Islam  : Libération des opprimés

Le Divin « piégé » ?! Partie 1/3

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Depuis la colonisation jusqu’à aujourd’hui, ce qu’on appelle « l’islam français » tente incessamment de se manifester  en se cherchant une légitimité, une vocation, une stratégie, une audience.  Comme la République des Césars a récupéré puis instrumentalisé le message de Jésus la République tente de récupérer et d’instrumentaliser l’islam originel. L’œuvre n’est pas inédite, elle se manifestait déjà à la Renaissance en latinisant le nom des savants musulmans pour éradiquer la source arabe et islamique  quand il était impossible d’occulter purement et simplement leur existence faisant abstraction de mille ans d’apports scientifiques et civilisationnels de l’Orient musulman promouvant sa modernité à l’Occident judéo chrétien enfoncé dans son obscurantisme médiéval et à l’Occident gréco romain englouti dans ses mythologies . O tempora, o mores !

Nourris à l’école Mohammadienne nous avons foi en la parole divine :

{Vous attendez-vous donc à ce qu’ils vous croient, alors qu’un groupe d’entre eux : ils entendaient les paroles d’Allah puis les falsifiaient après les avoir raisonnées, en le sachant ?} al Baqra 79

Cette foi nous oblige, tout particulièrement  dans cette période du Pèlerinage à pointer du doigt quelques problèmes récurrents dont il faudrait un jour ou l’autre s’en débarrasser avant d’aller à l’essentiel de notre vocation.

  1. Emergence programmée des islams contre l’Islam
  2. La manipulation des concepts et le détournement des idées par le maniement de la langue : une voie de sape  parmi tant d’autres
  3. Nos responsabilités
  4. L’influence de la pensée cléricale et laïque dans les thèses sur l’Islam et dans la vision de l’homme dans le monde
  5. Les dérives du rationalisme qui font perdre à la raison toute rationalité, à la conscience toute vigilance et à l’érudit toute crédibilité
  6. Quelle interprétation donner au verset sous entendu par les détracteurs des rites musulmans et en particulier du Hadj assimilé à une économie de la dévotion ou à un tourisme cultuel
  7. L’Arabe est le référent linguistique pour interpréter le Qur’ân
  8. « Il faut savoir provoquer le scandale pour ne pas devenir sa proie ».
  9. Trouver excuse à la jeunesse et lui témoigner nos encouragements malgré les erreurs et les fautes
  10. La décolonisation de la langue et des mots est, après le constat culturel de l’indépendance inachevée, plus important que la décolonisation de la terre.
  11. Lever les équivoques fait partie de l’éthique et de l’esthétique de l’Islam.

 

Emergence programmée des islams contre l’Islam

Ainsi on assiste à l’émergence d’un islam  progressiste, d’un islam libéral voire un islam laïc comme si l’islam ne peut exister en France qu’avec les attributs historiques de la République française et non avec ses propres valeurs, ses propres attributs et ses propres références Qur’âniques et mohammadiennes : Din al Qayyim ou la religion de la rectitude,   Fitra d’Allah ou religion naturelle et conscience innée de Dieu qui met fin au débat sur la transcendance et l’immanence. Les musulmans n’ont ni à craindre ces débats stériles ni les calomnies qui les sous-tendent :

{Quelle injustice plus flagrante que celle que commet celui qui tisse des mensonges sur Dieu au moment même où il est convié à l’islam? Dieu ne guide point les êtres iniques qui veulent éteindre la lumière de Dieu par leurs calomnies, mais Dieu parachèvera Sa lumière, dussent les infidèles en souffrir ! C’est Lui qui a envoyé Son Prophète pour tracer la voie à suivre et prêcher la vraie religion qu’Il élèvera au-dessus de toute autre croyance, dussent les idolâtres en souffrir !} As-Saff 7

{Ne les craignez plus ! Mais craignez-Moi ! Aujourd’hui, J’ai amené votre religion à son point de perfection, Je vous ai accordé Ma grâce tout entière et J’ai agréé l’islam pour vous comme religion !} al maida 3

On assiste également à l’émergence d’un islam lyrico mystique qui  cherche un rapprochement avec  le «mysticisme » chrétien et  la mode bouddhiste de plus en vogue dans un monde occidental de plus en plus  face à la prophétie de Malraux : « Le nouveau millénaire sera spirituel ou ne sera pas ».  L’islam s’il n’est pas vu comme une spiritualité suffisante  par ignorance et préjugés est surtout perçu  comme un potentiel de Jihad qu’il faut anesthésier par crainte de perdre les Colonies. L’expérience des Croisades qui ont mis l’Occident judéo chrétien  monolâtrie païenne   en contact violent avec l’Orient musulman monothéiste reste une cicatrice béante qui ne peut se fermer que par la négation de l’islam et des musulmans.  Le musulman ne doit pas perdre de vue cette vérité :

{Tu ne seras agréé ni des juifs ni des chrétiens que lorsque tu auras suivi leur confession. Dis : «Il n’est d’autre voie de la vérité que Celle de Dieu !» Cependant, si par hasard tu accédais à leurs désirs, après la science que tu as reçue, tu te trouverais devant Dieu sans défense ni secours.} Al-Baqara – 120.

L’effort de « bouddhisation »  est bien réel, il est aussi réel que la « sionisation » de certains intellectuels et politiciens du monde arabe et musulman. Pour les musulmans sionisant il faut lire leurs écrits dans la presse et voir leurs interventions sur les médias ou mieux encore se rendre sur le site des Affaires Etrangères de l’occupant sioniste pour voir s’afficher le nom des bons arabes et des bons musulmans « amis » d’Israël. L’islam « bouddhiste » se contente de revendiquer une pure spiritualité sans obligation de rites, sans conformités aux normes religieuses, sans Jihad, sans politique, sans communauté de foi autre que la confrérie maraboutique… Une errance vers le Nirvana.

La France  a depuis longtemps joué un rang de premier plan dans la formation des élites musulmanes de langue française, une sorte de faculté franco musulmane où il est question d’islamologie, d’orientalisme à destination, aujourd’hui,  non plus des missionnaires, des évangélistes et des  idéologues colonisateurs, colonisables ou colonisés mais des  français allogènes d’extraction musulmane et des  indigènes en voyage d’études islamiques comme si le cœur de l’islam n’est plus la Mecque et sa périphérie culturelle et spirituelle :  le Caire, Damas, Bagdad et Téhéran mais Paris.

Il s’agit de favoriser la division et l’incohérence dans les rangs musulmans déjà fragilisés par une décadence ni assumée ni surmontée d’une part et d’une colonisation dont la libération n’est pas encore achevée d’autre part. Dans cet effort de « diviser pour régner » il est normal de voir l’apparition d’absurdité langagière telle que : islam français, musulmans non pratiquants, islam démocratique, islam égyptien, islam algérien, islam iranien. Il y a autant d’islam que d’enjeux géo stratégiques ou de manœuvres tactiques sur une carte du monde qui échappe à notre regard de musulmans confinés dans les débats stériles sur la barbe, le nikab et la longueur du pantalon.

Ceci est normal dans l’histoire des religions et des civilisations. Du vivant de Mohamed (saws) et  de ses successeurs qualifiés pour leur bonne gouvernance ( Khoulafa rachidiyoun) il fallait combattre les idoles, l’obscurantisme des lettrés arabes, la falsification des docteurs en lois juives et chrétiennes et l’apparition des faux prophètes. Il est donc normal que dans leur continuité nous dénoncions les dérives sectaires de certains musulmans  et la lutte idéologique menée par les officines sous couvert du culturel, du cultuel et de la science qui prennent comme fer de lance des musulmans suffisamment naïfs ou foncièrement véreux.

Ce qui n’est pas normal c’est  de voir des entités se réclamant de l’islam se faire ou l’écho de ce beau monde   ou le silence total sous prétexte de véhiculer le véritable message de l’islam et de combattre par exemple le wahhabisme en France sans se donner la peine de lire les écrits de l’imam Abdelawab et  de comprendre ses motivations et les défis de son temps : le néo  paganisme de l’Arabie déjà en proie aux appétits des empires colonialistes. Sous prétexte de lutter contre le Wahhâbisme on fait l’impasse sur la récupération politicienne des rois et princes saoudiens de sa vie et de son œuvre pour cacher leur vassalité à l’Amérique et on change de vocabulaire dans la lutte menée contre ce qu’on appelle les « fondamentalistes » musulmans. Bien entendu on accrédite la thèse d’un autre islam : l’islam saoudien.

Cultivant l’esprit tribal et despotique des actuelles élites arabes et musulmanes les spécialistes de la lutte idéologique nous rendent stériles en cultivant en nous la rivalité entre ces islams qui prennent racine tant en Occident qu’en Orient nous rendant non seulement vulnérables mais en contradiction avec la foi et la parole du Qur’ân :

{O vous qui devîntes croyants, inclinez-vous, prosternez-vous, adorez votre Seigneur et faites le bien, afin que vous cultiviez. Et luttez pour Allah comme il se doit de lutter pour Lui. Il vous A Élus et ne vous Imposa nulle gêne en religion, la confession de votre père Abraham. C’est Lui qui vous A déjà Nommés musulmans, auparavant, et dans ceci (le Qur’ān) : afin que le Messager soit témoin sur vous et que vous soyez témoins sur les hommes. Accomplissez donc la prière, acquittez-vous de la Zakāt, attachez-vous à Allah, Il Est votre Protecteur, le meilleur Protecteur et le meilleur Partisan.} al Hajj 77

Cette contradiction, qui nous fait fuir l’attribut de musulman vers d’autres attributs, n’est pas une invention du colonialisme mais une faille dans notre système de pensée qui croit qu’en changeant les mots nous allions changer  la tragédie de notre présent et inventer un avenir radieux pour nos enfants. Surfant sur nos failles et nos défaillances le spécialiste de la lutte idéologique ne fait que nous renvoyer le miroir qui renvoie nos reflets qu’il se charge d’embellir ou d’enlaidir selon les nécessités et les circonstances de la lutte. L’efficacité et la crédibilité ne leur permettent pas de travailler sur les leurres de leur imagination mais sur nos illusions et nos représentations. Pour l’instant les enjeux fondamentaux sont le terme « muslimine » qui est fédérateur dans le sens Qu’rânique et qui doit devenir, dans l’espace social, cultuel et politique, sujet de doute, de controverse et d’anathème  pour disloquer la communauté musulmane en petites tribus et sectes autarciques faciles à gérer et à mater. Le second enjeu est dans la compréhension et l’exécution de la vocation du musulman « afin que vous cultiviez » : il nous est interdit de nous cultiver au sens propre et figuré. Notre ego, notre sol, notre argent, nos idées et notre foi doivent être incultes, stériles, sans devenir, sans projet, sans fruits. L’inconscience des uns est conjuguée à l’inefficience des autres. Le tout donne une inconséquence, une incohérence et parfois une entropie qui dépasse l’entendement de ceux là même qui nous manipulent.

A titre d’illustration voici un pays, l’Algérie dénommé la Mecque des révolutionnaires, qui sombre dans l’involution à cause de l’incurie de ses gouvernants. Ces derniers ont pourtant trouvé la compétence de faire voler en mille éclats de  plus en plus insignifiants de grands partis les uns prônant la solution islamique les autres la voie démocratique. Que dire alors des conséquences de l’œuvre des spécialistes occidentaux de la subversion et de la diversion idéologique et culturelle. Comme Satan ils connaissent nos faiblesses et ils savent devant notre inculture cultiver les moyens et les instruments de  la tentation, de la séduction et de la suggestion pour nous mener là où nous sommes vulnérables :

 {Je n’avais sur vous nul pouvoir que de vous inciter, et vous m’avez obéi ! Ne me blâmez donc pas et blâmez-vous vous-mêmes.} Ibrahim 24

 

La manipulation des concepts et le détournement des idées par le maniement de la langue : une voie de sape  parmi tant d’autres

L’action du musulman est  analysée sous des vocables scientifiques et idéologiques  de théo mercatique, de théo politique, d’économie de la dévotion, de tourisme religieux évacuant du champ lexical et sémantique les concepts et les réalités spirituelles, sociales, morales et  civilisationnelles de la  Zakat, de la monnaie sans  Riba, du pèlerinage et de la Omra…

Nous n’allons pas intervenir sur la problématique de l’islam français proclamé ouvertement  par le Président Sarkozy   mais déja  initié par Jacques Berques et ensuite par Chevènement. Nous allons  juste prendre le temps de souligner quelques aspects  pour mettre en exergue  les dérives,  les mécanismes  de manipulation et surtout l’ignorance qui est la source de tous les maux.  L’ignorance des gens du peuple ne portent pas loin mais celle des élites et des lettrés est catastrophique.  Elle est catastrophique car elle intervient sur trois niveaux fertiles pour sa propagation :

–  Une jeunesse en quête de vérité et de savoir et qui faute de méthodologie et d’imams compétents se trouve  attirée par les oripeaux intellectualistes parlant de l’islam.

–  Une prétention à l’Ijtihad dans un monde où la circulation des idées, de l’argent et des hommes est exponentialisée alors que le monde musulman est encore en léthargie incapable de produire sa pensée autonome ni de poser un diagnostic sans complaisance sur ses pathologies sociales, politiques, culturelles, économiques et spirituelles.

–  L’absence de production intellectuelle conséquente du monde musulman en langue française pour répondre aux attentes et aux défis que rencontre le francophone. Les rares productions se font en arabe ou en anglais. Le monde musulman est devenu un comptoir commercial sans projet de devenir, sans défi autre que vendre du pétrole et importer les produits de la modernité occidentale. Produire ses idées, son armement, ses élites, son argent, ses vêtements, sa nourriture, son indépendance ne  sont ni une priorité ni un objet de débat ou de réflexion. Produire des idées et les traduire c’est unh luxe au-delà de nos moyens sauf s’il s’agit d’encenser ou de brûler aussi bien nos gouvernants que notre histoire vecue comme une mythologie. Ce qui n’est pas occupé par les musulmans est occupé par les autres car la nature a horreur du vide et de l’immobilisme comme l’énonce le Qur’ân : « Tels sont les jours nous les alternons entre les gens ». Il n’ ya pas d’alternance ni de perspective pour ceux qui s’excluent de la bataille et du projet de civilisation. Les maisons d’édition et les librairies, à vocation « musulmane »  préfèrent publier et vendre les livres anciens. Elles sont sures ainsi de gagner de l’argent sans droit d’auteur à régler et surtout sans risque à prendre comme cela se fait pour la promotion d’idées nouvelles. Le livre est une chose à vendre ou un objet d’ornement dans une bibliothèque et non un stock d’idées, une proposition de projet, une expérience de vie, une déchirure de l’âme avide de vérité et de justice…

L’ignorance des lettrés a des conséquences sur l’imaginaire et le système de représentation tant du musulman que du non musulman.  Elle enferme le musulman dans une ignorance plus grande et le non musulman dans des préjugés plus négatifs et des stéréotypes plus caricaturaux. Au lieu de remplir sa mission de témoignage, l’intellectuel traitant de l’islam devient un instrument de la guerre idéologique contre sa communauté, sa religion en acceptant de travailler sur des mots et non sur des principes. Le jeu de mots devient un jeu de maux accablant le présent et l’avenir par la compétence de nuisance subversive et de désinformation que la servilité, la colonisabilité et la colonialité transportent. L’imaginaire, ce champ d’exploration de l’imagination devient dans ce contexte improductif, négatif, nuisible à  tout projet d’évocation, de cognition, de sens….

Malek Bennabi, intellectuel probe et sincère, a dénoncé ce qu’il appelle les intellectomanes ces intellectunnels  qui vendent des idées mortes, mortelles et mortifères, celles qui produisent l’idolâtrie car « Chaque fois que l’idée disparait, l’idole règne de nouveau et réciproquement ». Contre les fabricants d’idoles il développe une analyse courte et percutante : «  Le Qur’ân a nommé Djahiliya, c’est-à-dire « ignorance » le paganisme qui a régné, en Arabie, avant l’islam. Cependant la Djahiliya, n’était pas pauvre, en technique littéraire, les plus grands noms des lettres arabes sont de cette époque. Elle demeure quand même la Djahiliya, l’ignorance par excellence, parce que le verbe arabe ne contenait que des mots étincelants mais vides de tout germe créateur. Réciproquement, si le paganisme est une ignorance, l’ignorance est païenne : elle ne cultive pas des idées, mais des idoles, comme la Djahiliya. Ce n’est pas pur hasard que les peuples primitifs ont été fétichistes ».

Traiter de l’islam ou analyser un aspect de la civilisation ou de la communauté musulmane c’est nécessairement embrasser l’éthique et l’esthétique de l’islam qui sont dans le Thawhid, le monothéisme pur et parfait,  sinon c’est de la spéculation, de la rhétorique (bien dire au lieu de dire le bien ou le vrai), de la casuistique (utiliser la rhétorique pour convaincre à des fins religieuses ou idéologiques, pour évangéliser les esprits et les colonies) ou du Khobsisme ( faire de son gagne pain ou  de sa réussite sociale un système de pensée, de valeurs et de comportements… une finalité en soi et non un moyen).

A Médine  tous les renouveaux de l’homme musulman, de son environnement, de sa civilisation, de sa victoire sur les défis du temps, du sol et des ennemis  ont commencé  avec  quelques rudiments de syntaxe et de sémantique et quelques versets Qur’âniques  pour une finalité : être le Vicaire de Dieu sur terre pour exercer le talent des dons innés et acquis, être honoré et vivre dans la dignité en sa qualité de créature  créée par Dieu dans une étreinte d’amour  (malaxé dans les Mains divines et prendre vie et sens en recevant  le Souffle divin) et  accomplir sa vocation d’être soumis librement à Dieu et investit de la mission de témoigner par la parole et   par l’acte de la présence du Créateur, du Bienfaiteur, du Donateur à qui nous devons rendre compte.

A Paris, Alger, Le Caire ou ailleurs la langue Arabe est devenu un instrument de diversion idéologique pour saper l’islam et rompre l’unité de liens qui rassemblent les musulmans au Qur’an et au système de valeurs, de croyance et de représentations de la foi monothéiste.

La langue est témoignage… Elle est l’inscription de sens par des signes  relevant du mystère :

{Alif, Lam Mim – C’est le Livre au sujet duquel il n’y a aucun doute, c’est un guide pour les pieux.} al Baqara 1

Même en changeant la ponctuation (absente dans le texte Qur’ânique) par la pause dans la respiration du texte le sens reste magistralement le même dans la langue Qur’ânique :

{Alif, Lam Mim – C’est le Livre qui est  guide, sans aucun,  doute pour les pieux.} al Baqara 1

Après la signification de la foi et de la religion comme croyance, relation avec Dieu et invocation dans la Fatiha (le prologue, l’ouverture, l’Inaugurale,  la clé du Qur’ân, la réussite ici et là bas) le Qur’ân dans sa première Sourah pose le problème fondamental de la foi et de la raison : le doute. Le doute cartésien ou le doute nihiliste peuvent trouver raison et justification sauf dans le Qur’ân et la langue qui véhicule son sens. Il n’y a aucun doute sur Dieu, Son Message, Ses Prophètes, Ses Anges, Sa Promesse et Sa sanction. Tout ce qui est dans le Livre écrit (al Kitab al mastour) et dans le Livre de la création visible (al Kitab al mandhour)  témoigne de la certitude des croyants contre l’incertitude des sceptiques et la  négation des mécréants. Il n’y a aucun doute y compris sur l’homme et son devenir selon qu’il soit croyant, négateur avéré ou hypocrite sournois. Il n’y a aucun doute sur la foi et l’expression de la foi dans la vie intérieure comme dans la  vie extérieure sociale, politique, intellectuelle et cultuelle : trois modèles d’être, trois types de lecture, trois voies à suivre :

  • La lumière du savoir :

{Ceux qui croient à ce qui t’a été descendu (révélé) et à ce qui a été descendu avant toi et qui croient fermement à la vie future.  Ceux-là sont sur le bon chemin de leur Seigneur, et ce sont eux qui réussissent (dans cette vie et dans la vie future).} al Baqara 3

  • Les ténèbres de l’ingratitude qui rendent inopérant les instruments perceptifs, intellectuels, affectifs et ontologiques pour acquérir la connaissance ou se mettre en quête de la vérité :

{Les Mécréants  ne croient pas, cela leur est égal, que tu les avertisses ou non: ils ne croiront jamais.  Allah a scellé leurs cœurs et leurs oreilles; et un voile épais leur couvre la vue} al Baqara 6

  • La confusion, la sournoiserie, la lâcheté et la traîtrise des dissimulateurs :

{Il y a ceux qui disent: ‹Nous croyons en Allah et au Jour dernier!› tandis qu’en fait, ils n’y croient pas.  Ils cherchent à tromper Allah et les croyants; mais ils ne trompent qu’eux-mêmes, et ils ne s’en rendent pas compte.  Il y a dans leurs cœurs une maladie (de doute et d’hypocrisie), et Allah laisse croître leur maladie. Ils auront un châtiment douloureux, pour avoir menti.  Et quand on leur dit: ‹Ne semez pas la corruption sur la terre›, ils disent: ‹Au contraire nous ne sommes que des réformateurs!›  Certes, ce sont eux les véritables corrupteurs, mais ils ne s’en rendent pas compte. Et quand on leur dit: ‹Croyez comme les gens ont cru›, ils disent: ‹Croirons-nous comme ont cru les faibles d’esprit?› Certes, ce sont eux les véritables faibles d’esprit, mais ils ne le savent pas.} al Baqara 8

Chacun est responsable de ses convictions  et de ce qu’il fait de ses convictions  et de ce que ses convictions font de lui sur le plan spirituel et existentiel. La langue comme interprétation de sens ou traduction de signe est engagement sur un de ces trois chemins et à ce titre elle est responsabilité.

La langue arabe et la langue française se rejoignent magistralement sur cette notion de témoignage qui engage la responsabilité individuelle et collective. En effet  être responsable c’est avoir la capacité et la charge à donner réponse. En arabe être mess’oul c’est exactement avoir la capacité, la fonction et la charge de répondre aux questions et notamment à celle-ci : qu’as-tu fait de ton esprit, de ton savoir, de ta jeunesse, de ton argent, de ton temps, de tes dons… ? Hélas nous agissons comme des analphabètes bilingues c’est-à-dire des irresponsables dans toutes les conjugaisons,  des insouciants en tout lieu et en tout moment indépendamment des circonstances les nôtres ou celles de nos ennemis :

{Nous avons destiné à l’Enfer un grand nombre de djinns et d’hommes qui ont des cœurs pour ne pas comprendre, des yeux pour ne pas voir et des oreilles pour ne pas entendre. Comparés à des bestiaux, ils sont plus égarés encore. Tels sont ceux qui vivent dans l’insouciance !} Al-A’raf 179.

L’engagement n’était pas dans la quête de grands diplômes ni dans  la démagogie de spectacle mais dans les problèmes de fond  c’est-à-dire dans les questions relatives à l’exercice de ses devoirs de musulmans envers Dieu et envers les hommes. Pas de bavardage ni de discours stériles mais la quête de la vérité comme le veut  l’enseignement de Mohamed « saws) :

« Vous n’aurez point la foi tant que vous n’aurez pas inspiré aux autres l’amour de la vérité »

« La religion c’est le bon conseil et la loyauté… Pour Dieu, pour Son Livre, pour Son Prophète, pour les  gouvernants des musulmans et pour l’ensemble des gens du commun »

Tout le travail de sape est de vider les mots arabes de leur sens coranique et de les emprisonner d’une manière docte dans une historicité ou une linguistique pour leur enlever le cachet divin de Révélation, de vérité. L’expérience de l’Occident dans sa lutte contre l’Eglise est mise à profit : profanation de l’islam, désacralisation de ses valeurs, laïcisation de ses préceptes, nationalisation de sa dimension pour lui enlever l’universel de son message.

C’est dans ce cadre général que nous réagissons sur quelques  thèses de doctorat sur l’islam et sur  les musulmans dans leur approche moderniste  sur la théo politique, la théo économie, la théo mercatique, l’économie de dévotion,  l’économie islamique,  l’islam politique, le tourisme cultuel, le marketing  théo-politique à la Mecque…  Cette réaction est la même devant ce qu’on appelle l’islamologie qui croit que  la rupture épistémologique, la linguistique moderne générale de Saussure jusqu’à la grammaire générative de Chomsky ou l’analyse narrative de Greimas et des néo constructivistes permet de comprendre le Qur’ân, la voie islamique et le cœur des musulmans pour proposer une voie d’Ijtihad qui permet au musulman non pas de se réformer mais de réformer leur Qur’ân, leur Sunna non plus Révélation mais production littéraire, création  intellectuelle.

Nos responsabilités

Il est vrai que notre comportement festif et irresponsable travestit le culte et le rend aux yeux de l’étranger à l’islam  presque une forme de carnaval païen. Nous fabriquons notre propre échec en fabriquant par notre comportement ridicule l’argumentaire des détracteurs de l’islam. Ces derniers sans probité préfèrent confondre la faille des musulmans avec l’islam et refuse de voir l’islam dans sa globalité et qui ne se reconnait pas dans notre misère morale, sociale, politique et économique. Nous devenons des faussaires, des fabricants de fausses monnaies, et nous l’injectons dans le circuit de la culture mondiale et elle nous revient en pire par effet boule de neige entretenu par les islamophobes. Le microbe c’est nous-mêmes qui le produisons, les détracteurs ne font que le mettre en incubation puis le propager et l’inoculer à plus grande échelle. Le Qur’ân énonce cette vérité sans détours :

{Ce qui vous arrive de néfaste provient de vous-mêmes (de vos propres agissements et comportements)}

Nous demeurons pourtant au-delà de nos égarements et de notre irresponsabilité une latence de potentialité, une virtualité d’islam authentique qui peut se réaliser pour le bien de l’humanité et pour le malheur des idoles et des idolâtres, des tyrans et de leurs courtisans. Notre responsabilité est de continuer à témoigner et à chercher des arguments et des moyens de défense en attendant l’éveil islamique qui s’annonce déferlant sur le monde comme une marée spirituelle salvatrice.

Notre responsabilité nous devons la faire partager en priorité par les jeunes qui ont un potentiel de cognition car ils sont la relève capable de vivre son temps et de prendre en charge ses défis. Ces jeunes, en particulier ceux qui traitent de l’islam et des musulmans doivent se libérer du regard des orientalistes et des islamologues français pour former leur propre regard à la lumière du Qur’ân et de la Sunna tels qu’ils s’offrent à eux sans la falsification du détour par autrui.

Le Qur’ân met en relief l’importance du rôle de la jeunesse dans le projet de libération contre la Tyrannie et contre l’idolâtrie : Abraham, David, Salomon, Joseph, Saleh, Houd, Moise, Jésus, Mohamed, leurs disciples et compagnons sont dans leur majorité des jeunes remplis de foi et de vitalité.  Leur science et leur force sont au service d’une cause juste. Chaque jeudi ou vendredi matin soir nous sommes invités à lire et à méditer la Sourah al Kahf dont nous nous allons attirer l’attention sur trois points que chaque jeune impliqué dans un travail de recherche théorique ou pratique ne doit pas perdre en vue s’il se met en tête qu’il est au service d’une cause et qu’il est représentant d’une communauté de foi :

  • Le premier point est le modèle de foi des jeunes gens de la caverne qui ont fui matériellement et symboliquement la cité impie pour ne pas corrompre leur foi. Le récit Qur’ânique en réalité ne parle pas de fuite mais de résurrection dans une dialectique entre l’apparent et le caché, le passé et l’avenir, la forme et le fond :

{Nous avons placé ce qu’il y a sur la terre pour l’embellir, afin d’éprouver (les hommes et afin de savoir) qui d’entre eux sont les meilleurs dans leurs actions.  Puis, Nous allons sûrement transformer sa surface en sol aride.  Penses-tu que les gens de la Caverne et d’ar-Raquim ont constitué une chose extraordinaire d’entre Nos prodiges?  Quand les jeunes se furent réfugiés dans la caverne, ils dirent : ‹Ô notre Seigneur, donne nous de Ta part une miséricorde; et assure nous la droiture dans tout ce qui nous concerne›.  Alors, Nous avons assourdi leurs oreilles, dans la caverne pendant nombreuses années.  Ensuite, Nous les avons ressuscités, afin de savoir lequel des deux groupes saurait le mieux calculer la durée exacte de leur séjour.  Nous allons te raconter leur récit en toute vérité. Ce sont des jeunes gens qui croyaient en leur Seigneur; et Nous leurs avons accordé les plus grands moyens de se diriger [dans la bonne voie].  Nous avons fortifié leurs cœurs lorsqu’ils s’étaient levés pour dire: ‹Notre Seigneur est le Seigneur des cieux et de la terre: jamais nous n’invoquerons de divinité en dehors de Lui, sans quoi, nous transgresserions dans nos paroles.  Voilà que nos concitoyens ont adopté en dehors de Lui des divinités. Que n’apportent-ils sur elles une preuve évidente? Quel pire injuste, donc que celui qui invente un mensonge contre Allah? Et quand vous vous serez séparés d’eux et de ce qu’ils adorent en dehors d’Allah, réfugiez-vous donc dans la caverne: votre Seigneur répandra de Sa miséricorde sur vous et disposera pour vous un adoucissement à votre sort›. } al kahf 7 à 16

La quête de la vérité prime sur toute autre considération sociale, intellectuelle ou politique. La quête de la vérité ne peut emprunter qu’un chemin celui de la droiture et ne vouloir comme récompense que la miséricorde divine. Elle ne peut être animée que par un seul moteur : le monothéisme. Les mots étincelants empruntés à la rhétorique grecque, à la casuistique cléricale ou au monde du spectacle de la post modernité sont à bannir s’ils portent un risque de contradiction avec l’islam, ses valeurs et ses principes. Pour cela il faut s’armer d’islamité maitrisée avant de se confronter aux outils conceptuels, lexicaux ou sémantiques de la modernité et post modernité. Les mythes de Prométhée ou du péché originel ont été mis à mort par l’esprit scientifique de l’être Qur’ânique dès que l’idée du monothéisme a pénétré le cœur des bédouins arabes faisant d’eux des tombeurs d’idoles. Allah Akbar fait trembler les tyrans et prosterner les croyants. L’ordre nouveau est dans l’islam bien compris et bien appliqué avec les mots et la langue qui ont mis fin à l’ordre ancien et qui ont apporté à l’Europe sa Renaissance.

  • Le second point est le primat à donner sur le sens et ne pas se contenter de l’accessoire, de l’apparent ou de la forme. Les versets suivants montrent qu’il n’est pas important de savoir le nombre de reclus dans la caverne mais de savoir la finalité, le principe, les mobiles, l’issue finale de la réclusion et en tirer les enseignements pour construire sa vie dans tous les domaines de l’existence ontologique, sociale, affective et spirituelle :

{Ils diront: ‹ils étaient trois et le quatrième était leur chien›. Et ils diront en conjecturant sur leur mystère qu’ils étaient cinq, le sixième étant leur chien et ils diront: ‹sept, le huitième étant leur chien›. Dis: ‹Mon Seigneur connaît mieux leur nombre. Il n’en est que peu qui le savent›. Ne discute à leur sujet que d’une façon apparente et ne consulte personne en ce qui les concerne.  Et ne dis jamais, à propos d’une chose: ‹Je la ferai sûrement demain›.  sans ajouter: ‹Si Allah le veut›, et invoque ton Seigneur quand tu oublies et dis: ‹Je souhaite que mon Seigneur me guide et me mène plus près de ce qui est correct›.  Or, ils demeurèrent dans leur caverne trois cent ans et en ajoutèrent neuf (années). Dis: ‹Allah sait mieux combien de temps ils demeurèrent là. A Lui appartient l’Inconnaissable des cieux et de la terre. Comme Il est Voyant et Audient! Ils n’ont aucun allié en dehors de Lui et Il n’associe personne à Son commandement. } al Kahf  22 à 26

Le signe n’est qu’un indice dans la quête de sens. La quête du signe est avant tout une quête de signification. Au delà des conjectures et des conjonctures ce qui doit guider notre éthique, notre esthétique et notre cognition est le principe de sens : la cause ultime, la finalité ultime. Nos sens ne perçoivent qu’une infime partie du monde connu. Notre savoir est imparfait, limité. Dieu nous a donné à croire, à lire et à méditer sur une partie de l’Inconnaissable des Cieux et de la terre pour donner une autre perspective à notre regard trop distrait par l’apparat et l’ostensible de la richesse, des beaux discours, des belles théories, des tentations et des séductions de tout genre dont la pire est celle de l’ego qui se flatte au lieu de se blâmer. Ce signe pour qu’il soit un signifiant il ne peut être déboité de son référentiel moral, idéologique, culturel et social. Si en toute logique linguistique le signe, le rite, la praxis, le texte musulmans  ne peuvent être  signifiant dans un contexte, une démarche ou une langue non Qur’ânique comment peuvent-ils être signifiés dans un contexte, une démarche et une parole volontairement anti islamique ?

Le texte Qur’ânique dans toute sa splendeur révèle l’étendue de la bataille idéologique c’est-à-dire la bataille de signification et d’appropriation des idées et du principe du sens :

{Et récite ce qui t’a été révélé du Livre de ton Seigneur. Nul ne peut changer Ses paroles. Et tu ne trouveras, en dehors de Lui, aucun refuge.  Fais preuve de patience [en restant] avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Sa Face. Et que tes yeux ne se détachent point d’eux, en cherchant (le faux) brillant de la vie sur terre. Et n’obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre Rappel, qui poursuit sa passion et dont le comportement est outrancier.  Et dis: ‹La vérité émane de votre Seigneur›. Quiconque le veut, qu’il croit, et quiconque le veut qu’il mécroie›.} al Kahf  27 à 29

{Ceux qui croient et font de bonnes œuvres, vraiment Nous ne laissons pas perdre la récompense de celui qui fait le bien.} al Kahf 30

  • Enfin le Qur’ân nous montre par la conjugaison du symbole, du signe, de la réalité au delà du seul apparent visible que du verset 7 au verset 46 il y a une seule loi qui gouverne le monde de l’inerte et du vivant, du visible et du caché, d’hier et de demain :

{Et propose-leur l’exemple de la vie ici-bas. Elle est semblable à une eau que Nous faisons descendre du ciel; la végétation de la terre se mélange à elle. Puis elle devient de l’herbe desséchée que les vents dispersent. Allah est certes Puissant en toutes choses!  Les biens et les enfants sont l’ornement de la vie de ce monde. Cependant, les bonnes œuvres qui persistent ont auprès de ton Seigneur une meilleure récompense et [suscitent] une belle espérance.} al Kahf  45 à 46

Cette loi, la dialectique universelle, gouverne les oppositions et les devenirs en perpétuel changement entre l’aridité d’une terre stérile ou asséchée, d’un cœur malade, d’un esprit vain, d’une génération corrompue ou d’une civilisation en décadence  et la fertilité d’une terre arrosée, d’un cœur purifié, d’un esprit dynamisé, d’une génération en conquête de son avenir, d’une civilisation en déploiement moral, spirituel, économique, social et intellectuel. Quand le Qur’ân énonce cette vérité qui semble évidente il y a sans doute matière à réflexion autre que le constat simpliste que nos sens aperçoivent chaque jour et chaque nuit :

{Dans l’alternance de la nuit et du jour il y a certainement un signe}

La même loi préside au sens du signe qui se cache derrière  l’alternance des signes : les indices pour découvrir la vérité dans le symbole  qui forme la représentation de la langue, de l’atome ou de la parole divine : l’unité dans la diversité, la variété dans l’unité comme les différences et la pluralité de la création obéissant à un seul principe fédérateur, signifiant, cohérent et immuable :

{Alif, Lam, Ra. Voici les versets du Livre plein de sagesse} Yunès 1

{Alif, Lam, Ra. C’est un Livre dont les versets sont parfaits en style et en sens, émanant d’un Sage, Parfaitement Connaisseur.} Houd 1

{ Alif, Lam, Ra. Tels sont les versets du Livre explicite.  Nous l’avons fait descendre, un Qur’ân en langue arabe, afin que vous raisonniez.} Yussef 1

{Alif, Lam, Mim, Ra. Voici les versets du Livre; et ce que t’a été révélé par ton Seigneur est la vérité} ar Ra’âd 1

{Alif, Lam, Ra. Voici le livre que nous avons fait descendre sur toi, afin que – par la permission de leur Seigneur – tu fasses sortir les gens des ténèbres vers la lumière, sur la voie du Tout Puissant, du Digne de louange (Al Hamid)} Ibrahim 1

{Alif, Lam, Ra. Voici les versets du Livre et d’une Lecture explicite.} al Hijr 1

{Ta, Sin. Voici les versets du Qur’ân, un Livre explicite} An Naml 1

{Sad. Par le Qur’ân, au renom glorieux (Zikr) !} Sad 1

{Noun. Par la plume et ce qu’ils écrivent!} al Qalam 1

Des centaines de milliers de milliards de combinaisons, d’alternances et de modèles d’harmonie dans la lettre de l’inerte et du vivant, du scriptural et du génétique, de la physique et de la chimie, de l’homme et du cosmos pour témoigner par un seul Livre d’une seule vérité, celle d’Allah Al Ahad Al Qahar l’Immuable sans associé ni rival :

{Quand bien même tous les arbres de la terre se transformeraient en plumes, et quand bien même la mer, grossie de sept autres mers, deviendrait un océan d’encre pour écrire la Parole divine, que Dieu aurait encore d’autres messages à transmettre ! Car Dieu est, en vérité, le Tout-Puissant, le Sage.} Luqman – 27.

C’est cette vérité sur la richesse prodigieuse de la multiplicité par l’Unicité qui est énoncé d’une autre manière

{Dis : «Si la mer se changeait en encre pour transcrire les paroles de mon Seigneur, la mer serait assurément tarie avant que ne soient épuisées les paroles divines, dussions-nous y ajouter une quantité d’encre égale à la première.»} Al-Kahf – 109.

Cette richesse met en défi la langue Arabe, la langue la plus riche et la plus complexe dans ses combinaisons, pour témoigner de la  richesse langagière du Qur’ân et de son défi littéraire aussi bien dans sa langue originelle que dans ses traductions :

{Si vous êtes dans le doute, de ce que Nous Avons Révélé à Notre Serviteur, apportez-donc une Sūrah qui lui soit semblable et convoquez vos témoins, à l’exclusion d’Allah, si vous êtes véridiques. Si vous ne le faites pas, et vous ne le ferez point, craignez-donc le Feu dont la proie est d’hommes et de pierres,  préparé pour les mécréants.} al Baqarah 24

{La plupart d’entre eux ne suivent que conjecture. La conjecture ne dispense en rien de la Vérité. Certes, Allah Est Tout-Scient de ce qu’ils font. Il n’est pas de mise que ce Qur’ān puisse être inventé de la part d’un autre qu’Allah. Mais c’est une corroboration de ce qui existe déjà et précision du Livre. Sans aucun doute, cela vient de la part du Seigneur des Univers. Ou bien disent-ils qu’il l’a controuvé ? Dis : « Apportez alors une Sūrah qui lui soit semblable et convoquez qui vous pourrez, à l’exclusion d’Allah, si vous êtes véridiques. » Bien plus, ils démentirent ce dont ils n’ont aucune notion de sa science, et dont ils n’ont encore reçu son interprétation. Ainsi ont démenti ceux qui étaient avant eux. Regarde alors quel ne fut le sort des injustes.} Younes 36

  • Le troisième point est la démarche initiatique sur le chemin de l’islam, de ses valeurs, de ses pratiques et de son engagement dans la vie politique, sociale, culturelle, intellectuelle comme d’ailleurs le met en exergue la Sourah al Kahf à travers le récit des jeunes gens cachés dans la caverne pour protéger leur foi des tyrans, de Moise en quête de savoir, de Zul-al-Qarnayn dans ses expéditions de l’Orient à l’Occident pour y faire régner la justice et le sens de la foi. Ce point, le troisième donc,   est résumé dans la phrase contractuelle entre Moise et Khadr le sage envoyé par Dieu pour enseigner à Moise qu’au dessus de tout savant il y a plus savant :

{Comment endurerais-tu sur des choses que tu n’embrasses pas par ta connaissance?} al Kahf  68

La relation entre l’apprenant et son maitre est une relation de respect et d’obéissance. Elle exige de l’apprenant de la patience et une stratégie d’apprentissage qui exige du temps pour se former et devenir efficace. Elle exige du maitre, du savoir, de la patience et une stratégie pédagogique pour mettre en place des environnements de situation de formation. La relation entre l’apprenant et le savoir est dynamique, elle n’est intéressante que si elle change le rapport de l’apprenant au savoir puis à la finalité du savoir et enfin à la responsabilité de ce savoir. Il ne s’agit pas de se gaver de mots, de concepts et de formalismes mais de s’imprégner du principe de sens. Cela exige des efforts pénibles, des moments de découragements, des abandons, de la reprise de confiance car le moteur n’est pas intellectuel mais spirituel.

La cognition est un instrument. Elle s’éduque et se développe par l’effort et la concentration qui s’appuient sur  l’endurance pour supporter cette éducation qui souvent va à contrario de l’appel de l’ego paresseux et vaniteux. Et c’est là ou intervient la connaissance qui se distingue du savoir. La connaissance porte sur les fins, l’éthique, l’esthétique et les mobiles tant du savoir que  de l’action. Elle est la substance qui donne au cœur une visée, à l’esprit une intention, à une génération un projet d’histoire. Le savoir porte sur  le contenu de l’information théorique ou pratique et les moyens de mise en œuvre pour trouver, stocker, diffuser, transférer et capitaliser l’information utile et efficace abstraction faite de ses fins. Le fameux «  science sans conscience n’est que ruine de l’âme » est une des formes d’expression de cette loi Qur’ânique qui met en corrélation le savoir, l’endurance et la connaissance.

Il n’est pas étonnant que vers la fin de cette Sourah un avertissement est donné  à tous ceux qui œuvrent sans principe de sens, sans finalité, sans connaissance :

{Dis: ‹Voulez-vous que Nous vous apprenions lesquels sont les plus grands perdants, en œuvres?  Ceux dont l’effort, dans la vie présente, s’est égaré, alors qu’ils s’imaginent faire le bien. } al Kahf 103

Il n’est pas étonnant aussi que la fin de la Sourah se termine par le verset merveilleux que nous avons cité plus haut et devant lequel toutes les intelligences nobles doivent se prosterner et les cœurs vivants se recueillir :

{Dis: ‹Si la mer était une encre [pour écrire] les paroles de mon Seigneur, certes la mer s’épuiserait avant que ne soient épuisées les paroles de mon Seigneur, quand même Nous lui apporterions son équivalent comme renfort›. } al Kahf  105

L’influence de la pensée cléricale et laïque dans les thèses sur l’Islam et dans la vision de l’homme dans le monde

Ceci dit nous allons revenir au thème central de notre analyse : l’influence de la pensée cléricale et laïque dans les thèses sur l’islam ( français). Dans notre analyse nous  n’allons pas jouer le jeu de la polémique et  faire le parallèle entre le voyage à Lourdes et le pèlerinage à la Mecque  et comparer les aspects festifs, conviviaux ou les   objets de souvenirs. La raison simple et objective est que les deux processus sont incomparables. Celui qui a fait le pèlerinage  à la Mecque constate qu’il n’ya aucune comparaison à faire entre le pèlerinage au Vatican ou à Lourdes. Chez les civilisés de l’Occident on ne trouve pas la même ferveur, le même émerveillement que manifestent les misérables musulmans, ces  petites gens illettrés qui viennent par exemple des arrières pays de l’Afghanistan et qui n’ont connu ni la civilisation ni  ses gadgets et qui n’éprouvent aucun besoin de porter leur regard autre que sur la Kaaba, la Mosquée sacrée ou la Mosquée du Prophète. Malgré leur rudesse et leur mélange de coutumes contraire à l’esprit de l’islam leur foi est sincère, leur vénération pour les lieux saints est sans défaut, leur amour pour Mohamed est sans commune mesure et leur ferveur religieuse est exemplaire. Chez les civilisés de l’Occident on trouve par contre de grands mots theo mercatique, marketing théocratique, économie de la dévotion, tourisme rituel, théosophie, théopolitique…Islamologie.

Nous allons plutôt  nous situer là où ça fait mal et là ou la dérive est  généralisée dans ce que nous avons pu lire sur ce sujet.

  • La première dérive est  l’influence de la culture française dont le juridisme excessif déforme  la lecture et l’interprétation du texte Qur’ânique et de la pratique rituelle du musulman.  Vidant le texte Qur’ânique de son essence on lui fait faire une lecture en opérant un transfert sémantique du sens spirituel subtil du Qur’ân vers  l’aspect formel transactionnel et contractuel du code de commerce de la  République française.  Nous restons étonnés par cette prolifération de lois pour régenter la vie et la conscience des citoyens comme fut le cas du foulard islamique. Notre étonnement n’est pas seulement dans la nature scélérate de certaines lois mais dans les sources d’inspiration idéique de cet esprit qui veut tout légiférer au mépris de l’amour supposé des chrétiens pour leurs semblables. Si Victor Hugo le révolutionnaire de la littérature et du théâtre français a bien énoncé cette règle libertaire «  le droit d’aimer est aussi sacré que le droit de penser ». Nous avons le devoir d’aimer notre religion, notre Prophète et les valeurs de l’Islam y compris la pudeur de nos femmes fières dans leur voile. Nous avons le devoir de vous rappeler que si l’Ancien Testament est favorable aux lois,  Jésus  est venu pour mettre fin aux lois iniques en proclamant contre les Pharisiens et les Légionnaires romains : «  le règne de la fin est fini, c’est le temps de l’amour ».

Nos  étudiants d’extraction musulmane sous la direction  d’islamologues et d’orientalistes laïcs  et religieux s’interrogent donc   sur l’échange inégal et inique entre le Dieu des musulmans et l’Homme  au regard des efforts financiers et physiques de ce dernier dans  l’accomplissement  de son  pèlerinage. Nous assistons à des débats byzantins du type «Comment croire en une égalité et en une équité dans une transaction  entre un divin supposé supérieur et absolu et un homme supposé inférieur et relatif ».

  • La seconde dérive dans  la quête de l’égalité entre Dieu et l’homme est née du  mythe de l’égalitarisme laïciste qui refuse la loi de la différence qui gouverne le monde et le principe général de la réalité tant de la foi que de la réalité du monde : l’Unicité du Créateur sans rival, sans intermédiaire, sans associé, sans oubli ni fatigue ni somnolence ni accident ni hasard. Tout est en harmonie selon le principe de l’unité gouvernant la diversité et de son corolaire la variété assemblée dans l’unité de sens, de finalité, de causalité.

L’esprit du musulman pris dans le piège de la rhétorique du verbe occidental devient sensible au principe de Saint Thomas «  je ne crois qu’en ce que je vois » et sensible à l’utopie (le non lieu) de l’égalitarisme  qui au nom du droit à l’égalité devient une négation du droit à  la différence et se laisse entraîner dans le plus grand matraquage moral, social et idéologique de la société : l’indifférenciation. C’est l’indifférenciation  qui  crée l’inégalité par l’indifférence, le nivellement démocratique par le bas, la société à deux collèges : d’un côté les égaux indifférenciés mis dans le même système impersonnel d’éducation, d’évaluation, de compétition, de travail, de promotion, de droit et de devoirs et d’un autre côté une élite  de privilégiés en compétition de passe droits, de bonne grâce, de facilité, de différenciation de traitement et de considération selon la fortune, la renommée et le pouvoir.

La mécanique montre pourtant à l’esprit cartésien que la répartition équitable et équilibré d’un mouvement pour la cohésion mécanique et la cohérence dynamique d’un système exige le recours à des sous systèmes qu’on appelle à juste titre des différentiels. Différentiel, répartiteur de vitesse, système de variation par rapport à un référentiel toute la science mathématique, physique et tout l’art technologique de l’esprit cartésien est dans la mise en équation ou la résolution de leurs paramètres. Toute les sciences physiques traitant de dynamique reposent dur les dérivées c’est-à-dire les différentielles par rapport au temps ou les changements de matière et d’énergie par rapport à des références elles-mêmes dynamiques. C’est la société savante qui veut faire de l’homme un clone, un être de plus en plus indifférenciée, asexué, homosexuel…homo…

Ecce Homo dans la confusion  de sa traduction est le drame de l’Occident : « Ceci est l’homme » (que nous recherchons) ou « Celui-ci est un Homme » de Ponce Pilate venant s’enquérir de Jésus pour l’emmener au supplice ou venant constater la mort supposé de Jésus ou encore venant constater de visu la découverte du traitre, qui a livré Jésus aux romains « celui-ci est l’homme » supplicié au lieu et place du  Rabbi (le maître)  sur une croix. De cette phrase, mal comprise, mal traduite, mal « contextée », mal  historicisée, est né le drame occidental et ses incidences sur les peuples d’Afrique et d’Asie.  Du terme Homo va venir comme de la boite de Pandore le déluge qui va engloutir une civilisation qui a fait de ses idoles démoniaques comme le sexe et l’argent des Dieux devant qui il faut lever tous les interdits de  la morale chrétienne. Les péchés capitaux, cupidité, luxure, fornication, gourmandise, convoitise, deviennent symboles de réussite sociale.

Du terme Homo est né la tragédie de l’indifférenciation et du mythe égalitariste qui refuse la différence d’autrui. Le terme qui signifie Homme est Homo en grec c’est à, dire semblable. Nous sommes tous pareils comme des triangles homothétiques : mêmes angles de vues, même rapport de grandeur. Nous sommes une figure « semblable à l’image de Dieu » mais dont la seule distinction est dans sa  différence avec le règne minéral, animal et végétal. Cette différence d’espèce  la modernité a finit par la nier avec le Darwinisme cette quête chrétienne sur l’origine de l’homme et le néo Darwinisme la même quête vidée de toute substance religieuse pour devenir un matérialisme négateur des progrès de la science et de l’anthropologie.

Dans la langue arabe du Qur’ân   Al Insane n’est pas l’Homo le semblable mais l’être distinctif et dont la distinction est une opposition  au Wahch ( le sauvage, l’asocial, le monstre, le rebelle à Dieu, le caché dans les ténèbres). Il est l’être social issue du verbe « Anassa » en arabe tenir compagnie, socialiser, apporter du réconfort, se rapprocher de la lumière. C’est toute la grandeur de l’homme qui s’exprime dans le sens d’Insane qui est véhiculé par l’énoncé arabe du Qur’ân et que le terme Homo escamote. C’est tout le sens, autre que légiférer des lois iniques que Moise accomplit dans sa quête de vérité : «  Anassa nâran : Il s’est approché d’un feu ». C’est toute la différence entre l’homme, al Ins et al Djin. Al Ins est cet être  crée d’argile puante puis honoré par le souffle divin qui lui a donné vie,  esprit et vocation alors que le Djin est cet être créé de feu et dont est issu Satan le maudit. Dans l’appel coranique ya ayouha al Insane c’est l’humanité dans sa vocation plurielle et libre qui est appelé à l’universel, à son statut d’être honoré par Dieu qui ne peut et ne doit se laisser conduire comme un mouton à l’abattoir ni se comporter comme un orgueilleux, rebelle et transgresseur comme Satan ;

C’est cette différence que les mille ans d’emprunts inavoués et latinisés à la civilisation islamique que l’Occident n’a pu comprendre ni importer : l’honorificat de cet Insane qui est imprescriptible, inviolable, sacré :

{Nous avons honoré les descendants d’Adam}

C’est cet honorificat qui fait de la langue et des idiomes un moyen de communication, un vecteur de connaissance, un lien de reconnaissance mutuelle et non une arme de négation identitaire, une politique d’hégémonie culturelle, un langage nihiliste et cynique :

{Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous vous avons répartis en peuples et en tribus, pour que vous fassiez connaissance entre vous. En vérité, le plus méritant d’entre vous auprès de Dieu est le plus pieux. Dieu est Omniscient et bien Informé.} Hujurat – 13.

L’islam considérant l’être humain comme Ins fait de l’égalité un acte de foi par le don de soi et l’esprit de solidarité, une épreuve dans l’accomplissement de la justice sociale et de la piété et non une formalité juridique imposée par le jacobinisme étatique.

{Dieu a favorisé certains d’entre vous plus que d’autres, dans la répartition de Ses dons. Or, ceux qui ont été favorisés ne sont nullement disposés à se démettre du surplus de leurs richesses au profit de leurs esclaves, au point que maîtres et esclaves y deviendraient tous égaux. Renieraient-ils donc les bienfaits de Dieu?} An-Nahl 71.

Le partage égal entre hommes libres et esclaves prônés par le Qur’ân est inimaginable dans République  égalitariste qui est supposé être, étymologiquement, Res Publica, chose publique. Niant les mille ans d’apport islamique humaniste l’eurocentrisme n’a conservé que l’esprit colonisateur des grecs et des romains dont il se réclame : Homo. Tous ce qui n’est pas semblable à nous, à nos coutumes, à nos croyances et à nos valeurs est l’autre, ce barbare, ce sauvage que les romains et les grecs exterminaient car ils ont décidé de nier l’humanité qui est en lui et par conséquent de lui refuser tout droit à vivre ou à posséder autre que ce que lui accorde le privilège du  statut de sous humain, esclave,  colonisé,  païen ou gentil sans terre, sans patrie, sans religion qui n’a pour proposition de paix que celle des légionnaires : « épargnez ceux qui se soumettent et domptez les superbes ».

Aucune loi ne peut aller contre un cœur réticent au don, au partage, au respect d’autrui et à l’entraide. La foi et l’intérêt pour une récompense plus grande ou le châtiment sans fin s’il y a négation  de l’égalité des droits devant la justice, devant les besoins, devant les devoirs sans nier la différence des besoins, des devoirs de solidarité, des dons, des compétences, des mérites et des faveurs légitimes issues du travail licite et socialement utile.

La loi de la dialectique qui gouverne le monde exige par justice et par nécessité de créer la dynamique sociale qu’il y ait différence et compétition dans le bien ou opposition quand il y a divergences sur la notion de bien, de justice et de vérité et quand il y a nécessité de complémentarité tout en montrant la richesse, la sagesse et la générosité du Donateur bienfaiteur :

{Il y a deux variétés de mer : l’eau de l’une est douce, limpide et d’un goût agréable, celle de l’autre est salée et saumâtre. Et pourtant l’une et l’autre vous procurent une chair fraîche que vous mangez, et vous en retirez des perles dont vous vous parez. Et l’on y voit des vaisseaux fendre avec bruit les flots, pour vous permettre d’aller à la recherche des bienfaits de votre Seigneur. Peut-être Lui en serez-vous reconnaissants !} Fatir 12.

{Ne vois-tu pas que Dieu fait tomber du ciel une eau par laquelle Nous faisons sortir du sol des plantes qui donnent des fruits de couleurs différentes? Et dans les montagnes aussi, il y a des stries de diverses couleurs, blanches et rouges aux tons variés, ainsi que des roches d’un noir foncé.} Fatir 27.

{ Sont également de couleurs différentes les hommes, les animaux et les bestiaux. Et c’est ainsi que, de tous les serviteurs de Dieu, seuls les savants Le craignent véritablement. En vérité, Dieu est Puissant et Clément.} Fatir 28

Nous sommes différents et cette différence fait partie de notre credo de foi. Nier cette différence c’est nier la sagesse de Dieu et l’étendue de sa compétence à créer à l’infini ce qu’il veut.

{Considère comment Nous avantageons les uns par rapport aux autres. Mais les différences seront bien plus grandes et les privilèges bien plus marqués encore dans la vie future.} Al-Isra – 17.21.

{Et c’est bien pour être si différents qu’Il les a créés.} Hud – 119.

Le principe de sens veut que l’on se pose la question sans complexe ni mystification idéologique :

{Est-ce que sont semblables l’aveugle et le voyant ?}

{Est-ce que sont semblables ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ?}

Reconnaître cette différence c’est l’accepter avec toutes ses conséquences : engager la lutte si elle porte préjudice à l’islam ou à la communauté musulmane ou la tolérer si elle nous porte la contradiction sans nous agresser. D’ailleurs ici nous ne faisons pas couvrir d’opprobre ou d’anathèmes ou d’apostasie ceux qui pensent différemment nous ne faisons que montrer la faute ou l’erreur de jugement pour que les sensés fassent l’économie d’une mauvaise expérience et que les moins avertis s’éveillent et soient plus perspicaces car ils ont une mission et une vocation qui exigent de l’intelligence et du sens.

La différence est la règle et c’est pourquoi nous devons l’accepter et surtout ne pas fanfaronner pour mépriser les autres car elle nous montre la responsabilité vis-à-vis des autres pour les ramener vers la raison, vers la foi, vers le bien, vers le beau sans perdre patience sans désespérer et surtout en remerciant Dieu de ne pas être du nombre des égarés. C’est davantage la faute ou l’erreur ou la confusion qui nous intéressent pour lever les doutes, les équivoques et contribuer à indiquer tout ou partie du chemin à prendre sans se donner des titres de vertu et le droit de mépriser autrui ou de l’insulter. Le fautif comme l’égaré nous intéressent comme être à accompagner, à convaincre, à réveiller sans contrainte ni propagande ni manipulation. La différence est la règle même en matière linguistique :

{Ô Nass ( les hommes compris comme Insane) ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous vous avons répartis en peuples et en tribus, pour que vous fassiez connaissance entre vous. En vérité, le plus méritant d’entre vous auprès de Dieu est le plus pieux. Dieu est Omniscient et bien Informé.} Al-Hujurat – 13.

{Et parmi Ses signes, il y a aussi la création des Cieux et de la Terre, la diversité de vos langues et de vos couleurs. En vérité, il y a en cela des signes pour des esprits éclairés.} Ar-Rum – 22.

Le devoir de connaissance, de reconnaissance et d’échange est un impératif religieux et humaniste qui exige le respect de la différence ethnique, linguistique, culturelle, sociale et religieuse.

Omar Mazri et  Zeinab Abdelaziz

Le Divin « piégé » ?! Partie 2/3

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