Agression de la Syrie : diversion ou dérision ?

Ce soir ou demain il se pourrait que Damas se couche ou se réveille au son des Tomahawks avec leur lot de décombres, de sang et de larmes encore une fois dans une contrée arabe et musulmane. Encore une fois les infantiles de l’islamisme inculte et « idiot utile » vont crier Allah Akbar en hommage à la hardiesse des Cerbères occidentaux et arabes (chien à trois têtes, sans religion ni identité, gardant l’entrée des Enfers empêchant les morts de s’échapper de l’antre d’Hadès) et en soumission totale et aveugle aux ordres d’Hadès frère aîné de Zeus, ayant la mission  de gouverner les entrailles de la terre et  l’attribut d’invisibilité qui le rend invulnérable comme Satan. Les mythes et les miteux qui jouent aux divinités ne réalisent pas que leur nouvelle agression signifie pour eux la fin de partie dans l’histoire des hommes et du monde post moderne (le monde de la communication, du spectacle et du commerce).

Que la frappe américaine ordonnée par le roi de l’Olympe et approuvée par ses Sbires soit ciblée pour faire diversion et contenter les opinions occidentales fascinées par les médias et aliénées par le crédit ou planifiée pour répondre aux désirs de nuisance maléfique des élites exigeant la capitulation du régime de Damas et l’assassinat du président syrien, la partie est finie, bien finie même si dans le monde visible et immédiat on ne voit pas encore la fin tout occupé à nos querelles idéologiques, à nos sectarismes religieux et à nos attachements partisans. L’humain est en danger et c’est en Homme que nous devons analyser la situation et prendre position.

La partie est finie et perdue pour la simple raison qu’aucun des buts de la guerre subversive contre la Syrie n’a été réalisé même partiellement : le démembrement de la Syrie, la fin de l’influence iranienne et l’élimination des arrières logistiques du Hezbollah. Après les défaites successives et cuisantes de l’opposition armée syrienne et cosmopolite et surtout après la bataille stratégique de la Ghouta l’équation est en faveur du régime syrien et de l’armée syrienne qui reprennent le contrôle de leur territoire, de la Russie qui joue son rôle de leader mondial contre l’ordre établi par l’hyperpuissance américaine et ses alliés, de l’Iran qui instaure sa stature d’acteur régional majeur, et enfin du Hezbollah qui a développé ses capacités de résistance et élargit ses compétences offensives.

Une nouvelle agression ne changerait rien à l’équation militaire sur le terrain tant pour la présence russe et iranienne que pour l’armée syrienne et le Hezbollah. Ces derniers sont décidés à résister et à conserver leurs acquis militaires et politiques. Toute guerre, locale, régionale ou mondiale n’a de sens que si elle consolide des positions militaires pour maintenir son pouvoir ou assoir celui de ses alliés, gagner des avantages économiques, commerciaux et culturels pour accroire son influence et conserver sa prospérité matérielle, ou protéger son propre territoire et celui de ses alliés ou vassaux.  Continuer la guerre en Syrie n’apporte aucun bénéfice matériel, politique ou culturel. La carte kurde dans le projet de démembrement ou dans le projet de reconstruction est une carte brulée : les Kurdes demandent à revenir au giron syrien. Erdogan par arrogance et confusion ne parvient pas à comprendre que le démembrement de la Syrie fait partie du démembrement de l’ensemble de la région pour empêcher le projet Eurasie qui se fera bon gré mal gré car c’est le seul qui peut apporter du bien être aux population et déplacer le centre de gravité financier, économique, culturel et scientifique de l’Occident vers l’Asie. S’il n’a pas compris son intérêt il joue un rôle de confusion au sein de l’OTAN et contrecarre les projets occidentaux. Il va continuer d’apporter de la confusion, mais il ne peut plus être déterminant dans la suite du conflit. Il lui reste à gérer les groupes terroristes d’obédience turcophile, les Kurdes et la crise économique qui est en train de saper son emprise sur la  Turquie.

La question principale n’est donc pas de débattre de l’agression et de juger son caractère immoral ou de faire étalage de ses sentiments, mais de dire sans risque de se tromper que c’est la fin de partie. C’est la fin de partie, elle sera plus dramatique et plus étendue que ce que l’on peut imaginer. Le bloc de la résistance a remporté la partie  après 7 ans de guerre et l’expérience de la résistance va se reproduire en mode élargi et enrichi sur d’autres territoires et d’autres domaines comme l’économie, la finance, la culture. C’est la conjugaison et la globalisation de cette résistance qui va libérer la Palestine.

Si l’agression qui se prépare est juste un fait d’annonce (guerre de communication) avec ses morts et ses destructions sans grande signification stratégique ou tactique alors elle annonce la période de négociation pour le retrait des Américains qui vont une fois de plus faire payer la facture aux Saoudiens et aux bédouins du Golfe. La voix s’ouvre vers la libération de Jérusalem et elle se ferme sur un pouvoir américain en décomposition. D’ailleurs toutes les communications contradictoires attestent que le pouvoir américain n’a plus d’unité, de direction, d’orientation.

Si l’agression qui se prépare devient une agression de longue durée et de haute intensité,alors,  une fois les bombardements terminés, au cas où les Russes n’entrent pas dans le conflit, ce qui est peu probable vu l’état d’esprit général en Russie (politique, militaire et populations civiles) et les forces concentrées en Syrie, la véritable guerre commencera contre les Américains et leurs alliés dans un terrain qui leur échappe totalement par son histoire, sa psychologie, ses ressources humaines et sa soif de se libérer : l’Irak, la Syrie, l’Iran, l’Afghanistan, le Yémen. Si les Russes interviennent vite et fort l’Occident avide de vie et de consommation ne prendra pas le risque d’une guerre nucléaire ou d’une guerre mondiale où il ne gagne ni colonies ni comptoirs commerciaux ni zones d’influence. Si les Russes n’interviennent pas les Syriens (l’armée syrienne et les défenses populaires constituées et en attente d’entrée en action contre l’envahisseur américain et turc), et le Hezbollah interviendront, car il s’agit de leur survie et ils se sont préparés à cette ultime bataille qui visera les Américains, les sionistes et les bédouins arabes. A ce sujet la seconde et grande défaite occidentale en Syrie est la jonction entre la Syrie et l’Irak par laquelle va transiter l’effort de guerre iranien contre les intrus dans la région.

Une fois de plus la France va se trouver hors-jeu ou faisant les mauvais choix faute d’autonomie de décision et de vision sur l’avenir. Le mimétisme en place n’est pas capable de savoir s’il s’agit de diversion ou de diversion. Les gens de raison et de cœur savent par intuition que les forces maléfiques sont à la manœuvre, il s’agit sans doute de la dernière manœuvre avant le changement des règles de jeu imposées par Hadès et protégés par les Cerbères.  Les masques d’invulnérabilité et d’invisibilité vont tomber sinon c’est le règne de la mort et des zombies. Les masques de l’islamisme wahabiste et frériste sont tombés et il est donc temps que les musulmans se réveillent avant que d’autres marionnettes ne les conduisent vers de nouvelles impasses et de nouveaux désespoirs. Il est possible que l’on se réveille sur un coup de bluff ou une fanfaronnade et là la dérision sera sans limite en termes de crédibilité avec les conséquences les plus imprévisibles pour l’établissement d’idiots qui gouvernent la planète. Si par contre la menace est exécutée, la dérision sera plus grande, mais dramatique pour les fous maléfiques  qui ne veulent pas quitter l’histoire dignement. Ils n’ont ni l’imagination délirante d’Homère ni le recours symbolique aux mythes des anciens grecs et perses pour tenter d’expliquer les mystères de l’histoire et conjurer le sort. Ils ne disposent que d’une foi aveugle en leur suprématie technologique et d’une fascination pour les narratives qu’ils se partagent avec leurs relais médiatiques pour s’auto leurrer et se conduire graduellement et inéluctablement vers l’effondrement qu’annoncent la crise de civilisation et le ridicule politico médiatique. Les dieux de l’Olympe sont morts, mais les diables des empires sont vivants encore pour un certain temps. Les simulacres de l’invulnérabilité et de l’invisibilité d’Hadès ainsi que les manifestations de méchancetés et d’épouvante de Cerbère  ne font peur qu’aux miteux.

Cette brève analyse est la soixantième sur la Syrie. Elle intervient deux ans après la dernière analyse  faite le  14 février 2016  sous le titre « Syllogismes fallacieux saoudiens et guerre en Syrie« .

Les mythes des miteux volent en éclats

Nourris de mythes et gouvernés par des miteux nous ne faisons qu’attendre le retour du Messie ou l’arrivée du Dejjal pour surmonter nos difficultés et supporter la nausée qui s’empare de nous lorsque nous tentons de voir la réalité du monde que nous hantons. Nous oublions que chaque jour qui vient il y apporte avec  une proposition de renouvellement qui s’offre à chacun de nous. Il apporte aussi son lot de malédiction. Parfois des choses inouïes se produisent pour réveiller de la torpeur, de l’insouciance ou du dégoût.  C’est ainsi que ces derniers jours nous voyons les syllogismes fallacieux et les artifices mensongers annonçant l’apocalypse non seulement voler en éclat, mais défier toute logique humaine routinière : il y a des forces supra-naturelles qui agissent et un destin qui s’accomplit.  Les événements qui s’enchaînent à une vitesse surprenante et dans une logique irrationnelle nous font penser à la fable de La Fontaine  » La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf »

Une Grenouille vit un Boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n’était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s’étend, et s’enfle, et se travaille,
Pour égaler l’animal en grosseur,
Disant : « Regardez bien, ma soeur ;
Est-ce assez ? dites-moi ; n’y suis-je point encore ?
– Nenni. – M’y voici donc ? – Point du tout. – M’y voilà ?
– Vous n’en approchez point. « La chétive pécore
S’enfla si bien qu’elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.

Cette allégorie de la vanité, de l’ambition démesurée, de l’arrivisme social et politique, des classes parasitaires va comme un gant au Qatar qui a commencé à enfler et enfler depuis pratiquement 1995 lors de l’arrivée au pouvoir du cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani par un coup d’État contre son père. La force de frappe du pouvoir qatari est constituée de :
– l’argent du gaz : le Qatar est le quatrième producteur de gaz naturel du monde après les États-Unis, la Russie et l’Iran; il est le premier exportateur de gaz naturel liquéfié.
– la diplomatie active,
– la plateforme internationale de l’aviation civile,
– et la chaîne médiatique Al Jazeera.

La chaîne Al Jazeera a réussi à briser le monopole des Saoudiens sur le paysage médiatique arabe. Dans ses rapports aux Saoudiens il faut se rappeler que le Qatar, depuis son indépendance le 3 septembre 1971 a toujours contesté le monopole de l’Arabie saoudite et a toujours refusé de devenir un membre des Émirats arabes unis ou de l’Arabie saoudite. Il faut se rappeler aussi que si la création du Qatar est une création des Britanniques à la suite de la décadence de l’Empire ottoman et de la découverte des hydrocarbures, elle est aussi la suite d’un processus de rébellion contre la tutelle bahreïnienne des Al Khalif. Al Jazeera a « libéré » la domination exclusive des gouvernements arabes sur l’information nationale. Elle a donné la voix aux opposants arabes y compris aux opposants au régime saoudien. Elle a su présenter un nouveau style et une nouvelle compétence fondés par le recrutement des meilleurs journalistes arabophones autour de l’équipe éditoriale en provenance de la Britannique BBC Arabic Television. L’Arabie saoudite a tenté de rivaliser avec Al-Jazeera en créant le 3 mars 2003 la chaîne Al Arabia par le groupe MBC ayant pour siège Dubaï aux Émirats arabes unis. Al Arabia est une chaine de désinformation avec des moyens colossaux (400 salariés et 120 journalistes).

Dans le monde arabe, la chaîne a pu gérer les contradictions du monde arabe : donner la voix au HAMAS, au JIHAD islamique, aux Frères musulmans et aux gouvernants de l’entité sioniste. Mettre en vedette Haykel le nationaliste laïc et Qaradhawi l’internationalisme islamiste. Couvrant la guerre en Afghanistan elle a montré Al Qaeda, Ben Laden, la résistance afghane et l’armée américaine.Elle a couvert la guerre au Kosovo, defendant les bosniaques et justifiant la guerre de l’OTAN contre la Serbie, elle a divulgué les accords secrets entre l’entité sioniste et l’Autorité palestinienne. C’était une révolution médiatique qui a donné de visibilité, de la présence et de la puissance au Qatar. Il appartient aux experts de l’information, du marketing, de la sociologie, de la politologie, de l’idéologie, de la diplomatie et du du renseignement de se prononcer sur ses constructions informationnelles et ses luttes idéologiques dans le monde arabe. Il y a du travail pour les jeunes doctorant.

Les choses se sont corsées lorsqu’Al Jazeera et la diplomatie qatarie sont devenus des acteurs partisans et sectaires lors du « printemps arabe » notamment en Égypte et en Libye. Le Qatar, dont la famille régnante se réclame du wahhabisme, soutient principalement les mouvements liés aux Frères musulmans, ce qui provoque de fortes tensions avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, très hostiles à la confrérie freriste. Les choses se sont aggravées lorsque le Qatar est devenu l’instrument idéologique, financier et militaire contre Maâmar Kaddhafi en Libye et Bachar al Assad en Syrie en plus de sa propagande médiatique. Cet instrument et cette propagande non seulement sont en rivalité avec l’instrument et la propagande des Saoudiens, mais en contradiction sur les tactiques, les stratégies et les finalités. Ce n’était ni une question de démocratie, ni d’Islam, ni de justice internationale, ni de solidarité humaine, mais des convoitises sur les ressources, des manifestations d’egos surdimensionnés, des comportements de pervers narcissiques qui ont instrumentalisé la religion et les valeurs humaines.

Porté par l’audience et la capacité de propagande d’Al Jazeera, les premières réussites en Libye et en Syrie, le régime qatari n’écoutait pas ceux qui le mettaient en garde contre la vanité et l’ambition démesurée qui font enfler jusqu’à exploser comme la grenouille de La Fontaine. Ni les Qataris, ni les Saoudiens ni les autres bédouins ne peuvent comprendre la morale subtile de la fable : un changement nocif qui s’effectue d’une manière suffisamment lente, mais arrogante finit par échapper à la conscience, au sentiment et à la raison. La descente aux enfers provoquée par la mégalomanie et le crime ne suscite ni réaction, ni opposition, ni esprit critique, ni révolte. En s’adaptant à sa folie et au chaos produit, en acceptant l’effusion de sang et en armant les tueurs l’individu, la société et les régimes subissent la loi de l’adaptation qui les conduit à tolérer le mal et à le propager jusqu’aux limites qui conduisent à l’explosion venant de l’extérieur ou à l’implosion venant de l’intérieur. Le pire de l’adaptation au mal c’est d’inverser les valeurs et les principes : prendre le mal pour le bien et le bien pour le mal. Les phénomènes addictifs sont destructeurs. L’addiction au pouvoir et à l’impunité est pire que celle à l’alcool et à la drogue.

وَمِنَ ٱلنَّاسِ مَن يُعْجِبُكَ قَوْلُهُ فِي ٱلْحَيَٰوةِ ٱلدُّنْيَا وَيُشْهِدُ ٱللَّهَ عَلَىٰ مَا فِي قَلْبِهِ وَهُوَ أَلَدُّ ٱلْخِصَامِ
وَإِذَا تَوَلَّىٰ سَعَىٰ فِي ٱلأَرْضِ لِيُفْسِدَ فِيِهَا وَيُهْلِكَ ٱلْحَرْثَ وَٱلنَّسْلَ وَٱللَّهُ لاَ يُحِبُّ ٱلفَسَادَ
وَإِذَا قِيلَ لَهُ ٱتَّقِ ٱللَّهَ أَخَذَتْهُ ٱلْعِزَّةُ بِٱلإِثْمِ فَحَسْبُهُ جَهَنَّمُ وَلَبِئْسَ ٱلْمِهَادُ

{Parmi les hommes, il y a celui dont le discours te plait lorsqu’il parle de la vie de ce monde. Il prend Dieu à témoin de ce que contient son cœur ; mais c’est le plus acharné des querelleurs. Dès qu’il [te] tourne le dos, il s’en va par la terre pour y semer la corruption et détruire les récoltes et le bétail ; mais Allah n’aime pas la corruption. Lorsqu’on lui dit :  » Prends garde à Dieu !  » la superbe s’empare de lui et le pousse au péché. La la Géhenne lui suffira : quel détestable lit !} Al Baqara 203

La descente aux enfers à cause de l’effusion de sang des Libyens, des Syriens et des autres humains ne fait que commencer. Elle a été initiée par un comportement qui ne sied pas à quelconque autorité religieuse : Les « savants » saoudiens ont fait valoir leur appartenance tribale et leur référence à Abdelwahab. Il a été suivi par une guerre médiatique avant de se transformer en rupture diplomatique, embargo économique et ultimatum militaire. Il s’agit tout simplement d’une demande de reddition pure et simple du Qatar aux injonctions saoudiennes sinon un coup d’État ou une invasion militaire. Les conditions de la capitulation sont dictées sous forme de dix commandements dont :
– la fermeture d’Al Jazeera ou son alignement sur celui d’Al Arabiya,
– le renvoi des cadres du HAMAS et des Frères musulmans résidents au Qatar,
– le paiement d’une taxe pour dédommager l’Arabie et les Emirats arabes des nuisances du Qatar. Il s’agit sans doute du paiement d’une redevance sur le gaz pour compenser l’imposition financière de Trump aux Saoudiens et une échappatoire aux futurs dédommagements à verser aux assurances américaines et aux victimes du 11 septembre. Il s’agit de laisser le Qatar endosser tout seul la responsabilité du terrorisme « islamique ». Les lobbies saoudiens aux Etats-Unis ont financé les campagnes médiatiques contre le Qatar l’accusant de soutien du terrorisme. Dans mes livres sur l’Islamophobie et les révolution arabes j’ai montré que la lutte idéologique de l’islamophobie consistait, entre autre, à enlever toute légitimité intellectuelle et morale aux savants musulmans en les poussant à la faute,connaissant leur amour du pouvoir, de l’argent et leur savoir limité à la compilation des livres anciens. Le jour où l’association internationale des savants musulmans serait taxée d’agents de subversion idéologique et de fabricants de terroristes est proche. Cela fait partie de l’ordre des choses. Qaradhawi ni ses disciples ne peuvent réfuter les appels à la rébellion armée et à la mise à mort de dirigeants arabes ni à leur légimitation de l’assassinat de figures religieuses ou politiques ni à leur justification de l’effusion de sang à grand échelle. Les pseudos intellectuels musulmans de France ont ramené l’islamophobie à une haine envers les banlieues françaises alors que les pseudos islamistes ont demandé l’intervention de l’OTAN.

Après le Qatar, chacun jouera en son temps et selon l’agenda de l’empire et du sionisme le rôle de bouc émissaire du terrorisme comme le montre la Fable de Jean de La Fontaine : Les animaux malades de la peste.

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste [puisqu’il faut l’appeler par son nom]
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n’en voyait point d’occupés
A chercher le soutien d’une mourante vie ;
Nul mets n’excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n’épiaient
La douce et l’innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d’amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
– Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d’honneur.
Et quant au Berger l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L’Ane vint à son tour et dit : J’ai souvenance
Qu’en un pré de Moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

À notre époque, le scénariste, le moralisateur et l’acteur principal sont sous la direction de Donald Trump qui joue sur la lâcheté, l’arrogance, la servilité et la stupidité des Bédouins arabes. Pour relancer les projets de relance économique aux États-Unis il impose  :

  • au Koweït de verser 50% de son revenu annuel au lieu des 25% versé à l’Amérique en paiement de sa libération et de sa protection contre l’Irak,
  • à l’Arabie saoudite 500 milliards de dollars en achat d’armement américain et en investissements dans les infrastructures américaines.
  • Il va exiger du Qatar le paiement d’une dîme à vie ou du financement de l’autre partie de son projet de relance économique en échange de la protection américaine contre les convoitises de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes. Les positions contradictoires de Trump, souhaitant l’Arabie et accusant Qatar puis demandant à une conférence de paix à Washington,  ne sont pas stupides, elles sont celles d’un cambiste qui fait monter les enchères.

L’argent arabe va continuer de servir à détruire le monde arabe et à donner la suprématie à ses ennemis. Le monde arabe n’a que faire de l’arabité et de l’Islamité de l’imposture  » Serviteurs de deux lieux saints de l’Islam » comme il n’a que faire des luttes interconfessionnelles ou des rivalités de pouvoir : il veut la paix et  le progrès. Le chemin de la paix et du progrès est la liberté assumée par les peuples et la gouvernance sensée des élites.

Nous attendions l’apocalypse d’une guerre américano-arabe contre l’Iran et voila le Qatar ex grenouille enflée qui devient l’âne à dévorer.  Quelle que soit l’issue du Qatar, mangé cru, bouilli ou pourri ou comme une arête de poisson qui coince à la gorge,  l’Arabie saoudite sortira humiliée par sa stupidité et l’Iran grandi par son influence efficace.Les suites attendues de la crise qatarie sont nombreuses. Un coup d’État en Arabie saoudite n’est pas à exclure. la punition du Sultanat d’Oman pour sa neutralité envers l’Iran, le Yémen et Qatar… Gaza et le HAMAS sont cependant les premières victimes de la stupidité arabe. Le grand gagnant est l’entité sioniste qui va normaliser ouvertement ses relations avec les Arabes et arbitrer leur conflit ou faire office de Kawwad (entremetteurs) des Arabes auprès des États-Unis. Il n’y a pas de théorie de complot, mais  il y a des processus logiques. Le destin de Dieu n’est pas un arbitraire, mais des lois en oeuvre. En prenant position contre la Syrie, non seulement les dirigeants du HAMAS se sont montrés ingrats, mais corrompus et stupides. Le chien le plus méchant ne mord jamais la main de celui qui le nourrit, mais les dirigeants du HAMAS se sont détournés de la Syrie alors que Bachar al Assad a refusé les injonctions américaines et saoudiennes de cesser l’aide et la collaboration de la Syrie à la résistance palestinienne et libanaise. Comme on creuse son lit comme on s’y couche. J’ai écris un livre sur Gaza et la résistance du HAMAS dans lequel j’ai exprimé mon admiration et mon soutien pour la résistance palestinienne, mais dans lequel j’ai aussi exprimé ma crainte de voir l’héroïsme et la victoire confisqués par les bureaucrates et les rentiers de l’islamisme politique ou par les diplomates de l’extérieur.  Après le printemps arabe j’ai eu la chance de voir les troubles du camp de Yarmouk en Syrie dans leur tragédie à venir : la défection de HAMAS pour des considérations partisanes. C’est dans le moment de gloire que la tentation et l’épreuve sont les plus terribles. La réalité et la vérité ne manquent jamais d’interpeller un homme, une faction ou un peuple : pour quel principe tu as combattu et tu t’es sacrifié ?

Les changent ne demeurent pas en l’état et les saoudiens vont comme au Yémen s’enliser. Des processus se mettent en place et peuvent aider le Qatar non seulement à refuser la capitulation, mais à accepter la confrontation. :

Les Turcs changent la donne en envoyant leurs troupes d’élite au Qatar et en activant le pacte de défense commune. Ils font de l’offensive la meilleure stratégie défensive contre le plan de déstabilisation qui vise la Turquie et qu’Erdogan a permis par son ambition et ses confusions. Par ailleurs un grand pan de l’économie turque en particulier le secteur du bâtiment et de la construction est en partenariat d’affaire (montage financier et boursier) avec le Qatar et il est difficile de croire que la Turquie va assister impuissante à l’effondrement de son économie ou de sa confiscation d’autant plus que les retombées négatives de la guerre en Syrie se font sentir. La Syrie était un poumon industriel et commercial pour la classe entrepreneuriale turque ainsi qu’un réservoir de main d’oeuvre à bon marché. Par ailleurs la Turquie d’Erdogan a perdu un allié stratégique après le coup d’Etat de Sissi contre le président Morsi et et elle ne va pas se permettre de perdre le dernier allié. Les dirigeants turcs sont persuadés que le même scénario israélo-américano-saoudien appliqué contre les Frères musulmans égyptiens est en préparation au Qatar.

Les Iraniens changent la donne en ouvrant leur espace aérien et leurs ports. La chaîne saoudienne Al Arabia, par désinformation ou par crainte, annonce l’arrivée de troupes d’élite des Gardiens de la Révolution pour protéger le palais et dignitaires qataris. Les iraniens savent que les Saoudiens cherchent, sous impulsion américaine, n’importe quel prétexte pour leur déclarer la guerre, est-ce qu’ils vont donner ce prétexte ?

Les rencontres entre Turcs, Iraniens et Irakiens annoncent peut-être l’émergence d’un front anti saoudien qui va se manifester par le soutien effectif au Qatar. L’Émir du Qatar, jeune et intelligent, peut imaginer un scénario inédit même si la configuration géographique est en défaveur du Qatar.

La visite du MAE qatari à Moscou s’inscrit dans ce cadre. Les Russes ont intérêt pressant à une présence active au Moyen-Orient.

De part et d’autre nous sommes face à des mentalités arabes qui subissent l’affectif au lieu de se soumettre à la raison. Les choses peuvent donc aller vite, trop vite tout en se compliquant dans un sens ou dans l’autre. Dans l’immédiat les Russes, les Turcs et les Iraniens peuvent changer les lignes de confrontation et les échéances, mais ils ne peuvent changer les mentalités et le cours de l’Histoire. Ce qui est sur c’est que les rivalités entre Qatar et les pays du Golfe sont vielles comme le temps, ce qui est vrai aussi ce sont les luttes tribales et l’esprit clanique. À la différence du passé, lointain ou proche, le conflit sort de son cadre golfique pour devenir régional et en voie d’internationalisation.

La crise est installée durablement, son dénouement sera tragique et il viendra davantage de l’effondrement des États-Unis que du renouveau du monde arabe. Pour l’instant on ne peut que se réjouir de l’effondrement de l’OTAN arabe.

Le monde arabe – administrés et administrateurs, gouvernants et gouvernés, pouvoir et opposition, élite et gens du commun, musulmans et non-musulmans, islamistes et nationalistes, sunnite et chiite – doit impérativement penser à sa résistance contre la stupidité des siens et à la cupidité vorace des étrangers. Il doit comprendre qu’il n’y a ni dignité humaine ni autonomie politique ni patrie lorsque les nationaux ne produisent ni leur nourriture ni leur armement, ni leurs idées ni leur devenir. La fin des mythes des miteux doit nous faire prendre conscience qu’avec la mentalité miteuse qui nous habite depuis des siècles nous sommes aptes ni à importer la modernité et la laicité de l’Occident ni à nous propulser en élan civilisateur et libérateur de l’Islam.

Combien est vraie la sentence prophétique :

« Comme tu fais il te sera fait ».

Ivanka au pays des merveilles

Ivanka au pays des merveilles s’est vue offrir 100 millions de dollars pour sa ligne de vêtement en plus des yeux ahuris d’hommes qui ont l’habitude de promettre aux apprentis terroristes et aux fascinés du wahhabisme les houris du paradis. Son père, tonton Miki, s’est vu offrir un demi trillion de dollars. Ahurissant !

Tonton Miki ressemble étrangement à l’héros félin de l’auteur italien Giovanni Francesco Straparola le Chat botté (le Maître chat) qui utilise la ruse et la tricherie pour offrir le pouvoir, la fortune et la main d’une princesse à son maître mal-né et sans-le-sou. Initialement, le maître mal-né et sans-le-sou avait hérité de son père le meunier un chat, ses frères avaient hérité l’un du moulin et l’autre de l’âne. Mort de faim, l’héritier allait manger le chat, mais celui-ci doué de parole le persuada de le laisser vivant, car il allait lui assurer la fortune. Le chat se mit à capturer des lapins et à les offrir au roi au nom de son maître qu’il présentait comme marquis de quelque chose lequel se trouve ainsi et à son insu de renom glorifié. L’histoire « Les Nuits facétieuses » montre l’excellence d’un chat consacré bonimenteur.

Pour ceux qui n’ont pas lu le livre et n’ont pas suivi l’actualité, il faut juste rappeler que les Saoudiens avaient financé la campagne de Hilary Clinton et qu’ils étaient les premiers à être menacés puis humiliés par The Donald Trump. Ils se retrouvent versant 500 milliards de dollars : 200 milliards en achat d’équipements et 300 milliards en investissement sur le sol américain. Ni la Bruyère, ni la Fontaine, ni Kalila et Doumna des Perses (des Arabes) ni Charles Perrault des Français, ni Disney Channel des Américains ne peuvent imaginer ce qui se passe dans la tête des Bédouins devenus roitelets absolus grâce à l’alliance stratégique du wahhabisme, qui a assassiné ou abruti des musulmans, avec l’impérialisme britannique, qui a colonisé et assassiné ces mêmes musulmans.

Le diabolisme du colonialisme ressemble aux ruses de Satan, mais certains colonisés voient en Satan l’ami béni. Le musulman devrait être intelligent et lucide, ne jamais se faire piquer deux fois au même endroit et par le même serpent selon ce qui a été rapporté sur le Prophète (saws).

Donald Trump, Président des États-Unis d’Amérique, n’a pas choisi, par caprice ou saut d’humeur, l’Arabie saoudite comme première station dans sa sortie à l’étranger. Il a mis la pression sur les Bédouins du désert pour les pousser à manifester leur traditionnelle servitude envers le pouvoir politique, médiatique militaire et financier américain. Conduite par des vieux séniles, des jeunes stupides, des rentiers et une idéologie wahhabite, la monarchie saoudienne ne pouvait que répondre au chantage américain : pétrole saoudien en échange de la protection américaine sous l’ancienne dynastie wahhabite et tous les biens saoudiens contre la protection américaine sous la nouvelle dynastie wahhabite. Rien de nouveau sous le soleil !

L’ancienne dynastie, lignée du clan Abdelaziz, sous l’inspiration anglo-saxonne, a créé des mythes : serviteurs des deux lieux saints, organisation islamique, jihad contre l’URSS pour renforcer la présence américaine, céder la Palestine et affaiblir les mouvements nationalistes en quête d’émancipation de l’impérialisme. La nouvelle dynastie, lignée du clan Salmane, sous l’inspiration américano-sioniste parachève la démolition entreprise par les « anciens » et « innove » par la démolition de la Libye, de la Syrie et du Yémen.

Comme rien ne semble arrêter leurs trahisons et leurs félonies, ni peuples ni élites, les voici à l’œuvre pour offrir sur un plateau d’argent ce qu’aucun président américain n’avait espéré : financer la relance de l’économie américaine et agglomérer les armées arabes et musulmanes dans l’OTAN arabe (islamique) sous prétexte de lutter contre le terrorisme islamique. Ce terrorisme qui a frappé davantage les peuples arabes et musulmans qu’occidentaux est le produit de la pensée wahhabite, le résultat de l’instrumentalisation de la religion à des fins mondaines, la mauvaise gouvernance despotique et insensée, la prédation cupide et vorace de la mondialisation capitaliste. Donc avec ou sans l’OTAN arabe et islamique, le terrorisme a encore de vieux et longs jours devant lui, car les causes qui l’ont généré et les acteurs qui l’ont fondé sont en place pour ne pas dire ceux qui prétendent le juguler.

En conséquence de JACTA, l’Arabie saoudite et ses consœurs vont être saignées à blanc pour la gloire de leur idole qui les asservit et les met en situation de « kwawda » (entremetteurs auprès des prostitués, des maquereaux et maquerelles). Pourtant l’Islam criminalise l’intermédiation dans les intrigues galantes, la fourberie ou la maquerellerie. Si la loi républicaine romaine faisait des entremetteurs et des prostituées une caste d’infâmes, la loi monarchique des « Chouyoukhs » et des « Serviteurs des lieux saints de l’Islam » ont fait du maquereautage militaire, politique, financier, médiatique, une pratique licite et bénie. Il ne s’agit plus de plaire à Dieu, mais aux idoles de Washington qui par leurs directives font verser le sang des innocents, appauvrir les peuples et fragmenter des territoires.

Expert en cynisme et en narrative télévisuelle, The Donald a fait casquer les bédouins. Les Bédouins insensés et hostiles à la liberté humaine et à la dignité des peuples ont fabriqué l’audience qui va continuer de démolir ce qui reste du monde arabe et musulman en Syrie et en Irak. Ils ont tout misé sur Donald alors que l’Amérique risque soit d’entrer en guerre civile ou de le destituer. Au-delà de la haine contre Assad et les chiites d’Irak, il s’agit d’interdire la jonction idéologique et logistique entre deux armées arabes et musulmanes qui peuvent remettre en cause la suprématie militaire de l’État sioniste. Il s’agit d’anéantir ce que la République islamique d’Iran a construit sur le plan économique, politique, scientifique et militaire et de l’entraîner dans une nouvelle guerre. Il s’agit de désigner le Hezbollah libanais, le Jihad islamique et le HAMAS palestinien ainsi que l’ensemble des mouvements de résistance à l’occupation et à l’impérialisme comme mouvements terroristes à combattre.

Le gagnant est l’entité sioniste. Elle tire sa force du déchirement du monde arabe et musulman. Elle tire profit de la manne financière qui lui est restituée sous forme d’aide militaire américaine. Elle continue à se déployer grâce au soutien indéfectible et inconditionnel du véritable pouvoir américain : le complexe militaro-industriel.

Nous savions par lecture et par déduction que les monarchies arabes avaient des relations avec l’entité sioniste, maintenant nous savons que leur ennemi déclaré n’est plus l’entité sioniste, mais la République islamique d’Iran. Nous savons aussi que la manne financière accordée à « celui qui n’en croyait ni ses yeux ni ses oreilles devant la compromission arabe facile et gratuite » aurait pu libérer la Palestine, promouvoir la paix et le progrès dans le monde arabe et musulman, aider les paysans africains, asiatiques et sud-américains. Au lieu de cela nous allons continuer de voir l’effusion du sang arabe et musulman présidée directement et ouvertement par les généraux sionistes et américains. Ce qui peut stopper ou augmenter cette effusion de sang c’est la mise en déroute de l’OTAN arabe et musulmane et ses commandements étrangers sur les terrains de combat réels c’est-à-dire la Palestine, la Syrie et le Yémen.

Nous savons tant par l’histoire que par leurs comportements erratiques que leurs cœurs sont dispersés et leurs têtes sont insensées. Ils n’ont ni stratégie victorieuse ni perspective de triomphe. Nous voyons déjà leur échec au Yémen où les Émirats tentent de doubler l’Arabie saoudite. Nous voyons déjà le Qatar jeté en pâture comme bouc émissaire de leur échec en Syrie et comme contradiction entre les wahhabites et les Frères musulmans. Le Qatar va porter l’étiquette de pourvoyeur de fonds du terrorisme pour blanchir l’Arabie saoudite. J’avais prévu que Cheikh Al Qaradhawi finirait par se trouver sur la liste des recherchés par Interpol pour apologie du terrorisme. Il y a une logique implacable qui s’est mise en place dans ce qu’on appelle l’Islamophobie et le printemps arabe.

J’ai essayé de montrer dans mes livres et mes articles depuis 2010 qu’il y avait réellement une machination diabolique avec des visées de guerre et de prédation, cette machination s’appuie sur notre incapacité à comprendre les enjeux du monde et à notre suffisance intellectuelle qui n’arrive pas à distinguer l’accessoire de l’essentiel, l’ennemi de l’ami, le syllogisme fallacieux de la vérité, la narrative de la réalité. Les « élites » prisonnières de leur délire de dénigrement du pouvoir en place (ou son opposition) et de leur quête assoiffée du pouvoir (ou son maintien) n’ont pas voulu se concerter pour une pédagogie de résistance et une pratique de défense contre Satan incarné dans l’impérialisme. Combien étaient nombreux et puérils les Pygmalions, ceux qui avaient soutenu ou justifié l’agression de la Libye, de la Syrie puis du Yémen au nom de l’islamisme ou de la démocratie.

En attendant le dénouement final de la tragédie, cherchons la morale de la fable du chat bonimenteur faiseur de marquis et de rois dans ce monde post moderne où domine le mythe de Hermès, ce demi dieu promoteur du spectacle, joueur de pipeau et protecteur des voleurs et des commerçants. Les pays « démocratiques » sont pris de frénésie pour le spectacle, la beauté des apparences et le superficiel, ils sont en décadence civilisationnelle. On ne peut attendre des pays arabes et musulmans gouvernés par des insensés et habités par des insouciants un changement salutaire.  Au royaume des chats bonimenteurs, des ogres et de la corruption l’homme intelligent et perspicace (al Halim) se retrouve perplexe et étranger. Dans cette situation de perplexité et d’étrangeté, deux angoisses sur lesquelles nous n’avons pas de réponse :

Quelle sera la facture à payer en vie humaines, en années de développement perdu si les insensés poussent leur insenséisme à la guerre contre l’Iran ?

Alors que le monde se dirige de plus en plus vite vers une domination des forces satanique quand les terres d’Islam vont se mettre à produire en qualité et en quantité les forces vives et lucides utiles aux hommes sans sectarisme ni bigotisme ?

Est-ce que les Sunnites ont l’autonomie de penser et le courage d’agir pour se libérer des carcans du wahhabisme, du frerorisme et du maraboutisme religieux et politique et se consacrer à notre véritable vocation de musulman (mouslimine) : croire librement et faire le bien.

Est-ce nous allons continuer à accepter les narrations comme elles se présentent et en faire des dogmes sans les soumettre au bon sens.  Contre la logique évidente de la narration Charles Perrault veut faire croire aux enfants et aux adultes que la morale de l’histoire est :

Quelque grand que soit l’avantage
De jouir d’un riche héritage
Venant à nous de père en fils,
Aux jeunes gens, pour l’ordinaire,
L’industrie et le savoir-faire
Valent mieux que des biens acquis.

Et pourtant le récit est clair : le fils du Meunier n’a aucun mérite par lui-même et le chat n’a été ni industrieux ni laborieux, mais un manipulateur bonimenteur dont la ruse était facilitée par la naïveté déconcertante des paysans, des animaux, du roi…

Il est vrai que la Renaissance et les Lumières coloraient de leur idéologie matérialiste et « progressiste » toute production littéraire ou philosophique et annonçaient le triomphe du capitalisme technologiste. Ce capitalisme n’est pas fondé sur l’industrie et le génie humain mais sur le commerce inégal, la banque casino et l’exploitation des hommes. Le reste c’est du boniment.  L’Occident renaissant et éclairant a façonné notre mentalité, qu’elle se réclame de la république ou de la monarchie, du progressisme ou de l’islamisme, des gouvernants ou des gouvernés. Il fabrique du leurre pour des consommateurs de leurres surtout lorsqu’il s’enveloppe du merveilleux et du fascinant qui appelle à se démettre de son devoir de responsabilité et de lucidité. La réalité historique des bédouins n’a jamais été le travail, mais la rente y compris la rente religieuse. C’est cette rente qui nous rend acceptable les discours méprisants d’Obama au Caire et de Trump à Riyad.

[bctt tweet= »Ivanka au pays des merveilles » username= »omar_mazri »]

Omar MAZRI – http://liberation-opprimes.net/ivanka-au-pays-des-merveilles/

Alea JASTA est pour les bédouins

 « Alea jacta est » est une locution latine signifiant « le sort en est jeté », ou « les dés sont jetés » attribué à César franchissant le Rubicon (le fleuve faisant frontière entre la Gaule et Rome) et qui voudrait dire qu’il s’en remettait aux événements hasardeux sur lesquels il n’aurait aucune emprise, et sur l’histoire à advenir, car il n’y a plus de possibilités de revenir sur ce qui a décidé et entrepris. Les gouvernants saoudiens n’ont ni la stature de César ni la grandeur de Rome et de son empire, mais juste de l’argent pour corrompre, une rente religieuse pour fasciner, une arrogance et une sénilité les conduisant fatalement à JASTA – Justice Against Sponsors of Terrorism Act – la loi fédérale américaine votée jeudi 29 septembre 2016 par le Congrès des États-Unis  permettant aux cours fédérales américaines de poursuivre des États étrangers qui auraient aidé ou qui aideraient à commettre un acte terroriste contre un intérêt américain. Comme il était hautement prévisible, l’objectif affiché des législateurs américains est de permettre aux proches des victimes des attentats du 11 septembre 2001 de poursuivre en justice l’Arabie saoudite pour son éventuel soutien aux terroristes en cause (15 des 19 terroristes étaient saoudiens) est devenu réalité tangible. Cette réalité vient de se manifester quelques jours après la visite triomphaliste du dauphin saoudien à la Maison Blanche qui a fait croire que sa visite et ses résultats étaient d’importance historique et de portée stratégique. Le cabinet Kreindler & Kreindler vient de demander des dommages et intérêts aux familles des victimes du 9/11 imputant l’attentant aux Saoudiens et aux puissants et vastes réseaux de bienfaisance dont notamment la fondation Al Haramein.

Les séniles et les arrogants, sans stratégie et sans profondeur historique civilisationnelle, ont dilapidé leurs ressources, leurs crédits religieux et leur temps en vanités et corruption, mais le temps est impitoyable pour celui qui ne sait où aller sauf suivre la voix de son maître alors que ce maître est devenu lui-même inaudible, confus, empêtré dans ses contradictions et son essoufflement. La fin annoncée des Saoudiens et réalisée par leurs propres mains est en achèvement par la conjugaison de plusieurs facteurs dont les plus importants :

  • l’enlisement au Yémen qui devient un gouffre financier pour les Saoudiens, un désastre humanitaire et sans doute un processus qui va les conduire à la cour pénale internationale pour crimes de guerre et génocide si d’ici là les Yéménites ne s’emparent pas d’une ou plusieurs provinces saoudiennes.
  • La défaite humiliante en Syrie qui va sans aucun doute d’une manière ou d’une autre leur renvoyer la facture et les groupes terroristes.
  • La perte de crédibilité saoudienne face à l’Iran. Les manœuvres sectaires et idéologiques vont s’estomper pour laisser apparaître d’un côté un pays usurpateur de l’Islam et imposteur des lieux saints sans vision réaliste du monde et sans édifice politique, diplomatique, économique et technologique, d’un autre côté un pays habile et édificateur.
  • La refondation du Moyen-Orient et la réalisation de l’Eurasie avec l’exclusion des monarchies qui vont de fait se trouver des intrus sans place et sans avenir  dans l’environnement géopolitique en émergence qui les cerne déjà militairement, économiquement et politiquement.
  • L’Egypte et la Turquie ne sont pas des alliés stratégiques crédibles et durables pouvant aider les Saoudiens, car ils ne cherchent que la manne financière et le prestige religieux de l’Arabie qui sont d’ailleurs en train de s’évaporer pour ne laisser que les déceptions et les illusions perdues des peuples en souffrance ou en insouciance.
  • L’Arabie est en crise sociale et financière du fait de son financement de la guerre en Syrie (5 milliards de dollars), de la guerre au Yémen (20 à 30 milliards de dollars), de la course à l’armement (100 milliards). Cette course vaine et hémorragique a fait dire à un général américain qu’il trouvait stupide qu’un de leurs alliés dépense des centaines de millions de dollars (tirs de missiles Patriots) contre des quadricoptères de quelques centaines de dollars (drones yéménites) signifiant par-là l’absence de stratégie, de compétence et de bravoure des va-t-en-guerre. Cette crise en accroissement exponentiel : perte de confiance des troupes et prix du pétrole en chute pour des décennies qui annoncent des énergies renouvelables et concurrentielles. La rente ou plutôt les rentes financières, historiques et religieuses ont formaté les esprits et institué une institution de médiocres serviles à tous les niveaux et dans tous les domaines.

Les Etats-Unis n’ont plus besoin des hydrocarbures saoudiens ni de leur sol, car après l’expansion vient inéluctablement le temps de l’autarcie et de l’effondrement comme ce fut pour tous les empires passés.

  • Les Etats-Unis sont en déclin, ils ne peuvent être « garantie » ou « asile » pour leurs protégés, ils ont besoin de vassaux disciplinés et forts. S’ils ne rentrent pas en guerre civile, ils vont se déchirer intérieurement et déchirer leurs alliés. Avec ou sans Trump, les Administrateurs cyniques et cupides de l’Amérique vont saigner à blanc les monarchies en leur faisant payer à prix fort leur sécurité tout en les engageant dans des guerres inutiles et perdues d’avance.
  • L‘Islamophobie continue de jouer ses cartes : frapper le musulman par le musulman pour les faire apparaître tous hideux et ne méritant ni pitié ni considération. N’inspirant ni compassion ni respect, leurs territoires peuvent être livrés à la cupidité vorace ou à la destruction totale les laissant sans ressources, sans perspectives de développement, sans projet de civilisation, sans force de résistance, sans continuité et cohérence dans les géographies, les mentalités, les devenirs et les économies. La Turquie, gouverné par un « illuminé » est en train de sombrer, malgré ses cadres militaires, politiques et économiques de haut niveau. L’Arabie saoudite ne va pas sombrer, elle va se volatiliser au milieu des morts, des appauvris, des imbéciles et des déçus qu’elle a semé dans le monde musulman. Le reste du monde musulman qui aura suivi sa voie sera relégué à un comptoir commercial, une base militaire, une zone de transit démographique pour l’Europe, ou un terrain d’affrontement

Les Saoudiens ne se rendent pas compte de l’imminence et de la gravité du danger qui pèse sur eux : 800 personnes parmi les proches des victimes du 11 septembre viennent de déposer une plainte auprès du tribunal fédéral de Manhattan (New York) contre l’Arabie Saoudite pour son financement d’Al-Qaïda et réclamer en dommages et intérêts une compensation financière qui va s’élever non à quelques millions de dollars, mais probablement à des centaines voire des milliers de milliards de dollars. Les Saoudiens et la médiocratie dans le monde arabe et musulman s’imaginent que les dizaines de sociétéd arabo américaines et l’alliance avec Trump contre l’Iran vont garantir un avenir radieux et une pérennité aux médiocres. Trump lui-même a des problèmes avec les institutions de son pays, la démocratie occidentale, malgré ses défauts et ses lobbies, ne permet de réaliser n’importe quel deal avec la justice. Dans le cas présent, il ne s’agit pas de la justice d’un pays du quart monde ou d’un dictateur, mais celle de l’Empire et de ses sujets avec ses règles, son éthique et sa transparence « relative ». Dans cette affaire il s’agit du pactole de Crésus tant pour les parents de victimes et de la ville de New-York que des géants américains du barreau qui ne perçoivent pas des honoraires, mais des pourcentages qui annoncent des sommes faramineuses. La vente bradée d’Aramco (société américaine saoudienne), les revenus du « tourisme de la dévotion » et la mise en hypothèque du sol saoudien ne suffiront ni à se prémunir contre les accusations du FBI ni à honorer les dommages et intérêts que la Justice viendra à exiger dans un avenir proche en réponse à la plaidoirie de Jim Kreindler. Le Fisc américain en prélevant sa part du butin, donnerait à Trump ou à un autre locataire de la Maison Blanche les moyens de financement public pour le sauvetage de l’Amérique.

Qui sème le vent récolte la tempête, alea JASTA est : le cabinet Kreindler & Kreindler va franchir le Rubicon et mettre en faillite les Saoudiens. Il s’agit d’un groupe d’avocat fondé en 1950 et dirigé par Jim Kreindler l’expert mondial dans les affaires d’accident d’avion qui gagne pratiquement tous ses procès. Il avait représenté les familles qui ont poursuivi la Libye, dans l’affaire du vol Pan Am 103 de la Pan American Airlines explosé au-dessus de Lockerbie en Ecosse sur son chemin à New York en  1988. Il avait fait casquer la compagnie aérienne pour « faute intentionnelle ».

Alea JASTA est, 80 années de servilité fondée sur protection contre pétrole, islamique wahhabite contre indépendance politique et économique des Arabes et des Musulmans vont être renvoyées à l’oubli. Arbi Arbi wa law kana al coulounel Bendaoud.

Ce qu’on appelle l’Etat profond américain (deep state) n’est pas al coulounel qui a servi la grandeur de la France dans les colonies, mais une mentalité, une idéologie, une vision globale et stratégique qui peut pousser Trump à l’inertie défaitiste lorsqu’il voit le principal allié de l’Amérique contre l’Iran, le Hezbollah et les Russes se faire massacrer par les médias et les juges américains. L’Etat profond peut aussi se servir de la période de confusion et d’incertitude aux USA pour se débarrasser d’un allié arabe devenu encombrant et inefficace tout en apportant bénéfice financier à l’Amérique et aux affaires par la mise en banqueroute d’un Etat aussi riche que l’Arabie saoudite. Il est fort probable que le deep state ait admis l’idée du retrait de l’Amérique du Moyen-Orient et qu’il mette la pression sur l’Arabie saoudite pour qu’elle renforce son alliance puis sa vassalité à l’Etat sioniste qui aurait pour charge d’assurer la sécurité des monarchies qui déclarent la guerre aux mouvements de résistance ou qui accomplissent une guerre par procuration contre l’Iran. Nous sommes dans une époque de spectacles et de narratives, la réalité et la vérité sont difficiles à entrevoir. Il faut oser voir toutes les possibilités. En effet les dés sont jetés et rien n’est sous la maîtrise des hommes, l’histoire est en train de s’accomplir d’une manière accélérée défiant les logiques de systèmes et d’appareils, c’est ce que j’avais qualifié de mystique de l’histoire dans mon livre sur les révolutions arabes  « mystique ou mystification » :

{Nous les emmenons par gradation (vers leur fin) de par où  ils n’ont aucun ressenti}  Coran

Enfermé dans nos débats sur le « halal » et le « haram » nous n’avons ni le temps ni l’envie de nous préoccuper de ce que les puissants de ce monde s’autorisent et s’interdisent pour garantir leurs intérêts et leurs privilèges.

Il nous suffit de continuer à mentir sur Allah et de déclarer qu’Il est le Garant et le Défenseur de nos pays et de nous gouvernants comme si Allah pouvait accepter l’incompétence, la trahison et la corruption du seul fait que nous vivons dans des « terres musulmanes » ou que nous portons des prénoms musulmans. La plus grande faillite des Arabes et des Musulmans est dans la croyance de ce genre de mythe que les rentiers de la religion et du pouvoir ont cultivé dans nos esprits infantiles. Alea jacta est, les Syriens dans quelques années viendront, à leur tour, demander aux Arabes et aux Turques dommages et intérêts, les Libyens aux Français…

{Nous avons destiné beaucoup de djinns et d’hommes pour l’Enfer. Ils ont des cœurs, mais ne comprennent pas. Ils ont des yeux, mais ne voient pas. Ils ont des oreilles, mais n’entendent pas. Ceux-là sont comme les bestiaux, même plus égarés encore. Tels sont les insouciants.} Le Coran [7:179]

La déplorable et abominable éviction de Dilma Rousseff

Lorsqu’on voit les stars de la communication-système afficher leurs réjouissances devant le visage défait et les yeux en larmes de Dilma Rousseff quittant le palais présidentiel on doit chercher à trouver la vérité pour se résigner et ne pas devenir obscène.

La vérité est amère et cruelle, mais elle devient sérénité lorsqu’elle est vue dans la réalité du monde tel qu’il est. En réalité il n’y a pas de corruption, car Dilma Rousseff n’a détourné ni deniers publics ni spolié des terres ni abusé de privilèges comme cela est la tradition dans les pays arabes. Elle est une grande militante progressiste à l’instar des grandes figures latino-américaine telles Fidel Castro, Hugo Chavez, Evo Morales et Daniel Ortega. Ces figures n’ont rien à voir avec les bureaucrates du progressisme européen ni avec les manipulateurs du socialisme français, elles sont l’émanation des masses laborieuses et des couches populaires qu’elles ont servies avec dévouement et ténacité au péril de leur vie et de leur crédibilité. Comme un chien accusé de rage pour avoir le droit de le noyer, Dilma Rousseff est accusée de corruption. La corruption dont elle est accusée est en réalité une manipulation des chiffres pour masquer le déficit budgétaire et contenir la crise sociale et économique.

Cette fausse réalité sur la pseudo corruption cache la vérité, celle des alliances diaboliques de l’Empire et du sionisme. Le premier reproche à Dilma Rousseff est son émancipation de l’hégémonie américaine fortement engagée par son prédécesseur et mentor Da Silva. Il lui reproche aussi le dynamisme joué par les BRICS dans l’émergence d’un bloc politico-énonomique  plus ouvert à la Russie et mettant en péril l’hyperpuissance américaine. Le second lui reproche le soutien ferme et non négociable à la cause palestinienne avec des positions hautement courageuses contre l’État israélien: le refus de l’occupation puis le refus de Dani Dayan comme ambassadeur au Brésil en aout 2015. Alors que les Béni Bédouins officialisent leur reconnaissance de l’entité sioniste, les actuels Béni Barzal (arabo-juifs portugais fondateurs du Brésil) dont Dilma Rousseff refusent d’officialiser la nomination de Dani Dayan à cause de ses postes de direction au sein du Conseil Yesha, comité représentant les colonies israéliennes en Cisjordanie.

Dans le rapport des forces mondiales, le départ de Dilma Rousseff est au profit de l’Empire et de ses visées prédatrices et destructrices. Il est dommage que les dirigeants les plus honnêtes et les plus engagés, notamment ceux d’Amérique latine que nous avons évoqués, puissent commettre des fautes politiques en reconduisant des pratiques qui ne siéent pas à leur combat dans l’ordre actuel du monde comme dans le cas de Dilma la manipulation des comptes de L’État. Ces fautes sont exploitées sans pitié par l’Empire qui va empoisonner davantage  la vie de dizaine de millions de gens et introduire les dislocations dans les mentalités, les économies et les sociétés. Les Arabes recommandaient de « ne jamais donner de pierre à son voisin lorsqu’on habite une maison de verre ».

Bien entendu le débat entre partisans d’un coup d’état constitutionnel et d’un respect intégral du vote populaire est ouvert si on fait abstraction des fractures,  des troubles  et des crises qui ne vont pas épargner le Brésil dont la forfaiture ou  l’ambition et l’irresponsabilité  de son vice-président et de sa classe politique ne vont qu’exacerber.  Au delà des considérations politiques, philosophiques et géostratégiques la question morale et humaine est lancinante : peut-on confier aux politiciens ce qui relève de l’éthique, du droit et de la justice ici en l’occurrence la corruption. La véritable démocratie à venir est celle qui soustraira le Juge des autres pouvoirs. Comment avoir une justice au dessus de la politique si le magistrat suprême n’est pas nommé par le peuple ou du moins par ses pairs. Dans ce dernier cas comment valider et reconnaître le grand juge ou la haute magistrature indépendante lorsque les magistrats sont corrompus et  de vils servants des flics et des pouvoirs politiques et économiques. Nous ne pouvons pas réaliser de grands projets d’émancipation de l’impérialisme et du capitalisme si nous restons otage de ses modèles institutionnels et de ses principes.

C’est dans les moments difficiles que la vérité et la réalité doivent s’imposer contre l’esprit partisan pour que notre esprit ne devienne pas otage des manipulations cyniques.

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Omar MAZRI

Source : La déplorable et abominable éviction de Dilma Rousseff

La Tunisie et l’Algérie face aux attentats.

Les attentats perpétrés contre la Tunisie avec l’intensité de leur violence et leur répétition semblent en apparence valider la thèse de la folie de DAESH et consorts qui frappent n’importe où et n’importe quand, d’une manière tant imprévisible qu’insensée. La logique islamiste sans programme politique pourrait laisser croire que la vocation de l’Islam est le terrorisme.

Les individus et les groupuscules qui composent cette armada sont bien entendu des atomes de terreur et de chaos pour multiples raisons : discours religieux immature, situation politique incohérente, désœuvrement mental et social, nihilisme idéologique, fantasme sur une dawla islamique à réaliser par la conquête militaire. Ces tares n’expliquent que partiellement ce qui se passe. En 2010, j’ai écrit deux livres sur l’Islamophobie et la révolution arabe ainsi que des dizaines d’articles et de conférences. Cinq ans après je reste davantage « sidéré » par la lutte idéologique que se livrent les partisans dans le monde arabe que par ma lecture correcte des événements et que le temps a globalement confirmé la justesse. J’ai du mal à comprendre comment la haine d’un régime et la dénonciation de son pouvoir puissent tolérer non seulement le silence, mais l’applaudissement lorsque  les avions et la marine des ennemis de nos peuples détruisent les territoires, font couler le sang des innocents, et éradiquent toute possibilité de développement.

L’islamophobie est littéralement une crainte irrationnelle (relevant de l’affectif) de l’Islam et de ses adeptes. Personne ne peut craindre sans raison un phénomène, un être ou une chose s’il n’a pas auparavant grandi dans l’imaginaire collectif qui cultive cette crainte du fait de l’expérience vécue ou des légendes racontées ou des représentations imaginées et infondées reposant sur l’ignorance. L’Islamophobie est une machine de guerre rationnelle qui instrumentalise les peurs et les ignorances et qui fabrique les expériences de haine, de cruauté et de déraison focalisées sur l’Islam et les musulmans tant dans le monde musulman qu’en Occident. Après le juif errant, l’asiatique jaune, le communiste rouge, c’est au musulman vert de jouer son rôle dans la partition de destruction des mentalités et des diversités. Le drame est que le musulman le fasse parce qu’une partie de lui-même est complice ou otage alors que l’autre partie est inspiratrice de la machinerie diabolique qui fait le travail de sape et de subversion médiatique, idéologique, géopolitique.

Ce travail de sape et de diversion ne peut être joué par des individus ou des groupuscules même s’ils sont l’expression de la cruauté et de la folie la plus inimaginable. Il est joué derrière des paravents par des gouvernements pervers narcissiques qui haïssent l’humain et qui ne sont guidés que par des mobiles bestiaux de prédation vorace et des motivations démoniaques de pouvoir absolu. Les « anges de la terreur » ne sont pas une création ex nihilo spontanée. Cela fait des années que les saoudiens, les turcs, les français et les américains appuyés par des médias, des services et religieux du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ont mobilisé et envoyé en Libye et en Syrie des hordes de « délavés » mentaux pour exécuter leur agenda et brouiller toutes les cartes. Les cercles informés parlent de plus de 7000 tunisiens envoyés au front arabe sans parler de ceux qui attendent de passer à l’action. Ceux qui ont goûté au sang syrien et à la drogue fabriqué en Syrie sont revenus  transformés : plus peur de l’effusion de sang, aguerris au combat et au maniement des armes les plus sophistiquées, maitrisant la rhétorique de l’idéologie takfiriste éradicatrice. Face à leur retour, le terreau est resté toujours fertile. La lutte antiterroriste menée contre les peuples a radicalisé et s’est avérée un échec.  Ce qui aurait dû être fait en matière de développement, de liberté et de changement des mentalités en offrant l’alternative culturelle n’a pas été fait, au contraire ce sont les affaires et la rente qui sont non seulement un argument supplémentaire de révolte, mais une manne pour « le butin de guerre » et les taxes à verser aux seigneurs de guerre. L’attentat de Ben Guerdane, dans le sud-est de la Tunisie, est vraisemblablement l’œuvre de gens de la région qui ont la connaissance du terrain et les réseaux de soutien et d’information. Il n’est ni le premier ni le dernier, mais cette fois-ci ils annoncent des opérations militaires de grande ampleur et de grande durée en Afrique du Nord.

La Tunisie paye le prix du soulèvement des masses populaires, même s’il a été confisqué par les appareils et les petites bourgeoisies. Le potentiel de ce qu’on a nommé le « printemps arabe » pour le récupérer et le soumettre reste intact, car les conditions qui l’ont créé sont toujours présentes : les jeunes et les pauvres exclus de tout avenir et de toute participation au devenir de leur pays. Ben Guerdane est présenté comme un fief islamiste qui a donné des résultats électoraux en faveur des listes islamistes. Cette analyse superficielle occulte le fait que là où le système est défaillant, les populations votent pour les anti systèmes les plus radicalisés. Le vote radical est un prélude à l’action violente. Il serait erroné de croire que la démocratie ne convient pas aux musulmans ou qu’il faut appliquer d’une manière bête et méchante le mot d’ordre guerrier par de liberté pour les ennemis de la démocratie et autres suicides. Il faut revenir à bonne et juste raison et d’accepter la vérité : ce sont les régions les plus déshéritées qui ont en plus des traditions de luttes anti coloniales et de révoltes tribales qui continuent d’être rejetées par les bureaucraties et les rentiers des systèmes post indépendance ou post « révolution arabe ». Bien entendu les administrations occultent l’histoire et la sociologie et imposent des solutions d’en haut sécuritaires ou bureaucratiques oubliant les interpénétrations ethniques et culturelles entre les populations de l’intérieur du Maghreb et en particulier celles du Sud qui communiquent autrement que par la « voix de son maître ». Il n’y a pas d’imperméabilité médiatique et culturelle entre les tribus, nous oublions cette réalité et ses conséquences car nous n’aimons pas le fait tribal qui nous rappelle notre passé et nous nous intéressons à lui que pour corrompre quelques brigands que nous pensons être les chefs de village ou de hameaux. C’est donc très en amont que les Égyptiens, les Tunisiens et les Algériens auraient dû agir pour stopper l’œuvre dévastatrice de l’OTAN et des pervers narcissiques bédouins et turcs. Il aurait fallu d’abord que les trois pays aient suffisamment de liberté de manœuvre, de clairvoyance et de solidarité. La stratégie de la « régression féconde » et du « chaos fondateur » sont connus et suffisamment médiatisés depuis au moins 25 ans pour ne pas jouer à l’imbécile qui découvre qu’il est assis sur une branche sciée et que s’il n’est pas tombé, il ne le doit ni à sa prouesse intellectuelle ni à son agilité physique, mais aux conditions choisies par l’Empire et ses valets.

La Tunisie est, par sa position géographique et par l’implantation des officines étrangères de renseignement et de subversion, le laboratoire par excellence pour exporter le chaos en Afrique du Nord. C’est à partir de la Tunisie que le scénario de « printemps arabe » sous tutelle a été reconduit sur la Libye, l’Égypte et la Syrie avec toutes les conséquences dramatiques que l’on sait.

La Tunisie est, par sa proximité avec la Libye, l’environnement qui subit tous les dommages de la déstabilisation mise en œuvre par les pervers narcissiques arabes, sionistes et occidentaux. Les suites de l’intervention de l’OTAN en Libye avec la bénédiction des élites politiques et religieuses arabes et musulmanes vont continuer à se manifester en Tunisie avec cette fois plus de nuisance puisqu’il s’agit de finir le travail entamé par la liquidation de Maâmar Kadhafi : mettre la Libye sous protectorat militaire, la partitionner et la vider des richesses de son pétrole et de son eau. L’Égypte, la Libye et l’Algérie disposent des plus grandes nappes phréatiques dans le monde pouvant satisfaire les besoins mondiaux  en eau potable et eau d’irrigation. La Tunisie subissant les nuisances à sa frontière et à l’intérieur de ses terres est sans doute invitée à se soumettre et remettre sa souveraineté, son territoire, sa police, son armée et ses services de renseignement aux appareils des pervers narcissiques. Les Algériens doivent se montrer plus vigilants et plus agissants en assistant directement nos frères tunisiens et ne pas les laisser seuls face à l’épreuve. Il ne s’agit pas de les aider symboliquement, mais d’investir des milliards de dollars pour les soutenir socialement et économiquement sans parler du soutien sécuritaire et militaire. C’est dans ce contexte qu’il faut se réveiller et construire le Maghreb des peuples. Même si moralement l’Empire, l’ OTAN et les pervers narcissiques arabes et turcs ont l’entière responsabilité dans l’effondrement (total) de la Libye (et partiellement de la Syrie), leur responsabilité en leur qualité de conquérants ou d’armée d’invasion est toujours engagée sur le plan moral et juridique sur les conséquences humaines, géographiques et socio-économiques de leurs actes.  Chercher un bouc-émissaire c’est dédouaner les véritables criminels et accepter que leur impunité soit totale. Celui qui pense que nous exagérons il faut juste voir comment les DAESH et consorts ont parvenu à instaurer leur suprématie sur l’armée irakienne forte d’un million d’homme équipé et entraîné par l’armée américaine qui a versé une aide militaire de 30 milliards de dollars pour acheter la conscience des irakiens faillitaires qui ont trahi leur nation pour des considérations ethniques et confessionnelles.

L’Égypte et l’Algérie sont visées. Il s’agit d’exercer une pression sécuritaire à leurs frontières pour les pousser à faire des concessions géopolitiques, politiques, sécuritaires et économiques. C’est ainsi qu’on détourne les appareils d’État et c’est ainsi qu’on menace les cadres décisionnaires et qu’on leur arrache les derniers outils de souveraineté nationale.

Il s’agit aussi de les impliquer directement et militairement en Libye en forces armées et sécuritaires agissant consciemment ou inconsciemment pour le compte de l’Empire et de ses alliés occidentaux et arabes. Une fois impliqués dans les engrenages du présentiel en Libye, non seulement le dernier prestige et les dernières ressources s’épuiseront, mais  la subversion interne trouvera les opportunités,  les pertinences et les alliés (conscients ou insensés) pour saper l’édifice fragile. Aucune armée et aucune force de sécurité ne peuvent préserver l’intégrité des frontières ni garantir la paix civile si le peuple continue d’être marginalisé et si les mécontents politiques continuent de cultiver leur ressentiment et leur désir de vengeance.

Nous avons perdu des années en cherchant les faux semblants, les boucs émissaires  et le triomphalisme infantile alors que les pervers narcissiques construisaient  et ajustaient méthodiquement leurs machines de prédation. Il n’est jamais trop tard, l’Algérie a un peuple brave et austère ainsi que des cadres compétents et patriotes qui peuvent faire face à la situation si les bureaucrates et les rentiers trouvaient l’ordre et la rigueur qui mettraient fin à leur nuisance et à leur irresponsabilité.

Si nous continuons d’attendre, la culture de la haine et de la violence qui fabriquent la méfiance et la défiance afin de rendre impossible toute idée de changement vont fatalement miner ce qui nous reste de raison et de rationalité et nous faire croire que le statu quo est la sagesse par excellence et qu’il vaut mieux confier notre destin aux appareils de l’Occident lui-même en déliquescence totale. Ce sont les pervers narcissiques arabes et occidentaux qui ont produit les monstres de DAESH et qui continuent de les manipuler. La lutte idéologique voudrait nous faire croire autre chose. Elle voudrait que la peur et la haine soient telles que nous soyons nous-mêmes qui sollicitons Janus (la divinité à double visage, l’un ouvert à la guerre et l’autre fermé à la paix, les deux visages avec une porte sur le passé et l’autre sur l’avenir abolissant le  présent et la réalité ),  pour nous sauver de nous-mêmes et nous conjurer de nos ennemis faute de saisir la vérité et la réalité.

La lutte idéologique a déjà commencé en Palestine croyant que le régime syrien allait tomber en quelques semaines ou quelques mois.  Elle voudrait que Les monstres, ceux du sionisme et de Daesh et consorts soient l’alternative au HAMAS et au Djihad islamique en Palestine en bloquant toute situation à Gaza et en criminalisant la résistance  à l’occupant dans la région arabe. Tous les événements sont liés par l’histoire, la géographie et la mentalité collective. Au lieu d’appeler l’aide étrangère ou de criminaliser les monstres qui viennent des utérus de nos mères et des semences de nos pères réveillons-nous et osons regarder en face la genèse, les mobiles, les objectifs de ce qui est en train de nous disloquer.  Les luttes idéologiques et les luttes antiterroristes ne peuvent gommer la vérité sur la réalité transnationale qui disloque nos géographies et sapent nos mentalités. Nous ne pouvons nier  la tragédie sur laquelle se tisser les autres tragédies : nos indépendances sont inachevées, nos révolutions sont dévoyées, nos libertés sont confisquées. A partir de là, tous les Janus peuvent nous mener vers leur enfer ou vers leur paradis sans que nous ayons choisi une porte de sortie, un chemin d’accès ou un ticket d’entrée. On nous a tellement rempli notre imaginaire de mythes que nous sommes devenus incapables d’imaginer le désir et  les moyens de nous défendre.

[bctt tweet= »La Tunisie et l’Algérie face aux attentats »]

Omar MAZRI

SOURCE : La Tunisie et l’Algérie face aux attentats

Le Hezbollah confronté aux pervers narcissiques

Les grands pervers narcissiques viennent d’imposer leur folie destructrice aux minuscules et insignifiantes marionnettes du monde arabe :

1 – Ils criminalisent le Hezbollah libanais faisant de lui un terroriste ouvrant ainsi la porte à la négation de toutes les résistances arabes contre l’occupant sioniste actuelle et l’occupant à venir et qui pointe déjà son nez et ses oreilles.

2 – Ils reconnaissent implicitement l’entité « Israël » qui se voit reconnaître comme « État » et non plus comme « ennemi » ouvrant ainsi la normalisation des relations avec le sionisme. En faisant du Hezbollah une milice terroriste, on occulte le terrorisme du sionisme contre les Palestiniens et on passe sous silence la violence et le chaos des mouvements d’inspiration wahhabite contre les Musulmans et les Arabes. Je continue d’affirmer que la guerre menée contre la Libye et celles menées contre la Syrie visent à disloquer la mentalité, le territoire, l’ histoire et l’économie des Arabes pour que Israël reste hégémonique dans la région sans crainte d’une opposition ou d’une rivalité.

3 – Ils condamnent l’Iran lui reprochant d’avoir de l’influence géostratégique reconnaissant ainsi qu’ils sont sans influence malgré leur manne financière et leur puissance médiatique.

4 – Ils préconisent la guerre civile au Liban faisant semblant d’oublier que le Hezbollah est non seulement un constituant majeur de la vie politique, institutionnelle et sociale du Liban, mais le maillon le plus fort, le plus structuré et le plus décisif.

Si en Syrie et en Libye les compromissions ont donné caution morale, religieuse et diplomatique à l’intervention directe ou déguisé de l’OTAN, cette-fois c’est la même caution qui est donnée à l’entité sioniste contre la résistance libanaise et palestinienne. On peut reprocher au Hezbollah la croyance au Faqih dirigeant, c’est sa foi on peut lui opposer une autre vision du monde. On peut reprocher au Hezbollah sa présence en Syrie et dans ce cas on peut lui faire des reproches acceptables et tolérables. Même sur ce plan, assez tôt j’ai expliqué, avant qu’il ne prenne sa décision d’intervenir en Syrie, que le Hezbollah allait être conduit objectivement et inévitablement à se déployer militairement en Syrie. En plus de la nécessité vitale, l’expérience va lui donner une autre compétence militaire contre l’entité sioniste. Par ailleurs il dispose de la légalité d’intervenir, à l’instar des Iraniens et des Russes, puisque c’est le régime syrien, toujours en place et toujours légitime, a fait appel à lui. Les Saoudiens, les Turcs et leurs mentors occidentaux en supervisant la rébellion armée sont en réalité dans l’illégalité la plus totale si on se réfère au droit international et à l’ONU. Comme les camélidés, les gouvernants arabes écrasent sous leurs pattes ce qui leur est donné à cultiver. Leur vocation est de porter les fardeaux d’autrui.

Nos analyses antérieures nous montraient la constitution d’une armée arabe sous commandement de l’OTAN, les choses sont en train de se précipiter : nous assistons à l’émergence d’une arabité sionisante qui est née depuis longtemps déjà en parvenant à cacher sa présence et sa nuisance sous les habillages religieux et nationalistes. Ce qui nous surprend c’est le pourquoi de cette manifestation en ces moments singuliers où l’avenir du monde est en train réellement de se jouer.

Il est vrai que les bédouins pseudo sunnites ont une haine politique, idéologique et militaire à l’égard du Hezbollah chiite qui va les conduire à l’humiliation, car à chaque confrontation ils sortent perdants et sans boussole. La position algérienne devrait revenir à plus d’objectivité et d’impartialité. Les Algériens ne sont pas des mendiants attendant la charité saoudienne.

Les Saoudiens sont en train de révéler chaque jour, après la Libye, la Syrie et le Yémen, leur laideur et leur imbécillité politique et médiatique. Je continue à croire et à défendre mes arguments exposés depuis 2010 : l’islamophobie est la compétence diabolique à saper les musulmans et à les pousser à produire de la méfiance entre eux et à susciter de la défiance de la part des autres dans le seul but : ne plus inspirer de la pitié lorsque leurs territoires seront disloqués et leurs corps mutilés. Humiliés et anéantis ils ne peuvent prétendre à aucun rôle civilisationnel sauf celui d’être comptoir commercial ou base coloniale.

Peut-être que ce qui se passe est un bien pour nous. Ainsi on arrête de vivre les fantasmes que le passé décadent et l’Empire ont cultivé en nous : l’arabisme et l’islamisme. Libérés de nos utopies et de nos instrumentalisations de la religion et de la patrie peut-être  que nous aurions plus de dispositions intellectuelles et géopolitiques à nous fédérer avec les peuples du voisinage sur la base de la proximité des géographies, des aspirations populaires et des interactions sociales et économiques. Les Libanais qui connaissent le prix de la guerre civile ne vont pas laisser les « sunnites » inféodés à l’Arabie saoudite agir comme des insensés et leur retenue va frapper comme une gifle cinglante les « Serviteurs des lieux saints de l’Islam » qui ont trahi Al Qods autre lieu saint, la première Qibla du Prophète (saws). On ne sait plus s’il faut verser des larmes de torrents à force de  pleurer devant tant de malheurs  ou de rire devant tant de stupidités.

Peut-être que nous reviendrons à une compréhension saine et efficace de l’Islam pour lui redonner sa vocation libératrice et civilisationnelle.  Tout change sauf la Parole d’Allah (Acte et  verbe) immuable :

{Si vous vous détournez, Il vous remplacera par un autre peuple, et ces gens ne vous ressembleront pas.} Mohammed 38

[bctt tweet= »Le Hezbollah confronté aux pervers narcissiques »]

PS : Les médias algériens nous informent que les autorités algériennes, par la bouche du MAE, ne sont pas engagées  par le communiqué de la Ligue arabe et sa position néfaste à l’égard de la résistance palestinienne et du Hezbollah.  Il en serait de même de la Tunisie.

Érysichthon de Thessalie en terres arabes

Érysichthon, prince de Thessalie fils de Triopas roi de Thessalie, ordonne à ses courtisans d’abattre le peuplier sacré destiné au culte de Déméter, la déesse grecque de l’agriculture. Tous les hommes qui s’opposèrent au sacrilège furent décapités, exilés ou emprisonnés. Déméter ordonne alors à la prêtresse Nicippé d’aller raisonner Érysichthon, mais en vain. Déo, une des dryades (nymphes déesses mineures présidant au culte des arbres)  qui vivait dans l’arbre le prévient qu’il sera châtié, mais il persiste à abattre l’arbre sacré. Il persiste et abat l’arbre.  Déméter, pour le punir,  l’affecte alors d’une faim insatiable.  Tourmenté par sa faim dévorante il vend tout ce qu’il possédait pour assouvir son appétit sans fin. En quelques jours il a mangé autant de provisions que la population d’une grande cité. Très vite, tout son or et ses biens sont engloutis dans l’achat de nourriture. Il ne lui reste alors qu’à vendre comme esclave sa jeune et jolie fille Mestra. Mestra, ne voulant pas devenir esclave demande à Poséidon de lui accorder le don de se métamorphoser à volonté, en humain ou en animal. Elle peut ainsi pourvoir à la subsistance de son père qui parvient à la revendre grâce à sa capacité d’échapper aux acheteurs en changeant de forme. La fille lassée d’être traitée en esclave par son père, se métamorphose et échappe à son regard et à son emprise. La spirale infernale de manger, manger et encore manger ne peut être rassasié par vendre et revendre l’unique et dernier bien qui a fini par se volatiliser. Le roi Triopas ruiné et honteux par la conduite du prince Érysichthon décide de répudier  son fils Érysichthon dépensier insatiable.  Érysichthon privé de filiation et de biens va passer les derniers jours de sa  vie à mendier et fouiller les ordures. Rien ne pouvait freiner sa faim dévorante : il n’avait le choix qu’entre deux résignations cruelles : mourir de faim ou se dévorer les mains. La faim est plus forte : il meurt en se dévorant lui-même.

Erysichthonisme n’a rien à voir avec l’analgésie où celui qui en est atteint peut se mordre les doigts et la chair jusqu’à l’os. Sans L’analgésie congénitale, cette maladie qui empêche de ressentir toute douleur physique est une forme grave, mais rare. Elle est grave, car elle provoque des handicaps lourds faute de précautions devant l’absence de signaux d’alarme. Elle est rare, car c’est une mutation génétique qui ne concerne que quelques personnes dans le monde et qui montre  dans leur cas que ce qui semble être un avantage (ne pas souffrir) est en réalité un inconvénient majeur. Le mythe d’Érysichthon ou le syndrome « bouffe jusqu’à bouffer le monde, bouffe jusqu’à te bouffer » est plus grave, car il met en danger les peuples et les ressources d’une nation voire la paix dans le monde. Par contre, il n’est pas rare, lorsqu’on observe le système de rente et le mode de gouvernement,  d’appropriation des biens et de consommation tant matérielle qu’immatérielle. Il est l’aboutissement logique des systèmes pervers narcissiques : l’enfantement des monstres.

Ce mythe montre la fin violente et tragique de ceux qui pratiquent la prédation avec voracité et qui commettent des actes sacrilèges.  Combien de rois, de princes, de présidents, de gouvernants, d’administrateurs, dans les contrées arabes et musulmanes vivent sans dévorer les biens de la nation? Quelle funeste destinée les attend? On peut se consoler en se disant que les Européens et les Américains cultivent le même mythe avec une façade démocratique et une narrative médiatique qui font illusion de bonne gouvernance. C’est partout kifkif, sauf que les uns y mettent la brutalité du « non-civilisé » et d’autres le raffinement du « civilisé ». Regardez ce qu’ils ont fait en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie, au Yémen, et ce qu’ils comptent faire de nouveau en Syrie, en Libye, au Liban, en Algérie et en Égypte. La liste n’est pas exhaustive. Jamais l’urgence et la priorité n’ont été aussi fortes que maintenant pour fédérer les honnêtes gens contre le massacre préparé contre les peuples, la confiscation de leurs ressources, la spoliation  de leurs  territoire et le démantèlement de ce qui leur reste valide comme principe et mémoire. Changer de régime ne doit pas se faire sur les décombres d’un pays et l’effusion du sang de ses habitants.

Les « bouffeurs » dévorants et insatiables sont des fauteurs de troubles, mais dialectiquement ils sont aussi le symptôme de la fin d’un système qui ne peut plus se régénérer par l’effort, l’intelligence et l’innovation. Il est otage de ses « sacrilèges », de son impunité,  de sa force, de ses appétits  et de ses clients : il court inévitablement et inexorablement  à sa perte comme les héros tragiques des mythes grecs.

Le mythe n’est ni un conte pour enfant ni une affabulation pour sénile, mais mémoire horrifiée qui se fabrique une catharsis sociale afin d’évacuer les drames légués par l’histoire et continuer à survivre.  Dans un siècle la mémoire arabe aura fabriqué une narrative pour raconter comment deux irresponsables, un monarque  sénile et son fils, ministre de la défense,  fou démoniaque, ont dévoré le monde arabe. Pour les naïfs et les sectaires on va leur rappeler quelques vérités occultées par ceux qui cherchent à déchirer le Liban et qui mobilisent les insensés contre le Hezbollah libanais sous prétexte qu’il est hezb as chaytan, l’agent de l’Iran, le collabo d’Israël, le bâtard et autres vulgarités pour le faire dévorer par le sionisme et son maître l’Empire. La force sociale, politique et militaire du Hezbollah est consacrée, en partie,  par l’accord (traité inter-libanais) de Taëf (Arabie saoudite) signé le 22 octobre 1989 pour mettre fin à la guerre civile de 1975.  Cet accord, sous couvert d’une commission tripartite (Algérie, Maroc, Arabie saoudite) parrainé par l’Arabie saoudite reconnaissait de facto le caractère politico confessionnel du Liban, la tutelle de la Syrie et la souveraineté du Liban. En toile de fond, l’accord, sur demande américaine :

1 – Il éliminait la seule et véritable force politique et militaire sunnite opposée à Israël : Les palestiniens.

2 – Il préparait les accords d’Oslo et la reconnaissance d’Israël.

3 – Il préconisait la reconstruction de Beyrouth dont les concepteurs et les réalisateurs étaient la Banque mondiale et le bureau saoudien « Dar al Handassa ». Il s’agissait pour un coût de 1000 milliards  de dollars de changer radicalement (occidentaliser) l’architecture, l’urbain et la mentalité pour que le Liban perde son arabité, sa médiation entre l’Orient et l’Occident et se confine dans le nouveau rôle de porte d’entrée de l’Occident en terres arabes.

4 – Il fomentait une guerre fratricide entre les musulmans appelés à se déchirer sur les questions ethniques, confessionnelles, idéologiques et territoriales. Bernard Levy et Bresinsky le disaient ouvertement dans leurs livres.

Mais, les Palestiniens et les Libanais ont réussi à déjouer ce complot et continuent de résister.

La voracité des « Bédouins » et la prédation de l’Empire vont durer encore longtemps jusqu’à ce que la monstruosité de leur entreprise ne trouve plus de naïfs et de sectaires pour se nourrir et finir par s’auto phagocyter. Pour l’instant, en arrêtant de financer l’armée libanaise non seulement l’Arabie saoudite montre qu’elle est en train de se dévorer médiatiquement et diplomatiquement, mais qu’elle le fait d’une façon maladroite et odieuse juste avant qu’elle ne soit épinglée par le parlement européen qui demande un embargo  sur les livraisons d’armes des pays de l’Union européenne à l’Arabie saoudite.

Si les mythes  sont vrais et ont la vie dure, les miteux vont être dévorés sinon ils vont se dévorer selon la loi implacable :

Comme tu fais il te sera fait

[bctt tweet= »Érysichthon de Thessalie en terres arabes »]

Omar MAZRI, auteur et écrivain

Source : Érysichthon de Thessalie en terres arabes

 

Adieu Mohammed Hassanein Haykal

Le monde arabe et musulman vient de perdre une pensée lucide, une plume bénie, une intelligence vive et perspicace, un engagement politique, une personnalité brillante et hors pair, une mine d’or informationnelle et documentaire. Qu’Allah accorde à Mohammed Hassanein Haykal ( محمد حسنين هيكل ) Sa Miséricorde et le Paradis et qu’Il nous donne d’autres hommes de sa valeur et de sa trempe.