Déclaration du Président de la Rupture

بسم الله الرحمن الرحيم

Au Nom d’Allah le Miséricordieux, le Miséricordeur

J’ai accompli avec succès toutes les formalités de dépôt de ma candidature auprès du Conseil Constitutionnel, en conformité avec les lois et règlement en vigueur. C’est la fin d’une étape.

Ce fut un parcours relativement difficile semé d’embûches et d’obstruction, mais mission accomplie au-delà de ce qui est requis puisque nous avons obtenu le double de ce qui est exigé par la loi. Le nombre de signatures et le nombre de Wilayas confirment la grandeur de ce peuple. Ce peuple est grandiose, il a répondu à mon appel bien que je ne sois soutenu ni par un parti ni par un appareil.

J’exprime à ce peuple ma reconnaissance et ma gratitude. Je me suis engagé avec foi solide en ce peuple et avec une conviction forte pour une rupture avec ce système. Ce peuple a répondu à mon appel et a souffert en conséquence pour déployer tous les efforts et surmonter les entraves administratives.

Dites au Peuple : l’aube d’une nouvelle ère a commencé aujourd’hui.

Tu as été grandiose o peuple algérien ! Demeure toujours grandiose !

Tu as été pacifique, demeure pacifique ! Tu as été civilisé et tu as donné des leçons à tous ceux qui ont voulu te rendre handicapé, démissionnaire.

Tu as relevé le défi, tu leur montré que tu étais vivant et tu leur as donné la preuve de ta grandeur et de ton engagement. Demeure vivant, civilisé !

De la même manière que tu as triomphé hier sur le colonialisme, tu vas édifier aujourd’hui la Seconde République par la Rupture et le Changement.

سلام الله عليكم و رحمته وبركته

Paix d’Allah sur vous, Sa Miséricorde et Sa Bénédiction !

L’ARMÉE, LE PEUPLE, FRÈRES, FRÈRES

جيش شعب إخوة إخوة

Le peuple algérien confirme pour une million et demi de fois l’échec du complot international et des éradicateurs de la cinquième colonne que :

  • La personnalité algérienne est une et indivisible,
  • L’armée et le peuple sont du même creuset social et de la même identité
  • La Rupture est une voie irrévocable qui sera menée à son terme.
  • Le peuple algérien dispose conditions morales et matérielles pour reprendre son destin en main et parachever l’indépendance nationale

Contrairement aux souhaits de voir le peuple algérien verser son sang, ni le « printemps arabe » ni « le printemps berbère » ni « la révolution de cactus » n’ont prise sur la rue algérienne.

Le printemps arabe en Tunisie a permis de dégager Benali pour remettre la bourgeoisie aux commandes de l’Etat avec une façade démocratique qui « plait » à l’Occident qui conserve son contrôle sur le pays et maintient ses bases de renseignements sur l’Afrique du Nord. Les populations déshéritées proche des régions frontalières avec l’Algérie sont toujours des laissés pour compte.

Le printemps arabe en Egypte a permis de dégager Moubarak pour remettre l’appareil militaro industriel égyptien, les libéraux occidentalisés et la gauche bureaucratique aux commandes de l’Etat avec le soutien indigent du salafisme international et de l’Occident. Les Frères musulmans politiquement infantiles se sont laissés manipulés d’abord pour confisquer le mouvement insurrectionnel, arriver au pouvoir et ensuite le perdre en laissant décapiter leur organisation et leurs meilleurs cadres.

Les Algériens ont tiré leçon ! Ils veulent un changement pacifique. Ils connaissent les élites et les oppositions qui ont fait de la politique, de la culture et de la religion non seulement une rente, mais une instrumentalisation pour donne légitimité et longévité à ce système mortifère et sacrilège.

La mémoire collective n’oublie pas qu’elle a fait dégager un régime honni par le peuple en 1991, mais les « Janvieristes » éradicateurs, les « islamistes » immatures les bureaucrates de l’armée et les rentiers de tout horizon et de toute nature ont essayé de salir l’Islam, l’Algérie, l’ANP pour sa filiation à l’ALN, le FLN historique et les grandes figures algériennes comme Ait Ahmed et Boudiaf. Même si le prix du sang a été exorbitant, même si la méfiance et la défiance envers l’armée et les partis politiques sont fortes, même si la rente à humilié et asservi les populations, la conscience algérienne demeure lucide. Elle va faire dégager, de nouveau par les Urnes celles et ceux qui ont trahi ou qui ont déçu.

Les urnes c’est la voie pacifique vers le changement via une rupture symbolique. Par rupture symbolique nous entendons la rupture avec ce système, sa toile de mensonges et les symboles importés de la France. Par rupture symbolique nous entendons la reconstruction du lien solide avec nos symboles authentiques et nos principes fédérateurs et civilisateurs :

  • Algérianité
  • Liberté
  • République démocratique et populaire
  • Etat de droit et séparation des pouvoirs
  • Développement économique et social
  • Libérer la religion, la culture et le premier novembre de toute confiscation, de tout monopole
  • Moderniser et redéfinir les attributions des institutions et des corps constitués par une Constitution amendée par le peuple.
  • Relancer le pluralisme politique sur des fondements citoyens.

Le sang, les larmes et la sueur des Algériens non seulement ne seront plus versés pour des idoles et des totems, mais ils réclameront justice, ils imposeront aussi la reconnaissance par laquelle se fonde toute prétention à la légitimité (politique, culturelle, économique) et aux hautes responsabilités.

Chacun devra être réhabilité dans ce qu’il a versé et dans ce qu’il peut encore donner à sa patrie dans ce cadre sur lequel il n’y aura aucun marchandage :

Justice et Vérité.

Le peuple algérien ne se trompe pas sur ses slogans et en particuliers sur « L’ARMEE, LE PEUPLE, FRERES, FRERES », en effet la rupture avec le système diviseur et l’instauration d’une seconde République passent par un acte de fraternisation entre les principaux acteurs de la libération nationale. Tous les attributs de l’Algérianité se sont forgés dans l’épreuve de l’histoire par des actes de solidarité et de fraternité que la France coloniale a essayé de corrompre et de briser. Le chemin vers le parachèvement de notre indépendance passe par ces actes de symbolisation : aller vers l’autre, reconstruire le lien brisé et disposer des mêmes signes de reconnaissance et d’identification.

Le grand chantier va commencer dans quelques semaines inchaallah :

  • Voter pour un candidat de rupture,
  • Remettre sur pied les institutions démocratiques à tous les échelons locaux, régionaux et nationaux,
  • Engager des réformes politiques, économiques, financières et bancaires. Ces réformes devraient être dans un premier temps simples, rapides et efficientes
  • Mobiliser les conditions pour que les gens se remettent avec confiance et espoir au travail et enfin tourner le dos à la rente et à la prévarication.
  • Trouver les compétences occultées dans les décombres de la corruption ou dans l’exil,
  • Eviter de reconstruire sur les ruines (hommes et organes).

La vigilance doit être de rigueur et l’espoir doit se lever maintenant pour contrecarrer ce qui se prépare par les relais médiatiques français et les éradicateurs algériens :

  • Délégitimer les manifestations sous prétexte qu’il n’y a pas d’appareil politique ou de guide qui les caporalise.
  • Faire peur à la demande de changement sous prétexte que les islamistes sont aux aguets.
  • Ignorer le candidat de la Rupture et le confiner à son statut de militaire.

Nous continuerons de scander la rupture symbolique et de manifester notre attachement au peuple algérien, parce que n’avons jamais opéré, un instant une rupture avec ce qu’il est :

جيش شعب إخوة إخوة

 

Omar Mazri. 01-mars 1919

NON A L’EFFUSION DE SANG !

La fin de l’oppression est proche, le système est en train d’imploser, ses relais internationaux paniquent.
Bientôt une nouvelle Algérie Inchaallah !

Prenez garde à Dieu
et redoutez l’effusion de sang !

 أَنَّهُ مَن قَتَلَ نَفْسًا بِغَيْرِ نَفْسٍ أَوْ فَسَادٍ فِي الْأَرْضِ فَكَأَنَّمَا قَتَلَ النَّاسَ جَمِيعًا

Quiconque porte atteinte à la vie d’un être un homme, sans qu’il y ait eu meurtre ou violence commise sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes Al Maida 39

 

وَمَا كَانَ لِمُؤْمِنٍ أَن يَقْتُلَ مُؤْمِنًا

وَمَن يَقْتُلْ مُؤْمِنًا مُّتَعَمِّدًا فَجَزَاؤُهُ جَهَنَّمُ خَالِدًا فِيهَا وَغَضِبَ اللَّهُ عَلَيْهِ وَلَعَنَهُ وَأَعَدَّ لَهُ عَذَابًا عَظِيمًا

Un croyant ne doit en aucun cas tuer un croyant…  Celui qui tue volontairement un croyant aura la Géhenne pour rétribution ; il y demeurera à jamais. Dieu exerce sur lui Son Courroux. Il l’a maudit et lui a préparé un châtiment terrible. An Nissa 92-93

ALI GHEDIRI A LA JEUNESSE ALGÉRIENNE

Ce qui suit est la traduction de la vidéo de la rencontre entre Ali Ghediri et le Rassemblement de la Jeunesse Algérienne (RAJ) du 24 février.

Voir la vidéo

Préambule :

J’ai tenu à transcrire le plus fidèlement, sans littéralisme, les propos tenus par Ali Ghediri. J’ai exprimé mon intention de le soutenir comme candidat de la rupture et j’ai expliqué les raisons. Maintenant je m’exerce à un exercice d’appropriation de son discours pour mieux le comprendre et surtout tester mon adhésion sur le plan argumentaire. Homme d’écriture et d’analyse je vous livre ce que j’ai retenu de ses propos et qui me réconfortent davantage dans mon choix. Je ne donne pas de lettre de vertu, car ma conviction morale et religieuse m’impose de conserver une distance déontologique et un esprit critique voire une remise en cause lorsque je me trompe. L’appropriation s’est avérée facile, même si j’y ai passé plus de 24 heures de réflexion. Il s’agit du destin d’un pays, l’émotion et le sentiment doivent être subordonnés à la raison, les objectifs doivent être plus importants que les « éléments de langage » de communication. Ici il s’agit d’exposer les gros œuvres de l’édifice « Rupture » en attendant de voir les seconds œuvres comme l’économique et le social même si en dernière instance ils sont les plus déterminant en matière de réformes.

Omar Mazri

Voici le texte complet de l’intervention de Monsieur Ali Ghediri avec des libertés de traduction et d’interprétation :

Rupture avec le clientélisme, l’exclusion, la corruption, la bureaucratie, la gabegie, l’injustice…

Rupture avec le système, et renouvellement du serment national fait aux martyrs et réappropriation de l’esprit algérien de résistant au colonialisme. Non à ceux qui ont trahi la mémoire de ceux qui ont fait serment à Dieu, à la patrie et au peuple algérien de le servir et de mourir pour sa cause. Non à ceux qui ont asservi le peuple et abusé de l”appropriation illégitime et illégal des richesses nationales au détriment du peuple.

L’Algérie sera remise à la possession de tous ses enfants sans clivage idéologique, sans monopole ni exclusion ni exclusive.

Le Droit et la Justice au-dessus de tous. Nul ne sera protégé par l’impunité, le privilège et le passe-droit.

Séparation des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires. Le juge libre et indépendant.

Ni la France coloniale ni le système répressif ne peuvent imposer leur matraque et bâillonner le peuple algérien lorsqu’il se décide à parler et à agir pour recouvrir sa liberté et sa dignité.

La responsabilité devant Dieu et devant le peuple algérien ainsi la honte qu’il fait endosser à ceux qui abusent de l’impotence du président en exercice pour ridiculiser l’Algérie et le peuple algérien.

Le devoir des autorités et du régime est de répondre rapidement à la manifestation pacifique et aux exigences du peuple algérien de choisir librement qui le gouverne et comment il veut être gouverné et comment il veut exercer sa souveraineté. Il cite le pète tunisien Abou Kacem Chebbi

إذا الشّعْبُ يَوْمَاً أرَادَ الْحَيَـاةَ فَلا بُدَّ أنْ يَسْتَجِيبَ القَـدَر

وَلا بُـدَّ لِلَّيـْلِ أنْ يَنْجَلِــي وَلا بُدَّ للقَيْدِ أَنْ يَـنْكَسِـر

Lorsque le peuple, un jour, exprime son désir de vivre (de liberté).
Forcément, le destin lui obéit
Et forcément, la nuit se dissipe
Et forcément, les chaines se brisent…

Le peuple algérien ne demande donc pas l’impossible… Il a attendu avec patience … Mais la patience a des limites et le flot a débordé. Stop ! Basta ! Changeons ! L’Algérie n’est pas un héritage à léguer à une poignée d’individus. L’Algérie a payé au prix de ses Martyrs et continuent encore à payer un lourd tribu d’effusion de sang pour la liberté et la dignité de son peuple. Ça suffit !

Les longues pages de sang qui a coulé en Algérie doivent être écrites. L’histoire apportera son jugement, même si les élites culturelles ont une part de responsabilité par leur défaillance et leurs clivages. L’Algérie ne sera apaisée que si elle se réapproprie son histoire réelle sans maquillage ni oubli. La solution est l’instauration d’un cadre de dialogue responsable et pérenne pour régler tous les différends et toutes les contradictions. Nous ne pouvons avancer avec la haine, la rancune et les préjugés. Il faut tout clarifier pour éclairer la route du devenir…. Nous avons commis des erreurs dont les conséquences sont tragiques. Cela est plus qu’un problème d’écriture de l’histoire, c’est une affaire de conscience. C’est la raison pour laquelle je n’ai pas parlé de changement, mais de rupture. La Rupture c’est la naissance d’une seconde République, c’est briser les liens avec les anciennes pratiques et les anciennes méthodes.

Les urnes doivent être le discriminant entre les différentes visions et les différents programmes et c’est au peuple algérien de décider en toute liberté et c’est aux autres de s’incliner devant le choix du peuple et de le servir. Cela n’est possible que si les élections se réalisent en dehors de la fraude, la fraude ne peut être évitée que le peuple est conscient et engagé. Les fraudes électorales en Algérie sont une invention de la France qui intervient pour faire dévier le choix du peuple algérien et le maintenir en otage. Ceux qui revendiquent le patriotisme doivent divorcer avec la France et son héritage de fraude et de confiscation. Ils doivent jeter un coup d’œil sur les pratiques anglo-saxonnes en matière électives et faire objectivement la différence d’appréciation et d’inspiration.

Cela fait 57 ans que nous utilisons le système frauduleux français malgré que nous ayons dit à la France dégage ! La fraude se conjugue avec la rapine et la corruption ! Ils relèvent de la même logique et de la même pratique. Ce sont des problèmes de fond, leurs solutions passent par une expertise et un dialogue ouvert et responsable.

Sur la question de son statut de serviteur du régime en sa qualité de général, Ali Ghediri a tenu à préciser qu’il avait passé 42 ans de sa vie comme commis de l’État en travaillant dans l’institution militaire ce qui ne fait pas de lui le serviteur d’un régime. Il assume son ancien statut de militaire et revendique son devoir de servir la République ni plus ni moins. Après mon bac je me suis engagé par la grande porte sans effraction ni clandestin pour servir une institution et défendre la patrie. Où est le mal ? J’ai été formé dans les écoles figurant parmi les plus prestigieuses au monde pour apprendre l’art de défendre mon pays. J’ai agi par conviction et j’ai œuvré dans la totale probité. Interrogez ceux qui savent comment j’ai servi ? J’assume pleinement l’étiquette de militaires. Je n’ai pas servi l’institution militaire uniquement à Alger, mais j’ai eu un long parcours dans les confins retirés de l’intérieur de pays et du grand sud. J’ai vécu proche des Djounouds et des populations. Je suis militaire ne signifie pas que j’ai du mépris pour le civil ou que je prétends à être plus méritant que lui. Cela ne signifie pas que le civil est plus patriotique que le militaire. J’ai servi une armée dont la composante humaine est populaire. Je suis un home issu du peuple et je continue à vivre à proximité du peuple. Cette proximité conjuguée au patriotisme me dicte ma conduite et m’invite à poursuivre mon militantisme patriotique sans exclusive ni monopole. Ma retraite de général et la retraite de mon épouse me permettent de vivre dans le confort sans attendre autre chose qui viendrait d’un poste politique. L’amour de l’Algérie doit être notre dénominateur commun.

L’ANP est une armée républicaine au service de la nation, sinon il faut la requalifier de milice d’un clan. S’il y a un jugement il doit être porté sur des hommes et leurs comportements ou leurs positions et non sur l’institution. L’ANP est l’héritière de l’ANP même si certains de ses membres ont fauté. Une institution est une organisation régie par des valeurs, les valeurs de l’ANP sont celles des authentiques révolutionnaires libérateur du joug colonial.

Il ne faut pas donner au terme révolution un sens péjoratif ou galvaudé, mais le placer dans son véritable contexte qui était le nôtre face au colonialisme. Chaque algérien a un père, fils, un frère ou un membre de la famille ou du voisinage dans les rangs de l’ANP et à ce titre elle ne peut être comparée à des mercenaires comme certains y compris dans les partis politiques veulent le faire croire.

On désigne l’armée algérienne par la « grande muette » et on lui reproche sa participation dans la vie nationale faisant des conditions historiques de sa genèse et de sa sociologie comme si cette armée était importée et ne faisait pas partie du corps national avec ses forces et ses faiblesses. Pourquoi créer une dichotomie entre le militaire et le civil alors que notre parcours historique n’en n’a pas fait. Tous les présidents algériens ne sont-ils pas des militaires y compris Bouteflika ? Ait Ahmed fondateur et commandant de l’Organisation Spéciale (chef d’Etat-major de l’OS) n’était-il pas le premier militaire algérien ? C’est l’OS qui a donné naissance à l’ALN et au FLN. Nul ne peut évoluer en dehors de son contexte historique, nul ne peut se mouvoir en faisant abstraction des déterminismes historiques qui dictent son comportement et ses décisions. L’histoire configure et écrit le destin d’un peuple et d’une nation. L’Algérie ne peut faire exception. Toutes les grandes figures historiques de l’Algérie, même indépendante étaient des militaires, les uns en tenue, les autres en civils à l’instar de Mehri ou de Messaâdia produits par l’ALN.

Depuis 1962 à nos jours, ce sont les mêmes qui président à la destinée de l’Algérie. Je ne parle pas des exécutants, mais des têtes pensantes. Cette génération, issue de l’ALN, n’a pas changé. Il n’y a pas eu de changement majeur pour renouveler les mentalités et les élites. Si d’autres avaient pris le pouvoir, peut-être que les choses auraient changé.

Imaginer que je suis un crabe du système du fait de mon grade de général major est un raccourci et un biais qui occultent la véritable problématique du pouvoir et de la crise en Algérie. Avec tous le respect dû à nos ainées, il ne faut pas confondre les générations et encore moins nier le problème qui se pose entre les générations. Il ne faut pas oublier que l’intervention (l’irruption) de l’armée dans la vie politique a toujours été une réponse conjoncturelle à un évènement grave pour éviter le pire. Si des militaires se permettent de parler de la vie politicienne et de prendre position, ils le font à titre personnel, mais l’armée dans sa structure organique reste « la grande muette » qui veut servir l’Etat et la Défense Nationale. Si on doit parler vrai, alors je dis à ces politiciens qui parlent sans retenue sur l’armée s’ils ont le courage et les moyens de faire rentrer l’armée dans les casernes ou de faire dégager ceux qui parlent en son nom pour promouvoir tel candidat au lieu et place du peuple. Je leur dis davantage : pourquoi faire les grosses gueules alors que devant un haut gradé militaire vous vous mettez au garde-à-vous ? Seul un général peut faire évacuer la « politique » des casernes et la confiner à la vie civile. Je ferais cette évacuation et ce retrait si tel est le destin voulu pour moi par Allah. Elu président je confierais à l’armée la mission qui est la sienne et je la mettrais hors du champ politicien. Afin de lui redonner sa vocation : l’expression du peuple, l’émanation de la souveraineté du peuple, la force du peuple…

Toutes les armées du peuple ont un rôle prépondérant, mais dans les limites légales : protecteur respectable, mais non tuteur du peuple ou rival des autres institutions. C’est la nouvelle Constitution qui va redéfinir la place et le rôle de l’armée. La nouvelle Constitution n’est pas l’apanage des deux chambres actuelles, mais l’affaire du peuple qui la débat et l’adopte.

Nous ne pouvons demander le retrait total de l’armée et son confinement dans les casernes que lorsque le peuple éveille sa conscience et prend en main la responsabilité de sa propre destinée. Le problème n’est pas spécifique à l’armée, mais à l’ensemble des institutions qui doivent prendre la place qui leur revient constitutionnellement : le parlement occupe sa place et exerce ses fonctions, la justice de même, l’exécutif de même, l’armée de même, le Président de même, le peuple de même. Le Président, la plus haute autorité ne peut déroger à l’exercice de ses missions et outrepasser le cadre de ses prérogatives et de son autorité.

C’est à la nouvelle Constitution algérienne (2ème République) de fixer les règles et les prérogatives et c’est à chacun de les débattre avant la promulgation de la Loi et de les respecter après sa promulgation. Cette nouvelle Constitution devra être en harmonie avec la marche de l’Histoire et notamment tenir compte des réalités algériennes dont celle du poids de la jeunesse dans la démographie et la société algérienne. Les jeunes sont par essence porteurs de modernité et de progrès. Il y a une nécessité impérieuse de modernisation retardée par le système et il faut la relancer et l’accélérer pour redonner à l’Algérie la stature qui lui sied. Nous avons toutes les ressources pour le faire, mais il nous manque la confiance et le cadre politique. Il faut les créer. Notre première crise n’est pas d’ordre économique, mais politique. La crise politique peut être surmonté si on parvient à recréer les liens de confiance et les passerelles qui en découlent. Il faut parvenir à mettre fin à la méfiance, à la défiance et à la détestation que le système a mis entre les Algériens.

La position géostratégique, le sacrifice et l’histoire ont décidé que l’Algérie est condamnée à être puissante et souveraine ou à ne plus être. Avec l’agrément de Dieu et la volonté du peuple nous pouvons lui donner la place qui sied à sa grandeur et à la valeur de ses hommes. La jeunesse algérienne est à l’avant-garde de la reconquête de la grandeur de l’Algérie.

Lorsque je me suis engagé très jeune dans l’armée, je ne l’ai pas fait pour massacrer des Algériens. Je me suis engagé pour défendre les Algériens, leur vie, leurs biens et leur dignité. Il faut prendre en considération notre engagement pour ce qu’il était : nous avons fait don à la patrie de notre sang qu’elle peut faire verser pour sa défense contre l’occupant et l’ennemi. Notre vocation est d’éviter que les Algériens ne se fassent massacrer. Je tiens à rappeler qu’en 1963 en pleine guerre en Kabylie, les insurrectionnels kabyles ont jeté les armes pour rejoindre l’ANP et défendre la patrie contre les visées marocaines en 1963 et rejoindre le front de résistance nationale contre la guerre déclenchée à notre frontière. Le militaire, ici ou ailleurs, s’engage et est formé pour défendre l’intégrité du territoire et protéger l’Etat et la Nation. Les conditions et les crises peuvent provoquer des manquements, mais la règle fondamentale des armées demeure : faire barrage à l’étranger ennemi. Il s’est passé des tragédies où l’Algérien a tiré sur un autre algérien, mais ceci revêt un caractère exceptionnel et conjoncturel qui ne remet pas en cause la vocation fondamentale de l’ANP et l’engagement des militaires algériens à servir l’Algérie par le métier des armes. En tous les cas je suis le dernier à cautionner non seulement le massacre des Algériens, mais le massacre de tous les hommes y compris les étrangers. Même dans la guerre les armées professionnelles ont des règles de déontologie qu’elles ne peuvent transgresser quel que soit le motif. Dans un champ de bataille, c’est balle contre balle, attaque et contre-attaque, mais lorsque l’adversaire lève les bras ou hisse le drapeau blanc plus personne n’a le droit de continuer à tirer. Que penser alors lorsque le champ de bataille oppose des adversaires unis par les liens du sang, de la religion, de la langue et de la patrie.

Au sujet des élections de 2014, Ali Ghediri précise que l’Algérie (du système) ne s’exprime pas en terme de votants, mais en termes d’absentions dont le taux atteint les 85%. Sur les votants on peut dire que la majorité est contre le système. Ceux qui prétendent représenter la majorité ne sont que l’expression de la fraude et du mensonge.

إِنَّ اللّهَ لاَ يُغَيِّرُ مَا بِقَوْمٍ حَتَّى يُغَيِّرُواْ مَا بِأَنْفُسِهِمْ

Allah ne change point en la situation d’un peuple tant que celui-ci n’a pas changé ce qui est en lui.

Ce système a pour culture et pour pratique la fraude et le mensonge, soyez donc vigilants. Si vous décidez consciencieusement de la nécessité du changement il ne manquera pas inéluctablement de se produire.

A la question sur le mode du changement, Ali Ghediri précise que l’Algérie dispose du levier principal et du point d’appui pour opérer le changement : sa jeunesse. La révolution algérienne s’est appuyée sur la jeunesse, au début de l’indépendance elle s’est appuyé sur la jeunesse. Quelques années plus tard l’Algérie a commencé à tanguer et chavirer lorsqu’elle s’est appuyé sur les croulants qui se sont mis à stigmatiser la jeunesse, à la priver de ses droits et à lui interdire ses possibilités. Plus tard ils l’ont intimidé puis exercé sur lui la corruption et le chantage. On ose offrir un sandwich au jeune algérien à la Coupole d’Alger pour l’impliquer dans le soutien du candidat du système, quelle honte ! Le jeune algérien mérite mieux.

Le changement sera mené par un gouvernement de jeunes. Ils comprennent le langage de leur temps et sont aptes à tisser les ponts vers l’avenir. Ma génération et moi-même nous ne sommes qu’une passerelle transitionnelle, une période de transition.

Sur la compétition avec Bouteflika : je n’ai pas mis des conditions et je ne me suis pas positionné par rapport à sa candidature. Je le fais par conviction et responsabilité, les urnes doivent trancher. J’ai annoncé très tôt que je n’y allais pas pour jouer le lièvre ou pour faire illusion démocratique, mais pour gagner et faire gagner la jeunesse. Je porte un projet pour l’Algérie, et par conséquent les figures politiques et les devantures par personne interposée ne m’intéressent. Mon programme est un projet de rupture. Ce que le système de Bouteflika n’a pas fait en 20 ans avec 1000 milliards, il ne peut le faire aujourd’hui en si peu de temps et peu de moyens. Je dis donc non au projet d’une plateforme politicienne qui déciderait du destin de l’Algérie, il appartient aux Algériens de s’autodéterminer et de décider de leur avenir sans tutelle. La décision sur l’avenir ne peut être confisquée par ceux qui ont gaspillé les ressources nationales, qui ont hypothéqué l’avenir, qui ont méprisé le peuple, qui ont volé et corrompu.

Le boycott des élections n’est pas raisonnable, car ce régime s’en est accommodé depuis toujours et en profite pour accentuer la démission du peuple et la mise à l’écart de la jeunesse.

Sur la question des dettes, de la planche à billet, des finances publiques et du budget de la défense nationale, Ali Ghediri précise, sans détours, que lorsque les institutions sont démocratiques, le parlementaire et le maire des élus qui représentent légitimement et authentiquement le peuple et qui exercent leurs prérogatives légales, alors l’État peut non seulement exercer le contrôle transparent et efficace sur ses finances et ses budgets, mais veiller scrupuleusement aux intérêts du peuple. Celui qui n’a pas de foin dans le ventre ne craint pas le feu et celui qui accomplit son devoir sans corruption ne craint pas la casquette. C’est au peuple de décider des dépenses militaires. L’armée a pour vocation la défense de l’intégrité du territoire nationale, le citoyen celui d’exiger la défense de son pays et de contrôler les dépenses réalisées au nom de cette défense. La question primordiale n’est pas dans le montant des dépenses militaires, mais dans le pouvoir réel du peuple et dans sa jalousie à exercer ses prérogatives démocratiques y compris celle de son contrôle sur la Défense Nationale. Nos propos sont, par analogie, valables pour tous les secteurs d’activités et toutes les institutions qui doivent être sans exception soumises au contrôle populaire. L’exigence est double : rationalisation et optimisation des dépenses dans le cadre de la rigueur budgétaire avec en face exercice responsable du contrôle populaire dans le cadre de la rigueur démocratique. Ainsi on met fin à la gabegie. Cela signifie aussi l’exemplarité des gouvernants qui doivent être des modèles de vertu. Lorsque le peuple constate la modestie du train de vie des gouvernants et des élites alors il peut s’imposer à lui-même l’austérité et le refus du gaspillage. L’homme algérien est apte à se désister de son morceau de pain par solidarité si on lui donne l’exemple.

En ce qui concerne 92, Ghediri dit : ce n’est pas ma référence historique. Mon repère est le premier novembre 1954. C’est le manque de respect des idéaux de la révolution algérienne qui nous a conduit aux situations dans lesquelles on se débat aujourd’hui. L’effusion du sang algérien en 1963, 1965, 1967 et en 1988 nous interpelle aussi. Une nation pourrait-elle continuer à avancer avec les yeux rivés aux rétroviseurs. Edifier un Etat et une nation demande le règlement des contentieux et l’apaisement pour se remettre en état de marche vers l’avant et générer de l’espoir et de la confiance pour les nouvelles générations. Il n’est pas normal de continuer à livrer nos enfants en quête d’avenir aux flots de la mer qui les happent et les dévorent à 2 miles des côtes algériennes. Le drame c’est que nous dégustons à prix fort des crevettes et des crustacés qui se sont nourris de la chair de nos enfants. Ce n’est pas la quête d’avantages mondains qui a fait fuir les Algériens et particulièrement les meilleurs de son Elite, mais le désespoir.

En ce qui concerne la Ligue arabe : L’Algérie est membre de l’ONU, de l’OUA et de la Ligue arabe. Il est révoltant de voir notre position est notre rôle très en deçà des cartes stratégiques et des arguments politiques dont l’Algérie dispose et qu’elle aurait pu honorablement jouer, mais qu’elle n’a pas fait valoir. La présence algérienne dans les tribunes internationales n’a été ni suffisante ni efficiente. En matière de relations internationales, la politique de la chaise vide est-elle une attitude rationnelle et utile ? Dans la Ligue arabe nous devons avoir une voix forte et écoutée pour peser sur les décisions et exiger une réforme de ses structures et de ses prérogatives. Il en de même pour l’OUA et l’ONU. Pourquoi l’Algérie s’est exclue d’une présence influente et déterminante dans le concert des nations ? L’Algérie peut revendiquer une présence comme membre du Conseil de Sécurité. Les sacrifices, le potentiel et les ressources exigent le repositionnement de l’Algérie sur la scène internationale et régionale au niveau requis et lui permettent d’afficher de grandes prétentions politiques et de grandes dispositions diplomatiques et historiques. La puissance diplomatique et l’influence géostratégique passe d’abord par la maitrise des affaires nationales.

Le financement de la campagne médiatique : On prétend que je suis financé par Rebrab, celui-ci n’est-il pas un algérien ? Ne serait-il pas plus judicieux et honnête de se pencher sur les véritables financements des autres campagnes et en particulier celle du clan présidentiel. Où est la transparence du financement des meetings et des festivités organisées à travers l’ensemble du territoire national, quel est la source de leurs dépenses ? Le plus ironique dans l’affaire c’est que l’argent coule à flot alors que la campagne n’est pas encore lancée officiellement. Des moyens colossaux sont déployés : avion, bus, hôtels, terrains de jeux et salles de sport, collation… Notre campagne ne dispose d’aucun argent public, elle bénéficie de dons de particuliers en provenance du peuple algérien. Sans défendre Rebrab, je me pose la question sur leur attitude si Rebrab était partisan de leur clan ? Je vous invite donc à ne pas tomber dans le piège de la diversion. Plus grave que cela est le vol et le détournement de l’argent et des biens publics à des fins partisanes et personnelles.

Les soutiens : le peuple me soutien et j’y crois. Je ne dis pas que la manifestation du 22 février est l’expression d’un soutien en ma faveur, mais elle va dans le sens de ce que j’affiche : ma revendication de rupture converge avec celle du peuple. Pour moi le peuple est la grande force à mobiliser pour changer l’Algérie et il est l’artisan du changement. Ce peuple fait preuve de conscience politique élevée malgré qu’il soit tenu comme chose négligeable par le système.

Les promesses. Je n’ai pas de promesses électorales, comme celles de donner le Paradis aux Algériens, sauf celle de rendre la parole au peuple, de construire la seconde République. Je ne dispose pas de la manne de 1000 milliards de dollars qu’ils ont dilapidée par l’incompétence et la corruption. Avec mille milliard ou mois que cela une gouvernance sensée aurait édifié une seconde Algérie sur deux étages. Je ne dispose pas du sceau de Salomon pour réaliser des miracles, mais du constat de l’épuisement des caisses de l’État annoncé par les gouvernants qui ont recours à la planche à billets. Ce sont ces mêmes gouvernants en faillite qui annoncent la faillite de l’Algérie dans 2 ou 3 ans après l’épuisement des réserves monétaires placés à l’étranger. Le comble est qu’il ne propose aucune solution sauf recourir aux mensonges et aux promesses électoralistes. Je ne suis pas responsable de la faillite puisque ce sont eux qui sont aux commandes politiques, économiques et sociales.

La différence entre moi et ces gouvernants est dans le regard porté sur le peuple. Ils voient le peuple comme des pigeonneaux assistés et rentiers, moi je le vois à l’œuvre producteur de richesses. Les gens et la jeunesse, orientés dans la bonne direction et mobilisés pour la bonne cause, peuvent faire le miracle. Le problème fondamental et récurrent dans nos crises est d’ordre politique et non économique. L’urgence et l’esprit de sens consistent à reconsidéra le peuple algérien et à lui faire confiance en le laissant exercer ses responsabilités. L’habitant de n’importe quel quartier populaire, y compris le plus déshérité, doit se sentir concerné et participer à l’effort collectif de redressement du pays par une parole, un acte, une attitude d’autodétermination populaire.

Il faut juste imaginer la mise en valeur et l’occupation des terres algériennes de l’intérieur et du sud avec les conséquences en matière d’autosuffisance alimentaire et d’exportation. Il faut passer par la libération des forces productives et la mise en place d’un cadre efficient d’orientation populaire. Imaginez le potentiel d’édification rurale et urbaine que le territoire algérien permet et que le travail collectif peut réaliser. L’arrière-pays des Hauts plateaux jusqu’à Tin Zaouatine (située à Tamanrasset à la frontière avec le Mali) offre un gisement unique au monde pour le déploiement et la prospérité des Algériens. Imaginer le maillage de ce vaste pays en termes d’infrastructures et de voies de transport et de communication. Nous pouvons transformer ce pays, nous pouvons agir, il faut libérer les énergies qui vont transformer et réformer. Ceux qui ont la capacité d’apporter des valeurs ajoutées et des compétences qu’ils soient les bienvenus. Il faut mettre fin à cette dualité : le gouvernant qui méprise le peuple, et le peuple qui tourne le dos aux gouvernants en démissionnant.

Que faire en cas d’échec : Je n’envisage pas d’échec, la réussite doit être au rendez-vous pour réaliser la rupture que revendique le peuple. Je compte sur la jeunesse et je l’invite à ne pas avoir peur des intimidations et de la fraude. Si le peuple se mobilise pour voter et surveiller les bureaux de vote, ils ne peuvent pratiquer la fraude massive et confisquer le résultat des urnes ou le nier. Il faut assumer le sacrifice pour des élections transparentes, car l’urne est aujourd’hui la voie et la garantie de l’avenir de nos enfants et le devenir de notre patrie. J’appelle donc à une mobilisation de tous. Nous connaissons la nature de ce régime et la peur le fera reculer lorsqu’il voit que les Algériens sont prêts à défendre leur choix et à faire valoir le résultat des urnes. La balle n’est plus dans le camp du régime, ni dans celui d’un individu, mais dans celui du peuple qui doit prendre l’initiative et s’emparer de l’opportunité historique de se libérer et de devenir maitre de son destin. Que le peuple et la jeunesse assument leurs responsabilités historiques.

Face à la mobilisation populaire, le parti de la minorité ne peut rien oser, ne peut rien faire. Il est contraint de reculer, de se dérober et de perdre la partie. Les 10% ne peuvent ni terroriser ni vaincre les 90%. Hier ils n’ont pas autorisé la manifestation par amour et égard du peuple, mais par contrainte devant la déferlante populaire qu’ils ne peuvent plus arrêter. Ils sentent le Tsunami s’approcher. La manifestation du 22 février est une leçon de civisme et de responsabilité qui ne laisse personne insensible en Algérie et à l’Etranger. L’Algérien a montré sa grandeur d’homme civilisé, son sens des responsabilités et son esprit de dévouement. Ce peuple est capable de faire des miracles, alors arrêtez de le mépriser et de le maintenir dans l’exclusion. La France connait la valeur du peuple algérien et elle sait qu’il est capable de soulever des montagnes lorsque l’histoire exige de lui des sacrifices qu’il donne sans compter. Les Algériens après l’humiliation endurée se sont soulevés et ont assombri le visage de la France contrainte à la fuite.

Les signatures : Malgré la guerre menée contre moi, ma famille, mes proches et ceux qui m’ont soutenu, j’ai obtenu les signatures qui valident ma candidature et je peux donc les affronter sans peur. Les intimidations, les blocages bureaucratiques, les diversions n’ont pas pu me bloquer, c’est donc la première victoire avant la bataille ultime qui nous donnera à moi et au peuple algérien le triomphe pour libérer et édifier la patrie. Le peuple algérien est connu pour son entêtement et lorsqu’il s’entête il entre dans l’arène du combat et livre bataille avec âpreté et détermination pour gagner sans compter les coups et les sacrifices.

Le système : Le système on peut le définir d’une manière scientifique ou l’appréhender selon le sens commun que le peuple lui donne. Le système qui cesse de produire les conditions de sa propre reconduction (reproduction) est un système fini. Toute organisation inapte à garantir les moyens de sa survie est condamnée à disparaître.

Le système algérien, tel que nous l’avons connu, avait, comme tous les systèmes dans le monde, des règles, une idéologie et des acteurs, il disposait aussi d’attributs, de prérogatives et de données, il bénéficiait de cadre organique et de modes de gestion et d’administration, il planifiait des objectifs et définissait un cadre d’orientation, il avait recours à son code de déontologie, il était en phase avec ses input et ses output, il était en prise sur les facteurs internes et externes de son environnement. Indépendamment de notre jugement de valeur favorable ou défavorable, ce système fonctionnait et parvenait à garantir sa survie et à assurer sa reproduction. Il avait sa cohérence et sa logique que nous pouvons ne pas partager, mais il était présent et relativement efficace rendant difficile sa remise en cause ou sa contestation. Cependant ce système pouvait être soumis à l’étude, faire l’objet d’une évaluation et permettre à l’observateur interne ou externe de voir sa trajectoire, d’anticiper sur son devenir et d’entrevoir ses objectifs ou ses cibles. Maintenant c’est fini. Le système actuel est inerte depuis 20 ans.

Depuis 2014, l’inertie et la fin étaient visibles au commun et à l’expert, mais ce système est devenu opaque, stérile et incapable de se renouveler ou d’assurer les conditions de sa survie. Le plus grave c’est que ceux-là même qui étaient incapables de voir et d’annoncer sa fin et de chercher le salut par d’autres formes d’organisation, d’autres acteurs et d’autres idées continuent à réclamer de la pérennité contre le bon sens et contre la marche implacable de l’histoire. Ils veulent conserver le pouvoir alors qu’ils ont perdu les attributs qui font un système ainsi que l’idée et l’organisation qui le régénèrent ou le transforment et l’adaptent au nouvel environnement. Incapable d’assurer sa survie le système entre en crise d’existence. Parfois, faute d’idées et de conditions objectives, le système malade crée des crises pour faire diversion ou pour faire des blocages afin de demeurer au pouvoir alors qu’il n’est plus en situation de gouverner mettant cette fois ci en péril l’existence d’autrui pour donner l’illusion qu’il n’est pas en péril. Il y a un consensus scientifique dans les sciences politiques et sociales pour dire qu’on ne change pas de système par l’adoption d’un autre système en changeant les apparences, ou le discours ou les hommes.

Le changement de système est objectivement inévitable même si cela provoque une crise de coexistence à court ou moyen terme par les interférences entre les partisans du changement et les partisans du statu quo à l’intérieur du système finissant. Rester sans alternative de changement est mortifère pour tout système qui ne produit pas les conditions de son changement, de son évolution ou de son adaptation aux nouvelles données sociales et historiques. La crise algérienne est une crise du système dans le sens où l’Algérie a brisé l’ancien système sans donner naissance à un nouveau système générant ainsi une crise multiformes et étendue. Il n’y a pas d’Etat ou de nation humaine à travers la longue marche de l’humanité qui a émergé ou qui s’est maintenu sans système qui donne vocation, sens, orientation et idéologie. Il ne faut pas comprendre le système comme une donnée subjective ou péjorative, mais comme une réalité qui ne peut exister que dans un cadre, vivant fonctionnel, logique, cohérent et efficace abstraction faite de notre adhésion ou non à ce système. En Algérie le système a pris une dénotation négative, repoussante, car il a mal fonctionné et il n’a pas été changé.

La rupture c’est rompre avec ce système obsolète et mettre en place un autre système avec d’autres acteurs, un autre mode de fonctionnement, une nouvelle idéologie, un autre cadre d’orientation, une cohérence et une logique mieux adaptées à notre cadre d’existence. Le nouveau système a pour socle des mots à qui il faut donner un contenu vivant et un cadre efficace : Démocratie, Citoyenneté, Liberté individuelle, Droits de l’Homme.

La langue amazigh : Pas de surenchères idéologiques ou culturelles. Nous pouvons faire des erreurs et opposer la berbérité à l’Islam ou opposer d’autres aspects de l’identité algérienne. L’Algérianité est une et indivisible : berbérité, islamité et arabité. C’est plus qu’un dénominateur commun, c’est le socle de notre existence, c’est le fondement de la Nation algérienne. Personne n’a le droit de marchander, d’exercer un monopole ou de détruire ce que le peuple algérien considère comme étant ses fondamentaux. L’identité nationale n’est pas un produit marchand négociable, c’est un principe sacré inviolable. Nous sommes des Berbères que l’Islam a arabisés. Point final ! Évitons le sectarisme et l’exclusive. Cultivons ces traits d’union et refusons la désunion et le séparatisme. Sur ce point nous ne devons permettre ni la Ligue arabe ni à autre entité de faire irruption dans notre champ identitaire et fixer ses préférences ou nous imposer une ligne idéologique contraire à ce qui fait notre unité.

La diplomatie algérienne : Il nous faut être logique et cohérent dans nos attitudes et notre raisonnement. Faire partie de la Ligue arabe ne veut pas dire divorce avec notre berbérité. Se revendiquer de l’Africanité ne veut pas dire rompre avec notre cadre méditerranéen. Nous devons refuser la logique de l’exclusion et de l’isolement autarcique. Nous devons être présent là où notre présence est forte, respectable et utile sans concession sur nos principes, nos valeurs et notre identité nationale. Nous devons chercher la coopération et la complémentarité dans des cercles concentriques plus étendus dans lesquels nous devons nous déployer avec efficacité et intelligence. L’Algérie est ici avec le Maghreb et l’Afrique. Si le Pentagone américain a décidé de nous classe sur le plan géostratégique dans la zone du Moyen-Orient et nous situer sur ses cartes dans cette zone pourquoi alors nous exclure de ce que la réalité géographique et historique nous impose ? Ce serait insensé de considérer notre environnement naturel sous un angle étroit ! La responsabilité c’est agir dans le sens de nos intérêts et de se déployer dans le sens de notre influence qui doit dépasser le cercle immédiat. Nous devons raisonner en termes stratégiques de Nation et d’État et ne pas nous confiner dans le sectarisme idéologique ou culturel ou sociogéographique. Là où nous devons être présent par devoir ou par nécessité nous devons l’être en position de force. Nul ne doit nous imposer son existence au détriment de la nôtre ou nous placer dans des strapontins en marge de l’histoire. Notre place est au premier rang. Les places ne se distribuent pas comme une aumône, mais s’arrachent comme la reconnaissance légitime d’un mérite ou une exigence vitale pour exister et influer sur notre environnement maghrébin, africain et international. Pour occuper la place et le rang que nous méritons nous devons avoir un rempart national solide, ce rempart est la démocratie conjuguée à l’unisson gouvernants-gouvernés. Lorsque le peuple donne la légitimité à ses gouvernants sans peur, alors ils peuvent jouer leur rôle sans faiblesse. Avec des arrières fragiles et démobilisés, le front de lutte ne peut conserver un axe de résistance ni tenir une ligne d’offensive. La force est économique, sociale, politique et culturelle avec une fierté identitaire. Ce sont les facteurs de force qui vont imposer le respect et la considération.

Le Conseil constitutionnel : nous avons des convictions républicaines et démocratiques et nous voulons la promotion des institutions d’un Etat de droit, aussi nous espérons que l’actuel Conseil se hisse au niveau des attendus du peuple ; qu’il s’élève au-dessus des luttes partisanes et claniques ; et ne servir que l’Algérie. Sinon cela va conduire à une catastrophe dont les conséquences seront désastreuses.

Le consensus avec les partis politiques d’opposition : Ces partis ont leur cadre organique, leur mode de fonctionnement et leur politique politicienne que je ne partage pas. Je suis candidat indépendant et partisan de la rupture totale sans concession ni compromission. J’appartiens au peuple algérien et je revendique la souveraineté de ce peuple.

La justice

وإِنَّمَـا الأُمَـمُ الأَخْـلاقُ مَا بَقِيَـتْ***فَـإِنْ هُمُ ذَهَبَـتْ أَخْـلاقُهُمْ ذَهَبُـوا ( أحمد شوقي )

Les nations perdurent tant que perdure leur éthique.
Lorsque l’éthique disparait, les nations disparaissent.

Tant que la justice est rendue avec équité et impartialité une Nation peut être sauvée, mais lorsque la justice disparaît c’est l’anéantissement des Nations.

Nous sommes en principe tous innocents jusqu’à preuve du contraire, mais nous devons être tous potentiellement justiciables sans exception, personne ne doit donc être au-dessus des lois et à l’abri par l’impunité. La Justice doit être impartiale, équitable et exécutable pour tous les Algériens. Ce devoir de justice passe par l’indépendance de la Justice par rapport au pouvoir politique et par rapport à l’Exécutif. C’est la nouvelle Constitution débattue et adoptée par le peuple qui donnera les mécanismes et les garanties d’une Justice indépendante. Tout ce chantier de séparation des pouvoirs et de rééquilibrage des pouvoirs fait partie de l’édifice constitutionnel à reconstruire par la participation effective du peuple et par l’exercice plein de sa souveraineté. Ce que le peuple décidera sera !

Omar Mazri

Algérie Rupture

ÉTUDIANTS ALGÉRIENS VOUS AVEZ HONORÉ LA MÉMOIRE DE NOS MARTYRS.

Étudiants algériens vous êtes vivants et en bonne santé mentale. Que Dieu vous garde et éclaire votre lucidité. Que Dieu guide vos pas et raffermit votre détermination.

Vous avez mis à nu l’impotence de ce système, vous avez défié la peur qu’il vous inspire, vous avez rejeté la rente qu’il vous propose. Gardez intact votre vigilance et soyez mobilisés et unis pour la RUPTURE avec le système maffieux. Ce système cultive les clivages idéologiques, entretient l’esprit de clan, le régionalisme et le mépris des libertés individuelles. La pourriture est l’œuvre de Satan et de ses liges. Ils ont perdu la bataille. Ils vont être mis en déroute par la terreur qu’ils s’inspirent et qu’ils ont cultivé. L’Algérie sera enfin apaisée et réconciliée. Elle pourra se remettre au travail et récompenser dignement les méritants.

La rupture est proche inchaallah et chacun de vous apportera sa contribution à l’édification d’une République comprise au sens étymologique de chose publique, d’une Démocratie où chacun exerce ses responsabilités sans peur des blâmes ou de l’exclusion, à la réhabilitation de l’Islam débarrassé des marabouts qui ont instrumentalisé la religion à des fins politiciennes. Avec ces trois principes fédérateurs, vous pouvez vivre libres et prospères. Vous mettrez fin à l’incompétence, à la médiocrité et au sous-développement intellectuel et scientifique.

Par vous et pour le bénéfice de tous les Algériens, l’université algérienne produira ses idées, son argent et ses élites en autonomie. Elle produira ses méthodes pédagogiques, elle réalisera ses outils didactiques, elle maitrisera ses langues de communication, elle formera son encadrement politique et économique, elle enfantera des génies dans les arts, la philosophie, les techniques et les sciences. Elle édifiera des Académies et produira des lauréats de niveau international.

Elle fera de l’Islam un élan libérateur, cultivateur et civilisateur en faisant tomber les idoles, les fétiches et les totems.

Elle conjuguera l’Algérianité avec la Démocratie, la République, la Culture, le Progrès, la Modernisation, l’amour de la Patrie et le respect de l’Algérien.

Vous ne devez plus verser du sang et des larmes pour les traitres qui nous ont gouvernés. Vous serez une offrande de sueur, de raison et de spiritualité pour bénir la patrie amplement arrosée du sang de nos martyrs.

Accomplissez votre devoir de conscience et assumez vos responsabilités historiques. La rupture est en marche, plus rien ne peut stopper l’élan populaire. Ce que notre génération n’a pas pu faire vous le réaliser.

Vous êtes l’avant-garde de la liberté et de l’innovation.

Omar Mazri

Algérie RUPTURE

OUYAHIA, LA BUREAUCRATIE ET LA RENTE CONTRE LE CHANGEMENT

Nous n’allons pas gloser (critiquer ou commenter de manière malveillante quelqu’un ou sa conduite) sur l’appel et le soutien de Ouyahia à la candidature d’un homme, aussi historique ou noble qu’on veuille ou qu’on puisse l’admettre, frappé à l’évidence d’incapacité à gouverner par l’âge, la maladie et le cumul anticonstitutionnel des mandats. Nous allons être brefs et souligner la mauvaise gouvernance de l’exécutif algérien sur un dossier pris au hasard. Par exemple le dossier des importations.

La manne financière étant tributaire du cours des hydrocarbures, l’exécutif faute de politique économique et de compétence à réformer, ajuste les transactions internationales par décision administrative, sans prise réelle et compétence sur les lois de l’économie et du marché. Une fois, on ouvre le robinet des importations, une autre fois on le ferme, administrant les pénuries et les rentes, continuant les politiques qui ont conduit à la dépréciation de la monnaie algérienne, au marasme économique et à l’achat de la paix sociale par corruption déguisée.

Les partisans de l’économie administrée et de la rente ne peuvent opérer une rupture avec la mentalité de monopole et de tutelle sur la pensée et la pratique sociale, politique et économique.

Dans une économie de marché, de transparence des prix et de régularité des transactions, l’importateur est un agent économique qui agit dans le cadre suivant :

  • Prise de risque
  • Concurrence
  • Esprit d’entreprise
  • Gains et rémunérations en contrepartie de l’effort réel (productivité du travail et valeur réelle produite par l’activité compétente du commerçant, de l’importateur, du distributeur qui se font payer leur prestation effective et leur compétence réelle sur le marché d’échange des biens et des services
  • Transparence et vérité des prix
  • Absence de Dol et de fardage
  • Toute sanction doit être prononcée par un juge et relever du code du commerce
  • Toute autorisation doit être accordée par le tribunal de commerce et conformément aux lois et règlements
  • Tout financement doit se faire sur les fonds propres du commerçant qui peut disposer de crédits bancaires ou de crédits fournisseurs. Les organes bancaires, normalement, vérifient la solvabilité, la transparence et la légalité de leurs clients.
  • S’acquitter des taxes douanières et des impôts.

L’Etat moderne n’est ni épicier, ni comptoir commercial ni administrateur des transactions : il met le cadre juridique et fait contrôler par des agents assermentés la fraude, la qualité et les prix, et bien entendu, il régule par la fiscalité et la redistribution des revenus afin de relancer la production nationale et protéger les faibles revenus.

Au lieu de limiter les importations à 800 produits, un gouvernant responsable et compétent, en rupture avec la rente et les privilèges occultes, aurait ouvert le marché à tous les Algériens pour instaurer une véritable concurrence, donner légitimité à l’appropriation et à l’enrichissement par la légalité, la non exclusivité et le refus d’exclusive ou d’exclusion.

Bien entendu, les mesures de relance de l’économie nationale ne sont pas prises. Bien entendu, on continue de pratiquer la rente de l’emploi jeune, gaspilleur d’argent et incitateur à la paresse et aux combines. Les gisements d’emploi en termes de coopératives et avec des microcrédits pour rendre fluide, concurrentiel et efficace les circuits de distribution ne sont jamais étudiés et favorisés. On préfère administrer l’économie, protéger les « milieux d’affaires » issus de la pénurie et adossés au non droit et aux clans « boulitiques ». Dans la même voie d’inepties économiques, financières, juridiques et commerciales, on laisse le marché aux mains de l’économie informelle et des monopoles. A titre d’exemple, et cela n’existe qu’en Algérie, à la Foire internationale d’Alger, vous ne trouvez aucune maison mère étrangère, mais des distributeurs algériens. Le comble de l’ironie, c’est que vous trouvez des grandes marques étrangères présentes sur trois ou quatre stands, comme si la culture occidentale est de se mettre en rivalité avec soi-même.

Chaque algérien devrait avoir le droit et les moyens de réaliser une ambition commerciale et économique s’il a les compétences requises et s’il œuvre dans la transparence et la concurrence.

On peut faire appel à Bouteflika pour un millième mandat et une millième rente, la réalité ne peut être masquée : aucun concessionnaire sérieux qui met son argent, son organisation et son savoir-faire dans une activité commerciale n’est réellement présent en Algérie pour exercer son métier comme il le fait en Europe ou aux Etats-Unis. Il accepte de présenter une vitrine qui ne sied pas à son image de marque et de cautionner des « dépositaires et des distributeurs » pourvu qu’il prenne une part de la rente. Il faut juste voir le marché de l’automobile et l’industrie mécanique. En 1962 Berliet, Citroën et Renault produisait des véhicules ; dans les années 70 et 80 SONACOME produisait des engrenages mécaniques complexes, de pièces de forge et remportait le prix Paris Dakar sur le camion en projet de fabrication nationale avec un partenariat allemand. Nous sommes revenus à la situation précoloniale…

La rente et l’intimidation ont transformé les organisations syndicales en grandes muettes. Les professeurs d’université, les imams, les médecins n’élèvent la voix que pour demander des avantages matériels. Les conditions sanitaires, pédagogiques et sociales du peuple sont méprisées et occultées. Voilà le système réalisé par la bureaucratie algérienne. Ils nous ont inculqué la culture de la préférence étrangère. Les éveillés doivent voir comment les pays démocratiques soutiennent les soulèvements contre les élections. Ils ne doivent pas perdre de vue que ces pays sont les parrains de nos élites, les corrupteurs de notre économie et les artisans du désordre mondial et que cela est en train de se retourner contre eux, dans leurs propres pays. Nos élites ont peur, parce qu’ils ressentent comme des reptiliens qu’il n’y a plus de refuge pour eux. Contrer les forces occultes, des forces sont en train d’agir et saper ce qui met en péril le devenir de l’humain.

Ouyahia ne nous affiche pas son soutien à Bouteflika et son refus de la rupture pour des raisons que personne n’ignore et que la décence doit taire, mais il annonce l’effondrement de l’Algérie. Imbu de leur suffisance et de leur incompétence, ils ne parviennent pas à voir qu’ils sont la risée du monde et qu’ils vont entrer dans le néant où il n’y a pas de retour en arrière. On peut mourir et ressusciter (dans cette vie après un coma ou dans l’autre vie après le Hashr), mais l’anéantissement (Al Halak) c’est l’exclusion totale et définitive de l’existence…

L’effondrement ne doit pas faire peur, car le peuple algérien n’est pas condamné par une fatalité absurde à devenir néant à cause des insensés qui le gouvernent. Il a survécu au colonialisme et à la décennie rouge et noire, il peut résister à d’autres catastrophes. Ceux qui seront sacrifiés seront portés au compte des pertes et profits de l’Histoire, les autres relèveront les défis historiques s’ils ne veulent pas rejoindre le déchet humain (al Wahn).

Le candidat de la rupture ne doit pas se contenter de dire que la crise est politique, car les dictatures économiques, culturelles et sociales sont plus perverses et plus durables. L’économique et la justice (sociale et judiciaire) doivent être remis à l’ordre du jour sur le plan pédagogique et sur le plan de l’engagement politique. Pour l’instant et depuis l’indépendance, l’économique est sous la tutelle de l’administration : cette pratique est le summum de l’arbitraire et de l’oppression. Boumediene a certes construit des usines et réalisé des plans quinquennaux, mais il a détruit l’homme. Al Mounadil de 1954 s’est transformé en vassal de 1967, les organes militaires, judiciaires et sécuritaires se sont transformés en instruments de domination et en agents du pouvoir. L’ANP a été expurgée de son encadrement et de sa doctrine ALN. Le FLN est devenu un appareil d’applaudissement et d’opportunisme.  Les structures qu’il a laissées ont fait émerger des appareils administratifs à la française et un jacobinisme bureaucratique qui ont écrasé le peuple algérien, lui confisquant ses libertés et son esprit d’initiative. L’Algérien non seulement n’est pas allé au paradis le ventre repu, mais il a oublié l’idée même de paradis. On ne peut pas construire l’Algérie sans les Algériens, ni la liberté sans la libération, ni le progrès sans effort laborieux récompensé. Les « Industries industrialisantes » du français De Bernis restaient une importation. Un peuple qui aspire à la pérennité et à la civilisation doit pouvoir produire et exporter ses idées. La meilleure idée que nous pouvions exporter et faire rayonner dans le monde était le capital de sympathie pour la Révolution algérienne. Nous lui avons préféré la clé en mains et la préférence étrangère qui a permis l’émergence de ces élites calamiteuses. L’Algérie avait besoin de militants de la cause nationale, on lui a donné les Énarques à l’image de l’ENA française qui savent réciter les formalises appris dans les écoles, mais incapables de formaliser une solution ou de tenir un engagement.

Une élection n’est donc pas la garantie nécessaire et suffisante pour mettre fin à l’arbitraire et à l’oppression. Il faut changer ce qui est en l’état d’un peuple pour que Dieu change la situation d’un peuple. Les gens aiment des recettes toutes faites pour le changement alors que celui-ci est d’abord un changement de paradigme, c’est à dire un changement dans la représentation du monde, une manière de voir les choses différemment, un modèle de comportement différent. Il ne s’agit pas d’une formule magique, mais de la capacité de penser, de débattre. Il ne s’agit pas de débattre en politicien ou confiné au politique, mais de débattre sur tout et quitter sa zone de confort intellectuel. La Renaissance européenne s’est faite sur une accumulation d’idées dans les arts, la philosophie, les savoirs. La Nahda musulmane n’a pas pu aboutir, car elle n’a fait que plagier le modèle occidental sans disposer de la quête de liberté de l’Occident et du désir de progrès. Elle ne pouvait qu’être un avortement idéologique et méthodologique, car elle ne s’est pas libérée des schémas mentaux de la décadence musulmane. L’action politique ou partisane n’est que l’étincelle d’une bougie d’allumage, mais l’ambiance sociale, culturelle, philosophique est le moteur du changement. L’ambiance sociale ou ontologique qui édifie le changement est complexe : changer la manière, la finalité et les méthodes de Croire, Savoir, Désirer, Pouvoir,Vouloir, Devoir et Agir. C’est ainsi que nous pouvons opérer une rupture avec nos limites, nos peurs et nos faiblesses et libérer une dynamique nietzschéenne : « Sortir du désespoir le plus profond, l’espoir le plus indicible »….

Le système en place, se découvre sans masques et il fait de l’élection d’Avril 2019 un événement historique majeur, car il panique faute de candidat et surtout faute d’idées et de probité. Comme al manchar, talegh yakoul wa yahgar, habet yakoul wa yahgar jusqu’à ne plus trouver de branches à scier et de rentes à distribuer.

Il faut bien qu’un jour on puisse avoir le comportement des gens normaux : travailler et rendre des comptes.  Nous avons trop souffert du culte de la personnalité et des rentiers. Cela ne peut plus continuer.

Il faut entamer la rupture la plus profonde. Cette rupture doit se faire non seulement en matière de programme politique, mais en termes d’idées et de symboles. Il faut avoir l’audace de rompre avec le discours du système et ses mots galvaudés. Heybat Ad Doula, l’autorité de L’État, n’est pas l’État, mais le régime de répression et de terreur que les « Janvieristes » et les partisans de l’alignement idéologique et sécuritaire sur la lutte antiterroriste menée par l’OTAN contre les peuples pour les intimider, les faire entrer de force dans l’ordre mondial et détruire ce qui restait de règlements sociaux, politiques et économiques en faveur des plus faibles. L’Etat n’est pas une affaire d’autorité, mais de compétence socialement reconnue c’est à dire de légitimité. Cette légitimité ne sera jamais remise en cause lorsque la Justice exerce ses prérogatives en toute équité, sans laisser quiconque sous l’impunité ou sous l’abus de pouvoir. Pour rompre avec Bouteflika, Nezzar, Sellal et Ouyahia, il faut rompre avec leur argumentaire et donner un sens aux mots. Du sens des mots non seulement dépend la liberté, mais la justice, voire l’existence… De nos objectifs et de leur noblesse dépend le salut. Il nous faut de grands desseins :

« Le plus grand danger pour la plupart d’entre nous n’est pas que notre but soit trop élevé et que nous le manquions, mais qu’il soit trop bas et que nous l’atteignons. » – Michel-Ange

En observation, je note que le Général en retraite Ali Ghediri vient de déclarer son patrimoine. C’est un acte de transparence qui mérite d’être souligné et qui confirme une fois de plus ce que j’ai toujours défendu dans mes écrits : l’ANP dispose de cadres intègres et leur intégrité témoigne que le pouvoir réel est ailleurs. La confusion entretenue sur l’ANP doit être levée et bien entendu cet éclaircissement va déranger les tenants de la rente et de l’effondrement qui agissent et communiquent pour qu’aucune institution et aucun homme intègre ne puissent s’élever au-dessus des décombres pour dire sa vérité et éclairer le chemin de la reconstruction.

OMAR MAZRI

YOUSSEF LA RUPTURE AVEC LA SÉDUCTION ET LA TRAHISON, ET LA COMPÉTENCE À ÊTRE UTILE

Devant le consensus fragile et éphémère, l’Etranger exige une plateforme politique comme une astuce institutionnelle pour réformer la Constitution et placer un « vivant » aux commandes du pays sans élections ni légitimité afin de poursuivre la prédation et la rente et le système qui les alimente et les sauvegarde. Cette plateforme a autant de chances de donner des fruits que le régime à se réformer. Il ne s’agit pas d’une opinion politique, mais d’une analyse à la lumière des principes universels d’émancipation des peuples et d’édification des civilisations ou de leur effondrement et disparition. Ici nous sommes en présence d’un anéantissement, car les facteurs négatifs et nuisibles sont plus nombreux que les facteurs positifs et bénéfiques.

Prenons l’exemple sur une loi mise en exergue dans le récit coranique sur Youssef et l’obligation donnée aux hommes d’en tirer enseignement (عبرة  ‘Ibra ou passerelle de sens) non sur le plan religieux, mais sur le plan civilisationnel et eschatologique c’est-à-dire sur le salut ici-bas et là-bas. Cette loi s’énonce ainsi :

« Le Dhalem ne fructifiera pas… Le juste ne perdra pas les fruits de son labeur. »

Le Juste qui va modifier le cours de l’histoire ne s’improvise pas en quelques semaines. Il est une semence en maturation. Il est préparé à intervenir sans fracas et sans escroquerie pour modifier le cours de l’Histoire au profit des Hommes :

{Nous lui donnâmes la Hikma et le Savoir. De cette façon Nous récompensons ceux qui font le bien.}Coran 12-22

C’est plus qu’un projet politique, une réforme constitutionnelle, un Etat-nation, un soutien populaire ou un rang au sein de l’élite.

Ce n’est pas une hikma (حكمة) comprise comme sagesse, mais une disposition cultivée qui donne la compétence de résoudre les problèmes (de décider, d’arbitrer, de discerner) pour promouvoir une civilisation, sinon la restaurer lorsque la question de son devenir et de son salut se pose sur le plan existentiel. Nous sommes sur le plan de la vertu et de la probité qui rendent la compétence au changement un virtuel c’est-à-dire un réel en potentiel que le temps va actualiser et concrétiser lorsque les conditions sont réunies.

Le Ilm (علم) n’est pas la science qui consiste à connaitre les moyens techniques, les processus d’un phénomène ou les formalismes profanes ou religieux, mais le Savoir et la haute intuition par lesquels on perçoit lucidement la réalité, la conscience par laquelle on accède à la vérité qui donne les principes, la vision par laquelle on voit à l’horizon le devenir qui donne l’élan, enfin le sens des finalités qui procure la motivation et la constance. L’aptitude à réaliser le changement est donc une vocation civilisatrice, du moins réformatrice. Cette aptitude, cultivée par l’éducation et un sens aigu des responsabilités, peut ne demeurer qu’un germe en hivernation ou devenir une véritable compétence si elle venait à être reconnue socialement. C’est l’aptitude d’être socialement utile conjuguée à la reconnaissance sociale qui donne la légitimité sur laquelle vont se fédérer les légitimités auxiliaires : territoriales, historiques, économiques, culturelles, religieuses et intellectuelles…

Chez nous, on fait le contraire du civilisé et du civilisateur : on place les impostures, les usurpations et les syllogismes fallacieux et on les incarne dans des personnages de circonstance puis on les accrédite d’une légitimité par la force des armes, des médias, des rentes et de la validation étrangère.

Chaque jour que Dieu fait, chaque projet, chaque dépense, chaque réalisation et toute conscience vive témoignent de cette loi universelle :

 

إِنَّهُ لَا يُفْلِحُ الظَّالِمُونَ 12 -23

« Les Dhalimouns ne fructifieront jamais…

Le Dholm (ظلم) ce n’est pas seulement faire preuve d’injustice ou de manquer d’équité dans l’application du droit (constitutionnel, administratif, pénal, fiscal, travail, douanier…) et le respect des lois.

الــظلم: وضع الشيء في غير موضعه، وفي الشريعة: عبارة عن التعدي عن الحق إلى الباطل، وهو الجور، وقيل: هو التصرف في ملك الغير ومجاوزة الحد.

Le Dholm (ظلم): mettre la chose à son mauvais endroit, porter atteinte à la vérité, violer les droits d’autrui, mentir, manipuler, s’accaparer les biens d’autrui, nuire à la dignité humaine, transgresser les limites éthiques et substituer la laideur à la beauté, le nuisible à l’utile, la médiocrité à l’intelligence.

Le Dholm (ظلم), c’est donc  mettre les choses et les hommes dans les places qu’ils ne méritent pas, de donner des significations fausses, d’avoir des représentations mentales erronées, de mal distinguer la réalité de la fiction, de confondre la vérité et le mensonge.  Le Dholm (ظلم), c’est aussi l’outrance et l’exagération par lesquelles on heurte la sensibilité des braves gens, on gaspille les ressources et on rend stériles les forces productives et les idées créatives. Tous les mécanismes et toutes les pratiques qui fabriquent la dictature sociale, politique, économique, culturelle, idéologique, religieuse. Toute forme de dictature est une aliénation de la liberté humaine et une atteinte à son droit naturel, celui de la différence et de la diversité. Le monopole, l’exclusive et l’exclusivité sont les formes les plus abouties du Dholm, car elles engendrent la tyrannie.

Le faux témoignage est sans doute le pire des Dholms après le crime. Sur le plan des principes (universels), le faux témoignage non seulement est punissable par la loi par l’emprisonnement et les amendes, mais par la déchéance de la personnalité juridique qui fonde un citoyen ou un sujet dans un Etat – gouvernant ou gouverné, administré ou administrateur. Toutes les Révélations excluent le parjure de la vie sociale, juridique et économique : Dans cette existence, il n’a pas le droit de témoigner ou d’être mandaté, dans l’autre existence, il n’a pas la possibilité de racheter ses péchés. La plus grande puissance « démocratique » du monde, l’Etat-onusien, peut pardonner les fautes vénales, mais ne pardonnent pas le parjure. L’Algérie est une grande supercherie et une grande trahison, elle n’a pas de problème de conscience.

Le summum du faux témoignage en matière de foi et de croyance, c’est bien entendu d’adorer une divinité autre que Dieu, de donner à Dieu un émule, de lui attribuer des attributs anthropomorphiques : c’est le Dholm.

Le summum du faux témoignage en matière idéologique, politique et culturelle, c’est promouvoir des valeurs opposées aux principes universels permettant ainsi de parer le mensonge comme s’il était vérité, le vice comme s’il était vertu, la transgression comme si elle était légale. Dans cette manipulation le vrai, l’utile, le réel, le beau et le juste sont présentés comme des monstruosités, des humiliations… Comme c’est vilain.

إِنَّهُ لَا يُفْلِحُ الظَّالِمُونَ 12 -23

Certes, les Dhalimouns ne fructifieront jamais

L’affirmation de ce principe, non comme verbe sermonneur dans un prêche pour endormis ou une narrative fascinante lors d’un meeting électoral à bestiaux en quête du festif (Zerda et Tamina), mais comme conscience vive, qui frappe à la porte du destin comme les coups de la 5ème symphonie de Beethoven qui parvient « au royaume spirituel de l’infini » en sortant de « l’ombre de l’anonymat à la célébrité universelle ». Ce n’est qu’après avoir suscité la curiosité intellectuelle, artistique, sociale et culturelle que l’œuvre est parvenue à s’inscrire dans l’histoire des hommes et dans le sommet du gout esthétique. L’interrogation ou la curiosité est la première étape du changement, l’annonce que la conscience se recueille dans l’attention qu’elle porte à ses problèmes et dans l’attente de la réalisation du projet qu’elle fait émerger.  Sans cette conscience et le temps de maturation, la célébrité sera une imposture, un éphémère, une autre catastrophe. Sans la rencontre entre les conditions matérielles dont le savoir-faire et les conditions morales dont la vertu et la justesse, il n’y a ni talent ni changement ni créativité.

Youssef a été jeté dans l’ombre des geôles pour un principe : ne pas trahir celui qui lui a donné asile en succombant aux tentations de la belle éprise de lui d’un fol amour et pour laquelle il éprouvait un penchant. Le récit est authentique, mais sa portée est symbolique, il s’agit moins d’afficher une vertu sur le plan de la morale sexuelle que de prendre position contre la traitrise et la trahison au prix de sa vie et de sa liberté.

Quel est le coût de la confiance ? Quel est le prix de la forfaiture ? Quelle comparaison entre la séduction d’une belle et la convoitise prédatrice d’un pays ? Quel rapport entre la trahison d’un homme et la trahison envers un peuple, une nation ou une guerre de libération ?

Le récit de Youssef et l’Histoire des hommes nous livrent leur contenu et leur étendue. Regardez les trottoirs et les poubelles des grandes villes, regardez les cités dortoirs, regardez les hôpitaux, regardez les manuels scolaires, regarder le drame des Haragas, regardez les loques humaines, regardez l’intérieur du pays, regardez les médiocres qui nous gouvernent et écoutez les moqueries des médias et des chancelleries occidentales pour savoir que le Falah est impossible pour ceux qui ont confisqué les libertés, qui ont rendu impossible le développement social et humain, qui ont dilapidé les ressources, qui ont rendu stérile la pensée et l’imagination de l’Algérie.

N’ayez pas peur de voir l’horreur de l’indépendance confisquée : les veuves de Chouhada devenant une armée de femmes de ménage, les filles algériennes amenées à la prostitution, les Moudjahidines ravalés au rangs de détenteur de licences de tenanciers de bars ou de taxi, les plus nantis détenteurs de licences d’importation. Les plus honnêtes sont jetés dans l’ombre de l’anonymat et de l’oubli. Le sang, les larmes et la sueur de la révolution algérienne ont été occultés et effacés. On a cultivé la haine du Harki et du Colon pour faire diversion sur l’administration indigène de type coloniale qui a pris le pouvoir en Algérie. Les véritables Harkis sont la manifestation de la machine infernale de la subversion psychologique, du colonialisme qui a créé les conditions de nécessité vitale à la trahison ou à l’engagement dans les rangs de l’armée française comme auxiliaires de répression des peuples ou de libération de la France. Lorsqu’on parle de Harkis, on doit voir le drame algérien dans son aspect le plus humiliant de la dignité humaine que le colonialisme a entrepris après qu’il ait affamé le peuple algérien et maintenu dans l’ignorance. On doit voir les menaces sur les familles de Harki comme une manœuvre visant à éviter les procès contre les colons et les Algériens ayant participé à l’effusion du sang des Algériens ; ces procès auraient dévoilé la nature des traitres et des opportunistes qui ont exclu les Algériens et donné la préférence aux étrangers.

J’invite les jeunes algériens à faire des recherches sur le douar Soustara (ex Cathena) entre Jijel et Skikda et voir ce que l’enclavement d’un territoire peut donner comme résultat. C’est ce que le sionisme tente de faire en transformant Gaza en une enclave coupée du reste du monde. Ceux qui nous gouvernent actuellement sont pires que le Hizb frança dont on peut comprendre les mobiles et les motivations. Il s’agit du Hizb du Chaytan qui vise la destruction de la moindre parcelle de lucidité, de bien et de bonté dans la personnalité humaine afin de le rabaisser au rang de bête tout en cultivant son ego pervers et narcissique.

Lisez avec des yeux de vivants le récit, ne fantasmez pas sur le nom du roi ou celui de la belle, ne vous focalisez pas sur la fornication et le sexe :

إِنَّهُ لَا يُفْلِحُ الظَّالِمُونَ 12 -23

Certes, les Dhalimouns ne fructifieront jamais

Imaginez toutes les formes d’oppression, de dictatures, de trahisons, de monopoles, de faux témoignages, de rentes dans le domaine ontologique, social, politique, économique, administratif, culturel. L’Algérie et l’incarnation de tous les fléaux et de tous les Dholms. Presque 60 ans d’indépendance et on se retrouve dans le même état de délabrement moral et social qui a donné socle au Wahn annoncé par le Prophète (saws) et à la colonisabilité de Malek Benabi.  Mouloud Hamrouche évoque le retour au 16ème siècle qui a consacré la décadence de l’Empire musulman. Je pense que notre décadence remonte beaucoup plus loin, nous sommes sur le plan anthropologique des fossiles humains sans vestiges archéologiques, c’est à dire des peuplades en quête de chefs et de clans se contentant d’errer sur un territoire trop grand pour notre ambition reptilienne. En 2019, nous n’avons toujours pas de langue nationale :  nous demeurons analphabètes trilingues.

Le sieur Chekib poursuivi pour corruption par ses comparses, ose étaler son ignorance politique et linguistique en proposant l’anglais comme langue nationale et les USA comme partenaire stratégique au lieu de la France. Plus vassal que ça tu meurs ! Ce sont des expressions de Dholm structurel : notre mentalité est focalisée sur des choses, des ambitions personnelles, des mythes qui font obstacle à l’élévation vers des notions abstraites éthérées et sublimes comme le Droit, la Liberté, la Justice, la Spiritualité, la Civilisation, l’Homme et son sens du beau, du vrai et du juste…

Après avoir passé en revue les formes et les symptômes du Dholm que nous voyons, examinons maintenant le terme sublime du Coran que les arabisants modernes et les pieux anciens occultent : Al Falah (الفلاح)

L’exégèse coranique le confine au sens mondain ou métaphysique :

أَفْلَحَ = يوم القيامة فازوا في الدنيا وسعدوا

Triomphe dans ce monde et récompense dans l’autre.

Cette explication est insuffisante tant sur le plan sémantique que sur le contexte du récit coranique. Les encyclopédies arabes font la différence entre le succès mondain, la réussite sociale et la prospérité économique qu’expriment les termes arabes Najah et Dhafr النجاح  الظفر.  Le Falah évoque davantage le salut contre l’anéantissement ici-bas et l’enfer là-bas, ainsi que la pérennité du bien et du bon contre l’instauration du mal et du mauvais :

البقاء على الخير والنجاة من الشر –  الْفَوْزُ وَالْبَقَاءُ وَالنَّجَاةُ

Le Falah, c’est plus que cultiver son environnement humain et social ainsi que se cultiver sur le plan ontologique pour se hisser au rang du juste et du vertueux utile à l’humanité. C’est s’engager dans la voie du bien avec détermination, y demeurer avec constance et âme égale dans l’attente de la promesse divine : sanction des manquements et récompense des méritants.

Pour une meilleure traduction du sens nous avons eu recours aux dictionnaires français et à l’analogie lexicale entre le verbe arabe AFLAHA et les verbes Labourer, Cultiver. Nous sommes agréablement pour rester dans les sens étymologiques les plus proches entre l’Arabe et le Latin :

الفلاّح للحارث، لما هو يفرق التراب عند الحرث  – يفلحون الأرض أي يسقونها

Labourer du verbe laborer c’est-à-dire faire effort, travailler… Faire des sillons dans la terre pour l’ensemencer…

Cultiver du verbe Cultivarer : Travailler la terre ou un champ pour lui faire produire des végétaux utiles aux besoins de l’homme, défricher, labourer, faire de l’agriculture. Prodiguer des soins à une plante en vue de favoriser sa venue puis de la faire pousser. Élever les espèces animales dans le milieu le plus favorable à leur croissance et à leur santé. Cultivarer signifie aussi –  en plus de « travailler » la terre –   « vénérer » une divinité et rendre culte à une idole ou à un dieu. Initialement le lieu de culte est le lieu des offrandes et des sacrifices en gratitude à la divinité pour l’abondance ainsi que des invocations pour repousser les malédictions (du verbe mal dire) et s’attirer les bénédictions (du verbe bien dire). L’effort physique, la pensée rationnelle et l’élan spirituel sont conjugués dans la pratique de la culture lorsqu’elle n’est pas comprise comme divertissement.

L’architecture lexicale a permis de forger dans les langues latines les significations suivantes : Entretenir et exploiter les qualités d’un être vivant à des fins utilitaires ou esthétiques.
Faire fructifier les dons naturels permettant de s’élever au-dessus de sa condition initiale et d’accéder individuellement ou collectivement à un état supérieur.

Mise en valeur du patrimoine et des arts : (s’)Éduquer, (s’)l’instruire, (s’) entourer de soins et de conseils en vue d’assurer le développement harmonieux et durable de la personnalité humaine.

Fructification des dons naturels permettant à l’homme de s’élever au-dessus de sa condition initiale et d’accéder individuellement ou collectivement à un état supérieur.

Réunir l’ensemble des moyens et des conditions mis en œuvre par l’homme pour augmenter ses connaissances, développer et améliorer les facultés de son esprit, notamment le jugement et le goût.

Travail assidu et méthodique (collectif ou individuel) qui tend à élever un être humain au-dessus de l’état de nature, à développer ses qualités, à pallier ses manques, à favoriser l’éclosion harmonieuse de sa personnalité.

Les Arabes, en rupture avec leur socle linguistique, ont pris le sens de Culture dans le sens de divertissement, de folklore ou d’activités « culturelles » en forgeant le néologisme Thakafa ( ثقفة),mouthaqaf pour désigner la culture (activité) et le cultivé (compris comme instruit). Ils ont oublié le sens et la valeur des mots dans leur effort mimétique de l’Occident dont ils voulaient importer les choses de la Modernité par leur Nahda sans l’esprit moderne occidental qui a fondé la Renaissance. Nous avons le verbe Aflaha et les substantifs Falah et Fellah. Le plus triste est que le terme forgé Thakafa est antinomique avec notre esprit tordu et nos pratiques malsaines et malveillantes. En effet le terme signifie faire l’effort de se redresser et de rester droit.

Ce ne sont pas les mots qui nous font défaut, c’est le sens de ces mots et la conscience qui leur donne contenu social, politique, institutionnel, juridique, esthétique et éthique… De la même manière que nous ignorons la différence entre le Ilm (le Savoir) et le Tha’lim (faire l’effort d’acquérir le savoir et la connaissance sur de longues années d’études et de recherche). Nous voulons le résultat sans l’effort qui va avec. Nous livrons nos enfants à des tuteurs pédagogiques sans que l’école publique ou privée ne dispose d’une véritable stratégie pédagogique qui fait apprendre à l’élève et à l’étudiant comment apprendre, c’est-à-dire comment acquérir ou développer sa propre stratégie d’apprentissage. Nous sommes des creux vides que les tuteurs remplissent de formalités et de chimères sans voie vers la virtualisation, c’est-à-dire la mise en puissance et en orbite des jeunes talents qui seront aptes à produire de la pensée ou à gouverner une fois qu’ils auront acquis la légitimité de la reconnaissance sociale.

Le Falah ne provient pas du verbe Falaha qui peut être un résultat soudain, limité, fortuit, mais du verbe Aflaha qui ne peut être qu’un processus structuré, progressif, pensé, soutenu et provenant d’un dur labeur qui ne donne ses fruits que si l’œuvre est agréé par son capital de bienfaisance, c’est-à-dire par son investissement social et sa compétence à produire de l’utile et du bénéfique pour les hommes, tous les hommes sans distinction. Cet effort ne peut aboutir que s’il est agréé par Dieu, par la justesse et la bienveillance des intentions qui l’ont présidé ainsi que par l’efficacité du travail qu’il a entrepris. Au nom de la loi du Falah qui gouverne l’univers, nous pouvons affirmer que l’effort et l’œuvre ne peuvent être validés lorsqu’ils sont pilotés par des fainéants, des corrompus, des indigents et des minables en quête de privilèges, de dérogations, de rentes et d’autres formes de Dholm….

Pour qu’il n’y ait aucune équivoque tant dans l’énoncé de l’antinomie entre le Dholm et le Falah que de leur véritable sens respectif ainsi que dans l’analyse objective de la situation algérienne sans esprit partisan, nous allons nous référer à l’énoncé coranique. La règle vérifiée et mise en pratique est que le Coran s’auto explique, le contexte de ses énoncés est une explicitation du sens des mots et des phrases :

{قَدْ أَفْلَحَ مَنْ زَكَّاهَا وَقَدْ خَابَ مَنْ دَسَّاهَا}

{فَمَنْ ثَقُلَتْ مَوَازِينُهُ فَأُولَئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ وَمَنْ خَفَّتْ مَوَازِينُهُ فَأُولَئِكَ الَّذِينَ خَسِرُوا أَنْفُسَهُمْ}

{قَدْ أَفْلَحَ الْمُؤْمِنُونَ الَّذِينَ هُمْ فِي صَلَاتِهِمْ خَاشِعُونَ}

{أُولَئِكَ هُمُ الْوَارِثُونَ الَّذِينَ يَرِثُونَ الْفِرْدَوْسَ هُمْ فِيهَا خَالِدُونَ}

A l’opposé du verbe AFlaha nous avons le verbe Khaba (خَابَ) signifiant :
Déconcerter, déranger des projets, empêcher leur réalisation
Perdre l’assurance de son jugement et être confus dans la conduite à tenir.
Voir ses efforts devenir vains et inutiles.
Se trouver déçus, frustrés, mis en échec d’une manière honteuse et humiliante et contre toute attente.

A l’opposé du Mouflih nous avons le khafat mawazinouhou ( خَفَّتْ مَوَازِينُهُ ) signifiant :
Inconsistant, sans valeur, sans poids, sans mérite, sans récompense.

L’arrogant, le transgresseur bruyant et l’outrancier ne peut être un partisan du Falah car il lui manque l’attribut essentiel de la culture : le Khouchou’ ( خشوع ) signifiant humilité, recueillement, concentration et contemplation pris dans le sens littéral d’entrée dans le Temple, celui de la ferveur spirituelle, de la quête de lumière, de la quête de vérité, de la proximité sociale avec les humbles.

La récompense du Mouflih qui conjugue le verbe cultiver à tous les temps et sur tous les registres de l’activité humaine est appelé à l’éternité heureuse de l’au-delà et à l’éternité de la mémoire humaine comme symbole du bien, du vrai et du juste selon l’autre loi divine :

{Ce qui est utile aux homme, demeure sur terre, mais l’écume est condamnée à disparaître}

Poursuivons l’analyse de quelques aspects sur la Sourate Youssef :

Le Mouflih (cultivé au sens de civilisé, cultivateur au sens de civilisateur) ne sollicite pas une faveur, il est sollicité pour le salut sinon pour la résolution des crises :

{” O Youssef, toi qui es véridique, dis-nous ce que signifient sept vaches grasses que dévorent sept vaches maigres, et sept épis verts et les autres desséchés afin que je puisse revenir vers ceux qui m’ont envoyé et ainsi pourront savoir ce qu’il en est. ”
Youssef  dit : ” Vous sèmerez de la façon habituelle durant sept années. Ce que vous aurez moissonné, laissez-le en épis, sauf le peu que vous consommerez.
Viendront ensuite sept années arides, qui mangeront les provisions faites dans leur attente, laissant subsister une petite partie de vos réserves.
Puis viendra une année durant laquelle les gens recevront une pluie abondante et se rendront au pressoir “.}

Il n’y a ni improvisation des hommes ni arbitraire du destin mais conjugaison des conditions morales (incarnées dans Youssef avec ses qualités de digne de confiance, de visionnaire, de véridique) avec les conditions matérielles (incarnées dans le gouvernant juste, disposant d’autorité légitime et surtout prévoyant et anticipant sur la crise qu’il a pressenti et dont il veut le règlement).

{Le roi dit : ” Amenez-moi Youssef ! Je vais l’attacher à ma personne “. Après lui avoir adressé quelques mots, le roi poursuivit : ” Te voilà dès aujourd’hui auprès de nous, investi d’autorité et de confiance “. Youssef dit : ” Confie-moi l’intendance des magasins du pays, j’en serai le gardien averti}

Pour qu’il n’y ait place à aucune ambiguïté sémantique et à aucune confusion philosophique sur le plan historique, le Coran nous met au milieu de la sourate cet énoncé magistral :

{Et maintenant la vérité-réalité s’est cristallisée}

Hasshassa c’est entasser de petits cailloux, Al Haqq c’est à la fois la vérité et la réalité indissociable l’une de l’autre. On ne peut pas voir la réalité si nous pratiquons le mensonge qui omet, déforme ou ajoute. On ne peut pas parler de vérité comme une abstraction sans prise sur la réalité de la situation et sans observation du devenir des faits et leurs corrélations. La vérité n’éclate pas comme un coup de tonnerre dans un ciel serein, ou comme un artifice de cinéma ou de théâtre. Cristalliser le gaz vaporeux en solide tangible exige une réaction chimique complexe. Amener la Vérité-Réalité à se cristalliser, dans le cas qui nous intéresse, c’est :  fixer, concrétiser, donner de la cohérence et rendre sensible et visible le phénomène de réalisation (actualisation) du potentiel (virtuel). Ce phénomène a pris trois dimensions. La première, c’est un gouvernant qui a conscience de la crise à venir et de la nécessité de la régler très tôt. La seconde c’est une communication qui cherche la vérité en s’informant des faits réels et non en fabriquant des narratives. La troisième, c’est le repentir de la femme séductrice et instigatrice du complot qui a mis Youssef en prison. La quatrième c’est l’acte de justice impartiale et équitable du gouvernant qui réhabilite. La cinquième, c’est la personnalité de Youssef le sauveur potentiel qui refuse toute revanche et tout compromis d’appareil, mais qui exige la justice dans la transparence. La sixième, c’est l’autorité du gouvernant qui choisit l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Il n’y a pas d’ordre chronologique ni de primat d’un facteur sur l’autre, mais une opération de cristallisation qui donne consistance à la réalité et à la vérité.

Enfin le terme maintenant (الآن ) signifie qu’il y a un long processus, c’est-à-dire un avant où se réunissent les conditions de la réaction de cristallisation, un pendant durant lequel se réalise la réaction et un après où on voit non seulement le produit de la réaction et les applications en termes d’utilité sur le plan de la connaissance, de la prospérité humaine et de l’incitation à maintenir pérenne le mouvement des faits et des idées. Le pendant, l’avant et l’après sont des pensées cristallisées en actions concrètes et sont aussi des communications qui précédent (pour annoncer ce qui va être fait), accompagnent (pour expliquer ce qui est en train de se faire) et suivent (pour évaluer et ajuster ce qui a été fait et les suites projetées ainsi que les devenir possibles). Nous entamons chaque processus électoral, initié comme une continuité, sans que les partisans du changement n’alimentent un véritable débat d’idées, ne poussent les contradictions à la rupture dialectique, ne communiquent sur la rupture et ses mécanismes. Les intentions et le temps imparti à la campagne présidentielle de 2019 ne sont pas suffisant pour amorcer le changement, exiger des garanties, et motiver les hommes qui doivent aller au charbon s’ils veulent le Falah.

C’est à travers ces prismes que je tente de lire le monde en y cherchant ce qui est universel dans ses lois historiques et le distinguer de ce qui est narratif ou expressif d’un socio code ou d’un géocode non déterminant dans la réaction chimique de ce qui secoue notre monde.

En Algérie, on fait de la reproduction élargie à la sénilité et à la médiocrité. Il ne peut donc y avoir de Falah, même si ces gens-là détiendraient toutes les richesses du monde. Il ne s’agit pas d’une opinion de revanchard, mais l’expression d’une loi universelle qui nous dit que la pérennité et la prospérité sont destinées pour les plus utiles et les plus justes. Le reste finira en déchets dans les poubelles de l’Histoire et en malédiction dans les pensées des vivants qui auront survécu à l’absurde le plus cynique et le plus mortifère de notre époque.

Dans tous les récits coraniques, il n’y a pas de lutte pour le pouvoir et encore moins pour le fantasme d’un Etat nation ou d’une République islamique. Il y a l’autorité et la confiance. L’autorité ce n’est pas Heybat Ad Dawla au sens de pouvoir, mais au sens d’Auteur et d’Autoritas, c’est-à-dire en termes de compétence à produire des idées et des actions utiles ainsi qu’à créer de nouvelles organisations, de nouveaux scénarios, de nouveaux concepts. Inspirer confiance et obtenir l’adhésion libre et volontaire des gens sont incompatibles avec la manipulation médiatique. Cela exige comme préalable le Savoir et le discernement. Youssef en a fait la démonstration alors qu’il était dans l’ombre. Ce ne sont pas les feux de la rampe qui vont établir la confiance et la compétence, mais la vision lointaine, même si on ne dispose pas encore des instruments de pouvoir. Tenir ce discours c’est bien entendu être taxé de réactionnaire ou de manque de pragmatisme.

Pour que la vérité se cristallise dans la vie mondaine, il faut qu’elle soit présente dans l’intimité de la conscience. Ceci nous ramène à la disposition de Youssef lorsqu’il fut tenté par la séduction et mis face à l’épreuve de la trahison :

مَعَاذَ ٱللَّهِ

{Que Dieu me garde !}

Ce cri de lucidité et de résistance n’est possible au moment précis de la tentation que si l’homme qui le prononce a enraciné en lui l’éthique de Dieu. L’éthique de Dieu, c’est l’élan spirituel qui pousse l’homme à chercher la perfection dans les attributs de beauté d’Allah tels que la Justice, la Paix, la Miséricorde…. Ce n’est pas une foi de bigot, mais une force spirituelle et une empathie pour les créatures de Dieu qui donnent une résonnance ainsi qu’une couleur éthique et esthétique dans la pensée, le sentiment, le regard, l’audition et l’action. Le mal et le nuisible sont perçu intimement comme vilain à éviter, antipathie à fuir. Celui qui assassine, emprisonne et complote ne peut se réclamer de cette éthique, même s’il affiche tous les apparats de la religiosité et tous les signes de la dévotion.

Disposition éthique et processus historique en déroulement sont nécessaires pour la mise en évidence de la vérité et du Falah qui l’accompagne :

{C’est ainsi que Nous avons solidement établi Youssef dans ce pays. Il pouvait s’y installer là où il voulait. Nous accordons Notre Miséricorde à qui Nous voulons, et Nous ne laissons pas perdre la récompense des hommes de bien.}

L’épreuve de la séduction (mondaine) est un révélateur pour distinguer le traitre du loyal, l’ingrat du digne de confiance, le fasciné du lucide. Le pouvoir est la pire des séductions, il fait couler le sang des innocents. Le peuple qui ne sait pas produire ses idées, ses élites, son argent et choisir librement son gouvernant ne peut mériter autre que l’oppression ou la rente qui font perdre non seulement la liberté et la dignité, mais le sens des réalités et l’appréciation de la vérité et de la justice.

{Certes, le récit sur les Envoyés contient des enseignements pour les hommes doués d’entendement.}

Intimidation, escroquerie, mensonges, corruption, plateforme fictive, révision constitutionnelle, rente, vice-président, directoire présidentiel, homme providence et autre caprice de sénile ou d’infantile ne changeront rien à la nature des choses. L’attendu est la rencontre de la Vérité et de la Justice sur le terrain de la Réalité non pas sur le plan abstrait ou discursif, mais dans la confrontation des idées incarnées dans des hommes vivants, concrets, vertueux et désirant le changement par idéal et non par calcul politicien. C’est de cette confrontation que la commutation de sens s’opère du simple au complexe, du statique au dynamique pour enfin devenir une passerelle de changement quittant l’ancien monde et se dirigeant résolument vers le nouveau.

Omar MAZRI – algerie-rupture.com

LE DEVOIR D’UN HONNÊTE HOMME POUR LA RUPTURE EN ALGÉRIE

Il y vingt ans de cela nous étions mis face au choix de la peste ou du choléra pour saper la première expérience pseudo-démocratique. Ce ne fut ni l’un ni l’autre, mais l’édification de la culture de la rente. Les sources de la rente sont quasi épuisées aujourd’hui : il ne reste rien du premier novembre, de l’Islam, de l’Algérianité, des ressources humaines et des ressources du sous-sol. Tout a été donné en concessions pour un siècle, c’est-à-dire pour quatre à cinq générations. Nous sommes les derniers de la génération nés avant la guerre de libération nationale, qui avions fait des études après l’indépendance et avions servi la patrie avec les moyens du bord. Quelle est notre position en 2019 ?

Nous devons refuser les supercheries, les impostures et les usurpations et dire que maintenant la seule alternative consiste à admettre le pourrissement du sommet par sénilité ou la nécrose de tout le système. Cette alternative macabre, morbide et mortifère est diabolique, car elle dépasse les limites de l’absurde, de l’insensé et de la honte.

Maintenant que le régime n’a plus d’homme consensuel pour se donner bonne contenance et donner l’illusion à un peuple hébété qu’il dispose du Mahdi attendu,  il court inéluctablement à sa perte. En effet il n’est plus capable à cause de ses contradictions internes et surtout il n’a plus de chef de mafia pour être l’interlocuteur valide de l’Occident corrupteur. Sans interlocuteur validé, Le néocolonialisme ne peut obtenir des concessions garanties par un chef d’État « légitime » et des institutions « légales ». Il peut faire du « business », mais il ne peut instaurer le scénario qu’il a planifié et que les élites impopulaires et antipopulaires exécutent aveuglement contre un peuple dont une partie est meurtrie et l’autre écervelée.  Ce scénario est non seulement la perte de la souveraineté politique et économique que nous n’avons jamais eue, mais faire de l’ANP un auxiliaire de l’OTAN, sous couvert de la lutte antiterroriste, dont les desseins sont de disloquer les géographies, les sociétés et les mentalités des peuples. De prendre possession des sites géostratégiques du territoire algérien (air, mer et terre) pour mener leur « guerre des étoiles » contre les Africains, les Berbères et les Arabes, après avoir déserté le Moyen-Orient ravagé.

Le cinéma de la foire électorale et des saltimbanques candidats aux élections montre que le régime insensé fait du brouillage en terme de communication en rendant le formalisme « démocratique » ridicule et tragi-comique. Il montre aussi que l’alternative c’est nous ou c’est la répression qui a pris une nouvelle forme : l’asile psycho-psychiatrique. Le délire politico-médiatique des fous mis en scène est, à l’insu de ses organisateurs, le lapsus qui, dans le langage exprime, l’erreur ou le fourvoiement, mais qui, dans la politique, manifeste le trébuchement, la défaillance par mauvais calcul, l’improvisation, Chez nous on dit Faqou c’est du Tkharbit-Thayhoudit!

Pour les lettrés tels que Mohamed Dib (l’incendie) ou Shakespeare (Hamlet), la folie est une annonciation de quelque chose de grave, de déterminant. La pensée du fou est-elle sagesse ? La pensée sur la folie est-elle prémonition du devenir sanglant ? Par la folie de soi, on apprend des choses essentielles sur soi, en allant au-delà de ses limites, mais le spectacle de la folie des autres, interroge la conscience sur le drame qui se prépare, invite le drame qui se trame à réveiller les consciences. Avons-nous suffisamment de distance mondaine pour voir, entendre et parler comme un Fou ? Avons-nous trop de crapulerie pour être des fous insensés ayant perdu la mesure autre que celle, sonnante et trébuchante, du corrompu et du rentier ?

Le système qui a cultivé la folie dans nos esprits et dans notre corps social devrait logiquement nous interpeller sur le dépassement obligatoire du carcan qui nous étrique pour enfin redevenir humain en quête de liberté et non un demeuré mental mis dans la fascination ou une bête attachée à la mangeoire. La seule interpellation qui vaille à notre folie est la rupture totale, rapide et définitive avec les mécanismes et les modèles d’aliénation en vigueur depuis que l’ALN et le FLN ont été évacués du champ social, idéologique, politique et culturel.

Nous voulons la rupture, pour que chacun de nous puisse vivre de sa folie de liberté, de sa folie de justice, de sa folie de quête de sens à donner à son existence, de sa folie de spiritualité sans intermédiaire ni tuteur.

Les gens « normaux » de ma génération doivent s’engager à être des honnêtes gens. L’honnête homme ne peut pas en ces termes de confusion prétendre à une charge honorable, à un poste ou à une activité politique partisane. Il doit éclairer le chemin et être cynique comme Diogène vivant dans un tonneau et refusant les avances du système pourri : « Otez-vous de mon soleil ». Il n’y a ni collaboration, ni compromis, ni compromission, ni complaisance, ni plateforme de quoi que ce soit.  Nous voulons un processus sain et transparent qui conduit notre pays vers la concrétisation des idéaux de liberté, de justice, de démocratie et de république comprise comme chose publique. Atteint par la limite d’âge, nous ne devons accepter aucune fonction sauf celle de conseil lorsque l’on nous sollicite pour donner notre avis sans prétendre à la connaissance infuse. Il y a suffisamment de jeunes algériens pour relever le défi et reconstruire leur pays. Notre apport n’est pas notre expérience, discutable, mais notre compétence à appréhender les phénomènes dynamiques et à apporter une expertise. Sans plus.  Nos glorieux Chouhadaont donné leur vie et ont abandonné femmes et enfants sans rien en contrepartie et sans garantie de retour. Nous sommes loin d’eux et nous devons les évoquer avec des larmes aux yeux, les yeux de la honte et du repentir.

Le devoir d’un honnête homme est résumé par Machiavel, le maître de la Politique et le grand ouvrier de l’unité italienne :

« Le devoir d’un honnête homme est d’enseigner aux hommes ce que les iniquités du temps et l’injustice des hommes ont empêché d’accomplir. »

LE FAUX TÉMOIGNAGE DES PARTIS DU POUVOIR

فَاجْتَنِبُوا الرِّجْسَ مِنَ الأَوْثَانِ وَاجْتَنِبُوا قَوْلَ الزُّورِ

Evitez la souillure des idoles ; évitez le faux témoignage ! [Al Hadj 30]

L’idolâtrie est l’humiliation de l’intelligence humaine, l’aliénation des libertés. Le faux témoignage est la voie pour saper la justice, ouvrir la porte à la corruption, permettre le vol, le viol, la trahison voire le crime.

Le faux témoignage est, par son caractère mensonger grave, une entrave à l’exercice de la justice et une atteinte aux droits. Il ne s’agit pas seulement de tenir des propos mensongers, mais consiste aussi à :

  • User de fausses promesses ;
  • Faire des offres de corruption,
  • Exercer des pressions, faire des menaces,
  • Exercer des voies de fait (c’est-à-dire violences), du fardage ou du dol (manœuvres ou artifices afin d’intimider et de fausser)
  • Pousser autrui à ne pas témoigner librement.
  • Faire circuler de fausses rumeurs dans le but de désinformer, de manipuler l’opinion publique. Intimider les juges ou les envoyer sur de fausses pistes.
  • Établir une attestation ou un certificat faisant état de faits faux ou inexacts ;
  • Falsifier une attestation ou un certificat.
  • Faire usage du faux ou présenter une attestation ou un certificat inexact, faux ou falsifié.
  • Recourir à des jugements et des argumentaires fondés volontairement sur des syllogismes fallacieux qui ne tiennent d’aucun fait réel et d’aucune vérité établie.

Après l’attentat à la vie humaine, vient le faux témoignage dans la graduation des crimes. Le châtiment du faux témoignage est l’emprisonnement, la flagellation, la destitution de tous les droits civiques et le bannissement de la cité des hommes.

Les parvenus du FLN qui ont pénétré dans l’assemblée nationale par effraction ont commis les pires crimes : idolâtrie, faux témoignages et incitation au crime. Seule la rupture avec le système maffieux, sénile et inculte peut les traduire devant les tribunaux et les mettre hors d’état de nuire.

Châtiment dans ce monde et malédiction dans l’autre attendent le faux témoin.

وَلاَ تَكْتُمُواْ الشَّهَادَةَ وَمَن يَكْتُمْهَا فَإِنَّهُ آثِمٌ قَلْبُهُ [البقرة:28

Et ne dissimulez pas le témoignage : quiconque le dissimulerait pécherait en son for intérieur.

Le pécheur qui se repent, qui avoue ses crimes et restaure le droit d’autrui, peut-être effacé par le repentir, car sa faute est souvent confinée dans le temps et l’espace. Mais pécher en son for intérieur, c’est-à-dire en sa conscience, c’est perdre tout espoir d’être sauvé car la conscience est souillée, noircie, irréparable. Les effets d’une telle conscience déshumanise son homme, ses effets sont durables dans le temps et étendus dans l’espace et les activités humaines. Jusqu’à la dernière minute de leur existence, ils continueront de mentir, de falsifier, de trafiquer. Celui que les circonstances et les contraintes mettent devant l’épreuve du faux mensonge peut refuser ou se démettre si les possibilités le lui permettent, peut plier et faire un faux témoignage, mais sa conscience continue de refuser et à la moindre occasion il se réhabilite, il dénonce et rompt avec la contrainte. Celui-ci n’entre pas dans la catégorie فَإِنَّهُ آثِمٌ قَلْبُهُ  pécher par conscience.

Omar MAZRI 

LE VENDREDI DE LA RUPTURE

Contrairement à tous les scénarios pessimistes craignant le pire, y compris les nôtres, La jeunesse algérienne a manifesté dans le calme sans violence ni débordement. Malgré l’anonymat de l’appel à manifester pour un « vendredi noir » la jeunesse algérienne a répondu massivement à travers tout le territoire algérien. Malgré que les éradicateurs et les provocateurs aient essayé de présenter la mosquée comme une menace intégriste, les jeunes algériens ont répondu pacifiquement sans slogan religieux. Malgré la mobilisation des confréries maraboutiques et des imams de la rente, la jeunesse algérienne a osé défier le régime et exprimer, au-delà du non à un cinquième mandat :

  • Barakat,
  • Le changement par des voies pacifiques,
  • Que les élites incompétentes et traitres dégagent.

La peur est enfin vaincue, le peuple est sur la voie de reconquérir ses droits et de se mettre sur la voie de la rupture. Ce n’est pas encore acquis, mais le chemin est tracé vers les urnes qui vont trancher.

Le courage, la détermination, la dignité et la grandeur de cette jeunesse, tant méprisée et niée, se sont manifestés et vont prendre de l’ampleur, de l’intensité et de la densité non seulement pour exiger la rupture, mais pour imposer l’exercice libre de la politique et de l’initiative populaire sans lesquels il n’y a ni indépendance, ni développement social et économique. Nous osons croire que notre rêve de jeunesse va se réaliser et que ceux qui ont confisqué l’indépendance de l’Algérie seront contraints de partir et de rendre justice. Nous osons croire que cette jeunesse unie par un destin national va enfin parachever et corriger ce que leurs ainés n’ont pas réussi à accomplir.

Nous tenons à souligner que plusieurs de nos craintes ne se sont pas réalisées :

  • La répression brutale
  • La provocation policière
  • L’interruption des Baltagias
  • La contre marche du FLN qui aurait opposé les Algériens aux Algériens.

Le régime est en panique, il ne contrôle plus la situation et il n’a aucune devanture « légitime » pour gérer la suite et récupérer la colère populaire ou donner légalité à la répression. Il est au point de rupture et seul le mouvement populaire organisé et pacifique pourrait provoquer cette rupture.

Les forces militaires et sécuritaires ont peut-être pris conscience du péril que ces gouvernants maffieux constituent pour l’existence de l’Algérie ainsi que pour leur propre sécurité. Les conditions de 1992 et la manipulation des islamistes infantiles ne peuvent plus faire converger les éradicateurs de tous bords pour instrumentaliser les corps constitués dans la défense de leur rente et la promotion de leurs idéologies anti populaires qu’ils ne peuvent conserver par la voie démocratique et républicaine.

Le FLN n’a sans doute pas pu ramasser ces balatagias. Il agit seul, sans les partis du pouvoir et de l’opposition inféodée, signifiant qu’ils agissent en ordre dispersé sans plan de bataille, sans chef, sans chemin de repli, sans arrières et sans protection des flancs. C’est militairement parlant une débâcle annoncée.

L’armée algérienne, c’est-à-dire les forces armées vont peser de tout leur poids cette fois-ci pour sortir du bourbier dans lequel des incapables et des irresponsables les ont entrainés. Un coup d’Etat comme en 1965 est possible ou un coup d’Etat blanc qui met fin à la candidature de l’homme malade est possible. Si cette volonté d’intervenir par la force existe, nous devons la refuser car il ne reste que quelques semaines à tenir avant l’effondrement du système rentier. Les forces armées peuvent dire haut et fort qu’elles se portent garantes du résultat des élections ou dire tout bas à ses chefs et aux civils qui ont provoqué le chaos que c’est la fin de partie. Elle doit se faire sans effusion de sang. La solution idéale serait de reporter après le Ramadhan les élections pour donner le temps au peuple de s’organiser politiquement et aux candidats de débattre de leurs programmes. Le 5 juillet serait une bonne date symbolique, le mieux serait le premier novembre. Une transition de quelques mois, le temps d’apaiser le climat et de préparer la vie politique et sociale. Cette solution passe par l’interdiction de la maffia actuelle de présenter un candidat ; le refus des interventions étrangères ; enfin et surtout la mise en place de garanties crédibles.

Le répit de trois ou six mois serait suffisant à une jeunesse active et désirant s’approprier l’initiative historique de se constituer en Assemblées citoyennes au niveau local, de débattre politiquement et de faire émerger de nouvelles élites pour prendre les responsabilités de la gouvernance du pays. Les Anciens, patriotes et honnêtes, apporteraient uniquement le conseil et la capacité d’écriture. Ce serait une évolution historique. Le président élu pourrait s’appuyer sur ces assemblées pour conduire le pays jusqu’au renouvellement des institutions et des cadres. A l’indépendance, l’Algérie a pratiqué avec réussites ce genre d’expérience par les comités de gestion, les comités de quartier, les scouts et les universités populaires. Il faut faire confiance au génie populaire et le laisser inventer ses propres outils de gestion et ses propres méthodes d’émancipation.

L’aube est proche inchaallah ! Demain c’est une nouvelle marche par d’autres initiateurs. Nous lui souhaitons la réussite. Nous espérons que toutes les marches et toutes les manifestations expriment le même rejet du système actuel et qu’elles convergent vers la même lutte : parachever l’indépendance de l’Algérie et mettre fin aux rentes et aux confiscations. Personne n’a le droit de se ranger derrière de fausses bannières ni de s’insérer dans des cadres sectaires ou politiciens. Les Algériens ne supporteront pas indéfiniment d’être manipulés et trahis et n’accepterons aucune justification, car l’heure est grave, complexe et décisive. Il n’y a plus de temps à perdre.

Que chacun se range derrière son choix responsable et vote ou qu’il s’abstienne de voter, mais pas de faux curseur ni de tromperie. Si nous votons, nous devons soutenir notre candidat et accepter le verdict des urnes s’il n’y a pas de fraude. L’élu, à la majorité, doit être le Président de tous les Algériens et instaurer les bases d’une véritable démocratie et d’une authentique république en :

  • Réhabilitant la vie politique et la Justice
  • Garantissant les libertés
  • Mettant fin aux monopoles et aux rentes
  • Relançant l’activité économique, la solidarité nationale et la justice sociale.

Ceux qui préconisent l’abstention, doivent nous éclairer sur l’alternative de leur choix politiques après les élections. Le peuple algérien ne peut demeurer éternellement dans l’impasse et l’improvisation. Il lui faut un cap et une direction d’effort.