Résister aux préjugés et au désordre

Une lectrice m’a fait la remarque pertinente sur l’omission d’une partie de la traduction de l’énoncé coranique dans  » Préjugés et ruines de l’esprit  « . J’avais réalisé une ellipse pour laisser  au lecteur le soin de continuer sa propre lecture sur le canevas que j’avais tracé ou sur un autre canevas que mon article aurait inspiré. Je reviens donc sur le sujet en tissant d’autres liens et en dévoilant d’autres sens que j’avais omis ou réduits. Je reviens donc sur l’énoncé coranique et sur ce qu’il m’inspire :

dhan

{Si deux groupes de croyants se combattent, réconciliez-les. Si alors l’un des deux groupes tyrannise l’autre, combattez celui qui tyrannise jusqu’à ce qu’il revienne à l’Ordre d’Allah. S’il revient, réconciliez-les avec justice et soyez équitables. Certes, Allah Aime les équitables.} Al Houjourate 9

Est-ce que les Musulmans peuvent prendre des armes et entrer en guerre les uns contre les autres ?

Une minorité le pense en faisant cas du contexte social et historique de ce verset. La majorité réfutent cette hypothèse et se référant aux Hadiths et à l’histoire du monde musulman.

Les livres du Hadith ne rapportent aucune guerre entre les musulmans du temps du Prophète (saws). Ils expliquent ce verset en rapportant  les incidents sociaux qui ont poussé deux groupes de musulmans à se quereller et à en venir aux mains.

Pour Moslem et  Boukhari il s’agit de quolibets que se sont renvoyés deux musulmans après que  l’un s’est moqué de l’autre en le  voyant marcher derrière un âne puant. Le  bruit et la violence des mots ont fini par  attirer la foule qui s’est divisée en deux. Chacune prenant parti pour un homme puis pour un groupe puis pour un clan. La moquerie entre deux individus avait dégénéré en partis pris sociaux comme du temps de la Jahiliya.  Pour d’autres narrateurs,  il s’agissait d’un problème de couple qui avait dégénéré en querelles de famille pour aboutir finalement  en un complexe de problèmes compliqués entre clans ou entre tribus.

Il est possible que le Coran aborde plusieurs phénomènes sociaux de même nature, mais d’expressions différentes.  Cependant tous les narrateurs d’accordent à dire qu’il n’y a jamais eu de port d’armes ou d’usages d’armes entre les musulmans du temps du Prophète. Le Coran dépeint cette dispute comme un combat guerrier.

Le  Coran dépeint les préjugés et l’esprit de clan – qui n’avaient pas encore été gommés par l’Islam – à l’origine de la dispute entre croyants comme un combat meurtrier pour montrer leur  gravité et leurs conséquences qui peuvent être horribles comme ceux d’une guerre fratricide. Lorsque les préjugés s’installent et deviennent coutume ils provoquent la rupture avec l’esprit de l’Islam et sapent l’unité du monde musulman qui se trouve déchiré par des guerres fratricides. L’unité des musulmans est sacrée. Les préjugés font oublier la sacralité de cette unité et la font voler en éclat. Le déchirement social qui peut être provoqué par une dispute entre gens du commun dans une société qui cultive le chauvinisme et l’esprit tribal devient un volcan de violences et une effusion de sang lorsque ses artisans sont des « savants » écoutés et vénérés ou des chefs de partis politiques démagogues et irresponsables.

C’est pour prévenir cette guerre dont la probabilité dépend du manque de vigilance et du chauvinisme que le musulman doit lutter contre les préjugés hérités de l’obscurantisme et les comportements malsains qui cultivent le moi égocentriste incitateur au mal et dépréciateur des autres. Le Coran fixe un certain nombre de règles dont :

–          Le musulman est le frère du musulman : sa vie, son honneur et ses biens sont sacrés

–          Le musulman doit éviter de recourir à la médisance, à l’insulte et à l’espionnage.

–          Le Coran ne demande pas de réconcilier deux antagonistes qui ne veulent pas se réconcilier, il demande de prendre position en faveur de celui qui tyrannise l’autre dans le sens de celui qui refuse la réconciliation. Celui qui connait l’Islam sait que la réconciliation pour être durable et authentique doit se construire sur la vérité, la justice, la morale et l’adhésion.

Il ne s’agit pas de réciter ces règles, mais d’en faire une culture c’est-à-dire le canevas de nos comportements sociaux, politiques et idéiques. L’insenséïsme c’est de proclamer ces règles en vue d’obtenir dans le fait social le contraire de ces règles. Les insensés semblent être de plus en plus nombreux dans un monde qui a perdu ses références morales, religieuses, sociales et historiques.

Ce verset a été utilisé comme référence par certains empressés et par certains chauvins, dans le passé et aujourd’hui, pour prendre parti et s’engager dans un clan contre l’autre favorisant ainsi l’esprit de clan, la fitna, la lutte fratricide interconfessionnelle, la prise de pouvoir, l’effusion de sang…

Le préjugé partisan et sectaire ainsi que l’ignorance qui fonde le préjugé sont le voile qui donne à ce verset un sens autre que celui donné par son contexte, son objectif et son mode opératoire de fondation et de fédération de la communauté musulmane appelée à jouer un rôle de libération des préjugés et d’édification de civilisation morale. Le verset montre comment cimenter la communauté musulmane et comment elle doit agir, en amont et en aval d’une crise, pour ne pas en devenir l’otage. Les partisans de la Fitna ont voulu et veulent toujours lui donner un autre sens, celui qui sied à leur lecture partisane contraire à la démarche prophétique.

L’esprit partisan se croit détenteur d’une voix plus forte, plus juste et plus compétente que celle du Prophète (saws). Il va jusqu’à s’inventer des artifices pour détourner le sens de la parole coranique et de la parole prophétique. Et pourtant  le Prophète (saws) a interdit de lever une arme contre le musulman. Il a préconisé dans les temps de troubles au marcheur de s’arrêter, à celui qui est debout de s’assoir, à l’assis de de coucher. Il a demandé de rentrer chez soi et de se tenir loin de la Fitna. A la question que faire face à un agresseur il a préconisé de se réfugier chez soi et si l’assaillant nous poursuit de nous réfugier dans notre lieu de prière et s’il nous poursuit sur le lieu de prière de se couvrir la tête. Il s’agit du choix de mourir en martyr et de sauver son âme de l’Enfer que de la perdre en donnant la mort à un musulman même si ce musulman a perdu la tête par sa quête de pouvoir ou par son esprit chauvin qui lui fait comprendre le Coran et la Sunna comme des terreurs contre les musulmans et non comme une miséricorde pour l’humanité.

Nul n’ignore que la majorité des Sahàbas et des Tàbi’ines avaient refusé de rejoindre Ali dans sa confrontation avec Mou’awiya. Ali (ra) était pourtant dans son droit religieux et possédait la légitimité politique. Ceux qui ont refusé de combattre à ses côtés (ou contre lui) ne l’ont pas fait par lâcheté ou par trahison. Pour eux  il ne s’agissait pas dans le contexte social et politique de leur époque  de mettre en application la réconciliation entre musulmans et de lutter contre celui qui tyrannise comme le stipule la sourate Al Houjourate, mais de donner crédit à l’esprit partisan qui allait saper l’Islam, de donner légitimité à la lutte armée pour le pouvoir, et de participer à l’effusion du sang des musulmans. Il ne s’agit pas de réveiller des douleurs historiques ou de soulever un débat politique ou  théologique sur le schisme idéologique dans l’Islam , mais de dire que les grandes figures de l’Islam, proches de l’esprit et du temps du Prophète (saws) refusaient les arguments religieux à visée politique et refusaient de prendre part à l’effusion de sang. Dans le doute ou dans l’embarras ils ont préféré le désistement, le renoncement. C’est un héritage lourd que nous devons porter et surmonter si  nous voulons nous libérer  de nos préjugés. Il y a eu un déficit de communication et d’études historiques sur une partie sombre de l’histoire musulmane. Le Prophète (saws) avait prédit cette fitna et son issue.

A la lumière du Coran et de l’Histoire il serait sans doute intéressant de se prononcer sur le plan religieux, moral et géopolitique sur la nature de la transgression que nous devons désavouer et le cas échéant combattre.  Le régime qui superficiellement se revendique de l’Islam, mais dans les faits épuisent les ressources du monde musulman et les soumet à l’Empire et au sionisme est-il préférable à un régime qui se revendique « laïc », mais dans les faits tentent de se libérer de l’emprise de l’Empire et soutient la résistance palestinienne et libanaise. Je n’ai ni la compétence ni l’autorité  pour le faire. Je me positionne par rapport à ce que je sais du Coran. Mon savoir est limité. Devant les avis divergents j’ai recours ma raison et à mes sentiments comme le stipule le Hadith :

« Le bien est ce qui tranquillise l’esprit et apaise le cœur, le mal est ce qui met la confusion dans l’esprit et tourmente le cœur. Délaisse ce qui apporte la confusion et le doute pour ce qui apporte la certitude et la sérénité. Et celà même si les gens t’apportent d’autres conseils (Fatwas) »

Nous ne pouvons pas tous être des insensés et même si le nombre des sensés est un petit nombre avec des voix faible il y a suffisamment de référence à la vérité ou du moins le vraisemblable. Jamais la communauté musulmane  ne se réunira sur un égarement et il y aura toujours des musulmans qui porteront l’étendard de la vérité très haut et ce jusqu’à la fin du monde. Pour l’instant et dans les circonstances actuelles il faut garder en tête qu’ Ibn Massoud, que le Prophète (saws) a qualifié de savant de l’Islam, a explicitement interprété ce verset comme le devoir des musulmans de porter assistance au pouvoir lorsqu’il lutte pour rendre justice ou lorsqu’il réprime l’injustice. Il n’a jamais été question de lutter armes à la main pour s’emparer du pouvoir considéré comme chose mondaine éphémère. La vie du musulman est plus sacrée que la Kaaba. Le Prophète (saws) a parachevé sa mission lors du sermon d’adieu :

« Ne devenez par renégats après moi, vous tuant les uns les autres »

Et pourtant on enseigne dans nos mosquées  les dix manquements à la foi du Cheikh Mohammed Ibn Abdelwahhab qui n’évoque pas l’attentat à la vie du musulman. Nous pouvons par souci pédagogique expliquer les règles qui invalident la foi (il y a plus de dix) afin de préserver la foi et la communauté, mais je ne pense pas qu’il faille en faire des instruments pour apostasier des Musulmans et les exclure de la communauté ou de porter atteinte à leur vie :

« Qui apostasie un croyant c’est comme s’il l’avait tué »

Les partisans du Cheikh délaissent le Coran et la Sunna. On peut comprendre sa préoccupation : son époque était dominée par la magie et par le fétichisme des Arabes redevenus païens. On ne peut pas comprendre la préoccupation de ses partisans. Comme on ne peut pas comprendre les partisans des Frères musulmans qui mettent leur confrérie au-dessus de ceux de  la communauté musulmane ou qui confondent leur idéologie avec l’Islam. Les uns et les autres font une lecture partielle et partisane du Coran. Ils accusent d’apostasie ceux qui ne suivent pas leur voie, mais ils ne voient pas l’apostasie de celui qui tue un musulman ou qui tue un être humain hors du droit légal et de son appareil de justice. On ne peut pas comprendre que ceux qui se réclament du consensus et qui ne citent que les références qui appuient leurs thèses puissent diviser la communauté musulmane au lieu de chercher la réconciliation entre musulmans et la fédération de toutes les couches et de toutes les énergies du monde musulman.

Lorsque l’on se met à étudier ces versets, juste pour comprendre, les comprendre et comprendre le monde, on est frappé par l’exigence qu’ils réclament : Al Qist (l’équité).

taifa2 ALLAH AIME LES ÉQUITABLES

 

L’équité c’est non seulement rendre justice, mais rendre justice de la manière la plus parfaite, la plus juste et  de la manière qui puisse être exécutée de la manière la plus efficace et la plus judicieuse pour mettre fin aux agissements du malfaiteur et rétablir les droits des ayants droit. L’équité ne permet pas de rendre une justice dans le désordre, ou de commettre d’autres injustices en rendant justice, ou de rendre justice par le recours à la lettre   du texte de référence sans tenir compte de son esprit et des conditions réelles de sa mise en application. L’équité (Al Qist) est également rendre justice sans léser le coupable en lui faisant porter des responsabilités qui ne sont pas de son ressort ou lui faire subir des peines pour des faits non prouvés.

Les savants musulmans étaient soucieux de la justice et de l’équité. Ils n’étaient ni les savants du palais ni les savants de l’opposition. Ils cherchaient la vérité et l’équité. Dans cette recherche ils ne pouvaient tolérer qu’au nom de la vérité, de la justice ou de la religion on puisse provoquer l’effusion de sang ou fracturer la communauté musulmane et la laisser s’atomiser en partis et en sectes. La majorité des exégètes disent qu’il est du devoir des musulmans d’assister le gouvernant à rendre justice avec équité contre un coupable qui touche à l’intégrité du musulman ou à l’intégrité de la communauté musulmane.   L’équité exige un État et un pouvoir par lequel s’exerce l’appareil de justice et de sécurité.

Lorsque le pouvoir politique est défaillent ou lorsque lui-même est coupable, les exégètes préconisent le recours au principe du bon conseil. Il ne s’agit donc pas de tolérer ou de se soumettre à l’injustice du gouvernant, mais de le mettre devant ses responsabilités morales, religieuses et politiques et le cas échéant de refuser de lui obéir lorsque l’obéissance conduit à la transgression de ce qui fait l’Islam : la foi, les principes du Coran et de la Sunna, et la constitution de la communauté. Celui qui tolère la transgression est complice. Celui qui participe à la sédition armée semant le désordre et provoquant l’effusion de sang a perdu le sens de l’équité et devient coupable car il a participé à l’attentat contre la vie humaine, contre l’existence d’une communauté unie et en sécurité, il a transgressé le Coran et la Sunna en semant le désordre sur terre croyant lutter contre l’injustice et l’oppression.

Les termes coraniques « Al Baghyou » et « Bagha » ne signifient pas tyrannie et tyranniser, mais transgression et transgresser. Le consensus des anciens  n’est pas celui que les médias nous présentent comme mobilisation armée et séditieuse  contre un gouvernant  musulman rejeté par une faction. Le consensus sur la transgression est établi contre celui qui refuse de se soumettre à la justice rendue, de se conformer au jugement établi en référence argumentée au Coran et à la Sunna, de se joindre à la communauté des musulmans (Al Jam’âa). La jama’â est l’assemblée des musulmans, l’ensemble des musulmans. Il ne s’agit pas d’une faction ou d’une secte qui s’autoproclame le « Messie sauveur » ou le « Messie rédempteur ».

La réconciliation, la lutte contre la transgression ont pour but de conserver intact les liens religieux, sociaux et économiques qui fédèrent une communauté humaine sur des valeurs partagées, un territoire commun, un vouloir vivre ensemble, un partage mutuel des droits et des devoirs. Celui qui casse ses principes, même s’il le fait au nom de la Jama’â ou au nom de l’Islam ou au nom de la lutte contre l’oppression, a cassé l’unité que le Coran a signifié comme valeur sacrée.

Il est remarquable de constater le futur hypothétique et le conditionnel du « Inn » dans cette sourate :

taifa5

{si un perverti vous apporte une nouvelle} Al Houjourate 6

taifa4

{Et si deux groupes de croyants se combattent}  Al Houjourate 9

Pour le Coran ces deux possibilités dramatiques sont limitées par la foi et le sens communautaire qui ont le pouvoir de les confiner dans le temps et dans l’espace à n’être que des épiphénomènes, des accidents, des pertes de vigilance passagers. Si ces possibilités deviennent des phénomènes c’est-à-dire des faits installés dans le temps et dans l’espace, le savant musulman doit se montrer vigilant, car l’exception gravissime s’installe comme une règle et le problème de fond est posé. Ce problème est au niveau de la foi et de la communauté : quelle est leur sens,  leur vocation et leur devenir. La fuite en avant ou la référence à des situations de catastrophes qui poussent à répondre au désordre par le désordre n’apportent ni réponse ni solution. Elles contribuent à la transgression et au déchirement de la communauté.

Le salafisme, le frérisme, le coup d’État militaire, l’émeute, la démocratie et tout autre artifice ne vont rien apporter de bien si le changement ne se fait pas comme l’a annoncé Allah : un changement global. Le changement dans l’être ontologique et dans l’être social  : dans leur façon de penser, de croire, de vouloir, de faire, de devoir, de savoir…

{Allah ne change point en la situation d’un peuple tant que celui-ci ne change pas ce qui est en lui} Ar Raâd 13

Nous sommes condamnés à réviser notre  foi et à revoir sa dimension sociale et idéologique dans la communauté et dans ce qui lui donne existence : le territoire, la mentalité, l’économie, la représentation du devenir…

Nous sommes condamnés à revoir notre système d’éducation, notre système de représentation du monde et notre lecture du Coran et de la Sunna pour rendre impossible ou plutôt  inopérant ce qui nous pousse à transgresser et à nous déchirer au lieu d’édifier et de fédérer. Le Coran nous a donné trois clés :

La première consiste à disposer des instruments de connaissance, d’observation et de veille pour analyser, juger et choisir libérés de l’illusion, du préjugé et de la manipulation. Il faut agir en amont et ne pas se laisser surprendre par la subversion :

{O vous qui êtes devenus croyants, si un perverti vous apporte une nouvelle, examinez-la pour que vous ne portiez atteinte à des gens par ignorance…} Al Houjourat 6

{O vous qui êtes devenus croyants, évitez beaucoup de conjectures : certaines conjectures sont des péchés.} Al Houjourat 12

La seconde consiste à réparer. La meilleure réparation est la réconciliation juste et équitable :

{Et si deux groupes de croyants se combattent, réconciliez-les} Al Houjourat 9

La troisième est de prendre position et d’agir avec détermination contre le transgresseur qui refuse la réconciliation, la justice et l’unité de la communauté sans que l’action porte atteinte à l’État ou  nuise à la sécurité et à la paix des citoyens :

{Si alors l’un des deux groupes transgresse l’autre, combattez celui qui transgresse jusqu’à ce qu’il revienne à l’Ordre d’Allah. S’il revient, réconciliez-les avec justice et soyez équitables. Certes, Allah Aime les équitables.} Al Houjourat 9

L’ordre d’Allah ce n’est pas seulement la Charia islamique comprise dans son sens étroit de lois, c’est aussi la paix, la justice, la sécurité, la nourriture, le savoir, l’unité fraternelle, la solidarité sociale,  et en priorité la fin de l’effusion de sang et la dispersion des efforts. Impossible de ramener la paix, la sécurité et de faire régner la justice et l’équité qui sont les fondamentaux de l’Islam avec un esprit partisan ou sectaire. Croire au pouvoir politique comme la voie miracle c’est se croire au dessus de la voie prophétique. Le pouvoir n’est qu’un instrument parmi tant d’autres. Ces instruments ne sont efficaces que si leur usage se fait dans les conditions favorables,  s’appliquent sur des possibilités réelles et avec le concours de l’ensemble de la communauté musulmane dans toute sa diversité.

Lorsque la communauté musulmane dispose de ses trois clés alors elle peut jouer le rôle qui lui est impartie : témoigner auprès des hommes et fédérer l’humanité sur des valeurs autres que celles des empires et des démons : la fraternité adamique

{O vous qui êtes devenus croyants : Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des peuples et des tribus pour que vous fassiez connaissance. Certes, le plus élevé d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux.}  Al Houjourat 13

Cette communauté musulmane prospère par sa foi agissante et par sa solidarité fraternelle avec l’humanité exige l’effacement du Moi arrogant qui se croit dépositaire du savoir divin et exécuteur du dessein divin. C’est ce que nous dit la fin de la sourate :

{Ils pensent te faire une faveur d’avoir adopté l’Islam ! Dis : « Vous ne me faites aucune faveur avec votre adoption de l’Islam. Mais c’est Allah qui vous fait une faveur en vous guidant vers la foi, si vous êtes véridiques ».}  Al Houjourat 17

L’esprit de Taifa, le sectarisme politico religieux, a sapé le monde musulman depuis longtemps le privant ainsi de sa dimension universel. Privé de la dimension universelle, le musulman s’enferme dans des asiles politiques  et des confrériques de discrimination et les plus excités s’imaginent réaliser Hokm Allah en instaurant un Etat islamique par la force des armes contre une population qui ne veut pas de leur pouvoir ou qui ne veut plus de l’Islam car elle a confondu, par le comportement des insensés, l’islam avec l’obscurantisme et le sectarisme.  Ces émirs prolongent la vie des tyrans en donnant à ces tyrans la légitimité de les combattre par les armes et de soumettre le peuple a davantage de répression. Si on autorise un futur émir à recourir à la violence armée il faut être logique et accepter que le gouvernant puisse recourir à la violence armée pour conserver son pouvoir.  Les uns et les autres sont le pile et le face de la même fausse monnaie idéologique et  de la même déliquescence politique. Ils sont les pervers décrits par la sourate Al Houjourat.

Il faut parvenir à garder le cap dans ce monde que le Prophète (saws) a décrit comme une grande Fitna :

taifa3

« Après moi il y aura des gouvernants qui se combattront  pour le pouvoir, les uns tuant les autres. »

Il ne s’agit pas de guerre de religion, mais de luttes pour le pouvoir…  Il ne s’agit pas de défendre l’Islam et le monde musulman, mais d’exprimer  rancœurs,  revanches, frustrations. Dans un camp comme dans l’autre Satan et l’Empire sont aux aguets pour attiser les flammes de la haine et de la convoitise.

La logique veut que ce soit le gouvernant qui régule les rapports sociaux, politiques et économiques pour éviter l’anarchie. Il dispose de la justice et de la police. S’il est défaillent aucun groupe ne peut se prévaloir sur les autres pour s’imposer comme justicier ou comme référence ou autorité en matière de définition de la réconciliation ou de la maesure à prendre contre la transgression car s’il le fait il va saper l’Etat et la communauté poussés à la dispersion et à l’éclatement. Le musulman ne doit pas détruire l’Etat et la société, mais agir pour que l’Etat reprenne ses prérogatives et que la société reprenne ses forces. Il n’y a pas de place à l’esprit partisan ni à l’esprit « révolutionnaire » nihiliste.

Si nous ne revenons pas à la logique de la réhabilitation de l’Etat et si nous ne militons pas en faveur d’un Etat de droit chacun de nous s’imaginerait être la référence à suivre et se positionnerait comme le plus méritant et le plus légitime à disposer du pouvoir, du savoir, de la religion et des ressources économiques. Il deviendrait un tyran? Il suffit qu’il y ait plusieurs groupes avec l’ esprit tyrannique et éradicateur refusant la réconciliation avec les autres et considérant tous les autres comme des transgresseurs pour que la guerre civile s’instaure ou reprend de nouveau pour davantage d’effusion de sang et de dislocation du territoire.

 

Syrie : Chahed wa Mach’houd

Ahmed Manaï, observateur de la Ligue arabe en Syrie

 

Ce témoignage rappelle les invariants de ma position et la justesse de mon analyse sur le « cactus arabe » avant qu’il ne montre son incapacité à gouverner et ses dérives sanglantes.

La Fatwa de Cheikh El Ibrahimi contre le Colonialisme

Le rapport de la Mission d’observation de la Ligue arabe en Syrie

Du rapport sur la Syrie et de sa traduction

Que ceux et celles qui doutent de la justesse de notre position religieuse, morale et politique qu’ils s’interrogent en leur âme et conscience si le Qatar a apporté quelques mesures charitables aux musulmans du Bangladesh et leur épargner la faim? Est-ce que la coalition impériale France Angleterre et Etats-Unis peut être les amis de la Syrie, du peuple syrien ou du monde arabe ? Est-ce que les Bédouins qui donnent leur religion, leur honneur, leur argent, leur territoire pour mériter le statut de vassal sont qualifiés pour débattre de l’avenir d’un pays arabe  alors que leur propre existence et celle de leur Etat sont une création du colonisateur ? Encore une fois et toujours jusqu’au dernier souffle de ma vie et au delà de la vie ici-bas quels sont les arguments religieux, moraux et politiques pour faire couler le sang d’un homme, d’un musulman eyt détruire un pays sous prétexte que son gouvernant est un tyran ? Donnez-moi un seul verset du Coran,  un seul Hadith et une seule explication logique qui me donne la résignation à donner raison aux insensés. Les amis de la Syrie sont en train d’alimenter une guerre impitoyable où ne triomphera que la haine sur laquelle il sera impossible de construire un avenir islamique ou non islamique. L’islamité sans humanité ou sans Etat est une chimère que seuls les insensés ou les passionnés imbus de leur égarement peuvent poursuivre causant plus de dégât dans leur société qu’un loup affamé dans une bergerie selon la vérité énoncée par le Prophète (saws).

Ya rab ! Comment et pourquoi sommes-nous si éloignés de la vérité et de la réalité ? Comment expliquer que les Musulmans ne voient pas le mode opératoire de l’Empire et de l’Islamophobie comme instrument de subversion militaire, idéologique et sociale et ne se mettent pas à faire leur examen de conscience et à se réformer selon la voix prophétique en se libérant de leur Wahn et de leur indigence politique et religieuse. Sobhane Allah ! Comme à l’accoutumé, la culture de l’errance et de la fuite en avant nous domine et nous pousse à fixer des buts impossibles eu égard à notre niveau lamentable. Nous ne sommes pas capable de voter, de changer une loi, de faire émerger une réussite sociale, de produire notre richesse et nos idées en dehors du cercle des auxiliaires de la servitude et de l’insenséisme, mais nous sommes capables d’appeler à la restauration urgente du Khalifat. Un Khalifat que les médiocres n’en connaissent ni le contenu, ni les conditions, ni le mode opératoire, ni les prérequis ni la finalité, ni l’encadrement. Il ne se donne même pas le temps de digérer leur échecs ni de faire leur bilan et les voila partis dans ce qui surpasse leurs possibilités combien étroites et dérisoires.

Nous fuyons la vérité et ses responsabilités croyant ainsi faire de notre religion un jeu, un amusement, une distraction, une tradition pour oisifs en marge de l’histoire des hommes. Jamais Allah ne nous donnera le pouvoir convoité, la prospérité attendue et la dignité depuis longtemps perdue tant que nous  ne nous mobilisons pas pour mettre fin à l’effusion du sang des Musulmans et au gaspillage de leur temps et de leurs ressources. Ce n’est pas l’opinion d’un homme qui desespère de la vie, mais la vérité immuable affirmée par Dieu l’Immuable :

{Et lorsque Nous avons conclu Alliance avec vous : Ne répandez pas votre sang, ne vous expulsez pas les uns les autres de vos demeures , vous y avez souscrit en apportant votre témoignage.
Puis, voila que vous vous entre-tuez, vous expulsez un groupe d’entre vous de leurs demeures, vous vous liguez contre eux par la transgression et l’agression; et s’ils vous échoient en captifs, vous les rançonnez, alors qu’il vous est interdit de les expulser. Croirez-vous donc en une partie du Livre et rejetterez-vous en une partie ? Quelle serait donc la sentence contre celui qui agirait de la sorte d’entre vous, si ce n’est qu’ignominie dans la vie terrestre, mais le pire des châtiments est pour le Jour de la Résurrection? Allah n’est point inattentif à ce que vous faites.
Ceux-là, ceux qui ont acheté la vie terrestre par la vie Future, le châtiment ne leur sera point allégé, et ils ne triompheront point.}

Tout ce qui se rapporte aux Prophètes et aux bani Israël nous concerne en premier chef. Non seulement nous mangeons de ce qu’ils produisent, mais nous nous combattons avec leurs armes. Le pire c’est que nous appelons à l’Etat islamique au nom de Dieu en nous comportant en pire.

 

Les agissements des insensés et des assoiffés de pouvoir apportent plus de dégâts à la communauté et à la renaissance de l’Islam que nos gouvernants actuels qui ont semé la corruption, l’injustice et quelques morts sur leur chemin.

Asbirou (patientez, restez constant, endurez) est la Sunna d’Allah. Le changement attendu vient de lui-même lorsque les conditions objectives et subjectives sont réunis en changeant ce qui est en nous. Le changement en nous est plus complexe, plus long et plus décisif que ces pseudo révolutions dont les résultats macabres sautent au yeux. La question qui se pose et que vous me posez est celle de Jésus. La règle de l’épée attribuée à Jésus et que certains musulmans colportent pour justifier la violence qui s’est enracinée dans nos société ne se trouve pas dans le Coran qui est notre référence et notre unique référence (avec la Sunna bien entendu). Je vous remercie d’avoir cité Jésus (saws) : j’en ai fait une référence avec Moïse dans l’article « La résistance globale » où je me questionnais sur le pourquoi de leur démarche pacifique face aux empires égyptiens et romains les plus cruels.

En terme de cruauté je ne pense pas que les imposteurs de l’Islam soient les moins cruels. Il faut être un monstre ou un aveuglé par la passion pour ne pas éprouver de la pudeur, de la douleur et un questionnement autre que politique devant ces femmes et ces enfants assassinés et devant ces pays dévastés. J’ai du mal à comprendre ou à trouver des excuses à ceux qui n’ont eu aucune pitié aucune miséricorde pour un savant de la trempe d’Al Bouti. Il est satanique de chercher à justifier son assassinat et de ne pas condamner ce genre de dérives.

Par Allah il vaut mieux laisser vivre un mécréant et un assassin lorsqu’il y a doute, confusion ou risque de porter atteinte à la vie des innocents que de verser une goutte de sang. Celui qui s’empresse de verser le sang a désespérer de la Miséricorde d’Allah et du dénouement de l’histoire en faveur de la foi et du bien. Que dire à Allah le jour où le premier jugement sera relatif au sang versé. Pouvons-nous lui dire que ces Ayat n’existent pas et que nous avons suivi Qaradhawi :

{Il n’appartient point à un croyant de tuer un croyant sauf par erreur. Quiconque tue un croyant par erreur, il doit l’affranchissement d’un esclave croyant et la remise de la rançon à sa famille : à moins qu’ils n’en fassent grâce. Mais s’il dépendait d’un groupe qui est votre ennemi, et qu’il soit croyant, alors l’affranchissement d’un esclave croyant. Et s’il dépendait d’un groupe avec qui une alliance vous lie, alors la remise de la rançon à sa famille, et l’affranchissement d’un esclave croyant. Quiconque n’en trouve point, alors : le jeûne de deux mois consécutifs comme Rémission de la part d’Allah. Allah A toujours Été Tout-Scient, Sage.

Quiconque tue un croyant intentionnellement, sa punition sera la Géhenne où il s’éternisera ; Allah le frappera de Sa Colère, le maudira et lui préparera un immense châtiment.

O vous qui êtes devenus croyants , si vous vous lancez pour la cause d’Allah, discernez bien et ne dites pas à qui vous offre la paix : « Tu n’es pas croyant », aspirant aux vanités de la vie terrestre, alors qu’Allah Possède d’innombrables biens. Ainsi étiez-vous auparavant, mais Allah vous A Gratifiés. Discernez bien. Certes, Allah A toujours Été Omniconnaissant ce que vous faites.}

Que dire à Allah lorsque le tué viendra témoigner contre son assassin et demander justice. Estèce que Bachar Al Assad ou Kadhafi seront des excuses ? Si un moineau viendra demander justice pour celui qui l’a tué en vain qu’allons nous dire à Allah pour ces dizaine de milliers de morts en Libye et en Syrie, ces centaines de milliers d’orphelins, de blessés. Ces braves « moudjahidins » qui versent le sang des musulmans ont-ils la certitude de mieux gouverner? Ont-ils la compétence de réaliser le Khalifat ? Peuvent-ils nous expliquer le contenu et le mode opératoire du Califat qui va être édifié sur le sang versé vainement et sur la haine des populations. Ont-ils conscience des stratagèmes de l’Empire et du sionisme ? Sont-ils à l’image des compagnons du Prophète ou ne sont-ils que l’expression des contradictions et des déchirements du monde musulman qui a tout essayé sauf la voie prophétique ?

Le peuple libyen est-il mieux qu’avant ? Mieux par rapport à quoi et par rapport à qui ? Le Coran a posé les critères : la paix, la nourriture et la sécurité. Chercher cette voie dans les révolutions arabes. Cherchez cette voie dans l’aide du Qatar à la Palestine, au Mali et au Bangladesh ?

Avec vos permission je fais un second retour sur cette Aya 93 de la soura An Nissa :

{Quiconque tue un croyant intentionnellement, sa punition sera la Géhenne où il s’éternisera ; Allah le frappera de Sa Colère, le maudira et lui préparera un immense châtiment.}

C’est sans doute l’énoncé le plus terrible car il annonce quatre châtiments qui vont demeurer éternellement. Si on garde à l’esprit cette sentence et si on la reporte au Hadith qui dit que celui qui traite un croyant de mécréant c’est comme s’il l’avait tué alors l’empressement politico révolutionnaire qui pousse à verser le sang ou à convoiter le pouvoir à n’importe quel prix pose problème de conscience, de morale et de foi. Il ne nous appartient ni de devancer le Jugement d’Allah ni d’élever la voix au dessus de celle de Son Prophète. C’était le but de mon article.

Il ne faut pas croire que je soutiens l’injustice. Il ne faut pas croire que je ne suis pas chagriné par ce qui arrive aux jeunes musulmans envoyés combattre en Syrie. J’ai mal pour eux comme j’ai mal pour les anciens moudjahidines trahis en Afghanistan, en Algérie et ailleurs. Les gouvernants insensés portent une part de responsabilité. Les savants égarés portent davantage de responsabilités….

A ce jour l’autre camp qui a assassiné Al Bouti n’a pas donné des arguments convaincants ni des contre arguments. Il n’y a que des opinions sans fondements religieux ni géopolitiques. Ayant épuisé leurs arguments ils nous invitent à une guerre mondiale entre Sunnites et Chiites. et ils disent avec cynisme et méchanceté des choses horribles à l’égard d’un homme qui a consacré sa vie à l’Islam et à la défense de la cause palestinienne.

Sa position est celle  de la constance et de la justesse des positions. Al Bouti a refusé de cautionner la lutte armée en Algérie malgré que le FIS ait remporté les élections et qu’il pouvait faire valoir une légitimité pour se soulever contre ceux qui l’ont dépossédé de sa victoire. Le temps a finalement donné raison à Bouti. Si les insensés avaient patienté, la victoire politique n’aurait pas donné lieu à une défaite militaire et à une anarchie pire que celle du passé. Les islamistes algériens partagent la responsabilité avec les éradicateurs. Les éradicateurs peuvent avoir l’excuse de chercher à conserver le pouvoir et la rente à n’importe quel prix. Celui qui s’attache à l’Islam sait que la fin ne justifie pas tous les moyens et il sait que le jugement final appartient à Allah qui accorde le pouvoir à qui Il veut. Se révolter pour approfondir et élargir l’anarchie ou l’injustice n’est pas un comportement sain. Jeter l’anathème sur un musulman ou sur des groupes de musulmans n’est pas un comportement sain. Il appartient aux élites de faire l’analyse des processus historiques, sociaux, économiques et politiques pour comprendre le problème et y apporter des apporter des solutions ou des propositions. Nous sommes tous imparfaits et notre devoir est le bon conseil, même s’il n’est pas suivi ou accepté. La révolte qui divise le pays ou qui donne l’opportunité aux uns d’instrumentaliser la religion et aux autres de prendre des mesures sécuritaires contre le peuple n’est pas la posture du sensé.

Donc Al Bouti est resté constant dans ses positions tant en Algérie qu’en Syrie. Al Qaradhawi, celui qui mène le monde musulman à l’anarchie, est par contre celui qui agit contre les principes qu’il a défendu dans ses livres et dans ses conférences. Par ailleurs il n’a pas les mêmes positions pour l’Egypte que pour les autres pays sans parler du Qatar cette république démocratique et populaire au service des musulmans et des affamés de la planète. Ce même Qaradhawi qui veut une guerre contre l’Iran et le Hezbollah ne voit pas les leçons de démocratie que l’Iran est en train de donner au monde.

 

Ne tombez pas dans le discours simplificateur et réducteur sur l’Iran. Ne perdez pas de vue que l’Iran vit sous embargo après une guerre que lui ont imposé les bédouins arabes au service de l’Empire et du sionisme. Il parvient à s’imposer dans la région au grand dam d’Israël. Il est naturel et légitime pour chacun d’exercer son influence sur les autres et de subir l’influence des autres. C’est la loi de la dialectique. Le dynamisme de l’Iran ne doit pas être vu hors de son contexte ancien (la civilisation perse et le rôle des iraniens dans la civilisation musulmane) et de son contexte moderne (la révolution islamique et la question palestinienne). Il ne doit pas être vu hors du rapport des forces et d’intelligence dans la région. Il est regrettable d’inverser la problématique et de ne pas poser la question de l’immobilisme des Arabes et de leur vassalisation. C’est la posture du monde musulman qui laisse le champ libre aux iraniens selon la règle « la nature a horreur du vide ». Le vide laissé par les Arabes doit être occupé par Israel ou par l’Iran. Il est dommage que les Musulmans et les Arabes soient offusqués par le dynamisme de l’Iran qu’il leur appartient de contrer par une dynamique politique, économique et intellectuelle plus forte, mais ils se taisent et s’aplatissent devant l’agression de l’entité sioniste.

Sobhane Allah ! L’Egypte à titre d’exemple est en train de perdre son eau à la suite des alliances Israël Ethiopie et le monde arabe veut nous montrer l’Iran comme le danger imminent ou l’ennemi irréductible et traditionnel. La Turquie est en train d’etouffer la Syrie et l’Irak avec ses retenues d’eau alors qu’elle approvisionne l’entité sioniste en eau avec même des projets de pipe line sous la mer et les musulmans partent en guerre contre la Syrie et se préparent à la guerre contre l’Iran. Quel monde de tordus.

Il n’y a que la culture du Wahn décrit par le Prophète (saws) qui rend les Arabes occupés à chercher de faux ennemis et ne voient pas les « amis de la Syrie » les démanteler et les épuiser pour faire taire la voix du Hezbollah et laisser la résistance sans voix et sans armes lors de l’attaque sur l’Iran. N’est-ce pas éloquent que la question palestinienne soit reléguée aux oubliettes ?
Le centre du monde s’est déplacé vers l’Euro Asie (Chine Russie) et l’Iran par son dynamisme s’est inscrit dans ce nouveau monde. Les Arabes vivant en Asie ou en contact avec l’Asie ont encore les yeux rivés sur l’Amérique et l’Europe par leur pensée immobile et rétrograde. L’équation qui se joue en Syrie dépasse la Syrie et l’Iran, elle est mondiale. Il faut se réveiller et se libérer des clichés et des discours séniles des Cheikhs qui ne veulent pas partir en retraite.

Qu’Allah nous éloigne de la Fitna et qu’Il nous montre la vérité, vérité et qu’Il nous aide à pour la suivre, et qu’Il nous montre le mensonge, mensogne et qu’Il nous aide à nous en détourner.

Faites vos révolutions et cultiver le déchirement du monde musulman, je suis en dehors de cette démarche. La démarche prophétique est celle que le Coran a ordonné à Mohamed de la suivre en lui indiquant celle des Prophètes qui l’ont précédé.

1 – Il y a un ordonnancement de l’histoire et une succession des communautés et des civilisations qui échappent à nos préjugés et nos intérêts immédiats ou à nos désirs. L’histoire doit s’accomplir. Le pire ennemi est l’empressement. Là où le mouvement islamique a fait faillite vous allez trouver le préjugé qui se focalise sur le court terme et l’empressement. L’aventurisme n’est pas la Sunna du Prophète

{Si Allah hâtait le mal, à l’égard des hommes, avec autant d’empressement qu’ils se hâtent pour leur bonheur, leur terme leur serait échu. Aussi laissons-Nous ceux qui n’espèrent pas Notre rencontre s’aveugler dans leur tyrannie.} Younes 11

2 – Ni les armes ni la politique ni la ruse ne peuvent changer le destin d’un peuple. Gouvernants et gouvernés sont épreuves les uns pour les autres. Ce n’est pas l’OTAN ou la fuite vers le sectarisme qui va résoudre les problèmes, mais le retour à Allah (swt).

{Et si Allah t’atteint d’un mal, rien ne peut le dissiper que Lui. Et s’Il te veut quelque bien, rien alors ne peut repousser Sa Munificence.} Younes 107

3 – La règle première et dernièrer, celle à ne jamais transgresser est la patience

{Suis ce qui t’est révélé et persévère jusqu’à ce qu’Allah décide, Il est le meilleur des décideurs.} Younes 109

Je vous invite à étudier et à méditer longtemps le comportement du Prophète Moïse et tirer les leçons du Coran qui nous montre les problèmes que lui et son peuple ont rencontré lorsque Moise s’est empressé (dans le bien et dans l’amour d’Allah. Il est venu plus tôt au rendez-vous qu’Allah lui a fixé). Qaradhawi et ses acolytes sont devenus cinglés en se posant la question jusqu’où et combien patienter alors qu’Allah dit « Jusqu’à ce que Aallah décide ». 10 jours ou 1000 ans c’est la même chose pour le croyant qui veut suivre Noé, Youssef et Ibrahim.

4 – la sourate Houd répond tout a fait au début de son énoncé sur ce qui est attendu des croyants :

{Implorez votre Dieu de vous Absoudre, puis repentez-vous à Lui, Il vous fera jouir une bonne jouissance, jusqu’à un terme déterminé, et Il accordera à chacun la position qui lui est due. Et s’ils s’écartent, je crains alors pour vous le châtiment d’un jour inimaginable.} Houd 3

5 – Lorsque l’homme a épuisé tous les recours et toutes ses possibilités alors le secours d’Allah répond à l’invocateur pour le débarasser de Pharaon ou des agresseurs comme Il a répondu à Moïse et à Noé :

{ il invoqua donc son Seigneur : « Moi, je suis vaincu. Fais triompher (Ta cause)}

Si ces versets ne vous interpellent pas alors empressez vous à faire vos révolutions sanguinaires et à semer le désordre sur terre. Ce n’est pas ma voie. Etudier la biographie scientifique du Prophète (saws) écrite par Cheikh Ramadane Al Bouti et vous comprendrez le sens du Jihad.

5 – Arrêtez de parler de sunnites et de chiites car vous faites de la surenchère sur la parole et le décret d’Allah : C’est Allah qui nous a nommé musulman. Tout autre qualificatif est une dérive dans la quelle je ne me retrouve pas :

{O vous qui êtes devenus croyants, inclinez-vous, prosternez-vous, adorez votre Dieu et faites le bien, afin que cultiviez.
Et efforcez-vous pour Allah par l’effort qui doit Lui être dû. Il vous a élus et ne vous a imposé nulle gêne en religion, la confession de votre père Abraham. C’est Lui (Allah) qui vous a nommés musulmans, par le passé et dans ceci (le Coran), afin que le Messager soit témoin auprès de vous et que vous soyez témoins auprès des hommes. Accomplissez donc la Salàt, acquittez-vous de la Zakàt, attachez-vous à Allah, Il Est votre Protecteur. Quel excellent Protecteur et quel excellent Secoureur.}
 Al Hajj 77-78

C’est Lui (Allah) qui vous a nommés musulmans,
C’est Lui (Allah) qui vous a nommés musulmans,
C’est Lui (Allah) qui vous a nommés musulmans…

Lorsque nous comprendrons le sens d’être musulman et la mission que nous confère ce titre de musulman alors les tyrans seront balayés.

Le frère Ahmed Manaï a vu de ses propres yeux et a entendu par ses propres oreilles la situationréelle en Syrie. Il y avait l’espoir de ramener la paix, la réconciliation et relancer les réformes politiques et économiques. Les amis de la Syrie ont choisi la Fitna, la voie que le Prophète (saws) aurait désavoué et condamnée.  Ils veulent déchirer la Syrie pour un Khalifat pour lequel ils vont guerroyer des siècles ou attendre le retour du Mahdi ou du Messie si entre temps ils n’auraient pas rejoint l’armée de l’antechrist.

La fin de partie approche et on souhaite que chacun fasse son bilan et se prononce sur le coût humain de cette aventure. Bachar n’est pas Othman. Il ne va pas céder son pouvoir et dès que le rapport des forces va changer contre la coalition impériale, l’Amérique, la France et l’Angleterre non seulement se débarrasseront des terroristes mais mettront sur la liste des terroristes Qaradhawi et ses sirènes de la Fitna. Ils ne partiront pas sans trophée de guerre et sans débris à jeter à leurs opinions. Le cynisme latin et anglo-saxon va entrer en compétition sur la chasse de la meilleure prise. L’expérience de l’Afghanistan est d’actualité pour ceux qui ont des oreilles mais n’entendent pas et des yeux mais ne voient paset qui  sont comme des bestiaux et pire davantage.

Préjugés et ruines de l’esprit

J’ai cherché une raison ou une argumentation – religieuse, politique ou géopolitique – dans le discours, le comportement et les actions des islamistes (takfiristes, freristes et salafistes wahabbistes) pour justifier la Fitna en Syrie et la confrontation armée entre confessions musulmanes, je n’ai pas trouvé. Je ne trouve que la vague d’insenséisme qui englouti l’ensemble du monde arabe. Les insensés livrent aux peuples incultes et crédules des préjugés et des opinions sans fondements religieux et en contradiction avec les intérêts moraux et stratégiques du monde musulman. Il y a longtemps que j’ai exprimé mon positionnement religieux : je suis musulman comme Allah m’a nommé dans le verset 78 de la sourate Al Hajj.

Formatés par leur inculture politique et imbus de leurs savoirs remplis de préjugés, les savants et les élites sabordent l’Islam et sapent toute perspective de renaissance de la société musulmane. Ils refusent tout débat sur le curseur idéologique dans cette étape cruciale.  Ces imposteurs de l’Islam non seulement ils ont confisqué les tribunes pour propager leur préjugés et en faire une idéologie de combat au service d’un esprit partisan qui sert les intérêts d’Israël et de ses vassaux arabes, mais ils sont devenus Dieu ou ses mandataires ayant droit de vie et de mort sur les pauvres créatures qui ne s’insèrent pas dans leur nouvel ordre mortifère.

Je vous livre quelques citations de notre ami Albert Einstein et sans préjugés religieux et idéologiques essayer d’y retrouver quelques figures charismatiques du désordre qui sévit de plus en plus dans le monde musulman en parallèle à celui du despotisme politique des gouvernants en place (y compris ceux portés par la « révolution arabe ») :

Rares sont les gens capables d’exprimer avec impartialité des opinions qui diffèrent des préjugés qu’on a dans leur milieu social. La plupart des gens sont même incapables de concevoir pareilles opinions.

Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé.

Ceux qui aiment marcher en rangs sur une musique : ce ne peut être que par erreur qu’ils ont reçu un cerveau, une moelle épinière leur suffirait amplement.

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.

Bien entendu  je vais être traité  de sioniste par les uns et d’ignorant par les autres sous prétexte qu’Einstein était sioniste et qu’en qualité de musulman je dois me contenter de dire « Allah a dit et le Prophète a dit » sans tenir compte de nos préjugés qui pourtant détournent le sens du Coran et de la Sunna. Au Nom d’Allah (swt),  les fabricants et les rentiers de préjugés nous   poussent à faire de la diversion ou de la subversion selon le schéma tracé  par l’Empire et le sionisme. En tous les cas faire entendre ou faire voir une certaine lecture du Coran ou des Hadiths déboîtés de leur contexte socio-historique et de leur enchaînement logique textuel puis faire valoir une opinion à une époque comme étant le consensus de la Oumma  est la manifestation la plus  stupide et la plus tragique de ce qu’on appelle le préjugé et en même temps l’instrumentalisation la plus éhontée de la religion pour cultiver le préjugé dans une société qui a perdu tout sens critique et tout effort de connaissance.

Voici la définition la plus répandue (sur le net) du préjugé :

 Comme le mot l’indique, un préjugé est un jugement porté d’avance, « avant ». Avant quoi ? L’examen, la vérification ou le constat qui le justifieraient. Préjuger signifie donc : tenir pour acquis quelque chose qui, objectivement, ne l’est pas ; ou tenir pour vraie une affirmation qui, en fait, reste douteuse. C’est pourquoi  le préjugé semble bien être illégitime par définition : il consiste en une précipitation de l’esprit dans le jugement, opérée plus ou moins de bonne foi, et peu importe à cet égard qu’il soit « favorable » ou « défavorable ».

Opinion hâtive et préconçue souvent imposée par le milieu, l’époque, l’éducation, ou due à la généralisation d’une expérience personnelle ou d’un cas particulier

Le Coran a interdit le préjugé (Dhan = Ithm » et a exigé d’apporter preuve (Borhane) et de distinguer le vrai du faux avant de prendre position ou de prendre la parole  (Tabayyanou).

{O vous qui êtes devenus croyants , évitez beaucoup de conjectures : certaines conjectures sont des péchés.} Al Houjourat 12

La pédagogie et le sublime du Coran ne consistent pas à interdire ou à recommander, laissant ainsi la place au littéralisme froid et à l’interprétation erronée des insensés, mais à brosser l’image la plus complète de la situation à laquelle conduit le préjugé, l’opinion ou la conjecture :

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{O vous qui êtes devenus croyants , évitez beaucoup de conjectures : certaines conjectures sont des péchés. N’espionnez pas et ne médisez pas les uns des autres. Est-ce que l’un d’entre vous aimerait manger la chair de son frère  mort ? Cela, vous l’avez haï. Et prenez garde à Allah. Certes, Allah est Rémissif, Miséricordieux. O vous qui êtes devenus croyants  : Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des peuples et des tribus pour que vous fassiez connaissance. Certes, le plus élevé d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux. Certes, Allah Est Tout-Scient, Omnisavant.} Al Houjourat 12

Le préjugé et l’opinion conduisent à des catastrophes et rompent l’unité qu’Allah a voulu entre musulmans et entre musulmans et autres communautés. Les versets sont évidents et ils ne demandent pas de tafsir ou de recours à un savantissime clerc de l’Islam.  La pédagogie et le sublime du Coran montrent non seulement définissent le préjugé et étalent ses conséquences mais montrent comment éviter le préjugé par l’esprit de sens et le principe  de justesse qui consistent à analyser, à évaluer et à faire preuve de discernement par la connaissance des faits réels au delà des rumeurs, des opinions. Le Coran nous montre que  lorsque l’esprit de sens disparaît chez les élites et s’installe la confusion dans la société alors domine  la culture de l’insenséisme, de la rumeur,  de la propagande et de la casuistique religieuse qui conduisent à l’anathème, au déchirement et au clivage idéologique partisan ne tenant  compte ni des réalités, ni des priorités, ni de la vérité…

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{O vous qui êtes devenus croyants , si un perverti vous apporte une nouvelle, examinez-la pour que vous ne portiez point atteinte à des gens par ignorance, et que vous ne vous repentiez de ce que vous avez fait.} Al Houjourat 6

Le pervers est , dans les temps contemporains, celui qui déchire la communauté ou qui refuse sa fédération et se laisse tenter par les sirènes  qui appellent à une guerre de religion à l’intérieur de l’Islam pour le bon heur de Satan, du sionisme et de l’Empire. Les mêmes qui ont organisé la lutte fratricide et nuisible entre l’Irak et l’Iran sont les mêmes qui appellent aujourd’hui à une guerre entre sunnites et chiites ou qui veulent donner un caractère confessionnel à l’anarchie qui règne en Syrie lui occultant sa véritable dimension qui est géopolitique.

L’Islam est la culture de la responsabilité. Il ne tolère ni improvisation, ni anarchie, ni recours aux arguments fallacieux pour se justifier. La pédagogie et le sublime du Coran ont montré que le suivi du Coran et de la Sunna sont les garants de l’esprit de sens, du devoir de justice et du principe de justesse que doit posséder le musulman, gouvernant ou gouverné, dans l’aisance ou dans la difficulté, face à ses amis ou en guerre contre ses ennemis. Ainsi le discours coranique sur le préjugé et ses conséquences s’ouvrent par l’énoncé d’une règle que nul ne doit transgresser :

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{O vous qui êtes devenus croyants , ne devancez pas Allah et Son Messager dans le jugement. Craignez Allah. Certes, Allah Est Omni-Audient, Tout-Scient. O vous qui êtes devenus croyants , n’élevez pas vos voix au-dessus de la voix du Prophète, et ne faites pas retentir la voix en lui parlant, comme le retentissement de voix que vous vous faites les uns aux autres, afin que vos œuvres ne soient pas vaines, sans vous en rendre compte. Certes, ceux qui baissent leurs voix auprès du Messager d’Allah, ceux-là sont ceux dont Allah A Éprouvé les cœurs pour la piété. Ils auront une absolution et une immense rétribution. Certes, ceux qui t’appellent par derrière les chambres, la plupart d’entre eux ne raisonnent pas.} Al Houjourat 1

Sur le plan de la métaphore « devancer Allah (swt) » ou « élever la voix au dessus de celle de Son Prophète (saws) » c’est non seulement tourner le dos à l’Islam, mais émettre des opinions contraire à la lettre et à l’esprit de l’Islam. Le pire c’est de saper l’Islam en donnant des contre sens au Coran et aux Hadiths ou de faire valoir l’opinion d’un homme, vivant ou décédé, pour occulter la vérité, servir des intérêts partisans ou conduire la communauté musulmane au sectarisme, au déchirement, à la marginalisation, à l’insenséisme des divergences et des fausses querelles qui  épuisent le monde musulman  incapable de faire face face à ses prédateurs organisés et impitoyables.

Sur le plan du contexte de la Révélation certains exégètes relatent le contentieux qui a opposé Omar Ibn Al Khattab et Abou Bakr qui voulaient faire valoir leurs arguments pour la désignation d’un gouverneur autre que celui que le Prophète avait choisi. Omar et Abou Bakr ne sont pas des gens du commun, ils représentent l’excellence de l’élite musulmane, les authentiques Khalifes du Prophète (saws) qui ont gouverné selon la vertu et la compétence des mahdiyines ( bien guidés et bien sensés). Les gens de l’élite peuvent avoir des opinions différentes, mais jamais ils ne doivent laisser leurs opinions les dominer au point d’oublier les préceptes coraniques et les enseignements prophétiques. Si Omar et Abou Bakr sont tenus à l’humilité devant le Prophète et à l’obéissance stricte , il ne peut être permis de croire que le savoir ou la réputation d’un savant, d’un intellectuel ou d’un homme politique autorisent des innovations ou des libertés qui vont à l’encontre des règles de l’Islam.

Il y a bien longtemps qu’on ne se fait plus d’illusions sur les ignorants et les incultes qui nous gouvernent et nous trahissent, mais nous pouvons leur trouver des excuses : l’ignorance, le despotisme, la vassalisation, la rente. Le cactus arabe a montré toutes ses épines. Les élites religieuses sont celles qui provoquent le plus de dégâts. Les premiers souillent les territoires, les seconds nos esprits et notre devenir.  Nous ne pouvons trouver aucune excuse à nos docteurs en foi. L’Islam et les Musulmans doivent se libérer de toutes les rentes et de tous les totems. Le chemin est long, il exige de la patience et de la constance dans nos efforts et l’espérance dans la Miséricorde divine :

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{Et s’ils avaient patienté jusqu’à ce que tu sortes vers eux, cela aurait été meilleur pour eux. Allah Est Absoluteur, Miséricordieux.} Al Houjourat 5

Ceux qui devancent Allah et précèdent le Prophète perdent patience et ne se résignent pas au Jugement d’Allah. Ils croient qu’il peuvent impunément contourner, détourner, retourner ou faire accelerer  l’histoire à n’importe quel prix. Observez les révolutions arabes confisquées par les insensés et les assoiffés de pouvoir, au nom de l’Islam, et vous verrez  la vérité coranique se manifester sans voile : les imposteurs ne cherchent ni le bien des musulmans ni celui de l’humanité, mais la revanche sur les gouvernants et le triomphe de leur parti sectaire et inculte :

{Dis : « Allez-vous apprendre à Allah quelle est votre religion, alors qu’Allah Sait ce qui est dans les Cieux et ce qui est en la terre ? » Allah Est Tout-Scient de toute chose. Ils pensent te faire une faveur d’avoir adopté l’Islam ! Dis : « Vous ne me faites aucune faveur avec votre adoption de l’Islam. Mais c’est Allah qui vous fait une faveur en vous guidant vers la foi, si vous êtes véridiques ». Certes, Allah Sait l’Occulte des Cieux et de la terre. Et Allah voit tout ce que vous faites.} Al Houjourat 16

C’est ainsi que se termine la sourate Al Houjourat.

 

Résistance globale partie 1/2

Nommer

Comment qualifier ou nommer ce qui vient consacrer une nouvelle fois l’incurie des gouvernants arabes, la médiocrité des savants musulmans et l’anarchie des populations qui se déchirent et déchirent les derniers rêves ratés de l’Islah et de la Nahda que les élites n’ont su ni mesurer ni rendre efficients et irréversibles. Depuis des siècles nous sombrons dans le flot des maux produits par nos mots sans planification ni sens ni ingénierie.

Le Prophète Mohamed (saws) et ses compagnons, confrontés  à l’oppression, l’ont vaincu, car ils avaient le devoir de dire la vérité et d’agir comme ils étaient appelés à écouter les paroles et à en suivre l’excellent. Ils  étaient aussi appelés à ne dire que des paroles sensées et bien visées.  Les  mots sont viseurs  dans les batailles de sens, véhicules de symboles …   Ils disent : «j’existe, je résiste ».

C’est par la posture actancielle du verbe véridique que l’Arabe obscurantiste ante islamique s’est libéré de ses préjugés et de son isolat historique pour se donner vocation à exister comme civilisateur  et moyens de résister contre la marginalisation, les luttes intestines, l’esprit minus habens de l’errant sans projet pour l’homme ni pour l’humanité sauf celui de subsister. L’Islam lui a donné les mots, le désir, le devoir et la quête de rompre à son habitue de vivre en subsistant encerclé par les empires chinois, byzantins et perses. Subsister ou « sub » « sistere »  est étymologiquement un renoncement à l’existence au rang d’homme honoré par Dieu et à la résistance contre les empires qui ravalaient les humains au rang d’esclaves sans humanité,  d’humanité confiné dans la lutte de survie animale en sub-sistere c’est-à-dire en prenant position dans la posture du parfait soumis qui fait halte et qui prolonge sa halte en marge de l’histoire pour demeurer vivant en tenant tête à l’ordre des choses sans chercher à le comprendre ni à vouloir le changer. Khobsister ou Khobtsister, deux formes de subsistance des vaincus et des déserteurs refont surface dans un monde où prime la logique de force et d’intelligence sociale, culturelle, politique, militaire et économique.

En subsistant l’Arabe entretenait ses préjugés, ses limites, ses incohérences et son aveuglement. L’Islam a réintroduit la conscience et le sens des mots qui remettent debout l’humain et lui disent il est l’heure de se réveiller et de marcher debout et d’un pas alerte vers ce où « chacun est facilité pour ce qu’il a été créé » en l’occurrence exister sinon résister contre ce qui porte atteinte aux droits et aux devoir d’exister.

L’homme honoré par Allah et le Musulman élu par Allah ne peut se voir immobile et subissant les événements qui le mettent en infériorité, en domination par rapport aux positions des autres et en dehors de sa vocation d’être parfait ou perfectible pour se conduire et conduire les autres à exister en conformité avec l’humanité et l’islamité qui les invite à se promouvoir en responsable, prenant des positions qui siéent à leur humanitude. Le préfixe latin sub (sous)  et le verbe sistere (prendre position) qui consiste à subsister sous la tyrannie, l’idolâtrie est à rejeter car il place l’homme en situation de dominé, de soumis, de  démissionnaire, d’en dessous de ce que Allah attend de lui.

Les mots expriment un état, un sentiment, une pensée ou une action qui révèlent le rapport à l’autre :fraternité et solidarité ou agression et domination

Ils expriment la compétence d’Adam d’attribuer des noms à des êtres, des choses et des processus. La compétence humaine de tout nommer exprime le pouvoir de se déployer comme un champ de connaissances, un canevas d’idées, une ingénierie de processus et un réseau d’interactions.

Satan est intervenu comme un obstacle, une tentation, un danger, un ennemi, un leurre pour empêcher la compétence distinctive humaine de se déployer dans son aspiration au bien et au beau et lui interdire sinon lui compliquer les quêtes innées qu’elle porte en elle.

Nommer c’est exister et résister en racontant la mémoire du passé, l’attention de l’acte présent,  et l’espérance… Il faut nommer ses désirs, sa foi, ses projets, ses quêtes, ses amis, ses alliés, son projet de résistance et ses perspectives d’existence.

Les Palestiniens, privés de terres, continuent de nommer le retour à la terre comme la colombe de Noé symbolisait la fin du déluge et triomphe des résistants embarqués dans l’arche du salut. La Palestine continue d’offrir à l’humanité les racines spirituelles,  l’humus sociologique et le sédiment littéraire et intellectuel de la compétence de conjuguer  exister et résister.

Les verbes « exister » et  « résister » sont un même acte exprimé par le même verbe  « sistere » (se) positionner, faire face. Ce qui change c’est la commutation de sens  opérée par l’intention qui préside à l’acte et lui donne motivation, visée, symbole et  reconfiguration.

Exister ou « ex-sistere » consiste, à opérer un changement d’état en sortant  de soi, en allant vers l’extérieur, en cherchant de nouvelles issues ou en faisant rupture par rapport à un fait ou à une idée qui s’impose devant soi par un acte de repositionnement de soi et une reconfiguration de son face-à-face.

Résister ou « re-sistere » consiste à répéter des postures, à inverser des situations, à réagir contre des agressions, et à apporter des réponses aux intrusions par la reprise des positions perdues, la rupture avec l’inertie, le refus de s’aligner sur le sens imposé, la révision du face-à-face, l’apport de nouvelles réponses plus pertinentes et plus opportunes. Résister c’est continuer d’exister en redéployant ses actions après un changement de paradigme.

Il ne s’agit pas, ici,  de dicter une conduite à la résistance ou de parler au nom des résistants, mais de rappeler quelques évidences… Parmi ces évidences il y a les impostures qui font obstacle à la résistance dont les professionnels des négociations interminables, les diplomates du défaitisme de la paix arabe, les Pygmalion de « la résistance globale non violente » et les loups solitaires de la violence gratuite et implacable dans le monde arabe important « la résistance totale sans leader »…

Les invariants

Exister c’est affronter sans cesse les épreuves de vie ainsi que les oppositions intérieures et extérieures qui viennent contrarier le déploiement des possibilités de l’être ou rendre ce dernier réfractaire à toute idée de changement et de progrès.  L’être ontologique et social existe tant qu’il conserve son autonomie à se repositionner en permanence comme un sujet  en devenir dans son acte. Lorsqu’il perd son identité de sujet et le sens de ses actes, il cesse d’exister et devient objet soumis à des volontés contraires.

Exister est une manifestation de la globalité ontologique et sociale des croire, vouloir, savoir, devoir, pouvoir, faire et de leurs interactions dans les registres, invariants et singuliers, de la pensée et de l’activité politique, économique, intellectuelle, artistique …

Aussi vrai que l’être  et son acte sont  indissociables dans leur mutuelle détermination, la résistance et l’existence sont indissociables dans leur formulation et leur interaction. Il en est de même du croire (Amana) et de s’efforcer (Jahada).

Entre exister et résister,  la différence  est que dans un cas on prend davantage de position pour soi, et dans l’autre cas on prend davantage position contre le négateur de soi.  La différence actancielle est dans le rythme et le mode de changer de positionnement, de posture, d’actions, de dynamique, de consommation  du temps et  de l’énergie,   d’effusion de sang, de sueur et de larmes.

Confiner l’un ou l’autre dans un contenu, singulier  ou isolé, est en contradiction avec le principe de globalité. Ce principe  refuse les démarches taxonomiques simplificatrices et réductrices qui veulent confiner la résistance dans un cadre sectaire, une démarche partisane, ou dans une activité.  Le colonialisme est un moule axiomatique qui impose ses mots, ses valeurs, ses codes, ses concepts, ses symboles, ses produits, et ses interlocuteurs qu’il a produits, récupérés, recyclés et validés.

En déboitant l’existence de la résistance  et en négligeant leurs mécanismes globaux nous faisons l’impasse sur la lecture de la réalité et de sa dynamique la confinant dans un fait. Certains d’entre nous voudraient poser le problème palestiniens en termes de lobby faisant ainsi du conjoncturel et du singulier écran aux invariants du rapport colonisé-colonisateurs, opprimés-oppresseurs.

Division, dispersion, atomisation, diversion et subversion sont des armes que l’Empire pratique depuis toujours  pour saper les conditions d’exister et les possibilités de résister des peuples. La résistance globale c’est maintenir la dynamique et l’interaction de l’ensemble des idées et des activités qui expriment le  droit d’exister et le devoir de résister dans un projet de fédération, de cohésion et de coopération de toutes les forces sans exclusion ni exclusive.

L’esprit critique et la vision globale déconstruisent le formatage et renforcent  l’initiative crédible, viable et autonome contre l’oppression. Ils évitent de poursuivre un bouc émissaire désigné ou de s’enfermer dans le mimétisme.

Ni le retour aux sources ni le retour à la terre ne sont une réédition identique de ce qui fut sinon résister et exister finissent en  chimère, en utopie dans ce qui serait. La  loi universelle du changement impose de revisiter le Passé dans un devenir au lieu de vouloir l’importer comme une pièce d’archéologie, un fossile antédiluvien, un prêt-à-porter.

Le Prophète (saws) à Médine n’a pas distingué le Jihad contre l’oppresseur de ce qui donne existence globale à la communauté et à l’État : écoles, assainissement, forages, libération des marchés et du foncier des monopoles, interdiction de l’usure, socialisation des moyens de production, recapitalisation du commerce, de l’industrie et de l’agriculture par le travail et l’investissement, développement des réseaux de solidarité sociale, et asile pour les pauvres et les réfugiés.

 

Vérité immuable

Moïse (saws) nous apporte des éclaircissements magistraux sur les invariants de la résistance globale.

Il ne s’inscrit pas dans un rapport de force, mais il se positionne par rapport à la vérité. Il implique ses partisans et ses adversaires à se repositionner par rapport à la vérité. Il ne singularise pas l’acte d’exister de l’acte de résister. Il va poser les problèmes de l’existence et de la résistance de l’opprimé dans une même problématique et dans une seule et  même perspective. Exister et résister ne sont pas la juxtaposition d’actes linéaires successifs, mais le continuum d’un complexe de quêtes et d’actes faisant sens et contre sens avec la vérité, et faisant opposition ou alliance aux mensonges.

Il va dévoiler l’oppression dans ses deux formes de perversion. La première forme est l’abus dans la propre existence  de l’oppresseur du fait de sa cupidité vorace et de sa prétention narcissique à se croire meilleur ayant droit absolu.  La seconde  forme  est la transgression des droits d’autrui par la violence et les justifications.  Ces deux formes indissociables vont s’intérioriser comme mentalité collective ou fatalité.

Moïse va, sans formalisation juridique,  indiquer  les fondements iniques de l’oppression et des empires coloniaux : le droit d’abuser. Nous sommes donc interpellés, dans la pensée et l’acte de résistance globale,  sur les conditions morales, sociales, économiques et juridiques du capital et de la propriété. Il ne s’agit pas de brimer le capital et la propriété privée, mais de reposer les conditions de leur légitimité et de redéfinir les rapports sociaux à l’argent.  En vérité la question de l’oppression et celle de la résistance dépassent le champ matériel et économique. Le religieux, le culturel, l’idéologique, le psychologique, compris comme acte d’existence de l’homme honoré ou comme devoir de résistance pour restaurer ou préserver l’honorificat de l’homme, sont, selon leur emploi social et moral, des  obstructions ou des accélérateurs à l’existence digne et à la résistance efficace.

Moïse va donc amener tous les syllogismes fallacieux du camp dominant  à s’effondrer les uns après les autres. Il va amener toutes les fascinations, dans son propre camp, envers les symboles de l’oppresseur à se déconstruire.

Toutes les formes de despotisme économique, intellectuel, technologique, financier, militaire, territorial et politique s’épuisent par rapport  à la vérité qui s’énonce et qui dévoile le contenu et la logique des mensonges. Dénoncer le colonialisme ou faire l’apologie de la résistance ne suffit pas. Il faut saper l’arrogance et l’abus dans leurs fondements idéologiques tout en opposant  à leurs instruments de domination des alternatives globales de libération : idéologiques, morales, sociales, économiques, politiques et organisationnelles.

La vérité portée par Moïse porte Moïse. Elle est transcendance et immanence. Elle s’énonce comme évidence absolue, immuable, indivisible, inaliénable et irréversible. Elle est intrinsèque, elle se suffit à elle-même. Elle est une, inaliénable, indivisible,  sans dérogation ni condition suspensive ou limitative…

Moïse va conjuguer re-sistere et ex-sistere en aidant son peuple à devenir endurant et patient tout en lui apprenant les postures intellectuelles, morales, sociales et économiques qui lui permettent de se  tenir debout, de poser les assises de la libération, d’établir l’ossature de la communauté pour exister et résister. En écoutant le récit coranique on peut sans peine imaginer Moise et ses compagnons en train de  soutenir, de remettre debout, d’affermir, de fortifier, de consolider, de se mettre en quête de l’unité et de la Qibla annonciatrices de la fin de l’épreuve.

Si élever, construire, ériger, avancer sont des actes de résistances et d’existence qui fédèrent un peuple longtemps humilié et mis en situation de subsister sous les oppresseurs gaspilleurs, détruire, faire du mal se venger déshumanise davantage l’oppresseur et le rende vulnérable face à l’oppressé qui découvre enfin l’impasse totale de son tyran et entrevoit l’aboutissement dialectique de la contradiction entre l’oppresseur qui va épuiser ses moyens de répression et l’opprimé qui va se remplir de Sabr : endurance, constance avec espérance.

La perversion du rapport à la vérité par  la corruption, la tyrannie, l’injustice, l’atteinte des droits des autres, l’arrogance, la dérive démiurge ou la soumission à l’idole introduit des biais, des confusions ou des aveuglements dans le regard individuel et collectif qui ne perçoit que ses illusions et ses justifications mensongères. Le rapport à la vérité est indissociable du  rapport au savoir et aux références incontestables. Le despotisme est l’imposition d’un mensonge déclamé comme étant une « vérité ».

L’opprimé armé de vérité, non seulement ne voit pas le déficit de ses moyens comme un handicap, mais mobilise les moyens les plus judicieux pour sa résistance tout en se libérant  des limites du rapport des forces. Il va se libérer de ses résidus, de ses corps étrangers et de ses parasites pour se voir dans une perspective et une dynamique sans limites. L’oppresseur va faire le changement inverse en devenant plus vicié, plus vulnérable et sans perspective autre que celle de la spirale infernale de sa machine répressive. Pharaon est contraint de solliciter ses magiciens, ses armées, ses bâtisseurs, ses courtisans, ses vassaux. Il perd le monopole de la représentation et de l’initiative de la puissance. Il amplifie les conditions objectives et subjectives de sa contestation y compris au sein de son camp.

Le processus de confrontation à la vérité et au savoir conduit irrévocablement à l’effondrement des mensonges et de leurs appareils.

Les Palestiniens sont sur cette voie, il ne faut pas les en détourner, il faut les accompagner et dénoncer les tentations et les chantages qui veulent les conduire aux renoncements dans cette phase de confusion. La Turquie, le Qatar, l’Egypte et Mousaylima le grand gourou agissent de concert pour corrompre les Palestiniens  et les pousser à se dessaisir de leur devoir de résistance et de leur désir d’existence.

 

Priorité

Le Messie (saws) ne s’est pas focalisé sur l’occupation romaine et  son administration coloniale. La domination militaire et politique des Romains était secondaire  par rapport à la décomposition religieuse, idéologique, morale, économique, politique et sociale des Bani-Israël, ce concentré d’humanité que le Coran nous présente comme parabole sociohistorique.

La communauté des Bani-Israël du temps du Messie (saws) ressemble étrangement à notre communauté dans ses confusions et ses divisions.  Une communauté fragmentée entre intégristes, romanisants, hellénisants, commerçants cupides, doctes corrupteurs, adeptes de  Satan, seigneurs de guerre en quête d’un roi, populations sans repères.  Les véridiques, les justes  et les vertueux étaient en minorité.

Le peuple accablé par l’injustice, l’impôt, et l’usure ainsi que par l’instrumentalisation de la religion à des fins mondaines et politiques ne pouvait ni produire son argent, ni son élite, ni ses moyens d’émancipation.

Dans ces conditions, l’insurrection populaire contre l’Empire et ses vassaux politiques ne va pas libérer la société des causes profondes de l’oppression. Jésus a dénoncé le système qui rendait impossible la restauration de la vérité, la production des idées, la moralisation de la vie économique  et l’émergence des élites sociales préalables à la libération.

Il ne s’agit pas de prôner le désistement et la résignation comme réponse à la violence faite aux Palestiniens, mais de rappeler aux Arabes l’impératif de hiérarchiser les priorités et de refuser l’impertinence, l’inopportunité et l’incohérence des idées et des actes de  l’atomicité sociale et religieuse.

La confusion et la divergence sont des mouroirs. La confusion sur la vérité n’est pas produite par l’ignorance et l’erreur, mais par une volonté délibérée et préméditée de masquer la vérité, de propager l’ignorance  et d’induire le peuple en erreur pour usurper des privilèges et spolier des biens. La division est systématiquement entretenue par la culture du mensonge délibéré afin de garantir l’impunité  de la spoliation  et sauvegarder le pouvoir de l’imposture. La rente religieuse, historique, politique et économique annonce, accompagne et poursuit l’œuvre du colonialisme.

Si l’Empire romain cherchait la domination militaire, politique et économique du territoire, les castes religieuses cherchaient la domination absolue sur les consciences par la falsification des rapports à la vérité et par la corruption des savoirs.

Si Moïse était confronté à l’arrogance de Coré  et au désir mimétique qui viennent compliquer le rapport au despotisme de Pharaon, le Messie était confronté à un système d’aliénation  économique et idéologique produit par l’élite religieuse se réclamant de  Moïse. Les opposants au pouvoir en place se réclament eux aussi de Moïse sans être une alternative crédible et authentique pour porter la vérité, produire le savoir et libérer le peuple.

Le Messie nous montre que décoloniser les esprits est plus complexe que libérer la terre.

Le Messie n’a pas dissocié les causes de l’oppression de ses conséquences. Il s’est consacré, parallèlement à la proclamation de la vérité et au dévoilement des mécanismes intérieurs de l’aliénation à apporter des remédiations et des soulagements aux souffrances du peuple.

Les Romains et leurs alliés juifs empêchaient le Messie de nommer la vipère vipère et faisaient toutes les combines pour le faire tomber, l’obliger à s’arrêter, le contenir, le réprimer afin de circonscrire sa prédication et sa parole de vérité. Circum-sistere est l’art militaire  romain de  s’arrêter autour des villages et  auprès des populations pour les entourer avant de les attaquer et prendre par la force leurs positions. Circum-sistere est l’art de la casuistique religieuse et sociale pour vendre le faux à la place du vrai en montrant souvent le faux comme du vrai et le vrai comme du faux par la force de la persuasion des rhéteurs religieux. Entouré,  assiéger ou dénigré, le Messie avait adopté une autre posture il s’est consacré à assister les pauvres et les malades. Assister ou a-sistere consiste à devenir absent de la position, à marcher dans le sens imprévu de l’ennemi qui croyait comprendre la posture de son ennemi. La beauté de la situation c’est qu’il a été préservé de posture  tissée par l’ennemi interne et externe en prenant une autre posture qui consiste à assister les démunis et les esseulés. As-sistere prend aussi le sens d’être présent sur place, d’être à côtés pour secourir et aider.

Le jeu de mots ne peut montrer l’étendue du destin qui se jouait en ces moments-là, mais il témoigne de la force des mots et de l’ironie de ces mots lorsqu’ils sont rapportés à l’histoire des us et des autres. La plus grande ironie c’est que ces mots continuent de se jouer des uns et des autres car les médiocres qui répètent des mots religieux sans en comprendre le sens ou la portée et ont l’outrecuidance de parler au nom de Dieu et des Prophètes. L’ironie est cruelle car l’effusion du sang musulman au profit des ennemis des musulmans ne semble pas s’arrêter.

Les imposteurs de l’Islam et les otages palestiniens à Yarmouk

{Dites la vérité}

 » Le véritable savant est celui qui dit la vérité dans les moments de troubles (fitane). Dites la vérité. Cela ne retarde ni n’avance le terme de vie comme cela ne diminue ni n’augmente la subsistance » Hadith

Les événements tragiques qui montrent l’armée syrienne loyaliste prendre d’assaut le camp palestinien Yarmouk et l’exil dans l’exil des réfugiés palestiniens doivent nous inviter à réitérer nos sentiments de solidarité avec le peuple palestinien qui souffre de l’injustice mondiale, de  l’incompétence de ses élites et de l’imposture des Arabes et des Musulmans qui poussent l’outrecuidance à faire commerce de la misère au lieu de la régler.

A première vue la vision des conditions de vie misérable à laquelle s’ajoute la fuite humiliante des Palestiniens du camp de Yarmouk  soulève le cœur et fait perdre le peu d’estime pour l’armée syrienne qui se permet de prendre d’assaut des réfugiés sans armes, sans biens, sans destin.

C’est ce que la coordination entre la guerre subversive, la guerre psychologique, le matraquage médiatique  et la haine des musulmans en armes contre d’autres musulmans veut montrer : une armée inhumaine qui ne respecte ni réfugiés ni pacte ni civils. Cette armée dont on montre les atrocités tout en occultant son devoir de défendre sa patrie et tout en niant ses morts et ses blessés est pratiquement la principale visée du plan impériale et sioniste. Bachar Al Assad à l’instar de Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi  n’est que l’arbre qui cache la forêt visée par l’incendie.  Le monde arabe et musulman ne doit aspirer ni à construire un état de droit, ni à construire une armée de défense nationale, ni à vivre en paix pour régler ses contentieux avec l’histoire de sa décadence et de sa colonisation. Il est condamné à vivre dans les turbulences pour le profit de l’Empire, du sionisme et de leurs vassaux occidentaux et arabes.

Et pourtant  notre religion nous met en garde contre la transgression en portant atteinte à la vie, aux biens et à la sécurité des personnes :

« Celui qui tue une personne qui a conclu un pacte avec les musulmans (Mou’âhad) ne sentira pas l’odeur du paradis, alors que son odeur est sentie d’une distance équivalente à quarante années. » Rapporté par Boukhâry.

Les imposteurs de l’Islam sous la conduite d’un savant sénile et d’un prince parricide et régicide qui reçoivent les commandes de Tel-Aviv et Washington  ont décidé de recourir à l’horreur : prendre en otage les Palestiniens :

Ils ont cultivé suffisamment l’esprit infantile et partisan  auprès des Palestiniens  fanatiques de l’Islam qui ne connaissent de l’Islam que le superficiel et l’émotionnel. Ces stupides ne tirent pas leçon de l’aventurisme du FATAH au Liban au début des années 80 et se laissent piéger de la même manière pour se retrouver impliqué dans un conflit intérieur dont ils seront toujours les victimes s’ils prennent position. La seule position légal et légitime est de rester loyale et reconnaissant envers la main qui t’a secouru et abrité. Si tu désapprouves où tu supportes avec silence et dignité ou tu plies bagage et tu t’en vas ailleurs chercher un autre lieu d’asile. Lorsque l’esprit partisan et infantile l’emporte sur la raison et l’éthique alors le Palestinien devient l’artisan de son propre malheur et de la honte des siens. Plus personne n’ignore que des combattants palestiniens ont rejoint la sédition armée ajoutant  complexité et complication à leur situation déjà  confuse. Ces ingrats qui retournent leurs armes contre ceux qui les ont armés et entrainés  devront répondre à la question du pourquoi. Pour l’instant ils ont permis de transformer le camp de réfugiés de Yarmouk en zone d’opération des combattants mercenaires de l’OTAN : islamistes djihadistes en panne d’imagination, marxistes chrétiens en alliance avec les islamistes, Frères Musulmans adorateurs  des guides, des savants et de l’argent. Toutes ces fripouilles n’ont aucune honte à servir l’agenda impériale et à lui obéir au doigt et à l’œil, mais ils poussent le cynisme assassin et fourbe à prendre en otage un camp de réfugiés.

YARMOUK2Ce camp de Yarmouk, l’un des plus grands dans le monde, est une place stratégique dans Damas par ces cinq entrées. Il offre un abri pour la logistique de subversion (voitures piégées, tireurs d’élites, postes d’observation) et une population jeune désœuvrée, frustrée et désespérée donc manipulable et mobilisable pour devenir chair à canon de l’insurrection. L’armée syrienne, comme toute autre armée mise dans la même situation, n’avait pas d’autre alternative que de tenter par tous les moyens d’assiéger et de reconquérir  le camp et d’en reprendre le contrôle des accès stratégiques. La perte de ce camp c’est la perte de Damas. Jusqu’à preuve du contraire l’armée loyaliste syrienne est l’armée légale et en aucun cas un esprit juste et avisé n’irait lui interdire  de reprendre par la force des armes ce qui menace la sécurité intérieure du pays et l’effondrement de l’Etat. Le caractère islamiste ou non islamiste ne change rien à la nature du problème. Si nous devions prendre en considération le caractère islamique il serait contre les groupes séditieux car le Coran et la Sunna du Prophète interdisent la sédition armée et lui réserve le châtiment le plus humiliant et le plus implacable :

{Nous Avons Prescrit aux fils d’Israël que : « Quiconque tue une personne sans qu’elle ait tué ou corrompu de par la terre, serait comme s’il avait tué les hommes en totalité, mais quiconque la laisse vivre, serait comme s’il avait laissé vivre les hommes en totalité ». Nos Messagers leur sont venus, en fait, avec les évidences. Ensuite, beaucoup d’entre eux, après cela, sont des dissipateurs de par la terre. Toutefois, la punition de ceux qui font la guerre à Allah et à Son Messager, et sèment la corruption de par la terre, est qu’ils soient massacrés, ou crucifiés, ou que soient coupés leurs mains et leurs pieds opposés, ou qu’ils soient bannis du pays. Cela sera pour eux un avilissement dans le monde ; et dans l’au-delà, ils auront un immense châtiment. Sauf ceux qui se sont repentis avant que vous n’ayez pouvoir sur eux. Sachez qu’Allah Est Absoluteur, Miséricordieux.}

La casuistique de Qaradhawi, le bavardage insensé des Ali Belhadj, les appels au meurtre par Arrour et compagnie  ne changent rien à la signification de ces Ayat. On ne réalise pas le dessein d’Allah par le Haram, l’effusion de sang et l’insécurité.

Il y a le dessein du grand Satan qui se réalise en Syrie, dans la continuité de ce qui s’est réalisé en Libye : disloquer de  qui reste du monde arabe pour l’empêcher de tisser ce qui fait une civilisation capable de se réveiller et de présenter aux peuples comme alternative par la conjugaison progressive et pacifique des mentalités arabes collectives, des histoires communes de vie ensemble et de confrontation aux mêmes impérialismes et aux mêmes défis,  des élans trop certes mais qui ne manqueront pas de faire émerger la conscience de la liberté, du droit, de la légitimité et de la collaboration démocratique, des possibilités objectives de complémentarités des ressources, des métiers et des projets économiques. C’est ainsi que se construit une aire civilisationnelle qui peut donner naissance à une sorte de confédération musulmane, visage moderne du Khalifat ou autre forme de l’esprit de solidarité inter peuples et gouvernants musulmans. Nos apprentis religieux ne connaissent ni la stratégie, ni la construction de l’état, ni la grammaire de la civilisation, ni la réalité du monde et commettent un crime en s’impliquant dans des conflits dont ils ignorent les enjeux, les conséquences et les centres de décisions.

La bataille pour le contrôle du camp palestinien de Yarmouk n’est pas un fait isolé ni fortuit. C’est une construction diabolique qui doit être remise dans le contexte de la terreur internationale que mène l’Empire contre la Syrie s’appuyant sur ses vassaux européens, ses financiers arabes, et ses « révolutionnaires islamo otanesques dont la crainte de Dieu les autorise à massacrer les créatures de Dieu et à faire semblant de ne pas voir les diables qui les manipulent et qui les armes.  La Syrie est visée pour que sa mosaïque ethnique et confessionnelle disparaisse et qu’à sa place s’installe une guerre sans merci et sans fin entre toutes les composantes de la société laissant la Syrie aux mains des forces occultes qui peuvent désigner les seigneurs de guerre qui acceptent de travailler pour l’agenda sioniste et la normalisation avec l’empire et le sionisme contre l’Iran, le Hezbollah, la Russie et la Chine. Le même scénario appliqué en Irak et en Afghanistan est reconduit en Syrie sous la bénédiction des savants de l’égarement et des prédicateurs de la Fitna. Ces insensés portent sur la conscience et les mains le sang des innocents et les ruines du monde arabe. S’ils avaient un grain de sel de raison et de Taqwah ils auraient vu le plan diabolique impériale et l’aurait combattu sinon dévoilé. Ce plan vise à épuiser et à faire effondrer l’armée syrienne sans qu’il n’engage un homme ou un dollar américain. Il ne fournit que le renseignement et l’ordre de combat. Le sale travail est fait par les Arabes et les Turcs. Pour l’instant l’armée syrienne, malgré ses déboires, résiste miraculeusement au prix de la destruction de la Syrie? Seul Allah sait combien de temps cette résistance sera encore debout et quel sera le prix de cette résistance. Si jamais la résistance syrienne s’épuise alors le scénario diabolique qui a déjà été appliqué en Afghanistan sera mis en place : liquidation de tout l’islam djihadiste et politique qui s’est constitué en force de combat sous un étendard de confusion. Les États-Unis et leurs alliés européens auront réussi le double exploit de liquider d’une part l’axe de la résistance et de laisser la question palestinienne orpheline adoptée par les traitres arabes qui vont l’achever définitivement, puis d’autre part de liquider encadrement et exécutants qui seront le moment voulu qualifiés de terroristes et de criminels contre l’humanité. Qaradhawi et son association de séniles cyniques seront considérés comme des terroristes et interdit de fonds, d’antennes et traduits devant les tribunaux occidentaux pour crimes envers les Juifs,  les Chrétiens et les laïcs. Ils perdront ainsi le fruit de leur vie de trahison et le retour à Dieu sera plus humiliant et plus dur en châtiment.  Les dirigeants arabes qui ont servi le plan américain seront envoyés dans la fosse de l’histoire. L’empire a déjà la liste des pièces de rechange :

« Comme vous faites aux autres il vous sera fait de même »

Le camp de Yarmouk est sous le contrôle du front démocratique – commandement général qui est resté loyal envers la Syrie. En prenant en otage le camp de Yarmouk on attise les luttes intestines entre factions palestiniennes, on crée de la diversion dans leur feuille de route en déplaçant le problème non plus sur continuer la résistance contre Israël ou collaborer avec le sionisme et s’intégrer dans le nouvel ordre mondial dans la région ou le refuser, mais être avec ou contre le régime syrien et être avec ou contre l’illusion du khalifat Khwanji.  Les événements du camp de Yarmouk sont la manifestation flagrante de la dérive maffieuse, cynique et absurde de ceux qui rêvent de construire un Khalifat fondée sur la bonne gouvernance alors qu’ils sont insensés, incompétents et criminels :

{Dis : « Vous informerons-Nous des plus perdus en œuvres ? » : ceux dont l’œuvre s’est fourvoyée dans la vie terrestre, alors qu’ils s’imaginent avoir agi au mieux.}

S’il est triste de voir ceux qui appellent à Dieu recourir à des procédés qui cultivent la haine  entre des factions devant combattre contre le même ennemi il est encore plus affligeant de voir que ce scénario n’est pas étranger au scénario qui s’est déja passé dans le camp Nahr al Bared au Liban où l’armée libanaise a employé l’artillerie et l’aviation pour déloger un « groupe ». Quelle est la stratégie dans ce type d’opération et pourquoi la réitérer. La réponse est effarante si elle ne répond à aucune logique et elle est horrible lorsqu’on lui donne l’explication rationnelle la plus plausible : faire admettre dans l’opinion palestinienne, l’opinion arabe et l’opinion mondiale favorable que les armées arabes traitent les réfugiés d’une manière plus dure et plus humiliante que ne le font les sionistes. C’est un procédé connu qui s’appelle « l’effet contamination » qui permet de contaminer une image relativement correcte et de décontaminer une image laide pour la rendre plus présentable. Dans le cas présent du camp de Yarmouk l’effet est scandaleux : l’autorité palestinienne réagit vite en demandant à l’ONU de trouver une solution aux réfugiés de Syrie et de faire tout le nécessaire pour les faire transférer en Palestine. Quelques milliers de réfugiés ont été habilement orientés vers les camps de Turquie.  L’opération marketing pour désavouer l’armée syrienne était rodée. Encore une fois je dois avouer que les Arabes, dans l’état de décomposition sociale et politique et dans l’état de putréfaction intellectuelle et morale sont prêt à tout pour arriver à leur conquête de pouvoir, mais ils sont dans l’incapacité de produire des scénarios si bien élaborés. Ce sont des médiocres que l’armée syrienne aurait pu nettoyer en quelques semaines si elle n’avait pas affaire à un complot international. Ce complot dépasse la Syrie dans ses objectifs et sa mise en œuvre.  L’Iran, la Russie et la Chine semblent pour l’instant avoir compris le scénario.

Dans ce conflit mondial, la question palestinienne est d’importance cruciale. Elle est la boussole du monde . L’empire et le sionisme veulent que cette boussole ne reflète que leur réalité enchanteresse qui fait l’impasse sur la justice et les droits des Palestiniens. Dans la stratégie de l’enchantement et de la fabulation nous avons le Khalifat allié de l’Empire qui se dessine péniblement. Dans ce Khalifat où on voit les déchirement à venir entre les Émirs du Qatar,  les Ottomans, les Rois bédouins et les Mamelouks d’Egypte  se dessine un rattachement de Gaza à Égypte et celui de Ramallah à la Jordanie. La bataille du camp de Yarmouk intervient dans un moment où Mechaal a achevé son opération marketing à Gaza volant à la résistance palestinienne sa victoire et la plaçant dans une allégeance au Qatar, Abbas annonce sa décision de création d’une confédération jordano palestinienne, Netanyahu lance un vaste programme de colonisation réduisant davantage les territoires arabes. Le HAMAS ne doit pas gaspiller son capital de sympathie ni nuire à ses nombreux martyr à cause du culte la personnalité que la confrérie frériste cultive au lieu de cultiver le réalisme, la loyauté et l’islam originel.

La plus grande victoire que nous pouvons réaliser sur nos ennemis est celle que nous réalisons sur nous-mêmes. Elle passe par l’impératif de garder la tête au-dessus des eaux troubles et de trouver des jalons et des points de fuite pour construire une perspective de vue à même de voir un semblant de réalité se dessiner dans la confusion et la convulsion. Devant l’emballement jouissif des journaleux embarqués pour le compte de l’empire nous ne pouvons que dire la vérité même si elle heurte les bonnes consciences musulmanes qui rêvent d’un khalifat pour ne pas voir l’horreur de ses partisans. La plus grande victoire c’est de dire nous refusons que cela se passe en Algérie  même si nous devons encore supporter les médiocres qui nous gouvernent et qui n’ont pas l’honneur et la dignité de tourner le dos aux tombeurs de la Libye et de la Syrie au lieu de leur dérouler le tapis rouge. Comme la vérité, le tapis rouge ou le dos tourné ne changera pas à l’équation algérienne grand chose. Notre maladie est profonde, elle nous emportera tous comme un cancer incurable dont on ressent les métastases

Les malheurs qui frappent les Musulmans  sans distinction ont leur origine, selon le Prophète (saws) dans  la généralisation de la malveillance dans les cœurs, les esprits et les comportements des Musulmans. Quelle pire malveillance que de verser le sang des innocents ou de débattre avec passion du futile et de l’accessoire et rester insouciant devant l’imposture et la trahison. Le Khabat est la malveillance. La langue algérienne a su trouver le mot juste pour désigner le cancer et le Malin nuisible : le Khabith. Comme Satan il frappe ceux qui n’ont plus de défense immunitaire ou qui se sont trop longtemps exposés aux nuisances. Qu’Allah nous protège du Khobt et des khoubata   au sens propre et figuré. Amin !

Ces Khoubata qui parlent notre langue, pratiquent notre religion et règnent en maitres sur nos esprits, nos cœurs et nos destins ne sont pas ceux qui se réclament éradicateurs ennemis de l’Islam, mais ceux qui se sont autoproclamés détenteurs de la vérité suprême et de la science infuse leur donnant  le droit non de parler de Dieu et d’agir pour Dieu, mais de parler au nom de Dieu et d’agir pour Satan. Il est de notre salut moral et public de les dénoncer et de leur tourner le dos.  Il n’est pas normal que depuis le mouvement de décolonisation nous les voyons exprimer leur allégeance à des monarques séniles, rétrogrades, agents de l’empire et du sionisme contre le bon sens et le sens logique de l’histoire et qu’ils jettent l’anathème sur Boumédienne, Kadhaffi, Assad et Nasser qui ont tenté, mal tenté, de lutter contre l’impérialisme et de mettre en place les bases du développement industriel, agraire et social qui fait défaut. Le temps a montré en Tunisie et en Égypte que les Charlatans n’ont aucun programme de justice sociale, de développement social et économique et encore moins de réformes et de modernisation de l’État. Ils font plus de tort à l’Islam et aux Musulmans que les laïcs et les athées dont la nuisance est confinée aux microcosmes et non à l’ensemble de la société musulmane qui est sous le charme du mensonge des assoiffés de pouvoir et des docteurs de la casuistique religieuse que l’Islam condamne.

Je ne suis pas un opposant de l’Islam, je suis un opposant à la bêtise qu’elle prenne habit de nationalisme ou d’islamisme. Il y a suffisamment de souffrance, mais aussi de talent dans le monde arabe et musulman pour que nous puissions nous libérer des mimétisme aliénants et inventer une nouvelle voie de développement et de gouvernance qui respecte notre religion, nos intérêts et la pluralité de nos différences. Nous avons trop souffert du colonialisme pour le tolérer de nouveau et lui donner excuse pour se jouer de nous à cause de l’infantilisme des uns et de la surenchère idéologique et démagogique des autres. Al Ibrahimi a considéré à juste titre que le colonialisme est une des souillures de Satan confirmant l’antagonisme religieux et idéologique entre le coran et la doctrine impériale. Se soumettre à cet empire c’est trahir le Coran et trahir nos martyrs ainsi que décevoir les peuples en quête d’espoir et de salut.

décolonisation WAYL1

WAYL2

Combien il avait raison le Prophète (saws) de refuser que le pouvoir et l’autorité soient confiées à des insensés ou à des gens qui réclament le pouvoir se croyant les plus méritants ou les plus capables à l’exercer. S’il avait dit le contraire chacun aurait construit son émirat au seuil de son gourbi et chacun aurait tué le reste de l’humanité pour une parcelle de jouissance de ce monde  qui aux yeux d’Allah n’a même pas  la valeur d’une aile de moustique.  Bouteflika et consorts au lieu de cultiver le baise main ils devraient tirer leçon de l’actualité et engager des réformes structurelles et profondes en redonnant l’Algérie aux Algériens avant que les insensésde part et d’autre ne liquident la vie et l’avenir du peuple algérien  pris  en otage  et mis en assistance comme un inapte.

{Allah ne nous châtie pas à cause de ce qu’ont commis les insensés d’entre nous}

 

Tag sur tag et malheurs aux Arabes

L’Administration américaine a réussi sept coups de génie :

1. Ordonner à l’Arabie saoudite de financer la résistance afghane contre l’occupation bolchévique tout en laissant cette résistance divisée sur les postes de commandement et sur les programmes d’avenir.
2. Ordonner au Qatar d’héberger et de prendre en charge Youssef Qaradhawi et le futur staff du remodelage idéologique de l’orthodoxie sunnite.
3. Ordonner à son armée, à ses juges et à ses médias de couvrir Guantánamo pour inspirer la terreur et obtenir des concessions
4. Ordonner à l’armée égyptienne de s’estomper devant les Frères Musulmans.
5. Ordonner au monarque du Maroc et à son Makhzen de nommer un gouvernement « islamiste ».
6. Ordonner à ses réseaux et à ses vassaux de donner crédit, assurance aux mouvements islamistes et d’oublier un peu les mouvements laïcs. L’Amérique récupère la haine, l’esprit de revanche et les divisions internes des mouvances islamiques et se débarrasse des laïcs qui ont échoué dans leur passage de l’économie de pénurie à l’économie de marché faute de compétences et de soutien populaire.
7. Ordonner à Israël de supporter Mechaal à Gaza et son discours sur la résistance destinée à la consommation affective des Arabes fonctionnant à l’émotionnel et à l’autosatisfaction.

Pour chacun des sept points réalisé au profit et par l’Empire, les vassaux et les insouciants perdent l’équivalent en multiple ou en puissance sept. Nous ne voyons pas ses points se nouer comme un canevas qui tissent nos malheurs futurs, car Satan a le pouvoir d’enjoliver la laideur.
Les naïfs et les irresponsables horrifiés par ce qui se passe vont crier de nouveau : islam fasciste, islam réactionnaire, islam consumériste, islam politique sans culture politique et géostratégique. Ils oublient qu’ils sont en train de récolter ce qu’ils ont semé comme politique d’exclusion, d’abrutissement, d’éradication et de diabolisation.

Les cyniques aux aguets s’imaginent que c’est le meilleur moyen de se débarrasser de l’Islam politique : voir les mouvements islamiques se radicaliser et se montrer sous les visages attendus d’eux : cruauté, incapacité à gouverner et luttes intestines pour le pouvoir et la domination idéologique ou doctrinaire d’une faction sur une autre.

Les « Islamistes » convaincus de leur bon droit et confondant la manne céleste avec le leurre satanique jouent la pièce diabolique à fond : ils réalisent les desseins de l’empire et du sionisme. Ils déchirent, comme cela était prévisible dans l’échiquier américain, ce qui reste de relativement unis sur le plan des mentalités collectives et des espaces géographiques ; ils génèrent la méfiance qui accroit la haine et le peu de compassion des non musulmans réconfortés dans leurs préjugés sur l’Islam diabolique ; ils provoquent de la méfiance au sein des populations musulmanes qui ne sont pas préparées à des changements violents ou pacifiques vers l’inconnu.

Bien entendu le monde arabe succombe depuis trop longtemps à l’injustice des uns et au maraboutisme des autres pour disposer de grille de lecture ou de moyens de résistance. Comme une aiguille aimantée attirée et orientée par un champ magnétique les Arabes, gouvernants et gouvernés, islamistes et éradicateurs, savants et ignorants, larbins et zélés vont se retrouver une fois de plus les artisans de leur insenséisme et de leur marginalisation dans l’histoire des hommes. Cette fois-ci ils vont produire les néo harkis du néo colonialisme pour contrer non seulement l’Iran, mais l’axe Moscou-Pékin qui tente de faire émerger un nouveau pôle qui met fin à l’hégémonie impériale.

Tout ce qui ne change pas par lui-même sera inévitablement changé par les autres et au profit des autres. Les Musulmans vivant en Europe vont se réveiller dans quelques années dans une persécution inégalée dans l’histoire humaine. Une fois que l’Empire aura achevé sa mission, il laissera les Européens régler leur contentieux avec les Musulmans arrogants et bruyants. Que les gens braves, hommes et femmes, veillent dès maintenant à l’avenir de leurs enfants et à leur fréquentation. Il n’y a pas de Hijra possible car aucun lieu ne sera sur et prospère :

{Allah vous soumet cette parabole : Une cité vivait dans la paix et la quiétude, elle recevait sa subsistance abondante de toute part, mais elle s’est montrée ingrate envers les bienfaits d’Allah, alors Il leur a fait subir un aspect des affres de la faim et de la peur en conséquence de ce qu’ils ont commis. Et il leur vint, en effet, un Messager de parmi eux, puis ils le démentirent. Alors ils furent saisis du châtiment tandis qu’ils étaient injustes.}

Le monde musulman a perdu la raison : il se livre totalement à celui qui les a mis en servitude. C’est sans doute l’annonce du retour d’Aissa le Messie le fils de Marie. Il est fort probable que nos savants, nos intellectuels et nos chefs de partis islamiques seront du côté du Dejjal, le Messie imposteur, car trop imbus de leur ignorance et de leur haine ils ne peuvent plus voir la vérité ni comprendre les Signes. Le Messie a déjà annoncé que les imbéciles ne récolteront rien de bénéfique car ils n’auront rien semé pour leur bonheur dans ce monde et leur salut dans l’autre.
En effet les Arabes et les Musulmans, de tous bords et à chaque niveau de responsabilité, n’ont pas investi dans l’avenir, la connaissance et la défense de leurs intérêts. De gauche à droite, de haut en bas et de l’islamiste à l’anti islamiste, ils ont vécu comme des rentiers. Toutes les rentes ont été dilapidées : pétrole, religion, nation, histoire, révolution, diplôme, arabité, berbérité. L’heure de vérité approche à grands pas : récolter la poussière que nous n’avons semée.

Aux utopistes et à ceux qui cherchent une Hijra, une Dawla islamique ou un village de Hossein Imrane pour se réfugier contre le Dejjal méditez ces paroles d’Evangile faute de méditer le Coran devenu ésotérique, confisqué par les marchands du temple et les savants de l’égarement :

« Voici, disait-il, que le semeur est sorti pour semer. Et comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux, étant venus, ont tout mangé. D’autres sont tombés sur des endroits pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre, et aussitôt ils ont levé, parce qu’ils n’avaient pas de profondeur de terre: mais, le soleil s’étant levé, ils ont été brûlés, et faute de racines, ils se sont desséchés. D’autres sont tombés sur les épines, et les épines ont monté et les ont étouffés. Mais d’autres sont tombés sur de la bonne terre, et ils ont donné du fruit, l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente. Entende, qui a des oreilles !

Et, s’avançant, les disciples lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » Et, répondant, il dit : « Parce qu’à vous il a été donné de connaître les mystères du Royaume des Cieux, mais à ceux-là ce n’a pas été donné. Car quiconque a, on lui donnera et il aura en surabondance, mais quiconque n’a pas, même ce qu’il a lui sera enlevé. Voilà pourquoi je leur parle en paraboles : parce qu’ils voient sans voir et qu’ils entendent sans entendre. Et pour eux s’accomplit la promesse d’Isaïe qui dit : Vous serez tout oreilles et ne comprendrez pas, vous regarderez de tous vos yeux et vous ne verrez pas, car le cœur de ce peuple s’est épaissi, ils sont devenus durs d’oreille, ils ont fermé les yeux, de peur qu’ils ne voient de leurs yeux, n’entendent de leurs oreilles, ne comprennent avec leur cœur, et qu’ils ne se convertissent. Et je les aurais guéris ! Mais vous, heureux vos yeux, parce qu’ils voient, et vos oreilles, parce qu’elles entendent ! Car en vérité je vous dis que beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ils ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ils ne l’ont pas entendu !

Vous donc, écoutez la parabole du semeur. Chaque fois qu’un homme entend la Parole du Royaume sans la comprendre, arrive le Mauvais qui emporte ce qui a été semé dans son cœur; c’est celui qui a reçu la semence au bord du chemin. Celui qui a reçu la semence sur les endroits pierreux, c’est celui qui entend la Parole et aussitôt la reçoit avec joie, mais il n’a pas de racine en lui-même, il est, au contraire, l’homme d’un moment; survienne une tribulation ou une persécution à cause de la Parole, aussitôt il trébuche. Celui qui a reçu la semence dans les épines, c’est celui qui entend la parole, et le souci du monde et la duperie de la richesse étouffent la Parole, qui devient stérile. Et celui qui a reçu la semence sur la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : et celui-là porte du fruit et produit l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente. »

Le Messie fils de Marie avait le pouvoir, par la grâce de Dieu,  de ressusciter les morts et de donner vie aux oiseaux. Il avait prononcé ces paroles pour le petit groupe qui le suivait alors que la majorité bruyante était déchirée entre les bigots marchands du temple, les intégristes en quête d’un roi, les insensés sans Dieu ni loi, les pratiquants de magie, les partisans de l’administration romaine, les fervents adeptes de la culture hellénique, les nostalgiques de Moïse et de Salomon, les scribes colporteurs de syllogismes fallacieux…

Les semeurs d’illusions et d’attente messianique ne peuvent ni ressusciter les morts ni rendre justice, mais ils ont la compétence de jouer sur les émotions et les attentes d’une société qui ne produit ni semences ni semeurs, car elle livrée aux charlatans et aux démons de tout bord :

{Est-ce que je vous annonce sur qui les démons descendent ? ils descendent sur chaque forgeur de mensonges, grand-pécheur. Ils prêtent l’oreille, mais la plupart d’entre eux sont des menteurs. Et les poètes sont suivis par les égarés. N’as-tu pas vu qu’ils sont errants dans chaque vallée, et qu’ils disent ce qu’ils ne font pas ?} As Chou’âra  221 à 226

Les Bani Israël avaient l’avantage sur nous : ils cultivaient leur ego et attendait le Messie alors qu’il était parmi eux. Nous sommes pires qu’eux car s’ils ont été insensibles au vrai Messie qui leur semait des paraboles nous sommes sensibles au faux Messie qui nous sème de la diversion et de la subversion. Nous sommes pires qu’eux car nous produisons les mêmes contradictions en produisant des aberrations comme avec en plus la quête de l’illusion de  grandeur  dans ce qui produit le minus habens et la perte sèche :
« Le perdant est celui qui a vendu son au-delà pour l’ici-bas, mais le plus perdant est celui qui a vendu son au-delà pour l’ici-bas des autres »

Nous avons perdu le sens de semer et de lire les semences dans le monde et à ce titre nous ne pouvons ni être semeur ni prendre conscience que nous sommes plus que perdant, nous sommes  perdus.  Notre passé, notre présent et notre devenir sont toujours aux mains de l’Étranger qui les écrit et les façonne selon son dessein. Il est semeur et moissonneur, nous sommes des auxilliaires et de vulgaires consommateurs. Nous ne sommes que des pitres espiègles jouant les intéressants sans moyen d’action sur le jeu qui s’accomplit à notre détriment. Nous n’avons pas conscience de notre devoir et de nos responsabilités alors on nous fait montrer, comme d’habitude, midi à quatorze heures. Et pourtant la vérité par laquelle nous aurions pu voir les complots ainsi que nos défaillances est toujours là à nous interpeller :

{O Hommes ! Une parabole vous est fournie, écoutez-la : « Certes, ceux que vous invoquez, à l’exclusion d’Allah, ne pourront point créer de mouche, même s’ils s’y mettaient tous ensemble. Et si une mouche leur ravit quelque chose, ils ne sauront point le récupérer d’elle ». Faible de nature, le solliciteur et le sollicité ! Ils n’ont point apprécié Allah comme il se doit. Certes, Allah est  Omnipotent et  Invincible.} Al Hajj 73

{Prenez garde à une sédition qui ne frapperait pas uniquement les injustes d’entre vous}

Il est fort remarquable de voir comment l’Empire récolte ce qu’il a semé : la sédition en confisquant des émeutes arabes où les élites ont fait preuve d’incompétence et de convoitise à chercher le pouvoir au lieu de construire une résistance contre l’ennemi commun et une coopération pour résoudre les mêmes problèmes de sous développement.  Il est donc logique de voir le Qatar et le Maroc, pour ne citer que ses deux extrêmes géographiques, devenir les abris pour les révolutions islamistes alors que ces mêmes pays sont anti islamiques et anti démocratiques. Nous sommes devenus tellement incultes que non seulement nous ne pouvons ni semer ni récolter ni même être sensibles aux aberrations et aux absurdités de la rédition du même schéma afghan avec cette fois-ci l’Arabie saoudite en retrait mais avec les mêmes insensés en premières lignes.

Sobhane Allah rien n’a pu fédérer les fréristes, les sanafirs et les pieds nickelés ni le Coran ni le Hadith ni la langue ni le destin, mais Clinton les a mis au pas. Si j’étais metteur en scène ou producteur de films j’aurais produit « Les Enuques hilarants » ou « Les néo Mamlouks »

Il est sans doute temps que les bonnes âmes se retirent et se taisent pour ne pas ajouter davantage à la confusion et aux mauvaises herbes. Je viens de comprendre la parabole du Messie : « Bienheureux sont les faibles d’esprits » . Heureusement que le Messie est Musulman et qu’il va revenir pour restaurer l’Islam originel :  je n’aurais pas donc l’idée et l’embarras de me  convertir à sa religion puisqu’elle est déjà la mienne.

En attendant de voir des jours meilleurs je n’aurais pas l’outrecuidance de vous souhaiter une bonne année alors qu’il y a suffisamment de tag et de tartag… annonçant la normalisation avec le sionisme !

Omar Mazri

L’Emirat islamique d’Alep et Gaza !

{Nous vous montrerons Nos Signes à l’horizon et en vous-mêmes, vous saurez alors que c’est la vérité} Coran

Harmonie, diversion et subversion

La loi de l’harmonie gouverne l’universel dans ses détails et sa globalité. Elle s’exprime par  une ou plusieurs manifestations qui se conjuguent dans le domaine des formes, des couleurs, des sons, des idées, du langage :

–        Pertinence ou adéquation spatiale (lieu, étendue et contiguïté de territoire)

–        Opportunité ou adéquation temporelle (moment, durée et continuité historique)

–        Rythme ou proportion, intensité, fréquence et correspondance dans les répétitions

–        Cohérence ou relation logique ou conformité à l’organisation générale ou au dessein global.

–        Contraste ou mise en relief des oppositions internes qui sont naturellement ou logiquement en relation par leur nature intrinsèque ou par leur composition dans l’effet global.

Ces facteurs structurant des agencements ne deviennent véritablement une harmonie que si et seulement si deux règles sont respectées : l’unité qui fédèrent les éléments  dans leur diversité pour que la diversité ne soit pas anarchie et la variation des éléments dans leur unité pour que l’unité ne soit pas uniformité monotone.

Lorsqu’un phénomène produit du bruit ou de la dissonance et ne vient pas ajouter de la douceur, de la vitesse ou de la dramatique dans ce que l’œil, l’oreille ou l’esprit a considéré comme harmonieux il y sans aucun doute une intrusion qui provoque ce qu’on appelle de la diversion ou de la subversion.

La diversion consiste à distraire, à détourner l’attention, à introduire des biais pour désorienter et faire changer de préoccupation. La diversion peut être agréable ou déplaisante. Lorsqu’elle est agréable, elle est difficilement perceptible comme diversion à moins d’avoir une grille de lecture sur l’harmonie et ce qui vient rompre son équilibre. Elle consiste aussi a introduire de la monotonie ou a rompre l’unité afin de fatiguer l’attention et la détourner

La subversion consiste à renverser ou à bouleverser l’ordre harmonieux et lui substituer un autre ordre harmonieux ou inharmonieux.  La substitution passe obligatoirement par   la rupture de l’unité, la fragmentation et la dispersion pour empêcher les forces anciennes de se réunir, de s’agencer et de produire l’unité.  Si la diversion peut être agréable, non destructive et trés étalée dans le temps et l’espace, la subversion est souvent violente, destructive, concentrée dans le temps et l’espace. Souvent, l’ordre nouveau, même s’il est inharmonieux,  est accepté faisant oublier l’ordre ancien s’il apporte une construction après la déconstruction, une stabilité après la perte des repères, une accalmie après  l’entropie… une trêve après l’agression.

Que signifie la proclamation de l’Émirat islamique dans les conditions actuelles? Lisons d’abord  la carte de la victoire proclamée objectivement par la confrontation entre la résistance palestinienne et l’entité sioniste à la suite des analyses précédentes « Al Forqane II : Les brigades Al-Qassam et Al-Qods déjouent tous les complots » et  » Nouvelle Victoire de la Résistance » sans perdre de vue la réalité  des coups portés à l’encadrement de la résistance militaire par les assassinats ciblées.

L’harmonie de la résistance palestinienne dans la gestion de sa puissance de feu

Dans un rapport de forces incomparables, la résistance palestinienne a imposé sa loi de l’harmonie après sept jours nonobstant les grosses pertes dans ses rangs. Elle a résisté et a géré sa modeste puissance de feu avec harmonie. En effet si l’armée sioniste bombarde les civils à l’aveugle avec un excédent de force causant des pertes dans les rangs civils elle n’a pas d’objectifs militaires ou stratégiques, car elle ne parvient ni à imposer sa dissuasion par sa force destructrice ni à choisir de nouvelles cibles montrant la gradation de son effort de guerre. Il ne lui reste qu’à assassiner la population. Ce n’est pas un acte militaire, mais un acte terroriste.

La résistance palestinienne a montré sa maitrise de la loi de l’harmonie par sa maitrise de sa modeste puissance de feu. L’imprécision de son armement sommaire ne l’empêche pas d’opérer une planification et une exécution qui montrent la maitrise des éléments décisifs suivants :

–        Les cibles,

–        Le temps,

–        La fréquence,

–        La gradation

–        Le maintien d’une réserve de riposte

–        La diversité des dispositifs de riposte

Ces éléments sont orientés vers un but avoué et obtenu : la dissuasion.

L’entité sioniste cherche la dissuasion par des moyens de destruction face à une résistance et une population qui ne craignent ni la mort ni la destruction. La résistance et la population palestinienne ne disposent pas de moyens de destruction, mais disposent de moyens de riposte qui sèment le doute et la panique et les voilà se servant avec harmonie de leurs petits moyens.

La loi de l’harmonie et celle de l’éthique islamique ou universelle exigent qu’aucune voix ne vienne perturber cette harmonie héroïquement établie par le peuple palestinien. Cette harmonie a montré les dissonances dans le camp adverse,  elle a fait sortir l’Amérique de son silence complice, et elle a montré les contradictions du « printemps arabe » qui se trouve intermédiaire entre la résistance et l’entité sioniste au lieu d’être partie prenante du conflit.

L’harmonie a pour qualité de dévoiler les disharmonies. Elle a pour ennemi la disharmonie qui lui apporte la détraction, la diversion ou la subversion.

La signification de la proclamation de l’Émirat islamique à Alep

La loi de l’harmonie, de la justice, de l’éthique et de l’Islam veut qu’il n’y ait pas de surenchère sur le front principal ni de diversion ni de subversion. Tout autre action et tout autre discours doit verser dans l’enracinement et la suprématie de l’harmonie imposée par la résistance en lui donnant d’autres canaux d’expressions, d’autres fronts de continuité, d’autres échos médiatiques ou militaires ou idéologiques.

La proclamation de l’Émirat islamique d’Alep est un coup de poignard dans le dos de la résistance palestinienne, car il veut lui voler la « vedette », il veut détourner l’attention de la rue arabe  déjà amorphe par

–        son nihilisme politique et sa quête mondaine,

–        sa confiance aux  Frères Musulmans à qui elle a confié son destin comme elle l’avait confié aux despotes par le passé,

–        son attentisme des consignes des autres courants islamiques revanchards, mais confus entre rejoindre le pragmatisme des Frères Musulmans et leur arrangement d’appareil avec l’Empire ou rejoindre les maquis….

Que la France, la Grande-Bretagne et les Occidentaux choisissent ce moment pour reconnaitre l’opposition syrienne et refuser de reconnaitre les djihadistes cela se comprend lorsqu’on comprend leur alignement sur la politique de l’Empire pour imposer un nouveau Sykes-Picot 2, leur désir de briser l’axe de la résistance et d’isoler l’Iran, leur soutien inconditionnel à l’État sioniste et à sa politique génocidaire.

Nous pouvons comprendre la proclamation de l’État islamique dans ces circonstances comme une diversion et une subversion sur plusieurs niveaux.

Les niveaux de subversion et de diversion de la proclamation de l’Émirat islamique.

Il est important de placer cette proclamation dans son cadre idéologique, géostratégique et politique pour en comprendre les méfaits :

  1. Celui qui étudie le Coran verra l’erreur de proclamer un État islamique alors qu’Allah (swt) utilise deux termes conceptuels, méthodologiques sur le plan religieux, idéologique et politique : Le Tamkine ou la territorialisation de la religion,  l’Istkhlaf ou la succession du pouvoir sur le territoire et l’héritage des pays des oppresseurs par les opprimés. Je ne développe pas ce point dans le présent article.
  2. Il suffit de suivre les déclarations des cadres d’Ennahda, du Hizb Tahrir et des Frères Musulmans sur la difficulté de mettre en place un État islamique ou d’appliquer la Chariâ dans les conditions présentes.  Comment et pourquoi les djihadistes salafistes minoritaires peuvent prétendre à un Émirat islamique ?
  3. Il suffit de suivre le dossier de l’opposition syrienne qui passe de la Turquie au Qatar puis à l’Égypte. Les États-Unis ont décidé de composer avec l’Islam politique « modéré » et « pragmatique » dans un vaste programme planétaire : remodeler le Moyen-Orient en liquidant l’axe de la résistance, en montant les chiites contre les sunnites, et en préparant la liquidation de la Palestine par un projet qu’Israël ne parvient pas à réaliser par ses échecs militaires : Gaza est une épine sécuritaire qu’il faut confier à l’Égypte et la Cisjordanie un territoire de déploiement pour les colonies juives qu’il faut promouvoir en créant un Émirat Frère Musulman en Jordanie qui avale une partie de la Palestine. Une autre partie sera recomposée par le transfert des populations dans la recomposition du Liban et de la Syrie.
  4. Il suffit de voir dans ces bouleversements radicaux qui se préparent, la Turquie perd le rêve de conduire le monde sunnite comme Khalifat néo ottoman. Les Américains ont choisi l’Égypte. Les Turcs sont un dispositif rodé et ancré dans l’OTAN et Israël, ils peuvent bouder, mais ils ne peuvent remettre en cause la volonté américaine. Ils ne sont cependant pas les Bédouins du Qatar et de l’Arabie saoudite qui se contentent d’obéir aveuglément et de mettre leurs pétrodollars au service du jeu américain. Erdogan et son MAE sont trop impliqués militairement en Syrie et médiatiquement en désaccord pour reculer eu égard à leur parti et à leur nationalisme exacerbé. L’Émirat islamique est la réponse turque pour reprendre en main l’initiative au Moyen-Orient.

L’après proclamation de l’Emirat et le cessez-le-feu imposé par Clinton

Il est important de voir qu’après l’attentat au cœur de l’entité sioniste, au lieu d’aller vers une annonce des opérations terrestres contre Gaza et une radicalisation de la résistance palestinienne dont une de ses faction a relevé le niveau des revendications par ce type d’opération difficile à réaliser.

1 – Clinton a imposé  l’Egypte comme partenaire stratégique et c’est le président égyptien qui vient d’être promu au rang de Pro Consul romain de l’Empire dans la région.

2 – La Palestine est la chasse gardée de l’Empire.

3 – Les Acteurs anti Syrie, anti Hezbollah et anti Iran sont remis à la première loge : l’Egypte, le Qatar et la Turquie. Le Hezbollah fin stratège et fin diplomate en annonçant l’évaluation politique et stratégique à faire dans les jours et semaine à venir montre l’infantilisme d’une fête de la victoire dont les repères ne sont plus le terrain de combat, mais le terrain de la rhétorique et des logiques fallacieuses de la politique.

L’Emirat islamique d’Alep n’est pas qu’un épiphénomène dans la géostratégie du monde arabe et musulman qui n’a pas encore atteint la maturité pour avoir une lecture et une écriture harmonieuse de sa propre histoire et de son propre devenir. C’est un phénomène qui annonce la reconstruction du monde musulman, de l’Egypte et de  la Palestine sur plusieurs plans  :

–        La confiscation de la victoire de la résistance par les pragmatiques qui savent vendre « l’Islam est la solution » et qui vendent aujourd’hui le pragmatisme conciliateur

–        Le niveau lamentable du politique arabe qui trahi de nouveau la résistance comme il avait déjà trahi les armées arabes face à l’agression.

–        L’ingratitude des politiques qui montre comment la résistance armée et entrainée par l’Iran, la Syrie et le Hezbollah se trouve impliquée dans un processus de compromis sous la conduite de Mach’âal,  de Morsi et d’Erdogan sans que l’axe arabe et musulman de la résistance ne tire un profit politique et médiatique.

–        La paix, la trêve ou le cessez-le-feu symboliquement est réalisé sous les accords du camp David et sous le même parrainage américain (tout particulièrement des Clinton).

–        Le primat de l’esprit partisan sur les considérations géostratégiques qui annoncent la fin du monopole et que l’Egypte a ramené de nouveau sous la couverture exclusive américaine.

–        Les champs pétrolifères off-shore à Gaza font que l’oligarchie financière a d’autres objectifs que seul le pragmatisme peut accélérer et réaliser. Les Palestiniens doivent concéder leurs terres et leurs plans d’eaux  sous une forme ou sous une autre.

Si les aristocraties vont s’emparer des richesses arabes sous couvert du même nombrilisme arabe : nationalisme, socialisme, islamisme les Kurdes et les Emirs d’Alep vont s’affronter alors que l’Empire investit sur les Frères Musulmans.

Pour l’Amérique, Israël et Netanyahu doivent se taire et respecter les consignes car les enjeux sont d’ordre planétaires, ces enjeux ne supportent pas des dissonances. L’Empire lui aussi a une feuille de route harmonieuse pour défendre ses intérêts et conserver on hégémonie.  L’harmonie américaine impose que les Frères Musulmans, ces islamistes pragmatiques et modérés, vivent en harmonie avec les chrétiens athées, dans la réalisation des dissonances qui brisent l’axe de la résistance. On trouve la même  configuration au Liban avec l’axe saoudien, franco-américain et vaticanais contre l’axe de la résistance.

La fin du blocus sur Gaza n’est pas pour demain. La victoire de la résistance palestinienne vient d’être volée une seconde fois. Je viens de lire les termes du cessez-le-feu. C’est une victoire pour l’Egypte des Frères Mususlmans. Ce qui relève de la souveraineté égyptienne et de son devoir islamique est donné comme pâture aux Palestiniens : l’ouverture des voies d’approvisionnement pour la nourriture. En contrepartie l’Egypte s’engage à interdire l’approvisionnement de Gaza en armes et munition. Les termes de la victoire de la résistance qui devaient se solder par la fin du blocus et la fin des assassinats ont été occultés. Les questions essentielles sont reléguées aux calendes grecques. La situation du statut quo est une forme de mort lente pour la résistance. En contrepartie le Qatar va sans doute prendre en charge le « confort » des Gazaouis.

Le grand perdant dans l’opération est Mahmoud Abbas. Il n’a  pas été associé à la décision en Egypte. Les Américains mettent tout leur poids pour donner de la crédibilité, du pouvoir et de l’avenir aux Frères Musulmans chargés de gérer la région. L’Amérique cherchait un partenaire crédible et organisé pour avoir l’interlocuteur valide qui parle au nom d’une région, d’une religion, elle le façonne par une logique de musicien de peintre, de scénariste qui maitrise  les lois de la composition, de la tragédie, et de l’harmonie dans un monde arabe et musulman qui n’a comme grille de lecture que l’émotionnel et les discours fascinants. Nous allons voir le FATAH commencer la danse du ventre devant le HAMAS.

L’Egypte gagne de la consistance idéologique et de la stature diplomatique.  Les Américains et le Qatar vont lui donner le répit sur le plan social et les moyens sur le plan économique pour affronter le FMI et son plan d’ajustement structurel qui demande à court terme de mettre fin aux subventions des prix de première nécessité. L’Egypte du printemps arabe était sur la voie de la révolution du pain.

Le grand absent au Caire est l’Arabie saoudite ! Est-ce la fin du Wahhabisme ? Est-ce la fin du rôle saoudien dans l’échiquier américain ? Est-ce la fin du Pétrole saoudien ? Est-ce le de début du printemps  bédouin ?

L’annonce du cessez-le-feu dans des conditions floues et avec des repères flous

L’Emirat islamique était une dissonance qui cachait d’autres dissonances plus graves et plus décisives dans l’avenir de la Palestine et du monde arabe déchirés par les loups et les brebis.  Les loups arabes sous l’habit des brebis se sont empressés à armer l’opposition libyenne et syrienne pour détruire ce qui reste du monde arabe et avec le même empressement ils ont contraint la seule harmonie dans le monde arabe à ne pas disposer des moyens de son rythme, de sa cohérence, de sa continuité, de sa pertinence, de son opportunité face aux monstres.

Bien avant de lire le contenu du cessez-le-feu il y aura deux questions à suivre dans les jours et semaine à venir :

La gestion de la nouvelle défaite israélienne et le devenir de HAMAS dans la real-politic une autre forme d’harmonie qui vient après la diversion et la subversion.

L’intelligence diabolique est justement de transformer une harmonie en diversion pour faire admettre une nouvelle construction qui donne l’illusion de l’harmonie que les Américains appellent la « régression constructive  » ou le « chaos fécond ».

Pour l’instant les média arabes évitent les problèmes de fond en entrant dans une nouvelle diversion idéologique et une nouvelle subversion médiatique par la spéculation  sur l’après Netanyahu oubliant que celui-ci n’a pas de prétendants puisque ce sont les mêmes figures et la même politique poursuivie alors que les Arabes sont en compétition à qui sera le plus vassal avant et après le « printemps arabe ».

Conclusion

L’apologie de Mech’âal envers Morsi,  Erdogan et Cheikh Qatar est langage de miel qui veut  cacher les dissonances que l’œil non partisan voit non seulement comme des contradictions, mais comme des agressions contre l’esprit lucide. On ne se lance pas dans des diatribes lyriques occultant le contenu de l’accord et flattant l’ego des uns et des autres alors qu’un peuple meurtri attend la fin de ses souffrances, la proclamation des buts atteints par sa résistance à moins que…

Cette agression n’est pas une erreur de stratégie ou une campagne électorale, mais une action minutieuse dans un dispositif complexe, subtile comme une partition de musique, une composition picturale ou un film de grande intrigue où les indices semblent  peu apparents justement par la force de leur éclat.  J’ai écrit et raconté l’agression de 2009 sous le titre « Gaza : la bataille du Forqane » non sous la forme de correspondant de guerre ou d’historien, mais d’analyste musulman. Dans cette guerre j’ai le sentiment d’inachevé,  de non-dit, de manipulation, de jeux de rôles avec des sacrifices humains. Toute proportion gardée et avec tout le respect que je dois aux martyrs je me trouve avec la même impression que celle que j’ai ressenti devant un film que j’étais amené à étudier et à commenter.

Pour que le lecteur partage avec moi les mêmes impressions, il s’agit du film culte « Usual Suspects » (1995) qui met en vedette Keyser Söze un personnage fictif écrit par Christopher McQuarrie,  réalisé par Bryan Singer et interprété par Kevin Spacey. Dans une mise en abime exceptionnel, le suspect Verbal Kint (synonyme  de  Kaiser (empereur) et de  Söze  (bavard ou locuteur) en turc)   dit au détective donne, après une narration complexe qui fait la trame du film, la clé de l’intrigue sous cette expression : « Le coup le plus rusé que le Diable ait jamais réussi, ça a été de faire croire à tout le monde qu’il n’existe pas ». Ce film est un chef d’œuvre toujours enseigné dans les écoles du cinéma et dans les écoles d’écriture. Ce qui est enseigné dans les laboratoires de diversion et de subversion est davantage plus ahurissant !

L’annonce de l’Emirat islamique n’est pas à déboiter de la demande turque du bouclier anti missiles. La guerre contre la Syrie est d’actualité. La Turquie dispose d’une armée plus forte et mieux équipée que celle de la Syrie, mais un affrontement avec une riposte à la palestinienne mettrait à terre tous les efforts de développement consentis par les turcs ainsi que leur plateforme touristique et surtout anéantirait  les opportunités et les pertinences qu’offre la Région aux Turcs et qu’Erdogan a sapé par manque de cohésion avec ce qui fait une civilisation prospère : l’harmonie dans les géographies, les histoires communes, les mentalités collectives et les interactions socio-économiques

Nous pouvons donc faire une autre lecture de la proclamation de l’Emirat islamique à Alep : Gaza et Israël sont des dissonances programmées  dans la refondation du Moyen-Orient qui peuvent générer des contradictions insolubles si le conflit n’est pas réglé à n’importe quel prix pour se consacrer à l’essentiel de la nouvelle harmonie impériale : L’Empire qui se décline avec pragmatisme à tous les temps et dans tous les tons et sur tous les territoires. Ce serait la fin de l’antagonisme Islam capitalisme !  Ce serait la fin de l’Empire ! Le capitalisme et l’Empire dispose encore de suffisamment d’intelligence et de ressources pour nous mener en bateau et nous offrir des héros sur mesure,  nous faire oublier rapidement nos martyrs, nous laisser dans la confusion ne sachant distinguer nos amis de nos ennemis, ni les fruits de la victoire avec les pertes dans la défaite…

Les dictatures arabes avaient fait de la Palestine un fonds de commerce et de l’Islam un instrument et une rente. Les régimes « démocratiques et islamiques sont en train de faire de l’Islam un formalisme pragmatique et de la Palestine un marchepied.

L’Islam et la Palestine sont innocents et le moment voulu ils se vengeront.

Nota bene :

Cet article a été écrit avant la proclamation du cessez-le-feu. Il a été brièvement remanié pour rester dans l’actualité. Il est compliqué et il  peut choquer les bonnes âmes qui aiment les choses simples.  C’est ma vérité, mon sentiment. Je suis sans doute excessif, mais je ne suis pas trop loin de la vérité.

La loi de l’harmonie gouverne l’universel dans ses détails et sa globalité. Elle s’exprime par  une ou plusieurs manifestations qui se conjuguent dans le domaine des formes, des couleurs, des sons, des idées, du langage. La loi de l’harmonie est universelle elle concerne l’histoire, la politique, la guerre malgré les bruits horribles des cris et les vues effroyables du sang : elle raconte une histoire et elle construit un monde nouveau. Le style, les omissions, le sublime ou le cynique de l’histoire dépend de la manière de raconter et du sujet du récit : un loup ou une brebis.

Ne perdez jamais de vue la loi de l’harmonie  raconte une histoire  qui construit ou décrit  un ordre et un monde dans un agencement qui ne heurte pas l’œil, l’oreille et la raison. Ne perdez jamais de vue les buts de la guerre qui consiste à faire taire les armes et la voix de l’ennemi. Ne perdez jamais de vue que la sécurité d’Israël fait partie des dix commandements américains. Ne perdez jamais de vue que l’Amérique n’a pas d’alliés mais des vassaux. Ne perdez jamais de vue que l’Empire ne traite pas avec les Etats, mais avec des régions confiées à des interlocuteurs valides.

Ne perdez pas  de vue que ce qui vient de se passer est un hold-up

Il est inadmissible que Gaza sous Moubarak puisse avoir plus de prestige et de gain politique que sous l’ère d’une gouvernance islamique d’autant plus  qu’elle vient de réaliser l’exploit que personne n’attendait. Il est inadmissible que ce soit l’Égypte qui en tire tout le profit. J’ai beaucoup d’affection et de considération pour les Égyptiens, mais la vérité est plus sacrée à mes yeux que les salamalecs.

Ne perdez jamais de vue que le Prophète (saws) est contre l’esprit partisan et sectaire car c’est par cet esprit que la Fitna pénètre dans le cœur de l’Oumma la détruisant en la soumettant aux appétits de pouvoir.

Que l’esprit partisan et confrérique confisque une révolution et la place sous la bannière de l’ennemi des peuples pour devenir un instrument de l’hégémonie de l’oligarchie impériale alors que l’Islam est antagoniste avec les principes et les comportements de l’Empire est insupportable, mais qu’il gère et récupère une victoire de la résistance contre l’Empire et son bras armé dans la Région pour la redonner à l’empire qui la confisque et la musèle est un suicide.

Ne perdez pas de vue que l’Emirat islamique d’Alep, dans la conjoncture de la bataille de Sijjil est une diversion, une subversion. Il s’agit de continuer à tisser le lien avec l’Emirat islamique de Benghazi, à envisager l’Emirat islamique de Jordanie. L’expérience tunisienne et égyptienne a donné des résultats plus qu’escomptés. C’est un modèle qui se prête donc à la reproduction, à la multiplication et au transfert… Le transfert harmonique qui rappelle les échos des ondes et les suites mathématiques doit nous faire rappeler l’esprit cartésien et artistique des Occidentaux qui annoncent la couleur et le ton : le transfert des Palestiniens est toujours à l’ordre du jour. Si le transfert des populations est impossible ou difficile il est facile de passer à la solution finale : transférer des portions de territoires comme des Emirats islamiques contigües à d’autres émirats islamiques. L’Empire est un chef d’orchestre et un excellent géomètre. Il a déjà façonné nos frontières modernes et nos esprits pragmatiques. L’Empire est une culture anglo saxonne efficace : elle  ne s’embarrasse pas des boulets idéologiques comme la culture  française.

Ne perdez pas de vue la différence entre le réalisme de la résistance palestinienne qui a su s’adapter et se montrer cohérente, dynamique utilisant toutes les opportunités et toutes les pertinences possibles pour imposer sa volonté avec le pragmatisme opportuniste qui adapte ses principes aux conditions politiques pour accéder au pouvoir et le conserver même si cela se fait au détriment de la cohérence, de la dynamique.

 

Document  » secret » des dernières minutes de Ben Ali

Les révolutions arabes : épilogue

J’ai couvert sans relâche les « révolutions » tunisiennes, égyptiennes et libyennes prenant position pour la foule puis devenant soupçonneux et enfin anti révolution. J’ai affirmé et je continue d’affirmer que ces « révolutions » sont des formes d’octobre 88 nées de l’injustice et de l’oppression sur lesquelles viennent se greffer des agendas étrangers et des scénarios internes. J’avais soupçonné le ministre de la défense d’être l’instigateur d’un coup d’état blanc sous couvert du mouvement insurrectionnel qui se reproduit dans le monde arabe d’une manière cyclique et se termine dans le sang et dans le chaos faute de vision idéologique et d’encadrement politique.

J’ai maintenu et je continue à maintenir la récupération de l’Occident de  l’impact des cyber dissidents. Il est vrai qu’il existe sur le Net  de la dissidence comme il en existait avant dans les universités et entreprises. Personne n’ignore que tout mouvement dissident coure le risque d’être infiltré par les agents de l’extérieur et par les agents de l’intérieur. Infiltré peu ou prou, ce mouvement n’a aucune chance d’atteindre ses objectifs si la réalité tangible ne lui donne pas occasion de s’exprimer, d’avoir du crédit et s’instaurer comme guide ou inspirateur. Ce serait du mépris aux peuples arabes que de continuer à voir les foules en insurrection, souvent déconnectées de l’internet par l’exclusion sociale et culturelle, obeir à un instigateur inconnu. Ennahda n’a pas participé à l’instigation de cette insurrection, mais emlle en a récolté les profit car il y a une cooptation pour en faire un laboratoire d’essai américain et surtout elle disposait d’un maillage dans le tissus social et territorial très dense par sa seule revendication islamique qui répond à un peuple assoiffé d’islam, de justice sociale et de liberté.

L’occident a trop vite réagi en mettant en scène ces cyber dissidents et ces cyber agents subversifs pour trois  raisons majeurs. La première est de rester le modèle dominant à qui les peuples doivent le changement. La seconde est de faire peur aux autres régimes arabes. La troisième est de faire subversion en focalisant les regards, les menaces ou les espoirs sur ces jeunes cyber révolutionnaires le temps de gérer, dans la confusion, l’après Ben Ali et l’après Moubarak. La meilleure preuve est l’oubli de ces jeunes à qui on a fait miroiter des postes de ministres, de président, de chef d’entreprises et qui comme Marie et le pot au lait se sont réveillés sans vache, ni poules ni lait.

L’Occident et les arabes endormis ont occulté le véritable travail de sape psychologique et de diversion médiatique : Al Jazeera qui donnait non plus de de l’information journalistiques , mais des consignes d’actions subversives et les objectifs attendus.

J’ai maintenu et je continue à maintenir que les États-Unis ne sont pas les auteurs de ces coups d’états, mais qu’ils ont suffisamment d’intelligence pragmatique et de capacité d’anticipation pour occuper le terrain et placer leurs pions à la place qu’il faut au moment qu’il faut. Devant le scénario qu’il n’ont pas vu venir ils ont révéillé leurs taupes et pris les choses en main. Tout le cafouillage était la gestion des contradictions et des imprévus. L’occasion rêvée et attendue de trouver des remplaçants aux dictateurs en place, de mettre sur la sellette les confréries islamiques  pour réaliser la stratégie de Brezinski et de Bernard Lewis. Cette stratégie est en œuvre : occuper les musulmans dans une guerre sectaire et fratricide ou le gagnant serait le perdant et par cette guerre réaliser le projet du nouveau monde musulman démantelé et restructuré. La suite tout le monde la connait : l’effet domino et la confiscation des « révolutions » nommées printemps.

Le déclic final a eu lieu à Deauville G-8 où Christine Lagarde  officialise  « le printemps arabe » qu’elle compare  à la chute du mur de Berlin. Le Vatican, la CIA, les élites occidentalisées,  la guerre d’Afghanistan, et les mouvements sociaux  ont accéléré l’effondrement de l’URSS. Il faut relire l’histoire du monde arabe ces deux dernières décennies pour voir le même scénario. Cette fois-ci il vise l’effondrement de l’éveil islamique.

J’ai perdu le livre , à la suite d’un acte de piratage, qui décrit le lien entre ce qui s’est passé dans le bloc de Varsovie et ce qui se passe dans le monde arabe. Par contre j’ai toujours le livre « le dilemme arabe et les 10 commandements US » où j’ai prédit que le mouvement populaire confisqué va donner lieu à un mouvement de masse plus profond qui va dans quelques années liquider le passif de l’esprit confrérique et partisan des Frères Musulmans qui est un frein à la renaissance du monde musulman.

Par probité religieuse et intellectuelle j’ai refusé de considérer les Frères Musulmans de Traitres comme le prétendent les laïcs. Leur esprit partisan, leur disciple confrérique, leur absence de culture politique, leur surprise devant les émeutes, leur esprit de revanche, leur organisation en appareil, et enfin leur prétention à utiliser les Américains selon l’adage arabe « embrasse le chien sur sa gueule si cela doit te faciliter la tâche » les ont conduits à composer puis à se compromettre et enfin à se trouver embarqués dans un jeu dont ils ne peuvent ni se retirer ni changer les règles : le serpent se mord la queue. Le pragmatisme politique et l’empressement ne sont pas les qualités que le Coran attribue aux Prophètes (saws).

Le pragmatisme se trouve confronté à la réalité et n’a plus de choix qu’à se déjuger et perdre tout crédit d’autant plus que le slogan « l’islam est la solution » ne semble pas bien fonctionner, car les problèmes appelant les solutions ne sont pas connus dans leur genèse et leur interaction. Sinon il fuit en avant vers la Syrie en appelant de nouveau l’OTAN à assassiner un président en exercice contre toutes les lois religieuses et contre le droit international.  La fuite en avant est celle du poisson qui a mordu à l’appât alors qu’il s’imaginait être un fin pêcheur en eaux troubles. Les Américains ont bien ferré et ils ne lâcheront pas prise. Le dénouement n’est pas pour demain et il sera brutal. J’espère me tromper.

Je parviens à garder la tête hors de l’eau, non pas que je sois plus intelligent, plus instruit ou plus malin, mais tout simplement, car je suis indépendant loin de tout esprit partisan d’une part et d’autre part les puissants de ce monde sont tellement arrogants qu’ils ne cachent plus leur jeu à moins que pour eux ce soit aussi la fin, car ils ont perdu leur compétence d’organiser et de distribuer les rôles. Sans aucun doute, nos petits enfants verront la fin de partie pour les arrogants et pour les médiocres.

Si je ne me fais pas d’illusion sur l’Empire et le sionisme, j’attends toujours des Frères Musulmans qu’ils nous donnent, puisqu’ils appellent à l’effusion de sang en notre nom, au nom de notre religion et au Nom de notre Dieu,  les arguments incontestables du Coran et de la Sunna.

Il y a d’autres voies pour combattre la Tyrannie et les despotes. Il ne peut y avoir de sortie honorable lorsque la révolution sanguinaire est conduite par les Frères Musulmans, Al Qaeda et un athée d’origine chrétienne. Elle ne peut conduire à la paix comme elle n’a pas conduit les Afghans à la Paix lorsque l’Arabie saoudite et le Qatar en sont les commanditaires ou du moins les financiers et les soutiens logistiques.

 

 Cheikh Facebook

Sur le net les nouvelles vont vite. Ces nouvelles vont du mensonge à la vérité en passant par la rumeur, l’intox et les sondages. Voici ce que dit Cheikh Facebook  sur un  document « secret » publié le 25 octobre et partagé il y a quelques minutes par la page « Tunisie capitale du monde » , qui compte plus de 39 mille fans ,sous le titre « Exclusif: l’échange téléphonique qui a scellé le destin de la Tunisie ». Le document parle de la dernière conversation téléphonique de l’ex-président Ben Ali alors qu’il était dans l’avion vers l’Arabie Saoudite . A lire avec beaucoup de  réserves et à attendre les suites politiques et sécuritaires en Tunisie qu’il annonce.

 

Jeudi 25 Octobre 2012

Une source policière nous a fait parvenir ce document explosif, avec la bande sonore qui confirme son authenticité. Nous vous livrons en exclusivité la transcription des communications téléphoniques qui ont eu lieu, dans la nuit du 14 au 15 janvier 2011, entre Ben Ali (B.A), son Premier ministre Mohamed Ghannouchi (M.G), son ministre de la Défense Ridha Grira (G.R), Mahmoud Cheikhrouhou (M.C), le commandant de bord de l’avion qui transportait le couple présidentiel en Arabie Saoudite, et Hédi Baccouche (H.B), ancien Premier ministre de Ben Ali. Après la transcription, notre analyse des faits.

 

 « Exclusif: l’échange téléphonique qui a scellé le destin de la Tunisie » :

 

A 3h02 du matin, Ben Ali appelle l’ex-Premier Ministre Tunisien Mohamed Ghannouchi (M.G) :
B.A : « Mohamed ! Je vous ai demandé de repasser à la télé ! Dites au peuple tunisien que vous comptez donner quelques précisions au sujet de votre discours ! Dites aux gens que je rentre demain et que tout rentrera dans l’ordre ! Dites leur que je sais à présent qui a manigancé pour qu’on en arrive là !
M.G : « Monsieur le Président ! Vous êtes toujours Président de la Tunisie ! Cependant je ne pense pas que votre retour sera apprécié par le peuple tunisien ! Il faut que vous passiez encore quelques temps en Arabie Saoudite le temps que ça se calme !

B.A : « Il n’en est pas question ! Je vous ai dit que je rentre demain à la première heure ! Faites ce que je vous dis ! C’est moi le Président ! C’est moi le Président ! Où êtes-vous en ce moment Si Mohamed ?
M.G : « On est tous réunit au Ministère de l’intérieur Monsieur le Président »
B.A : « Si Ridha est-il à vos côtés? »
M.G : « Oui Monsieur le Président »
B.A : « Passez le moi ! »
R.G : « Monsieur le Président ! »
B.A : « Si Ridha ! Dites moi ce qui se passe. Mohamed m’a dit que la situation est très grave ! »
R.G : « Affirmatif Monsieur le Président ! Le pays et à feu et à sang. Des milices tirent sur des innocents. On ne sait pas d’où ils sortent ! Monsieur le Président je sens qu’il y a un complot dangereux qui se trame sur nos sols »
B.A : « Avez-vous pris contact avec Ali Sériati (Directeur de la Garde présidentielle) ? »
R.G : « Monsieur le Président ! J’ai ordonné l’arrestation d’Ali Sériati ! »
B.A : « Pourquoi avez-vous fait ça ? Qu’est ce qu’il a encore fait ?
R.G : « Je ne sais pas encore Monsieur le Président mais les R.M (Renseignements Militaires) sont en possession d’informations très délicates »
B.A : « Quels types d’informations Si Ridha ? »
R.G : « Je ne peux vous dire ça au téléphone Monsieur le Président !»
B.A : « Dites moi Ridha ! Dites moi tout de suite ce vous avez trouvé sur Ali »
RG : « Je ne peux pas Monsieur le Président ! Je n’ai plus confiance en personne. On est tous sur écoute ici ! Vous le savez ça ! »
B.A : « Vous voulez dire quoi ? »
R.G : « Vous m’avez bien compris Monsieur le Président ! »
B.A : « Bon Ridha dites à Mohamed que je rentre demain et que je vais remettre les pendules à l’heure. »
R.G : « Monsieur le Président ! Vous ne pouvez plus rentrer. Le pays risque de brûler. Les gens pensent que vous avez fui le pays. Vous ne pouvez plus faire marche arrière. Attendez encore deux ou trois jours et on vous dira ce qu’il en sera Monsieur le Président !
B.A : « Pas question ! Je rentre! Je rentre ! Je rentre ! »
R.G : « Monsieur le Président ! Si vous rentrez, je serai dans l’obligation d’assurer votre sécurité ! L’armée sera probablement contrainte de tirer sur les gens et je ne veux pas en arriver là ! Je n’ai pas envie de tuer des innocents !
B.A : « On n’en arrivera pas là ! Je vous le promets Ridha »

A ce moment, Ben Ali raccroche le téléphone. Ou la communication se coupe.

A 5h18 du matin, le commandant Mahmoud Cheikhrouhou (M.C) appelle le Premier Ministre Tunisien :
M.C : « Monsieur le Premier Ministre ! Je fais quoi ! Je suis toujours à l’aéroport ! Le Président m’a donné l’ordre de ne pas bouger. Et ici, personne n’est au courant de quoi que ce soit. J’étais avec Si Nabil (Nabil Chéttaoui est l’ancien PDG de la compagnie aérienne Tunisair) au téléphone et c’est lui qui m’a conseillé de vous contacter. »

M.G : « je ne sais pas ! Je ne peux rien vous dire pour le moment ! Attendez ! Je vous passe Si Ridha le Ministre de la Défense. C ’est l’armée et à sa tête Si Ridha qui contrôlent le pays maintenant. Je vous le passe ! »
R.G : « Si Moncef, qu’est ce qui se passe ? Qu’est ce qu’il y a ?
C : « Monsieur le Ministre ! Dites moi ce que je dois faire ! Ça fait à peu près 5 heures que j’attends et on ne m’a toujours pas donné de consignes et ici, personne ne veut ravitailler l’avion! »

A ce moment, le Ministre de la Défense s’adressa aux présents et leurs dits en ayant toujours le commandant au téléphone :

R.G : « Messieurs ! Je vais donner l’ordre au commandant de rentrer sans le Président et j’en assume l’entière responsabilité »
A ce moment là, une longue discussion a eu lieu avant que le Ministre de la Défense ne reprenne la conversation :
RG : « Mahmoud, préparez vous à repartir. Je vais vous donner plus de détails d’ici 10 mn. Faites le plein. Vous allez rentrer directement à Tunis. Et surtout n’en parlez à personne même pas au Président en personne ! Vous m’avez bien compris Si Mahmoud ?
M.C : « Oui Monsieur le Ministre ! »
RG : « Donnez-moi un numéro où je pourrai vous joindre ! »
M.C : « Tout de suite Monsieur le Ministre. Avez-vous de quoi noter Monsieur le Ministre ? »
R.G : « Oui, allez-y ! »
M.C : « C’est le xxxxxxx », rappelez-moi SVP ».
R.G : « Bien entendu ! Laissez le téléphone à vos côtés ! Je vous rappelle de suite pour vous donner les consignes. »

Près de dix minutes plus tard, Ridha Grira rappelle le commandant et lui dit :

R.G : « Si Mahmoud ! Écoutez mois attentivement ! Vous allez rentrer tout de suite. Vous allez rentrer sans le Président. C’est une décision qui a été prise au plus haut niveau de l’Etat et j’en assume l’entière responsabilité. Je vous laisse préparer l’avion ! Je reviens vers vous dans 15 mn. »
A ce moment le Ministre de la Défense raccroche le téléphone et appelle Hédi Baccouche (ancien Ministre du temps de Bourguiba et de Ben Ali , l’un des trois cerveaux de l’opération du 7 Novembre 87)
R.G : « Si Hédi ! C’est Ridha Grira au téléphone »
H.B : « Monsieur le Ministre ! J’ai appris ce qui s’est passé ! Seriez-vous derrière le départ du Président ? »
R.G : « Je vous expliquerais cela plus en détail plus tard Si Hédi ! Si Hédi Je viens de prendre une décision d’une extrême importance suite à une réunion avec Si Mohamed, Si Foued (Foued Mebazaa, ancien Président du parlement), Si Abdallah Kallel (ancien Ministre et Président de la Chambre des Sénateurs du temps de Ben Ali ), le Général Ammar (Rachid Ammar, chef d’état major), les membres du CSA (Conseil Suprême des Armées), Si Ahmed (Ahmed Friaa ancien Ministre de l’Intérieur) et Si Kamel (Kamel Morjane était encore le Ministre des Affaires étrangères) : Si Hédi ! J’ai décidé que Ben Ali ne vas plus rentrer en Tunisie !
H.B : « Etes-vous sûr de vous Si Ridha ? Avez-vous reçu des instructions d’une ambassade bien particulière ?
R.G : « Non Si Hédi ! C’est une décision personnelle ! S’il rentre, on sera obligé de le défendre et des milliers de vies tomberont !
H.B : « Faites le nécessaire Monsieur le Ministre »
R.G : « J’aurais besoin de vous Si Hédi ! J’ai proposé à Si Foued (Mebazaa) de passer à l’article 15 demain matin. Mais il ne veut pas entendre parler de ça. Il dit qu’il est malade. Mais on doit appliquer le texte de loi. Il faut qu’il occupe le poste de Président afin de fermer définitivement la porte devant un retour éventuel du Président Ben Ali. Essayez de le convaincre. Ici, il ne veut plus écouter personne. Appelez Si Hamed (Hamed Karoui est un ancien Premier ministre de Ben Ali ) ; lui, il saura lui parler ».

Analyse de ces échanges téléphoniques par Cheikh Facebook

 

Ce document parfaitement authentifié est d’une importance capitale. Nous savions déjà que Ben Ali ne s’est jamais enfui, qu’il y a été persuadé et contraint par le général Ali Seriati. Nous savons maintenant que Ben Ali voulait absolument revenir au pays. L’on comprend ici que c’est Ridha Grira qui a pris la décision d’empêcher Ben Ali de revenir. Mais a-t-il pris tout seul cette décision qui a fait basculer le destin de la Tunisie ? Nous pensons et nous affirmons que cette décision lui a été dictée par le général Rachid Ammar, même s’il en était le ministre. Mais Rachid Ammar lui-même, a-t-il agi tout seul ou sous instruction ? Nous soutenons et affirmons qu’il n’a fait qu’exécuter le « souhait » du Pentagone, pour ne pas dire l’ordre de Washington.

Si Rida Grira est le « sauveur » du pays, pourquoi donc a-t-il été arrêté, sous le Premier ministère de Béji Caïd Essebsi, en septembre 2011 ? Parce que, dès mars 2011, il n’a pas observé l’omerta. Sans doute par honnêteté intellectuelle et naïveté politique, il a commencé à parler aux médias des événements de janvier 2011, puisqu’il en était au cœur. Il a d’abord démenti la légende selon laquelle Rachid Ammar n’a jamais dit Non à Ben Ali pour réprimer la foule. Selon son propre aveu, c’est le cyber-collabos Yacine Ayari qui a lancé cette désinformation à partir de sa chambre de bonne à Bruxelles. Le démenti de Ridha Grira n’a évidemment pas plu au général Ammar, qui a fini par croire à ce mensonge qui a fait sa popularité auprès des Tunisiens. Grira a par la suite, toujours par médias interposés, accablé le général Ali Seriati dont il aurait donné l’ordre d’arrestation.

Notre thèse est par conséquent la suivante. Dès le 10 janvier 2011, sentant la crise s’aggraver et le pouvoir chanceler, plusieurs protagonistes se sont mis à rêver qu’ils pouvaient succéder à Ben Ali. Ces protagonistes sont principalement le général Ali Seriati et le général Rachid Ammar. Le premier a persuadé Ben Ali de quitter le pays, prétextant qu’il ne pourrait plus assumer sa sécurité. Il espérait ainsi créer un vide dont il aurait profité pour prendre le pouvoir. Le second a donné l’ordre d’empêcher Ben Ali de revenir, pour les mêmes raisons que Seriati. Il y avait donc deux coups-d’Etat en marche. Celui du général Ali Seriati et celui du général Ammar. Le premier de type endogène, et le second de type exogène (américain). Vous connaissez la suite : Ali Seriati a été arrêté le 14 janvier 2011, sous l’ordre de Rachid Ammar, avec l’appui des Etats-Unis, et non pas de Ridha Grira comme il le dit dans ce document.

Ce qui s’est passé le 14 janvier 2011 n’est donc pas une révolution, mais un coup d’Etat militaire, qui n’était pas planifié par les Américains, mais improvisé par les stratèges de la Maison Blanche qui suivaient de très près les événements dès leur déclenchement à Sidi Bouzid. Comment ce fait divers, l’immolation par le feu de Mohamed Bouazizi, a-t-il pu prendre une telle ampleur nationale, régionale et même internationale ?

Il s’agit là d’une autre question, géopolitique cette fois-ci, qui implique en l’occurrence une véritable planification américaine qui a commencé dès 2003. Une planification dont les acteurs et les exécutants ne sont plus l’armée nationale ou la Garde républicaine, mais l’armée des cybers-collabos, formatés par les ONG-écran des services de renseignement américain, et qui ont fait la « révolution 2.0 » ! Nous y reviendrons avec détails, documents, preuves et noms à l’appui.

La Syrie et la rhétorique fallacieuse des imposteurs

On rapporte que Farouk Tayfour, vice-président du CNS et responsable de la confrérie des Frères Musulmans, a sommé, à partir de la Turquie où il réside, les brigades internationales « révolutionnaires » de frapper les quartiers habités par les minorités syriennes « nassirites (Nossayriyine – Alawiyines) ». On lui attribue ces propos en ce moment où la violence en Syrie semble ne plus connaitre de fin ni de limites faisant fi de toutes les analyses et de toute rationalité :

« Les jours et les semaines suivants connaitront de bains de sang sans précédent, via des voitures piégées en gros, et des attaques aux obus contre les quartiers résidentiels et les liquidations ».

Je ne connais pas le Ghayb d’Allah, mais je peux me permettre quelques remarques sur l’avenir :

La première : le pari impossible d’éradiquer une minorité même au prix de massacres et de génocides. Les Ottomans ont tenté de mater,  d’éradiquer,  de convertir au sunnisme cette faction musulmane « égarée » ou « innovatrice », mais ils ne sont pas parvenus à leurs fins. Nous avons l’expérience actuelle des Bosniaques musulmans que les Européens auraient aimé ne pas voir en Europe. Ils sont toujours là aussi dynamiques. Comme tous les rescapés des massacres en Afrique et ailleurs ils semblent donner raison à cette sentence de Ali Ibn Abi Taleb (ra) : « Les rescapés des massacres deviennent plus nombreux et plus prospères »

La seconde : depuis quand l’Islam et les Musulmans, au nom d’Allah et de l’Islam, pratiquent-ils le massacre systématique ? De telles déclarations et de telles pratiques non seulement sont contraires à l’Islam, mais elles sont désavouées par le(s) Prophète(s) (saws). N’est-ce pas que les soldats, les policiers et les fonctionnaires de l’État syrien sont des musulmans ou des chrétiens citoyens syriens. N’est-ce pas que le Kofr al Bawàh est tellement évident qu’il ne demande pas d’être explicité. La population syrienne, les forces armées et la communauté de savant ne sont pas d’avis unanime  qu’il y ait une mécréance flagrante de leurs dirigeants. Si tel est le cas allons-nous considérer toute la population, tous les fonctionnaires et tout les religieux de Syrie comme des mécréants sur qui il faut imposer par la force un État islamique ? Quel serait la viabilité et la faisabilité d’un État islamique fondé sur la terreur?  Si les gouvernants et les fonctionnaires syriens sont apostats ou renégats il faudrait alors déclarer la guerre à toute la planète y compris au milliard et demi de musulmans ! Il faut déclarer la guerre aux Frères Musulmans en Algérie qui ont collaboré avec le régime impie et déclarer la guerre à leurs occurences en Egyptye et en Tunisie qui n’appliquent toujours pas la Charia et ne parviennent pas à gouverner d’une manière sensée ni a mettre en application la justice sociale de l’Islam.  Commanderont-nous aux autre la bonne foi sans nous l’imposer à nous mêmes. Un peu de sérieux et de cohérence !

La troisième : Si nous tolérons le massacre des Nassirites syriens au nom du sunnisme nous devons nous préparer à un avenir sanguinaire et diabolique, car nous allons permettre l’assassinat et l’éradication de toute différence confessionnelle et doctrinaire. Qui va empêcher les assoiffés de sang, de pouvoir,  et de purification d’introduire dans l’Islam la pratique médiévale de l’inquisition et, en son nom, « persécuter » les Chiites, les Ismaélites, les Soufies, les Ibadites… Cette logique macabre et insensée ne va-t-elle pas donner des idées plus morbide et plus absurdes dans les têtes d’abrutis que le monde musulman produit par sa misère morale et intellectuelle et qui vont au nom des hanbalites ou des chaffites déclarer les malékites hérétiques et désacraliser leur sang et leur bien. Toute dérive qui commence faisant croire à l’individu qu’il est la vérité absolue et que tous les autres ont tort le conduit à mettre l’existence des autres en péril.

La quatrième : si nous tolérons que les Nassirites syriens soient exposés à la vindicte des groupes terroristes au nom de l’Islam il faudrait que nous acceptions que l’instinct de survie et la solidarité des minorités se mettent de concert pour opposer une résistance non seulement farouche, mais sanguinaire. Le sang appelle le sang et les ruines appellent les ruines. La question n’est pas de mourir, mais pourquoi et pour qui mourir ou donner la mort ? Pour l’indépendance, la liberté, l’Islam, la dignité ? Jamais au grand jamais ces notions ne deviendront une réalité dans une société ou dans un territoire où le sang a coulé et où la haine et l’esprit de vengeance sont devenus culture nationale.

La cinquième : Si la divergence doctrinale et confessionnelle dans l’Islam est une innovation hérétique qui peut trouver explication dans l’histoire houleuse et confuse à un moment historique alors l’effusion de sang du musulman en dehors de ce que Allah a permis, car relevant de la Justice est un blasphème, un sacrilège, une malédiction. La question doit être posée à l’orthodoxie sunnite qui semble ne pas voir ses propres contradictions : combien de Firqa et de sectes le sunnisme comporte-t-il ? Allez-vous faire le jeu de Brezinski et de Bernard Levy en occupant les Musulmans à s’entretuer au profit du sionisme et de l’Empire ? Allez-vous éliminer tout ce que votre cerveau malade et votre religion corrompue  ce qui n’est pas « Frère Musulman » ?

La sixième : l’esprit maraboutique qui pratique le Chirk par le culte de la personnalité rend les Frères musulmans otages du chef sans possibilités d’analyse. L’esprit maraboutique même s’il se réclame de la modernité, de la démocratie et de la science, en réalité est un esprit fossile. Nous avons vu comment un vieux sénile est en train de conduire le monde musulman vers l’implosion et vers l’émergence d’un Vatican musulman sans que personne n’ose lui dire : ça suffit !

La septième : Si nous devons poser la question de la légitimité religieuse et politique des Frères Musulmans et de ceux qui se réclament du Sunnisme et qui aggravent les disparités entre Musulmans au lieu d’unifier et de serrer les rangs dans ces moments difficiles : apportez votre preuve si vous êtes dans le vrai, est-ce que l’Islam demande ou est-ce qu’il tolère les comportements et les idéologies partisanes, sectaires et tout ce qui provoque à terme la fragmentation de la communauté et mène à la haine et à l’effusion de sang.

La huitième : L’esprit partisan et sectaire vous a autorisé, contre le bon sens et la vision stratégique, confisquer des « révolutions ». L’état des lieux aurait dû vous montrer les difficultés qui vous attendent en matière de gouvernance dans un monde où vous n’avez aucun levier entre les mains. La priorité n’est ni la Libye ni la Syrie et en soutenant ou en réalisant la Fitna dans ces pays vous avez déjà perdu toute crédibilité et toute prise sur l’avenir qui vous annonce sa désapprobation et l’impasse dans laquelle vous vous êtes enfermés par votre aveuglement et votre ignorance que l’éloquence de vos discours n’a pas pu cacher. Comme un vernis, vous êtes transparents et craquelés de partout.

La neuvième : comme les neuf plaies d’Égypte, la dernière est mortelle. Qaradhawi et les Frères Musulmans ont donné à l’Empire et au sionisme ce qu’ils n’avaient jamais espéré voir :

–      Les Musulmans s’entretuent évacuant de leur champ de préoccupation la question palestinienne et l’occupation étrangère des pays musulmans.

–      S’inscrire comme facteur de déstabilisation pour justifier l’intervention étrangère qui n’attend que l’appel au secours des Chrétiens d’Orient pour récupérer l’Église d’Orient dans l’Église d’Occident et continuer à dépecer le monde musulman l’empêchant de construire son unité politique, économique, culturelle et géographique hors de l’emprise de l’Empire et du sionisme.

–      Manipuler l’élite musulmane. L’association des vieux séniles irresponsables et les Frères partisans de la Fitna sont inscrits dans la liste du terrorisme international. Les États-Unis et Israël ne manqueront jamais, au moment où l’exigent leurs intérêts stratégiques, de faire de ces « illuminés » ce qu’ils ont fait à Ben Laden et à El Qaeda : déclaration de guerre après les avoir instrumentalisés.

Je ne reviens pas sur la question de l’argumentation religieuse cautionnant l’effusion de sang. Nous sommes nombreux et de plus en plus nombreux à exiger que ceux qui parlent au nom de l’Islam et en notre nom de Musulmans qu’ils apportent leurs références religieuses : Coran et Sunna sur la licitée de l’effusion de sang. Nous avons montré dans d’autres articles le sacrilège de porter atteinte à la vie humaine. La religion, la politique, le bon sens, la géopolitique se conjuguent pour discréditer la pensée et les actes des Frères musulmans qui se sont avérés les véritables imposteurs de l’Islam.

Je me suis toujours posé la question :  pourquoi Malek Bennabi n’avait aucune sympathie pour les Frères Musulmans à l’exception de Hassan al Banna qu’il voyait comme un homme d’exception. L’expérience avec Nasser, l’expérience en Algérie avant et après le processus électoral, et leurs comportements insensés et dangereux sur la scène internationale, ces derniers mois, confirment la clairvoyance de Malek Bennabi et répondent à toutes mes interrogations.

Les salafistes infantiles et monarchistes ont été le leurre pour masquer l’avancée sournoise des dirigeants des Frères Musulmans qui ont exploité l’engagement et les souffrances de leurs militants qui ont confiance en eux. Ils viennent réclamer, aujourd’hui, au nom de leur exil et de leur séjour en prison, que nous leur accordions crédit et confiance aveugle comme si l’exil, la prison, la torture et la mort n’ont pas touché d’autres personnes croyant eux aussi avec conviction en leur cause et se dévouant jusqu’à la mort pour elle.

L’islamophobie est justement cette compétence à créer de la diversion et de la méfiance\défiance  pour engager une action militaire ou une action subversive. Elle est parvenue à discréditer, pour longtemps, les islamistes, en gandoura ou en costume cravate, car si leur rhétorique est plaisante ils restent sur le plan religieux, mental et politique  des  usurpateurs, des imposteurs qui répondent parfaitement à l’image donnée par le Prophète sur ces  » religieux » qui font plus de dégâts dans leur communauté que ne le ferait des loups affamés dans une bergerie.