Les « antisionistes » de gauche alliés d’ Israël contre la Syrie

Auteur : Kimyongur Bahar

A tous les « pro-palestiniens » qui reprennent en chœur le bobard selon lequel Assad le président de Syrie serait un allié d’Israël « parce que la frontière du Golan est solidement sécurisée » et « parce que la Syrie n’a plus tiré une balle vers Israël depuis 1973 ».

Théorie aussi ridicule que d’accuser Cuba d’être alliée des USA parce que l’armée cubaine n’a toujours pas envahie les côtes de Floride ni attaqué la base US de Guantanamo.

Une analyse intelligente de la journaliste Lizzie Phelan, elle aussi victime du maccarthysme bobo ambiant…

Comment les « antisionistes » de gauche se sont alliés avec Israël contre la Syrie

Le mythe :

Il y a un concept ridicule, parmi un grand nombre de groupes de gauche ainsi que parmi les opposants au gouvernement syrien, voulant que le régime israélien ne veuille pas voir tomber Assad. Comme les « antisionistes » autoproclamés, beaucoup de ces groupes se contentent de se bercer d’illusions en croyant que leurs deux ennemis sont du même côté. Dans le cas de plusieurs groupes socialistes, ils pensent que ce forcing de la crise syrienne dans leur récit « antiautoritaire » global (quel que soit l’état dans lequel ils appliquent ce récit) leur permet de maintenir une façade d’anti-impérialisme.
Le “socialist newspaper”, journal socialiste basé à Londres, écrit : « Israël, bien que hostile à la Syrie, pourrait dépendre du régime baasiste pour garder la frontière au calme. Par conséquent, la critique de Bachar est plus discrète à Tel-Aviv. »
Et Simon Assaf du « SocialistWorker » écrit :
« L’idée que les Syriens ordinaires qui luttent pour changer leur pays sont les pions d’un complot occidental est absurde … En fait, la Ligue arabe tente de lancer au régime une opportunité. »
Ce point de vue est également largement répandu parmi l’opposition islamique au gouvernement syrien. Rafiq A. Tschannen du « Muslim Times » écrit : « Israël croit qu’il sera plus en sécurité sous le régime d’Assad que sous un nouveau gouvernement dont les pouvoirs sont inconnus ou sous le nouveau régime extrémiste islamique qui ouvrirait un nouveau front de guerre avec l’État juif. »
Les médias d’État israélien ont activement alimenté cette manipulation, puisque cela était bénéfique pour l’État d’Israël, pour discréditer le gouvernement syrien à la fois aux yeux des Syriens et des Arabes parmi lesquels la coopération avec Israël a toujours été la ligne à ne pas franchir. Par conséquent, le but de ces reportages était de créer une fausse perception qu’Israël ne serait pas impliqué dans l’insurrection contre le gouvernement syrien. De la même manière que les puissances de l’OTAN ont tenu à présenter l’insurrection libyenne comme étant « une révolution interne ».
Au début de l’année 2011, dans un article du Haaretz intitulé « le dictateur favori d’Israël », de grands efforts sont faits pour dépeindre le président syrien comme un faible larbin de l’Etat d’Israël. L’article régurgite des critiques syriennes courantes ainsi que des sources de frustration de l’échec du gouvernement syrien à reprendre le plateau du Golan.
L’article va même jusqu’à reprocher à Assad de ne pas attaquer Israël. L’ironie qu’un journal israélien soit critique envers l’échec d’un président à attaquer Israël n’est apparemment pas perçu par tout le monde. Le plus incroyable étant que ces groupes antisionistes aient choisi de croire les spins doctors des médias de l’État israéliens.
L’opposition syrienne basée en Turquie, le Conseil national syrien (CNS), a également suivit le mouvement. Le leader maintenant déchu du CNS, Burghan Ghallion, a déclaré au journal israélien le Ynetnews : « Nous sommes convaincus que principal allié du régime syrien est Israël ».

Démystifier le mythe :

Toutefois, les faits suivants exposent tout ce qui précède comme étant seulement une partie de la machine de guerre psychologique dirigée par le Qatar, l’Arabie Saoudite, Israël et les pays de l’OTAN, qui est une partie essentielle de l’agression générale mené contre la Syrie, et que ces gauchistes ont rejoint de leur propre gré : l’allié le plus important d’Israël, les Etats-Unis, a appelé à plusieurs reprises, parmi ses autres alliés, à un changement de régime en Syrie.
Le plus grand allié d’Israël, les États-Unis, a fait pression pour un changement de régime en Syrie bien avant que les premiers signes d’insurrections aient commencé. Le plus célèbre, en 2007, étant le général Wesley Clarke, qui servait en tant que commandant suprême des forces alliées entre 1997 et 2000, et qui avait déclaré avoir reçu une note du bureau du Secrétaire américain de la Défense, indiquant que le gouvernement syrien serait l’un des sept gouvernements que les États-Unis détruiraient dans les cinq années à venir.
Une récente Une du Guardian titrant : « L’Arabie saoudite envisage de financer l’armée rebelle Syrienne », est dans le style typique des médias libéraux basés dans les pays de l’OTAN, une manipulation malveillante. Le texte de cet article traite précisément du plans des États-Unis et, par extension, des plus importants alliés régionaux d’Israël, le Qatar et l’Arabie saoudite, de payer les salaires des insurgés. Mais un peu plus bas dans ce même article, il est également signalé que ce soutien avait débuté plusieurs mois auparavant. Un titre moins trompeur serait de remplacer « envisage de financer » par « augmente son soutien à … », Toutefois, un titre fidèle à la réalité suggèrerait qu’un contrôle extérieur de l’insurrection Syrienne existait déjà depuis le commencement.
En effet, le Qatar et l’Arabie saoudite ont une longue histoire d’hostilité envers le parti Baas syrien et la politique étrangère syrienne, un fait qui se reflète dans leurs deux principaux médias (respectivement Al Jazeera et Al Arabiya) qui déforment sévèrement la couverture des événements en Syrie depuis le début.
Mais, mettre en évidence ce contexte donnerait trop d’importance à l’analyse cohérente du gouvernement syrien, que la crise au sein de ses frontières est créé de l’extérieur. Un fait que même les groupes de gauche s’empressent d’essayer d’en minimiser ou d’en rejeter l’importance, et qui résulte à l’encouragement du récit adverse que l’impérialisme a rendu dominant à travers sa machinerie médiatique.
Pourquoi est ce que ce même article du Guardian, ainsi que les gauchistes occidentaux qui prétendent que Assad est bon pour Israël omettent de mentionner que, par exemple, au début du mois d’avril, les Etats-Unis se sont ouvertement engagé à doubler leurs aides aux insurgés, à hauteur d’un montant supplémentaire de 12 millions d’euros, sous couvert « d’aide humanitaire » ? Ou l’aveu récent de ces derniers laissant savoir qu’ils arment activement les insurgés en utilisant le Qatar comme intermédiaire ? Ou qu’en Février, William Hague, secrétaire d’État des Affaires étrangères britanniques et solide allié israélien, a promis plus de matériels aux insurgés, insistant sur le fait qu’il n’y avait « pas de limite sur les ressources » que la Grande-Bretagne fournirait ?
Il ne devrait pas être nécessaire d’expliquer aux antisionistes que la politique étrangère américaine et israélienne ne font qu’une.

L’Axe de la Résistance :

La Syrie est un membre de l’Axe de la Résistance, qui est la seule résistance militaire efficace qu’il reste contre Israël. Il est composé de la Syrie, de l’Iran ainsi que de la résistance à l’intérieur du Liban avec le Hezbollah à sa tête. Loin d’être une option « sûr » pour Israël, comme l’expose l’écrivain du « Al Akhbar », Amal Saad-Ghorayeb, dans sa critique de la troisième voie qui a saisi une grande partie de la gauche occidentale, la Syrie s’est toujours placée sur la ligne de front, risquant sa propre survie, et a été impliqué dans tous les conflits israélo-arabes depuis sa prise de pouvoir.
La Syrie a été le plus fervent partisan des mouvements de résistances libanais contre l’occupation israélienne ; Le Hezbollah a explicitement attribué à maintes reprises sa capacité à gagner la guerre contre l’invasion israélienne du Liban, en 2006, au soutien de la Syrie et de l’Iran. Un an après le début de l’insurrection en Syrie, l’idée ridicule qu’Israël ne poursuit pas un changement de régime en Syrie commence à s’effriter. Le ministre du Renseignement israélien, Dan Meridor, a indiqué sur une radio israélienne, ce qui était une évidence depuis le début : Le changement de régime en Syrie romprait le pacte de défense mutuel entre l’Iran et la Syrie, isolant ainsi l’Iran et coupant la fourniture d’armes au Hezbollah. La Syrie, le plus grand adversaire d’Israël, serait enfin paralysé.
Cela n’a pas été rapporté par les médias israéliens, qui se sont assurés d’empêcher cette évidence de voir le jour, en sachant clairement que cela rendrait la position des meneurs – antisionistes autoproclamés – des insurgés en occident et dans le monde arabe plus intenables. Pourtant, ces meneurs, qui soutiennent qu’Assad est bon pour Israël, ont été alors incapables de concilier pourquoi Israël bat sans relâche les tambours de guerre contre l’un des alliés les plus importants de la Syrie, à savoir l’Iran.
En plus de vouloir se débarrasser d’Assad pour s’assurer de l’hégémonie militaire de la région, Israël a également un intérêt économique à faire déguerpir les oléoducs de la Syrie, de l’Iran et de l’Irak qui pourraient rivaliser avec l’oléoduc BTC d’Israël et les plans pour le gazoduc européen Nabucco.

L’opposition pro-Israël :

Grâce à l’impulsion croissante, l’apparence pro-Assad, pourtant déjà peu convaincante, des médias israéliens commence à s’effriter et de plus en plus de voix au sein de l’opposition syrienne ont franchit la ligne rouge en paraissant amical envers Israël. MK Yitzhak Herzog, qui a déjà occupé des postes ministériels au parlement israélien, a déclaré que les dirigeants de l’opposition syrienne lui ont dit qu’ils désiraient la paix avec Israël après la chute du président Bachar al Assad. En effet, Bassma Kodmani, membre du CNS a assisté à la conférence du Bilderberg de 2012, où le changement de régime en Syrie était à l’ordre du jour. Kodmani avait déjà appelé à des relations amicales entre la Syrie et Israël dans un talk-show français, allant même jusqu’à déclarer : « Nous avons besoin d’Israël dans la région ».
Un autre membre du CNS, Ammar Abdulhamid, a déclaré son soutien aux relations amicales entre Israël et la Syrie, dans un entretien avec le journal israelien « Ynetnews ».
Plus tôt cette année, une conversation téléphonique entre Radwan Ziyade du CNS et Mouhammad Abdallah a émergé, dans laquelle ils demandaient au ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, plus de soutien.
En dehors du CNS, des enfants d’anciens dirigeants, aujourd’hui dans l’opposition, se sont joints à la foire d’empoigne pro-israélienne. Ribal Al-Assad, le fils de l’oncle de Bachar el-Assad ainsi que l’ancien vice-président en exil, Rifaat al-Assad, voient d’un bon œil la possibilité pour la Syrie de faire la paix avec Israël. Quand au fils de l’ancien Premier ministre syrien Nofal Al-Dawalibi, il a déclaré dans une interview sur une radio israélienne que le peuple syrien voulait la paix avec Israël.
Dawalibi a formé le « Conseil National de Transition », un autre groupe d’opposition externe rivalisant avec le CNS pour la prise de pouvoir après une possible chute du gouvernement syrien. Ces querelles sectaires et ces désunions, qui sont le miroir de la Libye post-Kadhafi, menace maintenant de sévir en Syrie. Plus bas dans la hiérarchie de l’opposition, des voix pro-israéliennes sont encore présentes. Danny Abdul-Dayem, le porte-parole officieux de l’armée syrienne libre, est apparu sur CNN implorant Israël d’attaquer la Syrie.
Dans une interview à la chaîne israélienne Aroutz 2, Sheikh Abdullah Tamimi, un imam de la ville syrienne de Homs en exil, a déclaré que l’opposition syrienne n’avait aucune hostilité envers Israël. Tamimi a entreprit de solliciter un soutien financier et militaire pour les sunnites en Syrie et au Liban.

Les sionistes anti-Assad et les dirigeants israéliens :

Les socialistes ont choisi de fermer les yeux sur le fait que les sionistes de premier plan ont soutenus l’insurrection syrienne, et ce depuis sa création. Les sénateurs américains John McCain et Joe Lieberman, tous deux bien connus pour être des amis proches de l’entité sioniste, ont rencontré le CNS ainsi que des insurgés syriens à la frontière turque, et ont par la suite demandé aux États-Unis de les armer. En réalité, Joe Lieberman appelle à la guerre contre la Syrie depuis 2011.
Un autre sioniste bien connu, Bernard-Henri Lévy, qui a été le fer de lance de la destruction de la Libye par les bombardements aériens de l’OTAN, a également appelé à une attaque contre la Syrie.   Plus récemment, des voix au sein du gouvernement israélien se sont fait plus entendre et ont été plus exigeante dans leur désir de voir le remplacement du gouvernement syrien par un régime fantoche plus amical.
Le président israélien, Shimon Peres, lors de la réception de la « Médaille de la Liberté » des mains du président américain Barack Obama, a déclaré que le monde devait se débarrasser d’Assad. Qu’il reçoive une telle médaille nécessite déjà son propre article consacré à psychanalyser un tel événement, mais qu’il puisse également prétendre, tout en faisant partie d’un système qui est responsable d’abus parmi les plus graves de l’histoire de l’humanité, que d’un point de vue « humain » Assad devrait s’en aller, devrait vraiment faire réfléchir les soi-disant antisionistes. D’autres membres du gouvernement israélien, tel que le vice-Premier ministre, Shaul Mofaz, ont incité les puissances mondiales à instaurer un changement de régime en Syrie du même style qu’en Lybie.
Sans oublier que le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a appelé le « monde à agir » pour supprimer Assad tandis que le vice-ministre israélien, Danny Ayalon, a accusé le « monde » de méfaits pour ne pas agir contre le gouvernement syrien, et a offert une « assistance » israélienne aux réfugiés syriens. Euphémisme pas vraiment convaincant pour armer les insurgés à la frontière.

Conclusion :

En dépit de la volonté affichée du gouvernement américain pour le changement de régime en Syrie, qu’ils ont clarifié à maintes reprises, Israël a manifestement des intérêts économiques et militaires. Israël est à la poursuite d’un changement de régime en Syrie, notamment de l’éclatement de l’Axe de la Résistance ainsi que de la destruction de plans d’oléoducs concurrents. En dépit de nombreuses déclarations publiques faites par les membres de l’opposition syrienne qu’ils sont pro-israélien et la multitude de responsables du gouvernement israélien appelant à la chute du gouvernement syrien ainsi que les lobbyistes et les figures sionistes clés comme Bernard Henri-Lévy soutenant l’insurrection, les prétendus socialistes antisionistes ainsi que les groupes islamiques persistent dans leur affirmation selon laquelle Israël n’aurait aucun intérêt dans le changement de régime en Syrie et que l’insurrection à l’intérieur de la Syrie viendrait de la base. Bien que toutes les informations contraires à cette illusion soient placées bien en vue, il semblerait que les groupes socialiste et islamique soient volontairement aveugles.
Cette position devient de plus en plus intenable. Cependant, plus récemment, à la lumière de l’assassinat du vice-ministre de la Défense, Shawkat Asef, puis de l’assassinat simultané du ministre de la Défense, Dajiha Raoud, et de l’adjoint au vice-président Hassan Turkomani, le gouvernement syrien a rejeté la responsabilité sur Israël, l’Arabie saoudite et le Qatar, alors que de nouvelles informations ont fait surface comme révélé par le rédacteur en chef d’Al Akhbar, Ibrahim al-Amin.
Dans un article publié aujourd’hui, Amin écrit de Shawkat, qu’en dépit de tentatives incessantes des États-Unis et d’Israël pour le diaboliser :
« il a en fait, joué un rôle majeur dans la résistance à l’occupation israélienne à l’intérieur et autour de la Palestine. Jusqu’à la fin, il a pris en charge de répondre aux besoins des forces de la résistance en Palestine et au Liban, ainsi que de leurs membres et de leurs cadres en Syrie. Il a tout supervisé, de leur hébergement au transport, à leurs camps d’entraînement, aux provisions, ainsi qu’a l’organisation de la venue clandestine dans le pays des cadres de la Palestine pour leur formation.
Pour la résistance au Liban, Shawkat était un véritable partenaire, en fournissant toute l’assistance nécessaire sans avoir besoin de commandes ou d’approbation de sa direction. Il a été un acteur central dans la guerre de juin 2006. Il a passé tout son temps dans la salle centrale des opérations qui avait été mise en place, en conformité avec une directive d’Assad, pour fournir à la résistance toutes les armes qu’elle avait besoin, notamment des missiles, provenant des stocks de l’armée syrienne. Shawkat et d’autres hommes de l’armée syrienne – y compris Muhammad Suleiman, qui a été assassiné par le Mossad sur la côte syrienne en 2008 – ont passé des semaines à coordonner l’opération de ravitaillement qui a aidé la résistance à accomplir des succès qui ont conduit à la défaite d’Israël.
Malgré les accusations portées contre Asef Shawkat en ce qui concerne la sécurité, les questions politiques ou autres, pour Imad Mughniyeh, le chef militaire du Hezbollah assassiné, il était juste un autre camarade, un homme modeste qui s’inclinait en serrant la main d’Hassan Nasrallah, et aimait entendre les nouvelles de la Palestine tard dans la nuit. »
Cependant, parmi les antisionistes proclamé, il y en a peu dans ce monde qui peuvent se vanter d’en avoir fait autant pour la résistance palestinienne à l’entité sioniste. Mais après avoir démontré qu’ils ignoraient délibérément l’ensemble des faits et la longue histoire de la résistance syrienne à Israël, c’est une grande tragédie de voir que ces même qui s’accrochent à l’argument traité dans cet article, ne puisse être en mesure de le lâcher seulement si la Syrie chute et que la réalité de l’abandon militaire totale de la Palestine deviendrait trop évident a constater.

Derniers rounds de la révolution en Egypte

Je réactualise l’analyse que j’ai faite il y a quelques mois pour conclure sur l’achèvement attendue de la révolution égyptienne :

La révolution égyptienne round 1

Il y a eu lieu un authentique mouvement populaire de changement en Égypte impulsé par des conditions objectives et subjectives. Nous pouvons diverger sur la nature de ce mouvement, révolution, révolte, insurrection, mais nous ne pouvons par respect pour la vérité et pour les sacrifices du peuple égyptien accepter de dire que ce mouvement est fomenté par les États-Unis qui ont envie de remplacer Moubarak et qui ont lancé une opération facebook et tweeter. Les fuites sur les mémoires de Moubarak disent clairement que Clinton lui a donné 72 h pour mater le mouvement populaire en vain.

L’idée farfelue de Cheikh Hussein Imran que la révolution est un piège tendu par Israël ne tient pas la route car il n’est pas dans l’intérêt du sionisme de changer un vassal acquis contre une incertitude et de plus la nature belliqueuse et criminelle de l’entité sioniste n’a pas besoin de prétexte pour déclarer la guerre si dans sa stratégie cette guerre vise à terroriser, à punir ou à s’étendre. Les prédictions bibliques et talmudiques ne font pas partie de ma culture musulmane qui me commande le réalisme, la dialectique et la globalité.

La faiblesse de la « révolution égyptienne » réside dans l’absence de cadre d’orientation idéologique et de l’absence de l’émergence d’une direction politique qui fixe les objectifs, les rythmes et l’imposition de l’initiative historique à un système qui devait être totalement démantelé dans ses appareils, sa culture d’état, son fonctionnement bureaucratique, clientéliste et rentier et sa stratégie répressive contre un peuple paupérisé. Les appareils d’opposition traditionnels noyautés par le système Moubarak deviennent davantage un boulet pour la « révolution » qu’un allié stratégique ou tactique.

La révolution égyptienne round 2

Les Frères Musulmans ont fait capoter la révolution en la confisquant au lieu d’en être partie prenante. Ils ont introduit le biais partisan et ont fait peser l’appareil de la confrérie sur une révolution sans appareil, sans direction, sans organisation, sans programme autre que le départ du président ou la chute du régime personnalisé en des hommes et non en des processus pervertis de gestion des appareils d’État.

L’absence de vision géopolitique, le jeu d’arrangement des appareils, le curseur d’analyse sociopolitique mis sur de faux clivages idéologiques, l’enfermement dans des slogans hors de toute ingénierie de sortie de crise, l’infantilisme et l’inculture politique qui conduisent des tactiques politiciennes inconséquentes, la rupture avec les classes populaires ont non seulement permis de stopper la révolution égyptienne, mais de boucher les horizons de Gaza, livrée à elle-même face à la barbarie sioniste.

Comme longuement expliqué dans la conférence à Bordeau sur les révolutions arabes et la question palestinienne et comme mis en exergue dans le livre « Le dilemme arabe et les 10 Commandements US », les Frères Musulmans ont provoqué l’impasse, mais de façon plus rapide et plus dramatique que prévue. Non seulement l’esprit partisan a pris le dessus mais les arrangements d’appareils et les compromis contre nature avec l’armée ont semé le trouble et divisé les rangs. Occupés à confisquer le pouvoir aux jeunes qui ont conduit la révolution, les Frères Musulmans ont fait preuve non seulement d’amateurisme mais de contre révolution. La logique était dans la continuité, l’approfondissement, l’élargissement et la radicalisation sociale et politique de la révolution populaire sans tomber dans une confrontation armée. Elle était dans la mise en place d’un conseil de la révolution, dans le retrait de l’armée de la vie politique alors qu’elle était mise en déroute par le peuple, dans la rédaction et le vote d’une constituante sans précipitation, dans l’instauration d’une période de transition qui replace dans la conscience sociale l’exercice de la souveraineté du peuple sur la politique, l’économique et l’information, qui revitalise la culture de résistance contre l’impérialisme et le sionisme, et qui renoue le lien stratégique avec les aires de déploiement économique et diplomatique libérées du sionisme et de l’impérialisme dans le monde arabe musulman, eurasiatique et latino américaine. Les Frères Musulmans, contre toute logique et sans doute par inculture politique et géopolitique ont précipité les choses, fragmenté les rangs et redonné un repositionnement stratégique à l’armée qui est sortie défaite de la confrontation avec le peuple. L’esprit partisan doublé de la bureaucratie confrérique et l’empressement de prendre le pouvoir, jouant sur la fibre religieuse d’un peuple certes musulman mais ignorant tout de l’Islam comme système global, a creusé la fosse de la révolution et des Frères Musulmans qui ne parviennent toujours pas à prendre l’initiative historique et à imposer leur agenda sauf à faire des déclarations confuses et contradictoires.

Parmi ces contradictions ubuesques, on présente l’Islam comme la solution alors la priorité islamique est de fédérer le peuple musulman sur des valeurs communes comme la souveraineté du peuple, les libertés individuelles et publiques, la relance de l’économie hors du FMI et de l’aide américaine, la mise en place d’une nouvelle doctrine militaire pour l’armée, la création d’une résistance populaire contre le sionisme et l’impérialisme, la jonction avec les grands axes arabes et musulmans de la résistance : l’Iran, le Liban, Gaza et la Syrie. Bien entendu dans le démantèlement de l’ancien régime, il fallait favoriser l’émergence des corps intermédiaires inexistants pour que le front de lutte soit à la fois idéologique, politique, économique et social. C’est dans ce climat expurgé de l’ancien système et fédéré autour des valeurs universelles que l’Islam authentique peut trouver terrain favorable pour débattre, convaincre, produire des idées, construire des ingénieries où chacun trouve intérêt à l’adopter sinon à cohabiter sans remettre en question l’islamité et l’arabité de l’Egypte. Les islamistes doivent apprendre à réfléchir en terme de citoyenneté, de géopolitique et d’Etat de droit : l’Islam ne s’en portera que mieux.

La révolution égyptienne round 3

Tant dans mon livre que dans mes conférences, j’avais annoncé des rebondissements spectaculaires lors de l’élection présidentielle. Les événements m’ont donné raison même si des esprits politiquement incultes continuent de voir en Morsi un Phd scientifique ou technologique américain qui serait par ce titre universitaire détenteur du sceau de Salomom ou de la pierre philosophale qui va transformer l’inculture politique en génie de gouvernance. La réalité est tout autre.

Les résultats sont dramatiques et annoncent les signes de l’écrasement de la révolution : même si les Frères Musulmans ont appelé le peuple égyptien à défendre la révolution et imposer leur candidat, ils ont fait une démonstration de force impressionnante mais qui ne cache pas deux erreurs stratégiques. La première est de se confondre avec la révolution ou d’en être le monopole fuyant leur responsabilité et leur place en chute libre dans l’échiquier politique. La seconde c’est qu’ils ont rendu visible leur encadrement qui a mobilisé les manifestants venus de toute l’Egypte aux regards invisibles de l’ancien régime qui sont toujours en position de force sécuritaire, militaire et médiatique. Ils sont exposés à une chasse à l’homme comme l’éradication qu’a connu l’Algérie. Pour éviter la confrontation qui ne sera pas à leur avantage, ils seront et sont déjà contraints de faire des concessions jusqu’à devenir des coquilles vide. En effet au premier tour des élections présidentielles, considérées dans les systèmes traditionnellement despotiques comme cruciales, ils n’obtiennent que 25% du suffrage. Ce taux faible est un coup de semonce qui annonçait la fin de jeu. Il annonçait aussi l’urgence de redistribuer les cartes, après une clarification sur le clivage idéologique et les alliances dans un front révolutionnaire regroupant les nationalistes et la gauche égyptienne, mais après accord sur un projet de gouvernance.

Le score honorable du dissident islamiste Moun’âm Abdel Foutouh montre la scission au sein des Frères Musulmans et l’émergence de nouvelles forces qui vont peser dans l’échiquier politique sur lequel les Frères Musulmans non seulement n’ont pas le monopole mais risquent de perdre les « acquis » précipitamment obtenus. Le discours actuel de Morsi sur la justice sociale et l’édification de l’Etat de droit ne peut compenser le déficit de l’axe de résistance qu’aurait donné un front populaire fédérant tous les égyptiens désireux d’opérer une rupture radicale, irrévocable et irréversible avec l’ancien système despotique et le nouvel ordre mondial impérial.

Au lieu d’opérer un renversement stratégique qui prend de vitesse l’armée et l’Empire qui ont perdu l’habitude de voir les élites arabes prendre leur décision en autonomie, avec vitesse et efficacité, les Frères Musulmans ont préféré jouer sur trois registres : faire de la dramatisation communicationnelle envers les monarchies du golfe, jouer à la victime devant l’armée qu’ils ont remis en selle alors qu’elle avait perdu la confrontation avec le peuple à la place Tahrir, faire de Hosni Moubarak un point de focalisation jusqu’à devenir une diversion politique qui interdit de se poser la véritable question : où va l’Egypte ? Dans cette confusion, les Frères Musulmans en rajoutent en apportant leur soutien à leur confrérie syrienne qui dérive vers le terrorisme et le sectarisme les plus odieux tout en tournant leur dos à la résistance palestinienne qui continue de payer le prix de la trahison des Musulmans et des Arabes.

C’est par cette confusion sur le cap, sur la carte de navigation, sur la boussole, sur le gouvernail et sur la vigie du processus dialectique que les Frères Musulmans, qu’il y ait triche ou honnêteté dans le second tour, ont gagné (dans un autre arrangement in extrémis) la présidence. S’ils gagnent la présidence, ils ont perdu le parlement qu’ils ont gagné dans la précipitation ainsi que les prérogatives du président qui reviennent à l’armée. J’avais annoncé que nous allions assister à un scénario dramatique : « qui perd gagne » car la victoire ne s’intégrait dans aucune stratégie à long terme, dans aucune clarification, dans aucun programme. Les militaires ont gagné trois choses inespérées. La première c’est d’être les rédacteurs de la future constitution qui va définir les pouvoirs et l’exercice du pouvoir dans six mois. Tout ce temps gaspillé est de la dissipation d’énergie qui use, poussant la démission du peuple et qui produit très peu d’efficacité politique et sociale et surtout remet en marche arrière les acquis du début d’une révolution. Sur le plan tactique, ce temps est mis à profit par l’armée pour se convertir en force sécuritaire sous la supervision impérialiste pour ne pas faire les mêmes fautes qu’à la place tahrir et donner des coups mortels sans aller à la guerre civile comme en Algérie. Les choses se passeront en douceur et les Etats-Unis chassés d’Egypte reprendront le contrôle et imposeront de manière drastique leurs dix commandements à l’Afrique du Nord quand on relie l’Egypte à l’entropie en Libye, au comportement peu honorable du gouvernement tunisien et au laxisme de l’Etat algérien plongé dans un coma de séniles.

Sur un autre plan, la défaite du Général Chafik d’à peine 4 points, n’a de signification que par trois éléments : l’ancien système est encore présent avec ses appareils bureaucratiques et ses clients rentiers que la polyarchie en place ou le vote ne peuvent gommer, car un bulletin de vote ne suffit pas à changer les mœurs politiques et les alliances construites pendant 60 ans de dictature militaire ; les limitations du pouvoir du président (les Frères Musulmans croyaient naïvement qu’avec un président et une suprématie sur le parlement avec de plus en plus de prérogatives sont les garants contre la tyrannie). Malgré les bons sourires et les discours de circonstances, les Frères Musulmans sont dans la situation du serpent qui se mort la queue. En voulant jouer seul et se croyant les dépositaires exclusifs de l’Islam, ils se retrouvent isolés face à l’armée, remis en cause par les coptes qui sont les véritables détenteurs du pouvoir économique et otages des nationalistes et progressistes qui sont détenteurs de quelques leviers de commandes politiques et administratives dans les appareils de puissance publique alors que les Frères Musulmans ayant connu la répression sont exclus des appareils de l’Etat dont ils ignorent l’état des lieux et les mécanismes du jeu de pouvoir.

C’est dramatique, car l’Egypte a consommé du temps politique sans efficacité, elle a offert des jeunes en sacrifice sans récolte, elle s’est mise par l’incohérence et l’infantilisme de l’esprit confrérique qui croit qu’il suffit de dire l’Islam est la Solution pour que les Anges descendent du ciel et livrent la lutte idéologique, les luttes citoyennes, les luttes politiques, l’affrontement militaire et la bataille d’édification et d’aménagement du Territoire. Il est dramatique de voir la politique de séduction de ‘Amr Khaled envers l’armée présentée par lui comme l’armée du salut. Le romantisme politique n’est pas payant. Le réalisme politique a montré dans l’histoire des révolutions que la victoire se construit par « Un pas en arrière, deux pas en avant » et non le contraire.

La politique n’est pas encore dans le monde arabe et musulman un art qui se rapproche du scientifique mais du théâtre où la place est au ressenti et à l’émotionnel. Est-ce qu’on a donné au peuple le temps, l’information et la culture pour dépasser l’émotionnel ? Non !

Les Frères Musulmans élitistes sont habitués à faire payer à leurs cadres de terrain le prix de la répression du fait que leurs élites se sont toujours montrées incapables de saisir les opportunités dans une stratégie cohérente, ambitieuse. Ils ont eu des occasions de conquête du pouvoir avec Nasser et contre Nasser, Avec Sadate et contre Sadate, mais aucune n’a abouti car la culture confrérique qui donne au chef un pouvoir de gourou quand elle se conjugue à la culture de l’improvisation opportuniste que facilite d’ailleurs la démission des cadres embourgeoisés mais qui restent présent faisant de l’obstruction contre leur propre camp et se limitant à la dénonciation ou à l’indignation ou au silence après négociations sur des contradictions secondaires produisant ainsi inertie sociale et inculture politique devant un régime prédateur aux aguets qui défend son système par l’encassetement des militaires et des élites ou la répression de ses opposants. Pour avoir une image de la culture confrérique assassine de la pensée politique, il faut jeter un coup d’œil sur les Jama’âtes islamiques du Pakistan qui donnent l’image d’isolats folkloriques singuliers fi falakine yasbahoune… Il faut voir la tragédie des Frères Musulmans à la conférence d’Istanbul de 2010 qui ont ouvert la porte à l’idée de détacher le HAMAS de son « obsession » à la lutte armée. Il faut voir les Frères Musulmans en Algérie œuvrant à côté des services de sécurité contre le camp des islamistes qui ont remporté les élections législatives et les voir maintenant entachés de scandale de corruption et les voir poussés vers la porte de sortie politique par le FLN car leur rhétorique verbale n’est plus nécessaire pour acheter la paix sociale obtenue par la force des armes, la gestion maffieuse des pénuries et la distribution parcimonieuse de la rente à un peuple, en sauve qui peut social, sans opposition qui lui apporte la guidance et lui indique les moyens de lutte autre que la dénonciation et l’indignation des concierges.

Le début fracassant de Morsi s’est fait dans la culture de la confusion. Il y a une semaine, l’agence de presse iranienne invoquant une interview exclusive de Morsi annonçait son intention de réexaminer l’accord de paix avec Israël, le renforcement des relations avec l’Iran et la prise en considération urgente de la question palestinienne. Quelques jours plus tard, les autorités égyptiennes et l’agence égyptienne MENA assurent que le nouveau président n’a pas donné d’interview à l’agence de nouvelles iranienne et qu’il envisage de poursuivre l’agence de nouvelles iranienne Fars en justice, qui aurait publié des déclarations qu’il n’a jamais faites.

La révolution égyptienne round 4

Dans les mois du semestre à venir il faudrait suivre la compétence de créativité, de vitesse et de prise de risque des Frères Musulmans et de leur président face à l’armée, à la nouvelle constitution, aux forces politiques égyptiennes, à l’Iran, à la Syrie et à la Palestine. La logique veut qu’il y aura un KO technique à la fin du quatrième round sinon au cinquième à moins qu’il y ait un sursaut révolutionnaire qui remet le curseur idéologique et politique sur la bonne grille de lecture et les bonnes décisions à prendre pour s’engager dans le démantèlement du système et mobiliser un front national de résistance contre l’Empire et le sionisme étendu à d’autres pays de la région. Je ne peux prédire l’avenir mais s’il y a une étincelle qui relancera la révolution elle ne pourra venir que de Palestine.

Égypte doit se réveiller et oublier le mythe de oum dounya et le patriotisme de canaille que lui a légué une génération de militaires incapables de remporter une guerre contre un ennemi qui va commettre la faute de les humilier et de les provoquer car il ne peut vivre en paix tant que l’allégeance à son égard n’est pas prononcée et prouvée d’une manière concrète. A ce niveau de violence en Palestine, palestiniens opprimés ou occupants arrogants, le peuple égyptien sera contraint de se remettre à l’heure du temps et tourner le dos aux chimères.

La révolution égyptienne : round 5

Nous allons sans doute nous diriger vers une polyarchie où le pouvoir réel sera entre les mains des militaires soutenus par les États-Unis et le parti de l’administration, de la rente et de l’économie informelle. Toute confrontation armée et toute violence ne servira que les États-Unis et le sionisme. Les forces vives de l’Égypte qui croient encore au changement et qui ne baissent pas les bras devant la fatalité et les erreurs stratégiques et opportunistes des Frères Musulmans peuvent construire un front national de résistance contre l’Empire et ses valets et une dynamique révolutionnaire pacifique. Ces forces sont sur le terrain dont elles connaissent les contradictions, les conditions, les possibilités d’actions.

Sur le plan de la pensée et ayant suivi de près la situation égyptienne, je vois quelques perspectives de luttes qui peuvent être étudiées et mises en ingénierie d’application sur le terrain :

  • Idéologie : Le peuple doit être impliqué dans le débat idéologique sur les voies de changement et c’est par le débat et le savoir que l’idée de liberté, l’action de libération et l’usage anticipé de la libération comme projet d’édification nationale et de résistance contre l’empire et le sionisme peuvent se cristalliser et s’étendre dans le temps, l’espace et les consciences.
  • Politique : c’est le moment où il faut dépasser les clivages partisans et les appareils et poser l’exercice souverain du peuple dans un schéma qui met fin à la reproduction capitaliste de la démocratie occidentale. Contre la force et la violence des appareils et des bureaucrates de l’Etat sans culture de Commis de l’Etats et de service public du fait des traditions de cooptation, il y a lieu d’explorer le potentiel de la Choura à instaurer sous forme de Jamahiriya sur le modèle libyen sans la culture messianique du guide. L’avenir est au peuple qui doit prendre l’initiative en s’organisant d’une manière non partisane dans des assemblées citoyennes ascendantes et s’imposer comme nouvelle culture politique.
  • Sociale : Les forces vives doivent contribuer à l’emergence de syndicats autonomes non partisans dont le but suprême est la défense des intérêts du travailleur contre le capital. Les progressistes et les islamistes peuvent trouver le dénominateur commun autour de la dignité de l’homme et du travail comme producteur de richesses et source d’appropriation
  • Economique : Pour ne pas se cantonner dans la dénonciation stérile et l’indignation puérile ou dans  les manifestations qui arrivent à une impasse qu’il faut dépasser soit par un renoncement soit par le recours à la violence, l’économique est un terrain déterminant en termes de libération ou en termes de souveraineté populaire. L’expérience acquise par les Frères musulmans en matière d’ihsane (bienfaisance et résaux sociaux caritatifs) ne doit plus être un allègement des obligations de l’Etat envers les pauvres et les nécessiteux mais devenir une force d’émancipation de la société de l’Etat et du capital étranger capitaliste.  La société doit trouver tous les espaces de libertés, les niches juridiques et les opportunités d’affaires pour construire une résistance économique et une émancipation socio économique contre le capitalisme et ses vassaux. Tous les gisements de mutualisation du capital national, de capitalisation de l’épargne populaire, de montage d’économie coopérative et solidaire,  de dépasser l’infantilisme des banques islamiques focalisées sur la Mourabaha dans la consommation et le court terme pour s’ouvrir vers la Moudharaba et la Moucharaka orientées vers l’investissement productif.

 La révolution égyptienne round 6

La Turquie est un modèle que l’Empire a voulu vendre et continue de vendre au monde arabe. Il l’a vendue dans son modèle laïciste et franc maçonnique d’Atatürk aux démocrates et modernistes arabes ainsi qu’aux partisans français du régime militaire pour les pays arabes comme Chevènement. Ce modèle est vendu sous l’apparence de l’Islam modéré, laïc et consumériste d’Erdogan aux Frères Musulmans et aux élites qui cherchent la collaboration avec l’OTAN si elles y trouvent des intérêts géostratégiques et une préservation de leur rente économique et religieuse. Ce modèle a commencé à Istanbul par l’invitation de Qaradhawi et des factions palestiniennes et des penseurs attitrés de l’Islam qui ont préconisé la vanité de la résistance armée en Palestine comme le stratège koweïtien An Nafissi. La question palestinienne et l’encadrement des « révolutions arabes » par la branche musulmane de l’OTAN s’est appuyé sur un ravalement de façade : la mise en arrière des généraux turcs et la mise en avant du parti « islamique d’Erdogan » le pragmatique.

Cette expérience est reconduite en Tunisie et en Egypte où les forces de sécurité et l’armée sont en train de s’effacer au profit  des civils « islamistes » coopératifs, collaboratifs qui réalisent quatre objectifs :

  • Donner l’illusion du changement pour calmer la rue.
  • Reprendre en main les cartes redistribuées dans la précipitation pour contrer la révolution populaire.
  • Empêcher la cristallisation de ce qui pourrait refaire  l’embryon de la renaissance de la civilisation islamique et qui se réalise par la mise en commun des mentalités collectives forgées par la langue arabe et la religion, des espaces géographiques contigües, des complémentarités économiques, des expériences historiques réalisées par  l’Islam et par  les luttes d’indépendance contre le colonialisme.  Il faut donner l’illusion de force et de cohérence aux pragmatismes post révolutionnaires  afin d’opérer leur intégration dans le nouvel ordre économique sans heurt ni remise en cause.
  • Disloquer le monde arabe en  faisant des nouvelles élites dirigeantes des alliés objectifs par les liens financiers et idéologiques à l’Arabie saoudite et au Qatar. Cette dislocation qui est un véritable Sykes-Picot bis  vise d’abord à démanteler la Syrie et a briser les maillons de la chaine idéologique, politique et logistique de la résistance constitué par l’axe Hezbollah, Palestine, Syrie, Irak, Iran. Cet axe est présenté à tort par les Frères musulmans comme étant le croisant chiite. Les Frères Musulmans préfèrent ne pas voir les dérives meurtrières de leur imam cheikh Youssef al Qaradhawi ni ne voir qu’ils sont devenus à l’instar d’al Qaeda des instruments de discorde et des agents de subversion idéologique et militaire  contre la Syrie après avoir fait tomber le régime de Kadhafi. Cette stratégie, celle « du Soft powerment » est celle de Brezinski et de Levis qui sont les artisans de la nouvelle doctrine américaine au niveau diplomatique et militaire qui consiste à alterner la stratégie du « choc et de la stupeur » par le bombardement massif et disproportionné avec la stratégie du choc entre musulmans sunnites chiites et sunnites entre eux. La Syrie est un cas d’école.

Lorsque les objectifs deviennent trop visibles ou lorsqu’ils sont contrariés, l’Empire a recours à ce qu’il maitrise bien et à ce qui nous manœuvre le mieux et le plus : la diversion. Les Caricatures comme instrument pour faire diversion, pour tester la capacité des nouveaux gouvernants à contrôler la rue en cas d’agression contre le Liban, la Syrie ou l’Iran.

 Conclusion :

Nous sommes en Égypte et nous avons le récit coranique sur Moise. Moise n’était pas Spartacus en révolte contre Rome qui finit par le mater dans un bain de sang. Moise avait à conduire un peuple asservi vers la liberté et face à lui il avait non seulement Pharaon comme divinité mais un système construit sur plus de 500 divinités pour régenter les esprits et des corps spécialisés de clercs, de prêtres, de notables, de technologues, de magiciens, d’armées et de castes pour aspirer le profit et maintenir le système de domination. Moise à cassé le système en mobilisant les jeunes esclaves fils d’esclaves à ne plus prendre Pharaon et son système comme norme, comme référence, comme objet de fascination et d’aliénation :

{Et Nous avons inspiré  à Moise et à son frère: « Prenez, vous deux, pour vos gens, des demeures à l’avant en Egypte. Et faites de vos demeures une Qibla, accomplissez la prière, et annonce la Bonne Nouvelle aux croyants ».

Et Moïse dit : « Notre Seigneur, Tu As Accordé à Pharaon et son élite aisance et biens dans la vie terrestre, notre Seigneur, afin qu’ils se fourvoient de Ta voie ! Notre Seigneur, Supprime leurs biens et Endurcis leurs cœurs, de sorte qu’ils ne deviennent pas croyants jusqu’à ce qu’ils voient le châtiment douloureux ».

Il Dit : « Votre invocation, à vous deux, est exaucée. Suivez alors, tous deux, la rectitude et ne suivez surtout pas la voie de ceux qui ne savent point. »} Younès  86

Il y a une différence fondamentale entre chercher le pouvoir et construire un projet de libération des opprimés. Dans le dernier cas, face à un système corrompu, perfide, oppresseur produisant de la confusion et de l’inertie, il faut lui opposer idéologiquement, socialement et politiquement de l’intelligence, de la vertu, de la créativité, de l’unité, de la vitesse et de l’initiative. Tout le combat de Mohamed (saws)  contre le système du Taghut de la Jahiliya est un combat d’idées, d’initiatives et d’innovation. Tout le récit coranique sur les Prophètes est une quête de salut menée à grande vitesse et à grands déplacements. Il n’y a pas de place à l’immobilisme stérile ni au statut quo mortel et mortifère.

 

Omar Mazri – liberation-opprimes.net

 

Qaradhawi : Pourquoi ce reniement ?

J’avais lu et étudié un certain nombres de livres et de publication du Dr Youssef Qaradhawi qui m’avaient impressionné par son érudition et sa position sage. Depuis les « révolutions arabes » je n’arrive plus à reconnaître le même personnage ni à comprendre sa haine démesurée contre Kadhafi et Bachar Al Assad. Dans mon livre  » Le dilemme arabe et les dix commandements US » j’ai apporté quelques éléments d’analyse idéologique et politique. J’ai ensuite entrepris de comparer la logique interne de ce savant qui était une de nos références religieuses avec ces derniers écrits et ces derniers prêches. Cet homme est devenu fou, sénile ou manipulé par une taupe sioniste. Il n’a plus le droit de parler en notre nom car il nous conduit vers la catastrophe dans ce monde et vers la perdition en Enfer vu l’effusion de sang qu’il légitime.

A voir la vidéo ci-dessous que j’ai réalisée:

 

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L’Afrique est sans défense face à l’offensiv​e militaire euro-US

 

Tandis que les USA et leurs alliés de l’OTAN progressent vers le Sud pour renforcer leur emprise sur l’Afrique, après avoir pris possession de la Libye et de ses gigantesques champs pétrolifères, la plupart des dirigeants africains semblent approuver leur réinsertion dans l’Empire. L’AFRICOM se trouve déjà dans une position favorable, où les Africains eux-mêmes l’ont placée.

Les USA et leurs alliés ont entamé une offensive en Afrique et en Asie, une attaque sur plusieurs fronts qui dans certaines régions rappelle un « blitzkrieg ». Cette agression effrénée a débuté avec la transformation de l’OTAN en corps expéditionnaire pour renverser le régime libyen, et s’apprête maintenant à détruire l’ordre laïc syrien. Bien que depuis des années on se soit appuyé sur des plans visant à changer ouvertement ou discrètement les régimes de pays ciblés, en parfait accord avec l’impératif historique du capital mondialisé : soumettre à la matraque la planète entière pour en faire un marché docile aux ordres de Washington, Londres et Paris,  l’offensive actuelle s’est heurtée à une évolution imprévue : le cauchemar d’un réveil arabe.

La perspective d’un printemps arabe au début de l’année 2011 a déclenché une véritable hystérie dans les capitales impériales. Brutalement la rue arabe vous plaçait devant votre propre mort géopolitique. Washington comprend très bien que l’émergence de régimes arabes conformes à la volonté populaire conduirait rapidement, selon l’expression chère à Chomsky, à éjecter les USA de la région – sonnant le glas non seulement d’un Occident assoiffé de pétrole, mais aussi des filiales du capital international que constituent les autocraties putrides du Golfe persique.

Visant à des siècles de domination euro-US Washington, Londres et Paris se sont hâtés de faire de l’OTAN l’instrument d’une opération « Shock and Awe » contre leur cible préférée en Afrique du Nord : Mouammar Kadhafi. L’onde de choc de cette démonstration de force a jeté dans les rues de Damas les suppôts de l’impérialisme. Mais l’Afrique est la région la plus exposée sur le sentier de guerre des USA – un continent prêt à tomber dans leur escarcelle grâce aux innombrables liens que les classes politiques et militaires africaines entretiennent avec l’impérialisme. Les USA et leurs alliés, les Français au premier rang, sont en position de « croquer » la plus grande partie de l’Afrique avec la collaboration de la plupart de ses gouvernements et surtout des militaires.

L’AFRICOM, créée en 2008 par l’administration Bush , et désormais la créature à part entière de la doctrine d’intervention « humanitaire » d’Obama, revendique la responsabilité militaire de tout le continent hors l’Egypte. Le commandement militaire US a réuni un nombre impressionnant d’alliances avec des organisations régionales et des blocs de pays représentant tout le continent à quelques exceptions près -d’ailleurs déjà dans le collimateur. Les USA progressent brutalement vers le Sud après avoir conquis la Libye, mais ce sont les Africains eux-mêmes qui leur ont aplani la route.

La guerre menée par les USA en Somalie, qui s’est intensifiée de manière dramatique avec l’invasion éthiopienne soutenue par les USA, a maintenant été légitimée par l’IGAD (International Authority on Development in East Africa), qui inclut l’Éthiopie, le gouvernement somalien fantoche de Mogadiscio, le Kenya, l’Ouganda, Djibouti, protectorat français de facto et nominalement le Soudan.

L’opération – nominale – de l’ONU en Côte d’Ivoire pour renverser le régime de Laurent Gbagbo, dirigée par la France, a été approuvée par la CEDEAO, l’Union économique qui regroupe 16 États d’Afrique de l’Ouest : le Bénin, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Libéria, le Mali, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo.

L’AFRICOM organise tous les ans de gigantesques manœuvres militaires du nom d’African Endeavor qui entraîne les armées africaines au maniement des « pratiques standard de communication». On leur enseigne les procédures de commandement et de contrôle US sur des équipements militaires US et sous la surveillance de conseillers US. En 2009, les armées de 29 pays africains avaient pris part à ces manœuvres. Cette année, 40 pays participaient à African Endeavor, constituant la plus grande concentration d’hommes en armes en Afrique.

Plus sournoise encore est la doctrine du «  soldat à soldat », qui encourage les gradés de même rang des armées états-unienne et africaines à établir des relations personnelles à tout niveau : général/général, colonel/colonel, major/major et même capitaine/capitaine. L’AFRICOM espère établir ainsi des relations personnelles durables avec les armées africaines, quels que soient les régimes en place.

Au Sahel l’AFRICOM entretient des relations étroites avec pratiquement tous les États qui bordent le Sud du Sahara, depuis l’Atlantique jusqu’à l’Océan indien, sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Il s’agit de la Mauritanie, du Mali, du Tchad et du Niger, plus le Nigeria et le Sénégal. Au Nord, l’AFRICOM maintient les mêmes liens avec les pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie) et jusqu’à cette année avec la Libye de Kadhafi.

C’est souvent l’AFRICOM qui est la véritable force derrière des interventions dites « africaines ». L’AMISOM (Mission de l’Union africaine en Somalie),  officiellement la prétendue « force de maintien de la paix » en Somalie, se compose en réalité de troupes ougandaises et burundaises, deux gouvernements fantoches au service des USA ; elles fonctionnent comme mercenaires de Washington et sont payées essentiellement par les USAméricains. 500 soldats venus de Djibouti doivent bientôt s’y joindre. Des années durant l’AMISOM a été la seule force qui a sauvé le régime fantoche de Mogadiscio de l’anéantissement par la résistance des Shabab. Aujourd’hui les combattants de l’Union africaine ont reçu des renforts et mènent, en commun avec les envahisseurs kenyans et éthiopiens, une offensive destiner à prendre en tenaille les Shabab et à les exterminer. La mort vient du ciel sous forme de drones US basés en Éthiopie et à Djibouti. Et donc une armée qui se dit le bras armé de l’Union africaine est un outil de guerre US dans la Corne de l’Afrique – un conflit que les USA ont allumé et qui est également soutenu par l’alliance régionale de coopération, l’IGAD.

L’invasion de l’Érythrée, adversaire de l’Éthiopie et l’un des rares pays à rester en-dehors de la nébuleuse de l’AFRICOM n’est plus qu’une question de temps. Sans nul doute ce sera l’œuvre des « forces armées africaines », soutenues par les USA et la France. L’Union africaine, mouillée jusqu’au cou, ne s’y opposera sûrement pas.

Dès que le dernier bastion loyal à Kadhafi est tombé, les interventions « humanitaires » d’Obama se sont profondément enfoncées en Afrique centrale ; 100 hommes des unités spéciales ont été envoyés en Ouganda en vue de missions en République démocratique du Congo, dans le nouveau pays du Sud-Soudan et en République Centrafricaine, un poste avancé du néocolonialisme français, où les USAméricains avaient expédié le Président haïtien Jean-Bertrand Aristide après son enlèvement en 2004. Il est vraisemblable que les «  bérets verts » US viendront à bout des 2000 combattants (environ) de l’Armée de libération du Seigneur – une force que les Ougandais auraient été à même d’anéantir à eux seuls, s’ils n’avaient été occupés à jouer les mercenaires des USA dans tout le continent. (Dans cette région, le second tueur loyal aux USA est le Rwanda, que l’ONU rend responsable de la mort de millions de Congolais).

L’agression contre la Libye était devenue inévitable dès lors que le Nigéria, l’Afrique du Sud et le Gabon s’étaient déshonorés en approuvant la zone d’exclusion aérienne proposée par le Conseil de sécurité de l’ONU. L’onde de choc de l’offensive euro-USaméricaine s’étend vers les Sud et embrasera bientôt le continent entier. La Corne de l’Afrique n’est déjà plus qu’un champ de bataille où règnent le feu et la famine, œuvre des USaméricains, mais avec le soutien total des Africains et de leurs institutions régionales. En Occident, la CEDEAO sert de légitimation à la politique impériale, pendant qu’au Sahel les Africains se battent pour trouver des objectifs appropriés aux USAméricains. Tous les ans les USAméricains réunissent les militaires du continent pour leur apprendre le commandement et le contrôle de leurs troupes, ce qui rend leurs armées incapables de résister au véritable ennemi : les USA et l’OTAN.

Trompée par une classe politico-militaire désireuse de s’intégrer à tout prix dans le système impérial, l’Afrique est sans défense face à l’agression euro-américaine.

Seuls les bidonvilles et la brousse peuvent détourner cette catastrophe. S’ils veulent résister aux USAméricains et aux Européens, les Africains doivent en premier lieu lutter contre leurs propres gouvernements.

Auteur : Glen Ford

Il est cofondateur du Black Agenda Report. il est aussi l’auteur de The Big Lie: An Analysis of U.S. Media Coverage of the Grenada Invasion [Le Grand mensonge : une analyse de la couverture par les médias US de l’invasion de Grenade].

Traduction : Michèle Mialane

Française. Professeure d’allemand retraitée, traductrice et éditrice, membre de Coorditrad et de Tlaxcala.

Notes de la traductrice : J’ai traduit ce texte car il me semble rectifier un peu la désinformation scandaleuse qui a cours dans les médias français. Cependant je doute que Kadhafi ait jamais joué un rôle positif et en ce qui concerne la Syrie je juge urgent d’attendre. En outre je considère que la France n’est autre chose que le jouet des USA dans cette affaire (et en train de perdre son statut de puissance coloniale, ce dont je me réjouirais si c’était au profit des Africains eux-mêmes et non du monde anglo-saxon.) Enfin je regrette que ce texte ignore totalement les intérêts impérialistes des nouveaux pays émergents, principalement l’Inde et la Chine, qui s’approprient notamment les riches terres agricoles africaines, dont ils ont – contrairement aux USA et à l’Europe, intéressés par les seules richesses du sous-sol ainsi que par une main-d’oeuvre sous-payée – un besoin urgent. Inde et Chine  doivent en effet nourrir une population pléthorique sur des surfaces chaque jour réduites par l’industrialisation et le mode de vie occidental. L’article ne voit donc  pas que le malheureux continent africain est un terrain de conquête où s’affronte le reste du monde. Ceci posé, Dumont avait raison quand il écrivait, voici déjà près de quarante ans: l’Afrique noire est mal partie.-MM

Source Tlaxcala

La prochaine armée « islamique » sous commandement de l’OTAN.

Dans cette première manche de la confrontation géopolitique entre la Syrie et l’Empire américain, le régime syrien, malgré quelques défections, des assassinats de hautes personnalités, des désertions dans le rang des soldats de l’armée, une situation humanitaire déplorable et une économie semi-asphyxiée, semble marquer des points. En effet, l’objectif de créer des zones autonomes « libérées » et de faire pencher la population en faveur des « insurgés » pour lancer une offensive militaire et diplomatique de grande envergure a été déjoué par l’armée syrienne qui a montré une capacité de défense inattendue. La seconde guerre de Qaradhawi qui a promis de prier à Damas la mi Ramadhan semble ne pas se dérouler selon les voeux du Pape des Frères Musulmans.

La guerre avec la Syrie n’est pas finie pour l’Empire américain qui joue à découvert derrière ses alliés européens, ses vassaux arabes et turcs, et ses instruments « jihadistes » montés selon les options stratégiques et tactiques de Brezinski et de l’orientaliste anglo-israélo-américain Bernard Lewis.

Bernard Lewis est un orientaliste idéologue proche des néo-conservateurs, il est engagé pour la guerre dans le monde musulman et la défense inconditionnelle d’Israël.  Il fut conseiller des services secrets britanniques (Seconde Guerre mondiale), consultant du Conseil de sécurité nationale des États-Unis, conseiller de Benyamin Netanyahou alors ambassadeur d’Israël à l’ONU (1984-88). Considéré comme « fin spécialiste » du monde musulman et de la Turquie, il soutient Brezinski dans le projet d’une guerre fratricide entre musulmans. Il est partisan pour une guerre entre Sunnites et Chiites après l’échec de sa doctrine d’une guerre entre Arabes et Perses. Comme Daniel Pipes le fer de lance de l’Islamophobie mondial, Bernard Lewis est un spécialiste de la civilisation islamique, du monde arabe, de la Turquie, et il connait bien la langue arabe qu’il a apprise au Caire. Quand on voit l’unité idéologique et la convergence d’actions contre le monde arabe et musulman des sommités américaines telles que Francis Fukuyama ( la fin de l’histoire) , Samuel  Huntington (le clash des civilisations), Bernard Lewis, Brezinski et Henry Kissinger, on ne peut que rire devant BHL le farfelu et surtout pleurer devant l’indigence de nos intellectuels, de nos savants et de nos hommes politiques gouvernants ou opposants. Tous s’accordent à détruire le monde musulman de l’intérieur en accentuant les clivages entre les doctrines, les poussant jusqu’à devenir luttes intestines armées. Tous s’accordent à demander une ingérence de l’OTAN pour régler les contentieux entre les gouvernants qui résistent à l’Occident et une minorité qui veut leur arracher le pouvoir par la force et une prétendue légitimité religieuse. Tous réitèrent le scénario de Laurence d’Arabie dans une sorte de flux et de reflux de notre Wahn que l’histoire charrie.

Dans son livre « Le Grand échiquier, L’Amérique et le reste du monde », Zbigniew Brezinski qualifie la Turquie de « pivot géopolitique de premier ordre » et « d’important acteur géostratégique dans la région des Balkans eurasiens ». Et tout naturellement donc que dans la géopolitique d’Obama, la Turquie d’Erdogan se « libère » de ses militaires laïcs, manœuvre sur le dos des Palestiniens et se trouve dans une alliance avec l’Arabie saoudite et le Qatar dans l’intervention en Libye. Nous voyons se dessiner le même profil et le même mode opératoire en Egypte avec l’éviction du maréchal Tantaoui et de quelques généraux après la dernière visite d’Hilary Clinton en Israël et en Egypte post Moubarak. Il faut donner de la crédibilité à ces Frères Musulmans qu’hier on considérait comme des terroristes car il faut les intégrer dans le jeu d’échec où ne savent jouer et gagner que ceux qui connaissent les règles, la stratégie et qui sont rodés par une longue pratique de coups successifs et d’anticipations sur des parties qui ont la carte mondiale et le temps historique comme champ de jeu.

Bernard Lewis, sioniste notoire, est celui qui a donné naissance à l’expression « choc des civilisations » qui plait tellement aux Américains et aux sionistes européens. Il est comme Brezinski partisan de la formule qu’il a inventée depuis déjà longtemps sur la Palestine : « la création d’un État arabe palestinien sur les parties de la Palestine mandataire auxquelles Israël renoncerait ». Selon lui, l’Islam reste toutefois « l’opposition contre le processus de paix la plus puissante et la plus ancrée dans les principes, développée […] par le gouvernement iranien et ses agences ainsi que par les autres partis et organisations islamiques » qui développent une propagande antisémite plus puissante que celle basée sur le nationalisme et les races et qui puise « aux riches ressources […] de l’antisémitisme européen ».

Il connait parfaitement le potentiel de l’Islam et il est dommage que les Musulmans malades d’apologies ne voient qu’une reconnaissance de leur civilisation là où il y a une menace, une visée, un plan de destruction de l’embryon qui pourrait faire renaitre la civilisation musulmane : « Lorsque la puissance musulmane était à son apogée, seule une autre civilisation, la Chine, pouvait se comparer à elle par l’ampleur, la qualité et la diversité de ses réalisations. Toutefois, la civilisation chinoise restait essentiellement limitée à une aire géographique, l’Extrême-Orient, et à une famille de peuples. L’Islam, en revanche, avait créé une civilisation mondiale, pluriethnique, multiraciale, internationale, et l’on pourrait même dire transcontinentale. » . Bernard Lewis propose une solution aux musulmans : « Ce n’est qu’en renonçant à leurs griefs et à leur victimisation, en surmontant leurs querelles, en unissant leurs talents, leur énergie et leurs ressources dans un même élan créatif, que ces peuples pourront de nouveau faire du Moyen-Orient ce qu’il était dans l’Antiquité et au Moyen Âge, un haut lieu de civilisation. Le choix leur appartient. ” C’est toujours le même discours lénifiant et apologétique qui ne dit pas la réalité pensée et l’action mise en œuvre pour le monde arabe et musulman : la civilisation passe par la reconnaissance d’Israël et l’alignement sur l’Occident sinon par une guerre fratricide entre les musulmans dont un clan serait appuyé par l’Occident contre l’autre partie afin de domestiquer les « islamistes» et d’en faire des vassaux comme durant la guerre en Afghanistan contre l’Union soviétique ou des alliés contre la Chine ou contre un pays musulman qui monterait en puissance par sa technologie et son armée.

 Pour l’instant Qaradhawi, l’Association internationale des savants musulmans, les « Jihadistes », les gouvernants arabes et leurs opposants spécialisés dans l’oppositionnel stérile et vindicatif sont livrés pour le compte « pertes et profits » sur l’autel de la « démocratie » et du « Khalifat islamique » afin d’affaiblir le régime syrien, créer de la diversion médiatique, et  maintenir la tension psychologique sur les troupes loyalistes juste le temps de mettre en place cinq séquences diaboliques :

Séquence 1 : Donner le temps à la Turquie et à l’Arabie saoudite de monter une armée des pays  « islamiques » légale et légitimée par l’O.C.I qui irait renverser le régime laïc et mécréant de Bachar Al Assad. Cette armée constituée de troupes au sol serait appuyée par l’aviation de l’OTAN et l’US Navy.  Pour l’instant deux problèmes freinent ce pas fatidiques : le sommet des non-alignés à Téhéran et la position indécise et contradictoire du président égyptien Morsi qui voudrait le départ de Bachar al Assad et l’installation des Frères Musulmans, mais refuse une intervention étrangère. Sans l’Égypte, cette armée « islamique »  perdrait de sa crédibilité et de son efficacité. Bernard Lewis et  Zbigniew Brezinski se rejoignent parfaitement sur le rôle de la Turquie sunnite pilotant avec le Serviteur des Lieux saints de l’Islam une armée sunnite contre une armée chiite. Il faut espérer que l’échec du complot initial opposant Arabes et Perses se reproduise une fois de plus. Ce n’est ni Qaradhawi ni l’assemblée internationale des savants musulmans ni les Djihadistes financés par le Qatar et l’Arabie saoudite qui vont contrer ce complot.

Séquence 2 : Monter une coalition internationale contre l’Iran et le Hezbollah dont la force arabe ou sunnite serait  envoyée aux premières lignes. Les débordements de la guerre civile en Syrie touchent déjà le Liban où le pire est à craindre. Il faut reconnaitre que pour l’instant la majorité des confessions parviennent à contenir le feu qui risque de s’embraser et enflammer le Liban pour une autre guerre civile. Plus la pression monte sur la Syrie, le Liban  et l’Iran et plus les risques de contagion dans la région deviennent plus sérieux et plus graves touchant des pays comme la Turquie, l’Arabie saoudite. Il est de la tradition de l’Empire et du sionisme de gagner sinon de laisser derrière eux des ruines. S’ils échouent à mener des guerres victorieuses, ils parviennent à laisser des pays dévastés, des sociétés fracturées et des pays voisins en disharmonie sur de longues périodes freinant ainsi leur développement et leur capacité de faire front au nouvel ordre mondial.

Il faut être naïfs et incultes pour croire que Bachar Al Assad gêne l’Occident par sa propre personne. Je suis persuadé que s’il y avait un sunnite Frère musulman ou laïc et non un alaouite ou un nossayri au pouvoir, le scénario serait le même, car il s’agit de livrer les clés du gaz syrien, le corridor d’attaque de l’Iran, et les clés d’entrée au moyen Orient qui sont le Liban et la Syrie par l’histoire et la géographie.

Séquence 3 : Passer au Pakistan et obtenir son désarmement nucléaire et son démantèlement en régions ethniques dans un Sykes Picot 3 dans ces régions d’Asie musulmane après le Sykes Picot 2 dans le monde arabe. Quand on voit les attaques de drones sur le Pakistan, on est frappé par le silence de l’armée pakistanaise, mais lorsqu’on voit la riposte en Afghanistan contre les troupes américaines on se dit qu’il doit y avoir déjà une guerre ou une provocation de guerre de la part des États-Unis contre le Pakistan qui ne dit pas encore son nom, mais qui est bien réelle. Les attentats sanglants et sans cesse contre les communautés chiites au Pakistan et en Irak montrent que cette déclaration de guerre est suivie par la mise en place d’une guerre civile pour laisser l’État et l’armée divisés sur plusieurs fronts qui les poussent à une hémorragie. Pendant ce temps, l’Inde renforce son axe avec le sionisme et multiplie sa capacité de frappe balistique alors que les associations musulmanes nombreuses au Pakistan semblent impuissantes à peser sur le cours des événements… C’est le même Wahn qui continue de sévir dans le monde musulman…

Séquence 4 : Appliquer la formule de deux micros états en Palestine à proximité d’Israël dont l’un, celui du Fatah, sera reconnu comme le modèle du Vatican et l’autre, celui du HAMAS, confié à l’Égypte.  Ces deux avortons vivront de l’aumône internationale, des bienfaits d’Israël et surtout reconnaitront l’Etat sioniste et se désisteront du droit au retour des réfugiés. Pour l’instant le HAMAS, en se désolidarisant de la Syrie et en optant pour une démarche pragmatique qui va sans doute lui donner une reconnaissance par les Etats-Unis et Israël, est sur la voie de la normalisation et d’un nouveau camp David à moins que les voix radicales des faucons du HAMAS imposent la charte initiale du HAMAS ou que l’Arabie saoudite, le Qatar et les Etats-Unis ne fortifient les cellules dormantes d’al Qaeda pour une guerre fratricide entre Palestiniens à Gaza faisant ainsi perdre le dernier crédit qui reste aux palestiniens sans cap ni boussole depuis déja longtemps ou du moins depuis Oslo. Pour l’instant nous assistons à une ingratitude des Palestiniens envers les Pays qui les ont soutenus qui est aussi grotesque que leur exercice de pouvoir et d’administration et d’éléction fantôche sous occupation…

Séquence 5 : Faire passer l’Algérie de comptoir colonial français à base coloniale américaine en disposant de ses ressources et de son armée et tout particulièrement de son aviation et de sa marine pour faire le gendarme pour le compte de l’OTAN au Sahel. Certains Algériens se réjouissent de voir le général Khaled Nezzar poursuivi par la Suisse pour « crimes contre l’humanité ». Je n’ai pas de sympathie pour lui mais j’ai de la dignité et de la considération pour moi-même et pour mon pays. Je ne pourrais pas comprendre qu’un Algérien conscient des enjeux et des menaces ne voit pas que la poursuite de Nezzar n’est pas un acte de justice ni d’amour pour l’Algérie, mais une manœuvre d’intimidation contre les chefs de l’ANP pour les amener à collaborer et pour préparer l’opposition algérienne à s’intégrer dans le « cactus arabe » visant à démanteler l’Algérie ou à l’engager dans une nouvelle guerre civile si l’ANP refuse de coopérer au-delà des limites rouges.

La vérité doit être dite sans passion ni colère ni ressentiment. Nous sommes musulmans et si jamais un général doit être jugé pour des fautes graves, il le sera par une justice algérienne. S’il échappe à la Justice, car celle-ci est sous son contrôle, il ne pourra pas échapper à celle du Tout Puissant. Vouloir la justice au dépens de ce qui reste comme souveraineté nationale est inadmissible. Ceci est inadmissible, car aucun pays n’a compétence juridique ni morale pour juger l’un de nous pour des problèmes entre nous. Si nous le tolérons aujourd’hui, demain nos enfants et nos petits-enfants seront de nouveau déportés et jugés selon la loi du plus fort et non selon notre droit et nos coutumes.

A la lumière de ce qu’on a vu en Palestine, au Liban, en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie, il semble de plus en plus probable que les véritables bourreaux ne soient pas algériens, mais des agents étrangers qui n’ont non seulement aucune pitié pour nous, mais nous haïssent au point de violenter nos enfants, nos mères et nos épouses dans des conditions atroces. Enfin, il est impossible de croire que ceux qui ont mené l’Algérie à un processus « démocratique » pipé dès le début puis ont demandé son annulation et ont poussé les uns et les autres à s’entretuer puissent 20 ans après avoir de la compassion pour nous ou avoir de la considération pour les islamistes ou les nationalistes. Méfiance et vigilance. Personne ne veut faire son bilan de conscience ni l’analyse critique de son action politique ni s’engager pour un véritable changement concerté qui engage tous les Algériens sans exclusive ni exclusion alors que la situation est urgente.

Pour l’instant nous voyons les prémisses qui annoncent le démembrement du pays et la mise sous tutelle de son armée : la persistance chez les militaires de l’idée d’un peuple immature et inapte, la dissolution des moeurs sociales, politiques et économiques, l’absence de règles déontologiques, l’individualisme, l’absence d’unité d’orientation idéologique, les ressources nationales aux mains des multinationales, l’économie nationale livrée aux parasites privés qui sont nés dans le sillage du secteur public et de la corruption et le marché livré au marché noir et à la corruption, un fossé de plus en plus grand entre gouvernants et gouvernés, le sentiment d’impunité chez une minorité et le sentiment d’injustice chez la majorité, absence de langue nationale, absence de projet d’avenir, environnement arabe et africain en turbulence, situation intérieure explosive, visées coloniales de plus en plus affichées, intimidantes et menaçantes…

Conclusion

Ces séquences annoncent une fin de scénario pessimiste qui s’avance inexorablement et à grande vitesse à moins que la Providence divine ait un autre dessein qui nous échappe. Dans ces moments de confusion et de bouleversements imposés par les autres, car nous n’avons pas su concevoir et réaliser à temps nos changements par nous-mêmes et à notre profit, il ne s’agit pas de baisser les bras ou d’avoir une quelconque émotion, mais de tout faire et tout dire pour tenter de sauver les meubles et ne pas donner à l’Empire agonisant et à l’entité sioniste dans l’impasse une possibilité de se régénérer.

La gauche française à l’instar des progressistes occidentaux ont comme d’habitude failli et ne sont plus concernés par le devenir des peuples ni par la lutte anti impérialiste. Les événements en Libye et en Syrie prouvent une de fois de plus les limites idéologiques de la gauche quand il s’agit du monde musulman.

Il ne reste à ceux qui portent la civilisation musulmane et arabe dans leurs tripes que de réagir avec patience et constance en dévoilant les complots et les enjeux.

Enfin ce n’est qu’une analyse qui montre le probable sans prétendre détenir la vérité :

{Il n’est pas de mise qu’Il vous Informe sur le Ghayb} Al Baqara 179

La vérité sur laquelle nul ne peut faire de concessions ni l’ignorer surtout s’il se réclame de l’Islam est incontestablement celle-ci et que Qaradhawi semble oublier prouvant une fois de plus que le savoir n’est pas la garantie de la probité intellectuelle ni de la guidance religieuse :

{Il n’appartient point à un croyant de tuer un croyant sauf par erreur.} An Nissa 92

{Quiconque tue un croyant intentionnellement, sa punition sera la Géhenne où il s’éternisera ; Allah le Frappera de Sa Colère, le Maudira et lui Préparera un immense châtiment.} An Nissa 93

En Libye, Qadhafi a tué en 40 ans près de 4000 Libyens, les Jihadistes avec l’aide de l’Otan ont tué en 4 mois plus de 40 000 libyens. Combien de musulmans seront décimés en Syrie? Combien de musulmans seront occirés par la future « armée islamique internationale » si jamais elle verrait le jour ? Pour l’instant nous savons que depuis le 11/09, dix millions de musulmans ont péri entre l’Irak, l’Afghanistan, le Nigéria, la Somalie, le Soudan… Nous savons aussi par le hadith authentique que celui qui combat sous un étendard de confusion (false flag ou fausse bannière) et s’il meurt, sa mort est celle de la Jahiliya (il meurt comme un mécréant). Nous savons par la Fatwa de Cheikh Al Ibrahimi le prédicateur de la révolution algérienne que le colonialisme et l’Islam sont antagonistes et que toute alliance avec l’impérialisme est l’oeuvre de Satan :

« les Musulmans doivent comprendre tout ces enjeux et savoir que la vigilance la plus élémentaire leur recommande d’éprouver, par esprit d’équité et de réciprocité, pour le moins, les mêmes sentiments d’hostilité que leur ennemi éprouve envers eux. Leur allégeance loyale et leur alliance sous n’importe quelle forme envers le colonialisme, leur ennemi, est une transgression des principes sacrés de l’Islam. Celui qui accepte ou tolère la tutelle colonialiste signifie ici, qu’il a accepté de se détourner de sa religion et de faire triompher l’ennemi de sa religion sur sa propre personne, sa génération, son peuple et sa patrie. »

Dans le prolongement de mes analyses sur les révolutions en Tunisie et en Egypte j’ai écris deux livres  » Le dilemme arabe et les 10 commandements US » et « Islamophobie : Deus Machina » pour montrer, selon ma propre évaluation de la situation du monde musulman et ma propre grille de lecture des révoltes arabes, que nous allons assister à des arrangements d’appareils bureaucratiques avec l’impérialisme pour d’une part confisquer les révolutions populaires en Tunisie et en Egypte et d’autrre part semer le chaos en Syrie et en Libye. L’ingénierie et la prospective américaine allaient disloquer les mentalités collectives, les géographies, les économies et l’histoire commune du monde musulman pour empêcher toute évolution dans le monde musulman et en particulier tout rapprochement avec l’Iran et toute consolidation et élargissement de l’axe de résistance. Par ailleurs le complexe de renseignement et de psychologie sociale de la CIA et des experts de la géopolitique allaient donner un contenu militaire à l’Islamophobie pour faire de la méfiance des occidentaux envers les Musulmans et de la défiance des musulmans entre eux un champ explosif faisant sauter l’islam politique avant qu’il ne parvienne à maturité civilisationnelle. Avec la mise en scène des Jihadistes, d’al Jazira et de Qaradawi, ils ont réussi à dévoyer le projet islamique et à stopper la dynamique de changement.

Maintenant ils passent à la récolte des fruits : créer une armée « islamique » agissant pour le compte de l’OTAN… Entre la coupe et les lèvres il y a la Syrie et Damas. L’autre récolte est celle que j’avais évoqué dans ces deux livres : Profiter des erreurs stratégiques de Qaradhawi prisonnier de sa mégalomine , de sa sénilité et sans doute  la taupe qui s’est infiltrée  dans son entourage et l’a manipulé pour détruire l’association internationale des savants musulmans dont son président était antisioniste et militant acharné de la résistance palestinienne. Nous voyons déja les dégats : des sites alimentés de syrie le traitent déja d’agent du Mossad, ce qui est une éxagération et un mensonge sans preuve. Plus tard les Islamophobes comme Daniel Pipes vont exploiter sa Fatwa autorisant l’assassinat de Kadhafi pour salir les savants musulmans qui n’ont pas eu le courage et l’intelligence de mettre fin à la dérive guerrière de Qaradhawi et à son ecart flagrant de la Sunna du Prophète (saws). Laurence d’Arabie, Bressinski, Lewis, BHL, Daniel Pipes et consort surfent sur notre insenséisme et notre vanité.

Mohammad Haykal : al Jazira et les révoltes clé en main !

Haykal : « ce n’est pas un Printemps arabe mais des révoltes clé en main » !

Suite à ses déclarations publiées par le quotidien égyptien Al-Ahram , l’ex-conseiller du président défunt Gamal Abdel Nasser, l’éminent journaliste Mohammad Hassaneyn Haykal s’est vu arrêté sa coopération avec la chaîne satellitaire qatarie alJazira.

Haykal avait affirmé dans son interview que « ce qui se passe dans le monde arabe n’est pas le printemps arabe, mais des révolutions clé en main » dans une référence indirecte à l’implication du Qatar dans le financement des rébellions qui ont lieu dans le monde arabe. L’éminent journaliste égyptien a indiqué que « la reconnaissance par les Etats-Unis aux Frères musulmans ne s’est pas effectuée par admiration pour eux ou par sagesse; mais plutôt suite aux conseils d’un certain nombre d’orientalistes qui ont estimer qu’il était bon d’exploiter l’accession au pouvoir des Frères musulmans pour alimenter les conflits inter-musulmans selon leurs intérêts ». ET d’ajouter que  » les Frères musulmans, trop épris par la joie d’être reconnu par les Occidentaux, omettront d’étudier les véritables raisons cette reconnaissance américaine! »

Mohammad Hassaneyn Haykal a estimé que  » le monde arabe connaît aujourd’hui une nouvelle forme des Accords de Sykes-Picot à travers laquelle le monde arabe est censé être divisé à nouveau pour établir un nouveau partage de ses ressources et un repositionnement de ses forces ». Il a souligné que « nous assistons aujourd’hui à un changement régional, international et politique qui évolue à une vitesse impressionnante, s’étendant sur une large dimension et ayant des conséquences profondes et dangereuses. Il s’agit d’un projet de fissuration du tissu national … » Haykal : « ce n’est pas un Printemps arabe mais des révoltes clé en main » !

Suite à ses déclarations publiées par le quotidien égyptien Al-Ahram , l’ex-conseiller du président défunt Gamal Abdel Nasser, l’éminent journaliste Mohammad Hassaneyn Haykal s’est vu arrêté sa coopération avec la chaîne satellitaire qatarie alJazira. Haykal avait affirmé dans son interview que « ce qui se passe dans le monde arabe n’est pas le printemps arabe, mais des révolutions clé en main » dans une référence indirecte à l’implication du Qatar dans le financement des rébellions qui ont lieu dans le monde arabe. L’éminent journaliste égyptien a indiqué que « la reconnaissance par les Etats-Unis aux Frères musulmans ne s’est pas effectuée par admiration pour eux ou par sagesse; mais plutôt suite aux conseils d’un certain nombre d’orientalistes qui ont estimer qu’il était bon d’exploiter l’accession au pouvoir des Frères musulmans pour alimenter les conflits inter-musulmans selon leurs intérêts ». ET d’ajouter que  » les Frères musulmans, trop épris par la joie d’être reconnu par les Occidentaux, omettront d’étudier les véritables raisons cette reconnaissance américaine! »

Mohammad Hassaneyn Haykal a estimé que  » le monde arabe connaît aujourd’hui une nouvelle forme des Accords de Sykes-Picot à travers laquelle le monde arabe est censé être divisé à nouveau pour établir un nouveau partage de ses ressources et un repositionnement de ses forces ». Il a souligné que « nous assistons aujourd’hui à un changement régional, international et politique qui évolue à une vitesse impressionnante, s’étendant sur une large dimension et ayant des conséquences profondes et dangereuses. Il s’agit d’un projet de fissuration du tissu national … » Enfin, l’ex-conseiller du président Abdel Nasser a résumé la situation au Moyen-Orient en deux points: le premier est une fissure invisible mais fracassante qui consiste à plonger la région dans un conflit inter musulmans, en particulier entre sunnites et chiites. Ce projet de division a commencé il y a des années quand le régime du Shah en Iran est tombé avec l’avènement de la révolution islamique d’Iran. Et le deuxième est une division parallèle à la première, où la région sera soumise à un nouveau Sykes-Picot avec des variables ajustables selon les circonstances requises ». Un dernier mot sur la Syrie, où Haykal a considéré qu' »une intervention militaire étrangère en Syrie en ce moment est effrayante, et que  » les conséquences d’une conquête étrangère de la Syrie sont très difficile à évoluer surtout après ce qui s’est passé en Irak, au Yémen, au Soudan et enfin en Libye, ajoutant:  » ni la région de Bagdad à Benghazi, ni la région d’Alep à Aden ne peuvent supporter ce qui se prépare dans la région à travers l’intervention des armées et des flottilles étrangères ».

Enfin, l’ex-conseiller du président Abdel Nasser a résumé la situation au Moyen-Orient en deux points: le premier est une fissure invisible mais fracassante qui consiste à plonger la région dans un conflit inter musulmans, en particulier entre sunnites et chiites. Ce projet de division a commencé il y a des années quand le régime du Shah en Iran est tombé avec l’avènement de la révolution islamique d’Iran. Et le deuxième est une division parallèle à la première, où la région sera soumise à un nouveau Sykes-Picot avec des variables ajustables selon les circonstances requises ». Un dernier mot sur la Syrie, où Haykal a considéré qu' »une intervention militaire étrangère en Syrie en ce moment est effrayante, et que  » les conséquences d’une conquête étrangère de la Syrie sont très difficile à évoluer surtout après ce qui s’est passé en Irak, au Yémen, au Soudan et enfin en Libye, ajoutant:  » ni la région de Bagdad à Benghazi, ni la région d’Alep à Aden ne peuvent supporter ce qui se prépare dans la région à travers l’intervention des armées et des flottilles étrangères ».

Source : Al Manar

L’émissaire de la haine et de la mort

Nous sommes dans une ambiance précoloniale où la Syrie est visée en second lieu après la Libye avant de viser l’Algérie qui sera complètement isolée sur le plan international et divisée sur le plan national par la faute de ses gouvernants incompétents et de son opposition infantile. Voici un aperçu de BHL sur l’Algérie qu’il faut d’abord voir dans sa carrière d’agent spécial dans le monde musulman pour comprendre ses déclarations

BHL et sa tournée mondiale (sources : télévision Tel Aviv)

 BHL et le printemps arabe en Algérie


Pour BHL, l’Algérie connaitra son printemps arabe par jackyshow38

La Syrie et les Etalons (Fhoula) musulmans à la Mecque

Les étalons, énuques, et les principes, fallacieux, ont prononcé,  au sommet islamique de la Mecque, la suspension de la Syrie de l’Organisation de coopération islamique (OCI). Comme prévisible l’Iran se retrouve seul face à 56 pays dits musulmans.  On aurait pu dire que la souris accouche d’une souris,  que le serpent se mord la queue ou que le mulet ne peut être géniteur si la majorité de ces pays étaient  islamiques dans le sens où ils appliquent la Chariâ islamique à la lettre. Ils sont dans la situation de l’âne qui ignore le poids des responsabilités et la valeur des mots  qu’il transporte :

{L’exemple de ceux à qui on a fait porter la Torah, et qui ensuite ils ne l’ont pas portée, est comme l’exemple de l’âne qui porte des livres. Piètre exemple des gens qui ont démenti les Signes d’Allah ! Et Allah ne Guide pas les gens injustes.} Al Jumu’â  5

« Que celui qui n’a pas péché  jette la première pierre » est la réponse que Jésus a donnée aux pharisiens et aux hypocrites qui voulaient lapider une femme soupçonnée d’adultère. C’est la mauvaise réponse que les bédouins vassaux de l’impérialisme et illégitimes vis-à-vis de leurs peuples viennent de donner à  la Syrie pour la livrer aux visées américano sionistes comme si la tragédie de la Libye, de l’Irak et de l’Afghanistan et de la Palestine ne sont pas des plaies encore béantes attendant réponse.

La ligne droite, comme le Sirat al Moustaqim, aurait du s’établir directement entre la Mecque et Damas. Elle n’aurait pas du passer par le méridien de la Mecque via Qaradhawi, la Cia et le Pentagone pour compliquer la situation, mais aurait du passer par une invitation des dirigeants de la Syrie à venir exposer leurs points de vue car il n’est pas dans les traditions archaïques ni modernes d’écouter un clan séditieux contre le détenteur du pouvoir sans auparavant  mettre à l’épreuve le détenteur du pouvoir et le clan séditieux. La loi d’Allah pour les Serviteurs des lieux saints amputé du troisième lieu saint leur commande d’inviter les parties en conflit à effectuer une ‘Omra puis à s’assoir autour d’une table et trouver solution urgente pour mettre fin à l’effusion de sang puis se mettre d’accord sur un programme de sortie de crise :

{Et si deux groupes de croyants se combattent, réconciliez-les. Si alors l’un des deux groupes tyrannise l’autre, combattez celui qui tyrannise jusqu’à ce qu’il revienne à l’Ordre d’Allah. S’il revient, réconciliez-les avec justice et soyez équitables. Certes, Allah Aime les équitables. Les croyants ne sont que des frères, établissez la concorde entre vos frères. Et prenez garde à  Allah : ainsi il  vous sera fait miséricorde.} Al Hujurate 9

Sinon il fallait  ou bien établir la preuve par l’image et le son sur celui qui persiste dans la mécréance et l’injustice, ou bien remettre l’affaire entre Allah en s’inspirant de la moubahala : la malédiction sur le menteur (المباهلة) :

{ فَمَنْ حَآجَّكَ فِيهِ مِن بَعْدِ مَا جَآءَكَ مِنَ ٱلْعِلْمِ فَقُلْ تَعَالَوْاْ نَدْعُ أَبْنَآءَنَا وَأَبْنَآءَكُمْ وَنِسَآءَنَا وَنِسَآءَكُمْ وَأَنْفُسَنَا وأَنْفُسَكُمْ ثُمَّ نَبْتَهِلْ فَنَجْعَل لَّعْنَتَ ٱللَّهِ عَلَى ٱلْكَاذِبِينَ } [عمران آل: 61 ]

 {La Vérité émane de ton Dieu, ne sois donc pas du nombre des sceptiques. Quiconque te dispute à son sujet, à partir de ce qui t’a été donné de la Science, alors dis : « Venez : convoquons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nos personnes et vos personnes, ensuite invoquons pour appeler la malédiction d’Allah sur les menteurs ».} Al Imrane 61

Ces gouvernants, ces savants musulmans et ces partis islamiques hystériques et insensés auraient ainsi prouvé au monde musulman que le régime syrien et à sa tête le Président Bachar Al Assad pratiquent le Kufr (bawàh) flagrant, évident, incontestable. Pour l’instant nous assistons à l’impensable.

La géopolitique et l’instinct de survie auraient du leur commander de ne pas livrer un régime en place à une opposition qui se prétend islamiste alors qu’elle affiche ouvertement  le soutien politique, militaire, médiatique et diplomatique qu’elle reçoit de ceux qui ont colonisé le monde musulman et qui veulent le démanteler  dans un Sykes Picot bis pour détruire ce qui pourrait encore faire le trait d’union d’une civilisation  qui attend son éveil en l’occurrence le ciment des mentalités collectives des peuples musulmans, de  l’histoire commune, la contigüité de  la géographie et l’impératif de constituer un front politique, économique et militaire contre l’hégémonie américano sioniste.

Comme toujours les Bédouins incultes  et insensés ratent l’occasion de se réconcilier avec l’histoire et la vérité et font prévaloir leurs opinions erronées et les instructions de leurs maitres.  Il ne leur suffit pas de porter l’injustice commise contre leur propre peuple, il faudrait qu’ils portent l’injustice  des autres.  Au nom de quel droit, de quelle légitimité et de quelle représentativité de l’Islam,  trahi et ignoré, ces vauriens prennent des décisions en notre nom au mois de Ramadhan et à la Mecque sacrée. Ces petits Dejjals (faux Messies) ne savent pas qu’entre le Halal (licite) évident  et le Haram (illicite)  évident il y a un espace de confusion et de doute qu’il faut éviter par l’abstention. Entre d’une part  le régime syrien,  une majorité du peuple et l’essentiel de l’armée qui le soutiennent, et d’autre part  les forces sionistes qui veulent la guerre civile et l’anéantissement du dernier axe  de la résistance, il ne peut y avoir confusion et s’il y a confusion il faut alors s’abstenir de prendre parti pour un camp ou pour l’autre.  La logique musulmane exige pourtant de ne pas soutenir les séditions armées  et encore moins les coalitions colonialistes qui veulent morceler le monde musulman et spolier ses richesses :

{O vous qui êtes devenus croyants, ne prenez pas Mon ennemi et votre ennemi comme protecteurs, quand vous sortez lutter pour Ma Cause et que vous recherchez Mon Agrément, en leur faisant preuve d’affection, alors qu’ils ont mécru en la Vérité qui vous a été révélée.} Al Mumtahana 1

Si en Egypte et en Tunisie nous voyons le scénario turc se mettre en place dans sa version islamiste comme il été déjà mis en place dans sa version laïque et nationaliste  alors  nous pouvons comprendre, sans pour autant la justifier ni l’approuver, la démarche opportuniste des Frères musulmans. Mais nous avons du mal à imaginer l’Algérie se ranger derrière les bédouins. Elle trahit sa révolution et ses martyrs, elle ne se réconcilie pas avec la tragédie de l’interruption du processus électoral, elle ne restaure pas les droits bafoués, et elle ne se libère pas de la voie qui la mène doucement mais surement de comptoir commercial français à base coloniale américaine.  Les gouvernants algériens et ses opposants, non islamistes et  islamistes,  sont, abstraction faite des multiples paradoxes qui les minent, en contradiction flagrante avec les grandes figures de la révolution algérienne telles que  Cheikh Al Ibrahimi qui a considéré le colonialisme comme un Satan à combattre :

« Le colonialisme dans sa globalité comme dans ses composants est une souillure provenant de l’œuvre de Satan, ses partisans se rencontrent sur ses propagations perverses celles-là même qui sont poussées par les instincts prédateurs voraces des colonisateurs et animés par les théories du colonialisme expertes dans la construction des instruments impitoyables de prédation et cultivées dans l’art de mettre en servitude les objets de leurs convoitises. Parmi ses moyens les plus redoutables, le colonialisme sape le moral des colonisés et anesthésie leurs sensibilités morales et spirituelles »

(…) L’Islam et le colonialisme sont deux antagonismes qui ne peuvent jamais se rencontrer. L’Islam est la religion de la liberté et de l’émancipation alors que le colonialisme est la religion de la servitude et de l’asservissement. L’Islam a instauré la miséricorde et la bienveillance et il ordonne la pratique du bien et de la justice alors que le colonialisme repose sur la dureté, la tyrannie et la transgression. L’Islam appelle à la paix et à la stabilité, pendant que le colonialisme appelle à la guerre, au meurtre, à la destruction et aux crises.

(…) le colonialisme est le pire ennemi de l’Islam et des Musulmans et par voie de conséquence il est de l’obligation de tous les gens de confession musulmane de considérer le colonialisme comme l’un de ses plus grands ennemis et par conséquent il ne peut y avoir acceptation de sa tutelle, de son alliance ou d’une allégeance à son égard.

(…) les Musulmans doivent comprendre tout ces enjeux et savoir que la vigilance la plus élémentaire leur recommande d’éprouver, par esprit d’équité et de réciprocité, pour le moins, les mêmes sentiments d’hostilité que leur ennemi éprouve envers eux. Leur allégeance loyale et leur alliance sous n’importe quelle forme envers le colonialisme, leur ennemi, est une transgression des principes sacrés de l’Islam. Celui qui accepte ou tolère la tutelle colonialiste signifie ici, qu’il a accepté de se détourner de sa religion et de faire triompher l’ennemi de sa religion sur sa propre personne, sa génération, son peuple et sa patrie.

(…)  Une des pires et infâmes alliances avec le colonialisme, c’est celle qui est faite au moment où il faudrait s’opposer à lui et de lui tendre la main au moment où il faudrait le combattre. Ce qui dépasse le comble de l’infamie c’est de pactiser avec ton colonisateur lorsqu’il livre bataille.

(…) Il ne peut y avoir exemple plus éloquent en matière de stupidité et de lâcheté que de voir l’opprimé faire alliance avec son oppresseur à moins que la réalité du monde et la logique de la raison nous prouvent l’alliance de la colombe avec l’aigle et celle de l’entente l’agneau avec le loup. »

Pourquoi faire allégeance aux puissants alors que les expériences prouvent qu’ils ne s’allient à nous que pour prendre nos enfants comme chair à canon, nos géographies comme zone de conflits et d’affrontements à leurs guerres coloniales, nos terres comme ressources pour asseoir leur puissance et leur domination. Puis lorsque la guerre s’achève, le plus grand perdant et le plus grand vaincu c’est toujours nous et ce quelque soient les mobiles ou les circonstances des guerres coloniales. Combien d’avertisseurs sont venus nous réveiller est-ce que parmi nous il y en a qui se souviennent ?

O musulmans ! O organisations musulmanes ! O gouvernements islamiques, ne manifestez aucun sentiment d’attachement pour le colonialisme, car ce serait commettre une rébellion contre Allah, une agression contre le genre humain et vous seriez des hérétiques séditieux envers l’Islam.  Ne soyez pas alliés à ses côtés, ni en temps de paix, ni en temps de guerre, car en temps de paix, il fait passer son intérêt avant les vôtres, et en cas de guerre ce sont vos patries qui seront son butin. Ne contractez aucune alliance avec lui car il ne respecte pas ses engagements ; n’attachez aucune foi en ce qu’il dit, car certainement sans foi ni loi il n’est garant d’aucune sécurité ou protection pour vous.

Le colonialisme laisse échapper ses derniers soupirs. Que l’histoire ne soit pas un témoignage contre vous en lui donnant par votre allégeance un jour supplémentaire d’existence sur terre. Ne vous alliez pas à lui, car sa nature bestiale le pousse à dévorer son allié avant de dévorer son ennemi.

Ces extraits de la Fatwa remontant à la guerre de libération sont toujours d’actualité :

  • Ils sont conformes à la situation du colonialisme qui agonise, mais qui reste en vie donnant des coups de cornes mortels à nos crétins qui lui donnent des perfusions de leur sang, de leur vitalité  au détriment de leur honneur et de leur vie
  • Ils témoignent contre nous et  prouvent que nous sommes toujours des insensés, des bavards impénitents, des insouciants, des traîtres qui vont une nouvelle fois subir l’humiliation  et  le châtiment par une nouvelle Fitna (le comportement hors de la droiture et les agissements en contradiction avec le Coran et la Sunna) :

{ وَٱتَّقُواْ فِتْنَةً لاَّ تُصِيبَنَّ ٱلَّذِينَ ظَلَمُواْ مِنكُمْ خَآصَّةً وَٱعْلَمُوۤاْ أَنَّ ٱللَّهَ شَدِيدُ ٱلْعِقَابِ }

{Et craignez une sédition qui n’atteindrait pas particulièrement ceux qui ont été injustes d’entre vous. Sachez qu’Allah punit sévèrement.} Al Anfal 25

Je n’apprendrais à personne que le courage véritable de nos valeureux  gouvernants  et de nos élites « islamistes » s’est honorablement manifesté pour libérer l’Irak, l’Afghanistan, Gaza et la Palestine.  Nous leur souhaitons bonne fête de l’Aïd qui va se dérouler comme toujours, dans l’effusion de sang, l’effritement du monde musulman et l’impunité des sionistes et des colonisateurs.

Les Arabes et à leurs suite les Musulmans ont, à la veille de l’Aid, décrété, sur ordre du grand satan, un embargo sur la Syrie privant ses enfants, ses femmes et ses vieux de nourritures, de médicaments et de soutien, mais nous espérons d’Allah ce que n’espèrent pas les  faux étalons :

{certes, les manœuvres de Satan sont fragiles.} An Nissa 76

Ahmadinejad à la Mecque : « Nous sommes tombés dans le piège de nos ennemis »

Au cours d’une allocution, à la Conférence de l’OCI, à la Mecque, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a brossé un tableau pessimiste sur la situation régionale, allant jusqu’à vilipender certains rois arabes qui jouent le jeu des ennemis en Syrie alors que leur peuple les refuse! « J’ai un amer constat à faire : malheureusement, nous, les Musulmans, nous sommes tombés dans le piège que nos ennemis nous ont tendus! Nous entrons de plein pied dans une guerre totale, dévastatrice et vaine, une guerre à caractère fratricide, ethnique et tribale, qui pourrait durer des dizaines d’années. Malheureusement, certains pays jouent le jeu des ennemis a déclaré le président iranien » ! …

Et de poursuivre: « Ceux qui étaient arrivés au pouvoir, pour changer la politique hégémonique des Etats Unis envers notre région, ont tourné leur veste et ils veulent changer notre région, ils nous menacent de guerre…je vous renvoie à l’Afghanistan, à l’Irak, la Libye, la Syrie, à Bahrein, au Yémen ….dans ces pays qui tire sur qui ? « ….

« Si nous acceptons que la justice et l’égalité sont le droit de tout un chacun, alors, nous allons accepter que nous sommes tous dans le même bateau, nos destins sont liés. Nous devons nous serrer les coudes, nous entre-aider, pour faire face à l’ennemi commun; nous devons faire front commun face à nos ennemis », a encore affirmé Ahmadinejad.

« L’OTAN rêve de s’emparer de notre région et nous, au lieu d’affronter ce danger, sur la foi de faux arguments, inventés ou imaginaires, ethniques ou tribaux nous sommes devenus ennemis, sans savoir que ces hostilités gratuites offrent la meilleure occasion à nos vrais ennemis, pour nous envahir a regretté le président iranien. »