Les principaux enjeux en Syrie

Pick up comme en Libye

mise à jour  25/08/2012

Après la Libye c’est le tour de la Syrie, ensuite celui du Liban puis de l’Algérie et enfin celui de l’Iran si le grand satan ne trouve pas sur son chemin destructeur ce qui le bloque.

Je continue de croire que les « révolutions  » en Tunisie et en Egypte ont été récupérés par les Etats-Unis et les monarchies du golfe. Je continue de croire que la Libye est l’opération de contre révolution la plus raffinée contre l’Egypte même si les Egyptiens enivrés par leur nationalisme de pacotille et leurs frères musulmans anesthésiants ne veulent pas l’admettre.

Pour l’instant les Arabes et les Musulmans sont, dans leur majorité écrasante, dans l’insouciance totale de ce qui les attend si la Syrie capitule ou s’effondre. Les Algériens, gouvernants, opposition et gouvernés,  n’ont tiré aucune leçon de la tragédie passée et ils ne méditent pas les raisons qui poussent ceux qui ont arrêté le processus électoral, car il a été remporté par des islamistes, se retrouver aujourd’hui à encourager, former, financer et superviser des guérillas islamiques en Afrique et dans le monde arabe. Je ne donne aucune justification au recours à la violence tant du pouvoir qui a trahi le prtocessus qu’il a mis en place que des islamistes qui pensaient que c’était le seul recours légal et légitime. Toute atteinte à une vie humaine est à refuser quelque soit le motif à moins que ce ne soit par acte de justice.  Les Algériens, de tout bord, s ne tirent toujours pas leçon ni ne cherchent à connaitre la logique de ceux qui ont ordonné et protégé Khaled Nezzar d’arrêter le processus électoral et de conduire un pays avec un fort potentiel de développement vers la guerre civile, et qui se trouvent aujourd’hui entrain de le menacer de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité. Les revanchards et ceux qui n’ont pas pansé leur douleur individuelle s’imaginent que l’Occident leur fait des cadeaux car il est épris d’amour pour la justice, la démocratie, le droit, la dignité humaine et les islamistes. L’Algérie est suffisamment fragilisée, sans État, sans politique, sans cadres, sans opposition crédible. Elle peut par la menace, l’intimidation et le chantage basculer de comptoir commercial français à base coloniale agissant comme gendarme en Afrique ou comme force dans l’effort de guerre qui sera employé contre l’Iran.

Ils ne tirent pas leçon de la tragédie libyenne : où est la Dawla islamiya en Libye ? Où sont la liberté, la démocratie et la prospérité économique promises? Comment expliquer qu’un gouvernement comme celui du Soudan qui a participé à la partition de son propre pays puisse participer à l’agression contre la Libye ou inciter à la sédition en Syrie ? Où sont la logique, la vision lointaine, le respect des préceptes de l’islam ?

Tant que les Arabes et les Musulmans ne reviennent pas à un bilan de conscience et à un repentance le sang versé, en Algérie des centaines de milliers, en Libyes des dizaines de milliers et en Syrie plusieurs milliers, sera une malédiction qui nous poursuivra tous car le sang versé d’un innocent, d’ un seul, fait trembler le Trone de notre Dieu, alors que penser de ce sang versé à flots pour des questions de pouvoir?

Quelques occidentaux, et ils sont rares, commencent pourtant à se  se  poser   une question logique : « pourquoi condamner ici, sur le territoire national, un islamisme que nous encourageons, soutenons, entraînons et armons en dehors, contre des États qui justement tiennent en lisière le radicalisme musulman dans son expression la plus fanatique ? Par pure sottise ? Par masochisme ? Par imbécillité congénitale ? »

La réponse est multiple  :

1 – L’Islamophobie : créer de la méfiance envers le musulman et de la défiance entre les musulmans pour éviter l’éveil de l’Islam authentique libérateur et civilisateur. L’Occident sait mieux que nous que l’avenir du monde est dans l’Islam et il sait que l’Islam est incompatible avec le colonialisme et le capitalisme. L’Islamophobie comme machination diabolique à visée idéologique, psychologique, médiatique et militaire consiste à nous rendre ridicules, haïssables et criminels pour se donner justification d’intervenir au nom de l’humanisme, du droit des minorités, de la lutte antiterroriste, de la liberté. Les laboratoires et officines connaissent notre état psychique du demi éveillé qui est dans la confusion entre le jour et la nuit, entre le rêve et le cauchemar, entre l’illusion et la réalité. Lorsque les chrétiens d’Occident laissent les chrétiens d’orient se faire massacrer par des Fatwas des savants des palais saoudiens, il y a questionnement : on prépare des bouc-émissaires dans la stratégie américaine du chaos fécond. Lorsque des Musulmans vont à l’encontre des règles énoncées par le Coran et le Prophète de ne pas attenter à la vie humaine et de ne pas transgresser la sacralité de la vie et des biens du Juif et du Chrétien vivant parmi les musulmans, il y a une orchestration qui vise à briser l’éveil musulman pour le plonger dans l’horreur, dans la profanation du sacré au nom du « printemps arabe ».  Quand des pygmalions  de service à l’instar de Tariq Ramadan se mettent à cautionner l’agression de la Libye et de la Syrie, allant contre l’enseignement du Prophète qui refuse de voir le sang d’un musulman ou d’un citoyen dans un pays musulman couler sans droit, de voir les musulmans se ranger derrière les faux étendards, et de voir les Musulmans entrer en sédition armée contre un gouvernant, même despote, alors qu’il n’a pas déclaré son apostasie ni interdit la prière. Les Libyens et les Syriens étaient-ils interdit de se rendre à la mosquée comme du temps d’Attaturc ?

2 – La catharsis géopolitique : exporter les crises internes et les malédictions du capitalisme ainsi que l’impasse dans laquelle l’entité sioniste se débat sans perspective réelle et salutaire à long terme. Toute la propagande médiatique et tous les tintamarres ne sont là que pour occulter la fin inéluctable de l’entité sioniste même si les Arabes et les Palestiniens cherchent la paix et la servitude. Il y a des signes annonciateurs et il y a un déterminisme historique qui les met en situation de panique.

3 – Détruire l’axe de résistance qui est né contre l’accord de camp David. Cet axe comprend l’Algérie, la Libye, la Syrie et  L’Irak

4 – Anticiper sur les révolutions ou les réformes inévitables dans le monde arabe et les pervertir pour laisser le monde arabe disloqué, sans cap, sans ciment social fédérateur.

5 –  Mettre en oeuvre la stratégie du  » soft powerment  » de Bresinsky en instrumentalisant les pseudos islamistes contre les ennemis de l’Amérique comme agent de subversion et laisser leurs vassaux arabes et européens faire les guerres coloniales à leur place se contentant de fournir l’ordre de combat, le renseignement et la logistique stratégique. Cette stratégie a bien fonctionné en Libye car elle a trouvé une ligue arabe de traitres et une association internationale de savants musulmans séniles et ignorant la géopolitique.

6 – Démanteler les pays arabes dans le prolongement de Sykes picot. A titre d’exemple voici le schéma de découpage de la Syrie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un autre pays musulman en attente de démembrement : le Nigéria

 

7 – Détruire toutes les armées capables de faire face à l’entité sioniste pour les remplacer par des bases coloniales d’où partiront les expéditions contre l’Iran. L’expérience irakienne n’est pas loin. Détruire toutes les armées qui refusent de se plier au joug du nouvel ordre mondial.

L’expérience yougoslave etl’expérience irakienne ne sont pas loin. L’Algérie a une grande armée et une fois le sort de l’armée syrienne réglée ce sera le tour de l’armée algérienne invitée à livrer son aviation et sa marine comme auxilliaire de l’Otan tant pour la future guerre contre l’Iran que pour le rôle de gendarme au Sahel. Les pressions diplomatiques et politiques ne se cachent plus et c’est dans ce jeu de pression qu’il faut voir l’accusation portée par la Suisse de « crimes contre l’humanité » à l’encontre du général Khaled Nezzar.

8 – Empêcher le déplacement du centre du monde géopolitique et économique vers l’Eurasie qui va être la fin de la domination occidentale et un nouveau partenariat avec le monde musulman. Les Russes et les Chinois y oeuvrent depuis la chuite du mur de Berlin d’autant plus que les principales sources  et les principales voies d’acheminement des ressources minières et énergétiques pour les  futures années s’y trouvent.

8 – La spoliation des richesses et le contrôle des voies maritimes et terrestres d’acheminement du gaz et du pétrole. Dans ce contrôle, l’Empire va tenter de couper les ressources du développement et de la résistance, mais aussi les sources et les voies d’approvisionnement de l’énergie à la Chine, puissance émergente.

9 – Laisser la résistance palestinienne et libanaise sans soutien. Le Qatar et l’Arabie saoudite oeuvrent sans se cacher pour liquider la cause arabe et à sa tête la cause palestinienne.

10 – Créer un état de psychose dans les populations et les djounouds du monde arabe de telle façon à générer la démission devant la puissance maléfique de l’Occident et chercher le sauve-qui-peut dans des explications eschatologiques et apocalyptiques loin de toute analyse sérieuse en termes de rapport de forces, de mobilisation dans un axe de résistance et de changement de paradigme idéologique. En ce qui me concerne, je répète depuis des années qu’il est nécessaire de placer le curseur idéologique sur la résistance contre l’impérialisme américano sioniste et ses vassaux arabes et européens et ne pas tomber dans le piège de la division ou de l’éradication en opposant islamistes et non islamistes, militaires et civils, gouvernants et gouvernés. L’histoire a montré que l’Islam se développe mieux et plus vite en situation de paix qu’en situation de troubles comme elle a montré que la prospérité économique et sociale se construit dans la paix et non dans la guerre.

11 – Détruire l’Etat, despotique ou non, pour installer à sa place les commis locaux à la prédation qui s’intègrent dans le nouvel ordre économique qui veut effacer la réglementation, la souveraineté nationale, la justice sociale. Dans ce but, le nouvel ordre mondial installe –  par la force à ceux qui lui résistent et par le pourrissement de ses vassaux qui acceptent la servitude – aussi bien dans les anciennes colonies que dans la vielle Europe une nouvelle race de prédateurs, de corrompus, de sanguinaires, de cyniques, de nihilistes qui peuvent se cacher sous les noms d’islamistes, de groupes armés, de démocrates ou de républicains qui gérent l’Etat comme une boutique underground du marché informel. Il faut juste étudier la Russie après la chute du mur de Berlin et l’Algérie après la  » réconciliation nationale « . Sur ce sujet, j’avais écris un livre que j’ai perdu et qui faisait suite au livre  » le dilemme arabe et les 10 commandements US « . Ce livre abordait la question économique dans l’enjeu post  » révolutionnaire  » et il a été écrit en réaction aux déclarations de Chrisitine Lagarde au G8 de Deauville où elle a fait allusion au printemps arabe et à la chute du mur de Berlin. Pour l’observatoire averti la chute du mur de Berlin a une double signification.

La première c’est l’effondrement de l’URSS et du pacte de Varsovie minés de l’intérieur par les groupes de pression sociale et économique inféodés à la CIA et au Vatican et par l’extérieur par l’effort de guerre en Afghanistan et la course spatiale.

La seconde signification dans la  chute du mur de Berlin en 1995 soulignait aussi  la suprématie du capitalisme impérialisme sur le monde et l’emergence en Russie et dans ses anciens satellites d’une bourgeoisie d’affaires liée au crime, à la maffia et au démantèlement de l’Etat central. Ce sont ces perspectives que le  » printemps  » arabe a permis de réaliser en rendant légal l’état de non droit là où l’Etat est absent en laissant les peuples sans gouvernance et sans puissance publique à la merci des bandes armées et des trafiquants, et en s’attaquant à détruire l’Etat là où il est encore présent.

 

Observation : La probabilité d’une guerre entre la Turquie et la Syrie

La Turquie se prépare à attaquer la syrie :
1 – par procuration pour l’OTAN et Israël et en même temps elle règlerait trois problèmes en suspens :
2 – le problème de l’eau en suspens entre la Syrie et la Turquie puisque la Turquie est en train de construire un grand bartrage qui va priver la Syrie de l’eau et pousser les deux pays à entrer en guerre.
3 – Imposer son armée comme seule force de dissuasion dans la région.
4 – Partitionner la Syrie et donner un territoire aux kurdes pour se débarasser du problème kurde.
5 – Jouer le rôle de fer de lance dans une armée « islamique » qui serait le bras armé de l’OTAN contre la Syrie puis contre le Hezbollah et enfin contre l’Iran.
6 – Espérer gagner en influence régionale, en territoires et en ressources dans le nouveau découpage du monde arabe par Sykes Picot bis, le premier ayant démembré l’empire ottoman. Le néo ottomanisme erdoganien s’appuie davantage sur un antionalisme turc exacerbé que sur un islamisme pur et dur.
Mais elle se trouve confronté à Sept problèmes :
1 – Le dernier sondage montre que 75% de la population est contre la guerre.
2 – L’économie de bazar qui représente le centre de gravité dans les couches moyennes et bourgeoises en Iran, Turquie et Syrie est perdante dans la crise actuelle et réclame le règlement du conflit avant de balancer vers un camp qui lui semblerait défendre le mieux ses intérêts.
3 – L’armée syrienne est prête à une guerre avec Israël et ses forces seront orientées contre la Turquie avec le défi de tout gagner et foutre en l’air tout l’équilibre régional ou tout perdre.
4- Erdogan, comme je l’ai expliqué dans les dix commandements us est la tendance frères musulmans avec l’idée de jouer le rôle central dans le monde arabe comme le représentant légitime du sunnisme pouvant s’opposer au chiisme, mais une guerre contre la Syrie risque de se retourner contre lui, car au lieu de se faire sous l’axe chiite contre sunnites elle sera perçue comme une guerre Turcs contre Arabes avec des conséquences dramatiques pour la Turquie. Lors de l’agression de la Libye, j’avais montré la fausse image d’Erdogan en publiant ce que pensait de lui son maitre politique et spirituel, le défunt Erbakhan, qui l’a catalogué comme agent du sionisme.
5 – les Syriens ont la carte des Kurdes. Il y a une bataille féroce entre la Syrie et le Kurdistan (aidé par Israël) sur l’influence des kurdes de Syrie : les syriens veulent les impliquer dans le conflit à leur avantage et l’OTAN par le biais d’Israël veut les utiliser contre la Syrie. Voilà pourquoi la bataille d’Alep doit se solder rapidement par une victoire écrasante de l’armée régulière.
6 – Les russes vont jouer la carte de la Syrie car il s’agit de la reconfiguration du nouvel ordre mondial. Les grands vont s’affronter comme toujours sur nos terres et avec notre sang pour régler leur contentieux.
7 – Les nationalistes et la gauche turcque opposés à Erdogan vont trouver l’occasion de destabiliser le gouvernement sinon utiliser le mécontentement populaire et les pertes de l’économie de bazar.
8 – Les Arméniens tant en Arménie que dans le reste du monde pourraient basculer en faveur de la minorité orthodoxe arménienne en Syrie (Alep et Damas) et poser des problèmes supplémentaires à la Turquie qui elle aussi est dans l’oeil du cyclone qui va la démanteler à moyen ou long terme si le plan américain et sioniste parviennent à réaliser leurs objectifs en Syrie.
La Turquie « doit » entrer en guerre tout de suite si elle veut ne pas tomber dans la période de vacance du pouvoir US durant la campagne présidentielle américaine à moins que le false flag d’Obama serait d’envoyer la Turquie en guerre et puis lui apporter son aide directe et montrer ce qu’il est réellement, un noir plus blanc que les blancs. Est-ce que les Musulmans et les Arabes se sont réveillés de son discours du Caire dont je fus le premier à dénoncer le mensonge et la perfidie ainsi que ce qu’il annonçait comme politique étrangère US.
La Turquie pourrait diférer son entrée en guerre le temps de voir l’usure morale et l’épuisement logistique  jouerleur oeuvre sur l’armée syrienne et sans doute le temps de voir la mise en oeuvre de l’artifice légale : « l’armée islamique » financée par le Qatar et l’Arabie saoudite et légalisée par l’OCI.
Est ce que la Turquie est prète à entrer en guerre pour des considérations internes et géopolitiques, je ne le sais pas. Les choses vont se déssiner dans les jours ou les semaines à venir.

 

Conclusion

La bataille d’Alep va être déterminante non seulement pour la configuration des pays arabes mais du monde. 

Logiquement le régime syrien et les classes moyennes qui le soutiennent devraient sortir victorieux et infliger une lourde défaite à  l’axe satanique. La défaite ne serait pas dans une confrontation de front car la Syrie n’a pas les moyens militaires et économiques de faire face à l’armée américaine, mais dans l’embrasement de la région par une résistance qui viendrait du ras-le-bol des peuples contre les monarchies et l’Occident. L’axe du mal a même perdu pour l’instant la possibilité d’ouvrir un front de guerre entre la Syrie et la Turquie puisque les turcs sont majoritairement défavorables à la guerre contre la Syrie et les classes d’affaires sont perdantes dans la crise qui dure car leur chiffre d’affaires se réalise au Liban, en Syrie et en Iran. Il ne lui reste que deux scénarios : continuer à déstabiliser la Syrie et l’affaiblir par des actions subversives (sabotages, assassinats et guerre psychologique et médiatique) avec le risque que le régime syrien déjoue les manœuvres et renforce ses capacités de manœuvres le rendant plus fort dans la région et devant l’entité sioniste. Le second scénario est l’intervention directe de l’OTAN et des vassaux arabes. L’Arabie saoudite et le Qatar prônent l’intervention militaire. Devant leur échec à l’ONU, ils convoquent l’organisation des pays islamiques présidée par un turc pour lever une armée contre la Syrie, chose qu’ils n’ont jamais envisagé pour libérer la Palestine, l’Afghanistan ou mettre de l’ordre en Somalie.

On évoque déjà 4 drones et un avion de reconnaissance américain qui auraient été abattus par la défense anti aérienne syrienne, ce dernier aurait été retrouvé au Liban et récupéré par l’armée libanaise avant l’intervention sioniste pour le détruire.

Ce scénario va embraser la région sauf si Israël commet la faute d’engager une action contre le Hezbollah pour retrouver sa dignité et sa réputation d’invincibilité et il serait difficile de justifier à la population arabe et musulmane ainsi qu’ à l’opinion mondiale une agression contre la Syrie en même temps. Israël pourrait fausser la stratégie américaine qui compte disloquer la continuité géographique, idéologique, économique et militaire entre l’Iran, l’Irak, la Syrie, le Liban et certaines factions de la résistance palestinienne. Une seconde agression dans ce début du troisième millénaire contre le Liban ou contre Gaza aura l’effet d’un tsunami sur les régimes fantoches du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

La bataille d’Alep devrait  contraindre le régime syrien à engager des réformes plus profondes s’il ne ne veut pas perdre le soutien d’une population qui a payé un lourd tribu dans une opération type contras qui dure depuis plus d’un an.

La bataille d’Alep aura sans aucun doute des répercussions géostratégiques par la refondation des rapports de forces et des zones d’influence. C’est la fin de l’hégémonie américano sioniste et l’émergence du pôle sino russe et du pôle latino américain. Avant l’assassinant de Kadhafi, j’avais montré le cynisme efficace des Russes et des Chinois qui avaient opté d’abandonner la Libye et de se concentrer sur la Syrie car ils voulaient faire un cas d’école dans l’opinion mondiale et dans le monde arabo musulman et disposer d’un argument diplomatique contre l’OTAN. Chacun a ses stratégies, bonnes ou mauvaises, sauf les Arabes et les Musulmans, qui continuent de subir les changements imposés par les autres.

Il ne faut pas croire que je soutiens le régime de Bachar al Assad mais je soutiens l’idée du droit d’un régime à se défendre contre une sédition armée fomentée par l’impérialisme comme je soutiens l’idée qu’il faut que le monde musulman rompe avec ses traditions de coup d’etat qui empêche la construction d’un état fort,  l’emergence des élites et la cohésion sociale les vrais garants de la prospérité. Rien ne garantit que ceux qui arrivent au pouvoir par un coup d’état ou par le soutien des Croisés ne soient pas balayés demain par un autre coup d’etat et un changement de stratégie des Croisés qui ne veulent pas pour le monde musulman une stabilité. L’Etat syrien ne doit pas considérer l’alliance avec les russes et les chinois comme la garantie de sa perennité. Sa perennité et sa vocation sont dans le retour vers Allah. L’Islam devrait être le moteur de la vie idéologique, sociale, politique et économique. Le retour à l’Islam signifie la garantie de préserver la vie, les biens  et la dignité des Musulmans et de l’ensemble des cityoyens syriens….

L’idéal aurait été l’émergence d’un pôle islamique partenaire de ces deux pôles et partenaires de l’Asie et de l’Afrique, mais les Musulmans, gouvernants et gouvernés, élites et gens du commun, ne sont pas prêts à assumer la gouvernance sensée de leurs territoires et encore exercer des responsabilités géostratégiques.

Le Vatican sent venir les changements et il tente de rééditer un San Egidio à l’algérienne mais les conditions objectives et subjectives en Algérie de 1995 et en Syrie de 2012 ne sont pas les mêmes. Le Vatican en s’alliant depuis longtemps avec la CIA en Afrique et en se soumettant à l’entité sioniste a perdu toute crédibilité pour jouer un quelconque rôle. Il est évident que les Chrétiens d’Orient qui sont arabes et de culture musulmane gardent rancune au Vatican pour la question palestinienne. C’est encore l’occasion pour les Musulmans de ne pas laisser tomber leurs frères en arabité et en citoyenneté et de se comporter avec eux selon les préceptes de Mohamed (saws). Il est utile de rappeler que depuis que Omar Ibn Khattab a libéré la Jordanie, Syrie, la Palestine et l’Egypte de la présence coloniale des romains, les Chrétiens avaient retrouvé leur liberté de culte et multiplié leurs églises. Que les appels à la discorde et à la confrontation inter confessionnelle ne viennent pas s’imiscer dans un tissus social, culturel et historique de 15 siècles de vivre ensemble dans le respect des différences.

Qaradhawi et son équipe veulent créer un Vatican sunnite et un Pape sunnite pour imposer l’idéologie des Frères Musulmans et ils sont prêts à sacrifier tout le monde musulman à leur ambition morbide. Al Hamdoulillah il y a encore des Musulmans conscients qui apportent la détraction avec à son appui le Coran et la Sunna aux savants égarés de l’Arabie saoudite et du Qatar. Pour l’instant ni Qaradhawi ni Tariq Ramadan ni  leurs fans ou leurs émules n’ont apporté une justification religieuse ou idéologique à l’agression ou au soulèvement armée. La seule chose qu’ils ont prouvé est qu’ils fonctionnent en conformité avec l’agenda américain, devenant ses portes voix, ses justications morales et religieuses au sein d’une population ignorante et fascinée par les idoles médiatiques.

 

 

 

Omar Mazri – Liberation-opprimes.net

 

Analyse de l’explication eschatologique de l’histoire

Que dire lorsqu’on est sollicité pour se prononcer sur l’opinion d’une célébrité telle que Cheikh Imran Hossein ? Que dire lorsqu’on ne sait pas si derrière la sollicitude, il y a une sincérité ou une envie de me faire trébucher et me mettre à dos ses sympathisants. Je pourrais me taire pour éviter la confusion, mais j’ai préféré répondre par acquis de conscience après avoir imploré Allah de ne pas faire de mes arguments une atteinte à la dignité d’un savant, mais une participation à la clarification comme l’exige notre Prophète (saws) dont certains laissent, comme dans le Coran, l’évident (al muhkam) pour se consacrer au probable (al mutashabihate) dont le terme de réalisation nous échappe et dont la compréhension ne peut être ramenée à l’opinion personnelle malgré son érudition :

« Allah mon Seigneur je me réfugie vers Toi si je commets une injustice ou qu’on me fasse une injustice, si je trébuche ou fasse trébucher autrui, que je sois ignorant ou que je sois ignoré, que j’égare ou que je me fasse égaré »

Mon opinion personnelle a donc peu de valeurs. Je ne suis pas savant ayant autorité religieuse pour évaluer et juger un homme qui a consacré sa vie à défendre sa thèse, ses convictions. Je tente de faire travailler mes neurones avec ce que j’ai comme culture coranique, quand j’écoute ou je lis car le Coran et la Sunna nous demandent d’être circonspect et de tout soumettre à l’analyse critique. Voici donc ma réponse, après insistance de mes lecteurs, en huit points. Jae la livre à chaud comme un résumé de ma propre lecture du Dine et du monde face à ce que dit Cheikh Imran Hossein qui a sa propre lecture du Dine et du monde sans prétendre répondre à tout son effort de prédication ni à son érudition. Je me sens contraint d’apporter une réponse qui va sortir du consensus et c’est pourquoi il faudrait voir mon intervention comme la contribution d’un musulman au débat et pas plus. Ce débat ne doit pas faire oublier que j’ai de lui une bonne opinion qui ne m’interdit pas d’exprimer des réserves sur sa vision comme je le fais sur d’autres. Moi-même j’en reçois certaines forts déplaisantes. Notre règle ne sort pas celle des anciens pieux : mon opinion a des vérités et des erreurs alors que celle de l’autre a des erreurs et des vérités. Convenons de ce qui nous réunit et que chacun de nous tolère les erreurs et les fautes de l’autre.

Ma modeste expérience de « pratiquer » les Musulmans formatés et cherchant davantage la polémique que le débat me montre déjà les « valeureux cavaliers » de la Fitna m’accuser de tout et de rien. Trop habitués au culte des idoles, ils ne peuvent tolérer qu’un autre puisse s’exprimer et émettre son opinion différente. Allah a créé la diversité et les différences mais les Musulmans ont choisi l’unanimisme, le prêt à penser et cette tendance à faire des hommes des fétiches à adorer. Il est de mon devoir de m’exprimer sur ce sujet et d’éclairer les jeunes sur le défi civilisationnel conformément au Hadith du Prophète (saws) qui ne laisse pas de place au fatalisme ou à la démission :

Interrogé sur l’Heure (la fin du monde), le Prophète (saws) a demandé les raisons de la question. Le questionneur ( homme avisé) a répondu qu’il voulait savoir ce qu’il devrait faire à ce moment là. Le Prophète (saws) lui dit : lorsque survient la fin du monde et si dans ta main se trouve un plant de palmier, alors plante-le!

Sur l’approche eschatologique de l’histoire

Gog et magog sont vrais mais cela relève du Ghayb connu par Allah. La fin du monde est vraie mais connue par Allah. Si on considère comme vrai que la fin du monde aura lieu un vendredi, le prochain vendredi ou celui dans mille ans la question qui reste posé et à laquelle le Coran et la Sunna ont répondu : que faire entre chaque vendredi? Si le Prophète nous demande de planter le plant de palmier qui est entre nos mains au moment de la fin du monde ( les étoiles qui tombent etc…) que devons nous faire entre chaque vendredi. Autrement dit que devons nous faire de chaque jour de notre vie : attendre la fin du monde, la venue du Mahdi et le Dejjel ou œuvrer pour qu’Allah et les croyants voient nos œuvres comme œuvres efficaces qui font du bien aux musulmans et rejettent les nuisances des mécréants. Sur le plan historique la littérature musulmane montre cette dérive morbide et messianique hérité des Juifs à chercher l’Apocalypse dans les moments difficiles comme les Croisades par exemple. J’ai développé ce thème en faisant l’analyse de la sourate al Kahf dans une série de 10 parties  » Salomon et la gouvernance » où j’analyse le défi technologique de Dhul Qarnayn et les leçons civilisationnelles dans ses rencontres différentielles avec des peuplades différentes. Je ne vais pas y revenir. Par contre je vais montrer la vision positive et civilisationnelle d’un homme de la trempe de Bennabi en citant son article sur l’Islam de demain écrit en 1973 :

L’an 2000 semble, dans l’océan des temps, désigné comme le seuil d’une parousie qui réconciliera les hommes ou d’un cataclysme qui abolira leur destin…

Nous n’avons pas à faire de prophétie quant à l’issue de cette alternative…

Par contre, il nous est permis en tant que musulmans, de définir notre rôle en vue de son infléchissement vers une issue favorable. Nous savons déjà quel est notre rôle principal dans tous les cas. Il se trouve défini clairement dans le Coran «C’est ainsi que nous avons fait de vous (musulmans) une nation mitoyenne pour que vous serviez de témoins pour les autres hommes et * que le Prophète soit votre témoin…»’.
Dans une parousie ou dans un cataclysme, voila d’abord notre rôle. Il est déjà superflu de dire qu’il exige de nous toutes les vertus inhérentes à un témoignage valable…

Mais au delà ou en deçà de ce témoignage nous devons aussi, par la nature des choses, assumer notre rôle de frères des autres hommes pour sauver avec eux notre commun destin….

Si le premier problème est essentiellement moral, le second est moral et social à la fois…

Si le premier se pose uniquement en termes d’authenticité, le second se pose en termes d’authenticité et d’efficacité à la fois. C’est ce dernier qui occupe notre attention d’autant plus qu’il recoupe le premier ou le pose immédiatement. Car si nous nous demandons comment être authentiques et efficaces, bien que les deux termes recouvrent deux notions différentes, notre réponse est unique. C’est par l’Islam uniquement que nous pourrons répondre aux deux exigences du problème posé. Mais il nous faut donner à l’Islam pensé et vécu par chacun de nous la dimension d’une «vérité travaillante». Cela veut dire que cette vérité doit se faire promesse d’avenir fraternel pour tous les hommes.
C’est à ce prix qu’une ère où s’accumulent tant de signes d’apocalypse se transforme en ère de fraternité abrahamique et plus largement en fraternité adamique.

Sur le Khalifat comme solution.

Le Khalifat devrait être logiquement le résultat d’un processus de libération du Taghut et de civilisation fondée sur le monothéisme. Il est en contradiction avec la venue du Mahdi ou du Dejel. Le Kalifa relève de la rencontre de nos possibilités civilisationnelles avec les conditions objectives et subjectives de la civilisation alors que l’Heure est indépendante de notre volonté. Le Kalifa est le produit de notre Raghba désir de croyant. Il ne peut y avoir de désir que s’il y un désirant en quête de ce qui lui manque et qui se présente sous forme de désirable avec le désirable perçu comme ce qui manque pour combler notre manque, notre besoin, notre aspiration, notre visée du cœur… L’heure c’est l’arrivée du terme échu à l’existence sur laquelle notre désir de vivre plus longtemps n’a pas de prise.

Le Khalifat est notre désir à tous mais il ne faut pas se leurrer par des mots. Ce n’est pas le Khalifat ou le Calife qui va mettre fin à notre Wahn mais l’inverse. Il faut qu’il y ait une communauté musulmane qui désire le changement ontologique et sociale et qui fait l’effort de s’approcher de Dieu alors le Kalifat et son Calife seront présent comme Salad Eddine a été présent assiégeant Jérusalem pour la reconquérir avec ‘azm (fermeté et intransigeance).

Il y un grand problème de méthodologie et de priorisation dans notre communauté. Nous sommes friands de choses impossibles à mettre en œuvre comme nous sommes prisonniers de l’apologie d’un passé pourtant révolu. Chaque jour Allah renouvelle Sa Création et dans Ses Créatures il n’y a que les Musulmans qui ne réfléchissent pas en devenir mais en retour impossible. Nous manquons du principe de sens, de la cohérence du discours avec la réalité du monde et de l’efficacité de la pensée. On importe nos idées comme on importe nos voitures et nos habits un peu de l’Occident et un peu de l’Orient. On ne peut pas sauter des étapes et parler de Khalifat alors qu’il n’existe aucun état islamique. Il faut passer par des états islamiques puis des confédérations régionales puis mondiales. La chute du Khalifat en dehors des problèmes politiques et religieux était due aussi à la difficulté de gouvernance d’un état central régentant un empire pluri-ethniques, pluri-linguistiques, pluri-géographiques. Ce n’est pas le mot qui est important c’est son contenu et sa faisabilité. Un mot aussi noble et aussi ambitieux ne doit être l’écran fascinant qui cachent nos misères actuelles qui ne semblent pas s’atténuer mais s’aggraver.

Je peux me tromper mais en posant la question d’État islamique nous sommes hors cadre coranique car nous pouvons importer l’empire omeyade, abbasside ou saoudien avec son despotisme ou l’Andalousie musulmane avec ses lumières mais aussi ses luttes de principautés rivales. Le Coran parle de Tamkine Dine Allah : c’est un concept plus complexe et plus large mais plus opératoire que Dawla (État). Il s’agit d’Islamité du temps et de l’espace de vie ou en d’autres termes de la territorialité des principes divins avec ou sans état. Nous continuons à lire notre religion à travers le regard et les idées des judéo-chrétiens et de l’État nation de la modernité même si cette nation est de 1,5 milliard et englobe tous les territoires de la terre y compris le cœur de l’Occident anglosaxon et latin : les états unis et la France. Si nous parlons d’état islamique au troisième millénaire nous serons face à l’équation des minorités musulmanes et surtout face à un devoir plus grand  » Le triomphe de l’Islam sur toutes les autres religion ». Ces religions il faut aller les chercher dans leurs territoires. Il faut avant d’aller les chercher se libérer de la confiscation de la religion par l’Etat et de l’instrumentalisation de l’Islam a des fins politiciennes. L’Islam territorialisé est l’Islam de Mohamed (saws) à Médine ou celui de Youssef en Égypte. L’ingénierie change en fonction de notre vœu volontariste mais des conditions sociales et historiques.

Lorsque nous posons le problème en terme de Tamkine Dine Allah nous élargissons le problème non seulement à la question politique mais à la question sociale. Il ne peut y avoir Tamkine Dine Allah sans Tamkine la Oumma mohammadienne consolidée fratrie de foi, en interaction harmonieuse sur le plan économique, scientifique et culturel. Le Tamkine de la Oumma c’est une communauté qui pèse lourdement quand elle minoritaire et qui a la souveraineté quand elle est majoritaire. Elle n’est pas un débris emportés par les rigoles de l’histoire comme du Wahn insignifiant qui cache sa misère morale, intellectuelle et économique et sa faiblesse devant les autres en se cachant derrière des vérités eschatologiques qui échappent à son emprise.

Les salafistes infantiles et les Juifs sionistes nous demandent de partir et revenir en terres d’Islam et de rêver au Khalifat. Avant de parler de Khalifat il y a des contradictions et des confusions à lever ainsi que des concepts à développer à partir du Coran et de la Sunna. Pour cela il faut qu’on s’inscrive dans un devenir avec un cap, une boussole et un gouvernail sur une carte mondiale. Les débats stériles qui n’apportent rien à la connaissance de l’Islam, à la production des idées pour une renaissance civilisationnelle ou à la résistance contre le mondialisme ne sont que diversion au profit des autres et dispersion de nos efforts au détriment de nos devoirs non accompli hélas trop nombreux pour être cités.

Quand à l’or monnaie.

Ce n’est pas une panacée. Il suffit qu’il y ait un monopole, une pratique franche ou déguisée du riba et de l’injustice pour que l’or soit accaparé par les riches au détriment des pauvres. Il suffit que les pays capitalistes soient en crise pour qu’il nous déclare la guerre et nous prenne notre or. D’ailleurs il y a 50 ans les États-Unis avaient pour étalon l’or ce qui ne les a pas empêchés d’aller vers la mondialisation en exportant leur mode de vie : le fordisme ou le taylorisme industriel, le crédit à la consommation et la fascination de l’appropriation à n’importe quel prix. Le problème économique chez nous est structurel d’ordre institutionnel et politique. Même avec une monnaie de singe les chinois ont une croissance de 8% alors les Algériens avec 150 milliards de dollars de réserve ils ne sont capables ni de produire de l’investissement, ni de la santé publique ni tenter d’acheter quelques actifs industriels en France. Le Privé arabe fait sa prière à la mosquée mais il investit dans le chocolat, les biscuits, la limonade et tout ce qui est facile à l’effet accordéon de la caisse même au détriment de l’emploi, des richesses nationales et des banques internationales qui s’installent pour superviser dans les comptoirs indigène la détérioration des termes de l’échange. Contre le capitalisme, sa prédation et sa loi de l’échange inégal il faut que les Musulmans se mettent à produire, à se libérer du modèle de consommation occidentale et construire des marchés commerciaux régionaux avec un autre système monétaire en rupture avec le dollar et l’euro. Ce n’est pas l’or ou l’argent qui sont important ce qui est important est l’équité du marché, sa transparence, sa monnaie souveraine et protégée même si cette monnaie est une matière première stratégique comme le pétrole (baril), du cacao ou du papier toilette.

Ce qui est important est que les banques deviennent des agents économiques intervenant dans les dépôts et les transactions représentant les flux réels de l’activité économique de production et d’échange de biens et services ou d’épargne et d’investissements que les agents économiques mettent au service de la communauté pour produire d’autre biens et d’autre services réels dans un respect de la règle d’or des rendements : la productivité du travail doit augmenter, les salaires doivent augmenter et le nombre de travailleurs doit augmenter. La productivité du travail et la rentabilité des facteurs de production doivent augmenter plus vite et plus haut que les salaires pour dégager un surplus économique, le salaire moyen annuel doit augmenter plus vite et plus haut que le recrutement de la main d’œuvre pour garantir une élévation du niveau de vie, une redistribution des revenus, une tendance à aller vers le plein emploi. Tous les bras doivent travailler et toutes les bouches nourries est le système de solidarité qui permet de redistribuer par l’emploi et l’aide publique dans un système d’efficacité sociale et non de rentabilité financière. Ceux qui pensent la banque est incompatible avec l’Islam doivent savoir que le terme Sakk qui a donné lettre de crédit, lettre de change puis chèque est une invention arabe quand l’État Musulman était le garant de la vitesse de circulation des capitaux et de leur sécurité pour une économie prospère et ouverte à l’Orient et à l’Occident non comme un comptoir commercial mais comme un exportateur de savoir faire, de sciences, de savoir vivre, d’idées modernes…

Il faut avouer que le Prophète (saws) n’a pas instauré une nouvelle monnaie. La monnaie islamique est apparue du temps des Ommeyades. Mohamed (saws) a fait plus : il a par la Charia et ses qualités managériales enlever le monopole des Juifs sur la finance, sur le marché, sur la production de l’armement et l’outillage et sur le foncier tout en régulant le marché et en developpant la fraternité entre les Musulmans. Quand nous lisons le Coran ce n’est pas l’or et l’argent qui sont visés en eux mêmes mais le processus du Riba et de thésaurisation. Contre le Riba et la thésaurisation le Coran a institué l’investissement fi sabil Allah, la zakat, les sadaqates. Il nous a donné en parabole David et Salomon comme technologues animés par la Justice et la bonne gouvernance. Il nous a donné Qaroun arrogant et méprisant qui croyait que ses trésors lui revenaient par leur possession apparente traitant son peuple mis en esclavage de fainéants qui n’ont aucun droit sur sa fortune. Face à Qaroun (Coré) Allah nous a montré les deux voies possibles. La voie des mimétistes qui entre dans la surenchère du désir mimétique « je veux ce que tu veux » qui est à l’origine de l’avarice, de la cupidité, de l’avidité et des troubles psychiques, moraux et sociaux. Face à cette voie des possédants et des insensés qui les imitent Allah a montré une autre voie celle de la science et du retour à Allah le Riche, le Généreux. Le problème n’est pas que l’argent ou l’or soit monnaie intrinsèque le problème est dans l’homme et la philosophie de la société manipulant l’argent et se comportant envers la richesse.

Aujourd’hui on constate que les agressions impérialistes ont les moyens de spolier non seulement les réserves souveraines en or mais de confisquer un pays et d’assassiner ses dirigeants. Dans cette culture mondiale de la prédation il faut être sérieux : ce n’est ni l’or ni la monnaie en cacahuète qui est le garant mais un front mondial de résistance en attendant que les Musulmans se réveillent et construisent les moyens de leur cohésion, de leur force et de leur résistance : un marché commun, l’absence de passeports, une industrie militaire commune et un pacte de défense. Ce n’est pas l’or qui pose problème ou apporte solution c’est le Coran : Mahjour (délaissé) ou étudié et appliqué.

Je dis et je répète ce que la biographie scientifique du Prophète dit et ce que la science économique dit : Il n’a pas mis en place le Dinar or et le dirham argent. L’or et l’argent sont des monnaies qui existent depuis l’empire romain. Ni l’or ni l’argent ne sont la solution mais les mécanismes financiers et économiques fondés sur l’éthique et hors du Riba.

Quand on étudie, sans être spécialiste, les questions économiques sous l’angle du Coran et de la Sunna du Prophète on constate que l’accent est davantage mis sur le caractère licite ou frauduleux des transactions car le marché est déterminant dans la répartition de la richesse et dans l’incitation à l’investissement. On constate que le monopole est considéré comme injustice grave au rang de péché majeur. On constate que la circulation des richesses ne doit pas se faire exclusivement entre les riches pour ne pas constituer une oligarchie. Enfin on constate que le pire des crimes est le Riba au point qu’Allah a déclaré la guerre aux pratiquants de l’intérêt et que le Prophète l’a considéré comme le péché le plus horrible puisqu’il a comparé la pratique du crédit avec intérêt comme l’inceste commis 60 fois au sein de la Kaaba le jour sacré du Hadj. Ces trois constats sont les fondements du capitalisme qui ont amené le monde à abandonner l’étalon or. Revenir à l’étalon or dans une économie mondiale dominé par les tares capitalistes ne riment à rien. La monnaie n’a de signification économique et morale que lorsque les pays musulmans créent un marché commun, un système de crédit sans intérêt, une justice sociale et une concurrence loyale et transparente. Dans ces nouvelles conditions n’importe quel monnaie d’usage conventionnel deviendrait de droit et de fait une monnaie d’échange et peu importe qu’elle soit en or ou en platine ou en cacahuète ou en papier. La question est la valeur symbolique de cette monnaie et les pratiques économiques et financières qu’elle accomplit.

Il ne peut y avoir économie réelle tant que l’impérialisme et ses vassaux pratiquent l’échange inégal et la confiscation des ressources. Dans le monde, la véritable monnaie est pour l’instant le pétro dollar. Il faut nationaliser les hydrocarbures et donner aux peuples musulmans l’exercice libre et souverain de la politique et de l’économique.

Les civilisations incas et aztèques avaient de l’or mais leur monnaie n’était pas l’or car ils avaient très peu besoin de monnaie du fait de l’économie solidaire. Cet or fut pourtant la cause de leur anéantissement par les Conquistadors espagnols et portugais.

Allez étudier le comportement économique de Mohamed (saws) et ses expéditions et vous comprendrez que toute autre lecture du monde n’est que gesticulation et bavardage qui nous font sortir du champ de bataille.

Celui qui peut conquérir ton territoire et porter atteinte à ta vie peut prendre ton or et ton argent. La monnaie réelle est la valeur travail car elle est la base de la création de la richesse. C’est ce travail qui doit être libéré du capitalisme et de l’impérialisme.

En ce qui concerne la monnaie électronique il ne faut pas voir le Dejel partout. On pourrait  voir le problème sous l’angle de la post modernité qui a permis grâce aux nouvelles technologies une circulation rapide des idées, des marchandises, des hommes et des richesses à travers le monde. La technologie n’a de limite aujourd’hui que notre imagination. L’imaginaire, ce stock d’images mentales, qui alimente notre imagination est peuplé de notre culture, de notre religion, de notre mode de vie. S’il est rempli de monstres et de démons la monnaie électronique continuera à servir le sexe, la drogue, le spectacle, le trafic d’armes et à asservir les peuples comme cela fut le cas avec l’or et avec la monnaie fiduciaire. Si notre imaginaire est construit sur le beau, le juste, le vrai, l’équitable et le vertueux la monnaie électronique sera au service de l’homme pour faciliter et sécuriser ses échanges ainsi que ses biens. Croire que la monnaie électronique est l’argument diabolique trouvé pour piller le monde c’est d’une part oublier le travail des ingénieurs et des créatifs et d’autre part oublier que la nature du capitalisme est le Riba c’est à dire échanger de l’argent contre l’argent en gagnant de l’argent. Le Riba est devenu catastrophique car il n’y plus d’échange de l’argent mais vente et achat des dettes ce qui est selon le Prophète la forme la plus sévère du Riba. Ce n’est pas la monnaie papier qui doit changée c’est d’abord l’esprit humain qui doit être purifié et ensuite le capitalisme qui doit être rayé de la carte du monde.

Par contre je comprends et je partage la crainte de Cheikh Imran lorsqu’il s’agit de la puce électronique qui sera greffé dans le corps humain pour prélever directement ses paiements, gérer son budget, définir son crédit, et surveiller ses achats, ses déplacements ainsi que  sa vie privée ou publique.  Nous entrons dans un domaine où l’humanité va vers une nouvelle d’asservissement jamais connue dans l’humanité : les moyens gigantesques des nouvelles technologies au service de l’exploration de l’homme, de son aliénation et de la domination de l’oligarchie financière et du renseignement au service du nouvel ordre mondial qui consacre la domination de 1% de la population sur les 99% restant

Ce combat nous ne pouvons pas le mener seul en autarcie nous devons travailler avec tous les hommes de cette planète car la mondialisation est telle que la démondialisation est un leurre. La seule alternative est une altermondialisation où l’Islam est dominant. Il faudrait que nous les Musulmans ont redonne un sens à la wassatiya de l’Islam : juste milieu entre deux extrêmes ou centre de gravité, pôle de rayonnement. Le chantier n’est pas ouvert et comme toujours nous passons précipitamment à d’autres chantiers sans résoudre les problèmes conceptuels et méthodologiques en amont.

L’oligarchie mondiale est en train de ramasser tout l’or qu’elle peut accumuler sous les 1.600$, il se dit que ceux qui ramassent vont revendre aux états à 2.000$ à très court terme et à 3.500$ à moyen terme. C’est toujours la suprématie du dollar tant que les États-Unis sont maitre du jeu. En revenant à l’or avant Nixon (1971) on n’a pas changé l’ordre économique mondial. La solution est celle de Mohamed (saws), mettre en place un nouveau marché et briser le monopole.

Quand on sait que les USA et ses principaux alliés qui représentent 20%  de la population mondiale consomment 80% des ressources mondiales? Que peut faire l’introduction de l’or et de l’argent monnaie quand l’or mondial est détenu à 80 % par les réserves étatiques et privés des pays capitalistes dominant? Où est la priorité?

La crise est financière mais son origine est idéologique (le capitalisme) et politique (la domination impérialiste et l’absence de légitimité voire l’absence d’Etat dans le monde musulman abstraction faite de la Malaisie). Je ne peux pas expliquer le complexe par 20 30 ou 300 pages. Voici un des derniers articles où j’évoque une partie de la solution. Je dis bien une partie : L’absence des cinq maitres.

{Ceux qui, si Nous leur Accordons pouvoir sur terre, accomplissent la Salat, s’acquittent de la Zakat, commandent le bon usage et interdisent le répréhensible. Et c’est à Allah qu’appartient l’issue des choses.} Al Hadj 41

Si nous devions étudier le sens et la mise en application de ces versets, nous y passerons notre existence sans épuiser le champ de leur possibilités et leur signification. Je vais juste montrer une application méthodologique et politique en terme de gouvernance moderne à travers le terme coranique de Tamkine (pouvoir sur terre, position territoriale) et ses impacts sur le plan de l’aménagement du territoire, de la planification économique, du développement urbain et industriel, et de l’indépendance nationale.

Quand aux révolutions arabes.

Les peuples ont le droit de réagir dans les limites de l’éthique islamique. Il faut dire les choses clairement et sans détours : les peuples ont le droit de faire bouger les choses à leur avantage légitime. Il serait injuste de condamner une révolte ou une révolution sous le prétexte fallacieux qu’elle servirait les intérêts d’Israël qui mènerait alors une guerre de représailles contre les peuples musulmans et leurs élites islamiques. Nous devons condamner les partisans des fitna qui appellent à la sédition armée et qui manipulent des savants séniles ou convoitant le monde et qui s’empressent d’envoyer les Musulmans tuer d’autres Musulmans pour le compte de l’Empire et de sa prédation vorace :

 » Le perdant est celui qui a troqué son paradis pour la vie ici-bas, mais le pire des perdants est celui qui a perdu son paradis pour la vie des autres ici-bas »

les dérives en Libye et en Syrie car elles avaient pour objectif de nuire à la révolution égyptienne et de stopper les autres mais surtout de mettre en avant des voyous, des agents de la CiA présentés comme islamistes, une horde sanguinaire qu’il faut par la suite réutiliser dans la théorie du « soft powerment » puis combattre plus tard pour arrêter la barbarie comme on a prétendu avoir arrêté les Arabes à Poitiers. Oui l’armée égyptienne dans sa doctrine actuelle et son organisation ne peut pas gagner une guerre contre Israël. Reste les expériences du Hezbollah et du HAMAS qui ont montré leur efficacité.L’ Égypte devrait  se débarrasser de ses maréchaux et de ses généraux et faire pacte avec l’Iran et la Syrie et surtout reprendre l’initiative au Soudan et en Libye si elle veut achever sa révolution et reprendre sa place dans le monde arabe par un rééquilibrage du monde sans attendre le retour du Messie.

Israël n’a pas besoin d’excuse pour déclarer la guerre. Avec ou sans révolution arabe Israël reste agresseur par sa nature sioniste et par ses vestiges de Bani Isräil. L’agression de la Libye montre qu’on peut au nom de n’importe quel principe inventer l’excuse et la forme pour attaquer un pays souverain, assassiner son président et confisquer ses richesses. C’est la nature du capitalisme prédateur. Contre Israël et le mondialisme nous ne pouvons nous passer d’une économie forte. Il ne peut y avoir économie forte sans liberté, sans reconnaissance du travail comme légitimation de la propriété, sans monopole et sans intermédiation commerciale par les banques du Riba international. Toutes ses exigences exigent un état de droit ! Pour l’instant il n’y a pas d’État il y des imposteurs autistes qui monologuent et gaspillent comme les frères de Satan.

Je suis d’accord sur un point : il y a un seul combat qui prend des formes multiples : le parti d’Allah contre le parti de Satan, le mal contre le bien.

Mais dans le monde musulman il n’y a pas le parti d’Allah car les Musulmans se sont atomisés, dispersés et divergés en sectes, en partis partisans, en confréries, en écoles de Fiqh, en confessions, en doctrines, en partisan de tels savants contre tels autres savants, en haine et rancune, en revanche et convoitise du pouvoir. Ni l’or ni la monnaie de singe, ni les révolutions ne vont changer l’ordre des choses. La changement est plus profond et plus complexe :

{Allah ne change point en la situation d’un peuple tant que ses membres ne changent pas ce qui est eux} Ar Ra’âd 13

Il fautdrait changer nos attributs ontologiques : notre volonté, nos motivations, notre savoir, nos capacités d’agir, notre regard sur le devoir, notre façon d’exercer le pouvoir, notre rapport à l’économie et à la politique, nos comportements moraux, notre esthétique, notre spiritualité, notre indolence intellectuelle, notre mimétisme aveugle et stérile, notre infantilisme…. notre état sociopsychologique, notre rapport à la foi et à Dieu…

Sur les Banques islamiques.

Je n’aurais pas la pudeur de Cheikh Imrane Hossein et je dirais donc qu’elles sont un recyclage des pétrodollars, des commissions et rétrocommissions dans l’import export et une arme économique et idéologique pour imposer le modèle de consommation occidentale. J’ai monté des coopératives de jeunes devant créer 30 000 emplois et générer un chiffre d’affaire de 5 milliards de dollars uniquement dans les métiers liées à la mer (la zone côtière) et ni la Banque al Baraka ni une banque mixte koweïtienne n’étaient intéressées par l’investissement productif. Il est scandaleux de voir des prédicateurs saoudiens expliquer qu’il vaut mieux passer par le hallal de la banque islamique même si cela ressemble au riba et coute plus cher qu’une banque classique. Il est encore plus scandaleux de voir des Fatwas autoriser au nom de la nécessité le recours au crédit usuraire. Il faut se méfier de solutions clé en main ou marché en main qui fleurissent en Europe au nom du hallal avec des packagings creux mais fascinants par les mots techniques anglo-saxons qui ne trompent que les non avertis. La solution pour la communauté musulmane est dans la mise sur pied de véritables agences d’investissements islamiques qui mettent en œuvre le principe islamique de mutualisation, de partenariat et de travail coopératif. Le savoir faire, la réglementation et les expériences en France, en Espagne et en Italie sont riches tant au niveau de la droite que de la gauche. Sur le principe mutualiste et coopératif reposant sur le principe de l’usager propriétaire et gestionnaire le système islamique de financement peut être mis en place et se libérer de l’arnaque de la mourabaha pour innover dans ce qui est productif, créateur de valeurs, de force économiques et d’emplois : la moudaraba et la moucharaka. Il est très facile de faire des montages de souscriptions et créer des mutuelles de solidarité sociale comme alternatives licites aux campagnies d’assurances illicites.

AL JAZEERA la chaine qatari

Je rends hommage à Cheikh Imran Hossein d’avoir été le premier à dénoncer le complot d’al Jazeera bien avant qu’il n’émerge en plein jour. L’over dose de la cochonnerie médiatique a fait sombrer un pays dans la guerre civile le poussant à renier son organisation, sa relative prospérité et sécurité et son potentiel d’action à destination de l’Afrique. Elle est devenu le porte voix des savants égarés et des partisans de l’OTAN et des pétrodollars contre le bon sens et l’intérêt suprême du monde musulman. Elle est devenu l’instrument de propagande militaire, de guerre psychologique, de diversion médiatique et de subversion informationnelle contre la Syrie ;

Mohammad Mahatir

Il a fait la promotion de Mohammad Mahatir l’ancien Premier Ministre de la Malaisie. Cela l’honore car ce manager a laissé derrière lui un pays prospère, l’expérience de la couverture en or, en argent, en platine de la monnaie semble bien se dérouler. Les Arabes boudent cet homme d’expérience et lui préfèrent les consultants Anglos saxons. Ils assumeront les catastrophes de leur choix. Mohammad a signifié que pour la Malaisie la comparaison n’est pas l’Arabie mais Singapoore même si nous savons que Singapour est une création impérialiste britannique reprise par l’empire américain pour le contrôle du sud est asiatique et réaliser deux objectifs : contrer la Chine et empêcher l’éveil ou la fédération des pays musulmans dans cette région dont les populations sont méticuleuses, soignées, habiles et intelligentes.

Le Dajjal un scénario probable de guerre nucléaire

Le Huitième point sur lequel je serais d’accord avec Cheikh Imrane Hossein même s’il ne l’explicite pour des raisons liées à sa sécurité ou à son auditoire est de voir à travers le Dejal un scénario probable de guerre nucléaire. La Libye et la Syrie sont la proie des Arabes et des islamistes qui n’ont pas ni vision stratégique ni lecture de la Charia islamique juste une rhétorique entretenu par l’Illusion avec les Arabes, la Turquie et l’Occident à leur côtés pour ariver au pouvoir quitte contre tous les principes de la digité arabe « embrasser le chien sur sa gueule ». La guerre nucléaire redoutée se passera probablement en Asie. Soit en Iran. Les cabinet d’intelligence géostratégiques viennent de signaler que la Russes et les Chinois viennent de reconnaitre que l’Iran possède une dizaine de têtes nucléaires. Les Arabes préoccupés de leur problèmes ne peuvent rien changé à un ordre d’attaque nucléaire contre l’Iran. On parle déja de troupes chinois et russes en état d’alerte.

Il est possible que le le terrain nucléaire ne soit pas l’Iran mais le Pakistan. La guerre contre les Talibans touche a sa fin avec l’évacuation imminente des troupes françaises et américaines défaites avec le risque de laisser l’Afghanistan repris en main par le Pakistan qui a été sa base arrière et qui peut devenir le terrain de son déploiement tactique et stratégique pour qu’il n’y ait plus de retour des Croisés. Nous ne pouvons manquer de citer un texte que j’avais traduit d’un article arabe écrit par Mou’amar al Kadhafi qui dit des vérités incontestables : »le marécage pakistanais » :

« L’occident, en particulier l’Amérique et Israël, n’ont jamais souhaité voir le Pakistan posséder une bombe nucléaire. Mais le 28 mai 1998, ils se sont réveillés mis devant le fait accompli : le Pakistan était devenu une puissance nucléaire. Ils avaient alors blâmé leurs Services de Renseignements dans leur défaillance à prévoir les essais nucléaires et à les empêcher.

Les livres, les articles et les discours innombrables ont nommé la bombe nucléaire du Pakistan « la bombe islamique » la percevant comme menace apocalyptique du monde musulman contre le monde occidental et pouvoir de dissuasion contre leurs intérêts. Dans les écrits contre l’arme nucléaire pakistanaise tout l’imaginaire était mobilisé pour la faire percevoir comme l’annonce du Jugement dernier.

Tous les efforts ont été déployés pour dissuader le Pakistan de posséder la bombe atomique. Le secrétaire d’état américain Henry Kissinger avait franchement menacé le premier ministre pakistanais Zulfikar Ali Bhutto par un langage non diplomatique : « si jamais vous faites la bombe, nous vous châtierons de telle manière que vous serez un exemple à méditer pour le reste du monde ». (Zulfikar Alî Bhutto est le père de Benazir Bhutto, élue premier ministre du Pakistan en 1988 ndt)

M. Zulfikar Ali Bhutto, le fondateur du programme nucléaire du Pakistan, a vu les menaces américaines s’exécuter sur lui : il a fini pendu. Pour les mêmes raisons l’ancien président pakistanais le général Al-Haq Zia, qui a islamisé le Pakistan et consolidé son programme nucléaire, a lui aussi été assassiné. Plus récemment, Benazir Bhutto, fille de M. Bhutto, a été assassinée. D’autres peuvent encore faire face à un destin semblable.

La question, cependant, est : Pourquoi les Américains et les Israéliens refusent-ils que le Pakistan possède la bombe atomique ?

Le Pakistan est un pays musulman. En fait, l’Islam est la base même de la création territoriale et de l’existence politique du Pakistan. Excepté la religion, il n’y a vraiment aucun autre facteur qui unisse les Pakistanais. Ceci explique pourquoi les Pakistanais semblent fanatiques au sujet de la religion. C’est l’essence de leur nationalité

[…] Les Pakistanais se sont dit que leur ennemi est le Hindou, pas le juifs ou les chrétien, et par conséquent il faudrait que leur arsenal nucléaire soit focalisé sur l’Inde et non sur Israël ou les bases américaines. Il a fallu en même temps convaincre les Hindous que leur ennemi réel est bien le Pakistan et non un autre voisin et que celui-ci dispose des capacités de dissuasion dirigées contre les Hindous.

Cette politique vise à préoccuper le Pakistan avec l’Inde et l’Inde avec le Pakistan dans une course à l’armement sans fin et dans l’oubli des autres défis. C’est sans doute la raison pour laquelle on assiste à des regains de tensions entre les communautés musulmanes et les communautés hindouistes et c’est sans doute aussi pourquoi l’Amérique n’a pas été disposée à contribuer à résoudre le problème du Cachemire, tandis que les Israéliens essayeront de le maintenir toujours chaud, inflammable et explosif.

La tension et l’inquiétude continueront donc à planer sur cette région du monde car dans un scénario comme dans l’autre le Pakistan, gouverné par la classe politique traditionnelle ou par les groupes extrémistes nucléaire, restera en permanence un danger et une menace pour les américains et les israéliens. »

Les militaires ont un terme  » la brigade ou la division en offensive dans la foulée » : les forces de la coalition sont en situation d’offensive dans la foulée à partir de l’Irak et des bases arabes où ils ont envahi l’Irak, les troupes en Afghanistan avec des logistiques en Inde et dans les anciennes républiques musulmanes soviétiques, et les troupes en Libye : sur le plan de la logique ils n’ont pas une autre occasion pour tenter de mettre fin à la bombe « islamique » en faisant intervenir Israël, l’Inde et l’Occident. Ce scénario probable n’interdit pas dans la foulée de frapper l’Iran. Ils remettent l’équilibre en leur faveur, ils relancent l’économie par le déficit budgétaire et l’économie de guerre, ils affaiblissent la Chine qui va se trouver avec son ennemi traditionnel l’Inde et le Japon et l’affaiblissement de l’organisation de l’Alliance de Shanghai sino russe où le Pakistan et l’Iran sont membres observateurs appelés à devenir membre à part entière. Avec un Afghanistan réinvesti par la Russie, la Chine, l’Iran et le Pakistan l’alliance de Shanghai met en péril l’économie mondialiste juste par l’insésécurité des approvisionnements et le déplacement du centre mondial vers l’Euro Asie. On entend déjà les bottes de l’armée chinoise et de l’armée russe dès l’agression de la Libye et l’installation du bouclier anti missile en Turquie. Tous les scénarios sont ouverts. Le projet du grand Israël correspond dans le temps et l’espace au projet de survie de l’empire américain et ses vassaux et de la survie des monarchies arabes qui se mobilisent pour servir Israël.

Encore une fois les algériens s’ils avaient une élite héritière de l’ALN et non un pouvoir et une opposition prête à reconnaitre le CNT et servir l’OTAN ils auraient rendu la mission impossible en faisant échouer les plans de l’OTAN en Libye et en fermant la méditerranée en symbiose avec la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran et couper l’approvisionnement en gaz et en pétrole. La révolution de cactus se transformeraient en révolution de chrysanthèmes pour les amateurs de chromatiques. Il semblent que les Chinois et les chinois avouent que les iraniens possèdent un arsenal de 10 unités balistiques nucléaires. Pourquoi le dire? Enfoncer le monde occidental et récupérer la mise ou menacer le monde occidental et pousser Israel à la faute. Toute faute ou défaite d’Israël est un affaiblissement du bloc anglo saxon et latino germanique en faveur des slaves et des chinois. Le jeu se fait à l’échelle des grands, sur la carte mondiale et en terme de macro régions. Les arabes seront les mammouths disparus dans l’espèce humaine jusqu’à ce que :

Allah fera venir un peuple qu’Il aime et qui l’aiment, miséricordieux entre eux et durs envers les renégats

Ceci dit je respecte son point de vue. Mes remarques doivent être prises dans leurs limites car je ne suis pas anglophone et ses principaux travaux sont en anglais. Je pense avoir répondu à l’essentiel. Pour nos tous l’Islam est un tout indivisible, sa mise en pratique ne peut se passer des règles mohammadienne de la progressivité, de la dynamique et du réalisme. Le réalisme de l’Islam ne veut pas dire se soumettre au fait accompli mais connaitre la réalité pour la changer sachant que le véritable changement commence par soi. Ce changement donne au Musulman le principe du mas’oul (la responsabilité individuelle) qui rend acceptable et désirable le véritable grand chantier du changement global et collectif qu’on appelle le Taklif : le changement social et politique. Dès qu’on donne à une partie plus d’importance qu’à une autre on a fait de l’Islam une caricature, un projet irréaliste, une fuite en avant, des occasions que les experts en lutte idéologique, en manœuvre de diversion et en opérations de subversions ne ratent pas car ils sont en éveil non pas qu’ils soient plis intelligents mais plus conscients des enjeux et des devenirs, les leurs et les nôtres….

La postérité d’Israël et le sens coranique de son second ou dernier retour

وَءَاتَيْنَا مُوسَى ٱلْكِتَـٰبَ وَجَعَلْنَـٰهُ هُدًۭى لِّبَنِىٓ إِسْرَ‌ٰٓءِيلَ أَلَّا تَتَّخِذُوا۟ مِن دُونِى وَكِيلًۭا ﴿2﴾ ذُرِّيَّةَ مَنْ حَمَلْنَا مَعَ نُوحٍ ۚ إِنَّهُۥ كَانَ عَبْدًۭا شَكُورًۭا ﴿3﴾ وَقَضَيْنَآ إِلَىٰ بَنِىٓ إِسْرَ‌ٰٓءِيلَ فِى ٱلْكِتَـٰبِ لَتُفْسِدُنَّ فِى ٱلْأَرْضِ مَرَّتَيْنِ وَلَتَعْلُنَّ عُلُوًّۭا كَبِيرًۭا ﴿4﴾ فَإِذَا جَآءَ وَعْدُ أُولَىٰهُمَا بَعَثْنَا عَلَيْكُمْ عِبَادًۭا لَّنَآ أُو۟لِى بَأْسٍۢ شَدِيدٍۢ فَجَاسُوا۟ خِلَـٰلَ ٱلدِّيَارِ ۚ وَكَانَ وَعْدًۭا مَّفْعُولًۭا ﴿5﴾ ثُمَّ رَدَدْنَا لَكُمُ ٱلْكَرَّةَ عَلَيْهِمْ وَأَمْدَدْنَـٰكُم بِأَمْوَ‌ٰلٍۢ وَبَنِينَ وَجَعَلْنَـٰكُمْ أَكْثَرَ نَفِيرًا ﴿6﴾ إِنْ أَحْسَنتُمْ أَحْسَنتُمْ لِأَنفُسِكُمْ ۖ وَإِنْ أَسَأْتُمْ فَلَهَا ۚ فَإِذَا جَآءَ وَعْدُ ٱلْءَاخِرَةِ لِيَسُۥٓـُٔوا۟ وُجُوهَكُمْ وَلِيَدْخُلُوا۟ ٱلْمَسْجِدَ كَمَا دَخَلُوهُ أَوَّلَ مَرَّةٍۢ وَلِيُتَبِّرُوا۟ مَا عَلَوْا۟ تَتْبِيرًا ﴿7﴾ عَسَىٰ رَبُّكُمْ أَن يَرْحَمَكُمْ ۚ وَإِنْ عُدتُّمْ عُدْنَا ۘ وَجَعَلْنَا جَهَنَّمَ لِلْكَـٰفِرِينَ حَصِيرًا ﴿8﴾

Et Nous avons prédît à la postérité d’Israël, dans le Livre : « Vous corromprez sûrement deux fois de par la terre, et vous opprimerez cruellement les gens. » Et quand le moment de l’accomplissement de la première des deux eut lieu, Nous avons déchaîné contre vous, de Nos créatures, doués d’une forte rigueur, alors ils pénétrèrent tout le pays. Et ce fut une menace accomplie. Ensuite Nous vous avons redonné avantage sur eux, Nous vous avons accru en richesses et en descendances, et Nous vous avons rendu plus nombreux. Si vous faites le meilleur, vous faites le meilleur pour vous-mêmes, et si vous faites le mal c’est à votre détriment. Quand viendra le moment de l’accomplissement de la seconde, ils marqueront sûrement l’horreur sur vos visages et pénétreront sûrement dans le sanctuaire comme ils le pénétrèrent la première fois, et pour démolir totalement ce qu’ils ont dominé. Il se peut que votre Seigneur vous Fasse miséricorde. Et si vous récidivez, Nous Recommencerons. Et Nous avons fait de la Géhenne un emprisonnement pour les mécréants. (Al Isra 1 à 8)

Les savants spécialistes de l’exégèse à travers le temps et les écoles du Tafisr ne sont pas parvenus à se prononcer d’une manière décisive sur le sens de ses versets :

Ces bani Israël sont-ils le peuple de Moise ou tous les Juifs ?
La promesse divine (’accomplissement de la seconde) s’est-elle déjà réalisée pour eux ou est-elle encore à se réaliser ?
Quand a eut lieu la première ?
De quel sanctuaire s’agit-il ? Celui de Salomon, celui de Jérusalem, celui de Babel ?

Mille et une questions ont été soulevées par les Savants et en toutes les époques et parmi ces savants certains sont allés à fixer les événements dans leur époque, les autres dans une époque révolue et d’autres encore dans une époque à venir. Mais les savants contemporains comme les anciens buttent sur la question des Bani Israël qui sont antérieurs aux Juifs. Le Coran aborde la question sous différentes périodes : celle de Jacob, celle de Moise, celle de Jésus, celle de Mohamed avant l’Islam, celle durant l’Islam. Les Bani Israël sont les ancêtres des Juifs et des Chrétiens sur le plan religieux, une minorité d’entre eux ont été des Musulmans qui ont suivi et soutenus les Prophètes Moussa et Aissa. Est-ce que le danger ne vient-il pas des néoconservateurs et des évangélistes sionistes américains?

Entre Zamakhchari, Ràzi, Ibn Kathir, Sayed Qotb, Al Qortobi, At Tabari et des dizaines d’autres j’ai du mal à fixer un choix définitif. Si Cheikh Imrane Hussein vous a apporté la réponse qui manque à votre savoir qu’Allah bénisse sa connaissance et la votre et qu’Il m’apporte la lumière pour distinguer la vérité malgré sa complexité et son caractère de Ghayb n’appartenant qu’à Allah. J’avoue n’avoir aucune connaissance en eschatologie. J’avoue mon modeste savoir : Mohamed (saws) envoyé comme ultime Prophète a agit armé de la Révélation et de la raison. Je n’ai pas connaissance qu’il ait demandé à un de ses compagnons de se référer à l’eschatologie ou au Ghayb pour construire une bonne gouvernance, affronter un ennemi ou aménager un territoire. Par contre en lisant Hassan al Bassri ou Abu Hamad al Ghazali je constate que dans les époques de troubles, de confusion et de foi bigote les musulmans ont recours aux mythologies judéo-chrétiennes et au fatalisme pour ne pas assumer leur responsabilité et se donner explication à leur Wahn. Le sujet est fermé pour moi. Je n’ai plus rien à ajouter sur ce qui dépasse mes compétences.

Gog et Magog

Le Hadith rapporté par Zeinab Ben Jahch où le Prophète se réveille paniqué disant malheur aux arabes et citant la brèche dans la muraille des Gog et Magog est-il une parabole, c’est à dire une passerelle entre l’injustice et la cruauté des envahisseurs et sa cause qui est la perversité des arabes  » kathoura al Khobt ». Gog et Magog sont-ils une vérité eschatologique que décrit le Prophète qui a vu une partie du Ghayb et il nous en informe pour que le jour où le phénomène se passe les Musulmans tenant fermement au Livre et à la Sunna ne faiblissent pas et ne se laissent pas emporter par le mimétisme et la démission nées justement de la perversion des Arabes. le Quand nous échappe : demain, le mois prochain, dans un an ou dans plusieurs siècles?

Gog, Magog et Dajjal relèvent de la métaphysique qui nous prépare à affronter la fin du monde et à nous préparer au Jugement dernier. Mohamed (saws) a fait de l’invocation le dernier recours une fois qu’il a mis en place son dispositif de combat. Il était positif et optimiste. Cheikh Imrane n’est ni positif ni optimiste ni rationnel. Ce n’est ni mon école ni mon idole.

Les talmudistes qui attendent le retour du Messie et l’apcalypse pour nous exterminer le font avec dessein et planification : Ils travaillent, ils produisent de la pensée efficace, ils mettent en oeuvre des systèmes d’armes sophistiqués. Ce ne sont ni des Djinns ni des Gogs ni des Magogs. A moins que la prochaine bataille nucléaire contre l’Iran mettre en première lignes les chinois qui vont déferler sur les terres arabes pour s’emparer des richesses de pétrole et de gaz à cause de la perversité des Arabes. C’est encore une lecture géopolitique et allégorique du hadith.

La vie nous a montré que contre « Gog et Magog » talmudique, le HAMAS et Hezbollah ont résisté et gagné. Les somaliens ont gagné, les Irakiens ont gagné, les Afghans sont entrain de gagner.
La Sourate al Kahf est une sourate de dynamique, de mouvement, d’espoir et de destin : Ne pas se soumettre à la fatalité. On ne peut pas aller contre l’évidence du Coran qui montre Dhul Qarnayn libérateur et civilisateur. On ne peut pas aller contre l’évidence du Hadith qui dit

 » Epuisez tous vos efforts, ne faiblissez point ensuite dites ainsi soit-il « .

Epuiser c’est mette fin aux ressources d’un puits et se retrouver sans ressources, contraints d’aller chercher les ressources au fond de soi qui sont inimaginables en termes d’efforts cachés, d’ingéniosité, de courage et de lutte. Allah ne charge chacun que selon son Wasa’â. Le Wasa’â n’est pas la capacité ou la possibilité mais l’aptitude à devenir expansible. Al Wasa’â est la vasteté ou la vastitude de l’effort du croyant, de sa patience, de son endurance, de sa constance dans l’épreuve. Seul Allah connait notre potentiel que revèle l’expérience de lutte ou de résistance. Seul Allah peut mettre en expansion le cœur (l’intériorité) qu’Il détient entre Ses doigts. Pourquoi aller loin et hors sujet.

Notre modèle : le Prophète (saws)

Nous devons nous libérer de toute explication eschatologique de l’histoire, de tout mythe messianique, et de toute haine qui nous ferait prendre l’ombre pour la proie, sonner midi à quatorze heures et prendre l’anti thèse de l’Islam comme l’allié stratégique des Musulmans. Nous devons conserver la vision positive, libératrice et civilisatrice de Mohamed (saws) qui a trouvé la force, le courage, l’imagination et l’inspiration pour innover et faire face aux contraintes objectives qui rendaient à priori sa mission à Médine impossible :

• Une démographie galopante d’exilés sans argent et sans métiers,
• un foncier aux mains des Juifs,
• la pratique usuraire,
• le capital financier aux mains des Juifs,
• le marché aux mains des Juifs,
• l’industrie (fabrication d’outillages et d’armements) aux mains des juifs,
• insalubrité de Madinah,
• les voies commerciales et les routes d’approvisionnement sous contrôle des tribus païennes arabes hostiles,
• la mobilisation de troupes militaires arabes financées par les riches commerçants arabes, les Juifs et les Chrétiens d’Arabie ou du Yémen, les Perses et les Byzantins,
• la trahison des Juifs et des Hypocrites qui n’ont pas respecté le pacte citoyen de Médine,
• les menaces d’envahissement de l’Arabie par les Perses et les Byzantins,
• Toutes les civilisations en Asie, en Europe, en Afrique étaient antinomiques avec le monothéisme de l’Islam,
• un peuple musulman pas encore totalement libéré de l’héritage païen et chargé d’entrer dans l’histoire comme libérateur et civilisateur…

Mohamed (saws) et ses compagnons ont réussi en s’appuyant sur une foi qui conjuguait « soumission » à Allah et mission pour Allah.

  • Je ne pose pas le problème en terme de juifs. J’ai parlé du monopole sur les finances, l’économie, le marché et l’industrie. A Médine il était entre les mains des Juifs, en 2012 il est entre les mains du nouvel ordre mondial. La situation de Mohamed (saws) était pire que la notre et il a travaillé avec le Coran et son intelligence en agissant sur le territoire, les hommes et les idées.
  • Le verset que je viens de citer plus haut sur le Makane (territoire) et le Tamkine (la territoiralisation) par une communauté de foi passe par la bonne gouvernance c’est à dire le politique qui met en œuvre l’économique, l’éthique et le spirituel. La communauté musulmane sans prendre les armes ni fomenter des troubles peut contraindre le gouvernant à changer en commençant à changer elle même et à prendre possession de son territoire, de son temps, de sa volonté les soumettant à la conformité du Coran et de la Sunna
  • l’Islam est global, dynamique et réaliste. Il ne s’agit pas de trouver la solution dans la salât ou dans un rite mais dans l’intégralité de l’Islam.

Omar Ibn Al Khattab sur les pas du Prophète (saws)

Lorsque Omar (ra) a été investi du Khalifat il s’est consacré au bonheur et à la dignité des Musulmans ainsi qu’à leur sécurité sans jamais tomber dans des explications eschatologiques ni débattre de questions métaphysiques. Il avait eu l’honneur du vivant du Prophète (saws) de souhaiter des lois divines qui ont été exaucées en devenant des révélations de versets coraniques immuables, et il avait eu le don de prémonition et de vision lors des conquêtes puisqu’il « voyait » le champ de bataille et envoyait les renforts et les hommes les plus adéquats pour remporter la bataille compromise. Il a gouverné avec réalisme et efficacité et conduit des armées avec victoire et miséricorde tant pour les Moudjahidines que pour les vaincus. Si les Khalifes bien guidés et à leur tête Omar Ibn Khattab ont agit en conformité avec les exigences du rapport des forces et d’intelligence stratégique et tactique je ne vois pas pourquoi nous devrions affronter nos ennemis avec des slogans et des discours apocalyptiques sans prendre avec notre esprit et avec nos mains les conditions objectives et subjectives de la victoire et de l’émancipation. A titre d’illustration voici quelques grandes réalisations de Omar qui témoignent de son réalisme, de son efficacité, de sa connaissance des desseins du Coran, des exigences de la communauté musulmane :

  • Instauration de la justice, de l’équité et du droit,
  • Promotion du travail, augmentation de la productivité du travail et accroissement de l’efficacité sociale,
  • Mise en place du crédit pour le développement de l’innovation et de la production ainsi que la multiplication des entreprises individuelles ou participatives,
  • Mise en place et organisation des fondations pieuses et du Waqf pour garantir la cohésion sociale et des revenus conséquents pour supporter l’effort de guerre et promouvoir le progrès social et économique,
  • Réalisation de grands chantiers en matière de santé publique, de solidarité sociale et d’éducation
  • Planification et conduite de la réforme agraire (extension de la production, mise en valeur des terres, confiscation des terres non travaillées)
  • Édification de l’État avec une administration scientifique, un budget équilibré, un Trésor public, une comptabilité
  • Garantie de la sécurité des peuples, musulmans et non musulmans, et respect de la sacralité du sang et des biens tant qu’il n’y a pas transgression du droit,
  • Amélioration des revenus et mise en place d’un système socio-économique contributif et redistributif selon des critères transparents fondés sur les trois aspects suivants
    • le mérite,
    • l’effort,
    • le besoin
  • Consolidation et préservation de la religion sans laxisme ni rigorisme
  • Fédération et mise en synergie de toutes les forces vives de la communauté sans exclusion ni exclusive

Ce que dit le Coran est plus important que ce que disent tous les savants réunis

Nous croyons au Ghayb mais nous n’en connaissons pas le terme qui appartient à Allah. Faute d’agir sur une vérité métaphysique nous devons, par respect pour l’humanité qui nous habite et le Coran qui nous guide, agir avec intelligence et détermination sur les conditions objectives et subjectives tout en étant confiant en Allah. Il ne s’agit pas d’agir par improvisation ou par arrangement d’appareils comme l’ont fait les élites musulmanes dans ce « printemps arabe » qui est devenu par leur incapacité un torrent de sang, une transgression de la vie sacrée et un auxiliariat de l’agenda de l’OTAN. Il nous faudrait agir en conformité avec les Sunnanes (lois) d’Allah qui gouvernent d’une manière immuable l’histoire des hommes, l’émergence ou la décadence des nations et des civilisations

سُنَّةَ ٱللَّهِ ٱلَّتِي قَدْ خَلَتْ مِن قَبْلُ وَلَن تَجِدَ لِسُنَّةِ ٱللَّهِ تَبْدِيلاً

{C’est la Loi d’Allah qui a déjà eu lieu auparavant. Et tu ne trouveras point de modification à la Loi d’Allah.} Al Fatah 23

Cette loi d’Allah immuable est explicitée par le Coran et par la biographie du Prophète, et elle est livrée par l’Histoire sans besoin d’aller puiser dans la métaphysique :

وَأَقْسَمُواْ بِٱللَّهِ جَهْدَ أَيْمَانِهِمْ لَئِن جَآءَهُمْ نَذِيرٌ لَّيَكُونُنَّ أَهْدَىٰ مِنْ إِحْدَى ٱلأُمَمِ فَلَمَّا جَآءَهُمْ نَذِيرٌ مَّا زَادَهُمْ إِلاَّ نُفُوراً ٱسْتِكْبَاراً فِي ٱلأَرْضِ وَمَكْرَ ٱلسَّيِّىءِ وَلاَ يَحِيقُ ٱلْمَكْرُ ٱلسَّيِّىءُ إِلاَّ بِأَهْلِهِ فَهَلْ يَنظُرُونَ إِلاَّ سُنَّتَ ٱلأَوَّلِينَ فَلَن تَجِدَ لِسُنَّتِ ٱللَّهِ تَبْدِيلاً وَلَن تَجِدَ لِسُنَّتِ ٱللَّهِ تَحْوِيلاً أَوَلَمْ يَسِيرُواْ فِي ٱلأَرْضِ فَيَنظُرُواْ كَيْفَ كَانَ عَاقِبَةُ ٱلَّذِينَ مِن قَبْلِهِمْ وَكَانُوۤاْ أَشَدَّ مِنْهُمْ قُوَّةً وَمَا كَانَ ٱللَّهُ لِيُعْجِزَهُ مِن شَيْءٍ فِي ٱلسَّمَٰوَٰتِ وَلاَ فِي ٱلأَرْضِ إِنَّهُ كَانَ عَلِيماً قَدِيراً

{Ils ont juré par Allah de tous leurs serments, que s’il leur parvenait un avertisseur, ils seraient sûrement mieux guidés qu’aucune des communautés. Alors, quand un avertisseur est venu à eux, il ne les accrut qu’en répulsion : orgueil de par la terre, et ruse de nuisance. Mais la ruse de la nuisance ne retombe que sur ceux qui la fomentent. Pourquoi ne devraient-ils pas regarder autre chose que la coutume des Anciens. Tu ne trouveras point d’altération à la Loi d’Allah, et tu ne trouveras point de déviation à la Loi d’Allah. N’ont-ils donc pas parcouru la terre puis regardé le sort de ceux qui étaient avant eux, lesquels étaient plus forts qu’eux en puissance. Allah n’A jamais Été Entravé par quoi que ce soit dans les Cieux ni en la terre. Il A toujours Été Omniscient, Omnipuissant.} Fater 42

وَإِن كَادُواْ لَيَفْتِنُونَكَ عَنِ ٱلَّذِي أَوْحَيْنَآ إِلَيْكَ لِتفْتَرِيَ عَلَيْنَا غَيْرَهُ وَإِذاً لاَّتَّخَذُوكَ خَلِيلاً وَلَوْلاَ أَن ثَبَّتْنَاكَ لَقَدْ كِدتَّ تَرْكَنُ إِلَيْهِمْ شَيْئاً قَلِيلاً إِذاً لأذَقْنَاكَ ضِعْفَ ٱلْحَيَاةِ وَضِعْفَ ٱلْمَمَاتِ ثُمَّ لاَ تَجِدُ لَكَ عَلَيْنَا نَصِيراً وَإِن كَادُواْ لَيَسْتَفِزُّونَكَ مِنَ ٱلأَرْضِ لِيُخْرِجوكَ مِنْهَا وَإِذاً لاَّ يَلْبَثُونَ خِلافَكَ إِلاَّ قَلِيلاً

{Peu s’en faut qu’ils ne t’aient dérouté de ce que Nous t’avons inspiré, pour que tu controuves contre Nous autre chose que ceci (le Coran); à ce moment là, ils t’auraient sûrement pris comme un bien-aimé. Et si Nous ne t’avions affermi, tu aurais failli pencher quelque peu vers eux. Dans ce cas, Nous t’aurions fait subir la double durée de l’épreuve de la vie et la double durée de l’épreuve de la mort, ensuite tu ne trouverais point contre Nous de protecteur. Peu s’en faut qu’ils ne t’aient fait fuir de la terre, pour t’en chasser ; dans ce cas, ils ne seraient demeurés que peu de temps après toi. C’est la Loi s’appliquant à Nos Messagers que Nous avons envoyé avant toi. Et tu ne trouveras point de changement à Notre Loi.} Al Isra 76

Il faut se donner le temps de voir comment s’est manifestée cette Sunna dans le rapport de force prouvant une fois de plus que le chemin tracé pour Mohamed (saws) et les Prophètes (as) est le chemin que nous devons suivre sans tomber dans les dérives eschatologiques des talmudiques ou de ceux qui s’en inspirent et qui croyant bien faire cultivent la paresse, le sensationnel, le fatalisme et l’attente messianique au lieu de cultiver l’ingénierie de résolution des problèmes tant politiques et sociaux que géopolitiques et stratégiques. Voici la Loi d’Allah à l’œuvre mettant à l’épreuve les uns et les autres :

قَدْ خَلَتْ مِن قَبْلِكُمْ سُنَنٌ فَسِيرُواْ فِي ٱلأَرْضِ فَٱنْظُرُواْ كَيْفَ كَانَ عَاقِبَةُ ٱلْمُكَذِّبِينَ هَـٰذَا بَيَانٌ لِّلنَّاسِ وَهُدًى وَمَوْعِظَةٌ لِّلْمُتَّقِينَ وَلاَ تَهِنُوا وَلاَ تَحْزَنُوا وَأَنْتُمُ الأَعْلَوْنَ إِنْ كُنْتُمْ مُّؤْمِنِينَ إِن يَمْسَسْكُمْ قَرْحٌ فَقَدْ مَسَّ ٱلْقَوْمَ قَرْحٌ مِّثْلُهُ وَتِلْكَ ٱلأَيَّامُ نُدَاوِلُهَا بَيْنَ ٱلنَّاسِ وَلِيَعْلَمَ ٱللَّهُ ٱلَّذِينَ آمَنُواْ وَيَتَّخِذَ مِنكُمْ شُهَدَآءَ وَٱللَّهُ لاَ يُحِبُّ ٱلظَّالِمِينَ وَلِيُمَحِّصَ ٱللَّهُ ٱلَّذِينَ آمَنُواْ وَيَمْحَقَ ٱلْكَافِرِينَ أَمْ حَسِبْتُمْ أَن تَدْخُلُواْ ٱلْجَنَّةَ وَلَمَّا يَعْلَمِ ٱللَّهُ ٱلَّذِينَ جَاهَدُواْ مِنكُمْ وَيَعْلَمَ ٱلصَّابِرِينَ

{Combien de Lois ont réglé le sort de ceux qui vous ont précédé. Parcourrez donc la terre et regardez quel ne fut le sort des négateurs! Ceci est un Manifeste pour les hommes, une Direction infaillible et une exhortation pour les pieux. Ne perdez donc pas courage, ne vous affligez point alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes croyants. Si une blessure vous atteint, les autres furent aussi atteints d’une blessure pareille. Et ces jours, Nous les alternons parmi les hommes. Allah connait certainement ceux qui sont devenus croyants, et Il élit des Martyrs d’entre vous – Allah n’Aime point les injustes – afin qu’Il purifie ceux qui sont devenus croyants, et qu’Il anéantisse les mécréants. Ou bien pensiez-vous entrer au Paradis sans qu’Allah ne confirme ceux qui ont lutté d’entre vous et ne confirme les persévérants ?} Al ‘Imrane 137

وَمَن يُطِعِ ٱللَّهَ وَرَسُولَهُ وَيَخْشَ ٱللَّهَ وَيَتَّقْهِ فَأُوْلَـٰئِكَ هُمُ ٱلْفَآئِزُون وَأَقْسَمُواْ بِٱللَّهِ جَهْدَ أَيْمَانِهِمْ لَئِنْ أَمَرْتَهُمْ لَيَخْرُجُنَّ قُل لاَّ تُقْسِمُواْ طَاعَةٌ مَّعْرُوفَةٌ إِنَّ ٱللَّهَ خَبِيرٌ بِمَا تَعْمَلُونَ قُلْ أَطِيعُواْ ٱللَّهَ وَأَطِيعُواْ ٱلرَّسُولَ فَإِن تَوَلَّوْاْ فَإِنَّمَا عَلَيْهِ مَا حُمِّلَ وَعَلَيْكُمْ مَّا حُمِّلْتُمْ وَإِن تُطِيعُوهُ تَهْتَدُواْ وَمَا عَلَى ٱلرَّسُولِ إِلاَّ ٱلْبَلاَغُ ٱلْمُبِينُ وَعَدَ ٱللَّهُ ٱلَّذِينَ آمَنُواْ مِنْكُمْ وَعَمِلُواْ ٱلصَّالِحَاتِ لَيَسْتَخْلِفَنَّهُمْ فِي ٱلأَرْضِ كَمَا ٱسْتَخْلَفَ ٱلَّذِينَ مِن قَبْلِهِمْ وَلَيُمَكِّنَنَّ لَهُمْ دِينَهُمُ ٱلَّذِي ٱرْتَضَىٰ لَهُمْ وَلَيُبَدِّلَنَّهُمْ مِّن بَعْدِ خَوْفِهِمْ أَمْناً يَعْبُدُونَنِي لاَ يُشْرِكُونَ بِي شَيْئاً وَمَن كَفَرَ بَعْدَ ذٰلِكَ فَأُوْلَـٰئِكَ هُمُ ٱلْفَاسِقُونَ

{Et quiconque obéit à Allah et à Son Messager, et craint Allah et s’efforce d’être pieux, ceux-ci sont les gagnants. Et ils ont juré par Allah de tous leurs serments que si tu le leur ordonnais, ils partiraient sûrement (pour le combat). Dis : « Ne jurez pas ». C’est une obéissance connue. Certes, Allah Est Omniscient de ce que vous faites. Dis : « Obéissez à Allah et obéissez au Messager ». Si alors ils se détournent, il ne lui incombe que ce dont il fut chargé, et il ne vous incombe que ce dont on vous a chargés. Et si vous lui obéissez vous serez guidés, et il n’incombe au Messager que la transmission évidente. Allah A Promis à ceux qui sont devenus croyants d’entre vous, et ont fait les œuvres méritoires de faire d’eux, certainement, les successeurs sur la terre, comme Il a fait de ceux qui furent avant eux, des successeurs, et d’accorder plein pouvoir à leur religion, qu’Il a agréée pour eux, et qu’après leur inquiétude, Il la leur changera en sécurité. Ils M’adorent et ne M’associent absolument rien. Et quiconque renie après cela, alors ceux-ci sont les pervertis. Alors accomplissez la prière, et acquittez-vous de la Zakat, et obéissez au Messager, ainsi il vous sera fait miséricorde. Et ne pensez surtout pas que ceux qui devinrent mécréants sauraient entraver de par la terre, leur refuge sera le Feu, piètre destin !} Al Nour 52

Ces énoncés montrent qu’il n’y a pas de place à la démagogie ni à la culture de la fascination par l’évocation du surnaturel, mais détermination, endurance, intelligence et effort soutenu et assidu par toute une génération de croyants. Salah Eddine a libéré Al Qods en suivant les Lois divines, en faisant des analyses objectives et subjectives puis en s’appuyant sur Allah une fois sa décision prise avec rationalité éclairée par la foi.

Le terme et le délai appartiennent à Allah, le quand n’appartient ni aux Prophètes ni aux croyants

Cheikh Imran Hosein s’appuie pour son explication eschatologique sur la sourate al Kahf qui pourtant énonce sur le Ghayb du passé sa complexité qui a laissé le Prophète (saws) dire à ses compagnons que si Moïse (as) s’était montré plus patient nous aurions eu plus d’informations sur le Ghayb. Focalisé sur le passé et non sur celui de l’avenir davantage plus complexe et moins intelligible, la sourate Al Kahf aborde la question de la foi à travers les jeunes dormants de la caverne et nous fait acquérir cette règle fondamentale : Allah (swt) a fait découvrir les jeunes gens de la caverne pour manifester Ses signes aux contestataires et aux négateurs.

{De même, Nous avons fait qu’on les découvre afin que les gens sachent que la promesse d’Allah est Vérité, et que l’Heure ne fait aucun doute, lorsqu’ils contestent leur affaire entre eux} Al Kahf 21

En manifestant les signes qui témoignent que Sa Promesse est vraie et que la fin du monde est proche, Allah (swt) met toute sa création dans l’impossibilité de deviner le terme et le délai de la fin du monde en faisant allusion qu’il est impossible de deviner le nombre de personnes ni de prévoir comment demain sera fait :

{Ils diront : « Trois, leur quatrième : leur chien », et ils diront : « Cinq, leur sixième : leur chien » par divination. Et ils diront : « Sept et leur huitième : leur chien ». Dis : « Mon Seigneur Est Plus-Scient de leur nombre, et ne le connaissent que peu nombreux. Ne discute alors sur leur sujet qu’une discussion globale, et ne demande l’avis de personne d’entre eux à leur propos. » Et ne dis surtout pas d’une chose : « Je ferai ceci demain », sauf : « Si Allah Veut ». Evoque le Nom de ton Seigneur, si tu oublies, et dit : « Mon Seigneur me Guidera sûrement vers ce qui est plus proche de cela en droiture ». Et ils demeurèrent dans leur Caverne trois cents ans qui augmentèrent de neuf. Dis : « Allah est Plus-Scient de ce qu’ils restèrent. A lui Appartient le Ghayb des Cieux et de la terre} Al Kahf 22 à 26

Nous sommes invités à nous informer et à nous rappeler la vérité du Ghayb de la fin du monde en des termes globaux et ce dans le but de nous rappeler la promesse d’Allah (swt) et de craindre Son Châtiment. Mais nous ignorons le processus réel, le terme exact (al ajal) et le délai final (al amad) qui n’appartiennent qu’à Allah (swt). Le quand n’est ni du ressort du Prophète ni des Croyants les plus érudits et les plus illuminés. Les compagnons du Prophète (saws) n’ont pas développé une science eschatologique ni consacré leur temps à débattre de la fin du monde, de l’arrivée du Dajjal et du retour du Messie. Je ne suis pas qualifié pour dire que le faire aujourd’hui est une innovation (bid’âa) mais j’affirme à la lumière du Coran que c’est prendre un risque énorme de déviance que de se consacrer à l’art divinatoire à partir des Hadiths et un penchant vers l’astrologie et les sciences occultes. Le risque le plus grand c’est de laisser le Coran derrière soi et de refuser d’affronter le monde en se mettant sur un terrain et un savoir dont nous n’avons aucune certitude ni science car ils relèvent exclusivement d’Allah :

{A chaque terme un Décret. Allah efface et maintient ce qu’Il veut, et Il possède l’essence même du Livre du destin. Soit que Nous te montrions une part de ce que Nous leur promettons, ou que Nous te rappelions, il ne t’incombe que la transmission, et à Nous incombe le jugement.} Ar Raâd 38

Chaque fin, chaque issue, l’échéance de toute chose, de toute vie, de toute civilisation, de tout être, de tout phénomène y compris celui de l’existence des univers est consigné dans le Livre du destin inaccessible car il est écrit par Dieu. Nous savons qu’il y a une fin mais nous ne connaissons pas son terme. Le Prophète (saws) lui-même n’avait pas vocation à poser la question du quand ni à y répondre pour fixer le terme et le délai de ce qu’Allah a annoncé :

{Dis : « Il ne m’est sûrement inspiré que : “Votre Dieu Est, sûrement un Dieu Unique”. Etes-vous donc des musulmans ? » Si alors ils se détournent, dit : « Je vous ai transmis, à tous, ce qui m’a été ordonné. Je ne sais si ce qui vous est promis est proche ou lointain. Il Sait le manifesté de vos paroles et Il Sait ce que vous taisez. Et que sais-je, peut-être est-ce une épreuve pour vous et une jouissance pour un certain temps ? »} Al Anbiya 108

{Dis : « Je ne dispose pour vous ni de mal ni de droiture ». Dis : « Moi, personne ne me préservera contre Allah, et je ne trouverai, à l’exclusion de Lui, aucun abri. Je ne dispose que d’une transmission de la part d’Allah et Ses Messages. » Et quiconque désobéit à Allah et à Son Messager, il aura le Feu de la Géhenne : ils s’y éterniseront à jamais, jusqu’à ce qu’ils voient ce dont on les menace, ils sauront alors qui est le plus faible en soutien et le moindre en nombre ! Dis : « Je ne sais s’il est proche ce dont on vous menace ou si mon Seigneur lui donnera un délai ? » Très-Scient du Ghayb, Il ne révèle Son Ghayb à personne, sauf à celui qu’Il agrée comme Messager, Il l’entoure de toute part d’Anges gardiens, pour voir qu’ils ont transmis les Messages de leur Seigneur, et Il Domine ce qu’ils détiennent, et Il a recensé toute chose avec une parfaite et totale exactitude.} Al Djinn 21 à 28

Conclusion

La différence entre moi et Cheikh Imrane est dans trois points fondamentaux :
a – je n’ai pas recours à l’analyse eschatologique ni messianique ni talmudique pour lire l’histoire ou l’économie
b – l’or et l’argent ne sont pas une panacée pour la monnaie ni pour la justice sociale. Il faut étudier l’histoire des faits et de la pensée économique.
3 – Je suis un praticien de l’économie, je ne suis pas un conférencier théologique. L’Inspection générale des Finances (IGF) de l’Algérie en début 90 m’a donné un quitus : j’ai pris en charge une entreprise avec 12 Milliards de dinars anciens et j’étais renvoyé en la laissant avec 3 Milliards anciens de bénéfice. J’ai conjugué foi, probité, compétence et confiance aux jeunes Algériens qui ont travaillé sous ma direction dans un système pourtant corrompu et inéquitable.

Nous pouvons faire mieux si nous reprenons possession de nos compétences humaines : réfléchir, nous concerter et agir.

En dehors du fait que le Ghayb nous échappe, le Coran nous demande de renvoyer le mutashabih ( compris comme probable dans le sens philosophique et non statitique) au Muhkam (l’évident). Toutes les évidences coraniques donnent la victoire aux croyants s’ils respectent un certain nombre de conditions dont  » préparez leur tout ce que vous pouvez… »

Allah nous a demandé d’aller observer sunnan al Awaline : Les faits historiques et tirer enseignements. Il faut lire Hassan al Basri, Ibn Taymiyya ou Ibn Khaldoun pour voir que les explications eschatologiques et les attentes messianiques sont toujours apparus dans les moments troubles et confus lorsque la crise morale, politique et religieuse dure trop longtemps rendant toute lecture objective confuse. L’être humain, paresseux et avide de sensationnel, s’empresse à trouver une explication qui le dégage de ses responsabilités et qui fait taire sa conscience : la fuite vers le surnaturel ou vers le Ghayb qui pourtant est inaccessible à notre entendement :

قُل لَّا يَعْلَمُ مَن فِي السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ الْغَيْبَ إِلَّا اللَّه

{Dis : « Ceux qui sont dans les Cieux et la terre ne connaissent point le Ghayb, sauf Allah. »} An Naml 64

قُل لاَّ أَمْلِكُ لِنَفْسِي نَفْعًا وَلاَ ضَرًّا إِلاَّ مَا شَاء اللّهُ وَلَوْ كُنتُ أَعْلَمُ الْغَيْبَ لاَسْتَكْثَرْتُ مِنَ الْخَيْرِ وَمَا مَسَّنِيَ السُّوءُ إِنْ أَنَاْ إِلاَّ نَذِيرٌ وَبَشِيرٌ لِّقَوْمٍ يُؤْمِنُونَ

{Dis : « Je ne détiens pour ma personne ni bien ni mal, sauf ce que Veut Allah. Si je connaissais le Ghayb, j’en aurais accru les biens et nulle nuisance ne m’aurait touché. Je ne suis qu’un avertisseur et un annonciateur pour des gens qui croient. »} Al A’âraf 188

وَعِندَهُ مَفَاتِحُ الْغَيْبِ لاَ يَعْلَمُهَا إِلاَّ هُوَ

{Il Possède les clés du Ghayb, nul n’en a la savoir sauf Lui} Al An’âme 59

 

Encore une fois, je ne vise pas Cheikh Imrane Hossein qui a la liberté d’exprimer son opinion, mais j’ai le devoir, par amour de l’Islam, de dire ma vérité : notre bataille n’est pas dans l’ordre de la mythologie ou de la métaphysique, mais de l’ordre idéologique, idée contre idée, et de l’ordre praxique, action contre action :

{Préparez-leur tout ce que vous pouvez}

Nous devons nous inscrire dans le rapport d’intelligence et dans le rapport des forces et non dans le rapport des opinions et des interprétations sur lesqeulles nous n’avons aucune prise.

 

L’Apocalypse est vraie mais chacun le lit selon sa grille idéologique et culturelle :

 


Cours d’économie et d’apocalypse par le Rav Ron… par MinuitMoinsUne

 

 


René Girard – L’apocalypse a-t-elle commencé ? par MinuitMoinsUne

Mars 2012 ou le début de l’apocalypse? – Rav… par MinuitMoinsUne

 

 

Omar Mazri

Diversion, subversion et scénario en marge ou en prolongement de la Révolution des cactus

Focalisé sur « la Révolution des cactus » qui a pris racine à Qasrine, Thala et Sidi Bouzid – semblables dans leur misère sociale et leur exclusion aux régions intérieures de l’Algérie qui ont mené le front contre le colonialisme – j’ai prêté attention aux discours éradicateurs algériens et tunisiens dans la seule perspective tunisienne et j’ai souligné quelques aspects limités et amalgamés du discours « progressiste »

« Soit les élites politiques et sociales encore saines prennent le leadership responsable d’une insurrection populaire qui gronde, comme tente de le faire avec lucidité et courage Saïd Sadi. Soit nous allons droit vers des actes d’agression, d’auto-défense et de chaos généralisé. »

La « lucidité et le courage » exemplaires de son excellence le seigneur de l’éradication et de l’exclusion m’interpellent une fois que la manifestation organisée à Alger sous le balcon du siège du RCD a percuté mon regard pour le détourner de l’actualité tunisienne et lui faire voir de nouveau ce qui se trame en Algérie.

Il s’agit juste d’un détour du regard mais les phénomènes sont idéologiquement, historiquement et géographiquement liés : la manipulation d’un peuple musulman, le déni de droit et de justice d’un peuple musulman que le colonialisme a séparé par des frontières pour le diviser et le soumettre à des prédateurs qui ne parlent ni sa langue ni ne pratiquent sa religion ni ne partagent ses souffrances et ses désirs.

C’est comme détour et division qu’il faut voir et analyser la manifestation du RCD algérien c’est-à-dire une diversion ou une subversion à la révolution tunisienne et non une continuité ou un prolongement.

Le scénario de la subversion

La première lecture est que la France tente de reprendre en main ce qu’elle a perdu en Tunisie en appliquant mal le principe américain de la guerre préventive. La seconde lecture est que la France est dans le désarroi le plus total. Kouchner un spécialiste du droit de l’ingérence humanitaire a quitté le gouvernement après avoir détruit tout ce qui restait de la politique étrangère arabe de la France. Dans la première ou seconde lecture les vassaux idéologiques de la France passent à l’offensive pensant ainsi l’obliger à réagir en leur faveur et leur donner le pouvoir qu’elle a donné aux militaires en 1991 comme elle l’a donné aux DAF en 1962. La France n’a pas les moyens de réaliser en Algérie une révolution des oliviers, des orangers ou de plantacées exotiques d’Afrique du Nord car elle ne sait pas le faire, car ce n’est pas sa culture coloniale et elle n’a pas d’autres réseaux que ceux de la répression policière et militaire et de l’indigénat intellectuel et idéologique sans proximité sociale et politique avec le peuple algérien. Quand Christophe Barbier défend Ben Ali, abandonné par les Américains, contre les Barbus son regard et son discours sont orientés vers l’Algérie dont les oreilles à l’écoute de la France captent et décodent le message comme dit le dicton algérien « c’est moi qui suis visé même si le discours s’adresse à mon voisin »

Le texte des « progressistes démocrates » convertis aux affaires, introduits dans le gouvernement algérien, son administration, son parlement, sa bureaucratie et sa rente économique sonne comme un avertissement, une intimidation à la France et un feu vert des relais franco berbéristes et franco éradicateurs au psychiatre algérien de jouer Néron brulant une seconde fois Rome.

Quand on lit attentivement les textes préparant la manifestation, l’accompagnant ou la concluant on est frappé par la capacité des intellectuels organiques, que le peuple a rejeté dans tout processus électoral, à s’autoproclamer élite et s’adjuver le qualificatif de saine. En réalité, au-delà du lapsus révélateur de leur inconscience, ils font comme si le peuple algérien est immature et ne sait pas qu’ils sont des marionnettes que l’impérialisme à utilisé et jeté comme du papier toilette pour stopper le processus électoral et faire payer à l’Algérie le prix de la décennie rouge , de la décennie noire et de la décennie des immolations publiques .

L’impérialisme a choisi le clan de l’armée car il représente le pouvoir réel et surtout la seule force capable de tenir tête aux islamistes en leur donnant le conseil, le renseignement et les armes. Les Français et les Américains n’ont pas voulu livrer le pays aux éradicateurs car l’armée fait le travail d’éradication mieux qu’eux et surtout l’analyse politique objective leur montre que les éradicateurs sans base populaire n’auront aucune légitimité pour gouverner un pays tel que l’Algérie. Le colonialisme sans état d’âme à confier l’exercice du pouvoir à une armée qui n’a pas de légitimité politique et qui va perdre la légitimité populaire de sa composition pourvu qu’elle se montre capable d’exercer le monopole de la violence des armes et de voler à son peuple toute légitimité. Mettre les éradicateurs au pouvoir et en première ligne c’était poussé l’Algérie à un embrasement généralisé. Le colonialisme connait l’Algérie et les Algériens et il a confiné les élites éradicatrices dans le rôle de seconds couteaux à travers les comités « patriotiques » et surtout à travers leurs relais de bureaucrate dans les postes clé de l’administration et de l’économie privatisée.

L’enfant gâté de la France a-t-il les moyens politiques et idéologiques de s’imposer comme alternative au régime militaire algérien ? Est-ce qu’il est dans son intérêt politique et médiatique de passer aux première lignes et de faire face à la révolution algérienne qui va venir inévitablement dans une semaine, un mois, une année ou une décade ?

La réponse est négative. Seule la panique devant la révolution tunisienne a fait sortir les pseudos démocrates algériens de leur mutisme et leur vacarme est une exigence médiatique pour leur survie politique.

Dans ce scénario subversif il y a sans doute l’idée de provoquer un embrasement de l’Algérie qui apportera selon leur analyse médiocre soit un déplacement médiatique vers l’Algérie laissant le soin à la répression et à l’impérialisme de reprendre le contrôle de la rue tunisienne soit une prise de pouvoir en Algérie rééquilibrant le rapport de force entre la CIA et les services français et les intérêts économiques de l’impérialisme et de la nouvelle bourgeoisie algérienne. Ce scénario pourrait être crédible quand on voit la déliquescence du paysage islamique en Algérie éclaté entre l’inertie des salafistes algériens, l’irresponsabilité morale et religieuse des soufis algériens, l’entrisme et l’embourgeoisement de certains cadres du HAMAS, de la NAHDA et du FIS. Il devient encore plus crédible quand on voit l’incapacité des partisans du changement à faire un diagnostic et à aller vers un rassemblement fédérateur sinon à un clivage fondamental sur la liberté et la souveraineté du peuple. Le RCD peut avoir des ambitions qui dépasse sa stature quand il voit le champ politique algérien éclaté et les revendications se focaliser en termes d’appareils sans travail de profondeur pour faire naitre de nouveau le débat d’idée qui est la plateforme révolutionnaire du changement sinon la couverture pour accompagner et formaliser les émeutes, les révoltes, les insurrections récurrentes. En réalité les éradicateurs savent que le peuple algérien est musulman et au moment propice Allah fera émerger de la société algérienne des élites musulmanes probes et sincères qui vont le conduire au changement radical et qui sauront cette fois ci construire les alliances stratégiques et tactiques avec les nationalistes, les laïcs sur le même dénominateur commun : achever l’indépendance de l’Algérie, accorder la liberté au peuple algérien et honorer l’être algérien dans sous ses droits inaliénables qui garantissent sa dignité humaine, intellectuelle, sociale, politique, économique et culturelle…

Le jour où le RCD prendrait le courage de venir s’excuser de ses dérapages catastrophiques et de ses trahisons contre le peuple algérien alors il sera peut-être devenu un parti crédible pour le peuple algérien.

{Si Allah Avait Trouvé en eux quelque bien, Il les Aurait Fait entendre. Et même s’Il les Fait entendre, ils s’écarteraient en se détournant.} Al Anfal 23

Le scénario de la diversion : scénario le plus probable

Quand on voit le lieu de la manifestation, sous le balcon du siège du RCD, on comprend le scénario joué maladroitement par un psychiatre et ses gardes fous qui font t de la politique comme s’ils manipulaient des névrosés sous tranquillisants.

Le RCD et ceux qui subventionnent ses donneurs d’ordres financiers, médiatiques et bureaucratiques ont joué une pièce de vaudeville : occuper le terrain social et politique selon la stratégie de la lutte idéologique qui consiste à tuer une idée dans l’œuf, à contaminer une image en la mettant à proximité d’une image négative ou à faire porter un message par celui qui n’est pas digne de le porter. Nous sommes dans un scénario préventif imaginé par les décideurs algériens pour inciter les jeunes à ne pas se rassembler sous aucune bannière car toute bannière de contestation politique est contaminée par celle du RCD poussé à prendre l’initiative pour empêcher toute initiative crédible et efficace.

Fakou ! Il y un dessein divin qui échappe à l’entendement du non croyant car ce dernier est privé de la lumière divine qui éclaire son œil spirituel et lui montre la vérité sous son aspect réelle et non telle qu’il veut qu’elle soit ou telle que ses maîtres veulent qu’elle soit. Le poète Abou Qacem Chebbi a laissé une belle poésie. Cette poésie ne sera efficace que si elle est actualisé dans sa signification spirituelle et métaphysique : ce n’est pas au destin de répondre aux peuples mais aux peuples de répondre à leur destin quand celui-ci les appelle à ce qui leur donne vie et dignité :

{O vous qui devîntes croyants, répondez à l’Appel d’Allah et au Messager lorsqu’il vous incite à ce qui vous fait vivre. Et sachez qu’Allah Intervient entre l’Homme et son propre cœur, et que c’est vers Lui que vous serez conduits.} Al Anfal 24

La fin brutale et rapide de Ben Ali annonce d’autres changements aussi brutaux et aussi rapides avec peut être une forme de violence que la nature historique, géographique et psychologique va imposer avec plus de force et d’expression. Il est temps de revenir à la raison et de mettre les intérêts des peuples et de la nation avant les intérêts partisans, sectaires et prédateurs :

{Répondez (favorablement) à votre Seigneur, avant que ne vienne un Jour qui ne sera point différé par Allah. Vous n’aurez point de refuge ce Jour-là, et vous n’aurez nul recours à quelque dénégation.} As Choura 47

Des grands noms de fils de martyrs et de déportés de la Révolution algérienne ont fait partie de cette manifestation et des instances dirigeantes de ce parti par parti pris idéologique ou par enthousiasme sans lucidité cela ne touche en rien à la gloire de leurs nom et à la grandeur de l’histoire de leur père dont les algériens sont redevables mais cela ne cache pas les millions anonymes de fils de martyrs et de déportés de la colonisation, de la guerre de libération et de la lutte contre l’oppression. Nos parents sont morts pour ce pays qu’Allah leur apporte sa miséricorde et qu’Il nous apporte la lucidité et le courage de défendre leur mémoire en étant du bon côté celui de la rectitude, de la bonne guidance et de la vérité. Le clivage n’est plus sur les harkis et les anciens combattants mais sur le devenir de l’Algérie : indépendante et honorée au service de tous ou vassale et déshonorée comme une prostituée travaillant pour une bande de proxénètes la démembrant comme chose à violer, à vendre et à mépriser. Le choix est clair si l’Algérie est vue comme une mère et ses enfants sont légitimes et vertueux et non des monstres ou des hypocrites qui sèment la corruption croyant que leurs stratagèmes sont infaillibles et invincibles :

{Il est parmi les Hommes celui dont les paroles dans la vie terrestre te plaisent, qui prend Allah en témoin sur ses bonnes intentions, alors qu’il est le pire des ennemis ; et s’il se détourne, il s’évertue de par la terre pour y corrompre, détruire la récolte et le bétail, mais Allah n’Aime pas la corruption. Et si on lui dit : « Crains Allah », il est pris d’orgueil par sa coulpe. Que la Géhenne lui suffise donc, et quelles piètres couches !}

{…les hypocrites ne comprennent pas. Ils disent : « Si nous retournons à al-Madinah, le plus puissant chassera sûrement le plus faible ». Et la Grandeur appartient à Allah, à Son Messager, et aux croyants, mais les hypocrites ne savent pas.}

Efin Said Sadi et ses comparses ont joué la partition qui leur a été imparti dans une Algérie qui ne trompe que les crédules et les rentiers : il a eu autour de son balcon et de quelques dizaines de manifestants le théatre médiatique pour jouer une scène qui comme dit Bertold Brecht «  on voit ceux qui sont sous la lumière mais on ne voit pas ceux qui sont dans l’ombre »

Le scénario subtil

Le scénario subtil que semble ne pas voir les élites arabes plongées dans les calculs d’appareils et les arrangements d’opportunisme je l’ai écrit dans mon livre « Gaza la Bataille du Forqane ».

en page 165 : … et il est entrain de se dérouler sous nos yeux un peu partout dans le monde arabe et musulman sous une forme porteuse d’espoir ou sous une forme funeste selon la direction prise par la dynamique populaire : La Main de Dieu agit dans le mystère et par des voies imprévisibles qui dévoilent les menteurs et séparent le vrai du faux :

{Ainsi complotaient-ils, mais Dieu déjoua tous leurs complots, car Dieu maîtrise tous les stratagèmes.} al anfal 30

La bataille du Forqane a montré le fossé qui existe entre les peuples arabes et musulmans et leurs gouvernants. Le soutien à Gaza apporté par les islamistes, les nationalistes, les laïcs de gauche est un front anti régime arabe et musulman. Par leur silence devant le massacre de Gaza les dirigeants arabes ont perdu toute boussole et ont rompu tous les liens avec leurs peuples qui les identifient à Israël. La victoire de HAMAS est perçue autant comme une défaite d’Israël que des régimes arabes.

Une autre grande victoire que Gaza a remporté contre le sionisme mondial est la mise en quarantaine d’Israël par l’opinion internationale. La rue occidentale et arabe a exprimé son rejet de la politique sioniste, son refus de continuer à reconnaitre un état fantoche, sa prise de conscience de la tragédie palestinienne et son désir de mettre fin à cette tragédie. Les peuples sont de plus en plus en contradiction avec les élites politiques et intellectuels dont ils ne comprennent ni le silence ni le soutien à Israël. Les élites vont se trouver sur cette question et tant d’autres mis discrètement en quarantaine ou totalement désavoués non seulement sur la politique étrangère mais intérieure.

Enfin il y a eu trop d’énergies contradictoires, déclarées ou refoulées, en si peu de temps qu’il est impossible que l’histoire continue à se dérouler « normalement ». Gaza est un moment historique plus fort que la chute du mur de Berlin ou l’effondrement de l’URSS et plus fort que la fin de la seconde guerre mondiale. Gaza annonce des changements majeurs dans les rapports entre opprimés et oppresseurs. Les contradictions vont s’aiguiser, les luttes vont durcir, les consciences vont s’affiner et la suite ne relève que de la loi de la dialectique qui gouverne le monde. Le Prophète dans des situations semblables disait : « O crise aggrave toi ! Tu vas aboutir à une issue bénéfique ». Les choses ne peuvent pas rester en l’état. Les régimes arabes qui vont s’accrocher au statut quo actuel doivent s’attendre à un Tsunami qui va les balayer de la surface de la terre. Les élites occidentales qui vont continuer d’occulter la réalité palestinienne ne font que conjuguer la crise financière et son corollaire la crise économique avec la crise morale réveillée par la guerre contre Gaza…

Quand l’opprimé ne trouve pas de tribune ni de soutien il ne faut pas lui reprocher la radicalisation de son discours et sa nature de plus en plus subversive du fait de son confinement à une clandestinité plus fermée et plus militante faisant fi des règles diplomatiques et de la rhétorique politique. Ceux qui reprochent au HAMAS et à d’autres mouvements islamiques leurs discours qui sont à l’opposé du « politiquement correct » doivent plaindre leur propre inertie et leur propre lâcheté qui n’ont pas permis à l’opprimé ou au colonisé d’avoir une tribune pour s’exprimer…

Dire, rompre le silence, est un devoir :

« Si tu vois ma communauté avoir peur de l’injuste, de lui dire tu es injuste, alors c’en est fini d’eux »

« Ordonnez le bien et interdisez le mal ou sinon, vous risquez que Allah fasse abattre sur vous un châtiment et vos invocations ne soient plus exaucées »

EN PAGE 365 :

Les choses ne peuvent pas rester en l’état. Les régimes arabes qui vont s’accrocher au statut quo actuel doivent s’attendre à un Tsunami qui va les balayer de la surface de la terre. Les élites occidentales qui vont continuer d’occulter la réalité palestinienne ne font que conjuguer la crise financière en sourdine et son corollaire la crise économique avec la crise morale réveillée par la guerre contre Gaza. Le châtiment divin les atteindra sans doute par des catastrophes écologiques et sociales sans précédent pour les pousser à s’interpeler sur le sens de la vie et sur le devoir d’assister l’opprimé…

En page 319

Nul ne peut enlever de la pensée arabe et musulmane la continuité de la guerre en Afghanistan, en Irak, au Liban et en Palestine. Nul ne peut nier le lien géostratégique entre la lutte pour le contrôle du poste frontalier Rafah en Palestine et celle du col de Khaybar en Afghanistan. C’est le même combat, les mêmes enjeux, la même stratégie que seuls les arabes et les musulmans frappés de paresse intellectuelle et de lâcheté ne veulent ni voir ni y trouver des liens :

{Ou bien est-ce que ceux dont le coeur est atteint d’un mal profond s’imaginent que Dieu ne dévoilera jamais leur haine ?} Muhammad 29.

conclusion

La haine des éradicateurs contre leur peuple est annoncée dans ce texte que nous avons présenté au début « Soit nous allons droit vers des actes d’agression, d’auto-défense et de chaos généralisé. » Ils ne proposent pas un état de droit mais un choix ou le chaox et le non droit ou on leur confie le droit à éradiquer les algériens. La partie de haine n’est pas finie en Algérie ou en Tunisie. Le renversement de la volonté des peuples est un projet inscit dans la culture coloniale et de ses indigènes

Omar MAZRI

Al Qaradaoui : la parution des groupes de violence

« Nous devons combattre pacifiquement pour le renversement des gouvernements en déroute »

« La plupart des gouvernements musulmans sont laïcs, mais la laïcité a des degrés »

Repris en arabe par islamonline par Mostafa Abdelméguide. Traduit et présenté en français par Dr Zeinab Abdelaziz et Omar Mazri

Le savant, docteur Youssef al Qaradaoui, président de l’Union Internationale des Savants Musulmans, assure que les groupes (jamaâtes) de la violence ont essayé la force, et ne sont pas arrivé à renverser un gouvernement ou à changer un système, considérant qu’il incombe aux musulmans d’apprendre des expériences du monde, pour changer les gouvernements qui échouent à leur mission, et qu’ils doivent combattre pacifiquement pour la réalisation de cet objectif.

Il fit l’éloge de l’expérience du parti turc « Justice et développement » dans son affrontement avec la laïcité, qui a sa mainmise sur le fonctionnement du parlement, en évitant l’affrontement, en ayant recours à la sagesse et à la graduation, jusqu’à la réalisation de résultats dont le monde en fit l’éloge.

Cela eu lieu durant le programme du lundi 7 septembre, « Le Fiqh et la vie », diffusé durant tout le mois de Ramadan, sur la chaîne « Ana » (12226 Hz Nile SAT), présenté par Akram Kassab, au cours duquel la discussion aborda les groupes de violence et ce à quoi ils aboutirent comme révisions, grâce auxquelles ils départirent de la violence et de l’expiation.

Al Qaradaoui considère que le Jihad ne s’arrête pas à l’épée, mettant en relief les innombrables autres aspects du Jihad, qui sont ouverts face à la jeunesse enthousiaste, parmi lesquels il dénombra, pour servir les gens : l’éducation, la culture et l’enseignement, l’annonce de l’Islam et la rectification des aspects trompeurs qui l’affectent de par le monde.

Q : – Quel est le moyen, à notre époque, à travers lequel la jeunesse, surtout l’enthousiaste, puisse faire quelque chose pour cette religion et sentir avoir accompli l’obligation du Jihad ?

R : – La jeunesse a le droit de s’enthousiasmer pour sa religion, et les ambitieux d’entre eux ont le droit d’aspirer à avoir part au Jihad pour l’amour d’Allah, d’être passionné pour le martyre, d’avoir une part de ce que les jeunes de parmi les Compagnons du Prophète (saws) avaient, tout cela c’est de l’enthousiasme légitime. Le problème se pose lorsque l’affaire est déplacée, alors ils s’engagent dans un combat qu’ils nomment Jihad mais qui n’a rien à voir avec le Jihad. Car toute chose a ses règles, ses normes et ses conditions. Des fois les conditions requises manquent, ou les normes nécessaires sont incomplètes. C’est pourquoi un Fiqh est indispensable. Ce programme télévisé d’ailleurs s’intitule « le Fiqh de la vie », car sans Fiqh tu ne peux rien présenter qui te soit agréé auprès d’Allah.

L’Imam Hassan al Bassary dit : recherchez la science de sorte à ne pas nuire au culte, et recherchez le culte de sorte à ne pas nuire à la science. Si des gens délaissent la science et prennent la route du culte, ils entrent avec leurs épées en dissidence avec la Oumma de Mohammad (saws), – il fait allusion aux Kharijites. Les Kharijites étaient de pieux adorateurs, qui jeûnent, qui sont constants, lisent le Qur’ân, se sacrifiant pour l’amour d’Allah. Leur défaut n’était point dans leur conscience ou leur cœur, mais dans leur tête, dans leur cerveau, puisqu’ils comprirent mal le Qur’ân et combattirent les musulmans, trouvèrent licite le sang d’autrui, au point de porter atteinte au Fils de l’Islam, le premier-né, Ali ebn abi Taleb (qu’Allah soit satisfait de lui). Une bonne compréhension du Fiqh est nécessaire, « Celui à qui Allah veut du bien Il le fait se pénétrer du Fiqh de la religion ».

Le Prophète a dit de ceux-là : « Ils lisent le Qur’ân mais il ne dépasse pas leur gorges ; l’un d’entre vous dédaigne sa prière par rapport à la leur, son Qiyâm (prière surérogatoire nocturne) au leur Qiyâm, son jeûne à leur jeûne, sa lecture (du Qur’ân) à leur lecture, et malgré cela ils dévient de la religion telle une flèche qui traverse la cible ». Ils font appel aux païens et tuent les gens de l’Islam. Il est donc important que le jeune homme comprenne bien le Fiqh de ce qu’il veut, pour l’amour d’Allah.

Q : – Vous êtes un des Cheikhs de l’éveil islamique des temps modernes, comment voyez-vous ces groupes qui portèrent les armes, versèrent du sang et chacun d’entre eux prenait comme prétexte des Versets du Qur’ân ou des Hadiths ?

R : – Les Kharijites faisaient de même aussi. Le problème de ceux-ci réside dans le fait de s’en tenir aux Verstes probables et de laisser les Versets précis. Tout le monde cite des Versets et prend comme argument des Hadiths, mais l’important est de mettre la citation dans son contexte, de ne pas altérer les mots de leur place. Ces jeunes ont une défectuosité dans leur Fiqh, ils ont leur propre Fiqh, qu’ils accumulèrent grâce à des lectures d’ici et de là, de certains cheikhs. Ce Fiqh a une défectuosité du côté de leur façon de voir les non-musulmans : ils considèrent le sang et les biens de tout non-musulman comme étant licite !

Partant de là ; certains d’entre eux trouvèrent licite de voler des magasins de bijoutiers appartenant à des coptes en Egypte, bien que ceux-là dépendent de Dar al Salam : il leur revient ce qui nous incombe et il leur incombe ce qui nous revient. Leur sang et leurs biens sont illicites. Bien plus, il nous est demandé de combattre pour la protection de leur sang, de leurs biens et de leur honneur. Le problème est qu’il existe une défectuosité dans ce Fiqh, dans le sens du Fiqh du changement du répréhensible, surtout quand il s’agit de changer ce répréhensible par force. Est-ce que toute personne qui voit quelque chose qu’elle considère comme répréhensible doit la changer par force, – bien que cette chose là ne jouisse point d’un consensus ?

Changement du répréhensible

Ces gens tirent leur argumentation d’un des Hadiths du Prophète (saws) : « Celui d’entre vous qui voit quelque chose de répréhensible qu’il le change avec la main, s’il ne peut le faire que ce soit avec la parole, et s’il ne le peut que ce soit avec le cœur, c’est le moindre de la foi ».

Mais cela a des conditions : 1e que ce soit du répréhensible, et pour qu’il le soit il faut qu’il y ait un consensus. S’il y a divergence, les savants disent : point de répréhension dans les questions à divergences. Prenons comme exemple, si je dis : le chant est licite, et toi tu dis illicite, tu n’as pas le droit de dire : c’est un concert de chant, et tu vas le détruire ! Pour les questions qui comportent une divergence on n’a pas le droit de lui imposer une répréhension, surtout par force.

Q : – Si c’était par exemple un théâtre où une danseuse performe sa danse presque nue, les jeunes doivent-ils changer cela ?

R : – Je n’ai pas terminé les conditions : 1e il faut qu’il y ait un consensus sur cette chose ; 2e il est indispensable que ce répréhensible soit devant toi, et non par supposition. Si ce théâtre est fermé, tu n’es pas censé y entrer. 3e tu dois être en mesure de changer ce répréhensible.

Ensuite, supposons qu’il y ait un répréhensible que l’Etat protège ou qui dépende de l’Etat, et que si toi tu le changes tu tombes en affrontement avec l’Etat. Qu’en serait le jugement en ce cas ? De parmi les conditions aussi : ne pas enrayer un répréhensible par un autre plus grand. Si par exemple tu vas dans un magasin de vidéos et tu provoques la mort de quelques personnes, l’emprisonnement de quelques autres, le dispersement de quelques familles, tout cela ne t’est point requis. Si le changement d’un répréhensif fait face à l’Etat, ce n’est pas chaque personne qui peut affronter l’Etat. Comme le dit justement Imam Ahmad : « Ne t’expose pas au pouvoir car son épée est tirée du fourreau ».

Q : – Ils disent mais nous avons recours à Allah ?

R : – Un répréhensif que l’état protège est éliminé par l’un des trois cas suivant les normes de notre époque : que tu aies un pouvoir sur l’armée, car l’armée est celle qui peut changer le système, – mais ce qui s’est passé de la part d’un groupe comme celui de l’école militaire en Egypte, il y a quelques décennies, n’est qu’un comportement enfantin, surtout dans un grand pays où il n’est pas facile de maitriser l’armée.

2e : Avoir mainmise sur le peuple, dans le sens où le peuple puisse te seconder, comme Khomeiny en Iran. Le Shah était autoritaire, oppresseur, encouragé par les américains, possédait une armée et un service de renseignement hautement équipé, le « Savak ». Mais Khomeiny a pu inciter le peuple à prendre son côté, poussa à une manifestation qui engloba des millions, le peuple se mit d’un côté et l’armée de l’autre. Ils s’entretuèrent durant des jours. Mais aucune armée au monde ne peut continuer à tuer ses familles et son peuple à l’infini. Elle s’est rendue. C’est ce qu’on appelle une révolution populaire.

3e : Le changement par l’intermédiaire de la démocratie, à travers les parlements, où tu te présentes aux élections, et si tu jouis d’une approbation populaire tu emportes la majorité. Grâce à cette majorité tu peux changer les règlements pour éliminer le répréhensible.

Révision de la violence

Q : – Certains jeunes enthousiastes, à un moment donné, surtout en Egypte, ont tué des touristes. Quel est le statut du meurtre de ces touristes ?

R : – Cela aussi revient à la défectuosité qui se trouve dans le Fiqh du jihad. Ils ont mal compris croyant que le sang du non-musulman est licite, et j’en ai prouvé la fausseté. La mécréance seule n’est pas une justification qui nécessite la mort des gens. Même les savants ont dits que le militaire, c’est-à-dire celui qui est attenant à des gens qui sont engagés dans une guerre contre les musulmans, s’il entre dans le pays des musulmans pour du commerce, il a droit à la sécurité, à être protégé. Si tu lui accorde l’aman, tu n’as pas le droit de lui nuire, – même si c’est une femme qui lui accorda cet aman, comme Om Hani, qui l’accordât aux parents de son mari, des voisins. Lorsque son frère Ali ebn abi Taleb voulu leur nuire elle porta plainte auprès du Prophète (saws). Il lui dit : « Nous protégeons ceux que tu as protégé, Om Hani ». Si telle était la protection du voisinage, de la part d’une femme, qu’en serait-il avec un visa livré par un Etat ?!

Q : – Cet Etat, ces jeunes le considèrent mécréant !

R : – Même s’il était mécréant, il gouverne des gens, et cette personne est entrée dans le pays en étant tranquille, croyant qu’elle est sauf dans un pays islamique et qu’il n’est point permis, en aucun cas, de lui porter atteinte. C’est pourquoi, lors du carnage de Louqsor, j’ai donné un sermon connu, où j’ai protesté foncièrement contre cet acte. Car cela porte atteinte à l’Islam et aux musulmans. Puis, quel est le tort d’un Suisse ou d’un Japonais que tu tues alors qu’il venait en touriste ? C’est une défectuosité dans leur compréhension du Fiqh du jihad, des relations entre humains, et une défectuosité dans la réaction contre les gouvernants, une défectuosité dans le Fiqh du changement du répréhensible, et une défectuosité dans le Fiqh de l’expiation. Ces cinq sortes de défectuosité poussèrent ces jeunes à tomber dans le crime. Je rends grâce à Allah que la plupart de ces jeunes, ou la tendance générale de parmi eux, prit connaissance de ces fautes.

Q : – Etes-vous d’accord sur cette révision ?

R : – Bien sûr. Personnellement, lors des révisions des groupes islamiques en Egypte, j’ai incité les autres groupes à faire de même. Ensuite, le groupe du jihad, en Egypte, les a rejoint, de même Dr Sayed Imam. J’ai aussi incité al Qaeda à se rétracter. L’être humain n’est pas infaillible. Chaque personne est tenue par sa parole et on lui réplique, sauf celui qui gît dans ce tombeau, comme dit Malik en pointant la tombe du Prophète.

Chaque être humain se doit de se réviser surtout s’il trouve que les gens autour de lui réprouvent ce qu’il fait. Est-ce que cela veut dire que tout le monde a tord et que lui seul a raison ? Ce groupe, le frère Nagueh Ibrahim et ses collègues, ils ont eu complètement raison de revoir leur Fiqh objectivement, et avouèrent qu’ils s’étaient trompés de route. C’est ce que nous devons encourager, faire l’éloge, car il n’y a rien de meilleur qu’une personne qui se rectifie elle-même.

L’hérésie de l’expiation

Q : – Ceux-là ont versé du sang, ont tué, est-ce que tout le monde a cette audace ?

R : – Tout le monde est capable de cela, et chaque personne est capable de réviser ses actes. Pourquoi alors Allah demande la repentance (Repentez-vous, revenez vers Allah). Que veut dire la repentance ? La rétraction d’un passé vers un présent nouveau. La rétraction peut se rapporter pour le comportement, et peut l’être pour un mode de pensées et de conceptions. C’est un courage moral qu’il faut reconnaître à ceux qui le peuvent.

Je saisi cette occasion pour exprimer mon admiration et mes éloges pour ces jeunes, et j’incite tous les autres groupes dans les différents pays, comme l’Algérie, le Maroc, l’Arabie Saoudite, le Yémen, le Pakistan et l’Iraq, à récapituler, à craindre Allah pour le sang versé des musulmans. Le Prophète (saws) a prohibé même si un homme fait signe à son frère avec son arme, rien qu’un signe, fut-il sérieux ou pour rire, qu’en est-il alors de celui qui l’égorge ? Il a aussi mis en garde de cela dans le discours d’adieu : « Ne redevenez pas mécréant après ma mort en vous entrecoupant la gorge », et dit « Blasphémer le musulman est une immoralité, le combattre est une mécréance », et aussi « Si deux musulmans se font face avec leurs épées, le tué et le tueur iront au feu ». Il dit ceci pour le tueur, mais le tué, Prophète ? Il dit : « Il veillait à tuer son copain ». As-tu pareille incitation à la Oumma pour se réviser et se réconcilier ?

Q : – Est-ce que vous trouvez que ces jeunes, lorsqu’ils ont commis ces actes, leur but était que la gouverne revienne à l’Islam ou bien avaient-ils d’autres intentions ?

R : – Nous ne pouvons pénétrer leur conscience, et supposons qu’elle était entièrement vouée à servir l’Islam. C’est ce qui est apparent dans leur affaire. Mais comme je l’ai dit, la bonne intention seule ne suffit pas. Allah n’Accepte l’œuvre à moins qu’elle ne soit pure et juste. L’intention seule ne suffit que si elle s’accorde avec le système de la Loi (Charia). Les exemples de défectuosité, l’expansion dans l’expiation qui eut lieu, de sorte que certains disaient : après le quatrième siècle de l’Hégire tous les musulmans étaient des mécréants. Cette affaire d’expiation est très grave : « Qui accuse son frère de mécréance, l’un des deux l’encoure ». Lorsqu’un musulman dit à un autre : tu es mécréant, c’est une coulpe religieuse, une coulpe scientifique, une coulpe de mouvement et une coulpe politique. C’est pourquoi il faut se dresser face à cette vague expiatrice.

Les gouvernements laïcs

Q : – Certains jeunes regardent les gouvernements d’une façon pessimiste, accusent certains d’entre eux de mécréance, accusent d’autres d’hypocrisie. Comment voyez-vous actuellement les gouvernements arabes ou musulmans ?

R : – Les gouvernements arabes ou les gouvernements musulmans sont des degrés et des niveaux. On ne peut généraliser ces choses. Il y a des gouvernements qui croient en l’Islam, en la Charia de l’Islam, mais ils appliquent une part et laissent le reste. Il y a un gouvernement qui ne croit pas en l’Islam comme référence et ne croit pas que la Charia islamique puisse être la base essentielle pour la vie des musulmans. Bien plus, il y en a qui haïssent l’Islam et les musulmans, il y en a des gouvernements laïcs. La plupart de ceux qui gouvernent les pays des musulmans et des arabes sont des laïcs. Mais il y a une laïcité apprivoisée, et une laïcité sauvage, tyrannique. Une laïcité qui coexiste avec la religion, et une autre qui la refuse catégoriquement. J’ai deux ouvrages sur la laïcité, l’un est intitulé : « L’Islam et la laïcité face à face », et l’autre « L’extrémisme laïc ». L’extrémisme laïc est très périlleux car il vise à expulser l’Islam de la vie.

C’était du point de vue purement religieux. Mais si tu regarde le côté humain, les gouvernements sont sensés protéger les droits de l’homme, veiller à trouver de l’emploi pour les chômeurs, à la formation professionnelle des ouvriers, à nourrir les affamés, à éduquer les ignorants, à soigner les malades, à veiller sur les gens. Mais ce genre de gouvernements n’assume pas ce droit. C’est pourquoi nos peuples sont égarés et nous sommes à la queue de la caravane, après avoir été à la tête. Nous faisons tous partie des pays sous développés, ou du tiers-monde, et s’il y avait un quarto-monde certains de nos pays s’y seraient affiliés ! Malheureusement la situation de nos gouvernants est insatisfaisante, mais comment faire face à cela ? C’est-à-dire n’avons-nous d’autre moyen que d’essayer de tuer ce souverain ou de l’assassiner ? Nous avons essayé ces moyens et ils n’aboutirent à rien.

Q : – Qui est celui qui a essayé ?

R : – Les groupes islamistes ont eut recours depuis longtemps, mais la violence n’a jamais pu changer un système, renverser un gouvernement ou éliminer un répréhensible. Tout au plus ils ont pu tuer un chef de gouvernement ou un ministre, mais la situation demeure la même. Des fois celui qui a été éloigné s’en va et celui qui le remplace est pire. Il faut que la Oumma se trouve d’autres moyens pour profiter des expériences de l’histoire, des expériences du monde, car le monde a pu se mettre d’accord sur des moyens précis pour destituer un gouvernement s’il échoue à assumer sa mission. Nous devons combattre pacifiquement pour arriver à ce point. Sans cela nous n’y pourrons rien.

L’expérience turque

Q : – Vous refusez de faire la guerre au monde, et maintenant vous refusez de vous insurger contre les gouvernants, quel serait donc le jihad que la jeunesse pourrait assumer en ces temps modernes ?

R : – Les portes ouvertes pour le jihad sont innombrables. Il y a le jihad à l’intérieur, coopérer avec les peuples pour l’éducation, la formation en Fiqh, l’enseignement, l’unification pour un dénominateur commun pour le bien et pour le vrai. Il faut distribuer des rôles variés à la jeunesse. Il y a le travail à l’extérieur pour inviter les non-musulmans à l’Islam. Il y a des milliards de gens qui vivent et meurent sans rien connaître de l’Islam. D’autres qui connaissent un Islam déformé, que c’est une religion de guerres et d’épées, que Mohammad n’a cessé de tuer les gens d’un côté et d’entasser les jolies femmes de l’autre ! Il nous est demandé de faire connaître la vraie face de l’Islam.

Cette jeunesse, si elle voulait servir sa religion, sa Oumma, faire triompher la Charia, les portes sont larges ouvertes. L’homme ne peut être incapable de trouver un moyen pour établir la justice, résister à l’injustice, inciter au bien et réfuter le mal. L’homme ne peut rester complètement incapable pour toujours. Cela ne serait que par peu de moyens.

Je cite en exemple une tentative réussie de nos confrères en Turquie. Face à la laïcité autoritaire qui put éliminer le Califat islamique et remporter la victoire sur le peuple turc pieux, par le feu et par le fer, par la violence et par le sang, et d’édifier un Etat laïc depuis 1924 jusqu’à nos jours, de sorte qu’à un moment donné il a empêché l’Appel à la prière, imposa l’exhibitionnisme par la loi, fit que toute la législation soit hors de la Charia, comme l’égalité en héritage entre homme et femme.

Puis vinrent nos confrères du Parti de Justice, et avant eux le Parti de la Concorde, et celui du Bonheur… Ce sont des musulmans dans l’essence, mais ils eurent recours à la raison, car l’affrontement direct ne mène à rien. Ils usèrent de sagesse et de graduation : « Dieu n’a pas créé le monde en un jour mais en six ». Ils ont pu réaliser d’immenses acquis au service de l’Islam et du peuple turc, et finirent par avoir une place dans le monde entier, même dans le monde occidental.

Q : – Vous trouvez qu’à l’intérieur le changement doit se faire graduellement et pacifiquement, mais en ce qui concerne l’extérieur, trouvez-vous que les médias assument actuellement le rôle nécessaire du jihad ?

R : – Ce que je viens de dire, nous n’avons plus besoin d’armées déchainées, de soldats enrégimentés, d’épées hors de leur fourreau, ou de porter des mitraillettes pour faire parvenir l’Islam au monde. Peut-être cela aurait été valable au temps de Kesra et de César qui séquestraient les gens.

Maintenant les portes sont ouvertes, c’est un monde ouvert, la radiodiffusion, les chaînes télévisées qui s’adressent au monde en toutes les langues, l’internet et son immense possibilité de renseignement, les découvertes scientifiques qui nous offrent la possibilité de nous adresser aux gens à leurs domiciles, dans leurs chambres à coucher, dans leur voitures et dans les rues. Mais, avons-nous eu recours à tout cela ? Malheureusement pas.

Q : – Lorsque vous avez formez le site « Islam on line », vous dites que c’est le jihad des temps modernes. Sur quoi vous êtes vous appuyé ?

R : – Comment faire parvenir le message ? Mais on ne va pas ouvrir leur bouche pour le leur ingurgiter ! L’invitation consiste à dire aux gens que l’Islam a apporté le monothéisme d’Allah, la fraternité humaine, les valeurs morales, le côté humanitaire. Faire connaître les qualités de cette religion. Les gens réfléchissent, peut-être au début ils vont refuser puisque c’est le contraire de ce avec quoi ils ont grandi, mais petit à petit les réactions changent.

Comment l’Islam s’est-il répandu dans le monde ? S’est-il répandu par l’épée comme ils disent ? Il y a des pays musulmans où l’armée n’a point pénétrée. L’Indonésie, le plus grand pays islamique actuellement est-ce qu’une armée a été en Indonésie ? En Malaisie, aux Philippines ? La plupart des pays de l’Afrique ?

L’Islam s’est répandu grâce au commerçants, aux soufis, car l’islam c’est le bien-savoir de l’invitation : « Appelle à la Cause de ton Seigneur par la sagesse et la bienveillante exhortation, et discute avec eux de la façon la meilleur ». Le dialogue avec bienveillance veut dire s’dresser aux gens avec leur langue.

Et l’expression « avec leur langue » Je la comprends d’une façon bien plus large que le sens d’inviter un Anglais en langue anglaise ou un Russe en langue russe. Elle veut dire : s’adresser aux spécialistes en langage de spécialistes, aux communs des gens en langage des communs. Aux gens de l’Est avec le langage de l’Est, aux gens de l’Occident avec le langage de l’Occident. Adresse-toi aux Chinois en un langage autre que celui que tu parles avec les Britanniques. Ceux-ci ont une façon pour que tu puisses atteindre leur pensée, et ceux-là en ont une autre.

Nous voulons entraîner des dizaines de milliers de partisans qui puissent bien présenter l’Islam, ce message céleste, humain, moral, international, à tous les gens à travers le monde, afin que la Miséricorde d’Allah puisse s’étendre à tous. Il est dit : « Et Nous ne t’Envoyâmes que Miséricorde pour les Univers ».

Commentaire de Omar Mazri sur cette interview :

Cette interview de Qaradhawi et son livre « l’Islam politique »  qui date de quelques années sont en porte à faux avec ses positions récentes sur la Libye et la Syrie où il devient un fanatique extrémiste terroriste incitant au meurtre, promulguant des Fatwas meurtrières et incendiaires et allant contre le bon sens géopolitique et transgressant les fondamentaux de l’Islam : la sacralité du sang musulman, le refus de prendre les armes contre le gouvernant musulman sauf s’il interdit la salat ou déclare son apostasie, le refus de s’allier avec les mécréants colonisateurs qui agressent un pays musulman. Qaradhawi et son institution qu’il préside comme un tyran et qui le suit comme un troupeau soumis n’ont produit aucun argument religieux pour justifier la violence armée en Libye et en Syrie ni répondre à la question qui sera posée : qui sera moralement responsable de ces morts, de ces handicapés, de ces veuves et de ces  orphelins.

Une autre question reste en suspens si on se dit que Cheikh Qaradhawi n’est pas atteint de sénélité ou d’isolement qui lui déforment la réalité : pour quel agenda est-il en train de parler et d’agir : pour Allah et les Musulmans ou pour l’OTAN et les monarchies arabes vassales des USA?

Une dernière question est adressée à cette grande dame Zeineb Abdelaziz : pourquoi rester dans cette association qui est passée de celle de savants oeuvrant pour Allah à celle d’incitateurs à la haine et à la Fitna. Votre devoir est de démissionner comme l’a fait avant vous le Dr ‘Arwa l’ancien secrétaire général qui accuse Qaradhawi de despotisme.

Au cœur du dispositif du « jour d’après » une Syrie post-Assad

 Le « jour d’après » vient en fait utilement illustrer (s’il en était besoin) l’article   très documenté de Charlie Skelton sur la gestion d’une partie de   l’opposition syrienne par les Etats Unis et leurs habituels associés, la   Grande Bretagne et la France.

L’organisme dont il est question ici, l’U.S. Institute for Peace (USIP),   s’intéresse à l’organisation institutionnelle de la Syrie le ‘jour   d’après’.

Et non, le ‘jour d’après’ n’est pas celui qui suit une catastrophe, nucléaire   ou climatique   comme on  pu en voir sur les écrans.

Parce que le ‘jour d’après’ c’est le lendemain de la chute du régime   baathiste, ce qui, du point de vue américain, serait tout sauf une   catastrophe.

A lie cet article de Foreign Policy, on a presque le sentiment d’être   devant des gens qui font un travail innocent et cherchent à rendre un service   désintéressé. Voyez-vous, ils rendent même compte de leurs travaux à l’ONU et   à la Ligue Arabe.

Le gouvernement syrien n’y est cependant pas convié. Et pour cause. Depuis   quand un Etat souverain, démocratique ou non, confie-t-il sa destinée à une   officine qui dépend directement d’ ‘un gouvernement étranger.

Et on croit comprendre que certains acteurs politiques ne participent pas   non plus aux discussions. C’est semble-t-il le cas des Frères Musulmans et   d’autres organisations qui ne sont pas « mainstream » sans qu’on sache   exactement ce qui est entendu par là.

Peut-être l’opposition patriotique qui a toujours refusé de pactiser avec   la France, la Grande Bretagne et les Etats Unis ? En tout cas l’article laisse   clairement apparaître qu’une partie de l’opposition est hostile aux manigances   de l’USIP.

Le responsable de cette officine, Steven Heydemann insiste sur le fait   qu’elle ne travaille pas sur les modalités d’éviction du pouvoir en place. Du   moins pas directement.

De toute façon, nous précise-t-il, si son organisation travaille sur le   ‘jour d’après’, d’autres travaillent sur le ‘jour d’avant.’

C’est ce qu’on appelle la division du travail, le taylorisme   appliqué à la chirurgie sociopolitique.

Au cœur de l’effort discret pour organiser une Syrie post-Assad

Ces six derniers mois, quarante hauts responsables des diverses organisations  de l’opposition syrienne se sont réunis discrètement sous la tutelle de l’U.S.  Institute for Peace (USIP) pour étudier les modalités de mise en place d’un  gouvernement post-Assad.

Ce projet, qui l’implique pas directement des officiels du gouvernement des  Etats Unis mais a été partiellement financé par le Département d’Etat, a vu sa  pertinence s’accroître ce mois-ci avec le déchaînement d’une violence  incontrôlée en Syrie et l’éloignement de la perspective d’une transition  politique pacifique. Le responsable du projet, Steven Heydemann de l’USIP, un  universitaire spécialiste de la Syrie, a présenté le plan à des officiels de  l’administration Obama ainsi qu’à des officiels d’autres pays, y compris en  marge de la réunion des Amis  de la Syrie à Istanbul le mois dernier.

Le projet est baptisé « Le jour d’après : Soutenir une transition  démocratique en Syrie. » Heydemann a parlé en détail du projet pour la  première fois dans un entretien accordé à The Cable. Il a décrit l’action de  l’USIP comme consistant à « travailler dans un rôle d’appui à un groupe  important d’organisations d’opposition pour définir une Syrie post-Assad.»

Les leaders d’opposition impliqués dans le projet de l’USIP se réunissent  depuis janvier et informent de leurs travaux la Ligue Arabe, le groupe des Amis  de la Syrie, l’équipe de l’envoyé spécial de l’ONU Kofi Annan et le Conseil  national syrien d’opposition.

Les efforts du groupe se concentrent sur la mise au point de plans concrets  pour ce qui suivra immédiatement après l’effondrement du régime, pour atténuer  les risques d’un chaos bureaucratique, sécuritaire et économique. Le projet a  aussi identifié certaines choses qui peuvent être faites à l’avance pour  préparer une Syrie post-Assad.

« Nous avons organisé le projet par des approches systématiques, y  compris pour la réforme du secteur de la sécurité, » explique Heydemann. « Nous avons apporté un appui technique aux opposants syriens qui  participent à notre projet, et les Syriens ont identifié des priorités pour des  choses qui doivent être mises en œuvre maintenant. »

Il souligne que le rôle de l’USIP est principalement un rôle de facilitation  et de coordination. « Les Syriens sont beaucoup à l’initiative  là-dessus, » dit-il.

Dans les semaines à venir, l’USIP a l’intention de publier un rapport sur le  projet qui fera fonction de document de stratégie à l’usage du nouveau  gouvernement. La phase suivante est la mise sur pied d’un réseau de soutien « pour commencer à appliquer ces recommandations au sujet des choses qui  doivent se produire maintenant, » explique Heydemann.

En plus de la réforme du secteur de la sécurité, le groupe a abouti à un plan  de réforme du secteur de la justice et à un cadre de travail pour le rôle de  l’opposition armée dans la Syrie post-Assad. L’idée est de préserver ces  structures de l’Etat syrien qui peuvent être maintenues le temps de préparer des  réformes dans les secteurs qui ne peuvent pas attendre. A titre d’exemple, une  bonne partie du système judiciaire syrien pourrait être conservé.

Le groupe a mis au point quelques propositions innovantes pour rendre moins  chaotique la transition post-Assad. Un exemple cité par Heydemann était l’idée  de brigades mobiles de contrôle judiciaire qui pourraient être déployées afin  d’examiner rapidement et de libérer les détenus prisonniers du régime après sa  chute.

Le projet a également essayé d’identifier les personnels du régime qui  pourraient jouer un rôle utile dans  la phase suivant immédiatement la  chute d’Assad.

« Les Syriens qui travaillent à ce projet comprennent très bien qu’une  transition ne consiste pas à effacer l’ensemble du cadre juridique et politique  de la Syrie, » observe Heydemann. « Nous avons appris quantité de  choses par les participants de sorte que nous pouvons vraiment commencer un  travail de sélection très grossier. » ­[de ce qui doit subsister].

Le projet conduit par l’ISIP a soigneusement évité de travailler à l’éviction  du pouvoir du régime d’Assad.

« Nous avons tout à fait intentionnellement laissé de côté toute  contribution directe au renversement du régime d’Assad, » déclare  Heydemann. « Notre projet s’intitule ‘le jour d’après.’ Il y a d’autres  groupes qui travaillent sur le jour d’avant. »

Le projet a été financé par le Département d’Etat, mais il a aussi reçu des  subventions du ministère suisse des affaires étrangères ainsi que d’ONG de  Norvège et des Pays-bas. L’USIP est partenaire de l’Institut Allemand des  Relations Internationales, c’est pourquoi toutes nos réunions se sont tenues à  Berlin.

L’absence d’officiels de l’administration Obama à ces réunions, même en tant  qu’observateurs, était délibérée.

« C’est une situation où un rôle trop visible des Etats Unis aurait été  extrêmement contre-productif. Il aurait donné au régime d’Assad et à [certains]  des éléments de l’opposition une excuse pour délégitimer le processus, » explique Heydemann.

Il dit aussi qu’aucune des organisations qui s’écartent des courants  dominants de l’opposition n’a de relations avec le projet, bien que les  participants supposent que les islamistes seront une composante significative de  tout nouvel ordre politique syrien.

L’idée n’est pas de prédire si, comment et quand le régime d’Assad pourrait  tomber, mais plutôt de faire autant que possible, le plus discrètement possible,  pour se préparer à toute éventualité.

« L’effondrement du régime pose un ensemble de défis ; une transition  négociée en pose d’autres. Même si nous ne sommes pas certains qu’une transition  va se produire, il serait profondément irresponsable de ne pas se préparer à une  transition, » déclare Heydemann. « Nous donnons à l’opposition une  opportunité pour qu’elle fasse la démonstration de sa capacité à entreprendre ce  travail, ce qui est déjà très important. »

Josh Rogin

Article original : Inside  the quiet effort to plan for a post-Assad Syria

Traduction : Mounadil  al Djazaïri

Observer la Syrie et se rappeler le Nicaragua

Le parallèle entre les évènements de Syrie actuels et la tragédie du Nicaragua au début des années 1980 se trouve être de plus en plus d’actualité. L’ASL est l’équivalent des Contras, escadrons de la mort formés, financés et armés par la CIA, encadrés par la CIA, les forces spéciales américaines et les anciens cadres de la garde nationale déchue du dictateur Somoza, soutenu par les Etats-Unis.

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Les « Amis de la Syrie » se partagent l’économie syrienne avant de l’avoir conquise

Preuve que la préoccupation occidentale pour la Syrie n’a rien à voir avec les nobles motifs affichés, de démocratie et de protection des civils, la Conférence des amis (sic) du peuple syrien prépare un plan de pillage économique applicable dès que le pays sera occupé. Dans la grande tradition coloniale, un Groupe de travail, sous co-présidence allemande et émiratie, étudie la manière de se partager les dépouilles de la Syrie lorsqu’elle sera vaincue. L’OTAN et le CCG ont « vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué ».

Réseau Voltaire | Berlin (Allemagne) | 14 juin 2012

Clemens von Goetze (directeur du 3e département du ministère allemand des Affaires étrangères) et Anwar Mohammad Gargash (ministre émirati des Affaires étrangères), lors de la réunion du Groupe de travail sur le dépeçage de l’économie syrienne à Abou Dhabi.

Un groupe autoproclamé

La semaine dernière, un « Groupe de travail » international s’est réuni pour la première fois sous la coprésidence allemande à Abu Dhabi. Il doit mettre en route des mesures économiques urgentes après la chute du régime al-Assad. Ce « Groupe de travail » (« Working Group on Economic Recovery and Development of the Friends of the Syrian People ») a été institué le 1er avril à Istanbul par le « Groupe des amis du peuple syrien ». Il s’agit là d’une alliance d’États occidentaux et pro-occidentaux qui se sont battus dans la guerre civile syrienne aux côtés de l’opposition et coopèrent essentiellement avec le Conseil national syrien (CNS), une organisation en exil. Ce « Groupe des amis du peuple syrien » n’a absolument pas été légitimé par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Il en va de même de son « Groupe de travail »qui s’est autoproclamé « Forum central » pour les mesures économiques nécessaires. [1]

L’Allemagne est le principale responsable

Comme l’explique le diplomate allemand Clemens von Goetze, qui a dirigé la réunion à la fin de la semaine dernière avec son homologue des Émirats arabes unis, le « Groupe de travail »n’a pas été créé uniquement pour apporter une aide urgente après la chute du régime : « Le moment est favorable pour ouvrir au pays des perspectives à long terme ». [2] Le modèle est pour lui le Plan Marshall grâce auquel les États-Unis ont, après la Seconde Guerre mondiale, apporté aux Alliés occidentaux une aide matérielle destinée à la reconstruction. Le « Groupe de travail » a créé plusieurs sous-groupes qui doivent se consacrer à des sujets particuliers. Dans la répartition internationale du travail sur laquelle les États membres sont tombés officiellement d’accord, l’Allemagne est responsable du volet « Politique économique et réforme ». Il s’agit là explicitement de « stratégies à long terme » [3] qui devraient favoriser le passage « d’une économie centraliste à une économie de marché », lit-on dans les rapports.
Le « Groupe de travail » institue à cet effet un « Secrétariat » à la disposition duquel l’Allemagne et les Émirats arabes unis ont l’intention de mettre chacun 600 000 euros. Son directeur pressenti est l’Allemand Gunnar Wälzholz. C’est lui qui a dirigé en dernier la Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW) en Afghanistan [4].

Clemens von Goetze, directeur d’administration centrale au ministère allemand des Affaires étrangères, et ancien directeur de la Banque allemande de reconstruction en Afghanistan, co-pilote le groupe de travail sur le pillage de l’économie syrienne.La carotte et le bâton

Comme l’a confirmé un participant à la réunion de la semaine dernière, les mesures qui doivent être mises en route sous la responsabilité allemande répondent à des objectifs à court terme. Ainsi les programmes économiques doivent attirer les forces qui, en Syrie, « ne participent pas encore totalement à l’insurrection et hésitent encore à la soutenir » [5]. Ils représentent un antidote aux sanctions qui -non pas par des stimulants, mais des pressions-visent à inciter également des entrepreneurs loyalistes à passer dans l’autre camp. À ce sujet le « Groupe de travail » a déclaré que les sanctions pourraient être levées « dès que ses objectifs seraient atteints, c’est-à-dire après la chute d’el-Assad qu’un changement de camp des milieux économiques intéressés favoriserait » [6].

Conséquences de la libéralisation

La privatisation de l’économie syrienne qui incombe au « Groupe de travail » est encouragée depuis des années par Berlin qui a longtemps collaboré avec le régime el-Assad. En 2006, l’organisation de coopération allemande GTZ (aujourd’hui GIZ) a mis en route, spécialement à cet effet, un programme intitulé « Soutien à la réforme économique syrienne ». Il a été expliqué que « le gouvernement syrien avait décidé en 2000 de passer à l’économie sociale de marché » mais que « les institutions concernées manquaient de connaissances ». C’est pourquoi la GTZ la soutenait [7]. On prétendait que « grâce aux effets attendus sur les revenus et l’emploi », [.] la réforme « améliorerait les conditions de vie de la population syrienne ».
Mais cette annonce n’a pas été suivie d’effet. Au contraire, l’International Crisis Group a confirmé l’année dernière que l’ouverture du marché syrien a eu des effets « extrêmement négatifs » sur l’artisanat local. Cela vaut notamment pour Duma, près de Damas, où vivaient de nombreux artisans. La libéralisation les a menés au bord de la ruine si bien qu’ils ont rompu avec le régime. [8] Aujourd’hui, Duma passe pour être un bastion de la contestation et a même été momentanément, en janvier dernier, totalement contrôlé par les insurgés.

Ossama al-Kadi a longtemps été cadre de British Gas, puis consultant économique international. Il s’est spécialisé sur l’application des lois de la guerre de Sun Tzu à la conquête des marchés. Bien qu’il n’ait jamais milité en politique et n’ait jamais été opposant au Baas, il a été récemment propulsé membre du Conseil national syrien en raison de ses compétences. Il est chargé d’élaborer une stratégie pour un pillage accéléré de son pays d’origine, dès la République arabe syrienne renversée.Projets
Aussi peut-on lire, dans la « National Economic Vision » que le chef du Bureau économique du CNS, Usama al Qadi, a présentée la semaine dernière à Abu Dhabi au « Groupe de travail »sous direction allemande, que la libéralisation n’améliorera le niveau de vie qu’« à longue échéance ». Il faut tout d’abord créer des conditions fiables pour les investissements étrangers, augmenter la « productivité » des travailleurs syriens, accélérer l’établissement d’entreprises industrielles, réformer le secteur bancaire et chercher des débouchés, en particulier à l’étranger. Le « Marshall Syrian Recovery Plan », qui devrait démarrer le plus vite possible, pourra attirer des investissements directs occidentaux en assez grand nombre. À l’avenir, le« Secrétariat » du « Groupe de travail » dirigé par l’Allemagne aidera à appliquer ce plan dès qu’el-Assad aura été renversé et que Damas aura un nouveau régime.

Comme au Kosovo il y a quelques années

Le CNS, qui collabore étroitement avec l’Occident dans le cadre du « Groupe de travail » et dont le personnel se propose pour assumer plus tard des fonctions de direction, est sérieusement contesté par les opposants syriens. Il est dominé par des membres des Frères musulmans dont la position au sein du CNS suscite la forte hostilité de nombreux opposants de tendance laïque. D’autre part, le fait que des leaders du CNS misent publiquement sur une intervention militaire occidentale suscite le mécontentement de parties importantes de l’opposition syrienne. En revanche, le National Coordination Committee (NCC), un groupement d’organisations d’opposition à l’intérieur de la Syrie que l’Occident ne prend guère en considération, s’est notamment prononcé résolument contre des opérations militaires occidentales. Radwan Ziadeh, « directeur des relations étrangères » du CNS qui, de même que l’économiste du CNS Usama al-Qadi, travaille pour le Syrian Center for Political and Strategic Studies, s’est déjà prononcé à plusieurs reprises en faveur d’opérations semblables à celles du Kosovo. « Le Kosovo montre comment l’Occident peut intervenir en Syrie », a déclaré Ziadeh. En juillet 2011 déjà, il était l’hôte du ministère allemand des Affaires étrangères et en février dernier celui du Financial Times. [9] Peu après, il a affirmé que les milices de l’Armée syrienne libre devaient jouer le même rôle que l’UÇK au Kosovo. [10] Selon german-foreign-policy.com, des opposants syriens se sont rendus récemment au Kosovo pour s’informer sur l’action de l’UÇK en 1999 [11]. Le « massacre de Houla »pourrait avoir la même signification que le « massacre de Racak » au début de 1999.
Cependant, en ce qui concerne ce dernier, on se doutait déjà, à l’époque, qu’il s’agissait d’une manipulation destinée à justifier la guerre. Cela n’a jamais été sérieusement réfuté. En tout cas, plus rien ne s’opposait à une intervention de l’OTAN.

Source : www.german-foreign-policy.com
Traduction Horizons et débats
[1] Chairman’s Conclusions. Second Conference of The Group of Friends of the Syrian People, Istanbul, 1/4/2012
[2] Donors Mull Marshall Plan for Post-Conflict Syria ; www.naharnet.com 25/5/2012
[3] Assad verbreitet Zuversicht ; www.faz.net 24/5/2012
[4] KfW (Banque pour la reconstruction) a été créée par l’autorité d’occupation anglo-américaine en Allemagne, en 1948. Elle fut chargée du passage de l’économie national-socialiste à l’économie de marché et de la mise en ouvre du Plan Marshall. Actuellement, KfW est présidée de plein droit par les ministres allemands de l’Economie et des Finances, Philipp Rösler et Wolfgang Schäuble.
[5] Donors Mull Marshall Plan for Post-Conflict Syria ; www.naharnet.com 25/5/2012
[6] Chairmen’s Conclusions of the International Meeting of the Working Group on Economic Recovery and Development of the Group of Friends of the Syrian People, Abu Dhabi, 24/5/2012
[7] Unterstützung der syrischen Wirtschaftsreform ; www.gtz.de
[8] Popular Protest in North Africa and the Middle East (VI) : The Syrian People’s Slow Motion Revolution ; International Crisis Group Middle East/North Africa Report No 108, 6/7/2011
[9] Kosovo shows how the West can intervene in Syria ; www.ft.com 14/2/2012
[10] Radwan Ziadeh : Have We Learned Nothing From the Nineties ? Syria is the Balkans All Over Again ;www.tnr.com 22/3/2012
[11] « La Russie proteste contre l’entrainement de factieux syriens au Kosovo », Réseau Voltaire, 25 mai 2012.

La Fatwa de Cheikh El Ibrahimi contre le Colonialisme

Maintenant que les savants de palais, les prédicateurs incultes et les pantins ont fini leurs jouissances et réjouissances sur les milliers de morts et les ruines de la Libye colonisée au nom des valeurs civilisatrices de l’Occident colonisateur et agresseur, se posent des questions qui vont appeler des réponses inévitables et irrévocables comme celles qu’a apportées Cheikh El Ibrahimi au colonialisme. Pour bien comprendre la portée universelle de la Fatwa du Cheikh Al Ibrahimi nous allons rapidement brosser le cadre qui se déssine après les conséquences de la Fatwa de Qaradhawi et ses adorateurs :

1 – Les va-t-en guerre musulmans appelant au meurtre n’ont jusqu’à ce jour fourni aucune justifications religieuses, idéologiques, politiques ou morale à leur alliance avec l’OTAN agressant un pays souverain. Peuvent-ils faire l’impasse sur les conséquences de la guerre?

2 – Les Analyses de savants musulmans comme Ramadan Al Bouti ou Cheikh Al Albani qui avec versets coraniques et hadiths réfutent l’aventurisme politique et l’improvisation du changement par la violence armée ainsi que le recours au colonialisme n’ont pas été écoutés et on ne leur a opposé que des opinions partisanes et sectaires sans fondement logique ni analyse géostratégique sur les enjeux et les conflits fomentés par l’impérialisme et ses vassaux. La voie de la lucidité va-t-elle l’emporter sur la confusion et l’irresponsabilité?

3 – Faisant fi qu’une révolution réussie ici ne peut être transposée mécaniquement ailleurs et surtout sans adhésion des couches moyennes, les Arabes ont montré la faillite de leur système de pensée et leur éloignement des réalités sociales. Ils ont été lamentablement manipulés comme des spectateurs face au petit écran regardant les illusionnistes et les magiciens du verbe et de l’image. Les images horribles mais réelles cachées sur la Libye, l’Irak, l’Afghanistan et autres guerres de Croisades ne vont-elle pas venir frapper le regard de l’humain et remplir son imaginaire d’horreurs intolérables qui vont inspirer à son imagination d’autres formes de résistance pour ne plus tolérer la présence du colonialisme?

4 – Faisons abstraction des intentions de la Charia en Libye dont personne n’a compris le contenu, les modalités et les nouveautés qui vont apporter plus de sécurité, de paix, de prospérité, de liberté dans un pays mis en ruines et en implosion sociologique. Quelle était l’intention d’organiser un défilé de mode et une exposition de mannequins occidentaux et arabes à une société en deuil, en perte de repères et choquée par l’exhibitionnisme de valeurs en contradiction avec ses traditions. Agressée et terrorisée, la société libyenne va-t-elle garder son mutisme et tolérer la présence des profanateurs et profanatrices qui ont souillé une seconde fois son sol après le lynchage de Omar al Mokhtar et celui de Mouammar al Kadhafi? Est-ce que les savants du Moyen-Orient connaissent la nature du colonialisme ? Est-ce le peuple libyen va se réapproprier sa mémoire anti-colonialiste?

6 – Charlie Hebdo juste après la fin de l’agression française contre la Libye, se laisse aller à son déversoir de haine pour exacerber les tensions sociales jouant sur la « défaite » refoulée des uns et l’émotionnel convulsif des autres : Il nous livre des caricatures, des blasphèmes, de l’humour de caniveau pour nous blesser et porter atteinte à la personne du Prophète (saws), aux symboles et valeurs de l’Islam comme si l’Islam est conquis, dompté, démantelé. Les Musulmans auront-ils l’intelligence de ne plus réagir par l’instinct mais de mobiliser leurs intelligences et de fédérer leurs compétences et apporter des réponses qui donnent à leur présence sur le sol français une lueur d’espoir pour le peuple français opprimé et paupérisé en leur offrant l’alternative islamique de résistance contre l’opression et les atteintes à la dignité de l’homme honoré par Dieu?

5 – Thomas R. Eddlem dans « the new american » du mardi 1er Novembre, citant des sources américaines, nous informe que l’Administration Obama travaille d’arrache pied pour la mise en place d’un OTAN arabe après l’expérience militaire réussie en Libye, l’expérience sécuritaire réussie au Bahreïn et la création d’un conglomérat militaire et économique englobant toutes les monarchies arabes du Golfe à l’Atlantique. Quelle est la prochaine cible : La Syrie, l’Algérie, l’Iran, le Liban, Gaza, le Pakistan ? Que feront les Musulmans ? Que diront les progressistes occidentaux?

Nous sommes donc à la veille de nouvelles trahisons, de nouvelles agressions et il est de notre devoir d’informer que malgré l’instrumentalisation de la religion par les rentiers, les médiocres et les bureaucrates et malgré les plans des haineux et des nostalgiques de l’Algérie française et des colonies, l’Islam demeure par son essence, son histoire, sa civilisation et ses grandes figures le Dine de la liberté et de la libération des Taghut et jamais il ne sera question pour cette oumma musulmane de se soumettre au colonialisme, à ses intimidations, à ses corruptions. Le colonialisme peut détruire des villes, assassiner des chefs d’États, liquider des opposants, diaboliser les Musulmans ou les criminaliser, il ne pourra détruire leur âme, leur mémoire et les grandes figures qui l’ont mis à nu et qui l’ont combattu comme Cheikh Mohamed Al Bachir Al Ibrahimi (1889 – 1965), ce patriote humble et ce militant dévoué contre le colonialisme en Algérie et hors des frontières de l’Algérie.

Suivons donc le parcours du libérateur et le regard du civilisé :

1 – Le colonialisme dans son intégralité est une infamie provenant de l’œuvre de Satan

« الاستعمار كُلُّه رجْسٌ من عمل الشيطان »

Partant du verset suivant

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِنَّمَا الْخَمْرُ وَالْمَيْسِرُ وَالْأَنْصَابُ وَالْأَزْلَامُ رِجْسٌ مِنْ عَمَلِ الشَّيْطَانِ فَاجْتَنِبُوهُ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ إِنَّمَا يُرِيدُ الشَّيْطَانُ أَنْ يُوقِعَ بَيْنَكُمُ الْعَدَاوَةَ وَالْبَغْضَاءَ فِي الْخَمْرِ وَالْمَيْسِرِ وَيَصُدَّكُمْ عَنْ ذِكْرِ اللَّهِ وَعَنِ الصَّلَاةِ فَهَلْ أَنْتُمْ مُنْتَهُونَ

O vous qui êtes devenus croyants, les boissons alcoolisées, les jeux d’argent, les idoles et les fiches ne sont qu’infamies, de l’œuvre de Satan, évitez-les donc, afin que vous cultiviez. Toutefois, Satan ne veut que semer parmi vous l’animosité et la haine dans les boissons alcoolisées, les jeux d’argent, vous rebuter de psalmodier le Nom d’Allah et de la prière. Ne finirez-vous donc pas ? Al Maidah 90

Cheikh Al Ibrahimi bien avant Al Khomeiny est celui qui a désigné le colonialisme de Satan et non seulement l’impérialisme américain. Al Ibrahimi nous montre les conséquences directes et tragiques du colonialisme en termes de débauche morale, de corruption sociale et de destruction de la civilisation. S’adressant à l’esprit musulman il invite l’esprit du Musulman à la vigilance s’il ne veut pas subir les ravages du colonialisme ou s’il veut s’émanciper de son emprise et se libérer de ses ruines :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا ادْخُلُوا فِي السِّلْمِ كَافَّةً وَلَا تَتَّبِعُوا خُطُوَاتِ الشَّيْطَانِ إِنَّهُ لَكُمْ عَدُوٌّ مُبِينٌ

O vous qui êtes devenus croyants, entrez dans la paix en totalité et ne suivez point les pas de Satan. Il est pour vous un ennemi évident. Al Baqara 208

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا تَتَّخِذُوا عَدُوِّي وَعَدُوَّكُمْ أَوْلِيَاءَ تُلْقُونَ إِلَيْهِمْ بِالْمَوَدَّةِ وَقَدْ كَفَرُوا بِمَا جَاءَكُمْ مِنَ الْحَقِّ

O vous qui êtes devenus croyants, ne prenez pas Mon ennemi et votre ennemi comme protecteurs, quand vous sortez lutter pour Ma Cause et que vous recherchez Mon Agrément, en leur faisant preuve d’affection, alors qu’ils ont mécru en ce qui vous a été Révélé de Vrai Al Mumtahana 1

Dans la revue Al Bassair, à travers le contenu moral, spirituel et idéologique du Coran, Cheikh Taleb Al Ibrahimi – une des prestigieuses figures de l’Association des Oulémas algériens – montre que le colonialisme est une souillure morale, une profanation des valeurs de l’Islam et une infamie sociale et culturelle qu’il faut combattre au même titre qu’il faut combattre Satan l’inspirateur de tous les maux et de tous les fléaux :

« الاستعمارُ كلُّهُ رِجْسٌ من عَمَل الشيطان ، يَلْتَقِي القائمون به على سَجَايَا خبيثة ، ذو غرائزَ شَرِهةٍ ، ونظراتٍ عميقة إلى وسائل الافتراس ، وإخضاعِ الفرائسِ ، وأَهَمُّ تلك الوسائل َقتلُ الـمعنويات ، وتَخديرُ الاحساسات الروحية « .

« Le colonialisme dans sa globalité comme dans ses composants est une souillure provenant de l’œuvre de Satan, ses partisans se rencontrent sur ses propagations perverses celles-là même qui sont poussées par les instincts prédateurs voraces des colonisateurs et animés par les théories du colonialisme expertes dans la construction des instruments impitoyables de prédation et cultivées dans l’art de mettre en servitude les objets de leurs convoitises. Parmi ses moyens les plus redoutables, le colonialisme sape le moral des colonisés et anesthésie leurs sensibilités morales et spirituelles »

إِن فرنسا قذفَتْ هذا الوطنَ بأربعةِ أنواعٍ من القُوى مختلفةِ التأثير، مُتحدَّةِ الأثَر، متباعدةِ الميادين؛ ولكنها تَلْتقِي على هدَفٍ واحد وهو التمكينُ للاستعمار وأَنها حاربتهُ بأربعةِ أسلحةٍ بَشرية أَخفُّها فتكًا وأقصرُهَا مَدًى الجنديُّ ! « 

En effet la France coloniale a pilonné l’Algérie avec quatre types de forces d’influences diverses mais coordonnées dans leur visée finale et étendue dans leur dimension et leur portée. En vérité un seul objectif est ciblé : La consolidation de la colonisation et la territorialisation du colonialisme. Dans la conjugaison de ces quatre forces de combat, les troupes d’occupation ne sont que l’aspect le plus visible mais le moins dévastateur et le moins durable sur le plan de l’effet social et historique sur le peuple algérien.

… » جاءت فرنسا إِِلى الجزائر بالراهب الاستعماري لتُفسِدَ على المسلمين دينَهم، وتَفْتِنَهُم به عن عقائدهم، وتُشكِّكَهم بتَثليثه في توحيدهم، وتُضَار في ألسنهم كلمةَ « الهادي » بكلمة  » الفادي » ذلك كلُّه بعدمَا أمَدَّتْهُ بالعون، وضَمِنَتْ له الحريةَ، وكَفَرتْ به هُناكَ، لتؤمن به هنا « .

« La France est venue en Algérie avec son missionnaire évangéliste colonisateur pour corrompre l’islamité des Algériens, les pousser à douter de leur foi et de leurs valeurs, et provoquer la sédition et le désordre au sein des Musulmans. Elle est venue pour effacer de leur mémoire et de leur langue le Nom d’Allah Al Hadi (Celui qui donne la Guidance) par le nom de leur icône déifié « le Rédempteur » en donnant à ce missionnaire l’appui logistique, le soutien militaire après avoir nié Jésus là-bas et décidé de l’imposer ici »

وجاءتْ بالـمعلم « الاستعماري » ليُفْسِدَ على أبناءِ المسلمين عقولَهم ، ويُلْقِيَ الاضطرابَ في أفكارهم ، وَيستنزلَهُم عن لغتهم وآدابهم، ويُشوِّهَ لهم تاريخَهم ويُقلِّلَ لهم سلَفهم في أَعينهم، ويُزهِّدَهُم في دينهم ونبيِّهم ويُعلِّمهم _ بعد ذلك _ تعليمًا ناقصًا: هو شر من الجهل!!

La France est venue avec l’éducation « colonisatrice » et la science « colonialiste » pour corrompre les esprits des fils des Musulmans et semer le trouble dans leurs pensées, pour déposer leur conscience, leur langue et leur littérature au profit de celles de la France, pour falsifier et dénaturer leur histoire et réduire le rôle et l’importance de leurs ancêtres à leurs yeux fascinés par d’autres figures, pour les inciter à renoncer à leur religion. L’enseignement colonial vise à créer une pensée handicapée dont les effets sur la personnalité sont pires que ceux de l’ignorance.

وجاءت بالطبيب « الاستعماري » ليُحافظَ على صِحَّة أبنائها قبلَ كلِّ شيء بآية أنه لا يكونُ إلا حيثُ يكون الأوروباويون ، لا في المداشر التي يسكُنها الألوفُ من المسلمين وحدَهم، ولا في القبائل المتجاورة التي تعد عشرات الألوف منهم ، أما هذا الطبيب الاستعماري بالنسبة إلى المسلمين فكأنما جاء ليُداويَ علَّةً بعلل ، ويَقْتُلَ جرثومةً بخلْق جَراثيم، ويجرب معلوماته فيهم كما يُجرِّبها في الأَرانب، ثم يَعيشُ على أمراضهم التي مكن لها الاستعمار بالفقر والجهل.

« La France est venue avec le médecin colonialiste dont la vocation première est de préserver la santé de la population européenne et de ce fait il ne s’installe que là ou s’installe la colonie de peuplement européen ou européanisé. Il n’a pas la préoccupation d’être auprès des campagnes, des tribus et des douars peuplés par les millions de Musulmans. Si la médecine colonialiste intervient dans la population musulmane c’est comme si sa vocation n’est pas de soigner mais d’inoculer des maux nouveaux à la place d’un mal ancien, d’éradiquer un microbe en cultivant à sa place d’autres microbes, d’expérimenter ses nouveaux savoirs et ses nouveaux remèdes sur une population musulmane devenue cobaye humain. Tous ces désastres ne suffisent pas, il faut encore que le médecin français s’enrichissent sur le dos des malheurs des autochtones musulmans que le colonialisme a précarisé sur le plan sanitaire par l’instauration de la pauvreté et de l’ignorance. »

إن الاستعمار القائم على الجندي، والمعلم، والطبيب، والراهب، هَيكلٌ حيوانيٌّ يَمشِي على أربع… وإن الاستعمار قد قَضَى بواسطة هؤلاء الأربعة على عشرةِ ملايين من البشر، فَرمَى مَواهبَهم بالتعطيل ، وعُقولَهم بالخمود، وأذهانَهم بالركود، وأفكارَهم بالعقم، وأضاع على الإنسانية بضياعهم عشرَةَ ملايين من المواهب، والعقول، والأذهان، والأفكار، وهي رأسُ مالٍ عظيم كانت تستعينُ به- لولا الاستعمار- على الخيْر العام والمنفعة، وتنتفعَ به في إقامة دعائم المدنية، فَما أشْأَمَ الاستعمارَ على الإنسانية « !!!.. »

« Il est certain que le colonialisme institué sur le soldat, le missionnaire, l’enseignement et le médecin est une structure animale prédatrice marchant sur quatre pattes. C’est par ces quatre moteurs que le colonialisme a mis en panne les talents, les possibilités et le génie de millions de musulmans. Il a ainsi pu saper leur effort, figer leur mental, rendre inerte leur cognition, rendre stériles leurs idées. Il a ainsi privé l’humanité de millions de potentialités en énergie créatrice, en cerveau fécond, en mental imaginatif, en idée généreuse qui sont un prodigieux capital dont l’humanité aurait profité et utilisé pour résoudre ses problèmes mais que le colonialisme a saboté, détruit, détourné du bien pour laisser les collectifs humains sans ressources capables d’ériger des cités, de promouvoir des civilisations et de se mettre au service de l’humanité. Le colonialisme est la forme la plus pessimiste et la plus cynique dans la destruction de l’humain. »

2 – Le colonialisme et l’Islam

الاستعمار والإسلام

Le colonialisme a combattu l’Islam car il était et il demeure l’obstacle authentique et irréversible à la colonisation, à son expansion, à ses causes et à ses effets sur le monde musulman et non musulman :

جاءَ الاستعمار الَّدنِسُ الجزائرَ يَحْمِلُ : السيفَ والصليبَ، ذلك للتمكُّن.

Le colonialisme, impur et profanateur, est venu en Algérie portant l’épée dans une main et la croix dans l’autre main afin de s’implanter comme colonisation de peuplement.

وهذا للتمكين ، فَملَكَ الأرضَ واسْتَعْبَدَ الرقابَ، وفَرضَ الجِزي ، وسخَّر العقولَ والأبدانَ، ولو وقَفَ عند حدُود الدُّنيويات لقلْنَا : تلك هي طبيعةُ الاستعمار الجائع، تدفعه الشهواتُ إلى اللذات ، فيجْرِي إلى مَداها وَيقف، وتدفعه الأنانيةُ إلى الحيوانيةِ فيلتقمُ ولا ينتقمُ، ولكنه كان استعمارًا دينيًّا مسيحيًّا عاريًّا، وَقَفَ للإسلام بالمرصاد من أول يوم ، وانتَهكَ حُرُماته من أول يومٍ فابَتزَّ أموالَهُ الموقوفةَ بالقَهْر وتصرَّفَ في مَعابِدهِ بالتحويل (جامع كتشاوة مثلا) والهدم، وتحكم في الباقي منها بالاحتكار والاستبداد، وتدخَّل في شعائره بالتضييق والتشديد ، كلُّ ذلك بروح مسيحيةٍ رومانية تُشِعُّ بالحِقد، وتَفُورُ بالانتقام، ولم يكتف بذلك حتى احتضَنَ اليهوديةَ، وحَمَى أهلَها، وأَشْرَكَهُم في السيادة ليؤلِّبها مع المسيحية على حرب الإسلام، ويُجنِّدَها في الكتائب المُغيرة عليه.

Pour dominer l’Algérie et consolider son pouvoir : Il a pris possession de ses terres, il a opprimé et asservi ses habitants, il a imposé des impôts et des taxes, il a assujetti les esprits et les corps. S’il s’était confiné aux seuls aspects mondains et matériels nous aurions dit que telle est la nature du colonialisme : La prévarication et la voracité de l’affamé cherchant sa proie, l’être poussé par ses instincts bestiaux qui veut jouir des biens terrestres à n’importe quel prix. Nous aurions compris qu’une fois ses appétits satisfaits, il prenne une pause et comprenne qu’il est naturel que son égoïsme pousse la victime et le spolié à chercher à se venger de lui et non que triomphe sur lui la bête qui l’habite et qu’il se venge de sa bestialité insatiable sur sa victime et ceux qu’il a spolié.

Mais le colonialisme français est un colonialisme de nature religieuse : Un évangélisme intégriste. Cet intégrisme a ciblé l’Islam dès le premier jour de son projet colonisateur, il a porté atteinte à ses valeurs sacrées, il a profané les lieux de culte les transformant en Église et en Écurie pour ses armées, il a pratiqué la rapine sur les biens des fondations pieuses musulmanes en utilisant la contrainte par la force des armes et des lois scélérates. Après avoir démoli sans droit ce qui lui semblait de son droit à démolir par la force de ses armées il s’est attaché à installer son monopole sur les richesses et les biens et à asservir et à opprimer les Musulmans dépossédés de leurs biens et de leurs droits. Poussé par son esprit à la fois évangéliste inquisiteur, romain revanchard et manichéen rempli de haine et d’éradication de l’autre, il a traqué le culte musulman dans toutes ses expressions, ses hommes et ses institutions. En dépit de tout cela il s’est renforcé dans sa lutte contre l’Islam en se montrant généreux avec les Juifs et le judaïsme au détriment des Musulmans. Les Musulmans furent chassés et exclus alors que les Juifs furent rapprochés, consultés et impliqués en leur faveur dans le processus de la colonisation de l’Algérie. Ainsi ils ont réalisé l’alliance des Livres falsifiés contre le Livre intègre.

وقَد اطمأنتْ إلى أن الشعبَ الجزائريِّ قد مَات كما صَرَّح بذلك أحدُ ساسَتِها الكبار في خطبةٍ ألقاهَا على مُمثلي الأمَم في المهرجان الذي أقَامتْه في عِيدِها المئويِّ لاحتلال الجزائر، وكان مما قالَ:( لا تظنُّوا أنَّ هذه المهرجاناتِ من أجْل بلوغِنَا مائةَ سنةٍ في هذا الوطن، فقدْ أَقامَ الرومان قبْلَنَا فيه ثلاثَة قرونٍ، ومعَ ذلك خرَجُواْ منه، ألا فلتعلموا أن مَغزَى هذه المهرجانات هو تشييعُ جنازة الإسلام بهذه الديار ) .!!

« Lors de la célébration du centenaire de la colonisation, la France était persuadée que le peuple algérien était définitivement mort comme le proclamait un de ses notables dans son discours devant les délégués des nations occidentales. Entre tout ce qu’il a dit il faut prêter attention à ce passage : « Ne pensez pas que ces festivités sont destinés à célébrer les 100 ans de notre présence dans ce pays. Les Romains y sont restés avant nous plus de trois siècles mais ils ont fini par le quitter. Ce que vous devez savoir sur l’enjeu stratégique de cette commémoration grandiose c’est l’enterrement définitif de l’Islam dans ces contrées… »

3 – L’alliance avec le colonialisme est sédition contre l’Islam

موالاة المستعمر خروج عن الإسلام

Dès le début de la révolution algérienne contre le colonialisme, le discours du Cheikh El Ibrahimi a apporté son soutien religieux et militant. Il s’est lancé dans la lutte idéologique et psychologique menée par l’impérialisme qui cherchait à miner la dynamique et l’unité du mouvement de libération du peuple algérien opprimé. Il appelait tous les peuples opprimés à résister et à exprimer leur méfiance et leur défiance envers le colonialisme. Il a montré la vocation universelle de l’Islam que ne peuvent changer ni Qaradhawi ni Al Belhadj en donnant crédit au soutien de l’OTAN aux séditieux libyens bafouant les règles de l’Islam et souillant dans leur bouches le Nom majestueux d’Allah qui a fait entrer Mohamed (saws) entrant à la Mecque en toute humilité sans verser une goutte de sang. Durant son séjour au Caire Cheikh Al Ibrahimi a dénoncé les partisans des alliances ou des compromissions avec le colonialisme et a refusé toute justification politique ou religieuse de collaboration.

Il a promulgué une Fatwa qui reste jusqu’à aujourd’hui opportune, pertinente et cohérente.

فتوى الشيخ البشير الإبراهيمي

Fatwa du Cheikh Mohamed Al Bachir Al Ibrahimi – Le Caire 1955

بسم الله الرحمن الرحيم

إذا قلنا: « إنَّ موالاةَ المستعمِر خروجٌ عن الإسلام » فهذا حكمٌ مجمَل، تفصيلُه أنَّ الموالاة مفاعلةٌ أصلُها الولاء أو الولاية، وتمسّها في معناها مادة التّولّي، والألفاظُ الثلاثة واردة على لسان الشرع، منوطٌ بها الحكم الذي حكمنا به وهو الخروجُ عن الإسلام، وهي في الاستعمال الشرعيِّ جاريةٌ على استعمالها اللّغوي، وهو في جملته ضدُّ العداوة، لأنَّ العربَ تقول: « وَالَيْتُ أو عاديت، وفلان وليّ أو عدّو، وبنو فلان أولياء أو أعداء »، وعلى هذا المعنى تدور تصرّفات الكلمة في الاستعمَالَين الشرعيّ واللغويّ.

Au Nom d’Allah, le Miséricordeur, le Miséricordieux

Si nous disons que « l’acceptation de la tutelle du colonisateur » ou « l’alliance avec le colonisateur » est apostasie dans l’Islam nous énonçons un jugement global. Dans le détail il faut savoir que la tutelle suppose l’allégeance, l’acceptation, la protection. Ces trois termes appliqués au colonisateur sont en contradiction avec la loi coranique. Sur le plan sémantique le Walâ a pour antonymes l’agression et la transgression. Toujours dans le détail mais sur le plan lexical et sémantique le colonialisme ne peut par sa qualité intrinsèque d’agresseur et de transgresseur être un allié ou un tuteur

وماذا بين الاستعمَار والإسلام من جوامعَ أو فوارق حتى يكونَ ذلك الحكم الذي قلناه صحيحاً أو فاسداً؟

D’une manière plus précise et sans équivoque quels sont les points ou les lignes de convergence ou de rupture entre l’Islam et le Colonialisme pour que notre jugement précédent sur l’incompatibilité entre l’Islam et le colonisateur soit juste ou faux d’une manière évidente et incontestable :

إنَّ الإسلامَ والاستعمار ضدّان لا يلتقيان في مبدإٍ ولا في غاية، فالإسلام دينُ الحرية والتحرير، والاستعمار دين العبودية والاستعباد، والإسلام شرع الرحمةَ والرفق، وأمر بالعدل والإحسان، والاستعمار قوامُه على الشدّة والقسوة والطغيان، والإسلام يدعو إلى السلام والاستقرار، والاستعمار يدعو إلى الحرب والتقتيل والتدمير والاضطراب،

L’Islam et le colonialisme sont deux antagonismes qui ne peuvent jamais se rencontrer. L’Islam est la religion de la liberté et de l’émancipation alors que le colonialisme est la religion de la servitude et de l’asservissement. L’Islam a instauré la miséricorde et la bienveillance et il ordonne la pratique du bien et de la justice alors que le colonialisme repose sur la dureté, la tyrannie et la transgression. L’Islam appelle à la paix et à la stabilité, pendant que le colonialisme appelle à la guerre, au meurtre, à la destruction et aux crises.

والإسلام يُثبت الأديانَ السماوية ويحميها، ويقرّ ما فيها من خيرٍ ويحترم أنبياءَها وكتبَها، بل يجعل الإيمانَ بتلك الكتبِ وأولئك الرّسل قاعدةً من قواعده وأصلاً من أصوله، والاستعمار يكفُر بكلّ ذلك ويعمَل على هدمه، خصوصاً الإسلام ونبيّه وقرآنه ومعتنقيه.

L’Islam confirme les religions révélées dont il assure la protection, reconnait ce qu’elles contiennent comme bienfaits qu’elles professent, il respecte les Prophètes qui y sont mentionnées et vénère les livres saints. Plus encore, l’Islam a fait de la croyance des livres saints et des Prophètes de ces religions, une de ses bases et l’un de ses principes. Par contre le colonialisme renie tout cela et travaille à ruiner ces principes et plus particulièrement ceux de l’Islam dont il combat l’essence, le Prophète, le Coran et les adeptes.

نستنتِج من كلّ ذلك أن الاستعمارَ عدوّ لدودٌ للإسلام وأهلِه، فوجَب في حكم الإسلام اعتبارُ الاستعمار أعدَى أعدائِه، ووجب على المسلمين أن يطبِّقوا هذا الحكمَ وهو معاداةُ الاستعمار لا موالاته.

Aussi, nous déduisons de tout cela que le colonialisme est le pire ennemi de l’Islam et des Musulmans et par voie de conséquence il est de l’obligation de tous les gens de confession musulmane de considérer le colonialisme comme l’un de ses plus grands ennemis et par conséquent il ne peut y avoir acceptation de sa tutelle, de son alliance ou d’une allégeance à son égard.

الاستعمارُ الغربيّ ـ وكلّ استعمارٍ في الوجود غربيّ ـ يزيد على مقاصدِه الجوهريّة وهي الاستئثار والاستعلاء والاستغلال مقصداً آخرَ أصيلاً وهو محوُ الإسلام من الكرة الأرضية خوفاً من قوّته الكامنة، وخشيةً منه أن يعيدَ سيرتَه الأولى كرةً أخرى.

Le colonialisme occidental, d’ailleurs tout colonialisme dans cette existence est occidental, en plus des mobiles fondamentaux, d’égoïsme, de vanité, et d’exploitation, communs à tous les impérialismes, en a un autre qui lui appartient en propre : Effacer toute trace de l’Islam de la surface de cette planète, car il craint de le voir rétablir sa puissance d’antan et restaurer sa grandeur passé.

وجميعُ أعمال الاستعمار ترمي إلى تحقيق هذا المقصد، فاحتضانُه للحركاتِ التبشيرية وحمايتُه لها وسيلةٌ من وسائل حربِه للإسلام، وتشجيعُه للضالين المضلّين من المسلمين غايتُه تجريد الإسلام من روحانيته وسلطانه على النفوس، ثم محوُه بالتدريج، ونشرُه للإلحاد بين المسلمين وسيلةٌ من وسائل محوِ الإسلام، وحمايتُه للآفات الاجتماعية التي يحرّمها الإسلام ويحاربها كالخمر والبغاء والقمار ترمي إلى تلك الغاية، ففي الجزائر ـ مثلاً ـ يبيح الاستعمارُ الفرنسيّ فتحَ المقامِر لتبديد أموال المسلمين، وفتحَ المخامر لإفساد عقولهم وأبدانهم، وفتحَ المواخير لإفساد مجتمعهم، ولا يبيح فتحَ مدرسةٍ عربيّة تحيِي لغتَهم أو فتحَ مدرسةٍ دينيّة تحفَظ عليهم دينَهم.

Toutes les actions du colonialisme tendent vers la réalisation de ce but en l’occurrence la tutelle qu’il impose aux multitudes humaines. L’adoption des mouvements évangélistes et la protection qu’il leur apporte, ne sont que des moyens dans sa lutte contre l’Islam et dans sa tentative de dépouiller le Musulman de la spiritualité et de la force civilisationnelle de l’Islam afin de le détruire graduellement. C’est dans ce sens qu’il faut situer les encouragements qu’il prodigue aux musulmans qui ont dévié du droit chemin, et qui cherchent à en tromper d’autres. Les égarés et les séducteurs ont pour but de prêcher l’athéisme chez les Musulmans ou de cultiver les tares morales et sociales proscrites et combattues par l’Islam, telles l’alcoolisme, la prostitution et les jeux de hasards. A travers ces moyens le colonialisme poursuit toujours le même but : L’anéantissement de l’Islam. En Algérie par exemple, le colonialisme français autorise les jeux de hasard pour détruire la foi des musulmans…, c’est pour la même raison qu’il permet la multiplication des débits de boisson et bien d’autres choses. Par contre, il s’oppose à l’ouverture d’une médersa arabe, par les Algériens, pour assurer la pérennité de leur langue, ou à la création d’une école religieuse, pour sauvegarder les préceptes de leur religion.

ويأتي في آخر قائمةِ الأسلحة التي يستعمِلها الاستعمارُ الغربيّ لحرب الإسلام اتّفاقُه بالإجماع على خلقِ دولةِ إسرائيل في صميمِ الوطَن العربي، وانتزاعِ قطعةٍ مقدّسة من وطن الإسلام وإعطائها لليهود الذين يدينون بكذِب المسيح وصلبِه، وبالطعن في أمّه الطاهرة.

Dans sa stratégie de lutte contre l’Islam la dernière trouvaille du colonialisme occidental est la création de l’État d’Israël au cœur du monde arabe et l’arrachement d’une partie des lieux saints de la nation musulmane pour l’offrir aux Juifs dont la dévotion consiste à faire mentir le Messie, à prétendre à sa crucifixion et à diffamer sa mère chaste et pure.

فالواجبُ على المسلمين أن يفهَموا هذا، وأن يعلَموا أنَّ مَن كان عدوًّا لهم فأقلّ درجاتِ الإنصاف أن يكونوا أعداءً له، وأنَّ موالاتَه بأيّ نوعٍ من أنواع الولاية هي خروجٌ عن أحكام الإسلام، لأنَّ معنى الموالاةِ له أن تنصرَه على نفسِك وعلى دينِك وعلى قومِك وعلى وطنِك.

Ceci dit, les Musulmans doivent comprendre tout ces enjeux et savoir que la vigilance la plus élémentaire leur recommande d’éprouver, par esprit d’équité et de réciprocité, pour le moins, les mêmes sentiments d’hostilité que leur ennemi éprouve envers eux. Leur allégeance loyale et leur alliance sous n’importe quelle forme envers le colonialisme, leur ennemi, est une transgression des principes sacrés de l’Islam. Celui qui accepte ou tolère la tutelle colonialiste signifie ici, qu’il a accepté de se détourner de sa religion et de faire triompher l’ennemi de sa religion sur sa propre personne, sa génération, son peuple et sa patrie.

والمعاذِير التي يعتَذر بها المُوالون للاستعمار كالمداراة وطلبِ المصلحة يجب أن تدخُل في الموازين الإسلامية، والموازينُ الإسلاميّة دقيقةٌ تزِن كلَّ شيء من ذلك بقَدرِه وبقَدرِ الضرورة الداعيَة إليه، وأظهرُ ما تكون تلك الضروراتُ في الأفراد لا في الجماعات ولا في الحكومات.

Les excuses et les justifications auxquelles ont recours les vassaux du colonialisme tel que le recours à l’administration compétente ou l’attraction des bienfaits pour la communauté doivent être remises dans leur contexte et évaluées avec minutie par les règles islamiques en la matière. Ces règles sont strictes, détaillées et ne permettent aucun fourvoiement ni louvoiement. La nécessité qui fait loi pour justifier l’alliance ou l’allégeance n’est valide que pour des cas particuliers et à titre individuel et ponctuel et en aucun cas à titre collectif au niveau des groupes ou des gouvernements musulmans

وموالاةُ المستعمِر أقبحُ وأشنَع ما تكون من الحكومات، وأقبحُ أنواعِها أن يُحالَف حيث يجب أن يُخالَف، وأن يُعاهَد حيث يجب أن يُجاهَد، وأقبحُ ما فيها من القبح أن يُحالَف استعمارٌ على حربِ استعمار.

Un des aspects les plus infâmes de l’allégeance envers le colonialisme, c’est de s’allier à lui en qualité de gouvernant. Une des pires et infâmes alliances avec le colonialisme, c’est celle qui est faite au moment où il faudrait s’opposer à lui et de lui tendre la main au moment où il faudrait le combattre. Ce qui dépasse le comble de l’infamie c’est de pactiser avec ton colonisateur lorsqu’il livre bataille contre un autre colonisateur alors chacun ne veut que te mettre sous sa domination coloniale.

وقد كانَتِ الحروب قبلَ اليوم لمعانٍ بعضُها شريف، وقد يكون أحدُ الجانبَين فيها على حقّ، أما هذه الحروب التي لا تنتهي الواحدةُ منها إلا وهي حاملٌ مُقْرِب بأخرى أشدَّ منها هولاً وأشنعَ عاقبةً، فلم يبقَ فيها شيء من معاني الشّرفِ ولا من معاني الرّحمة ولا من معاني الكرامَة الإنسانيّة، وإنما هي حربٌ مجنونة يبعثُها حبُّ الاستعلاء والتسلّط على الضعفاء، والاستئثار بخيراتِ أرضهم، والضعفاءُ دائماً هم الأدوات التي تقَع بها الحرب، وتقَع عليها الحرب، فهم في السِّلم محلُّ النزاع، وفي الحربِ ميدان الصّراع.

Par le passé, avant le colonialisme occidental, les guerres pouvaient avoir d’autres mobiles et d’autres significations. Certaines guerres étaient nobles par leur cause et les partisans d’un camp pouvaient être du côté du droit. Mais ces guerres qui s’enchainent sans interruption, l’une appelant la suivante en plus dure et moins juste et avec des conséquences plus néfastes et plus désastreuses n’ont aucun soupçon d’honneur, de vérité, de miséricorde, de justice ou de dignité humaine. Nous sommes face à des guerres de folies, d’absurdité et de cruauté alimentées par l’arrogance, le despotisme, la domination des faibles et la spoliation de leurs biens et des richesses de leurs terres. Ce sont toujours les faibles et les opprimés qui sont utilisés comme instruments dans les machines guerrières, ce sont eux qui subissent les conséquences des guerres. Dans la paix ils sont l’alibi pour déclarer la guerre, et dans la guerre ils sont le terrain d’affrontements où se règlent les conflits des autres.

لا مِثال للبلاهةِ والبَلادة أوضح من محالفة الضعيفِ للقويّ إلا إذا صحّ في الواقع وفي حُكم العقل أن يحالِف الديكُ النسر، أو تحالِفَ الشاة الذئب.

Il ne peut y avoir exemple plus éloquent en matière de stupidité et de lâcheté que de voir l’opprimé faire alliance avec son oppresseur à moins que la réalité du monde et la logique de la raison nous prouvent l’alliance de la colombe avec l’aigle et celle de l’entente l’agneau avec le loup.

كيفَ نحالِف الأقوياءَ وقد دلّت التجاربُ أنهم إنما يحالفوننا ليتَّخذوا من أبنائنا وقوداً للحَرب، ومن أرضِنا ميداناً لها، ومن خيراتِ أرضنا أزواداً للقائمين بها، ثم تنتهي الحربُ ونحن المغلوبون الخاسرون على كلّ حال، وقد تكرّرت النذُر فهل من مُدَّكِر؟!

Pourquoi faire allégeance aux puissants alors les expériences prouvent qu’ils ne s’allient à nous que pour prendre nos enfants comme chair à canon, nos géographies comme zone de conflits et d’affrontements à leurs guerres coloniales, nos terres comme ressources pour asseoir leur puissance et leur domination. Puis lorsque la guerre s’achève, le plus grand perdant et le plus grand vaincu c’est toujours nous et ce quelque soient les mobiles ou les circonstances des guerres coloniales. Combien d’avertisseurs sont venus nous réveiller est-ce que parmi nous il y en a qui se souviennent ?

أيّها المسلمون أفراداً وهيئات وحكومات: لا توالُوا الاستعمارَ فإنَّ موالاتَه عداوةٌ لله وخروجٌ عن دينه.

O musulmans ! O organisations musulmanes ! O gouvernements islamiques, ne manifestez aucun sentiment d’attachement pour le colonialisme, car ce serait commettre une rébellion contre Allah, une agression contre le genre humain et vous seriez des hérétiques séditieux envers l’Islam.

ولا تتولّوه في سِلم ولا حَرب فإنَّ مصلحتَه في السِّلم قبل مصالحكم، وغنيمَته في الحرب هي أوطانُكم. ولا تعاهِدوه فإنّه لا عهدَ له. ولا تأمَنوه فإنّه لا أمانَ له ولا إيمان

Ne soyez pas alliés à ses côtés, ni en temps de paix, ni en temps de guerre, car en temps de paix, il fait passer son intérêt avant les vôtres, et en cas de guerre ce sont vos patries qui seront son butin. Ne contractez aucune alliance avec lui car il ne respecte pas ses engagements ; n’attachez aucune foi en ce qu’il dit, car certainement sans foi ni loi il n’est garant d’aucune sécurité ou protection pour vous.

إنَّ الاستعمارَ يلفِظ أنفاسَه الأخيرة فلا يكتُبْ عليكم التاريخُ أنّكم زِدتم في عمره يوماً بموالاتكم له.
ولا تحالِفوه فإنَّ من طَبعِه الحيوانيّ أن يأكلَ حليفَه قبلَ عدوِّه.

Le colonialisme laisse échapper ses derniers soupirs. Que l’histoire ne soit pas un témoignage contre vous en lui donnant par votre allégeance un jour supplémentaire d’existence sur terre. Ne vous alliez pas à lui, car sa nature bestiale le pousse à dévorer son allié avant de dévorer son ennemi.

والسلام عليكم ورحمة الله وبركاته.

Salutations à vous et que la Miséricorde d’Allah et Ses Bénédictions soient sur vous.

Cheikh Bachir El Ibrahimi

4 – Conclusion : Question cruciale

Tous les savants musulmans disent qu’une Fatwa ne change que si changent le temps, le lieu, l’homme et les conditions car elle doit être une réponse concrète et réaliste sans bien entendu être en contradiction avec le Coran, la Sunna et les coutumes du peuple recevant cette Fatwa. Entre la Fatwa de Cheikh Mohamed Al Bachir Al Ibrahimi et celle de Qaradhawi, quels sont les changements survenus dans le temps, le sol, l’homme et les conditions sociales, idéologiques, politiques, économiques et militaires pour supposer que le colonialisme a changé et que le monde musulman est bi khayr (il se porte bien) et que le recours au colonialisme n’est pas une guerre contre l’Islam, une sédition contre le Prophète de l’Islam, une trahison au Livre de l’Islam, une atteinte à la liberté et à la dignité de la communauté de l’Islam

Si Ali Belhadj n’est pas capable de voir la portée désastreuse de ses paroles irresponsables sur l’avenir de l’Islam et de la lutte anti impérialiste dans une Algérie livrée à la prédation capitaliste ni sur la répulsion qu’il provoque sur les couches moyennes en cautionnant le lynchage de Kadhafi et en se taisant sur les crimes de l’OTAN, je l’invite fraternellement à faire preuve de lucidité, au delà de celle qu’aurait du lui apporter ses longues années de prison, de privation de droits civiques, d’atteinte à sa propre chair. Il doit méditer dans une retraite spirituelle et voir trois choses horribles. Toutes proportions gardées, il est dans le même isolement au sein du mouvement islamique que l’était Kadhafi au sein de la communauté internationale. Il n’est pas à l’abri du même lychage médiatique puis physique, que je ne lui souhaite pas, par les confréries maraboutiques et les salafistes monarchistes corrompus par l’économie de marché et qu’il ne doit cette relative liberté de parole, de mouvement et de rester en vie que par la volonté d’un régime qui n’a plus peur de lui et qui le laisse jouer le rôle de repoussoir. Enfin c’est ce colonialisme et ses agents qui ont annulé les élections remportés par le FIS, qui ont dissous le FIS et qui ont plongé l’Algérie dans une décénie noire et rouge; ce sont ce même colonialisme et ses mêmes agents qui ont lynché Kadhafi et livré la Libye à un scénario qui ne peut rentrer dans l’imagination d’un homme qui ne puise pas ses sources de lecture et de reflexion dans la tragédie algérienne face au colonialisme.

Il ne suffit pas d’être un érudit comme Qaradhawi ou une icone comme Belhadj qui fait passer ses opinions partisanes pour une Fatwa, il faudrait être comme Al Ibrahimi, être au coeur de la lutte contre le colonialisme et incarner l’histoire tragique, le sol spolié, la mémoire violée et un peuple opprimé pris entre les 4 pattes du colonialisme et les deux machoires du despotisme qui sont la corruption et l’arbitraire. Il faut de la lucidité et de la probité morale pour voir l’évolution et les métamorphoses de ces quatre pattes qui n’ont ni changé de nature ni changé la nature de la bête cruelle cupide et vorace qu’elles portent au dessus de nos têtes.

Il suffit d’être un insensé ou un agent conscient ou inconscient de la rente religieuse, politique et économique pour donner un souffle de vie à un système colonialiste en agonie et en quête de proie pour survivre. Comme un rat s’il ne mange pas 24 heures, il meurt. C’est un grand haram que de le nourrir sur le dos de la communauté musulmane alors que sa nature est de proliférer pour dévorer ses biens, ses enfants et lui apporter la peste, le choléra et le typhus!

C’est un désastre pour la pensée musulmane que de ne pas voir que la Fatwa incitant au meurtre et la barbarie qui a suivi le lychage de Kadhafi ne soient pas comprise comme une volonté colonialiste de stopper les révolutions et de criminaliser les mouvements se réclamant de l’Islam incompatible avec le colonialisme et le capitalisme. C’est un dégat inimaginable pour l’avenir de la communauté musulmane et la souveraineté nationale quand on voit les élites musulmanes alors qu’elles sont dans l’opposition, solliciter le secours et l’assistance du colonialisme. En effet le citoyen est en droit de se poser la question légitime : Si ces gens là arrivent au pouvoir avec cette mentalité et se trouvent confrontés au respects des traités internationaux, aux relations internationales, aux complexités de la gouvernance, ils feront pire que les despotes qui nous gouvernenent car ils n’ont pas conscience des enjeux ni de la lutte idéologique ni des pressions politiques, diplomatiques, militaires et économiques que les 4 pattes et les deux machoires du colonialisme leur feront subir jusqu’à céder toute parcelle de souveraineté pourvu qu’on ne touche pas à la barbe, à la gandoura, aux mosquées et au slogan « l’Islam est la religion de l’Etat« . Un état qu’ils sont incapables d’édifier ou de gouverner tant qu’ils n’ont pas d’idées claires sur la réalité du monde et sur leurs lacunes idéiques et leurs défaillences idéologiques.

Omar Mazri – Auteur, Ecrivain

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S. Nasrallah : ce sont les missiles syriens qui ont bombardé Haïfa et…

Le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah a exprimé ses condoléances, à la direction syrienne et au peuple syrien pour « les martyrs- commandants » de l’armée syrienne, tués ce mercredi dans l’attentat perpétré contre le siège de la Sécurité nationale à Damas.

« Durant la guerre de juillet, les missiles qui se sont abattus sur Haïfa,  et qui étaient prêts à bombarder Tel Aviv sont des missiles qui ont été fabriqués par l’industrie militaire syrienne » a révélé Sayed Nasrallah pour la première fois, dans un discours prononcé dans une cérémonie organisée dans la banlieue sud, à l’occasion du sixième anniversaire de la victoire du Liban contre l’ennemi israélien. Selon lui, la Syrie était plus qu’un pont entre l’Iran et les résistances libanais et palestinienne.

« La Syrie de Bachar Al-Assad est un soutien, un bras droit, un apport pour la résistance… la Syrie est le seul pays dans le monde arabe qui a développé une stratégie militaire qui l’a transformée en une puissance capable de contrer l’ennemi sioniste. Et c’est pour cela qu’il a fallu l’éradiquer », a-t-il expliqué. Selon lui, les commandants de l’armée syrienne sont des compagnons d’armes, des compagnons de route de la résistance libanaise et palestinienne et méritent tous les égards ».

Sayed Nasrallah qui a aussi révélé des vérités inédites sur la guerre de juillet 2006, dont entre autre les aveux des commandants et dirigeants militaires, sécuritaires et politiques israéliens selon lesquels tout a été fait dans cette guerre, sans pour autant briser la résistance, a mis en garde contre les velléités du projet américano-israéliens de semer la zizanie entre les communautés et les ethnies de la région, « seul moyen pour affronter la résistance ».

Pour éviter les dérives des uns et des autres, il a proposé un traité d’honneur qui stipule que les responsables de chaque communauté ou ethnie s’engagent à maitriser les éléments de leur groupe qui porte atteinte aux sacro-saints des autres communautés.

Voici ci-dessous les principales idées du discours

Je voulais parler de plusieurs choses mais les récentes évolutions surtout en Syrie nous incombe de consacrer une partie de cette occasion à la situation régionale. Le plan de mon allocution est le suivant : en premier je voudrais révéler des faits inédits de la guerre de juillet, et qui dévoilent la défaite israélienne et de l’autre côté un exploit réalisé par la résistance et qui n’a jamais été évoqué précédemment. Deuxièmement, j’évoquerai la situation qui a suivi la guerre, surtout sur le plan régional. Et en troisième, j’aborderai la situation sur la scène locale.

Une révélation inédite

En cette sixième commémoration, tout Israël, (dirigeants politiques, généraux militaires et sécuritaires, medias,..) est encore sous le choc de ce qui s’est passé en 2006. Nous ns ne sommes pas concernés parce que disent les gens ici, qui refusent de reconnaitre qu’une défaite a eu lieu, mais parce que les Israéliens disent, car ce sont eux nos ennemis.

Les Israéliens ne cessent d’organiser des conférences, des études, des débats auxquels participent leurs grands dirigeants et tous parlent de défaite.

En ce qui me concerne, il me suffit que le chef du Mossad, durant la guerre, le plus important, Meïr Dagan t dise son premier ministre qui était alors Olmert que la guerre a été une catastrophe nationale et qu’Israël a reçu un coup très dur ; et que celui qui a actualisé la théorie de la Sécurité nationale israélienne Dan Meridor, lui qui est l’un théoricien de la sécurité de l’entité sioniste vienne dire qu’Israël n’a jamais vu une chose pareille et « que nous sommes au fond du gouffre »…

Lorsque les dirigeants de l’ennemi parlent d’une défaite cuisante et qu’ils sont dans la pire des situations et se mettent à chercher ce qu’ils ont réalisé de cette guerre, en vérité ils ne font que mentir… toute guerre peut avoir réalisé quelques objectifs tactiques, mais elle n’en demeure pas moins avoir été une défaite..

Sur le terrain, le résultat final est que pour le dernier jour seulement de la guerre, quelques 250 missiles se sont abattus sur Israël !

Lorsque ces dirigeants israéliens disent que leur situation est au plus bas, c’est suffisant pour moi !

Entre temps, ils sont à la recherche de réalisations. L’année dernière, j’en ai évoqué deux, j’ai dit qu’elles sont modiques et stupides. Mais ils racontent des mensonges sur l’opération qu’ils ont baptisé « le poids de qualité ». Je vais expliquer de quoi il s’agit.

Lorsque Tsahal tombe dans le piège du Hezbollah

Pour les Israéliens, ils ont bel et bien effectué une opération le 14 juillet 2006. devant le cabinet ministériel restreint réuni, les commandants militaires ont dit : (( nous avons collecté des informations délicates, dangereuses et très importantes et nous avons localisé les emplacements de tous les lance-missiles du Hezbollah, ceux des missiles iraniens Fajr 3 et 5, ainsi que leur data et nous avons effectué des manœuvres aériennes pour les bombarder et l’armée de l’air est prête si vous êtes d’accord à effectuer cette opération qui est capable de briser le dos de la résistance et mettre fin à la guerre)). Ils s’attendaient à ce que cette opération surprenne le Hezbollah et le rende incapable de lancer ses missiles de moyenne et longue portée. Le cabinet ministériel a donné son feu vert et en effet quelques 40 chasseurs bombardiers ont déclenché une attaque au cours de laquelle selon les Israéliens quarante cibles ont été bombardés. Le chef d’Etat-major qui était alors Dan Haloutz a alors téléphoné à Olmert et lui a dit : « ça y est, nous avons triomphé, la guerre est terminée ».

Le lendemain, Shimon Perez est sorti pour dire qu’Israël a gagané et que le secrétaire général du Hezbollah s’est enfui à Damas, alors que j’étais dans la banlieue sud. Cela état l’opération « Poids de qualité ».

Les dirigeants sécuritaires ont par la suite vanté les efforts intensifs le professionnalisme dans la collecte des informations , des manœuvres et le budget énorme ; ils ont même comparé cette guerre à celle de 1967 lorsque l’armée de l’air israélienne a détruit la force aérienne égyptienne et à l’attaque contre les Sam 6 syriens au Liban. Les israéliens ont cru ceci et Halotz leur a dit que 70 à 80% des capacités balistiques du Hezbollah ont été détruits. Mais la vérité historique est toute autre.

« Le poids de qualité » devient « l’illusion de qualité »

La résistance qui reste éveillée et dont le cerveau sécuritaire est en pleine action avait décelé les mouvements de l’ennemi sur les missiles et elle a joué son jeu et l’même aidé à collecter les infos qu’il voulait obtenir

A un certain moment, ce cerveau sécuritaire et créatif qui est celui du commandant martyr Haj Imad Moughniyé et de ses compagnons savait que les israéliens réfléchissent en termes de guerre à la première frappe. (Les Américains ont agi ainsi en Irak, il en a été ainsi dans la Bande de Gaza aussi). Sans le faire sentir, et c’est là que réside l’exploit sécuritaire de la résistance, ce cerveau a su que les Israéliens cherchent à savoir l’emplacement de ces lance-missiles et les a aidés à les localiser. Le deuxième exploit de la résistance a été qu’elle est parvenue à évacuer les missiles de ces lieux sans que les Israéliens ne s’en rendent compte, alors qu’ils pensaient qu’ils y sont toujours.

Lorsqu’ ils ont pris la décision de bombarder ces endroits, ils étaient tous vides sans lance-missiles

Ce qui s’est passé par la suite est que les lance-missiles sont sortis de leurs emplacements et ont poursuivi leurs combats durant 33 jours, contre le nord, contre Haïfa et après Haïfa et étaient prêts à frapper Tel Aviv.

Cette opération « Poids de qualité » tant vantée par l’armée de l’air israélienne s’est avérée être l’opération de « l’illusion de qualité » et celle de « l’échec de qualité ». Les Israéliens sont tombés dans le piège que la résistance leur avait tendue.. La guerre n’est-elle pas un leurre ?

70 à 80% des capacités de la résistance sont restées en action jusqu’au dernier jour et était capable de continuer encore plus. Si nous nous nous sommes contentés d’un certain nombre de missiles ce n’est parce que leur quantité était limitée, mais parce que nous envisagions l’hypothèse que la guerre puisse être plus longue

Le lendemain, lorsqu’ils ont découvert la vérité, Halotz est entré au cabinet ministériel et leur a dit que l’opération sera longue. Ce jour-là, Shimon Perez a avalé sa langue

Je dis à l’ennemi sioniste que nous savons qu’elle sera sa première frappe

Alors que les gens ici sont préoccupés par les soucis internes, économiques, vitaux et autre (et c’est de leur droit), et dans tout ce bruitage, il y a une résistance dont les commandants et les combattants travaillent nuit et jour sur ce dossier de conflit avec l’ennemi et rien d’autre ne les préoccupe.

Cet ennemi travaille pour collecter des infos sur les installations, sur les emplacements des lance-missiles et prépare la première frappe, je l’appelle à tirer des leçons des erreurs et des échecs qu’il a subis et lui dis que son « Poids qualité » n’a été qu’un fiasco.. Et je lui dis aussi que nous savons déjà très bien quelle sera sa première frappe et savons comment lui riposter. Nous promettons aux Israéliens une grande surprise..

Je demande au peuple libanais et aux autres peuples de la région d’avoir confiance en la résistance et en ses capacités et son intelligence. Sachez que nous possédons dans cette région, dans le monde arabe et islamique des cerveaux, des cœurs, des volontés, et des capacités pour planifier, gérer, combattre et vaincre en fin de compte.

Non notre destin n’est pas celui que la plupart des gouverneurs arabes, des régimes, des auteurs et des medias arabes tentent de nous inculquer que notre destinée est la défaite , que nous sommes impuissants et que ceci fait partie de nos gènes . Dans la guerre de juillet, puis dans celle Gaza le meilleur message a été que notre destinée est de triompher et non d’échouer. Comme nous avons réalisé les victoires en 2006 puis en 2008, nous serons capables de la faire dans les autres guerres.

C’est le message que nous devons réaffirmer en cette occasion aussi.

Les limites de la guerre: constat américano-israélien

Deuxièmement : lorsque la guerre est terminée et les israéliens se sont mis avec les Américains, et non pas tous seuls à l’évaluer et nous sommes depuis rentrés dans une nouvelle phase
Il était prévu que la guerre contre la résistance pour l’écraser soit une phase primordiale pour détruire l’axe de la résistance contre Israël, le seul qui reste dans ce monde arabe attaché à la cause palestinienne, au peuple palestinien et à la terre arabe, celui-là qui s’étend depuis l’Iran, en passant par la Syrie et par les résistances libanaises et palestinienne. Alors que tous les autres régimes de trouvaient de l’autre côté et jouaient le facteur du temps pour que les Palestiniens oublient leur cause et fléchissent.

Il fallait à tout prix détruire cet axe : le premier maillon était le Liban, ou la résistance devait être écrasée. Après, devait venir le tour de la Syrie pour la raison qu’elle a aidé la résistance et lui a donné des missiles. Il fallait renverser le président syrien et soumettre la Syrie au projet américano-sioniste. Les américains n’en ont de la démocratie en Syrie ni des droits de l’homme..

Les autres alternatives

Mais la victoire la résistance a avorté ce plan car les dernier jours de la guerre des 33 jours, Israël quémandait le règlement. Demandez à la délégation arabe qui négociait dans les instances internationales dans quelle situation ils se trouvaient
Ils avaient renoncé à tous leurs conditions. Devant la commission Vinograd, Perez a déclaré que c’était désormais le seul choix disponible. Si au Liban il y avait une réelle solidarité politique entre ses différentes composantes, et que certains poignards n’étaient pas placés sur nos dos, nous aurions pu réaliser des exploits nationaux, mais certains à l’intérieur aidaient Israël politiquement pour qu’il sorte de cette impasse.

Les Israéliens sont alors partis vers une autre phase, celle de la Bande de Gaza. Mais elle parvint à faire avorter le plan. Mais les plans américanos-sionistes n’en sont pas à leur fin. Ils ne cessent de chercher des alternatives, ils sont pragmatiques, j’ai dit une fois que les US n’en ont cure de celui qui gouvernent, que ce soient les islamistes, les Frères musulmans, les talibans avec lesquels ils cherchent à négocier en Afghanistan ou autres, l’important pour eux, c’est la politique à suivre.

F16 et mirkava en déroute face aux jeunes de 16 ans

Sur la question libanaise, ils avaient un problème, celui du Hezbollah. A la lumière de la guerre juillet, des convictions s’étaient forgées : Premièrement, les bombardements aériens ne décident pas du sort d’une bataille. Deuxièmement, l’opération terrestre est une grande aventure très dangereuse. il y a quelques jours, Olmert qui délie un peu sa langue a dit que l’opération terrestre de plus de 3Km est une bêtise et Halotz aussi a acquiescé. Perez a dit dans les investigations de Vinograd : (cette guerre contre le terrorisme, c’est a dire contre les missiles de la résistance se fait à distance, il est impossible à travers un avion F16 de traquer chaque jeune de 16 ans, c’est ce qui se passait durant la guerre, combien de F16 faut-il pour traquer des jeunes de 16 et qui en fin de compte vont posséder des missiles anti-aériens et ils nous est difficile aussi d’envoyer un char Mirkava dans chaque tranchée) …

Ces jeunes que ni les 16 ni les Mirkava ne peuvent vaincre et qui reste au sud-Liban inébranlable, sont ceux-là la bonne stratégie défensive
Perez a dit aussi sur la 1701, qu’Israël n’avait d’autre choix, que c’est le maximum qu’il pouvait obtenir.

Seul recours d’Israël: le désarmement interne de la résistance

Je termine ce témoignage sur les propos de l’ancien chef d’Etat-major, Moshé Yaalone , et qui est actuellement ministre dans le gouvernement de Netanyahou, et dont les propos concerne l’intérieur libanais : il a dit : (il est clair chez moi que le Hezbollah est un phénomène enraciné qui ne peut être écrasé à travers une opération militaire et qu’il n’y a pas de solution pour éradiquer son dispositif balistique, c’est pour cela j’encourage l’action politique qui permet de le désarmer dans le cadre d’un processus politique interne) .

C’est-à-dire que le désarmement du Hezbollah doit devenir une revendication interne
Certains Libanais réalisent ce que les Israéliens veulent, en toute connaissance de cause, et en toute ignorance.
Yaalone poursuit : (pas de moyen d’arracher le Hezbollah du cœur des Chiites et pas de moyen de mettre fin à ses Katiouchas, c’est pour cela je propose d’organiser une action politique pour confiner le Hezbollah et pour que son armement soit perçu illégitime au Liban). Il en conclut que (c’est la seule solution d’Israël).
Ainsi en Israël, ils misent sur des données libanaises internes et les Libanais devraient s’éveiller. Une guerre à l’instar de celle de juillet n’a pu altérer cette résistance basée sur la lutte, le jihad, le sacrifice et l’abnégation… les insulteurs n’y pourront rien.

Le problème de la Syrie aussi: la Syrie d’el-Assad pas de Khaddam

Et lorsque les Israéliens et les Américains ont poursuivi leur lecture et leur évaluation, ils ont conclu qu’ils étaient aussi à un autre problème : la Syrie, et pas n’importe lesquelles, les inquiète. Bien entendu, ce n’est pas la Syrie des Khaddam qui les inquiète, mais celle de Bachar el-Assad
Des évolutions importantes ont eu lieu durant les dernières années en Syrie qui a pu mettre au point une stratégie militaire basée sur une vision claire qui a transformé la Syrie en une puissance militaire capable d’être une menace stratégique pour Israël et je sais de quoi je parle.

Lorsque le cerveau syrien s’est mis à étudier et à renouveler ses structures militaires, il a mis une nouvelle stratégie militaire basée sur la force de frappe balistique syrienne qui est de nos jours décisive. Pour Israël, ceci a nécessité une solution. Deuxièmement, la Syrie est le passage de la résistance, elle est le lien entre l’Iran et la résistance ; ceci est certes vrai mais elle est bien plus que ceci, elle est un soutien réel de la résistance au niveau militaire surtout : j’en donne deux indices : le premier n’est pas un secret car les Israéliens l’ont révélé : les plus importants projectiles qui se sont abattus sur Haïfa sont des missiles construits par l’industrie militaire syrienne. La Syrie n’est pas seulement un port ou un aéroport, mais un soutien réel. Elle a donné les armements les plus importants avec lesquels nous avons combattu au Liban et dans la bande de Gaza aussi.

C’est la Syrie et non l’Arabie et non l’Egypte qui a aidé la résistance à gaza

L’armement qui parvenait à la bande de Gaza et qui fait aujourd’hui peur à Israël et qui pour la première a permis aux Palestiniens de faire descendre dans les abris plus d’un million d’Israéliens, ce n’est pas le régime saoudien, ni le régime égyptien, ni les régimes arabes, qui l’ont acheminés, mais la Syrie et à travers la Syrie..
Cette direction syrienne est celle qui a pris des risques, au détriment de ses intérêts et de son existence même pour que la résistance au Liban et en Palestine soit forte
Quel régime arabe pourrait faire ceci ??
Que veut dire pour les Américains que la Syrie donne des armes pour le Hezbollah, le Hamas et le jihad islamique ?
lorsque ces régimes (arabes) interdisaient le pain et l’argent pour Gaza comme l’a fait l’Arabie saoudite, seule la Syrie a pris des risques pour le faire et pour envoyer des armes.. C’est la Syrie de Bashar el Assad, la Syrie des martyrs Assef Chawkatt, de Daoud Rajha, de Hassan Turkmani qui l’a fait !

L’Armée interdite

En ce jour, nous devons dire la vérité, qu’elle plaise ou déplaise, et que les insulteurs insultent !
En principe, il y a un projet américano-israélien qui interdit l’existence d’armées puissantes dans la région. Le tout pour l’intérêt d’Israël. Le maximum qui leur est permis est les forces de sécurité et non des armées. Et au cas où une armée est, elle devrait être équipée de a à z chez les Américains pour qu’ils soient rassurés que jamais elle ne combattra Israël. Regardez donc les armées arabes !
Pourquoi en Irak les Américains ont-ils en premier lieu dissout l’armée ? Sachant que c’est cette armée qui avait livré un combat dur aux Iraniens, qui a par la suite envahi le Koweït, qui a même tué les chiites et les kurdes… Pour la seule raison qu’elle était devenue puissante et indépendante et qu’elle se fournissait auprès des Russes. Aujourd’hui, l’Irak n’a plus d’armée et n’a qu’une police !
Seuls des services de police sont permis dans la région

Quelle armée dans cette région n’est pas soumise Américains : seule l’armée syrienne. Ça c’est la vérité
Après la guerre de juillet, il fallait la détruire …
Ce qui se passe ici est que les Américains et les Occidentaux exploitent des revendications justes de réformes et de démocratie, le tout pour faire entrer la Syrie dans une guerre. Il est interdit à l’opposition, même la plus nationale de dialoguer, car il faut à tout prix détruire la Syrie et son armée, et déchirer son peuple,.., comme ce qui s’est passé en Irak si la résistance n’avait persisté..

les commandant-martyrs: des compagons d’armes, des compagnons de route

Les Israéliens ont eu raison aujourd’hui de se réjouir, parce que les piliers de l’armée syrienne ont été tués.. C’est leur ambition qu’il ne reste pas d’armée en Syrie
Nous renouvelons l’appel pour préserver la Syrie, son peuple et son armée, à travers le dialogue

Aujourd’hui, les commandants-martyrs ont joué un grand rôle pour aider la résistance au Liban et en Palestine. Nous présentons nos condoléances à la direction et à l’armée syrienne, au peuple, à leurs familles, nous sommes tristes pour leur mort, mais saluons leur martyre.

Ces hommes étaient nos compagnons d’armes, nos compagnons de route, dans notre lutte contre l’ennemi sioniste. Nous sommes confiants que l’armée syrienne qui supporte l’insupportable parviendra à surmonter cette épreuve, et à poursuivre son devoir et a vaincre grâce aussi à ses dirigeants nationaux…

Israël poursuit son plan en Syrie, c’est ce qui s’y passe, mais lorsque la zizanie frappe, on ne peut plus distinguer le vrai du faux. Nous devons sortir de notre colère pour réfléchir un peu : pour savoir qui profite de ce qui se passe en Syrie.
Aujourd’hui, Clinton est venue dans la région. A-t-elle cherché à s’enquérir sur le peuple palestinien. Nullement ! Elle est venue rassurer les Israéliens sur les positions égyptiennes.

Les Américains sont en train de trinquer sur le sang du peuple syrien !!

Tout pour séparer l’Iran d’AlQuds

Sur la question iranienne, les Américains et les Israéliens savent très bien la centralité de l’Iran dans cette conjoncture : des études israéliennes prescrivent que pour se débarrasser de la résistance au Liban, en Palestine et ailleurs, il faut se débarrasser de l’Iran ; c’est leur seul préoccupation. Ils essaient tout : l’embargo, les sanctions, les liquidations, les attentats, des dizaines de chaines satellitaires en persan sont braquées sur ce pays pour inciter le peuple iranien contre le pouvoir. Ils ont tout fait pour que des Iraniens manifestent dans les rues de Téhéran le jour d’AlQuds et pour dire, (Ni Gaza, ni le Liban, l’Iran d’abord)

Ils ont tous essayé contre l’Iran mais aujourd’hui, et comme l’a dit le guide suprême, l’Iran est cent fois plus fort qu’il y a trente ans : c’est un grand pays, de par son peuple, son territoire et ses capacités matérielles.

Ils dramatisent en parlant de guerre. Mais notre destinée est de vivre dans une terre de guerres, d’être des hommes, des femmes des enfants de guerre.

Si La cause palestinienne revient aux régimes arabes, la Palestine est perdue à jamais

Gaza devrait se préoccuper pour son sort. Je m’adresse au peuple palestinien, et voudrais lui adresser un mot sincère : il sait que nous l’aimons, que nous lui sommes solidaires, que nous le soutenons et portons une partie du fardeau : Si la cause palestinienne revenait aux mains des régimes arabes, la Palestine sera perdue à jamais.. il y a un axe qui a payé le prix de son soutien aux cotés des Palestiniens qui est victime d’une attaque féroce et fait l’objet d’une des pire campagnes confessionnelles. C’est le sort du peuple palestinien qui est le premier visé !

Le dossier libanais:

Le renforcement de l’armée et la peur des Américains

S’agissant du renforcement de l’armée libanaise, tous les Libanais se disent unanimes sur cette question. Mais je doute ( …) les accusations lancées ces derniers jours à l’encontre de cette institution qui mettent en question le patriotisme et la neutralité de l’armée constituent la plus grande menace qui pèse sur lui.

Pour que nous ayons une armée forte il faut que nous ayons le courage de prendre des décisions fermes. C’est-à-dire ne pas avoir peur de l’ambassadrice américaine ou du général américain.

Les Américains (mentent) ils ne veulent pas donner des armes à l’armée qui puissent être utilisés contre « Israël ». Mais, ils avancent comme prétexte le fait d’avoir peur que ces armes tombent dans les mains du Hezbollah.

Nous leur disons : Donner les armes à l’armée, nous n’avons pas besoin de ses armes.

Pourtant l’Iran avait dit qu’il est prêt à octroyer ou à vendre à bas prix des armes à l’armée libanaise. Mais quel responsable a le courage au Liban de prendre une décision d’accepter le don de l’Iran?

Relation stratégique avec le CPL

Avec tout ce qui se passe aujourd’hui, je veux confirmer notre relation stratégique, cordiale, amicale et sincère avec tous nos alliés et nommément avec le Courant Patriotique Libre. Au cours des deux dernières semaines, des choses ont été dites sur cette relation.

Nous, au sein du Hezbollah, nous réaffirmons notre respect, notre appréciation et notre relation stratégique avec la personne du général Michel Aoun et avec les camarades au sein du CPL, ses cadres, ses membres et son public.

Je certifie que cette alliance est stratégique et que ce que nous avons accompli ensemble pendant six ans, notamment dans les jours difficiles, ne saurait être brisé par un désaccord ou l’hypothèse d’un désaccord sur une question sociale ou politique .

 La question sunnite-chiite

J’appelle tous les Libanais et surtout les partisans de la résistance à la patience et à la discipline et à ne surtout pas répondre aux provocations. Certains paient de l’argent pour pousser le Liban vers le chaos et la division confessionnelle.

Dans ce contexte, je voudrais aborder le sujet du pistolet en jouet, puisque des députés et des prédicateurs en Egypte, au Soudan et dans les pays du Golfe ont en parlé.

Ils ont montré à des fidèles rassemblés dans les mosquées un pistolet en jouet prétendant qu’il a été fabriqué par les chiites et qui ressort le son suivant : Tuez sayeda Aicha (la femme du prophète Mohammad (S)) .

Pourtant en réalité, la phrase en anglais émise par ce jouet ne dit rien de cela.

Qui empêche les entreprises occidentales et israéliennes de fabriquer un jouet qui appelle à tuer sayeda Aicha ou bien le Khalifa Abou Bakr ou Ali.

Et nous, les musulmans nous les croyons et nous nous entretuons. Nous sommes appelés à la vigilance.

D’où la nécessité d’un pacte d’honneur entre les diverses composantes confessionnelles aux termes duquel tout individu, de n’importe quelle communauté, qui se permettrait de s’en prendre à d’autres groupes devrait être désavoué par sa propre communauté.

La stratégie du choc par Naomie Klein

En 2007, Naomi Klein publiait – La Stratégie du choc.

Un traumatisme collectif, une guerre, un coup d’état, une catastrophe naturelle, une attaque terroriste plongent chaque individu dans un état de choc. Après le choc, nous redevenons des enfants, désormais plus enclins à suivre les leaders qui prétendent nous protéger. S’il est une personne à avoir compris très tôt ce phénomène, c’est Milton Friedman, Prix Nobel d’économie en 1976.
Friedman, soutenant l’ultralibéralisme, conseilla aux hommes politiques d’imposer immédiatement après une crise des réformes économiques douloureuses avant que les gens n’aient eu le temps de se ressaisir. Il qualifiait cette méthode de traitement de choc.
Naomi Klein la qualifie de « stratégie du choc ».
En utilisant de nombreuses images d’archives, Michael Winterbottom et Mat Whitecross démontrent la puissance du texte de Naomi Klein et la nécessité de résister.

Celui qui n’a pas la possibilité de lire son livre et ses multiples articles sur la diversion, la manipulation et les guerres menées par le nouvel ordre mondial peut en visionnant cette vidéo faire un lien avec  la stratégie du choc utilisé en Algérie durant ce qu’on appelle la décénie noire, en Libye et maintenant en Syrie pour disloquer les mentalités collectives et imposer les volontés des dominants même si elles sont insensées et absurdes. Pour résister il faut connaitre et faire des liens entre ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient et ce qui s’est passé en Amérique latine.