Islam  : Libération des opprimés

Gouvernance insensée et laboratoire des rats arabes.

Gouvernance insensée et  laboratoire des rats arabes.
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Comme il était prévu depuis trois ans « l’armée arabe unie » vient d’être adoptée par les gouvernants arabes désunis. Nous passons du statut de comptoir commercial à celui de base coloniale. Nous progressons. Il est peut-être temps pour nous les Algériens de revenir à notre amazighité et de se mettre en tête que l’arabité que nous réclamons doit se réduire à celle du Coran et de l’Islam lorsqu’on les comprend dans leur dimension spirituelle, culturelle et civilisationnelle dans cette existence et dans le salut ultime pour l’autre monde. C’est peut-être l’occasion pour tous les patriotes de dépasser les clivages idéologiques et  de construire un front national de résistance contre l’ingérence étrangère. Il est temps de construire notre pays et ses institutions si ni voulons éviter l’implosion. Nous devons aider l’ANP à demeurer nationale et veiller à ce que notre notre diplomatie continue de  respecter le principe de la non ingérence et du droit des peuples à disposer librement de leur destin.

L’ampleur des raids aériens contre le Yémen et la décision stratégique de création de la « légion romaine » punitive contre les « terroristes » montrent que ce qui se passe est une expérimentation à grande échelle du désordre mondial provoqué par l’Empire essoufflé et confus. Le président Poutine a parfaitement compris le jeu de la Ligue arabe et lui demande dans un  message de refuser la guerre et d’aller vers un règlement politique de la crise syrienne, libyenne et yéménite.

Les Arabes et les Musulmans viennent de franchir le Rubicon : ils deviennent une association de malfaiteurs qui se met sous les ordres du chef de la Maffia anglo-saxonne. Pire que cela ils consentent à devenir les cobayes sur lesquels l’Empire va tester  ses stratégies et ses tactiques d’agression contre ceux qu’il a désignés comme « terroristes ». La légion étrangère arabe financée par les Arabes ne sera pas au service de la sécurité et de la prospérité des Arabes. La légion arabe, petit exécutant, mis dans un labyrinthe géopolitique ne suivra que les consignes de son maitre et les appâts déposés par les auxiliaires du maitre sans disposer de cartes de lecture ou de grille d’analyse.

Qui est terroriste, que signifie le terrorisme, quelles sont les garanties judiciaires et morales pour préserver le « citoyen » arabe de la lutte anti-terroriste, quels sont les moyens éducatifs, juridiques, économiques, sociaux et idéologiques pour se prémunir contre le terrorisme, qui commandite le terrorisme ? Le rat de laboratoire lobotomisé ou non lobotomisé ne se pose pas de question ? Comme le néant il est un gaz parfait. Pour ceux qui ont souvenir de leur cours de chimie : « Un gaz est parfait lorsque ses molécules n’interagissent pas entre elles, en dehors des chocs survenant lorsqu’elles se rencontrent » Un imbécile est parfait car les atomes de sa pensée n’entrent pas en choc avec d’autres pensées (les siennes ou celles des autres) : il est parfait dans son immobilisme, il répond parfaitement aux protocoles de l’expérimentation, il est le modèle d’excellence à suivre lorsqu’on veut introduire de l’entropie sociale ou de l’anesthésie morale. Sur le plan ontologique, politique et géopolitique, le parfait ne peut imaginer ses imperfections pour les corriger ni voir un modèle meilleur que lui pour focaliser ses ambitions et dynamiser ses objectifs.

En vérité comparer les insensés arabes à des rats est un insulte pour ce que de la Fontaine nomme dans ses fables « la gent trote-menu » ces diversités de Rattus. Le rat est sans doute l’animal le plus opportuniste, le plus stratège, le plus  rusé, le plus adaptable, le plus social et le plus doué à communiquer pour éviter les pièges. Si les chinois et les Hindous, très philosophes, considèrent le rat comme le symbole de l’intelligence, de l’ambition et de la chance, les occidentaux, très matérialistes et très individualistes, le considèrent comme le symbole du nuisible. Le prophète Youssef avait protégé l’Egypte de la famine en concevant des silos enfouis sous terre selon le modèle de conservation des épis de grain par les rats. Le maréchal Sissi conduit l’Egypte vers l’inconnu appâté par les pétrodollars et l’occasion de disposer d’une armée arabe qui viendrait à son secours lorsque le peuple égyptien viendrait à réaliser l’ampleur de la corruption, de la pauvreté et de l’incurie. Le peuple égyptien et le peuple arabe finiront par comprendre qu’ils sont « gueux comme un » et qu’ils vivent dans   » un nid à rats » car leurs gouvernants et leurs élites ont « des rats dans la tête ».

Le jeu de mots permet de tourner en dérision le jeu de maux qui nous accable.

Les monarchies du golfe vont financer la logistique de cette légion étrangère. L’Egypte, le Soudan et le Pakistan vont fournir les chairs à canon de cette armée. L’armement sera américain. Les cibles seront choisies par les Américains. La doctrine de guerre sera enseignée dans les écoles militaires anglo-saxonnes. La stratégie sera américaine. Le renseignement sera américain. Le profit sera américain. Que va gagner le peuple arabe ? Rien, il va perdre davantage. Il va applaudir des guerres par procuration. Les Ambassadeurs américains auront statut de proconsuls romains qui vont superviser les troupes d’élites romaines et les cavaleries et fantassins numides pour bruler Carthage et renverser Hannibal. Le Ratus animal s’il avait vécu ce type d’expérience  humaine il l’aurait intégré dans son logiciel de gouvernance, mais les gouvernants ratus arabus pseudo res publica et ratus arabicus reges monarchia fossilisés dans leur incompétence ne peuvent disposer d’un logiciel autonome pour gouverner, décider et édifier leur nation.

S’ils avaient le niveau social, moral et intellectuel des rats ils auraient mobilisé leurs argent, leurs idées et leur temps de travail à démocratiser leurs sociétés, à libérer leur territoires de l’emprise étrangère, à promouvoir les intelligences et les valeurs, à édifier une industrie et une recherche scientifique, à produire leur nourriture et leurs moyens de défense, à promouvoir l’échange arabe en créant des marchés communs, des liberté de circulations aux idées, aux hommes et aux capitaux, à lutter contre la corruption. Jamais un rat ne consentirait de son plein gré à jouer au pitre et à détruire sa communauté dans un laboratoire humain. Les Arabes ont besoin de gouvernance sensée. Ils sont épuisés de ses siècles de décadence caractérisés par l’instrumentalisation de la religion, de la nation, de l’histoire, de l’ethnie. Les Arabes ont besoin de se mettre au travail sérieusement au lieu de vivre comme des rentiers qui livrent leurs territoires et leurs ressources aux cupidités et aux convoitises des prédateurs nationaux et internationaux.

Lorsque la religion reprend ses droits et sa vocation morale, spirituelle, intellectuelle et sociale elle se libère de la politique partisane et de l’instrumentalisation politicienne. Libéré des dérives religieuses le musulman peut s’occuper à édifier son pays en sa qualité de Khalife de Dieu sur terre. Le Khalife a la vocation et le devoir de déployer son intelligence, son émotion, sa sensibilité, sa foi, son imagination, sa parole, son effort pour préserver la vie,  profiter de l’existence et en faire bénéficier les autres sans monopole ni exclusive ni exclusion. C’est ce contexte ontologique et social qui protège l’homme, musulman et non musulman, du terrorisme islamiste ou non islamiste. Il le protège surtout du colonialisme étranger et du despotisme intérieur qui sont la véritable source du terrorisme.

Cette armée arabe n’est pas une armée destinée à lutter contre le terrorisme car les dirigeants politiques et idéologiques de cette armée sont les fabricants du terrorisme et de son terreau social, culturel et économique. Cette armée n’a pas vocation de protéger le peuple arabe, mais de protéger les gouvernants en place qui vivent avec la hantise de se voir renversés par leur peuple. Ils ont peur de leur peuple. Ils ont peur aussi des dirigeants occidentaux qui ont les moyens médiatiques, politiques, économiques, diplomatiques, juridiques et militaires pour les déstabiliser et les renverser lorsqu’ils ne se comportement pas en vassaux dociles.

Cette armée a pour vocation de préserver le pouvoir en place et de jouer le rôle de gendarme. Les Etats-Unis ont d’autres préoccupations : la Russie, la Chine et la montée en puissance de l’Inde et de l’Amérique latine. Ils confient à leurs larbins arabes l’administration du pénitencier  arabe et africain.

Après la Libye, la Syrie et le Yémen, l’Empire dispose de suffisamment de données pour faire de la légion étrangère arabe non seulement des gardes pénitenciers mais des troupes de combats qui vont relancer l’économie de défense américaine. L’objectif ultime est laissé pour la fin :

Attaque de la Syrie pour réaliser ce que les groupes terroristes n’ont pu accomplir.

Mettre la Russie dans une position plus inconfortable : les Arabes qui s’allient aux Européens pour défendre les intérêts américains et détruire la Russie. Il s’agit de détruire la Russie. Contre l’Eurasie il faut pousser les « fous de Dieu » du Caucase et les arabes afghans et autres insensés à saper la Russie. L’Arabie saoudite et la Turquie peuvent coopérer sur ce terrain.

Placer les Arabes en force d’interposition entre le Hezbollah et Israël, entre la résistance palestinienne à Gaza et Israël.

Faire intervenir les Arabes contre le Hezbollah, le HAMAS et le Jihad islamique désignés comme terroristes

Soutenir tout démantèlement dans le monde musulman et arabe par l’envoi d’une force arabe mercenaire.

Livrer bataille contre l’Iran

Entrainer le monde musulman dans une guerre de mille ans entre Chiites et Sunnites et entre ethnies et entre entités géographiques partitionnés en Etats fantoches.

Ce scénario diabolique est vraisemblable. Il va rencontrer les problèmes suivants :

Les Arabes ont la ruse et la cruauté, mais ils n’ont pas les compétences intellectuelles et organiques pour mener à bien et à terme ce projet.

Les Arabes ont un problème  de légitimité et rien ne dit que la population arabe restera toujours à l’écart et rien ne dit comment les opposants les plus structurés et les radicaux vont intervenir en cours de processus pour changer la donne.

Ce scénario est basé sur l’effondrement de la « révolution » yéménite. Pour l’instant les infrastructures civiles et militaires du Yémen sont détruites, mais rien ne dit que le peuple yéménite guerrier par sa nature et son histoire va se soumettre. Rien ne dit que l’axe de résistance à l’Empire et au sionisme ne va rester spectateur devant ce qui se trame. Le conflit n’est qu’à ses débuts la fin sera sans doute plus dramatique. L’ancien ambassadeur du Yémen, sur CNN, a ouvertement critiqué l’incompétence d’Obama et a refusé que les intérêts stratégiques de l’Amérique puissent être  confiés aux seconds couteaux. Il a préconisé l’intervention armée directe de l’Amérique ou le ralliement à une solution politique négociée. Il y a des fissures qui s’annoncent. Si l’Arabie et son armée de coalisés échouent et ils vont échouer les Etats-Unis peuvent changer facilement de partenaires comme ils l’ont fait au Qatar.

La nature belliqueuse et agressive d’Israël avec la stupidité légendaire de Netanyahu peut conduire à une guerre à Gaza, au Liban, en Syrie ou en Iran ajoutant de la confusion à une situation déjà confuse.

L’Amérique hyperpuissance hégémonique ne traite pas avec des alliés, mais avec des serviteurs serviles et disciplinés. Le chaos du monde montre que si l’Amérique est chaotique ses serviteurs agissent de plus en plus autonomes avec prise de risques dont ils n’ont ni la compétence ni la culture de gérer et d’assumer.

L’Amérique ne traite pas avec des entités dispersées mais avec des chefs de files régionaux qui commandent les autres serviteurs et qui agissent en émissaires de l’Amérique. Qui va avoir le leadership sur cette armée arabe et  sur la région du Moyen-Orient : la Turquie, l’Egypte  ou l’Arabie saoudite ? Les disparités dans les mentalités et dans les ambitions sont telles que l’effritement de la coalition est prévisible à court terme à moins que les événements s’accélèrent et font que chacun des acteurs devienne incapable d’afficher sa différence. Dans un cas comme dans l’autre les conséquences sont dramatiques pour les peuples arabes.

C’est tout ça que j’ai tenté d’expliquer dans mon livre et mes conférences sur l’islamophobie, mais le discours victimaire sur les banlieues françaises a faussé le débat et a confondu la xénophobie française avec l’œuvre destructrice de l’Empire qui fait du musulman  à la fois l’incendiaire et le bois du bûcher qui ravage les espoirs d’avenir, les héritages et du passé et les possibilités du présent dans le monde arabe.

Le jour où on comprendra il sera trop tard de sauver quoi que ce soit. Hélas les opportunistes continueront à déserter après avoir dévoré comme des rentiers. C’est le comportement des rats dans un bateau en perdition. Si le président Yéménite avait de l’honneur et de la compétence il aurait compris que la légitimité politique ne consiste pas à fuir, mais à l’assumer. Lorsqu’un homme ou un régime n’est plus capable d’exercer son pouvoir il perd la légitimité. Ou bien il meurt comme le président chilien Allende ou bien il s’enfuit comme le président ukrainien Ianoukovitch. C’est ainsi : la légitimité vient des urnes ou d’un coup de force.

La charia islamique que les hommes ont modelée selon leurs convenances idéologiques et politiques donne légitimité politique à celui qui a été désigné ou à celui qui s’est imposé par la force. Les savants ont occulté le fait démocratique et le fait révolutionnaire.  Que Qaradhawi, le Mufti de l’OTAN et des Frères musulmans, ne vienne pas nous dire autre chose. La responsabilité morale, sociale  et religieuse dans toutes les religions et dans toutes les politiques consiste à éviter l’effusion de sang et à tout faire pour que la crise ne perdure ni dans le temps ni dans l’espace ni dans les interactions sociales et économiques d’un pays. La légitimité est d’abord morale ensuite institutionnelle. Il est admis qu’après un coup d’Etat ou une révolution si le peuple approuve le fait accompli c’est l’approbation de ce fait qui donne légitimité. L’approbation se fait démocratiquement ou par l’absence de révolte contre le nouveau pouvoir. Qu’il y ait une nouvelle légitimité incontestée ou qu’il y ait contestation de l’ancienne ou de la nouvelle légitimité politique cela relève de la souveraineté nationale et de la prérogative du peuple et des élites. L’intervention étrangère armée pour imposer un pouvoir ou imposer un dialogue conditionnel qui favorise un antagoniste est une agression. L’intervention étrangère, sur le plan du droit international  ou sur le plan du droit dans les pays arabes « républicains », n’a de légalité que si elle répond aux sollicitations d’un Etat souverain agressé par un autre Etat qu’il y ait ou non un traité de défense commune.

En agressant la Libye, la Syrie et le Yémen, l’OTAN et les Arabes ont bafoué les principes du droit. Se taire sur ces principes au nom de n’importe quel argument fallacieux religieux, doctrinal ou ethnique est une faute monumentale.  Musulmans nous devons avoir des principes et des valeurs par lesquels nous évaluons et nous prenons position. L’opportunisme le plus abject consiste à transformer les intérêts du moment et les erreurs de l’instant en principes et valeurs. Si on admet le faux comme vérité et l’illégalité comme légitime alors nous ouvrons la porte à des désastres moraux et politiques sans limites. La planète serait une jungle où le plus fort ferait sa loi comme ont tenté les Etats-Unis de le faire au Vietnam et en Irak.

Quel gaspillage et quelle stupidité ! Le rat le plus stupide n’irait pas à gaspiller ses ressources ou à nuire à sa communauté. Les Arabes gouvernants et opposant le font en dépit de la raison et de l’histoire.

 

 

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1 Commentaire

  1. Ahmed 7 avril 2015 at 10:35

    Salam Omar,

    je rajouterai que la colonisabilité est un mal « peut être » incurable. Nos gouvernants et nos élites auto-proclamées, entre l’enturbanné et le moderniste, sont très loin de se douter de cette guerre idéologique dont ils sont à la fois les auteurs et les victimes, comme tu l’as si bien illustré. La question qui se pose est quoi/comment faire, ne serait ce que pour lever le voile sur cette guerre des idées ?

    merci pour tes contributions de qualité qui personnellement me « tirent » de cette médiocrité ambiante.

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