Les imposteurs de l’Islam et les otages palestiniens à Yarmouk

{Dites la vérité}

 » Le véritable savant est celui qui dit la vérité dans les moments de troubles (fitane). Dites la vérité. Cela ne retarde ni n’avance le terme de vie comme cela ne diminue ni n’augmente la subsistance » Hadith

Les événements tragiques qui montrent l’armée syrienne loyaliste prendre d’assaut le camp palestinien Yarmouk et l’exil dans l’exil des réfugiés palestiniens doivent nous inviter à réitérer nos sentiments de solidarité avec le peuple palestinien qui souffre de l’injustice mondiale, de  l’incompétence de ses élites et de l’imposture des Arabes et des Musulmans qui poussent l’outrecuidance à faire commerce de la misère au lieu de la régler.

A première vue la vision des conditions de vie misérable à laquelle s’ajoute la fuite humiliante des Palestiniens du camp de Yarmouk  soulève le cœur et fait perdre le peu d’estime pour l’armée syrienne qui se permet de prendre d’assaut des réfugiés sans armes, sans biens, sans destin.

C’est ce que la coordination entre la guerre subversive, la guerre psychologique, le matraquage médiatique  et la haine des musulmans en armes contre d’autres musulmans veut montrer : une armée inhumaine qui ne respecte ni réfugiés ni pacte ni civils. Cette armée dont on montre les atrocités tout en occultant son devoir de défendre sa patrie et tout en niant ses morts et ses blessés est pratiquement la principale visée du plan impériale et sioniste. Bachar Al Assad à l’instar de Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi  n’est que l’arbre qui cache la forêt visée par l’incendie.  Le monde arabe et musulman ne doit aspirer ni à construire un état de droit, ni à construire une armée de défense nationale, ni à vivre en paix pour régler ses contentieux avec l’histoire de sa décadence et de sa colonisation. Il est condamné à vivre dans les turbulences pour le profit de l’Empire, du sionisme et de leurs vassaux occidentaux et arabes.

Et pourtant  notre religion nous met en garde contre la transgression en portant atteinte à la vie, aux biens et à la sécurité des personnes :

« Celui qui tue une personne qui a conclu un pacte avec les musulmans (Mou’âhad) ne sentira pas l’odeur du paradis, alors que son odeur est sentie d’une distance équivalente à quarante années. » Rapporté par Boukhâry.

Les imposteurs de l’Islam sous la conduite d’un savant sénile et d’un prince parricide et régicide qui reçoivent les commandes de Tel-Aviv et Washington  ont décidé de recourir à l’horreur : prendre en otage les Palestiniens :

Ils ont cultivé suffisamment l’esprit infantile et partisan  auprès des Palestiniens  fanatiques de l’Islam qui ne connaissent de l’Islam que le superficiel et l’émotionnel. Ces stupides ne tirent pas leçon de l’aventurisme du FATAH au Liban au début des années 80 et se laissent piéger de la même manière pour se retrouver impliqué dans un conflit intérieur dont ils seront toujours les victimes s’ils prennent position. La seule position légal et légitime est de rester loyale et reconnaissant envers la main qui t’a secouru et abrité. Si tu désapprouves où tu supportes avec silence et dignité ou tu plies bagage et tu t’en vas ailleurs chercher un autre lieu d’asile. Lorsque l’esprit partisan et infantile l’emporte sur la raison et l’éthique alors le Palestinien devient l’artisan de son propre malheur et de la honte des siens. Plus personne n’ignore que des combattants palestiniens ont rejoint la sédition armée ajoutant  complexité et complication à leur situation déjà  confuse. Ces ingrats qui retournent leurs armes contre ceux qui les ont armés et entrainés  devront répondre à la question du pourquoi. Pour l’instant ils ont permis de transformer le camp de réfugiés de Yarmouk en zone d’opération des combattants mercenaires de l’OTAN : islamistes djihadistes en panne d’imagination, marxistes chrétiens en alliance avec les islamistes, Frères Musulmans adorateurs  des guides, des savants et de l’argent. Toutes ces fripouilles n’ont aucune honte à servir l’agenda impériale et à lui obéir au doigt et à l’œil, mais ils poussent le cynisme assassin et fourbe à prendre en otage un camp de réfugiés.

YARMOUK2Ce camp de Yarmouk, l’un des plus grands dans le monde, est une place stratégique dans Damas par ces cinq entrées. Il offre un abri pour la logistique de subversion (voitures piégées, tireurs d’élites, postes d’observation) et une population jeune désœuvrée, frustrée et désespérée donc manipulable et mobilisable pour devenir chair à canon de l’insurrection. L’armée syrienne, comme toute autre armée mise dans la même situation, n’avait pas d’autre alternative que de tenter par tous les moyens d’assiéger et de reconquérir  le camp et d’en reprendre le contrôle des accès stratégiques. La perte de ce camp c’est la perte de Damas. Jusqu’à preuve du contraire l’armée loyaliste syrienne est l’armée légale et en aucun cas un esprit juste et avisé n’irait lui interdire  de reprendre par la force des armes ce qui menace la sécurité intérieure du pays et l’effondrement de l’Etat. Le caractère islamiste ou non islamiste ne change rien à la nature du problème. Si nous devions prendre en considération le caractère islamique il serait contre les groupes séditieux car le Coran et la Sunna du Prophète interdisent la sédition armée et lui réserve le châtiment le plus humiliant et le plus implacable :

{Nous Avons Prescrit aux fils d’Israël que : « Quiconque tue une personne sans qu’elle ait tué ou corrompu de par la terre, serait comme s’il avait tué les hommes en totalité, mais quiconque la laisse vivre, serait comme s’il avait laissé vivre les hommes en totalité ». Nos Messagers leur sont venus, en fait, avec les évidences. Ensuite, beaucoup d’entre eux, après cela, sont des dissipateurs de par la terre. Toutefois, la punition de ceux qui font la guerre à Allah et à Son Messager, et sèment la corruption de par la terre, est qu’ils soient massacrés, ou crucifiés, ou que soient coupés leurs mains et leurs pieds opposés, ou qu’ils soient bannis du pays. Cela sera pour eux un avilissement dans le monde ; et dans l’au-delà, ils auront un immense châtiment. Sauf ceux qui se sont repentis avant que vous n’ayez pouvoir sur eux. Sachez qu’Allah Est Absoluteur, Miséricordieux.}

La casuistique de Qaradhawi, le bavardage insensé des Ali Belhadj, les appels au meurtre par Arrour et compagnie  ne changent rien à la signification de ces Ayat. On ne réalise pas le dessein d’Allah par le Haram, l’effusion de sang et l’insécurité.

Il y a le dessein du grand Satan qui se réalise en Syrie, dans la continuité de ce qui s’est réalisé en Libye : disloquer de  qui reste du monde arabe pour l’empêcher de tisser ce qui fait une civilisation capable de se réveiller et de présenter aux peuples comme alternative par la conjugaison progressive et pacifique des mentalités arabes collectives, des histoires communes de vie ensemble et de confrontation aux mêmes impérialismes et aux mêmes défis,  des élans trop certes mais qui ne manqueront pas de faire émerger la conscience de la liberté, du droit, de la légitimité et de la collaboration démocratique, des possibilités objectives de complémentarités des ressources, des métiers et des projets économiques. C’est ainsi que se construit une aire civilisationnelle qui peut donner naissance à une sorte de confédération musulmane, visage moderne du Khalifat ou autre forme de l’esprit de solidarité inter peuples et gouvernants musulmans. Nos apprentis religieux ne connaissent ni la stratégie, ni la construction de l’état, ni la grammaire de la civilisation, ni la réalité du monde et commettent un crime en s’impliquant dans des conflits dont ils ignorent les enjeux, les conséquences et les centres de décisions.

La bataille pour le contrôle du camp palestinien de Yarmouk n’est pas un fait isolé ni fortuit. C’est une construction diabolique qui doit être remise dans le contexte de la terreur internationale que mène l’Empire contre la Syrie s’appuyant sur ses vassaux européens, ses financiers arabes, et ses « révolutionnaires islamo otanesques dont la crainte de Dieu les autorise à massacrer les créatures de Dieu et à faire semblant de ne pas voir les diables qui les manipulent et qui les armes.  La Syrie est visée pour que sa mosaïque ethnique et confessionnelle disparaisse et qu’à sa place s’installe une guerre sans merci et sans fin entre toutes les composantes de la société laissant la Syrie aux mains des forces occultes qui peuvent désigner les seigneurs de guerre qui acceptent de travailler pour l’agenda sioniste et la normalisation avec l’empire et le sionisme contre l’Iran, le Hezbollah, la Russie et la Chine. Le même scénario appliqué en Irak et en Afghanistan est reconduit en Syrie sous la bénédiction des savants de l’égarement et des prédicateurs de la Fitna. Ces insensés portent sur la conscience et les mains le sang des innocents et les ruines du monde arabe. S’ils avaient un grain de sel de raison et de Taqwah ils auraient vu le plan diabolique impériale et l’aurait combattu sinon dévoilé. Ce plan vise à épuiser et à faire effondrer l’armée syrienne sans qu’il n’engage un homme ou un dollar américain. Il ne fournit que le renseignement et l’ordre de combat. Le sale travail est fait par les Arabes et les Turcs. Pour l’instant l’armée syrienne, malgré ses déboires, résiste miraculeusement au prix de la destruction de la Syrie? Seul Allah sait combien de temps cette résistance sera encore debout et quel sera le prix de cette résistance. Si jamais la résistance syrienne s’épuise alors le scénario diabolique qui a déjà été appliqué en Afghanistan sera mis en place : liquidation de tout l’islam djihadiste et politique qui s’est constitué en force de combat sous un étendard de confusion. Les États-Unis et leurs alliés européens auront réussi le double exploit de liquider d’une part l’axe de la résistance et de laisser la question palestinienne orpheline adoptée par les traitres arabes qui vont l’achever définitivement, puis d’autre part de liquider encadrement et exécutants qui seront le moment voulu qualifiés de terroristes et de criminels contre l’humanité. Qaradhawi et son association de séniles cyniques seront considérés comme des terroristes et interdit de fonds, d’antennes et traduits devant les tribunaux occidentaux pour crimes envers les Juifs,  les Chrétiens et les laïcs. Ils perdront ainsi le fruit de leur vie de trahison et le retour à Dieu sera plus humiliant et plus dur en châtiment.  Les dirigeants arabes qui ont servi le plan américain seront envoyés dans la fosse de l’histoire. L’empire a déjà la liste des pièces de rechange :

« Comme vous faites aux autres il vous sera fait de même »

Le camp de Yarmouk est sous le contrôle du front démocratique – commandement général qui est resté loyal envers la Syrie. En prenant en otage le camp de Yarmouk on attise les luttes intestines entre factions palestiniennes, on crée de la diversion dans leur feuille de route en déplaçant le problème non plus sur continuer la résistance contre Israël ou collaborer avec le sionisme et s’intégrer dans le nouvel ordre mondial dans la région ou le refuser, mais être avec ou contre le régime syrien et être avec ou contre l’illusion du khalifat Khwanji.  Les événements du camp de Yarmouk sont la manifestation flagrante de la dérive maffieuse, cynique et absurde de ceux qui rêvent de construire un Khalifat fondée sur la bonne gouvernance alors qu’ils sont insensés, incompétents et criminels :

{Dis : « Vous informerons-Nous des plus perdus en œuvres ? » : ceux dont l’œuvre s’est fourvoyée dans la vie terrestre, alors qu’ils s’imaginent avoir agi au mieux.}

S’il est triste de voir ceux qui appellent à Dieu recourir à des procédés qui cultivent la haine  entre des factions devant combattre contre le même ennemi il est encore plus affligeant de voir que ce scénario n’est pas étranger au scénario qui s’est déja passé dans le camp Nahr al Bared au Liban où l’armée libanaise a employé l’artillerie et l’aviation pour déloger un « groupe ». Quelle est la stratégie dans ce type d’opération et pourquoi la réitérer. La réponse est effarante si elle ne répond à aucune logique et elle est horrible lorsqu’on lui donne l’explication rationnelle la plus plausible : faire admettre dans l’opinion palestinienne, l’opinion arabe et l’opinion mondiale favorable que les armées arabes traitent les réfugiés d’une manière plus dure et plus humiliante que ne le font les sionistes. C’est un procédé connu qui s’appelle « l’effet contamination » qui permet de contaminer une image relativement correcte et de décontaminer une image laide pour la rendre plus présentable. Dans le cas présent du camp de Yarmouk l’effet est scandaleux : l’autorité palestinienne réagit vite en demandant à l’ONU de trouver une solution aux réfugiés de Syrie et de faire tout le nécessaire pour les faire transférer en Palestine. Quelques milliers de réfugiés ont été habilement orientés vers les camps de Turquie.  L’opération marketing pour désavouer l’armée syrienne était rodée. Encore une fois je dois avouer que les Arabes, dans l’état de décomposition sociale et politique et dans l’état de putréfaction intellectuelle et morale sont prêt à tout pour arriver à leur conquête de pouvoir, mais ils sont dans l’incapacité de produire des scénarios si bien élaborés. Ce sont des médiocres que l’armée syrienne aurait pu nettoyer en quelques semaines si elle n’avait pas affaire à un complot international. Ce complot dépasse la Syrie dans ses objectifs et sa mise en œuvre.  L’Iran, la Russie et la Chine semblent pour l’instant avoir compris le scénario.

Dans ce conflit mondial, la question palestinienne est d’importance cruciale. Elle est la boussole du monde . L’empire et le sionisme veulent que cette boussole ne reflète que leur réalité enchanteresse qui fait l’impasse sur la justice et les droits des Palestiniens. Dans la stratégie de l’enchantement et de la fabulation nous avons le Khalifat allié de l’Empire qui se dessine péniblement. Dans ce Khalifat où on voit les déchirement à venir entre les Émirs du Qatar,  les Ottomans, les Rois bédouins et les Mamelouks d’Egypte  se dessine un rattachement de Gaza à Égypte et celui de Ramallah à la Jordanie. La bataille du camp de Yarmouk intervient dans un moment où Mechaal a achevé son opération marketing à Gaza volant à la résistance palestinienne sa victoire et la plaçant dans une allégeance au Qatar, Abbas annonce sa décision de création d’une confédération jordano palestinienne, Netanyahu lance un vaste programme de colonisation réduisant davantage les territoires arabes. Le HAMAS ne doit pas gaspiller son capital de sympathie ni nuire à ses nombreux martyr à cause du culte la personnalité que la confrérie frériste cultive au lieu de cultiver le réalisme, la loyauté et l’islam originel.

La plus grande victoire que nous pouvons réaliser sur nos ennemis est celle que nous réalisons sur nous-mêmes. Elle passe par l’impératif de garder la tête au-dessus des eaux troubles et de trouver des jalons et des points de fuite pour construire une perspective de vue à même de voir un semblant de réalité se dessiner dans la confusion et la convulsion. Devant l’emballement jouissif des journaleux embarqués pour le compte de l’empire nous ne pouvons que dire la vérité même si elle heurte les bonnes consciences musulmanes qui rêvent d’un khalifat pour ne pas voir l’horreur de ses partisans. La plus grande victoire c’est de dire nous refusons que cela se passe en Algérie  même si nous devons encore supporter les médiocres qui nous gouvernent et qui n’ont pas l’honneur et la dignité de tourner le dos aux tombeurs de la Libye et de la Syrie au lieu de leur dérouler le tapis rouge. Comme la vérité, le tapis rouge ou le dos tourné ne changera pas à l’équation algérienne grand chose. Notre maladie est profonde, elle nous emportera tous comme un cancer incurable dont on ressent les métastases

Les malheurs qui frappent les Musulmans  sans distinction ont leur origine, selon le Prophète (saws) dans  la généralisation de la malveillance dans les cœurs, les esprits et les comportements des Musulmans. Quelle pire malveillance que de verser le sang des innocents ou de débattre avec passion du futile et de l’accessoire et rester insouciant devant l’imposture et la trahison. Le Khabat est la malveillance. La langue algérienne a su trouver le mot juste pour désigner le cancer et le Malin nuisible : le Khabith. Comme Satan il frappe ceux qui n’ont plus de défense immunitaire ou qui se sont trop longtemps exposés aux nuisances. Qu’Allah nous protège du Khobt et des khoubata   au sens propre et figuré. Amin !

Ces Khoubata qui parlent notre langue, pratiquent notre religion et règnent en maitres sur nos esprits, nos cœurs et nos destins ne sont pas ceux qui se réclament éradicateurs ennemis de l’Islam, mais ceux qui se sont autoproclamés détenteurs de la vérité suprême et de la science infuse leur donnant  le droit non de parler de Dieu et d’agir pour Dieu, mais de parler au nom de Dieu et d’agir pour Satan. Il est de notre salut moral et public de les dénoncer et de leur tourner le dos.  Il n’est pas normal que depuis le mouvement de décolonisation nous les voyons exprimer leur allégeance à des monarques séniles, rétrogrades, agents de l’empire et du sionisme contre le bon sens et le sens logique de l’histoire et qu’ils jettent l’anathème sur Boumédienne, Kadhaffi, Assad et Nasser qui ont tenté, mal tenté, de lutter contre l’impérialisme et de mettre en place les bases du développement industriel, agraire et social qui fait défaut. Le temps a montré en Tunisie et en Égypte que les Charlatans n’ont aucun programme de justice sociale, de développement social et économique et encore moins de réformes et de modernisation de l’État. Ils font plus de tort à l’Islam et aux Musulmans que les laïcs et les athées dont la nuisance est confinée aux microcosmes et non à l’ensemble de la société musulmane qui est sous le charme du mensonge des assoiffés de pouvoir et des docteurs de la casuistique religieuse que l’Islam condamne.

Je ne suis pas un opposant de l’Islam, je suis un opposant à la bêtise qu’elle prenne habit de nationalisme ou d’islamisme. Il y a suffisamment de souffrance, mais aussi de talent dans le monde arabe et musulman pour que nous puissions nous libérer des mimétisme aliénants et inventer une nouvelle voie de développement et de gouvernance qui respecte notre religion, nos intérêts et la pluralité de nos différences. Nous avons trop souffert du colonialisme pour le tolérer de nouveau et lui donner excuse pour se jouer de nous à cause de l’infantilisme des uns et de la surenchère idéologique et démagogique des autres. Al Ibrahimi a considéré à juste titre que le colonialisme est une des souillures de Satan confirmant l’antagonisme religieux et idéologique entre le coran et la doctrine impériale. Se soumettre à cet empire c’est trahir le Coran et trahir nos martyrs ainsi que décevoir les peuples en quête d’espoir et de salut.

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Combien il avait raison le Prophète (saws) de refuser que le pouvoir et l’autorité soient confiées à des insensés ou à des gens qui réclament le pouvoir se croyant les plus méritants ou les plus capables à l’exercer. S’il avait dit le contraire chacun aurait construit son émirat au seuil de son gourbi et chacun aurait tué le reste de l’humanité pour une parcelle de jouissance de ce monde  qui aux yeux d’Allah n’a même pas  la valeur d’une aile de moustique.  Bouteflika et consorts au lieu de cultiver le baise main ils devraient tirer leçon de l’actualité et engager des réformes structurelles et profondes en redonnant l’Algérie aux Algériens avant que les insensésde part et d’autre ne liquident la vie et l’avenir du peuple algérien  pris  en otage  et mis en assistance comme un inapte.

{Allah ne nous châtie pas à cause de ce qu’ont commis les insensés d’entre nous}

 

Derniers rounds de la révolution en Egypte

Je réactualise l’analyse que j’ai faite il y a quelques mois pour conclure sur l’achèvement attendue de la révolution égyptienne :

La révolution égyptienne round 1

Il y a eu lieu un authentique mouvement populaire de changement en Égypte impulsé par des conditions objectives et subjectives. Nous pouvons diverger sur la nature de ce mouvement, révolution, révolte, insurrection, mais nous ne pouvons par respect pour la vérité et pour les sacrifices du peuple égyptien accepter de dire que ce mouvement est fomenté par les États-Unis qui ont envie de remplacer Moubarak et qui ont lancé une opération facebook et tweeter. Les fuites sur les mémoires de Moubarak disent clairement que Clinton lui a donné 72 h pour mater le mouvement populaire en vain.

L’idée farfelue de Cheikh Hussein Imran que la révolution est un piège tendu par Israël ne tient pas la route car il n’est pas dans l’intérêt du sionisme de changer un vassal acquis contre une incertitude et de plus la nature belliqueuse et criminelle de l’entité sioniste n’a pas besoin de prétexte pour déclarer la guerre si dans sa stratégie cette guerre vise à terroriser, à punir ou à s’étendre. Les prédictions bibliques et talmudiques ne font pas partie de ma culture musulmane qui me commande le réalisme, la dialectique et la globalité.

La faiblesse de la « révolution égyptienne » réside dans l’absence de cadre d’orientation idéologique et de l’absence de l’émergence d’une direction politique qui fixe les objectifs, les rythmes et l’imposition de l’initiative historique à un système qui devait être totalement démantelé dans ses appareils, sa culture d’état, son fonctionnement bureaucratique, clientéliste et rentier et sa stratégie répressive contre un peuple paupérisé. Les appareils d’opposition traditionnels noyautés par le système Moubarak deviennent davantage un boulet pour la « révolution » qu’un allié stratégique ou tactique.

La révolution égyptienne round 2

Les Frères Musulmans ont fait capoter la révolution en la confisquant au lieu d’en être partie prenante. Ils ont introduit le biais partisan et ont fait peser l’appareil de la confrérie sur une révolution sans appareil, sans direction, sans organisation, sans programme autre que le départ du président ou la chute du régime personnalisé en des hommes et non en des processus pervertis de gestion des appareils d’État.

L’absence de vision géopolitique, le jeu d’arrangement des appareils, le curseur d’analyse sociopolitique mis sur de faux clivages idéologiques, l’enfermement dans des slogans hors de toute ingénierie de sortie de crise, l’infantilisme et l’inculture politique qui conduisent des tactiques politiciennes inconséquentes, la rupture avec les classes populaires ont non seulement permis de stopper la révolution égyptienne, mais de boucher les horizons de Gaza, livrée à elle-même face à la barbarie sioniste.

Comme longuement expliqué dans la conférence à Bordeau sur les révolutions arabes et la question palestinienne et comme mis en exergue dans le livre « Le dilemme arabe et les 10 Commandements US », les Frères Musulmans ont provoqué l’impasse, mais de façon plus rapide et plus dramatique que prévue. Non seulement l’esprit partisan a pris le dessus mais les arrangements d’appareils et les compromis contre nature avec l’armée ont semé le trouble et divisé les rangs. Occupés à confisquer le pouvoir aux jeunes qui ont conduit la révolution, les Frères Musulmans ont fait preuve non seulement d’amateurisme mais de contre révolution. La logique était dans la continuité, l’approfondissement, l’élargissement et la radicalisation sociale et politique de la révolution populaire sans tomber dans une confrontation armée. Elle était dans la mise en place d’un conseil de la révolution, dans le retrait de l’armée de la vie politique alors qu’elle était mise en déroute par le peuple, dans la rédaction et le vote d’une constituante sans précipitation, dans l’instauration d’une période de transition qui replace dans la conscience sociale l’exercice de la souveraineté du peuple sur la politique, l’économique et l’information, qui revitalise la culture de résistance contre l’impérialisme et le sionisme, et qui renoue le lien stratégique avec les aires de déploiement économique et diplomatique libérées du sionisme et de l’impérialisme dans le monde arabe musulman, eurasiatique et latino américaine. Les Frères Musulmans, contre toute logique et sans doute par inculture politique et géopolitique ont précipité les choses, fragmenté les rangs et redonné un repositionnement stratégique à l’armée qui est sortie défaite de la confrontation avec le peuple. L’esprit partisan doublé de la bureaucratie confrérique et l’empressement de prendre le pouvoir, jouant sur la fibre religieuse d’un peuple certes musulman mais ignorant tout de l’Islam comme système global, a creusé la fosse de la révolution et des Frères Musulmans qui ne parviennent toujours pas à prendre l’initiative historique et à imposer leur agenda sauf à faire des déclarations confuses et contradictoires.

Parmi ces contradictions ubuesques, on présente l’Islam comme la solution alors la priorité islamique est de fédérer le peuple musulman sur des valeurs communes comme la souveraineté du peuple, les libertés individuelles et publiques, la relance de l’économie hors du FMI et de l’aide américaine, la mise en place d’une nouvelle doctrine militaire pour l’armée, la création d’une résistance populaire contre le sionisme et l’impérialisme, la jonction avec les grands axes arabes et musulmans de la résistance : l’Iran, le Liban, Gaza et la Syrie. Bien entendu dans le démantèlement de l’ancien régime, il fallait favoriser l’émergence des corps intermédiaires inexistants pour que le front de lutte soit à la fois idéologique, politique, économique et social. C’est dans ce climat expurgé de l’ancien système et fédéré autour des valeurs universelles que l’Islam authentique peut trouver terrain favorable pour débattre, convaincre, produire des idées, construire des ingénieries où chacun trouve intérêt à l’adopter sinon à cohabiter sans remettre en question l’islamité et l’arabité de l’Egypte. Les islamistes doivent apprendre à réfléchir en terme de citoyenneté, de géopolitique et d’Etat de droit : l’Islam ne s’en portera que mieux.

La révolution égyptienne round 3

Tant dans mon livre que dans mes conférences, j’avais annoncé des rebondissements spectaculaires lors de l’élection présidentielle. Les événements m’ont donné raison même si des esprits politiquement incultes continuent de voir en Morsi un Phd scientifique ou technologique américain qui serait par ce titre universitaire détenteur du sceau de Salomom ou de la pierre philosophale qui va transformer l’inculture politique en génie de gouvernance. La réalité est tout autre.

Les résultats sont dramatiques et annoncent les signes de l’écrasement de la révolution : même si les Frères Musulmans ont appelé le peuple égyptien à défendre la révolution et imposer leur candidat, ils ont fait une démonstration de force impressionnante mais qui ne cache pas deux erreurs stratégiques. La première est de se confondre avec la révolution ou d’en être le monopole fuyant leur responsabilité et leur place en chute libre dans l’échiquier politique. La seconde c’est qu’ils ont rendu visible leur encadrement qui a mobilisé les manifestants venus de toute l’Egypte aux regards invisibles de l’ancien régime qui sont toujours en position de force sécuritaire, militaire et médiatique. Ils sont exposés à une chasse à l’homme comme l’éradication qu’a connu l’Algérie. Pour éviter la confrontation qui ne sera pas à leur avantage, ils seront et sont déjà contraints de faire des concessions jusqu’à devenir des coquilles vide. En effet au premier tour des élections présidentielles, considérées dans les systèmes traditionnellement despotiques comme cruciales, ils n’obtiennent que 25% du suffrage. Ce taux faible est un coup de semonce qui annonçait la fin de jeu. Il annonçait aussi l’urgence de redistribuer les cartes, après une clarification sur le clivage idéologique et les alliances dans un front révolutionnaire regroupant les nationalistes et la gauche égyptienne, mais après accord sur un projet de gouvernance.

Le score honorable du dissident islamiste Moun’âm Abdel Foutouh montre la scission au sein des Frères Musulmans et l’émergence de nouvelles forces qui vont peser dans l’échiquier politique sur lequel les Frères Musulmans non seulement n’ont pas le monopole mais risquent de perdre les « acquis » précipitamment obtenus. Le discours actuel de Morsi sur la justice sociale et l’édification de l’Etat de droit ne peut compenser le déficit de l’axe de résistance qu’aurait donné un front populaire fédérant tous les égyptiens désireux d’opérer une rupture radicale, irrévocable et irréversible avec l’ancien système despotique et le nouvel ordre mondial impérial.

Au lieu d’opérer un renversement stratégique qui prend de vitesse l’armée et l’Empire qui ont perdu l’habitude de voir les élites arabes prendre leur décision en autonomie, avec vitesse et efficacité, les Frères Musulmans ont préféré jouer sur trois registres : faire de la dramatisation communicationnelle envers les monarchies du golfe, jouer à la victime devant l’armée qu’ils ont remis en selle alors qu’elle avait perdu la confrontation avec le peuple à la place Tahrir, faire de Hosni Moubarak un point de focalisation jusqu’à devenir une diversion politique qui interdit de se poser la véritable question : où va l’Egypte ? Dans cette confusion, les Frères Musulmans en rajoutent en apportant leur soutien à leur confrérie syrienne qui dérive vers le terrorisme et le sectarisme les plus odieux tout en tournant leur dos à la résistance palestinienne qui continue de payer le prix de la trahison des Musulmans et des Arabes.

C’est par cette confusion sur le cap, sur la carte de navigation, sur la boussole, sur le gouvernail et sur la vigie du processus dialectique que les Frères Musulmans, qu’il y ait triche ou honnêteté dans le second tour, ont gagné (dans un autre arrangement in extrémis) la présidence. S’ils gagnent la présidence, ils ont perdu le parlement qu’ils ont gagné dans la précipitation ainsi que les prérogatives du président qui reviennent à l’armée. J’avais annoncé que nous allions assister à un scénario dramatique : « qui perd gagne » car la victoire ne s’intégrait dans aucune stratégie à long terme, dans aucune clarification, dans aucun programme. Les militaires ont gagné trois choses inespérées. La première c’est d’être les rédacteurs de la future constitution qui va définir les pouvoirs et l’exercice du pouvoir dans six mois. Tout ce temps gaspillé est de la dissipation d’énergie qui use, poussant la démission du peuple et qui produit très peu d’efficacité politique et sociale et surtout remet en marche arrière les acquis du début d’une révolution. Sur le plan tactique, ce temps est mis à profit par l’armée pour se convertir en force sécuritaire sous la supervision impérialiste pour ne pas faire les mêmes fautes qu’à la place tahrir et donner des coups mortels sans aller à la guerre civile comme en Algérie. Les choses se passeront en douceur et les Etats-Unis chassés d’Egypte reprendront le contrôle et imposeront de manière drastique leurs dix commandements à l’Afrique du Nord quand on relie l’Egypte à l’entropie en Libye, au comportement peu honorable du gouvernement tunisien et au laxisme de l’Etat algérien plongé dans un coma de séniles.

Sur un autre plan, la défaite du Général Chafik d’à peine 4 points, n’a de signification que par trois éléments : l’ancien système est encore présent avec ses appareils bureaucratiques et ses clients rentiers que la polyarchie en place ou le vote ne peuvent gommer, car un bulletin de vote ne suffit pas à changer les mœurs politiques et les alliances construites pendant 60 ans de dictature militaire ; les limitations du pouvoir du président (les Frères Musulmans croyaient naïvement qu’avec un président et une suprématie sur le parlement avec de plus en plus de prérogatives sont les garants contre la tyrannie). Malgré les bons sourires et les discours de circonstances, les Frères Musulmans sont dans la situation du serpent qui se mort la queue. En voulant jouer seul et se croyant les dépositaires exclusifs de l’Islam, ils se retrouvent isolés face à l’armée, remis en cause par les coptes qui sont les véritables détenteurs du pouvoir économique et otages des nationalistes et progressistes qui sont détenteurs de quelques leviers de commandes politiques et administratives dans les appareils de puissance publique alors que les Frères Musulmans ayant connu la répression sont exclus des appareils de l’Etat dont ils ignorent l’état des lieux et les mécanismes du jeu de pouvoir.

C’est dramatique, car l’Egypte a consommé du temps politique sans efficacité, elle a offert des jeunes en sacrifice sans récolte, elle s’est mise par l’incohérence et l’infantilisme de l’esprit confrérique qui croit qu’il suffit de dire l’Islam est la Solution pour que les Anges descendent du ciel et livrent la lutte idéologique, les luttes citoyennes, les luttes politiques, l’affrontement militaire et la bataille d’édification et d’aménagement du Territoire. Il est dramatique de voir la politique de séduction de ‘Amr Khaled envers l’armée présentée par lui comme l’armée du salut. Le romantisme politique n’est pas payant. Le réalisme politique a montré dans l’histoire des révolutions que la victoire se construit par « Un pas en arrière, deux pas en avant » et non le contraire.

La politique n’est pas encore dans le monde arabe et musulman un art qui se rapproche du scientifique mais du théâtre où la place est au ressenti et à l’émotionnel. Est-ce qu’on a donné au peuple le temps, l’information et la culture pour dépasser l’émotionnel ? Non !

Les Frères Musulmans élitistes sont habitués à faire payer à leurs cadres de terrain le prix de la répression du fait que leurs élites se sont toujours montrées incapables de saisir les opportunités dans une stratégie cohérente, ambitieuse. Ils ont eu des occasions de conquête du pouvoir avec Nasser et contre Nasser, Avec Sadate et contre Sadate, mais aucune n’a abouti car la culture confrérique qui donne au chef un pouvoir de gourou quand elle se conjugue à la culture de l’improvisation opportuniste que facilite d’ailleurs la démission des cadres embourgeoisés mais qui restent présent faisant de l’obstruction contre leur propre camp et se limitant à la dénonciation ou à l’indignation ou au silence après négociations sur des contradictions secondaires produisant ainsi inertie sociale et inculture politique devant un régime prédateur aux aguets qui défend son système par l’encassetement des militaires et des élites ou la répression de ses opposants. Pour avoir une image de la culture confrérique assassine de la pensée politique, il faut jeter un coup d’œil sur les Jama’âtes islamiques du Pakistan qui donnent l’image d’isolats folkloriques singuliers fi falakine yasbahoune… Il faut voir la tragédie des Frères Musulmans à la conférence d’Istanbul de 2010 qui ont ouvert la porte à l’idée de détacher le HAMAS de son « obsession » à la lutte armée. Il faut voir les Frères Musulmans en Algérie œuvrant à côté des services de sécurité contre le camp des islamistes qui ont remporté les élections législatives et les voir maintenant entachés de scandale de corruption et les voir poussés vers la porte de sortie politique par le FLN car leur rhétorique verbale n’est plus nécessaire pour acheter la paix sociale obtenue par la force des armes, la gestion maffieuse des pénuries et la distribution parcimonieuse de la rente à un peuple, en sauve qui peut social, sans opposition qui lui apporte la guidance et lui indique les moyens de lutte autre que la dénonciation et l’indignation des concierges.

Le début fracassant de Morsi s’est fait dans la culture de la confusion. Il y a une semaine, l’agence de presse iranienne invoquant une interview exclusive de Morsi annonçait son intention de réexaminer l’accord de paix avec Israël, le renforcement des relations avec l’Iran et la prise en considération urgente de la question palestinienne. Quelques jours plus tard, les autorités égyptiennes et l’agence égyptienne MENA assurent que le nouveau président n’a pas donné d’interview à l’agence de nouvelles iranienne et qu’il envisage de poursuivre l’agence de nouvelles iranienne Fars en justice, qui aurait publié des déclarations qu’il n’a jamais faites.

La révolution égyptienne round 4

Dans les mois du semestre à venir il faudrait suivre la compétence de créativité, de vitesse et de prise de risque des Frères Musulmans et de leur président face à l’armée, à la nouvelle constitution, aux forces politiques égyptiennes, à l’Iran, à la Syrie et à la Palestine. La logique veut qu’il y aura un KO technique à la fin du quatrième round sinon au cinquième à moins qu’il y ait un sursaut révolutionnaire qui remet le curseur idéologique et politique sur la bonne grille de lecture et les bonnes décisions à prendre pour s’engager dans le démantèlement du système et mobiliser un front national de résistance contre l’Empire et le sionisme étendu à d’autres pays de la région. Je ne peux prédire l’avenir mais s’il y a une étincelle qui relancera la révolution elle ne pourra venir que de Palestine.

Égypte doit se réveiller et oublier le mythe de oum dounya et le patriotisme de canaille que lui a légué une génération de militaires incapables de remporter une guerre contre un ennemi qui va commettre la faute de les humilier et de les provoquer car il ne peut vivre en paix tant que l’allégeance à son égard n’est pas prononcée et prouvée d’une manière concrète. A ce niveau de violence en Palestine, palestiniens opprimés ou occupants arrogants, le peuple égyptien sera contraint de se remettre à l’heure du temps et tourner le dos aux chimères.

La révolution égyptienne : round 5

Nous allons sans doute nous diriger vers une polyarchie où le pouvoir réel sera entre les mains des militaires soutenus par les États-Unis et le parti de l’administration, de la rente et de l’économie informelle. Toute confrontation armée et toute violence ne servira que les États-Unis et le sionisme. Les forces vives de l’Égypte qui croient encore au changement et qui ne baissent pas les bras devant la fatalité et les erreurs stratégiques et opportunistes des Frères Musulmans peuvent construire un front national de résistance contre l’Empire et ses valets et une dynamique révolutionnaire pacifique. Ces forces sont sur le terrain dont elles connaissent les contradictions, les conditions, les possibilités d’actions.

Sur le plan de la pensée et ayant suivi de près la situation égyptienne, je vois quelques perspectives de luttes qui peuvent être étudiées et mises en ingénierie d’application sur le terrain :

  • Idéologie : Le peuple doit être impliqué dans le débat idéologique sur les voies de changement et c’est par le débat et le savoir que l’idée de liberté, l’action de libération et l’usage anticipé de la libération comme projet d’édification nationale et de résistance contre l’empire et le sionisme peuvent se cristalliser et s’étendre dans le temps, l’espace et les consciences.
  • Politique : c’est le moment où il faut dépasser les clivages partisans et les appareils et poser l’exercice souverain du peuple dans un schéma qui met fin à la reproduction capitaliste de la démocratie occidentale. Contre la force et la violence des appareils et des bureaucrates de l’Etat sans culture de Commis de l’Etats et de service public du fait des traditions de cooptation, il y a lieu d’explorer le potentiel de la Choura à instaurer sous forme de Jamahiriya sur le modèle libyen sans la culture messianique du guide. L’avenir est au peuple qui doit prendre l’initiative en s’organisant d’une manière non partisane dans des assemblées citoyennes ascendantes et s’imposer comme nouvelle culture politique.
  • Sociale : Les forces vives doivent contribuer à l’emergence de syndicats autonomes non partisans dont le but suprême est la défense des intérêts du travailleur contre le capital. Les progressistes et les islamistes peuvent trouver le dénominateur commun autour de la dignité de l’homme et du travail comme producteur de richesses et source d’appropriation
  • Economique : Pour ne pas se cantonner dans la dénonciation stérile et l’indignation puérile ou dans  les manifestations qui arrivent à une impasse qu’il faut dépasser soit par un renoncement soit par le recours à la violence, l’économique est un terrain déterminant en termes de libération ou en termes de souveraineté populaire. L’expérience acquise par les Frères musulmans en matière d’ihsane (bienfaisance et résaux sociaux caritatifs) ne doit plus être un allègement des obligations de l’Etat envers les pauvres et les nécessiteux mais devenir une force d’émancipation de la société de l’Etat et du capital étranger capitaliste.  La société doit trouver tous les espaces de libertés, les niches juridiques et les opportunités d’affaires pour construire une résistance économique et une émancipation socio économique contre le capitalisme et ses vassaux. Tous les gisements de mutualisation du capital national, de capitalisation de l’épargne populaire, de montage d’économie coopérative et solidaire,  de dépasser l’infantilisme des banques islamiques focalisées sur la Mourabaha dans la consommation et le court terme pour s’ouvrir vers la Moudharaba et la Moucharaka orientées vers l’investissement productif.

 La révolution égyptienne round 6

La Turquie est un modèle que l’Empire a voulu vendre et continue de vendre au monde arabe. Il l’a vendue dans son modèle laïciste et franc maçonnique d’Atatürk aux démocrates et modernistes arabes ainsi qu’aux partisans français du régime militaire pour les pays arabes comme Chevènement. Ce modèle est vendu sous l’apparence de l’Islam modéré, laïc et consumériste d’Erdogan aux Frères Musulmans et aux élites qui cherchent la collaboration avec l’OTAN si elles y trouvent des intérêts géostratégiques et une préservation de leur rente économique et religieuse. Ce modèle a commencé à Istanbul par l’invitation de Qaradhawi et des factions palestiniennes et des penseurs attitrés de l’Islam qui ont préconisé la vanité de la résistance armée en Palestine comme le stratège koweïtien An Nafissi. La question palestinienne et l’encadrement des « révolutions arabes » par la branche musulmane de l’OTAN s’est appuyé sur un ravalement de façade : la mise en arrière des généraux turcs et la mise en avant du parti « islamique d’Erdogan » le pragmatique.

Cette expérience est reconduite en Tunisie et en Egypte où les forces de sécurité et l’armée sont en train de s’effacer au profit  des civils « islamistes » coopératifs, collaboratifs qui réalisent quatre objectifs :

  • Donner l’illusion du changement pour calmer la rue.
  • Reprendre en main les cartes redistribuées dans la précipitation pour contrer la révolution populaire.
  • Empêcher la cristallisation de ce qui pourrait refaire  l’embryon de la renaissance de la civilisation islamique et qui se réalise par la mise en commun des mentalités collectives forgées par la langue arabe et la religion, des espaces géographiques contigües, des complémentarités économiques, des expériences historiques réalisées par  l’Islam et par  les luttes d’indépendance contre le colonialisme.  Il faut donner l’illusion de force et de cohérence aux pragmatismes post révolutionnaires  afin d’opérer leur intégration dans le nouvel ordre économique sans heurt ni remise en cause.
  • Disloquer le monde arabe en  faisant des nouvelles élites dirigeantes des alliés objectifs par les liens financiers et idéologiques à l’Arabie saoudite et au Qatar. Cette dislocation qui est un véritable Sykes-Picot bis  vise d’abord à démanteler la Syrie et a briser les maillons de la chaine idéologique, politique et logistique de la résistance constitué par l’axe Hezbollah, Palestine, Syrie, Irak, Iran. Cet axe est présenté à tort par les Frères musulmans comme étant le croisant chiite. Les Frères Musulmans préfèrent ne pas voir les dérives meurtrières de leur imam cheikh Youssef al Qaradhawi ni ne voir qu’ils sont devenus à l’instar d’al Qaeda des instruments de discorde et des agents de subversion idéologique et militaire  contre la Syrie après avoir fait tomber le régime de Kadhafi. Cette stratégie, celle « du Soft powerment » est celle de Brezinski et de Levis qui sont les artisans de la nouvelle doctrine américaine au niveau diplomatique et militaire qui consiste à alterner la stratégie du « choc et de la stupeur » par le bombardement massif et disproportionné avec la stratégie du choc entre musulmans sunnites chiites et sunnites entre eux. La Syrie est un cas d’école.

Lorsque les objectifs deviennent trop visibles ou lorsqu’ils sont contrariés, l’Empire a recours à ce qu’il maitrise bien et à ce qui nous manœuvre le mieux et le plus : la diversion. Les Caricatures comme instrument pour faire diversion, pour tester la capacité des nouveaux gouvernants à contrôler la rue en cas d’agression contre le Liban, la Syrie ou l’Iran.

 Conclusion :

Nous sommes en Égypte et nous avons le récit coranique sur Moise. Moise n’était pas Spartacus en révolte contre Rome qui finit par le mater dans un bain de sang. Moise avait à conduire un peuple asservi vers la liberté et face à lui il avait non seulement Pharaon comme divinité mais un système construit sur plus de 500 divinités pour régenter les esprits et des corps spécialisés de clercs, de prêtres, de notables, de technologues, de magiciens, d’armées et de castes pour aspirer le profit et maintenir le système de domination. Moise à cassé le système en mobilisant les jeunes esclaves fils d’esclaves à ne plus prendre Pharaon et son système comme norme, comme référence, comme objet de fascination et d’aliénation :

{Et Nous avons inspiré  à Moise et à son frère: « Prenez, vous deux, pour vos gens, des demeures à l’avant en Egypte. Et faites de vos demeures une Qibla, accomplissez la prière, et annonce la Bonne Nouvelle aux croyants ».

Et Moïse dit : « Notre Seigneur, Tu As Accordé à Pharaon et son élite aisance et biens dans la vie terrestre, notre Seigneur, afin qu’ils se fourvoient de Ta voie ! Notre Seigneur, Supprime leurs biens et Endurcis leurs cœurs, de sorte qu’ils ne deviennent pas croyants jusqu’à ce qu’ils voient le châtiment douloureux ».

Il Dit : « Votre invocation, à vous deux, est exaucée. Suivez alors, tous deux, la rectitude et ne suivez surtout pas la voie de ceux qui ne savent point. »} Younès  86

Il y a une différence fondamentale entre chercher le pouvoir et construire un projet de libération des opprimés. Dans le dernier cas, face à un système corrompu, perfide, oppresseur produisant de la confusion et de l’inertie, il faut lui opposer idéologiquement, socialement et politiquement de l’intelligence, de la vertu, de la créativité, de l’unité, de la vitesse et de l’initiative. Tout le combat de Mohamed (saws)  contre le système du Taghut de la Jahiliya est un combat d’idées, d’initiatives et d’innovation. Tout le récit coranique sur les Prophètes est une quête de salut menée à grande vitesse et à grands déplacements. Il n’y a pas de place à l’immobilisme stérile ni au statut quo mortel et mortifère.

 

Omar Mazri – liberation-opprimes.net