Islam  : Libération des opprimés

Enseignements sur les Apôtres de Jésus (saws)

Enseignements sur les Apôtres de Jésus (saws)
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{O Marie, Allah te Fait l’annonce d’une parole de Sa part : il s’appelle le Messie, Jésus fils de Marie, éminent dans le monde et dans la vie Future, et parmi les rapprochés,  et il parlera aux hommes au berceau et dans la force de l’âge, et il sera du nombre des vertueux ». […] Et Il lui Enseignera le Livre, la Sagesse, la Torah et l’Évangile} Ali ‘Imrane 45 et 48

Jésus (saws) était confronté à une situation semblable à la nôtre à bien des égards. Il faisait face à la collusion d’intérêts contradictoires : les rentiers de la religion, les élites divisées entre les hellénisants et les romanisants, un pouvoir politique vassal de l’Empire romain, des intégristes en quête d’un roi pour prendre leur revanche sur l’histoire, un peuple épuisé par les impôts, la misère, la mythologie, l’ignorance et la maladie.

La communauté des Bani-Israël du temps du Messie (saws) ressemble étrangement à notre communauté dans ses confusions et ses divisions provoquées par les rivalités des savants soucieux d’accaparement mondain :

{Et lorsque Jésus fils de Marie dit : « O Descendants d’Israël, je suis le Messager d’Allah vers vous, corroborant ce qui me précéda de la Torah, et annonçant la bonne nouvelle d’un Messager qui viendra après moi : il s’appelle Ahmad ». Et quand il leur est venu avec les évidences, ils dirent : « C’est de la magie évidente ».}

{Et quand Jésus vint avec les évidences, il dit : « Je suis venu à vous avec la sagesse, et pour vous montrer un peu de ce sur quoi vous divergez ; prenez donc garde à Allah et obéissez-moi. Certes, Allah est mon Dieu et votre Dieu, adorez-Le donc, cela est un chemin de rectitude ». Alors les factions divergèrent entre elles}

La confusion et la divergence sont des mouroirs pour les idées nobles et pour la vérité. La confusion entretenue sur la vérité n’est pas produite par l’ignorance et l’erreur des peuples, mais par une volonté délibérée et préméditée des élites religieuses de masquer la vérité, de propager l’ignorance  et d’induire le peuple en erreur pour usurper des privilèges et spolier des biens. La division est systématiquement entretenue par la culture du mensonge délibéré afin de garantir l’impunité  de la spoliation  et sauvegarder le pouvoir de l’imposture.

La rente religieuse, historique, politique et économique annonce, accompagne et poursuit l’œuvre du colonialisme. Dans ces conditions, l’insurrection populaire contre l’Empire et ses vassaux politiques ne va pas libérer la société des causes profondes de l’oppression, mais produire davantage de confusion et une effusion de sang plus grande. Jésus (saws) s’est consacré a dénoncé le système religieux qui rendait impossible la restauration de la vérité, la production des idées, la moralisation de la vie économique  et l’émergence des élites sociales préalables à la libération. Le Messie n’a pas dissocié les causes de l’oppression de ses conséquences. Il s’est consacré, parallèlement à la proclamation de la vérité et au dévoilement des mécanismes intérieurs de l’aliénation à apporter des remédiations et des soulagements aux souffrances du peuple.

Si l’Empire romain cherchait la domination militaire, politique et économique du territoire, les castes religieuses cherchaient la domination absolue sur les consciences par la falsification des rapports à la vérité et par la corruption des savoirs.

Si Moïse était confronté à l’arrogance de Coré  et au désir mimétique qui viennent compliquer le rapport de la vérité au despotisme de Pharaon, le Messie était confronté à un système d’aliénation  économique et idéologique produit par l’élite religieuse se réclamant de  Moïse :

Le Messie nous montre que décoloniser les esprits est plus complexe que libérer la terre. Pour décoloniser les esprits il faut faire triompher la vérité contre l’art de la casuistique religieuse et sociale qui consiste à vendre le faux à la place du vrai, à  montrant le faux comme du vrai et le vrai comme du faux par la force de la persuasion des rhéteurs religieux.

Jésus ne s’est pas laissé distraire par la diversion, la subversion, les menaces, le pouvoir mondain. C’est un Prophète, qui, à l’instar des autres Prophètes qui l’ont précédé, a pour mission d’inviter à Allah, de réformer et de guérir :

{Le Messie a dit : « O Descendants d’Israël, adorez Allah mon Dieu et votre Dieu. Quiconque donne des émules à Allah, certainement Allah lui interdira le Paradis, et son refuge sera le Feu. Les injustes n’ont point de triomphateurs ».}

Devant les difficultés, les complots et les persécutions qui mettaient en péril sa vie et sa mission Jésus (saws) n’a ni demandé de lever une armée révolutionnaire, ni de rassembler une manifestation populaire contre le roi hébreu des Romains, ni demander l’application de la Charia, ni d’édifier un État islamique, ni d’appeler les Perses ou les Chinois à son secours. Allah nous dit ce que Jésus (saws) a fait :

 } فَلَمَّآ أَحَسَّ عِيسَىٰ مِنْهُمُ ٱلْكُفْرَ قَالَ مَنْ أَنصَارِيۤ إِلَى ٱللَّهِ قَالَ ٱلْحَوَارِيُّونَ نَحْنُ أَنْصَارُ ٱللَّهِ آمَنَّا بِٱللَّهِ وَٱشْهَدْ بِأَنَّا مُسْلِمُونَ   {  

{Lorsqu’il eut constaté leur mécréance, Jésus demanda : « Qui sont mes triomphateurs pour [vers] Allah ? » Les apôtres dirent : « Nous sommes les triomphateurs  d’Allah, nous croyons en Allah, et sois donc témoin que nous sommes musulmans.} Ali ‘Imrane 53

Ce verset appelle neuf remarques.

Première remarque : Allah est la visée.

Dans ce court verset, le Nom d’Allah est cité 4 fois. Trois fois d’une manière explicite : mes triomphateurs pour [vers] Allah – les triomphateurs d’Allah – nous croyons en Allah. Une fois d’une manière implicite : « nous sommes musulmans » compris dans son sens coranique de « nous nous en remettons en toute confiance et en totalité à Allah ». Il n’y a pas de place à la confusion dans l’objectif : La vocation prophétique est de témoigner aux hommes pour Allah sans rien attendre des hommes. La récompense, dans ce monde ou dans l’autre, relève uniquement d’Allah. Se réclamer de la voie prophétique pour demander moins que la proximité d’Allah ou revendiquer moins que la gloire d’Allah c’est se tromper de bataille et de vocation. Croire que le témoignage se fera mieux par la revendication ou par l’exercice du pouvoir et de la bonne gouvernance est une vue de l’esprit démentie par le Coran. Cette vue de l’esprit est démentie par l’histoire ancienne et récente des mouvements islamiques.

{Allah aime ceux qui se fient à Lui. Si Allah vous Fait triompher, nul ne pourra vous vaincre. Et s’Il vous Abandonne, qui d’autre que Lui pourra vous faire triompher ? Que les croyants se fient à Allah.}

 Le pouvoir et la gouvernance viennent comme récompense  et comme épreuve à ceux qui ne les réclament pas :

 {Certes, Allah donnera sûrement victoire à celui qui fait triompher Sa Cause, en effet  Allah est véritablement Fort, Invincible. Ceux qui, lorsque Nous leur accordons autorité sur un territoire, accomplissent la Salât, s’acquittent de la Zakat, commandent le bon usage et interdisent le répréhensible. Et c’est à Allah qu’appartient l’ultime décision.}

 Nous voyons comment les « rebelles » dans le monde musulman se sont dévoyés et perdus la face en cherchant le pouvoir à n’importe quel prix et sous n’importe quel étendard.

Seconde remarque : le populisme.

Jésus (saws) n’a pas fait appel au peuple, car ce peuple n’est pas en état de lui apporter secours vu son état lamentable sur le plan social, politique, économique, moral et religieux. Jésus est un médecin, un pédagogue, un Prophète qui ne va pas demander aux malheureux de faire ce qui n’est pas en leur pouvoir de faire. Bien au contraire il va être à leur service sans rien leur demander en retour.

Lorsque Mohamed (saws) disait que nous n’aurions victoire que par nos faibles, il ne signifiait pas le populisme, la démagogie ou la mobilisation politicienne des va-nu-pieds. Il signifie l’amour du faible et la charité pour les pauvres. L’allégeance des Ançars à Mohamed était une allégeance de forts envers un Prophète lucide et transparent dans son pacte et non d’une plèbe désorientée et sans moyens.

Troisième remarque : les triomphateurs et leur rapport à Dieu et à Jésus

 مَنْ أَنصَارِيۤ إِلَى ٱللَّهِ

Qui sont mes triomphateurs pour [vers] Allah ?

Le terme « Auxiliaires » pour traduire أَنصَار Ançars n’est pas significatif.

Le terme « auxiliaire » signifie « qui secourt,  qui aide, qui apporte son concours direct ou indirect, d’une manière temporaire ou permanente à un homme, à un dispositif ou à une cause. Est-ce que Jésus cherchait un secours pour lui-même contre les Juifs qui le persécutaient ou le triomphe du monothéisme au-delà de sa personne, de son époque et de sa communauté ?

Jésus ne pose pas l’équation en termes d’auxiliaires et d’auxiliariat, mais en termes de victoire et de triomphe comme dans cet énoncé coranique:

{Allah donnera sûrement victoire à celui qui fait triompher Sa Cause.}

Cet énoncé est une réciprocité facile à comprendre. C’est apparemment le double sens de l’appel de Jésus :

« Qui veut bénéficier d’une victoire (triomphe) d’Allah dans ce monde et dans l’autre qu’il m’apporte alors son secours »

« Qui veut faire triompher la cause d’Allah qu’il m’apporte alors son secours »

Les deux sens se complètent et peuvent donc être compris comme le message réellement délivré par Jésus (saws) à ceux qui venaient l’écouter et à ceux qui voulaient le suivre.

C’est une communication simple, précise et efficace qui a le même résultat.

Le  terme { إِلَىٰ }  « ilà » prend dans le Coran et tout particulièrement dans cet énoncé une intonation sublime : (في) { مَّعَ } { لِ } { } permettant une polysémie pour exprimer le discours de Jésus avec des effets psychologiques différents sur son auditoire en termes d’attente et d’engagement. La finesse est que cet engagement est pour Allah, mais il passe par Jésus (saws). Il signifie :

Vers Allah, pour Allah, auprès d’Allah, en Allah, vers le Paradis d’Allah, pour la défense de la religion (du Livre, des Prophètes) d’Allah, en quête du martyr qui donne proximité auprès d’Allah, dans la quête de l’amour d’Allah, dans la  quête de l’amour en Allah, de la cause d’Allah, dans la cause d’Allah…

Il n’y a de place ni à l’esprit partisan, ni au sectarisme, ni à la confusion, ni aux fausses promesses, ni aux futilités mondaines…

Quatrième remarque : Subtilités coraniques sur l’appel de Jésus

Celui qui connait un peu le Coran et la description coranique  sur la société religieuse savante après Moïse retrouve la bigoterie, la rente religieuse et l’intégrisme que connait le monde musulman ces dernières décennies. Les orateurs veulent vendre leurs boniments à tous en offrant du sensationnel, de la fascination, de l’affabulation. Les auditeurs veulent la facilité et s’émeuvent devant n’importe quel boniment religieux qui cultive le passé, impute la faute aux autres et jette l’anathème sur n’importe qui. Les orateurs et les auditeurs sont à l’image de la décadence de leur civilisation. Il en était ainsi du temps de Jésus (saws).

Par conséquent si Jésus (saws) avait dit tout simplement « Qui sont les Ançars d’Allah ? » tous les Bani Israël auraient répondu par l’affirmative et particulièrement tous les falsificateurs, les hypocrites, les élites vivant de la magie, de la prostitution, du Riba et des maux sociaux. Ils auraient étouffé sa voix et masqué celle des Apôtres, les connus et les anonymes. Ils auraient dit ce qu’ils ont l’habitude de dire :

{Les Juifs et les Nazaréens disent : « Nous sommes les fils d’Allah et Ses bien-aimés »}

Les « bien-aimés » vont saper la pureté de la foi, la noblesse de la cause et la sincérité des militants vertueux par ce que la lutte idéologique appelle l’effet de contamination. En faisant de sa personne le discriminant avec tous les risques que cela implique dans un monde ligué contre lui, Jésus ferme la porte aux généralités sur la foi et la cause de Dieu et se protège des « bien-aimés » qui sont :

{Écouteurs de mensonge, consommateurs d’illicites}

{Et tu vois beaucoup d’entre eux s’empresser au péché, à l’agression, et à manger des choses illicites. Qu’il est piètre ce qu’ils faisaient !}

Jésus (saws) fait un appel à Dieu en son nom, car il est Prophète qui démasque les imposteurs et les falsificateurs. Il ne ment pas à ceux qui vont porter son Message et le soutenir. Il leur propose un projet de martyr ou de sacrifice dans la cause d’Allah pour ceux qui viendraient à le suivre avec à la clé le triomphe qui n’est pas obligatoirement terrestre. Encore une fois, il ne s’agit ni de coup d’État, ni de révolution armée, ni de parti politique, mais d’une idée simple :

{Je suis venu à vous avec un Signe de votre Dieu, prenez donc garde à Allah et obéissez-moi.}

L’obéissance est sur des choses simples et évidentes : restaurer la loi mosaïque en mettant fin aux impostures et usurpations religieuses avec à l’appui des signes extraordinaires attestant la véracité et l’authenticité du Prophète réformateur :

{Je suis venu à vous avec un Signe de votre Dieu. Je vous crée de l’argile, comme la forme d’un oiseau, sur laquelle j’insuffle et elle devient un oiseau par le Vouloir d’Allah. Je guéris l’aveugle-né, le lépreux, et je fais revivre les morts par le Vouloir d’Allah. Je vous informe de ce que vous mangez et ce que vous amassez dans vos maisons, il y a en cela, certes, un Signe pour vous si vous êtes croyants, et corroborant ce qui existait déjà avant moi de la Torah, et pour vous rendre licite une partie de ce qui vous a été interdit.}

Il est plus simple et plus facile, pour les amateurs de la politique, de revendiquer « Dawla islamiya » que de saper les fondements de la rente religieuse et les mécanismes de l’instrumentalisation de la religion à des fins politiciennes et mondaines.

Il aurait été plus judicieux pour nos Bouliticiens de revendiquer la liberté, le droit, la citoyenneté et la dignité que de réclamer du « fascinant » sans projet et sans ingénierie. Il aurait été plus intelligent de demander la libération des Mosquées de la bureaucratie et de la rente, la réforme de l’enseignement…  en attendant des jours meilleurs. Ces jours ne peuvent venir que d’une société responsable qui prend en main son destin et qui produit son élite et ses idées ou sinon qui reconnait et accepte les véritables élites.

En tous les cas, la voix prophétique n’opte pas pour l’aventurisme qui risque de faire couler le sang des musulmans et donner occasion aux ennemis de l’Islam de faire appliquer leur programme répressif et  éradicateur.

Jésus (saws) a proposé un contrat aux élites sans prendre en otage le peuple :

Qui sont mes triomphateurs  pour Allah ?

Qui sont mes triomphateurs  vers Allah ?

Qui sont mes triomphateurs  en Allah ?

Qui sont mes triomphateurs  auprès Allah ?

Qui sont pour moi les triomphateurs  d’Allah ?

Qui sont pour moi les triomphateurs  vers Allah ?

Qui sont pour moi les triomphateurs  en Allah ?

Qui sont pour moi les triomphateurs  auprès Allah ?

Qui sont avec moi les triomphateurs  d’Allah ?

Qui sont avec moi les triomphateurs  vers Allah ?

Qui sont avec moi les triomphateurs  en Allah ?

Qui sont avec moi les triomphateurs  auprès Allah ?

Nous pouvons imaginer Jésus persécuté et tenant un langage précis répondant aux attentes et aux interrogations réelles de ceux qui ont eu foi en sa parole et en ses miracles. Ce n’est pas un discours improvisé et ponctuel, mais une longue quête…

Allah ne décrit pas la persécution de Jésus, car ce dernier vivant dans l’Amour d’Allah ne ressentait pas dans sa chair et sa sensibilité la méchanceté des gens dont il saisissait  intellectuellement et moralement tout le drame et toutes les conséquences.

Cinquième remarque : Le langage de vérité et le contrat

Jésus (saws) connaissait la situation de sa communauté, et il n’avait fait appel aux Apôtres que parce qu’il avait la certitude du complot ourdi pour le tuer. Il savait qu’il vivait au sein d’une communauté qui a l’habitude d’assassiner les Prophètes et de verser le sang des innocents :

{En raison de leur violation de l’Alliance, de leur mécréance en les Versets d’Allah, des Prophètes qu’ils ont assassinés sans aucune juste cause, et de leurs dires : « Nos cœurs sont incirconcis ?! » Mais c’est Allah qui les a scellés, en raison de leur mécréance _  car peu nombreux sont ceux qui croient,  et en raison de leur mécréance et de la profération de leur énorme calomnie contre Marie, et en raison de leurs dires : « C’est nous qui avons tué le Messie, Jésus fils de Marie, le Messager d’Allah ». Ils ne l’ont point tué, et ils ne l’ont point crucifié, mais il leur sembla. Certes, ceux qui divergèrent à son sujet  doutent de cela : ils n’en ont aucune connaissance, sauf que de suivre la conjecture. En toute certitude, ils ne l’ont point tué. Mais Allah l’a élevé vers Lui.}

Il ne se faisait donc pas d’illusion sur les capacités de nuisance des Bani Israël, mais il voulait faire émerger une élite qui prend son message avec fermeté avec l’engagement de rester loyale et fidèle à ce message jusqu’à la rencontre ultime auprès d’Allah (Paradis, Jugement dernier) :

{Qui sont mes triomphateurs  pour [vers, en, auprès, de] Allah ?}

Qui veut passer contrat avec moi pour la cause d’Allah dont je serais témoin auprès d’Allah tel semble être le message de Jésus

Sixième remarque : l’engagement responsable, sincère et loyal

Les Apôtres avaient parfaitement compris le message. A la question « « Qui sont mes Ançars » ils ont répondu

{Nous sommes les Ançars d’Allah}

C’était la réponse attendue par Jésus (saws). Les Apôtres prennent l’engagement de porter le Message divin même après la mort de Jésus, mort de vieillesse, mort assassiné, ou élevé au Ciel.

En un énoncé très court et très concis, le Coran nous expose la méthodologie de formation des réformateurs. En des siècles aussi longs qu’un jour sans pain, les mouvements islamistes n’ont toujours pas formé des réformateurs qui conduisent le véritable changement. Ils ont engendré le populisme islamiste qui se manifeste  devant nos yeux, à la télévision, dans les souks, dans les partis, dans les foires électorales, dans le Jihad sanglant et sans programme, dans la démission et le sauve-qui-peut social… Les mouvements islamiques les mieux structurés, malgré le nombre élevé de leurs militants persécutés, assassinés ou emprisonnés, continuent de revendiquer l’existence organique de leurs partis ou tentent de sauver leur parti et leur direction politique sans laisser derrière eux cet élan spirituel, intellectuel et social :

{Nous sommes les Ançars d’Allah}

{Nous sommes les triomphateurs d’Allah}

 

 Septième remarque : Allah est plus proche que ce qu’on imagine

La langue française ne permet pas de voir la différence lexicale entre l’appel de Jésus

« مَنْ أَنصَارِيۤ إِلَى ٱللَّهِ  Qui sont mes (avec moi les) triomphateurs  vers (auprès, pour, en, de) Allah »,

et l’engagement des Apôtres

« نَحْنُ أَنْصَارُ ٱللَّهِ  Nous sommes les triomphateurs d’Allah ».

Le  terme { إِلَىٰ }  « ilà » et ces intonations (في) { مَّعَ } { لِ } « auprès, vers, de, pour, en » ont disparu pour signifier la proximité des Apôtres avec Allah et sa réciproque l’amour d’Allah pour les Apôtres.  Le lien est direct, rapide, sans intermédiaire…

Huitième remarque : Qui sont les Apôtres

Le terme Apôtre, issu du grec apostolos désigne une « mission » engagée ou accomplie. Il semble correspondre à l’hébreu shaliah, « envoyé plénipotentiaire ». Les Apôtres sont,  dans l’Eglise, les Missionnaires et les Evangélistes.

L’étymologie arabe de Hawariyoun ٱلْحَوَارِيُّونَ est « meilleur, pur, blanc, transparent… » Les Hawariyoun coraniques ne sont pas des missionnaires au sens évangélique, mais la quintessence de l’élite, l’avant-garde du sacrifice.

Le Coran les définit par  cet énoncé :

{Nous sommes les triomphateurs d’Allah, nous croyons en Allah, et sois donc témoin que nous sommes musulmans.}

La foi en Allah n’est pas suffisante si elle n’est pas confirmée par l’engagement de défendre la foi et les valeurs du monothéisme (cause d’Allah)  ainsi que de respecter l’ensemble  du culte musulman. Nous pouvons faire une lecture plus ouverte en disant que le Dine est Imane ou foi (milla ou confession) et Charia ou Islam, et que par conséquent les Hawariyoun représentent les « Bien-aimés d’Allah » les véritables monothéistes sur le plan spirituel, cultuel et temporel.

Les Hawariyoun, les  triomphateurs d’Allah,  font cette invocation :

{Notre Dieu, nous sommes devenus croyants en ce que Tu as révélé et nous suivons le Messager, Veuille nous Inscrire parmi les témoins}

Ils étaient musulmans au sens coranique du terme et avaient compris la vocation du musulman qui est celle de témoigner :

{O vous qui êtes devenus croyants, inclinez-vous, prosternez-vous, adorez votre Dieu et faites le bien, afin que  cultiviez. Et efforcez-vous  pour Allah par l’effort qui doit Lui être dû. Il vous a élus et ne vous a imposé nulle gêne en religion, la confession de votre père Abraham. C’est Lui (Allah) qui vous a nommés musulmans, par le passé et dans ceci (le Coran),   afin que le Messager soit témoin auprès de vous et que vous soyez témoins auprès des hommes. Accomplissez donc la Salât, acquittez-vous de la Zakat, attachez-vous à Allah, Il Est votre Protecteur. Quel excellent  Protecteur et quelle excellent  Secoureur.} Al Hajj 78

Neuvième remarque : La mise à l’épreuve et la fidélité par le témoignage

L’avant-garde, les triomphateurs, les attachés à la foi peuvent faire face à l’adversité sans risque de dévier ou de changer, car ils sont à la fois engagés dans le témoignage qui signifie la compétence et la vocation, et dans l’aspiration qui signifie chercher par le mérite à faire partie de l’élite auprès de Dieu :

{Alors ils rusèrent, et Allah planifia, mais Allah est le meilleur des planificateurs. Lorsque Allah dit à Jésus : « Je Vais te rappeler, Je t’élèverai vers Moi, Je te purifierai de ceux qui sont devenus  mécréants et Je mettrai ceux qui t’ont suivi, au-dessus de ceux qui sont devenus  mécréants, jusqu’au Jour de la Résurrection. Ensuite vers Moi sera votre retour et Je jugerai parmi vous sur ce dont vous divergiez. Quant à ceux qui sont devenus  mécréants, Je les châtierai d’un rude châtiment dans le monde et dans la vie Future, et ils n’auront point de triomphateurs ». Quant à ceux qui sont devenus  croyants et ont fait les œuvres méritoires, Il leur acquittera leurs rémunérations, car Allah n’aime point les injustes.} Ali ‘Imrane 54 à 57

C’est la règle instituée par Allah à la communauté de Mohammed (saws) :

{O vous qui êtes devenus croyants, soyez les triomphateurs d’Allah, comme l’a dit Jésus, fils de Marie, aux disciples : « Qui sont mes Ançars pour la Cause d’Allah ? » Les disciples dirent : « Nous sommes les triomphateurs d’Allah ». Alors un groupe des descendants d’Israël est devenu  croyant alors qu’un groupe est devenu mécréant. Nous avons soutenu ceux qui sont devenus croyants, contre leur ennemi, alors ils ont été les vainqueurs.} As saff 14

Allah (swt) ne nous impose pas d’être tous des Apôtres comme Il ne nous interdit pas de faire de la politique, de la science, de l’art et autre activité. Il nous interdit la démarche partisane et sectaire, car elle réduit l’action du croyant et le corrompt comme Il nous interdit d’instrumentaliser la religion à des fins mondaines. Chacun agit selon ses moyens et les circonstances de son moment et de son lieu d’existence en se tenant éloigné des divergences, des luttes fratricides, des quêtes insensées et des systèmes de cooptation souvent cause d’injustice, d’inertie et de médiocrité.

Même au niveau de la grandeur de son œuvre, de sa position sociale, de son sacrifice ou dans l’anonymat le plus total, le croyant sait que la force qui l’anime et le distingue des gens du commun est un don divin :

{Et lorsque J’ai inspiré aux apôtres : « Croyez en Moi et en Mon Messager », ils dirent : « Nous y croyons, et témoigne que nous sommes vraiment musulmans ».}

Encore une fois c’est le témoignage qui est la clé de voute de la personnalité musulmane et de son action militante. Témoigner aux autres est un devoir ! Témoigner sur soi, le Jour du Jugement dernier, est une vérité que le Croyant ne peut et ne doit oublier. Ce serait se moquer de soi et du Coran que de croire que le témoignage consiste à inviter les gens à embrasser l’Islam alors que la situation du « témoin » est un faux témoignage par sa misère morale, sociale, intellectuelle et spirituelle. Le meilleur témoignage est de montrer les bienfaits d’Allah sur soi c’est-à-dire ce que la foi et l’engagement pour cette foi ont apporté comme transformation sur le plan de la vertu du comportement, de l’efficacité du travail, de l’acquisition des sciences, de la pureté de la foi…

C’est cette transformation qui a permis aux petites communautés adeptes de Jésus de résister jusqu’à la venue de l’ultime Prophète (saws) malgré les transformations religieuses, politiques, sociales et historiques de leur environnement. C’est cette transformation qui permet aux gens attachés à Allah de gouter aux nourritures terrestres et spirituelles en dépit de la volonté de leurs détracteurs et de leurs persécuteurs :

{Et lorsque les Apôtres ont dit : « O Jésus fils de Marie, ton Dieu peut-Il nous faire descendre une table du Ciel ? » Il dit: « Prenez garde à Allah, si vous êtes croyants ! » Ils dirent : « Nous voulons en manger, pour que nos cœurs soient rassurés, et pour savoir que tu nous as dit la vérité, et pour que nous soyons du nombre des témoins».}

C’est la même règle : témoigner aux autres et améliorer sa foi. Celui qui vit en conformité avec cette règle n’a pas besoin de mentir, de tricher, d’opter pour des arrangements d’appareils, de chercher des alliances en contradiction avec la foi et les principes :

{Et quiconque prend garde à Allah, Il lui procure une issue, et lui donne par où il ne comptait pas. Et quiconque prend Allah pour Garant : Il lui suffit.}

 

 Conclusion : le témoignage et les moyens de son engagement ou de sa politique

L’enseignement majeur est le témoignage. Ce témoignage ne vient pas du néant comme une improvisation, mais comme la consécration d’une vie d’épreuves.  En effet la relation qui s’est établie entre les Apôtres et Dieu conférant aux Apôtres la vocation de témoin a  Jésus (saws) pour initiateur, ciment et  fédérateur.  Jésus (saws) y a consacré son existence et a prouvé sa véracité en montrant aux autres la grâce divine et les bienfaits qui le distinguaient des  imposteurs qui parlaient au Nom de Dieu et au nom de Moïse :

{Lorsque Allah Dit : « O Jésus fils de Marie, souviens-toi de ma Grâce envers toi et envers ta mère, lorsque Je t’ai soutenu par l’Esprit de Sainteté pour que tu parles aux hommes, au berceau, et dans la force de l’âge. Et lorsque Je t’ai enseigné le Livre, la Maîtrise, la Torah et l’Évangile. Et lorsque tu créais de l’argile comme la forme de l’oiseau, par Mon vouloir, et en laquelle tu as insufflé et elle devint oiseau, par Mon vouloir. Et tu guérissais l’aveugle-né et le lépreux, par Mon vouloir. Et lorsque tu faisais ressusciter  les morts, par Mon vouloir. Et lorsque J’ai dissuadé les fils d’Israël loin de toi, quand tu leur es venu avec les évidences, alors ceux qui sont devenus  mécréants d’entre eux dirent : « Cela n’est que magie évidente ». Et lorsque J’ai inspiré aux apôtres : « Croyez en Moi et en Mon Messager », ils dirent : « Nous y croyons, et témoigne que nous sommes vraiment musulmans ».}

Ce ne sont pas les slogans « l’Islam est la solution », « morts aux mécréants », « ni Constitution ni Charte, mais le Coran et la Sunna », « le Qamis, le Siwak, la Barbe et le Niqab » qui vont répondre aux interrogations existentielles de l’humanité ni à la quête spirituelle des savants de la matière qui ont découvert l’Intelligence suprême, l’Absolu et les Saints Noms d’Allah dans l’univers et la création, mais ne les retrouvent représentés par aucune religion.

Qu’a fait de toi l’Islam et qu’offres-tu aux musulmans ou à l’humanité pour que tu sois suivi sur le plan intellectuel, politique, social et religieux. Cette question simple est celle que devrait se poser chacun de nous s’il veut créer un parti politique et prétendre réformer la société ou exercer une bonne gouvernance. Tous les Prophètes ont exposé leurs compétences cognitives, morales, sociales pour que chacun fasse son choix sur une preuve, une conviction, une évidence sans confusion.

Il n’est pas interdit de faire de la politique, des affaires, de l’art, de l’argent. Ce qui est interdit est de mentir au nom de la religion ou de faire de la religion une passerelle pour des objectifs mondains. Le musulman qui veut se présenter à titre individuel ou à titre organique comme une alternative aux partis politiques et au pouvoir en place ne peut se cacher derrière un discours religieux tautologique ou casuistique. Il doit proposer des solutions et des programmes. C’est sa liberté ainsi que sa responsabilité de donner à sa solution et à son programme un caractère islamique par des références coraniques ou prophétiques. Les musulmans doivent le juger sur son programme, sa solution, son expérience, son mérite et non sur le caractère ostentatoire de son islamité.

Il n’est pas interdit de ne pas avoir le niveau requis pour présider l’oraison ou prêcher, mais il est interdit de taire la vérité et de dissimuler la Parole d’Allah pour gagner les faveurs de l’assemblée des orants ou pour les manipuler profitant de leur crédulité ou de leur émotion. Combien d’imams consacrent son temps à l’explication du Coran pour qu’il soit témoin envers eux et pour qu’il les élève au niveau qui leur permet d’être des témoins ou du moins des auditeurs responsables, lucides et capables de discerner le vrai du faux. Le sourate Ali ‘Imrane qui a magistralement traité l’engagement des Apôtres nous met devant nos responsabilités :

{Allah a pris acte de l’engagement de ceux qui ont reçu le Livre : « Vous devez vraiment l’expliciter aux hommes et de ne pas le dissimuler ». Mais ils l’ont rejeté derrière leurs dos et l’ont troqué à vil prix! Piètre troc!}

 

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7 Commentaires

  1. Samir 9 décembre 2013 at 03:51

    Cher Ostad,
    Ça fait une semaine que j’ai lu cet article et j’ai ressenti le besoin de voir ailleurs donc j’ai lu quelques tafasirs et le livre « Jésus le génie » de Abbas Mahmoud Alakad, aussi j’ai fait un tour sur quelques site chrétien. Et j’avoue que ce que vous avez avancé comme leçons dans cet article est unique et lucide.
    Barak Allah fik.

    • Omar MAZRI 9 décembre 2013 at 14:07

      Salam Samir

      Plus j’avance dans ma réflexion sur le Coran et dans mon analyse sur notre réalité sociale ainsi que ma propre expérience professionnelle plus je suis convaincu que la voie coranique est la voie du salut. Il ne s’agit pas d’imiter les Salafs ( du moyen-age), mais de vivre le Coran comme l’ont vécu les premiers sans modèle autre que le Prophète agissant devant eux comme incarnation du Coran. Nous pouvons nous tromper, mais nous le lirons avec des yeux de vivants et un esprit lucide sur la réalité de notre situation et nous aurons ainsi la possibilité de parvenir à quelques solutions nouvelles. Ce n’est pas la lecture d’Ibn Taymiya ou de Flen qui va apporter la réponse, mais notre lecture du Coran et du monde. Lorsque la lecture est sincère et le regard sadid (bien ciblant sa visée) alors nous entendrons Allah nous faire comprendre Sa Parole pour en faire un concept, une méthode. A l’occasion d’une conférence internationale réunissant les experts arabes à Beyrouth en mars 2013 j’ai présenté le texte que j’ai publié sous le titre « résistance globale » expliquant la démarche de Jésus et de Moïse : la quête de la vérité et la quête du salut en allant à l’essentiel.

      L’oeuvre et le discours des Prophètes ne sont pas gesticulation ou démagogie, mais pensée efficace. Ils ne cherchent ni le pouvoir ni la médiatisation ni la confrontation, mais la vérité. C’est la vérité qui déconstruit les fausses vérités, les impostures et les usurpations. Moise et Jésus ne sont pas entourés de partisans, mais d’une élite qui agit pour Allah. Le peuple victime a bénéficié de leur amour et de leur compassion. Lorsque la religion est instrumentalisée, la vérité n’est pas la priorité et le peuple devient un bouclier contre l’oppression ou un bélier pour faire tomber un régime et prendre sa place. Mohamed (saws) n’a pris la place de personne et n’a visé aucun pouvoir. Le Tamkine est une récompense divine.

      Je te remercie pour m’avoir rappelé Abbas Al Akkad : un monument de la pensée. Le symbole de la liberté et de la créativité.

  2. Ahmed 8 janvier 2014 at 12:28

    magistral … et de très bonne facture. Merci Omar et continues ainsi (je me permets de vous tutoyer car vos idées sont tellement proches des miennes que je vous considère comme un ami et surtout comme un frère).

    • Omar MAZRI 9 janvier 2014 at 22:14

      Salam, Ahmed

      Oui nous sommes amis et frères par le partage. Qu’Allah fructifie ce partage, le bénisse et nous en fasse bénéficier le Jour où ne sera comptabilisé que le cœur sain.

  3. Salim 19 janvier 2014 at 23:35

    Salam alaykoum mon frère.
    Reflexion intéressante, mais il me semble que cela reste périphérique.
    L’essentiel du message du Messie, Verbe (Kalimatou'(Allah) d’Allah est justement dans le Verbe.
    Jésus fils de Marie est le Verbe. Un verbe incarné dans le ventre de la Pieuse, un verbe qui a parlé dans le mahd (naissance et genèse) et qui a ordonné à sa mère de se faire silence. Un verbe qui fut élevé et qui reviendra parmi les hommes.
    Sur le Message du Verbe à son peuple, je suis – en grande partie – de votre avis.
    Mais il est important de ne pas oublier l’essentiel. Le Verbe d’Allah pour asseoir le Verbe d’Allah.
    Car la parole d’Allah crée. Et cette création impose naturellement et exclusivement la Vie.
    Jésus fils de Marie est le messager de la Vie.
    Je m’arrête là pour l’instant.
    Dernière chose, le mot usité dans Sourate Essaf est « Aya » et non « verset ».
    C’est un Signe. La différence est phénoménale entre les deux mots. Et Allah Est précis.
    Le Signe d’Allah (Jésus fut un Signe) qui apporte les Signes.
    Lumière sur Lumière…
    Salam alaykoum et qu’Allah nous donne la pertinence et le respect de Son Verbe.

    • Omar MAZRI 23 janvier 2014 at 14:58

      Salam, mon frère

      Baraka Allah fik pour vos remarques utiles et intéressantes.

      Cette étude n’avait pas pour objet le Messie (saws), mais le rapport des Apôtres au Messie et à Allah. Le sujet n’est pas périphérique, mais il est central au regard des expériences islamistes dans le monde arabe. Les Apôtres du Messie comme les Compagnons du Prophète étaient dans un rapport exemplaire à Allah qui demeure un modèle à suivre ou du moins à méditer pour comprendre la panne et les sacrifices énormes.

      Si Allah a exprimé le rapport des Apôtres au Messie par le détour d’un style subtile c’est justement pour nous dire qu’il faut éviter le simplisme et les démarches partisanes qui en découlent. Suivre un Prophète est plus complexe que suivre un chef de confrérie. Ce ne sont ni les mêmes efforts, ni les mêmes résultats ni les mêmes conséquences.

      C’est ainsi que je lis le texte et la réalité. Chacun est libre et responsable dans sa manière d’entendre, de comprendre ou de suivre la Kalima d’Allah. Cette Kalima ne s’énonce pas dans un vide sidéral, mais dans des sociologies et des contenus idéologiques. Les Bani Israïl sont un comportement face à cette Kalima. Le Coran nous demande d’étudier les détails de ce concentré d’humanité dans ses rapports à la Kalima si nous voulons comprendre comment donner sens et vie à cette Kalima dans nos sociétés. Cette Kalima a annoncé Mohamed (saws) : comprendre la communauté du Messie (saws) aide à comprendre les difficultés et les possibilités du retour de la Sunna de Mohamed (saws) dans nos moeurs sociales, politiques et intellectuelles.

      Bien à vous et merci pour vos commentaires.

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