Islam  : Libération des opprimés

Acte 4 avant l’épilogue : Poutine Obama et Assad

Acte 4 avant l’épilogue : Poutine Obama et Assad
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Après une longue série d’analyses nous arrivons à un des scénarios plausible pour l’immédiat : renoncement américain à l’agression contre la Syrie de plus en plus probable,  du moins dans l’immédiat. Beaucoup sont déçus. Les uns voient leur chance manquée de détruire la Syrie et ce qui reste du monde arabe, les autres, habitués à la fuite en avant, ne voient pas que l’histoire humaine ne s’écrit pas seulement à coups de tonnerre et de canons.

L’Empire, le sionisme et leurs vassaux s’étaient fixés les buts de guerre suivants qu’ils ne sont pas parvenus à réaliser :

Stratégique :

  • reconnaissance d’Israël et normalisation des relations de la Syrie avec l’entité sioniste

Tactique

  • Détruire l’armée arabe syrienne,
  • partitionnement de la Syrie,
  • Modification de la géopolitique du gaz

Opérationnel : 

  • Changement ou affaiblissement du régime avant Genève 2,
  • Mise au ban du Hezbollah
  • Fin du parrainage de la résistance palestinienne
  • Isolement de l’Iran

Même si la paix reste fragile, les USA ont perdu le monopole du recours abusif à la violence et n’ont plus la maîtrise de la décision d’agresser. Le destin implacable les a mis dans une position plus paradoxale que celle de l’âne de Buridan : partir en guerre sans objectifs de gain c’est perdre, ne plus aller en guerre après avoir rendu la guerre inéluctable c’est perdre aussi. Le grand roque a parfaitement bien fonctionné. La Syrie vient de confirmer l’impuissance de l’hyperpuissance. La puissance n’a pas de signification si elle n’a pas d’efficacité et devient un fardeau conduisant vers la perte lorsqu’elle est en contre synergie avec  les lois et les moyens de sa propre puissance et de  l’environnement sur lequel elle voudrait se manifester sans parvenir ou si elle y parvient elle n’en tire aucun profit politique, économique et territorial qui pourrait lui donner légitimité ou retour d’investissement.

Avant de se prononcer un peu plus tard sur l’épilogue et après confirmation qu’il n’y ait plus de retournement stratégique de dernière minute  il y a lieu de souligner pour l’instant les effets marquants attendus :

1 – L’entrée en force de la Russie diplomatiquement, militairement, politiquement et médiatiquement. Le début de la fin de la suprématie états-uniènne est entamée avec toutes les conséquences géopolitiques et économiques.

2 – Le tandem Russie-Chine va être renforcé sans doute par le Pakistan et l’Iran en plus des BRICS. Nous allons voir le rapprochement Iran Russie se renforcer et permettre à l’Iran de se passer totalement du marché occidental et donc de devenir moins vulnérable aux sanctions et moins enclin à négocier. A terme la loi d’attraction va renforcer l’Euroasie qui sera plus pesant et plus concentré tout en dispersant et rendant plus léger l’axe Paris Londres et Washington.

3 –  Le pouvoir aux Etats-Unis est de plus en plus fragile, instable, divisé avec bien entendu l’accélération du déclin de l’Empire et tous les risques que ce déclin fait porter au monde (en particulier le monde arabe) non préparé à gérer les conséquences et les soubresauts de ce déclin. Dans cette situation, les fuites en avant, les paris incalculés, les extrêmes sont possibles. Pris dans l’engrenage de l’Istidraj ( la conduite graduelle et irrevocable vers la perte), l’Empire va vivre des crises aigus internes et externes qui vont s’auto alimenter pour saper le moral, la confiance, l’autorité et la légitimité des pouvoirs politiques, militaires, médiatiques, sociaux et financiers. Et c’est là ou l’expression du Cheikh Al Ibrahimi prend toute sa signification :  » le colonialisme est un immense sabotage de l’humanité ». En s’écroulant il va entrainer avec lui le système mondial qu’il a mis en place. La majorité a construit son présent et son avenir dans une relation de vassal ou d’opposant à l’Empire, très peu ont construit l’alternative ou l’ont réfléchi. Le monde musulman ne produit que de l’agitation stérile sur des mots qui n’ont aucune signification, aucune méthodologie, aucun instrument sauf la valeur affective apologétique ou polémiste.

4 – L’axe de la résistance sort renforcé pour sa fermeté, sa constance et sa résilience. Les Russes vont livrer de l’armement sophistiqué en compensation au démantèlement du « chimique ».

5 – La mort dans la honte des bédouins arabes qui ont échoué à faire tomber le régime Assad pour le compte de l’Empire et du sionisme. Ils gardent leur capacité de nuisance intacte, mais ils sont appelés à une crise profonde. La crise syrienne a montré qu’ils ne peuvent passé de statut de vassal à auxiliaire agissant pour le compte de l’Empire. La rente pétrolière  et la rente religieuse ne peuvent remplacer le volontarisme politique ni la culture géopolitique.

6 – La fin politique d’Erdogan en Turquie et de Mechaal du HAMAS qui vont payer de leur personne leur mauvaise gestion du dossier syrien et surtout leur démarche partisane et sectaire.

– La fin lamentable  de la fédération internationale des savants musulmans présidée par le docteur Youssef Al Qaradhawi qui a sapé la crédibilité des savants sunnites. Au lieu de fédérer les Musulmans et les savants sur le destin face au sionisme et à l’Empire, elle a suivi la sénélité de Qaradhawi et les taupes du sionisme qui l’ont sabordé. Ils ont tout fait à l’envers :

  •  Attaque contre Nassallah et le Hezbollah
  •  Attaque sectaire contre l’Iran et les Chiites,
  • Attaque contre la Russie et la Chine
  • Attaque contre les Savants du Cham qui refusaient l’effusion de sang.

La plus grande figure, Cheikh Abdallah Ben Biya, vice-président de la Fédération mondiale des Oulémas, vient de démissionner refusant  le discours de la Fédération qui, selon ses termes, ne travaille pas le projet de réforme du monde musulman. Sa démission vient trop tard sur le plan moral et religieux. Elle annonce toutefois l’implosion d’une association de savants musulmans partisans et non représentatifs que la chaîne qatari Al Jazeera a médiatisés.

Un savant qui se veut de stature mondial , ayant influence sur le cours des événements marquant le monde musulman, ne pouvait et ne devait ignorer la position de plus en plus forte de la Russie, de la Chine, des BRICS et des pays impliqués comme coopérants dans le pacte de Shangaï. Il ne pouvait et ne devait ignorer le déclin des Etats-Unis et de l’Europe. Il ne pouvait et ne devait ignorer les voix de l’Eglise d’Orient. Cette accumulation d’ignorance ne devait pas être ignorée par les « élites islamistes » qui se sont fourvoyées aveuglement en suivant l’idole charismatique au lieu de suivre les idées en train de façonner l’évolution du monde.

Mauvaise évaluation, mauvaise prise de position, mauvaise communication : fiasco totale sur les « révolutions » arabes.

J’avais depuis plus de vingt ans envisagé que les crises allaient mettre fin à l’Islam partisan pour laisser émerger l’Islam social et politique qui conduit la réforme comme force de propositions, de réflexion, de motivations et d’éducation, mais force est de constater que pour l’instant c’est l’esprit de factions et de sectes  qui s’en sort renforcé. A moins d’un miracle. La guerre et la paix sont de grands signes, de grands moments historiques, mais il semble que rien ne nous réveille à l’universel et à nos responsabilités

7 – Les pseudo Jihadistes en Syrie vont dériver vers le crime organisé, à l’exception du petit nombre convaincu de lutter contre un Tyran et de lutter pour l’Islam. Comme un peu partout dans l’histoire contemporaine, nous allons assister à des crises de repentir pour les uns et à l’inscription dans le terrorisme international pour les autres. Le sang aura coulé en vain. L’opposition syrienne armée sous le commandement des généraux et colonels déserteurs va continuer à travailler pour l’agenda sioniste et arabe en demandant aux USA des frappes, en réalisant des false flag, et en demandant de livrer la défense anti aérienne à la communauté internationale pour laisser l’armée arabe syrienne sans défense, mais ces voix n’ont aucune chance d’être écoutée.

8 – Le régime syrien, à terme, est condamné, à se réformer ou à disparaître. Imputer aux terroristes la ruine de la Syrie ne dédouane pas le régime de ses crimes et de sa mauvaise gouvernance, à moins qu’il y ait une réforme globale.

9 – L’Empire, se contentant de démanteler l’armement chimique syrien ou optant pour une escalade guerrière est en principe hors de l’histoire pour trois raisons toutes simples : Il a perdu l’initiative,  il ne joue plus seul, et il est conduit par la loi de l’Istidraj vers sa perte par où il ne sait pas.

10 – Les Frères musulmans sont politiquement et socialement les grands perdants. L’Islam partisan et l’Islam anarchiste ont sérieusement perdu leur crédibilité. L’Islam tel que décrit par le Coran et tel que vécu et professé par Mohamed (saws) a de nouvelles perspectives dès que les encombrements mis sur la route par la démagogie et la rente religieuse seraient dégagés par la société.

11 – Le régime égyptien issu du coup d’Etat, sans la guerre en Syrie, va se confronter de nouveau à ses rapports à la réalité sociale et politique et à ses financements. L’anti-américanisme conjoncturel et hypocrite va s’effondrer.

12 – Les partisans de l’Apocalypse et de l’explication eschatologique de l’histoire devraient revenir à la prudence en manipulant des données qui relèvent du Ghayb connus uniquement d’Allah. Le Prophète (saws) nous a informé de la fin du monde et de ses préliminaires pour un seul dessein : nous faire impliquer dans la culture du salut. Il a refusé que l’on spécule et que l’on fasse des prédictions en disant méfiez-vous des Waqatouns, ceux qui fixent une date ou une époque singulière à la fin du monde.

13 –  Fabius et Flambius peuvent continuer à jouer au jeu de la fève et de la poire pour épater leur petits supporteurs de l’hexagone et crier comme des mauvais perdants  » a’tini foulti wa illa aboul  fil canoune ». Ils sont un facteur de nuisance et de perturbation qu’il ne faut pas négliger,  car ils sont les porte voix des Bédouins, des sionistes et de l’américanisme primaire et belliqueux. Ils sont aussi bien écoutés dans notre petit monde. S’ils ne pèsent pas dans le rapport entre les grands de ce monde, ils pèsent sur le destin des minables de la périphérie, la notre. Ils vont cette fois peser avec un chaos plus grand, car ils vont introduire les équations mondiales ( en particulier le Moyent-Orient) dans le seul domaine de leur compétence : la France Afrique avec ses réseaux. Le chaos à imaginer est dans la servilité de l’Afrique et du Maghreb envers un pays qui n’ a plus de projets ni de discours que  ceux sur la laïcité, l’homosexualité et la guerre contre la Syrie.

14 – Les Pygmalions de la fausse monnaie de l’islamisme et de la desliquescence du progressisme arabe qui ont soutenu l’agression de l’OTAN contre la Libye, qui ont appelé l’Amérique à agresser la Syrie et qui ont trouvé des justifications pour autoriser les crimes commis contre les innocents et porter atteinte à la vie humaine, ne vont pas se taire, mais ils ne vont plus trouver la même audience tant en Occident que dans le monde arabe.

15 – L’Empire et ses alliés vont se lancer dans une nouvelle course aux armements qui leur sera de plus en plus ruineuse au vu de la crise économique et des guerres sans buts économiques réalisés.

16 –  Le sang  syrien va continuer de couler. Même si le régime syrien et l’opposition sous l’impulsion des Russes et des Américains optent pour une solution politique négociée qui met fin à la crise, l’entropie injectée par l’extérieur est installée pour longtemps avant qu’elle ne se dissipe. Le miracle serait  la conscientisation des Syriens sur le sort de leur pays et qui décide de faire front contre la Fitna et reviennent repentant vers Allah

{Et cramponnez-vous tous ensemble à la corde de Dieu ; et ne soyez pas divisés ; et rappelez-vous les bienfaits d’Allah sur vous : lorsque vous étiez ennemis, c’est Lui qui réconcilia vos cœurs ; puis, par Ses bienfaits, vous êtes devenus frères. Alors que vous étiez au bord d’un abîme de feu, c’est Lui qui vous en a sauvés. Ainsi Allah vous montre Ses signes afin que vous soyez bien guidés.}  Ali Imrane 103

17 – Est-ce que les gouvernants, les gouvernés et les opposants en Algérie vont tirer enseignement? Non ! Il faut juste voir le nouveau remaniement ministériel, ses objectifs, sa conjoncture  et les spéculations autour de ce chef d’oeuvre de nihilisme politique pour comprendre que nous continuons à jouer dans le hors jeu et le hors temps. Le monde a changé, les peuples ont changé et se manifestent contre l’ordre inique de l’Empire allant jusqu’à le paralyser ou à le faire douter, mais l’Afrique et le monde arabe sont comme l’Algérie dans une inertie de tombe.

18 – La presse russe se pose des questions et pose des questions à Poutine en faisant des rapprochements entre la Serbie et la Syrie. Elle exprime la peur de voir les Syriens comme les Arabes et comme les Serbes, trahir la confiance des Russes et se jeter dans les bras de l’Empire et de l’OTAN pour finir détruits par l’Empire et l’OTAN tout en donnant au monde l’image d’une Russie fragile et incapable de soutenir ses alliés. Ce sont des interrogations légitimes et fondées. Ces questions révèlent, en réalité, ce que nous savons sur nous-mêmes : l’absence d’une stratégie, d’une cohérence, d’une efficacité durable.

 

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14 Commentaires

  1. sous-commandant 20 septembre 2013 at 18:42

    Bravo et merci à vous, Monsieur Mazri.
    Vos analyses géopolitiques et vos appels à la conscientisation des musulmans et à leur l’unité est un travail qui vous honore.
    Continuez de nous faire respiré cet brise d’espoire

  2. Omali 23 septembre 2013 at 12:56

    Bonne analyse M Mazri !
    Espérant que l’EMPIRE s’effondre et que les régimes arabes prennent peut-être conscience de leur inconscience politique et géopolitique après tant de bêtises et d’errance sur la scène politique internationale.

  3. Mohand Tahar 25 septembre 2013 at 20:03

    Pont de vue .

    La « guerre froide » qui opposait l’empire soviétique et le bloc atlantiste a pris fin officiellement avec la chute du Mur de Berlin et l’effondrement du bloc communiste.
    Cette période de 70 ans avait déjà été pour le monde arabe et pour le monde islamique en général , une source de divisions et une ère de conflits fratricides meurtriers au grand profit des deux hégémonismes matérialistes.

    Cette fois-ci, et plus particulièrement depuis les évènements dramatiques de la Syrie de Bachar-el-Assad, fomentées par l’Occident prédateur, on assiste, malgré les apparences de risques de guerre mondiale entre les deux superpuissances russes et américaines, à une entente commune entre « grands » résultant de leur conformité d’ intérêts par la désignation d’un ennemi commun à combattre, à savoir le « terrorisme islamiste mondial » . Un « ennemi commun menaçant » que vient d’illustrer les manœuvres militaires conjointes si « étranges » pour deux camps si opposés en apparence et si près de se faire la guerre qui, n’aurait été ,en fait , qu’une destruction mutuelle absolument inconcevable.

    Les pays arabes, encore une fois, vont devoir se déterminer, non pas par rapport à leurs propres valeurs communes, ni en fonction des erreurs passées mais en fonction des intérêts personnels et des particularismes des uns et des autres au détriment de l’unité islamique tant redoutée tant par l’Occident que par les Russes dans leur pré-carré caucasien et proche-orientale.

    Avec l’affaire des missiles S300 russes, l’Iran est averti des limites de la coopération avec les Russes et, devra ne compter que sur lui-même à défaut de pouvoir compter sur cette unité islamique qui lui fait tant défaut !

    Et Dieu seul sait .

  4. anis 29 septembre 2013 at 07:46

    Monsieur Mazri,
    L’Algérie a pris position claire contre l’agression de la Lybie, et pour une solution politique en Syrie en refusant toute ingérence extérieur, ce qui lui a valu un isolement au sein de la ligue arabe?
    Quelle lecture faites vous de la position algérienne?

    • Omar MAZRI 29 septembre 2013 at 16:29

      @ anis
      Salam,
      pour être franc et sans détour je dirais que l’on n’attend pas d’un âne les performances d’un cheval de course.

      L’Algérie ayant mal géré son conflit interne et ses conséquences sociales et politiques n’est pas en position de donner des conseils avisés. Elle ne peut être écouté que sur le thème où elle a marqué des points : la lutte anti terroriste contre un terrorisme que la mauvaise gouvernance a produit pour ne pas dire autre chose.

      Par ailleurs personne n’ignore l’effacement de notre pays sur la scène internationale : nous n’avons pas de diplomatie car nous n’avons ni gouvernance ni perspective géopolitique. L’Algérie cultive l’inertie et le compromis avec la culture des vieux rentiers qui ménagent et qui rusent. Elle ne peut objectivement que prendre des positions de style vague sur la Libye, la Syrie et le Mali.

      L’armée algérienne est occupée à pourchasser les terroristes et apparemment elle joue bien ce rôle. Il n’y a pas de littérature ni de débat public sur la gestion de la profondeur stratégique de notre pays pour se prononcer avec objectivité sur ce qui a été fait ou n’ a pas été fait. Logiquement nous devons être présent comme acteur, comme médiateur, comme financier, comme conseil en Afrique du Nord par notre histoire, notre capital et notre position géographique. Je n’ai pas l’impression que nous occupons ce rôle et comment l’occuper lorsque nous ne produisons rien pour notre nourriture, nos médicaments, notre pédagogie et notre défense. Quel rôle jouer lorsque la majorité de la population est occupée à parler de milliards, de tbzniss, de tipa et de bouffe. Tout le système est bloqué, gouvernants et gouvernés, pouvoir et opposition.

      Pour moi l’OTAN qui intervient en Libye c’est une intervention dans notre jardin. Nous ne sommes pas assez forts et organisés pour interdire les intrusions dans ce jardin, mais nous pouvons nous afficher pus conséquemment que la simple rhétorique oppositionnelle. La France qui intervient au Mali est une insulte aux Maliens et aux Algériens. Nous n’avons pas les moyens ni les compétences d’empêcher la France, mais nous pouvons intervenir sur plusieurs fronts non militaires. Est-il normal que le Maroc prenne en charge la formation de 600 imams du Mali sur instruction de la France ? Est-il normal que la route du sel qui permet d’établir la jonction entre l’histoire arabe et berbère et africaine avec notre présent et notre devenir nous laisse insensible à ses Ksours abandonnés, à ses oasis en perdition et à ses populations livrées aux touristes étrangers?

      Pour la Syrie il est probable que l’Algérie apporte une contribution militaire, logistique et en renseignements. Sur le plan de la communication nous voyons des manœuvres de récupération politicienne alors qu’il s’agit principalement d’apporter une contribution diplomatique et informationnelle au règlement de la crise. Il s’agit aussi de se montrer vigilant par une pédagogie politique et citoyenne, car nous ne sommes pas à l’abri des visées impériales. L’Algérie comme nation, territoire et peuple n’e’st pas envisagée dans les interventions. L’esprit partisan et politicien est toujours dominant et dans ces conditions non seulement nous n’apportons rien au débat sur la Syrie, mais nous ne faisons rien pour nous prémunir contre le savoir faire que les sionistes et les impérialistes ont tiré comme leçon et comme méthodologie. Tout ce qu’ils font s’inscrit dans des ingénieries de laboratoire. Tout ce que nous faisons s’inscrit dans l’émotionnel, le chauvinisme et le clientélisme.

      Pour faire mieux comprendre ma pensée je prend l’exemple de la Tunisie et de l’Egypte. Le Qatar et l’Arabie saoudite investissent leur argent, leur réseaux et leur diplomatie pour les mettre sous leurs contrôle dans la seule perspective à la fois d’entretenir leur rivalités maladives et de servir leur maître américain. Nous sommes hors compétition. La Tunisie après Benali avait besoin de stabilité et de relance économique. Elle était la base d’écoute de la CIA et du déploiement du Mossad (elle l’est sans doute encore). Elle est plus qu’une frontière, elle est un membre de notre corps territorial, social, mémoriel et géopolitique. Où sont les milliards de dollars, les entrepreneurs, les diplomates, les échanges commerciaux ? La seule chose rendue par la presse est la collaboration dans la lutte antiterroriste. La sécurité et la profondeur stratégique dans le cas tunisien sont plus complexes et plus rhizomique que des faits d’armes isolés.

      Je ne demande pas à l’Algérie de se faire harakiri auprès de la ligue arabe, mais de défendre ses intérêts sur le terrain concret là où elle a des atouts. Elle ne joue aucune carte. La ligue arabe comme la conférence islamique sont des créations anglo saxones dont il ne faut rien attendre. Ce sont des coquilles vides qui donnent aux gouvernants arabes et musulmans de cultiver leur ego et de se diviser en clan lorsqu’ils ne parviennent pas à se mettre d’accord sur les injonctions de la politique américaine ou franco anglaise. Est-ce que l’Algérie a besoin du Qatar, de son argent, de son expertise managériale ou technique au point de ….

      Voilà mon frère ce que j’attendais. Je suis peut être trop exigeant et trop compliqué. Mais lorsqu’on compare la situation diplomatique de l’Algérie dans les années 70 et celle de 2013 quelle régression, quel gâchis… La Mauritanie était une sorte de Wilaya comme Illizi : la formation militaire, l’enseignement supérieure, l’infrastructure routière et portuaire, la diplomatie, les finances et la politique était supervisés par l’Algérie au nom de l’arabité, de l’islamité et de l’africanité. Nous avions le permis de pêche sans limite et gratuit : où est le poisson, où sont les bateaux, où est le port de pêche ? La Mauritanie est redevenue colonie française.

      Sur le territoire national nous pratiquons la politique du front national français inversé : la préférence aux étrangers. Avec cette politique et avec la mentalité de signer les chèques aux étrangers qui fournissent les études, le matériel et les approvisionnements nous ne pouvons avoir une quelconque influence sur nos voisins ni sur notre sécurité nationale ni sur notre profondeur stratégique. Plus le peuple est impliqué dans la gestion de la cité et plus les élites sont compétentes et impliqués dans le changement plus l’influence d’un Etat, d’une nation et d’une communauté s’exercent sur les autres Etats, les autres nations et les autres communautés. Le système algérien est un autiste qui présente tous les signes du trouble de la cognition, du comportement et de la communication. Il n’est intelligible que par lui même et par les initiés qui l’observent.

      Merci à vous

  5. Abdellatif 3 janvier 2014 at 11:14

    Salam alaykoum cheikh,

    A l’époque votre analyse était pertinente et surtout de laisser le bon doute à cet ennemi avéré de l’Islam et des arabes.
    Mais au vu des événements, j’aurais voulu avoir votre avis à la suite des évolutions récentes (preuves de la présence et du soutien actif du Hezbollat; de l’armée rawafid iranienne et des athées matérialistes (soldats Russes, nord-coréens et pays de l’Est), au coté de Bashshar el Assad, rapprochement avec l’occident, bombardement au Liban, etc…)

    Excusez-moi pour la redite mais j’avais l’autre article en favori

    • Omar MAZRI 7 janvier 2014 at 12:43

      @ Abdellatif

      Salam, mon frère

      Bien entendu, je suis d’accord avec toi, chaque chose doit être remise dans son contexte (moment, lieu et circonstance) pour qu’elle soit opportune, pertinente et cohérente. Cependant les choses ont légèrement changé. Dans l’ensemble, je rends grâce à Allah (swt) qui m’a éclairé pour avoir une vision lucide qui a tenu la route et qui tient encore la route lorsque j’aligne l’ensemble de mes analyses. J’avais annoncé l’intervention du Hezbollah en Syrie depuis le début du conflit comme processus inévitable. Son implication a modifié le rapport des forces non seulement sur le terrain mais sur la géopolitique. Pour l’avenir il a modifié la future confrontation avec l’entité sioniste puisqu’il a déployé une doctrine offensive et a acquis d’autres armements. L’implication de l’Iran et de la Russie ont fait échouer le plan d’attaque américain.

      Les actions subversives vont se multiplier en Syrie, au Liban et en Iran, mais globalement le plan a échoué. Le peuple syrien sortira exsangue. Personne et encore moins au nom de l’Islam ce peuple n’aurait du être mis dans cette situation. Les savants et les politiciens arabes portent une grave responsabilité. Comme il fallait s’y attendre, le Jihad, celui des imposteurs, est absent au Mali, en centre afrique, au Nigéria, en Angola.

      Sur le plan théologique, je me suis défini depuis longtemps comme musulman selon l’expression coranique de la sourate al Hajj v 78 et non selon l’expression historique de sunnite ou de chiite. Je suis donc tranquille sur le plan de la doctrine et de la politique. Je m’intéresse aux faits et aux idées des musulmans dans leur confrontation à l’Empire et au sionisme. Les divergences doctrinales peuvent être surmontées si les valeurs sacrées sont identifiées et partagées.

      Je ne détiens pas la vérité. Je lis le monde à travers ma culture et mon expérience de vie.

      Merci pour ta participation. Qu’Allah nous éclaire.

  6. sous-commandant 3 janvier 2014 at 11:42

    Les intervenants s’honoreraient en évitant de caricaturer jusqu’à l’injure en traitant ceux auxquels ils s’opposent, sans réellement les connaître, de Rawafidhs.
    Pensez, analyser, critiquer, démontrer au sens scientifique du terme et arrêtons d’assoir nos développements sur le Sentiments qui n’est pas une Idée.

  7. Abdellatif 3 janvier 2014 at 14:16

    Et comment devrions-nous les nommer ?
    Je pensais que c’étaient leur propre dénomination ?
    Il refuse tous les fondement de l’orthodoxie islamique c’est bien la définition du terme arabe rafada ?

  8. sous-commandant 3 janvier 2014 at 14:33

    Cher frère,
    Qui te dis que ce ne sont pas eux « les horthodoxes » de l’islam, les véritables « sunnites ». De plus, croits tu vraiment enfermer l’islam de Mohammed dans une seule Ecole théologico-juridique. Au risque de l’atrophier.
    L’islam, gloire à Dieu, ne se résume pas au droit et la théologie. C’est aussi la Gnose, la theosophie, la spiritualité profonde… Le coran est bien plus grand et profond que ce que peuvent concevoir les simples lectures litterales. Nous sommes tous frères, nous sommes tous fils et fille de la même Umma. ne nous divisions pas. Le « rawafid » que je suis aimé autant que toi le Allah, le Coran et ses principes, Mohamed.
    Allah te benisse

    • omali 3 janvier 2014 at 15:28

      @ sous commandant

      et qui te dis que les rafidha ou rawafidh ce sont EUX les ORTODHOXES ?
      Ils se peut qu’ils ne soient pas les vrais orthodoxes de l’Islam ,les sunnites les ont devancé par leur clairvoyance ,désolée !
      wa essalam alykm

  9. sous-commandant 3 janvier 2014 at 16:19

    Contrairement à toi, cher frère, je n’ai jamais prétendu que les « rawafids » comme tu dis, sont les hortodoxes de l’islam. J’ai seulement soulevé cette hypothèse.
    Pour finir, sache qu’il n’y a que des musilmans. Leur difference est une différence de degré non de nature. Elle porte sur des branches non sur la substance, contrairement à ce qui oppose catholiques, orthodoxes et protestants entre eux.
    Bonne continuation, cher frère.

  10. Abdellatif 6 janvier 2014 at 00:48

    Salam alaykoum,

    Sous-commandant, tu devrais regarder l’avis des rawafid sur la sunna et leur avis (très vulgaire) concernant les fondements de l’islam…

    Merci pour la distraction mais MA question initiale était destiné au cheikh Omar Mazri.

    Merci

  11. Abdellatif 14 janvier 2014 at 16:47

    Salam alaykoum,

    Allah yahdi man yachaa wa yodilou man yachaa…

    ٱهۡدِنَا ٱلصِّرَٲطَ ٱلۡمُسۡتَقِيمَ صِرَٲطَ ٱلَّذِينَ أَنۡعَمۡتَ عَلَيۡهِمۡ غَيۡرِ ٱلۡمَغۡضُوبِ عَلَيۡهِمۡ وَلَا ٱلضَّآلِّينَ

    Amin

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