La Guerre contre l’Arabe

Le Qur’ân et la pensée musulmane posent l’équation de la science conjuguée à la langue dans le cadre de la civilisation qui nait de la foi et des valeurs de liberté, de justice et d’édification que l’Islam exige comme prolongement et témoignage du Thawhid de l’âme humaine dans la société humaine. Le Qur’ân met en exergue l’articulation magistrale des actes civilisateurs : la foi, la science, la technologie, la bonne gouvernance et la maîtrise de la langue :

{Et quant il eut atteint un endroit situé entre les Deux Barrières (montagnes), il trouva derrière elles une peuplade qui ne comprenait presque aucun langage. Ils dirent: ‹Ô Zul-Qarnayn, les Yajuj et les Majuj commettent du désordre sur terre. Est-ce que nous pourrons t’accorder un tribut pour construire une barrière entre eux et nous?› Il dit: ‹Ce que Mon Seigneur m’a conféré vaut mieux (que vos dons). Aidez-moi donc avec force et je construirai un remblai entre vous et eux.} al Kahf 93

 Ou bien tu te civilises dans un projet global et dynamique impliquant la langue , l’éthique, les institutions, l’exercice de l’état de droit, la justice, la science et la maîtrise technologique qui libère de la colonisabilité et de la colonisation ou bien c’est l’extérieur qui va te coloniser et t’imposer sa langue et ton statut de colonisé comme « bienfaits de la civilisation » après avoir mené toutes les opérations pour te priver de ta liberté, de ta dignité, de ta mémoire, de ta langue et de ton devenir. Perdant ton identité, tu ne peux vivre qu’en opprimé en perspective de la grenouille ou de contre plongée : la tête en l’air admirant la grandeur de celui qui t’a soumis, qui te domine du haut de son arrogance et qui maîtrise sa langue et la tienne mieux que toi tu ne maitrises la sienne.

La langue arabe, la tienne, la notre, nous l’avons déjà perdue par abandon ou par confiscation de notre islamité.

La guerre contre l’islam depuis son avènement a pris des formes multiples, militaires, économiques, politiques, colonisation, impérialisme, fétichisme, modernisme, scientisme, progressisme et leur lot d’intégrisme et de corruption des mœurs et des idées. En réalité, ces formes ne se sont que l’expression de la lutte contre deux convictions, deux imaginaires, deux voies : le Monothéisme et le paganisme pluriel et protéiforme. En Méditerranée, dans sa forme de contradiction Nord-Sud, elle exprime la lutte d’influence, voire d’existence, entre la rive latine et la rive non latine, entre la rive judéo-chrétienne et la rive musulmane en passant par les Croisades du moyen-âge, l’éradication des musulmans d’Andalousie ou la colonisation des peuples d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

Dans cette guerre contre l’islam sans relâche, une place de choix est réservée à la lutte idéologique qui vise à empêcher le monde musulman de produire ses idées, ses élites et de se réapproprier l’éthique et l’esthétique de l’islam pour un développement autonome et libéré de l’impérialisme. Le Qur’ân a averti de cette lutte et de son caractère idéologique. L’idéologie pour nous ne signifie pas propagande mais discours sur les idées et leur sens dans les rapports de l’homme à Dieu, à l’homme, à la nature, à la technique, à l’art, à l’économique, au politique, au culturel, au savoir, à la conscience, à la société… Dès qu’il y a débat philosophique ou religieux, nous sommes fatalement impliqués dans une lutte idéologique d’appropriation ou de négation de sens selon nos convictions, nos intérêts et notre assise spirituelle et intellectuelle. C’est la lutte idéologique au sens Qur’ânique :

{Nous en avons fait un Qur’ân en langue arabe, afin que vous en saisissiez le sens.} Az-Zukhruf – 3.

La bataille de sens n’est pas seulement au niveau de la foi, de la philosophie ou de la politique, elle se cache souvent dans la lutte entre deux imaginaires, entre deux champs d’exploration du réel et de représentation de la vérité qui forment ce qu’on appelle l’imagination ou le potentiel d’avoir des images mentales ou encore celui d’évoquer le virtuel, ce projet qui est en devenir comme potentiel de vie, à qui ne lui manque que l’opportunité et la pertinence pour devenir non pas réel mais actuel comme un grain blé qui peut donner un épis de blé, une semence une génération de plants. Toute la compétence humaine d’imaginer est de produire du sens ou de la virtualité de sens est indissociable de sa compétence à entendre et à parler et à voir les signes, les indices.

Le Qur’ân met en exergue cette compétence que nos pédagogues et nos dialecticiens alignés sur l’Occident ne reconnaissent ni dans le Qur’ân ni dans sa langue l’Arabe, ni dans le sens universel que cette langue véhicule tant sur le plan de la science que sur celui du symbole cosmogonique:

{Allah vous a fait naître du sein de vos mères, dénués de tout savoir, et vous a donné l’ouïe, la vue et l’intelligence. Peut-être Lui en serez-vous reconnaissants?} An-Nahl – 78.

Cette lutte idéologique contre l’islamité prend dimension de bataille culturelle au sens propre de bataille, avec son cortège funeste de ruines, de morts, de souffrances et ses proclamations sanglantes de victoire ou de défaite. Cette bataille est menée sur plusieurs fronts et plusieurs champs de batailles dont les plus importants sont celui de la langue Arabe.

La bataille contre l’arabe se fait parce qu’elle est langue du Qur’ân. Il faut bien comprendre cette vérité que nous allons expliciter un peu plus. La lutte est contre le Qur’ân. Si le Qur’ân avait été révélé en langue française ou anglaise la bataille aurait été menée contre la langue française ou anglaise. Allah a dévoilé le complot international bien avant sa manifestation historique :

{Si Nous avions révélé ce Qur’ân en langue étrangère, on aurait objecté : «Si au moins ses versets étaient clairs et intelligibles ! Comment? Un Qur’ân en langue étrangère pour un peuple arabe?» Réponds-leur : «Ce Qur’ân est un guide et un baume pour les croyants, seuls les négateurs, quand il s’agit de ce Livre, font la sourde oreille et simulent l’aveuglement. C’est comme si l’appel qu’on leur lance venait de trop loin pour être entendu.»} Fussilat – 44.

La bataille contre cette langue se fait contre elle en tant que langage et parfois en tant que signe. En Turquie les intégristes laïcistes n’ont proclamé victoire sur l’islam qu’une fois la Turquie Kémaliste expurgée de l’alphabet arabe ait pris pari sur son avenir en adoptant la lettre latine. Byzance reprend sa revanche contre Mohamed al Fatah comme les néo pharisiens reprennent leur revanche contre Babel en exterminant les Palestiniens, puis les Irakiens, dans la même logique des Croisades, dans la même coalition contre Al Madinah…

La bataille sur le signe, le symbole et l’avenir fait rage.

Elle fait rage dans les détours de la civilisation, de l’histoire, de la colonisation, de l’Evangélisation. En Algérie, le berbérisme et le colonialisme participent à la même logique : présenter le kabyle comme « conquérable » et assimilable, à opposer à l’Arabe considéré comme un non réceptif à la civilisation occidentale, non assimilable à la culture française par son fanatisme religieux. On va jusqu’à occulter le caractère sémitique et Abrahamique qui lie l’Arabe à l’hébreu pour trouver une histoire commune (sous entendu un destin commun) entre le Juif et le Berbère.

L’historien algérien Mahfoud Kaddache dans « L’utilisation du fait berbère comme facteur politique dans l’Algérie coloniale » écrit à juste titre : « Cette division Et de comparer le Kabyle et l’Arabe, le premier autochtone, montagnard sédentaire, sociable, professant des sentiments égalitaires, partisan de la propriété individuelle, âpre au travail comme le paysan français, alors que le second étranger au pays, homme des plaines, de steppes, nomade et barbare dans l’âme, un sauvage intelligent aux mains de qui la terre devient fatalement un désert…imbu de préjugés, aristocratique, partisan de la communauté des terres, s’abandonnant à l’indolence de la vie pastorale […] L’objectif, diviser pour régner, apparaissait avec les premières études ; il s’agissait de ne pas courir avec le Berbère colonisé du XIXème, le risque d’un échec comme ce fut le cas avec Rome et le christianisme. Il ne fallait pas laisser le Berbère cramponné à l’Islam, ni tourné vers l’Arabe, ni vers l’arabisation.»

Il poursuit, citant les sources coloniales pour montrer l’inanité de la politique de division ethnique et linguistique entre Arabes et Berbères par la colonisation : « Si les Kabyles étaient attachés à l’Islam, c’est à cause de la « croisade musulmane au nom de la France par l’administration militaire » ; elle a rendu les Kabyles « plus mahométans qu’avant la conquête» et leur a permis de se regrouper autour des chefs religieux, de se rapprocher des Arabes dans les différentes sectes religieuses. « L’Islamisme a donc poussé plus profond ses racines », et les vrais principes musulmans tendent à se substituer aux anciennes coutumes locales …

« Bref, l’assimilation avait échoué, le fossé qui séparait les Kabyles et les Arabes paraissait comblé pour ceux qui constataient cet échec. Est-ce à dire qu’on renonçait au mythe kabyle et à une politique berbère fondée sur la distinction entre Arabes et Kabyles ? Non car « le fossé reste assez large » pour qu’un habile politique parvienne à la maintenir, au grand avantage de la domination française […] Etablir une différence dans les signes même de la pensée, maintenir l’antagonisme à la base ; remplacer les caractères arabes par les caractères français, écrire la langue kabyle en caractères français … »

Mahfoud Kaddache a eu le mérite de montrer le caractère idéologique et religieux de la colonisation au delà du fait colonial lui-même : « Des essais de vulgarisation, des œuvres littéraires évoquèrent la romanisation de la Berbérie, parlèrent de la « résurrection de l’Algérie latine » et affirmèrent la vocation occidentale sinon latino-chrétienne du monde berbère ». Contre cette berbéro christiano occidentalisation, le peuple algérien dans toutes ses compositions ethniques et idiomatiques se dressa comme un seul homme derrière le savant de la Nahda algérienne le berbère constantinois Abdelhamid Ibn Badis et son slogan : « l’Islam est notre religion, l’arabe notre langue, et l’Algérie notre patrie »

La langue est le canevas sémantique, lexical, idéique et subjectif pour donner du sens aux signes et aux symboles, pour communiquer sur les désirs collectifs et faire de l’idée un projet argumenté par la parole et l’écrit sur lequel émerge l’acte de libération, l’acte d’édification nationale, l’acte de civilisation. La langue est l’expression de la mémoire d’un peuple, de son attention sur son projet de civilisation et de ses attentes sur son devenir et son espérance. Toute attaque contre une langue est une attaque contre la conscience du peuple pratiquant cette langue, de son histoire et de son avenir.

Pour détruire une civilisation on détruit ses fondements linguistiques, sa langue et ce qu’elle véhicule comme valeurs. Pour empêcher une civilisation de naitre on bloque, on corrompe sa langue et on la laisser dériver vers le futile, l’incohérence et l’éclatement entre des emprunts sans ligne ordinatrice. Sénèque l’Ancien disait « Il n’y a point de vent favorable pour celui qui ne sait où aller ». Il en est de même pour l’esprit et la langue. Les Pharisiens, les défenseurs du Temple et les rentiers de la foi ont présenté à Jésus des cœurs déchirés et des esprits volatils entre la langue de la rhétorique grecque, celle de la puissance coloniale romaine et celle du mythe de l’élection divine entretenu par les doctes et les scribes. Il avait compris la situation en disant cette parole : « le règne de la loi est fini c’est le règne de l’amour ». Il annonçait la fin des lois scélérates et falsifiées et le triomphe de la cohésion d’un seul cœur, d’une seule idée directrice.

Dans son sermon sur la Montagne, dans ce que les Chrétiens, appellent les Béatitudes, il proclamait « Bienheureux les faibles d’esprit » pour dénoncer la confiscation des consciences et la diversion des esprits engagés dans les débats fourvoyés par les bienfaits de la colonisation culturelle grecque et militaro administrative romaine. Trop dispersés dans leurs langues comme du temps de Babel, ils ne pouvaient ni se comprendre ni se fédérer autour du Verbe de Dieu. Telle est la destinée de ceux qui prennent leur religion comme jeu, divertissement et rhétorique : spiritus : tempête de l’esprit au lieu d’harmonie des cœurs et cohésion des langues. Dans ces conditions impossible de saisir le Signe divin qui appelle à l’unité et proclame l’Unicité.

La loi Toubon en France exprime le souhait des élites françaises de l’extrême gauche à l’extrême droite de défendre leur unité nationale à travers l’unité de leur culture, de leur passé, de leur place dans le monde et dans la défense de l’unité de leur langue contre l’hégémonie culturelle, technologique et scientifique anglo saxonne. Le colonialisme français cédant le pas devant la puissance de feu militaire, financière et économique américaine a fait de son socle culturel, la langue française, son bras idéologique et culturel dans le partage du monde en se dotant d’un outil diplomatique, conceptuel, symbolique et politique : la Francophonie. La Francité traditionnelle est mobilisée au service de l’existence de la souveraineté de la France dans le concert des nations impérialistes.

Le code de l’indigénat durant la colonisation française ne visait pas seulement à peupler l’Algérie de colons européens pour spolier ses richesses mais à éradiquer l’Islam et l’Arabe qui font l’identité de l’Algérien comme ils font l’identité de l’Égyptien, du Syrien, de l’Irakien, du Marocain et des autres peuples arabes. La « pax romana » du colonisateur a consisté comme dans les lois de César à « soumettre les superbes et à humilier les soumis ». Elle a cherché dans ses mémoires pour trouver la même loi qui raye les civilisations et les peuples : la division et la discorde en cultivant l’esprit tribal hérité de la décadence musulmane, les particularismes folkloriques et linguistiques locaux propre à chaque région : diviser pour régner. Si le monde judéo-chrétien se divise en 72 sectes opposées les unes aux autres, l’esprit moderne colonialiste trouve l’accord pour partager son influence linguistique, culturelle, politique, militaire et économique en partageant le monde arabe en 73 électrons libres sans centre, sans trajectoire, sans énergie autre que la négation et la division à l’infini jusqu’à épuisement.

Tout ce qui existe à sa langue inscrite dans une linguistique de l’universel donne harmonie et concorde. S’inscrire hors de soi, hors de sa langue, hors de ses valeurs c’est perdre le sens de cet universel qui paradoxalement donne à chaque différence une identité qui ne peut qu’exister qu’en contraste s’opposant à l’autre ou se conjuguant à lui selon les lois de l’harmonie et du rythme qui donne preuve de la vitalité sans laquelle il y a inertie conduisant à la mort. Se confondre avec l’autre exige un amour fusionnel partagé ou le renoncement à soi comme un sacrifice pour maintenir en vie l’extérieur. C’est la signification sacrificielle de l’Holocauste. La victime peut être consentante ou rebelle selon le sens qu’elle donne à son sacrifice. Elle peut être insouciante et ainsi perdre usage de la langue qui évoque le passé, qui exprime l’avenir, qui témoigne du présent, qui revendique ses droits et ses devoirs et qui invoque Celui qui a fait parler toute chose de la création dans sa langue spécifique.

Les élites arabes, y compris les arabophones, ont fait de l’arabité et de l’Arabe un signe de décadence, une honte publique, une tare dont il faut se débarrasser au nom de la modernité. Toujours en retard d’une guerre, ils oublient dans leur ignorance crasseuse et mimétique que la modernité prométhéenne mi Dieu mi homme mi Titan est déjà dépassée par la post modernité. La post modernité hermésienne qui revendique l’échange, la communication et les arts est elle aussi en faillite car elle a du mal à surmonter ses propres contradictions : affirmation de l’hégémonie occidentale et désir de fin des monopoles pour une socialité sans frontières, sans normes, sans arbitraire, sans centre, sans limites à la commutation des sens et des échanges libres. Elle a du mal à assumer un monde ancien achevé et la naissance d’un nouveau dont elle a perdu la compétence de « civiliser les barbares ».

La dialectique n’accepte pas les crises qui durent ni les contradictions non résolues le destin s’accomplira dans un sens ou dans un autre par l’harmonie fédératrice ou le chaos générateur de nouvelles énergies. Cette loi est valable tant pour le colonisé que le colonisateur car Dieu a voulu que chaque instant soit acte de renouvèlement de la création et dans cet acte l’homme est Fa’il (davantage actant ontologique et social que simple sujet d’un verbe d’action) ou Maf’oul bihi (davantage objet asservi qu’être subissant)

Entre le Modernisme et le post modernisme, l’Occident n’a pu nous léguer ni Trinité ni Prométhée ni Hermès, mais nos élites ont su importer Pandore et sa boite pour le malheur de nos peuples. Ce que le colonialisme n’a pu défaire, ils ont trouvé le moyen de le corrompre en s’attaquant à l’islamité et à l’arabité au nom de l’algérianité et de la berbérité ouvrant une bataille culturelle sur un fond idéologique alors que le débat politique avait perdu le sens de la mesure et de l’intérêt national. Dans cette bataille tronquée ils ont commis des crimes impardonnables :

Prendre le peuple en otage et lui faire oublier son droit à l’alphabétisation : le Alif ou le Alpha est le ferment de la liberté et de la civilisation. Le socle de la langue ayant perdu son sacré on peut se permettre toutes les dissonances. Se réclamant civilisés, instruits, ouverts aux arts et à la culture, ils oublient ce principe de vie d’un peuple que Maila Tavio a raconté avec brio « Lorsqu’une langue meurt avec ses couleurs, ses nuances, le peuple meurt aussi ». Notre drame n’est ni dans la langue arabe ni dans le Qur’ân ni dans l’Islam mais dans notre manière de voir le monde : libre agissant pour notre compte ou aliéné agissant pour le compte d’autrui. Ceux qui veulent latiniser le monde musulman et l’Algérie en particulier doivent méditer cette citation de Marc Aurèle : « Ta manière de penser s’orientera d’après la nature des objets que tu représentes le plus souvent, car c’est des représentations que l’âme prend sa couleur »

Notre âme est dans l’islam qui a détruit les idoles et tout paganisme politique, économique, culturel ou religieux qui aliène l’homme à la chose et en fait une idole qui lui dicte son regard mental par lequel les yeux voient le monde et la langue raconte le monde.

En faisant de la langue Arabe la visée principale de la diversion idéologique interne et du sabotage culturel extérieur le but est multiple :

  • Maintenir les peuples dans une confusion mnésique et sémantique sur leur histoire, leur patrimoine, leurs droits et leurs devoirs.
  • Laisser les populations se débattre dans leurs dialectes sans langue fédératrice comme socle culturel et sans instrument de production et d’acquisition des idées, des concepts autre que dans la langue du colonisateur et de ses vassaux. Tout dialecte, même s’il est langue maternel, porte les limites de son expression, les imperfections de sa syntaxe, la pauvreté de son lexique, l’incapacité de conjuguer les verbes et de manier la subtilité de cette conjugaison. Le dialecte avec sa carence sur le plan sémiotique et sa défaillance structurelle reste une phonétique pour les peuples primitifs, les bédouins et les populations enclavées dans leurs douars et dans leurs contes nostalgiques. Il ne peut avec l’alphabet latin, hébreu ou arabe exprimer plus que sa vocation : dire des choses ou des émotions primaires qui donnent à l’existence de l’indigène une dimension locale sans inscription dans l’universel. Toutes les civilisations qui ont résisté à l’épreuve du temps portaient la culture du signe à un rang de l’universel même si le sens de cet universel se corrompe par le pouvoir, le luxe et les plaisirs mondains et l’injustice qu’ils provoquent dans la création.
  • Priver les peuples arabo musulmans de la compétence de produire du sens islamique. Ce sens qui proclame la gratitude envers Dieu et la lutte contre l’ingratitude et l’injustice est le signe qui se répète sous plusieurs formes, plusieurs contextes et plusieurs déclinaisons que seule la langue arabe peut en saisir les subtilités alors que les autres langues non averti y voient redondance ou contradiction :

{Dieu vous a fait naître du sein de vos mères, dénués de tout savoir, et vous a donné l’ouïe, la vue et l’intelligence. Peut-être Lui en serez-vous reconnaissants?} An-Nahl – 78.

Ce sens est un défi à l’arrogance du paganisme mondial dans sa version athée matérialiste ou dans sa version judéo-chrétienne totémiste.

  • Nier l’universel que porte la langue arabe en tant que langue Qur’ânique. En effet s’approprier la langue arabe c’est s’approprier la clé de lecture du Qur’ân, de récitation, de mémorisation et de compréhension du Qur’ân. Si le Taddabur et le Taffakur nous échappent, par notre vie insensée, dans l’énoncé Qur’ânique, leur sens et leur portée n’échappent pas aux spécialistes de la profanation de l’islam et de l’aliénation des musulmans. La monolâtrie et l’idolâtrie se conjuguent pour mettre fin au Monothéisme car ils savent qu’il est le ferment contre leur dictature et leur impérialisme. La lutte contre la langue arabe n’est en réalité qu’une tentative, répétée, pour ne plus entendre dans sa version originale, sans falsification, cet appel contre l’aliénation :

Proclame la Vérité émanant de ton Seigneur

Dis la Vérité est venue et le faux est appelé à disparaitre car le faux est inéluctablement condamné à disparaitre.

La modernité, la post modernité pour l’Arabe et le musulman est de redonner sens et vie à l’expression de cette vérité dans son cadre contemporain, dans sa langue initiale et dans un continuum spirituel et actantiel dans lequel il est urgent de se réinscrire pour que la langue Arabe, celle du Qur’ân, ne soit plus le Bouc émissaire et que la lutte s’opère sans intermédiaire, sans diversion, sans trahison : la vérité contre le mensonge, la justice contre l’arbitraire, la liberté contre l’oppression. Nous devons garder toute la lucidité pour voir comment à chaque revendication libertaire du monde arabe et à chaque déficit de crédibilité des gouvernants corrompus et des élites incompétentes l’impérialisme nous sort ce combat contre la langue du Qur’ân comme moyen de diversion mais aussi comme tentative de profiter de notre inattention et de notre focalisation sur le seul terrain des luttes politiques ou sociales alors que l’armada de l’impérialisme est sur tous les fronts mettant des fers sur tous les feux par sa culture du sens tant stratégique que tactique.

Il est vrai que les marabouts ont fait de la langue Arabe la langue du défaitisme, de la résignation et de la fatalité. Les Foqaha ont fait de cette langue une langue de bois versée dans le juridisme et une problématique culturelle rendue complexe pour anesthésier la pensée qui ne sait plus trouver son chemin dans un geste aussi simple que le Wudu (les ablutions). Les poètes ont en fait une langue pour magnifier la femme et l’éros sans prise sur le social et les conditions de la femme arabe ou celles de l’homme arabe. La langue arabe s’est figée dans un hymne à l’esprit nostalgique du passé des guerriers alors que l’islam préconisait l’argumentation, la science et le témoignage véridique pour convaincre de sa vérité et de sa justesse. Sur ce détournement de la religion et de son instrumentalisation par le bigot, le pharisiens, le despotes et le colonialisme, il est intéressant de se remémorer, face au combat mené contre l’Arabe, ce que Malek Bennabi a évoqué dans « la vocation de l’islam » :

«… c’est parce que celui-ci sait que la religion demeure l’unique, l’ultime moyen de refaire la santé morale d’un peuple qui a perdu, dans la crise de son histoire, tout ressort moral. Si aujourd’hui il y a quelque chose qui vibre encore dans l’âme musulmane, quelque chose qui la rend capable de se transformer et de se dépasser, c’est bien l’Islam.

Aussi le colonialisme s’attaque-t-il partout à cette puissance de résurrection. L’Islam devient donc l’objet de toutes les restrictions, de toutes les surveillances. Il est aujourd’hui infiniment plus facile d’ouvrir une maison de jeux ou un café qu’une école Qur’ânique. D’autre part, c’est l’administration elle-même qui désigne le personnel du Culte — le muphti et l’imam — non pas à la satisfaction de la communauté musulmane, mais au gré des colons. Et, par ce dispositif, elle tient en ses mains les suprêmes moyens de corruption. L’homme qui dirige les dévotions à la mosquée n’est pas choisi pour sa conscience morale ou pour sa science théologique, mais surtout pour son utilité administrative, comme simple adjudant des prières. Cette situation du culte n’est pas celle qui trouble le moins la conscience du croyant, en le plaçant devant des faits parfaitement perturbateurs: un imam qui moucharde, un muphti corrompu et corrupteur, un cadi prévaricateur. On veut faire de l’Islam lui-même un aspect pittoresque de la «vie indigène».

Et c’est ainsi que l’administration accumule les écueils et les entraves sur la voie de la renaissance musulmane.

Mais ici du moins, une confrontation directe devient possible entre la colonisabilité et la colonisation comme facteurs de paralysie. Cette confrontation nous permet de nous rendre compte, sur le vif, que le colonisé peut toujours se libérer de sa colonisabilité, dans la mesure où il applique son intelligence et son effort à surmonter les difficultés, à contourner les écueils, à rompre les entraves. Ici du moins, — parce que le musulman, même au stade post-almohadien, ne souffre pas d’atteinte à sa religion, — nous le voyons et nous l’avons vu, en Algérie notamment, édifier lui-même ses nouvelles mosquées où il va librement faire ses dévotions, et ses nouvelles écoles où son fils poursuit librement ses études. Ces initiatives nous prouvent à quel point il ne s’agit pas de discourir sur la liberté du culte, ni sur l’extension de l’enseignement, mais de faire des œuvres sociales et d’accomplir des devoirs impérieux. Il est évidemment excellent d’obtenir les «droits» que l’on a réclamés, mais il ne s’agit pas, comme on le fait malheureusement encore, de renverser l’ordre des valeurs en mettant les «droits» avant les «devoirs», — ce qui ne pourrait qu’augmenter la confusion, le désarroi et le chaos en multipliant les faux pas de la «boulitique».

Le colonialisme fait encore sonner minuit, mais dans le monde, musulman, l’heure du sommeil et des fantômes est passée, sans rémission. »

L’historien algérien Mahfoud Kaddache faisant référence tant aux faits historiques qu’aux discours des observateurs et des idéologues de la politique de peuplement colonialiste en Algérie insiste sur l’arabité et l’islamité de la résistance algérienne, Berbères et Arabes, contre la domination coloniale au nom de l’islam qui dérouta la sociologie et la guerre psychologique du colonisateur : « Les Chorfas qui furent très nombreux en Kabylie, les confréries en particulier celle des Rahmania avec le cheikh Al Haddad en 1871 donnèrent souvent au patriotisme algérien un caractère mystique. […] Le danger était encore plus grand avec la participation d’éléments kabyles au mouvement des Oulémas ; les Berbères voyaient dans la renaissance de la langue arabe, l’arabisme et le nationalisme musulman, la condition du réveil politique et l’émancipation de l’Algérie.»

Nul ne peut nier l’immobilisme persistant de la pensée musulmane qui n’arrive pas encore à surmonter sa contradiction logique dans sa confrontation à la colonisation. Dépasser cette contradiction c’est aller vers le débat ultime : la civilisation. Le colonialisme et ses vassaux ne sont que des accidents secondaires.

Malgré tout ce qu’on peut accepter comme critiques objectives et subjectives contre les musulmans, nul ne doit par contre nier que la dynamique de libération est passée par l’apprentissage de la langue arabe dans les écoles Qur’âniques mêmes si ces écoles sont accusées d’avoir davantage développé le réflexe de Pavlov par l’imitation et le parcoeurisme que l’Ijtihad. N’est-ce pas la critique lancée par les partisans de l’école française contre l’école Badissienne comme si cette dernière était prise en flagrant délit d’incompétence pédagogique et didactique. Bien entendu on opère à une « décontextualisation » historique et politique avant de lancer l’amalgame de venin.

Nous pouvons prendre toutes les critiques comme partiellement vraies car elles ne sont pas habitées par l’esprit de vérité et de justesse mais par l’esprit du dénigrement idéologique. En effet, par des demi-vérités hors de leur contexte on cherche à créer de la diversion idéologique car elle occulte le fait colonial et la résistance contre le colonialisme par les moyens propres à l’indigène qui a eu le génie de mettre en place sur les décombres de la décadence et de l’occupation un système précaire de formation des élites musulmanes. Ce système a conduit le mouvement de la renaissance musulmane et de la libération nationale en étant ouvert à la pensée musulmane revendiquant son existence, sa langue et sa parole pour devenir acte de libération comme fut la parole de Djamel Eddine Al Afghani rompant le silence sur le drame vécu par les musulmans en réveillant leur conscience par cet appel à se réformer par le Qur’ân : « Parmi les vertus du Qur’ân, il y a celle-ci qu’avant sa révélation, les Arabes vivaient dans un état de barbarie indescriptible. Mais un siècle et demi à peine après sa révélation, ces mêmes Arabes devinrent les maîtres de leur monde et dépassèrent toutes les nations de la terre, en politique, en science, en philosophie, en industrie et en commerce. ».

De l’Egypte comme base, il avait lancé son appel à la libération de la pensée musulmane des ‘‘carcans de l’immobilisme’’, à la promotion de la liberté de la presse. Il avait préconisé la révolution politique comme moyen d’action le plus sûr et le plus rapide pour se défaire des oligarchies qui soutiennent l’influence des puissances européennes. Il préconisa la constitution comme moyen permettant de limiter le pouvoir despotique. Et bien entendu il s’est dressé sans faillir contre le colonialisme britannique qu’il avait combattu déjà en Afghanistan en tant que gouvernant et soldat trahi par les élites embourgeoisés. Al ‘Ourwa al Wotqa (l’anse la plus solide) était son organe et sa devise qui signifiant dans la langue arabe tout un programme anti colonial :

{Point de contrainte en religion maintenant que la Vérité se distingue nettement de l’erreur. Désormais, celui qui renie les fausses divinités pour vouer sa foi au Seigneur aura saisi l’anse la plus solide, sans crainte de rupture. Dieu est Audient et Omniscient.} Al-Baqara – 256.

Le premier problème qu’on veut occulter est de renoncer à soi en refusant de retrouver sa langue et en entretenant volontairement la confusion qui règne dans le monde des idées et leur obsolescence dans le monde occidental et qu’on veut importer comme du prêt à porter et à manger. Le second problème qu’on veut occulter est la faillite du projet laïc nationaliste dans le monde arabe dans la gouvernance sensée des peuples et la gestion saine des richesses nationales. Fiasco total sur toutes les lignes. L’absence de probité morale et intellectuelle les conduit à nier leur peuple, à le mépriser et à collaborer avec le colonisateur au lieu de faire leur auto critique et leur mue idéologique.

Les peuples n’ont ni la conscience ni le temps ni le droit pour l’instant de leur demander des comptes sur la faillite morale, économique, politique et culturelle de leur gestion. L’histoire ne peut les épargner pour leur travail de sape contre l’Arabisation qu’ils ont conduite au suicide par orgueil culturel, par mépris de l’islam et par paresse d’apprendre l’Arabe. Vivant comme des rentiers de la langue du colonisateur et du peu de savoir qu’ils ont acquis grâce au sacrifice des libérateurs, martyrs, anciens Moudjahidines ou anciens détenus, ils ont laborieusement torpillé tout effort d’alphabétisation des peuples en prenant le peuple comme otage de leur diversion idéologique sur la langue arabe et l’arabisation bâclée qui a produit des ignorants ou au mieux de médiocres gagne pains par le potentiel de nuisance mis dans tous les engrenages politiques, administratifs, éducatifs, didactiques, pédagogiques et professionnels pour détruire la langue du Qur’ân ou pour rester attachés aux Lumières françaises qui ont conduit les Arabes vers les ténèbres de l’ignorance de la Lumière Qur’ânique.

Quand la pensée refuse de s’actualiser au contact des défis du temps ou quand les actions ne s’inspirent pas de l’effort de la pensée noble et généreuse, le délabrement idéologique ne peut que se traduire par une volonté affichée de s’amputer de sa langue et s’inscrire dans le silence exigé par le colonialisme et les despotes. Faute de langue supportée par une académie, des Lettres, des arts et de la science mais surtout par faute de vision claire sur l’avenir, soumis ou insoumis à l’ordre colonial, nos idées restent confuses voire mortifères pour le corps social qui ruralise sa langue et qui la pratique comme si elle était un intrus au meilleur des cas et un ennemi au pire des cas. C’est la ruralisation, au sens Khaldounien, de la conscience et du langage qui ne s’éveillent qu’au contact des choses et des besoins primaires et non pas l’Arabisation ou l’Islamisation qui sont les vecteurs de ce nomade sans racines, sans ancrage culturel et linguistique que nous appelons l’homme arabe moderne. Victor Hugo avait dit : « le lion imitant un lion devient un singe » qu’allons nous dire pour décrire notre aliénation ?

Dans le combat pour ou contre l’Arabe, l’arabité, l’arabisation, nous ne devons jamais perdre de vue que le choix ou le renoncement à ce combat est idéologique : renoncer totalement à soi ou confirmer son identité, se voir dans une aire civilisationnelle musulmane libérée du « chirk » ou se voir préposé aux affaires coloniales dans son pays maintenu par le colonisateur dans le statut de comptoir commercial. Le Qur’ân nous rappelle, en sa qualité de Dikr, de ne pas oublier les leçons du passé et de ne pas nous laisser leurrer par les discours démagogiques qui nous font confondre nos priorités, nos besoins, nos exigences, nos alliés, nos ennemis et notre devenir avec ceux de l’impérialisme :

{Comment admettre que, quand ils sont les plus forts, ils ne tiennent compte à votre égard ni des liens du sang ni de la foi jurée? Ils ne cherchent qu’à vous plaire par de belles paroles sans que leurs cœurs y adhèrent, car ils sont pour la plupart des scélérats qui troquent à vil prix les enseignements de Dieu et se dressent en obstacle sur Sa Voie, dans une attitude des plus exécrables, sans jamais respecter à l’égard d’un croyant ni les liens du sang ni la parole donnée. Ils agissent toujours en véritables transgresseurs.} At-Tauba – 8.

Si nous ne pouvons pas confondre celui qui agit sous la contrainte sociale ou économique ou qui se contente des rituels sans portée stratégique comment pouvons-nous nous tromper sur l’essentiel de notre foi, de nos valeurs et de nos engagements et nous laisser nous détourner par les promesses chimériques et les illusions à court terme :

{Comment pouvez-vous assimiler celui qui est chargé de distribuer l’eau aux pèlerins ou d’entretenir la Mosquée sacrée à celui qui croit en Dieu, au Jugement dernier et qui combat pour la Cause de Dieu? Non, ils ne sont pas égaux devant Dieu, et Dieu ne guide point les injustes.} At-Tauba – 19

Ce combat pour ou contre la langue arabe est un combat idéologique car la question qu’il soulève relève de notre système de représentation du monde et la vision que nous faisons de nous-mêmes dans ce monde : Fa’il (Sujet) ou Maf’oul bihi (Complément d’objet). Se voir Fa’il sujet d’un verbe d’action et non seulement comme sujet des auxiliaire être ou avoir c’est prendre le statut d’Actant. Prendre le statut d’Actant c’est nécessairement donner le primat à l’acte qui germe du monde de nos idées et de nos valeurs et non des idées d’autrui et de ses valeurs. Le statut d’actant signifie aussi que notre verbe prend appui de notre effort actantiel , l’acte qui se fait quête de son propre devenir et de sa propre vérité et non du schéma que le regard des autres veut nous y contraindre, privé des verbes d’action pour nous confiner à n’exister qu’en la seule qualité d’être végétatif contemplant son avoir dans les banques occidentales et subsistant de la rente des hydrocarbures.

Nos idées restent dans une large mesure dominées par notre langue car elle véhicule, en dehors de l’émotion, le trait d’union qui tisse des liens cognitifs à travers le livre, l’histoire, la religion et la sonorité des mots. Quand l’idée est fée du logis et que ce logis est entretenu par une belle langue alors la chose imaginée par l’idée est au service du projet de civilisation et des critères éthiques et esthétiques de cette civilisation et de cette langue comme l’enseignait Mohamed (saws) à sa belle aimée Aïcha notre mère :

« O ‘Âïcha ! Si la parole grossière prend forme, sa forme ne serait que mauvaise. Jamais les bonnes paroles ne sont mises sur une chose sans l’embellir et jamais elles ne sont enlevées d’une chose sans la rendre laide »

Dans notre cas cette langue est celle du Qur’ân qui énonce d’une manière claire et nette l’architecture entre l’acte, l’être, l’idéique et le linguistique :

{Vois-tu à quoi le Seigneur compare, à titre d’exemple, la bonne parole? C’est à un bel arbre dont les racines se fixent solidement dans le sol et dont la ramure s’élance vers le ciel, en produisant, par la grâce de son Seigneur, des fruits à chaque instant. Dieu propose ainsi des paraboles aux hommes pour les amener à réfléchir. Au contraire, une méchante parole est semblable à un arbre nuisible qui se développe à ras du sol, sans jamais y avoir une attache solide.} Ibrahim 24 à 26

Ce choix volontariste pour l’arabisation et l’arabité n’est pas obligatoirement manichéen ou autarcique. La possession de sa langue ne veut pas dire s’enfermer dans un isolat linguistique, mais la combinaison intelligente et harmonieuse entre soi et les autres. Sous n’importe quelle langue y compris celle du Qur’ân nous ne pouvons accepter l’idée d’être un entassement chaotique de choses sans style, sans esthétique, sans projet, sans humanité, sans devoir de témoignage aux autres.

La loi qui gouverne l’univers est une loi qui refuse la dissonance comme elle refuse l’indifférenciation. Comme la touche d’un peintre de génie comme Matisse qui a perçu la vibration des différences dans l’unité qui donne accord « Un ton seul n’est qu’une couleur, deux tons c’est un accord, c’est la vie » la présence des idiomes et des couleurs des hommes témoigne de la présence de l’Unicité du Créateur qui a choisi, par sagesse, de révéler son ultime Message dans l’Arabe :

{Et parmi Ses signes, il y a aussi la création des Cieux et de la Terre, la diversité de vos langues et de vos couleurs. En vérité, il y a en cela des signes pour des esprits éclairés.} Ar-Rum – 22.

{Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous vous avons répartis en peuples et en tribus, pour que vous fassiez connaissance entre vous. En vérité, le plus méritant d’entre vous auprès de Dieu est le plus pieux.} Al-Hujurat – 13.

La loi de l’harmonie qui veut qu’il y ait une multitude dans l’unité et l’unité dans la diversité exige comme dans l’harmonie chromatique un rapport de grandeur, de valeur et d’intensité comme dit André Lhote : « Lorsque trois couleurs sont en présence. Une seule doit être poussée au maximum, la seconde diminuée et la troisième suggérée » ou dans un autre style L.B Alberti : « Et vraiment il y aura de la grâce alors que les couleurs sont juxtaposées avec une exacte habileté … Car un tel assemblage procure, grâce à la variété, un grand charme, et grâce au contraste, une plus grande beauté »

Une seule langue doit dominer sans que celle-ci ne soit tyrannique. Les musulmans, quand ils étaient porteurs du principe du sens du Monothéisme, ont conjugué les sciences et les arts avec la langue arabe comme ils avaient confronté leur langue avec les langues d’Asie et d’Europe, s’enrichissant mutuellement par la traduction et l’échange civilisationnel. Les musulmans, armés de l’Arabe, avaient le sens de l’harmonie et du beau car ils avaient acquis le sens de la vérité et de ce fait ils étaient un témoignage du Qur’ân et de l’Arabe, forgeant l’admiration des uns et inspirant la crainte aux autres :

{Muhammad est le Prophète de Dieu. Autant ses Compagnons sont durs envers les infidèles, autant ils sont pleins de compassion entre eux. On les voit s’incliner et se prosterner, aspirant à obtenir la grâce et l’assentiment du Seigneur. On les reconnaît à l’empreinte laissée sur leurs visages par leurs prosternations dans la prière. Telle est l’image qu’on donne d’eux dans la Thora, alors que dans l’Évangile ils sont comparés à une semence qui germe, se gonfle de sève et grandit pour se dresser sur sa tige, faisant l’admiration des laboureurs et soulevant le courroux des infidèles.} Al-Fat-h – 29.

Tous les musulmans ayant conscience de la lutte anti impérialisme menée par l’islam dans sa lutte plus globale, la lutte contre le mal et le mensonge, même s’ils sont francisés ou francophones, vivant en terres arabes ou latines doivent se hisser au niveau de la responsabilité historique, culturelle et religieuse de la défense, de la réhabilitation et de la promotion de la langue arabe. Il ne s’agit pas de se soumettre aux monarchies pétro dollaresques ni de nier nos dialectes et nos coutumes ancestrales mais de se hisser au modèle de l’homme parfait, l’archétype à suivre inscrit déjà dans Adam bien avant que nous soyons existenciés : Mohamed (saws). Ce Prophète illettré a inscrit la bataille culturelle et linguistique au cœur de la bataille pour l’islam et pour la libération des peuples convertis à l’islam en la posant en termes culturels mettant fin ainsi avant l’heure aux fausses querelles et ethniques et linguistiques :

« L’Arabe est celui qui parle la langue arabe. »

Mohamed (saws) visait naturellement la langue du Qur’ân et non celle des Quraychites idolâtres. Notre visée dans l’exercice de l’islamité ne peut faire l’impasse sur l’Arabité selon l’expression chère à Cheikh El Ghazali transposée au cadre algérien « je suis un Pharaon que l’islam a arabisé ». Avant lui Cheikh Ibn Badis a proclamé la même vérité : « Les fils de Ya’rub (les Arabes) et les fils de Mazigh (les Berbères) sont unis par l’Islam depuis plus de dix siècles. Et tout au tout au long de ces siècles, ils n’ont pas cessé d’être étroitement liés les uns aux autres, dans la mauvaise et la bonne fortune, dans les jours de joie et les jours d’épreuves, dans les temps heureux comme dans les temps difficiles de sorte qu’ils forment depuis les âges les plus reculés, un élément musulman algérien dont la mère est l’Algérie, et le père l’Islam. Les fils de Ya’rub et ceux de Mazigh ont inscrit les marques (ayat) de leur union sur les pages de l’histoire avec le sang qu’ils ont versé, sur les champs d’honneur pour assurer la suprématie de la Parole de Dieu et avec l’encre qu’ils ont coulée au service de la science. Après cela, quelle force est-elle capable de les séparer ? Ils ne se sont point divisés du temps qu’ils étaient les plus forts ; comment pourraient-ils alors que ce sont d’autres qu’eux qui détiennent le pouvoir ? Par Dieu, non. Et toute tentative pour les diviser ne fera que renforcer leur union et consolider leurs liens ».

Le linguiste et historien marocain, le docteur Abdelaziz Abdallah membre de l’académie marocaine, a démontré, documents historiques à l’appui que les Amazighes marocains dès leur islamisation ils ont appris la langue arabe et y ont excellé et l’ont rendue porteuse de leur culture et de leur histoire. Leur attachement à l’Arabe et à l’Islam était tel qu’ils avaient sans regret et sans contraintes délaisser leurs appartenances tribales et ethniques. Comme en Algérie les tribus berbères se sont mobilisés derrière Abdelkrim Al Khattabi, un descendant de Omar Ibn Al Kattab, pour libérer le Maroc de l’emprise coloniale française et espagnole au nom de la liberté, de l’arabité et de l’islamité du Maghreb.

Aussi bien en Algérie qu’au Maroc la langue berbère ne s’est conservée que par son enrichissement par l’adjonction de mots arabes. Sur cette question le docteur Abdelaziz Abdallah démontre scientifiquement que la conservation et l’amélioration des langues amazighes et du patrimoine culturel berbère ne se sont accomplis que grâce à la langue arabe. Il affirme que ni le caractère latin ni le chinois ni autre hiéroglyphe ni autre hiérographie ne pourrait protéger et développer mieux que l’Arabe et l’Islam le signe berbère.

Le mouvement islamiste algérien a permis à cette vérité de s’éclater au grand jour : les grands prédicateurs, les grands imams, les grands cadres des partis islamistes sont majoritairement d’origine berbère maniant l’Arabe avec toutes ses subtilités pour interpréter le Qur’ân ou déclamer la poésie arabe.

L’Islam et l’Arabe sont intimement liés au-delà de ce temps terrestre, ils sont inscrits dans l’universel et l’éternel. Toute ethnie qui embrasse l’Islam perd le sens de minorité ou de majorité dès lors qu’elle s’est fondue dans ce qui fédère au-delà du temps et de l’espace :

{Ainsi, Nous t’avons révélé en ce Qur’ân un code de sagesse en langue arabe. Si tu cèdes à leurs chimères, après la science que tu as reçue, tu ne trouveras plus ni soutien ni protecteur contre ton Seigneur.} Ar-Ra’d – 37.

C’est la langue que la Providence a choisi pour nous et nous ne pouvons ni ergoter ni aller contre la volonté divine car aussi bien le contenu que le support langagier du Qur’ân sont protégés, inviolables, infalsifiables en dépit de la rage et de la rancune des transgresseurs et des faussaires.

Signification coranique  de la langue arabe

{Telle est la parole de ton Seigneur, qui s’est accomplie en toute vérité et en toute justice, car Ses paroles sont immuables. Dieu entend tout et Sa science n’a point de limite.} Al-An’am – 115.

 {لِسَانُ الَّذِي يُلْحِدُونَ إِلَيْهِ أَعْجَمِيٌّ وَهَذَا لِسَانٌ عَرَبِيٌّ مُبِينٌ}.

{Et Nous Savons exactement qu’ils disent : « Ce n’est qu’un être humain qui lui enseigne ! » La langue de celui auquel ils font allusion est étrangère, et ceci est une langue arabe évidente.} An Nahl 103

{وَكَذَلِكَ أَنْزَلْنَاهُ قُرْآناً عَرَبِيّاً}.

{Ceux-ci sont les Versets du Livre évident. Nous le Révélâmes un Coran arabe, peut-être raisonneriez-vous !}  Youssef  2

{بِلِسَانٍ عَرَبِيٍّ مُبِينٍ}.

{…en langue arabe pure} As Chou’ara  195

 il nous dit que le Coran est en langue arabe  (بلسان عربي مبين  ) signifiant qu’il est révélé dans le parler des Arabes, mais signifiant  aussi qu’il est par lui-même une compétence d’éloquence et  de structuration de sens par sa construction syntaxique ainsi que par l’obligation du Taddabur (faire l’effort d’entrer dans le chemin de signification du Coran en s’appuyant sur la méditation intégrale du Coran et la sincérité du cœur en quête de vérité). Al i’rab (l’application des règles grammaticales et de la conjugaison) donne un texte mou’arab, éloquent, structuré, signifiant. Une langue dialectale sans syntaxe ne peut avoir l’éloquence et l’architecture  syntaxique pour véhiculer du sens, des concepts, des idées et devenir instrument de modernité c’est à dire véhicule de créativité et de conjugaison sémantique et symbolique si on se libère du sens européen de la modernité. Toute bataille livrée contre l’Arabe est une bataille insensée et cynique car elle sape les fondements de l’effort intellectuel et créatif qui passe nécessairement par la lecture et l’écriture d’une langue riche. L’arabe a plus d’alpahabet, de règles grammaticales, de mots  et de synonymes  le rendant apte à porter la parole divine et par conséquent à porter tout le génie humain, mais les arabes et les prétendus défenseurs de la modernité française et de l’archaisme berbère ont cru l’inverse par ignorance et mépris du beau.

Il faut absolument lire le texte de Zeinab Abdelaziz en arabe :

كبوة  » سيبويه » Sibaweyh (*)

Dans cette lutte idéologique, culturelle et spirituelle Zeinab Abdelaziz nous livre quelques clés et quelques jeux de mots pour comprendre les maux, les enjeux et les mécanismes qui se déroulent en silence et sous des formes multiples dans chaque pays arabe sans que les Arabes et les Musulmans ne tissent les liens pour voir que c’est le même combat contre l’islam et son socle culturel et linguistique qui se joue au Maghreb en particulier l’ Algérie eu égard à sa guerre de libération nationale contre le pacte de l’OTAN et au Machreq en particulier l’Egypte eu égard à son poids culturel et politique dans le monde musulman .

Ce texte riche en couleur, en jeu de mots, témoigne une fois de plus, de la consécration du sens, au féminin, dans la défense des causes justes sous un titre qui m’a interpellé pour en être l’écho alors que m’échappait toutes ses subtilités par ma connaissance sommaire de la langue arabe.

Il s’agit en réalité de la mise à nu des autres versants de la guerre contre l’Arabe et de sa mise à nu dans le processus historique de colonisation des esprits et d’Evangélisation des consciences par l’attaque sournoise des principales références de la langue arabe, son dictionnaire le plus représentatif et le plus prestigieux et dans l’attaque des références Boukhari et Muslim les transmetteurs par méthode scientifique de la Sunna du Prophète. Une œuvre diabolique qui oublie comme a oublié le colonialisme et avant eux les stratagèmes de Pharaons que contre la ruse visible des pervers il y a la planification invisible d’Allah à l’œuvre :

{L’œuvre des magiciens ne peut jamais prospérer?} Yunus 77

{Certes, les négateurs mettent en œuvre leurs stratagèmes, auxquels feront face les Miens. Accorde donc un délai à ces impies ! Accorde-leur encore un court répit !} at Tariq 15

(*) Sibaweyh – (140-180 h ou 760-/796 ap JC). De son vrai nom Abou Bachar ‘Amrou Ibn Othman Ibn Qanbar El Baçri il est l’un des plus grands – si ce n’est le plus grand – des grammairiens et linguistiques arabes. D’origine persane (né à Al Baydha près de Chiraz d’où il tire son surnom de Sibaweyh (odeur de pommiers) il a vécu à Bassora en Irak où il s’est consacré à enseigner l’Arabe et produire la première encyclopédie arabe dénommé Al Kitab, le Livre.

Le linguiste et historien maghrébin, Abdelaziz Abdallah, a mis en exergue une vérité historique et linguistique qui nous échappe hélas : « Durant trois siècles les Juifs se sont appuyés sur les écrits de Sibawayh, le savant linguiste arabisant, pour restaurer la grammaire de l’hébreux ». Les juifs et les Chrétiens, dans leur recherche historique reviennent aux manuscrits arabes qui sont en leur possession et qui témoignent du niveau inégalé de l’Arabe dans les sciences, la littérature et les arts.

Hommage à la langue de Sibaweyh

Arafa : enseigné en post graduation comme tourisme de dévotion et enjeu néo colonialiste!

A la veille de ‘Arafa nous devons revenir aux fondamentaux de l’Islam car ce jour résume le Hadj et le Hadj nous rappelle notre fin prochaine par le contenu de la Sourate Al Hadj et par le sermon d’adieu du Prophète (saws) qui a signifié son départ pour rejoindre le Compagnon le Très Haut et signifier la fin de sa mission avec le parachèvement de l’Islam qui n’attend que des vocations pour le porter et le servir.

Dans ce cadre je reviens sur un thème ancien que j’ai déjà traité en 2006 et sur lequel je reviens en l’actualisant car la situation a régressé et il est du devoir de chacun de rappeler :

{Certes, Allah A Racheté des croyants leur vie et leurs biens, par le Paradis qui sera à eux.} AT Tawbah 111

Faisant le commentaire de ce verset, dans une thèse de doctorat, sous la direction d’un islamologue non musulman, un doctorant arabe et musulman s’interroge sur la signification de l’échange inégal qui puisse exister entre l’homme et Dieu. « L’humain donne sa vie et tout ce qu’il possède pour un paradis incertain ? » Le même universitaire continue en faisant l’inventaire des fardeaux infligés par Dieu au Musulman :

{Ils combattent pour la Cause d’Allah, ils tuent et ils sont tués. Promesse qu’Il A Faite, en vérité, dans la Torah, l’Évangile et le Coran. Qui donc tient promesse mieux qu’Allah ? Voyez alors un augure favorable dans votre échange, par lequel vous avez fait acte d’allégeance. Cela est sûrement l’immense triomphe. Ceux qui se repentent, adorent, louangent, méditent, s’inclinent, se prosternent, commandent le convenable, interdisent le répréhensible et observent les Ordres d’Allah : annonce la bonne nouvelle aux croyants.} AT Tawbah 112

Et plus loin il s’interroge dans un paradoxe qui montre que lui et son encadreur ont perdu leur latin : « Sacrifices de quelques jours éphémères en échange du Paradis  eternel ?»

Cet universitaire est à la fois un pur produit de ce qu’on appelle l’Islam français et son futur véhicule.  D’une masse coupée de ses sources authentiques on extrait des élites pour la  fragmentation de l’Islam sachant que le monde musulman fasciné par l’Occident, ses produits et ses élites sera peut-être attiré par des théologiens de nuisance théologique, idéologique qui iront plus loin que les partisans du dialogue des religions qui affirment que l’Islam est le troisième  rameau du monothéisme. Des savants Musulmans de renommée mondiale mais pourtant interdit de séjour en France deviennent les chantres de l’intervention étrangère contre un pays musulman sous un prétexte que la Charia réprouve. Nous devons donc veiller à la formation des jeunes théologiens et aux capacités cognitives et morales des jeunes imams puisque les anciens ont une nouvelle fois failli et montré leurs limites.

Ces nouveaux théologiens prêcheront l’unité cherchée par Vatican 2 : l’Islam est une religion asiatique qui doit s’effacer devant le Christ Rédempteur dans toutes ses significations religieuses, idéologiques, géostratégique, ethnologique, politique, militaire et économique. Pour le moment on veille à l’émergence d’un  Islam spiritualiste, intellectualiste, consumériste, aristocratique, clérical, sans praxis social et politique  ni effort ni sacrifice ni obligations à respecter. Ce spécimen n’est pas un atome libre mais le produit d’une lutte idéologique qui consiste à vider l’Islam de sa substance et à remplir les Musulmans de confusions, de spéculations, de scepticisme.

C’est une thèse qui a se rapporte au pèlerinage sécularisé, laïcisé, consumériste et qui part du vécu de la communauté à travers l’étude sociologique, économique et mercatique des pèlerins et des   agences de voyage qui encadrent le pèlerinage en France renvoyant une fois de plus l’origine de nos malheurs, de nos souffrances et de notre Wahn non pas à la supériorité des autres mais à notre propre inconséquence, à notre propre insenséisme, à la loi de Dieu telle qu’Il l’annonce dans la Sourate du pèlerinage:

{C’est ainsi, en raison de ce que tes mains ont commis et, certes, Allah n’Est jamais Injuste envers Ses Créatures.} Al Hadj 10

La plus grande injustice qui amène à l’égarement est non seulement d’apprendre sa religion de non musulman et de s’appuyer sur un Coran mal traduit par les orientalistes et leurs disciples pour en faire un instrument de lutte idéologique qui fausse la compréhension du Coran et sème le doute dans l’esprit du Musulman non arabophone en quête de sa religion pour servir son maitre de conférence ou son directeur de thèse et non  se mettre au service de la Religion d’Allah et de Sa communauté monothéiste. En effet il continue à s’interroger sur le sens du pèlerinage qui devient un chemin de croix  dans la jungle des voyagistes et des guides sans scrupules comme il s’interroge sur ce Dieu qui ne donne aucune garantie au pèlerin malgré tous les sacrifices consentis :

« O vous qui avez cru, inclinez-vous, prosternez-vous, adorez votre Seigneur et faites le bien, peut-être récolterez-vous le succès » Coran 22, 77

Quand on revient au Coran dans sa version originale :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا ارْكَعُوا وَاسْجُدُوا وَاعْبُدُوا رَبَّكُمْ وَافْعَلُوا الْخَيْرَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ

On voit de suite les biais cognitifs et spirituels d’une traduction fallacieuse :

Les Croyants sont  affublés de ce titre « O vous qui avez cru » signifiant insidieusement et perfidement la fin de l’Islam : le statut de foi  est un passé achevé, accompli, fini, révolu, terminé. La communauté de foi monothéiste est au musée de l’histoire sans présent ni devenir !

Tous les efforts et les croyances du Musulman sont vains et  douteux car le Livre des Musulmans est un Livre qui n’annonce pas l’amour et l’espérance chrétienne mais  « peut-être récolterez-vous ».

Les Musulmans à travers leurs pérégrinations et leur culte ostentatoire ne sont que des hommes mus par la quête mondaine « récolterez-vous le succès » et dans d’autres traductions on trouve « Peut-être réussirez-vous! ». La vision matérialiste du monde ne peut voir l’action humaine, ses motivations et ses ambitions que dans un cadre mondain : le succès dans une compétition mondaine ou la réussite sociale. Le pèlerinage sous ses apparences de dévotion n’est qu’un culte païen pour gens crédules ou pour bigots qui cherchent à réaliser les visées profanes de l’économie de dévotion ou du tourisme religieux. Alors que la traduction non littérale mais celle du sens des versets coraniques changent complètement l’optique de compréhension de l’Islam et de son pilier le Hadj qui n’est pas un der nier pilier accessoire mais un pilier fondamental qui est un apprentissage de l’universalité de l’Islam, de l’humilité et du Jihad dans son sens le plus large y compris son aspect physique, comportemental :

{O vous qui êtes devenus croyants, inclinez-vous, prosternez-vous, adorez votre Seigneur et faites le bien, afin que vous cultiviez.} Al Hadj 77

Tout le travail de sape est de vider les mots arabes de leur sens coranique  pour leur enlever le cachet divin de Révélation, de vérité. L’expérience de l’Occident dans sa lutte contre l’Église est mise à profit : profanation, désacralisation ses valeurs, laïcisation de ses préceptes, nationalisation de sa dimension pour lui enlever l’universel de son message. D’ailleurs je garde souvenir d’un débat que j’ai eu avec un jeune sous la tente à Mina qui tentait d’expliquer que le Hadj est une foire internationale donnant un sens consumériste et marketing aux versets suivants car il s’est attaché à une lecture littéraliste focalisé sur le terme « مَنَافِعَ bienfaits, utilités, avantages » comme si nous étions une civilisation fondée sur l’utilitarisme ou sur le culte du veau d’or et non sur le monothéisme pur et sincère. Les avantages dont il s’agit sont relatif à la consolidation du monothéisme, à l’ancrage historique et civilisationnelle à Abraham (saws) et Mohamed (saws), à la  spiritualité, aux liens sociaux et fraternels entre Musulmans issus de l’humanité plurielle et se fédérant par l’Islam et pour Allah :

وَأَذِّنْ فِي النَّاسِ بِالْحَجِّ يَأْتُوكَ رِجَالًا وَعَلَىٰ كُلِّ ضَامِرٍ يَأْتِينَ مِنْ كُلِّ فَجٍّ عَمِيقٍ لِيَشْهَدُوا مَنَافِعَ لَهُمْ وَيَذْكُرُوا اسْمَ اللَّهِ فِي أَيَّامٍ مَعْلُومَاتٍ عَلَىٰ مَا رَزَقَهُمْ مِنْ بَهِيمَةِ الْأَنْعَامِ فَكُلُوا مِنْهَا وَأَطْعِمُوا الْبَائِسَ الْفَقِيرَ

{Et appelle les Hommes au pèlerinage, ils te viendront à pieds et sur toute monture, ils viendront de tout ravin éloigné. Afin qu’ils participent aux avantages qui leur reviennent, et qu’ils invoquent le nom d’Allah en des journées connues, pour ce qu’Il leur A Octroyé du bétail de bêtes. Alors mangez-en et nourrissez l’infortuné et le miséreux. Ensuite, qu’ils se délient de leurs interdits, qu’ils accomplissent leurs vœux, et qu’ils fassent la circumambulation autour de la Maison antique. » C’est ainsi, car quiconque magnifie les choses sacrées d’Allah, cela est un bien pour lui auprès de son Seigneur. Et le bétail vous est rendu licite, sauf ce qui vous est signalé. Évitez donc l’infamie des idoles, et évitez le faux parler, en purs monothéistes à l’égard d’Allah et non comme polythéistes.} Al Hadj 28

Si nous avions une lecture correcte de l’Islam nous aurions vu, par exemple, que le titre de « Serviteur des Lieux Saints de l’Islam »  est une usurpation hérétique, une imposture idéologique pour détacher la Palestine de la cause islamique. Au lieu de voir le pèlerinage comme marché où s’exhibent les marchandises des chinois, des indiens, des anglo-saxons et où la production arabe et musulmane brille par son absence nous aurons pu voir le pèlerinage comme un congrès universel qui redonne du ciment fraternel, de la cohésion,  de la spiritualité et du Jihad pour défendre la Oumma de la prédation capitaliste et colonialiste. Vu comme Jihad alors les trois millions de pèlerins auraient marché comme un seul homme, Salah Eddine,  sur Jérusalem pour la libérer au nom d’Allah Akbar au lieu de voir aujourd’hui sur les chaines publiques et privées un homme se faire lyncher par des énergumènes dont la bouche est souillée par un esprit inculte et fanatique et qui profanent le Nom d’Allah. Si nous avions la culture monothéiste et le sens des responsabilités jamais nous n’aurions dérogé, en Libye ou ailleurs, aux règles instituées par le Prophète (saws) :

« Votre sang, vos biens et votre honneur sont sacrés comme l’est votre jour-ci, dans votre pays-ci, en votre mois-ci. Certes, toute chose qui existait du temps de l’ignorance, est rejetée sous mes pieds, ainsi que le sang qu’on a fait couler durant cette période »

« La vie d’un Musulman est plus sacrée que la Kaaba »

« Celui qui sort de l’obéissance, quitte le groupe des croyants et meurt, il meurt d’une mort préislamique. Et celui qui meurt sous une bannière égarée par l’orgueil, se fâchant pour un sectarisme ou appelant pour un sectarisme ou cherchant à faire triompher un sectarisme, sa mort est une mort préislamique. Et celui qui combat ma Oumma, frappant ses innocents et ses corrompus sans éviter ses croyants, et qui ne tient pas ses promesses, celui là, il n’est pas de moi et je ne suis pas de lui. »

« Le tué viendra [le jour de la résurrection] accroché au tueur, le sang coulant de ses jugulaires et disant : Ô Seigneur ! Demande à celui-ci pourquoi il m’a tué ! »

« La perte de l’ici-bas a moins de valeur pour Allah que le meurtre d’un musulman. »

 

« J’ai invoqué mon Seigneur en faveur de ma communauté, en Lui demandant de ne pas la faire périr pour cause de sécheresse ou de famine, qu’elle ne soit pas dominé par un ennemi qui leur soit étranger, et qui dévaste leurs territoires. Allah a dit: « O Mohammad! Quand Je lance un décret, il est irrévocable et J’exaucerai ton invocation en faveur de ta communauté, Je ne les ferai pas périr par la sécheresse ou la famine et ils ne seront pas dominé par un ennemi qui leur soit étranger, et qui dévaste leurs territoires, sauf s’il essaye de les encercler de tous côtés, jusqu’à ce que les membres de ta communauté s’entretuent et se capturent les uns les autres. »

 

Nous ne pouvons faire l’impasse d’une lecture idéologique et socio politique de la Sourate Al Hadj. Quand on voit les Frères Musulmans dans le monde organiser des châines caritatives et des oeuvres de bianfaisance on pourrait croire qu’il respectent scrupuleusement les principes de l’Islam et notamment ce verset :

{Alors mangez-en et nourrissez l’infortuné et le miséreux.} Al Hadj 29

Mais lorsque nous entendons Cheikh Al Albani ou Malek Bennabi les traiter de pestiférés à l’exception de certaines figures emblématiques comme Hassan Al Banna on est frappé par la rudesse du ton et ce qui semble l’iniquité des propos. Mias lorsqu’on observe leur comportement d’aristocrate ou de bourgeois qui se rassasient et qui entre dans des arrangements d’appareils tout en affichant avec grande publicité la charité on est amené à se poser des questions. Est-ce la vocation de l’Islam de faire de la charité et de laisser en l’état les conditions socio économiques qui créent la pauvreté? Est-ce la vocation de l’Islam de refaire ce que la charité chrétienne a fait en se mettant du côté des puissants?  L’Islam ordonne de lutter pour changer l’ordre injuste et installer à sa place un ordre de justice, de solidarité sociale, de plein emploi, de redistribution équitable des richesses et des revenus. Maintenant que la lutte du Prophète contre les idolatres de la Mecque est achevé le Jihad contre l’impérialsme, le capitalisme, les inégalités sociales, l’absence de droit sont des priorités. Est ce que composer avec le FMI, la Banque mondiale, le nouvel ordre mondial et l’hégémonie américaine est comptabilbe avec l’esprit et l’énoncé de la sourate al Hadj  :

{Certes, Allah Prend la défense de ceux qui sont devenus croyants. Certes, Allah n’Aime pas celui qui persiste dans la traîtrise, qui persiste dans la mécréance.Il a été permis à ceux qui sont combattus, de se défendre, en raison de l’injustice qu’ils ont subie.} Al Hadj 38

Si nous avions une lecture correcte du Pèlerinage en tant que pilier de l’Islam ou en tant que Sourate du Coran nous aurions vu l’harmonie et la concordance du rite avec les thèmes des versets dont une partie a été révélée à la Mecque pour enraciner la foi et une partie révélée à Madinah pour édifier le Moujahid libérateur et civilisateur. Nous aurions vu les versets révélés de jour comme de nuit, dans l’urbain comme dans le rural, dans le repos et le mouvement. Le pèlerinage comme rite ou comme sourate est l’Islam en mouvement : une communauté de foi agissante et combattante qui a prise sur le monde avec vertu et conscience de l’Au-delà avec crainte et espérance. Ce qui est frappant c’est que la Sourate al Hadj comme Arafat, Mouzdalifa et Mina sont le rappel du Jugement dernier et la subordination de notre existence non à une lecture eschatologique de l’histoire mais à vivre pour rencontrer Allah ayant accompli Ses Commandements, désiré Sa Rencontre et craint Son Châtiment. En tous les cas  si notre imagination était remplie des ces images coraniques ou mecquoises sur le Hadj et l’évocation de la Résurrection nous ferons des thèses, des agences de voyages, des guides, des intellectuels, des gouvernants sur la praxis islamique et non sur des approches modernistes  sur la théo politique, la théo économie, la théo mercatique, l’économie de dévotion,  le tourisme islamique,  la banque islamique,  l’islam apolitique, le tourisme cultuel, le marketing   théo-politique à la Mecque…

Cette réaction est la même devant ce qu’on appelle l’islamologie qui croit que  la rupture épistémologique, la linguistique moderne générale de Saussure jusqu’à la grammaire générative de Chomsky ou l’analyse narrative de Greimas et des néo constructivistes permet de mieux comprendre le Coran pour proposer une nouvelle islamique sans la foi et le cœur des musulmans captivé par l’Ijtihad qui veut non pas réformer l’homme et la cité corrompue mais réformer le Coran et la Sunna non plus Révélation mais production littéraire, création  intellectuelle, œuvre humaine que le génie de la Sorbonne peut comprendre.

Il est vrai que notre comportement festif et irresponsable travestit le culte et le rend aux yeux de l’étranger à l’islam  presque une forme de carnaval païen. Nous fabriquons notre propre échec en fabriquant par notre comportement ridicule l’argumentaire des détracteurs de l’islam. Ces derniers sans probité préfèrent confondre la faille des musulmans avec l’islam et refuse de voir l’islam dans sa globalité lequel ne se reconnait pas dans notre misère morale, sociale, politique et économique. Nous devenons des faussaires, des fabricants de fausses monnaies, et nous l’injectons dans le circuit de la culture mondiale et elle nous revient en pire par effet pygmalion inversé. Le microbe c’est nous-mêmes qui le produisons, les détracteurs ne font que le mettre en incubation puis le propager et l’inoculer à plus grande échelle et à dose plus nocive. Le Coran  énonce cette vérité sans détours :

{Ce qui vous arrive de néfaste provient de vous-mêmes (de vos propres agissements et comportements}

Ce verset expliquer la défaite des Musulmans à Ohod. Nous ne pouvons taire la mort de Hamza à Ohod et ce qui s’est passé en libye à l’approche du mois sacré du pélérinage. On rapporte que Hamza Ibn ‘Abd AI-Muttalib expliquait sa conversion à l’islam par cette méditation : « J’ai erré des nuits durant dans les immensités du désert et j’ai pu me convaincre que Dieu ne peut être confiné dans un temple (La Ka’ba). » Hamza Ibn ‘Abd AI-Muttalib, l’oncle du Prophète, surnommé le seigneur des martyrs après sa mort et  le lion du désert de son vivant a été assassiné par  Al  Wahchi, l’ esclave abyssin,  en échange de sa liberté. Wahshi   l’ a frappé par traitrise par une lance qui lui a transpércé le dos. Alors qu’il était agonisant Hind l’épouse du chef des idolatres Abou Sofiane à ouvert ses entraille et a dévoré son foie par haine pour Mohamed (saws),  par dégout de l’Islam et par esprit de vengeance puiqu’elle avait une haine envers Hamza qui a tué dans la bataille  son père, son frère, son oncle et son fils.  Mohamed (saws) pris de chagrin et révolté par l’horreur du corps mutilé de son oncle il jusra : « Si Dieu me donnait la victoire sur Quraysh n’importe où, je mutilerais trente hommes parmi eux. » Mais Allah lui fixa les limites à ne pas transgresser :

{Par la sagesse et la bonne exhortation, appelle les gens au sentier de Ton seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon. Car c’est Ton seigneur qui connaît le mieux ceux qui sont bien guidés. Et si vous punissez, infligez à l’agresseur une punition égale au tort qu’il vous a fait. Et si vous endurez… cela est certes meilleur pour les endurants. Endure, ton endurance ne viendra qu’avec l’aide de Dieu. Ne t’afflige pas pour eux. Et ne sois pas angoissé à cause de leurs complots. Certes, Dieu est avec ceux qui Le craignent et ceux qui sont bienfaisants. » An Nahl 125

Des années plus tard entrant triomphant à la Mecque Mohamed est resté le Prophète de la Miséricorde il n’a donc porté atteinte ni à la vie, ni à la dignité, ni aux biens ni à la vie des assassins des siens : il les laissa libre en échange de leur conversion à l’Islam sans chercher à sonder la sincérité ou la fausseté de leur conversion :  » le Jugement appartient à Allah ». Mohamed reste le Prophète de la Miséricorde et notre modèle et par conséquent jamais les revenchards, les haineux ne pourront se réclamer de lui ni tenter de donner justification religieuse ou légale  à l’assassinat horrible de Kadhafi sans jugement ni aux milliers de morts et de torturés qui ont servi loyalement l’état libyen contre ce qu’ils considéraient une sédition armée, une collaboration avec l’ennemi. Au delà des hommes nous devons rester aux principes de l’Islam. Le cynisme manifesté par certains Frères Musulmans se retournera contre eux comme il s’est retourné contre eux en Algérie. Les Algériens qui, au nom de l’Islamisme, soutiennent ce traitement ignoble à un chef d’état par l’OTAN et ses vassaux ne doivent pas oublier que le peuple algérien n’a pas oublié ses morts ni oublié l’absence de ces monstres qui se réjouissent de la mort d’un homme comme si cet homme, apostat ou musulman va faire oublier les milliers ou dizaine de milliers de morts libyens sous prétexte d’une vidéo amalgamée ou ancienne dans laquelle Kadhafi aurait tourné en dérision le rite du Tawwaf. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage ou d’apostasie.

Notre responsabilité est de continuer à témoigner et à chercher des arguments et des moyens de défense en attendant l’éveil islamique qui s’annonce déferlant sur le monde comme une marée spirituelle salvatrice.   Notre responsabilité nous devons la faire partager en priorité par les jeunes qui ont un potentiel de cognition car ils sont la relève capable de vivre son temps et de prendre en charge ses défis. Ces jeunes, en particulier ceux qui traitent de l’islam et des musulmans doivent se libérer du regard des orientalistes et des islamologues français pour former leur propre regard à la lumière du Coran et de la Sunna tels qu’ils s’offrent à eux sans la falsification du détour par autrui. Le Coran met en relief l’importance du rôle de la jeunesse dans le projet de libération contre la Tyrannie et contre l’idolâtrie : Abraham, Salomon, Joseph, Moise, Jésus, Mohamed, leurs disciples et compagnons sont dans leur majorité des jeunes remplis de foi et de vitalité.  Leur science et leur force sont au service d’une cause juste.

Ceci dit nous allons revenir au thème central de notre analyse : l’influence de la pensée cléricale et laïque dans les thèses sur l’islam (français). Dans notre analyse nous  n’allons pas jouer le jeu de la polémique et  faire le parallèle entre le voyage à Lourdes et le pèlerinage à la Mecque  et comparer les aspects festifs, conviviaux ou les   objets de souvenirs. La raison simple et objective est que les deux processus sont incomparables. Celui qui a fait le pèlerinage  à la Mecque constate qu’il n’ya aucune comparaison à faire entre le pèlerinage au Vatican ou à Lourdes. Chez les civilisés de l’Occident on ne trouve pas la même ferveur, le même émerveillement que manifestent les misérables musulmans, ces  petites gens illettrés qui viennent par exemple des arrières pays de l’Afghanistan et qui n’ont connu ni la civilisation ni  ses gadgets et qui n’éprouvent aucun besoin de porter leur regard autre que sur la Kaaba, la Mosquée sacrée ou la Mosquée du Prophète. Malgré leur rudesse et leurs coutumes, parfois, contraires à l’esprit de l’islam leur foi est sincère, leur vénération pour les lieux saints est sans défaut, leur amour pour Mohamed est sans commune mesure et leur ferveur religieuse est exemplaire. Chez les civilisés de l’Occident on trouve de grands mots théosophie, théophanie, rationalité, liberté vide de contenu, de vertu, de spiritualité.

Nous allons plutôt  nous situer là où ça fait mal et là ou la dérive est  généralisée dans ce que nous avons pu lire sur ce sujet.

La première dérive est  l’influence de la culture française dont le juridisme excessif déforme  la lecture et l’interprétation du texte coranique et de la pratique rituelle du musulman.  Vidant le texte coranique de son essence on lui fait faire une lecture en opérant un transfert sémantique du sens spirituel subtil du Coran  vers  l’aspect formel transactionnel et contractuel du code de commerce de la  République française.  Nous restons étonnés par cette prolifération de lois pour régenter la vie et la conscience des citoyens comme fut le cas du foulard islamique. Notre étonnement n’est pas seulement dans la nature de certaines lois mais dans les sources d’inspiration idéique de cet esprit qui veut tout légiférer au mépris de l’amour supposé des chrétiens pour leurs semblables.

Nos  étudiants d’extraction musulmane sous la direction  d’islamologues et d’orientalistes laïcs  et religieux s’interrogent donc    sur l’échange inégal et inique entre le Dieu des musulmans et l’Homme   au regard des efforts financiers et physiques de ce dernier dans  l’accomplissement  de son  pèlerinage. Nous assistons à des débats byzantins du type «Comment croire en une égalité et en une équité dans une transaction  entre un divin supposé supérieur et absolu et un homme supposé inférieur et relatif ?».

La seconde dérive dans  la quête de l’égalité entre Dieu et l’homme est née du  mythe de l’égalitarisme laïciste qui refuse la loi de la différence qui gouverne le monde et le principe général de la réalité tant de la foi que de la réalité du monde : l’Unicité du Créateur sans rival, sans intermédiaire, sans associé, sans oubli ni fatigue ni somnolence ni accident ni hasard. Tout est en harmonie selon le principe de l’unité gouvernant la diversité et de son corolaire la variété assemblée dans l’unité de sens, de finalité, de causalité.

L’esprit du musulman pris dans le piège de la rhétorique du verbe occidental devient sensible au principe de Saint Thomas «  je ne crois qu’en ce que je vois » et sensible à l’utopie (le non lieu) de l’égalitarisme  qui au nom du droit à l’égalité devient une négation du droit à  la différence et se laisse entraîner dans le plus grand matraquage moral, social et idéologique de la société : l’indifférenciation. C’est l’indifférenciation  qui  crée l’inégalité par l’indifférence, le nivellement démocratique par l’appartenance de classe créant une société à deux collèges : d’un côté les égaux indifférenciés mis dans le même système impersonnel d’éducation, d’évaluation, de compétition, de travail, de promotion, de droit et de devoirs et d’un autre côté une élite  de privilégiés en compétition de passe droits, de bonne grâce, de facilité, de différenciation de traitement et de considération selon la fortune, la renommée et le pouvoir.

Comment un esprit « rationnel » formaté dans l’idéologique égalitariste peut-il voir l’équité et l’égalité (ou l’inégalité)  entre les sacrifices et les risques du Pèlerin d’un coté et les Bienfaits divins de l’autre :

{C’est ainsi, et quiconque honore les rites d’Allah, cela fait alors partie de la piété des cœurs. Vous y avez des avantages jusqu’à un terme fixé, ensuite son lieu de Pardon  est la Maison antique. Et à chaque communauté Nous Prescrivîmes un lieu d’offrande, afin qu’ils mentionnent le nom d’Allah sur ce qu’Il leur A Octroyé de bétail de bêtes, car votre Dieu Est un Dieu Unique, remettez-vous donc à Lui. Et annonce la bonne nouvelle à ceux qui sont déférents, ceux qui, si le nom d’Allah Est mentionné, leurs cœurs frémissent, ceux qui persévèrent face à ce qui les atteint, ceux qui accomplissent la prière et qui dépensent de ce que Nous leur Octroyâmes.} Al Hadj 32

{…mangez-en et nourrissez le pauvre et le mendiant. De même, Nous vous les Avons Assujettis, pour que vous soyez reconnaissants. Ne parviendra point à Allah ni leurs chairs, ni leurs sangs, mais Il lui parvient la piété de votre part. De même, Il vous les A Assujettis afin que vous glorifiiez Allah pour ce qu’Il vous A Guidés. Et annonce la bonne nouvelle à ceux qui font le meilleur.} Al Hadj 36

{Certes, Allah Prend la défense de ceux qui sont devenus  croyants. Certes, Allah n’Aime pas celui qui persiste dans la traîtrise, qui persiste dans la mécréance. Il a été permis à ceux qui sont combattus, de se défendre, en raison de l’injustice qu’ils ont subie. Certes, pour leur donner victoire, Allah Est sûrement Omnipuissant. Ceux qui furent expulsés de leurs demeures sans aucune juste cause, rien que pour avoir dit : « Notre Seigneur Est Allah ». Et si Allah ne Faisait réagir les Hommes les uns par les autres, que de cloîtres, d’églises, de synagogues et de mosquées, dans lesquels le nom d’Allah Est beaucoup Invoqué, ne seraient démolis ! Certes, Allah Donnera sûrement victoire à celui qui fait triompher Sa Cause. Certes, Allah Est sûrement Fort, Invincible.} Al Hadj 38

{Ceux qui, si Nous leur Accordons pouvoir sur terre, accomplissent la prière, s’acquittent de la Zakat, commandent le bon usage et interdisent le répréhensible. Et c’est à Allah qu’appartient l’issue des choses.} Al Hadj 41

Quand les musulmans non seulement tournent le dos au cadre de la Sourate Al Hadj mais font  du zèle en transformant la vocation du pèlerinage « parcours du combattant » pour la défense de la foi, de l’islam, de la communauté musulmane en  supplices, en arnaques, en mensonges, en négligence, en business…ils perdent les bienfaits et la récompense.

Tous à un titre ou à un autre nous sommes redevables du bon accomplissement du Hadj. Dans le passé les véritables serviteurs (servants) des lieux saints étaient les Moutawifs et les Zamzami qui se consacraient au service du pèlerin par amour de Dieu et par respect des traditions abrahamiques et mohammadiennes. Pourtant le Coran, du vivant du Prophète,  ne leur a pas donné un statut égal à ceux qui se consacrent à la cause de la vérité et de la défense des opprimés:

{Comment pouvez-vous assimiler celui qui est chargé de distribuer l’eau aux pèlerins ou d’entretenir la Mosquée sacrée à celui qui croit en Dieu, au Jugement dernier et qui combat pour la Cause de Dieu? Non, ils ne sont pas égaux devant Dieu, et Dieu ne guide point les injustes.} At Tawbah  19.

Aujourd’hui tout est devenu rentabilité, productivité, gain, bénéfices sous  la domination de la culture  capitalise qui favorise l’émergence de courtiers, de rentiers, de traders de voyagistes attirés par le gain facile et la naïveté des pèlerins souvent vieux et ignorants des rites. Sur ce terrain les associations musulmanes, les représentants de l’état, les imams méritent un procès verbal de carence et d’incompétence. Sur le plan de la pensée politique et économique nous sommes en réalité loin des problèmes essentiels que les véreux ne peuvent cacher en l’occurrence les ravages de l’économie mondiale dans les esprits du musulman qui est amené sur l’autel du monothéisme du marché à renier sa foi et ses valeurs par l’adoption d’un modèle consumériste et financier fondé sur le Riba et l’exploitation de l’homme. On ne peut poursuivre un but aussi noble soit-il que celui du Hadj si on se trompe de priorité et de cibles en tentant de redresser l’ombre au lieu de l’arbre tordu.

Les représentations officielles les plus connues en France, portent la responsabilité la plus importante. Nous en portons une partie moindre certes car nous n’avons ni mandat ni représentativité mais en vertu du fard kifaya la défaillance des uns engage la responsabilité des autres. Dans l’islam la communauté en aucun moment de son existence et des ses circonstances ne peut être dégagée de ses responsabilités car sa vitalité, sa considération, sa promotion, son déploiement, sa survie même dépendent de sa vigilance et de sa compétence à assumer ses responsabilités. Par cette contribution nous participons au débat et nous invitons chaque musulman et chaque être libre et conscient d’y souscrire pour la dignité de l’homme, pour la promotion de la vérité, pour donner sens à la parole…

Notre défaillance, nos problèmes hérités de la décadence de la civilisation musulmane et de la colonisation ne peuvent nous faire oublier que la raison éclairée ne peut construire un argumentaire fallacieux sous prétexte qu’une agence de voyage ou un guide mal intentionné a arnaqué de vieux pèlerins. Il est honteux sur le plan intellectuel de confondre intentionnellement le contrat entre le pèlerin et le voyagiste ou le guide et le contrat avec Dieu. Il est honteux pour un intellectuel de profiter de ces défaillances pour étaler notre misère que nul n’ignore et oublier l’essentiel : la défaillance de l’état français qui laisse les musulmans français ou résidents sur son sol vivre comme des citoyens bannis des lieux de la loi et livré aux trafiquants de tout genre dans le marché du hallal et dans l’accomplissement des rites du Hadj et de la Omra.

Il est encore plus inadmissible de voir un jeune soucieux de l’accomplissement du pèlerinage se voir attaquer en justice par un voyagiste véreux et se voir réclamer 100 000 euros de dommages et intérêts pour diffamation ou atteinte à l’image de marque. Où la communauté des justes, de la communauté centrale, de la communité du droit, de la communauté du Jihad pour se mobiliser autour des compétences musulmanes qui les défendent au péril de leur vie, de leurs intérêts. Il est navrant de voir cette même communauté réagir avec fougue devant un mouvement musulman infantile ou de montrer de la servitude de colonisé quand  celui qui se met en avant n’est pas arabe ou n’est pas musulman. Jamais Allah ne vous donnera de la dignité tant que vous ne savez pas choisir vos élites, les promouvoir et les défendre comme harba (avant garde).

Ce sont les conditions sociologiques et l’amalgame entretenu qui font que l’esprit rationnel du mécréant perfide et la foi raisonnée du croyant  sincère se trouvenr face à la même énigme devant l’organisation et le déroulement du pèlerinage chaque année mais avec des mobiles opposés : «  sacrifices de quelques jours éphémères en échange du Paradis  eternel ?»

On veut nous faire croire que notre religion est aussi une utopie spirituelle dont la réalité n’est que magouilles et intérêts sordides. Dans la lutte idéologique contre l’islam rien n’est gratuit. Il s’agit sans doute de faire  perdre aux piliers de l’islam leur crédibilité en s’appuyant un peu sur la  dérive de certains de nos coreligionnaires et beaucoup plus sur la  dérive sémantique et le matraquage idéologique des écrivaillons sur l’islam. Les démagogues de l’islam ont tout fait pour présenter Mohamed comme un miracle impossible à réaliser. Un passé fabuleux, certes, mais un passé dépassé qu’il faut surmonter en s’ancrant dans la modernité et l’Occident. Les musulmans francisés pris dans les limites de la connaissance de leur propre langue et de la langue française qui n’est pas leur langue maternelle tombent dans le piège de la raison et de la traduction qui devient arme idéologique de subversion contre la foi. Ils ne peuvent comprendre le pacte, la transaction, l’Alliance et surtout être sensible du privilège d’avoir été créé, honoré et ennobli par Allah le Créateur qui leur parle et leur accorde des Promesses alors que rien ne l’oblige puisqu’il est le Riche, le Nécessaire et nous sommes les indigents, les nécessiteux :

{Hâtez-vous de mériter l’absolution de votre Seigneur et un Paradis aussi vaste que les Cieux et la Terre, destiné à ceux qui prennent garde à  Dieu} Al-i’Imran – 133.

{Voilà ceux qui, en récompense de leur endurance, occuperont les lieux les plus élevés du Paradis, et y seront accueillis par des vœux de salut et de paix.} Al-Furqan – .75.

Ce devenir promu est occulté par l’amalgame des détracteurs de l’islam mais aussi par les partisans de la lettre qui ont tout fait pour donner au culte et au Fiqh (jurisprudence islamique) plus d’importance que la lutte du musulman pour le savoir, la liberté, la dignité humaine et la foi sincère. En mettant l’accent sur la morale et la loi ils ont oublié l’essentiel de l’islam : la conscience des  responsabilités qui découlent de la foi et l’amour de Dieu qui donnent à la morale une justification, une conduite, un pathos. Dans la décadence des uns et l’expansionnisme raciste des autres  le colonisable rencontre le colonisateur dans la même supercherie et les mêmes dérives qui dénaturent le sens et briment les vocations. Le terme Fiqh – qui signifie compréhension du verbe faqiha comprendre et tafaqaha faire effort de comprendre – est galvaudé dans les traductions qui en font jurisprudence islamique et dans la routine mimétique  du musulman qui en fait une doctrine ou des écoles doctrinaire focalisés sur le rite. Et pourtant le Coran qui est le référent vise autre chose de plus complexe et de plus vital pour la communauté : comprendre pour être guidé vers ce qui est sensé,  pour témoigner de la vérité et s’acquitter de sa mission de libérateur, d’édificateur, de civilisateur monothéiste:

C’est l’invocation de Moise qui résume la trame de la vocation du Musulman répondant aux Injonctions divine :

{Rends-toi chez Pharaon, il a outrepassé les limites. Il dit : « Mon Seigneur, Épanouis mon cœur, facilite ma mission, et délie une défectuosité de ma langue, afin qu’ils comprennent ce que je dis, et Donne-moi un assistant de ma famille, Aaron mon frère, pour me donner courage, et Fais-le participer à ma Mission, afin que nous T’exaltions beaucoup, et que nous T’invoquions beaucoup, Tu As toujours Été Omnivoyant à notre égard. »}Taha 24

C’est le sens du hadith :

« Le meilleur d’entre vous dans la Jahiliya (le paganisme ante islamique) est le meilleur d’entre vous dans l’Islam s’il fait l’effort de comprendre sa religion »

L’évidence simple et concise. C’est la même évidence pour la Chari’a qu’on a déformée en ahkam (lois islamiques, code pénal) alors que les lois ne représentent qu’une infime partie du Coran qui est lui-même dans son intégralité Shari’a dans sa signification arabe de « Minhaj » la Méthode, la Voie ou la Direction à suivre dans son intégralité :

{Ensuite, Nous t’Avons Mis sur une voie claire en ce qui concerne la constitution de la Religion. Suis-la donc et ne suis pas les passions de ceux qui ne savent pas.} Al Jatiya  18

Après les premières fascinations devant le  Hadj et devant l’ampleur du phénomène des jeunes qui effectuent le pèlerinage pour compléter leur religion et non comme des vieux retraités qui vont laver leurs os,   l’Occident a compris ce que nous n’avons toujours pas compris : la force de fédération internationale des musulmans lors de ce congrès annuel des musulmans qui se regroupent transcendant sans les nier ou les indifférencier toutes les différences ethniques, géographiques, linguistiques, sociales, sexuelles, générationnelles pour proclamer la grandeur d’Allah, pour témoigner de l’Unicité de la Oumma islamique, pour accomplir un pilier de l’islam qui est le dernier pilier de l’islam qui couronne l’appartenance à l’islam et non une corvée ou un accessoire de l’islam. L’Occident avait compris ce phénomène lors de la colonisation et il avait mis ses espions, ses orientalistes, ses experts de la guerre psychologique pour encadrer, profaner et détourner les saintes pérégrinations des indigènes qui pourraient devenir porteur d’un projet fédérateur de résistance comme l’ont été ceux qui les ont précédé dans les mouvements insurrectionnels et qui tous portaient le titre de Hadj comme symbole de purification de toute souillure y compris celle de la colonisation. La situation, aujourd’hui,  est plus névralgique car il ne s’agit pas de vieux os mais de jeunes cerveaux qui vont accomplir le pèlerinage comme pilier porteur de l’islam.

Il faut lire la seule Sourate qui porte le nom d’un pilier porteur de l’islam en l’occurrence Al Hadj pour comprendre la portée de ce pilier dans le Jihad an nafs et le Jihad contre l’ennemi : Satan dans ses version de Djinn et d’Ins. Nous les musulmans de notre temps nous ne voyons que la parie visible en l’occurrence le rite. L’esprit occidental cartésien, rationnel et efficace voit la portée du pèlerinage, son influence, sa dynamique sociale et politique. Il a ses officines qui lui traduisent les commentaires de la Sourate al Hadj où il est question de monothéisme et de Jihad, de résurrection et du devoir de témoignage :

{Évitez donc l’infamie des idoles, et évitez le faux parler, en purs monothéistes à l’égard d’Allah et non comme polythéistes. Et quiconque associe à Allah, c’est comme s’il s’affalait du ciel et que les oiseaux le ravissent, ou comme si le vent le faisait choir en un gouffre profond.} Al Hadj 31

{Et Nous n’Avons point Envoyé avant toi de Messager ni de Prophète sans que Satan n’insinue aux gens  d’autres paroles, que lui inspire ses souhaits, pour jeter le doute dans les pensées. Alors Allah Abroge ce qu’insuffle Satan, puis Allah Confirme Ses Versets. Allah Est Omniscient, Sage. Afin qu’Il Fasse de ce qu’insuffle Satan une épreuve pour ceux qui ont une malveillance dans leurs cœurs, et ceux qui ont les cœurs endurcis. Certes, les injustes sont dans un schisme profond. Et afin que ceux qui reçurent la science sachent que cela est la Vérité de ton Seigneur, alors ils y croiront et leurs cœurs en seront déférents. Et Allah Guidera sûrement ceux qui sont devenus  croyants vers un chemin de rectitude.} Al Hadj 52

{Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués de se défendre – parce que vraiment ils sont lésés; et Allah est certes Capable de les secourir} al hadj 39

Décryptant nos signes, nos symboles, nos textes et nos références ils anticipent pour nous livrer à toutes les sauces de leur propre signification pour créer écran entre nous et le principe de sens. La colère qui nous anime ici n’est pas contre le procédé qui est légitime pour eux puisque nous sommes perçus comme un danger potentiel, des infidèles, des insoumis mais contre le liant de la sauce qui la rend attrayante et digeste : notre propre chair (jaldatina). Elle est non seulement  liant mais aussi  ingrédient et servitude aux ordres de son maitre par inconscience, par incompétence ou par concupiscence. Notre Wahn ils le connaissent, ils l’entretiennent et le cultivent en cultivant nos déchirements, notre cupidité, notre hypocrisie, nos désirs mondains, nos divergences doctrinales, nos prétentions arrogantes à la surenchère y compris celle de refuser de nous nomme comme Allah a voulu que nous soyons nommés : Musulmans :

{Et efforcez-vous pour Allah comme il se doit de faire l’effort  pour Lui. Il vous A Élus et ne vous Imposa nulle gêne en religion, la confession de votre père Abraham. C’est Lui [Allah] qui vous A déjà Nommés musulmans, auparavant, et dans ceci [le Coran] : afin que le Messager soit témoin sur vous et que vous soyez témoins sur les Hommes. Accomplissez donc la prière, acquittez-vous de la Zakat, attachez-vous à Allah, Il Est votre Protecteur, le meilleur Protecteur et le meilleur Défenseur.} Al Hadj 78

Le dernier verset de la sourate « le Pèlerinage » montre la Finalité du Hadj, la fratrie de foi, ce que nous transgressons chaque jour par nos postures partisanes, nos schismes doctrinaux, nos infantilismes, nos Fatwas  fondées sur des opinions, notre irresponsabilité qui nous rend agent de Fitna, de discorde, de diversion et de subversion contre nos intérêts moraux, religieux et communautaires pour finir comme des débris, des fragments d’insignifiances emportés par les rigoles du temps et piétinés par le colonialisme et le néo colonialisme.

Nos apprentis intellectuels doivent se réveiller et comprendre que lorsqu’Allah nous gratifie d’un énoncé sublime comme celui-ci :

{Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis.)

L’énonciation qui parle d’achat, de vente et d’échange est de l’ordre de l’allégorique pour rendre l’énoncé accessible et attirant a l’âme et a la conscience. Allah nous a créé avec en nous le désir faisant de nous des êtres désirant attirés par ce qui est désirable. Quel est le plus grand désir que de vivre dans le bonheur sans finitude, sans imperfection. Nous portons la mémoire collective, l’inconscient collectif de l’humanité légué par nos parents Adam et Eve qui ont édifié le premier temple, la première mosquée, le premier sanctuaire destiné à l’adoration exclusive d’Allah et à l’orientation unique de tous les monothéistes en quête de ressourcement spirituel, en quête de donner prise à ce désir inassouvi sur cette terre condamnée  à l’anéantissement des désirs, des existences. Même si la suite des versets donne l’impression qu’il y ait une transaction d’égal a égal il ne peut y avoir entre Dieu et l’homme dans leur essence, leurs attributs, leur offre et leur demande ni égalité ni inégalité ni différences mais incomparabilité totale. L’allégorie est la pour rendre l’incomparable (donc l’inaccessible, l’invisible,  et l’indicible) facilement imaginable et compréhensible mais aussi pour rendre le désir ultime de l’homme une Promesse divine qui va s’accomplir :

{Certes, Allah A Racheté des croyants leur vie et leurs biens, par le Paradis qui sera à eux. Ils combattent pour la Cause d’Allah, ils tuent et ils sont tués. Promesse qu’Il A Faite, en vérité, dans la Torah, l’Évangile et le Coran. Qui donc tient promesse mieux qu’Allah ? Voyez alors un augure favorable dans votre échange, par lequel vous avez fait acte d’allégeance. Cela est sûrement l’immense triomphe. Ceux qui se repentent, adorent, louangent, méditent, s’inclinent, se prosternent, commandent le convenable, interdisent le répréhensible et observent les Ordres d’Allah : annonce la bonne nouvelle aux croyants.} At Tawbah 111

Il y a incomparabilité entre les cocontractants en leurs qualités respectives d’Etre divin et d’être humain. Même si nous prenons au sens littéral l’échange celui-ci demeure inégale et cette l’inégalité est tellement grande qu’elle devient incomparable, non mesurable. Quelle est la valeur de la vraie vie éternelle dans le bonheur ? Inestimable ! Quelle est la valeur de notre dévotion, de nos sacrifices, de nos souffrances éphémères face à l’étendue d’un Paradis eternel aussi vaste que les cieux et la terre avec des délices incomparables en beauté, en goût, en innovation  à ceux connus sur terre ? Quelle est la signification de la transaction quand Celui qui propose la transaction incomparable est le créateur de l’homme partenaire de la transaction, de ses œuvres objet de la transaction et du Paradis  récompense de la transaction ? La miséricorde divine ! Quel est notre part dans cette transaction ? Un infiniment petit de patience dans le malheur et de gratitude dans le bonheur sur cette terre qui ne vaut pas l’aile d’un moustique ou d’un moucheron comparativement à la valeur de la vraie vie. Mathématiquement parlant notre part est équivalent au rapport d’une valeur par rapport à l’infini c’est-à-dire zéro ce qui ne signifie pas rien ou le vide absolu mais l’absence  de valeur.

Dans la question de l’échange égal ou inégal avec Dieu nous ne devons jamais perdre de vue l’humilité et la Taqwah que nous devons avoir dès qu’il s’agit de Dieu. II est incomparable et son incomparabilité même dans les Attributs divins qu’il a fait connaitre dépasse notre entendement car nous proclamons Allah Akbar : Dieu est le plus grand dans toutes nos conceptions, nos imaginations et nos rapports à Sa Beauté, a Sa Perfection, a Sa Puissance, a Sa Science, a Sa miséricorde. Allah est plus grand que tout ce que nous pouvons imaginer, il est au dessus de toute comparaison, il est comme le dit l’imam Ali créateur du lieu et du temps sans être soumis lui-même aux notions de temps et de lieux sur lesquels nous construisons notre jugement et notre système de comparaison et d’évaluation. Dire Allah Akbar sans éprouver de l’humilité, de l’indigence, de la miséricorde c’est se montrer arrogant, inculte, bruyant, vide de sens et vide de spiritualité. Il est dommageable pour l’esprit, le cœur et la conscience du croyant de voir des insensés non seulement profaner le Nom d’Allah mais participer par leur insenséisme à la lutte idéologique et médiatique mené par Satan contre l’Islam et les Musulmans pour les diaboliser à son image et en faire des objets de répulsion, de dérision, de manipulation. Et pourtant notre Prophète (saws) nous a recommandé l’humilité, la miséricorde, la sagesse, la constance, l’intelligence et l’efficacité toutes ces qualités que les pérégrinations du Pélérinage inculquent au Croyant quand il est à la Mecque contemplant la Kaaba, les montagnes encerclant la Mecque et cette masse humaine tournant en communion avec l’univers et attestant qu’elle n’est ni le cntre de l’univers ni le nombril du monde mais un grain atomique qui a besoin de la Miséricorde divine et de la sagesse prophétique :

« Annoncez la bonne nouvelle et ne faites pas fuir les gens »

C’est la Miséricorde d’Allah qui nous fait entrer au Paradis, ce ne sont pas nos œuvres. Nos œuvres ne sont rien en égard aux bienfaits de la vision des formes et des couleurs de ce monde bien avant celles du Paradis, de l’amour, de l’intelligence libérée de toute forme de bridage, des sens nouveaux pour apprécier l’odeur, la vision, le  gout des saveurs et de ce qui est impossible a recenser car il relève encore du Ghayb auquel nous croyons. Voici comment Allah décrit la qualité des Musulmans qui ont ouvert la Mecque sans livrer bataille ni faire couler une goutte de sang :

{Tu les vois inclinés, prosternés, aspirant à une Munificence de la part d’Allah et un agrément.} Al Fatah 29

Ce sont ces qualités qui permettent cet échange incomparable. Le Paradis lui même n’est rien devant  la rencontre de Dieu et la vie en  sa proximité et le contempler sans voile pour bénéficier à chaque contemplation d’un amour plus grand et d’une beauté plus grande sans que les précédents ne soient imparfaits ni les à venir la limite :

{Dis : « Vous annoncerai-je quelque chose de mieux que tout cela ? ». Pour ceux qui ont craint se trouvent, auprès de leur Seigneur, des Paradis sous lesquels coulent les fleuves : ils s’y éterniseront, auront des conjointes purifiées et l’agrément d’Allah.} Al ‘Imrane 15

Parler d’échange égal ou  inégal c’est faire preuve de manquement d’égard a Celui qui nous a créés et ne pas comprendre la vocation et la mission pour laquelle nous avons été existenciés.

{Ils n’ont pas considéré Allah à Sa véritable considération) Az-Zumar 67

Quand la langue s’inspire des fondements mythologiques grecs ou romains qui la sous tendent elle ne peut traduire l’exactitude de la foi comme elle ne peut empêcher à la raison de dériver et au sens de se corrompre. La langue véhicule un imaginaire c’est-à-dire une compétence symbolique à évoquer le passé, à explorer le présent et à anticiper sur l’avenir puis à tisser des liens vers ce qui est plus signifiant, plus sensé. Lorsque cet imaginaire est peuplé de mythes il ne peut logiquement se prévaloir d’une suprématie de rationalité sur la langue d’autrui et son système de pensée. Quand l’imaginaire sur lequel s’appuie l’expression de la foi et de la raison s’investit dans le devenir de l’homme depuis Adam jusqu’à Mohamed (saws) en passant par les chemins empruntés par tous les Prophètes et Messager alors il devient Lumière qui éclaire la compétence de nommer de tous les hommes de foi par laquelle passent et la parole et le savoir :

{Et Il apprit à Adam tous les noms} al Baqara 31

Cette réflexion ayant pris son essor dans la défense d’un pilier de l’Islam, Al Hajj, il est important de souligner que le pèlerinage est valide s’il a rempli les conditions cultuelles et celles de son intention. Seul son acceptation par Dieu  en fait un rite agrée et méritoire. Dieu dans Sa Bonté nous a montré les signes de l’acceptation du Hajj : se cultiver c’est-à-dire agir après l’accomplissement du pèlerinage comme un croyant qui a renouvelé son alliance avec Dieu et qui fait effort de cultiver sa foi, son savoir, sa probité, sa sincérité, son devoir, ses relations humaines, son travail avec la même ferveur que celle qu’il avait manifesté lors de son séjour aux Lieux saints. Une fois de plus ce n’est pas notre interprétation qui fait foi mais le Coran :

{Dépensez pour la cause d’Allah et ne vous jetez pas, de vos propres mains, dans la perdition. Et faites le meilleur, car Allah Aime ceux qui font le meilleur. Accomplissez le Pèlerinage et la Visite Pieuse pour Allah.} Al Baqara 195

{Le Pèlerinage : ce sont des mois connus. Quiconque s’y impose le Pèlerinage, alors pas de jouissance, de perversité ou de controverse durant le Pèlerinage. Ce que vous faites de bien, Allah le Sait. Et approvisionnez-vous. Oui, sans doute, le meilleur approvisionnement, c’est la piété. Et prenez garde à Allah, ô doués d’entendement.} Al Baqara 197

Notre démarche avait un but didactique :  prendre pour prétexte quelques  lacunes et non sens trouvés dans des travaux universitaires pour attirer l’attention sur la vigilance que l’esprit musulman doit avoir pour traiter des problèmes relevant de sa religion et de sa communauté musulmane pour que la lutte idéologique ne le coopte pas et en fasse un clerc au service de la manipulation ou le coupe de sa base populaire qui attend l’émergence d’élites nobles et généreuses portant  en charge les soucis, les désirs et les ambitions d’une communauté qui n’arrive pas à constituer sa conscience de communauté du fait des séquelles de l’émigration, de la colonisation et de l’exclusion. La discrimination positive ne consiste pas à reconnaitre la communauté mais à l’écrémer, en garder ce qui est bon pour le capitalisme et le néo colonialisme puis rejeter le reste dans le ghetto urbain, culturel et social au nom de Liberté, Égalité, Fraternité.

Nous avons le choix, dans l’acquisition et le maniement de la langue et du verbe. En faire une servitude, une manipulation ou un constat qui frise le ridicule et l’inconséquence comme par exemple ce   communiqué de la Fédération Nationale des Musulmans de France : « Cette nuit, les locaux de Charlie Hebdo ont fait l’objet d’un incendie criminel et son site internet a été « piraté ». Comme de nombreux citoyens français, nous avons été choqués par ce drame et je souhaite, au nom de la Fédération Nationale des Musulmans de France, condamner ces actes sans la moindre réserve possible. » Ou bien en faire une suite de revendications, comme font les Gouvernants Arabes et  Musulmans auprès de l’ONU, pour demander à la République de devenir chose (Res) publique (publica) et de traiter les voyagistes et agences de voyages qui gèrent ou administrent le culte musulman de les contraindre à fonctionner avec la même transparence, déontologie et performances en termes de métier que les voyagistes français. Ou bien nous passons à une étape supérieur, celle de la dignité, exercer nos devoirs de Musulmans. C’est la voie la plus difficile mais la plus sincère pour ceux qui veulent un Paradis aussi vaste que les cieux et la terre.

Pour exercer nos devoir, à tous les niveaux des hiérarchies, des registres spirituels et temporels, des domaines d’activité nous devons briser la culture de l’inertie et du Wahn et répondre à la loi de Dieu : en décolonisant notre pensée, notre décision ainsi que celle  de la langue et des mots. Malek Bennabi a montré le changement de paradigme par le changement des mots et son exemple a toute sa signification ici : « Les mots marquent des positions idéologiques déterminées… Si on les modifie, le changement d’un terme ne marquera pas seulement l’abandon d’une position idéologique qu’il désignait, mais il marquera aussi un changement dans le comportement révolutionnaire lui-même. Quand le combattant cesse de se nommer « El Moudjahid » c’est le comportement du « troufion » qui réapparait, comme dans un régime de tirailleurs »… Certaines licences de langage – qui se veulent audaces révolutionnaires – ne sont en fait que des trahisons de la révolution dans son objet essentiel : la transformation de l’homme selon la loi coranique. »

إِنَّ اللَّهَ لَا يُغَيِّرُ مَا بِقَوْمٍ حَتَّىٰ يُغَيِّرُوا مَا بِأَنْفُسِهِمْ وَإِذَا أَرَادَ اللَّهُ بِقَوْمٍ سُوءًا فَلَا مَرَدَّ لَهُ وَمَا لَهُمْ مِنْ دُونِهِ مِنْ وَالٍ

{Allah ne Modifie rien en un peuple jusqu’à ce qu’ils changent ce qui est en eux-mêmes. Et si Allah Veut quelque mal à un peuple, rien ne peut le repousser et ils n’ont, à l’exclusion de Lui, aucun protecteur.} Ar Ra’âd 11

Le Changement est à la fois ontologique pour récupérer et exercer sa responsabilité individuelle (Mas’ouliya) et sociale pour exercer sa responsabilité collective qui est d’exercer la vocation de l’Islam (Taklif).

La Fatwa de Cheikh El Ibrahimi contre le Colonialisme

Maintenant que les savants de palais, les prédicateurs incultes et les pantins ont fini leurs jouissances et réjouissances sur les milliers de morts et les ruines de la Libye colonisée au nom des valeurs civilisatrices de l’Occident colonisateur et agresseur, se posent des questions qui vont appeler des réponses inévitables et irrévocables comme celles qu’a apportées Cheikh El Ibrahimi au colonialisme. Pour bien comprendre la portée universelle de la Fatwa du Cheikh Al Ibrahimi nous allons rapidement brosser le cadre qui se déssine après les conséquences de la Fatwa de Qaradhawi et ses adorateurs :

1 – Les va-t-en guerre musulmans appelant au meurtre n’ont jusqu’à ce jour fourni aucune justifications religieuses, idéologiques, politiques ou morale à leur alliance avec l’OTAN agressant un pays souverain. Peuvent-ils faire l’impasse sur les conséquences de la guerre?

2 – Les Analyses de savants musulmans comme Ramadan Al Bouti ou Cheikh Al Albani qui avec versets coraniques et hadiths réfutent l’aventurisme politique et l’improvisation du changement par la violence armée ainsi que le recours au colonialisme n’ont pas été écoutés et on ne leur a opposé que des opinions partisanes et sectaires sans fondement logique ni analyse géostratégique sur les enjeux et les conflits fomentés par l’impérialisme et ses vassaux. La voie de la lucidité va-t-elle l’emporter sur la confusion et l’irresponsabilité?

3 – Faisant fi qu’une révolution réussie ici ne peut être transposée mécaniquement ailleurs et surtout sans adhésion des couches moyennes, les Arabes ont montré la faillite de leur système de pensée et leur éloignement des réalités sociales. Ils ont été lamentablement manipulés comme des spectateurs face au petit écran regardant les illusionnistes et les magiciens du verbe et de l’image. Les images horribles mais réelles cachées sur la Libye, l’Irak, l’Afghanistan et autres guerres de Croisades ne vont-elle pas venir frapper le regard de l’humain et remplir son imaginaire d’horreurs intolérables qui vont inspirer à son imagination d’autres formes de résistance pour ne plus tolérer la présence du colonialisme?

4 – Faisons abstraction des intentions de la Charia en Libye dont personne n’a compris le contenu, les modalités et les nouveautés qui vont apporter plus de sécurité, de paix, de prospérité, de liberté dans un pays mis en ruines et en implosion sociologique. Quelle était l’intention d’organiser un défilé de mode et une exposition de mannequins occidentaux et arabes à une société en deuil, en perte de repères et choquée par l’exhibitionnisme de valeurs en contradiction avec ses traditions. Agressée et terrorisée, la société libyenne va-t-elle garder son mutisme et tolérer la présence des profanateurs et profanatrices qui ont souillé une seconde fois son sol après le lynchage de Omar al Mokhtar et celui de Mouammar al Kadhafi? Est-ce que les savants du Moyen-Orient connaissent la nature du colonialisme ? Est-ce le peuple libyen va se réapproprier sa mémoire anti-colonialiste?

6 – Charlie Hebdo juste après la fin de l’agression française contre la Libye, se laisse aller à son déversoir de haine pour exacerber les tensions sociales jouant sur la « défaite » refoulée des uns et l’émotionnel convulsif des autres : Il nous livre des caricatures, des blasphèmes, de l’humour de caniveau pour nous blesser et porter atteinte à la personne du Prophète (saws), aux symboles et valeurs de l’Islam comme si l’Islam est conquis, dompté, démantelé. Les Musulmans auront-ils l’intelligence de ne plus réagir par l’instinct mais de mobiliser leurs intelligences et de fédérer leurs compétences et apporter des réponses qui donnent à leur présence sur le sol français une lueur d’espoir pour le peuple français opprimé et paupérisé en leur offrant l’alternative islamique de résistance contre l’opression et les atteintes à la dignité de l’homme honoré par Dieu?

5 – Thomas R. Eddlem dans « the new american » du mardi 1er Novembre, citant des sources américaines, nous informe que l’Administration Obama travaille d’arrache pied pour la mise en place d’un OTAN arabe après l’expérience militaire réussie en Libye, l’expérience sécuritaire réussie au Bahreïn et la création d’un conglomérat militaire et économique englobant toutes les monarchies arabes du Golfe à l’Atlantique. Quelle est la prochaine cible : La Syrie, l’Algérie, l’Iran, le Liban, Gaza, le Pakistan ? Que feront les Musulmans ? Que diront les progressistes occidentaux?

Nous sommes donc à la veille de nouvelles trahisons, de nouvelles agressions et il est de notre devoir d’informer que malgré l’instrumentalisation de la religion par les rentiers, les médiocres et les bureaucrates et malgré les plans des haineux et des nostalgiques de l’Algérie française et des colonies, l’Islam demeure par son essence, son histoire, sa civilisation et ses grandes figures le Dine de la liberté et de la libération des Taghut et jamais il ne sera question pour cette oumma musulmane de se soumettre au colonialisme, à ses intimidations, à ses corruptions. Le colonialisme peut détruire des villes, assassiner des chefs d’États, liquider des opposants, diaboliser les Musulmans ou les criminaliser, il ne pourra détruire leur âme, leur mémoire et les grandes figures qui l’ont mis à nu et qui l’ont combattu comme Cheikh Mohamed Al Bachir Al Ibrahimi (1889 – 1965), ce patriote humble et ce militant dévoué contre le colonialisme en Algérie et hors des frontières de l’Algérie.

Suivons donc le parcours du libérateur et le regard du civilisé :

1 – Le colonialisme dans son intégralité est une infamie provenant de l’œuvre de Satan

« الاستعمار كُلُّه رجْسٌ من عمل الشيطان »

Partant du verset suivant

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِنَّمَا الْخَمْرُ وَالْمَيْسِرُ وَالْأَنْصَابُ وَالْأَزْلَامُ رِجْسٌ مِنْ عَمَلِ الشَّيْطَانِ فَاجْتَنِبُوهُ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ إِنَّمَا يُرِيدُ الشَّيْطَانُ أَنْ يُوقِعَ بَيْنَكُمُ الْعَدَاوَةَ وَالْبَغْضَاءَ فِي الْخَمْرِ وَالْمَيْسِرِ وَيَصُدَّكُمْ عَنْ ذِكْرِ اللَّهِ وَعَنِ الصَّلَاةِ فَهَلْ أَنْتُمْ مُنْتَهُونَ

O vous qui êtes devenus croyants, les boissons alcoolisées, les jeux d’argent, les idoles et les fiches ne sont qu’infamies, de l’œuvre de Satan, évitez-les donc, afin que vous cultiviez. Toutefois, Satan ne veut que semer parmi vous l’animosité et la haine dans les boissons alcoolisées, les jeux d’argent, vous rebuter de psalmodier le Nom d’Allah et de la prière. Ne finirez-vous donc pas ? Al Maidah 90

Cheikh Al Ibrahimi bien avant Al Khomeiny est celui qui a désigné le colonialisme de Satan et non seulement l’impérialisme américain. Al Ibrahimi nous montre les conséquences directes et tragiques du colonialisme en termes de débauche morale, de corruption sociale et de destruction de la civilisation. S’adressant à l’esprit musulman il invite l’esprit du Musulman à la vigilance s’il ne veut pas subir les ravages du colonialisme ou s’il veut s’émanciper de son emprise et se libérer de ses ruines :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا ادْخُلُوا فِي السِّلْمِ كَافَّةً وَلَا تَتَّبِعُوا خُطُوَاتِ الشَّيْطَانِ إِنَّهُ لَكُمْ عَدُوٌّ مُبِينٌ

O vous qui êtes devenus croyants, entrez dans la paix en totalité et ne suivez point les pas de Satan. Il est pour vous un ennemi évident. Al Baqara 208

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا تَتَّخِذُوا عَدُوِّي وَعَدُوَّكُمْ أَوْلِيَاءَ تُلْقُونَ إِلَيْهِمْ بِالْمَوَدَّةِ وَقَدْ كَفَرُوا بِمَا جَاءَكُمْ مِنَ الْحَقِّ

O vous qui êtes devenus croyants, ne prenez pas Mon ennemi et votre ennemi comme protecteurs, quand vous sortez lutter pour Ma Cause et que vous recherchez Mon Agrément, en leur faisant preuve d’affection, alors qu’ils ont mécru en ce qui vous a été Révélé de Vrai Al Mumtahana 1

Dans la revue Al Bassair, à travers le contenu moral, spirituel et idéologique du Coran, Cheikh Taleb Al Ibrahimi – une des prestigieuses figures de l’Association des Oulémas algériens – montre que le colonialisme est une souillure morale, une profanation des valeurs de l’Islam et une infamie sociale et culturelle qu’il faut combattre au même titre qu’il faut combattre Satan l’inspirateur de tous les maux et de tous les fléaux :

« الاستعمارُ كلُّهُ رِجْسٌ من عَمَل الشيطان ، يَلْتَقِي القائمون به على سَجَايَا خبيثة ، ذو غرائزَ شَرِهةٍ ، ونظراتٍ عميقة إلى وسائل الافتراس ، وإخضاعِ الفرائسِ ، وأَهَمُّ تلك الوسائل َقتلُ الـمعنويات ، وتَخديرُ الاحساسات الروحية « .

« Le colonialisme dans sa globalité comme dans ses composants est une souillure provenant de l’œuvre de Satan, ses partisans se rencontrent sur ses propagations perverses celles-là même qui sont poussées par les instincts prédateurs voraces des colonisateurs et animés par les théories du colonialisme expertes dans la construction des instruments impitoyables de prédation et cultivées dans l’art de mettre en servitude les objets de leurs convoitises. Parmi ses moyens les plus redoutables, le colonialisme sape le moral des colonisés et anesthésie leurs sensibilités morales et spirituelles »

إِن فرنسا قذفَتْ هذا الوطنَ بأربعةِ أنواعٍ من القُوى مختلفةِ التأثير، مُتحدَّةِ الأثَر، متباعدةِ الميادين؛ ولكنها تَلْتقِي على هدَفٍ واحد وهو التمكينُ للاستعمار وأَنها حاربتهُ بأربعةِ أسلحةٍ بَشرية أَخفُّها فتكًا وأقصرُهَا مَدًى الجنديُّ ! « 

En effet la France coloniale a pilonné l’Algérie avec quatre types de forces d’influences diverses mais coordonnées dans leur visée finale et étendue dans leur dimension et leur portée. En vérité un seul objectif est ciblé : La consolidation de la colonisation et la territorialisation du colonialisme. Dans la conjugaison de ces quatre forces de combat, les troupes d’occupation ne sont que l’aspect le plus visible mais le moins dévastateur et le moins durable sur le plan de l’effet social et historique sur le peuple algérien.

… » جاءت فرنسا إِِلى الجزائر بالراهب الاستعماري لتُفسِدَ على المسلمين دينَهم، وتَفْتِنَهُم به عن عقائدهم، وتُشكِّكَهم بتَثليثه في توحيدهم، وتُضَار في ألسنهم كلمةَ « الهادي » بكلمة  » الفادي » ذلك كلُّه بعدمَا أمَدَّتْهُ بالعون، وضَمِنَتْ له الحريةَ، وكَفَرتْ به هُناكَ، لتؤمن به هنا « .

« La France est venue en Algérie avec son missionnaire évangéliste colonisateur pour corrompre l’islamité des Algériens, les pousser à douter de leur foi et de leurs valeurs, et provoquer la sédition et le désordre au sein des Musulmans. Elle est venue pour effacer de leur mémoire et de leur langue le Nom d’Allah Al Hadi (Celui qui donne la Guidance) par le nom de leur icône déifié « le Rédempteur » en donnant à ce missionnaire l’appui logistique, le soutien militaire après avoir nié Jésus là-bas et décidé de l’imposer ici »

وجاءتْ بالـمعلم « الاستعماري » ليُفْسِدَ على أبناءِ المسلمين عقولَهم ، ويُلْقِيَ الاضطرابَ في أفكارهم ، وَيستنزلَهُم عن لغتهم وآدابهم، ويُشوِّهَ لهم تاريخَهم ويُقلِّلَ لهم سلَفهم في أَعينهم، ويُزهِّدَهُم في دينهم ونبيِّهم ويُعلِّمهم _ بعد ذلك _ تعليمًا ناقصًا: هو شر من الجهل!!

La France est venue avec l’éducation « colonisatrice » et la science « colonialiste » pour corrompre les esprits des fils des Musulmans et semer le trouble dans leurs pensées, pour déposer leur conscience, leur langue et leur littérature au profit de celles de la France, pour falsifier et dénaturer leur histoire et réduire le rôle et l’importance de leurs ancêtres à leurs yeux fascinés par d’autres figures, pour les inciter à renoncer à leur religion. L’enseignement colonial vise à créer une pensée handicapée dont les effets sur la personnalité sont pires que ceux de l’ignorance.

وجاءت بالطبيب « الاستعماري » ليُحافظَ على صِحَّة أبنائها قبلَ كلِّ شيء بآية أنه لا يكونُ إلا حيثُ يكون الأوروباويون ، لا في المداشر التي يسكُنها الألوفُ من المسلمين وحدَهم، ولا في القبائل المتجاورة التي تعد عشرات الألوف منهم ، أما هذا الطبيب الاستعماري بالنسبة إلى المسلمين فكأنما جاء ليُداويَ علَّةً بعلل ، ويَقْتُلَ جرثومةً بخلْق جَراثيم، ويجرب معلوماته فيهم كما يُجرِّبها في الأَرانب، ثم يَعيشُ على أمراضهم التي مكن لها الاستعمار بالفقر والجهل.

« La France est venue avec le médecin colonialiste dont la vocation première est de préserver la santé de la population européenne et de ce fait il ne s’installe que là ou s’installe la colonie de peuplement européen ou européanisé. Il n’a pas la préoccupation d’être auprès des campagnes, des tribus et des douars peuplés par les millions de Musulmans. Si la médecine colonialiste intervient dans la population musulmane c’est comme si sa vocation n’est pas de soigner mais d’inoculer des maux nouveaux à la place d’un mal ancien, d’éradiquer un microbe en cultivant à sa place d’autres microbes, d’expérimenter ses nouveaux savoirs et ses nouveaux remèdes sur une population musulmane devenue cobaye humain. Tous ces désastres ne suffisent pas, il faut encore que le médecin français s’enrichissent sur le dos des malheurs des autochtones musulmans que le colonialisme a précarisé sur le plan sanitaire par l’instauration de la pauvreté et de l’ignorance. »

إن الاستعمار القائم على الجندي، والمعلم، والطبيب، والراهب، هَيكلٌ حيوانيٌّ يَمشِي على أربع… وإن الاستعمار قد قَضَى بواسطة هؤلاء الأربعة على عشرةِ ملايين من البشر، فَرمَى مَواهبَهم بالتعطيل ، وعُقولَهم بالخمود، وأذهانَهم بالركود، وأفكارَهم بالعقم، وأضاع على الإنسانية بضياعهم عشرَةَ ملايين من المواهب، والعقول، والأذهان، والأفكار، وهي رأسُ مالٍ عظيم كانت تستعينُ به- لولا الاستعمار- على الخيْر العام والمنفعة، وتنتفعَ به في إقامة دعائم المدنية، فَما أشْأَمَ الاستعمارَ على الإنسانية « !!!.. »

« Il est certain que le colonialisme institué sur le soldat, le missionnaire, l’enseignement et le médecin est une structure animale prédatrice marchant sur quatre pattes. C’est par ces quatre moteurs que le colonialisme a mis en panne les talents, les possibilités et le génie de millions de musulmans. Il a ainsi pu saper leur effort, figer leur mental, rendre inerte leur cognition, rendre stériles leurs idées. Il a ainsi privé l’humanité de millions de potentialités en énergie créatrice, en cerveau fécond, en mental imaginatif, en idée généreuse qui sont un prodigieux capital dont l’humanité aurait profité et utilisé pour résoudre ses problèmes mais que le colonialisme a saboté, détruit, détourné du bien pour laisser les collectifs humains sans ressources capables d’ériger des cités, de promouvoir des civilisations et de se mettre au service de l’humanité. Le colonialisme est la forme la plus pessimiste et la plus cynique dans la destruction de l’humain. »

2 – Le colonialisme et l’Islam

الاستعمار والإسلام

Le colonialisme a combattu l’Islam car il était et il demeure l’obstacle authentique et irréversible à la colonisation, à son expansion, à ses causes et à ses effets sur le monde musulman et non musulman :

جاءَ الاستعمار الَّدنِسُ الجزائرَ يَحْمِلُ : السيفَ والصليبَ، ذلك للتمكُّن.

Le colonialisme, impur et profanateur, est venu en Algérie portant l’épée dans une main et la croix dans l’autre main afin de s’implanter comme colonisation de peuplement.

وهذا للتمكين ، فَملَكَ الأرضَ واسْتَعْبَدَ الرقابَ، وفَرضَ الجِزي ، وسخَّر العقولَ والأبدانَ، ولو وقَفَ عند حدُود الدُّنيويات لقلْنَا : تلك هي طبيعةُ الاستعمار الجائع، تدفعه الشهواتُ إلى اللذات ، فيجْرِي إلى مَداها وَيقف، وتدفعه الأنانيةُ إلى الحيوانيةِ فيلتقمُ ولا ينتقمُ، ولكنه كان استعمارًا دينيًّا مسيحيًّا عاريًّا، وَقَفَ للإسلام بالمرصاد من أول يوم ، وانتَهكَ حُرُماته من أول يومٍ فابَتزَّ أموالَهُ الموقوفةَ بالقَهْر وتصرَّفَ في مَعابِدهِ بالتحويل (جامع كتشاوة مثلا) والهدم، وتحكم في الباقي منها بالاحتكار والاستبداد، وتدخَّل في شعائره بالتضييق والتشديد ، كلُّ ذلك بروح مسيحيةٍ رومانية تُشِعُّ بالحِقد، وتَفُورُ بالانتقام، ولم يكتف بذلك حتى احتضَنَ اليهوديةَ، وحَمَى أهلَها، وأَشْرَكَهُم في السيادة ليؤلِّبها مع المسيحية على حرب الإسلام، ويُجنِّدَها في الكتائب المُغيرة عليه.

Pour dominer l’Algérie et consolider son pouvoir : Il a pris possession de ses terres, il a opprimé et asservi ses habitants, il a imposé des impôts et des taxes, il a assujetti les esprits et les corps. S’il s’était confiné aux seuls aspects mondains et matériels nous aurions dit que telle est la nature du colonialisme : La prévarication et la voracité de l’affamé cherchant sa proie, l’être poussé par ses instincts bestiaux qui veut jouir des biens terrestres à n’importe quel prix. Nous aurions compris qu’une fois ses appétits satisfaits, il prenne une pause et comprenne qu’il est naturel que son égoïsme pousse la victime et le spolié à chercher à se venger de lui et non que triomphe sur lui la bête qui l’habite et qu’il se venge de sa bestialité insatiable sur sa victime et ceux qu’il a spolié.

Mais le colonialisme français est un colonialisme de nature religieuse : Un évangélisme intégriste. Cet intégrisme a ciblé l’Islam dès le premier jour de son projet colonisateur, il a porté atteinte à ses valeurs sacrées, il a profané les lieux de culte les transformant en Église et en Écurie pour ses armées, il a pratiqué la rapine sur les biens des fondations pieuses musulmanes en utilisant la contrainte par la force des armes et des lois scélérates. Après avoir démoli sans droit ce qui lui semblait de son droit à démolir par la force de ses armées il s’est attaché à installer son monopole sur les richesses et les biens et à asservir et à opprimer les Musulmans dépossédés de leurs biens et de leurs droits. Poussé par son esprit à la fois évangéliste inquisiteur, romain revanchard et manichéen rempli de haine et d’éradication de l’autre, il a traqué le culte musulman dans toutes ses expressions, ses hommes et ses institutions. En dépit de tout cela il s’est renforcé dans sa lutte contre l’Islam en se montrant généreux avec les Juifs et le judaïsme au détriment des Musulmans. Les Musulmans furent chassés et exclus alors que les Juifs furent rapprochés, consultés et impliqués en leur faveur dans le processus de la colonisation de l’Algérie. Ainsi ils ont réalisé l’alliance des Livres falsifiés contre le Livre intègre.

وقَد اطمأنتْ إلى أن الشعبَ الجزائريِّ قد مَات كما صَرَّح بذلك أحدُ ساسَتِها الكبار في خطبةٍ ألقاهَا على مُمثلي الأمَم في المهرجان الذي أقَامتْه في عِيدِها المئويِّ لاحتلال الجزائر، وكان مما قالَ:( لا تظنُّوا أنَّ هذه المهرجاناتِ من أجْل بلوغِنَا مائةَ سنةٍ في هذا الوطن، فقدْ أَقامَ الرومان قبْلَنَا فيه ثلاثَة قرونٍ، ومعَ ذلك خرَجُواْ منه، ألا فلتعلموا أن مَغزَى هذه المهرجانات هو تشييعُ جنازة الإسلام بهذه الديار ) .!!

« Lors de la célébration du centenaire de la colonisation, la France était persuadée que le peuple algérien était définitivement mort comme le proclamait un de ses notables dans son discours devant les délégués des nations occidentales. Entre tout ce qu’il a dit il faut prêter attention à ce passage : « Ne pensez pas que ces festivités sont destinés à célébrer les 100 ans de notre présence dans ce pays. Les Romains y sont restés avant nous plus de trois siècles mais ils ont fini par le quitter. Ce que vous devez savoir sur l’enjeu stratégique de cette commémoration grandiose c’est l’enterrement définitif de l’Islam dans ces contrées… »

3 – L’alliance avec le colonialisme est sédition contre l’Islam

موالاة المستعمر خروج عن الإسلام

Dès le début de la révolution algérienne contre le colonialisme, le discours du Cheikh El Ibrahimi a apporté son soutien religieux et militant. Il s’est lancé dans la lutte idéologique et psychologique menée par l’impérialisme qui cherchait à miner la dynamique et l’unité du mouvement de libération du peuple algérien opprimé. Il appelait tous les peuples opprimés à résister et à exprimer leur méfiance et leur défiance envers le colonialisme. Il a montré la vocation universelle de l’Islam que ne peuvent changer ni Qaradhawi ni Al Belhadj en donnant crédit au soutien de l’OTAN aux séditieux libyens bafouant les règles de l’Islam et souillant dans leur bouches le Nom majestueux d’Allah qui a fait entrer Mohamed (saws) entrant à la Mecque en toute humilité sans verser une goutte de sang. Durant son séjour au Caire Cheikh Al Ibrahimi a dénoncé les partisans des alliances ou des compromissions avec le colonialisme et a refusé toute justification politique ou religieuse de collaboration.

Il a promulgué une Fatwa qui reste jusqu’à aujourd’hui opportune, pertinente et cohérente.

فتوى الشيخ البشير الإبراهيمي

Fatwa du Cheikh Mohamed Al Bachir Al Ibrahimi – Le Caire 1955

بسم الله الرحمن الرحيم

إذا قلنا: « إنَّ موالاةَ المستعمِر خروجٌ عن الإسلام » فهذا حكمٌ مجمَل، تفصيلُه أنَّ الموالاة مفاعلةٌ أصلُها الولاء أو الولاية، وتمسّها في معناها مادة التّولّي، والألفاظُ الثلاثة واردة على لسان الشرع، منوطٌ بها الحكم الذي حكمنا به وهو الخروجُ عن الإسلام، وهي في الاستعمال الشرعيِّ جاريةٌ على استعمالها اللّغوي، وهو في جملته ضدُّ العداوة، لأنَّ العربَ تقول: « وَالَيْتُ أو عاديت، وفلان وليّ أو عدّو، وبنو فلان أولياء أو أعداء »، وعلى هذا المعنى تدور تصرّفات الكلمة في الاستعمَالَين الشرعيّ واللغويّ.

Au Nom d’Allah, le Miséricordeur, le Miséricordieux

Si nous disons que « l’acceptation de la tutelle du colonisateur » ou « l’alliance avec le colonisateur » est apostasie dans l’Islam nous énonçons un jugement global. Dans le détail il faut savoir que la tutelle suppose l’allégeance, l’acceptation, la protection. Ces trois termes appliqués au colonisateur sont en contradiction avec la loi coranique. Sur le plan sémantique le Walâ a pour antonymes l’agression et la transgression. Toujours dans le détail mais sur le plan lexical et sémantique le colonialisme ne peut par sa qualité intrinsèque d’agresseur et de transgresseur être un allié ou un tuteur

وماذا بين الاستعمَار والإسلام من جوامعَ أو فوارق حتى يكونَ ذلك الحكم الذي قلناه صحيحاً أو فاسداً؟

D’une manière plus précise et sans équivoque quels sont les points ou les lignes de convergence ou de rupture entre l’Islam et le Colonialisme pour que notre jugement précédent sur l’incompatibilité entre l’Islam et le colonisateur soit juste ou faux d’une manière évidente et incontestable :

إنَّ الإسلامَ والاستعمار ضدّان لا يلتقيان في مبدإٍ ولا في غاية، فالإسلام دينُ الحرية والتحرير، والاستعمار دين العبودية والاستعباد، والإسلام شرع الرحمةَ والرفق، وأمر بالعدل والإحسان، والاستعمار قوامُه على الشدّة والقسوة والطغيان، والإسلام يدعو إلى السلام والاستقرار، والاستعمار يدعو إلى الحرب والتقتيل والتدمير والاضطراب،

L’Islam et le colonialisme sont deux antagonismes qui ne peuvent jamais se rencontrer. L’Islam est la religion de la liberté et de l’émancipation alors que le colonialisme est la religion de la servitude et de l’asservissement. L’Islam a instauré la miséricorde et la bienveillance et il ordonne la pratique du bien et de la justice alors que le colonialisme repose sur la dureté, la tyrannie et la transgression. L’Islam appelle à la paix et à la stabilité, pendant que le colonialisme appelle à la guerre, au meurtre, à la destruction et aux crises.

والإسلام يُثبت الأديانَ السماوية ويحميها، ويقرّ ما فيها من خيرٍ ويحترم أنبياءَها وكتبَها، بل يجعل الإيمانَ بتلك الكتبِ وأولئك الرّسل قاعدةً من قواعده وأصلاً من أصوله، والاستعمار يكفُر بكلّ ذلك ويعمَل على هدمه، خصوصاً الإسلام ونبيّه وقرآنه ومعتنقيه.

L’Islam confirme les religions révélées dont il assure la protection, reconnait ce qu’elles contiennent comme bienfaits qu’elles professent, il respecte les Prophètes qui y sont mentionnées et vénère les livres saints. Plus encore, l’Islam a fait de la croyance des livres saints et des Prophètes de ces religions, une de ses bases et l’un de ses principes. Par contre le colonialisme renie tout cela et travaille à ruiner ces principes et plus particulièrement ceux de l’Islam dont il combat l’essence, le Prophète, le Coran et les adeptes.

نستنتِج من كلّ ذلك أن الاستعمارَ عدوّ لدودٌ للإسلام وأهلِه، فوجَب في حكم الإسلام اعتبارُ الاستعمار أعدَى أعدائِه، ووجب على المسلمين أن يطبِّقوا هذا الحكمَ وهو معاداةُ الاستعمار لا موالاته.

Aussi, nous déduisons de tout cela que le colonialisme est le pire ennemi de l’Islam et des Musulmans et par voie de conséquence il est de l’obligation de tous les gens de confession musulmane de considérer le colonialisme comme l’un de ses plus grands ennemis et par conséquent il ne peut y avoir acceptation de sa tutelle, de son alliance ou d’une allégeance à son égard.

الاستعمارُ الغربيّ ـ وكلّ استعمارٍ في الوجود غربيّ ـ يزيد على مقاصدِه الجوهريّة وهي الاستئثار والاستعلاء والاستغلال مقصداً آخرَ أصيلاً وهو محوُ الإسلام من الكرة الأرضية خوفاً من قوّته الكامنة، وخشيةً منه أن يعيدَ سيرتَه الأولى كرةً أخرى.

Le colonialisme occidental, d’ailleurs tout colonialisme dans cette existence est occidental, en plus des mobiles fondamentaux, d’égoïsme, de vanité, et d’exploitation, communs à tous les impérialismes, en a un autre qui lui appartient en propre : Effacer toute trace de l’Islam de la surface de cette planète, car il craint de le voir rétablir sa puissance d’antan et restaurer sa grandeur passé.

وجميعُ أعمال الاستعمار ترمي إلى تحقيق هذا المقصد، فاحتضانُه للحركاتِ التبشيرية وحمايتُه لها وسيلةٌ من وسائل حربِه للإسلام، وتشجيعُه للضالين المضلّين من المسلمين غايتُه تجريد الإسلام من روحانيته وسلطانه على النفوس، ثم محوُه بالتدريج، ونشرُه للإلحاد بين المسلمين وسيلةٌ من وسائل محوِ الإسلام، وحمايتُه للآفات الاجتماعية التي يحرّمها الإسلام ويحاربها كالخمر والبغاء والقمار ترمي إلى تلك الغاية، ففي الجزائر ـ مثلاً ـ يبيح الاستعمارُ الفرنسيّ فتحَ المقامِر لتبديد أموال المسلمين، وفتحَ المخامر لإفساد عقولهم وأبدانهم، وفتحَ المواخير لإفساد مجتمعهم، ولا يبيح فتحَ مدرسةٍ عربيّة تحيِي لغتَهم أو فتحَ مدرسةٍ دينيّة تحفَظ عليهم دينَهم.

Toutes les actions du colonialisme tendent vers la réalisation de ce but en l’occurrence la tutelle qu’il impose aux multitudes humaines. L’adoption des mouvements évangélistes et la protection qu’il leur apporte, ne sont que des moyens dans sa lutte contre l’Islam et dans sa tentative de dépouiller le Musulman de la spiritualité et de la force civilisationnelle de l’Islam afin de le détruire graduellement. C’est dans ce sens qu’il faut situer les encouragements qu’il prodigue aux musulmans qui ont dévié du droit chemin, et qui cherchent à en tromper d’autres. Les égarés et les séducteurs ont pour but de prêcher l’athéisme chez les Musulmans ou de cultiver les tares morales et sociales proscrites et combattues par l’Islam, telles l’alcoolisme, la prostitution et les jeux de hasards. A travers ces moyens le colonialisme poursuit toujours le même but : L’anéantissement de l’Islam. En Algérie par exemple, le colonialisme français autorise les jeux de hasard pour détruire la foi des musulmans…, c’est pour la même raison qu’il permet la multiplication des débits de boisson et bien d’autres choses. Par contre, il s’oppose à l’ouverture d’une médersa arabe, par les Algériens, pour assurer la pérennité de leur langue, ou à la création d’une école religieuse, pour sauvegarder les préceptes de leur religion.

ويأتي في آخر قائمةِ الأسلحة التي يستعمِلها الاستعمارُ الغربيّ لحرب الإسلام اتّفاقُه بالإجماع على خلقِ دولةِ إسرائيل في صميمِ الوطَن العربي، وانتزاعِ قطعةٍ مقدّسة من وطن الإسلام وإعطائها لليهود الذين يدينون بكذِب المسيح وصلبِه، وبالطعن في أمّه الطاهرة.

Dans sa stratégie de lutte contre l’Islam la dernière trouvaille du colonialisme occidental est la création de l’État d’Israël au cœur du monde arabe et l’arrachement d’une partie des lieux saints de la nation musulmane pour l’offrir aux Juifs dont la dévotion consiste à faire mentir le Messie, à prétendre à sa crucifixion et à diffamer sa mère chaste et pure.

فالواجبُ على المسلمين أن يفهَموا هذا، وأن يعلَموا أنَّ مَن كان عدوًّا لهم فأقلّ درجاتِ الإنصاف أن يكونوا أعداءً له، وأنَّ موالاتَه بأيّ نوعٍ من أنواع الولاية هي خروجٌ عن أحكام الإسلام، لأنَّ معنى الموالاةِ له أن تنصرَه على نفسِك وعلى دينِك وعلى قومِك وعلى وطنِك.

Ceci dit, les Musulmans doivent comprendre tout ces enjeux et savoir que la vigilance la plus élémentaire leur recommande d’éprouver, par esprit d’équité et de réciprocité, pour le moins, les mêmes sentiments d’hostilité que leur ennemi éprouve envers eux. Leur allégeance loyale et leur alliance sous n’importe quelle forme envers le colonialisme, leur ennemi, est une transgression des principes sacrés de l’Islam. Celui qui accepte ou tolère la tutelle colonialiste signifie ici, qu’il a accepté de se détourner de sa religion et de faire triompher l’ennemi de sa religion sur sa propre personne, sa génération, son peuple et sa patrie.

والمعاذِير التي يعتَذر بها المُوالون للاستعمار كالمداراة وطلبِ المصلحة يجب أن تدخُل في الموازين الإسلامية، والموازينُ الإسلاميّة دقيقةٌ تزِن كلَّ شيء من ذلك بقَدرِه وبقَدرِ الضرورة الداعيَة إليه، وأظهرُ ما تكون تلك الضروراتُ في الأفراد لا في الجماعات ولا في الحكومات.

Les excuses et les justifications auxquelles ont recours les vassaux du colonialisme tel que le recours à l’administration compétente ou l’attraction des bienfaits pour la communauté doivent être remises dans leur contexte et évaluées avec minutie par les règles islamiques en la matière. Ces règles sont strictes, détaillées et ne permettent aucun fourvoiement ni louvoiement. La nécessité qui fait loi pour justifier l’alliance ou l’allégeance n’est valide que pour des cas particuliers et à titre individuel et ponctuel et en aucun cas à titre collectif au niveau des groupes ou des gouvernements musulmans

وموالاةُ المستعمِر أقبحُ وأشنَع ما تكون من الحكومات، وأقبحُ أنواعِها أن يُحالَف حيث يجب أن يُخالَف، وأن يُعاهَد حيث يجب أن يُجاهَد، وأقبحُ ما فيها من القبح أن يُحالَف استعمارٌ على حربِ استعمار.

Un des aspects les plus infâmes de l’allégeance envers le colonialisme, c’est de s’allier à lui en qualité de gouvernant. Une des pires et infâmes alliances avec le colonialisme, c’est celle qui est faite au moment où il faudrait s’opposer à lui et de lui tendre la main au moment où il faudrait le combattre. Ce qui dépasse le comble de l’infamie c’est de pactiser avec ton colonisateur lorsqu’il livre bataille contre un autre colonisateur alors chacun ne veut que te mettre sous sa domination coloniale.

وقد كانَتِ الحروب قبلَ اليوم لمعانٍ بعضُها شريف، وقد يكون أحدُ الجانبَين فيها على حقّ، أما هذه الحروب التي لا تنتهي الواحدةُ منها إلا وهي حاملٌ مُقْرِب بأخرى أشدَّ منها هولاً وأشنعَ عاقبةً، فلم يبقَ فيها شيء من معاني الشّرفِ ولا من معاني الرّحمة ولا من معاني الكرامَة الإنسانيّة، وإنما هي حربٌ مجنونة يبعثُها حبُّ الاستعلاء والتسلّط على الضعفاء، والاستئثار بخيراتِ أرضهم، والضعفاءُ دائماً هم الأدوات التي تقَع بها الحرب، وتقَع عليها الحرب، فهم في السِّلم محلُّ النزاع، وفي الحربِ ميدان الصّراع.

Par le passé, avant le colonialisme occidental, les guerres pouvaient avoir d’autres mobiles et d’autres significations. Certaines guerres étaient nobles par leur cause et les partisans d’un camp pouvaient être du côté du droit. Mais ces guerres qui s’enchainent sans interruption, l’une appelant la suivante en plus dure et moins juste et avec des conséquences plus néfastes et plus désastreuses n’ont aucun soupçon d’honneur, de vérité, de miséricorde, de justice ou de dignité humaine. Nous sommes face à des guerres de folies, d’absurdité et de cruauté alimentées par l’arrogance, le despotisme, la domination des faibles et la spoliation de leurs biens et des richesses de leurs terres. Ce sont toujours les faibles et les opprimés qui sont utilisés comme instruments dans les machines guerrières, ce sont eux qui subissent les conséquences des guerres. Dans la paix ils sont l’alibi pour déclarer la guerre, et dans la guerre ils sont le terrain d’affrontements où se règlent les conflits des autres.

لا مِثال للبلاهةِ والبَلادة أوضح من محالفة الضعيفِ للقويّ إلا إذا صحّ في الواقع وفي حُكم العقل أن يحالِف الديكُ النسر، أو تحالِفَ الشاة الذئب.

Il ne peut y avoir exemple plus éloquent en matière de stupidité et de lâcheté que de voir l’opprimé faire alliance avec son oppresseur à moins que la réalité du monde et la logique de la raison nous prouvent l’alliance de la colombe avec l’aigle et celle de l’entente l’agneau avec le loup.

كيفَ نحالِف الأقوياءَ وقد دلّت التجاربُ أنهم إنما يحالفوننا ليتَّخذوا من أبنائنا وقوداً للحَرب، ومن أرضِنا ميداناً لها، ومن خيراتِ أرضنا أزواداً للقائمين بها، ثم تنتهي الحربُ ونحن المغلوبون الخاسرون على كلّ حال، وقد تكرّرت النذُر فهل من مُدَّكِر؟!

Pourquoi faire allégeance aux puissants alors les expériences prouvent qu’ils ne s’allient à nous que pour prendre nos enfants comme chair à canon, nos géographies comme zone de conflits et d’affrontements à leurs guerres coloniales, nos terres comme ressources pour asseoir leur puissance et leur domination. Puis lorsque la guerre s’achève, le plus grand perdant et le plus grand vaincu c’est toujours nous et ce quelque soient les mobiles ou les circonstances des guerres coloniales. Combien d’avertisseurs sont venus nous réveiller est-ce que parmi nous il y en a qui se souviennent ?

أيّها المسلمون أفراداً وهيئات وحكومات: لا توالُوا الاستعمارَ فإنَّ موالاتَه عداوةٌ لله وخروجٌ عن دينه.

O musulmans ! O organisations musulmanes ! O gouvernements islamiques, ne manifestez aucun sentiment d’attachement pour le colonialisme, car ce serait commettre une rébellion contre Allah, une agression contre le genre humain et vous seriez des hérétiques séditieux envers l’Islam.

ولا تتولّوه في سِلم ولا حَرب فإنَّ مصلحتَه في السِّلم قبل مصالحكم، وغنيمَته في الحرب هي أوطانُكم. ولا تعاهِدوه فإنّه لا عهدَ له. ولا تأمَنوه فإنّه لا أمانَ له ولا إيمان

Ne soyez pas alliés à ses côtés, ni en temps de paix, ni en temps de guerre, car en temps de paix, il fait passer son intérêt avant les vôtres, et en cas de guerre ce sont vos patries qui seront son butin. Ne contractez aucune alliance avec lui car il ne respecte pas ses engagements ; n’attachez aucune foi en ce qu’il dit, car certainement sans foi ni loi il n’est garant d’aucune sécurité ou protection pour vous.

إنَّ الاستعمارَ يلفِظ أنفاسَه الأخيرة فلا يكتُبْ عليكم التاريخُ أنّكم زِدتم في عمره يوماً بموالاتكم له.
ولا تحالِفوه فإنَّ من طَبعِه الحيوانيّ أن يأكلَ حليفَه قبلَ عدوِّه.

Le colonialisme laisse échapper ses derniers soupirs. Que l’histoire ne soit pas un témoignage contre vous en lui donnant par votre allégeance un jour supplémentaire d’existence sur terre. Ne vous alliez pas à lui, car sa nature bestiale le pousse à dévorer son allié avant de dévorer son ennemi.

والسلام عليكم ورحمة الله وبركاته.

Salutations à vous et que la Miséricorde d’Allah et Ses Bénédictions soient sur vous.

Cheikh Bachir El Ibrahimi

4 – Conclusion : Question cruciale

Tous les savants musulmans disent qu’une Fatwa ne change que si changent le temps, le lieu, l’homme et les conditions car elle doit être une réponse concrète et réaliste sans bien entendu être en contradiction avec le Coran, la Sunna et les coutumes du peuple recevant cette Fatwa. Entre la Fatwa de Cheikh Mohamed Al Bachir Al Ibrahimi et celle de Qaradhawi, quels sont les changements survenus dans le temps, le sol, l’homme et les conditions sociales, idéologiques, politiques, économiques et militaires pour supposer que le colonialisme a changé et que le monde musulman est bi khayr (il se porte bien) et que le recours au colonialisme n’est pas une guerre contre l’Islam, une sédition contre le Prophète de l’Islam, une trahison au Livre de l’Islam, une atteinte à la liberté et à la dignité de la communauté de l’Islam

Si Ali Belhadj n’est pas capable de voir la portée désastreuse de ses paroles irresponsables sur l’avenir de l’Islam et de la lutte anti impérialiste dans une Algérie livrée à la prédation capitaliste ni sur la répulsion qu’il provoque sur les couches moyennes en cautionnant le lynchage de Kadhafi et en se taisant sur les crimes de l’OTAN, je l’invite fraternellement à faire preuve de lucidité, au delà de celle qu’aurait du lui apporter ses longues années de prison, de privation de droits civiques, d’atteinte à sa propre chair. Il doit méditer dans une retraite spirituelle et voir trois choses horribles. Toutes proportions gardées, il est dans le même isolement au sein du mouvement islamique que l’était Kadhafi au sein de la communauté internationale. Il n’est pas à l’abri du même lychage médiatique puis physique, que je ne lui souhaite pas, par les confréries maraboutiques et les salafistes monarchistes corrompus par l’économie de marché et qu’il ne doit cette relative liberté de parole, de mouvement et de rester en vie que par la volonté d’un régime qui n’a plus peur de lui et qui le laisse jouer le rôle de repoussoir. Enfin c’est ce colonialisme et ses agents qui ont annulé les élections remportés par le FIS, qui ont dissous le FIS et qui ont plongé l’Algérie dans une décénie noire et rouge; ce sont ce même colonialisme et ses mêmes agents qui ont lynché Kadhafi et livré la Libye à un scénario qui ne peut rentrer dans l’imagination d’un homme qui ne puise pas ses sources de lecture et de reflexion dans la tragédie algérienne face au colonialisme.

Il ne suffit pas d’être un érudit comme Qaradhawi ou une icone comme Belhadj qui fait passer ses opinions partisanes pour une Fatwa, il faudrait être comme Al Ibrahimi, être au coeur de la lutte contre le colonialisme et incarner l’histoire tragique, le sol spolié, la mémoire violée et un peuple opprimé pris entre les 4 pattes du colonialisme et les deux machoires du despotisme qui sont la corruption et l’arbitraire. Il faut de la lucidité et de la probité morale pour voir l’évolution et les métamorphoses de ces quatre pattes qui n’ont ni changé de nature ni changé la nature de la bête cruelle cupide et vorace qu’elles portent au dessus de nos têtes.

Il suffit d’être un insensé ou un agent conscient ou inconscient de la rente religieuse, politique et économique pour donner un souffle de vie à un système colonialiste en agonie et en quête de proie pour survivre. Comme un rat s’il ne mange pas 24 heures, il meurt. C’est un grand haram que de le nourrir sur le dos de la communauté musulmane alors que sa nature est de proliférer pour dévorer ses biens, ses enfants et lui apporter la peste, le choléra et le typhus!

C’est un désastre pour la pensée musulmane que de ne pas voir que la Fatwa incitant au meurtre et la barbarie qui a suivi le lychage de Kadhafi ne soient pas comprise comme une volonté colonialiste de stopper les révolutions et de criminaliser les mouvements se réclamant de l’Islam incompatible avec le colonialisme et le capitalisme. C’est un dégat inimaginable pour l’avenir de la communauté musulmane et la souveraineté nationale quand on voit les élites musulmanes alors qu’elles sont dans l’opposition, solliciter le secours et l’assistance du colonialisme. En effet le citoyen est en droit de se poser la question légitime : Si ces gens là arrivent au pouvoir avec cette mentalité et se trouvent confrontés au respects des traités internationaux, aux relations internationales, aux complexités de la gouvernance, ils feront pire que les despotes qui nous gouvernenent car ils n’ont pas conscience des enjeux ni de la lutte idéologique ni des pressions politiques, diplomatiques, militaires et économiques que les 4 pattes et les deux machoires du colonialisme leur feront subir jusqu’à céder toute parcelle de souveraineté pourvu qu’on ne touche pas à la barbe, à la gandoura, aux mosquées et au slogan « l’Islam est la religion de l’Etat« . Un état qu’ils sont incapables d’édifier ou de gouverner tant qu’ils n’ont pas d’idées claires sur la réalité du monde et sur leurs lacunes idéiques et leurs défaillences idéologiques.

Omar Mazri – Auteur, Ecrivain

  • Déontolgie et actes pédagogiques
  • La République et le Voile : Symboles et inversions
  • Gaza : La bataille du Forqane
  • Aimer : « la Voie coranique »
  • Dine ou religion
  • Les « Révolutions arabes » : Mystique ou mystification ?
  • Le dilemme arabe et les dix commandements US
  • Béni soit Dieu!

Dr. Garry Miller : Le Coran Sublime

1. Le Coran Sublime par Gary Miller

Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Que la prière et bénédiction soient sur son messager, Mohammad, le dernier des prophètes. Amin

Traduction relative et rapprochée

 » Ne méditent-ils donc pas sur le Coran? S’il provenait d’un autre qu’Allah, ils y trouveraient certes maintes contradictions!  » (Sourah An-nissa 4:Verset 82)

Introduction

Les musulmans, pour qui le Coran occupe une place privilégiée, ne sont pas les seuls à qualifier le Coran de sublime. Cette qualité lui a aussi été reconnue par les non musulmans. En fait, même des personnes qui détestent l’Islam ont exprimé leur émerveillement face au Coran. Une chose qui étonne les non musulmans qui examinent le Livre de près est que le Coran ne correspond pas à ce qu’ils s’attendent. Ils partent avec l’idée qu’ils ont un livre ancien qui tire son origine du désert arabe il y’a plus de quatorze siècles; et ils s’attendent à ce qu’il ressemble à quelque chose comme ça – un livre ancien centré sur le désert. Mais ils admettent qu’ils sont surpris de découvrir un tout autre genre. De plus, une des premières idées préconçues est que parce que c’est un livre ancien provenant du milieu du désert, il devrait parler du désert. En effet, le Coran parle du désert – une partie de son imagerie décrit le désert; mais il parle également de la mer – description par exemple d’un orage en pleine mer.

2. Témoignage d’un marin

Il y a quelques années, l’histoire nous est parvenue à Toronto d’un homme qui était dans la marine marchande et gagnait donc sa vie en mer. Un musulman lui avait offert une traduction du Coran. Le marin ne connaissait pas grand chose au sujet de l’Islam mais il fut intéressé par la lecture du Coran. Quand il eut fini de le lire, il l’a rapporté au musulman puis lui a demandé,  » ce Mohammad, était-il un marin? » Il fut impressionné par la description du Coran lorsqu’il décrit un orage en mer. Quand il lui a été dit,  » Pas du tout, Mohammad a vécu dans le désert,  » c’était suffisant pour lui. Il a embrassé l’Islam sur place. Il était fasciné par l’exactitude de la description du Coran, car il avait lui-même vécu un orage en mer, et il était convaincu que celui qui avait exprimé une telle description avait certainement été pris dans un orage en pleine mer. L’expression : Traduction relative et rapprochée « d’une vague, au-dessus d’elle une vague, au-dessus d’elle des nuages » (Sourate Nur, 24:40) ne ressemble pas du tout à ce que quelqu’un imaginant un orage en mer aurait écrit. En réalité, ceci provient de quelqu’un qui savait à quoi ressemblait un orage en mer. C’est un exemple de la façon dont le Coran n’est pas attaché à une unité de lieu et de temps. Certainement, les idées scientifiques qu’on y trouve ne semblent pas non plus provenir du désert il y a quatorze siècles.

3. La Plus Petite Chose :

Plusieurs siècles avant l’avènement de Mohammad, il y avait une théorie bien connue sous le nom de l’atomisme avancée par le philosophe grec, Démocrite. Ce philosophe et beaucoup de gens après lui croyaient que la matière se composait de particules minuscules, indestructibles, indivisibles appelées atomes. Les Arabes aussi, utilisaient le même concept; en fait, le mot arabe « dharrah » désignait généralement la plus petite particule connue à l’homme. Aujourd’hui, la science moderne a découvert que cette plus petite unité de matière (c.-à-d., l’atome, qui a toutes les propriétés que son élément) peut être divisée en ses éléments. C’est une nouvelle idée, un développement du dernier siècle. Toutefois, il est assez intéressant de noter que cette information avait déjà été évoquée dans le Coran (Sourate Saba, 34: Verset 3) Traduction relative et rapprochée  » Ceux qui ne croient pas disent: ‹L’Heure ne nous viendra pas›. Dis: ‹Par mon Seigneur! Très certainement, elle vous viendra. [Mon Seigneur] le Connaisseur de l’Inconnaissable. Rien ne Lui échappe fût-il du poids d’un atome dans les cieux, comme sur la terre. Et rien n’existe de plus petit ni de plus grand, qui ne soit inscrit dans un Livre explicite. » Assurément, il y a quatorze siècles ce type d’énoncé aurait semblé pour le peu inhabituel, même à un Arabe. Pour lui, la dharrah était la plus petite chose qui pouvait exister. C’est une preuve que le Coran n’est pas dépassé.

4. Le Miel

Un autre exemple de ce que l’on pourrait s’attendre à trouver dans un  » livre ancien » qui évoque le sujet de la santé ou de la médecine est des remèdes ou traitements périmés. Les diverses sources historiques déclarent que le prophète a donné quelques conseils sur la santé et l’hygiène, pourtant la plupart de ces conseils ne sont pas contenus dans le Coran. À première vue, pour le non musulman, ceci semble être une omission (une négligence). Ils ne peuvent pas comprendre pourquoi Allah  » n’inclurait pas  » une telle information utile dans le Coran. Quelques musulmans essayent d’expliquer cette absence avec l’argument suivant:  » bien que le conseil du prophète fût sain et applicable au temps où il a vécu, Allah, dans sa Sagesse Infinie, savait que des avancées médicales et scientifiques rendraient les conseils du prophète dépassés. Quand les découvertes se seraient produites, les gens auraient pu dire qu’une telle information contredit ce que le prophète avait suggéré. Ainsi, puisqu’Allah ne permettrait jamais en aucune occasion que les non musulmans s’écrient que le Coran se contredit ou contredit les enseignements du Prophète , il a inclus uniquement l’information et les exemples qui peuvent tenir l’épreuve du temps ». On doit comprendre que le Coran est une révélation divine, et comme tel, toute information contenue dans le Coran est d’origine divine. Allah est la Source du Coran. Ce sont les mots d’Allah, qui ont existé avant la création, et rien ne peut être ajouté, soustrait ou modifié. Essentiellement, le Coran a existé et était complet avant la naissance même du prophète Mohammad, de ce fait, il ne pourrait contenir les propres mots ou conseils du prophète. L’insertion d’une telle information contredirait clairement le but pour lequel le Coran existe, compromettrait son autorité et la rendrait inauthentique comme révélation divine. Par conséquent, il n’y avait aucun  » remède maison » cité dans le Coran qu’on pourrait prétendre être dépassé; il n’y a pas non plus d’expression de ce qui est bénéfique pour la santé, ni de recommandation pour un aliment particulier, ni ce qui traitera telle ou telle maladie. En fait, le Coran mentionne uniquement un élément en rapport avec la médication, et personne n’y trouverait d’objection. Il déclare que le miel est un élément thérapeutique. Et certainement, je pense que personne ne disputerait cette affirmation.

5. Le prophète Mohammad et le Coran

Si l’on suppose que le Coran est le produit d’un homme, alors on s’attendrait à ce qu’il reflète une partie de ce qui traversait l’esprit de l’homme qui  » l’a composé « . En fait, certaines encyclopédies et divers livres affirment que le Coran est le produit des hallucinations que Mohammad a subies. Si ces affirmations étaient vraies – s’il provenait en effet de quelques problèmes psychologiques – alors on devrait aisément trouver dans le Coran des éléments révélateurs de cet état. Y a-t-il une telle évidence? Afin de déterminer s’il y en a une, il est nécessaire d’identifier d’abord quelles sont les événements qui auraient pu l’affecter à ce moment-là et rechercher alors ces pensées et réflexions dans le Coran. Il est bien connu que Mohammad a eu une vie très difficile. Toutes ses filles ont décédé avant lui sauf une, et il fut marié pendant plusieurs années à une femme qui lui était très chère. Son épouse a également décédé de son vivant, de plus elle a disparu à une période très critique de sa vie. En fait, elle doit avoir été une femme très influente parce que lors de la toute première révélation qui lui est venue, il s’est précipité chez lui, effrayé, pour retrouver sa femme. Certainement, même aujourd’hui on aurait du mal à trouver un arabe qui vous dirait,  » j’eus si peur que j’accouru à mon épouse. » Ils ne réagissent pas de cette façon. Pourtant Mohammad s’est senti assez proche de son épouse pour pouvoir faire cela. Cela montre la femme influente et forte qu’elle était. Bien que ces exemples soient seulement quelques uns des sujets qui auraient eus un impact important sur l’esprit de Mohammad, ils sont suffisants en intensité pour prouver mon point. Le Coran ne mentionne aucune de ces choses – pas la mort de ses enfants, pas la mort de sa compagne bien-aimée et épouse, pas de sa crainte des premières révélations, qu’il a tellement et admirablement partagée avec son épouse – rien. Pourtant ces sujets doivent l’avoir blessé, l’avoir tourmenté, et lui avoir causé douleur et peine pendant ces périodes de sa vie. En effet, si le Coran était un produit de ses réflexions, alors ces sujets, comme d’autres, seraient répandus dans le Coran, ou pour le moins mentionnés ici ou là.

6. Approche scientifique du Coran

Une approche véritablement scientifique du Coran est possible parce que le Coran offre quelque chose qu’aucune autre Écriture Sainte, en particulier, et aucune autre religion, en général, ne procure. C’est ce que les scientifiques exigent. Aujourd’hui il y a beaucoup de gens qui ont des idées et des théories au sujet de la façon dont l’univers fonctionne. Ces personnes sont partout, mais la communauté scientifique ne prend même pas la peine de les écouter. C’est parce que durant le dernier siècle la communauté scientifique exige un test de falsification avant de considérer la moindre théorie. Ils disent,  » si vous avez une théorie, ne nous tracassez pas avec à moins que vous apportiez avec cette théorie un moyen de la tester et qui permet de prouver si vous avez tort ou raison.  » C’est un tel test qui a conduit la communauté scientifique à écouter Einstein vers le début du siècle. Il est venu avec une nouvelle théorie et a dit,  » je crois que l’univers fonctionne comme ceci; et voici trois manières de prouver que j’ai tort!  » Ainsi la communauté scientifique a soumis sa théorie aux tests, et en moins de six ans il a passé chacun des trois. Naturellement, ceci ne montre pas qu’il était grand, mais il montre qu’il méritait d’être écouté parce qu’il a dit,  » ceci est mon idée; et si vous voulez essayer de prouver que ma théorie est fausse, faites ceci ou essayez cela.  » C’est exactement ce que le Coran procure à l’humanité – des tests de falsification. Certains sont dépassés (c’est-à-dire ils ont déjà été prouvés vrais), et d’autres existent toujours. Fondamentalement il avance la proposition :  » si ce livre n’est pas ce qu’il prétend être, alors tout ce que vous devez faire est ceci ou cela ou ceci pour montrer qu’il est faux.  » Naturellement, en 1400 ans personne n’a pu faire  » ceci ou cela ou …,  » ainsi on le considère toujours comme vrai et authentique. Test De Falsification Je vous suggère la prochaine fois que vous entrez en conflit avec quelqu’un au sujet de l’Islam et qu’il affirme qu’il a la vérité et que vous êtes dans l’erreur, vous laissez tous les autres arguments de côté. Et demandez-lui,  » y a-t-il un test de falsification dans votre religion? Y a-t-il quelque chose dans votre religion qui vous prouverait que vous êtes dans le faux si je peux vous prouver qu’il existe – n’importe quoi?  » Eh Bien, je peux vous promettre que les gens n’auront rien – aucun test, aucune preuve, rien! C’est parce qu’ils ne partent pas de l’idée qu’ils devraient non seulement présenter ce qu’ils croient mais devraient également offrir à d’autres une chance de leur montrer qu’ils ont tort. Cependant, l’Islam fait cela. Un parfait exemple de la façon dont l’Islam fournit à l’homme une chance de vérifier son authenticité et de  » prouver qu’il n’est pas vrai  » apparaît au 4ème chapitre. Et honnêtement, j’ai été très étonné quand j’ai découvert la première fois ce défi. Il énonce (Sourate An-Nisa, 4:82): Traduction relative et rapprochée « Ne méditent-ils donc pas sur le Coran? S’il provenait d’un autre qu’Allah, ils y trouveraient certes maintes contradictions!  » (Sourate An-nissa 4:Verset 82) C’est un défi clair aux non Musulmans. Fondamentalement, il l’invite à trouver une erreur. En fait, le sérieux et la difficulté du défi mis de côté, la présentation d’un tel défi en premier lieu n’est pas dans la nature humaine et est contradictoire avec la personnalité de l’Homme. On ne passe pas un examen à l’école et après avoir terminé, on écrit une note en fin d’épreuve destiné à l’instructeur qui dit:  » cet examen est parfait. Il n’y a aucune erreur. Trouvez-en une si vous pouvez! ». Justement on ne fait pas cela. Le professeur ne fermerait pas les yeux jusqu’à ce qu’il ait trouvé une erreur! Mais c’est de cette manière que le Coran approche les gens. Demandez à ceux qui ont la connaissance Une autre attitude intéressante qu’on trouve dans le Coran est le conseil répété au lecteur de vérifier l’information qui lui est présentée. En effet, le Coran informe le lecteur au sujet de différents faits (scientifiques ou événement historique.. .) et puis incite le lecteur à vérifier l’assertion auprès des gens qui ont la connaissance:  » si vous voulez savoir plus à ce sujet, ou si vous doutez de ce qui est dit, alors vous devriez demander à ceux qui ont la connaissance.  » C’est aussi une attitude très surprenante. Il n’est pas habituelle d’avoir un livre qui provient de quelqu’un sans formation aucune en géographie, en botanique, en biologie, etc., qui discute de ces sujets et puis conseille au lecteur de demander aux savants s’il doute de ce qui est énoncé. Pourtant dans chaque âge il y a eu des musulmans qui ont suivi le conseil du Coran et ont fait des découvertes étonnantes. Lorsqu’on examine le travail de certains scientifiques musulmans du Moyen Age, on y trouve plein de citations du Coran. Ces travaux font apparaître que leurs auteurs ont fait telle recherche à tel endroit car le Coran les avaient dirigés vers cette voie. Par exemple, le Coran mentionne l’origine de l’homme et puis indique au lecteur,  » recherchez cela!  » Il suggère au lecteur où regarder et incite l’homme à la recherche dans ce domaine. C’est le genre de chose que les musulmans semblent aujourd’hui en grande partie avoir abandonner – mais pas toujours, comme illustré dans l’exemple suivant.

7. Embryologie

Il y a quelques années, un professeur originaire d’Arabie Saoudite a réuni tous les versets du Coran qui ont trait à l’embryologie – le développement de l’être humain dans l’utérus. Afin de confronter les découvertes scientifiques avec les énoncés. Il a dit,  » voici ce que le Coran indique. Est-ce la vérité?  » Essentiellement, il a suivi le conseil du Coran:  » demandez aux hommes qui savent.  » Ils ont choisi un professeur d’embryologie à l’université de Toronto (un non musulman). Son nom est Keith Moore, il est l’auteur de manuels sur dl’embryologie – un expert en la matière. Ils l’ont invité à Riyadh et lui ont demandé:  » Les faits énoncés dans le Coran relatifs à l’embryologie sont-ils exacts? que pouvez vous nous dire ? » Ils lui ont fourni toute l’assistance dont il avait besoin, en particulier pour la traduction. Et il fut tellement surpris de l’interprétation, qu’il a décidé de changer ses manuels. En fait, dans la deuxième édition d’un de ses livres, appelé « avant que nous naissions… « , dans la section « l’histoire de l’embryologie », il y a inclus de nouvelles informations qui n’existaient pas dans la première édition. La raison était qu’il avait trouvé que le Coran était en avance sur son temps et que ceux qui croient au Coran savent ce que d’autres ne savent pas. J’ai eu le plaisir d’interviewer Dr. Keith Moore pour une présentation télévisée, et nous avons beaucoup parlé à ce sujet – des transparents ont été projetés. Il a mentionné que certaines choses citées dans le Coran au sujet du développement de l’embryon n’ont été connues qu’il y a à peine trente ans. En fait, il a cité un élément en particulier – la description dans le Coran de l’être humain en tant que  » sangsue  » (‘ alaqah) à une étape du développement (Sourate al-Hajj 22:5; al-Mu’minun 23:14; et Ghafir 40:67) – était nouveau pour lui; mais lorsqu’il a vérifié cette affirmation, il a constaté sa véracité, et ainsi il l’a ajoutée à son livre. Il a dit,  » Je n’ai jamais pensé à cela auparavant, « . Il est ainsi allé au service de zoologie et a demandé une image d’une sangsue. Quand il a remarqué la ressemblance avec l’embryon humain, il a décidé d’inclure les deux images dans un de ses manuels. Bien que l’exemple mentionné ci-dessus de l’homme recherchant l’information contenue dans le Coran fait intervenir un non Musulman, il est encore valide parce qu’il fait partie de ceux qui sont bien informés dans le sujet recherché. Si l’énoncé du Coran au sujet de l’embryologie eût été déclaré vrai par un individu quelconque, alors on ne devrait pas nécessairement le croire. Cependant, en raison de la position élevée, le respect, et l’estime dont bénéficient les hommes de science, on suppose naturellement que s’ils recherchent un sujet et arrivent à une conclusion basée sur cette recherche, alors la conclusion est valide.

8. La Réaction du sceptique

Le Dr. Moore a également écrit un livre sur l’embryologie clinique, et quand il a présenté cette publication à Toronto, il a causé une agitation dans l’ensemble du Canada. Ce fut même sur les premières pages de certains journaux à travers le Canada, et certains des titres étaient tout à fait drôles. Par exemple, on pouvait lire:  » CHOSE ÉTONNANTE DECOUVERTE DANS UN LIVRE ANCIEN « . Il semble évident de cet exemple que les gens ne comprennent pas clairement de quoi il s’agit. En fait, un journaliste avait demandé au professeur Moore,  » ne pensez-vous pas que peut-être les Arabes ont pu savoir ces choses-là, description de l’embryon, son aspect et comment il change et se développe?- Peut-être n’étaient-ils pas des scientifiques, mais ils ont peut-être fait quelques dissections brutes sur des individus et examiné ces choses.  » Le professeur lui a immédiatement précisé qu’il avait manqué un point très important – tous les transparents de l’embryon qui avaient été projetés dans le film provenaient d’images vues à travers un microscope. Il a continué, » Peu importe si quelqu’un avait essayé de découvrir l’embryologie il y a quatorze siècles. Ils ne pouvaient pas l’avoir vu!  » Toutes les descriptions dans le Coran relatives à l’aspect de l’embryon interviennent à un stade où l’embryon est encore invisible à l’oeil nu; donc, on a besoin d’un microscope pour le voir. Puisqu’un tel dispositif n’existe que depuis un peu plus de deux cents ans, Dr. Moore a ajouté,  » peut-être il y’a quatorze siècles quelqu’un a secrètement eu un microscope en sa possession et a fait cette recherche, ne faisant aucune erreur. Et puis il a enseigné d’une façon ou d’une autre à Mohammad et l’a convaincu de mettre cette information dans son livre. Et ensuite il a détruit son matériel et a gardé ce secret pour toujours. Croyez-vous cela? Vous ne devriez certainement pas y croire à moins que vous apportiez des preuves car c’est là une hypothèse totalement ridicule. » En fait, quand il lui a été demandé,  » comment expliquez-vous la présence de ces descriptions dans le Coran?  » Dr. Moore a répondu,  » il ne pourrait s’agir que d’une révélation divine ! « .

9. Géologie

Un des collègues du professeur Moore, Marshall Johnson, est chercheur en géologie à l’université de Toronto. Il fut très intéressé du fait que les énoncés du Coran au sujet de l’embryologie étaient précis, ainsi il a demandé à des musulmans de rassembler tous les versets du Coran qui traitent de sa spécialité. Encore une fois, les gens ont été très étonnés du résultat. Étant donné qu’il y a un grand nombre de sujets discutés dans le Coran, il faudrait certainement passer beaucoup de temps afin d’épuiser chaque sujet dans cet article. Mais nous nous contenterons dans cette discussion de faire l’observation suivante: le Coran émet des énoncés très clairs et concis touchant à des sujets très variés tout en informant le lecteur de vérifier l’authenticité de ces énoncés auprès des personnes compétentes. Et comme illustré dans les exemples précédents de l’embryologie et de la géologie, l’authenticité du Coran est manifeste. Vous ne saviez pas ceci avant! Assurément, il y a une attitude dans le Coran qu’on ne trouve pas ailleurs. Il est intéressant de noter que le Coran fournit des informations, et ensuite s’adresse au lecteur:  » vous ne saviez pas su ceci avant.  » En effet, il n’y a aucune Écriture Sainte qui annonce pareille déclaration. Toutes les autres écritures et livres sacrés qu’on a aujourd’hui fournissent beaucoup d’information, mais ils font toujours référence à une source. Par exemple, quand la Bible discute de l’histoire antique, on apprend que ce roi a vécu là, un autre a combattu dans une certaine bataille, ou encore a eu tant de fils, etc… Pourtant le lecteur cherchant plus de détail se voit renvoyer au livre d’où provient l’information. Contrairement à ce concept, le Coran fournit au lecteur une indication et déclare que cette information est quelque chose de nouveau. Naturellement, il y’a toujours le conseil pour rechercher les informations fournies et vérifier leur authenticité. Il est intéressant qu’un tel concept n’ait jamais été défié par les non Musulmans il y a quatorze siècles. En effet, les Mekkois qui détestaient les musulmans, et ont entendu à maintes reprises de telles révélations prétendre apporter quelque chose de nouveau, n’ont jamais rétorqué,  » ce n’est pas nouveau ! Nous savons où Mohammad a obtenu cette information. Nous avons appris ceci à l’école.  » Ils ne pouvaient jamais défier cette proclamation parce que l’information apportée était vraiment nouvelle! En accord avec les conseils du Coran à rechercher l’information (même si elle est inédite), à l’époque où Umar était caliphe, il a sélectionné un groupe d’hommes et les a envoyés pour rechercher le mur de Dhul-Qarnayn. Avant la révélation du Coran, les Arabes n’avaient jamais entendu parler d’un tel mur, mais parce que le Coran l’a décrit, ils se sont lancés à sa recherche. En fait, on le situe maintenant dans ce qui s’appelle aujourd’hui Durbend, en Union Soviétique.

10. Preuve de l’authenticité : Une Approche

Il est à noter que le Coran est précis en ce qui concerne beaucoup, beaucoup de sujets, mais l’exactitude ne signifie pas nécessairement qu’un livre est une révélation divine. En fait, l’exactitude est seulement un des critères pour juger un livre qui se proclame de source divine. Par exemple, l’annuaire téléphonique est précis, mais cela ne signifie pas que c’est une révélation divine. Le problème réel est que l’on doit fournir la preuve de la source du Coran. En fait, le fardeau de la preuve est sur le lecteur. On ne peut pas simplement nier l’authenticité du Coran sans suffisamment de preuves. Si, en effet, on trouve une contradiction (une erreur), alors on a le droit de douter de son caractère divin et de le rejeter en tant que tel. C’est exactement ce que le Coran encourage. Une fois, un homme est venu me voir après une conférence que j’avais délivrée en Afrique du Sud. Il était très irrité par certains de mes propos, il m’avait lancé,  » je vais rentrer chez moi et je vais trouver une erreur dans le Coran.  » Naturellement, je lui ai dit :  » félicitations. C’est la chose la plus intelligente que vous ayez dite.  » Certainement, c’est l’approche qui doit être prise avec ceux qui doutent de l’authenticité du Coran, parce que le Coran lui- même offre ce défi. Et par la force des choses, après avoir accepté ce défi, ces personnes seront conduites à croire au Message parce qu’elles ne pourront pas le surmonter. Essentiellement, le Coran gagne leur respect parce qu’elles- mêmes ont dû vérifier son authenticité. Un fait essentiel qui ne peut être réitéré assez quant à l’authenticité du Coran est le suivant : l’incapacité à expliquer un phénomène n’exige pas l’acceptation de son existence ou l’explication fournie par une autre personne. En d’autres mots, le fait de ne pouvoir fournir une explication (satisfaisante) à propos d’un phénomène ne signifie pas qu’on doit accepter l’explication d’autrui. Cependant, le refus d’une personne d’autres explications retourne le fardeau de la preuve sur cette personne pour trouver une réponse satisfaisante. Cette théorie générale s’applique à de nombreux concepts dans la vie, mais elle s’applique le plus merveilleusement au défi du Coran, parce qu’elle crée une difficulté pour celui qui proclame,  » je ne le crois pas.  » Le refus a une conséquence immédiate : l’obligation de trouver une explication s’il juge que les autres réponses sont insatisfaisantes. En fait, dans un verset particulier du Coran que j’ai toujours vu mal traduit en anglais, Allah mentionne un homme qui a entendu la vérité lui être expliquée. Le verset indique qu’il a manqué à son devoir parce qu’après qu’il ait entendu l’information, il n’a pas cherché à contrôler la véracité de ce qu’il lui avait été annoncé. En d’autres termes, on est coupable s’il l’on entend quelque chose et on ne cherche pas à vérifier l’exactitude de ce qui nous est soutenu. On est censé traiter toute l’information et décider de ce qui est à écarter, et de ce qui est valable à conserver (pour une utilisation immédiate ou pour un traitement ultérieur). On ne peut pas simplement chasser l’information de sa tête. L’information doit être classée dans la catégorie appropriée et être approchée de ce point de vue. Par exemple, si l’information est encore spéculative, l’on doit discerner si elle est plus près du vrai ou du faux. Mais si tous les faits ont été présentés, alors on doit décider absolument entre ces deux options. Et même si on n’est pas certain au sujet de l’authenticité de l’information, il est essentiel de traiter toute l’information et d’identifier les points sur lesquels une incertitude demeure. Bien que ce dernier point semble être futile, dans la réalité, il est salutaire à l’arrivée à une conclusion saine, même si elle n’est pas immédiate parce qu’il force la personne à au moins reconnaître, rechercher et passer les faits en revue. Cette connaissance de l’information permet à la personne de rester attentive à de nouvelles découvertes ou toute nouvelle information susceptible de l’aider dans son jugement. Ce qui est important c’est que l’on traite les faits au lieu de les écarter simplement par désintérêt. Épuiser les alternatives La vraie certitude au sujet de l’authenticité du Coran se manifeste par la confiance qui est répandue dans la totalité du texte; et cette confiance vient d’une approche différente –  » épuisant les alternatives.  » Essentiellement, le Coran affirme :  » ce livre est une révélation divine; si vous ne croyez pas cela, alors qu’est ce que c’est?  » En d’autres termes, le lecteur est défié de proposer une autre explication. Voici un livre fait d’encre et de papier. D’où vient-il? Il proclame que c’est une révélation divine; s’il ne l’est pas, alors quelle est sa source? Le fait intéressant est que personne n’a encore proposé une explication qui soit acceptable. En fait, toutes les alternatives ont été épuisées. Comme cela a été bien établi par les non Musulmans, ces alternatives sont fondamentalement réduites à deux écoles de pensée mutuellement exclusives. D’une part, il existe un grand groupe de personnes qui ont examiné le Coran pendant des siècles et qui soutiennent :  » une chose dont nous sommes certains a propos de cet homme, Mohammad, c’est qu’il pensait qu’il était un prophète. Mais il était fou!  » Ils sont convaincus que Mohammad a été dupé d’une façon ou d’une autre. Puis d’autre part, il y a un groupe qui prétend :  » une chose dont nous sommes certains est que cet homme, Mohammad était un menteur!  » Ironiquement, ces deux groupes ne semblent jamais pouvoir se mettre d’accord sans se contredire. En fait, beaucoup de références à l’Islam soutiennent habituellement les deux théories. Elles commencent d’abord par déclarer que Mohammad était fou et finissent par dire qu’il était un menteur. Ils ne semblent jamais se rendre compte qu’il ne pouvait pas avoir été tous les deux à la fois! Par exemple, si quelqu’un se fait des illusions et pense vraiment qu’il est un prophète, alors il ne reste pas tard dans la nuit à planifier :  » comment vais-je tromper les gens demain de sorte qu’ils pensent que je suis un prophète?  » Il croit vraiment qu’il est un prophète, et il espère que la réponse lui sera donnée par révélation. Sur la trace des critiques En fait, la majeure partie du Coran est venue en réponse à des questions. Quelqu’un venait poser à Mohammad une question, et la révélation arrivait avec la réponse. Certainement, si on est fou et qu’on croit qu’un ange viendra souffler des mots à son oreille, alors lorsque quelqu’un lui pose une question, il pense que l’ange lui donnera la réponse. Puisqu’il est fou, il pense vraiment cela. Il ne dit pas à celui qui l’interroge d’attendre un moment et puis se précipite vers ses amis en leur demandant :  » quelqu’un connaît-il la réponse?  » Ce type de comportement est caractéristique de celui qui ne croit pas qu’il est prophète. Ce que les non Musulmans ont du mal à accepter c‘est qu’on ne peut pas soutenir les deux propositions en même temps. On peut se faire des illusions, ou on peut être un menteur. Il peut être l’un ou l’autre ou bien aucun des deux, mais il ne peut certainement pas être les deux simultanément! Il est incontestable que ces deux traits de personnalité sont mutuellement exclusifs. Le scénario suivant est un bon exemple du genre de cercle vicieux où tombent constamment les non musulmans. Si vous demandez à l’un d’eux,  » quel est l’origine du Coran?  » Il vous répond qu’il provient de l’esprit d’un homme qui était fou. Alors vous lui demandez,  » s’il venait de lui, alors où a-t-il obtenu l’information qui s’y trouve? Certainement le Coran mentionne beaucoup de choses dont les Arabes n’étaient pas au courant.  » Afin de répondre à l’argument que vous lui apportez, il change sa position et dit,  » bien, peut-être n’était-il pas fou. Peut-être quelqu’un d’autre lui a apporté l’information. Alors il a menti et a dit aux gens qu’il était un prophète.  » A ce moment vous devez lui demander :  » si Mohammad était un menteur, alors d’où a-t-il obtenu sa confiance? Pourquoi s’est-il comporté comme s’il pensait vraiment qu’il était un prophète?  » Alors acculé au fond de l’impasse comme un chat, il se précipite alors rapidement vers la première réponse qui lui vient à l’esprit. Oubliant qu’il a déjà épuisé cette possibilité, il déclare,  » bien, peut-être n’était-il pas un menteur. Il était probablement fou et pensait vraiment qu’il était prophète. Et voilà comment le cercle est bouclé. Comme il a déjà été mentionné, il y a beaucoup d’éléments d’information contenus dans le Coran dont la source ne peut être attribuée à personne d’autre qu’Allah. Par exemple, qui a dit à Mohammad au sujet du mur de Dhul- Qarnayn –un endroit à des centaines de milles au nord? Qui lui a avancé les détails relatifs à l’embryologie? Quand les gens assemblent des faits de ce type, s’ils ne sont pas disposés à attribuer leur existence à une source divine, ils recourent automatiquement à défendre l’hypothèse que quelqu’un a apporté ces connaissances à Mohammad, lequel en usait pour duper le peuple. Cependant, cette théorie peut facilement être réfutée avec une simple question:  » si Mohammad était un menteur et calculateur, d’où a-t-il obtenu sa confiance? Pourquoi a-t-il dit aux gens tout haut et sans détour ce que d’autres n’ont jamais pu dire. Une telle confiance ne peut provenir que de la conviction d’être sous le commandement d’une révélation divine.

11. Une Révélation – Abou Lahab

Le prophète Mohammad a eu un oncle du nom d’Abou Lahab. Cet homme détestait l’Islam, à tel point qu’il avait l’habitude de suivre le prophète () partout afin de le discréditer. Si Abou Lahab voyait le prophète parler à un étranger, il attendait qu’ils se soient séparés et accourait vers l’étranger lui demandant,  » que vous a-t-il dit? A-t-il dit, ‘ noir ‘? eh bien, c’est blanc. A-t-il dit  »le jour ‘? eh bien, c’est la nuit. » Il disait constamment l’opposé de ce qu’il entendait Mohammad ou les musulmans Cependant, dix ans avant la mort d’Abou Lahab, un petit chapitre dans le Coran (Sourate al-Lahab, 111) a été révélé le concernant. Ce chapitre déclare sans équivoque qu’Abou Lahab ira en enfer. En d’autres termes, il affirme qu’il ne deviendra jamais un musulman et donc il serait condamné pour toujours. Pendant dix années tout ce que Abou Lahab aurait dû faire, c’était de proclamer :  » j’ai entendu dire qu’il a été révélé à Mohammad que je ne changerai jamais, que je ne deviendrai jamais un musulman et que j’irai en enfer. Eh bien, je veux devenir musulman maintenant. Alors qu’est-ce que vous-en dites? Comment trouvez-vous votre révélation divine maintenant? » Mais il n’a jamais fait cela. C’est exactement le genre de comportement que l’on aurait prévu d’un individu qui cherchait à contredire l’Islam. Essentiellement, Mohammad a déclaré :  » vous me détestez et vous voulez m’anéantir? Alors, dites ces mots, et je suis fait. Allons, dites-les! » Mais Abou Lahab ne les a jamais lâchés. Dix ans! Et pendant toute cette période il n’a jamais accepté l’Islam ou même manifesté la moindre sympathie à la cause islamique. Comment est-il possible que Mohammad ait su de façon certaine qu’Abou Lahab accomplirait la révélation du Coran s’il (c.-à-d., Mohammad) n’était pas vraiment le messager d’Allah? Comment est-il possible d’être si confiant jusqu’au point de fournir 10 ans à son ennemi pour démolir sa revendication à la prophétie? La seule réponse est qu’il était le messager d’Allah; afin de mettre en avant un défi si risqué, on doit être entièrement convaincu que l’on reçoit une révélation divine. L’émigration Un autre exemple de la confiance que Mohammad () a eue dans sa mission en tant que prophète et par conséquent dans la protection divine et de son message est illustré quand il avait quitté Makkah et s’était caché dans une caverne avec son ami Abou Bakr pendant leur émigration vers Madeenah. Les deux ont clairement vu des personnes venir mettre fin à leurs vies, et Abou Bakr eut peur. Certainement, si Mohammad était un menteur, un faussaire et quelqu’un qui essayait de duper le peuple, on se serait attendu à ce qu’il dise dans une telle circonstance à son ami,  » hé, Abou Bakr, pouvez-vous aller voir s’il y a une sortie par derrière. » Ou  » accroupissez- vous dans le coin là-bas et tenez-vous tranquille. » Néanmoins, ce qu’il a dit à Abou Bakr à ce moment décisif illustre clairement sa totale confiance. Il lui a en effet exprimé,  » détendez-vous! Allah est avec nous, et Allah nous sauvegardera!  » Maintenant, si on suppose qu’il trompait le peuple, d’où obtient-il ce genre d’attitude? En fait, un tel état d’esprit n’est pas du tout caractéristique d’un menteur ou d’un faussaire.

Ainsi, comme il a été précédemment mentionné, les non Musulmans tournent en rond, cherchant une issue – une théorie expliquant ce qui se trouve dans le Coran sans les attribuer à leur vraie source. D’une part, ils vous disent : le lundi, mercredi et vendredi,  » l’homme était un menteur,  » et d’autre part, le mardi, jeudi et samedi ils vous indiquent que,  » il était fou. » Ce qu’ils refusent d’accepter c’est que l’on ne peut pas soutenir les deux positions; pourtant ils ont besoin des deux, les deux excuses pour expliquer le contenu du Coran. Une rencontre avec un prêtre Il y a environ sept ans, j’ai eu un prêtre chez moi. Dans la pièce ou nous étions il y’avait un Coran sur la table, face caché, de sorte que le prêtre n’avait aucune idée de quel livre il s’agissait. Au milieu de la discussion, j’ai pointé mon doigt vers le Coran et dit,  » j’ai toute confiance en ce Livre. » Regardant le Coran mais ignorant encore ce que c’était, il a répondu,  » bien, je vous dis que, si ce livre n’est pas la Bible, alors il a été écrit par un homme! » Je lui ai alors expliqué,  » laissez-moi vous dire quelque chose au sujet de ce Livre. » Et en juste trois à quatre minutes, je lui ai cité quelques éléments d’information contenus dans le Coran. Après juste ces trois ou quatre minutes, il a complètement changé de position et a avoué,  » vous avez raison. Ce n’est pas un homme qui a écrit ce livre. C’est le diable qui l’a fait! » Cependant, il est vraiment malheureux d’avoir une telle attitude – pour plusieurs raisons. Tout d’abord, c’est une excuse facile et un faux-fuyant. C’est une porte de sortie instantanée d’une situation inconfortable. En fait, il y a une histoire célèbre dans la Bible qui raconte comment un jour des juifs étaient témoins quand Jésus (que la paix et la bénédiction soient sur lui) a ressuscité un mort. L’homme était mort pendant quatre jours, et quand Jésus est arrivé, il a simplement dit,  » lève-toi! » et l’homme s’est dressé et commença à marcher. Devant un tel événement, des juifs qui étaient présents s’exclamèrent avec incrédulité,  » ceci est l’oeuvre du diable. Le diable l’a aidé! » Cet épisode est aujourd’hui très souvent raconté dans les églises partout dans le monde, et des gens pleurent en sanglots,  » Oh, si j’avais été là, je n’aurais pas été aussi stupide que les juifs! » Cependant, ironiquement, ces personnes font exactement ce que les juifs ont fait quand en juste trois minutes vous leur montrez quelques aperçus du Coran et tout ce qu’elles trouvent à dire c’est,  » Oh, le diable en est l’auteur. Le diable a écrit ce livre! » Dès qu’ils sont mis au pied du mur et n’ont aucune réponse rationnelle, ils recourent à la première porte de sortie.

12. La source du Coran

Un autre exemple de l’utilisation de cette position faible pour expliquer l’origine du message de Mohammad (Prière et Salut sur Lui) est celle qui a été avancée par les Mekkois. Ils avaient l’habitude de dire,  » les diables apportent à Mohammad ce Coran! ». Mais le Coran répond à cette accusation (comme il le fait avec toutes les autres). Un verset (Sourate Saba 34:46) en particulier énonce: Traduction relative et rapprochée « Dis: ‹Je vous exhorte seulement à une chose: que pour Allah vous vous leviez, par deux ou isolément, et qu’ensuite vous réfléchissiez. Votre compagnon (Mohammad) n’est nullement possédé: il n’est pour vous qu’un avertisseur annonçant un dur châtiment›. » Ainsi il donne un argument en réponse à une telle accusation. En fait, il y a beaucoup d’arguments dans le Coran en réponse à la suggestion que les diables ont apporté à Mohammad son message. Par exemple, dans le 26ème sourate Allah affirme clairement: Traduction relative et rapprochée « Et ce ne sont point les diables qui sont descendus avec ceci (le Coran): cela ne leur convient pas; et ils n’auraient pu le faire. Car ils sont écartés de toute écoute (du message divin). » Sourate 26: Verset 210- 212 Et dans un autre endroit (Sourate an-Nahl 16:98 ) dans le Coran, Allah (SWT) nous instruit: Traduction relative et rapprochée « Lorsque tu lis le Coran, demande la protection d’Allah contre le Diable banni.  » Est-ce de cette façon que Satan écrit un livre? Il dit aux gens,  » avant que vous lisiez mon livre, demandez à Dieu de vous préserver de moi? » C’est très, très rusé. En effet, un homme peut écrire quelque chose comme cela, mais Satan a-t-il pu faire une telle déclaration? Beaucoup de gens avouent sans détour qu’elles ne peuvent venir à une conclusion sur ce sujet. D’une part, elles soutiennent que Satan ne ferait pas une telle chose et que même s’il pouvait, Dieu ne le lui permettrait pas; toutefois, ils croient également que Satan est juste en dessous de Dieu. Essentiellement ils affirment que le diable est probablement capable de tout ce que Dieu peut faire. Et par conséquent, quand ils examinent le Coran, et même s’ils sont stupéfaits de ce qu’il contient, ils continuent toujours à affirmer :  » C’est l’oeuvre du diable ! ». Dieu merci, les musulmans n’ont pas cette attitude. Bien que Satan dispose de quelques capacités, elles n’ont rien à voir avec les Attributs d’Allah. Et aucun musulman n’est musulman à moins qu’il ne croie cela. De plus, il est bien connu, même parmi les non Musulmans que le diable peut facilement faire des erreurs, et on s’attendrait à ce qu’il se contredise si il écrit un livre. Et le Coran attire notre attention sur ce fait : (Sourate an-Nisa Sourate 4:Verset 82 ): Traduction relative et approchée « Ne méditent-ils donc pas sur le Coran? S’il provenait d’un autre qu’Allah, ils y trouveraient certes maintes contradictions!  » (Sourate An-nissa 4:Verset 82) Mythomanie En conjonction avec les excuses que les non Musulmans avancent dans leurs vaines tentatives de justifier les versets du Coran, il existe une autre attaque souvent mise en avant et qui semble être une combinaison des théories que Mohammad était fou et menteur. Fondamentalement, ces personnes proposent que Mohammad était aliéné, et en raison de son état, il a menti et a trompé les gens. Il y a un nom pour ceci en psychologie. Il est désigné sous le nom de mythomanie. Il signifie simplement qu’on fabule et qu’on croit à ses fabulations. Voilà ce dont a souffert Mohammad, déclarent les non musulmans. Mais le seul problème avec cette proposition c’est que les mythomanes sont incapables de faire face aux faits, or le Coran est entièrement basé sur des faits. Tout ce qui s’y trouve peut être recherché et établi comme vrai. Puisque les faits et la réalité posent un tel problème à un mythomane, lorsqu’ un psychologue essaye de traiter ce type de patient, il le confronte continuellement avec des faits.

Par exemple, si quelqu’un est mentalement malade et affirme,  » je suis le roi d’Angleterre,  » le psychologue ne lui dit pas :  » Non! vous ne l’êtes pas. Vous êtes fou! » Il ne fait pas du tout cela. Au contraire, il le confronte avec des faits et lui dit :  » D’accord, vous dites que vous êtes le roi d’Angleterre. Alors dites moi où est la reine aujourd’hui? Et où est votre premier ministre? Et où sont vos gardes? » Maintenant, lorsque le patient a des difficultés à répondre à ces questions, il essaye de trouver des excuses :  » Euh… la reine… elle est allée chez sa mère. Euh… le premier ministre… bien il est mort. » Et grâce à ce type de confrontation, le mythomane fini par guérir. Car si le psychologue continue à le confronter avec des faits, il fini par faire face à la réalité et il dit,  » finalement je ne suis pas le roi d’Angleterre.  » Le Coran nous approche de la même façon qu’un psychologue ferait avec son patient mythomane. Il y a un verset dans le Coran (Sourate Yunus 10:57) qui énonce: Traduction relative et rapprochée  » Ô gens! Une exhortation vous est venue, de votre Seigneur, une guérison de ce qui est dans les poitrines, un guide et une miséricorde pour les croyants. » À première vue, le rapport semble vague, mais la signification de ce verset est claire quand on le visualise à la lumière de l’exemple mentionné ci-dessus. Fondamentalement, on est guéri de ses illusions en lisant le Coran. Au fond, c’est une thérapie. Littéralement Il guérit les personnes leurrées en les confrontant avec des faits. Une attitude répandue dans tout le Coran est la suivante :  » Oh humanité, vous dites telle et telle chose à ce sujet; mais alors pourquoi y a t il ceci ou cela? Comment pouvez vous dire ceci quand vous savez cela? » Et ainsi de suite. Il force à examiner ce qui est approprié et les points fondamentaux, et ainsi il délivre le malade de ses fausses croyances par la présentation de faits à l’humanité qui ne peuvent être facilement expliqués par des théories obscures ou des excuses faciles. Nouvelle Encyclopédie Catholique C’est très exactement ce type d’attitude – confronter l’individu avec des faits – qui a capturé l’attention de beaucoup de non Musulmans. En fait, il existe une référence très intéressante à ce propos dans la nouvelle encyclopédie catholique. Dans un article dans un chapitre consacré au Coran, l’église catholique écrit:  » au cours des siècles, beaucoup de théories ont été élaborées pour expliquer l’origine du Coran… Aujourd’hui aucun homme doué de raison n’accepte ces théories!! » Voici l’Église Catholique, présente pendant tant de siècles, niant ces tentatives futiles d’expliquer l’origine du Coran. En effet, le Coran pose un problème pour l’Église Catholique. Il affirme que c’est une révélation, alors l’Église l’étudie. Assurément, ils aimeraient trouver la preuve du contraire, mais ils sont impuissants. Ils ne peuvent trouver une explication satisfaisante. Mais au moins ils sont honnêtes dans leur recherche, et n’avalisent pas la première interprétation qui survient. L’Église déclare qu’en quatorze siècles, il ne lui a pas été encore présenté une seule explication plausible. Au moins, elle admet que le Coran n’est pas facile à écarter. Certainement, d’autres personnes sont beaucoup moins honnêtes. Ils disent rapidement : » Oh, le Coran vient d’ici. Le Coran vient de là. » Et la majeure partie du temps ils n’examinent même pas la crédibilité de ce qu’ils énoncent. Naturellement, un tel commentaire de l’Église Catholique met le chrétien moyen dans une certaine difficulté. Il se peut qu’il ait ses propres idées quant à l’origine du Coran, mais en tant que membre de l’Église, il ne peut pas vraiment agir sur sa propre théorie. Une telle action serait contraire à l’obédience, à l’allégeance et à la fidélité que l’Église exige. En vertu de son adhésion, il doit accepter ce que l’Église Catholique déclare sans poser de questions et établir ses enseignements en tant qu’élément de croyance. Ainsi, au fond, si l’Église Catholique déclare dans l’ensemble:  » n’écoutez pas ces informations non confirmées au sujet du Coran.  » alors que peut-il être dit à ce sujet du point de vue islamique? Si même les non Musulmans admettent que le Coran est spécial – qu’on lui reconnaît une certaine légitimité – alors pourquoi les gens sont si têtus, défensifs et hostiles quand les musulmans avancent cette même opinion? C’est certainement quelque chose à contempler pour ceux doués d’esprit, quelque chose à pondérer pour ceux qui comprennent.

13. Témoignage d’un intellectuel

Récemment, un grand intellectuel de l’Église Catholique – un homme du nom de Hans – a étudié le Coran et a donné son avis sur ce qu’il avait lu. Cet homme est reconnu et il est fortement respecté dans l’Église Catholique, et après examen minutieux, il a fait part de ses conclusions :  » Dieu a parlé à l’Homme à travers l’homme, Mohammad. » Encore une conclusion tirée par un non- Musulman – un intellectuel éminent de l’Église Catholique ! Je ne pense pas que le pape soit d’accord avec lui, mais néanmoins, l’opinion d’une figure publique si remarquable et réputée doit peser un certain poids en faveur de la position musulmane. Il doit être applaudi pour avoir fait face à la réalité, le Coran n’est pas facilement mis de côté, Dieu en est la source. Comme il déjà été mentionné ci-dessus, toutes les possibilités ont été épuisées, et les chances de trouver une autre alternative pour discréditer le Coran est inexistante. Fardeau de la preuve Si le Livre n’est pas une révélation, alors c’est une imposture; et si c’est une imposture, on doit se demander,  » quel est son origine? Et où nous trompe-t- il ? » En effet, les vraies réponses à ces questions jettent la lumière sur l’authenticité du Coran et font taire les allégations sans fondement des non- croyants. Certainement, si les gens vont insister sur le fait que le Coran est une fraude, alors ils doivent produire des arguments concrets pour supporter une telle assertion. Le fardeau de la preuve est sur leur dos, pas sur le nôtre! On n’est jamais censé avancer une théorie sans les faits suffisants pour la corroborer; ainsi je leur dis :  » montrez-moi où est le mensonge ! Montrez-moi où le Coran me trompe! Montrez-moi, autrement ne dites pas que c’est une imposture! ». Une caractéristique intéressante du Coran est la façon dont il traite des phénomènes étonnants qui appartiennent au passé mais aussi aux temps présents. En fait, le Coran n’est pas un livre du passé. C’est toujours un livre d’actualité – un problème pour les non-Musulmans. Car en effet, chaque jour, chaque semaine, chaque année apporte une preuve de plus que le Coran est une force avec laquelle il faut compter – que son authenticité ne doit plus être mise en défi! Plus sur le test de falsification En référence aux tests de falsification cités précédemment, il est intéressant de noter qu’ils sont relatifs au passé et au présent. Certains d’entre eux ont été utilisés comme illustrations de l’Omnipotence et de la Connaissance d’Allah, alors que d’autres continuent toujours à représenter des défis. Un exemple du premier type est celui concernant Abou Lahab. Il illustre clairement que Allah, l’Omniscient de l’invisible, savait qu’Abou Lahab ne changerait jamais de position et n’accepterait pas l’Islam. Ainsi Allah a dicté qu’il serait condamné en enfer pour toujours. Un tel chapitre est une illustration de la Sagesse divine d’Allah et un avertissement à ceux qui ressemblent a Abou Lahab. Les gens du Livre Un exemple intéressant du second type de tests de falsification contenus dans le Coran est le verset qui mentionne le rapport entre juifs et musulmans. Le verset cherche à ne pas faire état du rapport entre individus de chaque religion, mais plutôt, il résume les relations entre les deux groupes de personnes dans leur ensemble. Essentiellement, le Coran déclare que les chrétiens traiteront toujours les musulmans mieux que les juifs traiteront jamais les musulmans. En effet, l’impact d’une telle déclaration ne peut être saisi qu’après une considération attentive de la vraie signification du verset. Il est vrai que beaucoup de chrétiens et beaucoup de juifs soient devenus musulmans, mais dans l’ensemble, la communauté juive est perçue comme un ennemi avide de l’Islam. De plus, très peu de gens réalisent à quoi invite une telle déclaration si ouverte dans le Coran. Essentiellement, c’est une chance facile pour les juifs d’exposer que le Coran est discordant, que ce n’est pas une révélation divine. Tout ce qu’ils doivent faire c’est de s’organiser, et puis bien traiter les musulmans pendant quelques années et ensuite dire :  » Et maintenant que dit votre livre saint sur vos meilleurs amis au monde – est-ce les juifs ou les chrétiens? Regardez ce que nous, juifs, avons fait pour vous! » C’est tout ce qu’ils doivent faire pour réfuter l’authenticité du Coran. Pourtant ils ne l’ont pas fait en 1400 ans. Mais, encore une fois, l’opportunité est toujours là !

14. Une Approche Mathématique

Tous les exemples cités jusqu’ici quant aux divers angles sous lequels on peut aborder le Coran sont certainement subjectifs en nature; cependant, il existe une autre approche, entre autres, qui est objective et dont la base est mathématique. Il est surprenant combien le Coran apparaît authentique lorsque l’on assemble ce qui pourrait être vu comme une liste de bonnes prédictions. Mathématiquement, ceci peut être modélisé en utilisant des exemples d’estimation et de prévision. Par exemple, si une personne a deux choix (c.-à-d., un bon, et un mauvais), et s’il ferme les yeux et fait un choix, il aura raison la moitié du temps (c.-à-d., une fois sur deux). Fondamentalement, il a une chance sur deux de choisir la bonne réponse, vu qu’il y’a uniquement deux alternatives. Maintenant si cette même personne est confrontée à deux situations comme celle-ci (c.-à-d., il pourrait avoir tort ou raison lors de la situation numéro un, et il pourrait avoir tort ou raison lors de la situation numéro deux), et qu’il ferme ses yeux lors de ses choix, alors il aura raison seulement un quart du temps (c.-à-d., une fois sur quatre). Il a maintenant une chance sur quatre d’avoir raison (avoir fait le bon choix dans les deux situations à la fois) car il y a trois chances pour qu’il soit erroné. En termes simples, il pourrait faire le mauvais choix dans la situation numéro un et puis faire le mauvais choix dans la situation numéro deux; ou il pourrait faire le mauvais choix dans la situation numéro un et puis faire le bon choix dans la situation numéro deux; ou il pourrait faire le bon choix dans la situation numéro un et puis faire le mauvais choix dans la situation numéro deux; ou il pourrait faire le bon choix dans la situation numéro un et puis faire le bon choix dans la situation numéro deux. (Naturellement, seulement l’exemple dans lequel il pourrait avoir totalement raison est le dernier scénario où il pourrait deviner correctement dans les deux situations). La probabilité de deviner correctement a diminué parce que le nombre de situations a augmenté; et l’équation mathématique représentant un tel scénario est : ½ x ½ (c.-à-d., une fois sur deux pour la première situation multipliée par une fois sur deux pour la deuxième situation). Continuant notre exemple, si la même personne a maintenant trois situations semblables aux précédentes, elle aura fait le bon choix seulement un huitième du temps (c.-à- d., une fois sur huit ou ½ x ½ x ½). Encore une fois, la probabilité de faire le bon choix dans chacune des trois situations a diminué à seulement une fois sur huit. On doit comprendre qu’à mesure que le nombre de situations augmente, la probabilité de faire les bons choix diminue, parce que les deux variables sont inversement proportionnels. Maintenant si on applique cette méthode aux situations rencontrées dans le Coran, en dressant une liste de tous les sujets où le Coran fait des « bons choix », il apparaît très clairement qu’il est fortement improbable que ce sont là des prédictions aveugles. En effet, les sujets discutés dans le Coran sont nombreux [certains d’entre eux concernant la connaissance scientifique ], et la probabilité que cela serait issu de conjectures aidées par la chance devient ainsi proche de zéro. S’il y a un million de possibilités pour que le Coran soit erroné, pourtant chaque fois il est exact, ainsi il est peu probable que quelqu’un ait juste deviné. Les trois exemples suivants illustrent des situations où le Coran a fait des déclarations exacts et montre comment le Coran continue à défier les probabilités.

15. L’Abeille Femelle

Dans le 16ème chapitre (Sourate an-Nahl 16:68-69) le Coran mentionne que l’abeille femelle quitte son nid pour aller à la quête de nourriture. Maintenant, une personne pourrait faire une prédiction et dire,  » l’abeille que vous voyer en train de voler – ça pourrait être un mâle, ou une femelle. Je pense que c’est une femelle. » Certainement, celui-ci a une chance sur deux d’avoir raison. Ainsi il s’avère que le Coran est exact. Cependant ce n’était pas du tout ce que la plupart des gens croyaient au moment où le Coran révélait ce fait. Pouvez-vous faire la différence entre un mâle et une femelle d’abeille ? Eh bien, il faut un spécialiste pour cela, mais on a découvert que l’abeille mâle (bourdon) ne va jamais à la quête de nourriture. Cependant, dans la pièce de Shakespeare, Henry IV, certains des personnages discutent des abeilles et mentionnent que les abeilles sont des soldats et ont un roi. C’est ce que les gens pensaient au temps de Shakespeare – que les abeilles qu’on voit voler autour de nous sont des abeilles mâles et répondent à un roi -. Cependant, ce n’est pas vrai du tout. Le fait est que ces abeilles sont des femelles, et elles répondent à une reine. Pourtant il a fallu des investigations scientifiques modernes ces 300 dernières années pour découvrir ceci. Ainsi, revenant à la liste des prédictions justes, au sujet des abeilles, le Coran a eu une probabilité de 50/50 d’être exact, soit une sur deux. Le Soleil Le Coran discute également du soleil et de la façon par laquelle il voyage dans l’espace. Encore une fois, une personne peut essayer de deviner. Quand le soleil se déplace dans l’espace, il y a deux options: il peut se déplacer juste comme le ferait une pierre si on la jetait, ou il peut se déplacer de son propre mouvement. Le Coran énonce qu’il se déplace en raison de son propre mouvement (Sourate al-Anbiya 21:33). En effet, le Coran emploie le verbe sabaha pour décrire le mouvement du soleil dans l’espace. Afin de bien comprendre les implications de ce verbe arabe, l’exemple suivant est donné. Si un homme est dans l’eau et que le verbe sabaha est utilisé en référence à son mouvement, on peut comprendre qu’il nage, se déplace de sa propre action et non en raison d’une force directe qu’on lui aurait appliquée. Ainsi quand ce verbe est utilisé dans la référence au mouvement du soleil dans l’espace, il n’implique nullement que le soleil se déplace incontrolablement dans l’espace suite à une projection. Il signifie simplement que le soleil décrit un mouvement propre le long de sa trajectoire. Ce que le Coran affirme, était-il chose facile à découvrir? Est-ce que le commun des mortels peut dire que le soleil effectue une rotation? Il faut attendre les temps modernes pour disposer de matériel permettant de visualiser la course du soleil sans être aveuglé. Et grâce à ce processus on a pu découvrir qu’il y a des taches sur le soleil et que ces taches se déplacent une fois tous les 25 jours. Ce mouvement montre la rotation du soleil autour de son axe et démontre d’une manière concluante que, comme le Coran a énoncé il y a 1400 ans, le soleil, en effet, tourne autour de lui-même dans sa course dans l’espace. Et retournant de nouveau à la liste des prédictions justes, la probabilité d’avoir prédit correctement dans les deux situations – le sexe des abeilles et le mouvement du soleil – est une sur quatre! Fuseaux horaires Regardant en arrière il y’a quatorze siècles les gens n’avaient probablement aucune idée des fuseaux horaires, et l’allusion du Coran à ce propos est étonnante. L’idée qu’une famille prend le petit déjeuner au lever du soleil tandis qu’une autre famille apprécie l’air frais de la nuit est vraiment quelque chose dont on peut être émerveillé, même dans les temps modernes. En effet, il y a quatorze siècles, un homme ne pouvait voyager plus de cinquante kilomètres en un jour, et cela prenait ainsi littéralement des mois pour aller d’Inde au Maroc, par exemple. Et probablement, quand il dînait au Maroc, il pensait à ses siens :  » ils doivent être en train de dîner en Inde en ce moment. » C’est parce qu’il ne se rendait pas compte que, au cours de son voyage, il s’était déplacé à travers des fuseaux horaires. Cependant, parce que ce sont les mots d’Allah, l’Omniscient, le Coran révèle et admet l’existence d’un tel phénomène. Dans un verset intéressant, il est déclaré que quand la vie viendra à disparaître et que le jour du jugement approchera, cela surviendra en un instant; et ce moment surprendra certains au cours de la journée alors que d’autres seront surpris durant la nuit. Ceci illustre clairement la Sagesse divine d’Allah et son Omniscience de l’existence des fuseaux horaires, un tel phénomène étant inconnu il y a quatorze siècles. Certainement, ce fait aujourd’hui connu n’est pas quelque chose d’évident en soi, et ce phénomène, à lui seul, suffit comme preuve de l’authenticité du Coran. Conclusions Retournant encore une fois à notre liste de prédictions justes, la probabilité que quelqu’un ait deviné correctement chacune des trois situations mentionnées ci-dessus – le sexe des abeilles, le mouvement du soleil et l’existence des fuseaux horaires – est une sur huit! Certainement, on pourrait continuer indéfiniment sur cette ligne, dressant une liste de plus en plus longue de prédictions exactes; et naturellement, la probabilité deviendrait de plus en plus négligeable avec chaque nouveau sujet abordé. Mais ce que personne ne peut nier est que la probabilité que Mohammad , un illettré, prédise exactement sur des milliers et des milliers de sujets, ne faisant jamais aucune erreur, est si faible que n’importe quelle théorie soutenant qu’il serait l’auteur du Coran est complètement sans fondement – et ne saurait être défendu même par les ennemis les plus hostiles a l’Islam! En effet, le Coran s’attend à ce genre de défi. Assurément, si on disait à quelqu’un au moment où l’on entre dans une terre étrangère,  » je connais votre père. Je l’ai rencontré,  » celui-ci douterait probablement de la parole du nouveau venu, répondant :  » Vous venez juste d’arriver ici. Comment pourriez vous connaître mon père? » Ainsi, il l’interrogerait,  » dites-moi alors, mon père est-il grand, court, brun? À quoi ressemble-t- il? » Naturellement, si le visiteur continuait à répondre à toutes les questions correctement, le sceptique se résoudrait à l’évidence et dirait :  » je dois admettre que vous devez connaître mon père. Je ne sais pas comment cela est possible, mais il semble bien que vous le connaissiez!  » La situation est la même avec le Coran. Il déclare qu’il provient de Celui qui a tout créé. Ainsi chacun a le droit de dire,  » convainquez- moi! Si l’auteur de ce livre est vraiment le Créateur de la vie et de tout ce qui est dans les cieux et sur la terre, alors Il devrait savoir ceci, et cela, et ainsi de suite. » Et inévitablement, après avoir étudié le Coran, chacun découvrira les mêmes vérités. De plus, nous savons tous quelque chose de façon certaine : Il n’est pas nécessaire d’être un expert pour vérifier ce que le Coran affirme. Notre foi grandit et se développe à mesure qu’on continue de vérifier et de confirmer les vérités contenues dans le Coran. Et on est censé faire cette démarche tout au long de sa vie. Qu’Allah (Dieu) Guide chacun près de la Vérité.

Addendum 1

Un ingénieur à l’université de Toronto qui était intéressé par la psychologie et qui avait lu quelque chose à ce sujet, a conduit une recherche et a écrit une thèse sur l’efficacité des discussions de groupe. Le but de sa recherche était de découvrir quel est le degré d’accomplissement des individus quand ils se réunissent dans des groupes de deux, trois, dix, etc… Le graphique représentant ses résultats fait apparaître des variations, mais ce qui est intéressant : les groupes de taille deux ont le meilleur degré d’efficacité. Naturellement, cette découverte fut une surprise. Et à ce propos il y’a un verset dans le Coran (Sourate Saba 34:46): Traduction relative et rapprochée Dis: ‹Je vous exhorte seulement à une chose: que pour Allah vous vous leviez, par deux ou isolément, et qu’ensuite vous réfléchissiez. Votre compagnon (Mohammad ) n’est nullement possédé: il n’est pour vous qu’un avertisseur annonçant un dur châtiment›. Addendum 2: Le quatre-vingt- neuvième chapitre du Coran (Sourate al-Fajr 89:7) mentionne une certaine ville par le nom d’ Iram (une ville aux piliers), inconnue dans l’histoire antique et qui était inexistante en ce qui concerne les historiens. Cependant, le numéro de décembre 1978 de « National Geographic » présente une information intéressante. En effet, il y’est mentionné qu’en 1973, la ville d’Ebla a été excavée en Syrie. Cette cité est vieille de 4300 ans , mais ce n’est pas la partie la plus étonnante. Les chercheurs ont trouvé dans la bibliothèque d’Ebla des tablettes répertoriant les villes avec lesquelles Ebla faisait du commerce. Eh bien croyez-le ou pas, une ville du nom d’Iram figurait sur la liste. Les habitants d’Ebla faisaient du commerce avec Iram! En conclusion je vous demande de considérer avec soin les versets suivants (Sourate 29:50-51): Traduction relative et rapprochée  » Et ils dirent: ‹Pourquoi n’a-t-on pas fait descendre sur lui des prodiges de la part de son Seigneur?› Dis: ‹Les prodiges sont auprès d’Allah. Moi, je ne suis qu’un avertisseur bien clair›. » Traduction relative et rapprochée « Ne leur suffit-il donc point que Nous ayons fait descendre sur toi le Livre et qu’il leur soit récité? Il y a assurément là une miséricorde et un rappel pour des gens qui croient. »

Source : http://missus. ifrance.com/ sublime1. htm
Ceci est la traduction de l’ouvrage The Amazing Qur’an by Dr. Gary Miller http://www.missioni slam.com/ quran/amazing. htm dr-garrymiller-lecoransublime-090730154139-phpapp01.doc 1/ 30 /

La voie coranique, par Al Mawdudi

« Le rythme original, les expressions qui extasient, le charme de la mélodie sont souvent perdus dans une traduction littérale. Le Coran s’adresse au lecteur dans la langue des humains, de façon vive et mélodieuse. Sa cadence étincelante vivifie l’esprit et ses notes dépourvues de passion éveille l’âme avec force, comme si une grande tempête se déchaînait dans le cœur…

« […] Si vous voulez saisir l’esprit du Coran, vous devez vous engager à remplir sa mission dans la pratique. Car le Coran n’est pas un livre de théories abstraites ou d’idées simples qu’on peut comprendre tout en étant confortablement assis dans un fauteuil. Il n’est pas non plus un livre religieux comme tous les autres livres religieux dont les sens peuvent être saisis dans les séminaires et les discours.

Au contraire, c’est un Livre qui contient un message, une invitation qui génère un mouvement. Dès le début de sa révélation, il a poussé un homme calme et pieux à abandonner sa vie de solitude et à faire face au monde qui était en rébellion contre Dieu. Il lui a inspiré d’élever sa voix contre le mensonge, et l’a mis en lutte acharnée contre les seigneurs de l’incrédulité, du mal et de l’iniquité. L’une après l’autre, de chaque maison, il a tiré toutes les âmes nobles et pures, et les a rassemblées sous la bannière de la vérité. Dans chaque partie du pays, il a provoqué le soulèvement de tous les méchants et corrompus qui ont déclaré la guerre à tous les porteurs de la vérité.

C’est le Livre qui a lancé un mouvement glorieux, avec la voix d’un seul individu, et a continué à le guider durant vingt-deux années, jusqu’à l’établissement de l’état médinois. A chaque étape durant cette longue et déchirante lutte entre la vérité et le mensonge, ce Livre a montré à ses fidèles les moyens d’éradiquer l’ancien ordre et d’inaugurer le nouveau.

Est-il donc possible d’atteindre le cœur du Coran par une simple lecture des mots, sans jamais avoir fait un pas dans la bataille de la foi et de l’incrédulité, de l’islam et de l’ignorance, sans traverser aucune étape de cette lutte? Non, vous pouvez comprendre le Coran seulement une fois que vous l’adoptez, que vous agissez selon son enseignement, et que chaque mesure que vous prenez obéit à ses préceptes.

C’est seulement alors que vous pourrez subir tous les événements et expériences qui ont eu lieu au cours de sa révélation. Vous traverserez alors Mekkah, Habasha et Ta’if ; vous ferez face à Badr, Ohoud, Hunayn et Tabùk : Vous rencontrerez Abû Jahl et Abû Lahab ; vous rencontrerez les hypocrites et les juifs; vous vous trouverez face à face avec ceux qui ont, tout de suite, répondu à l’appel, de même que ceux qui sont entrés dans l’islam en quête de gain. Vous trouverez sur votre chemin toutes ces catégories de gens; vous aurez à traiter avec tous ces gens-là.

Cette voie que j’appelle la « voie coranique » est différente de celle que l’on désigne par  »voie mystique ». Cette  »voie coranique » est telle que, à mesure que vous traversez ses différentes stations et étapes, certaines sourates et versets vous révéleront entièrement leur message, et vous diront qu’elles ont été révélées précisément pour cette étape et station que vous traversez. Certaines finesses linguistiques et grammaticales peuvent vous échapper de même que certains points subtils de la rhétorique et de la sémantique du Coran, mais il est impossible que le Coran ne vous révèle pas son esprit réel. »

Al Mawdudi

Les cinq maitres du Tamkine (territorialisation)

ٱلَّذِينَ إِن مَّكَّنَّـٰهُمْ فِى ٱلْأَرْضِ أَقَامُوا۟ ٱلصَّلَوٰةَ وَءَاتَوُا۟ ٱلزَّكَوٰةَ وَأَمَرُوا۟ بِٱلْمَعْرُوفِ وَنَهَوْا۟ عَنِ ٱلْمُنكَرِ وَلِلَّهِ عَـٰقِبَةُ ٱلْأُمُورِ

Ceux qui, si Nous leur Accordons pouvoir sur terre, accomplissent la Salat, s’acquittent de la Zakat, commandent le bon usage et interdisent le répréhensible. Et c’est à Allah qu’appartient l’issue des choses. Al Hajj –  v41

Si nous devions étudier le sens et la mise en application de ces versets, nous y passerons notre existence sans épuiser le champ de leur possibilités et leur signification. Je vais juste montrer une application méthodologique et politique en terme de gouvernance moderne à travers le terme coranique de Tamkine (pouvoir sur terre, position territoriale) et ses impacts sur le plan de l’aménagement du territoire, de la planification économique, du développement urbain et industriel, et de l’indépendance nationale.

Définition globale

Le Tamkine ou la territorialisation au sens coranique, même si nous la traduisons par « pouvoir sur terre » a une signification plus large : Donner à la communauté l’autorité, les moyens et les facultés de s’établir sur un territoire et y exercer sa vocation sans rival, sans oppression, sans limites autres que celles fixées par la religion ou les membres de la communauté là où la religion lui a laissé le champ libre. Au delà de la domination sur la géographie et du pouvoir de l’État il s’agit davantage de l’établissement d’une société réformatrice et bien agissante (Mujtama’â Sàleh wa Mouslih) qui fait de son territoire de vie un cadre de déploiement de toutes les compétences et de tous les talents et de toutes les possibilités.

Un certain nombre d’exigences sont nécessaires pour faire du Territoire un espace de socialisation, un lieu de souveraineté, une appartenance à défendre, un exercice de  la politique, de  l’économique, de la culture et de l’aménagement du territoire dans une ligne d’orientation commune par l’adhésion  libre, contractuelle et respectueuse des diversités qui font l’harmonie du vivre ensemble et non les divergences du Wahn. C’est ce que nous allons voir à travers l’analyse du verset coranique et notre expérience praticienne de quelques aspects de l’Algérie.

Le Territoire (le Makane) : Ses cinq empreintes humaines

Le Tamkine c’est l’instauration de la communauté de croyants sur un territoire de vie pour lui marquer cinq empreintes.

La première empreinte est celle de l’Honorificat originel.

L’homme, croyant ou non croyant, porte en lui le besoin de considération et d’estime qui font de lui cette créature qui est passée d’un grain de poussière insignifiant ou de cette goutte de sperme fétide à une créature honorée et élue dans les Univers. Cet Honorificat est intrinsèque et il va s’exprimer sous forme de quêtes humaines pour réaliser toutes les dignités qui font la grandeur et la noblesse de l’Homme : Dignité humaine, dignité intellectuelle, dignité religieuse, dignité sociale, dignité morale, dignité politique, dignité économique, dignité culturelle, dignité écologique. L’homme n’est pas un animal religieux ou un animal parlant mais un être honoré et vertueux s’il ne transgresse pas lui-même ou s’il ne se soumet pas à ceux qui transgressent cet ensemble de dignité indissociables.

Il n’y pas de vertu à faire valoir ni à communiquer aux autres, y compris la vertu de la foi et de la religiosité, si l’homme n’a pas et garanti l’ensemble de ses dignités qui font de lui une humanité plurielle à partir de laquelle peut émerger la communauté de foi monothéiste qui rejette le Taghut sous ses formes d’idoles, de fétiches, de totems, de préjugés, d’immobilisme et d’aliénation qui le prive de ses dignités et de sa vertu. Le Prophète (saws) a posé l’équation en termes concis fermant la porte à toute spéculation religieuse, philosophique ou eschatologique sur le substrat de l’humanité qui donne l’islamité : « Les meilleurs d’entre vous dans la Jahiliya sont les meilleurs d’entre vous dans l’Islam s’ils font l’effort de connaitre leur religion (Taffakuh fi Dine) ». Il faut être un dépravé ou un polémiste pour penser que Mohamed (saws) par le terme – meilleur – ne visait pas ce qui donne à l’homme sa dignité, son respect, sa vertu et qu’il visait le pouvoir ou la richesse.

La seconde empreinte est la compétence de nommer : Comprendre, lire et désigner les choses, les concepts

L’homme est par excellence est un processus de quêtes, un ensemble de recherches, de demandes, d’aller à la découverte de ce qui fait l’homme dans son humanité et le libère de sa bestialité, de son animalité :

…et par l’être humain, et par Celui qui l’A Parfait, et lui A Donné son impudence et sa piété. A effectivement cultivé, celui qui l’a épurée ; et a effectivement perdu, celui qui l’a souillée. As Shams – v7

Dans le sens coranique la quête est une épreuve qu’Allah fait subir aux hommes pour les distinguer, les différencier en mérites sur le plan des intentions, des actes, de la morale, de la foi et des états spirituels en vue du Jugement dernier que sera un Jour de Rétribution :

Et Nous vous Éprouvons par le mal et par le bien : différenciation (des mérites). Al Anbiya – v35

L’homme, par son intelligence, sa capacité de parler, d’écrire et de lire, de fabriquer et d’utiliser des outils, est mû par plusieurs quêtes : Quête de Dieu, de liberté, de considération, de dignité, de savoir, de territoire, de pouvoir, de puissance, de justice, de vérité, de sens, de beauté, d’amour, de faire…

Pour exprimer ses attributs ontologiques, exercer ses capacités actantielles, tisser des relations sociales et interagir dans les relations économiques et politiques, il faut disposer d’un canevas idéique qui transporte les idées, qui configure les projets, qui exprime la volonté, le savoir, l’art de négocier et le sens. Ce sont les mots, quand ils ne sont pas bavardages futiles et diversion, qui sont les métiers à tisser des complexes de quêtes. Le langage est la voie de formation de l’intelligence et du remplissage des images mentales qui vont nourrir l’imaginaire, ce champ d’exploration mentale, et y laisser l’imagination chercher à former, déformer, assembler et désassembler pour construire des images qui ont du sens, qui sont innovatrices en matière d’idées et de projets de faire. La compétence originelle de l’homme et par conséquent la première et l’ultime quête de son existence est celle de pouvoir et savoir nommer pour désigner, exprimer, clarifier, préciser ses droits et ses devoirs, et éviter la confusion :

Et Il Apprit à Adam tous les noms, puis les Exposa aux Anges et Dit : « Informez-Moi des noms de ceux-là, si vous êtes véridiques ». Ils dirent : « Gloire à Toi! Nous ne connaissons que ce que Tu nous As Enseigné, Tu Es Toi L’ Omniscient, Le Sage ». Il Dit : « O Adam, informe-les de leurs noms ». Al Baqara – v31

La compétence de nommer nous la possédons tous car elle est le nécessaire dont avaient besoin Et Adam pour peupler leur solitude sur terre, se repérer, se rencontrer, peupler la terre, se déplacer, élaborer et réaliser les projets scientifiques, technologiques et techniques. Abandonné à sa solitude, l’homme se sent assailli d’un sentiment de vide cosmique. C’est sa façon de remplir ce vide qui déterminera le type de sa culture et de sa civilisation, c’est -à- dire tous les caractères internes et externes de sa vocation historique. Le Coran pour édifier notre compétence de nommer nous invite à lire les signes coraniques, les signes cosmiques et les signes historiques pour que la compétence de nommer soit un instrument de déploiement dans le territoire revisité par la mémoire et la pensée :

N’ont-ils donc pas été de par la terre, de sorte qu’ils aient des cœurs avec lesquels ils raisonnent ou des oreilles avec lesquelles ils entendent ? En fait, ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent, mais ce qui s’aveugle, ce sont les cœurs qui sont dans les poitrines. Al Hajj – v44

Lire l’histoire pour être capable de distribuer le Bien en n’importe quel lieu, n’importe quel moment et partir en quête pour le chercher, le cultiver et le partager. C’est la vocation du Musulman dans sa compétence humaine de nommer. Il est important à la lumière de ce qui vient d’être dit jusqu’ici de souligner que l’œuvre, pour avoir un caractère islamique, n’a pas besoin de traiter exclusivement de l’Islam mais de traiter aussi de l’humanité et des quêtes de l’homme sous l’angle de l’éthique et de l’esthétique de l’Islam car sans humanité et sans territoire, il n’y a pas d’islamité. Il est encore une fois important de préciser que l’auteur musulman n’est pas confiné à ne parler que de l’Islam en tant que religion mais il doit parler de l’homme, de l’humanité, du monde, de la société en nommant leurs désirs, leurs tendances, leurs penchants, leurs contradictions.

La troisième empreinte est celle de l’exercice de la vocation de Khalife d’Allah.

Cette vocation de Khalife d’Allah sur terre consiste à mettre en action les talents et les facultés cognitives, psycho affectives, sociales sur le territoire (la terre et ses ressources assujetties à l’homme) pour s’y déployer en agent de peuplement, de civilisation, de réforme contre la corruption, et en résistant contre l’agression et l’effusion de sang sans droit ni justice. Pour mener cette vocation de Khalife, l’Homme, croyant ou non, est animé par des quêtes de liberté, de pouvoir, de puissance, de sens, d’appropriation, de jouissance, de considération, d’expression de sa compétence humaine de nommer et de manipuler les choses, les idées, les concepts, les technologies, les techniques et les savoirs…

Le Coran nous montre que le Croyant comme le Prophète ne peut se désister de son devoir de Khalife sur terre ni de l’humanité qui habite ce Khalife. Ce qui va le distinguer des autres est la finalité de son œuvre, l’espérance de la récompense, la vertu et le sens le plus raffiné et le plus noble des dignités humaines mises au service de la responsabilité individuelle (Masouliya) et de la responsabilité collective (Taklife).

Face à la corruption sur le territoire partagé, le Prophète face aux corrompus et à leur suiviste se met sur le plan de la foi mais aussi sur celui de l’humanité qui fédère la communauté plurielle car une concorde sur la justice et la paix laisse l’humain reconquérir ses dignités et reconstruire son islamité sur des bases saines loin du maraboutisme et de l’infantilisme. L’Islamité comme occupation du territoire avec le dessein d’adorer Allah et d’instaurer la justice sociale ne peut être en contradiction avec la vocation de l’humain qui est celle de se libérer, de se civiliser ou de réformer ce qui a été corrompu ou colonisé. Il ne s’agit pas d’aller contre l’humanité, la sienne ou celle des autres, mais de lutter contre la deshumanisation quelque soit la forme, hideuse ou enjolivée, de son visage ou de son discours ou de ses actes :

Invoquez votre Seigneur avec humilité et secrètement : Il n’Aime point les arrogants.

Et ne corrompez pas de par la terre après qu’elle ait été civilisée, et invoquez-Le par crainte et avec aspiration. Certes, la Miséricorde d’Allah est toute proche de ceux qui agissent au mieux. Al Aâraf – v57

Et aux Madian, leur frère Cho‘ayb. Il dit : « O mon peuple, adorez Allah, vous n’avez d’autre Dieu que Lui. Vous est parvenue une évidence de votre Seigneur. Acquittez donc les mesures et les poids, ne mésestimez pas aux gens leurs choses, et ne corrompez pas de par la terre après qu’elle ait été civilisée. Cela est mieux pour vous si vous êtes croyants. Et ne guettez point en tout chemin, menaçant et rebutant de la Cause d’Allah, quiconque croit en Lui, en la désirant tortueuse. Et rappelez-vous lorsque vous étiez peu nombreux et qu’Il vous accrut. Regardez quel ne fut le sort des corrupteurs ! Al Aâraf – v85

Et aux Thamùd, leur frère Saleh. Il dit : « O mon peuple, adorez Allah, vous n’avez d’autre Dieu que Lui. C’est Lui qui vous A Formés de la terre et vous y Installa pour la civiliser. Implorez-Le de vous Pardonner, ensuite, repentez-vous à Lui, car mon Seigneur Est Tout-Proche, Il Exauce. » Hùd – v61

Le Coran met en exergue «ذَ‌ٰلِكُمْ خَيْرٌۭ لَّكُمْ إِن كُنتُم مُّؤْمِنِينَ Cela est mieux pour vous si vous êtes croyants ». Le mieux est l’excellence du bien tant dans la conduite que le dessein du Musulman qui dépasse les faux clivages pour aller à l’essentiel de la bataille qui se déroule sur son territoire et son époque. Cette bataille n’est pas seulement religieuse et idéologique mais aussi et surtout politique, économique et sociale (éthique et esthétique de vie, de solidarité, de vivre ensemble harmonieux, de dignité, de liberté…). Cette excellence n’est pas en contradiction avec le fait religieux mais l’implique dans l’Islah du Prophète Cho’ayb (as) « Acquittez donc les mesures et les poids, ne mésestimez pas aux gens leurs choses, et ne corrompez pas de par la terre après qu’elle ait été civilisée ».

C’est la raison pour laquelle il ne peut y avoir un projet islamique sans grand projet non seulement politique et économique mais civilisationnel comme Cho’ayb l’appelle de sa force, de sa conviction, de son savoir éclairé par Allah loin des compromissions, des arrangements d’appareils et de la lutte politicienne :

Il dit : « O mon peuple, voyez-vous, si je tiens sur une évidence de mon Seigneur et qu’Il m’Ait Octroyé de Lui-même une bonne subsistance, je ne veux point faire le contraire de ce que je vous interdis. Je ne veux que la Réforme, autant que je peux. Ma réussite ne dépend que d’Allah. Je me fie entièrement à Lui, et c’est à Lui que je reviens. » Al Aâraf – v88

La quatrième empreinte est l’adoration d’Allah :

Et Je n’Ai Créé les djinns et les êtres humains que pour M’adorer. Je ne Veux d’eux nulle subsistance, et Je ne Veux point d’eux qu’ils Me nourrissent. Ad Dàriyàte – v56

Le caractère exclusif du verset « que pour M’adorer » suffit à témoigner que l’adoration d’Allah s’inscrit dans une dimension et un cadre sans limites. Il est impossible de fixer le contenu et les formes de l’adoration d’Allah. Les versets et les Hadiths sont tellement nombreux et les actes humains sont tellement multiples et divers que ni une bibliothèque ni une existence ne pourront énumérer ni les limiter. Les piliers fondamentaux de l’Islam portent l’édifice de l’adoration d’Allah et du service dans sa cause qui va du culte pur et monothéiste, à la libération de l’opprimé, à la civilisation de la terre en passant par la commanderie du bien et le blâme du répréhensible.

La Sourate Al Hajj évoque le pèlerinage, la prière et la zakat sous entendant la Chahada (Attestation de foi) et le Ramadan que le lecteur ajoute de lui-même par pratique du texte coranique et connaissance de la religion.

Le Coran se caractérise par l’ellipse qui donne au lecteur la liberté de construire le sens et qui entraine le lecteur à développer les mécanismes idéiques et imaginatifs pour faire des liens de sens au-delà de l’apparat ou du formalisme littéral car le projet coranique est un grand projet de libération et de civilisation qui repose sur l’homme libéré de l’aliénation, de la médiocrité, du prêt à penser, de l’inertie mentale, politique, sociale ou économique. Tous les énoncés coraniques sont à la fois allégorie, ellipses et mouvement dynamique qui transporte le Croyant dans le monde des idées, des actions positives et constructives sans atteinte à la cohérence, à la globalité et au réalisme à la fois du texte que du territoire dans lequel se meut le Musulman :

Et si Allah ne Faisait réagir les Hommes les uns par les autres, que de cloîtres, d’églises, de synagogues et de mosquées, dans lesquels le nom d’Allah Est beaucoup Invoqué, ne seraient démolis ! Certes, Allah Donnera sûrement victoire à celui qui fait triompher Sa Cause. Certes, Allah Est sûrement Fort, Invincible. Certes, Allah Donnera sûrement victoire à celui qui fait triompher Sa Cause. Certes, Allah Est sûrement Fort, Invincible. Ceux qui, si Nous leur Accordons pouvoir sur terre, accomplissent la Salat, s’acquittent de la Zakat, commandent le bon usage et interdisent le répréhensible. Et c’est à Allah qu’appartient l’issue des choses. Al Hajj – v40

Il n’y a pas de place à l’attente messianique ni au comportement maraboutique ni à l’infantilisme qui conduisent un peuple ou un État, au Nom de la religion, à se désister de ses droits et de ses devoirs alors que leur Dieu leur demande de porter secours aux opprimés, de défendre les valeurs y compris celles des autres et des leurs quand ils sont persécutés ou visés par la prédation colonialiste.

La cinquième empreinte est le témoignage

Il s’agit de faire du territoire un lieu de conjugaison, une grammaire de la civilisation, mettant en harmonie et en interaction de synergie les mentalités collectives, des expériences historiques et des lieux aménagés, urbanisés, mis en valeur pour témoigner de ce qui fait l’Islam parachèvement du monothéisme : l’Honorificat de l’homme, le Khalifat de Dieu sur terre et l’adoration d’Allah, l’Un, l’Unique sans rival ni associé :

C’est Lui [Allah] qui vous A déjà Nommés musulmans, auparavant, et dans ceci [le Coran] : afin que le Messager soit témoin sur vous et que vous soyez témoins sur les Hommes. Al Hajj – v78

Comment témoigner de ce qui fait l’Islam : L’anagogie et l’empathie. L’anagogie est cet élan spirituel vers Dieu avec la conscience de porter l’universel ou d’en être au moins l’écho dans tous les registres ontologiques, sociaux, territoriaux, politiques, économiques et médiatiques. Il ne s’agit pas de se soumettre à l’hégémonie impérialiste ni au despote car l’anagogie est antagoniste avec la culture d’empire et le culte du Taghut ou de Satan qui avilit l’humain, sape la foi, corrompt le territoire de vie et interdit toute expression de témoignage vivant autre que l’apologie stérile et la polémique des hypocrites et des ignorants. L’empathie est cet élan noble et généreux vers l’humanité dans sa pluralité et sa diversité comme élan miséricordieux pour témoigner, dans son cœur, son esprit et son acte de la présence du Miséricordeur Miséricordieux qui a donné existence à ce territoire avec ses ressources, ses hommes, ses bénédictions. C’est aller contre Allah que de faire de ce territoire un lieu de malédiction, un espace de domination de Satan et du Taghut, une corruption généralisée.

Le témoignage n’est pas un luxe ou un privilège pour intellectuel ou écrivain ou concepteur ou hommes politiques mais un devoir pour chaque musulman qui doit participer par ses moyens à produire ce qui donne sens à témoigner, à le diffuser, à le cultiver, à le promouvoir et à le défendre. Le territoire tel que le définit la sourate al Hajj est le lieu de lutte contre l’oppresseur, lieu de prière et lieu de redistribution équitable de la zakat, c’est-à-dire du produit national réalisé par le travail et l’exploitation des ressources. Il n’y a pas de territoire (Makane) si comme le dit le Prophète (saws) il n’y a pas de production de sa nourriture, de son habillement, de ses outillages et de son armement. Il a même précisé qu’il n’y aucun bien à attendre d’un peuple qui se contente de suivre les troupeaux sans but, sans projet de civilisation.

Le musulman ne peut exercer sa vocation et ses missions, dont celle de témoigner, alors que son territoire est profané (najass) par les souillures du colonialisme. Il ne peut y avoir Tamkine sans la consolidation du pouvoir social, politique, économique, urbain, foncier, culturel, industriel, commercial, agraire et intellectuel dans un territoire. Il ne peut y avoir Tamkine si ce pouvoir est entre les mains du colonialisme, des corrompus, des médiocres et des vassaux de l’impérialisme :

Certes, quand les tyrans s’emparent d’une Cité, ils la corrompent et rendent avilis les nobles de ses habitants. C’est ce qu’ils font toujours. An Naml – v34

Après l’indépendance, nous étions dans la possibilité de reconquérir notre territoire dans le sens global et non comme terre ou flotte un drapeau et il est du devoir de chaque musulman de lutter pour une appropriation politique, économique et sociale la plus large de ses ressources nationales pour le profit du peuple et de tous les agents œuvrant dans la transparence, la probité et l’effort méritoire de libérer et de civiliser le territoire :

Et le butin qu’Allah leur A Enlevé pour Son Messager, vous n’avez précipité dessus ni chevaux, ni chameaux, mais Allah Donne pouvoir à Ses Messagers sur qui Il Veut. Allah Est Omnipuissant sur toute chose. Le butin qu’Allah A Enlevé aux gens des Cités, pour Son Messager, revient à la Cause d’Allah, au Messager, aux proches, aux orphelins, aux miséreux, au passager démuni : afin que cela ne circule pas exclusivement parmi les riches d’entre vous. Et ce que le Messager vous a donné, prenez-le, et ce qu’il vous a interdit, abstenez-vous-en, et prenez-garde à Allah, car Allah Punit sévèrement. Et (revient) aux émigrés pauvres, qui furent chassés de leurs demeures et de leurs biens, recherchant une Munificence d’Allah et un agrément, et font triompher la Cause d’Allah et Son Messager. Ceux-là sont les véridiques.

Et (revient) à ceux qui s’installèrent en la demeure et dans la foi, avant eux, qui aiment ceux qui émigrèrent auprès d’eux, et ne trouvent, en leurs cœurs, nulle envie pour ce qu’ils ont reçu, et les préfèrent à eux-mêmes, même s’ils souffrent de pauvreté. Et quiconque se prémunit contre sa propre avarice, ceux-là alors sont ceux qui cultivent. Et (revient) à ceux qui vinrent après eux, qui disent : « Notre Seigneur, Pardonne-nous ainsi que nos frères qui nous devancèrent dans la foi, et ne Laisse pas de rancune dans nos cœurs contre ceux qui sont devenus croyants, notre Seigneur, Tu Es Compatissant, Miséricordieux ». Al Hashr – v 6 à 10

Ces versets ne sont pas abrogés et nous interpellèrent chaque jour eu égard à la corruption des uns et à la paupérisation des autres. Ils nous interpelleront individuellement et collectivement, le Jour où chacun viendra nu rendre des comptes et tout son corps ainsi que son existence viendront comme des témoins contre lui car il n’a pas témoigné dans ce monde et n’a pas fait de son territoire un lieu de témoignage par la dignité, la vertu, la prospérité, la justice, l’équité, le scrupule inspirant aux autres le respect, la considération et non la prédation et l’humiliation.

Le Prophète a laissé un contenu inégalé en termes de justice sociale sur le territoire où vivent les Musulmans en position de pouvoir sur le territoire s’ils ne veulent pas perdre leur territoire et devenir esclaves ou assistés sur leur territoires et sur les territoires des autres :

« Les gens sont associés en quatre : L’eau, le feu, le sel et les pâturages »

Il ne faut pas être un Mufti des monarchies du Golfe ou le grand communicateur d’al Jazeera pour comprendre le terme « butin » des versets d’Al Hachr et les ressources stratégiques ou vitales de la nation dans le hadith. Il n’y a pas de territoire si le Musulman suit sa passion, son opinion ou les inspirations de Satan, des Hommes ou des Djinns au lieu de se conformer à l’esprit de l’islamité qui l’habite sinon à celui de l’humanité qui l’habite.

L’islamité c’est la territorialisation de l’Islam qui sort du cœur pour s’inscrire dans la cité des hommes et le temporel de son existence. La mondialisation et les visées impériales et sionistes rendent les territoires musulmans des proies que les Musulmans eux-mêmes facilitent par l’abandon de leur souveraineté, la médiocrité de leur pensée et l’inertie de leurs moyens politiques, économiques, communicationnels et éducatifs. Nous sommes mis face au devoir d’actualiser notre lecture coranique et de rendre notre lecture du monde réaliste, globale et dynamique pour donner sens et consistance à notre territoire sinon nous le perdrons sous forme de conquêtes coloniales ou de gaspillage de ses ressources naturelles, financières et humaines. Les Musulmans doivent être cohérents avec la réalité du monde, les principes et les méthodologies coraniques puis prendre position sans confusion ni fuite des responsabilités : Résister comme le dit l’énoncé coranique sur le Makane ou désister de leur vocation et de leurs droits territoriaux et ainsi faire des concessions de plus en plus brutales qui vont non seulement toucher leur Makane mais toucher à l’avenir de leurs enfants et à la religion de leurs parents.

Les cinq maitres du Territoire (Makane)

Est-ce qu’après 15 siècles d’islamité nous avons encore besoin de Fatwas pour nous expliquer l’évidence du Coran et les luttes qu’ont mené les Anciens pour briser l’étroitesse du lieu et l’injustice des hommes et les ouvrir à la dignité de l’homme et à la grandeur de l’Islam ? Non ! Nous avons les fondamentaux de l’Islam qui sont des invariants. Avec ces fondamentaux nous devons cultiver notre être ontologique, social et notre territoire en actualisant nos connaissances et en mobilisant nos compétences.

La maitrise du territoire

Quand la Salat est terminée, déployez-vous de par la terre et recherchez de la Munificence d’Allah, et invoquez souvent le Nom d’Allah, afin que vous cultiviez. Al Jumu’a – v10

Nous sommes ordonnés de nous déployer sur notre territoire comme des agents économiques libres et entreprenants recherchant les Bienfaits d’Allah qu’Il a déposé dans les ressources de notre sol, les efforts de nos hommes. Il ne s’agit pas de vivre comme des rentiers, des experts en corruption, des cupides vivant du Riba déguisé en Halal ou en parasite s’enrichissant dans le marché noir et l’économie informelle qu’un système corrompu entretient pour ne pas aborder les questions des libertés et celles de la gestion du territoire et de ses ressources.

C’est en nous déployons sur notre territoire et en comptant sur Allah que nous pouvons alors espérer le Falah. Compter sur Allah ne signifie par être bigot mais agir libéré de la peur du Taghut et de la servitude à ce qui n’est pas Dieu et tout particulièrement à l’État déliquescent et ses maitres sionistes et impérialistes qui l’avilissent et le volent comme l’Idole de la Jahiliya humiliait les idées, confisquait la dignité et poussait à la perversion morale et sociale pour vivre comme des minus habens errant sans but, en marge de l’histoire des hommes.

Le Falah coranique n’est pas le succès mondain ou la réussite sociale éphémère que l’Islam ne prohibe pas si elles sont méritée et licites. Le Falah c’est la culture au sens propre et allégorique : Cultiver son esprit, sa foi, son efficacité sociale, son territoire, sa liberté, sa dignité, sa vertu, sa prospérité économique, son progrès social, son développement scientifique et technologique, les générations montantes, les droits des pauvres, les devoirs des compétents, l’avenir, l’espérance et l’attente de la Promesse divine dans l’au-delà.

Il ne peut y avoir déploiement dans le territoire et culture du territoire et de ses habitants sans l’émergence des maitres de la territorialisation :

La maitrise d’ouvrage

Il y a trois maitres d’ouvrages principaux : l’État, l’agent économique et la société civile qui investissent et s’approprient une œuvre, qui témoignent de leur présentiel temporel et territorial. Il ne peut y avoir maîtrise d’ouvrage sans légitimité. La légitimité se fait par la reconnaissance de l’autorité ou de la propriété qui a le pouvoir et la capacité de faire faire une œuvre, un témoignage, un acte. Quand le citoyen qui donne légitimité est absent ou occulté, il n’y a pas de maitrise d’ouvrage mais népotisme, gaspillage, gabegie, incurie, passe droits, privilèges, non droit et promotion de la médiocrité et de la corruption.

Sans légitimité, sans représentativité et sans droit, le maître d’ouvrage peut imposer sa légalité par le rapport de force, le rapport de corruption et le rapport de clientélisme. Mais il ne peut en aucun cas accomplir ce que ne peut se faire que dans la transparence, le droit et la légitimité. Ainsi :

  • Il va travailler sans contrat et imposer ses conditions sans négocier ni définir le terme du contrat lié à l’œuvre ni ses droits et ses obligations ainsi que ceux de ses partenaires.
  • Il va se démettre de ses obligations contractuelles.
  • Il va agir sans programme, sans calendrier, sans gouvernail, sans cap ni boussole ni consultation avec des partenaires qui ne peuvent exister car lui-même n’existe pas.
  • Il va être incapable de définir les besoins, leur priorité et encore moins les entités exprimant les besoins, ni celles portant les projets de satisfaction de ses besoins. Il va jouir de son pouvoir et de sa propriété illégitime sans partage de jouissance, de droit et d’intérêt avec ceux de l’utilisateur final de l’ouvrage qu’il ne connait pas et ne rencontre pas.
  • Sans légitimité donc sans normes et sans stabilité, il va cultiver la culture d’allégeance au lieu de celle de la maitrise d’ouvrage qui exige de s’entourer des compétences, juridiques, diplomatiques, économiques, politiques et géostratégiques.
  • Il va être dans l’incompétence totale de maitriser ses budgets et ses dépenses ni de les allouer convenablement.
  • Il sera dans l’incapacité morale, technique, administrative d’effectuer les opérations de recettes d’un ouvrage c’est-à-dire le réceptionner dans les délais, les prix et la qualité.
  • Ignorant tout du métier de maitre d’ouvrage, il va manquer à son devoir de garantir ou de se doter de compétences d’expertises, de garanties et de contrôle.
  • N’étant ni autorité ni propriétaire légitime, il sera dans l’incapacité d’assurer l’entretien, la rénovation, la restauration, la modernisation, la réhabilitation, la restructuration de ses ouvrages usés ou obsolètes. Il sera donc sémantiquement incapable de mener des réformes ou de conduire des projets de salut public.

Dans le schéma de représentation coranique il sera dans ces deux images :

Incapable de conduire des réformes :

Il est parmi les Hommes celui dont les paroles dans la vie terrestre te plaisent, qui prend Allah en témoin sur ses bonnes intentions, alors qu’il est le pire des ennemis ; et s’il se détourne, il s’évertue de par la terre pour y corrompre, détruire la récolte et le bétail, mais Allah n’Aime pas la corruption. Et si on lui dit : « Prends garde à Allah », il est pris d’orgueil par sa coulpe. Que la Géhenne lui suffise donc, et quelles piètres couches ! Al Baqara – v204

Les exemples concrets : Les Chantiers de l’Algérie, ses marchés en main, ses clés en mains, ses produits en main, ses chèques aux étrangers qui rédigent les contrats, les feuilles de route. L’Algérien paye et signe et exécute ensuite très mal, même en vendant son pays il le vend mal au point que les acheteurs ne parviennent pas à comprendre comment avec 200 milliards et une manne céleste, les Algériens sont tous des Haragas en puissance.

Ennemi de tout réformateur :

Et Nous avons Envoyé, en fait, aux Thamùd leur frère Salah : « Adorez Allah ». Mais les voilà deux groupes qui se disputent. Il dit : « O mes gens ! Pourquoi vous hâtez-vous dans la mauvaise action avant la bonne action. Que n’implorez-vous Allah de vous Pardonner, puissiez-vous bénéficier de Miséricorde ? » Ils dirent : « Nous t’accusons de mauvais augure, toi et ceux qui sont avec toi ». Il dit : « Votre mauvais augure est auprès d’Allah. Plutôt, vous êtes des gens qui succombent à la tentation ». Et il y avait dans la ville un groupe de neuf qui corrompaient de par la terre et n’amendaient point. Ils dirent : « Jurez par Allah de le tuer la nuit, lui et sa famille, ensuite nous dirons sûrement à son protecteur : “ Nous n’avons point vu le meurtre de sa famille, et nous sommes vraiment véridiques” ». Et ils ont élaboré une redoutable ruse, et Nous Avons Planifié un irrévocable stratagème sans qu’ils ne se rendent compte. An Naml 45 à 50

La maitrise d’usage

L’ouvrage, la réalisation, l’usine, la route, la nouvelle ville et même l’État, au niveau central ou communal, sont en principe destinés à un usage, à un utilisateur. Quand la maîtrise d’ouvrage n’est ni à l’origine de la conception ni en fin de réception l’expression des intérêts ou des besoins de l’utilisateur final de l’ouvrage où va exister la maitrise d’usage. Le maitre d’usage a pour vocation de témoigner son acceptation, manifester ses préoccupations, exprimer ses besoins, participer à la décision qui concerne sa compétence à utiliser.

Dépossédé de sa citoyenneté, il ne va ni participer à la définition de l’ouvrage ni à son utilisation rationnelle. Il va vivre comme un indu occupant sur d’autres espaces et d’autres ouvrages ou comme un vandale détruisant les ouvrages non conformes à ses besoins et pour lesquels ils ne retrouvent ni son âme, ni sa culture, ni son souci, ni son avenir. Il va zapper tout simplement le jour où on le convoque à renouveler son allégeance ou à applaudir pour témoigner devant la caméra de sa satisfaction d’utilisateur sur qui on a commis un déni de droit, un dol commercial, un fardage marketing, une imposture politique.

Le système de reconnaissance qui fonde la légitimité et qui donne à l’un le titre de maitre d’ouvrage et à l’autre le titre de maitre d’usage quand il est obsolète ou inexistant, l’usager n’est pas maitre d’usage mais esclave ou aliéné ou dépossédé de son droit de maitrise par la dépossession de son droit d’expression, de ses libertés, de ses dignités… La maitrise d’usage est indissociable de l’exercice de l’usager, associé à la décision de la maitrise d’œuvre en exerçant lui-même la souveraineté nationale par l’exercice responsable de la politique, de l’économique, de la culture, de l’information, du contrôle des ressources nationales. Tant que le citoyen n’est restitué dans ses droits et ses devoirs, il n’y aura pas de maitrise d’usage ni de maitrise d’ouvrage mais des antagonismes, des révoltes, des émeutes, de la corruption, de la résistance passive où chacun fait semblant d’être maitre de son territoire et pendant ce temps les conquérants prédateurs préparent tout le monde à entrer dans la préhistoire ou à devenir exilé dans son territoire où la seule culture est celle de la « préférence étrangère ».

Dépossédé de sa mémoire collective, de son histoire, de sa religion, instrumentalisées pour donner légitimité à une maitrise d’ouvrage illégitime, l’Algérien va non seulement ne pas exercer son droit et son devoir de maitre d’usage mais il va, par un processus psycho social, se retourner contre son histoire, son identité, son appartenance civilisationnelle et la compréhension saine de sa religion. Il va fuir dans le sensationnel, l’explication eschatologique de l’histoire, l’inertie des bigots et le mysticisme du néant que les successeurs interminables depuis Abou Faracha jusqu’à Sidi Abdelakader Boutef ont cultivés depuis 1992 pour fabriquer la machine à abrutir, à berner et à leurrer, faisant plus de dégâts que les éradicateurs ou les escadrons de la mort. En effet, le mort est auprès du Miséricordeur implorant Sa Miséricorde mais le vivant gangréné par la mythologie et le délire est un agent mortifère, un assassin de la personnalité, un négateur du territoire, et un ignorant en terme de maitrise d’ouvrage ou d’usage car il vit dans un monde d’illusionnistes sans responsabilité ni ouvrage ni utilisateur.

Le peuple ne peut indéfiniment voir son territoire confisqué et son devoir de maitrise d’usage nié. Il va irrévocablement trouver une solution pacifique ou violente mais il ne peut rester dans cette situation d’inertie qui le place ainsi que nous tous dans la situation de défaillants :

Certes, ceux qui se font injustice à eux-mêmes, les Anges leur disent en les rappelant : « Où en étiez-vous ! ». Ils dirent : « Nous étions des opprimés de par la terre ». Ils disent : « La terre d’Allah n’était-elle pas vaste pour que vous y émigriez ? ». Ceux-là alors leur refuge sera la Géhenne, vil destin ! Sauf les opprimés de parmi les hommes, les femmes et les enfants à court de moyens, et qui ne trouvent pas de voie. An Nissa – v97

Chacun de nous doit transcender ses peurs, son insouciance et ses divergences doctrinales ou politiques et prendre par la main, tôt et par nous-mêmes, le changement qui tarde à venir. Le Prophète (saws) nous a laissé face à nos responsabilités « L’image de celui qui ne reconnaît pas les interdits de Dieu et cherche à les abolir et l’image de celui qui les transgresse est celle d’un groupe de gens qui ont tiré au sort pour donner à chacun d’eux sa place dans un bateau. A certains revint le pont et à d’autres la cale. Ceux qui logeaient dans la cale étaient obligés de passer par le pont pour puiser l’eau (de la rivière). Ils dirent : « Si nous faisions un trou dans la partie qui nous revient, nous cesserons de déranger ceux qui sont au dessus de nous ». S’ils les laissaient réaliser ce désir, c’est leur perte à tous ; et s’ils les en empêchent, c’est leur salut à eux et à tous ».

Il s’agit de se prendre en charge avec responsabilité et ne pas faire l’erreur libyenne de s’engager sous un étendard de confusion qui fait triompher les causes des autres au détriment de nos intérêts stratégiques et de nos valeurs religieuses. Si nous manquons de lucidité et si nous tolérons de confier notre destin à d’autres, nous aurions trahi Allah et Son Prophète. Si nous devons faire tomber les criminels, nous le ferons mais avec nos moyens et pour nos intérêts.

Ce serait dramatique que nous versions notre sang, notre sueur et nos larmes pour d’autres tyrans, d’autres vassaux ou pour leurs maitres qui vont une fois de plus mal exercer la maitrise d’ouvrage et nous interdire d’exercer notre maitrise d’usage en faisant de notre territoire une vitrine de ce qu’on appelle le modernisme et qui peut fasciner à première vue. L’Algérie et les Algériens méritent mieux, par leur révolution et par leur jeunesse, que des villes spectacles de type Dubaï ou Las Vegas : Ils méritent de prendre en main leur territoire par eux-mêmes. A cet effet ils doivent être vigilants contre les chants de sirène de l’impérialisme et de ses marabouts, les mêmes qui ont servi le colonialisme français et qui sont prêts à servir n’importe quel maître pourvu qu’ils aient pitance de chien et comportement de pervers sous un habillage de dévots :

Et craignez une sédition qui n’atteindrait pas particulièrement ceux qui ont été injustes d’entre vous. Sachez qu’Allah Punit sévèrement. Et rappelez-vous lorsque vous étiez peu nombreux, opprimés de par la terre, redoutant que les Hommes ne vous arrachent, alors Il vous A Abrités, vous A Soutenus de Sa victoire et vous A Octroyé de bonnes subsistances, pour que vous deveniez reconnaissants. O vous qui êtes devenus croyants, ne trahissez point Allah et le Messager et ne trahissez pas ce qu’on vous a confié, tout en le sachant. Al Anfal – v24 à 27

La maitrise d’œuvre

Quand le maitre d’ouvrage est défaillent, absent ou illégitime et quand en face le maitre d’usage est occulté dans son existence et dans l’exercice de ses droits peut-on parler d’un maitre d’œuvre qui agit à la fois selon le cahier de charges fixé par le maitre d’ouvrage et les besoins du maitre d’usage dont il est logiquement chargé de concevoir, de planifier, de superviser la réalisation des ouvrages ? Non ! Sans une passerelle de concertation et de consultation entre la maitrise d’ouvrage, la maitrise d’œuvre et la maitrise d’usage, nous ne sommes pas en gestion de projet mais en administration de dossiers qui finissent par des appels d’offres à l’Étranger qui impose ses choix et ses prix.

Dans un système clientéliste et fondé sur l’illusion du paraitre, l’intelligence est cooptation et non compétence. Impossible dans ces conditions de créer ou de gérer un ouvrage national, une industrie nationale, une agriculture de subsistance, des logements conformes à notre éthique et à nos traditions. Il n’y a pas de bureau d’études car toutes les conditions en amont (l’éducation, l’enseignement, les finances et la justice) et les conditions en aval (les crises de confiance dans les marchés, les métiers, les usagers et les utilisateurs) sont rédhibitoires. Les compétences ont fuit et celles qui restent sont mise en concurrence dans un échange inégal et immoral : La corruption intérieure et la préférence à l’étranger.

Tous ces éléments font que la maitrise d’ouvrage est en déliquescence comme les magiciens de Pharaon avec l’esprit mercantile et la posture de courtisan devant un système de corruption :

Les magiciens vinrent à Pharaon. Ils dirent : « Aurons-Nous sûrement une rémunération si nous sommes, nous, les gagnants ? » Il dit : « Oui, et vous serez du nombre des rapprochés. » Al A’âraf – v114

Le maitre d’œuvre est une déontologie envers le maitre d’usage et le maitre d’ouvrage, des règles de l’art qui exigent d’être au fait des derniers savoirs et des derniers savoirs faire, mais aussi un talent de créativité. Il est impossible par l’expérience historique du colonialisme ou du despotisme de voir cohabiter l’oppression avec la créativité. La créativité repose sur une imagination sans limite et un stock d’images mentales belles et nouvelles. Un système médiocre et laid ne peut donner naissance à de l’intelligence vive qui produit des belles idées, de beaux comportements, de beaux projets, de beaux ouvrages. Il faut vivre dans un environnement qui produit de la beauté ou de la douleur qui attend l’espérance venant du ciel pour s’inscrire dans la Transcendance et devenir créatif, imaginatif, noble et généreux. Il faut aimer son territoire et ses habitants pour que l’amour se transforme en idées belles et que la production du beau devienne aimable à un maitre d’ouvrage légitime et à un maitre d’usage reconnaissant et participatif.

La vision bureaucratique conjuguée au schéma courtisan et corrupteur du maitre d’ouvrage et au laisser-aller et au laisser-faire du maitre d’usage ne produisent pas une logique de conception et de créativité mais une logique d’appareil et d’organes administratifs statiques. La conception et l’ingénierie sont des process, des schémas à la fois globaux, abstraits et dynamiques tout en collant à la réalité du territoire et tout en exigeant la mise en réseau de processus agissant en synergie entre eux et en symbiose avec l’environnement. Où est la liberté et la reconnaissance qui donnent talent et légitimité à l’acte créatif ?

Dans l’acte créatif il y a la compétence symbolique de tisser du lien social, historique et civilisationnel dans un territoire pour le rendre mieux vivable, plus facile à cultiver dans le sens de Falah. Cette compétence ne peut s’exprimer dans ce qui fait l’homme, la compétence de nommer dans une langue et non dans un dialecte. Cette compétence ne peut s’exprimer sans le cadre imaginatif qui s’appuie sur la mémoire collective, les liaisons culturelles et socio-historiques et tout ce qui participe à la grammaire de la civilisation et à la conjugaison des compétences. La compétence ne peut s’exprimer sans le respect de cette loi universelle qui donne à chacun le droit de quêter dignement la considération et attendre la récompense méritée de son travail :

Dis : « Agissez, Allah Verra sûrement votre œuvre, ainsi que Son Messager et les croyants. At Tawbah – v105

A chacun, des degrés de ce qu’ils ont fait. Ton Seigneur n’Est point Inattentif à ce qu’ils font. Al An’âme – v132

Ces deux versets non seulement autorisent et recommandent l’instauration d’un système légitime de reconnaissance et de sanctions ou de récompenses mais rappellent la conscience et les scrupules qui doivent guider toute idée et tout projet car Allah est le Regard attentif et vigilant que ne surprend ni somnolence ni distraction ni dissipation. Ce regard est aussi celui de la conscience sociale et politique des citoyens qui sanctionnent par la reconnaissance de l’œuvre et de son maitre d’œuvre, faudrait-il encore que le citoyen existe par son exercice politique et économique qui peut faire ou défaire une renommée, un prestige, une fortune. Faudrait-il que ce citoyen existe par son sens esthétique qui suppose un système éducatif performant, un référentiel de valeurs identifié par tous comme étant la norme, et un sens du témoignage en agissant dans la mise en valeur et la protection de ce territoire qui est la cadre d’expansion du talent et des intelligences destinés à le façonner, à la reconfigurer selon l’harmonie et la concorde.

Si le système ne permet que l’émergence des courtisans, des corrompus sans désir de s’inscrire comme des témoins mais aussi comme des actants éducateurs, libérateurs et civilisateurs au service du territoire et de ses habitants alors ce sont les arrogants qui s’installent et instaurent leur valeurs d’opportunistes et de courtisans qui donne pérennité à la médiocrité et la déliquescence du territoire dans sa formulation de maitre d’ouvrage, de maitre d’usage et de maitre d’œuvre :

… ceux dont l’œuvre s’est fourvoyée dans la vie terrestre, et eux pensent qu’ils font le meilleur. Al Kahf – v104

La maitrise d’exécution

Avec un système où les maitres d’ouvrage, d’usage et d’œuvre sont sans prérogatives et sans implication dans le territoire avec des vocations et des exercices responsables de leurs droits et de leurs devoirs dans des espaces contractuels, il ne peut y avoir de maitres d’exécution au sens de respect des règles de l’art, de la déontologie. Il ne peut y avoir que corruption, cupidité, fraudes, bricolage et comme toujours le recours à l’Étranger ou à des chantiers titanesques confiés à des minables qui au nom de la maitrise d’exécution font de l’import et de la revente sur le marché parallèle. Les plus honnêtes sont en situation de faillite ou de reconversion en épiciers.

La maitrise d’expertise, de contrôle, de normalisation et de certification.

Cette méta-maitrise qui peut se trouver sous la forme d’un conseil constitutionnel ou sous la forme d’un contrôle technique de la construction ou d’un expert comptable ou d’un notaire n’est pas viable quand les quatre maitrises qui la sous tendent sont absentes pour lui donner légitimité et surtout la compétence d’être et de faire en matière d’arbitrage, d’homologation, de validation, tant dans l’ouvrage que dans les agents y intervenant. Cette compétence est complexe et sensible car elle est le fruit de l’accumulation des savoirs et des savoirs-faires tant dans chacune des maitrises que dans les rapports qu’entretiennent les différents maitres d’ouvrage, d’œuvre, d’usage et d’exécution.

Un système bureaucratique ou un esprit naïf pourrait se contenter du trompe-l’œil du diplôme – nécessaire mais insuffisant-. Il s’agit de trois compétences qui vont se sédimenter dans le temps et dans le territoire pour témoigner de la méta-compétence. La compétence théorique des savoirs, ; la compétence praticienne des savoirs faire ; et la compétence organisationnelle, communicationnelle et informationnelle des liens institutionnels, des exercices de pouvoir et d’autorité entre les quatre maitrises de compétences qui se déploient dans le territoire sous la supervision et le contrôle formel et parfois informel de la maitrise d’expertise, de contrôle, de normalisation et de certification.

Cette méta-maitrise touche l’ensemble des registres y compris le registre religieux. Il est inadmissible que les Musulmans disposant d’une religion aussi vraie, organisée, rationnelle et saine comme l’Islam puisse tolérer que n’importe qui lance des Fatwas sans consultation ni concertation ni représentativité tant de ses pairs que de la communauté de croyants. Cela n’est possible que si les croyants s’approprient leur religion et la connaissent davantage pour promouvoir une élite religieuse issue d’eux, ayant leurs soucis, portant en leur nom et exprimant leurs intérêts.

Quand le territoire est configuré par ces cinq compétences, quand l’habitant du territoire porte la vocation du Khalifat et de l’Honorificat, alors la communauté de musulmans citoyens peut disposer d’une vision géostratégique, d’une compétence d’anticipation et d’une gouvernance sensée.

« Si les affaires ne sont pas confiées à leurs ayants droits alors qu’ils attendent l’Heure (la fin de leur existence, de leur territoire, de leur civilisation, de leur monde) » Hadith

Mais si nous parvenons à conjuguer avec intelligence et efficacité les cinq pilliers de l’Islam et les cinq maitres de l’aménagement du Territoire et de l’Etat (Tamkine) nous seront non seulement sauvés mais nous aurions gagné les deux mondes.

L’appropriation du Territoire et l’exercice des 5 maitrises

Si nous reprenons l’énoncé de base nous voyons au moins 5 axes de travail collectif :

Et si Allah ne Faisait réagir les Hommes les uns par les autres, que de cloîtres, d’églises, de synagogues et de mosquées, dans lesquels le nom d’Allah Est beaucoup Invoqué, ne seraient démolis ! Certes, Allah Donnera sûrement victoire à celui qui fait triompher Sa Cause. Certes, Allah Est sûrement Fort, Invincible. Certes, Allah Donnera sûrement victoire à celui qui fait triompher Sa Cause. Certes, Allah Est sûrement Fort, Invincible. Ceux qui, si Nous leur Accordons pouvoir sur terre, accomplissent la Salat, s’acquittent de la Zakat, commandent le bon usage et interdisent le répréhensible. Et c’est à Allah qu’appartient l’issue des choses. Al Hajj – v40

Le premier axe est la résistance

La résistance par la Sunna du Dafa’â « faire réagir les Hommes les uns par les autres » comme le spécifie le verset coranique du Tamkine et l’allusion à la Salat qui exige l’endurance et l’alliance des Musulmans et non leur subordination aux intérêts des corrompus, des colonisateurs

O vous qui êtes devenus croyants, ayez recours à la persévérance et à la prière. Certes, Allah est avec les persévérants. Al Baqara – v153

 

Le second axe est la culture de la vertu et de la dignité

La Salat et la Zakat ne sont pas des formalités de bigots mais occupation du territorial selon des normes éthiques et des programmes cohérents et efficaces pour instaurer la justice sociale sans laquelle la dignité n’a pas de sens et la fraternité islamique reste juste un slogan.

La bonne foi ne consiste pas à tourner vos visages vers le levant et le ponant. Mais la bonne foi désigne: celui qui croit en Allah, au Jour Dernier, aux Anges, au Livre et aux Prophètes; et qui donne de son bien – malgré l’amour qu’il lui porte – à ceux qui sont proches, aux orphelins, aux miséreux, au passager démuni, aux nécessiteux et pour l’affranchissement des captifs; qui accomplit la prière, s’acquitte de la Zakat; et ceux qui tiennent parole s’ils promettent ; et les persévérants lors du malheur et de l’adversité, et au moment du mal de la guerre. Ceux-là sont ceux qui ont été véridiques et ceux-là sont les pieux. Al Baqara – v177

Le troisième axe est l’unité

C’est un devoir de faire converger toutes les forces vives et saines sous un programme unificateur, fédérateur qui place le curseur du clivage idéologique sur les exigences qu’imposent le temps, le lieu et les circonstances, sans confusion ni fausse divergence. Dans les moments difficiles, les hommes sincères doivent mettre l’esprit partisan et les lignes idéologiques de divergences de côté et trouver un dénominateur commun pour défendre leur territoire ou l’aménager ou mettre en vie les maitrises de son aménagement :

Les croyants et les croyantes sont protecteurs les uns des autres. Ils commandent le convenable et interdisent le répréhensible, accomplissent la prière, s’acquittent de la Zakat, obéissent à Allah et à Son Messager. Ceux-là, Allah leur Fera Miséricorde. Certes, Allah Est Invincible, Sage. At Tawbah – v71

Et ne soyez pas comme ceux qui se désunirent et divergèrent à partir du moment que leur vinrent les évidences. Ceux-là auront un immense châtiment. Al Maidah – v105

Le quatrième axe est l’exercice économique

Tous les versets que nous venons de citer s’articulent autour de la Salat et de la Zakat. La Zakat est bien entendu le droit du pauvre, du nécessiteux et du besogneux, du privé de liberté, du failli, du voyageur, du fonctionnaire participant à sa collecte et à sa redistribution. Il ne s’agit pas de la charité chrétienne mais d’une incitation à produire la richesse et à la redistribuer équitablement pour assurer sur des bases socio-économique la justice, l’égalité, la dignité, la liberté et la mise en dynamique de l’ensemble de la société. Cette position qui consiste à supporter un régime despotique ou à tolérer la présence étrangère tout en apportant des aides alimentaires ou à distribuer la Zakat des nantis, des rentiers, des corrompus et de ceux qui ont spolié et confisqué les richesses nationales est une attitude maladive, une posture hypocrite. L’Islam n’a pas institué la Zakat pour rendre la pauvreté une et le chômage fatalité.

Ceux qui dépensent leurs biens pour la cause d’Allah, puis ne font pas suivre ce qu’ils dépensèrent de vantardise, ni de nuisance, auront leur rémunération auprès de leur Seigneur. Nulle crainte pour eux et ils ne seront point affligés. Un dire convenable et un pardon sont meilleurs qu’une aumône suivie de nuisance. Allah s’en Passe, Il Est Longanime. O vous qui êtes devenus croyants, n’annihilez pas vos aumônes par la vantardise et la nuisance, comme celui qui dépense son bien par ostentation devant les Hommes, et qui ne croit ni en Allah ni au Jour Dernier. Son exemple est comme l’exemple d’un rocher couvert de poussière, qu’une averse frappa et laissa tout aride. Ils n’ont aucune prise sur ce qu’ils ont acquis, et Allah ne Guide point les gens mécréants. L’exemple de ceux qui dépensent leurs biens désirant l’agrément d’Allah et l’affermissement de leurs âmes est comme l’exemple d’un jardin sur une colline : l’averse l’atteint-il, sa production est deux fois plus grande. Et s’il n’est pas atteint par l’averse, il le sera par la bruine. Allah est Omnivoyant ce que vous faites. Al Baqara – v261 à 264

L’exercice libre et souverain du peuple suppose donc l’appropriation, l’usage et la jouissance des ressources du Territoire ainsi que la mise à sa disponibilité de toutes les facilitations juridiques, commerciales, économiques, institutionnelles, organisationnelles, technologiques et financières. Ce sont ces garanties de l’exercice économique du peuple sur son territoire qui vont assurer l’indépendance nationale et de la promotion d’un peuple qui dispose entre ses mains des facteurs de la dignité et des moyens du témoignage.

L’exercice économique orienté vers le monopole des privilégiés est banni dans l’Islam :

…afin que cela ne circule pas exclusivement parmi les riches d’entre vous Al Hashr – v7

La nature et le mode d’exercice de l’exercice économique façonne un territoire et ses mentalités collectives. S’il est exercé par les oligarques et l’économie informelle excluant le peuple de son territoire et le privant de la satisfaction de ses besoins primaires nous avons le schéma actuel de l’Algérie :

… quand le mal le touche, il est affolé, et quand le bien le touche, il devient avare Al Ma’àrij – v21

Quand le peuple est souverain sur son territoire avec une conscience morale, sociale et religieuse il devient mohammadien au sens où l’économique est au service de sa prospérité sociale mais aussi de sa résistance contre l’oppression. La conscience économique d’un peuple résistant est dans la culture du don car l’offre de surplus économique est préférable à l’assistanat et à la mendicité que donne la rente ou l’aide étrangère. Cette conscience sociale ne cherche pas à acquérir mais à donner au point que le Coran les a immortalisés comme modèle de comportement lorsque l’adversité n’est pas en leur faveur pour qu’il puisse donner car ils considèrent que le don est un devoir alors les autres considèrent que prendre indument est un droit :

Nulle faute n’incombe aux faibles, ni aux malades ni à ceux qui ne trouvent de quoi dépenser, s’ils donnent conseils pour l’amour d’Allah et de Son Messager. Aucun blâme n’incombe à ceux qui font le meilleur. Allah Est Pardonneur, Miséricordieux. Ni pour ceux qui, quand ils vinrent te demander montures, tu dis : « Je n’ai de montures à vous donner », et ils s’écartèrent les yeux débordants de larmes, par affliction, de n’avoir pas de quoi dépenser. Le blâme n’incombe qu’à ceux qui te demandèrent dispense alors qu’ils sont riches. Ils se contentèrent d’être avec les défaillants et Allah A Scellé leurs cœurs, c’est pourquoi ils ne savent point. At Tawbah – v91

Il ne peut y avoir humanité ni islamité ni algérianité si les ressources stratégiques sont dilapidées ou confiées en concessions coloniales aux Etrangers pour ne rien laisser aux générations futures. Il ne peut y avoir de légitimité quand une gouvernance thésaurise le capital de la nation sous forme occulte sans garantie de retour. Allah a exigé que la ressource stratégique soit gérée dans un esprit de coopération intergénérationnelle au moment où Madinah se constituait comme Etat embryonnaire mais souverain. Il a ordonné de faire du premier revenu (Al Anfal) pris à l’ennemi mis en déroute à Badr une leçon pour toutes les générations de Musulmans qui se suivent, l’une léguant à l’autre le capital de ses efforts :

Et (revient) à ceux qui vinrent après eux, qui disent : « Notre Seigneur, Pardonne-nous ainsi que nos frères qui nous devancèrent dans la foi, et ne Laisse pas de rancune dans nos cœurs contre ceux qui sont devenus croyants, notre Seigneur, Tu Es Compatissant, Miséricordieux ». Al Anfal – v10

L’Algérien est mis face à des solutions « séduisantes » de crédit et de banques « islamiques » pour développer le consumérisme capitaliste sur la base du crédit et du fétichisme des choses au détriment de la dignité humaine, du travail, de l’investissement productif et de l’efficacité sociale. Ce n’est qu’en reprenenant en main l’exercice de l’économique qu’il peut refonder le système de production des richesses, de leur échange et de leur consommation. Notre Prophète (saws) en arrivant à Médine avait face à lui les puissances impériales qui l’encerclaient mais aucune possibilité de developpement et de liberté : Les finances, le foncier, le marché, l’industrie, l’armement, l’immobilier n’étaient pas aux mains des Musulmans qui venaient de plus en nombreux de la Mecque sans bien, sans métier et sans toit. Les acte symboliques après la construction de la mosquée et de l’asile pour les pauvres sont : La construction des écoles, le démantèlement de tous les monopoles, l’ouverture de grands chantiers à Médine conduits par des Musulmans. Il a transformé l’opprimé en civilisateur libérateur. De tout ses gestes sublimes, l’histoire retient celui où il s’inclina et embrassa la main calleuse d’un travailleur agraire : L’Islam honore le travail. Ce ne sont pas les fausses banques islamiques qui recyclent les pétrodollars dont a besoin l’Algérie mais des agences d’investissements s’appuyant sur une modernisation des finances et de l’économie libérées du Riba et des pratiques ribawi contre lesquels Allah a déclaré la guerre.

Le cinquième axe est l’exercice politique :

Si l’économique est l’enjeu réel, le politique compris comme œuvrer pour l’intérêt public est le plus déterminant car il va organiser les pouvoirs sinon mener la lutte pour que la résistance contre la dictature politique, économique et étrangère soit mobilisée et efficace. Nous voyons par exemple sur le plan économique comment le Coran a placé le politique pour que l’économique ne soit pas confisqué par les nantis et les opulents :

…afin que cela ne circule pas exclusivement parmi les riches d’entre vous Al Hashr – v7

Et si Nous Voulons Faire périr une Cité, Nous accordons le pouvoir à ses opulents : ils s’y livrent à la perversité. Alors le châtiment lui incombe. Al Isra – v16

Sans exercice politique, le peuple ne peut donc s’approprier son territoire ni participer en tant que maitre d’usage et encore moins fournir des élus et des compétences pour conduire la maitrise d’ouvrage, la maitrise d’œuvre, la maitrise d’exécution et la maitrise d’expertise. Il restera juridiquement, économiquement et politiquement un incapable, un marginal. Comme les versets le montre, la lutte politique va arracher la confiscation des richesses par les parasites et les opulents et moraliser la vie sociale, politique, culturelle, communicationnelle, informationnelle, médiatique, commerciale et institutionnelle. La moralisation n’est pas un discours bigot moralisateur mais des praxis politiques, sociales et économiques où le peuple exerce sa souveraineté par la participation, par le contrôle et par sa reconnaissance qui donne légitimité ou rend illégitime un pouvoir, une propriété. C’est par l’exercice politique que le peuple va former sa conscience sociale et politique qui fera de lui le regard qui approuve ou désapprouve, encourage ou interdit telle pratique et tel comportement selon la conformité ou non à ses valeurs, à ses coutumes, à ses lois…

Revenons au verset sur lequel nous avons construit notre exposé sur les cinq maitres, les cinq piliers, les cinq exercices de souveraineté et d’aménagement sur le Territoire (Makane) sur lesquels se fondent la planification et la programmation urbaine, industrielle, agricole, technologique et scientifique :

Ceux qui, si Nous leur Accordons pouvoir sur terre, accomplissent la Salat, s’acquittent de la Zakat, commandent le bon usage et interdisent le répréhensible. Et c’est à Allah qu’appartient l’issue des choses. Al Hajj – v40

Ce verset, qui définit la vocation du Musulman sur son territoire, a présenté, évoqué la Salat car elle est la quintessence de l’Islam, la moralisation ontologique et sociale qui garantit la vertu et l’exigence de respecter les dignités, ainsi que le caractère institutionnel de l’exercice de la politique comme le précise les versets suivants :

Et ce qui est auprès d’Allah est meilleur et plus permanent, pour ceux qui sont devenus croyants et se fient à leur Seigneur, et ceux qui évitent les plus graves des péchés et les paillardises, et qui, s’ils se mettent en colère, Pardonnent. Et ceux qui ont répondu (favorablement) à leur Seigneur, qui ont accompli la prière, et dont leur affaire est une consultation entre eux, et qui dépensent de ce que Nous leur Octroyâmes, et ceux qui, s’ils sont frappés de tyrannie, triomphent. La punition d’un mal est un mal pareil. Quiconque pardonne et s’amende, sa rémunération incombe alors à Allah. Il n’Aime pas les injustes.

Et quiconque triomphe après avoir subi une injustice : Ceux-là alors ne leur incombe aucune responsabilité. Mais la responsabilité incombe à ceux qui sont injustes envers les gens, et qui tyrannisent de par la terre sans juste cause. Ceux-là auront un douloureux châtiment. Et quiconque persévère et Pardonne : Cela est vraiment de la haute détermination. As Choura – v36 à 43

Ces versets bien entendu renforcent le premier axe, celui de la résistance, en rendant obligation de triompher de l’injustice, de l’oppression sans outrepasser les limites morales ni transgresser les prescriptions divines ni demeurer dans un état de guerre à l’infini. Le Fiqh islamique est très éloquent et très détaillé même si nous voyons ces derniers temps des savants, des gourous se réclamant de l’Islam passer outre et imposer leurs opinions, leur esprit de revanche et l’agenda de l’OTAN, des États-Unis, de la France et de l’entité sioniste avant les intérêts de leurs peuples et les règles islamiques.

Ces versets instituent d’une manière formelle l’exercice politique du peuple avec cette remarquable conjugaison du spirituel, du politique et de l’économique « qui ont accompli la prière, et dont leur affaire est une consultation entre eux, et qui dépensent de ce que Nous leur Octroyâmes ». Cette règle est renforcée par l’injonction faite au Prophète qui est notre modèle de référence :

C’est grâce à la Miséricorde d’Allah que tu es doux envers eux. Si tu étais brutal, rude de cœur, ils se seraient détachés de toi. Soit donc magnanime envers eux, implore pour eux le Pardon, et consulte-les dans la prise de décision. Et si tu prends ta décision, alors fie-toi à Allah. Certes, Allah Aime ceux qui se fient à Lui. Al ‘Imrane – v159

Tous ces versets traitent de la constance sur la méthodologie islamique qui a institué l’exercice politique en libérant l’homme du culte du Taghut et en refusant les cultures d’empires des Perses et des Byzantins ou le système des castes de l’Inde ou de la Chine ou le système des hiérarchies religieuses des Juifs et des Chrétiens. L’exercice politique est un devoir car c’est par lui que se fait le Tamkine de la Oumma (la territorialisation).

Il ne s’agit pas ici de débattre des controverses théoriques et méthodologiques ou doctrinales sur le vote, sur les institutions ou sur le rapport entre Choura et démocratie. Au-delà des mots, ce qui nous intéresse ici c’est l’affirmation de l’exercice libre et populaire de la politique pour garantir la souveraineté du peuple contre le monopole, les oligarchies, les polyarchies, les monarchies, les autocraties et l’anarchie. Ce qui nous intéresse est de donner un contenu et une finalité à l’exercice politique et aux institutions à travers lesquelles s’exerce la politique. Il ne s’agit pas d’imiter l’Orient ou l’Occident mais d’être capable de produire une pensée politique autonome et féconde pour imaginer un système inédit ou plus adapté à nos réalités sociales, culturelles, historiques, religieuses et territoriales dans la concertation responsable et transparente. Ce serait un faux débat que de mettre la souveraineté du peuple comme antinomique avec la Souveraineté d’Allah, de le rendre comparables ou de les confondre.

La priorité est de rendre l’exercice politique un acte populaire libéré des forces de l’argent, des appareils bureaucratiques et sécuritaire et à l’abri des manipulations médiatiques. C’est à ces conditions que le politique (l’homme) et la politique (la mise du territoire au service du Musulman et de ses dignités) prennent leur sens dans nos valeurs, dans notre histoire et dans l’avenir des générations montantes. Tout faux clivages, en ces moments, est de la diversion idéologique, de la subversion étrangère, de la confusion.

La maitrise du territoire et le pouvoir politique despotique

Il serait faux de croire que le soulèvement armé,  la désobéissance civlile ou  la compétition politique à travers des partis politiques est la garantie dans un pays musulman d’emergence et d’exercice des cinq maitres du territoires et des cinq maitrises du territoires qui édifient la prospérité et la souveraineté du peuple sur son destin et ses ressources. Tout ce qui provoque la sédition et l’atteinte à la vie humaine est facteur de regréssion et de perdition. Même si le pouvoir en place est despote, corrompu et injuste il suffit de respecter les lois coraniques pour que Allah transforme la peur en quiétude,  la faim en abondance de bien, l’injustice en justice, l’oppression en liberté. La réforme politique, économique et religieuse n’est pas l’oeuvre des partis politiques ni l’imposition par la force mais le résultat de l’effort des réformateurs qui agissent au sein de la société et des rouages de l’Etat, de l’administration et des centres de décision ou d’éxécution des maitrises d’ouvrage, d’oeuvre, de certification,  d’exécution et d’usage dans tous les domaines. Nous avons cité l’exemple des réformateurs comme Salah et Cho’aïb face à à la corruption des valeurs mais aussi face à la force maléfique des corrupteurs qui sèment lme désordre et la terreur. C’est l’acte réformateur accompli par des réformateurs agrées par Allah qui apporte le développement,  la propspérité du territoire et la souverainté d’un peuple sur son territoire. Ces réformateurs vont impulser une dynamique de réformes qui va se généraliser et s’accélérer dans l’Etat, les administrations, les institutions, l’économie et la société. Lorsque Allah agréé ces Réformateurs il leur donne promotion pour conduire les réformes ou Il leur donne le pouvoir sinon il chatie le peuple et ses gouvernants qui ne veulement pas suivre les réformateurs qu’Il a agréé. Ces réformateurs n’ont aucune visée mondaine ni politique, leur dessein est de servir Allah et la communauté de musulmans. Tout musulman qui sape l’unité des musulmans ne peut être réformateur. Tout musulman qui agit pour briguer un poste ou une parcelle du pouvoir n’est pas réformateur car il va à l’encontre de la volonté d’Allah qui choisit ceux qui luttent sincèrement dans sa voie et pour sa cause. Ceux-là sont préoccupés par l’obeissance à Allah (swt)  et à Son Prophète (saws) :

وَعَدَ اللَّهُ الَّذِينَ آمَنُوا مِنْكُمْ وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ لَيَسْتَخْلِفَنَّهُم فِي الأَرْضِ كَمَا اسْتَخْلَفَ الَّذِينَ مِنْ قَبْلِهِمْ وَلَيُمَكِّنَنَّ لَهُمْ دِينَهُمُ الَّذِي ارْتَضَى لَهُمْ وَلَيُبَدِّلَنَّهُمْ مِنْ بَعْدِ خَوْفِهِمْ أَمْنًا يَعْبُدُونَنِي لا يُشْرِكُونَ بِي شَيْئًا وَمَنْ كَفَرَ بَعْدَ ذَلِكَ فَأُوْلَئِكَ هُمُ الْفَاسِقُونَ

{Dis : « Obéissez à Allah et obéissez au Messager ». Si alors ils se détournent, il ne lui incombe que ce dont il fut chargé, et il ne vous incombe que ce dont on vous a chargés. Et si vous lui obéissez vous serez guidés, et il n’incombe au Messager que la transmission évidente. Allah promet à ceux qui sont devenus  croyants d’entre vous, et ont fait les œuvres méritoires de faire d’eux, véritablement, les successeurs sur la terre, comme Il a fait de ceux qui furent avant eux, des successeurs, et d’accorder plein pouvoir à leur religion, qu’Il a agréée pour eux, et qu’après leur inquiétude, Il la leur changera en sécurité. Ils M’adorent et ne M’associent  absolument rien. Et quiconque renie après cela, alors ceux-ci sont les pervertis.  Alors accomplissez la Salàt, et acquittez-vous de la Zakàt, et obéissez au Messager, ainsi il  vous sera  fait miséricorde.} An Nour 52 à 56

الَّذِينَ إِنْ مَكَّنَّاهُمْ فِي الْأَرْضِ أَقَامُوا الصَّلَاةَ وَآتَوُا الزَّكَاةَ وَأَمَرُوا بِالْمَعْرُوفِ وَنَهَوْا عَنِ الْمُنْكَرِ وَلِلَّهِ عَاقِبَةُ الْأُمُورِ

{Ceux qui, lorsque Nous leur accordons autorité sur un territoire, accomplissent la Salàt, s’acquittent de la Zakàt, commandent le bon usage et interdisent le répréhensible. Et c’est à Allah qu’appartient l’ultime décision.} Al Hadj 41

 

La préférence étrangère et la maitrise du territoire

Ceux qui pourraient être alléchés par un scénario libyen, croyant naïvement ou hypocritement, que l’OTAN, les États-Unis et la France sont des œuvres de charité et de bienfaisance internationale et qu’ils n’ont pas des objectifs stratégiques et géopolitiques, devraient peut-être relire la carte du monde et relire le Coran ou méditer la Fatwa de Cheikh Al Ibrahimi contre le colonialisme :

Ceux qui prennent les mécréants comme protecteurs au lieu des croyants, recherchent-ils auprès d’eux l’invincibilité ? Certes, l’invincibilité en totalité appartient à Allah. An Nissa – v139

Quiconque recherche de la considération, c’est à Allah qu’appartiennent les égards en totalité. Vers Lui monte la bonne parole, et l’œuvre vertueuse, Il l’Élève. Et ceux qui édifient des stratagèmes de nuisance auront un sévère châtiment. Et la ruse de ceux-là se perdra d’elle-même. Fatir – v10

Le Territoire perd sa vocation coranique quand le colonialisme externe et le despotisme interne profanent et souillent ce qui donne sens et consistance : Les hommes, les idées, l’exercice politique et économique, l’organisation et le vivre ensemble. Désacralisé et souillé l’homme devient un fragment de Wahn mis en reproduction pour faire éclater son territoire et donner la préférence à l’Etranger. Ceci n’est pas nouveau. C’est ainsi que la regression et la décadence du monde musulman a commencé comme l’explique Ibn Khaldoun : « on voit toujours la perfection dans la personne d’un vainqueur (…) Le vaincu adopte alors les usages du vainqueur et s’assimile à lui : C’est de l’imitation pure et simple.».

La dégradation morale et idéique du mimétisme pousse à une dépendance idéologique, politique, économique et culturelle des dominés envers le dominant les réduisant à l’impuissance et au Wahn. Ibn Khaldoun explique : « quand un peuple perd le contrôle de ses propres affaires, est réduit comme en esclavage et devient un instrument aux mains d’autrui, l’apathie le submerge. […] Les vaincus s’affaiblissent et deviennent incapables de se défendre. Ils sont victimes de quiconque veut les dominer et la proie des gros appétits (…) Lorsqu’un peuple perd le contrôle de ses propres affaires et devient l’instrument d’autrui ».

Le colonialisme et le despotisme souillent le Territoire et le brisent par un processus de détéritorialisation qui fait fuir les valeurs, la spiritualité, les idées, les compétences, le vivre ensemble, l’argent… Il devient un comptoir commercial ou une base coloniale : Un lieu de pillage des ressources et d’excursion des agressions contre les indigènes et les voisins. Ce sont deux schémas qui produisent un territoire artificiel qui fait fuir et qui désintègre. L’artificiel, même sous des apparats sensationnels, est un phénomène de détéritorialité car l’homme est accessoire. Ces sont les idées des autres qui s’exercent contre les valeurs du peuple poussé au rempli, à la fuite, à la corruption ou à l’exil.

Aujourd’hui nous sommes confrontés comme en 1954 et en 1962 à la même loi coranique du changement :

Allah ne Modifie rien en un peuple jusqu’à ce qu’ils changent ce qui est en eux-mêmes.} Ar Ra’âd – v11

Nous devons réaliser une nouvelle territorialisation fondée sur un changement ontologique et un consensus social qui donne à la société et ses valeurs le pouvoir libre de fédérer, de codifier, de normaliser et d’arbitrer sur le plan politique, économique et culturel. Changer sous l’impulsion du colonialisme et lui ressembler, ou changer par nous mêmes et ressembler à nous-mêmes? Nous pouvons être libres si nous redonnons de la considération à l’Homme qui habite le Territoire et lui permettre de reconstruire son autonomie dans ses idées, son argent, son organisation,ses hommes et son sol.

En brisant tous les liens de dépendance et de servitude avec le despotisme et avec la colonisation, nous pouvons alors opérer le processus de territotalisation qui consiste à faire du territoire une force d’attraction.  La Wasatiya, comme centre de gravité des forces centripètes qui produisent de la richesse, de la liberté, de la culture, des idées et de la résistance contre l’oppression et l’injustice. La Wasatiya comme reseau de centres de rayonnement civilisateur.

Le Territoire n’a de réalité et de devenir que dans sa capacité interne et autonome à être structurant et captivant pour ses membres : Être fédérateur, intégrant, rassurant, stabilisant et promoteur. C’est dans ce cadre que faire du retour à l’héritage arabo-islamique devient signifiant car il s’inscrit dans une ingénierie libératrice et civilisationnelle confiée à tous, et non dans l’apologie d’un passé révolu confiée à des charlatans.

وَالَّذِينَ هَاجَرُوا فِي اللَّهِ مِنْ بَعْدِ مَا ظُلِمُوا لَنُبَوِّئَنَّهُمْ فِي الدُّنْيَا حَسَنَةً وَلَأَجْرُ الْآخِرَةِ أَكْبَرُ لَوْ كَانُوا يَعْلَمُونَ

Et ceux qui se sont exilés pour Allah après avoir subi injustice, Nous les Établirons certainement dans une position prééminente dans le monde. Et sûrement, la rémunération de la vie Future est plus grande, s’ils le savaient An Nahl – v41

 

Omar Mazri

Le Phénomène Coranique – Malek Bennabi

Dans l’effort d’éveil des consciences contre la dérive de l’explication eschatologique de l’histoire qui nous rend semblables à des êtres atteint de démence et de paralysie intellectuelle n’attendant la fin de nos tourments que dans l’attente de l’apocalypse ou la venue du Messie ou du Mahdi version talmudique de l’Islam voici un livre qui explique du point de vue phénoménologique, sociologique, psychologique, historique et linguistique la Révélation coranique et son impact sur Mohamed Modèle universel de miséricorde sur lequel nous devons calquer nos comportements. Le Ghayb est trop compliqué pour qu’il sot révélé dans ses détails et ses termes à des créatures dotées de raison limitée pour le comprendre mais apte à agir sur la réalité des faits tangibles et dialectiques.

Dans l’effort d’éveil des consciences contre le travail de débilisation et d’infantilisation des Fatwas venant du Moyen-Orient archaïque fidèle serviteur du sionisme et de l’Empire voici la puissance cognitive et imaginative de Malek Bennabi qui apporte l’éclairage juste et sensé sur l’apparition de l’Islam et sa capacité à transformer l’homme et son milieu pour en faire des libérateurs et des civilisateurs. Nous sommes à l’opposé de la tristement célèbre et récente Fatwa   » Un homme et une femme peuvent cohabiter dans un même bureau à condition que l’homme tète le sein de sa collègue femme afin qu’elle puisse être considérée comme sa sœur de lait.« 

Voici la réponse magistrale d’un homme qui a consacré sa vie à l’éveil du Musulman pourqu’il affronte avec des idées et des concepts  la lutte idéologique menée contre sa religion et sa civilisation. Il avait tranché depuis plus de 60 ans un débat qui continue de passionner les apprentis musulmans sortants des écoles franco musulamnes acquises aux thèses des orientalistes falisificateur du sens des versets coraniques et de l’histoire de la biographie du Prophète par leur capacité à s’imposer à nous comme prescripteurs de lecture et comme modèles de formatage des esprits nous amenant non seulement à démissionner mais à nous installer dans le confort perfide de l’auxilliaire de service de la pensée coloniale et post coloniale qui a façonné notre mentalité de colonisé.

Lisez ce livre vous sortirez rajeunis, transformés et libérées du mimétisme et de la redondance ennemis de la créativité et de l’adaptation aux problèmes de notre temps. Vous y verrez l’esprit moderne qui apporte  en filigrane la réponse claire et définitive sur la modernité de l’Islam comprise comme effort cognitif, méta cognitif et psychosociale pour produire ses idées, ses matériaux et ses hommes les plus aptes à répondre aux défis de leur époques avec les normes et les références immuables de leur Créateur et de leur Prophète. Les Musulmans, en lisant ce livre prendront conscience de la différence entre les idées qui font la modernité comme un processus permanent de civilisation et l’accumulation des choses produites par la modernité occidentale que nous confondons faute de repères et de référentiel stable sur notre identité, notre implication dans les causes justes, notre rôle dans l’histoire universelle.

Le Maghreb a produit de grands hommes au service de l’Islam et de la lutte contre l’oppression. Il est de notre devoir de leur donner vie. Ce n’est pas un appel au sectarisme contre le Machreq mais un devoir de mémoire, de justice et de libération tout particulièrement en ces moments où la pensée rétrograde des islamo otanesques et des pétro dollars ruine plus que jamais notre personnalité et notre apport allant jusqu’à nous imposer leur socio code et leur géo codes produits par leur décadence comme vérité islamique contrairement à tout bon sens religieux et historique. C’est notre devoir que de nous inscrire dans le processus de rayonnement de l’Islam qui a quitté assez tôt l’Arabie pour être repris par les Perses, les Indiens, les Egyptiens, les Berbères et les Asiatiques qui ont profité et ont fait profiter l’humainté des Lumières de l’Islam et de l’efficacité de la langue arabe pour développer de la pensée, des arts et de la spiritualité que l’Arabie ne sait toujours pas développer car l’esprit du bédouin autarcique a pris le pas sur l’ouverture et la mobilité de la pensée islamique. Le Maghreb de rite malékite a matière suffisante en terme de fiqh rigoureux sans éprouver le besoin d’importer elui des autres. Les autres ainsi que le Maghreb ont besoin de revifier ou de produire de la pensée universelle à l’image de celle de Malek Bennabi.

Malek Bennabi est aussi un espoir pour la génération musulmane née ou vivant en France. En effet, de culture francophone, produit de l’école coloniale, issu des grandes écoles françaises il n’était pas destiné à servir l’Islam et l’Algérie mais à servir la France. Seule la conscience de la tragédie algérienne mise dans le puzzle de la tragédie humaine confrontée à la colonisation peuvent conduire un homme à refuser les hautes fonctions de l’administration coloniale pour consacrer sa vie à chercher la vocation de l’Islam, celle du libérateur et du civilisateur de l’humanité. C’est davantage l’attachement à une cause qu’à une identité qui conduit vers l’excellence de l’Islam car l’Islam est le courronnement de l’humanité dans ce qu’elle a de meilleur en noblesse, en beauté, en générosité, en foi. La langue française peut donner des grandes figures à l’Islam comme Malek Bennabi et plus tard Roger Garaudy même si à un moment de leur vie ils comprennent que pour être compris par le peuple arabe et pour mieux comprendre l’Islam le recours à la langue arabe est un passage obligé. Ce passage est une clé, un enrichissement.

Malek Bennabi, qu’Allah t’accorde Miséricorde auprès de Lui et grande considération dans ce bas-monde, et qu’Il nous fasse bénir par la compréhension de ton oeuvre magistrale et de sa transmission au plus grand nombre.

Omar Mazri

TELECHARGEZ LE LIVRE
Le Phénomène Coranique – Malek Bennabi

Hadith – Divergence et diversité : Miséricorde ou malédiction ?

La divergence de ma communauté est une miséricorde اختلاف أمتي رحمة

Ce hadith est l’un des  plus controversés. Certains savants réfutent son authenticité alors que d’autres citant Al Albani le considèrent comme authentique. Sans entrer dans le débat de la chaine de transmission et des transmetteurs qui peuvent être authentifiés comme crédibles alors que le contexte du hadith qui éclaire son sens, sa portée et ses circonstances n’est pas mis en exergue, laissant la communauté en divergence sur un hadith qui traite de la divergence. C’est la pire des catastrophes quand on a à l’esprit le hadith où le Prophète implore Allah de ne pas infliger de catastrophe dans la religion de sa communauté (mauvaise compréhension et mauvaise application de l’Islam).

A – Raisonnement logique

Si on utilise le raisonnement logique on voit que le  syllogisme qui s’est construit sur le vrai ou faux hadith est fallacieux en posant les règles logiques élémentaires qui vont nous mettre en évidence ou bien la fausseté du hadith ou l’imposture intellectuelle de son interprétation :

  • Divergence  >>>>>  Miséricorde
  • Miséricorde  >>>>>> Divergence
  • Convergence >>>>>>  Malédiction

Ce qui est absurde pour l’esprit sensé. Mais pour l’esprit insensé cela n’est pas absurde car il se contente par formalisme et bigoterie de répéter ce qu’il a entendu sans chercher à imprimer dans sa conscience l’idée vraie ou le principe du sens. Cet esprit insensé est l’esprit qui règne en maitre dans l’univers des idées, des comportements du savoir et de la gouvernance du monde musulman et que Malek Bennabi décrit dans le faux syllogisme : «  l’Islam est parfait ; nous sommes musulmans ; nous sommes donc parfaits … parfait comme le néant». A partir de ce constat fondé sur un énoncé faux et des prémisses fausses,  nous ne faisons plus l’effort de réfléchir à notre régression ni la voir ni entreprendre des solutions.

La logique élémentaire nous montre l’erreur et met en évidence l’énoncé coranique qui doit nous faire interroger sur notre statut de musulman sans que moi ou quelqu’un d’autre ne devienne un censeur sur les consciences puisqu’il lui suffit de se comparer à l’esprit du  bédouin réfractaire à l’Islam car il ne veut ni être libéré ni être civilisé ni  donner primat du spirituel sur le temporel :

{Les réfractaires des nomades du désert te diront : « Nos biens et nos familles nous préoccupèrent, implore pour nous l’absolution ! » Ils disent par leurs langues ce qui n’est pas dans leurs cœurs.} Al Fatah – v11

{Les nomades du désert sont plus forts en mécréance et en hypocrisie, et plus aptes à ne pas connaître les normes de ce qu’Allah A Révélé à Son Messager} At Tawbah – v97

{Les bédouins dirent : « Nous sommes devenus  croyants ». Dis : « Vous ne êtes devenus pas croyants, mais dites : “Nous sommes devenus Musulmans [en apparence] ”, car la foi n’est pas encore entrée en vos cœurs ».} Al Hujurate –  v14

La même logique élémentaire nous montre dans le Coran la seconde erreur qui consiste à se croire parfait alors que si nous étions musulmans nous aurions pris conscience que nous sommes des êtres qui sommes perfectibles en quête de perfection.

{Ne faites donc pas votre propre éloge. Il Est Plus-Scient de celui qui a été pieux.} An Nadjm – v32

Nous vivons tous, savants ou étudiants, gouvernés ou gouvernants, hommes ou femmes, loin de l’éthique des Salafs : L’examen de conscience et l’auto critique qui rendent l’esprit vigilant et la crainte des sensualités des plaisirs mondains, des rentes de pouvoir politique ou d’autorité religieuse que la sourate An Nadjm interdit. Sinon nous aurions pris conscience d’une manière dramatique que si nous sommes en divergence dans la compréhension de notre religion et du monde dans lequel nous vivons c’est que nous sommes toujours en régression. Notre régression relève  soit de notre foi imparfaite soit de notre système de représentation du monde erroné du fait de notre système éducatif et formatif, soit de notre comportement futile qui confond les priorités et entretient la confusion,  soit tout simplement de l’obsolescence de nos références  bibliographiques ou socio historiques dans l’étude de la religion, de la société et de l’avenir car nous importons des problèmes et des solutions d’un passé révolu à un présent dont les contradictions sont loin d’être résolues par nos mentalités rétrogrades. Nous faisons le contraire de nos Salafs. Eux ils ont évolué et progressé en imitant personne car en faisant du Prophète leur modèle et du Coran leur méthodologie, ils ont été des pionniers, des édificateurs, des facilitateurs.  Nous revenons en arrière piétinant le passé en faisant son apologie ou en entrant dans la polémique sur ce qui ne peut pas changer le cours de notre destin, brisant ainsi le fil conducteur vers l’avenir :

{Et ne soyez pas comme celle qui a défait son filage, à rebours, après l’avoir solidement filé} An Nahl – v92

Par le raisonnement logique élémentaire et une culture musulmane basique nous parvenons à mettre en doute ou la  validité du hadith ou la crédibilité de sa signification.

B – L’attitude du Musulman face aux divergences :

Si nous sommes divergents sur ce hadith, Allah (swt) nous ordonne en cas de divergence de revenir au Coran en priorité car le Coran est le moule qui a formé le Moi Mohammadien et l’a fait parler comme véhicule d’expression, comme modèle d’impression dans les consciences et  agent de facilitation et d’explicitation et non l’inverse :

{Et si vous êtes en contestation sur quelque chose, référez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour Dernier. Cela est un bien et d’une meilleure interprétation. N’as-tu donc pas vu ceux qui prétendent qu’ils croient en ce qui te fut Révélé et en ce qui fut Révélé avant toi ? Ils veulent recourir au Taghut comme juge, alors qu’il leur a été commandé de mécroire en lui, et Satan veut les fourvoyer un profond fourvoiement. Et si on leur dit : « Venez-en à ce qu’Allah Révéla et au Messager», tu verras les hypocrites te rebuter de vrais rebuts. Qu’en sera-t-il alors si un malheur les frappe, en raison de ce que leurs mains ont commis, et qu’ils viennent à toi ensuite, jurant par Allah : « Nous n’avons voulu que faire le meilleur, et une réconciliation ! » Ceux-là, dont Allah Sait ce qui est en leurs cœurs, détourne-toi d’eux, exhorte-les, et dis-leur sur eux-mêmes des paroles persuasives.} An Nissa, v59 à v63

Le texte coranique, son contexte et son exégèse mettent la lumière non sur une différence ou une diversité admissible mais sur un désaccord majeur et inadmissible car mettant en jeu des croyances, des comportements, des postures et des intérêts diamétralement opposés. Dans ce cas évident, ce n’est pas la divergence qui est miséricorde mais l’arbitrage qui tranche pour concilier, réconcilier ou donner droit à l’ayant droit et mettre fin à la divergence, qui est la Miséricorde. Isoler le fabricant de divergence et le combattre intellectuellement, politiquement et socialement pour éviter la discorde et la subversion dans les rangs des musulmans est un devoir donc une miséricorde pour les Musulmans.

Si jamais nous lisons ces versets d’une manière sélective, hâtive  et  farfelue nous aurions alors commis un grand pêché car nous serions allés contre le sens évident de ces versets et contre le dessein du Coran. Le dessein Divin exprimé dans le Coran n’a pas fait du Coran une divergence ni n’a toléré la divergence pour que nous fassions d’un hadith du Prophète (saws) une divergence ou pire encore une invitation à la divergence. Comment imaginer le Prophète inviter à la divergence ou imaginer un Musulman sensée croire qu’il puisse inviter à la divergence ou mieux encore la considérer comme une divergence alors qu’elle sape l’unité de la communauté et sa fraternité :

Comment tolérer cette confusion alors que 17 fois par jour, au moins, nous répétons :

{Guide-nous vers le chemin de rectitude} Al Fatiha  – v6

Comment tolérer cette confusion alors que le Coran lui-même s’affiche dès les premiers versets comme « sans aucun doute » ne tolérant aucune posture idéique ou spirituelle menant vers l’embarras, la confusion, l’obscurité, l’absurde, l’insensé, le scepticisme, l’indétermination, l’incertitude, l’équivoque, l’ambigüité, la suspicion et tout facteur qui puisse semer la contradiction, l’erreur, la confusion ou  l’égarement :

{Ce Livre-là, sans aucun doute, est une Direction infaillible pour les pieux} Al Baqara – v1

Comment tolérer cette confusion alors qu’il est la norme de notre raisonnement, de notre comportement, de notre jugement et qui s’affirme comme évidence, clairvoyance, critère, rectitude, infaillibilité, vérité, réalité incontestable :

{Et Nous te Révélâmes le Livre explicitation de toute chose, et Direction infaillible, et Miséricorde, et bonne nouvelle pour les musulmans.} An Nahl – v89

L’Islam est venu mettre fin au doute, à la confusion et aux divergences en apportant les clarifications et à cet effet il a accordé l’infaillibilité à Son Prophète (saws) qui allait affronter jusqu’à la nuit des temps les détracteurs, les contradicteurs, les négateurs et les sceptiques jusqu’à la nuit des temps :

{Par l’étoile quand elle tombe, votre compagnon  n’a été ni fourvoyé ni induit en erreur, et il ne prononce rien de sa propre passion. Ce n’est qu’une inspiration  inspirée. L’a instruit le fort-puissant(Gabriel), doué d’une perspicacité authentique, accompli, alors qu’il se trouvait à l’horizon supérieur, puis il s’approcha et se pencha. Il fut alors comme le centre d’un arc ou plus près encore. Alors Il Inspira à Son dévoué ce qu’Il A Inspiré.} An Nadjm – v1

C – Différenciation  sémantique dans le Coran entre diversités et divergence.

1 – Le terme اختلاف signifie différence, diversité ou alternance.

Toute la création témoigne de la loi de l’harmonie où on voit la diversité et les variations dans l’unité et où on voit en même temps l’unité se manifester par des différences pour témoigner de l’Unicité d’Allah :

{Votre Dieu est un Dieu Unique. Il n’y a d’autre Dieu que Lui, le Miséricordeur, le Miséricordieux. Il y a certes dans la création des Cieux et de la terre, dans l’alternance de la nuit et du jour, dans les navires qui voguent sur la mer avec ce qui est profitable aux Hommes, dans ce qu’Allah Fit Descendre d’eau, du ciel, avec laquelle Il Ranima la terre après sa mort et y Insuffla de tout être vivant, et dans les effets des vents et les nuages assujettis entre le ciel et la terre, des Signes pour des gens qui raisonnent.} Al Baqara – v164

{Et parmi Ses Signes : la Création des Cieux et de la terre, et la diversité de vos langages et de vos couleurs. Certes, il y a en cela des Signes pour les savants.} Ar Rum – v22

Que le hadith soit authentique ou faux il ne change rien à la réalité du monde. Allah est Un. Tout ce qui n’est pas lui est multiple, divers. Il serait par contre absurde de donner au terme Ikhtilaf  le sens de divergence alors que le sens de diversité, de différenciation, de variétés, d’alternance et de différences est là pour signifier la bénédiction, la richesse, la miséricorde. Sans cette différence, il ne pourrait y avoir miséricorde, amour, attraction et quête de complémentarité pour former le couple dans l’humain et dans toute la création :

{Et parmi Ses Signes : qu’Il A Créé pour vous, de vous-mêmes, des conjoints afin que vous y trouviez quiétude, et A Mis entre vous affection et miséricorde. Certes, il y a en cela des Signes pour des gens qui méditent.} Ar Rum – v21

2 – Le terme اختلاف signifie divergence, contradiction, opposition

Allah envoie un Prophète pour remettre les communautés humaines sur le droit chemin, la concorde et la saine Fitra. Jésus a été envoyé à un peuple éclaté, fragmenté et dispersé. Il y avait les romanisant ceux qui étaient fascinés par l’administration et la force militaire de l’empire romain à qui soient ils prêtaient allégeance, soit ils cherchaient à s’en libérer et à trouver un roi de leur race et de leur religion pour les gouverner et partir à la conquête des autres peuples. Il y avait les hellénisants qui voyaient dans la rhétorique, la philosophie et l’esthétique grecque le summum de la culture et qui parlaient le grec alors que les autres parlaient le latin. Il y avait les Pharisiens ces bigots hypocrites et formalistes serviteurs du temple et amis des marchands et des pouvoirs et qui cherchaient à instrumentaliser la religion à des desseins personnels. Il y avait les intégristes qui voulaient revenir à la loi de Moise et l’appliquer à la lettre et avec rigorisme dans une société devenue licencieuse. Cette communauté  fragmentée comme la notre en ces temps étaient en divergence de vision doctrinale, civilisationnelle, sociale, politique, culturelle avant, pendant et après Jésus :

{Et quand Jésus vint avec les évidences, il dit : « Je suis venu à vous avec la sagesse, et pour vous montrer un peu de ce sur quoi vous divergez ; craignez donc Allah et obéissez-moi. Certes, Allah Est mon Seigneur et votre Seigneur, adorez-Le donc, cela est un chemin de rectitude ». Alors les factions divergèrent entre elles. Malheur à ceux qui furent injustes du châtiment d’un Jour douloureux !} As Zukhruf – v63

Ainsi la divergence sur Jésus s’est maintenue jusqu’à notre temps : Sur sa déité, sa mort, sa crucifixion, son Évangile entre les Juifs et les Chrétiens, entre les Chrétiens et les Musulmans et entre les Chrétiens eux-mêmes

{Lorsque Allah Dit à Jésus : « Je Vais te Rappeler, Je t’Élèverai vers Moi, Je te Purifierai de ceux qui sont devenus  mécréants et Je Mettrai ceux qui t’ont suivi, au-dessus de ceux qui sont devenus  mécréants, jusqu’au Jour de la Résurrection. Ensuite vers Moi sera votre retour et Je Jugerai parmi vous sur ce dont vous divergiez.} Al ‘Imrane – v54

Sur les voies doctrinales, méthodologiques, idéologiques et religieuses entre les Juifs, les Chrétiens, les Mécréants et les Musulmans, il y une divergence fondamentale car elle touche le dogme et le credo de la foi. Sur le plan de l’arbitrage par la loi ou par le recours à une norme, il y a jugement impartial que s’il y a divergence qui rend les convictions et les intérêts inconciliables ce qui n’est pas le cas dans la diversité et la différence où la coexistence est possible et ce n’est pas le cas dans  l’alternance ou la succession dans le temps fait que l’un disparait ou devient dominé alors que l’autre émerge et devient dominant le temps d’accomplir son cycle de vie et de le mener au terme prescrit. Le verset suivant est dans un contexte de divergences, d’opposition et de positions inconciliables :

{Juge donc entre eux d’après ce qu’Allah A Révélé. Ne suis pas leurs passions au lieu de ce que tu as reçu de la Vérité. A chacun d’entre vous Nous Fîmes une Loi et une Méthode. Si Allah le Voulait, Il vous Aurait Fait une seule communauté, mais c’est pour vous éprouver en ce qu’Il vous A Donné. Concourez donc en œuvres de bienfaisance. Vers Allah sera votre retour en totalité. Il vous Informera alors sur ce dont vous divergiez.} Al Maida – v48

Le Coran est un miracle et un de ses miracles est la polysémie et le niveau d’intelligibilité. Il forme l’intelligence et la démarche de tisser des réseaux de sens pour que le Musulman affronte un monde d’épreuves, de contradictions et de confusions et l’intelligence est nécessaire pour clarifier et ne pas se tromper ni sur les enjeux ni sur les alliés ou les ennemis. Par ailleurs il s’ouvre comme un accordéon : Il est accessible à tout un chacun pour lui donner le sens juste mais il réserve les sens complexes et le ravissent intellectuel et spirituel à ceux qui le parcourent avec amour et intelligence leur dévoilant ses joyaux de sens sans fin faisant de la méditation sur le Coran un appétit insatiable et exigeant à la fois.

Ce principe de polysémie fait que le Hadith sur al Ikhtilaf  اختلاف أمتي رحمة   –  qu’il soit authentifié ou non authentifié – ne peut et ne doit être compris que comme « la diversité de ma communauté est une miséricorde »

D –  Le sens authentique

Allah a parachevé cette religion par l’ultime Révélation et l’ultime Prophète et de plus Il l’a rendue facile pour qu’il n’y ait point de divergences qui sapent l’unité, la grandeur et la fraternité d’une communauté appelée à coordonner ses efforts en synergie, à coopérer chacun apportant sa grande ou modeste contribution, à fédérer les différences et les diversités comme une bénédiction :

{Certes, celle-ci est votre Communauté, une Communauté unie, et Moi Je Suis votre Seigneur, adorez-Moi. Mais ils divergèrent entre eux. Ils seront tous ramenés vers Nous.} Al Anbiya – v92

Il vous Légiféra de la religion ce qu’Il Avait Commandé à Noé. Et ce que Nous t’Avons Inspiré, et ce que Nous Commandâmes à Abraham, à Moïse et à Jésus : instaurer la religion et n’y divergez point. As choura – v13

Si à ces versets éloquents on ajoute le hadith qui affirme que jamais la communauté musulmane ne se réunit sur un égarement nous sommes dans la consécration de la diversité et la réfutation totale de la divergence.

Pour se donner une compréhension de la diversité dans l’Islam il faut voir la divergence comme des véhicules marchant à sens opposé sur une route étroite et qui finissent pas se télescoper. Il faut voir la diversité et les différences comme des véhicules différents allant dans le même sens sur une autoroute à sens unique et assez large permettant une certaine autonomie dans la vitesse et le dépassement. La différence autorise des niveaux de compréhension différents. C’est comme des vecteurs colinéaires sur une même direction et de même sens mais à des intensités et des positions différentes du fait de l’assise intellectuelle et de l’expérience différente. C’est un peu le sens du verset :

{Ceux qui ont lutté en nous nous les guiderons vers nos voies. Certes Allah est avec ceux qui agissent au mieux} Al ‘Ankabout – v69

En effet on ne doit pas trouver des voies opposées car ce ne serait plus une communauté mais des communautés en opposition ou plutôt deux sectes. Il est entrain de nous arriver ce qui est arrivé aux Gens du Livres comme le dit le Coran diverger non par ignorance mais diverger en possession de science et de savants :

{Et ne soyez pas comme ceux qui se désunirent et divergèrent à partir du moment que leur vinrent les évidences. Ceux-là auront un immense châtiment.} Al ‘Imrane – v105

{Et ils ne se désunirent, par tyrannie entre eux, qu’après avoir reçu la Science. Et ne fût-ce un Décret préalable de ton Seigneur, jusqu’à un terme fixé, c’en aurait été fait parmi eux.} As Choura – v14

E – Pourquoi ces contradictions et ces divergences

Nous sommes fragmentés par le Wahn à l’image de la colonisation qui nous a habités faisant de nous ce puzzle issu de  Sykes-Picot et de l’implantation sioniste que Sheikh Azzedine Al-Qassam a décrit : «Sans l’Islam, nous ne sommes que des tribus sans lien, chacune préoccupée par ses propres considérations étroites. »

{Si ton Seigneur Voulait, Il Aurait Fait les Hommes une seule communauté. Et ils continuent à diverger. Sauf ceux que ton Seigneur Prit en Sa Miséricorde. Et c’est pour cela qu’Il les A Créés.} Hud 118

Sur ce verset à titre d’exemple nous pouvons à la suite des savants et des exégètes avoir des interprétations différentes sur les quêtes de sens que nous devons effectuer  pour comprendre la création humaine, la portée et la dimension de l’adoration d’Allah, sur les missions à réaliser pour bénéficier de Sa Miséricorde. Si nous nous inscrivons dans une logique insensée pour être divergent sur la foi, le culte et la charia c’est que les mots ne signifient plus rien. La diversité de lecture d’un hadith ou d’un verset ne peut amener à la divergence car celle-ci est le refus  de l’inégalité dans l’intelligence, la sensibilité et la compétence de lire et tirer signification. La diversité c’est accepter toutes les lectures puisque l’essentiel n’est pas nié en l’occurrence : Allah est le Créateur, Allah est l’Adoré, Allah est le Miséricordieux ; l’homme est la créature devant adorer Allah, l’indigent qui a besoin de la miséricorde divine, l’intelligence qui cherche à comprendre et qui  se distingue  dans la manière,  le contenu  et la finalité de sa compréhension et de ses sources de savoir. C’est la prérogative et le sage dessein divin de créer les différences et de faire de ces différences l’expression de Sa Miséricorde et de Sa Bénédiction pour l’humanité :

{Ces Messagers-ci, Nous Avons Préféré certains d’entre eux à d’autres : il en est à qui Allah A Parlé, et Il Éleva certains d’entre eux quelques degrés} Al Baqara 253

{Nous Élevons qui Nous Voulons de quelques degrés. Certes, ton Seigneur Est Sage, Omniscient.} Al An’âme 83

{C’est Lui qui Fit de vous des remplaçants sur terre, et Éleva certains d’entre vous au-dessus d’autres, de quelques degrés, pour vous Éprouver en ce qu’Il vous A Donné. Certes, ton Seigneur Est Prompt à la punition et Il Est sûrement Pardonneur, Miséricordieux.} Al An’âme 165

La divergence c’est quand il n’y a plus de convergence sur les références du savoir et de l’action, la finalité des buts et l’éthique des moyens. La divergence c’est quand il n’y a plus d’accord sur le sens à donner, la voie à emprunter, la solution à choisir du fait de l’ignorance ou de la confusion sur la compréhension des prescriptions divines et des enseignements mohammadiens allant à la fracture sociale, à la discorde, à la haine et à la violence verbale ou physique.

La question qui frappe l’esprit est celle de la divergence des savants censés représenter la communauté et la fédérer au lieu la fragmenter et de la dissiper. La réponse est complexe car il faut revisiter notre histoire et notre patrimoine intellectuelle et remettre de l’ordre aussi bien dans notre passé que dans notre pensée. Dans cette obsolescence intellectuelle Il y a le poids de l’acquisition et des institutions du savoir qui produisent d’un côté le savant et de l’autre qui produisent le consommateur de son savoir et qui sont tous deux frappés des mêmes carences celles de la décadence du monde musulman qui a produit le colonisable incapable de produire une pensée saine, celle de l’effraction du colonialisme qui a produit le colonisé incapable de réfléchir en termes de libération et de civilisation et celles de l’importation mimétique des choses de l’Occident sans voir les idées perverses qui sont derrière et qui produit la colonialité ou le maintien de la décadence sous un habillage moderne.

La technique et la science ne sont pas neutres. Le compagnon du Prophète libéré de toute forme d’aliénation produisait son savoir. Il avait deux clés : Mohamed (saws) comme modèle vivant et la langue arabe, celle du Coran, qu’il maniait avec art même s’il était illettré et lui rendait facile l’écoute et la compréhension du Coran sans maitre à penser ni gourou.  Pris dans le despotisme politique qui fait du savant un fonctionnaire, un rentier, un courtisan ou un rebelle qui provoque pour avoir la considération le savoir non seulement a perdu son objectivité et son efficacité mais il est devenu stérile car il transporte toutes les carences et toutes les défaillances de la société dont le savant ou l’intellectuel est issu.

Il y a  derrière la différence linguistique une différence méthodologique entre les termes coraniques ou les termes du Prophète comme Ta’âllum ou Taffakuh ou Taddabur qui sont l’effort entrepris par celui qui fait effort de partir à la recherche du savoir (Jihad ou Ijtihad) et du Ta’âlim, tafkir ou tadbir qui est le procédé institutionnel de délivrer du savoir. Ce sont deux notions différentes. Le monde musulman a délaissé le musulman et a sanctifié la chose et ainsi  il a  placé l’homme comme être végétatif passif qui s’enflamme, par une main habile, dès qu’on lui donne la divergence, le sectarisme et le Zaïmisme comme os à ronger, écran de diversion. Nos savants produits des institutions morbides et privés du Waqf ou du métier qui leur donne indépendance deviennent bon gré mal gré des instruments de la reproduction élargie du système stérile et confus. Ils n’ont pas la dimension spirituelle et intellectuelle pour activer les mécanismes idéiques, pédagogiques, didactiques et psychosociaux  de l’acquisition, du transfert et de l’accumulation des savoirs, des savoirs faire et des savoirs être. Sinon comment débattre sur la discorde et lui trouver un aspect miséricordieux si en nous il n’y a pas une rupture non seulement dans la personnalité mais dans notre rapport à Dieu et au monde :

{Attachez-vous tous au Câble d’Allah et ne vous désunissez point. Rappelez-vous la Grâce d’Allah envers vous lorsque vous étiez des ennemis, qu’Il Unit entre vos cœurs et vous êtes devenus frères, par Sa Grâce} Al ‘Imrane 103

Le   Habl (câble ou corde) est le  Coran, selon les dires du Prophète. Il  exprime le lien indéfectible entre Allah et Ses Créatures.  Ce verset signifie par déduction logique que s’il y a divergence c’est que le câble est implicitement rompu. La rupture est  le Wahn, l’incompétence des savants,  le délaissement du Coran,  l’arrogance de l’opinion personnelle, l’inexistence de lien d’amour, de respect et de considération pour Allah. Nous sommes des bigots formalistes ou pire nous sommes devenus comme l’allégorie coranique des  ânes qui portent des livres sans en connaitre la valeur ni le sens. En coupant le lien (le Habl) nous redevenons des ennemis c’est à dire des êtres qui divergent sur le plan de la connaissance, des intérêts, de l’idéologie et de la compréhension de la réalité du monde politique, économique, géopolitique. Il n’y a pas d’autres destins pour les Musulmans que le choix entre le Habl d’Allah avec la fraternité et la concorde qui vont  avec ou la rupture du Habl avec la haine et la divergence qui vont avec.

Si sur la religion il ne doit pas y avoir de divergences car  le Coran est clair et évident même si la profondeur du Tafsir (commentaire) et du Ta’wil (interprétation) diffèrent en fonction du niveau intellectuel et spirituel. La divergence  peut être d’ordre temporel sur le plan politique et économique et même sur ce plan là  Allah nous ordonne de régler nos différents en prenant position éclairée et franche pour ne pas laisser s’installer la discorde et la haine :

{Et si deux groupes de croyants se combattent, réconciliez-les. Si alors l’un des deux groupes tyrannise l’autre, combattez celui qui tyrannise jusqu’à ce qu’il revienne à l’Ordre d’Allah. S’il revient, réconciliez-les avec justice et soyez équitables. Certes, Allah Aime les équitables.   Les croyants ne sont que des frères, établissez la concorde entre vos frères. Et prenez garde à Allah, afin qu’Il  vous Fasse  miséricorde.} Al Hujurate 9

Pour que la divergence exceptionnelle ne devienne pas Fitna et habitude sociale les Musulmans sont tenus de revenir au Coran comme arbitre et de combattre celui qui refuse l’arbitrage équitable. Ceci ne s’est pas passé entre Muawiya et Ali et ceci ne s’est pas passé entre Kadhafi et ses rebelles. Les musulmans ont préféré se taire et se joindre au plus fort du moment au lieu de se joindre au plus légitime. Ce n’est plus de la divergence mais de  la trahison envers le Coran et le Prophète. Nous sommes dans mille et une divergences car nous avons rompus avec Allah car nos cœurs ont tellement divergé qu’ils ne peuvent voir le lien (Habl) qui nous unit tous malgré nos différences à un Seul Dieu. Le Coran nous montre que la divergence des cœurs est dû à la mise en panne de nos facultés cognitives que nous dissipons dans le superflu ou dans le sens que veut la lutte idéologique menée contre l’Islam faute de discernement, de consultation, de concertation, d’abstraction du Moi et des intérêts mondains :

{Tu les crois unis, mais leurs cœurs sont dispersés, cela du fait qu’ils sont des gens qui ne raisonnent point.} Al Hashr 14

{Et quand ils dévièrent, Allah Fit dévier leurs cœurs. Allah ne Guide point les gens pervertis.} As Saff 5

Comment oser dire que nous ne sommes pas des déviants alors que nous faisons des surenchères sur Allah manifestant notre manque d’égard envers lui. La divergence entre dans le cœur du Musulman quand il se croit plus apte qu’Allah à se nommer Sunnite ou Chiite, ou malékite ou hanballite ou Takfiiriste ou Ikhwaniste ou  Tablighiste ou Salafiste et qu’il s’imagine être  plus important, plus complet, plus honorable que ce qu’Allah a voulu pour lui :

{O vous qui êtes devenus croyants, inclinez-vous, prosternez-vous, adorez votre Seigneur et faites le bien, afin que vous cultiviez. Et luttez pour Allah comme il se doit de lutter pour Lui. Il vous A Élus et ne vous Imposa nulle gêne en religion, la confession de votre père Abraham. C’est Lui [Allah] qui vous A déjà Nommés musulmans, auparavant, et dans ceci [le Coran] : afin que le Messager soit témoin sur vous et que vous soyez témoins sur les Hommes. Accomplissez donc la prière, acquittez-vous de la Zakat, attachez-vous à Allah, Il Est votre Protecteur, le meilleur Protecteur et le meilleur Défenseur.} Al Hadj 77

Nous sommes dans le délire du wahn et du sectarisme  qui fabrique de la divergence, des clans, des ennemis dans sa propre communauté. Cela n’est pas nouveau. C’est un indicateur de la santé et de l’éveil des Musulmans. La civilisation musulmane n’a pas été linéaire mais elle s’est comportée comme une fonction sinusoïdale qui change d’amplitude et de fréquence. Dans ses moments de crise elle s’invente la fin du monde, Gog et Magog, le Dejjal, le Coran créé ou incréé, s’allier avec l’ennemi ou le désavouer, se soumettre au Taghut ou le combattre, recourir à l’exorcisme ou au fatalisme. Dans ses moments elle perd non seulement son islamité mais son humanité et entre en autarcie vivant ses crises intestinales et ses divergences alors qu’elle est assiégée de toute part par ses adversaires qui convergent en rangs unis et serrés vers ses ressources pour la déposséder et la démembrer comme une carcasse sans vie. L’habit qu’elle porte, burnous, qamis ou costume cravate ne change rien à la nature du mal qui la ronge et aux solutions qui l’attendent depuis trop longtemps déjà.

Le jour où on parviendra à  comprendre que c’est nous qui avons besoin de l’Islam et que l’Islam n’a pas besoin de nous car il est préservé par Allah alors le destin s’accomplira inexorablement comme un Ikhtilah al hadharate (alternance des civilisations) :

{Et si vous vous détournez, Il Substituera un autre peuple que vous, ensuite, ils ne seront pas comme vous.} Muhammad 38

 F- la position du Prophète et des compagnons

On attribue à l’événement de la prière du ‘Asr avant et après son moment par certains compagnons qui ont interprété différemment son ordre  » La prière du ‘Asr à Khaybar » la légalité et la légitimité de la divergence de la communauté. Le palestinien Salah Eddine Abou ‘arfa a montré la fausseté de cette interprétation et il a démontré que le Prophète a prié la prière du ‘Asr la nuit tombée en disant malheurs à ces maudits de Juifs de Khaybar qui nous ont fait retarder la prière du ‘Asr rendant ainsi le Sawab (le sensé) pour ceux qui ont respecté son injonction. Le Prophète ne pouvait laisser sa communauté sur une divergence qui ferait jurisprudence faisant voler en éclat l’unité de la communauté et instituant la liberté de chacun d’interpréter la religion quitte à provoquer la scission dans la communauté de foi qui ne peut exercer son témoignage, sa centralité, sa préférence pour la commanderie du bien et l’interdiction du mal alors qu’elle est divisée et divergente.
On rapporte qu’Ibn Mass’oud considéré comme l’un des plus grands savants a maudit toute pratique, toute parole, toute personne et tout acte qui favorisent la divergence de la communauté. En effet en disant que la divergence est un châtiment, une souffrance, une punition il lui donne le sens de malédiction qui est le contraire de miséricorde.
On rapporte que Omar s’est montré menaçant lorsqu’il a trouvé deux compagnons plongés dans la controverse sur la manière de prier en portant un seul habit ou deux habits. La communauté musulmane ne peut diverger sur les éléments de sa religion car le Coran et le  Prophète ont explicité ce qui devait l’être et ont tu ce qui devait l’être non par oubli ou incompétence mais par miséricorde.
Les compagons du Prophète n’ont jamais formé de clans, de partis, d’écoles de Fiqh, de doctrines qui puissent les mettre en divergence et ils n’ont jamais donné un prolongement à une controverse au point qu’elle devienne une divergence. Chaque fois qu’il y avait un différent d’entendement la règle du bon conseil ou l’intervention d’uine tierce personne qui fait valoir le Coran et la Sunna sur l’opinion personnelle se manifestait pour interdire la divergence. Tout Ijtihad individeul ou collectif sur une question religieuse était considéré comme une innovation  hérétique car la religion était complète et parachevée avant le décès du Prophète (saws). Le développement du Fiqh, l’apparition de savants fétiches,  l’injustice des gouvernants et l’ig,norance des Musulmans ont favorisé l’emergence de doctrines divergentes, de clergés contraires à l’esprit et à la lettre de l’Islam.

G –  la position sur la divergence entre les Compagnons

Est-ce que les controverses entre les Madhahibs (école doctrinaires et jurisprudendtielles) sont une miséricorde ou une malédiction? Est-ce que les divergences ou les différences sur les horaires de prière entre Madhahab est une miséricorde? Une heure d’écart entre les hannafites et les hanballites pour la prière du ‘Asr est-elle une différence miséricordieuse ou une divergence insoutenable et inacceptable quand on sait que les compagnons durant la présence et après le décès du Prophète n’avait qu’un seul moment de prière du ‘Asr et qu’il est impossible de les imaginer se séparer en deux groupes accomplissant la prière selon leur opinion et non selon la tradition du Prophète. Est ce qu’Allah qui a fait de la salat un Kitab mawqout (une prescription temporelle) et Son Prophète qui a mis en application cette temporalité et cette sacralité de la Salat vont-ils agréer ces divergences sur les temps de prière, sur les dates de fixation du Ramadan et des fêtes religieuses?
Nos savants et nos intellectuels ont justifié et étendu les divergences à partir des divergences entre les écoles du Fiqh et des divergences entre les compagnons oubliant que ces divergences sont des opinions et non l’absolu de la religion révélée par Allah et porté par Mohamed (saws) l’infaillible. Tous oublient la position de l’imam Malek qui est plus savant que nos savants des temps modernes sur la divergence des compagnons :
 » La divergence des compagnons n’est pas une chose sensée à suivre. La vérité est que certains compagnons ont dit des choses sensées et d’autres ont dit des choses insensés inconliables car la vérité est une indivisible » [ je traduis le sens de mémoire .]

Relance du débat

Quand on étudie en détails l’authenticité de ce hadith on trouve une version considérée comme non authentique car elle a pour transmetteurs un fou et un athéé, mais pourtant c’est cette version qui semble s’appliquer à notre régression et à nos divergences :

اختلاف أمتي رحمة للناس

La divergence de ma communauté est une miséricorde pour les gens

 Au-delà donc de l’authenticité des hadiths « La diversité de ma communauté est une miséricorde » et «  La divergence dans ma communauté est une miséricorde pour les autres » il y a un travail d’Islam, une réforme, qui doit conduire à l’éveil des esprits et à la vigilance des consciences pour que les Musulmans soient soit une anagogie et une empathie dans l’univers :

–    Appropriation du Coran par le plus grand nombre par le Taffakur et le Tadddabur même si tous les sens des mots ou des phrases restent inaccessibles à certains. Cette voie élève le niveau spirituel de la communauté et pousse les savants à s’élever vers l’essentiel et le difficile surmontant les divergences et les futilités.

–    Appropriation de la raison par le plus grand nombre par le Ta’âlum et le Taffakuh afin que l’intelligence collective produisent des élites et que le peuple ne soit pas crédule car plus le peuple est éduqué et instruit moins il est vulnérable aux mythes, aux fabulations, aux sensationnels et aux vedettariats de certains intellectuels, prédicateurs ou savants. Chacun devenant le Mufti de lui-même par la connaissance de la religion et la mise au travail de l’intelligence va contribuer au débat serein et avisé au sein de la société et devenir bouclier contre les sectaires et les artisans des divisions, des divergences et de la confusion. Il ne peut y avoir un savoir efficace si les supports de ce savoir ne sont pas actualisés et mis à jour.

–    La Choura est comme le Jihad un pilier de l’Islam. Depuis longtemps les savants musulmans ont admis le principe du consensus qui met fin aux divergences. Ce principe n’a de portée pratique que si la Choura est appliquée à tous les niveaux. Ce qui implique la participation massive, la consultation des plus compétents, la concertation responsable la plus élargie, la transparence totale  et la définition des priorités pour la réforme, l’éveil et l’édification civilisationnelle. Il ne peut y avoir priorité plus grande que de revenir au Coran et à la Sunna du Prophète en se pliant à leur vocation de fédérer la communauté. Cette communauté perd la vocation de se fédérer quand elle perd la compétence de comprendre ses références religieuses et la remplace par la facilité et l’absurdité de suivre aveuglement les sots, les insensés et les narcissiques qui s’imaginent au dessus d’Allah et de Son Prophète en devenant des Awthane (fétiches, totems, attraction qui fascine les gens et fait écran à la vérité).

– La fin de l’esprit partisan, sectaire, tribal, nationaliste ainsi que la fin du fétichisme des savants et des prédicateurs qui font écran à Allah et au Prophète poussant les Musulmans à les aimer plus qu’Allah et son Prophète et à entrer en divergence du fait des controverses des savants ou des allégeances  à ces savants  ou des Fatwas controversées de ces savants.

Conclusion

La question finale s’articlue sur deux pivots :

Faut-il admettre la divergence? Non !

Allah a dit dans le verset 78 de la sourate al Hajj :

C’est Lui (Allah) qui vous a nommés musulmans, par le passé et dans ceci (le Coran),   afin que le Messager soit témoin auprès de vous et que vous soyez témoins auprès des hommes.

Le Prophète (saws) a dit :

 » les communautés qui vont ont précédés ont subies des catastrophes car elle posaient trop de question (au lieu de se contenter du halal évident et du haram évident) et ont suivi les divergences après les Prophètes (qu’ils ont délaissés)

Que faire en présence de divergence?

Il faut surtout éviter de tomber dans l’erreur de faire valoir son Madhab ou son Cheikh sur le Coran et la Sunna et se laisser aller à des controverses ou des polémiques qui creusent le fossé entre les membres de la communauté. Allah nous demande de revenir à Son Livre et à son Prophète (saws) en cas de contestation sur des problèmes de justice et de gestion de la cité et il n’est pas question donc de diverger sur des questions religieuses :

 {Allah vous Commande de restituer ce qui vous est confié à leurs ayants droit, et si vous jugez entre les hommes de juger avec justice. Certes, ce à quoi Allah vous Exhorte est un bienfait. Allah A toujours Été Omni-Audient, Omnivoyant.    O vous qui devîntes croyants, obéissez à Allah, obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le commandement. Et si vous êtes en contestation sur quelque chose, référez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour Dernier. Cela est un bien et d’une meilleure interprétation.} An Nissa 59

Une fois la décision prise, après recours à nos références religieuses, il ne devrait plus y avoir de divergences ni de polémiques ni de controverses :

{Les paroles des croyants, quand ils sont appelés vers Allah et Son Messager pour qu’il juge entre eux, sont : « Nous avons entendu et nous avons obéi ». Ceux-ci sont ceux qui cultivent. Et quiconque obéit à Allah et à Son Messager, et craint Allah et s’efforce d’être pieux, ceux-ci sont les gagnants.} An Nour 52

{Quand Allah Décide d’une chose, ainsi que Son Messager, il n’est pas de mise qu’aucun croyant, ni aucune croyante, aient le choix dans leur affaire. Et quiconque désobéi à Allah et à Son Messager, il s’est fourvoyé un vrai évident fourvoiement.} Al Ahzab 36

Mais, un homme du commun peut ne pas avoir toutes les connaissances pour trancher tout seul et se retrouver prisonnier des avis contradictoires des écoles de Fiqh. L’Islam n’a pas laissé le croyant  se perdre dans les divergences et la confusion qui anesthésie la pensée et stoppe l’action. Le Prophète (saws) a dit que :

« le bien (le juste) se trouve dans ce qui apporte tranquilité au coeur et ce vers quoi l’être se penche avec certitude  alors que le mal (le faux) se trouve dans ce qui apporte le trouble du coeur et l’hésitation de l’être. Délaisse ce qui provoque en toi hésitation et incertitude au profit de ce qui t’apporte certitude et quiétude même si les gens (les savants) te donnent des Fatwas »

« La Fatwa est ton coeur »

« Jamais ma communauté ne se réunit autour d’un égarement »

Dans l’hésitation entre des avis contradictoires, le musulman doit laisser son coeur se décider librement et en toute confiance car nul ne portera à sa place le fardeau même si le savant prétentieux lui dit que c’est lui qui porte la responsabilité. Notre religion est aisance même si les divergences des savants l’ont rendu difficile et compliquée.

 

Omar Mazri