au lieu de se conformer à l’esprit de l’islamité qui l’habite sinon à celui de l’humanité qui l’habite.
L’islamité c’est la territorialisation de l’Islam qui sort du cœur pour s’inscrire dans la cité des hommes et le temporel de son existence. La mondialisation et les visées impériales et sionistes rendent les territoires musulmans des proies que les Musulmans eux-mêmes facilitent par l’abandon de leur souveraineté, la médiocrité de leur pensée et l’inertie de leurs moyens politiques, économiques, communicationnels et éducatifs. Nous sommes mis face au devoir d’actualiser notre lecture coranique et de rendre notre lecture du monde réaliste, globale et dynamique pour donner sens et consistance à notre territoire sinon nous le perdrons sous forme de conquêtes coloniales ou de gaspillage de ses ressources naturelles, financières et humaines. Les Musulmans doivent être cohérents avec la réalité du monde, les principes et les méthodologies coraniques puis prendre position sans confusion ni fuite des responsabilités : Résister comme le dit l’énoncé coranique sur le Makane ou désister de leur vocation et de leurs droits territoriaux et ainsi faire des concessions de plus en plus brutales qui vont non seulement toucher leur Makane mais toucher à l’avenir de leurs enfants et à la religion de leurs parents.
Les cinq maitres du Territoire (Makane)
Est-ce qu’après 15 siècles d’islamité nous avons encore besoin de Fatwas pour nous expliquer l’évidence du Coran et les luttes qu’ont mené les Anciens pour briser l’étroitesse du lieu et l’injustice des hommes et les ouvrir à la dignité de l’homme et à la grandeur de l’Islam ? Non ! Nous avons les fondamentaux de l’Islam qui sont des invariants. Avec ces fondamentaux nous devons cultiver notre être ontologique, social et notre territoire en actualisant nos connaissances et en mobilisant nos compétences.
La maitrise du territoire
Quand la Salat est terminée, déployez-vous de par la terre et recherchez de la Munificence d’Allah, et invoquez souvent le Nom d’Allah, afin que vous cultiviez. Al Jumu’a – v10
Nous sommes ordonnés de nous déployer sur notre territoire comme des agents économiques libres et entreprenants recherchant les Bienfaits d’Allah qu’Il a déposé dans les ressources de notre sol, les efforts de nos hommes. Il ne s’agit pas de vivre comme des rentiers, des experts en corruption, des cupides vivant du Riba déguisé en Halal ou en parasite s’enrichissant dans le marché noir et l’économie informelle qu’un système corrompu entretient pour ne pas aborder les questions des libertés et celles de la gestion du territoire et de ses ressources.
C’est en nous déployons sur notre territoire et en comptant sur Allah que nous pouvons alors espérer le Falah. Compter sur Allah ne signifie par être bigot mais agir libéré de la peur du Taghut et de la servitude à ce qui n’est pas Dieu et tout particulièrement à l’État déliquescent et ses maitres sionistes et impérialistes qui l’avilissent et le volent comme l’Idole de la Jahiliya humiliait les idées, confisquait la dignité et poussait à la perversion morale et sociale pour vivre comme des minus habens errant sans but, en marge de l’histoire des hommes.
Le Falah coranique n’est pas le succès mondain ou la réussite sociale éphémère que l’Islam ne prohibe pas si elles sont méritée et licites. Le Falah c’est la culture au sens propre et allégorique : Cultiver son esprit, sa foi, son efficacité sociale, son territoire, sa liberté, sa dignité, sa vertu, sa prospérité économique, son progrès social, son développement scientifique et technologique, les générations montantes, les droits des pauvres, les devoirs des compétents, l’avenir, l’espérance et l’attente de la Promesse divine dans l’au-delà.
Il ne peut y avoir déploiement dans le territoire et culture du territoire et de ses habitants sans l’émergence des maitres de la territorialisation :
La maitrise d’ouvrage
Il y a trois maitres d’ouvrages principaux : l’État, l’agent économique et la société civile qui investissent et s’approprient une œuvre, qui témoignent de leur présentiel temporel et territorial. Il ne peut y avoir maîtrise d’ouvrage sans légitimité. La légitimité se fait par la reconnaissance de l’autorité ou de la propriété qui a le pouvoir et la capacité de faire faire une œuvre, un témoignage, un acte. Quand le citoyen qui donne légitimité est absent ou occulté, il n’y a pas de maitrise d’ouvrage mais népotisme, gaspillage, gabegie, incurie, passe droits, privilèges, non droit et promotion de la médiocrité et de la corruption.
Sans légitimité, sans représentativité et sans droit, le maître d’ouvrage peut imposer sa légalité par le rapport de force, le rapport de corruption et le rapport de clientélisme. Mais il ne peut en aucun cas accomplir ce que ne peut se faire que dans la transparence, le droit et la légitimité. Ainsi :
- Il va travailler sans contrat et imposer ses conditions sans négocier ni définir le terme du contrat lié à l’œuvre ni ses droits et ses obligations ainsi que ceux de ses partenaires.
- Il va se démettre de ses obligations contractuelles.
- Il va agir sans programme, sans calendrier, sans gouvernail, sans cap ni boussole ni consultation avec des partenaires qui ne peuvent exister car lui-même n’existe pas.
- Il va être incapable de définir les besoins, leur priorité et encore moins les entités exprimant les besoins, ni celles portant les projets de satisfaction de ses besoins. Il va jouir de son pouvoir et de sa propriété illégitime sans partage de jouissance, de droit et d’intérêt avec ceux de l’utilisateur final de l’ouvrage qu’il ne connait pas et ne rencontre pas.
- Sans légitimité donc sans normes et sans stabilité, il va cultiver la culture d’allégeance au lieu de celle de la maitrise d’ouvrage qui exige de s’entourer des compétences, juridiques, diplomatiques, économiques, politiques et géostratégiques.
- Il va être dans l’incompétence totale de maitriser ses budgets et ses dépenses ni de les allouer convenablement.
- Il sera dans l’incapacité morale, technique, administrative d’effectuer les opérations de recettes d’un ouvrage c’est-à-dire le réceptionner dans les délais, les prix et la qualité.
- Ignorant tout du métier de maitre d’ouvrage, il va manquer à son devoir de garantir ou de se doter de compétences d’expertises, de garanties et de contrôle.
- N’étant ni autorité ni propriétaire légitime, il sera dans l’incapacité d’assurer l’entretien, la rénovation, la restauration, la modernisation, la réhabilitation, la restructuration de ses ouvrages usés ou obsolètes. Il sera donc sémantiquement incapable de mener des réformes ou de conduire des projets de salut public.
Dans le schéma de représentation coranique il sera dans ces deux images :
Incapable de conduire des réformes :
Il est parmi les Hommes celui dont les paroles dans la vie terrestre te plaisent, qui prend Allah en témoin sur ses bonnes intentions, alors qu’il est le pire des ennemis ; et s’il se détourne, il s’évertue de par la terre pour y corrompre, détruire la récolte et le bétail, mais Allah n’Aime pas la corruption. Et si on lui dit : « Prends garde à Allah », il est pris d’orgueil par sa coulpe. Que la Géhenne lui suffise donc, et quelles piètres couches ! Al Baqara – v204
Les exemples concrets : Les Chantiers de l’Algérie, ses marchés en main, ses clés en mains, ses produits en main, ses chèques aux étrangers qui rédigent les contrats, les feuilles de route. L’Algérien paye et signe et exécute ensuite très mal, même en vendant son pays il le vend mal au point que les acheteurs ne parviennent pas à comprendre comment avec 200 milliards et une manne céleste, les Algériens sont tous des Haragas en puissance.
Ennemi de tout réformateur :
Et Nous avons Envoyé, en fait, aux Thamùd leur frère Salah : « Adorez Allah ». Mais les voilà deux groupes qui se disputent. Il dit : « O mes gens ! Pourquoi vous hâtez-vous dans la mauvaise action avant la bonne action. Que n’implorez-vous Allah de vous Pardonner, puissiez-vous bénéficier de Miséricorde ? » Ils dirent : « Nous t’accusons de mauvais augure, toi et ceux qui sont avec toi ». Il dit : « Votre mauvais augure est auprès d’Allah. Plutôt, vous êtes des gens qui succombent à la tentation ». Et il y avait dans la ville un groupe de neuf qui corrompaient de par la terre et n’amendaient point. Ils dirent : « Jurez par Allah de le tuer la nuit, lui et sa famille, ensuite nous dirons sûrement à son protecteur : “ Nous n’avons point vu le meurtre de sa famille, et nous sommes vraiment véridiques” ». Et ils ont élaboré une redoutable ruse, et Nous Avons Planifié un irrévocable stratagème sans qu’ils ne se rendent compte. An Naml 45 à 50
La maitrise d’usage
L’ouvrage, la réalisation, l’usine, la route, la nouvelle ville et même l’État, au niveau central ou communal, sont en principe destinés à un usage, à un utilisateur. Quand la maîtrise d’ouvrage n’est ni à l’origine de la conception ni en fin de réception l’expression des intérêts ou des besoins de l’utilisateur final de l’ouvrage où va exister la maitrise d’usage. Le maitre d’usage a pour vocation de témoigner son acceptation, manifester ses préoccupations, exprimer ses besoins, participer à la décision qui concerne sa compétence à utiliser.
Dépossédé de sa citoyenneté, il ne va ni participer à la définition de l’ouvrage ni à son utilisation rationnelle. Il va vivre comme un indu occupant sur d’autres espaces et d’autres ouvrages ou comme un vandale détruisant les ouvrages non conformes à ses besoins et pour lesquels ils ne retrouvent ni son âme, ni sa culture, ni son souci, ni son avenir. Il va zapper tout simplement le jour où on le convoque à renouveler son allégeance ou à applaudir pour témoigner devant la caméra de sa satisfaction d’utilisateur sur qui on a commis un déni de droit, un dol commercial, un fardage marketing, une imposture politique.
Le système de reconnaissance qui fonde la légitimité et qui donne à l’un le titre de maitre d’ouvrage et à l’autre le titre de maitre d’usage quand il est obsolète ou inexistant, l’usager n’est pas maitre d’usage mais esclave ou aliéné ou dépossédé de son droit de maitrise par la dépossession de son droit d’expression, de ses libertés, de ses dignités… La maitrise d’usage est indissociable de l’exercice de l’usager, associé à la décision de la maitrise d’œuvre en exerçant lui-même la souveraineté nationale par l’exercice responsable de la politique, de l’économique, de la culture, de l’information, du contrôle des ressources nationales. Tant que le citoyen n’est restitué dans ses droits et ses devoirs, il n’y aura pas de maitrise d’usage ni de maitrise d’ouvrage mais des antagonismes, des révoltes, des émeutes, de la corruption, de la résistance passive où chacun fait semblant d’être maitre de son territoire et pendant ce temps les conquérants prédateurs préparent tout le monde à entrer dans la préhistoire ou à devenir exilé dans son territoire où la seule culture est celle de la « préférence étrangère ».
Dépossédé de sa mémoire collective, de son histoire, de sa religion, instrumentalisées pour donner légitimité à une maitrise d’ouvrage illégitime, l’Algérien va non seulement ne pas exercer son droit et son devoir de maitre d’usage mais il va, par un processus psycho social, se retourner contre son histoire, son identité, son appartenance civilisationnelle et la compréhension saine de sa religion. Il va fuir dans le sensationnel, l’explication eschatologique de l’histoire, l’inertie des bigots et le mysticisme du néant que les successeurs interminables depuis Abou Faracha jusqu’à Sidi Abdelakader Boutef ont cultivés depuis 1992 pour fabriquer la machine à abrutir, à berner et à leurrer, faisant plus de dégâts que les éradicateurs ou les escadrons de la mort. En effet, le mort est auprès du Miséricordeur implorant Sa Miséricorde mais le vivant gangréné par la mythologie et le délire est un agent mortifère, un assassin de la personnalité, un négateur du territoire, et un ignorant en terme de maitrise d’ouvrage ou d’usage car il vit dans un monde d’illusionnistes sans responsabilité ni ouvrage ni utilisateur.
Le peuple ne peut indéfiniment voir son territoire confisqué et son devoir de maitrise d’usage nié. Il va irrévocablement trouver une solution pacifique ou violente mais il ne peut rester dans cette situation d’inertie qui le place ainsi que nous tous dans la situation de défaillants :
Certes, ceux qui se font injustice à eux-mêmes, les Anges leur disent en les rappelant : « Où en étiez-vous ! ». Ils dirent : « Nous étions des opprimés de par la terre ». Ils disent : « La terre d’Allah n’était-elle pas vaste pour que vous y émigriez ? ». Ceux-là alors leur refuge sera la Géhenne, vil destin ! Sauf les opprimés de parmi les hommes, les femmes et les enfants à court de moyens, et qui ne trouvent pas de voie. An Nissa – v97
Chacun de nous doit transcender ses peurs, son insouciance et ses divergences doctrinales ou politiques et prendre par la main, tôt et par nous-mêmes, le changement qui tarde à venir. Le Prophète (saws) nous a laissé face à nos responsabilités « L’image de celui qui ne reconnaît pas les interdits de Dieu et cherche à les abolir et l’image de celui qui les transgresse est celle d’un groupe de gens qui ont tiré au sort pour donner à chacun d’eux sa place dans un bateau. A certains revint le pont et à d’autres la cale. Ceux qui logeaient dans la cale étaient obligés de passer par le pont pour puiser l’eau (de la rivière). Ils dirent : « Si nous faisions un trou dans la partie qui nous revient, nous cesserons de déranger ceux qui sont au dessus de nous ». S’ils les laissaient réaliser ce désir, c’est leur perte à tous ; et s’ils les en empêchent, c’est leur salut à eux et à tous ».
Il s’agit de se prendre en charge avec responsabilité et ne pas faire l’erreur libyenne de s’engager sous un étendard de confusion qui fait triompher les causes des autres au détriment de nos intérêts stratégiques et de nos valeurs religieuses. Si nous manquons de lucidité et si nous tolérons de confier notre destin à d’autres, nous aurions trahi Allah et Son Prophète. Si nous devons faire tomber les criminels, nous le ferons mais avec nos moyens et pour nos intérêts.
Ce serait dramatique que nous versions notre sang, notre sueur et nos larmes pour d’autres tyrans, d’autres vassaux ou pour leurs maitres qui vont une fois de plus mal exercer la maitrise d’ouvrage et nous interdire d’exercer notre maitrise d’usage en faisant de notre territoire une vitrine de ce qu’on appelle le modernisme et qui peut fasciner à première vue. L’Algérie et les Algériens méritent mieux, par leur révolution et par leur jeunesse, que des villes spectacles de type Dubaï ou Las Vegas : Ils méritent de prendre en main leur territoire par eux-mêmes. A cet effet ils doivent être vigilants contre les chants de sirène de l’impérialisme et de ses marabouts, les mêmes qui ont servi le colonialisme français et qui sont prêts à servir n’importe quel maître pourvu qu’ils aient pitance de chien et comportement de pervers sous un habillage de dévots :
Et craignez une sédition qui n’atteindrait pas particulièrement ceux qui ont été injustes d’entre vous. Sachez qu’Allah Punit sévèrement. Et rappelez-vous lorsque vous étiez peu nombreux, opprimés de par la terre, redoutant que les Hommes ne vous arrachent, alors Il vous A Abrités, vous A Soutenus de Sa victoire et vous A Octroyé de bonnes subsistances, pour que vous deveniez reconnaissants. O vous qui êtes devenus croyants, ne trahissez point Allah et le Messager et ne trahissez pas ce qu’on vous a confié, tout en le sachant. Al Anfal – v24 à 27
La maitrise d’œuvre
Quand le maitre d’ouvrage est défaillent, absent ou illégitime et quand en face le maitre d’usage est occulté dans son existence et dans l’exercice de ses droits peut-on parler d’un maitre d’œuvre qui agit à la fois selon le cahier de charges fixé par le maitre d’ouvrage et les besoins du maitre d’usage dont il est logiquement chargé de concevoir, de planifier, de superviser la réalisation des ouvrages ? Non ! Sans une passerelle de concertation et de consultation entre la maitrise d’ouvrage, la maitrise d’œuvre et la maitrise d’usage, nous ne sommes pas en gestion de projet mais en administration de dossiers qui finissent par des appels d’offres à l’Étranger qui impose ses choix et ses prix.
Dans un système clientéliste et fondé sur l’illusion du paraitre, l’intelligence est cooptation et non compétence. Impossible dans ces conditions de créer ou de gérer un ouvrage national, une industrie nationale, une agriculture de subsistance, des logements conformes à notre éthique et à nos traditions. Il n’y a pas de bureau d’études car toutes les conditions en amont (l’éducation, l’enseignement, les finances et la justice) et les conditions en aval (les crises de confiance dans les marchés, les métiers, les usagers et les utilisateurs) sont rédhibitoires. Les compétences ont fuit et celles qui restent sont mise en concurrence dans un échange inégal et immoral : La corruption intérieure et la préférence à l’étranger.
Tous ces éléments font que la maitrise d’ouvrage est en déliquescence comme les magiciens de Pharaon avec l’esprit mercantile et la posture de courtisan devant un système de corruption :
Les magiciens vinrent à Pharaon. Ils dirent : « Aurons-Nous sûrement une rémunération si nous sommes, nous, les gagnants ? » Il dit : « Oui, et vous serez du nombre des rapprochés. » Al A’âraf – v114
Le maitre d’œuvre est une déontologie envers le maitre d’usage et le maitre d’ouvrage, des règles de l’art qui exigent d’être au fait des derniers savoirs et des derniers savoirs faire, mais aussi un talent de créativité. Il est impossible par l’expérience historique du colonialisme ou du despotisme de voir cohabiter l’oppression avec la créativité. La créativité repose sur une imagination sans limite et un stock d’images mentales belles et nouvelles. Un système médiocre et laid ne peut donner naissance à de l’intelligence vive qui produit des belles idées, de beaux comportements, de beaux projets, de beaux ouvrages. Il faut vivre dans un environnement qui produit de la beauté ou de la douleur qui attend l’espérance venant du ciel pour s’inscrire dans la Transcendance et devenir créatif, imaginatif, noble et généreux. Il faut aimer son territoire et ses habitants pour que l’amour se transforme en idées belles et que la production du beau devienne aimable à un maitre d’ouvrage légitime et à un maitre d’usage reconnaissant et participatif.
La vision bureaucratique conjuguée au schéma courtisan et corrupteur du maitre d’ouvrage et au laisser-aller et au laisser-faire du maitre d’usage ne produisent pas une logique de conception et de créativité mais une logique d’appareil et d’organes administratifs statiques. La conception et l’ingénierie sont des process, des schémas à la fois globaux, abstraits et dynamiques tout en collant à la réalité du territoire et tout en exigeant la mise en réseau de processus agissant en synergie entre eux et en symbiose avec l’environnement. Où est la liberté et la reconnaissance qui donnent talent et légitimité à l’acte créatif ?
Dans l’acte créatif il y a la compétence symbolique de tisser du lien social, historique et civilisationnel dans un territoire pour le rendre mieux vivable, plus facile à cultiver dans le sens de Falah. Cette compétence ne peut s’exprimer dans ce qui fait l’homme, la compétence de nommer dans une langue et non dans un dialecte. Cette compétence ne peut s’exprimer sans le cadre imaginatif qui s’appuie sur la mémoire collective, les liaisons culturelles et socio-historiques et tout ce qui participe à la grammaire de la civilisation et à la conjugaison des compétences. La compétence ne peut s’exprimer sans le respect de cette loi universelle qui donne à chacun le droit de quêter dignement la considération et attendre la récompense méritée de son travail :
Dis : « Agissez, Allah Verra sûrement votre œuvre, ainsi que Son Messager et les croyants. At Tawbah – v105
A chacun, des degrés de ce qu’ils ont fait. Ton Seigneur n’Est point Inattentif à ce qu’ils font. Al An’âme – v132
Ces deux versets non seulement autorisent et recommandent l’instauration d’un système légitime de reconnaissance et de sanctions ou de récompenses mais rappellent la conscience et les scrupules qui doivent guider toute idée et tout projet car Allah est le Regard attentif et vigilant que ne surprend ni somnolence ni distraction ni dissipation. Ce regard est aussi celui de la conscience sociale et politique des citoyens qui sanctionnent par la reconnaissance de l’œuvre et de son maitre d’œuvre, faudrait-il encore que le citoyen existe par son exercice politique et économique qui peut faire ou défaire une renommée, un prestige, une fortune. Faudrait-il que ce citoyen existe par son sens esthétique qui suppose un système éducatif performant, un référentiel de valeurs identifié par tous comme étant la norme, et un sens du témoignage en agissant dans la mise en valeur et la protection de ce territoire qui est la cadre d’expansion du talent et des intelligences destinés à le façonner, à la reconfigurer selon l’harmonie et la concorde.
Si le système ne permet que l’émergence des courtisans, des corrompus sans désir de s’inscrire comme des témoins mais aussi comme des actants éducateurs, libérateurs et civilisateurs au service du territoire et de ses habitants alors ce sont les arrogants qui s’installent et instaurent leur valeurs d’opportunistes et de courtisans qui donne pérennité à la médiocrité et la déliquescence du territoire dans sa formulation de maitre d’ouvrage, de maitre d’usage et de maitre d’œuvre :
… ceux dont l’œuvre s’est fourvoyée dans la vie terrestre, et eux pensent qu’ils font le meilleur. Al Kahf – v104
La maitrise d’exécution
Avec un système où les maitres d’ouvrage, d’usage et d’œuvre sont sans prérogatives et sans implication dans le territoire avec des vocations et des exercices responsables de leurs droits et de leurs devoirs dans des espaces contractuels, il ne peut y avoir de maitres d’exécution au sens de respect des règles de l’art, de la déontologie. Il ne peut y avoir que corruption, cupidité, fraudes, bricolage et comme toujours le recours à l’Étranger ou à des chantiers titanesques confiés à des minables qui au nom de la maitrise d’exécution font de l’import et de la revente sur le marché parallèle. Les plus honnêtes sont en situation de faillite ou de reconversion en épiciers.
La maitrise d’expertise, de contrôle, de normalisation et de certification.
Cette méta-maitrise qui peut se trouver sous la forme d’un conseil constitutionnel ou sous la forme d’un contrôle technique de la construction ou d’un expert comptable ou d’un notaire n’est pas viable quand les quatre maitrises qui la sous tendent sont absentes pour lui donner légitimité et surtout la compétence d’être et de faire en matière d’arbitrage, d’homologation, de validation, tant dans l’ouvrage que dans les agents y intervenant. Cette compétence est complexe et sensible car elle est le fruit de l’accumulation des savoirs et des savoirs-faires tant dans chacune des maitrises que dans les rapports qu’entretiennent les différents maitres d’ouvrage, d’œuvre, d’usage et d’exécution.
Un système bureaucratique ou un esprit naïf pourrait se contenter du trompe-l’œil du diplôme – nécessaire mais insuffisant-. Il s’agit de trois compétences qui vont se sédimenter dans le temps et dans le territoire pour témoigner de la méta-compétence. La compétence théorique des savoirs, ; la compétence praticienne des savoirs faire ; et la compétence organisationnelle, communicationnelle et informationnelle des liens institutionnels, des exercices de pouvoir et d’autorité entre les quatre maitrises de compétences qui se déploient dans le territoire sous la supervision et le contrôle formel et parfois informel de la maitrise d’expertise, de contrôle, de normalisation et de certification.
Cette méta-maitrise touche l’ensemble des registres y compris le registre religieux. Il est inadmissible que les Musulmans disposant d’une religion aussi vraie, organisée, rationnelle et saine comme l’Islam puisse tolérer que n’importe qui lance des Fatwas sans consultation ni concertation ni représentativité tant de ses pairs que de la communauté de croyants. Cela n’est possible que si les croyants s’approprient leur religion et la connaissent davantage pour promouvoir une élite religieuse issue d’eux, ayant leurs soucis, portant en leur nom et exprimant leurs intérêts.
Quand le territoire est configuré par ces cinq compétences, quand l’habitant du territoire porte la vocation du Khalifat et de l’Honorificat, alors la communauté de musulmans citoyens peut disposer d’une vision géostratégique, d’une compétence d’anticipation et d’une gouvernance sensée.
« Si les affaires ne sont pas confiées à leurs ayants droits alors qu’ils attendent l’Heure (la fin de leur existence, de leur territoire, de leur civilisation, de leur monde) » Hadith
Mais si nous parvenons à conjuguer avec intelligence et efficacité les cinq pilliers de l’Islam et les cinq maitres de l’aménagement du Territoire et de l’Etat (Tamkine) nous seront non seulement sauvés mais nous aurions gagné les deux mondes.
L’appropriation du Territoire et l’exercice des 5 maitrises
Si nous reprenons l’énoncé de base nous voyons au moins 5 axes de travail collectif :
Et si Allah ne Faisait réagir les Hommes les uns par les autres, que de cloîtres, d’églises, de synagogues et de mosquées, dans lesquels le nom d’Allah Est beaucoup Invoqué, ne seraient démolis ! Certes, Allah Donnera sûrement victoire à celui qui fait triompher Sa Cause. Certes, Allah Est sûrement Fort, Invincible. Certes, Allah Donnera sûrement victoire à celui qui fait triompher Sa Cause. Certes, Allah Est sûrement Fort, Invincible. Ceux qui, si Nous leur Accordons pouvoir sur terre, accomplissent la Salat, s’acquittent de la Zakat, commandent le bon usage et interdisent le répréhensible. Et c’est à Allah qu’appartient l’issue des choses. Al Hajj – v40
Le premier axe est la résistance
La résistance par la Sunna du Dafa’â « faire réagir les Hommes les uns par les autres » comme le spécifie le verset coranique du Tamkine et l’allusion à la Salat qui exige l’endurance et l’alliance des Musulmans et non leur subordination aux intérêts des corrompus, des colonisateurs
O vous qui êtes devenus croyants, ayez recours à la persévérance et à la prière. Certes, Allah est avec les persévérants. Al Baqara – v153
Le second axe est la culture de la vertu et de la dignité
La Salat et la Zakat ne sont pas des formalités de bigots mais occupation du territorial selon des normes éthiques et des programmes cohérents et efficaces pour instaurer la justice sociale sans laquelle la dignité n’a pas de sens et la fraternité islamique reste juste un slogan.
La bonne foi ne consiste pas à tourner vos visages vers le levant et le ponant. Mais la bonne foi désigne: celui qui croit en Allah, au Jour Dernier, aux Anges, au Livre et aux Prophètes; et qui donne de son bien – malgré l’amour qu’il lui porte – à ceux qui sont proches, aux orphelins, aux miséreux, au passager démuni, aux nécessiteux et pour l’affranchissement des captifs; qui accomplit la prière, s’acquitte de la Zakat; et ceux qui tiennent parole s’ils promettent ; et les persévérants lors du malheur et de l’adversité, et au moment du mal de la guerre. Ceux-là sont ceux qui ont été véridiques et ceux-là sont les pieux. Al Baqara – v177
Le troisième axe est l’unité
C’est un devoir de faire converger toutes les forces vives et saines sous un programme unificateur, fédérateur qui place le curseur du clivage idéologique sur les exigences qu’imposent le temps, le lieu et les circonstances, sans confusion ni fausse divergence. Dans les moments difficiles, les hommes sincères doivent mettre l’esprit partisan et les lignes idéologiques de divergences de côté et trouver un dénominateur commun pour défendre leur territoire ou l’aménager ou mettre en vie les maitrises de son aménagement :
Les croyants et les croyantes sont protecteurs les uns des autres. Ils commandent le convenable et interdisent le répréhensible, accomplissent la prière, s’acquittent de la Zakat, obéissent à Allah et à Son Messager. Ceux-là, Allah leur Fera Miséricorde. Certes, Allah Est Invincible, Sage. At Tawbah – v71
Et ne soyez pas comme ceux qui se désunirent et divergèrent à partir du moment que leur vinrent les évidences. Ceux-là auront un immense châtiment. Al Maidah – v105
Le quatrième axe est l’exercice économique
Tous les versets que nous venons de citer s’articulent autour de la Salat et de la Zakat. La Zakat est bien entendu le droit du pauvre, du nécessiteux et du besogneux, du privé de liberté, du failli, du voyageur, du fonctionnaire participant à sa collecte et à sa redistribution. Il ne s’agit pas de la charité chrétienne mais d’une incitation à produire la richesse et à la redistribuer équitablement pour assurer sur des bases socio-économique la justice, l’égalité, la dignité, la liberté et la mise en dynamique de l’ensemble de la société. Cette position qui consiste à supporter un régime despotique ou à tolérer la présence étrangère tout en apportant des aides alimentaires ou à distribuer la Zakat des nantis, des rentiers, des corrompus et de ceux qui ont spolié et confisqué les richesses nationales est une attitude maladive, une posture hypocrite. L’Islam n’a pas institué la Zakat pour rendre la pauvreté une et le chômage fatalité.
Ceux qui dépensent leurs biens pour la cause d’Allah, puis ne font pas suivre ce qu’ils dépensèrent de vantardise, ni de nuisance, auront leur rémunération auprès de leur Seigneur. Nulle crainte pour eux et ils ne seront point affligés. Un dire convenable et un pardon sont meilleurs qu’une aumône suivie de nuisance. Allah s’en Passe, Il Est Longanime. O vous qui êtes devenus croyants, n’annihilez pas vos aumônes par la vantardise et la nuisance, comme celui qui dépense son bien par ostentation devant les Hommes, et qui ne croit ni en Allah ni au Jour Dernier. Son exemple est comme l’exemple d’un rocher couvert de poussière, qu’une averse frappa et laissa tout aride. Ils n’ont aucune prise sur ce qu’ils ont acquis, et Allah ne Guide point les gens mécréants. L’exemple de ceux qui dépensent leurs biens désirant l’agrément d’Allah et l’affermissement de leurs âmes est comme l’exemple d’un jardin sur une colline : l’averse l’atteint-il, sa production est deux fois plus grande. Et s’il n’est pas atteint par l’averse, il le sera par la bruine. Allah est Omnivoyant ce que vous faites. Al Baqara – v261 à 264
L’exercice libre et souverain du peuple suppose donc l’appropriation, l’usage et la jouissance des ressources du Territoire ainsi que la mise à sa disponibilité de toutes les facilitations juridiques, commerciales, économiques, institutionnelles, organisationnelles, technologiques et financières. Ce sont ces garanties de l’exercice économique du peuple sur son territoire qui vont assurer l’indépendance nationale et de la promotion d’un peuple qui dispose entre ses mains des facteurs de la dignité et des moyens du témoignage.
L’exercice économique orienté vers le monopole des privilégiés est banni dans l’Islam :
…afin que cela ne circule pas exclusivement parmi les riches d’entre vous Al Hashr – v7
La nature et le mode d’exercice de l’exercice économique façonne un territoire et ses mentalités collectives. S’il est exercé par les oligarques et l’économie informelle excluant le peuple de son territoire et le privant de la satisfaction de ses besoins primaires nous avons le schéma actuel de l’Algérie :
… quand le mal le touche, il est affolé, et quand le bien le touche, il devient avare Al Ma’àrij – v21
Quand le peuple est souverain sur son territoire avec une conscience morale, sociale et religieuse il devient mohammadien au sens où l’économique est au service de sa prospérité sociale mais aussi de sa résistance contre l’oppression. La conscience économique d’un peuple résistant est dans la culture du don car l’offre de surplus économique est préférable à l’assistanat et à la mendicité que donne la rente ou l’aide étrangère. Cette conscience sociale ne cherche pas à acquérir mais à donner au point que le Coran les a immortalisés comme modèle de comportement lorsque l’adversité n’est pas en leur faveur pour qu’il puisse donner car ils considèrent que le don est un devoir alors les autres considèrent que prendre indument est un droit :
Nulle faute n’incombe aux faibles, ni aux malades ni à ceux qui ne trouvent de quoi dépenser, s’ils donnent conseils pour l’amour d’Allah et de Son Messager. Aucun blâme n’incombe à ceux qui font le meilleur. Allah Est Pardonneur, Miséricordieux. Ni pour ceux qui, quand ils vinrent te demander montures, tu dis : « Je n’ai de montures à vous donner », et ils s’écartèrent les yeux débordants de larmes, par affliction, de n’avoir pas de quoi dépenser. Le blâme n’incombe qu’à ceux qui te demandèrent dispense alors qu’ils sont riches. Ils se contentèrent d’être avec les défaillants et Allah A Scellé leurs cœurs, c’est pourquoi ils ne savent point. At Tawbah – v91
Il ne peut y avoir humanité ni islamité ni algérianité si les ressources stratégiques sont dilapidées ou confiées en concessions coloniales aux Etrangers pour ne rien laisser aux générations futures. Il ne peut y avoir de légitimité quand une gouvernance thésaurise le capital de la nation sous forme occulte sans garantie de retour. Allah a exigé que la ressource stratégique soit gérée dans un esprit de coopération intergénérationnelle au moment où Madinah se constituait comme Etat embryonnaire mais souverain. Il a ordonné de faire du premier revenu (Al Anfal) pris à l’ennemi mis en déroute à Badr une leçon pour toutes les générations de Musulmans qui se suivent, l’une léguant à l’autre le capital de ses efforts :
Et (revient) à ceux qui vinrent après eux, qui disent : « Notre Seigneur, Pardonne-nous ainsi que nos frères qui nous devancèrent dans la foi, et ne Laisse pas de rancune dans nos cœurs contre ceux qui sont devenus croyants, notre Seigneur, Tu Es Compatissant, Miséricordieux ». Al Anfal – v10
L’Algérien est mis face à des solutions « séduisantes » de crédit et de banques « islamiques » pour développer le consumérisme capitaliste sur la base du crédit et du fétichisme des choses au détriment de la dignité humaine, du travail, de l’investissement productif et de l’efficacité sociale. Ce n’est qu’en reprenenant en main l’exercice de l’économique qu’il peut refonder le système de production des richesses, de leur échange et de leur consommation. Notre Prophète (saws) en arrivant à Médine avait face à lui les puissances impériales qui l’encerclaient mais aucune possibilité de developpement et de liberté : Les finances, le foncier, le marché, l’industrie, l’armement, l’immobilier n’étaient pas aux mains des Musulmans qui venaient de plus en nombreux de la Mecque sans bien, sans métier et sans toit. Les acte symboliques après la construction de la mosquée et de l’asile pour les pauvres sont : La construction des écoles, le démantèlement de tous les monopoles, l’ouverture de grands chantiers à Médine conduits par des Musulmans. Il a transformé l’opprimé en civilisateur libérateur. De tout ses gestes sublimes, l’histoire retient celui où il s’inclina et embrassa la main calleuse d’un travailleur agraire : L’Islam honore le travail. Ce ne sont pas les fausses banques islamiques qui recyclent les pétrodollars dont a besoin l’Algérie mais des agences d’investissements s’appuyant sur une modernisation des finances et de l’économie libérées du Riba et des pratiques ribawi contre lesquels Allah a déclaré la guerre.
Le cinquième axe est l’exercice politique :
Si l’économique est l’enjeu réel, le politique compris comme œuvrer pour l’intérêt public est le plus déterminant car il va organiser les pouvoirs sinon mener la lutte pour que la résistance contre la dictature politique, économique et étrangère soit mobilisée et efficace. Nous voyons par exemple sur le plan économique comment le Coran a placé le politique pour que l’économique ne soit pas confisqué par les nantis et les opulents :
…afin que cela ne circule pas exclusivement parmi les riches d’entre vous Al Hashr – v7
Et si Nous Voulons Faire périr une Cité, Nous accordons le pouvoir à ses opulents : ils s’y livrent à la perversité. Alors le châtiment lui incombe. Al Isra – v16
Sans exercice politique, le peuple ne peut donc s’approprier son territoire ni participer en tant que maitre d’usage et encore moins fournir des élus et des compétences pour conduire la maitrise d’ouvrage, la maitrise d’œuvre, la maitrise d’exécution et la maitrise d’expertise. Il restera juridiquement, économiquement et politiquement un incapable, un marginal. Comme les versets le montre, la lutte politique va arracher la confiscation des richesses par les parasites et les opulents et moraliser la vie sociale, politique, culturelle, communicationnelle, informationnelle, médiatique, commerciale et institutionnelle. La moralisation n’est pas un discours bigot moralisateur mais des praxis politiques, sociales et économiques où le peuple exerce sa souveraineté par la participation, par le contrôle et par sa reconnaissance qui donne légitimité ou rend illégitime un pouvoir, une propriété. C’est par l’exercice politique que le peuple va former sa conscience sociale et politique qui fera de lui le regard qui approuve ou désapprouve, encourage ou interdit telle pratique et tel comportement selon la conformité ou non à ses valeurs, à ses coutumes, à ses lois…
Revenons au verset sur lequel nous avons construit notre exposé sur les cinq maitres, les cinq piliers, les cinq exercices de souveraineté et d’aménagement sur le Territoire (Makane) sur lesquels se fondent la planification et la programmation urbaine, industrielle, agricole, technologique et scientifique :
Ceux qui, si Nous leur Accordons pouvoir sur terre, accomplissent la Salat, s’acquittent de la Zakat, commandent le bon usage et interdisent le répréhensible. Et c’est à Allah qu’appartient l’issue des choses. Al Hajj – v40
Ce verset, qui définit la vocation du Musulman sur son territoire, a présenté, évoqué la Salat car elle est la quintessence de l’Islam, la moralisation ontologique et sociale qui garantit la vertu et l’exigence de respecter les dignités, ainsi que le caractère institutionnel de l’exercice de la politique comme le précise les versets suivants :
Et ce qui est auprès d’Allah est meilleur et plus permanent, pour ceux qui sont devenus croyants et se fient à leur Seigneur, et ceux qui évitent les plus graves des péchés et les paillardises, et qui, s’ils se mettent en colère, Pardonnent. Et ceux qui ont répondu (favorablement) à leur Seigneur, qui ont accompli la prière, et dont leur affaire est une consultation entre eux, et qui dépensent de ce que Nous leur Octroyâmes, et ceux qui, s’ils sont frappés de tyrannie, triomphent. La punition d’un mal est un mal pareil. Quiconque pardonne et s’amende, sa rémunération incombe alors à Allah. Il n’Aime pas les injustes.
Et quiconque triomphe après avoir subi une injustice : Ceux-là alors ne leur incombe aucune responsabilité. Mais la responsabilité incombe à ceux qui sont injustes envers les gens, et qui tyrannisent de par la terre sans juste cause. Ceux-là auront un douloureux châtiment. Et quiconque persévère et Pardonne : Cela est vraiment de la haute détermination. As Choura – v36 à 43
Ces versets bien entendu renforcent le premier axe, celui de la résistance, en rendant obligation de triompher de l’injustice, de l’oppression sans outrepasser les limites morales ni transgresser les prescriptions divines ni demeurer dans un état de guerre à l’infini. Le Fiqh islamique est très éloquent et très détaillé même si nous voyons ces derniers temps des savants, des gourous se réclamant de l’Islam passer outre et imposer leurs opinions, leur esprit de revanche et l’agenda de l’OTAN, des États-Unis, de la France et de l’entité sioniste avant les intérêts de leurs peuples et les règles islamiques.
Ces versets instituent d’une manière formelle l’exercice politique du peuple avec cette remarquable conjugaison du spirituel, du politique et de l’économique « qui ont accompli la prière, et dont leur affaire est une consultation entre eux, et qui dépensent de ce que Nous leur Octroyâmes ». Cette règle est renforcée par l’injonction faite au Prophète qui est notre modèle de référence :
C’est grâce à la Miséricorde d’Allah que tu es doux envers eux. Si tu étais brutal, rude de cœur, ils se seraient détachés de toi. Soit donc magnanime envers eux, implore pour eux le Pardon, et consulte-les dans la prise de décision. Et si tu prends ta décision, alors fie-toi à Allah. Certes, Allah Aime ceux qui se fient à Lui. Al ‘Imrane – v159
Tous ces versets traitent de la constance sur la méthodologie islamique qui a institué l’exercice politique en libérant l’homme du culte du Taghut et en refusant les cultures d’empires des Perses et des Byzantins ou le système des castes de l’Inde ou de la Chine ou le système des hiérarchies religieuses des Juifs et des Chrétiens. L’exercice politique est un devoir car c’est par lui que se fait le Tamkine de la Oumma (la territorialisation).
Il ne s’agit pas ici de débattre des controverses théoriques et méthodologiques ou doctrinales sur le vote, sur les institutions ou sur le rapport entre Choura et démocratie. Au-delà des mots, ce qui nous intéresse ici c’est l’affirmation de l’exercice libre et populaire de la politique pour garantir la souveraineté du peuple contre le monopole, les oligarchies, les polyarchies, les monarchies, les autocraties et l’anarchie. Ce qui nous intéresse est de donner un contenu et une finalité à l’exercice politique et aux institutions à travers lesquelles s’exerce la politique. Il ne s’agit pas d’imiter l’Orient ou l’Occident mais d’être capable de produire une pensée politique autonome et féconde pour imaginer un système inédit ou plus adapté à nos réalités sociales, culturelles, historiques, religieuses et territoriales dans la concertation responsable et transparente. Ce serait un faux débat que de mettre la souveraineté du peuple comme antinomique avec la Souveraineté d’Allah, de le rendre comparables ou de les confondre.
La priorité est de rendre l’exercice politique un acte populaire libéré des forces de l’argent, des appareils bureaucratiques et sécuritaire et à l’abri des manipulations médiatiques. C’est à ces conditions que le politique (l’homme) et la politique (la mise du territoire au service du Musulman et de ses dignités) prennent leur sens dans nos valeurs, dans notre histoire et dans l’avenir des générations montantes. Tout faux clivages, en ces moments, est de la diversion idéologique, de la subversion étrangère, de la confusion.
La maitrise du territoire et le pouvoir politique despotique
Il serait faux de croire que le soulèvement armé, la désobéissance civlile ou la compétition politique à travers des partis politiques est la garantie dans un pays musulman d’emergence et d’exercice des cinq maitres du territoires et des cinq maitrises du territoires qui édifient la prospérité et la souveraineté du peuple sur son destin et ses ressources. Tout ce qui provoque la sédition et l’atteinte à la vie humaine est facteur de regréssion et de perdition. Même si le pouvoir en place est despote, corrompu et injuste il suffit de respecter les lois coraniques pour que Allah transforme la peur en quiétude, la faim en abondance de bien, l’injustice en justice, l’oppression en liberté. La réforme politique, économique et religieuse n’est pas l’oeuvre des partis politiques ni l’imposition par la force mais le résultat de l’effort des réformateurs qui agissent au sein de la société et des rouages de l’Etat, de l’administration et des centres de décision ou d’éxécution des maitrises d’ouvrage, d’oeuvre, de certification, d’exécution et d’usage dans tous les domaines. Nous avons cité l’exemple des réformateurs comme Salah et Cho’aïb face à à la corruption des valeurs mais aussi face à la force maléfique des corrupteurs qui sèment lme désordre et la terreur. C’est l’acte réformateur accompli par des réformateurs agrées par Allah qui apporte le développement, la propspérité du territoire et la souverainté d’un peuple sur son territoire. Ces réformateurs vont impulser une dynamique de réformes qui va se généraliser et s’accélérer dans l’Etat, les administrations, les institutions, l’économie et la société. Lorsque Allah agréé ces Réformateurs il leur donne promotion pour conduire les réformes ou Il leur donne le pouvoir sinon il chatie le peuple et ses gouvernants qui ne veulement pas suivre les réformateurs qu’Il a agréé. Ces réformateurs n’ont aucune visée mondaine ni politique, leur dessein est de servir Allah et la communauté de musulmans. Tout musulman qui sape l’unité des musulmans ne peut être réformateur. Tout musulman qui agit pour briguer un poste ou une parcelle du pouvoir n’est pas réformateur car il va à l’encontre de la volonté d’Allah qui choisit ceux qui luttent sincèrement dans sa voie et pour sa cause. Ceux-là sont préoccupés par l’obeissance à Allah (swt) et à Son Prophète (saws) :
وَعَدَ اللَّهُ الَّذِينَ آمَنُوا مِنْكُمْ وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ لَيَسْتَخْلِفَنَّهُم فِي الأَرْضِ كَمَا اسْتَخْلَفَ الَّذِينَ مِنْ قَبْلِهِمْ وَلَيُمَكِّنَنَّ لَهُمْ دِينَهُمُ الَّذِي ارْتَضَى لَهُمْ وَلَيُبَدِّلَنَّهُمْ مِنْ بَعْدِ خَوْفِهِمْ أَمْنًا يَعْبُدُونَنِي لا يُشْرِكُونَ بِي شَيْئًا وَمَنْ كَفَرَ بَعْدَ ذَلِكَ فَأُوْلَئِكَ هُمُ الْفَاسِقُونَ
{Dis : « Obéissez à Allah et obéissez au Messager ». Si alors ils se détournent, il ne lui incombe que ce dont il fut chargé, et il ne vous incombe que ce dont on vous a chargés. Et si vous lui obéissez vous serez guidés, et il n’incombe au Messager que la transmission évidente. Allah promet à ceux qui sont devenus croyants d’entre vous, et ont fait les œuvres méritoires de faire d’eux, véritablement, les successeurs sur la terre, comme Il a fait de ceux qui furent avant eux, des successeurs, et d’accorder plein pouvoir à leur religion, qu’Il a agréée pour eux, et qu’après leur inquiétude, Il la leur changera en sécurité. Ils M’adorent et ne M’associent absolument rien. Et quiconque renie après cela, alors ceux-ci sont les pervertis. Alors accomplissez la Salàt, et acquittez-vous de la Zakàt, et obéissez au Messager, ainsi il vous sera fait miséricorde.} An Nour 52 à 56
الَّذِينَ إِنْ مَكَّنَّاهُمْ فِي الْأَرْضِ أَقَامُوا الصَّلَاةَ وَآتَوُا الزَّكَاةَ وَأَمَرُوا بِالْمَعْرُوفِ وَنَهَوْا عَنِ الْمُنْكَرِ وَلِلَّهِ عَاقِبَةُ الْأُمُورِ
{Ceux qui, lorsque Nous leur accordons autorité sur un territoire, accomplissent la Salàt, s’acquittent de la Zakàt, commandent le bon usage et interdisent le répréhensible. Et c’est à Allah qu’appartient l’ultime décision.} Al Hadj 41
La préférence étrangère et la maitrise du territoire
Ceux qui pourraient être alléchés par un scénario libyen, croyant naïvement ou hypocritement, que l’OTAN, les États-Unis et la France sont des œuvres de charité et de bienfaisance internationale et qu’ils n’ont pas des objectifs stratégiques et géopolitiques, devraient peut-être relire la carte du monde et relire le Coran ou méditer la Fatwa de Cheikh Al Ibrahimi contre le colonialisme :
Ceux qui prennent les mécréants comme protecteurs au lieu des croyants, recherchent-ils auprès d’eux l’invincibilité ? Certes, l’invincibilité en totalité appartient à Allah. An Nissa – v139
Quiconque recherche de la considération, c’est à Allah qu’appartiennent les égards en totalité. Vers Lui monte la bonne parole, et l’œuvre vertueuse, Il l’Élève. Et ceux qui édifient des stratagèmes de nuisance auront un sévère châtiment. Et la ruse de ceux-là se perdra d’elle-même. Fatir – v10
Le Territoire perd sa vocation coranique quand le colonialisme externe et le despotisme interne profanent et souillent ce qui donne sens et consistance : Les hommes, les idées, l’exercice politique et économique, l’organisation et le vivre ensemble. Désacralisé et souillé l’homme devient un fragment de Wahn mis en reproduction pour faire éclater son territoire et donner la préférence à l’Etranger. Ceci n’est pas nouveau. C’est ainsi que la regression et la décadence du monde musulman a commencé comme l’explique Ibn Khaldoun : « on voit toujours la perfection dans la personne d’un vainqueur (…) Le vaincu adopte alors les usages du vainqueur et s’assimile à lui : C’est de l’imitation pure et simple.».
La dégradation morale et idéique du mimétisme pousse à une dépendance idéologique, politique, économique et culturelle des dominés envers le dominant les réduisant à l’impuissance et au Wahn. Ibn Khaldoun explique : « quand un peuple perd le contrôle de ses propres affaires, est réduit comme en esclavage et devient un instrument aux mains d’autrui, l’apathie le submerge. […] Les vaincus s’affaiblissent et deviennent incapables de se défendre. Ils sont victimes de quiconque veut les dominer et la proie des gros appétits (…) Lorsqu’un peuple perd le contrôle de ses propres affaires et devient l’instrument d’autrui ».
Le colonialisme et le despotisme souillent le Territoire et le brisent par un processus de détéritorialisation qui fait fuir les valeurs, la spiritualité, les idées, les compétences, le vivre ensemble, l’argent… Il devient un comptoir commercial ou une base coloniale : Un lieu de pillage des ressources et d’excursion des agressions contre les indigènes et les voisins. Ce sont deux schémas qui produisent un territoire artificiel qui fait fuir et qui désintègre. L’artificiel, même sous des apparats sensationnels, est un phénomène de détéritorialité car l’homme est accessoire. Ces sont les idées des autres qui s’exercent contre les valeurs du peuple poussé au rempli, à la fuite, à la corruption ou à l’exil.
Aujourd’hui nous sommes confrontés comme en 1954 et en 1962 à la même loi coranique du changement :
Allah ne Modifie rien en un peuple jusqu’à ce qu’ils changent ce qui est en eux-mêmes.} Ar Ra’âd – v11
Nous devons réaliser une nouvelle territorialisation fondée sur un changement ontologique et un consensus social qui donne à la société et ses valeurs le pouvoir libre de fédérer, de codifier, de normaliser et d’arbitrer sur le plan politique, économique et culturel. Changer sous l’impulsion du colonialisme et lui ressembler, ou changer par nous mêmes et ressembler à nous-mêmes? Nous pouvons être libres si nous redonnons de la considération à l’Homme qui habite le Territoire et lui permettre de reconstruire son autonomie dans ses idées, son argent, son organisation,ses hommes et son sol.
En brisant tous les liens de dépendance et de servitude avec le despotisme et avec la colonisation, nous pouvons alors opérer le processus de territotalisation qui consiste à faire du territoire une force d’attraction. La Wasatiya, comme centre de gravité des forces centripètes qui produisent de la richesse, de la liberté, de la culture, des idées et de la résistance contre l’oppression et l’injustice. La Wasatiya comme reseau de centres de rayonnement civilisateur.
Le Territoire n’a de réalité et de devenir que dans sa capacité interne et autonome à être structurant et captivant pour ses membres : Être fédérateur, intégrant, rassurant, stabilisant et promoteur. C’est dans ce cadre que faire du retour à l’héritage arabo-islamique devient signifiant car il s’inscrit dans une ingénierie libératrice et civilisationnelle confiée à tous, et non dans l’apologie d’un passé révolu confiée à des charlatans.
وَالَّذِينَ هَاجَرُوا فِي اللَّهِ مِنْ بَعْدِ مَا ظُلِمُوا لَنُبَوِّئَنَّهُمْ فِي الدُّنْيَا حَسَنَةً وَلَأَجْرُ الْآخِرَةِ أَكْبَرُ لَوْ كَانُوا يَعْلَمُونَ
Et ceux qui se sont exilés pour Allah après avoir subi injustice, Nous les Établirons certainement dans une position prééminente dans le monde. Et sûrement, la rémunération de la vie Future est plus grande, s’ils le savaient An Nahl – v41
Abdelhamid Mehri : Pour une plateforme de changement urgent en Algérie
Abdelhamid Mehri
Ancien secrétaire général du FLN, 17 février 2011
Au frère Abdelaziz Bouteflika Président de la République

Je m’adresse à vous par cette lettre dans un contexte particulièrement délicat et dangereux en étant conscient que seuls les liens de fraternité et les principes qui nous ont rassemblés durant la période de la lutte pour la liberté de notre pays et son indépendance me donnent cet honneur ; c’est aussi ma conviction que ces liens demeurent le dénominateur sur lequel peuvent se rencontrer les bonnes volontés au service de notre pays et du bonheur de notre peuple.
J’ai privilégié cette voie ouverte pour m’adresser à vous car vous occupez une position principale et prioritaire. Néanmoins, vous n’êtes par le seul concerné par le contenu de la lettre, ni la seule partie appelée à traiter des questions qu’elle soulève. J’ai tenu dans cette lettre à faire preuve de la franchise qui prévalait dans les délibérations des instances dirigeantes de la Révolution algérienne et qui était, même si elle dépassait parfois les limites du raisonnable, certainement préférable au silence complice ou à l’assentiment dénué de conviction.
Monsieur le président
Vous êtes aujourd’hui au sommet d’un régime politique dont la mise en place n’est pas de votre seule responsabilité. C’est un régime à l’édification duquel a participé quiconque a assumé une part de responsabilité publique depuis l’indépendance, que ce soit par son opinion, son travail ou son silence. Mais aujourd’hui, de part votre position, vous assumez, et avec vous tous ceux qui participent à la prise de décision, une grande responsabilité dans la prolongation de la vie de ce régime qui, depuis des années, est bien plus marqué par ses aspects négatifs que positifs. Il en devenu, en outre, inapte à résoudre les épineux problèmes de notre pays qui sont multiples et complexes, et encore moins à le préparer efficacement aux défis de l’avenir qui sont encore plus ardus et plus graves.
Le système de gouvernement installé à l’indépendance s’est fondé, à mon avis, sur une analyse erronée des exigences de la phase de la construction de l’Etat national. Certains dirigeants de la révolution avaient opté, dans le contexte de la crise que le pays a connue en 1962, pour une conception politique d’exclusion pour faire face à la phase de la construction plutôt qu’une stratégie de rassemblement énoncée par la déclaration du 1er novembre 1954. Pourtant cette stratégie avait prévalu, en dépit des divergences et des difficultés, dans la conduite des affaires de la révolution jusqu’à l’indépendance.
L’exclusion est devenue, à la suite de ce choix, le trait dominant de la gestion politique et de la manière de traiter les divergences d’opinion. Les cercles et groupes politiques qui étaient choisis au début du mois étaient susceptibles d’exclusion et de marginalisation à la fin du même mois. Ces pratiques, qui ont contaminé même certains partis d’opposition, ont eu pour effet de pousser des milliers de militants à renoncer à l’action politique, de réduire la base sociale du régime et de réduire le cercle de décision à son sommet.
Outre le fait qu’il est fondé sur l’exclusion, le régime a hérité de méthodes et de pratiques secrétées par les conditions difficiles de la lutte de la libération et les a adoptées dans la conduite des affaires publiques après l’indépendance.
Il s’est nourri également d’emprunts et d’adaptations qui n’ont pas été façonnées par le libre débat, ni affinées, durant leurs évolutions, par une évaluation objective qui a été le grand absent dans l’expérience du pouvoir en Algérie.
Plutôt qu’une évaluation critique objective du régime politique, on a préféré les campagnes de glorification et de dénonciation taillées sur mesure pour des personnes et par l’attribution de couleurs à des décennies, de sorte à masquer la nature du régime, ses pratiques et sa vraie couleur qui ne change pas malgré le changement d’hommes.
Les voix qui revendiquent le changement de ce régime et qui sont soucieuses qu’il advienne dans un climat de paix et de libre débat, sont nombreuses. Les signes qui alertent sur le caractère impératif d’un tel changement sont visibles depuis des années. Ils se sont encore accumulés ces derniers mois d’une manière telle qu’il est impossible de les ignorer ou de reporter la réponse.
Les évènements qui surviennent continuellement chez nous et qui adviennent autour de nous depuis des mois évoquent ceux que le pays a vécus en octobre 1988 et des faits graves qui en ont découlé, de crise et de drames dont le peuple continue encore à avaler certaines des plus amères potions.
Les choses sont aggravées chez nous par le fait que le discours officiel, à des niveaux responsables, fait une lecture erronée – sciemment ou non – des réalités. Il en minimise l’importance et en nie les grandes significations politiques au prétexte que les manifestants, chez nous, n’ont formulé aucune evendication politique. L‘aspect le plus incongru de cette lecture et de cette analyse est qu’ils renvoient à l’image d’un médecin qui attendrait de ses malades la prescription d’un remède !
Cette lecture erronée de la part de plusieurs parties – avec des intentions sournoises de la part de certaines autres parties – ont empêché, fort regrettablement, que les véritables enseignements soient tirés des évènements d’octobre 1988. Elles ont permis aux adversaires du changement, à cette époque, d’œuvrer méthodiquement au blocage des voies menant à la solution juste qui consiste à assurer le passage vers un système politique réellement démocratique. Cela a fait perdre au pays, à mon avis, une opportunité précieuse de renouveler et de consolider sa marche vers le progrès et le développement.
Cette interprétation erronée s’étend également aux évènements qui se déroulent dans des pays proches, comme la Tunisie et l’Egypte. Cette lecture insiste sur les différences afin de rejeter les enseignements qui en découlent. Pourtant, ce qui est commun entre l’Algérie et ces pays ne se limite pas à la vague tragique de recours aux suicides par le feu, il est encore plus profond et plus grave. Ce qui est commun est la nature même des régimes !
Les systèmes de pouvoir en Egypte, en Tunisie et en Algérie, se prévalent tous d’une façade démocratique clinquante et empêchent, en pratique et par de multiples moyens, de très larges catégories de citoyens de participer effectivement à la gestion des affaires du pays. Cette marginalisation et cette exclusion nourrissent en permanence les ressentiments et la colère. Elles alimentent la conviction que tout ce qui est lié au régime ou émane de lui leur est étranger ou hostile. Quand s’ajoute à ce terreau de la colère le poids des difficultés économiques, qu’elles soient durables ou conjoncturelles, les conditions de l’explosion sont réunies.
A ces facteurs communs s’ajoute le fait que la majorité des algériens considère que le régime politique chez nous n’est pas fidèle aux principes de la révolution algérienne et à ses orientations et ne répond pas à la soif d’intégrité, de liberté, de démocratie et de justice sociale pour laquelle le peuple algérien a sacrifié des centaines de milliers de ses enfants.
De ce qui précède, il apparait que la question centrale qui exige un effort national global et organisé est celle de la mise en place d’un régime réellement démocratique, capable de résoudre les problèmes du pays et de le préparer à relever les défis de l’avenir. Un régime démocratique qui libère les larges catégories sociales du cercle de l’exclusion et de la marginalisation pour les faire entrer dans une citoyenneté responsable et active. Il en découle également que le changement ne viendra pas d’une décision du sommet isolée du mouvement de la société et de ses interactions. Il est, au contraire, nécessaire de faire murir le processus de changement et de le consolider par les initiatives multiplies provenant, en toute liberté, des différentes catégories de la société.
Le peuple algérien qui a pris en charge, de manière consciente et loyale, la révolution quand elle a été jetée dans ses bras, et en a assumé la responsabilité avec abnégation et patience, est apte, du fait de sa profonde expérience, à prendre en charge l’exigence du changement démocratique pacifique du régime et à l’accompagner vers les rivages de la stabilité et de la sécurité.
Ce changement souhaité nécessite, selon moi, de commencer simultanément par les actions suivantes :
Un – Accélérer la suppression et la levée des obstacles et des entraves qui inhibent la liberté d’expression ou la restreignent. Réunir les conditions nécessaires permettant aux organisations et aux initiatives sociales des jeunes de la nation, ses étudiants, ses cadres et ses élites des différents secteurs et disciplines, d’exercer leur droit naturel et constitutionnel à exprimer par tous les voies et moyens légaux, leurs critiques, leurs aspirations, leurs opinions et leurs propositions.
Deux – Appeler à la multiplication des initiatives populaires émanant de la société et soutenant la demande de changement pacifique autour des axes et des modalités suivants :
1 – Des séminaires de dialogue rassemblant à différents niveaux et dans la diversité des courants intellectuels et politiques, des citoyens engagés qui rejettent la violence et l’exclusion politique et qui œuvrent à identifier les similarités et les préoccupations communes permettant la jonction des volontés et des efforts pour la réussite du changement pacifique souhaité.
2 – Des groupes d’évaluation regroupant à des niveaux différents les représentants de divers courants intellectuels et politiques, des spécialistes intéressés par un secteur spécifique de l’activité nationale. Ils auront la charge de procéder à une évaluation objective de ce qui a été accompli depuis l’indépendance, d’en identifier les forces et les faiblesses et de tracer des perspectives pour son développement.
3 – Des amicales de solidarité contre la corruption qui auront pour mission d’édifier un barrage contre la généralisation de la corruption en sensibilisant les larges catégories sociales susceptibles d’être les victimes des corrompus. Il s’agit de les amener à une position ferme contre la corruption en adoptant le slogan « nous ne payerons rien en dehors de ce que prévoit la loi ». Cette mobilisation sociale interviendra en appui à des mesures administratives et légales contre la corruption.
Les centaines d’initiatives qui peuvent éclore de cet appel et se multiplier, sans être dictées par le haut, seront comme des bougies qui éclairent la voie du véritable changement pacifique et traduisent les orientations du peuple et ses aspirations.
Trois – Etablir des ponts pour le dialogue et la concertation les plus larges avec les forces politiques pour préparer un Congrès national général qui aura pour mission :
1 – D’établir l’évaluation critique et globale du système de gouvernance et de ses pratiques durant ses différentes étapes depuis l’indépendance et de déterminer les tâches, les moyens et les étapes pour jeter les bases d’un système démocratique et de l’Etat de droit.
2 – Prendre les mesures nécessaires pour sortir le pays, définitivement, de la spirale de violence qu’il connait depuis vingt ans. La crise, dont les effets continuent à marquer la scène politique, est la somme d’erreurs commises aussi bien par des mouvements islamiques que par les autorités de l’Etat dans leur traitement. Il est impossible de résoudre la crise en traitant la moitié de celle-ci et en occultant l’autre moitié.
3 – Etablir une plateforme nationale sur les perspectives du développement national global et sur la préparation du pays à faire face aux évolutions imposées par les changements mondiaux.
4 – Etablir une plateforme nationale sur les fondements de la politique étrangère nationale et ses lignes générales et en premier lieu identifier les mesures permettant la réalisation de l’union entre les pays du Maghreb.
Frère président
L’Algérie doit célébrer bientôt le cinquantième anniversaire de son indépendance. Le temps qui nous sépare de cette grandiose occasion est suffisant, selon moi, pour parvenir à un accord entre algériens pour le changement pacifique souhaité. Le meilleur des présents à faire à nos glorieux martyrs est que l’on célèbre l’anniversaire de l’indépendance avec un peuple algérien fier de son passé et rassuré sur son avenir.
Avec ma considération et mes salutations fraternelles
Abdelhamid Mehri
Observations Omar Mazri : Il faut lire cette lettre comme la seule digne d’intérêt depuis longtemps dans le paysage algérien. Elle est subtile car elle s’adresse à l’ensemble de la classe politique algérienne en faisant référence à ce qui peut et doit unir les Algériens : le premier novembre 54. Elle est intelligente car elle appelle à un véritable débat pour mettre fin à l’exclusive et à l’éradication. Elle est pragmatique car elle propose l’élaboration de plateformes d’entente nationale tant sur le plan intérieur qu’extérieur pour une transition démocratique et pacifique initiée par les Algériens et non imposée par les forces étrangères et leurs vassaux. Elle répond en partie à ma vision : reconstruire l’opposition sur la plateforme de Rome de 95 au lieu d’affronter le régime en rangs dispersés ou désunis idéologiquement et politiquement. J’ai l’intime conviction, hélas, que les élites algériennes trop impliqués dans les compromissions, la paresse, l’inertie ou la passion qui rend aveugle vont une fois de plus rater l’occasion de construire un front national de transition nationale démocratique ou un front de libération nationale contre le despotisme.
{Certes Allah ne change point en l’état d’un peuple tant que celui ci ne change pas ce qui est en lui}
{Tels sont les jours (époques) nous les alternons entre les hommes}