Islam  : Libération des opprimés

Le Yémen : 28 days after

Le Yémen : 28 days after
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28 jours ou 28 décennies ne peuvent venir à bout de la résistance d’un peuple déterminé à refuser l’agression et la vassalisation. La Sunna d’Allah se manifeste dans sa splendeur  et sa justice : l’arrogant le plus redoutable ne peut triompher de l’opprimé le plus humble et le plus démuni. C’est ainsi et pas autrement. La Somalie en est l’exemple le plus frappant.

Je ne connais pas le Ghayb qui ne relève que d’Allah, mais je peux déjà comprendre pour anticiper rationnellement sur la fin de l’idole saoudite. Ce royaume est en train de subir sa troisième défaite historique au Yémen.  Cette défaite semble la plus décisive car le royaume ne se relèvera pas : il tombera comme une idole hideuse et honteuse. Ce royaume a falsifié la compréhension de l’Islam et a instrumentalisé la Sunna et les lieux saints de l’Islam pour servir les intérêts des ennemis de l’Islam et de l’arabité. Il finira déchiré entre clans et appétits mondains en récompense des déchirements qu’il a occasionné dans les territoires musulmans, dans leurs économies et dans leurs mentalités. Comme Pharaon il ne trouvera personne pour le pleurer ou le regretter. Pour l’instant l’OTAN arabe ou l’OTAN islamique est en train de sombrer.

Comment pleurer ou regretter des séniles juvéniles et des juvéniles séniles qui gaspillent les richesses qu’Allah leur a donné. Comment avoir de la considération pour des vaincus arrogants et méprisables qui n’ont réalisé aucun de leurs objectifs militaires et politiques et qui manifestent leur  triomphalisme  narcissique. Ils ont créé les conditions pour une guerre de mille ans entre les sunnites et les chiites sans tirer un quelconque profit géostratégique ou tactique sur l’Iran. Ils ont été désavoués par les Pakistanais sans que leur argent corrupteur ne puisse leur donner l’autorité qu’ils revendiquent. Ils ont trouvé des réticences dans la classe politique et le commandement militaire en Egypte. Il n’y a que les officiels français qui continuent de miser sur scénario saoudien  en faillite. Avec le trio Hollande, Fabius et Valls on a la garantie du choix le plus insensé dans l’histoire de la République, mais aussi le repère le plus fiable pour prédire ce qui va se passer en Syrie, en Libye, en Ukraine, en Iran et en France. L’argent saoudien et qatari rend stupide  et  met en retard.

Les Saoudiens sont contents, les Français plus contents. Ils sont contents car le royaume le plus attardé du monde vient de perdre son prestige « islamique » en ne réalisant aucun de ses objectifs politiques et militaires. Peu importe si les munitions sont épuisées ou si les cibles sont épuisées puisque la victoire militaire et politique ne peut être proclamé que par une occupation terrestre et durable et par une capitulation de l’ennemi qui se soumet au traité de paix imposé par le vainqueur lequel place ses hommes et dicte sa politique. Rien de tout cela après 28 jours de barbarie et rien ne peut venir de l’offensive terrestre qui reste possible, mais suicidaire. Les Yéménites ont réalisé l’exploit de vaincre sans affronter les Saoudiens. Ils ont été fin stratèges en s’occupant du terrain : ils ont axé leurs efforts sur la victoire militaire contre les partisans de l’Arabie saoudite et ils ont conquis Aden et ses environs rendant  impossible ou périlleuse toute expédition militaire terrestre saoudienne (seule ou coalisée). Aden était le fief du président déchu, en fuite et vassal de l’Arabie saoudite. Aden est le passage obligé pour mener des opérations d’envergure technique, spatiale et temporelle (militaire et logistique) contre la « rébellion » yéménite qui a la maîtrise de son territoire et de ses ressources humaines. Aden est le passage obligé pour contenir les « rebelles » dans le désert et les montagnes. Les Yéménites ont  réalisé une victoire psychologique en laissant l’Arabie saoudite apparaître sous son visage d’agresseur et de destructeur  : la fée bienfaitrice se montre sous le visage de Satan, un Satan sénile et juvénile sans artifices ni malices diaboliques. La plus grande victoire des Houtistes est d’avoir su fédérer les forces nationalistes islamiques, laïques, panarabes contre l’agression saoudienne avec l’engagement de construire un Etat fort et souverain sans exclusive ni exclusion. Cette idée qui exclue les partisans de l’Occident et de l’Arabie va sceller le pacte de sang et de sacrifice entre les Yéménites et ce pacte fera mal à l’Arabie saoudite. Faire mal signifie plusieurs nuisances : l’influence iranienne plus grande, une recomposition idéologique du monde sunnite qui doit construire ses instruments de pensée et d’action libérés des influences sectaires néfastes des wahabistes et des Fréristes.

Après l’échec de la campagne aérienne il ne reste à l’Arabie que deux scénarios : engager une offensive terrestre sans compétence réelle de commandement et sans chair à canon pakistanaise et égyptienne ou aller vers une solution sous l’égide de l’ONU. Dans un cas comme dans l’autre, la Sunna d’Allah est invariable, la détermination des Yéménites n’est plus à prouver. Cette fois-ci les Yéménites et tout ceux qui ont un compte à régler (politique, religieux ou idéologique) vont se mobiliser pour faire endosser la responsabilité totale et entière de l’agression au régime saoudien avec les conséquences financières et politiques que cela entraîne. Les anglos-saxons, connus pour leur pragmatisme se rallieront en fonction de leurs intérêts égoïstes. Leur tradition est d’utiliser les cartes dont ils disposent puis les changer ou les jeter lorsqu’ils ne peuvent plus changer les règles de jeu.

Comme  pour la Libye et la Syrie, je déplore le silence complice ou lâche des « élites » du mouvement se disant islamique. Ils viennent de prouver une fois de plus qu’ils sont otages de « quelque chose » qui les empêchent de  fonctionner  librement et sainement. S’ils veulent peser intellectuellement et moralement sur les événements à venir ils doivent se remettre en cause et construire leurs curseurs d’analyse sur le monde. Lorsqu’on se libère de tout esprit partisan et lorsqu’on « voit » Allah par le cœur du Croyant et non par le regard des calculs politiciens ou par la « science » des imposteurs alors l’opprimé quelque soit sa religion, sa langue et sa nationalité devient un humain sacré qu’il faut défendre ne serait-ce que par un mot de compassion si les conditions ne permettent pas de dire non à l’oppresseur.

L’idole des experts en anathèmes et en imprécations est en train de  s’effondrer. Nul ne peut se croire impunément Dieu ou son représentant sur terre pour décider qui est musulman ou qui ne l’est pas ou décider qui mérite la vie ou qui ne la mérite pas. Ils ont vidé l’Islamité de son humanité  pour produire au monde des caricatures hideuses et  haineuses. Jamais Allah ne laissera ces insensés  travestir  sa religion ou  caricaturer son Prophète.  Jamais Allah ne laissera ces fous représenter exclusivement la communauté des Croyants. Ils ont instrumentalisé les Hadiths du Prophète (ou attribués à lui) sur Damas, le Khorassan et le Yémen pour cultiver la Fitna et mobiliser des ignorants et des assoiffés de sangs, mais leurs fantasmes sont en train de s’écrouler. L’histoire a d’autres lois qui échappent aux endoctrinés et aux opportunistes.

Je désapprouve la politique algérienne et son sérail, mais la prise de position algérienne mérite d’être soulignée pour sa sagesse et son courage. La décision pakistanaise mérite toute notre attention, car elle redonne du crédit à l’expérience démocratique dans le monde musulman. Toute démarche qui refuse l’ingérence étrangère nous la soutenons. Il appartient donc aux Yéménites de régler leurs différents entre eux. Un mauvais arrangement vaut mieux qu’une bonne guerre. Un « mauvais » musulman qui vit en harmonie avec les autres et partage un dénominateur commun national, culturel, social ou économique avec un non musulman est plus proche de l’Islam qu’un « bon » musulman » qui se croit le rédempteur ou le justicier du seul fait de son bon préjugé sur sa bonne  foi. Les alliances politiques et idéologiques doivent se faire sur des bases politiques et morales et pour des objectifs politiques, économiques et sociaux mesurables et vérifiables. La foi est une affaire de salut ultime, elle ne peut se manifester comme critère objectif  tant qu’elle reste subjective (affective) sans lecture du réel.  L’expérience montre que Dieu donne la victoire à l’opprimé sur l’oppresseur si  l’opprimé refuse l’oppression et s’il refuse de tomber dans l’immoralité de l’opprresseur. Il ne la donne pas nécessairement au Musulman qui croit que l’affiche islamique lui donne les droits de ne pas faire l’effort méritoire ou le privilège de se montrer insensé ou irrationnel. La tragédie yéménite montre donc le triomphe de la raison du pauvre sur la stupidité du riche. C’est une logique élémentaire qui échappe à l’indolence de l’esprit partisan et à l’extrémisme de l’esprit sectaire.

 

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