Islam  : Libération des opprimés

l’Antéchrist Abou’âmama, l’Amérique et les mondes musulmans

l’Antéchrist Abou’âmama, l’Amérique et les mondes musulmans
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A l’université du Caire devant quelque 3.000 invités, le président s’appuyant sur des citations du Coran dit :

« Ce cycle de méfiance et de discorde doit s’achever »

« Je suis venu chercher, ici au Caire, un nouveau départ entre les Etats-Unis et les musulmans à travers le monde, un nouveau départ fondé sur l’intérêt mutuel et le respect mutuel. Un départ fondé sur cette vérité que l’Amérique et l’islam partagent des principes communs de progrès, de tolérance et de dignité humaine ».

Avec brio d’un rhéteur il a dit au monde musulman frappé d’Obamamania :  » aidez-moi à vous aider à rester sous ma domination. »

Intelligence, naïveté ou niaiserie ?

 

C’est au moment où l’Empire US subit le retour de manivelle de sa politique impérialiste contre le monde musulman par des défaites militaires et politiques et une crise économique et financière sans précédent et qu’il prend conscience de sa vulnérabilité et de son image hideuse dans l’imaginaire du musulman que le Caire lui offre une tribune pour parler au cœur des musulmans.

Obama, à la tête de l’empire capitaliste, ouvre son discours par « Assalaamu alaykum » (Paix sur vous) et le monde ouvre ses oreilles et son cœur pour plonger dans l’extase oubliant l’horreur colonialiste US américaine. L’extase du monde musulman va atteindre le niveau planifié par les spécialistes de l’audimat lorsqu’Obama égrène les versets coraniques comme s’il était le Grand Mufti de Jérusalem faisant le sermon du premier vendredi de la libération d’Al Aqsa par Salah Eddine.

Pour Hassan Haykal, le célèbre journaliste égyptien et ancien ministre de la culture du président Nasser le discours d’Obama avec ses citations coraniques est l’œuvre des orientalistes de l’establishment dont Henry Kissinger qui savent flatter la fibre émotive des musulmans. Ce procédé témoigne soit de la naïveté de l’administration américaine vis-à-vis du monde musulman considéré comme facilement manipulable ou de la naïveté réelle des peuples musulmans qui n’ont aucune grille de lecture du discours et d’aucun critère de comparaison entre le discours lénifiant américain et sa pratique violente contre le monde musulman. Le temps va montrer le degré de naïveté des uns et des autres. Pour le moment le constat est aussi simple que le cerveau d’un benêt : la production hollywoodienne produit au public musulman les paroles qu’ils veulent entendre et comme tous les spectateurs devant la machine à produire du rêve et de la magie les musulmans applaudissent à la fiction visionnée comme s’ils avaient devant eux le film  » Moise et les dix commandements » ou  » A l’aube de l’Islam ».

Ironie de l’histoire : ce sont les néo conservateurs judéo-chrétiens sionisant qui attendaient le retour du Messie et finalement le ciel l’a envoyé à ceux dont leur religion leur dit pourtant que le temps des Messies est révolue, maintenant c’est le temps des résolus :

{Aujourd’hui, J’ai amené votre religion à son point de perfection , Je vous ai accordé Ma grâce tout entière et J’ai agréé l’ISLAM pour vous comme religion !} Al-Maidah 3

Pour que les musulmans reprennent conscience que Dieu a parachevé la religion pour leur bienfait il faudrait qu’ils se réconcilient avec leur foi et leur intelligence en se libérant d’abord des illusions et de la confusion. Pour que les musulmans sortent de la confusion il faut qu’ils lisent ou relisent le Coran qui leur dit que leur Qibla n’est pas l’Amérique et que leur crainte doit être placée à bon escient :

{De quelque lieu que tu viennes, oriente-toi vers la Mosquée sacrée ! Où que vous vous trouviez, tournez vos visages dans la même direction, afin de ne pas donner prise aux critiques des hommes, excepté celles qui émanent des injustes parmi eux. Ceux-là, vous n’avez pas à les craindre. C’est Moi que vous devez redouter, afin que Je parachève Ma grâce en votre faveur et que vous soyez guidés dans la Voie du salut.} Al-Baqara 150.

Le show médiatique américain manie et manipule le symbole jouant de la méconnaissance des uns et de la connaissance ignorante des autres et renverse l’ordre moral et spirituel en s’appropriant la vérité coranique pour l’utiliser comme arme de diversion contre des peuples qui ont pris leur propre religion comme amusement et passe-temps pour oisifs. Ce n’est plus Ben Laden qui invite l’Amérique à se convertir, sous la contrainte terroriste, mais Obama qui invite les musulmans à être de bons et fidèles musulmans, sous la persuasion de son sourire messianique. Il s’approprie donc l’initiative à laquelle nous invite le Coran :

{Qui donc tiendrait un meilleur discours que celui qui appelle les hommes à Dieu, fait œuvre pie et proclame tout haut son appartenance à l’islam? La bonne action et la mauvaise action ne sont pas pareilles. Rends le bien pour le mal, et tu verras ton ennemi se muer en fervent allié ! Mais une telle grandeur d’âme est seulement le privilège de ceux qui savent faire preuve de patience et de ceux qui sont touchés par une grâce peu commune.} Fussilat 33

Frappé par la grâce divine Hussein Abou Amama nous sermonne en nous retournant notre prosélytisme :

{Ô vous qui croyez! Craignez Allah et soyez avec les véridiques.} at thawba 119

Les musulmans applaudissent et s’extasient en lançant dans le ciel des « Sobhane Allah ». Oui gloire à Dieu qui fait parler les pierres, les morts, les momies des Pharaons et les mécréants les faisant témoigner contre les musulmans insouciants et pervers. Ce verset 119 de la sourate at Thawba est contextuellement la confirmation de l’agrément de Dieu de la contrition et du repentir des trois compagnons du Prophète rongés par le remords et leur mise en quarantaine d’avoir déserté le champ de bataille par insouciance et non par lâcheté :

{Allah a accueilli le repentir du Prophète, celui des Emigrés et des Auxiliaires qui l’ont suivi à un moment difficile, après que les cœurs d’un groupe d’entre eux étaient sur le point de dévier. Puis Il accueillit leur repentir car Il est Compatissant et Miséricordieux à leur égard. Et [Il accueillit le repentir] des trois qui étaient restés à l’arrière si bien que, toute vaste qu’elle fût, la terre leur paraissait exiguë ; ils se sentaient à l’étroit, dans leur propre personne et ils pensaient qu’il n’y avait d’autre refuge d’Allah qu’auprès de Lui. Puis Il agréa leur repentir pour qu’ils reviennent [à Lui], car Allah est L’accueillant au repentir, le Miséricordieux.} at thawba.

Sobhane Allah qui donne voix à toute chose pour exprimer la vérité de la façon la plus inattendue et la plus percutante. Qui est dans le contexte de la conjoncture mondiale celui qui a le plus besoin de venir à la repentance : le colonisateur ou le colonisé, le croyant ou le négateur de la foi. Nous sommes en présence d’un show surréaliste.

Pour rester dans le contexte du verset lu par Obama et du rapport conflictuel entre l’Amérique matérialiste et impérialiste et le monde musulman victime de l’hégémonie arrogante de l’Amérique voici la suite des versets qu’Obama ne connaissait pas mais que les musulmans sont censés connaître et mettre en application :

{Il n’appartient pas aux habitants de Médine, ni aux Bédouins qui sont autour d’eux, de traîner loin derrière le Messager d’Allah, ni de préférer leur propre vie à la sienne. Car ils n’éprouveront ni soif, ni fatigue, ni faim dans le sentier d’Allah, ils ne fouleront aucune terre en provoquant la colère des infidèles, et n’obtiendront aucun avantage sur un ennemi, sans qu’il ne leur soit écrit pour cela une bonne action. En vérité Allah ne laisse pas perdre la récompense des bienfaiteurs. Ils ne supporteront aucune dépense, minime ou importante, ne traverseront aucune vallée, sans que (cela) ne soit inscrit à leur actif, en sorte qu’Allah les récompense pour le meilleur de ce qu’ils faisaient. Les croyants n’ont pas à quitter tous leurs foyers. Pourquoi de chaque clan quelques hommes ne viendraient-il pas s’instruire dans la religion, pour pouvoir à leur retour, avertir leur peuple afin qu’ils soient sur leur garde. Ô vous qui croyez ! Combattez ceux des mécréants qui sont près de vous; et qu’ils trouvent de la dureté en vous. Et sachez qu’Allah est avec les pieux.} at thawba 120

Nous sommes dans une contradiction ubuesque sur le plan sémantique et sur le plan dialectique qui témoigne d’une confusion totale qui règne dans le monde et qui annonce sans doute de grands bouleversements car on ne peut atteindre un tel niveau de paroxysme kafkaïen sans dépression entropique. La seule façon de comprendre cette double aliénation du colonisé envers le colonisateur et vice-versa est de consulter le Coran pour découvrir l’allégorie que le destin nous raconte à l’université islamique du Caire ce jour 4 juin de l’an neuf du troisième millénaire :

{Ô hommes ! Voici une parabole qui vous est proposée. Écoutez-la ! Ceux que vous invoquez en dehors de Dieu ne sauraient même pas créer une mouche, dussent-ils s’y mettre ensemble. Et si une mouche leur enlevait quelque chose, ils seraient incapables de le lui reprendre. Solliciteur et sollicité sont aussi faibles l’un que l’autre.} Al-Hajj 73.

Cette liaison incestueuse entre l’Amérique et le monde musulman est une affaire consommée depuis longtemps et elle ne peut qu’accoucher de cette relation indissociable de la mouche qui met son estomac sur sa proie pour s’identifier tous les deux en une seule et même chose, un seul et même processus : une digestion hors de soi et irréversible.

Le second verset cité par Obama dit : {quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes.} al maida 32

Il doit être situé dans son environnement textuel qui ressemble, gloire à Dieu, au contexte géopolitique du sionisme et de l’impérialisme dans leur rapport au monde arabe et musulman :

{Nous avons prescrit pour les Enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu’en dépit de cela, beaucoup d’entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre. La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment, excepté ceux qui se sont repentis avant de tomber en votre pouvoir: sachez qu’alors, Allah est Pardonneur et Miséricordieux. Ô les croyants! Craignez Allah, cherchez le moyen de vous rapprocher de Lui et luttez pour Sa cause. Afin que vous soyez de ceux qui réussissent!} al maida 32

Y-a-t-il une erreur sur le public ou au contraire la confirmation de l’idée sioniste qui veut que les arabes ne lisent, et s’ils lisent ils ne comprennent pas, et s’ils comprennent ils oublient vite. Les sionistes, mémoire vigilante et expert en diversion et manipulation, utilisent le discours d’Obama, qu’ils ont sans doute écrit de leurs mains, se mettent à jouer l’ingénue effarouchée voyant en Obama un « islamiste » qui met en danger la sécurité d’Israel et comment ne le serait-il pas vu les origines de son père et les termes de son discours.

En tous les cas il aura suffi de deux jours, sans discours, pour que l’AIPAC obtienne de la Chambre des représentants et du Congrès réunis la remise urgente d’une « motion » entre les mains de M. Barack Obama pour qu’il propose des négociations directes entre Israël et la Palestine, afin d’exclure Washington de la négociation et de garantir l’enlisement du dossier selon une méthode éprouvée. La parabole de la mouche est à lire dans son véritable contexte et entre les véritables partenaires : l’establishment et le lobby sioniste. Les arabes et les musulmans qui entrent dans le jeu savent qu’ils ne sont que des comparses dans le scénario de domination du monde. L’Amérique depuis son entrée sur la scène de l’humanité incarne cette funeste devise  » malheur à ceux à qui nous leur apportons secours car nous serons leur épreuve et leur tentateur ».

Les musulmans ont du mal à comprendre que dans la culture du peuple élu, l’Amérique est la divinité qui choisit ses serviteurs et une fois choisis ceux-là n’ont pas d’autres volontés que celles de leur idole : aimer ce qu’elle aime, haïr ce qu’elle hait, servir sans attendre de récompense car la récompense est dans le statut d’élu. L’Amérique, sous son masque démocratique, est une dictature à l’échelle mondiale qui dépasse celle de Pharaon qui consent à accorder des privilèges réels à ses alliés et ses soumis :

{Réunis chez Pharaon, les magiciens lui dirent : «Nous aurons certainement une récompense si nous sommes les vainqueurs !» – «Bien sûr, dit Pharaon, mieux encore, vous siégerez parmi les membres de ma cour.»} al aâraf 113

Les arabes et les musulmans convoqués chez eux n’ont pas droit à siéger comme des partenaires mais à écouter comme des bestiaux les ordres qui les emmènent à l’abattoir et qui leur chuchotent quelques mots dans leur langue comme on fait avec un mouton en le poussant par la queue car ils ont oublié leur vocation de musulmans soumis à Dieu pour être des vassaux soumis à l’Amérique :

{Nous avons destiné à l’Enfer un grand nombre de djinns et d’hommes qui ont des cœurs pour ne pas comprendre, des yeux pour ne pas voir et des oreilles pour ne pas entendre. Comparés à des bestiaux, ils sont plus égarés encore. Tels sont ceux qui vivent dans l’insouciance} Al-A’raf 179.

Le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Meshaal, ne s’est pas laissé séduire par l’obamia prosélytiste et l’orchestration sioniste. Nourrie dans la résistance par la culture coranique il ne peut voir que de la provocation et c’est pourquoi il va superbement donné à ce discours l’écho qu’il mérite: « Le discours a été intelligemment conçu dans sa façon de s’adresser au monde musulman… et de montrer du respect pour le patrimoine musulman » – « Mais je pense que cela ne suffit pas. Ce dont nous avons besoin, c’est d’actes, d’actions sur le terrain, et d’un changement de politique. »

Hassan Haykek, citant New-York Times, affirme dans une interview publiée par As Sharq (journal égyptien) que près de 40 experts du monde musulmans ont participé à la rédaction, à la révision et à la validation de la mouture finale du projet de discours d’Obama destiné au monde musulman à partir du Caire. Contre l’histoire et la réalité du monde ces experts semblent oublier que par les accords de paix de Camp David l’Amérique a réduit à néant le rôle de l’Egypte dans le monde arabe. Ils semblent ignorer qu’en dehors des touristes étrangers, les musulmans plongés dans la misère et les guerres ne voient dans les pyramides d’Egypte ni une merveille du monde ni un souvenir remarquable autre que la perdition de Pharaon le despotique, perdition qui attend tout tyran inique :

{Et Nous donnâmes en héritage au peuple, naguère opprimé, les contrées orientales et occidentales que Nous avions bénies. Et c’est ainsi que se trouva réalisée la belle promesse de ton Seigneur aux fils d’Israël, en récompense de leur constance. Nous détruisîmes tous les ouvrages que Pharaon et son peuple avaient édifiés ou érigés.} Al-A’raf 137.

Les musulmans, conscients de leur oppression, attendent la destruction de l’empire américain qui est annoncée dans l’histoire de Pharaon comme un fait cyclique et ineluctable. Non seulement ils attendent mais ils lèvent les mains au ciel et invoquent Dieu de mettre fin à la tyrannie qui gouverne le monde :

{Et Moïse d’implorer : «Seigneur ! Tu as gratifié Pharaon et ses notables de faste et de grandes richesses en ce monde, qu’ils emploient, Seigneur, pour s’écarter davantage de Ta Voie. Seigneur ! Anéantis leurs richesses et endurcis leurs cœurs, afin qu’ils ne croient qu’au moment où ils seront en face du terrible châtiment.»} Yunus 88.

Tous les musulmans, objectivement et subjectivement, ressentent et connaissent la vérité que personne ne peut plus cacher, ni discours, ni promesse, ni CIA, ni démocratie : {Pharaon et son armée se montrèrent, sans raison, pleins d’arrogance sur terre, pensant qu’ils ne seraient jamais ramenés vers Nous un jour !} Al-Qasas 28.39.

Nos Moujtahidines comme les savants d’al Azhar et les élites des palais nous invitent non seulement à prendre le président américain aux mots comme s’ils avaient eux aussi été frappés par la même grâce qui a frappé Barak le béni : « un discours particulièrement fort qui ne fut pas seulement un « discours » –  » il exprime une vision à la fois positive et exigeante » – « Il est impératif que les musulmans prennent Obama aux mots et, au lieu d’adopter une attitude passive ou victimaire, de contribuer à un monde meilleur en étant autocritiques et critiques, humbles et ambitieux, cohérents et ouverts. » –  » Quelque chose a effectivement changé ».

Quel est le changement prometteur annoncé ? Changement de style casuistique ! Il n’y a plus de frontières entre « eux » et « nous » nous sommes enfin dans l’ère des confusions de genre, d’intérêts, d’époques, de rêves. Nous aurions donc les mêmes préoccupations, les mêmes défis et les mêmes ennemis que l’administration américaine. Nos philosophes et nos prêtres n’ont toujours pas compris que le plus grand danger qui nous guette est justement cette propension américaine à l’indifférenciation. Ceux qui s’autorisent à dire, au nom de l’islam que l’homosexualité n’est pas un péché capital peuvent déraper et admettre l’indifférenciation sexuelle. Même ce dérapage ne peut sur le plan sociologique, culturel, psychologique et philosophique faire admettre la confusion des identités. Dans l’analyse des pathologies infantiles l’indifférenciation est considéré comme un symptôme montrant l’absence de critérium pour faire la distinction entre les identités et les concepts.

Et pourtant l’indifférenciation est l’essence de l’utopie égalitariste qui a produit en Algérie l’école française des indigènes et c’est cette même essence qui produit la « fin de l’histoire » ou le « clash des civilisations ». C’est cette indifférenciation qui crée le racisme, l’ethnocentrisme, l’intégrisme et le sionisme qui ne reconnait aucun droit aux arabes sur leur terre. Il est difficile d’accepter cette dérive de la part d’homme se réclamant du monothéisme qui lui même consacre la volonté divine au pluralisme des mondes et refuse l’hégémonie inique et arbitraire :

{À chacun de vous Nous avons tracé un itinéraire et établi une règle de conduite qui lui est propre. Et si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait de vous une seule et même communauté , mais Il a voulu vous éprouver pour voir l’usage que chaque communauté ferait de ce qu’Il lui a donné. Rivalisez donc d’efforts dans l’accomplissement de bonnes œuvres, car c’est vers Dieu que vous ferez tous retour, et Il vous éclairera alors sur l’origine de vos disputes.} al maida 48

{Et si ton Seigneur l’avait voulu, Il n’aurait fait des hommes qu’une seule communauté. Or, ils ne cessent de se dresser les uns contre les autres, à l’exception de ceux auxquels ton Seigneur a accordé Sa miséricorde. Et c’est bien pour être si différents qu’Il les a créés.} Hud 118

Tout le combat de l’opprimé, de la minorité occultée et des droits bafoués est un combat pour faire reconnaître son droit à la différence et son devoir de briser le silence de l’indifférence. Nos intellectomanes sont davantage intéressés pour vendre un islam consensuel, moderniste, aseptisé du Jihad prêt au compromis et à la collaboration si cela doit donner de la notabilité, du prestige et un rang social ou intellectuel reconnu par ceux qui terrorisent les petits bougnouls et bamboulas. Le Coran a institué le Jihad pour faire régner la justice mais aussi pour faire accepter le principe du pluralisme qui repose sur le droit à la différence et la négation du système impérial romain ou américain :

{Si Dieu ne repoussait pas certains peuples par d’autres, des ermitages auraient été démolis, ainsi que des synagogues, des oratoires et des mosquées où le Nom de Dieu est souvent invoqué. Dieu assistera assurément ceux qui aident au triomphe de Sa Cause, car la force et la puissance de Dieu n’ont point de limite. } al hadj 40

Ces “changements” ne visent-ils pas à reconquérir le regard admiratif du musulman destiné à être un spectateur débile dans une pièce noire où il applaudit devant l’intrépide courage du cow boy pourchassant le méchant barbare à dos de cheval sur les territoires des Appaches ou à dos d’Appache à Fellouja city ou à Helmand West. A moins qu’on se comporte en vieux ivrognes : on efface l’ardoise et on recommence à trinquer. Cette fois ci ce sera une coalition arabo américano sioniste contre Zarathoustra l’islamique au nom de  » toutes les parties doivent prendre leur responsabilité afin de faire cesser la violence et de promouvoir la justice et la paix.”

Donc au lieu d’aller chercher l’incohérence interne dans le discours de M. Barack Obama et y trouver toutes les carences de nature dialectique sur le traitement de la question palestinienne face à l’occupation sioniste des terres arabes on se retrouve comme toujours hors jeu et hors champ. Il ne s’agit plus de mettre fin à l’injustice et à l’oppression des musulmans mais de débattre de la rhétorique obamienne, du changement de paradigme, de faire confiance, d’attendre et de voir comme si des siècles d’attentisme et de cécité ne sont pas suffisant pour chercher d’autres occasions d’aveuglement.

Lisant l’interview de Haykal égyptien partisan du nationalisme arabe et celle de Azmi Bishara israélien arabe de tendance marxiste et de tant d’autres figures arabes et musulmanes impliquées dans la culture de la résistance anti impérialiste , on est amené à des conclusions sur lesquelles aucune confusion n’est possible sauf celle dans la tête mal pensantes des élites arabes et musulmanes du sérail politique et culturel :

– Obama s’est exercé à une démonstration de son style de markéting de relations publiques qui ne vend rien sauf parler de changement sans annoncer ce qui va changer, quand, comment et pourquoi et avec quels moyens et quels partenaires. C’est cette mission qui lui a été confié à la Maison Blanche ni plus ni moins. Son épouse, plus engagée que lui à gauche, est déjà récupéré par le système de fabrication des stars et des top model figurant sur les magazines pour frustré(e)s.

– Obama a consacré une partie sur sept de son discours à l’apologie de la civilisation musulmane et les six autres à l’apologie de l’Amérique. La partie islamique est le contenant, la partie américaine est le contenu ethnocentriste. Nous sommes, dans le cadre de la discrimination positive, en face de l’expression du surMoi du blanc qui voit le reste du monde comme esclave qui n’a pas d’existence propre à l’exception de sa case exotique dans l’arrière cour de la maison du maître style coloniale.

– Obama récitant les versets coraniques doit nous rendre encore plus exigeant envers le discours islamiste dans les compétitions sociales et politiques en terres musulmanes : Oui aux versets coraniques et aux hadiths si et seulement si il y a traduction effective en comportements, en programmes et en actions. La meilleure protection contre la falsification, l’amalgame et la manipulation est le retour au Coran qui a décrit toutes les situations psycho sociales et poltico affectives qui peuvent influencer le jugement du musulman dans sa confrontation à la rhétorique et à la sublimation médiatique ou idéologique :

{Il y a parmi les gens celui dont la parole sur la vie présente te plaît, et qui prend Allah à témoin de ce qu’il a dans le cœur, tandis que c’est le plus acharné disputeur. Dès qu’il tourne le dos, il parcourt la terre pour y semer le désordre et saccager culture et bétail. Et Allah n’aime pas le désordre. Et quand on lui dit: ‹Redoute Allah›, l’orgueil criminel s’empare de lui, l’Enfer lui suffira, et quel mauvais lit, certes! […] On a enjolivé la vie présente à ceux qui ne croient pas, et ils se moquent de ceux qui croient. } al baqara 204 – 212

– Les médias arabes sont devenus plus pervers contre leurs peuples que ne la été la colonisation. Pendant plus d’une semaine ils ont crée l’événement, le suspense comme si Obama allait apporter la solution miracle à leurs misérables conditions et tout ce matraquage médiatique s’est fait au nom du nationalisme. Bertolucci avait raison de dire que le nationalisme est le dernier refuge des canailles.

– Si Obama devait parler de changement à venir dans le monde, jamais l’usage et la bienséance ne lui aurait permis de le faire dans un autre lieu que le Congrès américain. Celui qui s’est permis d’extrapoler ou de spéculer sur les changements à partir du discours d’Obama au Caire est un sot infatué qui ignore l’ABC du fonctionnement des institutions américaines et de l’exercice du pouvoir.

– Le discours d’Obama est d’un mépris total pour le pouvoir égyptien dont aucune figure n’a été évoqué ou gratifié d’un compliment diplomatique en qualité d’hôte et de tribune pour la voix d’Obama qui a été traduite en 13 langues et rediffusés en direct à destinations des télévisions, radios et internet planétaire. Situation ubuesque…

– Le peuple français et ses élites auraient trouvé insultant qu’un dirigeant étranger vienne sur leur sol demander qu’ils soient réunis comme un troupeau de saint Bernard pour leur parler de ses convictions et non des leurs, pour leur parler de l’Afghanistan qu’il faut aider à gagner contre les américains alors que les soldats français y sont embourbés. Les arabes qui applaudissent et tombent sous la séduction du charme appartiennent davantage à la race des cocus qu’à celle des hommes libres.

– Obama n’a consacré que 20 mn de son temps pour un entretien avec le président égyptien Hosni Moubarak qui lui a pourtant offert son pays comme tribune et oratoire. Ce temps court témoigne de l’intérêt que porte Obama pour les problèmes complexes du Moyen-Orient et de la représentation qu’il a de l’importance du rôle du président égyptien dans le processus de paix et dans le monde arabe. Situation affligeante…

– Obama a touché la fibre sentimentales des arabes toujours enclins à lire le monde comme une mythologie mais n’a fait aucune concession au détriment d’Israël qu’il continue de soutenir comme allié indéfectible en s’adressant à l’audience arabe et musulmane envoutée par le salam aleykoum d’ouverture qui les a mis KO incapables de discerner le sens des mots dérangeant leur confort de vassal, leur absence de probité morale et leur paresse intellectuelle. Le comble c’est évoquer la Shoa et l’Holocauste à une assistance musulmane qui vient de subir l’opération « plombs durcis ». Le Pape lors de sa dernière visite à Israël n’a pas cautionné, par son silence, le chiffre avancé et que certains contestent de la mort de 6 millions de juifs. Les arabes et les musulmans non concernés, sur le plan de la responsabilité morale et historique, par le contentieux Eglise synagogue ou Europe et Juifs sont invités par Obama à un cours d’histoire sur les juifs faisant oublier leurs malheurs plus nombreux, plus réels et surtout d’actualité. Nos intellectunnels musulmans trouvent que le discours d’Obama est historique. Situation sado masochiste… Malek Bennabi avait eu ce mot pour dépeindre l’intellectomanie musulmane :  » On a vu des indigènes fiers de se faire appeler indigènes malgré que dans l’histoire des hommes on ne trouve pas un énuque qui s’appelle lui même l’énuque »

– La Shoah n’est pas le seul point de convergence entre le Pape et Obama : leurs déclarations ont abordé de nombreux points communs donnant l’impression d’une véritable concertation entre le Vatican et l’Empire. Parmi ces points on remarque la dénonciation du terrorisme, de l’extrémisme et de la violence (islamique), l’émancipation de la femme (arabe), la paix et la sécurité en faveur des peuples de la région (les juifs), la reconnaissance de la souffrance des juifs…

– La communion de vue entre les deux hommes est de dénoncer la résistance par la rhétorique qui consiste à militer pour la démilitarisation du HAMAS qui doit, pour être fréquenrable et civilisé, s’apparenter à un mouvement de non violence. L’Occident tangue entre deux idées majeures sur l’islam : en faire une composante de l’empire judéo chtétien sioniste ou un maraboutisme bouddhiste. Un rite ou un spiritualisme tronqué par l’élimination du Jihad. Méchaal le chef du Hamas a critiqué l’assimilation faite entre la cause palestinienne et la situation des noirs en Amérique, ou en Afrique du Sud : « Nous vivons en Palestine sous l’occupation israélienne, qu’on doit combattre par tous les moyens, dont les armes, alors que les noirs aux États-Unis se battaient pour obtenir leurs droits civils ».

– Les élites arabes et musulmanes en faisant croire qu’Obama est porteur d’un projet de changement et qu’il faut l’écouter comme s’il était le Messie et transformer les banalités de sa rhétorique en « Béatitudes ou Sermon de Jésus sur la montagne » participent consciemment ou inconsciemment à la falsification de l’histoire et des sacrifices des peuples. Le changement de style et l’affirmation de la quête de la réconciliation et du consensus sont les premiers résultats de la résistance mondiale contre l’impérialisme mondial dont tous les complots ont été avortés en Irak, Afghanistan, Liban et Palestine…

– Les élites du néo libéralisme arabo américain ne semblent pas voir les capacités giratoires du projet démocratique initié par les américains pour modifier la géopolitique du Moyen-Orient. Non seulement le projet de condolezza Rice est oublié puisque la théorie de la « regression féconde » ou du « chaos organisateur » a montré ses limites théoriques et pratiques mais Obama parle de démocratie à partir du sol égyptien sachant que dans le monde musulman l’Egypte avec son despotisme politique, sa corruption bureaucratique, son injustice sociale est l’exemple type que les démocrates arabes doivent combattre qu’ils soient libéraux, progressistes ou islamistes. Nos élites ne comprennent toujours pas que l’Amérique n’est pas le modèle démocratique si on lui enlève son cirque électoral et si on voit aussi ses alliances stratégiques avec les dictatures qui servent ses intérêts.

Le point positif à l’actif d’Obama, vérité affichée ou hypocrisie politique, est de dire que la démocratie ne s’importe pas et qu’il appartient à chaque peuple de construire sa liberté et son système de gouvernance en fonction de son histoire et de sa culture. Les libéraux arabes sont dans le mutisme total, eux qui espéraient hériter du pouvoir arabe en faisant l’économie de la vox populi. Ils ont du mal à comprendre que le culte des Etats-Unis après le dollar est leur sécurité intérieure qui s’étend sur toute la planète et ils savent qu’ils n’auront jamais vassaux plus humbles à exécuter leurs basses besognes que les régimes en place. Ces mêmes régimes sont le meilleur garant de la sécurité d’Israël. Ces mêmes régimes sont le meilleur garant de la sécurité de leurs approvisionnements stratégiques et de leurs logistiques militaires dans les bases navales, aériennes et terrestres de l’US Army.

Meshaal du HAMAS n’ayant ni le temps ni l’envie de jouer au même jeu qui perdure depuis 60 ans dit les choses sans faux fuyant : « Plutôt que les mots doux du président Obama sur la démocratisation, nous aurions préféré que les Etats-Unis commencent par respecter les résultats des élections démocratiques que nous avons déjà tenues. Et plutôt que de parler de démocratisation et de droits de l’homme dans le monde arabe, nous aurions préféré qu’il retire le général Dayton qui est en train de monter un Etat policier en Cisjordanie. »

– Le discours du changement est adressé au monde musulman en général et en particulier à cette zone asiatique en pleine effervescence qui risque de devenir une poudrière contre les intérêts américains dans le monde entier. La question qui se pose pourquoi s’adresser aux musulmans à partir du Caire et non de Djakarta ou de Kaboul ou plus simplement de l’ONU? Les musulmans ne gardent du Caire que la dynastie fatimide, Nasser et la chanteuse Oum Keltoum. Le Pakistan avec ses écoles coraniques n’a pas besoin ni du Caire ni d’Al Azhar. La seule explication logique est de confondre totalement le monde arabe dans le monde musulman et ne gérer qu’un seul bloc. Nous assisterions à un show de dissolution du monde arabe comme un show de liquidation de General Motors ou de Chrysler…

L’Egypte est exclue de tout rôle d’ampleur dans le monde arabe, la question palestinienne n’est plus problème arabe mais un problème de l’autorité palestinienne et de l’ENROE pour l’aide aux réfugiés. Le monde arabe doit se dissoudre dans un monde musulman vaste, indéfini, vassalisé à l’Amérique et infecté des luttes tribales et ethniques. Il s’agit de recorriger les cartes administratives, idéologiques et militaires du découpage impérialiste du monde hérité à la fin de la seconde mondiale. L’Amérique est en voie d’affaiblissement mais elle reste militairement, politiquement, financièrement l’hyper puissance et elle deux choix : ou se rétrécir comme l’a fait l’empire britannique qui ne pouvait plus gérer ses colonies ou se dilater pour tout phagocyter tant que l’appétit de puissance est présent comme l’a fait Rome. Il semble que la fuite en avant est le choix fait par les américains. Les arabes sont trop dépendants de l’image qu’ils veulent donner à l’Occident et cette image narcissique fait écran leur interdisant de voir le monde sous sa véritable image ou plus précisément sous les séquences des images avant montage et après montage pour dérouler le scénario caché.

– La subtilité de la mise en scène américaine est de vendre non seulement aux Arabes et aux Musulmans mais même aux Européens le son « dialogue des civilisations » alors que l’image réelle est le choc des civilisations, le son des néo démocrates qui apporte le changement et la paix alors que l’image réelle est celle des néo conservateurs qui apporte la continuité et la guerre. Il nous faudrait la force imaginative de Shakespeare et la puissance de ses mots pour décrire le drame de l’empire américain qui se joue sous nos yeux. Il nous manque le talent mais surtout la conscience. Le propre de l’hypocrisie est le double langage et le double face quand la situation ou l’interlocuteur change. Avec la maîtrise du verbe par Obama et la perte de pudeur des élites arabes nous assistons sur le même lieu et face au même public un discours double. Le Coran nous a mis en garde contre l’hypocrite et l’hypocrisie en donnant à une sourate le nom d’al mounafiqoun (les hypocrites) qui nous dit ceci :

{1. Quand les hypocrites viennent à toi, ils disent: ‹Nous attestons que tu es certes le Messager d’Allah›; Allah sait que tu es vraiment Son messager; et Allah atteste que les hypocrites sont assurément des menteurs.

4. Et quand tu les vois, leurs corps t’émerveillent; et s’ils parlent, tu écoutes leur parole. ils sont comme des bûches appuyées (contre des murs) et ils pensent que chaque cri est dirigé contre eux. L’ennemi c’est eux. Prends y garde. Qu’Allah les extermine! Comme les voilà détournés (du droit chemin).}

– Toutes ces manifestations grandiloquentes américaines n’annoncent rien de bon pour les Arabes conformément aux traditions : la visite de Nixon a chamboulé toute la région arabe et l’Egypte en particulier, celle de Bush le père a vassalisé le monde arabe et entamé la destruction de l’Irak. Celle d’Obama intervient à la veille des élections législatives libanaises et tout show américain est la vitrine d’un scénario bien élaboré et bien exécuté. Il n’y a que les arabes qui ne savent ni lire ni comprendre. Si Einstein aurait été encore vivant, en sa qualité de sioniste il aurait dit :  » une moelle épinière leur aurait suffi »

– Dans cette lecture compréhensive du monde on aurait médité au lieu d’applaudir, on aurait pleuré au lieu d’attendre des changements d’un homme qui n’est là que pour jouer un rôle de bouche trous pour remplir le vide en attendant que l’Amérique se ressource et face de nouveau front contre l’émergence de la Chine, la crise financière et économique qui n’a pas encore vomi tout son lot de misères et de privation, l’échec militaire en Irak et en Afghanistan qui risque de s’achever en débâcle historique, la montée en puissance de l’Iran, la révolte de l’Amérique du sud et enfin la vulnérabilité d’Israël devant les missiles du Hezbollah et l’expérience réussie du HAMAS dans sa confrontation à Israël soutenu par l’OTAN, l’ONU et les Arabes. Situation périlleuse pour l’Amérique et Israël de plus en plus honnis par les peuples du monde entier. Nos intellectuels organiques et négatifs ne peuvent changer l’ordre des choses.

– La mémoire du musulman est défaillante : Le Caire en recevant Obama avec son salamou aleykoum, sa référence à Al Azhar et aux deux versets dont j’ai montré l’inopportunité, l’impertinence et l’incohérence dans la conjoncture mondiale, semble amnésique comme le sont les islamistes modernisant .

La première inconséquence est de citer al Azhar vielle de mille ans dans un discours prononcé dans un site à peine vieux de cent ans. La symbolique est claire : ma préférence va à la modernité et à la laïcité. Il met en exercice sa compétence symbolique à reconnaître pour nier, occulter et à séparer. Dans le langage sémiotique on assiste non pas à un acte de symbolisation ( fédération) mais de diabolisation ( rupture, séparation, dislocation)

La seconde inconséquence est de s’approprier le combat contre l’Iran chiite à partir de l’Egypte sunnite faisant le lien entre la campagne égyptienne et saoudienne contre le Hezbollah et l’Iran et en même temps assumer l’héritage des néo conservateurs qui se sont appuyés sur la Qibla théologique des chiites, an Najef, pour faire tomber livré Bagdad aux mains des Yankees. A partir de la vieille et vénérable institution Al Azhar la Qibla théologique des Sunnites on continue le jeu de domino de Bush faire tomber Téhéran à partir de la Mecque ou d’Al Azhar fondé par la dynastie des Fatimides et réintégré dans la dynastie des Abbassides par Salah Eddine al Ayoubi le kurde.

Obama ne doit pas ignorer l’histoire trouble des musulmans avant et pendant les Croisades. Il ne doit pas ignorer la colonisabilité des arabes et des musulmans qui s’atomisaient au moment où émergeaient les Etats-nations européens porteurs d’un projet fédérateur judéochrétien, gréco romain et impérialo sioniste. Obama connaissait l’esprit de grandeur et de conquête de Napoléon comme il connaissait la naiveté voire l’infantilisme politique des institutions musulmanes traditionnelles.

Napoléon conquérant l’Egypte au nom de l’empire français et de la chrétienté a accepté de blasphémer en niant le dogme chrétien de la Trinité par l’affirmation de l’attestation monothéiste islamique :  » Bismillah ar Rahmani ar Rahim, la illaha illa Allah (Au nom de Dieu le Tout Miséricordieux et le Très Clément, Il n’ y a point de divinité sauf Allah ». Il leur a fait gober qu’il était musulman et que les français étaient des croyants qui partageaient la même foi et les mêmes valeurs que les musulmans égyptiens. Bien avant le sionisme c’est ce même Napoléon qui était partisan d’un état juif en Palestine. Et pourtant voila plus de mille ans qu’al Azhar, plus ancienne université du monde, donne des cours et des commentaires de commentateurs sur les hypocrites dépeints par le Coran. Harvard fondée sur le mérite et l’efficience même si elle est plus récente elle s’avère plus efficace et plus redoutable que al Azhar.

– L’émission religieuse spécialisée qui auraient pu apporter des éclairages sur la déliquescence des instituions islamiques y compris religieuse dans ce moment précis de la tournée d’Obama en Arabie Saoudite et en Egypte a choisi pour son émission du dimanche « la Chariâa et la vie » de nous projeter dans le monde du cinéma ou plus précisément dans le débat interminable sur la licité et l’illicéité du cinéma.

Nous vivons une période tragico comique. La tragédie grecque avait sa règle d’unité et sa logique de récit : le destin implacable va s’abattre sur le héros et le public vibre à l’émotion que l’acteur va transmettre pour traduire le combat vain mais courageux de l’homme qui connait la fin de l’histoire. Tous, écrivain, scénaristes, acteurs, public jouant le rôle de chœur connaissent la fin de l’histoire rejouée chaque jour pour le plaisir de bien jouer. Nous sommes mis dans l’incapacité de jouer notre malheur, notre drame car nous en ignorant le récit. Nous ne percevons que quelques formes dévoilées par l’éclair de grâce qui nous frappe comme un électrochoc le ferait sur le corps d’un gisant inerte et froid.

A moins qu’une fois de plus on est contraint de chercher des explications métaphysiques à tout ce cinéma et y voir l’œuvre de la providence qui inspire aux uns des versets qui les mettent à nu et à d’autres des thèmes dont la subtilité métaphorique dépasse notre compétence à manier du symbole et des images. Dieu est plus savant !

– Ce même musulman devenu cynique nihiliste et inconséquent avec son identité, sa religion, son histoire, va devenir une fois de plus le bras armé de l’Amérique contre un autre musulman. Le musulman doit admettre une réalité qu’Israël affiche sans masque : l’existence d’un islamo sionisme allié des néo conservateurs. Ce musulman est tout indiqué : l’iranien en passant d’abord par l’irakien, l’Afghan, le chiite du Liban et les frères musulmans de Palestine.

– Ce même musulman au nom du libéralisme, de la démocratie, du progressisme, de l’islam modéré, du berbérisme, du pharaonisme et autres particularismes va faire de la surenchère dans le projet d’éradiquer toute résistance au néo colonialisme.

– La stratégie de containement est une constante dans la géopolitique américaine. Ici il s’agit de titiller l’ego narcissique et morbide des arabes et des musulmans décadents pour les laisser se démolir entre eux dans un débat byzantin sur Obama le nouveau Messie ou le nouveau Mehdi. Occupé dans un projet de diversion les arabes et musulmans ne sont même pas conscients de leur bassesse : leur importer un président américain pour leur parler de leurs droits, de leurs rêves et de leur stupidité qui dépasse les bornes. Cette diversion permet à l’Amérique de se focaliser avec ses vassaux arabes et musulmans pour détruire d’autres pays musulmans : Afghanistan, Pakistan et Iran.

La loi sociologique qui gouverne le monde des hommes, dans les rapports de domination est une fois de plus mise en exergue par ceux là même qui la subissent depuis des siècles et dont leur Livre saint leur expose la moelle substance : {Quand les tyrans s’emparent d’une cité, ils y sèment la corruption et avilissent son élite}

Les humiliés vont fatalement, un jour, prendre conscience de leur humiliation, comprendre les mécanismes de l’humiliation, identifier les agents de l’humiliation et s’engager résolument dans leur libération de l’humiliation. C’est la loi de la dialectique. L’histoire ne se déroule pas selon nos souhaits mais selon des conditions objectives qui finissent par se dévoiler et s’accélérer. Le Prophète de l’islam a bien transmis le principe d’aiguiser les contradictions  » o crise soit plus douloureuse encore, tu vas te dissiper ». Le problème n’est pas dans l’Amérique colonisatrice mais dans l’esprit des arabes colonisables.

En terre d’Egypte antique il aurait est impossible d’imaginer un roi hittite, grec ou libyen s’exprimer du haut d’une pyramide au peuple de Pharaon, à ses notables, à son armée, à ses prêtres, à ses magiciens ou à ses esclaves. Avant d’être musulman ou citoyen républicain et laïc il faut d’abord posséder la dignité d’homme et le sens de la grandeur

Quand le sens de la grandeur ou le sens du vrai ou le sens du beau est défaillent il ne peut y avoir signification politique, culturelle, sociale et religieuse à la mesure de la médiocrité, du mensonge ou de la laideur. L’homme qui donne sens et qui mesure est absent, en marge de l’histoire, un tas de détritus charrié par les rigoles du Wahn (la faiblesse de celui qui convoite la vie sans projet de dignité au nom de qui vivre et mourir comme l’explique un long hadith).

– Dans tout discours il y a la lecture de ce qui est attendu mais non dit ou bien aussi de ce qui est dit sans mots mais laissé à la découverte de ceux qui au dela des mots cherchent les symboles. La date du discours est symbolique : c’est à la fois le 42 ème anniversaire de la 3eme guerre israélo-arabe de juin 1967, c’est aussi le D-day 65 ème anniversaire du débarquement américain en Normandie où l’Occident matérialiste fête sa réconciliation internationale en dépit des petits clivages idéologiques. C’est réitérer la défaite arabe dans l’esprit de la capitulaion allemande et c’est aussi rappeler l’hégémonie de la communauté internationale, soudée après la fin de la guerre froide, qui exige la réconciliation des Arabes entre eux pour faire la paix avec Israël. Le 5 juin 1981 c’est aussi la destruction de la centrale nucléaire irakienne de Tammouz par l’aviation israélienne et l’annonce du démantèlement de l’Irak. Le temps médiatique et le rythme lyrique d’un discours ne peuvent occulter le temps historique et le rythme qui s’accélère et s’élargit de la résistance musulmane contre le sionisme et l’impérialisme.

Au moment où les Arabes acclament leur défaite en applaudissant au sermon d’Obama le Hezbollah affirme qu’il est prêt à une nouvelle confrontation avec Israël, la Résistance irakienne confie au Cheikh Ad Dhari, le président des Oulamas irakiens sunnites, la mission de la représenter politiquement et diplomatiquement et le HAMAS se prépare à riposter à une nouvelle attaque. Les temps ont changé pour les USA et Israël ils commencent à faire face à une véritable résistance symbolique et militaire qui prouve de plus en plus sa capacité à mettre en échec les plans impérilo sionistes.

Obama parle du rôle des israéliens et des palestiniens dans la recherche négociée d’une solution mais il ne dit pas quel est le rôle que vont jouer les Etats-Unis dans ce processus de paix ni comment il envisage de faire lever les 14 réserves d’Israël qui rendent caduque la feuille de route américaine et redonne crédit à l’Autorité palestienne et à l’initiative de paix saoudienne devant l’opinion arabe.

Il ne dit pas ce que va faire l’Amérique pour empêcher Israël de judaiser Jérusalem et saper les fondements de la mosquée Al Aqsa première Qibla et troisième lieu saint des musulmans pour y ériger le pseudo temple de Salomon.

Enfin il ne dit pas comment faire de Gaza la plus grande prison à ciel ouvert de l’histoire de l’humanité un espace où la dignité et la vie de l’homme seront respectés.

Pour ma part je me suis fixé un seul critère pour juger le discours d’Obama : le blocus sur Gaza qui est un crime contre l’humanité. Ignorant superbement la souffrance des palestiniens il ne peut qu’être complice de leurs assassins. En citant une partie du verset coranique  :

{quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes.} 

Ayant les mêmes attributs et la même configuration idéologique et militaire que le système pharaonique , les USA sont condamnés à disparaitre de la même manière que Pharaon, Hamana, Qaroun et leurs armées.  Les américains eux même s’attendent à une fin apocalyptique ou à un collapsus économique et social. Nous les Musulmans, nous sommes les derniers à ne pas voir les signes annonciateurs de la fin et pis encore nous ne voyons pas la stratégie de démantèlement qu’ils nous vendent comme souvenir avant leur anéantissement.

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