Islam  : Libération des opprimés

Narrative et Histoire sur la Russie

Narrative et Histoire sur la Russie
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Dans « Guerre et paix »,  » La guerre et la paix » ou  » De la guerre et de la paix », Tolstoï fait référence à l’histoire de la Russie à l’époque de Napoléon Ier (notamment la campagne de Russie en 1812). Il peint le drame humain qui s’est  joué en amont, pendant et en aval de l’invasion glorieuse de Napoléon qui finit dans l’humiliation (en 1805 Austerlitz, en 1812 la Berezina). Il dépeint les personnages tout en martelant sa vérité sur la mystique de l’histoire. Tolstoï répète dans son roman que l’histoire et les guerres telles que racontées par les historiens sont une narrative mensongère. Les philosophes récentistes contemporains remettent eux aussi les narrations idéologiques et politiciennes des événements assemblées comme étant l’Histoire.

Il faut lire Tolstoï pour comprendre la grandeur et la spiritualité russe face à l’Europe. La Russie ne peut se résumer à Tolstoï, mais elle partage avec lui le mysticisme et l’ascétisme qui la rattachent à l’Orient et non à l’Occident. Il faut lire l’histoire pour se rappeler qu’entre l’Orient et l’Occident les rapports ont toujours été des rapports de guerre puis de paix puis de guerre. L’Europe élargit ses frontières, exporte ses crises et importe ses ressources en faisant la guerre à la Russie. L’Empire américains hérite des traditions européennes il se comporte donc comme les personnages et les fonctions qui ont fait l’Europe et qui sont en train de la défaire.

L’Occident continue sa narrative fabulatrice et fallacieuse. Les vidéos sur les snipers qui ont tiré sur la population et sur les militaires ne sont pas évoquées par les médias systèmes.

http://fr.euronews.com/2014/03/06/ukraine-une-rumeur-accuse-lopposition-detre-les-snipers-de-maidan/

Le dialogue entre le MAE estonien et la MAE de l’Europe ne semble pas émouvoir les russophobes qui ne manquent ni de temps, ni d’imagination, ni de culture pour trouver que les médias arabes constatent que Poutine a échoué en Ukraine perdant ses gains en Syrie.

Sa rhétorique illogique et inculte lui fait dire qu’il a promis une aide (via le FMI) de 11 milliards d’Euros mobilisables sur 3 ans alors que l’Ukraine a un besoin de 30 milliards dans l’immédiat.

L’Ukraine est poussée vers le déterminisme cynique qui lui fait perdre le peu de souveraineté qui lui reste pour sauver son peuple de la faillite morale, politique et économique que ses élites vassalisées à l’Occident ont réalisée. Ces élites sont les mêmes qui ont réalisé la « révolution orange » et servi par la suite le système corrompu et incompétent. L’Europe en crise économique et idéologique le conduit vers sa  Bérézina.

Ce schéma mensonger, triomphateur et corrupteur fait dire à  M. Barroso :« Nous sommes prêts à signer l’accord d’association ». Le pacte d’adhésion à l’Europe (contre la Russie), cherché par Bruxelles pour installer l’OTAN, permettrait à l’économie ukrainienne d’économiser 500 millions d’euros en frais de douanes et rapporterait 400 millions aux agriculteurs. Quel effet d’éclat ! La machine à calculer nous dit que 400 millions partagés entre 15 millions de ruraux sur les 45 millions ukrainiens c’est 28 euros per capita. Al mendba kbira wal miyat far. La prospérité est aux portes de Kiev.

Les bureaucrates de l’Europe ne sont pas faits pour gouverner ni pour écrire des Romans. Ils mettent en musique le « soft powerment » de Brezinski  qui fait envoyer le reste du monde contre le reste du monde pour maintenir la suprématie de l’Empire. Non seulement l’Empire ne donnera pas la force et l’intelligence à l’Europe pour ne pas en faire une rivale, mais il les entrainera dans sa chute et ses confusions.

En guise de confusion, il y a une semaine on nous avait dit que les Tatars musulmans de Crimée avaient choisi l’Ukraine contre la Russie pour ne pas perdre leur religion. Aujourd’hui on nous dit qu’ils sont hésitants entre les Russes et les Ukrainiens. À l’ère de l’Internet, une recherche rapide nous donne le poids démographique des Tatars en Ukraine : 0,5 %. Les Russes représentent 17 %.

A moins que la narrative est de mobiliser les Turcs et le sultan ottoman Erdogan et de revenir à l’histoire ancienne où l’Europe modelait ses frontières et où la Porte Sublime d’Istanbul commandait le khanat tatar de Crimée avant sa défaite devant l’Empire russe. À moins qu’il ne s’agisse de faire entrer de nouveau le Turkménistan oriental dans le conflit régional et le Turkestan oriental (les Ouïghours du Xinjiang en Chine).

L’Européen est la mémoire trafiquée du monde moderne, il a été l’auteur de tous les troubles, de toutes les partitions. Les poupées et les poupons médiatiques sont des marionnettes qui lisent les consignes des bureaucrates qui n’ont toujours pas réglé la partition du monde selon les fantasmes de l’histoire ancienne. La mystique de l’Histoire, ses pannes, ses bouleversements et leur impossibilité à l’aboutir sauf par deux guerres mondiales est au-dessus de leur capacité morale et spirituelle.

Les fanatiques musulmans se réclamant de l’orthodoxie sunnite n’ont ni la culture ni la lucidité pour refuser d’être des mercenaires en armes ou des auxiliaires de plumes à la solde de l’Empire. Écouter les préoccupations de nos frères égyptiens avant et après le coup d’État du maréchal Sissi : la destruction du Caire par les Fatimides.

Les stupides arabes ne débattent pas de la campagne d’Égypte de Napoléon.  Leurs homologues français ne débattent pas de la campagne de Russie de Napoléon et de sa doctrine de guerre qui consiste à anéantir l’adversaire croyant dans sa seule force militaire. Napoléon avait engagé 600 000 milles hommes dans la bataille de Moscou en 1812, mais après avoir brulé Moscou il fait l’erreur de s’y attarder et d’y subir son destin : Lorsqu’il engage sa retraite l’hiver est déjà là avec sa rigueur et ses cosaques. La Grande Armée refait le chemin du retour sur les zones qu’elle a auparavant dévastées. Seuls quelques dizaines de milliers de rescapés franchissent la Bérézina. La Grande Armée est définitivement détruite.

Ni Hollande ni Obama n’ont la grandeur de Napoléon, ni son génie, ni sa folie, ni son courage. Ils ne connaitront donc pas sa décadence. Leurs brosseurs n’ont pas la plume trempée comme celle de Tolstoï pour nous livrer un récit humain avec du talent et une vision sur l’Histoire empreinte de spiritualité.

Il ne faut pas croire que le narratif romanesque universel est spécifique aux auteurs de génie comme Tolstoï, Dostoïevski, Gorki, Tchekhov et tant d’autres. La narrative est une spécialité russe et indo-européenne.  Le roman le plus vendu et le plus traduit dans le monde c’est « les mille et une nuits ». L’esprit de Sind Bad le marin et de Shahrazade la conteuse ne semble pas produire une sémiologie du fantastique et du fantasme narratif que la culture musulmane a légué à l’Occident. L’Occident aime fantasmer, mais il n’aime pas qu’on touche au grisbi de la géopolitique du pétrole. Ni lui ni nous n’allons donc utiliser la structure mentale du colonisé pour comprendre les déterminants qui ont fait que les splendeurs de Bassora des Abassides deviennent un cauchemar pour les peuples musulmans.

C’est l’étude du conte russe qui a permis de modéliser la narration, ses personnages, ses fonctions, ses temps de récit, ses intrigues. C’est le linguiste et folkloriste russe Vladimir Iakovlevitch Propp de l’école structuraliste qui analysa méthodiquement la structure des contes merveilleux russes.

Son ouvrage principal est « Morphologie du conte ». Propp distingue dans le conte merveilleux les éléments stables et les éléments variables. Dans la composition, seuls comptent les éléments stables. Ce sont ces éléments stables bâtis sur l’existence des fonctions narratives qui font progresser l’intrigue et mettent en mouvement les personnages dans une intrigue. Après avoir étudié des milliers de contes, Propp est parvenu à formaliser les sept personnages et les trente et une fonctions qu’un romancier ou un metteur en scène construit dans une fiction. Tout le reste n’est que décor et style. Les personnages évoluent et les fonctions se greffent les unes dans les autres par contamination ou par rebondissement.

Les scénaristes d’Hollywood écrivent au moins un scénario par jour. Gabriel Garcia décrivait le travail de fiction comme un travail de menuiserie où il faut débiter et assembler les planches. Le bon auteur sait choisir et agencer ses planches. Le bon lecteur sait agencer à sa manière les planches si l’auteur à l’intelligence et la sensibilité de rendre curieux et intrigant.

Le français Algirdas Julien Greimas (russe d’origine) a synthétisé le modèle de Propp sous le nom de « Schémas actanciels ». Greimas est un linguiste expert en sémiologie (étude du signe et du symbole). Pour lui il y a schéma lorsqu’il y a une unité de deux contradictions. Il y a sens lorsque les concepts se mettent en relation pour signifier. La narrative américaine et européenne consiste, entre autres, à présenter la Russie comme l’Union soviétique (ou l’Allemagne nazie) et   Poutine comme Staline (ou Hitler) dans la souffrance des Ukrainiens. Elle présente l’OTAN et le FMI comme des institutions caritatives.

La narrative scientifique, l’histoire mystique et la quête de sens dans un esprit libre et logique permettent de voir le réel dans le conte et de voir le conte dans le réel tout en distinguant l’un de l’autre. On revient aux fondamentaux d’Aristote : Qui fait quoi et pourquoi. Les technologistes et le rationalisme de l’Occidental nous mettent en scène le comment.

Pour mixer le réel et le romanesque et en même temps provoquer le scandale pour ne pas devenir sa proie (selon l’expression de Marx) il faut oser dire que la première expérience tant littéraire que militaire (historique) de Tolstoï est dans son engagement dans l’armée russe  au Caucase ( Tchétchénie et Daghestan) face aux célèbres Cheikh Chamil  et Mollah Ghazi.  Personne ne sait avec certitude s’ils revendiquaient l’indépendance, l’Islam ou l’allégeance aux Ottomans en guerre avec la Russie. Nous savons cependant avec certitude que la décadence et la chute de l’Empire ottoman ont été une tragédie pour les peuples musulmans qui vivaient sous sa régence ou sous son influence.

Tout cela parait compliqué et embrouillé. Il faut le simplifier en cherchant l’enjeu stratégique du monde en émergence : l’Eurasie. Sous l’impulsion des Russes et des Chinois et avec la collaboration du Pakistan, de l’Inde et de l’Iran nous avons la perspective d’une nouvelle coopération des peuples, coopération économique, culturelle et  scientifique qui met fin à l’hégémonie impérialiste de l’Occident. Ce nouveau monde met fin à l’hyperpuissance et à ses vassaux et réunit l’Afrique, l’Asie, l’Amérique et l’Europe sur d’autres formes d’organisations qui mettent fin aux géopolitiques de puissance et de pétrole imposés par les empires européens et américains au reste du monde.  « L’avenir : mode d’emploi de Roger Garaudy » décrit le processus et ses promesses. Il parle de la nouvelle route de la soie . « L’Afro asiatisme » de Malek Bennabi décrit lui aussi l’alternative pacifique à la logique de puissance et de guerre de l’Occident. Garaudy et Malek Bennabi sont des visionnaires documentés qui nous ont convaincus de l’alternative au mondialisme capitaliste et impériale. La Russie et la Chine sont en train de  réaliser cette utopie. Le monde sunnite dominé par les anglo-saxons joue le rôle de fossoyeurs de ce projet au lieu de le financer et de le cogérer.

Il s’agit, selon Garaudy, de  » donner aux 80% de la population du globe, aujourd’hui sous développée en raison de sa dépendance ou de son enclavement par les déserts, les possibilités d’un développement proprement humain

[…]  Cette nouvelle route de la soie du XXIème siècle est en train de changer l’axe du monde et c’est pourquoi les forces du passé s’acharnent contre elle.

[…] Il y a certes encore des failles ou du moins des faiblesses provisoires dans la  construction de ce monde futur : d’abord l’absence d’Etat en Russie, livrée à l’anarchie et à la prolifération des mafias par la prostitution d’Eltsine et de sa bande à son protecteur américain. Mais les impératifs de l’histoire triompheront, quel que soit le régime qui rendrait à la Russie une existence étatique. C’est ainsi que le vice-Ministre des Affaires Etrangères Grigori Karasine, a récemment déclaré que Moscou accorderait une attention accrue à l’Asie. En effet, les dirigeants russes sont enclins à soutenir l’Iran, car ils savent que, sans lui, il serait difficile de développer l’Eurasie. Que les routes partent de Chine ou d’Asie centrale, vers les océans indien, le Pacifique, la Méditerranée ou l’Europe, doivent passer par l’Iran. Pour engager des relations à long terme avec l’Inde, améliorer ses relations avec la Chine, il faut donc que la Russie contribue à la stabilisation de l’Iran, notamment en concluant avec ce pays des accords pour le développement du pont terrestre. [… ] De son côté l’Iran s’efforce d’empêcher que la guerre en Afghanistan ne déstabilise l’ensemble de la région et ne menace la Russie.

[…] Un autre maillon, encore faible, est celui de l’Afrique où la colonisation continue d’exercer ses ravages malgré les revers subis.

Ce qui est ahurissant est la capacité phénoménale du spirituel à penser le monde et à produire une narrative au service de l’homme alors que le religieux dogmatique,  sectaire et partisan est incapable de s’émouvoir, de se libérer des carcans de son insenséisme qui le met au service de la narrative qui justifie la domination et le chaos dans le monde.

Que ce soit sur le plan historique, narratif ou géopolitique la structure est toujours binaire : la confrontation dialectique entre deux imaginaires pour mettre en mouvement les hommes et les événements vers un objectif  dont la réalisation ne dépend toujours pas de leur volonté, de leurs moyens et de leurs calculs. Si nous poursuivons la logique binaire jusqu’à son paroxysme crisique la première des choses qui frappe les yeux est l’aveuglement des Européens qui vont devenir le théâtre d’opérations militaires inédites entre la Russie et l’OTAN sur leur territoire. Les centaines de milliers de morts dans la campagne de Russie de Bonaparte ou les dizaine de millions de morts dans la seconde guerre mondiale seront un conte de fée devant l’horreur qui risque de se produire.

 

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12 Commentaires

  1. jalil 7 mars 2014 at 09:58

    Salalmou alikoum

    J’y connais rien ni en histoire russe ni en sa littérature, tout peuple, en dehors du gouvernement, doit être respecté, et comme vous le dites le survie du dollars dépend de la mainmise sur les hydrocarbures, chaque barile et chaque mètre cube vendu est dans son avantage, je crois que le coup d’État en Ukraine est une nouvelle stratégie pour contrôler davantage les prix et gagner d’autres marchés, d’un côté une Russie qui son PIB dépend en partie de ses exportations d’hydrocarbures et de l’autre côté une Europe qui dépend de plus en plus au gaz depuis la crise nucléaire, deux coups d’une pierre,

    Ci-dessous est un lien vers un extrait d’une thèse que j’ignorais jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours eu dans mon esprit que la plupart courent après ces diplômes que dans un sens marketing, pas pour pour gagner des postes responsables mais disons »rentables », pour gagner davantage de privilège
    https://docs.google.com/file/d/0B8ODTWxSd1YSMjA2NTcyZWUtYjY0Yi00ZTFkLTlhYzUtZGFjNGJhMWQwZTBj/edit?hl=fr#

    D’après un tel extrait, je ne sais pas si l’auteur met un parallèle entre le machisme et l’islam ou le machisme et la société prénomée stéréotypée, tout en glissant des phrases à connotations théorique sur vers quoi la société devrait s’orienter … elle emploie des mots, qui n’ont aucun sens de point de vue social, pour parler de société !! Style traditionnel, moderne, conservatrice, sexisme … elle critique certains passages dans les manuels scolaires, style « elle est la source de tendresse et de l’affection » pour l’auteur ceci est une forme de méprise à la femme, parce que ça rétrograde sa valeur, qu’on veut imprégner sa les esprits des enfants en particulier la garçons ! Bonne lecture..

    • Omar MAZRI 7 mars 2014 at 15:06

      Salam Jalil

      Oui mon frère il s’agit bien de géopolitique de puissance et de pétrole. Elle se réalise en menant cette fois-ci une guerre culturelle et idéologique contre le Russe. Elle se livre contre le peuple, mais la résistance ou la soumission d’un peuple face à l’agression étrangère dépend tant de l’Etat qui le défend que de la capacité de ce peuple à se fédérer autour de cet Etat et de ses symboles historiques. Les Etats-Unis et l’Europe vassale ont fait l’erreur ou ont fait le diable en faisant de la langue russe le véhicule de leur géopolitique. Le poids de l’histoire et de la culture va être déterminant dans la gestion de la crise. Ce poids est en faveur de la Russie à moyen et long terme

      Le poids de l’avenir est davantage plus déterminant lorsqu’il s’inscrit dans la logique historique et culturelle de la confrontation. J’étais fatigué je n’ai pas pu finir mon analyse. Je viens juste de terminer la dernière partie qui explique l’enjeu stratégique et le poids de l’avenir. Tu peux donc reprendre l’article vers sa fin.

      Baraka Allah fik

      • Omar MAZRI 7 mars 2014 at 16:09

        Jalil

        Le lien est intéressant. Il rejoint le débat en France sur le théorie du genre. Il n’est pas objectif, car il traduit l’idée des pédagogues laïcs algériens qui disent aux sociologues et aux pédagogues français que l’école algérienne fondamentale est une école sexiste obscurantiste tenue par les islamistes qui façonnent l’esprit des jeunes générations. Le raisonnement est simpliste. Bourdieu est une sommité mondiale, mais il ne peut répondre tout seul et d’une manière tendancieuse à ces quatre équations :

        1 – en Algérie est-ce que l’école fondamentale est une école badissienne construite sur le réflexe de pavlov pour conditionner le sexisme et l’inégalité entrer sexes ou au contraire l’école est le véhicule de transfert du regard social sur lui même. Il faut rentrer dans la structure du récit que propose le livre d’école. Il faut le faire de l’école française de la colonisation à l’école arabophone de l’indépendance et voir quels sont les invariants dans le message pédagogique et ses reflets dans la société. L’expérience a montré pourtant que les élites algériennes formées dans les grandes écoles étrangères reproduisent dans la société algérienne les schémas culturels de leur société. Bourdieu est un sociologue de talent, mais les Algériens ce sont des idéologues manipulateurs. En réalité entre la société et l’école nous sommes dans une relation binaire où l’un forme l’imaginaire de l’autre, entre en conflit avec lui et se soumet à lui. La bonne question est de savoir qui est le plus influent, le plus déterminant.

        Lorsque l’enfant apprend il commence par acquérir le langage maternel qui lui parle de tendresse et de choses simples. Ensuite il évolue vers le fantastique du conte et de la chanson. Plus tard lorsqu’il dispose des mots et des idées il peut alors faire du langage l’instrument d’abstraction pour explorer le monde hors de son atteinte. A l’école il fait la même chose il passe de la vision actuelle au virtuelle en passant du regard social au regard intellectuel. Nos laïcs veulent modifier les schémas d’apprentissage et mettre l’enfant dans un modèle de représentation qui n’est pas le sien. Ma mère était analphabète et mère au foyer, je ne pouvais mettre des mots que sur cette image et non sur une autre femme plus « émancipée ». Le problème est dans la représentativité. Les Français nous ont appris que nos ancêtres étaient les gaulois, mais cette mythologie ne tenait pas la route lorsqu’on rejoignait nos demeures à la Casbah. Les gaulois sont intervenus à un age où on pouvait déjà pratiquer de l’abstraction, mais ça ne passait pas. L’école française assimilationniste avait l’intelligence de mettre dans mon premier livre de lecture les personnages familiers de Omar, Zina et Ali. Je n’ai pas souvenir d’un personnage européen dans mes premiers livres de lecture.

        2 – En Algérie ou ailleurs on pose le problème en termes d’indifférenciation pour justifier le féminisme idéologique ou l’égalitarisme politique alors qu’il s’agit pour nous qui sortons de la colonisation de reposer les problèmes en termes d’universel. Il s’agit de redonner à l’Homme algérien (fille et garçon) les moyens d’émancipation et le droit à la différence. Le monde musulman décadent n’est pas notre modèle. L’occident immoral et indifférenciateur n’est pas aussi notre référence. L’intelligence nous a fait défaut et elle continue de nous faire défaut et nous sommes toujours dans l’incapacité de construire nos références, nos modèles, nos projets d’avenir.

        J’ai souri lorsqu’un égyptien a posé l’équation de la femme arabe instruite et diplomé en ces termes :  » elle reproduit les schémas mentaux et comportementaux de sa grand-mère ». On ne change pas la mentalité collective d’une doctoresse en embryologie ou en philosophie par un tout de passe-passe pédagogique ou par un passage à l’école primaire. Le délire idéologique fait de la confusion. Il ne pose pas les problèmes de fond. De quelle femme et de quel s’agit-il de construire, pour quel usage social, pour quel destin historique, pour quel combat de civilisation, pour quelle religion, pour quel imaginaire. Le délire les met dans des fantasmes freudiens. L’ignorance leur fait voir l’Islam comme la cause de l’oppression de la femme. Le mimétisme leur fait voir la femme comme l’égal de l’homme alors qu’ils sont différents, complémentaires. Ils ne voient pas le capitalisme industriel qui a « libéré » la femme pour en faire une force de travail à bon marché et une consommatrice de mode et de superflu. Victor Hugo, ce monument de la culture française, a comparé le lion imitant un autre lion à un singe. Au lieu de dire des singeries ils auraient mieux fait de lire, chez Bourdieu qu’ils citent ou chez Deleuze, comment le processus d’indifférenciation détruit la liberté, sert les intérêts du marché en produisant de l’aliénation idéologique et sociale.

        3 – L’Algérie est un pays d’imposture, d’usurpation et d’occultation. La révolution algérienne a été confisquée par les rentiers de l’histoire ainsi que par les islamistes et les laïcs. Chacun se l’approprie sans analyse critique pour l’imposer aux autres. Il en est de même pour l’école algérienne. Elle est devenu l’otage des luttes idéologiques entre arabisants et francophones, entre islamistes et laïcistes. La langue arabe sans académie de langue et le modèle pédagogique importé de l’Allemagne de l’Est ne s’accompagnaient pas de réflexion sur l’efficacité et l’identité par la langue et par l’école. Il y avait une lutte corporatiste pour les Arabisants qui cherchaient à prendre les appareils de la justice et de l’éducation nationale alors que les autres avaient le contrôle de l’industrie et de l’armée. Sur le terrain pédagogique, l’art d’enseigner, l’enfant et le devenir de l’Algérie étaient occultés. Les uns introduisaient dans l’école les traditions de l’école coranique alors que les autres voyaient la lutte contre la langue arabe comme une lutte contre le Coran et contre l’Islam. Les uns voulaient rejoindre l’Arabie, les autres la France. L’algérianité, l’acquisition du savoir, le développement de la personnalité, la pédagogie et la didactique n’ont pas été une préoccupation majeure. Tiraillé l’école algérienne a été déchirée. En 2014 l’Algérien est analphabète trilingue. Lorsque le laïcisme rejoint le berbérisme pour dire où c’est nous où nous mettons le pays à feu et à sang le discours sur l’école devient un projet éradicateur d’une minorité bruyante.

        4- Le texte que tu m’as soumis est sans doute un texte, ou un livre écrit dans les années 80 au début du mandat de Chadli ou juste avant les événements d’octobre 88. Il y avait une sorte de revanche contre le président Boumédienne qui avait introduit la langue arabe et le socialisme et qui avait ouvert le chantier de la révolution culturelle par l’école fondamentale dans le primaire et le technicum dans le secondaire tous d’eux d’inspiration marxiste. Dans la même époque l’Union générale des travailleurs algériens avait convenu d’une expérience d’immigration et de formation professionnelle en Allemagne de l’Est qui remettait en cause les traditions d’immigration en France. Ces événements s’inscrivaient dans la foulée du choc pétrolier et du front de refus (Algérie, Syrie et Libye). Les cartes maîtresses de la France étaient en jeu : l’école et la langue, l’immigration et le pétrole. La France ou plus exactement ses leviers d’influence en Algérie et ses relais en France ne pouvaient que se mobiliser pour détruire non seulement ce qui a été réalisé par l’Algérie durant l’indépendance, mais pousser les algériens à renier leur passé, leur langue, leurs martyrs. Les islamistes avaient fait de la langue française une cible allant jusqu’à revendiquer l’anglais comme seconde langue. L’allégeance à la France ainsi que les intérêts idéologiques peuvent expliquer les trahisons de la gauche algérienne envers des projets nationaux à caractère socialisant pour ne pas dire socialiste. Il faut voir le soutien des trotskistes et des communistes français à la gauche algérienne qui soutient l’armée et la braderie de la souveraineté nationale pour comprendre qu’elle n’a pas d’arguments philosophiques et moraux dans sa critique sur l’école algérienne. La France comme les Etats-Unis n’ont pas de sympathie réelle pour ces imbéciles, car ils ne peuvent pas gouverner. Ils jouent les idiots utiles comme le font ceux qui appellent l’OTAN en Ukraine, Syrie, Pologne et ailleurs. Des appâts sinon des facteurs de perturbation.

        En conclusion la langue et l’école sont le socle de la personnalité. Il faut les placer dans une rétrospective et dans un devenir pour voir le drame ou les espoirs d’un peuple. Subordonner la langue et l’école aux luttes idéologiques et politiciennes c’est fatalement détruire l’âme d’un peuple et handicaper pour longtemps son avenir. L’école algérienne aurait pu se hisser à ce qui était attendu d’elle : promouvoir un nouvel esprit, un nouveau regard sur le monde. Pour cela il fallait et il faut qu’elle soit réappropriée par les parents et par les pédagogues, qu’elle soit portée par un Etat souverain et citoyen fondé sur le droit et la démocratie, qu’elle baigne dans une ambiance sereine, qu’elle vive dans un milieu qui produit des idées, de la culture, de l’intelligence, de la liberté, de l’imagination, du savoir, de l’initiative et non des rentiers en mal de réussite sociale.

        Voilà mon frère. Il faudrait qu’on puisse trouver du temps et de l’énergie pour analyser profondément la relation entre la pédagogie et la narration dans un livre de lecture. L’enseignant raconte des histoires et met en scène des personnages. Impliquer un apprenant dans le récit et le projet d’application du théorème de Pythagore ou de Thalès ou de la règle de trois c’est le libérer du formalisme et lui donner les moyens de formaliser son propre savoir et sa propre stratégie d’apprentissage. C’était un peu le projet d’école de Rousseau, d’Emmanuel Kant, mais les pédagogues algériens, les laïcs, en particuliers sont de la fausse monnaie qui n’a cours qu’en France. Ils aiment parler de modernité, mais ils n’ont pas le mode d’emploi, car les fondements philosophiques de la modernité leur échappe comme échappe aux gouvernants algériens la notion d’Etat.

  2. jalil 9 mars 2014 at 23:47

    Barrakou allahou fik pour la réponse enrichissante … le texte est un extrait de thèse de doctorat soutenue en 2009 par une algérienne « kheira maïni » travaillant dans l’éducation nationale en Algérie … cette guerre est une guerre contre ll’être humain menée par des diables en hommes …

    Une vidéo à voir du Docteur André Gernez, la vidéo est intitulée « Alzheimer, fonction religieuse, laïcité et athéisme, par 10/13 » … en réponse à la brave algérienne !!!

  3. ilias 17 mars 2014 at 18:56

    Bonjour Monsieur Mazri,

    « Ce poids est en faveur de la Russie à moyen et long terme »

    « Le poids de l’avenir est davantage plus déterminant lorsqu’il s’inscrit dans la logique historique et culturelle de la confrontation »

    Pensez-vous que le fait que la Russie soit l’héritière du Christ soit un élément déterminant dans l’histoire qui va s’écrire à plus au moins long terme?

    Par ailleurs, je souhaiterai avoir votre avis sur la nature du prochain système monétaire et financier qui serait amené à se mettre en place s’il se produit un changements de « centre » dans le monde.

    Quel serait la place de monnaie électronique dans ce système?

    • Omar MAZRI 17 mars 2014 at 22:25

      @ Ilias

      Bonjour et merci pour votre contribution.

      Je suis satisfait de ma position qui n’a pas hurlé avec les loups et qui ne s’est pas laissée émouvoir par la rhétorique des manipulateurs. Dans cette première manche les résultats sont au delà de tous les attendus. Je parle du vote en Crimée. J’étais agacé de voir l’arrogance et la haine continuer de manipuler les esprits et j’ai voulu montrer que le roman raconté par les journalistes français (et les autres aussi) ne tient pas la route. Il manquait de logique, de cohérence et de buts. Les gouvernants sont pris en otage par leurs médias et chacun croit au roman qu’il raconte à l’autre. Ce n’était pas le cas des Russes qui jouaient avec leur existence. Il faut être inculte, ignorant ou méchant pour penser que les Russes allaient se laisser bouffer. Nous sommes maintenant dans la situation du serpent qui se mord la queue. L’Iran n’a pas plié ni la Syrie je ne vois pas comment la Russie pouvait plier. J’ai voulu montrer que les Russes savaient écrire et raconter l’histoire car ils savaient la faire. Pour l’instant ce sont eux qui font l’événement, les autres tentent de le raconter mal et avec de la haine pas plus.

      Pour Jésus je n’ai pas posé la question en termes religieux ni en termes eschatologique, car je me suis prononcé depuis longtemps sur les thèses de la fin du monde et le retour du Messie. J’ai voulu appuyer l’idée que l’Occident fait face à une Russie qui a derrière elle l’Eglise orthodoxe et j’ai cité en appui comment Dostoievski voyait la grandeur de la Russie à travers son christianisme. Dans cette bataille entre l’Occident et la Russie se joue l’existence géopolitique, militaire et économique, mais dans la bataille la Russie met quelque chose de plus que sa propre existence d’etat : son histoire, sa langue et sa religion. Poutine part donc avec une réserve que l’Occident n’a pas. Dans la guerre de quatrième génération frapper les commandements militaires, les réseaux économiques et les centres de communication ne suffit pas, il faut frapper les mentalités, les diplomaties, les cultures. Les Russes sont préparés à ce type de guerre. Les Européens n’ont pas les compétences et les moyens. Les Américains montrent leur échec qui ne produit que du chaos. Dans le pire des cas, le chaos en Russie ou en Ukraine aura des répercussions désastreuses sur le monde dit civilisé. La référence à Jésus c’est aussi la référence à la culture du sacrifice et de l’apocalypse. L’Occident n’a plus de spiritualité pour se mettre dans cette dimension. L’Eglise d’Orient si.

      il faut donc suivre la suite et je persiste à croire qu’elle sera en faveur des Russes. La prochaine bataille sera économique et financière et logiquement le nouvel ordre mondial se fera sur les décombres du dollar. Les monarchies arabes ont de l’argent dette américaine et un pays en concessions à l’Empire seront sans doute les premières faillites spectaculaires.

      Le prochain système monétaire sera multi monnaies avec le Yen et la rouble plus une monnaie sud américaine. l’or ne reprendra pas sa place comme étalon, mais il fera parti des valeurs de référence qui sont les métaux précieux plus le pétrole. Le gaz est indéxé au pétrole.

      Il y a un projet américain de monnaie électronique que Cheikh Imrane dénonce, mais je pense que le mode de paiement électronique et la monnaie sont deux choses différentes. Sur cette piste il faut voir comment les banques vont se restructurer dans l’affrontement Russe et Américains, comment les chinois et les russes vont créer un internet parallèle à l’internet américain et enfin quelle serait la matière première stratégique pour les nouvelles technologies. théoriquement l’ère du silicium est presque achevée. Est-ce que ce sera des molécules biologiques ou de la matière minérale ? Qui en aura la suprématie scientifique et technologique ? Qui en aura les moyens financiers et militaires pour l’imposer et la défendre. Nous sommes déja dans l’après Post modernité où va se jouer un autre destin et se raconter une autre histoire. Tolstoï pense que l’Histoire a ses propres règles. Il y a un Dieu qui gouverne les Univers. Les vielles sorcières et les vieux démons de l’Occident ne font peur qu’à leurs vassaux. Il est donc possible que les métaux précieux deviennent le référence sinon la matière première stratégique. Il est possible que ce soit une nouvelle matière première connue des seuls laboratoires.

      La littérature économique et le capitalisme ont donné à la monnaie un pouvoir de fétiche. Les Amérindiens étaient riches et prospères, l’or n’était ni une marchandise ni un étalon, mais un apparat. Le coquillage était la monnaie. La monnaie comme intermédiaire d’échange entre les marchandises pose le problème du marché lui même et des conditions de la production et de l’appropriation. C’est la question fondamentale. Le second problème est dans la représentativité et la légitimité. Les fèves, les cacahuetes, les boutons peuvent devenir des étalons non par leur qualité de rareté ou de préciosité, mais par leur force de symbole. Il n’y a de symbole que s’il y a convention admise et partagée que telle figure et non telle autre a fonction symbolique. Il n’y a de symbole que s’il y a quelque chose à partager et que le symbole réunit et par lequel se fait la reconnaissance. C’est beaucoup plus complexe que l’approche économique, capitaliste ou marxiste. Les manipulateurs peuvent donner l’illusion en racontant des histoires que telle chose est symbole alors que l’autre est non. Le récit américain a raconté sa mythologie et a véhiculé son dollar. Aujourd’hui il est en panne. Il ne parvient plus à parler de la Crimée sans devenir risible. Il peut continuer a nous raconter les sanctions contre la Russie jusqu’à ce qu’on voit un nouveau marché, une nouvelle monnaie se mettre en place. Les réserves fabuleuses pour ce nouveau marché sont en Afghanistan. Les nouveaux partenaires sont les Russes, les Chinois et les Indiens et leurs voisins qui ne joueront pas dans la cour de l’OTAN. Il y a encore des pages d’histoire ancienne et nouvelle à écrire et à raconter.

      Comme il est possible qu’après l’affrontement nucléaire (peu probable) la monnaie sera n’importe quelle matière non contaminée. Une chose est certaine c’est que chacun de nous avance vers un Jour où la monnaie de référence sera son acte sur cette terre pesé à sa juste valeur

    • Omar MAZRI 18 mars 2014 at 13:10

      @ Ilias (suite)

      J’ai oublié de dire l’essentiel sur la monnaie.

      Si la monnaie reste un instrument symbole de l’échange, elle devrait refléter le marché c’est à dire l’échange. Pour qu’il y ait un véritable marché il faut que cette monnaie ne soit pas administrée par des bureaucrates qui décident arbitrairement de sa valeur ou gérée par des financiers qui en font une marchandise qui produit de l’argent par la spéculation et les produits financiers qui ne sont pas l’économie réelle des biens et services.

      Pour qu’il y ait marché il faut qu’il y ait liberté de transaction (offre et demande libres et contractualisées), proximités entre l’offre et la demande (moins d’intermédiaires), transparence des marchés, équité dans l’échange, pas de monopoles, vérité des prix, et enfin valeur exacte (besoins réels et productivité du travail. Dans ces conditions la monnaie, n’importe quelle forme symbolique, devient la rationalisation de l’échange (le troc) pour le comptabiliser, le reproduire et l’élargir dans le temps et dans l’espace.

      Je ne pense pas que la Russie ou la Chine soient dans cette perspective.

  4. Ilias 19 mars 2014 at 16:54

    Bonsoir Monsieur MAZRI,

    Merci d’avoir pris la peine d’expliciter votre vision des choses au sujet de la Russie. Je partage vos observations sur l’actualité de son épaisseur historique, linguistique et spirituelle.

    Sur le plan économique et financier, prochain théâtre des affrontements, il semble que du côté occidental (et de leurs alliés) on ait pris les devants pour anticiper les chutes des monnaies classiques.

    Dans cette optique, je vous invite à visionner la séance de la commission des finances du Sénat qui s’est interrogé très récemment sur les enjeux liés au développement des monnaies « virtuelles ».

    Il existe aujourd’hui des plateformes où l’on peut acheter ce type de monnaie.

    Ci-après le lien:

    http://www.senat.fr/espace_presse/actualites/201401/monnaies_virtuelles_quels_enjeux.html

    Qu’en pensez-vous?

    Cordialement.

    • Omar MAZRI 19 mars 2014 at 19:07

      @ Ilias

      Réponse à monnaie et économie virtuelle

      Les bureaucrates français sont dans la même confusion sur le virtuel. Ils confondent le numérique ou l’électronique (voire l’immatériel) avec le virtuel. Avec le virtuel nous sommes au cœur de la pensée post moderne et ses concepts que permettent les nouvelles technologies de la communication et de l’information. Les bureaucrates ne voient pas les concepts du virtuel et de la virtualisation comme processus de création, ils pensent à virtuel pour l’opposé au réel concret alors que la langue latine fait du virtus le potentiel de vie c’est à dire le réel en puissance comme la graine dans la pomme est le virtuel du pommier et le pommier est le virtuel de pommes. Il s’agit de communication et d’échange entre espaces de libertés et de production sans centre ni totalité. Entre ces espaces le marché virtuel est la capacité à fédérer les communautés virtuelles (anonymes, nomades et pluri identités) et à leur offrir des capacités d’intermédiation. C’est une autre mondialisation. Les Français ne voient que le support informel de la transaction alors qu’il s’agit d’un autre schéma de pensée, d’organisation sociale, culturelle, économique et commerciale.

      En France Gilles Deleuze, Michel Serres, Pierre Levy et Michel Autier sont les doctrinaires et les utilisateurs des concepts de la post modernité. Ils ne sont pas écoutés en France. Dans le monde la CIA et les marché financiers ont récupéré les concepts puissants de la mise en réseau. Dans mon analyse sur la Palestine « Résistance globale » j’en aborde quelques aspects.

      Ce que l’Internet propose actuellement ce sont des modes de paiement ou des artifices comme les bitcoins et autres pseudos « monnaies » qu’il faut acheter avec de la monnaie en Euro ou en dollars. Ce sont des jetons, des chèques, mais ils ne sont pas l’étalon qui mesure et qui garantit l’échange par lequel se définit la monnaie. Il faut espérer voir les sanctions contre la Russie devenir sérieuses pour voir comment le pétrole et l’armement vont devenir monnaies d’échange dans une partie du monde avec l’emergence d’autres matières stratégiques comme le blé ou le riz.

      Je peux me tromper. Les choses vont vite et les théories anciennes risquent de ne plus avoir cours.

  5. jalil 5 avril 2014 at 23:26

    Salamou alikoum Mr Mazri

    Par peur de me faire passer pour quelqu’un de parano, j’ai hésité de parler d’un sujet pas de très important puisque ça relève du secret divin, mais en parler nous donne une idée sur le devenu de ce monde, l’affrontement est une option à laquelle le recourt ne se fera que quand on est sur de lui, ou, quand la folie prend le dessus de la raison, on sait que ce monde est à majorité guidé par des fous, mais il s’avère qu’ils maîtrisent parfaitement la sémantique du mot « risque », l’Europe n’a guère le choix que d’accepter à son plein gré son alliance avec les states et ce qui va avec, une obligation parfaitement assimilée !, la Russie tourne progressivement le dos à l’Europe ce qui lui laisse le temps de trouver une alternative durable chose impossible!, le rattachement de l’Europe aux states officieusement et astucieusement pour sauver une économie en dérive et annexer un client capable de payer, et le rattachement de la Crimée à la Russie marque une fracture au niveau de la politique internationale où l’onu me semble-t-il disparaitra, , une militarisation de l’espace internet serait une alternative …. devant de telles perspectives, le monde arabo-musulmans précipitera davantage dans le chaos, seul moyen pour conserver les privilèges de certains … Bin clinton, dans une émission télévisée, vient de citer les extraterrestres, comme l’unique moyen pour réunir toutes les puissances mondiales!, j’ai toujours cru à cette idée et pour moi un conflit nucléaire est totalement irrationnel et écarté vu l’immense prise de conscience devant un tel conflit … le prophète que la paix soit sur lui dit qu’Allah awj ordonnera au prophète Issa que la paix soit sur lui d’évacuer la Palestine vers un lieu sur car d’immense puissances, auxquelles a donné un savoir que le monde n’a jamais connu, convergent vers eux … qu’est que cet événement extraterrestre pourrait être si ce n’est celui de la descente du prophète Issa qui sera marqué comme telle, mais je peux me tromper.

    • Omar MAZRI 6 avril 2014 at 16:47

      @ jalil

      Salam, tu as raison. Tous les scénarios sont ouverts. Le monde arabo musulman est dans une anarchie telle que le changement lui serait une fois de plus fatal. Les insensés du monde musulman se mettront sans doute contre le Messie. Ils ont déja falsifié les propos de Mohamed (saws) par leur discours et leur comportement.

      l’histoire se réalise selon le dessein qu’Allah lui a prescrit. Les russes s’étaient préparés à intégrer l’économie mondiale et ils se trouvent, malgré eux en situation d’ennemi de l’Europe et des states. si les BRICS et le rouble or tiennent la route nous allons assister à un combat de titan qui est déja engagé sur le plan médiatique et diplomatique. Nous entrons dans la guerre économique. La puissance médiatique nous montre l’Occident dominateur et vainqueur, mais les faits sont objectifs : sur le terrain c’est la Russie qui a emporté la première manche et rien ne dit que la seconde manche sera gagné par l’Occident. L’Ukraine est une crise plus grave que la Syrie pour l’Occident. Je ne pense pas qu’elle va se résoudre au profit de l’Europe et des states qui ont engagé un mouvement qu’ils ne contrôlent plus et qu’ils alimentant par leur folie et leur arrogance.

      Personne ne peut dire quand, où et comment la fracture totale et définitive va s’opérer, mais elle s’annonce. La situation est kafkaienne : les gouvernants mentent et croient aux mensonges devenus vérité par leurs médias. c’est hallucinant. Comme il n’y a plus de rationalité, personne ne peut anticiper.

      J’ai abordé la question coranique de l’Istidraj, la gradation de l’effondrement, mais je n’ai pas eu le temps pour le développer et l’actualiser :

      http://liberation-opprimes.net/g20-saint-petersbourg-jour-dapres/

      Graduation et science dans la marche de l’Empire vers sa fin inexorable

      Salam

  6. jalil 7 avril 2014 at 07:51

    La Russie avait profité de la prédominance du $ pour se reconstruire rapidement, et économiquement les states avait besoin de la Russie, état donné que leurs économies se reposent en grande partie sur le pétrodollar, une confrontation militaire n’aura jamais lieu (étonnement, sur l’offensive la Russie est moins développée, contrairement sur la défensive elle reste 20 ans ou plus en avancée) mais économique et monétaire, et comme vous le dites elle est déjà engagée, les states, à moins qu’ils soient prêts à se détruire écologiquement, n’ont aucune capacité à fournir l’Europe en hydrocarbures, et ils ne sont pas prêts à puiser dans leurs stocks stratégiques, et les turbulences, que le monde arabo-musulman vit, vont marquer un point de plus en faveur de la Russie, soit cela est un présage positif ou soit négatif pour le monde arabo-musulman vu les têtes brûlées .

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