Armement des Arabes et enjeux derrière la crise syrienne

Voici un article du journal flamand De Morgen (traduit à la hâte par Bahar) qui apporte involontairement un éclairage sur les enjeux de la crise syrienne. L’auteur ne nous dit pas si les États du Golfe ont les ressources humaines ou du moins l’intention d’utiliser ces engins de la mort contre leur ennemi extérieur (Iran, Hezbollah libanais, et République arabe syrienne) sachant que le désert d’Arabie grouille de carcasses de blindés US achetés à prix d’or pour sauver l’économie étasunienne mais jamais utilisés par les pétromonarchies du Golfe.

Pour l’heure, une choses est sûre, cet armement est, dans l’indifférence générale, abondamment utilisé contre l’ennemi intérieur des États du Golfe: les chiites de Qatif, d’Al-Hassa et du Bahreïn considérés comme des « impies » et des alliés de Téhéran.

Bonne lecture.

Bahar

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De Morgen, 28 août 2012   La vente d’armes US aux États du Golfe a explosé   Stieven Ramdharie Bruxelles   L’appétit en armes des États du Golfe a permis aux USA d’atteindre un record  d’exportation en équipements militaires. Grâce à ces achats principalement effectués par l’Arabie saoudite, la vente d’armes a atteint le niveau explosif de 66,3 milliards de dollars. Les USA n’avaient jamais vendu autant d’armes en un an.

C’est ce qui apparaît dans un rapport d’une commission d’enquête du Congrès, le Congressional Research Service (CRS).   La montée des tensions avec l’Iran convainc de nombreux États du Golfe à débourser des dizaines de milliards d’euros dans l’achat d’avions, d’hélicoptères et de missiles dernier cri.

Les enquêteurs de la Commission qualifient d’ « exceptionnelle » cette augmentation considérable des exportations d’armes US en temps de crise.   En 2010, les USA ont vendu des engins militaires pour « seulement » 21 milliards de dollars.   Avec la vente de F-15, d’hélicoptères Apache et de missiles Patriot, des géants de la défense tels que Boeing et Lockheed Martin peuvent compenser les coupes budgétaires concernant les dépenses militaires aux USA et en Europe.   L’Allemagne espère passer avec l’Arabie saoudite un contrat de plusieurs milliards pour l’achat de 600 à 800 tanks Leopard 2. Cette vente d’armes devrait générer 12,6 milliards de dollars de bénéfices.

Quant au Qatar, il envisage de se doter de 200 Leopard pour un montant de 2,5 milliards de dollars.   C’est toutefois Riyad qui a réalisé les plus grosses dépenses dans la région. L’achat gigantesque que Riyad a réalisé l’an dernier à Washington pour près de 33 milliards de dollars a contribué à l’augmentation significative des exportations étasuniennes.   L’aviation saoudienne qui, avec Israël, dispose de la flotte la plus moderne de la région, est renforcée par 84 chasseurs fabriqués par Boeing, les F-15.   Septante F-15 de facture plus ancienne ont par ailleurs été modernisés.   En 2007, Riyad avait renforcé sa flotte aérienne en cas de conflit avec l’Iran par l’acquisition de 72 eurofighters pour 7,2 milliards de dollars.   Les Emirats arabes unis ont eux aussi mis la main au portefeuille, dépassant le Koweït dans l’achat d’armement.

Les Emirats ont récemment acheté des batteries antimissiles et des hélicoptères de transport de troupes américains pour la somme de 4,5 milliards de dollars.   Avec un budget militaire de 16 milliards d’euros en 2010, les Emirats se tiennent à la seconde place dans la région. Ils devancent Israël.   Le petit Qatar qui joua un rôle prépondérant dans le conflit libyen, investit lui aussi de manière conséquente.

Washington et Doha seraient sur le point de signer un accord qui prévoit la livraison de 58 hélicoptères de combat et de transport sophistiqués parmi lesquels la version moderne de l’Apache.   Le Sultanat d’Oman qui, à l’instar des Emirats, joue un rôle crucial dans le conflit à hauteur du détroit d’Ormuz, modernise sa petite flotte aérienne.   En décembre dernier, Oman a acheté douze chasseurs F-16. Ces seuls engins sont capables de neutraliser une aviation iranienne vieillissante.

La prochaine armée « islamique » sous commandement de l’OTAN.

Dans cette première manche de la confrontation géopolitique entre la Syrie et l’Empire américain, le régime syrien, malgré quelques défections, des assassinats de hautes personnalités, des désertions dans le rang des soldats de l’armée, une situation humanitaire déplorable et une économie semi-asphyxiée, semble marquer des points. En effet, l’objectif de créer des zones autonomes « libérées » et de faire pencher la population en faveur des « insurgés » pour lancer une offensive militaire et diplomatique de grande envergure a été déjoué par l’armée syrienne qui a montré une capacité de défense inattendue. La seconde guerre de Qaradhawi qui a promis de prier à Damas la mi Ramadhan semble ne pas se dérouler selon les voeux du Pape des Frères Musulmans.

La guerre avec la Syrie n’est pas finie pour l’Empire américain qui joue à découvert derrière ses alliés européens, ses vassaux arabes et turcs, et ses instruments « jihadistes » montés selon les options stratégiques et tactiques de Brezinski et de l’orientaliste anglo-israélo-américain Bernard Lewis.

Bernard Lewis est un orientaliste idéologue proche des néo-conservateurs, il est engagé pour la guerre dans le monde musulman et la défense inconditionnelle d’Israël.  Il fut conseiller des services secrets britanniques (Seconde Guerre mondiale), consultant du Conseil de sécurité nationale des États-Unis, conseiller de Benyamin Netanyahou alors ambassadeur d’Israël à l’ONU (1984-88). Considéré comme « fin spécialiste » du monde musulman et de la Turquie, il soutient Brezinski dans le projet d’une guerre fratricide entre musulmans. Il est partisan pour une guerre entre Sunnites et Chiites après l’échec de sa doctrine d’une guerre entre Arabes et Perses. Comme Daniel Pipes le fer de lance de l’Islamophobie mondial, Bernard Lewis est un spécialiste de la civilisation islamique, du monde arabe, de la Turquie, et il connait bien la langue arabe qu’il a apprise au Caire. Quand on voit l’unité idéologique et la convergence d’actions contre le monde arabe et musulman des sommités américaines telles que Francis Fukuyama ( la fin de l’histoire) , Samuel  Huntington (le clash des civilisations), Bernard Lewis, Brezinski et Henry Kissinger, on ne peut que rire devant BHL le farfelu et surtout pleurer devant l’indigence de nos intellectuels, de nos savants et de nos hommes politiques gouvernants ou opposants. Tous s’accordent à détruire le monde musulman de l’intérieur en accentuant les clivages entre les doctrines, les poussant jusqu’à devenir luttes intestines armées. Tous s’accordent à demander une ingérence de l’OTAN pour régler les contentieux entre les gouvernants qui résistent à l’Occident et une minorité qui veut leur arracher le pouvoir par la force et une prétendue légitimité religieuse. Tous réitèrent le scénario de Laurence d’Arabie dans une sorte de flux et de reflux de notre Wahn que l’histoire charrie.

Dans son livre « Le Grand échiquier, L’Amérique et le reste du monde », Zbigniew Brezinski qualifie la Turquie de « pivot géopolitique de premier ordre » et « d’important acteur géostratégique dans la région des Balkans eurasiens ». Et tout naturellement donc que dans la géopolitique d’Obama, la Turquie d’Erdogan se « libère » de ses militaires laïcs, manœuvre sur le dos des Palestiniens et se trouve dans une alliance avec l’Arabie saoudite et le Qatar dans l’intervention en Libye. Nous voyons se dessiner le même profil et le même mode opératoire en Egypte avec l’éviction du maréchal Tantaoui et de quelques généraux après la dernière visite d’Hilary Clinton en Israël et en Egypte post Moubarak. Il faut donner de la crédibilité à ces Frères Musulmans qu’hier on considérait comme des terroristes car il faut les intégrer dans le jeu d’échec où ne savent jouer et gagner que ceux qui connaissent les règles, la stratégie et qui sont rodés par une longue pratique de coups successifs et d’anticipations sur des parties qui ont la carte mondiale et le temps historique comme champ de jeu.

Bernard Lewis, sioniste notoire, est celui qui a donné naissance à l’expression « choc des civilisations » qui plait tellement aux Américains et aux sionistes européens. Il est comme Brezinski partisan de la formule qu’il a inventée depuis déjà longtemps sur la Palestine : « la création d’un État arabe palestinien sur les parties de la Palestine mandataire auxquelles Israël renoncerait ». Selon lui, l’Islam reste toutefois « l’opposition contre le processus de paix la plus puissante et la plus ancrée dans les principes, développée […] par le gouvernement iranien et ses agences ainsi que par les autres partis et organisations islamiques » qui développent une propagande antisémite plus puissante que celle basée sur le nationalisme et les races et qui puise « aux riches ressources […] de l’antisémitisme européen ».

Il connait parfaitement le potentiel de l’Islam et il est dommage que les Musulmans malades d’apologies ne voient qu’une reconnaissance de leur civilisation là où il y a une menace, une visée, un plan de destruction de l’embryon qui pourrait faire renaitre la civilisation musulmane : « Lorsque la puissance musulmane était à son apogée, seule une autre civilisation, la Chine, pouvait se comparer à elle par l’ampleur, la qualité et la diversité de ses réalisations. Toutefois, la civilisation chinoise restait essentiellement limitée à une aire géographique, l’Extrême-Orient, et à une famille de peuples. L’Islam, en revanche, avait créé une civilisation mondiale, pluriethnique, multiraciale, internationale, et l’on pourrait même dire transcontinentale. » . Bernard Lewis propose une solution aux musulmans : « Ce n’est qu’en renonçant à leurs griefs et à leur victimisation, en surmontant leurs querelles, en unissant leurs talents, leur énergie et leurs ressources dans un même élan créatif, que ces peuples pourront de nouveau faire du Moyen-Orient ce qu’il était dans l’Antiquité et au Moyen Âge, un haut lieu de civilisation. Le choix leur appartient. ” C’est toujours le même discours lénifiant et apologétique qui ne dit pas la réalité pensée et l’action mise en œuvre pour le monde arabe et musulman : la civilisation passe par la reconnaissance d’Israël et l’alignement sur l’Occident sinon par une guerre fratricide entre les musulmans dont un clan serait appuyé par l’Occident contre l’autre partie afin de domestiquer les « islamistes» et d’en faire des vassaux comme durant la guerre en Afghanistan contre l’Union soviétique ou des alliés contre la Chine ou contre un pays musulman qui monterait en puissance par sa technologie et son armée.

 Pour l’instant Qaradhawi, l’Association internationale des savants musulmans, les « Jihadistes », les gouvernants arabes et leurs opposants spécialisés dans l’oppositionnel stérile et vindicatif sont livrés pour le compte « pertes et profits » sur l’autel de la « démocratie » et du « Khalifat islamique » afin d’affaiblir le régime syrien, créer de la diversion médiatique, et  maintenir la tension psychologique sur les troupes loyalistes juste le temps de mettre en place cinq séquences diaboliques :

Séquence 1 : Donner le temps à la Turquie et à l’Arabie saoudite de monter une armée des pays  « islamiques » légale et légitimée par l’O.C.I qui irait renverser le régime laïc et mécréant de Bachar Al Assad. Cette armée constituée de troupes au sol serait appuyée par l’aviation de l’OTAN et l’US Navy.  Pour l’instant deux problèmes freinent ce pas fatidiques : le sommet des non-alignés à Téhéran et la position indécise et contradictoire du président égyptien Morsi qui voudrait le départ de Bachar al Assad et l’installation des Frères Musulmans, mais refuse une intervention étrangère. Sans l’Égypte, cette armée « islamique »  perdrait de sa crédibilité et de son efficacité. Bernard Lewis et  Zbigniew Brezinski se rejoignent parfaitement sur le rôle de la Turquie sunnite pilotant avec le Serviteur des Lieux saints de l’Islam une armée sunnite contre une armée chiite. Il faut espérer que l’échec du complot initial opposant Arabes et Perses se reproduise une fois de plus. Ce n’est ni Qaradhawi ni l’assemblée internationale des savants musulmans ni les Djihadistes financés par le Qatar et l’Arabie saoudite qui vont contrer ce complot.

Séquence 2 : Monter une coalition internationale contre l’Iran et le Hezbollah dont la force arabe ou sunnite serait  envoyée aux premières lignes. Les débordements de la guerre civile en Syrie touchent déjà le Liban où le pire est à craindre. Il faut reconnaitre que pour l’instant la majorité des confessions parviennent à contenir le feu qui risque de s’embraser et enflammer le Liban pour une autre guerre civile. Plus la pression monte sur la Syrie, le Liban  et l’Iran et plus les risques de contagion dans la région deviennent plus sérieux et plus graves touchant des pays comme la Turquie, l’Arabie saoudite. Il est de la tradition de l’Empire et du sionisme de gagner sinon de laisser derrière eux des ruines. S’ils échouent à mener des guerres victorieuses, ils parviennent à laisser des pays dévastés, des sociétés fracturées et des pays voisins en disharmonie sur de longues périodes freinant ainsi leur développement et leur capacité de faire front au nouvel ordre mondial.

Il faut être naïfs et incultes pour croire que Bachar Al Assad gêne l’Occident par sa propre personne. Je suis persuadé que s’il y avait un sunnite Frère musulman ou laïc et non un alaouite ou un nossayri au pouvoir, le scénario serait le même, car il s’agit de livrer les clés du gaz syrien, le corridor d’attaque de l’Iran, et les clés d’entrée au moyen Orient qui sont le Liban et la Syrie par l’histoire et la géographie.

Séquence 3 : Passer au Pakistan et obtenir son désarmement nucléaire et son démantèlement en régions ethniques dans un Sykes Picot 3 dans ces régions d’Asie musulmane après le Sykes Picot 2 dans le monde arabe. Quand on voit les attaques de drones sur le Pakistan, on est frappé par le silence de l’armée pakistanaise, mais lorsqu’on voit la riposte en Afghanistan contre les troupes américaines on se dit qu’il doit y avoir déjà une guerre ou une provocation de guerre de la part des États-Unis contre le Pakistan qui ne dit pas encore son nom, mais qui est bien réelle. Les attentats sanglants et sans cesse contre les communautés chiites au Pakistan et en Irak montrent que cette déclaration de guerre est suivie par la mise en place d’une guerre civile pour laisser l’État et l’armée divisés sur plusieurs fronts qui les poussent à une hémorragie. Pendant ce temps, l’Inde renforce son axe avec le sionisme et multiplie sa capacité de frappe balistique alors que les associations musulmanes nombreuses au Pakistan semblent impuissantes à peser sur le cours des événements… C’est le même Wahn qui continue de sévir dans le monde musulman…

Séquence 4 : Appliquer la formule de deux micros états en Palestine à proximité d’Israël dont l’un, celui du Fatah, sera reconnu comme le modèle du Vatican et l’autre, celui du HAMAS, confié à l’Égypte.  Ces deux avortons vivront de l’aumône internationale, des bienfaits d’Israël et surtout reconnaitront l’Etat sioniste et se désisteront du droit au retour des réfugiés. Pour l’instant le HAMAS, en se désolidarisant de la Syrie et en optant pour une démarche pragmatique qui va sans doute lui donner une reconnaissance par les Etats-Unis et Israël, est sur la voie de la normalisation et d’un nouveau camp David à moins que les voix radicales des faucons du HAMAS imposent la charte initiale du HAMAS ou que l’Arabie saoudite, le Qatar et les Etats-Unis ne fortifient les cellules dormantes d’al Qaeda pour une guerre fratricide entre Palestiniens à Gaza faisant ainsi perdre le dernier crédit qui reste aux palestiniens sans cap ni boussole depuis déja longtemps ou du moins depuis Oslo. Pour l’instant nous assistons à une ingratitude des Palestiniens envers les Pays qui les ont soutenus qui est aussi grotesque que leur exercice de pouvoir et d’administration et d’éléction fantôche sous occupation…

Séquence 5 : Faire passer l’Algérie de comptoir colonial français à base coloniale américaine en disposant de ses ressources et de son armée et tout particulièrement de son aviation et de sa marine pour faire le gendarme pour le compte de l’OTAN au Sahel. Certains Algériens se réjouissent de voir le général Khaled Nezzar poursuivi par la Suisse pour « crimes contre l’humanité ». Je n’ai pas de sympathie pour lui mais j’ai de la dignité et de la considération pour moi-même et pour mon pays. Je ne pourrais pas comprendre qu’un Algérien conscient des enjeux et des menaces ne voit pas que la poursuite de Nezzar n’est pas un acte de justice ni d’amour pour l’Algérie, mais une manœuvre d’intimidation contre les chefs de l’ANP pour les amener à collaborer et pour préparer l’opposition algérienne à s’intégrer dans le « cactus arabe » visant à démanteler l’Algérie ou à l’engager dans une nouvelle guerre civile si l’ANP refuse de coopérer au-delà des limites rouges.

La vérité doit être dite sans passion ni colère ni ressentiment. Nous sommes musulmans et si jamais un général doit être jugé pour des fautes graves, il le sera par une justice algérienne. S’il échappe à la Justice, car celle-ci est sous son contrôle, il ne pourra pas échapper à celle du Tout Puissant. Vouloir la justice au dépens de ce qui reste comme souveraineté nationale est inadmissible. Ceci est inadmissible, car aucun pays n’a compétence juridique ni morale pour juger l’un de nous pour des problèmes entre nous. Si nous le tolérons aujourd’hui, demain nos enfants et nos petits-enfants seront de nouveau déportés et jugés selon la loi du plus fort et non selon notre droit et nos coutumes.

A la lumière de ce qu’on a vu en Palestine, au Liban, en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie, il semble de plus en plus probable que les véritables bourreaux ne soient pas algériens, mais des agents étrangers qui n’ont non seulement aucune pitié pour nous, mais nous haïssent au point de violenter nos enfants, nos mères et nos épouses dans des conditions atroces. Enfin, il est impossible de croire que ceux qui ont mené l’Algérie à un processus « démocratique » pipé dès le début puis ont demandé son annulation et ont poussé les uns et les autres à s’entretuer puissent 20 ans après avoir de la compassion pour nous ou avoir de la considération pour les islamistes ou les nationalistes. Méfiance et vigilance. Personne ne veut faire son bilan de conscience ni l’analyse critique de son action politique ni s’engager pour un véritable changement concerté qui engage tous les Algériens sans exclusive ni exclusion alors que la situation est urgente.

Pour l’instant nous voyons les prémisses qui annoncent le démembrement du pays et la mise sous tutelle de son armée : la persistance chez les militaires de l’idée d’un peuple immature et inapte, la dissolution des moeurs sociales, politiques et économiques, l’absence de règles déontologiques, l’individualisme, l’absence d’unité d’orientation idéologique, les ressources nationales aux mains des multinationales, l’économie nationale livrée aux parasites privés qui sont nés dans le sillage du secteur public et de la corruption et le marché livré au marché noir et à la corruption, un fossé de plus en plus grand entre gouvernants et gouvernés, le sentiment d’impunité chez une minorité et le sentiment d’injustice chez la majorité, absence de langue nationale, absence de projet d’avenir, environnement arabe et africain en turbulence, situation intérieure explosive, visées coloniales de plus en plus affichées, intimidantes et menaçantes…

Conclusion

Ces séquences annoncent une fin de scénario pessimiste qui s’avance inexorablement et à grande vitesse à moins que la Providence divine ait un autre dessein qui nous échappe. Dans ces moments de confusion et de bouleversements imposés par les autres, car nous n’avons pas su concevoir et réaliser à temps nos changements par nous-mêmes et à notre profit, il ne s’agit pas de baisser les bras ou d’avoir une quelconque émotion, mais de tout faire et tout dire pour tenter de sauver les meubles et ne pas donner à l’Empire agonisant et à l’entité sioniste dans l’impasse une possibilité de se régénérer.

La gauche française à l’instar des progressistes occidentaux ont comme d’habitude failli et ne sont plus concernés par le devenir des peuples ni par la lutte anti impérialiste. Les événements en Libye et en Syrie prouvent une de fois de plus les limites idéologiques de la gauche quand il s’agit du monde musulman.

Il ne reste à ceux qui portent la civilisation musulmane et arabe dans leurs tripes que de réagir avec patience et constance en dévoilant les complots et les enjeux.

Enfin ce n’est qu’une analyse qui montre le probable sans prétendre détenir la vérité :

{Il n’est pas de mise qu’Il vous Informe sur le Ghayb} Al Baqara 179

La vérité sur laquelle nul ne peut faire de concessions ni l’ignorer surtout s’il se réclame de l’Islam est incontestablement celle-ci et que Qaradhawi semble oublier prouvant une fois de plus que le savoir n’est pas la garantie de la probité intellectuelle ni de la guidance religieuse :

{Il n’appartient point à un croyant de tuer un croyant sauf par erreur.} An Nissa 92

{Quiconque tue un croyant intentionnellement, sa punition sera la Géhenne où il s’éternisera ; Allah le Frappera de Sa Colère, le Maudira et lui Préparera un immense châtiment.} An Nissa 93

En Libye, Qadhafi a tué en 40 ans près de 4000 Libyens, les Jihadistes avec l’aide de l’Otan ont tué en 4 mois plus de 40 000 libyens. Combien de musulmans seront décimés en Syrie? Combien de musulmans seront occirés par la future « armée islamique internationale » si jamais elle verrait le jour ? Pour l’instant nous savons que depuis le 11/09, dix millions de musulmans ont péri entre l’Irak, l’Afghanistan, le Nigéria, la Somalie, le Soudan… Nous savons aussi par le hadith authentique que celui qui combat sous un étendard de confusion (false flag ou fausse bannière) et s’il meurt, sa mort est celle de la Jahiliya (il meurt comme un mécréant). Nous savons par la Fatwa de Cheikh Al Ibrahimi le prédicateur de la révolution algérienne que le colonialisme et l’Islam sont antagonistes et que toute alliance avec l’impérialisme est l’oeuvre de Satan :

« les Musulmans doivent comprendre tout ces enjeux et savoir que la vigilance la plus élémentaire leur recommande d’éprouver, par esprit d’équité et de réciprocité, pour le moins, les mêmes sentiments d’hostilité que leur ennemi éprouve envers eux. Leur allégeance loyale et leur alliance sous n’importe quelle forme envers le colonialisme, leur ennemi, est une transgression des principes sacrés de l’Islam. Celui qui accepte ou tolère la tutelle colonialiste signifie ici, qu’il a accepté de se détourner de sa religion et de faire triompher l’ennemi de sa religion sur sa propre personne, sa génération, son peuple et sa patrie. »

Dans le prolongement de mes analyses sur les révolutions en Tunisie et en Egypte j’ai écris deux livres  » Le dilemme arabe et les 10 commandements US » et « Islamophobie : Deus Machina » pour montrer, selon ma propre évaluation de la situation du monde musulman et ma propre grille de lecture des révoltes arabes, que nous allons assister à des arrangements d’appareils bureaucratiques avec l’impérialisme pour d’une part confisquer les révolutions populaires en Tunisie et en Egypte et d’autrre part semer le chaos en Syrie et en Libye. L’ingénierie et la prospective américaine allaient disloquer les mentalités collectives, les géographies, les économies et l’histoire commune du monde musulman pour empêcher toute évolution dans le monde musulman et en particulier tout rapprochement avec l’Iran et toute consolidation et élargissement de l’axe de résistance. Par ailleurs le complexe de renseignement et de psychologie sociale de la CIA et des experts de la géopolitique allaient donner un contenu militaire à l’Islamophobie pour faire de la méfiance des occidentaux envers les Musulmans et de la défiance des musulmans entre eux un champ explosif faisant sauter l’islam politique avant qu’il ne parvienne à maturité civilisationnelle. Avec la mise en scène des Jihadistes, d’al Jazira et de Qaradawi, ils ont réussi à dévoyer le projet islamique et à stopper la dynamique de changement.

Maintenant ils passent à la récolte des fruits : créer une armée « islamique » agissant pour le compte de l’OTAN… Entre la coupe et les lèvres il y a la Syrie et Damas. L’autre récolte est celle que j’avais évoqué dans ces deux livres : Profiter des erreurs stratégiques de Qaradhawi prisonnier de sa mégalomine , de sa sénilité et sans doute  la taupe qui s’est infiltrée  dans son entourage et l’a manipulé pour détruire l’association internationale des savants musulmans dont son président était antisioniste et militant acharné de la résistance palestinienne. Nous voyons déja les dégats : des sites alimentés de syrie le traitent déja d’agent du Mossad, ce qui est une éxagération et un mensonge sans preuve. Plus tard les Islamophobes comme Daniel Pipes vont exploiter sa Fatwa autorisant l’assassinat de Kadhafi pour salir les savants musulmans qui n’ont pas eu le courage et l’intelligence de mettre fin à la dérive guerrière de Qaradhawi et à son ecart flagrant de la Sunna du Prophète (saws). Laurence d’Arabie, Bressinski, Lewis, BHL, Daniel Pipes et consort surfent sur notre insenséisme et notre vanité.

Mohammad Haykal : al Jazira et les révoltes clé en main !

Haykal : « ce n’est pas un Printemps arabe mais des révoltes clé en main » !

Suite à ses déclarations publiées par le quotidien égyptien Al-Ahram , l’ex-conseiller du président défunt Gamal Abdel Nasser, l’éminent journaliste Mohammad Hassaneyn Haykal s’est vu arrêté sa coopération avec la chaîne satellitaire qatarie alJazira.

Haykal avait affirmé dans son interview que « ce qui se passe dans le monde arabe n’est pas le printemps arabe, mais des révolutions clé en main » dans une référence indirecte à l’implication du Qatar dans le financement des rébellions qui ont lieu dans le monde arabe. L’éminent journaliste égyptien a indiqué que « la reconnaissance par les Etats-Unis aux Frères musulmans ne s’est pas effectuée par admiration pour eux ou par sagesse; mais plutôt suite aux conseils d’un certain nombre d’orientalistes qui ont estimer qu’il était bon d’exploiter l’accession au pouvoir des Frères musulmans pour alimenter les conflits inter-musulmans selon leurs intérêts ». ET d’ajouter que  » les Frères musulmans, trop épris par la joie d’être reconnu par les Occidentaux, omettront d’étudier les véritables raisons cette reconnaissance américaine! »

Mohammad Hassaneyn Haykal a estimé que  » le monde arabe connaît aujourd’hui une nouvelle forme des Accords de Sykes-Picot à travers laquelle le monde arabe est censé être divisé à nouveau pour établir un nouveau partage de ses ressources et un repositionnement de ses forces ». Il a souligné que « nous assistons aujourd’hui à un changement régional, international et politique qui évolue à une vitesse impressionnante, s’étendant sur une large dimension et ayant des conséquences profondes et dangereuses. Il s’agit d’un projet de fissuration du tissu national … » Haykal : « ce n’est pas un Printemps arabe mais des révoltes clé en main » !

Suite à ses déclarations publiées par le quotidien égyptien Al-Ahram , l’ex-conseiller du président défunt Gamal Abdel Nasser, l’éminent journaliste Mohammad Hassaneyn Haykal s’est vu arrêté sa coopération avec la chaîne satellitaire qatarie alJazira. Haykal avait affirmé dans son interview que « ce qui se passe dans le monde arabe n’est pas le printemps arabe, mais des révolutions clé en main » dans une référence indirecte à l’implication du Qatar dans le financement des rébellions qui ont lieu dans le monde arabe. L’éminent journaliste égyptien a indiqué que « la reconnaissance par les Etats-Unis aux Frères musulmans ne s’est pas effectuée par admiration pour eux ou par sagesse; mais plutôt suite aux conseils d’un certain nombre d’orientalistes qui ont estimer qu’il était bon d’exploiter l’accession au pouvoir des Frères musulmans pour alimenter les conflits inter-musulmans selon leurs intérêts ». ET d’ajouter que  » les Frères musulmans, trop épris par la joie d’être reconnu par les Occidentaux, omettront d’étudier les véritables raisons cette reconnaissance américaine! »

Mohammad Hassaneyn Haykal a estimé que  » le monde arabe connaît aujourd’hui une nouvelle forme des Accords de Sykes-Picot à travers laquelle le monde arabe est censé être divisé à nouveau pour établir un nouveau partage de ses ressources et un repositionnement de ses forces ». Il a souligné que « nous assistons aujourd’hui à un changement régional, international et politique qui évolue à une vitesse impressionnante, s’étendant sur une large dimension et ayant des conséquences profondes et dangereuses. Il s’agit d’un projet de fissuration du tissu national … » Enfin, l’ex-conseiller du président Abdel Nasser a résumé la situation au Moyen-Orient en deux points: le premier est une fissure invisible mais fracassante qui consiste à plonger la région dans un conflit inter musulmans, en particulier entre sunnites et chiites. Ce projet de division a commencé il y a des années quand le régime du Shah en Iran est tombé avec l’avènement de la révolution islamique d’Iran. Et le deuxième est une division parallèle à la première, où la région sera soumise à un nouveau Sykes-Picot avec des variables ajustables selon les circonstances requises ». Un dernier mot sur la Syrie, où Haykal a considéré qu' »une intervention militaire étrangère en Syrie en ce moment est effrayante, et que  » les conséquences d’une conquête étrangère de la Syrie sont très difficile à évoluer surtout après ce qui s’est passé en Irak, au Yémen, au Soudan et enfin en Libye, ajoutant:  » ni la région de Bagdad à Benghazi, ni la région d’Alep à Aden ne peuvent supporter ce qui se prépare dans la région à travers l’intervention des armées et des flottilles étrangères ».

Enfin, l’ex-conseiller du président Abdel Nasser a résumé la situation au Moyen-Orient en deux points: le premier est une fissure invisible mais fracassante qui consiste à plonger la région dans un conflit inter musulmans, en particulier entre sunnites et chiites. Ce projet de division a commencé il y a des années quand le régime du Shah en Iran est tombé avec l’avènement de la révolution islamique d’Iran. Et le deuxième est une division parallèle à la première, où la région sera soumise à un nouveau Sykes-Picot avec des variables ajustables selon les circonstances requises ». Un dernier mot sur la Syrie, où Haykal a considéré qu' »une intervention militaire étrangère en Syrie en ce moment est effrayante, et que  » les conséquences d’une conquête étrangère de la Syrie sont très difficile à évoluer surtout après ce qui s’est passé en Irak, au Yémen, au Soudan et enfin en Libye, ajoutant:  » ni la région de Bagdad à Benghazi, ni la région d’Alep à Aden ne peuvent supporter ce qui se prépare dans la région à travers l’intervention des armées et des flottilles étrangères ».

Source : Al Manar

L’émissaire de la haine et de la mort

Nous sommes dans une ambiance précoloniale où la Syrie est visée en second lieu après la Libye avant de viser l’Algérie qui sera complètement isolée sur le plan international et divisée sur le plan national par la faute de ses gouvernants incompétents et de son opposition infantile. Voici un aperçu de BHL sur l’Algérie qu’il faut d’abord voir dans sa carrière d’agent spécial dans le monde musulman pour comprendre ses déclarations

BHL et sa tournée mondiale (sources : télévision Tel Aviv)

 BHL et le printemps arabe en Algérie


Pour BHL, l’Algérie connaitra son printemps arabe par jackyshow38

La Syrie et les Etalons (Fhoula) musulmans à la Mecque

Les étalons, énuques, et les principes, fallacieux, ont prononcé,  au sommet islamique de la Mecque, la suspension de la Syrie de l’Organisation de coopération islamique (OCI). Comme prévisible l’Iran se retrouve seul face à 56 pays dits musulmans.  On aurait pu dire que la souris accouche d’une souris,  que le serpent se mord la queue ou que le mulet ne peut être géniteur si la majorité de ces pays étaient  islamiques dans le sens où ils appliquent la Chariâ islamique à la lettre. Ils sont dans la situation de l’âne qui ignore le poids des responsabilités et la valeur des mots  qu’il transporte :

{L’exemple de ceux à qui on a fait porter la Torah, et qui ensuite ils ne l’ont pas portée, est comme l’exemple de l’âne qui porte des livres. Piètre exemple des gens qui ont démenti les Signes d’Allah ! Et Allah ne Guide pas les gens injustes.} Al Jumu’â  5

« Que celui qui n’a pas péché  jette la première pierre » est la réponse que Jésus a donnée aux pharisiens et aux hypocrites qui voulaient lapider une femme soupçonnée d’adultère. C’est la mauvaise réponse que les bédouins vassaux de l’impérialisme et illégitimes vis-à-vis de leurs peuples viennent de donner à  la Syrie pour la livrer aux visées américano sionistes comme si la tragédie de la Libye, de l’Irak et de l’Afghanistan et de la Palestine ne sont pas des plaies encore béantes attendant réponse.

La ligne droite, comme le Sirat al Moustaqim, aurait du s’établir directement entre la Mecque et Damas. Elle n’aurait pas du passer par le méridien de la Mecque via Qaradhawi, la Cia et le Pentagone pour compliquer la situation, mais aurait du passer par une invitation des dirigeants de la Syrie à venir exposer leurs points de vue car il n’est pas dans les traditions archaïques ni modernes d’écouter un clan séditieux contre le détenteur du pouvoir sans auparavant  mettre à l’épreuve le détenteur du pouvoir et le clan séditieux. La loi d’Allah pour les Serviteurs des lieux saints amputé du troisième lieu saint leur commande d’inviter les parties en conflit à effectuer une ‘Omra puis à s’assoir autour d’une table et trouver solution urgente pour mettre fin à l’effusion de sang puis se mettre d’accord sur un programme de sortie de crise :

{Et si deux groupes de croyants se combattent, réconciliez-les. Si alors l’un des deux groupes tyrannise l’autre, combattez celui qui tyrannise jusqu’à ce qu’il revienne à l’Ordre d’Allah. S’il revient, réconciliez-les avec justice et soyez équitables. Certes, Allah Aime les équitables. Les croyants ne sont que des frères, établissez la concorde entre vos frères. Et prenez garde à  Allah : ainsi il  vous sera fait miséricorde.} Al Hujurate 9

Sinon il fallait  ou bien établir la preuve par l’image et le son sur celui qui persiste dans la mécréance et l’injustice, ou bien remettre l’affaire entre Allah en s’inspirant de la moubahala : la malédiction sur le menteur (المباهلة) :

{ فَمَنْ حَآجَّكَ فِيهِ مِن بَعْدِ مَا جَآءَكَ مِنَ ٱلْعِلْمِ فَقُلْ تَعَالَوْاْ نَدْعُ أَبْنَآءَنَا وَأَبْنَآءَكُمْ وَنِسَآءَنَا وَنِسَآءَكُمْ وَأَنْفُسَنَا وأَنْفُسَكُمْ ثُمَّ نَبْتَهِلْ فَنَجْعَل لَّعْنَتَ ٱللَّهِ عَلَى ٱلْكَاذِبِينَ } [عمران آل: 61 ]

 {La Vérité émane de ton Dieu, ne sois donc pas du nombre des sceptiques. Quiconque te dispute à son sujet, à partir de ce qui t’a été donné de la Science, alors dis : « Venez : convoquons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nos personnes et vos personnes, ensuite invoquons pour appeler la malédiction d’Allah sur les menteurs ».} Al Imrane 61

Ces gouvernants, ces savants musulmans et ces partis islamiques hystériques et insensés auraient ainsi prouvé au monde musulman que le régime syrien et à sa tête le Président Bachar Al Assad pratiquent le Kufr (bawàh) flagrant, évident, incontestable. Pour l’instant nous assistons à l’impensable.

La géopolitique et l’instinct de survie auraient du leur commander de ne pas livrer un régime en place à une opposition qui se prétend islamiste alors qu’elle affiche ouvertement  le soutien politique, militaire, médiatique et diplomatique qu’elle reçoit de ceux qui ont colonisé le monde musulman et qui veulent le démanteler  dans un Sykes Picot bis pour détruire ce qui pourrait encore faire le trait d’union d’une civilisation  qui attend son éveil en l’occurrence le ciment des mentalités collectives des peuples musulmans, de  l’histoire commune, la contigüité de  la géographie et l’impératif de constituer un front politique, économique et militaire contre l’hégémonie américano sioniste.

Comme toujours les Bédouins incultes  et insensés ratent l’occasion de se réconcilier avec l’histoire et la vérité et font prévaloir leurs opinions erronées et les instructions de leurs maitres.  Il ne leur suffit pas de porter l’injustice commise contre leur propre peuple, il faudrait qu’ils portent l’injustice  des autres.  Au nom de quel droit, de quelle légitimité et de quelle représentativité de l’Islam,  trahi et ignoré, ces vauriens prennent des décisions en notre nom au mois de Ramadhan et à la Mecque sacrée. Ces petits Dejjals (faux Messies) ne savent pas qu’entre le Halal (licite) évident  et le Haram (illicite)  évident il y a un espace de confusion et de doute qu’il faut éviter par l’abstention. Entre d’une part  le régime syrien,  une majorité du peuple et l’essentiel de l’armée qui le soutiennent, et d’autre part  les forces sionistes qui veulent la guerre civile et l’anéantissement du dernier axe  de la résistance, il ne peut y avoir confusion et s’il y a confusion il faut alors s’abstenir de prendre parti pour un camp ou pour l’autre.  La logique musulmane exige pourtant de ne pas soutenir les séditions armées  et encore moins les coalitions colonialistes qui veulent morceler le monde musulman et spolier ses richesses :

{O vous qui êtes devenus croyants, ne prenez pas Mon ennemi et votre ennemi comme protecteurs, quand vous sortez lutter pour Ma Cause et que vous recherchez Mon Agrément, en leur faisant preuve d’affection, alors qu’ils ont mécru en la Vérité qui vous a été révélée.} Al Mumtahana 1

Si en Egypte et en Tunisie nous voyons le scénario turc se mettre en place dans sa version islamiste comme il été déjà mis en place dans sa version laïque et nationaliste  alors  nous pouvons comprendre, sans pour autant la justifier ni l’approuver, la démarche opportuniste des Frères musulmans. Mais nous avons du mal à imaginer l’Algérie se ranger derrière les bédouins. Elle trahit sa révolution et ses martyrs, elle ne se réconcilie pas avec la tragédie de l’interruption du processus électoral, elle ne restaure pas les droits bafoués, et elle ne se libère pas de la voie qui la mène doucement mais surement de comptoir commercial français à base coloniale américaine.  Les gouvernants algériens et ses opposants, non islamistes et  islamistes,  sont, abstraction faite des multiples paradoxes qui les minent, en contradiction flagrante avec les grandes figures de la révolution algérienne telles que  Cheikh Al Ibrahimi qui a considéré le colonialisme comme un Satan à combattre :

« Le colonialisme dans sa globalité comme dans ses composants est une souillure provenant de l’œuvre de Satan, ses partisans se rencontrent sur ses propagations perverses celles-là même qui sont poussées par les instincts prédateurs voraces des colonisateurs et animés par les théories du colonialisme expertes dans la construction des instruments impitoyables de prédation et cultivées dans l’art de mettre en servitude les objets de leurs convoitises. Parmi ses moyens les plus redoutables, le colonialisme sape le moral des colonisés et anesthésie leurs sensibilités morales et spirituelles »

(…) L’Islam et le colonialisme sont deux antagonismes qui ne peuvent jamais se rencontrer. L’Islam est la religion de la liberté et de l’émancipation alors que le colonialisme est la religion de la servitude et de l’asservissement. L’Islam a instauré la miséricorde et la bienveillance et il ordonne la pratique du bien et de la justice alors que le colonialisme repose sur la dureté, la tyrannie et la transgression. L’Islam appelle à la paix et à la stabilité, pendant que le colonialisme appelle à la guerre, au meurtre, à la destruction et aux crises.

(…) le colonialisme est le pire ennemi de l’Islam et des Musulmans et par voie de conséquence il est de l’obligation de tous les gens de confession musulmane de considérer le colonialisme comme l’un de ses plus grands ennemis et par conséquent il ne peut y avoir acceptation de sa tutelle, de son alliance ou d’une allégeance à son égard.

(…) les Musulmans doivent comprendre tout ces enjeux et savoir que la vigilance la plus élémentaire leur recommande d’éprouver, par esprit d’équité et de réciprocité, pour le moins, les mêmes sentiments d’hostilité que leur ennemi éprouve envers eux. Leur allégeance loyale et leur alliance sous n’importe quelle forme envers le colonialisme, leur ennemi, est une transgression des principes sacrés de l’Islam. Celui qui accepte ou tolère la tutelle colonialiste signifie ici, qu’il a accepté de se détourner de sa religion et de faire triompher l’ennemi de sa religion sur sa propre personne, sa génération, son peuple et sa patrie.

(…)  Une des pires et infâmes alliances avec le colonialisme, c’est celle qui est faite au moment où il faudrait s’opposer à lui et de lui tendre la main au moment où il faudrait le combattre. Ce qui dépasse le comble de l’infamie c’est de pactiser avec ton colonisateur lorsqu’il livre bataille.

(…) Il ne peut y avoir exemple plus éloquent en matière de stupidité et de lâcheté que de voir l’opprimé faire alliance avec son oppresseur à moins que la réalité du monde et la logique de la raison nous prouvent l’alliance de la colombe avec l’aigle et celle de l’entente l’agneau avec le loup. »

Pourquoi faire allégeance aux puissants alors que les expériences prouvent qu’ils ne s’allient à nous que pour prendre nos enfants comme chair à canon, nos géographies comme zone de conflits et d’affrontements à leurs guerres coloniales, nos terres comme ressources pour asseoir leur puissance et leur domination. Puis lorsque la guerre s’achève, le plus grand perdant et le plus grand vaincu c’est toujours nous et ce quelque soient les mobiles ou les circonstances des guerres coloniales. Combien d’avertisseurs sont venus nous réveiller est-ce que parmi nous il y en a qui se souviennent ?

O musulmans ! O organisations musulmanes ! O gouvernements islamiques, ne manifestez aucun sentiment d’attachement pour le colonialisme, car ce serait commettre une rébellion contre Allah, une agression contre le genre humain et vous seriez des hérétiques séditieux envers l’Islam.  Ne soyez pas alliés à ses côtés, ni en temps de paix, ni en temps de guerre, car en temps de paix, il fait passer son intérêt avant les vôtres, et en cas de guerre ce sont vos patries qui seront son butin. Ne contractez aucune alliance avec lui car il ne respecte pas ses engagements ; n’attachez aucune foi en ce qu’il dit, car certainement sans foi ni loi il n’est garant d’aucune sécurité ou protection pour vous.

Le colonialisme laisse échapper ses derniers soupirs. Que l’histoire ne soit pas un témoignage contre vous en lui donnant par votre allégeance un jour supplémentaire d’existence sur terre. Ne vous alliez pas à lui, car sa nature bestiale le pousse à dévorer son allié avant de dévorer son ennemi.

Ces extraits de la Fatwa remontant à la guerre de libération sont toujours d’actualité :

  • Ils sont conformes à la situation du colonialisme qui agonise, mais qui reste en vie donnant des coups de cornes mortels à nos crétins qui lui donnent des perfusions de leur sang, de leur vitalité  au détriment de leur honneur et de leur vie
  • Ils témoignent contre nous et  prouvent que nous sommes toujours des insensés, des bavards impénitents, des insouciants, des traîtres qui vont une nouvelle fois subir l’humiliation  et  le châtiment par une nouvelle Fitna (le comportement hors de la droiture et les agissements en contradiction avec le Coran et la Sunna) :

{ وَٱتَّقُواْ فِتْنَةً لاَّ تُصِيبَنَّ ٱلَّذِينَ ظَلَمُواْ مِنكُمْ خَآصَّةً وَٱعْلَمُوۤاْ أَنَّ ٱللَّهَ شَدِيدُ ٱلْعِقَابِ }

{Et craignez une sédition qui n’atteindrait pas particulièrement ceux qui ont été injustes d’entre vous. Sachez qu’Allah punit sévèrement.} Al Anfal 25

Je n’apprendrais à personne que le courage véritable de nos valeureux  gouvernants  et de nos élites « islamistes » s’est honorablement manifesté pour libérer l’Irak, l’Afghanistan, Gaza et la Palestine.  Nous leur souhaitons bonne fête de l’Aïd qui va se dérouler comme toujours, dans l’effusion de sang, l’effritement du monde musulman et l’impunité des sionistes et des colonisateurs.

Les Arabes et à leurs suite les Musulmans ont, à la veille de l’Aid, décrété, sur ordre du grand satan, un embargo sur la Syrie privant ses enfants, ses femmes et ses vieux de nourritures, de médicaments et de soutien, mais nous espérons d’Allah ce que n’espèrent pas les  faux étalons :

{certes, les manœuvres de Satan sont fragiles.} An Nissa 76

Ahmadinejad à la Mecque : « Nous sommes tombés dans le piège de nos ennemis »

Au cours d’une allocution, à la Conférence de l’OCI, à la Mecque, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a brossé un tableau pessimiste sur la situation régionale, allant jusqu’à vilipender certains rois arabes qui jouent le jeu des ennemis en Syrie alors que leur peuple les refuse! « J’ai un amer constat à faire : malheureusement, nous, les Musulmans, nous sommes tombés dans le piège que nos ennemis nous ont tendus! Nous entrons de plein pied dans une guerre totale, dévastatrice et vaine, une guerre à caractère fratricide, ethnique et tribale, qui pourrait durer des dizaines d’années. Malheureusement, certains pays jouent le jeu des ennemis a déclaré le président iranien » ! …

Et de poursuivre: « Ceux qui étaient arrivés au pouvoir, pour changer la politique hégémonique des Etats Unis envers notre région, ont tourné leur veste et ils veulent changer notre région, ils nous menacent de guerre…je vous renvoie à l’Afghanistan, à l’Irak, la Libye, la Syrie, à Bahrein, au Yémen ….dans ces pays qui tire sur qui ? « ….

« Si nous acceptons que la justice et l’égalité sont le droit de tout un chacun, alors, nous allons accepter que nous sommes tous dans le même bateau, nos destins sont liés. Nous devons nous serrer les coudes, nous entre-aider, pour faire face à l’ennemi commun; nous devons faire front commun face à nos ennemis », a encore affirmé Ahmadinejad.

« L’OTAN rêve de s’emparer de notre région et nous, au lieu d’affronter ce danger, sur la foi de faux arguments, inventés ou imaginaires, ethniques ou tribaux nous sommes devenus ennemis, sans savoir que ces hostilités gratuites offrent la meilleure occasion à nos vrais ennemis, pour nous envahir a regretté le président iranien. »

Contre la grammaire des civilisations la dislocation ethnique

Contre la grammaire des civilisations c’est à dire l’harmonie des accords et la concorde des continuités des mentalités collectives, des histoires communes, des espaces partagées et des économies socialisées le nouvel ordre mondial mène une guerre impériale comme celle de Rome, de Cesars et des Pro Consuls romain contre les colonie : diviser pour mieux régner. Contre l’harmonie et la paix l’Empire propose la regression féconde par la dislocation des territoires sur des critères ethniques, linguistiques ou purement utilitariste dans le cadre de la vision géopolitique du 8 ème commandement des Dix Commandements américains.
Après la partition de l’Irak entre kurdes, sunnites et chiites, après celle de la Libye où ont voit déja la coalition disparate tunisienne s’empresser d’aller vers une fusion pour inscrire la partition de la Libye dans l’imaginaire des Arabes et de leurs appétits revisités par la post-modernité (pas de centre, pas de totalité mais des isolats et des ilotismes qui se reconfigure au gré des situations) c’est bientôt le tour de la Syrie et de l’Algérie comme le montre la carte 1 et la carte 2. Le projet du Grand Moyen-Orient est presque ficelé : voir carte 3
Le projet brittanique, qui a partitionné l’Inde pour donner le Pakistan et partionner celui-ci pour donner le Bengladesh et couper les populations qui ont des milliers d’années de vie commun et un potentiel de résistance spirituel contre le matérialisme, est héritée par la force brutale américaine qui a le projet de le réaliser dans le monde entier comme sur cette carte au Nigéria déchiré par une guerre civile fomentée par le Vatican pour des raisons d’évangélisation et par la CIA pour le contrôle des ressources du sous-sol : voir carte 4
Le Soudan après le Darfour va entrer dans de nouvelles partitions voir carte 5. Le cas du Soudan est le plus lamentable quand on sait que 600 millions de dollars auraient permis d’exploiter les ressources hydrauliques pour mettre fin à la crise « religieuse » et « ethnique » entre les différentes tribus. Grande responsabilité historique de Omar Al Bachir et des Arabes.
Pendant ce temps les Africains, y compris l’Algérie, n’imaginent aucun scénario de résistance sinon de se mettre tous, comme inspirés par le même Satan, à revoir le découpage administratif de leur territoire. Notre brillant Belkhadem lance encore ses fanfaronnades :  » le FLN dispose de suffisament de cadres pour 15 pays ». Oui si l’Algérie est partitionné en 15 pays sans le pétrole.
L’Europe sera regionalisee dans le cadre de la gestion décentralisée des territoires : L’Europe des Etats-Nations sera remplacée par le vieux projet germanique auquel adhère les Américains : l’Europe des Régions. Ceci se fera sur le dos des musulmans qui subiront les diversions et les exacerbations en leur qualité de minorité en Europe. Ceci se fera sur le dos des Musulmans qui seront la périphérie qui apporte dans sa forme disloquée à la fois les ressources, le tout sécuritaire pour bloquer l’emmigration et la garantie d’être toujours des minorités sans influence sur les Régions européennes ni sur la nouvelle géopolitique du monde au main des oligarques. Le malthusianisme économique et géopolitique à la mode Brezinski.
Pour l’instant les peuples poussés au consumérisme et les élites serviles dorment alors que leurs maitres travaillent à leur ambition illégitime, cynique et injuste.
Omar Mazri

l’Antéchrist Abou’âmama, l’Amérique et les mondes musulmans

A l’université du Caire devant quelque 3.000 invités, le président s’appuyant sur des citations du Coran dit :

« Ce cycle de méfiance et de discorde doit s’achever »

« Je suis venu chercher, ici au Caire, un nouveau départ entre les Etats-Unis et les musulmans à travers le monde, un nouveau départ fondé sur l’intérêt mutuel et le respect mutuel. Un départ fondé sur cette vérité que l’Amérique et l’islam partagent des principes communs de progrès, de tolérance et de dignité humaine ».

Avec brio d’un rhéteur il a dit au monde musulman frappé d’Obamamania :  » aidez-moi à vous aider à rester sous ma domination. »

Intelligence, naïveté ou niaiserie ?

 

C’est au moment où l’Empire US subit le retour de manivelle de sa politique impérialiste contre le monde musulman par des défaites militaires et politiques et une crise économique et financière sans précédent et qu’il prend conscience de sa vulnérabilité et de son image hideuse dans l’imaginaire du musulman que le Caire lui offre une tribune pour parler au cœur des musulmans.

Obama, à la tête de l’empire capitaliste, ouvre son discours par « Assalaamu alaykum » (Paix sur vous) et le monde ouvre ses oreilles et son cœur pour plonger dans l’extase oubliant l’horreur colonialiste US américaine. L’extase du monde musulman va atteindre le niveau planifié par les spécialistes de l’audimat lorsqu’Obama égrène les versets coraniques comme s’il était le Grand Mufti de Jérusalem faisant le sermon du premier vendredi de la libération d’Al Aqsa par Salah Eddine.

Pour Hassan Haykal, le célèbre journaliste égyptien et ancien ministre de la culture du président Nasser le discours d’Obama avec ses citations coraniques est l’œuvre des orientalistes de l’establishment dont Henry Kissinger qui savent flatter la fibre émotive des musulmans. Ce procédé témoigne soit de la naïveté de l’administration américaine vis-à-vis du monde musulman considéré comme facilement manipulable ou de la naïveté réelle des peuples musulmans qui n’ont aucune grille de lecture du discours et d’aucun critère de comparaison entre le discours lénifiant américain et sa pratique violente contre le monde musulman. Le temps va montrer le degré de naïveté des uns et des autres. Pour le moment le constat est aussi simple que le cerveau d’un benêt : la production hollywoodienne produit au public musulman les paroles qu’ils veulent entendre et comme tous les spectateurs devant la machine à produire du rêve et de la magie les musulmans applaudissent à la fiction visionnée comme s’ils avaient devant eux le film  » Moise et les dix commandements » ou  » A l’aube de l’Islam ».

Ironie de l’histoire : ce sont les néo conservateurs judéo-chrétiens sionisant qui attendaient le retour du Messie et finalement le ciel l’a envoyé à ceux dont leur religion leur dit pourtant que le temps des Messies est révolue, maintenant c’est le temps des résolus :

{Aujourd’hui, J’ai amené votre religion à son point de perfection , Je vous ai accordé Ma grâce tout entière et J’ai agréé l’ISLAM pour vous comme religion !} Al-Maidah 3

Pour que les musulmans reprennent conscience que Dieu a parachevé la religion pour leur bienfait il faudrait qu’ils se réconcilient avec leur foi et leur intelligence en se libérant d’abord des illusions et de la confusion. Pour que les musulmans sortent de la confusion il faut qu’ils lisent ou relisent le Coran qui leur dit que leur Qibla n’est pas l’Amérique et que leur crainte doit être placée à bon escient :

{De quelque lieu que tu viennes, oriente-toi vers la Mosquée sacrée ! Où que vous vous trouviez, tournez vos visages dans la même direction, afin de ne pas donner prise aux critiques des hommes, excepté celles qui émanent des injustes parmi eux. Ceux-là, vous n’avez pas à les craindre. C’est Moi que vous devez redouter, afin que Je parachève Ma grâce en votre faveur et que vous soyez guidés dans la Voie du salut.} Al-Baqara 150.

Le show médiatique américain manie et manipule le symbole jouant de la méconnaissance des uns et de la connaissance ignorante des autres et renverse l’ordre moral et spirituel en s’appropriant la vérité coranique pour l’utiliser comme arme de diversion contre des peuples qui ont pris leur propre religion comme amusement et passe-temps pour oisifs. Ce n’est plus Ben Laden qui invite l’Amérique à se convertir, sous la contrainte terroriste, mais Obama qui invite les musulmans à être de bons et fidèles musulmans, sous la persuasion de son sourire messianique. Il s’approprie donc l’initiative à laquelle nous invite le Coran :

{Qui donc tiendrait un meilleur discours que celui qui appelle les hommes à Dieu, fait œuvre pie et proclame tout haut son appartenance à l’islam? La bonne action et la mauvaise action ne sont pas pareilles. Rends le bien pour le mal, et tu verras ton ennemi se muer en fervent allié ! Mais une telle grandeur d’âme est seulement le privilège de ceux qui savent faire preuve de patience et de ceux qui sont touchés par une grâce peu commune.} Fussilat 33

Frappé par la grâce divine Hussein Abou Amama nous sermonne en nous retournant notre prosélytisme :

{Ô vous qui croyez! Craignez Allah et soyez avec les véridiques.} at thawba 119

Les musulmans applaudissent et s’extasient en lançant dans le ciel des « Sobhane Allah ». Oui gloire à Dieu qui fait parler les pierres, les morts, les momies des Pharaons et les mécréants les faisant témoigner contre les musulmans insouciants et pervers. Ce verset 119 de la sourate at Thawba est contextuellement la confirmation de l’agrément de Dieu de la contrition et du repentir des trois compagnons du Prophète rongés par le remords et leur mise en quarantaine d’avoir déserté le champ de bataille par insouciance et non par lâcheté :

{Allah a accueilli le repentir du Prophète, celui des Emigrés et des Auxiliaires qui l’ont suivi à un moment difficile, après que les cœurs d’un groupe d’entre eux étaient sur le point de dévier. Puis Il accueillit leur repentir car Il est Compatissant et Miséricordieux à leur égard. Et [Il accueillit le repentir] des trois qui étaient restés à l’arrière si bien que, toute vaste qu’elle fût, la terre leur paraissait exiguë ; ils se sentaient à l’étroit, dans leur propre personne et ils pensaient qu’il n’y avait d’autre refuge d’Allah qu’auprès de Lui. Puis Il agréa leur repentir pour qu’ils reviennent [à Lui], car Allah est L’accueillant au repentir, le Miséricordieux.} at thawba.

Sobhane Allah qui donne voix à toute chose pour exprimer la vérité de la façon la plus inattendue et la plus percutante. Qui est dans le contexte de la conjoncture mondiale celui qui a le plus besoin de venir à la repentance : le colonisateur ou le colonisé, le croyant ou le négateur de la foi. Nous sommes en présence d’un show surréaliste.

Pour rester dans le contexte du verset lu par Obama et du rapport conflictuel entre l’Amérique matérialiste et impérialiste et le monde musulman victime de l’hégémonie arrogante de l’Amérique voici la suite des versets qu’Obama ne connaissait pas mais que les musulmans sont censés connaître et mettre en application :

{Il n’appartient pas aux habitants de Médine, ni aux Bédouins qui sont autour d’eux, de traîner loin derrière le Messager d’Allah, ni de préférer leur propre vie à la sienne. Car ils n’éprouveront ni soif, ni fatigue, ni faim dans le sentier d’Allah, ils ne fouleront aucune terre en provoquant la colère des infidèles, et n’obtiendront aucun avantage sur un ennemi, sans qu’il ne leur soit écrit pour cela une bonne action. En vérité Allah ne laisse pas perdre la récompense des bienfaiteurs. Ils ne supporteront aucune dépense, minime ou importante, ne traverseront aucune vallée, sans que (cela) ne soit inscrit à leur actif, en sorte qu’Allah les récompense pour le meilleur de ce qu’ils faisaient. Les croyants n’ont pas à quitter tous leurs foyers. Pourquoi de chaque clan quelques hommes ne viendraient-il pas s’instruire dans la religion, pour pouvoir à leur retour, avertir leur peuple afin qu’ils soient sur leur garde. Ô vous qui croyez ! Combattez ceux des mécréants qui sont près de vous; et qu’ils trouvent de la dureté en vous. Et sachez qu’Allah est avec les pieux.} at thawba 120

Nous sommes dans une contradiction ubuesque sur le plan sémantique et sur le plan dialectique qui témoigne d’une confusion totale qui règne dans le monde et qui annonce sans doute de grands bouleversements car on ne peut atteindre un tel niveau de paroxysme kafkaïen sans dépression entropique. La seule façon de comprendre cette double aliénation du colonisé envers le colonisateur et vice-versa est de consulter le Coran pour découvrir l’allégorie que le destin nous raconte à l’université islamique du Caire ce jour 4 juin de l’an neuf du troisième millénaire :

{Ô hommes ! Voici une parabole qui vous est proposée. Écoutez-la ! Ceux que vous invoquez en dehors de Dieu ne sauraient même pas créer une mouche, dussent-ils s’y mettre ensemble. Et si une mouche leur enlevait quelque chose, ils seraient incapables de le lui reprendre. Solliciteur et sollicité sont aussi faibles l’un que l’autre.} Al-Hajj 73.

Cette liaison incestueuse entre l’Amérique et le monde musulman est une affaire consommée depuis longtemps et elle ne peut qu’accoucher de cette relation indissociable de la mouche qui met son estomac sur sa proie pour s’identifier tous les deux en une seule et même chose, un seul et même processus : une digestion hors de soi et irréversible.

Le second verset cité par Obama dit : {quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes.} al maida 32

Il doit être situé dans son environnement textuel qui ressemble, gloire à Dieu, au contexte géopolitique du sionisme et de l’impérialisme dans leur rapport au monde arabe et musulman :

{Nous avons prescrit pour les Enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu’en dépit de cela, beaucoup d’entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre. La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment, excepté ceux qui se sont repentis avant de tomber en votre pouvoir: sachez qu’alors, Allah est Pardonneur et Miséricordieux. Ô les croyants! Craignez Allah, cherchez le moyen de vous rapprocher de Lui et luttez pour Sa cause. Afin que vous soyez de ceux qui réussissent!} al maida 32

Y-a-t-il une erreur sur le public ou au contraire la confirmation de l’idée sioniste qui veut que les arabes ne lisent, et s’ils lisent ils ne comprennent pas, et s’ils comprennent ils oublient vite. Les sionistes, mémoire vigilante et expert en diversion et manipulation, utilisent le discours d’Obama, qu’ils ont sans doute écrit de leurs mains, se mettent à jouer l’ingénue effarouchée voyant en Obama un « islamiste » qui met en danger la sécurité d’Israel et comment ne le serait-il pas vu les origines de son père et les termes de son discours.

En tous les cas il aura suffi de deux jours, sans discours, pour que l’AIPAC obtienne de la Chambre des représentants et du Congrès réunis la remise urgente d’une « motion » entre les mains de M. Barack Obama pour qu’il propose des négociations directes entre Israël et la Palestine, afin d’exclure Washington de la négociation et de garantir l’enlisement du dossier selon une méthode éprouvée. La parabole de la mouche est à lire dans son véritable contexte et entre les véritables partenaires : l’establishment et le lobby sioniste. Les arabes et les musulmans qui entrent dans le jeu savent qu’ils ne sont que des comparses dans le scénario de domination du monde. L’Amérique depuis son entrée sur la scène de l’humanité incarne cette funeste devise  » malheur à ceux à qui nous leur apportons secours car nous serons leur épreuve et leur tentateur ».

Les musulmans ont du mal à comprendre que dans la culture du peuple élu, l’Amérique est la divinité qui choisit ses serviteurs et une fois choisis ceux-là n’ont pas d’autres volontés que celles de leur idole : aimer ce qu’elle aime, haïr ce qu’elle hait, servir sans attendre de récompense car la récompense est dans le statut d’élu. L’Amérique, sous son masque démocratique, est une dictature à l’échelle mondiale qui dépasse celle de Pharaon qui consent à accorder des privilèges réels à ses alliés et ses soumis :

{Réunis chez Pharaon, les magiciens lui dirent : «Nous aurons certainement une récompense si nous sommes les vainqueurs !» – «Bien sûr, dit Pharaon, mieux encore, vous siégerez parmi les membres de ma cour.»} al aâraf 113

Les arabes et les musulmans convoqués chez eux n’ont pas droit à siéger comme des partenaires mais à écouter comme des bestiaux les ordres qui les emmènent à l’abattoir et qui leur chuchotent quelques mots dans leur langue comme on fait avec un mouton en le poussant par la queue car ils ont oublié leur vocation de musulmans soumis à Dieu pour être des vassaux soumis à l’Amérique :

{Nous avons destiné à l’Enfer un grand nombre de djinns et d’hommes qui ont des cœurs pour ne pas comprendre, des yeux pour ne pas voir et des oreilles pour ne pas entendre. Comparés à des bestiaux, ils sont plus égarés encore. Tels sont ceux qui vivent dans l’insouciance} Al-A’raf 179.

Le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Meshaal, ne s’est pas laissé séduire par l’obamia prosélytiste et l’orchestration sioniste. Nourrie dans la résistance par la culture coranique il ne peut voir que de la provocation et c’est pourquoi il va superbement donné à ce discours l’écho qu’il mérite: « Le discours a été intelligemment conçu dans sa façon de s’adresser au monde musulman… et de montrer du respect pour le patrimoine musulman » – « Mais je pense que cela ne suffit pas. Ce dont nous avons besoin, c’est d’actes, d’actions sur le terrain, et d’un changement de politique. »

Hassan Haykek, citant New-York Times, affirme dans une interview publiée par As Sharq (journal égyptien) que près de 40 experts du monde musulmans ont participé à la rédaction, à la révision et à la validation de la mouture finale du projet de discours d’Obama destiné au monde musulman à partir du Caire. Contre l’histoire et la réalité du monde ces experts semblent oublier que par les accords de paix de Camp David l’Amérique a réduit à néant le rôle de l’Egypte dans le monde arabe. Ils semblent ignorer qu’en dehors des touristes étrangers, les musulmans plongés dans la misère et les guerres ne voient dans les pyramides d’Egypte ni une merveille du monde ni un souvenir remarquable autre que la perdition de Pharaon le despotique, perdition qui attend tout tyran inique :

{Et Nous donnâmes en héritage au peuple, naguère opprimé, les contrées orientales et occidentales que Nous avions bénies. Et c’est ainsi que se trouva réalisée la belle promesse de ton Seigneur aux fils d’Israël, en récompense de leur constance. Nous détruisîmes tous les ouvrages que Pharaon et son peuple avaient édifiés ou érigés.} Al-A’raf 137.

Les musulmans, conscients de leur oppression, attendent la destruction de l’empire américain qui est annoncée dans l’histoire de Pharaon comme un fait cyclique et ineluctable. Non seulement ils attendent mais ils lèvent les mains au ciel et invoquent Dieu de mettre fin à la tyrannie qui gouverne le monde :

{Et Moïse d’implorer : «Seigneur ! Tu as gratifié Pharaon et ses notables de faste et de grandes richesses en ce monde, qu’ils emploient, Seigneur, pour s’écarter davantage de Ta Voie. Seigneur ! Anéantis leurs richesses et endurcis leurs cœurs, afin qu’ils ne croient qu’au moment où ils seront en face du terrible châtiment.»} Yunus 88.

Tous les musulmans, objectivement et subjectivement, ressentent et connaissent la vérité que personne ne peut plus cacher, ni discours, ni promesse, ni CIA, ni démocratie : {Pharaon et son armée se montrèrent, sans raison, pleins d’arrogance sur terre, pensant qu’ils ne seraient jamais ramenés vers Nous un jour !} Al-Qasas 28.39.

Nos Moujtahidines comme les savants d’al Azhar et les élites des palais nous invitent non seulement à prendre le président américain aux mots comme s’ils avaient eux aussi été frappés par la même grâce qui a frappé Barak le béni : « un discours particulièrement fort qui ne fut pas seulement un « discours » –  » il exprime une vision à la fois positive et exigeante » – « Il est impératif que les musulmans prennent Obama aux mots et, au lieu d’adopter une attitude passive ou victimaire, de contribuer à un monde meilleur en étant autocritiques et critiques, humbles et ambitieux, cohérents et ouverts. » –  » Quelque chose a effectivement changé ».

Quel est le changement prometteur annoncé ? Changement de style casuistique ! Il n’y a plus de frontières entre « eux » et « nous » nous sommes enfin dans l’ère des confusions de genre, d’intérêts, d’époques, de rêves. Nous aurions donc les mêmes préoccupations, les mêmes défis et les mêmes ennemis que l’administration américaine. Nos philosophes et nos prêtres n’ont toujours pas compris que le plus grand danger qui nous guette est justement cette propension américaine à l’indifférenciation. Ceux qui s’autorisent à dire, au nom de l’islam que l’homosexualité n’est pas un péché capital peuvent déraper et admettre l’indifférenciation sexuelle. Même ce dérapage ne peut sur le plan sociologique, culturel, psychologique et philosophique faire admettre la confusion des identités. Dans l’analyse des pathologies infantiles l’indifférenciation est considéré comme un symptôme montrant l’absence de critérium pour faire la distinction entre les identités et les concepts.

Et pourtant l’indifférenciation est l’essence de l’utopie égalitariste qui a produit en Algérie l’école française des indigènes et c’est cette même essence qui produit la « fin de l’histoire » ou le « clash des civilisations ». C’est cette indifférenciation qui crée le racisme, l’ethnocentrisme, l’intégrisme et le sionisme qui ne reconnait aucun droit aux arabes sur leur terre. Il est difficile d’accepter cette dérive de la part d’homme se réclamant du monothéisme qui lui même consacre la volonté divine au pluralisme des mondes et refuse l’hégémonie inique et arbitraire :

{À chacun de vous Nous avons tracé un itinéraire et établi une règle de conduite qui lui est propre. Et si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait de vous une seule et même communauté , mais Il a voulu vous éprouver pour voir l’usage que chaque communauté ferait de ce qu’Il lui a donné. Rivalisez donc d’efforts dans l’accomplissement de bonnes œuvres, car c’est vers Dieu que vous ferez tous retour, et Il vous éclairera alors sur l’origine de vos disputes.} al maida 48

{Et si ton Seigneur l’avait voulu, Il n’aurait fait des hommes qu’une seule communauté. Or, ils ne cessent de se dresser les uns contre les autres, à l’exception de ceux auxquels ton Seigneur a accordé Sa miséricorde. Et c’est bien pour être si différents qu’Il les a créés.} Hud 118

Tout le combat de l’opprimé, de la minorité occultée et des droits bafoués est un combat pour faire reconnaître son droit à la différence et son devoir de briser le silence de l’indifférence. Nos intellectomanes sont davantage intéressés pour vendre un islam consensuel, moderniste, aseptisé du Jihad prêt au compromis et à la collaboration si cela doit donner de la notabilité, du prestige et un rang social ou intellectuel reconnu par ceux qui terrorisent les petits bougnouls et bamboulas. Le Coran a institué le Jihad pour faire régner la justice mais aussi pour faire accepter le principe du pluralisme qui repose sur le droit à la différence et la négation du système impérial romain ou américain :

{Si Dieu ne repoussait pas certains peuples par d’autres, des ermitages auraient été démolis, ainsi que des synagogues, des oratoires et des mosquées où le Nom de Dieu est souvent invoqué. Dieu assistera assurément ceux qui aident au triomphe de Sa Cause, car la force et la puissance de Dieu n’ont point de limite. } al hadj 40

Ces “changements” ne visent-ils pas à reconquérir le regard admiratif du musulman destiné à être un spectateur débile dans une pièce noire où il applaudit devant l’intrépide courage du cow boy pourchassant le méchant barbare à dos de cheval sur les territoires des Appaches ou à dos d’Appache à Fellouja city ou à Helmand West. A moins qu’on se comporte en vieux ivrognes : on efface l’ardoise et on recommence à trinquer. Cette fois ci ce sera une coalition arabo américano sioniste contre Zarathoustra l’islamique au nom de  » toutes les parties doivent prendre leur responsabilité afin de faire cesser la violence et de promouvoir la justice et la paix.”

Donc au lieu d’aller chercher l’incohérence interne dans le discours de M. Barack Obama et y trouver toutes les carences de nature dialectique sur le traitement de la question palestinienne face à l’occupation sioniste des terres arabes on se retrouve comme toujours hors jeu et hors champ. Il ne s’agit plus de mettre fin à l’injustice et à l’oppression des musulmans mais de débattre de la rhétorique obamienne, du changement de paradigme, de faire confiance, d’attendre et de voir comme si des siècles d’attentisme et de cécité ne sont pas suffisant pour chercher d’autres occasions d’aveuglement.

Lisant l’interview de Haykal égyptien partisan du nationalisme arabe et celle de Azmi Bishara israélien arabe de tendance marxiste et de tant d’autres figures arabes et musulmanes impliquées dans la culture de la résistance anti impérialiste , on est amené à des conclusions sur lesquelles aucune confusion n’est possible sauf celle dans la tête mal pensantes des élites arabes et musulmanes du sérail politique et culturel :

– Obama s’est exercé à une démonstration de son style de markéting de relations publiques qui ne vend rien sauf parler de changement sans annoncer ce qui va changer, quand, comment et pourquoi et avec quels moyens et quels partenaires. C’est cette mission qui lui a été confié à la Maison Blanche ni plus ni moins. Son épouse, plus engagée que lui à gauche, est déjà récupéré par le système de fabrication des stars et des top model figurant sur les magazines pour frustré(e)s.

– Obama a consacré une partie sur sept de son discours à l’apologie de la civilisation musulmane et les six autres à l’apologie de l’Amérique. La partie islamique est le contenant, la partie américaine est le contenu ethnocentriste. Nous sommes, dans le cadre de la discrimination positive, en face de l’expression du surMoi du blanc qui voit le reste du monde comme esclave qui n’a pas d’existence propre à l’exception de sa case exotique dans l’arrière cour de la maison du maître style coloniale.

– Obama récitant les versets coraniques doit nous rendre encore plus exigeant envers le discours islamiste dans les compétitions sociales et politiques en terres musulmanes : Oui aux versets coraniques et aux hadiths si et seulement si il y a traduction effective en comportements, en programmes et en actions. La meilleure protection contre la falsification, l’amalgame et la manipulation est le retour au Coran qui a décrit toutes les situations psycho sociales et poltico affectives qui peuvent influencer le jugement du musulman dans sa confrontation à la rhétorique et à la sublimation médiatique ou idéologique :

{Il y a parmi les gens celui dont la parole sur la vie présente te plaît, et qui prend Allah à témoin de ce qu’il a dans le cœur, tandis que c’est le plus acharné disputeur. Dès qu’il tourne le dos, il parcourt la terre pour y semer le désordre et saccager culture et bétail. Et Allah n’aime pas le désordre. Et quand on lui dit: ‹Redoute Allah›, l’orgueil criminel s’empare de lui, l’Enfer lui suffira, et quel mauvais lit, certes! […] On a enjolivé la vie présente à ceux qui ne croient pas, et ils se moquent de ceux qui croient. } al baqara 204 – 212

– Les médias arabes sont devenus plus pervers contre leurs peuples que ne la été la colonisation. Pendant plus d’une semaine ils ont crée l’événement, le suspense comme si Obama allait apporter la solution miracle à leurs misérables conditions et tout ce matraquage médiatique s’est fait au nom du nationalisme. Bertolucci avait raison de dire que le nationalisme est le dernier refuge des canailles.

– Si Obama devait parler de changement à venir dans le monde, jamais l’usage et la bienséance ne lui aurait permis de le faire dans un autre lieu que le Congrès américain. Celui qui s’est permis d’extrapoler ou de spéculer sur les changements à partir du discours d’Obama au Caire est un sot infatué qui ignore l’ABC du fonctionnement des institutions américaines et de l’exercice du pouvoir.

– Le discours d’Obama est d’un mépris total pour le pouvoir égyptien dont aucune figure n’a été évoqué ou gratifié d’un compliment diplomatique en qualité d’hôte et de tribune pour la voix d’Obama qui a été traduite en 13 langues et rediffusés en direct à destinations des télévisions, radios et internet planétaire. Situation ubuesque…

– Le peuple français et ses élites auraient trouvé insultant qu’un dirigeant étranger vienne sur leur sol demander qu’ils soient réunis comme un troupeau de saint Bernard pour leur parler de ses convictions et non des leurs, pour leur parler de l’Afghanistan qu’il faut aider à gagner contre les américains alors que les soldats français y sont embourbés. Les arabes qui applaudissent et tombent sous la séduction du charme appartiennent davantage à la race des cocus qu’à celle des hommes libres.

– Obama n’a consacré que 20 mn de son temps pour un entretien avec le président égyptien Hosni Moubarak qui lui a pourtant offert son pays comme tribune et oratoire. Ce temps court témoigne de l’intérêt que porte Obama pour les problèmes complexes du Moyen-Orient et de la représentation qu’il a de l’importance du rôle du président égyptien dans le processus de paix et dans le monde arabe. Situation affligeante…

– Obama a touché la fibre sentimentales des arabes toujours enclins à lire le monde comme une mythologie mais n’a fait aucune concession au détriment d’Israël qu’il continue de soutenir comme allié indéfectible en s’adressant à l’audience arabe et musulmane envoutée par le salam aleykoum d’ouverture qui les a mis KO incapables de discerner le sens des mots dérangeant leur confort de vassal, leur absence de probité morale et leur paresse intellectuelle. Le comble c’est évoquer la Shoa et l’Holocauste à une assistance musulmane qui vient de subir l’opération « plombs durcis ». Le Pape lors de sa dernière visite à Israël n’a pas cautionné, par son silence, le chiffre avancé et que certains contestent de la mort de 6 millions de juifs. Les arabes et les musulmans non concernés, sur le plan de la responsabilité morale et historique, par le contentieux Eglise synagogue ou Europe et Juifs sont invités par Obama à un cours d’histoire sur les juifs faisant oublier leurs malheurs plus nombreux, plus réels et surtout d’actualité. Nos intellectunnels musulmans trouvent que le discours d’Obama est historique. Situation sado masochiste… Malek Bennabi avait eu ce mot pour dépeindre l’intellectomanie musulmane :  » On a vu des indigènes fiers de se faire appeler indigènes malgré que dans l’histoire des hommes on ne trouve pas un énuque qui s’appelle lui même l’énuque »

– La Shoah n’est pas le seul point de convergence entre le Pape et Obama : leurs déclarations ont abordé de nombreux points communs donnant l’impression d’une véritable concertation entre le Vatican et l’Empire. Parmi ces points on remarque la dénonciation du terrorisme, de l’extrémisme et de la violence (islamique), l’émancipation de la femme (arabe), la paix et la sécurité en faveur des peuples de la région (les juifs), la reconnaissance de la souffrance des juifs…

– La communion de vue entre les deux hommes est de dénoncer la résistance par la rhétorique qui consiste à militer pour la démilitarisation du HAMAS qui doit, pour être fréquenrable et civilisé, s’apparenter à un mouvement de non violence. L’Occident tangue entre deux idées majeures sur l’islam : en faire une composante de l’empire judéo chtétien sioniste ou un maraboutisme bouddhiste. Un rite ou un spiritualisme tronqué par l’élimination du Jihad. Méchaal le chef du Hamas a critiqué l’assimilation faite entre la cause palestinienne et la situation des noirs en Amérique, ou en Afrique du Sud : « Nous vivons en Palestine sous l’occupation israélienne, qu’on doit combattre par tous les moyens, dont les armes, alors que les noirs aux États-Unis se battaient pour obtenir leurs droits civils ».

– Les élites arabes et musulmanes en faisant croire qu’Obama est porteur d’un projet de changement et qu’il faut l’écouter comme s’il était le Messie et transformer les banalités de sa rhétorique en « Béatitudes ou Sermon de Jésus sur la montagne » participent consciemment ou inconsciemment à la falsification de l’histoire et des sacrifices des peuples. Le changement de style et l’affirmation de la quête de la réconciliation et du consensus sont les premiers résultats de la résistance mondiale contre l’impérialisme mondial dont tous les complots ont été avortés en Irak, Afghanistan, Liban et Palestine…

– Les élites du néo libéralisme arabo américain ne semblent pas voir les capacités giratoires du projet démocratique initié par les américains pour modifier la géopolitique du Moyen-Orient. Non seulement le projet de condolezza Rice est oublié puisque la théorie de la « regression féconde » ou du « chaos organisateur » a montré ses limites théoriques et pratiques mais Obama parle de démocratie à partir du sol égyptien sachant que dans le monde musulman l’Egypte avec son despotisme politique, sa corruption bureaucratique, son injustice sociale est l’exemple type que les démocrates arabes doivent combattre qu’ils soient libéraux, progressistes ou islamistes. Nos élites ne comprennent toujours pas que l’Amérique n’est pas le modèle démocratique si on lui enlève son cirque électoral et si on voit aussi ses alliances stratégiques avec les dictatures qui servent ses intérêts.

Le point positif à l’actif d’Obama, vérité affichée ou hypocrisie politique, est de dire que la démocratie ne s’importe pas et qu’il appartient à chaque peuple de construire sa liberté et son système de gouvernance en fonction de son histoire et de sa culture. Les libéraux arabes sont dans le mutisme total, eux qui espéraient hériter du pouvoir arabe en faisant l’économie de la vox populi. Ils ont du mal à comprendre que le culte des Etats-Unis après le dollar est leur sécurité intérieure qui s’étend sur toute la planète et ils savent qu’ils n’auront jamais vassaux plus humbles à exécuter leurs basses besognes que les régimes en place. Ces mêmes régimes sont le meilleur garant de la sécurité d’Israël. Ces mêmes régimes sont le meilleur garant de la sécurité de leurs approvisionnements stratégiques et de leurs logistiques militaires dans les bases navales, aériennes et terrestres de l’US Army.

Meshaal du HAMAS n’ayant ni le temps ni l’envie de jouer au même jeu qui perdure depuis 60 ans dit les choses sans faux fuyant : « Plutôt que les mots doux du président Obama sur la démocratisation, nous aurions préféré que les Etats-Unis commencent par respecter les résultats des élections démocratiques que nous avons déjà tenues. Et plutôt que de parler de démocratisation et de droits de l’homme dans le monde arabe, nous aurions préféré qu’il retire le général Dayton qui est en train de monter un Etat policier en Cisjordanie. »

– Le discours du changement est adressé au monde musulman en général et en particulier à cette zone asiatique en pleine effervescence qui risque de devenir une poudrière contre les intérêts américains dans le monde entier. La question qui se pose pourquoi s’adresser aux musulmans à partir du Caire et non de Djakarta ou de Kaboul ou plus simplement de l’ONU? Les musulmans ne gardent du Caire que la dynastie fatimide, Nasser et la chanteuse Oum Keltoum. Le Pakistan avec ses écoles coraniques n’a pas besoin ni du Caire ni d’Al Azhar. La seule explication logique est de confondre totalement le monde arabe dans le monde musulman et ne gérer qu’un seul bloc. Nous assisterions à un show de dissolution du monde arabe comme un show de liquidation de General Motors ou de Chrysler…

L’Egypte est exclue de tout rôle d’ampleur dans le monde arabe, la question palestinienne n’est plus problème arabe mais un problème de l’autorité palestinienne et de l’ENROE pour l’aide aux réfugiés. Le monde arabe doit se dissoudre dans un monde musulman vaste, indéfini, vassalisé à l’Amérique et infecté des luttes tribales et ethniques. Il s’agit de recorriger les cartes administratives, idéologiques et militaires du découpage impérialiste du monde hérité à la fin de la seconde mondiale. L’Amérique est en voie d’affaiblissement mais elle reste militairement, politiquement, financièrement l’hyper puissance et elle deux choix : ou se rétrécir comme l’a fait l’empire britannique qui ne pouvait plus gérer ses colonies ou se dilater pour tout phagocyter tant que l’appétit de puissance est présent comme l’a fait Rome. Il semble que la fuite en avant est le choix fait par les américains. Les arabes sont trop dépendants de l’image qu’ils veulent donner à l’Occident et cette image narcissique fait écran leur interdisant de voir le monde sous sa véritable image ou plus précisément sous les séquences des images avant montage et après montage pour dérouler le scénario caché.

– La subtilité de la mise en scène américaine est de vendre non seulement aux Arabes et aux Musulmans mais même aux Européens le son « dialogue des civilisations » alors que l’image réelle est le choc des civilisations, le son des néo démocrates qui apporte le changement et la paix alors que l’image réelle est celle des néo conservateurs qui apporte la continuité et la guerre. Il nous faudrait la force imaginative de Shakespeare et la puissance de ses mots pour décrire le drame de l’empire américain qui se joue sous nos yeux. Il nous manque le talent mais surtout la conscience. Le propre de l’hypocrisie est le double langage et le double face quand la situation ou l’interlocuteur change. Avec la maîtrise du verbe par Obama et la perte de pudeur des élites arabes nous assistons sur le même lieu et face au même public un discours double. Le Coran nous a mis en garde contre l’hypocrite et l’hypocrisie en donnant à une sourate le nom d’al mounafiqoun (les hypocrites) qui nous dit ceci :

{1. Quand les hypocrites viennent à toi, ils disent: ‹Nous attestons que tu es certes le Messager d’Allah›; Allah sait que tu es vraiment Son messager; et Allah atteste que les hypocrites sont assurément des menteurs.

4. Et quand tu les vois, leurs corps t’émerveillent; et s’ils parlent, tu écoutes leur parole. ils sont comme des bûches appuyées (contre des murs) et ils pensent que chaque cri est dirigé contre eux. L’ennemi c’est eux. Prends y garde. Qu’Allah les extermine! Comme les voilà détournés (du droit chemin).}

– Toutes ces manifestations grandiloquentes américaines n’annoncent rien de bon pour les Arabes conformément aux traditions : la visite de Nixon a chamboulé toute la région arabe et l’Egypte en particulier, celle de Bush le père a vassalisé le monde arabe et entamé la destruction de l’Irak. Celle d’Obama intervient à la veille des élections législatives libanaises et tout show américain est la vitrine d’un scénario bien élaboré et bien exécuté. Il n’y a que les arabes qui ne savent ni lire ni comprendre. Si Einstein aurait été encore vivant, en sa qualité de sioniste il aurait dit :  » une moelle épinière leur aurait suffi »

– Dans cette lecture compréhensive du monde on aurait médité au lieu d’applaudir, on aurait pleuré au lieu d’attendre des changements d’un homme qui n’est là que pour jouer un rôle de bouche trous pour remplir le vide en attendant que l’Amérique se ressource et face de nouveau front contre l’émergence de la Chine, la crise financière et économique qui n’a pas encore vomi tout son lot de misères et de privation, l’échec militaire en Irak et en Afghanistan qui risque de s’achever en débâcle historique, la montée en puissance de l’Iran, la révolte de l’Amérique du sud et enfin la vulnérabilité d’Israël devant les missiles du Hezbollah et l’expérience réussie du HAMAS dans sa confrontation à Israël soutenu par l’OTAN, l’ONU et les Arabes. Situation périlleuse pour l’Amérique et Israël de plus en plus honnis par les peuples du monde entier. Nos intellectuels organiques et négatifs ne peuvent changer l’ordre des choses.

– La mémoire du musulman est défaillante : Le Caire en recevant Obama avec son salamou aleykoum, sa référence à Al Azhar et aux deux versets dont j’ai montré l’inopportunité, l’impertinence et l’incohérence dans la conjoncture mondiale, semble amnésique comme le sont les islamistes modernisant .

La première inconséquence est de citer al Azhar vielle de mille ans dans un discours prononcé dans un site à peine vieux de cent ans. La symbolique est claire : ma préférence va à la modernité et à la laïcité. Il met en exercice sa compétence symbolique à reconnaître pour nier, occulter et à séparer. Dans le langage sémiotique on assiste non pas à un acte de symbolisation ( fédération) mais de diabolisation ( rupture, séparation, dislocation)

La seconde inconséquence est de s’approprier le combat contre l’Iran chiite à partir de l’Egypte sunnite faisant le lien entre la campagne égyptienne et saoudienne contre le Hezbollah et l’Iran et en même temps assumer l’héritage des néo conservateurs qui se sont appuyés sur la Qibla théologique des chiites, an Najef, pour faire tomber livré Bagdad aux mains des Yankees. A partir de la vieille et vénérable institution Al Azhar la Qibla théologique des Sunnites on continue le jeu de domino de Bush faire tomber Téhéran à partir de la Mecque ou d’Al Azhar fondé par la dynastie des Fatimides et réintégré dans la dynastie des Abbassides par Salah Eddine al Ayoubi le kurde.

Obama ne doit pas ignorer l’histoire trouble des musulmans avant et pendant les Croisades. Il ne doit pas ignorer la colonisabilité des arabes et des musulmans qui s’atomisaient au moment où émergeaient les Etats-nations européens porteurs d’un projet fédérateur judéochrétien, gréco romain et impérialo sioniste. Obama connaissait l’esprit de grandeur et de conquête de Napoléon comme il connaissait la naiveté voire l’infantilisme politique des institutions musulmanes traditionnelles.

Napoléon conquérant l’Egypte au nom de l’empire français et de la chrétienté a accepté de blasphémer en niant le dogme chrétien de la Trinité par l’affirmation de l’attestation monothéiste islamique :  » Bismillah ar Rahmani ar Rahim, la illaha illa Allah (Au nom de Dieu le Tout Miséricordieux et le Très Clément, Il n’ y a point de divinité sauf Allah ». Il leur a fait gober qu’il était musulman et que les français étaient des croyants qui partageaient la même foi et les mêmes valeurs que les musulmans égyptiens. Bien avant le sionisme c’est ce même Napoléon qui était partisan d’un état juif en Palestine. Et pourtant voila plus de mille ans qu’al Azhar, plus ancienne université du monde, donne des cours et des commentaires de commentateurs sur les hypocrites dépeints par le Coran. Harvard fondée sur le mérite et l’efficience même si elle est plus récente elle s’avère plus efficace et plus redoutable que al Azhar.

– L’émission religieuse spécialisée qui auraient pu apporter des éclairages sur la déliquescence des instituions islamiques y compris religieuse dans ce moment précis de la tournée d’Obama en Arabie Saoudite et en Egypte a choisi pour son émission du dimanche « la Chariâa et la vie » de nous projeter dans le monde du cinéma ou plus précisément dans le débat interminable sur la licité et l’illicéité du cinéma.

Nous vivons une période tragico comique. La tragédie grecque avait sa règle d’unité et sa logique de récit : le destin implacable va s’abattre sur le héros et le public vibre à l’émotion que l’acteur va transmettre pour traduire le combat vain mais courageux de l’homme qui connait la fin de l’histoire. Tous, écrivain, scénaristes, acteurs, public jouant le rôle de chœur connaissent la fin de l’histoire rejouée chaque jour pour le plaisir de bien jouer. Nous sommes mis dans l’incapacité de jouer notre malheur, notre drame car nous en ignorant le récit. Nous ne percevons que quelques formes dévoilées par l’éclair de grâce qui nous frappe comme un électrochoc le ferait sur le corps d’un gisant inerte et froid.

A moins qu’une fois de plus on est contraint de chercher des explications métaphysiques à tout ce cinéma et y voir l’œuvre de la providence qui inspire aux uns des versets qui les mettent à nu et à d’autres des thèmes dont la subtilité métaphorique dépasse notre compétence à manier du symbole et des images. Dieu est plus savant !

– Ce même musulman devenu cynique nihiliste et inconséquent avec son identité, sa religion, son histoire, va devenir une fois de plus le bras armé de l’Amérique contre un autre musulman. Le musulman doit admettre une réalité qu’Israël affiche sans masque : l’existence d’un islamo sionisme allié des néo conservateurs. Ce musulman est tout indiqué : l’iranien en passant d’abord par l’irakien, l’Afghan, le chiite du Liban et les frères musulmans de Palestine.

– Ce même musulman au nom du libéralisme, de la démocratie, du progressisme, de l’islam modéré, du berbérisme, du pharaonisme et autres particularismes va faire de la surenchère dans le projet d’éradiquer toute résistance au néo colonialisme.

– La stratégie de containement est une constante dans la géopolitique américaine. Ici il s’agit de titiller l’ego narcissique et morbide des arabes et des musulmans décadents pour les laisser se démolir entre eux dans un débat byzantin sur Obama le nouveau Messie ou le nouveau Mehdi. Occupé dans un projet de diversion les arabes et musulmans ne sont même pas conscients de leur bassesse : leur importer un président américain pour leur parler de leurs droits, de leurs rêves et de leur stupidité qui dépasse les bornes. Cette diversion permet à l’Amérique de se focaliser avec ses vassaux arabes et musulmans pour détruire d’autres pays musulmans : Afghanistan, Pakistan et Iran.

La loi sociologique qui gouverne le monde des hommes, dans les rapports de domination est une fois de plus mise en exergue par ceux là même qui la subissent depuis des siècles et dont leur Livre saint leur expose la moelle substance : {Quand les tyrans s’emparent d’une cité, ils y sèment la corruption et avilissent son élite}

Les humiliés vont fatalement, un jour, prendre conscience de leur humiliation, comprendre les mécanismes de l’humiliation, identifier les agents de l’humiliation et s’engager résolument dans leur libération de l’humiliation. C’est la loi de la dialectique. L’histoire ne se déroule pas selon nos souhaits mais selon des conditions objectives qui finissent par se dévoiler et s’accélérer. Le Prophète de l’islam a bien transmis le principe d’aiguiser les contradictions  » o crise soit plus douloureuse encore, tu vas te dissiper ». Le problème n’est pas dans l’Amérique colonisatrice mais dans l’esprit des arabes colonisables.

En terre d’Egypte antique il aurait est impossible d’imaginer un roi hittite, grec ou libyen s’exprimer du haut d’une pyramide au peuple de Pharaon, à ses notables, à son armée, à ses prêtres, à ses magiciens ou à ses esclaves. Avant d’être musulman ou citoyen républicain et laïc il faut d’abord posséder la dignité d’homme et le sens de la grandeur

Quand le sens de la grandeur ou le sens du vrai ou le sens du beau est défaillent il ne peut y avoir signification politique, culturelle, sociale et religieuse à la mesure de la médiocrité, du mensonge ou de la laideur. L’homme qui donne sens et qui mesure est absent, en marge de l’histoire, un tas de détritus charrié par les rigoles du Wahn (la faiblesse de celui qui convoite la vie sans projet de dignité au nom de qui vivre et mourir comme l’explique un long hadith).

– Dans tout discours il y a la lecture de ce qui est attendu mais non dit ou bien aussi de ce qui est dit sans mots mais laissé à la découverte de ceux qui au dela des mots cherchent les symboles. La date du discours est symbolique : c’est à la fois le 42 ème anniversaire de la 3eme guerre israélo-arabe de juin 1967, c’est aussi le D-day 65 ème anniversaire du débarquement américain en Normandie où l’Occident matérialiste fête sa réconciliation internationale en dépit des petits clivages idéologiques. C’est réitérer la défaite arabe dans l’esprit de la capitulaion allemande et c’est aussi rappeler l’hégémonie de la communauté internationale, soudée après la fin de la guerre froide, qui exige la réconciliation des Arabes entre eux pour faire la paix avec Israël. Le 5 juin 1981 c’est aussi la destruction de la centrale nucléaire irakienne de Tammouz par l’aviation israélienne et l’annonce du démantèlement de l’Irak. Le temps médiatique et le rythme lyrique d’un discours ne peuvent occulter le temps historique et le rythme qui s’accélère et s’élargit de la résistance musulmane contre le sionisme et l’impérialisme.

Au moment où les Arabes acclament leur défaite en applaudissant au sermon d’Obama le Hezbollah affirme qu’il est prêt à une nouvelle confrontation avec Israël, la Résistance irakienne confie au Cheikh Ad Dhari, le président des Oulamas irakiens sunnites, la mission de la représenter politiquement et diplomatiquement et le HAMAS se prépare à riposter à une nouvelle attaque. Les temps ont changé pour les USA et Israël ils commencent à faire face à une véritable résistance symbolique et militaire qui prouve de plus en plus sa capacité à mettre en échec les plans impérilo sionistes.

Obama parle du rôle des israéliens et des palestiniens dans la recherche négociée d’une solution mais il ne dit pas quel est le rôle que vont jouer les Etats-Unis dans ce processus de paix ni comment il envisage de faire lever les 14 réserves d’Israël qui rendent caduque la feuille de route américaine et redonne crédit à l’Autorité palestienne et à l’initiative de paix saoudienne devant l’opinion arabe.

Il ne dit pas ce que va faire l’Amérique pour empêcher Israël de judaiser Jérusalem et saper les fondements de la mosquée Al Aqsa première Qibla et troisième lieu saint des musulmans pour y ériger le pseudo temple de Salomon.

Enfin il ne dit pas comment faire de Gaza la plus grande prison à ciel ouvert de l’histoire de l’humanité un espace où la dignité et la vie de l’homme seront respectés.

Pour ma part je me suis fixé un seul critère pour juger le discours d’Obama : le blocus sur Gaza qui est un crime contre l’humanité. Ignorant superbement la souffrance des palestiniens il ne peut qu’être complice de leurs assassins. En citant une partie du verset coranique  :

{quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes.} 

Ayant les mêmes attributs et la même configuration idéologique et militaire que le système pharaonique , les USA sont condamnés à disparaitre de la même manière que Pharaon, Hamana, Qaroun et leurs armées.  Les américains eux même s’attendent à une fin apocalyptique ou à un collapsus économique et social. Nous les Musulmans, nous sommes les derniers à ne pas voir les signes annonciateurs de la fin et pis encore nous ne voyons pas la stratégie de démantèlement qu’ils nous vendent comme souvenir avant leur anéantissement.