Caricatures et lutte idéologique

Suite aux caricatures et au film blasphématoire sur le Prophète [saw] j’ai publié deux articles suivants où il était question de lutte idéologique :

Notre devoir envers Mohamed (saws)

Caricature et islamophobie

[C]es articles ont  traité tant  de l’explication de la haine envers le Prophète [saw] que de la conduite  à adopter face à cette haine et à la réaction qu’elle entraine  dans une machination diabolique contre l’Islam orchestrée par une main de maitre satanique qui mène une guerre idéologique, médiatique, subversive, psychologique et militaire contre l’Islam. Il est de mon devoir de vous  montrer l’autre aspect idéologique de la campagne contre le Prophète (saws) ainsi que l’aspect de cette lutte idéologique contre mes écrits et ma pensée libre et autonome.

Précisons tout d’abord que  la guerre psychologique vise à faire douter son adversaire, à faire douter les alliés de cet adversaire sur sa compétence à vaincre ou à résister, et à inspirer la peur, le désarroi, la confusion et la rumeur à cet adversaire et à ses alliés appelés à s’incliner devant la puissance exagérée. Il s’agit d’un procédé de menaces et d’intimidation  pour saper les forces morales, psychoaffectives et spirituelles qui sont décisives dans un affrontement.

Précisons que si la guerre psychologique joue sur l’aspect subjectif, la lutte idéologique joue sur le mode et la manière du  raisonnement pour  détruire le discours et les idées de son adversaire. Elle va shunter les arguments et le discours en  faisant valoir d’autres idées, d’autres personnes pour occulter l’auteur, ou en donnant d’autres intentions à l’auteur et surtout à créer un autre champ d’intérêt opposé à celui de l’auteur  pour ne pas réfléchir aux problèmes ou adhérer aux solutions et aux analyses de l’auteur lorsqu’il est jugé sérieux, crédible et percutant.

Je vous explique le lien entre les caricatures contre le Prophète et la lutte idéologique  en faisant de la situation actuelle un cas d’école pour que vous restiez vigilants sur votre avenir qui est en train de se jouer dans les coulisses:

A – L’appel au meurtre du verset : « Crevez de rage » ?

Des non musulmans d’origine européenne et d’origine arabe  me reprochent d’être raciste et violent en énonçant le verset : « Crevez de rage ! ».

L’astuce est de me pousser à faire comme les « pygmalions » ces intellectuels arabes de services qui détournent et contournent le sens  des versets coraniques pour rester « aimés » et tolérés dans les médias. A tous je dis qu’il ne m’appartient pas de prononcer des opinions qui plaisent aux uns et  qui fâchent les autres. Mon devoir est de me taire lorsque je n’ai pas d’arguments et de dire « Crevez de rage ! » lorsque je trouve l’argument dans le Coran qui me permet de donner la réponse coranique dans les limites de ma compréhension et de ma mémoire aux caricatures.

« Crevez de rage ! » est pourtant la meilleure réponse qui soit lorsqu’on vous insulte et que vous restez au dessus de l’insulte par la magnanimité et le refus de la violence sans s’incliner devant l’intimidation et les menaces. Elle n’est pas un appel au meurtre. Le Coran n’est pas une parole humaine et ses arguments sont clairs,  concis et  hautement significatif sur le plan sémantique, lexical ou symbolique et métaphorique.  Je mets donc en défi les détracteurs qui font diversion de me trouver une définition dans une encyclopédie ou dans un dictionnaire français prouvant  que cette expression est un appel au meurtre.

Elle ne signifie pas autre chose que « mourrez par cotre colère, votre passion ». On dit aussi « crevez de jalousie ». L’envieux, le haineux et le blasphémateur sont condamnés à mourir par leur maladie du cœur : « crever= mourir comme un pneu crevé, comme un être enflé de colère et de haine qui crève comme une baudruche, crever de rage = être près de mourir de colère en se vidant ou en explosant de l’intérieur »

La littérature française est remplie de ce type de citations comme celle d’Emile Michel Cioran « Si tu ne veux pas crever de rage, laisse ta mémoire tranquille, abstiens-toi d’y fouiller. »

 B – L’appel au meurtre des Chrétiens d’Orient

On me reproche de ne pas condamner l’appel au meurtre des Chrétiens dans les pays musulmans. Je me suis déjà prononcé sur ce sujet dans plusieurs  de mes analyses en montrant le lien de l’Islamophobie avec la volonté de la CIA et du Vatican de laisser les Chrétiens d’Orient se faire massacrer par quelques  « Musulmans » sectaires et stupides qu’ils ont eux même manipulés et financés. La « guerre contre les Chrétiens » est une forme de sanction idéologique contre leur attachement à l’arabité et leur soutien à la Palestine. C’est une sanction politique et géostratégique   car ils ne se reconnaissent pas dans l’Occident judéo-chrétien ni dans sa laïcité ni dans Église de Rome. C’est une démarche qui vient aiguiser les contradictions  confessionnelles en Orient ou se substituer aux discordes sunnites chiites et aux luttes intestines dans les deux clans.

J’ai dénoncé  la faute grave du régime syrien de laisser les Chrétiens prendre les armes contre les « islamistes » otanesques et les Takfiristes, car cela met de l’huile dans le feu et fait le jeu de la stratégie de l’axe sionisme-Empire- monarchies arabes vassales.  Le Sykes-Picot bis ne va reculer devant rien pour assoir l’hégémonie sioniste et empêcher l’effondrement de l’Empire.

C – L’Islam religion de haine et de violence

On me reproche mon parti pris en faveur de l’Islam qui prend une forme de fanatisme qui dévie vers la violence. En vérité c’est la stratégie de la lutte idéologique qui crée de la diversion. Ainsi au lieu de prendre position contre le blasphème institutionnalisé et ses visées idéologiques islamophobes et devant l’incapacité à répondre à mes arguments  sur l’islamophobie et sa machination diabolique, on me pousse  dans un débat secondaire où il faut se défendre au lieu de défendre l’image de son Prophète. C’est astucieux, mais archaïque comme démarche.  Je continue à défendre l’image du Prophète en défendant les valeurs et le contenu de l’Islam par la mise en exergue des points suivants :

 1 – La contrainte religieuse :

La meilleure preuve de sa fausseté est la présence des Juifs et des Chrétiens au sein de la civilisation musulmane qui non seulement ne les as pas obligé à renier leur religion, mais les a honoré  en faisant de la protection du citoyen non musulman en terres d’Islam un principe sacré :

{Celui qui a tué un homme (sans droit ni justice) c’est comme s’il avait tué l’humanité entière, mais celui qui sauve la vie d’un homme c’est comme s’il avait sauvé la vie de l’humanité entière} Al Maidah 32

Le Messager d’Allah [saw] a dit :

« Je plaiderai moi-même le jour de la résurrection contre celui qui opprime une personne qui a conclue un pacte (avec les musulmans), le dénigre, le contraint à faire ce qui est au-delà de ses capacités ou lui prend une chose sans son accord. »

« Celui qui tue une personne qui a conclu un pacte avec les musulmans (Mou’âhad) ne sentira pas l’odeur du paradis, alors que son odeur est sentie d’une distance équivalente à quarante années. »

« Que n’importe quelle personne qui promet la protection à une autre personne puis la tue, sache que je la désavoue, même si la victime est  un mécréant. »

Si une minorité de fanatiques  « musulmans » appelle au meurtre des Chrétiens ou des Juifs, il faut savoir que cette minorité de fanatiques a commencé d’abord par verser le sang des Musulmans et par conséquent elle ne représente ni l’Islam ni les Musulmans. Nous avons un contentieux religieux avec les Juifs et les Chrétiens et nous les désavouons. Sur ce plan Allah jugera entre nous le Jour où le Messie fils de Marie redescendra sur terre pour y faire régner l’ordre, la justice et la vérité.  Il jugera entre nous le Jour du Jugement dernier.

La vérité historique témoigne que les Juifs et les Chrétiens non seulement n’ont jamais été persécutés par les Musulmans, mais ils ont joui de statut privilégié, occupant des postes de haute distinction et surtout ayant la liberté de culte et  de recours à des juridictions indépendantes qui arbitrent selon la loi mosaïque ou chrétienne lorsqu’ils ne veulent pas être jugés par un juge musulman  ou un tribunal musulman en matière de droit privé et de droit familial.

Celui qui met en situation de danger de mort les Chrétiens et les Juifs ce sont les médias et les armées de l’Empire, du sionisme et du Vatican.

2 – Au sujet de la liberté de culte

Il ne s’agit ni de mon opinion ni de ma culture, mais de l’ordre qu’Allah [swt] a chargé son Prophète (saw] d’exécuter :

{Nulle contrainte en religion. Le sensé s’est distingué de l’insensé.} Al Baqarah 256

{Et dit : « La Vérité procède de votre Dieu. Que celui donc qui veut qu’il devienne croyant et celui qui veut qu’il devienne mécréant ».} Al Kahf 29

{Si ton Dieu voulait, tous ceux qui sont sur la terre, dans leur totalité, seraient devenus croyants. Est-ce toi alors qui vas forcer les hommes à être croyants ?      Et il n’appartient à nul être de croire sauf par la Volonté d’Allah} Younes 99

{Appelle à la Cause de ton Dieu par la sagesse et la bienveillante exhortation, et discute avec eux de la façon la meilleure.} An Nahl 125

{Si donc ils se détournent, Nous ne t’avons point envoyé pour eux comme conservateur : il ne t’incombe que la transmission.} Choura 48

L’énoncé coranique prime sur tout énoncé, y compris sur ceux de nos savants, de nos intellectuels et de nos extrémistes ou de nos laxistes.

  3 – Au sujet  du Jihad et de la guerre sainte :

A partir de la propagande médiatique et de l’incompétence de certains traducteurs les illettrés en Arabe  se retrouvent face à trois  faussetés qui vont contaminer leur connaissance  sur l’Islam et leur regard sur les Musulmans :

a – Le mot  Jihad traduit  par guerre. La signification véritable du terme  « Jihad » vient du verbe Jahada qui signifie déployer tout ses efforts en vue de …  Il est différent de « Qatala » qui signifie combattre avec les armes.  Tout combat est une forme de Jihad, mais tout Jihad n’est pas obligatoire une lutte guerrière ou un combat militaire. Personnellement je traduis le terme « Jahidou » par « efforcer-vous » et non pas « luttez ». Le Coran marque  la distinction entre le « Qital » et le « Jihad »

b – Le terme de guerre sainte. Le terme sacré qui donne à une chose son caractère saint  n’existe pas pour la guerre ni dans le Coran ni dans le Hadith. C’est également une mauvaise traduction des orientalistes français qui ont volontairement  donné  au terme « Jihad » le sens de « guerre sainte ». En Islam le sacré  se porte sur la vie, les biens, la religion, l’honneur et  la dignité de l’homme, ainsi que sur  les lieux saints et les temps bénis. Il n’y a pas de guerre sainte et de guerre sacrilège, mais guerre légitime et guerre illégitime. Si c’est une agression ou une transgression la guerre est moralement et religieusement une guerre illégitime contre laquelle il faut opposer une résistance.  Porter atteinte à l’image de notre Prophète [saw] est une déclaration de guerre illégitime que nous devons combattre en dépit des censeurs et des négateurs. Toute riposte à une agression est une guerre légitime que les Musulmans et les chrétiens vivant en terre musulmane sont censés soutenir, car toute collaboration et toute  permissivité avec l’agresseur est une trahison qu’ ’il faut punir.

Je n’ai pas d’opinion personnelle sur ce sujet et je ne fais que répéter ce que dit notre religion qui n’attend pas de moi la surenchère, mais l’obéissance scrupuleuse :

{Quiconque alors vous agresse, agressez-le dans la mesure de son agression contre vous.} Al Baqarah 194

{Certes, Allah prend la défense de ceux qui sont devenus  croyants. Certes, Allah n’aime pas celui qui persiste dans la traîtrise, qui persiste dans la mécréance. Il a été permis à ceux qui sont combattus, de se défendre, en raison de l’injustice qu’ils ont subie. Certes, pour leur donner victoire, Allah Est sûrement Omnipuissant. Ceux qui furent expulsés de leurs demeures sans aucune juste cause, rien que pour avoir dit : « Notre Dieu Est Allah ».} Al Hadj 39

c – « Tuez-les ». La lutte idéologique consiste à recourir à l’art de tronquer les paroles ou de les amalgamer pour les détourner de leur sens et de leur portée.  Ainsi on trouve les mêmes arguments tant chez les musulmans spécialistes de l’anathème que des non musulmans spécialistes du dénigrement :

{Et tuez-les là où vous les saisissez, expulsez-les}

Ce verset « terrifiant et  arbitraire » qu’on met en évidence pour témoigner  de la violence atavique des musulmans prend une autre signification lorsqu’il est inséré dans la globalité de son énoncé qui n’a pas besoin de  docteur en théologie ou en linguistique pour être compris  et mis en application :

{Combattez, pour la cause d’Allah, ceux qui vous combattent et n’agressez point, car Allah n’aime point les agresseurs. Et tuez-les, là où vous les saisissez, expulsez-les de là où ils vous ont expulsés : la sédition est pire que le meurtre. Ne les combattez pas auprès de la Mosquée Sacrée à moins qu’ils ne vous y combattent. Si alors ils vous combattent, alors tuez-les. Telle est la punition des mécréants. S’ils s’arrêtent, alors Allah est Absoluteur, Miséricordieux. Sinon combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de sédition et que la Religion soit pour Allah. S’ils s’arrêtent,  alors pas d’agression, sauf contre les injustes.} Al Baqarah 190 à 193

Dans la guerre qui lui a été imposée pour l’empêcher d’exercer son droit et son devoir de prédicateur, Mohamed [saw] n’a jamais aimé la guerre. Toutes ses batailles étaient courtes, économes en vie humaines et en temps. Il a enseigné à ses compagnons la patience et le refus d’être les premiers à ouvrir les hostilités :

« O gens ! Ne souhaitez pas la rencontre de l’ennemi et demander à dieu le salut. Mais une fois en face de lui, montrez-vous patients et sachez que le Paradis est à l’ombre des sabres »

4 – La signification du rapport Musulman et reste du monde :

Les experts en amalgame et troncature aiment citer ces versets :

{Allah vous interdit de prendre comme tuteurs…}

{Quiconque les prend comme protecteurs, ceux-là alors sont les injustes.}

Si on les replace dans leur contexte ils prennent alors une tout autre signification :

{Allah ne vous interdit pas – envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour votre religion, et ne vous ont pas chassés de vos demeures, – d’être bienfaisants et équitables envers eux. Certes, Allah aime ceux qui sont équitables. Mais Allah vous interdit de prendre comme tuteurs ceux qui vous ont combattus pour votre religion, qui vous ont chassé  de vos demeures, et qui ont aidé à vous expulser. Quiconque les prend comme protecteurs, ceux-là alors sont les injustes.} Al Mumtahana 8-9

 D – Terreur du Coran  et terrorisme islamique :

De la même façon que pour le Qital les orientalistes ont donné un sens littéral « terroriser, terreur, terrorisme, vous terrorisez » aux termes Rahaba (رهب ), Irhab (ارهاب  ), rohb (الرُهب ) tourhiboun (تٌرهِبُون )

Ainsi  l’énoncé coranique suivant

وَأَعِدُّواْ لَهُمْ مَّا ٱسْتَطَعْتُمْ مِّن قُوَّةٍ وَمِن رِّبَاطِ ٱلْخَيْلِ تُرْهِبُونَ بِهِ عَدْوَّ ٱللَّهِ وَعَدُوَّكُمْ

Est traduit par :

{Et préparez-leur tout ce que vous pouvez comme forces et cavalerie afin que vous terrorisiez l’ennemi d’Allah et votre ennemi} ( ?)

Nous allons recourir à quatre  exemples pour donner  un sens plus précis à l’énoncé coranique et lui trouver une traduction qui sied à son sens sans chercher à être complaisant  envers les uns ni être déplaisant envers les autres.

  • 1 – Le premier exemple se rapporte aux  versets suivants :

يَٰبَنِي إِسْرَائِيلَ ٱذْكُرُواْ نِعْمَتِيَ ٱلَّتِي أَنْعَمْتُ عَلَيْكُمْ وَأَوْفُواْ بِعَهْدِيۤ أُوفِ بِعَهْدِكُمْ وَإِيَّٰيَ فَٱرْهَبُونِ  وَآمِنُواْ بِمَآ أَنزَلْتُ مُصَدِّقاً لِّمَا مَعَكُمْ وَلاَ تَكُونُوۤاْ أَوَّلَ كَافِرٍ بِهِ وَلاَ تَشْتَرُواْ بِآيَٰتِي ثَمَناً قَلِيلاً وَإِيَّٰيَ فَٱتَّقُونِ

{C’est Moi que vous devez craindre} ( ?)

{C’est de Moi que vous devez être terrorisé} ( ?)

Les orientalistes et leurs mimétismes musulmans ont également traduit la Taqwah et la Rahba par la crainte en distinguant la Taqwah par le qualificatif révérencielle (révérencieuse) comme si cela allait donner un sens au contre sens : Il est impensable qu’Allah puisse inspirer de la terreur ou qu’Il soit terrifiant.

Dans mon livre « Aimer la voie coranique » je me suis longuement  attaché à détruire ce type de traduction qui ne sied pas à la Majesté divine ni à sa parole. La Taqwah signifie l’espérance dans la crainte et la crainte dans l’espérance afin que le croyant espère tout en restant vigilant dans sa foi et son espérance qui peuvent le conduire à compter sur la miséricorde d’Allah et oublier les fautes que le croyant fait et qui mérite le châtiment.  Le croyant même dans la crainte pour ses péchés et ses fautes est appelé à l’espérance pour ne vivre désespéré de la miséricorde d’Allah. La Taqwah c’est l’espérance et la crainte par le respect scrupuleux de ce que Allah a interdit et a ordonné. Il s’agit de prendre garde à Allah dans le sens d’être vigilant à son égard et d’être scrupuleux dans toutes ses démarches et ses paroles.

On utilise le verbe « Rahaba » qui signifie ici à la fois redouter et adorer Allah. Il s’agit d’adorer Allah tout en redoutant les conséquences de sa désobéissance afin de rester vigilant et ne pas se laisser séduire par Satan comme l’explicite le contexte du verset :

Il faut savoir que le Coran explique et explicite les versets  coraniques. Dans les deux  versets précédents il s’agit d’une passerelle de sens entre les Descendants d’Israël (les générations de Moise et de Jésus en particulier) et l’humanité contemporaine. Nous allons chercher à comprendre le sens des mots par le recours à d’autres versets qui traitent du même thème :

{Ceux à qui les hommes disent : « Les hommes se sont coalisés contre vous, craignez les ». Mais cela augmente leur foi et ils répondent : « Allah nous suffit, c’est le meilleur Procurateur ». Alors ils bénéficient  d’une grâce d’Allah et d’une munificence. Aucun mal ne les effleure, et ils suivent l’agrément d’Allah. Allah Possède une Munificence immense. Seulement, tel est Satan : il fait peur à ses liges. Ne les redoutez donc point, et redoutez-Moi, si vous êtes croyants. Et ne t’afflige point de ceux qui s’empressent vers la mécréance. Ils ne nuiront en rien à Allah. Allah veut ne leur assigner aucune part dans la vie future. Et ils auront un immense châtiment. Certes, ceux qui troquent la Foi contre la mécréance ne nuiront en rien à Allah, et ils auront un douloureux châtiment.  Que ceux qui sont devenus  mécréants ne considèrent point ce que Nous leur ajournons, est un bien pour eux-mêmes. Mais sûrement, ce que Nous leur ajournons est pour qu’ils accroissent  leurs péchés. Puis ils auront un infâme châtiment. Il n’est pas de mise qu’Allah laisse les croyants dans l’état où vous êtes, jusqu’à ce qu’Il fasse discerner le méchant du bon. Et il n’est pas de mise qu’Il vous informe sur le Ghayb, mais Allah élit, parmi Ses Messagers, qui Il veut. Croyez donc en Allah et en ses Messagers. Ainsi  si vous êtes croyants et  pieux, alors certes, vous aurez une immense rémunération.} Ali ‘Imrane 173 à  179

En comparant les énoncés nous pouvons voir sans difficulté  comment le Coran met le contexte des conséquences qui entourent en amont et en aval le verbe conjugué « avoir peur »  dont la traduction donne instinctivement l’expression « C’est Moi que vous devez redouter ».  Allah utilise le terme peur pour signifier qu’elle relève du domaine  psychologique et affectif et utilise d’autres termes pour signifier la gradation de la peur ainsi que son caractère visible ou non visible, émotionnel ou rationnel, subjectif ou objectif.

Ici Nous sommes dans un énoncé qui s’adresse au peuple de Jésus, peuple connu pour son intégrisme,  sa transgression et son agression, mais connu aussi pour avoir donné l’excellence de l’humanité en donnant des Prophètes et des Apôtres. D’ailleurs le terme Apôtres est décrit par le Coran sous le terme de « Rabbaniyoun » signifiant les adeptes de Dieu (Rabb),  les partisans de l’éthique de Dieu, les compagnons des Prophètes et ceux qui les suivent par la suite. Allah s’adresse aux Bani Israël sur le plan de l’émotionnel dont ils sont les experts en termes de manipulation tout en développant le sens rationnel pour l’ensemble de l’humanité qui se met à étudier le contenu et les conséquences de la loyauté ou de la perfidie envers l’Alliance qu’Allah propose à Ses Créatures humaines.

Le verbe  « Arhaba » donne  donc « Rohbane » traduit par  les Rabbins qui  ont suivi Jésus fils de Marie  (saws). Ils ont été nommés dans la langue arabe « Rohbane » par leur révérence envers Allah et par  la crainte dans leur adoration de ne pas être à la hauteur de leur vocation  dans un milieu qui leur était hostile. Ce verbe  donne « Rohbaniya » ou l’ascétisme spirituel du savant qui consacre sa vie à Allah fuyant les mondanités.  Il ne peut s’agir de terreur ou de terrorisme comme  la lutte antiterroriste a voulu qu’il soit pour imposer aux peules la peur et la servitude le temps de réaliser l’agenda du sionisme et de l’Empire dans le monde et tout particulièrement dans le monde musulman.

Ainsi les versets précédents signifient :

{O Descendants d’Israël ! Rappelez-vous Ma grâce dont Je vous ai gratifiés et soyez fidèles à Mon Alliance, afin que J’accomplisse ma Promesse; c’est Moi que vous devez redouter. Croyez en ce que J’ai révélé, corroborant ce qui est avec vous; ne soyez pas les premiers à y mécroire, et ne troquez pas Mes Signes contre un vil prix; c’est donc à Moi que vous devez prendre garde.} Al Baqara 40-41

  • 2 – Le second exemple se rapporte au  verset suivant :

ٱسْلُكْ يَدَكَ فِي جَيْبِكَ تَخْرُجْ بَيْضَآءَ مِنْ غَيْرِ سُوۤءٍ وَٱضْمُمْ إِلَيْكَ جَنَاحَكَ مِنَ ٱلرَّهْبِ فَذَانِكَ بُرْهَانَانِ مِن رَّبِّكَ إِلَىٰ فِرْعَوْنَ وَمَلَئِهِ إِنَّهُمْ كَانُواْ قَوْماً فَاسِقِينَ

{Passe ta main dans ton encolure, elle en sortira toute blanche, sans défaut, et resserre tes bras (contre ta poitrine) pour t’apaiser. Ce sont là deux preuves incontestables, de ton Dieu, pour Pharaon et son élite, car ils sont un peuple de pervertis.} Al Qassas 32.

Il est remarquable de voir qu’Allah lorsqu’il envoie Moïse à Pharaon utilise le terme Rahb signifiant encolure (le haut du vêtement près de la tête) et lui donne deux signes qui sont la main blanche et le bâton. La main symbolise la puissance et la force qui frappe et détruit l’ennemi ou l’opposant alors que le bâton représente l’autorité et le pouvoir. La force et le pouvoir de Pharaon sont représentés par le Cobra sur sa tête et le bâton dans sa main. Moïse va annoncer à Pharaon par sa main blanche signifiant la mort de sa force,  le serpent signifiant la mort de sa puissance et le bâton signifiant la fin de son autorité et la fin de son pouvoir en un mot la fin du règne de Pharaon.

Il est encore plus remarquable de voir qu’Allah ordonne à Moïse de s’adresser avec douceur et politesse respectant le rang de Pharaon alors qu’il est  l’être le plus détesté par Allah, car il s’est pris pour divinité et a mis en esclavages des hommes nés libres dont les ancêtres et les descendants sont porteurs des messages divins. Il est encore plus remarquable qu’Allah ne demande pas  à Moïse de terroriser d’emblée son ennemi.  Pourquoi Allah ferait exception et ordonnerait-il à Mohamed (saws) de terroriser les Arabes de la Mecque ? Pourquoi Rohb ici signifie avoir peur et chercher l’apaisement alors qu’ ailleurs il signifie terreur ?

Pour l’instant contentons-nous de remarquer le lien entre le terme rohb (la terreur qu’inspire Pharaon à Moïse d’autant plus que ce dernier avait tué un Égyptien avant de prendre la fuite,  l’apaisement du cœur et la  sécurité du corps, et les deux preuves incontestables qui sont les deux signes de la main blanche et du bâton de berger qui se transforme en serpent. Le lien est évident : il ne s’agit pas de terroriser Pharaon en le soumettant à un déluge de catastrophe, mais de le dissuader de demeurer dans  sa  dérive démiurge  et son oppression. Un autre lien est également évident : apaiser Moïse terrorisé à l’idée de rencontrer Pharaon. Pour vaincre sa peur,  Moïse va être renforcé par son frère et par l’accompagnement d’Allah qui lui manifeste son amour,  sa présence et son soutien. Celui qui connait le récit de Moïse dans le Coran, récit le plus long et le plus fréquent (130 évocations dans 34 sourates) va voir que tous les signes étaient destinés à la dissuasion et qu’ils annonçaient les conséquences funestes qui attendaient Pharaon s’il persistait dans son entêtement à transgresser les interdits et à agresser les faibles.

La confusion dans les significations tient à la lecture hâtive littéraliste  et non symbolique des orientalistes et des Arabes faisant partie de l’école orientaliste franco musulmane. Le texte coranique est d’une limpidité sans égale si on se donne le temps de le lire et de le comprendre sans préjugés ni démarches de tronquer ou d’amalgamer ses versets.

  • 3 – Le troisième exemple : le lexique coranique dans le traitement de la peur.

En rédigeant « Aimer : la voie coranique » j’ai naturellement cherché la haine, la vengeance ainsi que la sérénité et ce qui s’y oppose en l’occurrence la peur. Je n’ai pas épuisé lez sujet, mais je défie tout dictionnaire et tout psychologue de décrire les états rationnels et émotionnels de la peur, de sa gradation et des situations qui la génèrent. Il n’est pas nécessaire d’être un arabisant expert en linguistique, il suffit d’étudier le Coran et le laisser donner les définitions et les situations car il a la compétence non seulement de produire du sens, mais de livrer les liens qui permettent de construire le sens si on se donne le temps de prendre des notes et de l’aborder avec l’envie d’écouter la parole divine avec son cœur, sa raison et son âme. Voici sommairement le lexique coranique sur les 11 différents formes de peur :

La  peur générique :

  • Al Khawf ( الخوف ) la peur commune qui  est du domaine psychoaffectif.

La peur spécifique propre à 10 cas singuliers :

  • Al Khifa ( الخيفة  ) peur éprouvée avant le combat qui pousse à la vigilance et à la précaution
  • Al Faraq  ( الفرق)  peur qui incite à la fuite et à la rupture où l’être se sent porté par des ailes qui le pousse à déserter.
  • Al Khichia ( الخشية ) la peur qui évalue les conséquences d’un phénomène, d’une action, d’un châtiment annoncé ou d’une  catastrophe. C’est une peur qui suppose une mémoire et un  savoir ou une connaissance. Elle est du domaine de la raison.
  • At Taqwah ( التقوى ) le sentiment où se mélange la crainte et l’espoir et qui pousse à se retenir de commettre une faute. Elle est du domaine spirituel.
  • Al Ichfaq ( الإشفاق ) : la peur qui est visible sur le visage par le changement de couleur et qui incite à reculer ou a faire marche arrière.
  • Al Jaza’â ( الجزع  ) peur du cupide  qui convoite avec avidité et a peur de ne pas avoir davantage. C’est aussi la peur qui  fait perdre patience et se manifeste par  des plaintes ou des cris
  • Al Hala’â ( الهلع ) peur de  l’avare et de l’envieux partagés entre le désir de posséder  et la peur de perdre en donnant ou en prenant un risque.
  • Ar Rohb ( الرهب  ) peur qui fait redouter les conséquences, qui  rappelle le monothéisme et qui pousse à l’action immédiate. Elle  prend sa source dans la perception et la raison pour finir dans le cœur comme un sentiment indélébile.
  • Ar Ro’âb ( الرعب  ) peur avec effondrement  psychologique et parfois physique qui fige la personne ou lui fait perdre tous ses repères et toute sa détermination, et qui provoque la fuite et la dispersion des rangs d’une foule.
  • Al Faza’â ( الفزع ): la peur qui survient par effet de surprise après insouciance et quiétude

Allah (swt) fait varier les Signes (symboles, paraboles, mots, etc…) pour nous livrer en termes concis et précis la quintessence du savoir que le contenu en encre des Océans  mis en exposant 7 ne pourrait contenir. Chaque mot a une signification particulière. C’est le contexte particulier des versets et le contexte globale de la sourate qui vont faire émerger le sens. Si Allah a utiliser le terme Rohb c’est qu’il y a une explication qui n’est pas forcément celle de la lecture littéraliste. Le lecteur averti voit tout de suite que dans la traduction du Coran que dans les termes des journeaux ou des politiques dans le monde arabe il y a une fâcheuse confusion entre le Rohb et le Ro’âb. C’est ce dernier (Ar Ro’âb)  qui peut être assimiler à la terreur, à l’ace de terroriser. Ar Rohb qui est utilisé dans le verset vise à imposer le respect, l’attitude circonspecte, à redouter les conséquences…

  • 4 – Le quatrième  exemple est  le lexique arabe de l’encyclopédie  « Lissan al ‘Arab »

L’encyclopédie arabe  nous donne un cas significatif parmi la polysémie du verbe Rahaba :

الرَّهْبَـى: الناقةُ الـمَهْزُولةُ جِدّاً؛ والرَّهْبُ: كالرَّهْبَـى

La Rahba et le Rahbou: la chamelle et le chameau de grande stature et de caractère déterminé.

Ces camelins sont  destinés à procurer l’apaisement pour les chameliers qui les montent et les conduisent au combat  et à dissuader leurs adversaires s’ils montent des  chameaux et des chevaux plus petit. Ainsi la langue arabe donne un sens à :

العالي؛ الجَمَلُ وهو رَهْباً، رَكِبَ إِذا الرَّجُلُ أرْهَبَ

Arhaba signifie monter un chameau ou une chamelle de haute stature et  signifiant souvent se préparer à la guerre avec de grands moyens ou dissuader un adversaire qui se prépare à la guerre.

 ا طالَ كُمُّهُ.إِذا الرَّجُلُ أرْهَبَ

Arhaba signifie aussi porter de longues manches. Pour les Arabes, avant l’Islam, c’était un symbole ostentatoire  et ostensible. Il s’agit donc de se montrer et de se faire voir.

Lorsque le verset coranique dit « تُرْهِبُونَ بِهِ », il signifie : montrez-vous et n’ayez pas peur, ne vous dissimulez pas, préparez-vous contre l’agresseur et   montrer-lui vos préparatifs de guerre pour le dissuader de vous attaquer.

Si on utilise l’astuce des linguistes arabes qui consiste à deviner le sens d’un terme en permutant ses lettres, on part  des lettres RHB du verbe  Rahaba ( رهب ) pour obtenir les lettres HRB du  verbe  Haraba ( هرب ) qui signifie fuir. Le message à découvrir dans l’étendue de la polysémie est le suivant dans le contexte du verset :  faire fuir l’ennemi en lui faisant voir les conséquences de son acte inconsidéré. Il s’agit de l’amener non à avoir une peur par l’émotion, mais  à redouter par mais la raison et les faits tangibles qui s’offrent à son esprit logique  et à sa perception évidente .

Il ne s’agit donc pas de terroriser au sens terrifiant du terme, mais d’imposer le respect et la crainte en montrant les conséquences d’une aventure guerrière contre les Musulmans. Le Coran est précis dans ses termes il ne s’agit  pas de terrifier ou de faire peur par  le recours à la violence qui laisse des traces dans l’imagination et l’émotion, mais de montrer sur le plan rationnel et tangible la force et l’organisation de combat pour éviter la guerre. Le verset coranique est une pédagogie qui utilise la puissance de la métaphore et la répétition alternant un sens imagé et un sens décrit comme dans ce verset en particulier, et souvent le premier sens est explicité par le second et vice versa :

« préparez-leur forces et cavalerie » = Tourhiboun (mobilisez contre eux vos grands moyens)

La signification est « afin que vous soyez redoutés par » ou «  afin de dissuader »  l’ennemi d’Allah et  votre ennemi qui se prépare à vous agresser.

Lorsque je développe ce genre de discours sérieux et réaliste, il est évident que je deviens pour les uns  un « terroriste », et pour les autres un chameau. La vérité sémantique et historique est dans ce verset et tant que nous le transgressons nous seront agressés par les blasphémateurs et les prédateurs :

{Et préparez-leur tout ce que vous pouvez comme forces et cavalerie afin que vous soyez redoutés par l’ennemi d’Allah, votre ennemi, et d’autres encore que vous ne connaissez pas, mais Allah les Connaît.} Al Anfal 60

{Et mobilisez-leur tout ce que vous pouvez comme forces et cavalerie afin que vous dissuadiez l’ennemi d’Allah, votre ennemi, et d’autres encore que vous ne connaissez pas, mais Allah les Connaît.} Al Anfal 60

C’est en comprenant le sens de ce verset que les Arabes ont affronté avec leurs chevaux de petites tailles  les brigades d’éléphants de l’Empire perse. Après les premières défaites face aux éléphants qui terrorisaient leurs chevaux, les Musulmans ont modifié leur tactique de combat et ont triomphé de leurs ennemis qu’ils ont attaqués non pour transmettre l’Islam par la force de l’épée, mais pour prendre l’initiative contre une force puissante et redoutable qui les terrorisait et les menaçait dans leur territoire et dans leur existence intrinsèque.

S’il y a des doutes ou des contestations sur cette traduction et son sens nous devons trancher en revenant au contexte qui introduit ce verset ou qui lui apporte une conclusion. Dans notre cas il s’agit d’une introduction qui montre la conduite à tenir en cas de risque de transgression d’un pacte et cette conduite donne le sens explicite :

{Ceux d’entre eux avec qui tu conclus un pacte, puis chaque fois ils violent leur pacte et ils ne craignent point. Si tu les saisis à  la guerre, effarouche par eux ceux qui sont derrière eux, afin qu’ils se souviennent. Et si tu redoutes une trahison de quelques gens, rejette (le pacte) avec loyauté. Certes, Allah n’aime point les traîtres.} Al Anfal 56 à 58

Ces quatre exemples   renforcent mon argumentation  qui rejette la terreur et le terrorisme imputé à l’Islam et au Coran  comme il rejette l’islamophobie qui instrumentalise la violence après en avoir été l’instigatrice.

Pour corroborer notre argument nous nous référons au Coran qui dit juste après le verset précédent (Al Anffal 60) où le terme  » par lequel Tourhiboun ( ترهبون به  ) est citée :

{S’ils s’inclinent vers la paix, alors incline-toi aussi et fie-toi à Allah} Al Anfal 61

Le contexte du verset  montre qu’il est harmonie avec le sens du mot (irhab = dissuasion) car il s’agit de montrer sa force à des belligérants qui ont déjà essuyé une défaite à Badr alors que les Musulmans étaient peu nombreux et insuffisamment équipés. C’est la position du fort qui ne veut pas faire couler le sang.  Si les Musulmans n’ont pas compris la portée du message de leur Dieu et la miséricorde de leur Prophète qui n’a eu recours à la violence que pour repousser la violence armée ils ne pourront que générer de l’entropie et devenir la proie à l’islamophobie  et des écervelés qui suivent les appels à la haine et à la violence contre les Musulmans au lieu de diriger leurs armes, leur argent et leur réservoir humain vers le développement de leur force pour affronter l’Empire et le sionisme.

La paix au sens islamique n’est pas la pax romana de l’Empire ou celle du sionisme qui extermine et spolie car il ne peut y avoir de paix fondée sur la terreur et  l’injustice. L’Islam a rayonné sur le monde par sa vertu, sa justice et sa liberté. Le terme le plus approprié pour générer le respect et  la dissuasion n’est pas la terreur qui est post offensive, mais imposer son existence et sa capacité de résistance pour faire redouter la guerre et ses conséquences sur l’ennemi. Il ne s’agit pas de terroriser un innocent, mais de faire craindre les conséquences d’une agression à celui qui,  par son arrogance et sa supériorité militaire, est enclin  à lancer des offensives agressives.

Nous ne sommes pas dans une démarche violente gratuite de vengeance ou de terreur qui suppose meurtres, viols, incendies, ravages, ruines et tout ce qui génère de l’effroi et de l’épouvante. Faire peur est du domaine de l’émotionnel, mais faire redouter est du domaine du tangible et du rationnel (ce dont on redoute les conséquences). La langue  française n’a pas suffisamment de verbe et de substantifs pour exprimer tous les termes coraniques. C’est rendre mauvais service au Coran que se contenter d’une traduction formaliste littéraliste qui ne rend pas le sens exact.

Sur le plan sémantique, lexical  et contextuel, nous sommes dans un principe de dissuasion, de précaution, de prévention… Faire dire au Coran  autre chose c’est de la mauvaise foi,  de la désinformation, ou de la continuité de la  lutte idéologique  menée par les orientalistes qui ont traduit le Coran avec des préjugés contre l’Islam et parfois avec des visées caricaturales.

 E – L’effondrement psychologique dans le Coran : Ar Ro’âb (  الرعب  )

Dans quelle signification  le Coran  utilise le terme Ar Ro’âb ? Il l’utilise dans  quatre versets avec le sens d’effroi et non de terreur. Il ne s’agit pas de terreur  car la terreur relève de la perception de choses horribles et terrifiantes, mais il s’agit de l’effroi  qui prend le cœur et l’imagination et les pousse à perdre tous les repères dans la bataille et à se disperser en débandades, chacun cherchant son salut alors qu’il venait croyant  se remplir de gloire dans une troupe nombreuse et fortement éuipée. Il ne s’agit pas de la terreur qu’inspirent les Musulmans, mais il s’agit  d’une action émanant d’Allah dans le cœur des mécréants qui ont agressé le Prophètes (saws) et ses compagnons.  Les quatre versets  qui citent l’effroi (Ar Rohb) mettent Allah comme sujet et les cœurs des transgresseurs comme subissant l’action d’Allah : Ali ‘Imrane, 151 – Al Anfal, 12 – Al Ahzab, 26 – Al Hashr, 2

Citons à titre d’illustration les deux énoncés suivants :

 سَنُلْقِي فِي قُلُوبِ ٱلَّذِينَ كَفَرُواْ ٱلرُّعْبَ

{Et lorsque ton Dieu  a inspiré aux Anges : « Je suis avec vous, affermissez donc ceux qui sont devenus  croyants, Je déposerais  l’épouvante dans les cœurs de ceux qui sont devenus  mécréants. Frappez donc sur les cous, frappez-en chaque bout de doigt ». Cela en raison de ce qu’ils se sont opposés à Allah et à Son Messager. Et quiconque s’oppose à Allah et à Son Messager, Allah sûrement Punit sévèrement.} Al Anfal 12-13

 وَقَذَفَ فِي قُلُوبِهِمُ ٱلرُّعْبَ

{C’est Lui qui A Fait sortir ceux qui sont devenus  mécréants des gens du Livre, de leurs demeures, pour le début du rassemblement. Vous ne pensiez pas qu’ils sortiraient et eux pensèrent que leurs forteresses les préserveraient d’Allah, alors Allah les Surprit par où ils ne s’attendaient pas, et Il jeta l’effroi dans leurs cœurs. Ils détruisent leurs maisons par leurs propres mains et par les mains des croyants. Tirez-en un exemple, ô doués de clairvoyance […]  Cela en raison de ce qu’ils se sont opposés à Allah et à Son Messager; et quiconque s’oppose à Allah, Allah alors Punit sévèrement.}  Al Hashr 2 et 4

Toute  agression contre le Prophète (saws)  est une malédiction dans cette vie et dans l’au-delà.  Est ce que cette description est de la  la  terreur, de  l’épouvante ou de  l’effroi qu’Allah lance dans le cœur des agresseurs  les laissant  corps et âmes  à la merci des faibles et des opprimés qu’ils croyaient asservir, humilier ou vaincre en comptant sur le seul rapport des forces tangibles. C’est ce sentiment de perdition qui s’empare de l’agresseur  qui le rend vulnérable. C’est le cœur qui s’effondre et l’esprit qui se disperse face à la surprise pour laquelle il n’a aucune riposte car elle était imprévisible et imparable. Cet état la langue française le traduit par effroi (peur sous l’effet de la surprise).  Alors que la tererur  c’est « la peur collective qu’on fait régner dans une population, un groupe de personnes, dans le but de briser sa résistance »

Nous sommes dans un cas différent de la mise en œuvre de la doctrine américaine  « choc et effroi (Shock and Awe) », en Irak. L’armée américaine  a terrorisé  l’armée et la population irakienne par la stupeur  qu’a provoqué l’emploi abusif et massif d’une puissance de feu navale, terrestre et aérienne, poursuivi par des actes terroristes et humiliants pour  annihiler la volonté de résistance. C’est plutôt choc et terreur.

Autres maux en guise de conclusion

La lute idéologique quand elle est bien menée permet d’enjoliver les mots pour masquer l’horreur de la réalité. Les dominants du monde  mettent en œuvre des spécialistes et des laboratoires pour construire leurs mots, leur rhétorique et leurs images. Mais nous qui subissons nous nous laissons enfermer dans leur système de pensée en acceptant d’être des auxiliaires de servitude et dans le meilleurs des cas de mauvais servants et de mauvais symboles dans la défense de nos valeurs, de notre foi, de notre Livre.

 

 

 

Omar Mazri – LIBERATION-OPPRIMES.NET

Caricatures et lutte idéologique

Notre devoir envers Mohamed (saws)

 Les manifestants et l’authenticité de l’Islam

 

[L]es manifestations, malgré leur caractère « non pacifique », viennent de confirmer une fois de plus l’authenticité du Coran et du Hadith en dépit de la haine des pervers.

Mohamed (saws) n’est pas avec nous ou parmi nous, mais en nous. Selon l’expression coranique arabe fikoum qui interdit la rupture spatiale, temporelle, morale, sociale ou mnésique. Mohamed (saws) fait partie de notre imaginaire, de notre éducation, de notre intelligence, de notre culture, de notre mémoire, de notre foi et de notre amour,  car il a cette propriété unique de comprendre et de répondre par sa Sunna à la quintessence de l’humain dans toutes les situations de l’existence et dans tous les états psychiques, sociaux et politiques. Voici ce qu’en dit Allah

{Nous avons envoyé en vous [fikoum] un messager de chez vous qui vous récite Nos versets, vous purifie, vous enseigne le Livre et la Maitrise et vous enseigne ce que vous ne saviez pas.} al baqara 151

On a l’habitude de traduire « Hikma » par sagesse, mais l’étymologie et le contexte coranique militent pour une maitrise de soi, une architecture savamment établie, des liens solidement ancrés comme un Signe muhkam, indivisible et inaltérable ou comme un tissu dont la trame est solide et la filature bien agencée. Plus que jamais nous avons besoin de la Hikam du Prophète (saws). Ce Prophète confirme l’amour indéfectible que lui vouent les Musulmans :

 « Parmi ceux qui m’aiment le plus dans ma communauté, annonce le Prophète, il y a des gens qui viendront après moi. Pour me voir, ils seront prêts à abandonner leurs familles et leurs biens. »  Hadith

Le terme Jihad doit être compris dans son sens étymologique de  déployer tout l’effort pour atteindre un résultat licite. Le combat militaire (Qital) fait partie du Jihad  s’il rempli les obligations légales, mais n’est pas l’exclusivité du  Jihad qui prend des formes multiples et souvent pacifiques. Le plus grand Jihad est l’effort sur soi.

Le hadith qui blâme la plaisanterie  et ses conséquences néfastes sur la morale et la retenue confirme la justesse de la vue de Mohammed sur ce monde immoral qui produit de la haine :

 « La plaisanterie provoque la haine et l’hostilité. »

Que dire des caricatures ? Que dire des Musulmans ? Comme d’habitude, il  y a dans la population musulmane les insouciants, les partisans des manifestations et les opposants aux manifestations contre les nouvelles et horribles caricatures blasphématoires.

 

 Quelle devrait-être notre position de principe ?

 

D’abord dire la vérité :

{Dis : « Crevez de votre rage ».} Ali ‘Imrane 119

{Dis : « O gens du Livre, nous gardez-vous rancune parce que nous croyons en Allah, en ce qui  nous a été révélé, en ce qui a été révélé auparavant, et parce que la plupart d’entre vous sont des pervertis ! »} Al Maidah 59

Il ne faut ni se taire ni se soumettre devant l’injustice et la perversion :

 «  Si vous vous contentez du labour de vos champs, du suivi des queues de vos vaches, de la réalisation de vos transactions par la ‘ayinat (une forme de riba qui produit des liquidités sans contrepartie économique), et le délaissement du Jihad, alors Allah vous imposera une humiliation qui ne sera levée que si vous revenez à l’Islam » Hadith

Qui a compétence de dire ? Comment dire à ces névrosés « crevez de rage » ? Prier devant l’ambassade américaine ? Assassiner un ambassadeur et transgresser le pacte et l’usage ?  Céder aux manipulations ? Faire de la publicité à des minables et à leurs productions minables qui tous seraient restés dans l’anonymat s’il n’y avait pas les manifestations et les médias occidentaux qui exploitent notre colère à des fins idéologiques et médiatiques ? Qui va être tenu pour responsable de la mort de la trentaine de manifestants dans le monde musulman : les autorités qui ont interdit les manifestations ou les organisateurs des manifestations qui ont désobéi aux autorités ?

Nous sommes confrontés aux mêmes problèmes et nous réagissons toujours avec les mêmes réactions qui apportent davantage de problèmes que de solutions réelles.

 

 Que faire ?

 

Laissons le Coran leur dire que celui déclare la guerre à Mohammed (saws) a déclaré la guerre à l’univers :

 {Dis : ‹Quiconque est ennemi d’Allah, de Ses anges, de Ses messagers, de Gabriel et de Michaël. Allah sera son ennemi car Allah est l’ennemi des infidèles›.} al baqara 98

Les pervers, les blasphémateurs et les spécialistes des attentats à la pudeur et à la dignité humaine doivent prennent garde ! Le châtiment est plus proche qu’ils ne le pensent. Leur demeure et leurs protecteurs sont plus fragiles que la demeure de l’araignée :

{Et, parmi les hommes, il est [quelqu’un] qui, dénué de science, achète de plaisants discours pour égarer hors du chemin d’Allah et pour le prendre en raillerie. Ceux-là subiront un châtiment avilissant.} loqman 6

{Ceux qui ne croient pas et obstruent le sentier d’Allah, Nous leur ajouterons châtiment sur châtiment, pour la corruption qu’ils semaient (sur terre).} an nahl  88

La liberté authentique n’a de signification que si elle exprime une idée noble et généreuse, une pudeur à défendre, une valeur, un projet de fédération de l’humanité. Mohamed nous rappelle les règles d’éducation que Luqman inculquait à son fils :

{Ô mon enfant, fût-ce le poids d’un grain de moutarde, au fond d’un rocher, ou dans les cieux ou dans la terre, Allah le fera venir.  loqman 13

Où est-ce qu’ils vont  pouvoir se cacher dans un univers dont les Cieux et la Terre ainsi que le passé, le présent et l’avenir appartiennent exclusivement à Allah ?  Nul abri pour eux !

{Ceux qui offensent Allah et Son messager, Allah les maudit ici-bas, comme dans l’au-delà et leur prépare un châtiment avilissant.  Et ceux qui offensent les croyants et les croyantes sans qu’ils l’aient mérité, se chargent d’une calomnie et d’un péché évident.} al ahzab 59

Nous devons garder notre sang-froid et ne pas céder aux provocations, car par la vérité et la patience nous pouvons déjouer tous les complots et nous pouvons vivre, malgré les attaques et les provocations, sans l’angoisse et le chagrin qui conduisent à l’immobilisme et au désespoir. Les criminels qui complotent contre Mohamed (saws) et contre les croyants sont condamnés à l’avilissement. La vilénie et l’incitation à la haine raciale ou au dénigrement ne sont ni l’expression de la liberté ni de la démocratie, mais l’aveu de l’essoufflement d’une civilisation en panne d’idées, de valeurs, de projets, car refusant le reste du monde elle s’enferme dans une autarcie idéique et culturelle qui génère de l’ignorance et du racisme. L’Islam pénètre le cœur de leurs jeunes, de leurs foyers en dépit de leur haine et de leur propagande islamophobe qui les poussent à la vengeance. Ils sont déjà morts et ne voient donc pas la vie et la résurrection s’opérer ailleurs que chez eux :

{Est-ce que celui qui était mort et que Nous avons ramené à la vie et à qui Nous avons assigné une lumière grâce à laquelle il marche parmi les gens, est pareil à celui qui est dans les ténèbres sans pouvoir en sortir? Ainsi on a enjolivé aux mécréants ce qu’ils œuvrent.  Ainsi, Nous avons placé dans chaque cité de grands criminels qui y ourdissent des complots. Mais ils ne complotent que contre eux-mêmes et ils n’en sont pas conscients. } al anâam 122

 

Il est de la nature des choses que les Prophètes et les vertueux soient raillés et harcelés :

 

{Vous serez sûrement éprouvés dans vos biens et dans vos personnes, et vous entendrez sûrement beaucoup de mal, de ceux qui reçurent le Livre avant vous, et de ceux qui sont devenus  polythéistes. Mais si vous êtes persévérants et pieux, cela est vraiment de la Haute détermination.} Al ‘Imrane 186

{Nombre de Messagers, avant toi, ont été tournés en dérision, mais ceux qui se sont moqués d’eux, ont été poursuivis par ce même dont ils se sont moqués.} Al An’am 10

{Nombre de Messagers avant toi ont été tournés en dérision, mais  J’ai accordé du répit à ceux qui sont devenus  mécréants, puis Je les ai saisis. Quelle ne fut alors Ma punition !} Ar Ra’âd 3

Notre mère Khadija avait la prémonition du déchainement des diables, Hommes et Djinns, contre l’apostolat de Mohamed (saws), dès qu’il avait reçu la Révélation et compris l’importance de la charge de son investiture de Prophète. Elle lui a dit pour le consoler :

« Dieu », lui dit-elle, « n’abandonne pas l’homme qui n’a jamais menti, qui assiste l’orphelin et secourt le faible, Dieu ne l’abandonne pas à la dérision des démons ».

Mohamed (saws) va subir les pires humiliations et le plus dur traitement que puisse connaitre un homme de son rang.  Être insulté, traité de fou, de dément, de sorcier, de possédé, être frappé par des pierres, trouver des épines sur son chemin, recevoir des boyaux sur son dos alors qu’il priait, et ce, sous le regard chagriné de sa fille Fatima la bien-aimée. Dans le pire moment, Mohammed le magnanime allait montrer l’étendue de l’amour et de la miséricorde qui habitaient son cœur et son esprit en faisant cette invocation qui reste la plus belle, la plus tragique et la plus émouvante qui soit donnée à un homme de la prononcer et à un autre homme de l’écouter :

 « Je me réfugie en Toi, Mon Dieu, contre ma faiblesse et mon impuissance. Tu es le Dieu des faibles, mon Maitre et mon Dieu. Si je ne suis pas l’objet de ta colère, je ne crains rien. Je me réfugie dans la lumière de ta face qui affermit le monde et l’au-delà du monde. Il n’y a de force et de secours qu’en toi ».

Allah connait ses souffrances ainsi que la méchanceté de ses détracteurs, mais Il agit en mettant les hommes à l’épreuve les uns par les autres. Mohamed (saws) était une épreuve pour les hommes et il le restera, alors que les hommes étaient une épreuve pour lui et nous en assumons la suite à sa place :

{Ceux qui ont une malveillance aux cœurs ont-ils pensé qu’Allah ne dévoilerait pas leurs rancunes ! Et si Nous voulions, Nous te les montrerions, alors tu les aurais reconnus à leurs traits ; et tu les reconnaîtras sûrement à leurs écarts de langage. Et Allah connait vos actions. Certes Nous vous éprouverons afin que Nous fassions voir ceux qui s’efforcent d’entre vous ainsi que les persévérants. Et ainsi Nous éprouverons vos faits. Certes, ceux qui sont devenus  mécréants, rebutent de la Cause d’Allah et s’opposent au Messager, après que la Direction infaillible leur est apparue, ne sauraient nuire en rien à Allah, et Il rendra vaines leurs œuvres.} Mohammed  29-32

 

Nous ne pouvons donc agir à notre guise contre les caricatures, mais agir comme il a agi et ce en conformité avec la Parole d‘Allah :

 

وَٱصْبِرْ وَمَا صَبْرُكَ إِلاَّ بِٱللَّهِ وَلاَ تَحْزَنْ عَلَيْهِمْ وَلاَ تَكُ فِي ضَيْقٍ مِّمَّا يَمْكُرُونَ

{Patiente ! Certes ta persévérance tient d’Allah. Ne t’afflige donc point pour eux, et ne t’angoisse point de ce qu’ils rusent.} An Nahl 127

وَلاَ تَحْزَنْ عَلَيْهِمْ وَلاَ تَكُن فِي ضَيْقٍ مِّمَّا يَمْكُرُونَ

{Ne t’afflige point pour eux, et ne t’angoisse pas de ce qu’ils rusent.} An Naml  70

فَٱصْدَعْ بِمَا تُؤْمَرُ وَأَعْرِضْ عَنِ ٱلْمُشْرِكِينَ إِنَّا كَفَيْنَاكَ ٱلْمُسْتَهْزِئِينَ وَلَقَدْ نَعْلَمُ أَنَّكَ يَضِيقُ صَدْرُكَ بِمَا يَقُولُونَ فَسَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ وَكُنْ مِّنَ ٱلسَّاجِدِينَ وَٱعْبُدْ رَبَّكَ حَتَّىٰ يَأْتِيَكَ ٱلْيَقِينُ

{Déclare donc ce qui t’es ordonné, et détourne-toi des polythéistes. Nous t’avons préservé contre les moqueurs, qui placent un autre dieu à côté d’Allah. Mais ils sauront bientôt. Nous Savons sûrement que ta poitrine se serre à cause de ce qu’ils disent. Exalte donc la gloire de ton Dieu, sois de ceux qui se prosternent, et adore ton Dieu jusqu’à ta mort.}  Al Hijr 95-97

Parmi les leçons que nous devons garder de ces versets traitant la souffrance du prophète face aux railleries et aux insultes il y a :

  • La grandeur d’âme et la constance dans l’adversité que le croyant doit conserver, car il sait que tout ce qui se passe ne se passe qu’avec la connaissance et l’agrément d’Allah qui poursuit un dessein qui échappe aux mécréants.
  • La confiance en Allah qui se charge des moqueurs et des blasphémateurs le moment voulu selon un stratagème qu’il a choisi et qui peut échapper à nous tous, offensés et offenseurs.
  • Le mépris qui exige la compréhension des enjeux pour conserver son calme et sa dignité, et qui exige de se détourner des imbéciles et des provocateurs. La plus grande victoire sur eux est de ne pas tomber dans leur jeu et les laisser se tordre de haine et se pourrir la vie par leur cœur noirci et gonflé jusqu’à exploser sans trouver un semblant de contentement dans notre émotivité. Allah nous donne la conduite à tenir et que nous devons impérativement suivre :

{Il vous A Révélé dans le Livre que : «Si vous entendez que les Signes d’Allah sont pris en mécréance et tournés en dérision, ne restez pas avec eux, jusqu’à ce qu’ils engagent une autre discussion, sinon vous êtes leurs semblables». Certes, Allah Rassemblera les hypocrites et les mécréants en totalité dans la Géhenne.} An Nissa 140

{O vous qui êtes devenus croyants, ne prenez point comme protecteurs ceux qui tournent votre religion en dérision et en moquerie, d’entre ceux à qui le Livre fut Révélé avant vous ainsi que les mécréants. Et Prenez garde à  Allah, si vous êtes croyants. Et quand vous appelez à la prière, ils la tournent en dérision et en moquerie : cela, en raison de ce qu’ils sont des gens qui ne raisonnent point.} Al Maidah 57

Si Allah désigne ces mécréants, blasphémateurs et pervers de gens qui ne raisonnent pas à cause de leur ignorance, malgré leur savoir académique et leur prospérité matérielle, nous devons faire preuve d’intelligence et ne pas nous laisser manipuler par eux et par ceux qui veulent une fois de plus instrumentaliser l’Islam à des fins partisanes et politiciennes tant du côté de ceux qui appellent à la violence que du côté de ceux qui appellent à ne pas manifester.

Nous avons vu qu’Allah ordonne à Mohamed (saws) la patience, le Tasbih (glorification d’Allah),  la Salat, et le mépris comme recours. Tout autre recours reste en deçà de ce qu’Allah nous a demandé, car nous agissons selon notre émotion et notre improvisation et non selon les commandements d’Allah. Notre réaction ne reste que de la convulsion qui repose sur l’émotionnel. Dans le verset 57 de la sourate ‘la Cêne ’ Allah nous demande de prendre garde à Lui. Ici il s’agit de Taqwah.

La Taqwah n’est pas la crainte ni la crainte révérencielle, mais ce mélange d’humilité à l’évocation d’Allah, de crainte de son châtiment, d’espérance de sa récompense, d’obéissance à ses interdits et à ses ordres. C’est à la fois un état psychoaffectif et spirituel qui nait de l’émotion par la crainte et l’espoir, un état rationnel qui nait de la connaissance des conséquences de l’obéissance ou de la transgression, et enfin un état comportemental et actanciel par la pratique de l’Islam avec assiduité, attention et révérence dans tout ce que nous faisons de notre vie. C’est la Taqwah qui est la réponse la plus efficace, car c’est elle qui fait mal aux ennemis et qui renforce les liens d’amour, de solidarité, d’intelligence et d’efficacité entre les Musulmans comme elle a tissé et renforcé ceux des Compagnons avec le Prophète (saws) et entre eux les rendant invincibles,  civilisés et civilisateurs alors qu’ils étaient méprisés par les Byzantins et les Perses.

Nous tous nous sommes éprouvés par les ennemis de l’Islam et nous devenons leur épreuve lorsque nous exprimons notre amour et notre attachement à Allah et à Son Prophète :

لَتُبْلَوُنَّ فِيۤ أَمْوَالِكُمْ وَأَنْفُسِكُمْ وَلَتَسْمَعُنَّ مِنَ ٱلَّذِينَ أُوتُواْ ٱلْكِتَابَ مِن قَبْلِكُمْ وَمِنَ ٱلَّذِينَ أَشْرَكُوۤاْ أَذًى كَثِيراً وَإِن تَصْبِرُواْ وَتَتَّقُواْ فَإِنَّ ذٰلِكَ مِنْ عَزْمِ ٱلأُمُورِ

 {Vous serez sûrement éprouvés dans vos biens et dans vos personnes, et vous entendrez sûrement beaucoup de mal, de ceux qui reçurent le Livre avant vous, et de ceux qui sont devenus  polythéistes. Mais si vous êtes persévérants et pieux, cela est vraiment de la Haute détermination.} Al ‘Imrane 186

Allah nous demande la même détermination et la même patience que celle des Prophètes face à l’adversité. Pour eux comme pour nous, la solution est dans la Taqwah. Le changement salutaire qui apporte la victoire n’est pas dans l’action spontanée qui déverse sa colère puis replonge dans son indolence quotidienne, elle est dans la réforme ontologique et sociale qui fait de l’individu et du corps social la haute détermination à être conforme au modèle prophétique.

Nous devons refuser les atteintes à notre religion et à notre Prophète (saws) mais en gardant toute lucidité pour que nos voix soient entendues et écoutées puis respectées. Pour cela nous ne devons pas agir comme des désespérés, des hystériques et des violents qui travaillent, à leur insu, à la réalisation du complot mené contre eux et que facilitent leur inconscience et l’absence de savants et d’intellectuels qui peuvent les guider et les encadrer en dehors des appareils et des vues étroites. Nous ne pouvons pas avoir une meilleure attitude que le Prophète (saws) qui est diffamé et à qui Allah dicte la conduite à tenir :

 {Nombre de Messagers, avant toi, ont été tournés en dérision, mais ceux qui se moquèrent d’eux, ont été poursuivis par ce même dont ils se sont moqués.  Dis : « Allez de par la terre, puis regardez quel fut le sort des négateurs ».  Dis : « A qui appartient ce qui est dans les Cieux et la Terre? »} Al An’am 10

{Nous Savons bien que ce qu’ils disent t’afflige. Ils ne te démentent pas, à toi, mais ce sont les Versets d’Allah que les injustes renient. Bien des Messagers avant toi ont été démentis et ils persévérèrent face au démenti et au mal qu’ils subirent, jusqu’à ce que leur soit venu  Notre victoire. Rien ne peut changer les paroles d’Allah et il t’est déjà parvenu une part des nouvelles des Messagers.  Si leur détournement t’est intolérable, fraye-toi donc, si tu peux, un tunnel sous terre ou un escalier vers le ciel pour leur apporter un signe ! Si Allah Voulait, Il les Aurait Rassemblés vers la Direction infaillible. Ne sois donc pas du nombre des ignorants ! Toutefois, seuls répondent à l’appel ceux qui comprennent.}  Al An’am 33-36

 

 La sourate Mohammed est notre clé :

 

Le Coran a une sourate qui porte le Nom de Mohammed (saws). Si nous sommes perplexes quant à l’attitude à avoir aujourd’hui et demain envers les ennemis de Mohamed (saws) alors, il faut juste lire et comprendre son contenu :

 {O vous qui êtes devenus croyants : si vous faites triompher la Cause d’Allah, Il vous fera triompher et affermira vos pieds. Mais ceux qui sont devenus  mécréants, qu’ils périssent alors. Et Il a déjà condamné leurs œuvres au fourvoiement. Cela, car ils haïssent ce qu’Allah a révélé, mais Il a rendu  vaines leurs œuvres. N’ont-ils pas été de par la terre afin qu’ils voient quel ne fut le sort de ceux qui ont vécu avant eux ? Allah a tout anéanti  sur eux. Et ainsi il en sera de même pour ceux qui sont devenus  mécréants. Cela, car Allah est le Protecteur de ceux qui sont devenus  croyants, alors  que ceux qui sont devenus  mécréants n’ont nul protecteur.} Mohammed 7-11

La sourate nous dicte  la meilleure conduite pour défendre notre Prophète à cour, moyen et long terme :

 {O vous qui êtes devenus croyants, obéissez à Allah et obéissez au Messager, et n’annihilez pas vos œuvres.} Mohammed 33

{Et si vous vous détournez, Il substituera un autre peuple que vous, ensuite, ils ne seront pas comme vous.} Mohammed  38

C’est en se conformant, stricto sensu, aux ordres d’Allah que Mohamed (saws) a traversé la période difficile de La Mecque avec ses railleries et ses moqueurs pour arriver à Médine laissant derrière lui les complots des conjurés voulant l’assassiner voyant sa détermination inébranlable à suivre la voie tracée par Allah. Allah a immortalisé la Hijra de La Mecque à Médine par cette parole sublime :

{Si vous n’avez pas secouru  le Prophète, Allah l’a secouru ; lorsque les incrédules l’ont expulsé. Lui, le second des deux, le jour où tous deux se sont trouvé  dans la grotte, et qu’il dit à son compagnon : Ne t’affliges pas ; Allah est avec nous ! Alors Allah  lui  a inspiré la confiance et la sérénité… } At Tawbah  40.

Mohamed (saws) arrive à Yathrib qui va désormais porter son nom Madinatou al Nabi et annoncer son triomphe définitif sur les moqueurs par un chant prémonitoire :

 « La lune point sur la colline des adieux.
O Toi qui est envoyé par Dieu,
Tu viens avec un ordre qui sera obéi… »

Après la patience, la constance et la persévérance vient la  période médinoise avec ses victoires puis son triomphe. Comme le dit si bien Malek Bennabi : « L’épopée mohammadienne va déployer maintenant sur l’écran de l’histoire la série de ses épisodes légendaires : comme un film magique, le rêve d’Amina jadis, quand elle berçait encore dans son sein le fruit de ses entrailles, et qu’elle croyait entendre le hennissement des coursiers, le galop des escadrons et le cliquetis des armes, va repasser sur le tableau du présent » :

Badr ! Uhod ! El-Khandak ! Honaïn … la Mecque !

 

 La continuité et l’assiduité dans les principes et la vertu

 

Dans la difficulté ou dans l’aisance, opprimé ou libérateur, seul ou à la tête d’une armée victorieuse, Mohamed (saws) est resté jusqu’à la fin de sa mission et de sa vie l’homme à principes, l’homme vertueux, le réformateur et le dévoué à Allah.

{Lorsque Allah enverra la victoire et le triomphe ; que tu verras les hommes embrasser à l’envie la religion, exalte la louange de ton Dieu  et implore son absolution ; il est Absoluteur} An Nasr 1

Tout revient à Allah ! Le Tasbih est l’annonce de la victoire de celui qui implore Allah comme Moise et Noé : « Allah je suis vaincu, triomphe pour moi ! ». Comme Mohamed (saws) nous sommes appelés à préparer notre victoire et à afficher notre sérénité et notre espoir, et à rompre avec la culture de la défaite, de l’échec, et de nos comportements de désespérés.

Que peuvent contre lui et contre nous les blasphémateurs et les moqueurs lorsque nous avons conscience de vivre portant en nous et par la mémoire du Prophète (saws)  l’agrément d’Allah (swt) :

{Aujourd’hui, je parachève   pour vous votre religion, J’accomplis  Mes grâces sur vous, et  J’agrée l’Islam comme étant votre religion »} Al Maidah  3.

Avant d’arriver à ce triomphe et à ce parachèvement de sa mission d’ultime Prophète quelle a été la ligne de défense du Prophète (saws) ? Nous avons vu le Coran lui dicter sa conduite : la patience et le tasbih. C’est cette attitude qui lui a permis de résister contre tous les assauts de haine et contre tous les complots. Sa nature positive mérite d’être soulignée dans sa bataille psychologique. On rapporte que le Prophète (saws) était surnommé par les Juifs et les Arabes païens par « Mahomet ». Ses compagnons vexés lui exprimaient leur colère et leur désir de vengeance. Mais il se contentait de sourire leur disant ‘laisser-les se moquer de « Mahomed » (celui qui n’a pas loué), il ne s’agit pas de moi, mais de quelqu’un d’autre. Moi je m’appelle Mohammed (celui qui a l’excellence de faire des Louanges à Allah »’

 

 La défense de notre Prophète, de tous les Prophètes (saws)

 

Notre voie ne consiste pas à aller vers la facilité qui consiste à crier et à manifester puis reprendre notre sommeil « séculier ». Elle ne consiste pas à crier contre les islamophobes, mais à comprendre tous les mécanismes de l’Islamophobie et y répondre avec intelligence,  lucidité et efficacité.

Nous ne serons efficaces que si et seulement si nous suivons notre Prophète (saws) c’est-à-dire :

  • revenir vers l’Islam,
  • ne pas tenir le Coran déserté (mahjour),   loin de nos esprits, de nos consciences et de nos actes,
  • nous impliquer dans la fraternisation qui met fin aux schismes ou du moins les rend secondaires dans nos préoccupations,
  • nous impliquer dans le développement de nos mentalités, et la production en autonomie de nos idées, de notre argent,  de nos élites, et de nos devenirs en devenant des réformateurs artisans de la réforme de notre communauté et de nos territoires de vie.
  • Prendre garde et nous prémunir contre l’Islamophobie.

Dans cet océan d’amertume et de confusion, Allah (swt) nous a donné en Mohamed (saws) le modèle à suivre :

{Certes, Nous t’avons octroyé l’Abondance. Prie donc ton Dieu et immole. En effet, celui qui te hait sera, lui, sans postérité.} Al Kawthar

 

 Quel est le sens du Tasbih qu’Allah exige de nous

 

Il ne faut pas croire que le Tasbih, la glorification d’Allah, consiste en une attitude fataliste et individualiste à chercher son propre salut en récitant par la langue « Sobhane Allah » trente fois ou mille fois. Cette démarche est un véhicule pour aller vers la purification de soi et de la société en détruisant sur le plan idéique et idéologique, religieux et culturel, tous les symboles de l’idolâtrie et du culte voué à autre qu’Allah. Faire tomber les idoles, les fétiches et les totems, dévoiler le mensonge en s’attaquant aux assises de l’aliénation, de l’immoralité et en élargissant le nombre et la qualité des glorificateurs d’Allah. Telle était la mission des prophètes. Le Coran nous en donne l’explicitation par la bouche de Moïse :

{Afin que nous te glorifions beaucoup} Taha 89

Ce beaucoup ne peut être compris que si nous prenons en compte le contexte de la civilisation de Pharaon et de la ressemblance de la civilisation post moderne avec celle de l’Égypte antique sur le plan du culte de la personnalité, des élites, des magiciens, des Hamana, des Qaroun, et des 700 idoles adorées dans la vie domestique, professionnelle et religieuse de l’Égypte.  Il ne s’agit ni de réciter ni de faire tomber des monuments comme le font certains confondant le sens et la forme. Il s’agit de saper les fondements de la monalâtrie et de l’idolatrie.  Ce travail de sape exige des monothéistes et non des « cultualistes ». Il ne s’agit pas d’une sape guerrière, mais spirituelle,  idéologique et culturelle. Elle ne peut se faire par des gens qui sont auxiliaires de servitude et de pensée de l’Occident et de ses vassaux.

Est-ce que le Tasbih compris comme le témoignage du monothéisme et son élargissement qualitatif et quantitatif est facile à mettre en ouvre dans ce monde contemporain obscurantiste et islamophobe ? Non !

C’est aux Musulmans de prendre conscience de leur potentiel de bien ainsi que  du potentiel de nuisance de l’islamophobie, et s’engager de nouveau sur la voie de l’Islam en prenant comme modèle le Prophète Mohamed (saws) et ne pas céder à l’émotionnel et à la subversion. Une fois la voie de Mohamed (saws)  restaurée alors nous aurons les moyens de nous libérer du Wahn puis la force et l’efficacité de dire comme un seul être :

{Crevez de rage !}

 

 Conclusion :

Le christianisme, le Judaïsme et les autres religions fétichistes sont achevées par la logique historique, ethnique  et spirituelle. Il ne reste que le sionisme qui agit sous le masque du christianisme, de la démocratie, de l’humanitaire, du devoir d’ingérence et de la finance internationale. Face à lui il y a encore une résistance morale, civilisationnelle et spirituelle, celle de l’Islam. Sous le terme Islamophobie le sionisme mène son dernier combat avant de se déclarer ou achevé par l’Histoire ou dominant sur l’ensemble de la planète et annonçant l’ère du Dajjal le faux Messie.

Une personne avisée peut me poser la question légitime : je ne vois pas le rapport ou je ne vois comment concilier « Patientez ! » et   » Dis-leur : Crevez de rage » la réponse est dans le Coran et l’Histoire de l’Islam sous sa forme mohammadienne. Entre la patience et  la réponse il y a la construction de la force spirituelle, morale,  institutionnelle, économique, industrielle et organisationnelle que le même Coran nous livre comme le trait d’union et le passage de la situation de l’opprimé qui endure à celle du libéré qui libère et riposte contre l’injustice :

 

{Et préparez-leur tout ce que vous pouvez comme forces et cavalerie afin  que vous soyez redoutés par  l’ennemi d’Allah, votre ennemi, et d’autres qu’eux que vous ne connaissez pas. Allah les connaît. Et quelle que soit la dépense que vous ferez pour la Cause d’Allah, elle vous sera entièrement acquittée, et vous ne subirez aucune injustice. Et s’ils s’inclinent vers la paix, incline-toi aussi et fie-toi à Allah. Il est, Lui, l’Omni-Audient, l’Omniscient.} Al Anfal 60-61

Les traducteurs utilisent le terme terroriser ou épouvanter pour le verbe Rahaba et se mettent sur le terrain de l’émotionnel alors que  ce verbe est utilisé pour Allah et il ne sied pas à Allah d’être un « terroriste ». Il sied à Allah que les Croyants redoutent son châtiment. Si on permute les lettres de Rahaba on obtient le terme de Haraba qui signifie fuir. Le message est de faire fuir l’ennemi par peur des conséquences qu’inspire non l’émotion, mais la raison et les faits tangibles. Il est très difficile de trouver l’équivalent français alors le mieux est de mettre la phrase au passif pour traduire le sens du verset. Mazigh utilise l’expression « imposer le respect » qui est proche du sens, mais elle ne marque pas la crainte que doit inspirer la force déployée.  Des manifestations de rue qui font craindre les conséquences rentrent sous le terme coranique d »‘Irhab » si et seulement si elles ne relèvent pas de l’émotionnel occasionnel, mais d’une lutte militante qui s’inscrit dans le refus de la domination mondiale du sionisme et de l’Empire US.

Une autre personne aussi avisée que la première pourrait sans doute faire le rapprochement entre les préparatifs d’agression contre la Syrie, le Liban, l’Iran et l’Algérie et ces manifestations volontairement provoquées pour tester la capacité des régimes arabes et musulmans, anciens et nouveaux, à contrôler la rue hostile et enflammée qui pourrait se soulever contre ses gouvernants. Oui, Hizb Chaytane est pervers

Je vous invite à lire « Caricature et islamophobie«   pour avoir une compréhension globale et détaillée sur ce sujet :

Notre devoir envers Mohamed (saws)

Une autre “communauté internationale”

 

Extraits de notes publiés sur Dedefensa.org
http://www.dedefensa.org/article-notes_sur_une_autre_communaut_internationale__01_09_2012.html

Présence massive du Golfe, absence turque

Une présence remarquable au sommet du NAM était celle des pays du Golfe (y compris le Qatar et l’Arabie), pourtant catalogués dans la nomenclature BAO comme ennemis diversement jurés de l’Iran, et effectivement placé dans des positions antagonistes dans la crise syrienne (cas du Qatar et de l’Arabie). Mais le sommet du NAM a permis de dégager des perspectives et des hypothèses nouvelles, ce qui était déjà prévisible dans la mesure même de l’acceptation d’y participer des pays du Golfe.

On mesurera, à l’inverse, combien l’absence de la Turquie à ce sommet mesure l’effondrement de la diplomatie de ce pays en une année. Le choix pro-BAO de la Turquie est la cause indiscutable de cet effondrement, comme si l’entrée (le retour pour la Turquie) dans l’orbite BAO impliquait l’inoculation d’un poison paralysant réalisant son œuvre de réduire l’existence de la politique en substance souveraine de la Turquie, et jusqu’alors effectivement “souveraine” dans le sens de l’attitude et de la posture, à une dissolution de sa substance jusqu’à n’être plus qu’une absence de politique. Il est probable que cette absence turque dans cet événement fondamental du sommet du NAM va accélérer ce qu’on peut désormais considérer comme une crise intérieure fondamentale de la Turquie, caractérisée par l’erreur stratégique inouïe, – essentiellement dans la crise syrienne, on sait de quelle façon, – du gouvernement Erdogan.

 

Une nouvelle structure de communication

L’essentiel n’est donc pas dans les évènements faits ou pas faits, que tout le monde avaient à l’esprit, pour les assurer ou les rejeter, – bref, l’essentiel n’est pas dans l’histoire que nous croyons maîtriser et qui est déjà dépassée. L’essentiel est dans la chose la plus simple du monde, la seule chose que veut bien connaître et prendre en compte le domaine de l’inconnaissance parce que le reste n’est que spéculations humaines. Ainsi l’essentiel est-il dans ce que le sommet de Téhéran met en place une nouvelle structure de communication antiSystème (nous disons bien : de communication, parce que la communication est aujourd’hui le seul véritable champ de bataille qui compte et qui influe sur le cours des choses, la géopolitique n’ayant qu’à suivre et s’aligner sur les orientations de cette bataille de la communication en cours, orientations naissant à mesure et qui nous sont imposées). A la lumière de ce phénomène général de la communication déterminé par la perception et les modifications imposées par cette perception à la psychologie, tous les évènements envisagés, et les nouveaux qui vont très vite naître, prennent une toute autre allure, une dimension différente, et finalement une substance spécifique qui dépend d’eux-mêmes et nullement de nos propres théories.

Un verrou psychologique saute

Il nous apparaît extrêmement probable que le sommet du NAM a fait sauter un verrou psychologique qui tenait plus ou moins à peu près tous les acteurs du sommet. Ce constat vaut également pour ceux qui sont les adversaires acharnés des USA (du bloc BAO), parce que cette hostilité elle-même restait une référence, et cette référence ne pouvait être qu’américaniste, et plus largement américaniste-occidentaliste (bloc BAO). Le sommet du NAM a brisé le phénomène d’omniprésence des USA, parce qu’il s’agissait d’un sommet d’une association à prétention et à représentation effectivement multinationale, globale, etc., s’occupant de son fait et selon ses conceptions propres des crises et graves questions en cours. Il s’agissait de quelque chose qui, par réputation, par son histoire et par son passé, – et cela malgré les rares éditoriaux de la presse-Système sur le sommet, qui grinçaient de sarcasmes pour les Non-Alignés, – quelque chose qui pouvait aussi bien se présenter comme la “communauté internationale”, comme les USA et le bloc BAO le font de leur côté, – et les USA n’en étaient pas !

 

A propos d’un “accord de perception”

Qu’on nous comprenne bien : il s’agit de raisonner selon des “accords de perception”… Nous disons “accords de perception” comme l’on dit des accords de musique, selon que cette musique offre ou non une harmonie structurante, selon que nous passons de la cacophonie qui est le chaos du son et l’absence de sens, à l’harmonie qui offre une satisfaction esthétique de la perception en élevant le son à la hauteur de l’ordre des choses et du sens du monde. La perception témoigne alors de la satisfaction, sinon de la béatitude du constat de l’équilibre harmonieux du monde, et en aucune façon d’un simple plaisir personnel, passager, fugace et futile à la fois, souvent de l’ordre de l’illusion d’une excitation basse des sens ou d’une drogue.

D’une façon plus concrète et plus terrestre, plus “politique” (voire “géopolitique” pour ceux qui tiennent à cette interprétation accessoire), nous devons raisonner selon la force structurante de la perception. Sans nier quelque importance que ce soit à l’une ou l’autre organisation, un sommet du BRICS ou de l’OCS n’a jamais pu jusqu’ici prétendre à se présenter comme “la communauté internationale”. Les USA, l’OTAN ou le bloc BAO (USA + UE) peuvent y prétendre, à cause de la maestria et de la puissance US dans le domaine de la communication, les relais d’influence, de pression et de corruption de ces entités, le travail absolument maléfique de surpuissance, à l’image du Système dont les USA sont le cœur.

On peut présenter l’hypothèse qu’à Téhéran, un déclic, – ou bien, certains parleront de “miracle”, – s’est produit. Cet “accord de perception” induisant une prétention acceptable et justifiée d’être la “communauté internationale” à cet instant, aussi bien sinon mieux que les USA et le bloc BAO, a été parfait, complètement légitime en un mot essentiel. Et ceci que nous répétons comme un leitmotiv symbolique  : “et les USA n’en étaient pas !”. C’est ainsi qu’on perd une légitimité exclusive, – parfaitement usurpée, sans nul doute, dans une époque où l’usurpation et la fausseté des valeurs structurantes sont la règle lorsque le Système domine la marche des choses, – mais jusqu’alors semblant indestructible.

Logique catastrophique

Ce qui est en train de naître avec Téhéran, c’est une nouvelle légitimité internationale, concurrente de celle que maintient le bloc BAO, ou disons le Système, avec sa prétention de représenter la “communauté internationale”. C’est une guerre de communication, la seule qui, aujourd’hui, ait une signification et des effets. Lorsqu’une commentatrice dit en substance : “Ce sont les USA qui sont isolés, pas l’Iran”, elle n’a plus tout à fait tort. (Sarah Marusek, le 31 août 2012 sur PressTV.com: «Right now it is absolutely the Western countries absolutely that are isolated particularly the United States with its hawkish policies towards Israel and I think that the Israeli reaction to the NAM meeting shows that Israel is scared because they know that Iran is not isolated…»)

… Cela ne signifie pas pour autant qu’un “bloc” nouveau se forme, selon la configuration habituelle et géométrique qu’on donne à ces situations. Cela veut dire qu’est en train de s’imposer une “légitimité internationale” antiSystème (une autre “légitimité internationale”, la chose étant fort élastique à l’heure du Système) ; cela veut dire que le jeu se complique terriblement pour le Système, – et sans doute n’a-t-il pas subi un tel choc depuis longtemps, et peut-être (on verra) est-ce un choc à classer parmi les réactions antiSystème décisives.

En effet, nous ne croyons pas une seule seconde que nous allons simplement voir se renverser la fortune de la “guerre” en cours, et passer d’une vainqueur probable (le bloc BAO), à un nouvel adversaire qui devient un vainqueur possible (NAM, BRICS et Cie). Cette logique géopolitique de puissance, “bloc” contre “bloc”, etc., n’a plus aucune pertinence. Nous sommes tous à l’intérieur du Système, tous prisonniers de lui, et les guerres (précisons toujours : de co-mmu-ni-ca-tion) que le Système suscite et ne cesse d’alimenter sont à inscrire dans le processus d’autodestruction de ce Système et exclusivement dans ce cadre.

Le sommet du NAM, c’est donc un pas de plus vers la destruction du Système, – au profit d’on ne sait quoi, d’on ne sait qui, car l’achèvement de la destruction du Système sera simplement l’effondrement de toute notre organisation en train de devenir une désorganisation chaotiques, avec les antiSystèmes dedans comme le reste, et de plus en plus efficaces. L’issue unique, la seule issue, c’est la destruction du Système, et le sommet du NAM a bien mérité de cette entreprise générale. Mais de l’“après” de cet événement catastrophique et nécessaire qu’est la destruction du Système, nul ne sait rien, – par logique impérative de définition, puisque l’“après” sera défini absolument et exclusivement par les conditions, notamment psychologiques, qui naîtront du fait même de la destruction du Système.

Les élites musulmanes en France : vrais problèmes et fausses solutions

Ce vendredi, à Marseille, nous avons eu la visite des satellites de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) et du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) dont un des membres a présidé la Salat. Ayant le privilège d’être un homme libre je vais, une fois de plus, jouer le rôle du manchar (scie) qui élague les branches mortes. Je n’ai pas le sentiment de faire de la calomnie, de la diffamation ou de la discorde, mais de faire œuvre utile pour éveiller les crédules et réconforter ceux qui savent et gardent le silence sur l’insoutenable et l’inacceptable de la discorde et de la manipulation des musulmans par les appareils religieux.

Ces appareils n’ont à leur actif aucune œuvre qui réalise le Tamkine des Musulmans de France malgré la confiance que leur ont accordé les Musulmans et qu’ils ont trahis, se mettant en situation de :

ذَٰلِكَ بِأَنَّهُمُ اتَّبَعُوا مَا أَسْخَطَ اللَّهَ وَكَرِهُوا رِضْوَانَهُ فَأَحْبَطَ أَعْمَالَهُمْ أَمْ حَسِبَ الَّذِينَ فِي قُلُوبِهِمْ مَرَضٌ أَنْ لَنْ يُخْرِجَ اللَّهُ أَضْغَانَهُمْ وَلَوْ نَشَاءُ لَأَرَيْنَاكَهُمْ فَلَعَرَفْتَهُمْ بِسِيمَاهُمْ وَلَتَعْرِفَنَّهُمْ فِي لَحْنِ الْقَوْلِ وَاللَّهُ يَعْلَمُ أَعْمَالَكُمْ وَلَنَبْلُوَنَّكُمْ حَتَّىٰ نَعْلَمَ الْمُجَاهِدِينَ مِنْكُمْ وَالصَّابِرِينَ وَنَبْلُوَ أَخْبَارَكُمْ

{Cela, en raison de ce qu’ils ont suivi ce qui suscite la colère d’Allah et ont haï Son agrément, alors Il a rendu vaines leurs œuvres. Ou bien ceux qui ont une malveillance aux cœurs ont pensé qu’Allah ne dévoilerait pas leurs rancunes ! Et si Nous voulions, Nous te les montrerions, alors tu les aurais reconnus à leurs traits ; et tu les reconnaîtras sûrement à la mélodie dans leur parole. Et Allah connait vos actions. Et Nous vous éprouverons certes afin que Nous voyions ceux qui font effort d’entre vous et les persévérants, et Nous éprouverons vos nouvelles.} S – Mohamed, v31

Tout d’abord précisons qu’Allah est Omniscient et Omnivoyant, le Créateur des actes, des agents, des causes et de leurs effets : Il a vu déjà dans la prééternité les œuvres de Ses créatures et a déjà entendu leurs paroles secrètes ou avouées. Le sens réel est double : Sa parole est vérité, elle confirme la vérité antérieure, elle met en évidence en faisant voir et en faisant entendre aux croyants les comportements et les secrets des hypocrites et des ignorants qui se cachent derrière lahn al qawl (propos de miel pour anesthésier la conscience et cacher la vérité).

Quelles sont donc la vérité et les nouvelles de ces pigeons voyageurs qui ont pris leur bâton de pèlerin pour discourir dans les mosquées ? Comment Allah a déjà dévoilé leurs nouvelles ?

Ils nous invitent à délaisser nos caves, faisant office de mosquées, pour venir accomplir la salat de l’Aïd au parc Chanot, l’équivalent marseillais du Bourget parisien. A priori il n’y a pas de mal à réunir le plus grand nombre d’orants dans la salat al Jama’â. Le mal est mis en évidence par les versets précédents projetés sur la réalité des nouvelles annoncées et de la vérité du comportement sur les décades passées. Je vais, sans ménager aucune partie, mettre à plat ce que la communauté pense tout bas de ces appareils politico-religieux :

1 – Pourquoi le silence pour ne pas dire le soutien et la complicité de l’agression de l’OTAN et de la France contre la Libye et la Syrie alors qu’Allah a interdit l’alliance stratégique avec les Mécréants agresseurs et interdit le meurtre délibéré d’un musulman ? Pourquoi ne pas rappeler aux pseudo révolutionnaires et aux autorités françaises que notre bien aimé Prophète condamne le combat sous un étendard de confusion dont personne n’ignore les conséquences et les issues ou la sédition armée qui provoque la mort des musulmans et la terreur des populations ? Au nom de quel principe musulman se permettre de donner caution au démembrement et au chaos d’un pays musulman sous prétexte que son gouvernant est despote ou qu’il est mécréant. Où sont les preuves de la mécréance (Kufr Bawah) de Kadhafi ou de Bachar al Assad ? Si ces derniers méritent un traitement que réprouve l’Islam pourquoi votre silence devant la tragédie algérienne et l’abandon du peuple algérien livré aux égorgeurs, aux violeurs ? Pouvons-nous faire confiance à ceux qui se taisent alors qu’Allah les dévoile et les met à l’épreuve de prendre position juste et équitable car ils ont accepté d’être au devant de la scène et en charge des responsabilités.

2 – Pourquoi cet empressement à réunir les Musulmans sous une seule bannière et faire étalage d’une démonstration de « force » par le nombre alors que tout le monde (dans la communauté musulmane et dans les officines et les médias français) sait que les Musulmans de France sont divisés. Les instances officielles de l’Islam de France sont tellement discréditées et sans vocation de rassembler pour les intérêts bureaucratiques et idéologiques de l’Etat français laïciste que les laboratoires français ont envoyé au casse pipe l’imam de Drancy le « pauvre » Chalghoumi. En réalité c’est une opération de subversion dont un des buts est d’envoyer un message clair aux instances officielles de l’Islam de France : soyez efficaces sinon on vous substituera d’autres valets et d’autres auxiliaires.

3 – Plus que Chalghoumi, c’est Sarkozy lui-même qui a détruit le peu de crédibilité sur lequel vous aurez pu, dans une prise de conscience courageuse et sincère, repartir à la conquête et à la mobilisation des Musulmans pour des échéances politiques et des luttes sociales qui leur donnent plus de droits, plus de respect et plus de chances. Les discours lénifiants ont porté Sarkozy qui étaient tranquilles du côté des Musulmans muselés par leurs coreligionnaires partagés entre les complaisants et les extrémistes fanatiques qui se rejoignent dans le même objectif : maintenir la communauté musulmane en marge de son devenir confié à d’autres. Les Musulmans non concernés par le vote et ne pouvant peser sur le résultat des élections, Sarkozy et l’UMP se sont orientés vers une posture islamophobe pour conquérir l’électorat du front national avec comme conséquence une stigmatisation des Musulmans et en contrepartie la situation paradoxale du mutisme et de la confusion des appareils religieux musulmans qui ont perdu toute crédibilité.

4 – A cette perte de crédibilité sur le plan des appareils politiciens s’ajoute l’absence des instances musulmanes sur trois dossiers sensibles qui concernent le vécu existentiel et spirituel du musulman : la viande halal, le cimetière musulman et la mosquée. Pour continuer d’exister, il ne s’agit pas dans l’esprit des élites religieuses de gagner la confiance des musulmans et d’ouvrir des chantiers de réflexion, des débats d’idées et de l’ingénierie de réponse à leurs problèmes car ceci n’est pas dans la culture de ses élites, de se remettre en cause ou d’être remises en cause par une population sans culture citoyenne ni culture musulmane qui imposent le jugement critique, l’examen de conscience et la demande des comptes aux responsables qui ont failli. La solution simpliste est de manœuvrer pour faire une démonstration de force (par le nombre) pour s’imposer contre les concurrents nouveaux qui sentent un terrain libre et facile à conquérir et pour se remettre en selle auprès des autorités françaises.

5 – Pour étayer mes propos de faits simples mais réels, je pose à titre d’illustration le problème de la grande mosquée de Marseille. Pour des raisons politiciennes et économiques (il est plus facile de donner à des associations des locaux que de démolir ou de restructurer des infrastructures vielles et décentrées), les infrastructures du projet de la grande mosquée sont disponibles, mais ce sont les instances musulmanes qui sabotent le projet pour quatre raisons que tout le monde connait. La première est la lutte de pouvoir et de représentativité auprès des autorités françaises. La seconde est le contrôle de la rente et des réseaux clientélistes que chaque entité veut conserver pour elle-même. La troisième raison est le refus inavoué de gérer la Mosquée car sa gestion, eu égard à sa symbolique et à sa taille, va imposer deux règles que les instances musulmanes ne sont pas prêtes à assumer : la transparence et la responsabilité devant les fidèles qui sont antinomiques avec le système de cooptation qui est fondateur de l’Islam français.

Je ne veux pas faire le procès de gens innocents et compétents, mais je ne peux m’interdire de me poser des questions simples dont l’absence de réponses depuis toutes ces années rend ces gens suspects dans leur intention et dans leur agenda. En effet j’ai déjà montré l’inefficacité religieuse, sociale et idéologique de rassembler 100 000 personnes au Bourget sans conscientisation ni consignes ni projet à faire partager. Un euro versé par chaque visiteur et sur cinq ans aurait permis de doter une fondation pieuse (Waqf) d’un demi million d’euros pour réaliser des cimetières musulmans ou des instituts de formation des Imams. Une délégation représentative aurait arraché à l’Algérie le financement intégral de la Mosquée de Marseille car la communauté musulmane est majoritairement algérienne et les relations franco algériennes sont complexes, mais liées. Il n’est pas normal que la France déploie ses écoles et ses instituts culturels en Algérie sans que l’Algérie ne dispose de la réciprocité sur le plan cultuel. Il ne s’agit pas de répéter l’expérience de la Grande Mosquée de Paris, mais d’innover en faisant jouer à l’Algérie ses devoirs et ses droits sachant que les Mosquées appartiennent à Allah et seul Son Nom doit y être évoqué.

Dans le même ordre d’idées se pose la question de la priorité des instances musulmanes : réunir les Musulmans au parc Chanot de Marseille pour exposer leurs bruits, leurs maqroud et leur gentillesse auprès d’une population française de plus en plus islamophobe ou faire une souscription auprès de la plus grande communauté musulmane de France, celle de la région PACA qui pourrait en en seule levée de fond, à raison de 5 euros par personne, réunir 15 millions d’euros. Il y a de quoi construire une grande mosquée avec une université islamique, un centre culturel et une fondation pieuse de solidarité aux pauvres, aux démunis et aux sans bourses d’études. Il ne faut pas avoir peur de dire ce qui fache chez nous et ce qui fait la joie des autres : nos enfants sont mal élevés, nous ne produisons pas d’idées ni d’union ni de force ni d’actions, nous ne faisons que déambuler, exposant à ceux qui nous connaissent mieux que nous nous connaissons notre misère sociale, morale et notre Wahn. Quel est le bénéfice idéologique, politique, social, économique de nous afficher en symbole d’insenséisme et d’inconséquences alors que la priorité est d’éveiller nos consciences à exercer ses devoirs, à construire sa fierté et à imposer le respect à la face du monde de la manière la plus intelligente, la plus discrète, la plus efficace. C’est ce sens des priorités et de l’efficacité qui nous fait défaut et qui continue de nous conduire à notre perte :

قُلْ هَلْ نُنَبِّئُكُمْ بِالْأَخْسَرِينَ أَعْمَالًا

الَّذِينَ ضَلَّ سَعْيُهُمْ فِي الْحَيَاةِ الدُّنْيَا وَهُمْ يَحْسَبُونَ أَنَّهُمْ يُحْسِنُونَ صُنْعًا

{Dis: «Voulez-vous que Nous vous apprenions lesquels sont les plus grands perdants, en œuvres? Ceux dont l’effort, dans la vie présente, s’est dissipé, alors qu’ils s’imaginent faire le bien.} Al Kahf 103

Je ne peux pas évoquer la construction de la Mosquée sans rappeler que dans l’histoire de la civilisation musulmane la Mosquée a davantage était l’œuvre collective des Musulmans que l’affaire des gouvernants. Un verset coranique que nous lisons avec un cœur dissipé et un esprit distrait nous oblige à trouver la solution par nous-mêmes et à ne pas compter sur un Etat mécréant pour construire et gérer nos lieux de culte :

مَا كَانَ لِلْمُشْرِكِينَ أَنْ يَعْمُرُوا مَسَاجِدَ اللَّهِ شَاهِدِينَ عَلَىٰ أَنْفُسِهِمْ بِالْكُفْرِ أُولَٰئِكَ حَبِطَتْ أَعْمَالُهُمْ وَفِي النَّارِ هُمْ خَالِدُونَ إِنَّمَا يَعْمُرُ مَسَاجِدَ اللَّهِ مَنْ آمَنَ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ وَأَقَامَ الصَّلَاةَ وَآتَى الزَّكَاةَ وَلَمْ يَخْشَ إِلَّا اللَّهَ فَعَسَىٰ أُولَٰئِكَ أَنْ يَكُونُوا مِنَ الْمُهْتَدِينَ

Le verbe ya‘mourou Masàdjid Allah (يَعْمُرُوا مَسَاجِدَ اللَّهِ) est souvent traduit par peuplent, fréquentent ou visitent les Mosquées d’Allah oubliant que la langue arabe du Coran et le sens des versets coraniques lui donnent une signification plus large et plus vraie que la restriction de l’interprétation et de la traduction. Il s’agit d’édifier, d’entretenir, de purifier, de restaurer et de fréquenter le lieu de culte uniquement pas par les Croyants. Il n’est ni logique ni conforme à l’esprit du Coran ni à celui de l’esprit laïciste de construire, de restaurer, de fournir ou de fréquenter une mosquée destinée à l’adoration d’Allah (swt) et à l’étude de Sa Parole. Le contraire serait suspect ou peu crédible ou visant un objectif de cooptation pour endiguer la liberté des Musulmans et confiner leurs devoirs. La preuve de ce que je dis n’est pas mon opinion ni celle d’un linguiste ou philologue arabe, mais celle du Coran qui s’auto explique ou s’auto explicite donnant ainsi le sens le plus judicieux aux versets en amont ou en aval :

أَجَعَلْتُمْ سِقَايَةَ الْحَاجِّ وَعِمَارَةَ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ كَمَنْ آمَنَ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ وَجَاهَدَ فِي سَبِيلِ اللَّهِ لَا يَسْتَوُونَ عِنْدَ اللَّهِ وَاللَّهُ لَا يَهْدِي الْقَوْمَ الظَّالِمِينَ

{Avez-vous considéré qu’assurer l’eau au pèlerin et entretenir la Mosquée Sacrée, est égal (au mérite) de celui qui croit en Allah et au jour Dernier, et qui s’est efforcé pour la Cause d’Allah ? Ils ne sont point égaux auprès d’Allah. Allah ne Guide point les gens injustes.} At Tawba 19

Imara (عِمَارَةَ) est le substantif du verba ‘amara () et il concerne ici la Mosquée déjà construite dans laquelle les polythéistes veillent au traditions anciennes de son entretien et de la gestion de l’eau Zemzem sans y adorer le Dieu Un et Unique, le Maitre de la Maison sacrée et le Souvcerain des Univers. Comment donc traduire avec fidélité le terme polysémique de ya’mourou et lui trouver l’équivalent en français qui veut dire en même temps édifier, entretenir, restaurer, fréquenter, venir pour y prier, visiter ? Le terme « être astreint » est le plus proche sans contenir l’essentiel qui est l’amour et la dévotion qui se font sans contrainte, sans ostentation. Pour l’instant faute d’avoir trouvé le terme, je préconise une note en bas de page de la traduction

{Il n’appartenait pas aux polythéistes de fréquenter(*) les Mosquées d’Allah, témoignant de mécréance contre eux-mêmes. Ceux-là vaines ont été leurs actions, et ils s’éterniseront dans le Feu. Mais ne fréquente (*) les Mosquées d’Allah que celui qui devint croyant en Allah et au jour Dernier, qui accomplit la prière, qui acquitte la Zakat, et qui ne craint qu’Allah. Ainsi ceux-là seraient du nombre des biens guidés.} At Tawbah 17

(*) Edifier, entretenir, restaurer, purifier, servir, fréquenter, peupler et visiter la Mosquée

6 – Nous savons qu’il faut avoir recours aux sources de la Révélation pour comprendre et traduire le Coran puis le mettre en application selon le Dessein d’Allah et non selon l’opinion des élites religieuses savantes ou ignorantes. Le Prophète a indiqué le cadre de notre réflexion : le Coran, la Sunna et les dires ou décisions des Califes biens guidés ou des compagnons versés dans la science du Coran et de la Sunna. Notre opinion n’a de place que pour « broder » et mettre en liaison les liens qui donnent sens global. Notre tribun du vendredi a justifié la nécessité de délaisser nos caves et nos mosquées de quartier et d’aller tous ensemble prier au parc Chanot de Marseille sans nous donner une référence religieuse authentique qui institue cette pratique. Il s’est contenté de nous raconté son expérience de vie aux Etats-Unis où les Musulmans parcouraient jusqu’à 30 km pour accomplir en groupe les festivités de l’Aïd. Si des prédicateurs se permettent de citer des savants qui deviennent écran voire substitut au Coran et au Prophète, le tribun de ce vendredi va plus loin, il nous prend en exemple une pratique aux Etats-Unis. Nous avons trois questions à lui poser :

La première est celle du Coran qui nous demande de ne pas nous fier aux coutumes des gens, mais de disposer de preuves religieuses incontestables. Chaque nation sera interrogée sur ses mobiles y compris religieux.

Le Croyant ne peut se contenter de dire j’ai eu la foi et de faire comme il veut, il doit montrer les preuves de sa foi et de ses allégations sur le Fiqh et la religion :

وَنَزَعْنَا مِنْ كُلِّ أُمَّةٍ شَهِيدًا فَقُلْنَا هَاتُوا بُرْهَانَكُمْ

{Et Nous avons extrait un témoin de chaque communauté, puis Nous avons dit : « Apportez votre preuve ! »} Al Qasas 75

Quelles sont les preuves qui vont inciter les Musulmans à quitter leur quartier et leur mosquée pour rejoindre une manifestation festive et ostensible dans un climat d’islamophobie ? En cherchant dans les sources, nous trouvons l’avis de savants anciens et modernes qui avancent la recommandation de prier dans une moussalat, le jour de fête, et non dans le Masjid. On attribue cette recommandation au Prophète qui aurait prié des fois dans la mosquée et d’autres fois dans des lieux de prières (moussalat) sans avancer une preuve irréfutable : un hadith authentique ou un avis consensuel des compagnons du Prophète. Il est possible qu’il existe une référence incontestable. Le tribun n’en a pas fait référence et mes connaissances limitées en Hadith ne m’ont pas permis d’infirmer ou de confirmer catégoriquement la prière en un seul lieu pour une même ville, une région ou un grand quartier.

En faisant des recherches, je n’ai trouvé qu’un hadith rapporté par Abou Horeyra qui dit que le Prophète (saws) avait fait une prière de fête dans la mosquée un jour pluvieux. Ce hadith qui sous entend que toutes les prières étaient faites hors de la Mosquée est rapportée par Ibn Màja, Abou Dawoud et Hàkim, mais Al Hafiz a dit que sa chaine comporte un anonyme alors que Dhahabi l’a considéré comme faux (munkar). Si quelqu’un a des références authentiques qu’il nous éclaire, qu’Allah éclaire son visage.

Je vais pousser la logique contradictoire jusqu’à ses extrêmes : en supposant qu’il existe une norme religieuse qui rend obligatoire la prière de l’Aïd en une assemblée dans une ville ou dans un village est-ce que cette norme donne crédit pour se réunir comme des moutons derrière un objectif plus politique que religieux ? Est-ce que l’existence de la preuve religieuse donne caution morale pour aller prier derrière un imam dans un parc ou dans une salle d’exposition où le nom d’Allah est profané chaque jour ? Est-ce que l’existence de la référence irréfutable pour une pratique que les madhahib (écoles doctrinaires) examinent avec divergence sur son obligation alors que l’obligation sur laquelle il n’y a aucune divergence est bafouée : ne pas encourager la sédition armée, ne pas cautionner l’agression d’un pays musulman par un agresseur musulman ou non musulman, ne pas se ranger derrière ceux qui ne font la cause des musulmans leur cause principale comme est le cas de la cause de la Palestine où rien de concret n’est fait pour expliquer, dénoncer et refuser les crimes sionistes ?

La seconde est celle de la comparaison la plus judicieuse en l’absence de références religieuses irréfutables. La majorité de la communauté musulmane en France est d’origine maghrébine et la question se pose : pourquoi aller au Etats-Unis et laisser l’Algérie voisine musulmane à 100% ? Le peuple algérien a un problème avec ses gouvernants despotiques, mais n’a pas de problème avec la pratique de sa religion. Pour des raisons culturelles et sociologiques le Musulman en France est plus sensible à ce qui se passe en Algérie, au Maghreb ou en Arabie saoudite qu’aux Etats-Unis.

La troisième question est sans doute la réponse : La référence aux Etats-Unis n’est qu’une manière détournée de faire référence au monde anglo-saxon. Il s’agit en quelque sorte de mettre en exergue le communautarisme anglo-saxon contre le non communautarisme français. Je suis obligé de pousser cette logique non dite jusqu’à ses limites en posant d’autres questions qui montrent que les instances religieuses musulmanes veulent présider la destinée des Musulmans alors qu’elles ignorent les grands enjeux de société dans le monde occidental et qu’elles ignorent l’histoire de sécularisation de la France considérée comme le pays le moins religieux dans le monde. La première question –  est-ce que vraiment le communautarisme anglo-saxon est profitable aux communautés musulmanes vivant en Angleterre et aux Etats-Unis ou n’est-ce pas plutôt une forme de discrimination très subtile que l’Empire britannique a construit durant sa longue domination du monde qui lui permet hier comme aujourd’hui de faire gérer les communautés par les élites de la communautés qui œuvrent pour la sécurité et la prospérité de l’Empire tout en économisant l’effort de répression directe et brutale que les Français ne savent pas réaliser par différence culturelle avec les Anglais ? Qui nous dit que la France ne pratique pas le communautarisme ? Il faut lire l’histoire de l’Algérie, des migrants en France et de leur parcage dans des ghettos urbains et socio professionnels pour voir qu’au nom de l’intégration après l’assimilation, la France a toujours pratiqué le communautarisme qu’elle occulte en termes de communication pour avoir bonne conscience avec ses symboles et ses déclarations.

Enfin la dernière question, la plus subversive, mais la plus pertinente, si ces élites veulent conduire la communauté musulmane à bon port et œuvrer pour l’Islam authentique : Est-ce que l’intérêt de la communauté musulmane et la promotion de l’Islam comme alternative à l’impasse civilisationnelle est dans le communautarisme et les démonstrations communautaristes stériles et ostensibles ?

Dans ces non-dits survolés sur le communautarisme, nous avons eu droit à ce qui fait mode aujourd’hui dans la communauté musulmane : la création d’écoles musulmanes. On dirait que le même mot d’ordre est lancé : l’école musulmane apporterait une plus value car elle va enseigner l’arabe, la civilisation islamique et le Coran. Il faut avoir le courage de dénoncer cette approche simplificatrice que l’expérience met en exergue les fausses allégations et ses limites. La communauté commorienne plus pauvre et plus stigmatisée que la communauté maghrébine a mis en place depuis sa présence, plus récente que celle des Algériens en France, des écoles coraniques et des écoles de langue arabe qui sont fréquentées avec assiduité. L’école en marge de la société n’est valide que si elle est destinée à un corps diplomatique ou des résidents de passage et qui veulent conserver l’éducation, la culture, la langue et les diplômes de leur pays d’origine. L’expérience a montré que la famille et les associations peuvent apporter le complément culturel, religieux et pédagogique qui manquent aux élèves si la société s’investit dans ces associations d’une manière efficace, soutenue et durable. La problématique de l’école que les Musulmans ne veulent pas voir par précipitation, par activisme ou par intérêt lucratif est dans l’excellence que cette école ou ce collège ou ce lycée doit apporter en terme de pédagogie, de didactique, de docimologie, de plateau technique et de participation des parents dans le suivi de la progression de leur progéniture. Si les Musulmans de France ont le souci de ne pas se confiner dans une posture schizophrénique et s’ils ont conscience que leur devoir est au-delà du communautarisme car ils ont pour vocation de témoigner aux autres, alors toute séparation des autres est une faute.

Les Musulmans peuvent créer des établissements à l’instar des écoles juives ou catholiques, mais ils doivent prendre garde à trois choses. Comment financer ces écoles pour ne pas connaitre une nouvelle fois des expériences avortées. Comment être ouvert sur le corps enseignant pour recruter les meilleurs enseignants. Ce serait mortel de faire le choix en mathématique ou en physique chimie ou autre matière sur des critères religieux alors qu’il s’agit d’aligner des compétences pédagogiques qui amènent l’apprenant vers la compétence à être d’actualité dans les défis scientifiques et technologiques de demain. Ce serait intéressant avant de se lancer de faire l’étude des expériences des établissements des jésuites dans le monde arabe et voir leur capacité de gestionnaires et leur compétence pédagogique de fournir un enseignement de qualité et des promotions de hautes performances sans que les Musulmans ne soient agressés par un culte étranger à leur culture. Dans cet ordre d’idées ce serait commettre une erreur irréparable que de faire de l’école privée musulmane un lieu réservé pour les Musulmans. La valeur ajoutée est dans la performance et non dans le ghetto ou le sectarisme religieux. Enfin, en termes de valeurs ajoutées, il y a lieu comme lors d’une création d’entreprise de faire une étude marché entre l’offre et la demande d’une part et de faire l’étude des besoins et des manques à combler.

Je n’apporte pas de réponse mais je pose la question au vu de la situation catastrophée de l’école française, de son marché du travail et de la sociologie pédagogique de la communauté musulmane, s’il n’est pas plus judicieux d’aller vers la création d’établissements de formation professionnelle qui assurent des débouchés à un marché demandeur et à une population tenue en échec scolaire que vers les formules classiques de reproduction d’un système scolaire qui demande à être rénové. Adjoindre des matières islamiques à un système en détresse ne va pas changer l’équation fondamentale de l’échec ni répondre à la question : quelle école pour quel public ?

7 – Tous ces problèmes relèvent davantage du politique que du religieux et les erreurs peuvent coûter cher en termes politiques sans avoir des répercussions graves sur la religion et la pratique de la religion. Cependant, quand l’assistance qui vient encadrer l’Imam de circonstance a dans son sillage des instituts, des conférences, des appareils et autres représentations de notoriété sociale, intellectuelle et religieuse, j’ai le devoir de m’interroger sur le transfert aux jeunes de l’amour de la vérité, de la justice et de l’exactitude ainsi que de l’inspiration de l’amour pour Allah et Son Noble Prophète lorsque le Coran est mal traduit dans des passages censés être des rituels de chaque jour, de chaque heure. En effet quand on entend la traduction de ce verset :

إِنَّ اللَّهَ وَمَلَائِكَتَهُ يُصَلُّونَ عَلَى النَّبِيِّ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا صَلُّوا عَلَيْهِ وَسَلِّمُوا تَسْلِيمًا

{Certes, Allah et Ses Anges prient sur le Prophète; ô vous qui croyez priez sur lui et adressez [lui] vos salutations.} Al Ahzab 56

Quand on vient donner des leçons de religion, l’important n’est pas la rhétorique ou l’érudition affichée devant un auditoire qui a appris depuis trop longtemps à ne pas contester le tribun ni à méditer ses paroles, mais la considération et la vénération de la parole d’Allah. Un verset ou un mot du Coran n’est pas la parole d’un poète, d’un journaliste ou la répétition d’un homme pris dans l’engrenage de l’habitude à dire sans ressentir le sens de ce qu’il dit ni sa portée religieuse. Tout manquement à la parole d’Allah par insouciance, habitude, ignorance est condamnable et par ce fait il ne donne pas le droit ni la prétention à conduire la destinée de la communauté.

Comment prétendre conduire la destinée de la communauté alors qu’en manquant de justesse et de vérité sur la Parole d’Allah on tombe sous le coup de ce verset réprobateur :

مَا قَدَرُوا اللَّهَ حَقَّ قَدْرِهِ إِنَّ اللَّهَ لَقَوِيٌّ عَزِيزٌ

{Ils n’ont pas considéré Allah comme Il le mérite ; Allah est certes Fort et invincible.} Al Hadj 74

En effet Allah ne prie pas sur Son Prophète, les Anges ne prient pas sur le Prophète, nous ne prions pas sur le Prophète. Le verbe prier en Arabe (Salla) ne doit pas être traduit littéralement et automatiquement. Tous, y compris le Prophète (saws) nous prions Allah dans le sens où nous lui vouons le culte pur et sincère exclusivement dévoué à lui et dans le sens aussi où nous l’invoquons de nous accorder Sa Miséricorde et tout ce qui entre sous les propriétés de la miséricorde comme l’amour, la clémence, la protection, l’absolution, le salut, le paradis… Nous l’invoquons aussi de nous accorder la bénédiction de nos efforts, de nos biens et de notre famille ainsi que tout ce qui entre sous les propriétés de la bénédiction comme la santé, la réussite, la prospérité, l’abondance, la science, la satisfaction de nos désirs, le comble de nos manques, et la mise à notre disposition des moyens…

Allah ne prie pas sur nous, mais Il répond globalement et par sagesse à tout ce que nous pouvons désirer ou redouter sous forme « générique » de miséricorde et de bénédiction. Il est de même pour les Anges qui ne prient pas sur nous, mais qui invoquent Allah en notre faveur pour qu’Il nous accorde miséricorde et bénédiction.

Allah ne prie pas sur le Prophète, mais Il l’assure de lui accorder Al Maqam Al Mahmoud (la station de la grâce, la posture louable), Al Wassila ( l’intercession pour la communauté et la place la plus honorable du Paradis , al Fadila (l’excellence) et ad Daraja ar rafi’â (rang élévé au Paradis et excellente renommée jusqu’à la fin des temps). Sur un plan « générique » Allah lui accorde sa Miséricorde et Sa bénédiction.

Les Anges et les Croyants ne prient pas sur le Prophète (saws), mais invoquent Allah de lui accorder Miséricorde et Bénédiction dans le sens où le Prophète a explicité ces deux notions pour lui.

Par ailleurs nous envoyons nos salutations au Prophète car il est vivant dans nos cœurs et vivant à travers le Coran qu’il nous a révélé et la Sunna qu’il nous a laissée. Il répond à nos salutations et à nos évocations de sa personne.

La traduction qui correspond au mieux au sens des versets coraniques est la suivante :

Certes, Allah Est Tout-Miséricorde envers le Prophète, et les Anges implorent pour lui le bien. O vous qui êtes devenus croyants, invoquez Allah pour lui et adressez-lui vos salutations.(*)} Al Ahzab 56

(*) Lorsque le nom du Prophète est évoqué, le Coran et la règle prophétique exigent – par considération pour sa noblesse, son sacrifice et son œuvre par lesquels nous sommes devenus par la grâce d’Allah musulmans – que l’on accompagne son nom ou son évocation de la formule :

صلى الله عليه و سلم

« Qu’Allah lui Accorde miséricorde et bénédiction, et qu’Il lui transmette nos salutations ».

Conclusions :

Le Coran nous donne le chemin à suivre si on se donne le temps de le lire avec des yeux de vivants, de lire le monde avec des yeux de responsables et si on accepte enfin de renoncer à la stratégie du serpent qui se mord la queue ou de la montagne qui accouche d’une souris : Mobilisons nous pour un authentique Jihad compris comme s’efforcer de faire le maximum d’effort pour plaire à Allah sans chercher la complaisance et les jeux d’appareils. L’islam et le Jihad doivent primer sur toute autre considération, mais pour celà il faut commencer à renoncer aux faux fuyants et aux faux brillants :

{Avez-vous considéré qu’assurer l’eau au pèlerin et entretenir la Mosquée Sacrée, est égal (au mérite) de celui qui croit en Allah et au jour Dernier, et qui s’est efforcé dans la Cause d’Allah ? Ils ne sont point égaux auprès d’Allah. Allah ne Guide point les gens injustes.} At Tawba 19

Avons-nous tiré leçon des Juifs qui se sont imposés en France pour le compte de l’entité sioniste sans faire des démonstrations festives de masse ? Ils ont construit leur force, alors qu’ils étaient des bouc-émissaires et des populations stigmatisées en s’impliquant dans la mise en place de réseaux efficaces pour que chaque Juif instruit et compétent apporte ce qui manque au Juif moins compétent et moins instruit. Par la culture du réseau et la même idéologie qui rassemble les religieux et les non religieux, ils ont étendu leur réseau progressivement sans bruit sur le commerce, l’économie, les universités, les médias, les partis politiques. Contre tous les préjugés et tous les stéréotypes du Juif riche, radin et puissant mais méprisables, ils ont construit leur grandeur et leur invulnérabilité qui les rend au dessus des Français de « souche ».

Avons-nous appliqué les règles de bienséance et de préséance de l’Islam qui veulent que le maitre des lieux préside la prière même si son invité est plus savant que lui ? S’il y avait stratégie de communication, volonté d’efficacité pour le compte de la communauté et confiance entre « chefs », l’imam de la mosquée de notre quartier a les compétences de tenter de nous convaincre de rejoindre le bain de foule à Chanot pour l’Aid prochain. Les anciens et les jeunes attachés à leur cave faisant office de moussalat n’iront nulle part et tout le monde le sait. Tout le monde sait que ce serait une sortie festive. Les mères de familles iront à Chanot comme elles avaient l’habitude d’aller à Mac Donald ou à Quick.

Est-ce que les organisateurs de ce genre de festivités ne savent pas que les jeunes et moins jeunes instruits et politisés connaissent la vérité ? La vérité est dans le rituel de faire de ce rassemblement une tribune politique pour donner la parole non seulement à des élites en manque de représentativité pour asseoir leur autorité, mais aussi à des politiciens français non musulmans (maires, députés etc…) qui ont l’occasion de travailler le clientélisme électoral et travailler sur le mental réceptif des musulmans en leur faisant  la leçon civique profitant de leur position agenouillée.

Enfin, en salle d’exposition ou dans une cave, l’essentiel qui est le sermon ne suit ni l’actualité ni les soucis ni le reveil des consciences indolentes et personne ne semble encore voir l’ennui des orants qui attendent avec impatience la fin des longs discours creux et redondants.

Omar Mazri