Regard sur les projets en Libye après Kadhafi et regard sur le projet apocalyptique contre la Syrie.

Nous avions interpellé les imposteurs de l’Islam d’Algérie et de France sur le caractère antinomique du Coran et du Prophète (saws) avec la doctrine et le comportement de l’Empire ainsi qu’avec l’agression de la Libye, pays arabe et musulman, par l’OTAN.

Nous avions montré à travers les schémas d’édification d’une civilisation comment l’Empire, le sionisme et l’ancien colonisateur sont en harmonie sur l’idée et l’action de provoquer des césures dans nos géographies, nos histoires, nos économies et nos mentalités collectives pour rendre impossible tout effort d’éveil civilisation dans nos consciences et nos organisations, et pour conserver intacte leur capacité de prédation sur nos territoires vus comme des proies faciles.

Nous avions montré les faillites morales, religieuses et politiques des Marabouts religieux et politiques qui conduisent le monde arabe à la disparition par leur inculture géopolitique, leur passion démesurée pour le pouvoir dont ils n’ont ni les moyens de conquérir ni la compétence de l’exercer. Leur esprit partisan et sectaire, contraire à l’unité et à la fédération que demandent  le Coran et le Prophète (saws),  ne les prépare ni à gouverner, ni à libérer, ni  à civiliser.

Hélas,  les fossiles ne sont pas capables de se remettre en cause, ni de faire l’inventaire objectif de leur parcours, ni d’évaluer la situation mondiale et ses conséquences sur le monde arabe en général et sur nos pays en particulier. Ils continuent de fabuler et de tirer des plans sur la comète.  Ils  se préparent à l’après agression sans avoir réellement servi leur dans le passé ni l’avoir pensé dans son avenir. La même fuite dans la même quête de pouvoir, dans la vassalisation à l’Empire…

En Syrie et sur la Syrie, ils continuent la même œuvre de sabotage qu’en Libye. Nous avions montré que les données de l’ONU sur l’indice humain de développement en Libye  étaient bonnes. La Libye pouvait certes, espérer être mieux gouverné et mieux profiter de ses ressources, mais le mieux ne pouvait être obtenu par la confusion et la Fitna.

Le temps a passé, mais l’équation reste posée. La bonne foi et l’enthousiasme ne suffisent pas pour faire une politique, une dawla islamiya, une entrée dans l’histoire comme les Compagnons du Prophètes. L’imitation de l’Occident ne suffit pas pour créer le sentiment démocratique. La confusion sur l’Islam et l’imitation servile sur l’Occident ont produit suffisamment d’impostures, d’échec, de démission qu’il est temps de se poser la question avant de voir la Syrie sombrer dans le chaos : est-ce que la voie des réformateurs peut être confondue avec celle des destructeurs, des empressés, des confus, des insensés.

Regardez l’Irak : chaque jour apportent ces cinquantaines de morts !

Regardez la Libye !

  • Guerre tribale
  • Mercenariat
  • Insécurité
  • Paupérisation
  • Quasi arrêt de la production du pétrole
  • Absence de l’Etat
  • Pas de service public
  • Corruption des élites « islamistes » et « démocratiques »
  • Rapine sur les ressources stratégiques
  • Vente du pétrole sur le marché noir
  • Pillage des côtes
  • Grèves transformées en insurrection
  • Mutinerie dans les casernes de police et de l’armée.
  • Revendications d’autonomie (territoriales, ethniques et linguistiques)
  • Assassinats politiques
  • Démolition et pillage du patrimoine archéologique
  • Fuite des étrangers (personnes physiques et morales)
  • Actes terroristes contre la population
  • Guerre civile larvée

Les pillages et les destructions systématiques en Libye et en Irak que nous voyons en Syrie montrent la haine et la volonté de saper les fondements culturels, économiques, sociaux et intellectuels des sociétés arabes.

Comme en Irak,  la Libye s’installe dans un chaos structurel où la notion d’Etat, de justice, de vie humaine n’ont plus de signification. Ni l’Empire, ni la France, ni le Qatar, ni l’Arabie saoudite, ni les intellectuels musulmans (religieux ou non) ne semblent concernés par ce drame. Ils lui tournent le dos et vont résolument vers d’autres drames en Syrie.

 

Lorsqu’ils évoquent la Syrie, ils font l’impasse sur la Libye et ils prennent des positions sectaires et partisanes (islamistes ou laïcistes) refusant de s’interroger sur la position à prendre face à l’arrogance et au bellicisme de l’Empire,  du sionisme et de leurs vassaux qui ont transformé la vie des Arabes et des musulmans en un enfer sur terre.

 

Où est la démocratie, la dignité de l’homme, la liberté en Libye ? Où est l’Islam, l’Etat islamique, la Charia en Libye ? Il faut répondre à ses questions avant de se lancer dans d’autres aventures qui ont pour prix l’effusion de sang

 

Lorsque les Arabes et les musulmans se focalisent sur les étiquettes (islamistes, démocratie) ou sur les noms des personnes (Assad, Kadhafi, Saddam), ils deviennent manipulables par l’affectif, par l’image, par les mots, par la précipitation et l’improvisation. La religion et la raison nous commandent pourtant de lire l’histoire, d’analyser les processus, puis de nous inscrire dans une pensée et une démarche qui donnent le primat à la globalité et à  la dynamique.

 

Cela semble difficile pour le non croyant, mais la globalité et la dynamique permises à l’homme ne concernent que le caractère variable du spatial des territoires et du temporel des sociétés et de leur histoire comme le souligne le Coran :

 

{Allah ne change point la situation d’un peuple tant que celui n’a point changé ce qui est en lui} Ar Raad 11

 

Le changement concerne l’être ontologique et l’être social dans le contenu de leur façon de croire,  de vouloir, de savoir, de pouvoir, de devoir, de dire, de s’émouvoir, d’imaginer et de faire qui transforment la globalité de l’être lui-même une expression globale et complexe. Se focaliser sur le pouvoir,  sur le changement de Bachar Al Assad ou sur l’assassinat de Kadhafi, ne fait que rendre plus complexe le changement car il éloigne de la ligne des Prophètes.

 

La ligne des Prophètes semble difficile pour ceux qui n’ont pas compris la signification du changement et qui s’imaginent être les « délégués » de Dieu sur terre pour parler en Son Nom et se croire les exécuteurs de Son Dessein au lieu de se concentrer à témoigner et à réformer dans le cadre des invariants qu’Allah a fixés :

 

{Et nul ne peut changer les Paroles d’Allah, et il t’est déjà parvenu une partie du récit des Envoyés} Al-An’âm 34

{Il n’y a pas de changement aux Paroles d’Allah} Younes 64

Nul ne peut changer la religion d’Allah. Nul ne peut engager le changement dans un cadre, une démarche, une éthique autre que celle qu’Allah (swt) a impartie aux Prophètes (saws). Il n’est pas de la tradition des Prophètes de fomenter des coups d’état, de provoquer des Fitna, ou de s’allier aux ennemis de l’Islam pour faire triompher la Parole d’Allah.

Il ne peut être compris ni admis qu’une révolution « islamique » ou un « Djihad » puisse s’édifier sur une bannière de confusion et viser les installations militaires stratégiques, les ressources stratégiques, les infrastructures de l’Etat et les lieux publics. Nous pouvons comprendre l’illusion du changement recherché ou l’illusion de l’instauration de la justice de l’Islam contre un régime totalitaire et répressif, mais nous ne pouvons comprendre l’aveuglement des élites intellectuelles et religieuses qui ne fixent pas de lignes rouges et qui ne prononcent pas pour condamner les abus, les dérives et les déviations ?

Pour qu’il n’y ait pas de fausses interprétations, le Coran est précis :

{Certes, des messagers avant toi ont été accusés de de menteurs. Mais ils ont supporté avec patience d’être traités de menteurs; et ils ont été persécuté  jusqu’à ce que leur vînt Notre secours. Nul ne peut changer les paroles d’Allah, et d’ailleurs il t’est déjà parvenu une partie du récit  des Envoyés.} Al-An’âm 34

{En vérité, les bien-aimés d’Allah seront à l’abri de toute crainte, et ils ne seront point affligés. Ceux qui croient et qui prennent garde [à Allah], il y a pour eux une bonne annonce dans la vie d’ici-bas ainsi que  dans la vie ultime.  Il n’y a pas de changement aux paroles d’Allah. Voilà l’énorme triomphe!} Younes 64

La sourate Younes qui met en exergue un grand nombre d’invariants que nous transgressons, se clôture par :

{Conforme-toi donc à ce qui t’est révélé, et prends patience jusqu’à ce que Allah rende son verdict, car Il est le Meilleur des juges.} Younes 109

C’est la même Parole à laquelle se sont conformés Noé, Abraham, Moise, Salah, Choayb, Houd, le Messie (saws).

Salomon (saws) était gouvernant disposant des moyens de force pour trancher sans entropie l’horreur de la mécré&nce de la reine de Saba et de sa puissante armée.

David (saws)  était un berger qu’Allah a fait remarquer dans la résistance triomphante contre l’envahisseur et qu’Il a institué en gouvernant en dépit des Bani Israël qui cherchait un notable parmi les élites financières, marchandes, sociales, religieuses et militaires.

Ni David ? NI Mohamed (saws) n’ont porté les armes contre leur peuple. Celui qui dit le contraire doit assumer ses responsabilités.

Est-ce que Youssef (saws) s’inscrivait dans une autre démarche? A travers son récit nous verrons dans le prochain article, inchaallah,   les syllogismes fallacieux de ceux qui détruisent leur pays et répandent le sang des musulmans au nom de leur passion tout en se cachant derrière l’Islam.

Nous avons rappelé, pour une nième fois, la voix de la raison qui refuse l’effusion de sang. Ce rappel ne signifie pas que nous croyons que la Syrie aura la même fin que la Libye abandonnée de tous. Le destin a voulu que les enjeux en Syrie soient plus  grands qu’en Libye et qu’elle ait aussi d’autres voisins et d’autres alliances.

Il est fort probable que le mensonge du 11 septembre et sa symbolique s’exprime de nouveau dans une inversion de territoire. Il est possible aussi  que ce soit la symbolique de Yom Kippour qui se déroulera, inchaallah, du 13 septembre, avant le coucher de soleil,  jusqu’au lendemain 14 septembre, après le coucher du soleil. C’est le jour du pardon. Pour les Juifs, après ce jour aucune demande de pardon ne peut alors parvenir à Dieu ni obtenir sa miséricorde. Quatre jours après Yom Kippour il y aura la célébration de Souccot ou «fête des cabanes » pour commémorer les quarante années d’errance dans le désert du Sinaï. A moins que les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans ne se rencontrent autour de l’eschatologie et de l’Apocalypse, il y a de fortes chances pour que l’errance d’Obama et l’arrogance de son système ne finissent dans une accélération de fin de course. Que ce soit le cas ou non, seul Allah connait le Ghayb, il est n’est jamais trop tard de se repentir de l’effusion de sang et de la spoliation des terres et des biens d’autrui, car la Parole d’Allah est immuable :

{Nous avons créé l’homme et Nous savons ce que son ego lui susurre. Nous sommes plus proches de lui que sa veine jugulaire. Lorsque les deux anges envoyés à sa rencontre s’assoient à sa droite et à sa gauche, l’homme ne profère aucune parole sans que se tienne auprès de lui un observateur prêt à inscrire. L’ivresse de la mort survient en vérité : voilà ce à quoi tu voulais échapper ! On soufflera dans la trompette. Voici le jour de la menace ! Chaque être sera accompagnée d’un conducteur et d’un témoin. Tu restais insouciant à cela ; mais Nous avons levé ton voile de sorte que ta vue aujourd’hui est perçante ! Son compagnon dira :  » Voilà ce que je tiens prêt !  » Vous deux, jetez dans la Géhenne tout négateur endurci, qui s’oppose au bien, qui transgresse, qui doute. Celui qui plaçait une divinité à côté d’Allah, jetez-le dans le terrible châtiment ! Son compagnon dira :  » Notre Seigneur ! Je ne l’ai pas incité à la révolte, mais il était dans un profond égarement « . Allah dira :  » Ne vous querellez pas devant Moi ! Je vous avais bien prévenus de la menace.  La Parole, chez Moi, ne varie pas…}  Qaf 17 à 29

La Parole d’Allah est immuable  : tout négateur, tout transgresseur, tout fauteur de troubles, tout associateur qui met une divinité (idole, religion, idéologie ou Cheikh) qui fixe les règles à la place d’Allah ne connaîtra pas la Miséricorde, même s’il a prié, jeûné,  récité le Coran et combattu pour la cause d’Allah. L’effusion de sang est une transgression. Le sang qui a coulé dans le monde arabe et musulman n’est pas du pipi de chat qui va s’évaporer. Le pet de moustique en méditerranée peut provoquer une tempête dans le Pacifique, que dire alors des cris des innocents tués pour le pouvoir des médiocres et pour la survie de l’Empire ?

 

Al Jazeera, les idiots utiles arabes et la subversion sioniste

Comme à l’accoutumé Al Jazeera forte de son audience dans le monde arabe joue sur le Wahn des esprits moribonds et mortifères pour leur vendre de l’information amalgamée en provenance du palais sans que le savantissime Qaradhawi ne dise ce qu’il est tenu de dire

«  Quiconque nous trompe n’est pas des nôtres »

« Quiconque verse le sang d’un musulman ou incite à attenter à sa vie, à sa dignité se présentera le Jour du Jugement dernier, inscrit sur son front : désespéré de la Miséricorde d’Allah »

Elle vend le faux sans preuves ni arguments :

1 – 87% des 70 000 intervenants sur une de ses émissions de télévision approuveraient  la frappe américaine contre la Syrie. Dans le cas où ce chiffre est vrai, que pensent les 300 millions d’arabes et le milliard et demi de musulmans ?

2 – Elle utilise le présent et non le conditionnel pour imputer au régime syrien l’usage des armes chimiques alors que la France et les USA sont discrédités par leurs informations sans preuves. On ne décrète pas une guerre contre un pays souverain sur la base de vidéos provenant de ses opposants ou d’écoutes téléphoniques provenant de son ennemi. On n’applaudit pas à une guerre mené contre son territoire et son peuple. On ne se fait pas porte-parole de ceux que le Prophète a maudit et qui combattent sous l’étendard de la confusion.

3 – Elle pose comme inéluctable et juste la volonté américaine de punir le régime syrien faisant l’impasse sur les questions essentielles :

–          Pourquoi avoir refusé le dialogue et poussé la Syrie à la guerre civile ?

–          Pourquoi ne pas poser le problème moral, idéologique et politique des expéditions punitives de l’Amérique comme si elle était Dieu se réservant le droit de vie et de mort sur ses créatures.

–          Comment des Arabes et des musulmans peuvent-ils tolérer une agression contre un pays arabe et musulman et s’en faire les porte-voix  alors que la religion, la logique et l’honneur l’interdisent.

4 – Elle ne joue pas son rôle de médias, mais s’affiche comme organe de propagande et de désinformation en faisant croire que la Russie par la voix de Poutine a dit qu’il voterait une résolution de l’ONU et qu’il participerait à la guerre contre la Syrie alors qu’il l’avait dit au conditionnel pour mettre au défi les Etats-Unis et Obama d’apporter la moindre preuve. Voici quelques extraits de l’intervention de Poutine

« S’il y a des informations selon lesquelles des armes chimiques ont été employées, et employées par l’armée régulière de Syrie, alors ces preuves doivent être présentées au Conseil de sécurité de l’ONU (…) elles doivent être convaincantes,

(…) Elles ne doivent pas se baser sur des rumeurs ou des informations reçues par les services secrets au cours d’écoutes, de discussions »,

(…) Si des preuves montrent sans équivoque qui a usé des armes chimiques, alors « nous sommes prêts à agir le plus résolument et sérieusement possible.

Ce n’est que lorsqu’il y aurait des preuves convaincantes que Poutine l « n’excluait pas » de soutenir une action armée occidentale, mais faute de preuves toute action militaire serait à considérer comme une « agression » :

   « Selon le droit international, seul le Conseil de sécurité de l’ONU peut décider de l’usage des armes contre un Etat souverain ».

(…)  » L’usage de la force vis-à-vis d’un Etat indépendant et souverain sera inacceptable et ne pourra être qualifié que d’agression ».

Al Jazeera non seulement court le risque d’être poursuivie devant les tribunaux pour faux et usage de faux, mais elle risque de paraitre ce qu’elle est réellement : une collaboratrice de guerre. Même si le bruit de la guerre ne se fait pas entendre, Obama a déclaré la guerre à la Syrie, et l’opinion mondiale le sait. Les journalistes d’Al Jazeera sont en train de jouer leur honneur et leur vie, mais ils sont tellement pris par leur propre mise en scène qu’ils ont perdu non seulement la pudeur, mais le sens des réalités.

Les journalistes d’Al Jazeera peuvent défendre la cause de l’insurrection armée et de l’opposition syrienne pour des raisons idéologiques ou mercantiles, mais ils ne peuvent faillir à leur devoir d’information ni à la déontologie du journalisme en temps de guerre. Ils ne pourront jamais échapper, dans ce monde et dans l’autre, à leur responsabilité dans la Fitna et dans l’effusion de sang.

L’Islam Jihadiste ou l’Islam politique  aux mains des Bédouins arabes et de voie médiatique du Qatar  ne pourra jamais déboucher sur autre chose que la criminalisation et la mise en échec de l’éveil musulman. Les purs produits de l’Empire anglais et les purs vassaux du sionisme et de l’impérialisme américain ne peuvent mener leur mensonge éternellement et effacer la conscience arabe et musulmane. Personne ne sait quand et comment ils seront balayés de la surface de la terre, mais la majorité s’accorde à dire que leur nuisance a trop duré. Si les Arabes et les musulmans ne voient pas comment Al Jazeera a mené les péripéties des Frères musulmans à la confusion puis à la persécution qu’ils s’attendent donc de suivre le même sort.

Al Jazeera pourrait continuer de mentir, mais il suffit que nous prenions conscience des deux sources véritables de nos malheurs structurels et de ne pas focaliser sur le conjoncturel du régime syrien et de l’usage vrai ou faux du chimique pour nous libérer de la propagande :

– Le moi, le notre,  arrogant et ignorant;

– L’Empire et le sionisme en cours d’achèvement historique…

Positions de principes sur la Syrie

Profitant des contradictions internes de l’Empire qui donnent des moments et des espaces de questionnements avant l’inévitable, j’ai procédé à mon mea-culpa sur la Syrie. Je n’ai pas soutenu un régime, mais j’ai refusé l’agression impériale et sioniste contre un pays arabe et musulman. Je ne suis pas opposant à l’Islam, mais je refuse de cautionner  le comportement infantile et belliqueux des mouvements dits islamiques  qui mènent  à la confusion et à la subversion. Je profite de ce répit pour mettre de l’ordre dans mes articles et créer un dossier Syrie.

Je constate que depuis la « révolution » tunisienne j’ai eu la présence d’esprit de voir comment l’Empire et le sionisme avaient pris en charge intelligemment les révoltes populaires, avaient joué de l’affectif des mouvements islamistes et de leur haine envers les régimes despotiques, et avaient manipulé les éradicateurs et les vassaux arabes rivaux entre eux, pour conduire les Arabes vers le chaos en Libye, en Egypte et en Syrie.

L’Algérie était depuis longtemps déja mise KO au sens propre et figuré.

La Syrie, le Hezbollah et l’Iran étaient dans le collimateur. La Syrie est le dernier bastion de la résistance arabe qui de surcroît assure la logistique des  résistances populaires en Palestine et au Liban qui ont triomphé des agressions militaires. Bien entendu il y’ a d’autres raisons dont la plus importante dépasse la Syrie et l’Iran : l’Empire détruit les possibilités d’éveil de la civilisation islamique que promettait le retour des Arabes à la religion. Ne pas voir l’Euroasie et la géopolitique du pétrole dans les stratégies impériales et se focaliser exclusivement sur une divergence entre Sunnites et Chiites ou entre le régime syrien Nosayri et laïc et les Djihadistes islamistes c’est vraiment faire de la manipulation qui ne travaille ni la paix ni le triomphe de l’Islam. L

e bricolage idéologique et politique du pseudo Kalifat islamique ou de la Dawla islamique avec ses déroutes en Tunisie, en Egypte et sa Fitna en Syrie et en Libye est tellement évident que nous nous attendions à un effort salutaire de questionnement, mais force est de constater que la Sahwa islamique ne repose que sur la  fascination du bavardage  et l’inertie des esprits qui continuent de pratiquer la fuite en avant.

Ma grille de lecture n’a pas changé : je vois l’Islamophobie en oeuvre et je vois les dix commandements US à l’oeuvre. Ils s’appliquent sur nos défaillances et nos lacunes, et surtout sur les pygmalions que l’ignorance des peuples et la rationalité de l’Empire ont su installer comme des idoles sur les tréteaux de la boulitique, sur les minbars des mosquées et sur les hauts rangs de l’Administration et de l’armée comme des Moufsidines qui corrompent tout ce qu’ils touchent sans jamais réparer ni réformer.

En faisant le ménage je retrouve des éléments anciens, mais d’actualité pour comprendre l’horreur de ce qui nous arrive et la part de responsabilité des élites musulmanes et à leur tête Qaradhawi. Il est vrai que j’avais écrit plus que par dépit et par colère que  je trouvais ses positions insensées et ruineuses. Ce que je dis je le prouve.

Le nouveau dossier sur la Syrie contient beaucoup d’articles qui viennent remplacer ceux que j’avais effectué sur la Tunisie et la Libye lesquels  se sont avérés cohérents et crédibles. Ici je remets à l’ordre du jour les contradictions et les reniements des principes par  Qaradhawi lui même, le refus de la Fitna que chaque musulman doit avoir devant les yeux s’il craint l’Enfer,  ainsi que quelques objectifs de la guerre contre la Syrie :

L’appel de SalahEddine à l’arrêt de l’effusion de sang en Syrie : le texte

L’appel de SalahEddine à l’arrêt de l’effusion de sang en Syrie : la vidéo

Qaradhawi : Pourquoi ce reniement ?

Al Qaradaoui : la parution des groupes de violence

Le rapport de la Mission d’observation de la Ligue arabe en Syrie Les principaux enjeux en Syrie

L’ensemble du dossier sur la Syrie ici

Abou Amama et la future dernière guerre de l’Empire.

Effet brownien ou chute de potentiel ?

Dans Fitna, j’ai répondu par des détours coraniques sur l’instrumentalisation géopolitique de l’usage criminel des armes chimiques qui d’ailleurs était attendu depuis longtemps. La Fitna et la guerre programmée sont en oeuvre depuis trop longtemps pour débattre du droit, de la justice et du désastre que les Américains risquent de causer au peuple arabe et musulman syrien. Il faut suivre tous les fils et tous les indices pour tenter de voir un peu de lumière dans la confusion  et la méchanceté qui dominent le monde.

Dans Tayhoudite, Takloubite et Takharbite j’ai évoqué les questionnements sur le Hezbollah et l’Iran en cas d’agression américaine sur la Syrie sans y répondre. J’ai évoqué aussi l’effet brownien ou la logique de l’entropie dans la thermodynamique et dans la génétique qui à partir d’un désordre  dans un corps nourrit la faculté d’adaptation pour en devenir fatalement la loi imposant ses règles et ses conclusions. L’Empire en jouant sur le chaos organisé chez les autres est devenu lui-même prisonnier de sa logique chaotique qui est en train de le mener vers sa ruine. Il faut suivre les méandres tortueux pour trouver un fil conducteur qui pourrait déboucher sur le sens caché de l’absurdité de cette guerre et  ses conséquences qui semblent autant  imprévisibles qu’inéluctables.

Nous avons assisté depuis quelques jours à un crescendo médiatique qui rendait l’agression impériale contre la Syrie inéluctable et imminente. Les Arabes opposés à Bachar Al Assad, les sionistes, les faucons néocons américains, l’Angleterre et la France par leurs médias et leurs diplomates s’en donnaient à cœur joie et à l’unisson tout convaincus que les Etats-Unis allaient rayer de la carte la Syrie au cours du week-end passé. Le silence de l’Iran et les déclarations de Lavrov disant que la Russie n’entrerait en guerre contre personne donnaient du crédit au dénouement dramatique et rapide de la crise syrienne.

J’avais dit qu’il devenait  impossible d’imaginer un autre scénario que la guerre sauf si un miracle se produit en dernière minute. Le miracle s’est produit dans la tête d’Obama en une fraction de seconde prenant de vitesse et à contre coup ses conseillers, ses alliés et son propre système. En effet, le discours d’Obama attendu comme déclaration de guerre et feu vert pour le lancement des missiles a montré un Président américain dans l’embarras qui délègue ses pouvoirs au Congrès américain,  qui diffère l’entrée en guerre, et qui en limite la portée et la durée.

Si la France, pourtant négligée dans l’analyse des médias anglo-saxons et arabes, reste attachée à son cocorico guerrier contre la Syrie, les principaux alliés de la Syrie font volteface par des prouesses « démocratiques » : Canada, Allemagne, et Otan. Les monarchies arabes et l’entité sioniste sont douchées et redoublent de haine et d’aboiement ayant peur de ne pas voir leur agenda se réaliser. L’allié traditionnel, l’Angleterre avait déjà fait volteface à la surprise de tous. L’Empire anglais semble  montrer de nouveau la voie à son héritier et maitre américain.

Que s’est-il passé pour chambouler tous les calculs et tous les pronostics ?

Il semble que la machine de guerre se trouve confrontée à des problèmes internes et externes.

Sur le plan interne :

Sur le plan interne il y aurait un jeu de pouvoir qui est en train de laminer l’Empire déjà fragilisé par ses crises financières, économiques, morales, militaires qui le rendent incapables d’affronter les conséquences d’une nouvelle  guerre dont nul ne prévoit les aboutissements. Toutes les options ne font pas l’unanimité et chacun devra payer le prix politique de son refus ou de son soutien à une option dans une Amérique qui a perdu tous ses repères, mais qui se trouve aspiré par le désordre qu’elle a généré dans le monde sans perspective  de sursaut. La fin de l’Empire est en marche. J’espère avoir le temps de faire une comparaison entre le repli de l’empire britannique des colonies et sa fin, entre le suicide collectif des élites romaines et la fin de l’Empire romain, entre les hésitations d’Obama et la psychologie du pharaon d’Egypte face à Moïse tel que le Coran nous décrit le personnage et  le processus de son effondrement ainsi que de son système.

L’Empire est prisonnier de sa propre puissance qu’il ne contrôle plus et d’une logique d’auto destruction qui le dépasse qui le rendent incapables d’apporter des réponses convaincantes sur ses objectifs de guerres et leurs conséquences après qu’il ait mené la planète vers l’inéluctable de la confrontation en Syrie. Ainsi il se trouve dans la position de l’âne de Buridan pour ne pas dire dans celle du roi Midas aux oreilles d’ânes :

  • Action militaire ponctuelle et limitée qui laisserait le régime en place et une recomposition de la région avec les Russes et où chacun trouverait un semblant de victoire. L’armée impériale, par sa culture et ses moyens, n’est pas dans ce deal. Elle va en guerre ou bien elle n’y va pas pour des considérations purement techniciennes de stratégie et de tactique militaire, même si formellement elle obéît aux ordres du politique. Il est difficile de voir l’armée impériale se comporter autrement qu’au Vietnam, en Irak, en Afghanistan…
  • Action militaire et ponctuelle qui laisserait l’Arabie saoudite et ses mercenaires prendre le contrôle de la Syrie et livrer bataille au Hezbollah et à l’Iran sur le sol syrien avec un chaos qui mettrait en péril les intérêts et les vassaux de l’Empire en récession. La crise de la NSA avec les révélations Snowden montrent que l’Empire ne peut plus maquiller les fausses preuves, ni entrainer son armée sur de fausses pistes, ni impliquer les Etats sur des projets inconséquents. L’Empire est en perte de vitesse, en déficit de crédibilité, en otage de son hyperpuissance informationnelle et médiatique
  • Action militaire totale  que l’armée américaine ne veut pas mener car elle n’a pas les moyens d’occuper la Syrie. Aucun politicien américain n’est capable de donner à cette armée les moyens colossaux qu’elle réclame et encore moins lui donner la caution morale, politique et juridique. Même si le système s’est piégé en disant qu’il pouvait se passer de la communauté internationale et du Conseil de Sécurité de l’ONU, il ne peut pas se passer de ses alliés pour une guerre longue et difficile. Il n’y a que l’entité sioniste et les Arabes imbus de l’arrogance que leur donne argent, stupidité et culture de nuisance qui ne semblent pas voir l’expression d’Al Moutanabi : «  les vents ne soufflent pas au gré du voilier »

Sur le plan externe :

Sur le plan externe, beaucoup de choses se sont passés :

1 – Le Hezbollah tient son cap et fait preuve de capacités d’adaptation déroutante qui le rendent, contrairement au scénario prévu, présent et efficace en Syrie, au Liban et face à Israël. Israël  constate à sa surprise non seulement de plus grand  signes de résistance, mais des possibilités offensives, qui ont déjà fait effondrer le front psychologique de la population pourtant militarisée.

La machine médiatique sioniste avait fait emballer la machine de guerre occidentale en disant que Hassan Nassrallah s’est engagé auprès du Président libanais et de ses alliés libanais de ne pas faire exposer le Liban à une nouvelle guerre et donc de ne pas porter atteinte à Israël. Le silence prolongé de Hassan Nassrallah qui a l’habitude de se prononcer a intrigué les experts qui ont compris tardivement qu’il n’est ni dans les traditions, ni dans la politique ni dans l’éthique du Hezbollah de chercher à épargner Israël et encore moins de s’engager à l’épargner.

Personne n’ignore les déplacements de personnalités occidentales pour s’enquérir de leurs intérêts et de leur place au Liban selon que le Hezbollah fasse le mort, qu’il soit mort devant l’Empire et le sionisme ou qu’il se réveille s’opposant à eux. Personne n’ignore les voyages de Fillon et son refus de cautionner la guerre au Liban et en Syrie. Il sait que les conditions nouvelles ne sont pas celles  de la Libye de Kadhafi.

 2 – Les Iraniens, par leur différents commandants de forces, ont fait savoir, par un effort de communication intense et habile, aux Américains et aux Européens, qu’ils refusent n’importe quel scénario et n’importe quel arrangement et qu’ils resteraient au côté des Syriens. Si le détail de la riposte iranienne est caché, les Iraniens ont fait connaitre au monde entier leur engagement, leurs cibles et les conséquences probables dans la Région.

3 – Les Brigades Al Qassam et la résistance palestinienne armée ont fait savoir qu’elles s’impliqueraient activement et durablement dans le conflit.

4 – Le Président syrien n’a fait aucune concession et se montre déterminé à se battre et à endurer les frappes avec la possibilité de ripostes. Al Jazeera, comme à son accoutumé, fait état des défections dans les rangs  des généraux et des soldats de l’armée syrienne.

5 – Poutine, ancien chef du KGB, semble avoir manœuvré habilement. Il a laissé son chef de diplomatie tenir un langage pacifiste qui a été interprété comme un aveu d’impuissance, alors que politiquement et militairement il appuie l’armée syrienne, et médiatiquement il se moque des mensonges et de l’arrogance occidentale. Le matériel de transmission débarqué en Syrie et la marine russe présente avec plus de moyens et de signes guerriers près des côtes syriennes indiquent une présence militaire russe. Les positions russes en faveur de la Syrie  rappellent ses positions en faveur de  Cuba contre l’Amérique et du  Canal de Suez contre la France et l’Angleterre.

6 – La Chine et la Russie n’ont pas cédé au Conseil de Sécurité et rien n’indique qu’ils vont céder. Il y a une bataille qui dépasse la Syrie : c’est la fin de l’hyperpuissance, c’est la fin d’un monde unipolaire. Les pays émergents ont vu les nouvelles possibilités et y ont cru : ils s’impliquent. Les Pays arabes et musulmans ne voient pas comment le centre de gravité du monde se déplace, car ils sont sans projet d’implication, d’émancipation. Certains  resteront en marge de l’histoire, d’autres en sortiront humiliés et maudits, car ils auront financé la Fitna dans leur aire civilisationnelle et ils auront financé les derniers souffles de vie d’un Empire agonisant.

La diplomatie, les médias et le renseignement russe ont remporté une victoire contre l’Occident en montrant les faux américains, anglais et français fabriqués à partir des montages sionistes et arabes. La France officielle et la France médiatique continuent  sa casuistique en proclamant le secret de Polichinelle : « l’usage des armes chimiques en Syrie » alors que la raison de guerre demande de désigner l’usager.

7 – L’ONU, chambre d’enregistrement et boite de résonnance de l’Empire, demande un délai pour ne pas perdre le peu de crédibilité qui lui reste encore. Rien ne dit que les conclusions des experts iront dans le sens désiré par l’Empire.

8 – Même la ligue arabe n’a pas donné mandat malgré que la majorité de ses membres soit contre la Syrie et que ces derniers sont parvenus à faire condamner le régime syrien.

9 – La dernière couverture, religieuse, celle d’Al Azhar, vient de se prononcer contre l’agression. Dans les jours à venir nous allons sans doute assister à une entrée en scène des communautés musulmanes sunnites et chiites pakistanaises. Les nouveaux dirigeants et les élites religieuses au Pakistan ont de lourds contentieux avec l’armée et l’Administration américaine. Des discussions de paix entre l’Inde et le Pakistan prennent des tournures prometteuses pour les peuples de la région.

10 – Les Chinois, les Indiens, les Russes, les Pakistanais et les Russes ont de grands projets communs et de grandes ambitions pour reprendre en main l’Afghanistan après la débâcle américaine. Lorsque les experts français désignent leur Président actuel de Poire ou de notaire de province ils le font par dépit  intellectuel, par nationalisme  et par le sentiment de ratage qui poursuit la France comme une malédiction post coloniale dont elle ne tente l’émancipation qu’en se vassalisant auprès des USA.

11 – Le double jeu de l’Empire lui a fait perdre le soutien de l’Egypte. Les militaires égyptiens sont confrontés à la gestion du canal de Suez vers qui convergent les porte-avions et les destroyers américains.  Nous avons l’habitude, depuis notre jeune âge, de voir l’armada américaine se déployer dans sa superbe puissance, mais c’est la première fois où nous voyons des contradictions, des hésitations, de la confusion qui annoncent des difficultés qui prennent de l’ampleur rendant l’hyperpuissance de plus en plus fragile et isolée. L’histoire a le secret des paradoxes qu’elle cultive pour prendre d’autres chemins et aller vers d’autres aboutissements.

12 – Le Vatican s’unit à la voix des Chrétiens d’Orient qui refusent à l’unanimité l’intervention de l’Empire en Syrie. Les médias français minimise ou occulte l’information. Elle est pourtant capitale. Le Vatican a joué un grand rôle dans la chute de l’Empire soviétique et du mur de Berlin ainsi que dans les révolutions colorées en Europe. Il a été l’artisan étroit de la CIA dans la guerre froide car l’agenda du Vatican, l’évangélisation du monde, rencontrait celui de l’Empire. L’expérience irakienne, l’expérience serbe, ainsi que le dynamisme des Eglises orthodoxes sous l’impulsion de Poutine rendent le Vatican plus prudent. Les Chrétiens de Syrie, de Palestine, du Liban disent haut et fort leur appartenance au monde arabe et musulman que l’Arabie saoudite et ses hommes de main vont détruire jusqu’à mettre en péril leur culte et leur existence. Le laïcisme intégriste français ne peut comprendre le sentiment religieux.

Par ailleurs la psychologie des hommes marquant l’histoire semble jouer un grand rôle dans le devenir du monde.  Obama et le Pape François nous donnent une autre image que celle de Bush et du Pape Benoît XVI. Bon gré ou malgré ils introduisent des contradictions dans leur propre système comme s’ils étaient pris par des limites qu’ils ne peuvent franchir malgré leur fonction symbolique et malgré les fonctions que leur accorde le système qui les emploie et qui les a choisi.

13 – L’Irak interdit la violation de son espace aérien en cas de guerre contre la Syrie. Exsangue et subissant une guerre civile qui fait plus de 50 morts par jours dans des attentats visant les mosquées et les marchés, les Irakiens savent que leur malédiction portent la marque américaine et saoudienne. La logique d’inversion du régime de terreur leur impose d’apporter leur soutien à la Syrie et à l’Iran.

14 – Il est vrai que les Afghans, à l’instar des Palestiniens, n’ont pas fait preuve de vigilance et se sont trouvés été impliqués dans la guerre en Syrie pour le compte des monarchies et des services anglais et américains. Il est vrai aussi qu’ils portent les mêmes contradictions, les mêmes confusions et surtout les mêmes stigmates que leurs coreligionnaires arabes.  La haine du colonisateur et la vision globale de certains mouvements islamiques afghans leur donnent le sens des priorités. Ce n’est sans doute pas un hasard que les embuscades et les coups de main contre les troupes américaines se soient multipliés et intensifiés.

Rien ne dit que dans un avenir proche  les Iraniens, les Russes et les Pakistanais ne vont pas apporter un soutien plus conséquent à la résistance afghane qui rendra le retrait américain sanglant et humiliant. L’Amérique a la puissance et les moyens, mais son armée est vulnérable par son déploiement dans le monde entier. Le cout en vie humaine et en logistique va devenir lourd à supporter et imposer l’abandon des bases et des colonies comme ce fut le cas pour l’Empire britannique. Obama et l’armée américaine sont peut-être conscients des nouvelles équations ainsi que des limites psychologiques, militaires et financières de leurs appareils de puissance mondiale.

15 – L’OTAN,  l’Allemagne, l’Angleterre, le Canada, l’Italie refusent de participer à la guerre.

Tous ces éléments complexes ne permettent pas objectivement de dire qu’il n’y aura pas de guerre ni de dire que la Syrie a les moyens de gagner cette guerre, mais ils autorisent à dire que l’Empire a perdu de sa capacité à anticiper et à innover. Il est face à une résistance intérieure et à une résistance extérieure qui sont, comble du paradoxe, le fruit de sa politique du chaos, chaos qui se retourne contre lui et qu’il ne pouvait ni voir ni prévoir par l’excès de confiance en son invulnérabilité. Il y a d’autres forces en émergences qu’il a méprisées et comme dit le dicton algérien «  la branche que tu ne vois pas risque de crever les yeux ».

Les mouvements islamiques, focalisés sur la force de l’Empire, ont composé avec lui  ou se focalisés sur lui en restant autarcique, et ainsi ils ont négligé le reste du monde. Ce reste du monde a faussé tous les calculs de la manière la plus inattendue. La guerre est encore loin, renvoyée à une dizaine de jours ou à un mois : l’Empire est déjà prisonnier de ses choix guerriers qui le mettent dans le meilleur scénario dans une posture infernale : « le gagnant sera le perdant ». La guerre ne s’inscrit pas dans le seul  rapport des forces en présence ni dans la comptabilité des systèmes d’armes embarqués dans les airs et les mers.

Guerre intérieure,  guerre extérieure et leurs dommages collatéraux sur la France et les monarchies arabes ?

En attendant de voir la guerre et ses conséquences, nous pouvons faire des anticipations en faisant des scénarios de la guerre que vont se livrer les sénateurs américains à Washington. Pour comprendre l’importance de ce débat sur la guerre à l’extérieur sur la vie politique intérieure de l’Empire il faut se rappeler trois commandements sur les dix commandements américains :

  • L’empire est le produit de la violence
  • L’empire est le paradoxe de la  culture insulaire qui donne préoccupation à sa vie intérieure aux dépens des autres, mais dont la profondeur stratégique est l’intérieur des côtes des autres. La politique intérieure et la politique extérieure sont synonymes. La réussite ou l’échec de l’une aura des répercussions inévitables sur l’autre.
  • Israël : en plus de l’attachement biblique et symbolique, sa sécurité fait partie de la sécurité intérieure des Etats-Unis

Il faut aussi se rappeler que le Congrès américain dans ses deux composantes  « républicaniste » et  » démocratiste » est majoritairement sioniste. Les analystes qui suivent de près la vie politique américaine observent l’émergence d’une troisième voix non sioniste et  non interventionniste avec des chefs de files anti système. La lutte politique et idéologique autour de la guerre en Syrie va opposer non seulement les partis traditionnels, mais le système et l’anti système, les sionistes et les non sionistes, les capitalistes purs et durs et les libéraux sur fond de crise, d’incertitude, de doutes, de confusion sur l’avenir de l’Amérique  et sur les résultats de la guerre dont le questionnement  dépasse le simple alignement patriotique traditionnel derrière le Président. L’Amérique semble se poser la question de la crédibilité et de l’efficacité de sa puissance, sous des perspectives différentes voire inconciliables.

L’Empire doute de l’usage de sa force au point d’entrer en crise. Lorsqu’on parle de crise on parle d’une situation nouvelle où les repères, les hommes, les concepts, l’histoire ne parviennent plus à fédérer une entreprise, un parti ou une nation sur des valeurs communes et des perspectives communes. En général les crises favorisent l’Émergence de l’homme providence qui porte le fardeau et qui incarne le changement. Obama élu pour ce rôle semble pétrifié, hésitant, insondable, incapable de conduire son système à surmonter la crise de confiance en y ajoutant la crise d’autorité.

Même si le système est globalement acquis au changement de régime en Syrie, au soutien de l’opposition armée, il est confus sur la nature et les conséquences de son implication, car il doute de lui-même et de ses chefs. Le débat sera davantage un débat psychanalytique qu’un débat politique. Ce débat, quelque soit l’issue de la guerre en Syrie, laissera des stigmates plus grandes en termes de confiance et d’autorité, donc en termes de crises du système.  Selon que  la crise de légitimité se manifeste avant ou après la guerre les conséquences seront plus dramatiques pour la gestion de la guerre ou pour les conséquences de la guerre.

Dans l’Etat de confusion de cette fin de règne – avec d’un côté des pertes de repères et dans l’autre des idées de changement ou de résistance –  il faut imaginer le débat sur la guerre en Syrie comme un débat sur le niveau de violence attendu de l’armée impériale, sur la sécurité et le devenir d’Israël, sur les désirs des sionistes et des lobbies juifs,  sur la gestion des conséquences politiques et économiques dans le monde arabe et dans l’opinion mondiale.

Le débat sera houleux, idéologique et politique. Il y a tellement de facteurs qui entrent en jeu qu’il nous faut juste nous focaliser sur les extrêmes inconciliables entre :

  • Refuser la guerre contre le Président
  • Mener la guerre au-delà des objectifs du Président.
  • Redonner la main au Président pour qu’il s’assume…

Derrière chacun des choix il y a des luttes idéologiques, symboliques  et politiques très complexes. Quel que soit le choix, il ne fera  qu’accélérer la  décomposition du système en exposant les symboles du pouvoir à la crise de confiance, à la crise  d’autorité, à la crise  de continuité. Les symboles sont l’Administration et l’Armée. Le système ne va pas tomber, mais va aggraver ses crises en y ajoutant la crise de pouvoir, la crise de symbole. Plus que la guerre en Syrie qui semble inéluctable, plus que les conséquences de la guerre qui semblent imprévisibles en termes de gains et de pertes pour chaque partie et pour chaque région, la question majeure est la guerre idéologique et politique aux Etats-Unis. Pierre Grasset –  l’expert français sur les questions de  défense et de géostratégie et fin connaisseur du fonctionnement de l’Empire – avait écrit quelque chose qui doit retenir notre attention : lorsque le ministre de la défense ou le chef d’Etat-major des armées démissionne, il faut lire l’évènement comme un coup d’Etat. La crise est telle que les arrangements d’appareils et les modalités de fonctionnement du système ne peuvent plus se faire poussant les éléments du système à entrer en violence contre le système par le refus de le servir.

Les parlementaires anglais se sont défiés de David Cameroun et de Nick Clegg provoquant une crise du système sur des questions de politique internationale. Le fait n’est pas anodin. Il faut faire le rapprochement entre la culture insulaire anglo-saxonne,  la fin de l’Empire et la fin de la colonisation.

La crise protéiforme  interne et externe ne va sans doute pas épargner la foi des Américains dans les   fondamentaux des Etats-Unis. En plus de ses graves conséquences sur l’armée américaine et sur le pouvoir américain, elle va poser, sans moyens de les éviter, le rapport de l’Amérique à l’entité sioniste, comme elle va poser sans moyens de les éviter les rapports de vassalité à l’Amérique impériale. Ces rapports vont se poser à la conscience des gouvernants et de leur opposition.

Si on fait abstraction des dommages de fond ou des dommages collatéraux que vont provoquer les choix des sénateurs il faut imaginer les conséquences de la guerre en Syrie pour le devenir de l’Empire :

–          Comment  l’Empire et ses alliés vont-ils gérer avec la Russie un processus de paix négociée en Syrie  à la suite d’un éventuel d’une frappe limitée qui sauve le régime syrien et qui sauve les apparences de l’Empire ? Qui s’en sortira le plus renforcé : les Russes et l’axe Eurasie ou les Américains ? La question lancinante d’aujourd’hui sera relancée : comment arriver à la solution politique en Syrie  alors que l’Empire et ses vassaux arabes et sionistes ont refusé.

–          Comment  l’Empire et ses alliés vont-ils gérer le chaos si la guerre prend d’autres proportions et s’impose plus longue et plus complexe que prévu. Le chaos  remettra Israël non seulement au cœur du problème palestinien et au cœur du drame arabe, mais comme un viol historique dans la conscience humaine, un problème récurrent qui empoisonne la paix et la sécurité mondiale. L’Histoire s’accélère et ressemble davantage à un embourbement dans les sables mouvants que dans un Blitz  médiatique et militaire. Même s’il y a Blitz, la bataille de Stalingrad a montré les retournements historiques et militaires. Même s’il y a Blitz, l’invasion de l’Irak a montré son absurdité : aucun objectif de guerre n’est atteint si on ne fait pas de l’entropie une politique en soi.

–          Que va faire Obama si le Congrès lui renvoie la balle ou s’il lui impose d’autres choix : va-t-il confier à l’armée ses prérogatives ou va-t-il devenir l’exécutant de la politique de ses rivaux politiques ? Les termes du discours d’Obama montrent la voie : il va vers la guerre, car la décision est prise ainsi que son calendrier. Pourquoi l’imbroglio formel les confusions discursives ?

–          Que vont  faire Obama  et l’Administration américaine  après le G20 si Poutine, les Pays émergents et l’opinion mondiale leur signifie non seulement leur refus de la guerre mais leur font  endosser de nouveau les responsabilités de l’ensemble des conséquences de la guerre dans le monde ? Obama va aller en guerre, alors pourquoi la différer après le G20 tout en n’attendant pas les résulttsq de la commission de l’ONU sur les armes chimiques.  C’est kafkaïen ! Le gouvernement français va-t-il démissionner lui qui a engagé sa responsabilité de suivre l’Administration américaine (ou plus exactement les médias français emballés par les sionistes) si jamais il y a de nouveaux changements de cap à l’horizon ou lorsque la guerre ne se déroulera pas comme annoncée sur le plan de la durée, du budget et de l’étendue du champ des opérations ?

Pour l’instant les médias français continuent leur pressing après s’être remis de leur effondrement que le discours d’Obama a provoqué. Il y a d’autres effondrements en vue qui les attendent et que ni la haine de l’Iran, ni de Bachar Al Assad, ni de Poutine ne pourrait contenir. Les jours sont comptés même si beaucoup ne voient pas que la guerre a déjà commencé et que nous voyons déjà les avancées et les reculades, les percées et les replis sur le champ politique et diplomatique préfigurant le champ de bataille militaire. Dans ce compte à rebours les USA et la France tentent de gagner l’opinion publique et d’aligner les voix officielles sur l’agenda de l’Empire faisant semblant d’ignorer le spectacle désolant de la réalité historique que le romantisme français a sublimé dans «  le radeau de la méduse ». La partie adverse qui ne veut pas connaitre le naufrage est sans doute à pied d’œuvre pour transformer la plaisance guerrière en déluge infernal selon le dicton algérien « si  la porte d’’entrée est facile à trouver, la porte de sortie sera difficile ». Une chose est pourtant acquise et elle défie tout l’imaginaire rationaliste de va-t-en-guerre dans son évolution : l’isolement du régime syrien.

Depuis deux ans le Président syrien et son système étaient isolé sur le plan arabe et international. Les gens les plus honnêtes tentaient de faire des analyses sur l’Empire et ses vassaux du Golfe, alors que certains hommes de religion refusaient la sédition armée et l’effusion de sang, mais personne ne soutenait le gouvernement syrien. La loi du paradoxe ou de l’inversion a voulu que dès que la décision de frappe américaine contre la Syrie s’est affichée comme inéluctable les soutiens de plus en plus massifs au Président Assad et à la Syrie devenaient apparents à Londres, à Washington et dans les capitales arabes. Personne ne sait comment ce sentiment va évoluer ni comment il va s’organiser, mais il existe et il faut faire avec pour l’analyse et pour la conduite de la guerre et de la résistance à la guerre.

L’opposition armée syrienne et ses commanditaires arabes ne voient toujours qu’ils seront les grands perdants, et ce quel que soit le scénario qui va s’imposer : une logique  politique, frappe limitée,  ou guerre totale. Dans le champ des plus grands perdants il y a bien entendu les néo ottomans d’Erdogan qui vont payer un prix rédhibitoire pire que celui payé par les Frères musulmans pour leur acharnement contre la Syrie dépassant toute logique et toute morale. Je ne crois pas que la Turquie sera stable après les premières victimes des frappes américaines et après les premiers dégâts, même si ce sont des soldats et des infrastructures militaires.

Dans le premier cas ni le peuple ni la communauté internationale n’en fera des interlocuteurs politiques valides ou représentatifs. Ils seront dans la situation du cocu magnifique. C’est le scénario qui a le plus de chance de voir le jour.  C’est un scénario qui peut à court terme donner l’illusion à l’Arabie saoudite et aux GIA internationaux de tenter des offensives sur les positions syriennes  détruites ou affaiblies par les frappes américaines et à long terme générer le chaos. C’est un remake de la guerre Irak Iran que les Etats-Unis et leurs alliés arabes et occidentaux ont fait durer le plus longtemps pour épuiser toutes les ressources de la Région. C’est aussi l’expérience réussie en Libye où les frappes ont ouvert des brèches par où l’opposition a pris le contrôle du pays. C’est un scénario possible, mais difficile vus la configuration du terrain, l’organisation de l’armée syrienne présente dans les villes pour faire face à la guérilla, la présence sur le sol syrien de combattants entraînés du Hezbollah et des Gardiens de la révolution iranienne.

Dans la réalité des faits, le scénario libyen a été tenté et a connu un échec. L’armée syrienne a détricoté les ceintures de l’opposition armée qui ont serré l’étau autour des grandes villes syriennes et tout particulièrement autour de Damas ces dernières semaines qui ont permis au monde entier de connaitre la Ghouta et le rif damasqi et d’attendre la chute du régime syrien annoncée pour début septembre. Mais l’armée syrienne s’est déployée avec intelligence et a remporté une bataille non seulement contre l’opposition armée, mais contre les experts occidentaux, arabes et turcs qui encadraient les combattants étrangers. L’arme chimique et la déclaration de guerre qui fait suite viennent comme  recours dramatique. Pour l’instant, les informations parlent de combats violents et de grandes pertes dans les rangs de l’opposition qui rendent le scénario libyen difficile à mettre sauf s’il y a un effondrement total de l’armée syrienne et dans ce cas nous serions dans le cas de figure de la guerre totale.

Il y aura beaucoup d’effusion de sang, mais à long terme rien ne dit que la région ne va pas enfanter du plan diabolique qui lui a été préparé une  expérience inédite de guerre et une pédagogie de formation de chefs de guerre contre l’Empire et Israël. La région est instable politiquement et rien ne permet d’affirmer quelle sera la future couleur idéologique des futurs gouvernants.

Les Russes et  les Chinois ont sans doute pris en considération  cette perspective, ils peuvent sans intervenir officiellement en guerre apporter du renseignement et de la logistique. Les américains ne sont plus seuls en mer méditerranée.

Dans le second cas, ils sont dans une logique de guerre qui se nourrit de sa propre logique et en leur sein. Ils ne trouveront pas le consensus et le rang unifié pour aller à une table de négociation ou pour gouverner  puisque dans les moments de la guerre ils n’ont pas pu unifier leur rang et avoir un projet de gouvernance. Ils vont se réveiller comme les idiots utiles et les pions que l’Empire a fait avancer dans la conquête de l’échiquier régional sans leur accorder un droit au maigre butin.

Dans le cas de la guerre totale, les équilibres et les curseurs actuels vont totalement changer vers trois configurations qui ne travaillent pas les agendas de l’opposition. Ce sera une  lutte impitoyable que se livreront  de petits seigneurs de guerre sur un territoire ravagé. Sinon ce sera une résistance globale contre l’Empire et ses alliés. Le pire des scénarios sera une guerre arabes contre iraniens ou sunnites contre chiites et là aussi il faut avoir le courage de dire que les arabes et les sunnites sont tellement déchirés et insensés sans projet à long terme qu’ils finiront par entre-tuer dans une guerre de cent ans si ce n‘est pas mille ans. Toujours dans cette hypothèse probable de guerre totale, l’Administration américaine, au delà d’Obama, va perdre toute crédibilité car non seulement elle aura menti au monde d’une manière éhontée et aura affichée au monde que le pouvoir américain est divisée avec toutes les conséquences sur les futures alliances et les contrats stratégiques. Les gouvernants vassaux seront mis à nus devant leurs opinions.

Dans tous les cas l’Empire saura se replier sur ses bases arrière avant d’achever son cycle historique et disparaitre comme les empires des Pharaons, des Perses et des Romains. La fin de l’Empire est  historiquement inéluctable. Nos intelligences et nos émotions sont sollicitées pour voir les signes précurseurs  de cette fin.

Saint Pétersbourg : plusieurs  rencontres

Dans l’attente de la fin proche, mais lointaine  de l’Empire il y a urgence à voir ce que réserve la rencontre directe ou indirecte en Obama et Poutine dans le cadre du délai qu’Obama a fixé pour frapper la Syrie : un jour, une semaine ou un mois. Obama peut être considéré comme symboliquement isolé au G20, mais cela ne changera pas sa position sauf s’il se déjuge ou s’il se passe un événement qui force l’histoire à prendre un nouveau chemin. Il est vrai que l’Empire n’a plus toutes les cartes en main et qu’il nage dans la confusion, mais il est vrai aussi qu’Obama va rencontrer Poutine avec deux cartes en main. La première carte est authentique et redoutable : sa déclaration de guerre à la Syrie. Sa seconde carte est la négociation avec le Congrès américain qu’il peut tourner en chantage internationale.

Obama et son équipe vont donc rencontrer les Russes et leurs alliés avec trois éléments : le principe acquis d’une solution politique négociée en Syrie (Genève 1), la déclaration de guerre, l’accord de principe sur Genève 2 pour formuler et conclure les modalités de Genève 1 avec l’Amérique, cette fois-ci  en position de force. La position russe semble fragile.

Si par contre nous envisageons l’hypothèse que les Russes viennent avec une autre carte d’échange : l’engagement des Iraniens à poursuivre un programme nucléaire pacifique qui sera confirmée par la rencontre à l’ONU entre Obama et le président Rohani lors de la prochaine assemblée générale. Obama a déjà un prix Nobel de la paix qui rehausse le prestige d’une Amérique en faillite. Ce serait tentant pour lui d’entrer dans l’Histoire et de donner en même du répit à l’Amérique dot tous les horizons semblent bouchés sauf celui de la guerre. C’est une hypothèse plausible pour un homme qui n’a plus d’ambition politique à la Maison blanche et qui veut jouer un rôle messianique comme l’a préparé l’établissement civil et militaire pour faire sortir l’Amérique de ses crises  insurmontables.

Ce dernier scénario peut trouver écho aux Etats-Unis où commence à se former une opinion au sein des politiques et des civils qui ont de plus en plus conscience de la faillite de leur système et du rôle néfaste du sionisme qui les entraine plus vite dans le sens de sa chute. Les choses ne sont pas simples, car elles sont en devenir.

La rencontre est complexe, elle ne sera ni celle de la politique classiciste ni celle de l’économie et du commerce. D’une manière informelle et sans la présence obligatoire des intéressés nous aurons la rencontre au sommet entre le Tsar et  l’Empereur, entre les chefs des Eglises orthodoxes, catholiques et protestantes, entre les Musulmans et les Chrétiens, entre les forces émergentes et les forces en épuisement, entre la volonté de domination unilatérale de domination exclusive du monde et le partage des intérêts. Je suis prêt à parier qu’il y aura aussi la question du terrorisme islamique.

Le devenir fait partie du Ghayb qui échappe à l’entendement humain qui pourtant doit conserver sa lucidité et sa capacité de prospective pour assurer sa cohérence, sa survie et son déploiement dans un monde où rien n’est gagné ou perdu d’avance, mais où tout se construit.

L’Amérique est une hyperpuissance que des naufragés en provenance d’Europe ont construite  en tuant certes d’autres peuples, mais aussi en mobilisant leur intelligence, leur travail, leurs territoires, leur temps et leur argent. La Russie se relève de la même manière. L’Iran aussi. Ils parviennent à assurer leur survie et à imposer relativement leurs conditions. Dans ce processus, l’histoire humaine peut décider de mettre sur le compte du terrorisme islamique ce que la civilisation occidentale et ses vassaux arabes et musulmans ont permis et ont voulu. Les Frères musulmans sont en train d’en payer le prix. Ce sera peut-être le nouveau prix que les Salafistes devront payer. Ce sera une pause le temps que l’Empire se refasse une seconde jeunesse ou qu’il s’effondre. Est-ce que la pause va profiter aux musulmans pour repenser le monde ? Est-ce qu’il y aura réellement une pause. Je ne sais pas !

Réajuster à temps le curseur idéologique et politique ou disparaitre et ne pas voir la fin de l’Empire.

Je ne sais pas ce que serait le devenir du monde après Saint Pétersbourg et  après le vote du Congrès américain, mais je sais que la France a bouffé son dernier capital. Je sais aussi que faute de pensée autonome et d’observatoire outillé nous restons prisonniers de la lecture des autres et de leurs actes.

Je sais d’une manière intuitive, à travers quelques indices, que  la guerre qui semble livrée à l’extérieur n’est en réalité qu’une guerre livrée à l’intérieur du système américain et au sein des appareils de l’Empire, car il s’agit de sauver leur pays du naufrage qui les attend.

La doctrine américaine qui semble prendre le pas est celle de Brezinski, celle du Soft-Powerment qui prévoit de se retirer du Moyen-Orient et de laisser les Arabes, les Perses, les Turcs  et les Musulmans s’entre-déchirer. La même doctrine semble vouloir chercher une émancipation de l’entité sioniste.  J’avais écrit un pamphlet sur le salamalec  d’Obama au Caire « l’Antéchrist Abou’âmama, l’Amérique et les mondes musulmans« , il annonçait cet article et les événements qui l’ont suscités un an après

Libéré de ses fardeaux au Moyen-Orient, l’Amérique, une certaine Amérique, imagine sans doute retarder l’échéance de son déclin ou reprendre son élan dans un cadre plus restreint et plus « associatif ».  L’école du soft a sans doute formaté Obama et son « softened strike » préfigurant ainsi un système dans le système dominant américain celui du Hard.  Deux doctrines de guerre, deux luttes idéologiques, deux systèmes de gouvernance qui s’affrontent sur deux projets opposés : continuer à dominer le monde ou vivre les changements du monde. Dans les quatre situations nous sommes dans la posture du dicton algérien «  lorsque les aigles se battent dans les air, c’est les épis dans le champs qui reçoivent la raclée »

La doctrine partiellement appliquée a réussi en Libye. Elle a réussi en Egypte. En Syrie, elle semble trouver ses limites. Les Américains vont-ils donc se replier et se mettre à gérer leurs propres limites ou s’engager au-delà de leurs limites et pousser les autres à sortir de leurs limites.  Nous savons d’après la presse spécialisée que l’armée militaire est opposée à toute idée de guerre dans la région. L’épreuve russe, l’épreuve du Congrès et l’épreuve de la guerre en Syrie vont dévoiler les dessous de cartes.

Nous savons aussi, selon la même presse, que les détracteurs de la version officielle du 11 septembre sont de plus en plus écoutés par les officiers américains. Il est vrai que l’armée américaine est une armée impériale, impérialiste, mais il est vrai aussi qu’elle a une éthique et une doctrine de guerre comme toutes les armées du monde. Une armée peut remettre en cause le système qu’elle sert lorsque l’éthique et la doctrine qui lui donnent raison de porter l’uniforme et d’aller sur le champ de bataille sont mises en péril par les civils qui la commandent.  Le général Hannibal ou le  général Marc Antoine peuvent revisiter notre époque sous d’autres formalismes historiques et politiques si nous prenons la peine de les questionner.

Au moment où je termine la rédaction de cette analyse je tombe sur une information qui rend les choses encore plus compliquées pour Abou Amama dans son projet de réformer le système ou de le maintenir avec ou sans la guerre en Syrie.  La chaine TV de Globo, de Rio de Janeiro, vient de réaliser un scoop déstabilisant le Brésil et le système américain à deux jours du G20 en divulguant, dimanche soir, des documents des services secrets américains livrés par Edward Snowden. La présidente du Brésil Dilma Rousseff a fait l’objet d’espionnage de la part de l’Agence nationale de sécurité américaine NSA/USA. Voici ce qu’écrit  le Point et qui annonce un G20 houleux avec Poutine disposant d’autres cartes à jouer rendant les manœuvres américaines difficiles à éviter le naufrage :

Pour la réunion de lundi, la présidente Rousseff a convoqué notamment les ministres de la Défense Celso Amorim, des Affaires étrangères Luiz Alberto Figueiredo, et de la Justice José Eduardo Cardozo. « Si ces faits sont avérés, ce serait une situation inadmissible, inacceptable, qui pourrait être qualifiée comme une claire atteinte à la souveraineté de notre pays », a réagi dimanche soir le ministre de la Justice José Eduardo Cardozo. Si elle est confirmée, l’interception par les Etats-Unis de communications de la présidente Rousseff « représente une violation inadmissible et inacceptable de la souveraineté brésilienne », a déclaré lundi le chef de la diplomatie brésilienne Luiz Alberto Figueiredo lors d’une conférence de presse, réclamant de « rapides explications officielles par écrit ».

D’autres organes ajoutent que « le sénateur Ricardo Ferraco, qui préside la commission des affaires étrangères du Sénat brésilien a créé une commission chargée d’enquêter rapidement sur cette affaire. »

 Je sais aussi que le G20 de Saint-Petersbourg,  dans la continuité de Durban et  dans le prolongement des axes Eurasie et Amérique du Sud, va contribuer à isoler l’Empire sur le plan économique.  Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud vont annoncer la création d’une banque de développement des BRICS et la création de réserves communes de devises. L’Iran et le Pakistan vont certainement se joindre à ce cortège.

L-emergence-des-BRICS-focus-sur-l-Afrique-du-Sud-et-le-Bresil

 Les pays arabes et musulmans (à l’exception de l’Iran) sont loin de comprendre les enjeux et de s’inscrire dans la dynamique. La meilleure preuve est la gestion des « révolutions arabes » confiée à l’Empire avec toutes les conséquences que l’on sait alors qu’elles avaient le devoir de s’ouvrir au monde et de s’inscrire face à l’Empire. 

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Conclusion

1 –  Tout conduit  non seulement vers une guerre totale en Syrie, mais vers une confrontation globale dans la région. En effet :

– La Turquie veut  ouvrir des lignes de front terrestre et envahir la Syrie ? Erdogan a fait du régime syrien et de Bachar Al Assad un problème personnel et s’est placé dans l’irrationnel. Le peu de rationalité lui montre qu’il a fait prendre à la Turquie tous les risques sans rien gagner alors que  l’idée de prendre des territoires, de régler des contentieux historiques et idéologiques s’offre à lui.  Que feront les Arabes ?

– Le Hezbollah sait qu’il est visé par l’agression. Il est déjà engagé en Syrie, et il ne peut que continuer de livrer la bataille pour sa survie et pour la survie de l’axe de la résistance. Il peut attendre et gérer le terrain en Syrie, mais la nature de la confrontation est telle qu’il pointera l’entité sioniste. La nature agressive et opportuniste de l’entité sioniste est telle qu’elle cherchera la confrontation au Liban et en Palestine. L’armée américaine va-t-elle laisser l’armée sioniste seule ou va-t-elle s’impliquer au Liban et régler avec le Hezbollah un vieux contentieux ? Tout laisse supposer une implication active et totale du Hezbollah.

– Non seulement les  Alaouites risquent l’extermination, mais également les  Sunnites  majoritaires dans l’armée, la police et l’Administration eu regard de l’expérience irakienne et de  l’expérience algérienne. Quelque soit la nature, l’étendue et la durée des frappes ils n’auront, avec les Chrétiens, que le choix de la fuite ou le combat pour la survie.

2 – Dans quelques jours nous seront face à  l’heure de vérité.  La question reste posée : quels sont les moyens de riposte de l’armée syrienne? Elle n’a pas les moyens techniques et logistiques d’affronter l’armée américaine sur le schéma des guerres modernes technologiques. A t-elle prévu une riposte adaptée sur d’autres cibles dans la région ? A t-elle tiré les enseignements de la bataille de Bagdad et de Belgrad ? Quelles sont les pertes qu’elle peut supporter et quelles sont les pertes qu’elle peut provoquer dans les rangs de l’agresseur et de ses alliés ?  Quel est le rapport de pertes admissibles pour les deux parties ? Le temps accordé par Obama ne joue ni en sa faveur ni en sa défaveur car la construction des lignes de défense et le maniement de systèmes d’armes sophistiqués ne se réalisent ni en jours ni en semaines, mais en mois voire en années.

3 – Si l’armée syrienne et ses alliés dans la région se sont préparés à cette guerre inévitable et prévisible alors il y a beaucoup de chance que le conflit sur le sol syrien ou dans la région arabe devienne une guerre intérieure aux Etats-Unis  fatale pour l’Empire et ses alliés. Sinon l’Empire ne fait que se donner l’illusion de repousser l’échéance de sa fin dans quelques années :

{Vaincus seront les Romains, dans la terre la plus basse (la plus proche), et après leur défaite, eux, ils (les musulmans) vaincront, dans quelques années (dans 3 à 9 ans). A Allah appartient la décision finale, aussi bien avant qu’après. Et ce jour-là les croyants se réjouiront de la victoire d’Allah . Il fait triompher qui Il veut, car Il est l’Invincible , le Miséricordieux.} Ar Roum

C’est une promesse sans cesse renouvelée si nous savons la lire et la traduire dans la réalité. Il nous faut comme Moussa (saws)  ( voir « Résistance globale  » ) démonter les mécanismes de l’oppression en nous plaçant sur le terrain de la vérité pour dévoiler toutes les supercheries de Pharaon et de ses appareils politiques, économiques, économiques et idéologiques. Je reviendrais sur la personnalité de Pharaon pour y voir les Signes de la fin de son Empire plein de similitude avec l’hyperpuissance américaine.

4 –  Un grand nombre d’Arabes et de Musulmans de la Région savent qu’ils jouent une bataille existentielle que leur imposent l’Empire,  le sionisme et leurs vassaux. Ils sont conscients de cette bataille comme ils sont conscients des siècles de Wahn qui leur montrent qu’il n’y a ni pitié ni respect ni prospérité à attendre d’un système qui les écrase et les humilie. Cette bataille gagnée les fera entrer de nouveau dans l’histoire. Cette bataille perdue ne fera pas changer le niveau de Wahn. La mort n’est pas la fin de la vie, mais le début d’une nouvelle vie et la fin du Wahn. L’équation se présente tout autrement pour l’Empire : leur gain est insignifiant dans l’état actuel ou en devenir du monde, mais une résistance qui met en échec leur plan sera une catastrophe dont il ne se remettra pas car il est déjà avancé dans sa chute et il n’en a pas conscience.

5 – Tout l’artifice médiatique, diplomatique et psychologique consiste à faire croire à l’armée syrienne et à ses alliés que les frappes seront limitées ou graduelles sans objectif de changer le régime et ce jusqu’à obtenir l’accord du régime syrien de négocier en position de faiblesse la solution politique. L’erreur fatale serait donc de croire à une issue négociée et de ne pas riposter vite et fort et de la manière la plus surprenante. C’est ce que nous attendons dès le premier missile sur Damas. L’empire est tellement plongé dans son délire de puissance mélangé à de la confusion et du chaos qu’il ne perçoit plus la logique de chaos qu’il est en train de générer contre lui-même et contre ses alliés.

6 – Dans ce cafouillage général dans cette volonté de guerre inéluctable, et dans l’attente du vote du congrès, nous gardons en vue la loi du paradoxe qui semble intervenir rendant les choses  plus confuses, plus absurdes, et plus imprévisibles, nous devons garder en vue que les canaux de communication entre tous les acteurs sont encore ouverts et que toutes les informations ne sont pas dites et que toutes les cartes ne sont pas abattues. Snowden n’a pas divulgué tous ses secrets, Pharaon Abou Amama n’a pas livré tous les mystères de sa psychologie, les intérêts américains et occidentaux dans la région ne se sont pas encore exprimées du moins dans les médias,  l’Histoire ne s’est pas encore achevée…

7 – Est-ce qu’il est logique de croire que l’armée américaine pourrait  frapper Damas impunément et puisse retourner en paix dans ses bases comme si elle revenait d’une colonie de vacances. L’entité sioniste et la France sont les seuls à se montrer illogiques et empressés.

La résistance palestinienne et libanaise joue sa survie et va se redéployer dans une nouvelle configuration régionale. Le sentiment arabe anti américain, anti sioniste et anti saoudien va ressurgir et exploser de nouveau. Le sentiment slave, humilié en Serbie, va s’exprimer au sein de l’armée et du peuple russe qui ont des traidions.

8 – L’Occident a misé sur Rouhani ignorant qu’il est un des promoteurs et le principal gestionnaire du nucléaire iranien et souhaitait le récupérer après le départ de Ahmed Najad l’infléxible.  Rouhani est davantage ouvert aux russes et Chinois. La rencontre Poutine Rouhani à Saint Petersbourg  placera le curseur géostratégique en défaveur des monarchies arabes et des Occidentaux.

9 – L’industrie miliaire et la société d’exportation de matériel de guerre de la Russie ont l’opportunité et la pertinence de profiter de la guerre en Syrie pour exposer à la demande internationale leur offre sophistiquée en matière de défense nationale. Est-ce que les Russes vont rater cette occasion de promouvoir leur technologie et de gagner des marchés  et laisser les Français et les Américains dominants du marché ?

10 – Le triomphe cynique de la puissance militaire et technologique américaine lors de la seconde guerre mondiale s’est accompagné à ce jour d’un nihilisme moral, d’un désenchantement  et d’une crise de confiance et d’autorité qui annonçaient la fin d’un monde. L’Afghanistan, l’Irak et la Syrie vont apporter dans une sorte de réaction en chaines de malédictions la folie et le suicide de l’Empire.

11 –  L’Occident et le monde arabe, opposants tièdes ou farouches à la guerre et partisans modérés ou intégristes de la guerre, ne s’interrogent que sur les conséquences limitées ou débordantes de la guerre. Rares sont ceux qui posent la question du droit. Comme en Irak, en Afghanistan, en Libye, l’Empire se pose en Syrie comme la norme qui décide du juste et de l’injuste, du vrai et du faux. L’humanité est à un niveau de régression morale tel qu’elle ne peut faire l’économie du chaos qui va renverser l’ordre établi et dont elle paiera la facture pour son indolence.

{Et prenez garde à une épreuve qui n’atteindrait pas uniquement  ceux qui ont été injustes d’entre vous. Sachez qu’Allah punit sévèrement.} Al Anfal 25

Tayhoudite, Takloubite et Takharbite : détruire la Syrie et le monde arabe.

Le dialecte algérien désigne par :

  • Tayhoudite, la nuisance sociale sous les apparences de bigoterie morale ; étymologiquement il signifie faire le Yahoudi qui s’est distingué des Bani Israël en transgressant les Prophètes et en les agressant pour s’émanciper de la loi mosaïque et devenir bigot anarchiste.
  • Takloubite, la ruse et la cruauté de l’hyène face à sa proie ; étymologiquement il signifie faire le vassal et l’opportuniste  en rampant et en haletant comme un chien. Il signifie aussi de s’ancrer dans le monde et de refuser de s’en libérer à moins d’en être violemment arraché comme un koulab (tenailles).
  • Takharbite, la diversion, l’amalgame et la casuistique d’un fauteur de troubles ; étymologiquement il signifie provoquer la mise en ruines (kharba) en mettant sens dessus, en brouillant les cartes.

Ensemble, ils sont le Tchitine c’est-à-dire l’implication, l’activation et l’interaction des processus sataniques subversifs et  destructeurs. Étymologiquement il signifie se comporter comme le serpent arabe du nom de Chaytane connu par sa capacité à se tapir, à se faufiler furtivement et à attaquer à l’improviste en injectant du venin mortel.  Le peuple algérien sait conjuguer le Berbère et l’Arabe lorsqu’il  évoque les intrigues et les efforts collaboratifs du maître colon et du colonisé auxiliaire  pour saper l’identité et le territoire de l’Algérien.

[dropcap]P[/dropcap]rofitant à la fois  de la confusion (Fitna)  qui règne dans le monde arabe et musulman et de la vassalité des Européens, le sionisme et l’Empire tentent de rééditer le « coup » irakien. Ils battent les tambours de guerre et sonnent le glas. Nul n’a les moyens d’anticiper sur l’agenda et les objectifs de guerre, sur  l’étendue du champ de bataille et ses conséquences. Les moyens médiatiques, les moyens psychologiques  et les moyens militaires sont mobilisés.

Cette fois-ci ils font preuve de moins d’imagination pour faire valoir leur « preuves » médiatiques. Il leur suffit de proclamer  leur verbe comme « paroles d’Evangile » pour trouver non seulement les capitales occidentales  et arabes consentantes et les opposants syriens empressés de voir leur pays et leur peuple sous le déluge de feu, mais la bénédiction de savants et d’intellectuels séniles et monstrueux. La hargne de la guerre contre la Syrie semble défier celle menée contre l’Irak.

Il faut être sénile ou monstrueux pour croire que le déluge de feu sur Damas, le Président syrien ou l’armée arabe syrienne va trancher un conflit que les séniles et les monstres ont attisé au lieu de régler par le dialogue, faute d’avoir la patience des Prophètes qui accompagnent la réforme globale. Il faut être un eunuque pour supporter de voir un général syrien déserteur ou un général  arabe qui n’a jamais gagné une guerre ni envisagé d’en livrer une contre l’entité sioniste venir expliquer la précision chirurgicale des frappes de l’armée américaine comme d’autres généraux arabes l’ont expliqué pour occulter le nombre de morts et la destruction en Libye.

Rompant avec la patience et l’effort assidu de la réforme, ils encouragent l’effusion du sang et la dislocation du territoire. Faisant fi de l’interdiction du Prophète (saws) de combattre sous un étendard de confusion (false flag) ils se félicitent de l’intervention de l’OTAN en Libye et appellent de tous leurs vœux  l’intervention américaine en Syrie. Sans culture géopolitique ni culture politique ils participent à la destruction d’un Etat croyant ainsi remporter la victoire sur un régime qu’ils ne sont pas capables de gagner politiquement, idéologiquement et militairement.

Prisonniers de leurs passions et de leur culte idolâtrique du chef ils refusent non seulement de voir l’absence d’arguments religieux, moraux et politiques  du recours à la violence armée dans le verbe des incitateurs à la guerre, mais de voir comment ils déchirent leur pays et répandent le sang des innocents au profit des luttes d’influence que se livrent les Bédouins et les Janissaires pour être les favoris du sionisme et de l’Empire.

Nous sommes plusieurs à avoir demandé depuis des mois des arguments religieux attestant de la véracité des Fatwas meurtrières. Nous sommes nombreux à avoir exposé les arguments coraniques et prophétiques contre le meurtre des innocents et contre la violence armée dirigée contre un Etat constitué dans un pays musulman tant que la Salat est respectée et tant que le Kofr n’est pas Kofr Bawah : flagrant, incontestable, admis par tous.

Nous sommes plusieurs à avoir dit qu’il est injuste et immoral, si on admet le recours extrême à la violence armée contre un gouvernant despote et illégitime, de diriger la violence contre la Libye, le Yémen et la Syrie et de la refuser en Arabie saoudite source des Fitna dans le monde arabe, au Bahreïn où on a assisté à une répression sanglante des manifestants, et en Algérie où un parti islamiste a été réprimé après avoir remporté démocratiquement les élections. En Egypte où la Constitution, l’Assemblée, le Sénat, le Président, le gouvernement, les partis politiques et les médias proches des Frères musulmans sont suspendus et réprimés  personne n’appelle au Jihad. Nous sommes en droit moralement, religieusement, intellectuellement et politiquement de nous questionner sur ce traitement discriminatoire.

Le frère Salaheddine est sans doute celui qui a fermé la porte à toute dérive affective et à toute subversion dès le début en refusant de croire que la révolution arabe née d’un acte de désespoir qui a poussé un jeune homme à s’immoler attentant à sa vie propre vie sacrée puisse ne pas donner autre chose qu’un suicide collectif. Tout ce qui est fondé sur le faux est faux et finit par s’écrouler pour le dommage de tous. Personnellement j’ai montré dans mon livre « Révolution arabe : mystique de l’histoire ou mystification », alors que la « révolution était à son commencement, qu’il y avait des possibilités de libération des peuples arabes, mais que l’inculture géostratégique des élites et l’absence de curseur idéologique allait se transformer en cauchemar et donner l’occasion à l’Empire de continuer à provoquer les césures dans nos géographies, nos mentalités, nos économies et nos politiques.

Qaradhawi qui a appelé au Jihad contre le régime syrien, qui donne caution aux assassinats de ceux qui refusent la Fitna et qui appelle ouvertement l’Amérique à bombarder la Syrie est interpellé par la logique : pourquoi épargner l’Egypte de l’appel au Jihad contre les éradicateurs ?

Pourquoi ce Takharbite qui fait fi de la réalité confessionnelle et de l’interaction sociale et spatiale dans le Cham (Palestine, Syrie et Liban). Une guerre menée par les Croisés occidentaux mettra fin à 14 siècle de vie commune entre musulmans et chrétiens avec des répercussions dont seul le Tchitine connait l’ampleur puisque dans ses plans de Takloubite et de Tayhoudite il prévoit plus tard de venir en aide aux populations chrétiennes après les avoir armées pour les sauver de la barbarie des musulmans. La majorité des Chrétiens d’Orient ne sont ni sionistes  ni occidentalistes. Ils font partie intégrale de la civilisation musulmane et de la culture arabe. Les hommes d’Eglise semblent être plus arabes, plus rationnels et plus humanistes que les docteurs en  Fiqh et en Charia. Les gens du Cham utilisent le terme  » la Kharbata » pour désigner le dérèglement hormonal, l’amalgame des mots, le jeu du désordre des choses. Quel que soit le dialecte utilisé,  les Arabes du Maghreb et du Machreq  partagent les mêmes jeux et les mêmes maux. Il était attendu des élites arabes, politiques, intellectuelles et religieuses, de contribuer à mettre de l’ordre dans la pensée, dans les émotions et dans les mots, mais ils n’ont ni le désir, ni la compétence, ni la vocation.

Pourquoi n’avoir jamais mobilisé des hommes, de l’argent et des tribunes pour soutenir les musulmans réprimés et violentés en Afghanistan, en Birmanie, au Nigéria ? Pourquoi criminaliser  la Chine,  la Russie et  l’Iran lorsqu’ils s’opposent à l’intervention américaine en Syrie alors que la religion, la raison et l’histoire nous demandent de voir la réalité et de prendre position en connaissance de cause et avec équité. Faire l’impasse sur les rapports de forces, sur les intelligences et les contradictions économiques en présence sur l’échiquier mondial n’est pas honnête pour un homme de religion.

Est-il possible qu’un savant musulman ait moins de conscience et redoute moins les conséquences d’une agression impériale sur un pays arabe et musulman que les parlementaires anglais et l’opinion mondiale.  Est-il possible qu’un savant musulman refuse d’écouter les arguments contradictoires et de jouer un rôle de juge et arbitre lorsque la justice est absente alors que la Russie est en train de montrer qu’elle conteste les « preuves » américaines, car elle dispose d’image satellites prouvant le contraire et qu’elle disposent d’informations mettant en cause le renseignement  de l’entité sioniste dans la fournitures d’écoutes amalgamées.

Est-il logique que le Tayhoudisme arabe ne soit pas perçu par les Arabes alors que leurs Tayhoudites se taisent sur la judaïsation de la Palestine par les Beni Yahouda ? Est-il normal d’offrir à l’Empire et au sionisme une paix durable,  inconditionnelle et sans contrepartie alors que la Palestine est vidée de ses terres, de son sang, de ses ressources, de son histoire, alors qu’on offre à la Syrie que la capitulation, la guerre civile et le démembrement ?

Est-il possible que le Takloubisme, ce comportement à la fois de chien enragé qui aboie et qui mord, et de chien sournois haletant en quête de rapine ne soit pas perçu par les Arabes qui vivent dans le Wahn qui les laissent comme des gamelles que tous les chiens galeux convoitent et dévorent ?

 Est-il possible que les experts en Fitnalogie, les docteurs en Takharbite, qui sèment la zizanie, la félonie et la confusion persistent à brouiller les cartes et à inverser les rôles sans que la conscience religieuse ne vienne à se ressaisir pour voir et expliquer le sacrilège commis au nom de la religion et de la liberté.

Est-il possible qu’un savant du niveau de Ramadhan Al Bouti soit assassiné pour avoir refusé de cautionner la Fitna sans que cela n’interpelle les hommes de religion.

Est-il possible que le frère Salah Eddine Abou Arfa d’Al Qods soit humilié et chassé de la mosquée sacrée par des excités se réclamant de l’islam parce que Salah Eddine  a assumé ses responsabilités religieuses en  rappelant aux Arabes de ne pas commettre le sacrilège de verser le sang et en osant dire la vérité qui dévoile les Tayhoudites, les Takloubites et les Takharbites dominants le monde arabe. N’est-il pas urgent d’apprendre à dialoguer et de consentir à dire et à écouter tant la parole n’incite pas au meurtre et à la corruption sans que que celui qui parle ne puisse mettre sa vie, sa liberté et sa dignité en périls?

Est-il possible de voir les Arabes et les Musulmans ne pas se réveiller et dénoncer la ligue arabe et l’Association internationale des Savants musulmans  qui non seulement se sont tus, mais qui coopèrent avec l’Empire pour lui donner finances, caution morale et religieuse, territoires, diplomatie, justifications politiques pour détruire les armées et les territoires arabes. Est-il possible que la tyrannie d’un gouvernant et de ses généraux puisse être invoquée pour verser le sang des musulmans, saper leur Etat déjà moribond, et servir les intérêts stratégiques de l’Empire et du sionisme.

Comment comprendre la haine que se portent les Arabes et les musulmans si ce n’est la rencontre entre deux cultures : celle du colonisé et celle du colonisateur qui ensemble tissent la toile idéologique, politique, économique et social du        Tayhoudite, Takloubite et Takharbite.

Comment ne pas voir l’œuvre des Arabes et des imposteurs de l’Islam dans le Tayhoudite, Takloubite et Takharbite lorsque l’Empire se venge du front du refus arabe (Irak, Syrie, Libye et Algérie) contre la normalisation de Sadate avec l’entité sioniste, lorsqu’il agresse l’axe de la résistance, et lorsqu’il sape ce que le Prophète (saws) a béni   :

  • Tabarani rapporte que le Prophète a dit :

« Les Anges d’Ar-Rahman étendent leurs ailes sur la Syrie »

Ceux qui acceptent pour des intérêts partisans et se montrent ingrats devant le sacrifice du peuple syrien à soutenir la résistance libanaise et palestinienne et maintenant encouragent ouvertement ou en cachette l’agression de la Syrie sont des monstres.

  • l’Imâm al-Boukhârî rapporte que Ibn Omar rapporte a le Prophète (saws) a dit :

 « O Allah mon Dieu ! Bénis pour nous la Syrie ! O Allah mon Dieu ! Bénis pour nous le Yémen ».

  L’assistance  lui dit  alors : « Et le Najd ? ».

 Il reprit : O Allah mon Dieu ! Bénis pour nous la Syrie ! O Allah mon Dieu ! Bénis pour nous le Yémen ».

 Ils lui disent de nouveau : « Et le Najd (Est de Médine)? ». Et je crois qu’à la troisième fois il leur dit :

« Dans cet endroit, il y a des tremblements de terre et des séditions. C’est à cet endroit que se lèvera la corne du diable (le fer de lance du mal)».

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(Le Najd est le territoire à l’Est de la province de Médine couvrant les provinces actuelles de Riyad, Al Qasim et Haïl.)

  • Tabarani rapport que le Prophète (saws) a dit :

« Par Allah, Je vous en conjure par Lui, vous devez vaincre les Egyptiens, car ils seront alors un soutien pour vous et des adjuvants dans la cause d’Allah »

 « Vous trouverez des armées (alliés) : une en Syrie, une autre en Egypte, une en Iraq et une autre au Yémen »

N’est-ce pas que l’Egypte, la Syrie et le Yémen sont sous l’œuvre démoniaque de la sionisation, de la prédation et de l’insenséisme. Je ne suis pas partisan des raccourcis, mais force est de constater que la Fitna en provenance de l’Est de Médine provient de pays et de mouvements œuvrant pour l’Empire et le sionisme. Il suffit de voir la carte du monde et de la projeter dans les temps passés et dans les temps présents pour voir les facteurs se conjuguer depuis des siècles pour détruire l’arabité et l’islamité comme l’avait prédit le Prophète (saws) :

« La fitna viendra de l’est »

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Qui  cherche donc  à allumer le feu de la Fitna entre Sunnites et Chiites et entre Arabes et Iraniens, et à détourner la communauté musulmane de ses problèmes majeurs alors que la même carte de géographie et la même histoire impériale anglo-saxonne nous montrent les mêmes  pays et les mêmes régimes façonnés par le satanisme, la cupidité, et la stupidité.

Les divergences doctrinales, idéologiques et politiques internes au monde arabe et au monde musulman ne permettent à aucun Arabe et à aucun Musulman, sous n’importe quel prétexte et sous la conduite d’aucune figure charismatique faisant autorité médiatique ou religieuse, d’accepter l’effusion de sang ou le chaos, lorsque la religion et les impératifs géostratégiques désignent le crime,  le criminel, son commanditaire  et ses complices.

Quelles les sont donc les motivations qui facilitent le Tayhoudite, le Takloubite et le Takharbite si ce ne sont les prétentions à se croire le meilleur rendant licite le sang sacré, les cupidités qui convoitent, et des confusions qui font perdre les repères religieux, moraux et nationaux. Notre Prophète (saws) qui nous a expliqué les petits et grands  détails pour ne pas nous  laissés sans cap et sans sens devant les partisans de la sédition et de la subversion :

Abû Saïd al-Khudri (ra) a dit :

«  Nous étions une fois en présence du Messager de Dieu  alors qu’il était en train de diviser l’aubaine de guerre. Dhu-l-Khuwaysira, un des hommes de la tribu de Tamim, s’approcha de lui et lui dit : « O Messager de Dieu, sois équitable ! ». Le Prophète répondit : « Malheur à toi ! Qui sera équitable si je ne le suis pas ? Tu es bien perdu si je ne suis pas équitable ! ». ‘Umar (ra) dit : « Messager de Dieu ! Permets-moi de me battre avec lui pour que je lui coupe la tête ! ».

Mais il dit : « Laisse-le, car il a aussi des compagnons ; et l’un de vous pourrait détester de faire sa prière en leur compagnie, ou de jeûner en leur compagnie. Ils prononcent le Coran, mais il ne va pas au-delà de leur clavicule. Ils passent à travers la religion comme une flèche passe à travers sa cible ». Abû Saïd continua : Je jure que j’étais présent lorsque ‘Ali ibn Abi Talib lutta contre eux. Il ordonna de ramener cet homme »

Dhu-l-Khuwaysira, est l’emblème personnifié de la Fitna, laquelle peut prendre des formes institutionnelles (pays, parti politique, groupe sectaire). Dans ce Hadith on voit les principales causes qui alimentant la Fitna autorisant le sacrilège :

  • Se considérer plus pieux, mieux informé et plus digne de servir l’Islam que ne l’est le Prophète lui-même. Cette psychologie mégalomaniaque et ce zèle bigot font plus de tort à la communauté musulmane que Satan lui-même. Les savants de la Fitna et leurs vassaux ne donnent ni argument religieux, ni argument moral ni argument politique ou géopolitique, ils se contentent de se poser comme parlant au nom de Dieu comme s’ils étaient dépositaires de  Sa Parole ou des  Justiciers exécutant Son Décret. Dhu-l-Khuwaysira se prétendait plus équitable et plus savant de l’équité que le Prophète. Le Prophète (saws) a annoncé les malheurs et la perdition qu’une telle prétention réaliserait tant au sein des illusionnés qu’au sein de la communauté.
  •  Omar exprime la conscience de la communauté qui doit couper la tête de la Fitna si elle ne pas veut en devenir otage.
  • Ali est leur victime. La nation musulmane fournira des victimes parmi ses plus illustres fils tant que l’ensemble de la communauté restera divisée et en proie aux séditieux qui imposent leur loi et leur idéologie. Le monde musulman et le monde arabe tout particulièrement sont otages de la bigoterie savante et infantilisante.
  • Le Prophète a décrit leur religiosité sans humanité et ses conséquences afin que la communauté ne soit pas otage des apparences et des discours qui instrumentalisent la religion et qui manipulent la crédulité.
  • Le facteur déclenchant est l’aubaine de guerre. La cupidité, la convoitise, la prédation se rencontrent pour désacraliser les valeurs sacrées et rendre nulle et non avenue la parole d’un Prophète même si cette parole est évidente.
    • Nous ne pouvons ignorer les énormes moyens financiers mis en œuvre pour la Fitna dans le monde arabe. Les Arabes stupides se sont empressés d’annoncer la manne qui donne légitimité au coup d’Etat en Egypte. La stupidité la plus grande c’est de voir le gourou des Frères musulmans se préoccupés davantage de la haine des Arabes et des sionistes contre Bachar Al Assad et ne pas voir que les haineux sont en train de détruire son propre pays et qu’ils ont réalisé un coup de maitre en créant de la Fitna en Egypte, en Libye et en Tunisie pour agresser militairement la Syrie. L’Empire et le sionisme n’ont pas oublié le rôle de la Syrie dans leur défaite face à Gaza et dans l’équilibre de la terreur que le Hezbollah a réalisé par l’équation  « Beyrouth /Tel-Aviv ».
    • Nous ne pouvons ignorer les enjeux stratégiques du pétrole et du gaz : les découvertes en Syrie et le transport des hydrocarbures russes via la Syrie.
    • Nous ne pouvons ignorer la manne financière que les Arabes n’arrivent pas à gaspiller dans l’achat de joujoux immobiliers et militaires et que l’Empire capte à son profit et fait dilapider pour laisser les futures générations arabes sans perspectives de développement.

Tayhoudite, Takloubite, Takharbite, et Tchitine œuvrent pour que  chaque clan arabe se fasse voir un ange à magnifier et glorifier, mais présenter les autres comme des démons à blâmer et à éradiquer, alors que la situation est plus complexe sur le plan social, politique, idéologique, et historique. La seule démarcation est géostratégique, pour ou contre l’Empire et le sionisme, pour ou contre la prise en main de la société arabe de son devenir moral, religieux et politique, pour ou contre l’Islam dans sa vocation originelle de libérateur et de civilisateur, pour ou contre  l’indépendance politique et économique, pour ou contre le dialogue et la solidarité des peuples.

Le manichéisme simpliste et infantile ne sert ni la vérité ni les peuples. Il sert Satan, l’Empire, le sionisme et leurs liges.

Il ne s’agit pas d’être pour ou contre un dictateur, contre un parti, ou contre une armée, mais de refuser l’agression d’un pays par une coalition impériale. Allah a promis qu’il ne donnera jamais suprématie des mécréants sur les Croyants, ni des injustes sur les justes. Si les Croyants sont défaits intérieurement ou extérieurement ils doivent chercher les causes de leurs malheurs autrement qu’en se focalisant sur la quête de pouvoir comme si le pouvoir était leur totem ou leur fétiche. Les jours à venir vont dévoiler l’ampleur des dégâts que la quête du pouvoir à n’importe quel prix et dans n’importe quelles conditions a occasionné dans les mentalités, les mœurs, les économies et les géographies. J’implore Allah de protéger la Syrie et le peuple syrien d’une Fitna plus grande que celle qu’ils subissent actuellement.

Si jamais l’Etat syrien s’effondre alors imaginer comment les rivalités des pervers du Qatar et de l’Arabie saoudite vont se transformer en horreur sur le sol syrien. A moins d’un miracle ou d’une guerre mondiale,  il est difficile d’imaginer comment un petit pays avec 9000 missiles sol air et 4000 batteries antiaériennes, encerclé, sans continuité géographique avec son allié iranien peut trouver les ressources pour résister contre une coalition infernale qui a la maîtrise totale de l’air et de la mer et qui ne va sans doute pas livrer bataille au sol ni tenter de l’occuper et donner ainsi à la résistance nationale et régionale l’occasion de lui infliger de lourdes pertes.

Syrie

L’Iran n’a pas d’autre alternative que de frapper les territoires arabes, mais pour quells résultats et pour quelles conséquences. Est-ce que le Hezbollah peut supporter tout seul l’effort de guerre dans un Liban en proie à la Fitna. Tous les pays de la Région ont été conduit  sur un volcan de Fitna, de Takharbite, de Takloubite et de Tayhoudite, pour être neutralisés. Il n’y a pas de complot, mais la démonstration de la faillite des militaires et des civils, des gouvernants et des opposants, des islamistes et des non islamistes qui n’ont ni la morale ni l’intelligence de ne pas voir au delà de leur intérêts immédiaits.

La partie n’est pas encore jouée et le Tchaytine ne se réalise jamais comme prévu, lorsque l’on sait qu’un pet de moustique ou qu’un battement d’ailes de papillon peut provoquer une tempête dans l’océan, dans la mer, dans les terres, dans les airs ou dans les esprits. Il y a une loi statistique sur l’entropie de ce qu’on appelle le mouvement brownien, le mouvement chaotique, qui devient générateur de sa propre dynamique jusqu’à faire oublier par qui, par quoi et comment il est arrivé à ce stade de chaos. Le Takharbite entretenu depuis trop  longtemps est comme le mouvement browinien, il est une seconde nature qui va entraîner dans son sillage les intelligences impériales, sionistes et vassales jusqu’à la  confusion ultime ne voyant ni la finalité de leurs objectifs ni l’issue de leur épuisement et de leur fin qui sera dramatique car imprévisible et soudaine.

S’il y a doute il faut juste voit comment les dominants ont introduit le mouvement brownien observé dans la thermodynamique vers la finance internationale puis ont subi ses ravages sans avoir prise sur ce mouvement. La force impériale et sioniste est entrain d’activer ce phénomène à l’échelle des pays et ce mouvement de désordre programmé finira par n’obéir à aucune logique programmatique sauf la sienne qui engloutira ses auteurs. Le désordre planifié qui échappe à ses auteurs pour les ravager est une imposition historique que le destin exécute par des voies impénétrables et imparables. Qaradhawi avait promis de présider la prière à Damas, il se démène comme un sénile. Les Frères musulmans avaient ouvert les frontières égyptiennes du Jihad contre la Syrie, ils se retrouvent persécutés et emprisonnés.  Obama avait compté sur Camroun et ils se retrouve avec Hollande impuissant à gouverner la France.

Il y a  sans doute une réaction de l’Iran, du Hezbollah, de l’Irak et de la Russie planifiée pour avant, pendant et après l’agression. Personne n’en connait le contenu et la configuration spatiale et temporelle. Il est donc inutile de spéculer. Lorsque les Russes disent qu’ils ne veulent  être les ennemis de personne,  les spéculateurs leur font dire  Russes qu’ils ont abdiqué alors que peut-être ils ont voulu  sous-entendre qu’ils continueront de soutenir le régime syrien sur le plan logistique, diplomatique et informationnelle. Chacun y va de sa manière de broder l’écriture du monde. L’expérience a montré que Hassan Nassrallah est un homme lucide, compétent et crédible. Il ne manquera ni de s’exprimer ni de réagir. Il sait que c’est la résistance à l’Empire et au sionisme qui est visée au delà de la Syrie. Le HAMAS a perdu le cap lorsqu’il a laissé l’esprit partisan prendre le dessus sur les considérations stratégiques et tactiques

Nous implorons Allah le Maître des univers de nous donner un peu d’espoir et de montrer les Signes à l’Empire comme Il les a fait voir à Pharaon et à Hamana avant de les prendre de la manière la plus inattendue et la plus imparable.

Dans l’espoir qu’Allah fasse éteindre les feux de la Fitna et de la guerre et qu’on puisse entamer une réflexion sérieuse sur les signes de la fin de l’Empire,  du sionisme et de leurs vassaux. Il faut le faire car Allah (swt) nous a dévoilé les stratagèmes du Chaytan et l’expérience nous a enseigné comment finit le Tchitine.

La Fitna : sa réalité passée et actuelle dans le monde arabe 2/2.

[Partie 1/2] [Partie 2/2]

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 {Ils t’interrogent au sujet du combat durant le mois sacré. Dis: « Combattre en ce mois est un vrai sacrilège ! Mais éloigner les hommes de la cause d’Allah, Le renier,  et détourner les fidèles de la Mosquée sacrée,  expulser ses habitants, tout cela est un sacrilège plus grave encore au regard d’Allah ». La subversion est plus grave que le combat. Et ils  n’auront de cesse à vous combattre tant qu’ils ne vous auront pas détournés de votre foi, si toutefois ils y parviennent. Quiconque d’entre vous qui apostasie de sa religion et meurt tout en étant renégat : alors ceux-là sont vaines leurs actions dans ce monde et dans l’autre ; ceux-là sont les hôtes du Feu ; ils y demeurent éternellement.} Al Baqara 217

[dropcap]L[/dropcap]’Islam et les coutumes arabes se rejoignent sur un principe : le respect de la sacralité de la parole donnée, de certains lieux et de certains moments. Il s’agit d’assurer des opportunités et des pertinences  pour apaiser les tensions et renouer le dialogue entre belligérants. Il s’agit aussi de donner aux civils la possibilité d’assurer leur existence. Il s’agit aussi de rendre la guerre plus économe en vies humaines. C’est un sacrilège de transgresser ces principes. Nous avons vu dans le monde arabe, de l’Algérie jusqu’à l’Egypte en passant par la Syrie, comment les éradicateurs, les tenants du tout sécuritaire, et les agents de l’Empire et du sionisme conjuguaient leurs volontés et leurs efforts pour interdire tout dialogue et tout arrêt de l’effusion de sang. Plus le sang coule et moins il y a de passerelles de dialogues et bien entendu plus la subversion se généralise et s’intensifie et plus les conséquences de la guerre sont désastreuses non seulement pour les belligérants, mais pour l’ensemble de la nation.

Il s’est  trouvé qu’un chef d’expédition militaire désigné par le Prophète (saws) pour défendre une position s’est trompé de date et a engagé le combat contre un détachement d’idolâtres. Les Arabes païens de la Mecque avaient suffisamment de poètes, d’argent et de prestige pour mener une campagne médiatique contre le Prophète afin de la déconsidérer aux yeux des opprimés et des faibles retenus à la Mecque.  La guerre idéologique et psychologique voulait montrer les adeptes de l’Islam comme des meurtriers et des  transgresseurs tout en provoquant la zizanie dans leurs rangs. Le Coran a tranché la question en prenant la défense des opprimés et en montrant que le sacrilège le plus grand n’est pas dans le meurtre commis par erreur d’appréciation militaire, mais dans la subversion qui a présidé à la guerre et que tout le monde connait : la persécution des musulmans.

Le terme Fitna signifie dans ce contexte à la fois la subversion et la persécution qui ont conduit les Croyants à se défendre par les armes après avoir été expulsés de leurs demeures et spoliés de leurs biens pour avoir proclamé leur foi et défendu leur droit à croire en Allah (swt) et suivre Son Prophète (saws).

L’analyse historique et l’étude sémantique avec ses subtilités lexicales et ses tournures grammaticales montrent la manipulation et la subversion dans la diabolisation de l’adversaire. Dans les temps présents nous voyons comment les résistances palestinienne et libanaise sont présentées comme des organisations terroristes, comment l’Iran est tenu de renoncer à l’acquisition technologique sous le prétexte qu’il doit fournir lui même la preuve de son pacifisme à la communauté internationale non pacifique, les vainqueurs des élections sont tenus de reconnaître l’interruption du processus démocratique et se soumettre à la dictature, les destructeurs de la Syrie présentés comme des révolutionnaires ou des amis de la Syrie…

Le Coran nous  montre le devoir de s’attacher à la vérité des faits au-delà de l’émotionnel souvent trompeur et de ne pas céder au tapage médiatique facétieux. La puissante médiatique de la subversion peut masquer la vérité pendant un certain temps, mais elle ne peut  détourner le cours de l’histoire qui impose sa loi, sa dialectique et son aboutissement si et seulement si l’homme prend conscience de son devoir de s’éveiller à la vérité et de refuser de se soumettre à l’imposition idéologique :

{Certes, ceux qui sont devenus  croyants et ceux qui ont émigré et se sont efforcé dans la cause d’Allah, ceux-là espèrent la Miséricorde d’Allah; et Allah Est Absoluteur, Miséricordieux.} Al Baqara 218

Il est remarquable de voir que contre la subversion Allah n’utilise pas le terme de Qatala (combattre) mais le terme de Jahada plus large et plus signifiant que lutter. Il s’agit de déployer tous ses efforts dans la limite de ses possibilités objectives et subjectives. Il s’agit de s’efforcer moralement, intellectuellement, spirituellement, socialement, politiquement, économiquement, médiatiquement et militairement s’il le faut et en dernier recours pour mettre fin  à la subversion, à la persécution et à l’injustice.

La réalité des temps présents rappelle celle des temps anciens à une autre échelle de temps et d’espace. Les idolâtres et les hypocrites ainsi que leurs modèles impériaux byzantins et  perses et leurs incitateurs judéo-chrétiens sont toujours là. La différence majeure est que les Musulmans réunis autour du Prophète (saws)  étaient fédérés sur les grands principes de l’Islam : la foi, la justice, la vérité, le savoir, l’unité,  la solidarité sans parler de la constance, de la résilience, de l’endurance devant les épreuves. Ils connaissaient  le sens des Ayat qui leur demandaient le sacrifice de leur vie ainsi que les conditions et les moyens à mobiliser :

{Le combat vous a été prescrit et c’est une abomination pour vous; mais il se peut que vous haïssiez quelque chose et que ce soit un bien pour vous, et il se peut que vous aimiez quelque chose et que ce soit un mal pour vous. Cependant, Allah Sait et vous ne savez pas.} Al Baqara 216

On ne peut militer pour une révolution ou pour une contre révolution si la question de  l’effusion du sang des musulmans échappe à notre problématique. On ne peut ignorer la règle islamique qui dit que ce qui a été fondé sur le faux (injustice) est faux (injustice). On ne peut construire une analyse sérieuse et crédible sur la révolution arabe et ses conséquences sans se poser un instant la question si cette révolution est authentique, juste, crédible dans sa formulation, son déploiement et sa gestion ? Etait-elle dirigée contre l’Empire et le sionisme et leurs agents ? Avait-elle les moyens de s’émanciper de l’Empire, du sionisme, et de leurs vassaux ? Non ! Nous assistons à des gesticulations politiciennes et à des matraquages idéologiques qui rendent de plus en plus lointaine l’émancipation des peuples de l’oppression interne et du colonialisme externe.

Nous assistons depuis des mois davantage à de la subversion qu’à de la révolution. Les médias et  les intellectuels organiques  de l’Empire et du sionisme ainsi que les auxiliaires de la vassalité  nous disent que la révolution n’est qu’au début et qu’il lui faut encore 10 ans au moins avant que le monde arabe n’atteigne la maturité démocratique de l’Occident. Oui l’Empire et le sionisme ont besoin de 10 ans pour saper définitivement nos possibilités sous un déluge de sang et de larmes dont ne sortira que le triomphe de la haine que chacun de nous porte contre autrui et que l’Empire et le sionisme ont su enfouir dans nos esprits et dans nos cœurs mal réveillés de la longue nuit coloniale.

L’islamophobie et les dix commandements US sont la même et seule volonté qui consiste à maintenir éveillés les diables qui transforment notre existence en cauchemar et celle des autres en fantasmes de puissance et de jouissance. C’est sans doute l’annonce de la fin du monde ou de la fin d’un monde. Les choses se déroulent à un niveau de complexité et de rapidité tel qu’il est difficile de comprendre réellement les mécanismes la Fitna et en prévoir la fin. Les chamboulements géopolitiques et politiques dépassent l’imagination d’un homme.

Les Arabes ne sont toujours pas pressés de faire le montage organique, financier et méthodologique de laboratoires d’études… Ils ne sont pas prêts à pratiquer l’auto critique salvatrice. Le salut ne peut venir que d’Allah (swt) qui inspire l’esprit de réforme à des réformateurs, l’esprit de justice à des justes, l’esprit de justesse à des compétents, l’esprit de sens à des sensés qui s’éveillent et éveillent leurs peuples à se tenir loin de la Fitna et de ses partisans experts en syllogismes fallacieux et en casuistiques. Les experts du mensonge lorsqu’ils trouvent l’audience consentante, ils parviennent à présenter l’adepte de la vérité et l’éveilleur de conscience comme des partisans à éradiquer. Ainsi celui qui refuse l’effusion de sang en Syrie est présenté comme un partisan du régime syrien, celui qui refuse l’intervention de l’OTAN en Libye est présenté comme ennemi de l’Islam et de la révolution, celui qui refuse la répression en Egypte est présenté comme partisan des Frères musulmans. La subversion est l’art d’inverser la réalité en contestant ses adeptes et en provoquant des bouleversements psychologique et sociaux tels qu’il devient difficile non seulement  au commun des gens de trouver des repères pour comprendre, mais à l’être le plus noble d’imaginer le niveau de monstruosité atteint par ses ennemis  :

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{Ils ont déjà, auparavant, cherché la subversion (la sédition), et ils ont fomenté contre toi des complots,  jusqu’au ce que la  Vérité se manifeste et que  le Décret d’Allah s’instaure, en dépit de leur répulsion.} At Tawbah 46

  Il ne s’agit pas d’une illumination mystique ou d’un engagement confrérique, mais de la démarche saine et assidue que le musulman doit entreprendre en faisant l’effort de comprendre le signe divin dans le Coran, dans la réalité du monde. Le Coran devenant la lumière, la guidance, le critère, le recours, l’inspiration pour chercher la vérité, alors les illusions idéologiques et les illusionnistes politiques et médiatiques s’estompent pour fatalement laisser la vérité se confronter au mensonge et le vaincre par la seule logique de la vérité, sa seule nécessité historique et sa seule force :

{Dis : «  La Vérité est venue, et le faux s’est évanoui. Certes, le faux est évanescent. »} Al Isra 81

Al Isra,  la Promesse du triomphe de la vérité, n’est pas un nom de lieu ou de moment, mais    la culture  coranique du salut qui ne distingue pas le salut de l’homme confronté aux ténèbres du nihilisme et à qui elle propose la guidance, du salut de l’homme confronté à l’oppression militaire et politique à qui elle propose la longue marche patiente et assidue dans la nuit pour le conduire à la liberté et à la dignité.

La vérité ne s’énonce pas à l’improviste comme un coup de tonnerre dans un ciel serein, elle se cristallise (du verbe arabe Hasshassa  حصحص ) tissant un édifice psychologique, social, historique, judiciaire, politique qui vient à bout des stratagèmes les plus élaborés,  les plus secrets, et les plus répressifs  :

{Maintenant la vérité s’est cristallisée} Youssef 54

Séparer la similitude du cheminement nocturne en quête de lumière et de guidance contre l’idolâtrie et du cheminement nocturne en quête de lumière et de  liberté contre l’oppression c’est non seulement ne pas voir le temps et l’élan nécessaires à l’être ontologique et social pour se mettre en quête de la lumière et triompher des ténèbres. Le double  salut dans ce monde et dans  l’autre exige des sacrifices. Ne pas emprunter ce chemin dans la nuit ou croire que la vérité éclate sans forces pour la porter contribuer à la persistance de la  Fitna, à la subversion, à la confusion, aux révoltes incessantes et vaines  dans le monde arabe.

 Si nous refusons d’admettre  qu’il y a mensonge sur la nature des révolutions et des contre révolutions dans le monde arabe et si nous refusons d’admettre qu’il y occultation délibérée de l’intervention de l’Empire et du sionisme dans le détournement de l’éveil islamique alors nous devons en toute objectivité relire le présent à la lumière du passé pour y trouver les mêmes problématiques.

La sourate At Tawbah clôture la dernière expédition du Prophète (saws), Ghazwat Tabouk, contre les Byzantins qui avaient pénétré en Arabie pour menacer la nouvelle civilisation islamique en émergence confrontée aux coalitions formées par les  hypocrites qui se cachaient derrière l’apparat islamique, les ambitieux qui  voulaient faire de l’Islam une rente, les vassaux de l’Empire byzantin et de l’Empire perse qui ne voulaient pas perdre les avantages de leur relation avec les deux Empires dominants, et les Juifs et les Chrétiens dépités par le triomphe de l’Islam qui met en péril leur prestige intellectuel et leur rente religieuse. Nous sommes symboliquement et historiquement  dans un contexte où la Fitna d’hier et celle d’aujourd’hui  se ressemblent :

Après l’indépendance nationale et après les pseudos révolutions il n’y a pas eu de réelle volonté de mener une lutte idéologique, politique, informationnelle  et économique contre l’emprise impériale et sioniste et leur machination. Nous avons assisté davantage à des gesticulations et à des arrangements d’appareils qu’à des stratégies nationales ou régionales :

{S’ils avaient réellement voulu sortir pour le combat, ils s’y seraient préparés avec soin ; mais Allah a rejeté leur prétention  et  les a rendus indolents. Aussi Il leur a été dit : « Demeurez parmi les invalides! » D’ailleurs, s’ils étaient sortis avec vous, ils n’auraient fait qu’ajouter à votre trouble,  ils auraient semé la dissension parmi vous en incitant la discorde dans vos rangs, d’autant que certains d’entre persistent à les écouter. Mais Allah Est Tout-Scient des comploteurs.}  Al Ahzab 44

Les complots, les subversions et les épreuves ne font que traverser notre corps social et politique le déchirant et livrant les plus conscients et les plus compétents à la répression, à la torture, à l’exil, à la solitude sans que cela ne donne lieu à des interrogations, à des remises en cause, à des prises de conscience :

{Ils ont déjà, auparavant,  cherché la subversion, et ils ont fomenté contre toi des complots,  jusqu’au ce que la  Vérité se manifeste et que  le Décret d’Allah s’instaure, en dépit de leur répulsion.} Al Ahzab 45

Après l’indépendance,  après les « révolutions » et les « contre révolutions » nous retrouvons les musulmans se déchirer politiquement et fuir leurs responsabilités au lieu d’unir leurs efforts pour se prémunir du cancer qui ronge le monde arabe ou du moins éviter de succomber à ses métastases. Ainsi une grande partie des classes moyennes n’est pas prête à se libérer de la rente et à s’organiser contre les Baltagias de l’information, de l’économie, de la sécurité publique, de la morale et de l’arrivisme politique. Les élites islamiques et non islamiques refusent de placer le curseur idéologique sur le champ de bataille réel, ils louvoient et se donnent tout prétexte pour saper l’idée de changement salutaire et le programme de résistance crédible et efficace contre l’oppression et le colonialisme. Les plus sournois sont ceux qui cultivent l’inertie tout en occupant le champ de l’oppositionnel par la dénonciation et l’intrigue sans jamais produire de la pédagogie,  de l’ingénierie de résistance  ou une alternative. La Fitna est un fonds de commerce, un alibi qu’Allah met en faillite :

{Parmi eux, il en est qui disent : « Dispense-moi du combat  et ne m’éprouve point ». Mais à l’épreuve n’ont-ils pas failli ?  Certes, la Géhenne  encercle les renégats.} Al Ahzab 46

Une autre lecture du sens des Ayat nous donne une autre traduction, un autre éclairage : la tentation mondaine est une autre forme d’épreuve à laquelle très peu résistent sauf s’ils ont la conviction d’agir à la fois  pour le salut dans ce monde et le salut dans l’autre et que s’ils ratent cette vie éphémère ils ne doivent pas rater la vie éternelle :

{Parmi eux, il en est qui disent : « Dispense-moi du combat  et ne me soumets pas à la tentation». Mais à la tentation n’ont-ils pas succombé?  Certes, la Géhenne  encercle les renégats.} Al Ahzab 47

La Fitna distingue le Croyant de l’hypocrite et du renégat par  l’épreuve de l’adversité pour que chacun ait sa récompense et soit rempli à sa juste mesure par ce qu’il accompli pour son salut ou sa perdition.

L’étude du Coran la plus sommaire met en évidence cette vérité : la Fitna, quel que soit le sens qu’on lui donne (épreuve, subversion, tentation ou discorde) n’est pas une imposition fatale d’un Dieu cruel sur des hommes subissant l’histoire, mais une pédagogie par l’épreuve pour éduquer, responsabiliser l’homme afin qu’il prenne par lui-même son salut dans ce monde et dans l’autre.  La Fitna est une purification sociale et spirituelle si l’être parvient à surmonter l’adversité, la subversion et à s’inscrire dans un projet de sens où la notion de salut est primordiale. Les insensés croient que l’Islam s’impose par le discours ou par la violence. D’autres plus insensés s’imaginent que le salut est dans la fuite hors de l’Islam dans le giron de l’Empire, du sionisme et de la répression des musulmans :

{Si un bien t’arrive, Ils en éprouvent du dépit, mais si un malheur te frappe, ils disent : «Heureusement que nous avions déjà  pris nos précautions », puis ils  se détournent tout réjouis. Dis: « Ne nous arrivera que ce qu’Allah nous a déjà prescrit.».} Al Ahzab 48

La Fitna distingue le Musulman de l’hypocrite, mesure à chacun sa sanction ou sa récompense selon le sens et la masse de ses œuvres, tout en offrant à tous la possibilité du repentir s’ils font l’effort de voir le chemin de rectitude qui les conduit vers le salut dans ce monde et dans l’autre :

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   {Et il est parmi les hommes celui qui adore Allah avec déviance : s’il est touché d’un bien, il s’en tranquillise, mais s’il est frappé d’une épreuve, il abjure, perdant le monde et la vie Future. Cela est la grande perte évidente. Il invoque, à l’exclusion d’Allah, ce qui ne peut lui nuire et ce qui ne peut lui être utile. Cela est le profond fourvoiement. Il invoque celui dont la nuisance est plus forte que son utilité. Piètre protecteur et piètre compagnon !} Al Hajj 11

Les dérives et les déviations vers lesquelles conduisent la lutte idéologique, le formaliste des bigots et le mimétisme aveugle s’écrivent en torrents de sang dans le monde arabe pour terroriser les croyants et les conduire à abjurer leur foi et à désister de leurs devoirs et de leurs droits au profit de l’Empire, du sionisme et de leurs vassaux. Contre cet immense sabotage la foi est l’ultime recours. D’ailleurs il est remarquable de voir comment  la voie de salut contre la Fitna, dans la sourate al Ahzab,  s’impose inéluctablement à l’esprit et à l’histoire lorsque le croyant se remet  totalement et en toute confiance à Allah (swt) :

{Il Est notre Protecteur !  Que les croyants s’en remettent donc à Allah ! } Al Ahzab 49

La finalité de la Fitna c’est de conduire chacun à épuiser ses recours. Si le renégat désespère de la Miséricorde d’Allah, le croyant espère en Sa Miséricorde et c’est pourquoi la Fitna conduit vers l’arbitrage ultime, le recours ultime, la remise totale et confiante entre les Mains du Maître des Univers. L’islamité comprise comme s’en remettre à Allah est comme la Taqwah : ce n’est pas un sentiment vague pour ou contre un objectif vague, mais bel et bien une foi déterminée, des résolutions fermes et des méthodes éprouvées que le Coran nous livre. Derrière l’absurde il y a un sens pédagogique, spirituel et socio-historique que l’intelligence et la foi doivent découvrir si elles veulent faire régner la paix et la justice dans la cité.

Mais si nous ne faisons pas d’Allah notre recours, du Coran notre méthodologie et notre notre arbitrage alors la Fitna sera notre prédateur. Si nous refusons la démocratie comme  instrument de pacification et de gestion collective de la cité alors l’égarement et l’oppression qui produisent la Fitna ont encore de longues nuits à nous offrir :

{Tout ce qui vous a donc été donné n’est que jouissance de la vie terrestre, mais ce qui est auprès d’Allah est meilleur et plus permanent, pour ceux qui sont devenus  croyants et se fient à leur Dieu, et ceux qui évitent les plus graves des péchés et les paillardises, et qui, s’ils se mettent en colère, absolvent. Et ceux qui ont répondu (favorablement) à leur Dieu, qui ont accompli (correctement) la salat, et dont leur affaire est une consultation entre eux, et qui dépensent de ce que Nous leur Octroyâmes, et ceux qui, s’ils sont frappés de tyrannie, triomphent.} As Choura 36 à 39

Hélas, la Fitna, cultivée pour nous à l’intérieur  et à l’extérieur de nos pays, parvient à nous faire sonner minuit à midi pour ne pas voir la double voie du salut dans ce monde et dans l’autre par le double effort spirituel et temporel et par la double lutte contre l’égarement et contre l’oppression. Il est plus facile de désigner un instrument de gouvernance comme mécréance et ses partisans comme mécréants que de faire l’effort de proposer l’alternative à la démocratie ou de donner un contenu institutionnel, politique, idéologique et constitutionnel à la Choura que les bigots et les formalistes considèrent comme facultative alors qu’Allah l’ordonne en contiguïté avec la Salat. La lutte idéologique menée par l’Empire et le sionisme contre le monde arabe n’est rendue possible que par l’insenséïsme des musulmans.

{La subversion est plus grave que le combat. Et ils  n’auront de cesse à vous combattre tant qu’ils ne vous auront pas détournés de votre foi, si toutefois ils y parviennent.} Al Baqara 217

 Lorsque nous-mêmes nous vidons notre foi de sa substance sociale, politique et idéologique pour ne conserver que le  formalisme bigot ou le verbiage polémiste pour refuser ce que Allah a permis et que l’expérience humaine offre à l’humanité alors nous devenons des pyromanes mettant le feu à leur cité, des  agents subversifs  installant la  Fitna  dans leur esprit, des interlocuteurs valides aux yeux de l’empire, du sionisme et de la dictature militaire qui voient dans les insensés des moyens de parvenir à saper l’Islam.

Alors que les prisons et les tombes se remplissent par les horreurs, les irresponsables et les imposteurs viennent faire de la diversion (Fitna) sur le caractère  haram (illicite) de la démocratie, des droits de l’homme, de la liberté, de la souveraineté du peuple sans qu’ils ne donnent un argument religieux crédible comme si Islam et tyrannie pouvaient être synonymes alors que le Coran et la Sunna les présentent comme antinomiques. La pire des  Fitna est la  mise en situation, au nom de l’Islam,  de marginalisation, d’errance, d’autarcie, d’inertie de  la jeunesse,  cette immense ressource qu’Allah nous a donné.

 La question de la démocratie, de la nature du pouvoir, de la compétence des élites religieuses ont montré l’étendue et la complexité de la Fitna qui tirent les ficelles  de la déstabilisation de la Syrie et de l’Egypte. J’ai eu la présence d’esprit en 2011 déjà de dire que l’empressement de Qaradhawi à nier ses propres écrits pour soutenir l’insoutenable ne visait qu’à une chose : la Fitna. Il s’agissait, entre autres,  d’enlever à la résistance palestinienne tous ses soutiens et tous ses alibis religieux et nationalistes. A cet effet le plan diabolique consistait à  désavouer les savants musulmans et impliquer le Hezbollah qui se verrait jouer un rôle de soutien au régime syrien et un adversaire idéologique aux Frères musulmans en Egypte et en Palestine. Dans le déroulement de  l’opération, l’Empire, le sionisme, les vassaux et les idiots utiles  s’ils ne peuvent  favoriser  une guerre entre sunnites et chiites ils attendront l’occasion inespérée que les événements ne manqueront pas de leur donner pour entraîner les peuples arabes et musulmans dans des guerres régionales effroyables :

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{Et prenez garde à une épreuve qui n’atteindrait pas uniquement  ceux qui ont été injustes d’entre vous. Sachez qu’Allah punit sévèrement.} Al Anfal 25

Daniel Pipes la tête pensante de l’Islamophobie a un doctorat en littérature arabe à Harvard et en théologie islamique au Caire : il connait la signification des « savants égarés qui égarent » comme il connait celle des « ignorants en religion qui font des dégâts dans leur communauté pire que ne le ferait un loup dans une bergerie ».  Dans le monde arabe, nous avons des docteurs en Fitnalogie qui refusent de voir la haine méthodique et agissante de ce genre de personnage. Face à cette haine les élites musulmanes et arabes laissent continuent de cultiver l’inertie et les syllogismes fallacieux laissant aux autres l’initiative de la politique du  pire qu’ils présentent comme inéluctable à l’instar d’une tragédie grecque. Tout le monde attend que la crise atteigne son paroxysme pour se rapprocher de l’inéluctable qui permet aux uns de vaquer de nouveau à leur infantilisme et aux autres de se débarrasser de l’Empire, de l’Iran  et des tyrans arabes sans livrer bataille laissant à l’effusion du sang musulman et arabe le soin d’en exprimer le prix rédhibitoire. La Fitna est une calamité dont il faut se prémunir contre la malédiction divine. Elle  désacralise le pacte et  la vie humaine et autorise le mensonge :

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  {Ils t’interrogent au sujet du combat durant le mois sacré. Dis: « Combattre en ce mois est un vrai sacrilège ! Mais éloigner les hommes de la cause d’Allah, Le renier,  et détourner les fidèles de la Mosquée sacrée,  expulser ses habitants, tout cela est un sacrilège plus grave encore au regard d’Allah ». La subversion est plus grave que le combat. Et ils  n’auront de cesse à vous combattre tant qu’ils ne vous auront pas détournés de votre foi, si toutefois ils y parviennent. Quiconque d’entre vous qui apostasie de sa religion et meurt tout en étant renégat : alors ceux-là sont vaines leurs actions dans ce monde et dans l’autre ; ceux-là sont les hôtes du Feu ; ils y demeurent éternellement.} Al Baqara 217

 Le summum de la Fitna c’est se soumettre à la subversion présentée ou vécue comme incontournable. Les hommes ne se posent plus de question sur le droit et le  sens de  la répression des Frères musulmans en Egypte, mais attendent  la réponses à leurs interrogations  :

Les Américains vont-ils frapper Damas dans quelques jours ou quelques semaines ?

L’Iran va-t-il riposter ou  non !

Que vont faire les Russes ?

Quelles que soient les réponses que le temps va donner à ces questions conjoncturelles, la question lancinante est d’ordre structurelle : nos rapport à la foi, à l ‘Empire et au sionisme dans ce combat  entre la vérité et le mensonge qui ne cessera que lorsque cessera toute existence sur terre et commencera le Jour le plus long. Allah (swt) nous expose Ses Signes dans le Coran et dans l’histoire passée et en cours comme une passerelle pour nous conduire vers le sens ultime : le salut final :

{Et ils  n’auront de cesse à vous combattre tant qu’ils ne vous auront pas détournés de votre foi, si toutefois ils y parviennent. Quiconque d’entre vous qui apostasie de sa religion et meurt tout en étant renégat : alors ceux-là sont vaines leurs actions dans ce monde et dans l’autre ; ceux-là sont les hôtes du Feu ; ils y demeurent éternellement.} Al Baqara 217

Le combat ne prend pas nécessairement la forme militaire. Il prend souvent la forme subversive de guerre psychologique, idéologique  et médiatique qui parfois prépare et accompagne la guerre militaire :

{La subversion est plus grave que le combat} 

Si les Arabes et les Musulmans ne font pas l’effort de voir comment et pourquoi l’Empire et le sionisme impliquent leur grands vassaux arabes à mener en même temps une guerre totale contre les Syriens et contre les Frères musulmans après les avoir poussés à se combattre et à se haïr le feu de la Fitna finira par les anéantir tous :

{Et prenez garde à une épreuve qui n’atteindrait pas uniquement  ceux qui ont été injustes d’entre vous. Sachez qu’Allah punit sévèrement.} Al Anfal 25

Lorsque on met les processus et les significations ensemble on voir la gravité psychologique de la Fitna et ses conséquences dramatique sans pourtant s’imposer  fatalité inéluctable ou  destin  implacable. L’espoir du salut est présent, il ne dépend pas de la nuisance du stratagème mis en place depuis longtemps pour que ses moyens  sapent radicalement le moral, la résistance et l’harmonie et détruisent la cause islamique en éveil :

{Et ils  n’auront de cesse à vous combattre tant qu’ils ne vous auront pas détournés de votre foi, si toutefois ils y parviennent.} Al Baqara 217

La formulation du conditionnel dans le contexte de l’énoncé met en exergue la subtilité de l’impossibilité de parvenir à détourner les musulmans de leur foi et de les mettre dans la contrainte de revenir et de revenir incessamment au combat  imposé par la haine, la vengeance et la subversion. Les possibilités de gagner ou de perdre pour les autres n’ont aucune réalité et aucune possibilité si les musulmans y font face par 4 attitudes :

– Compter sur Allah en toute confiance et se remettre à Lui et exclusivement à Lui;

– Mobiliser les possibilités, toutes ses possibilités disponibles pour affronter l’ennemi dans un rapport de force de 1 contre 2 à 4 ;

– Planifier, organiser et accompagner ses possibilités en prenant l’initiative dans le rapport favorable  des intelligences et des sacrifices ;

– Contrer la contre lutte idéologique, psychologique et informationnelle pour clarifier, informer, éduquer, responsabiliser et raffermir les déterminations;

– Épurer les rangs.

 

Retour à la première partie

La Fitna : sa réalité passée et actuelle dans le monde arabe.

[Partie 1/2] [Partie 2/2]

Il est difficile de jouer à l’intellectuel et à l’érudit devant les événements tragiques qui déchirent  le monde arabe et tout particulièrement au Liban, Syrie, Yémen, Soudan, Irak, Tunisie, et Libye. Il est difficile de contenir son émotion devant  l’ampleur, la durée et l’intensité de la Fitna :

« L’homme intelligent et endurant sera dans le désarroi »

Tout semble tellement absurde qu’on est tenté de chercher la solution à n’importe quel prix et avec n’importe qui.  Tout semble tellement complexe qu’on est tenté de ne plus chercher à comprendre. Une voix intérieure parvient à se faire entendre et à se faire comprendre : se soumettre aux apparences du réel est la pire des épreuves. Il faut se libérer et expliquer, malgré les limites, le peu de moyens, l’épuisement des ressources…

Éprouvé par tant de sang versé, de temps gaspillé, de ressources dilapidées, je suis parti en quête du sens de la Fitna :

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 {Toute personne goûtera à la mort, mais Nous vous éprouvons par le mal et par le bien comme tentation, puis c’est vers Nous que vous serez ramenés.} Al Anbiya 35

Nous sommes amenés par le matraquage médiatique à être tentés de prendre position en faveur du dominant sans connaissance ni de la nature du bien ou du mal,  ni de ses conséquences à moyen et long terme. Le sensationnel nous manipule en idéalisant les uns et en diabolisant les autres, en cultivant l’émotion suscitée au détriment de la raison et des faits réels. Soumis à la tentation de la facilité et de la vitesse nous risquons  la confusion qui nous empêche de choisir librement et justement, mais nous risquons aussi de nous ranger derrière le mensonge et  contre la vérité. Pire que cela nous risquons de contaminer notre foi par le doute ou par le cynisme.

Le Prophète Mohamed (saws) nous a montré deux voies de salut contre la grande fitna. La première, lorsque nous sommes dans l’incapacité de discerner, est de refuser de prendre position et de polémiquer. La seconde est de donner les instruments de clarification pour lever les ambiguïtés sur la Fitna, ses origines, son processus et ses conséquences.

Aujourd’hui, la Fitna est alimentée par la conjugaison des facteurs internationaux et des facteurs nationaux que les élites arabes refusent de voir dans leur globalité et dans leur dynamique pour ne pas voir leur faillite morale et intellectuelle dans leur gestion des crises idéologiques, économiques, politiques et sociales.

Il ne s’agit pas de dire tout le monde est responsable pour n’imputer la responsabilité à personne. Il s’agit de dire la vérité : les gouvernants, l’opposition islamiste et non islamiste, les intellectuels et les savants religieux se sont enfermés dans des égoïsmes partisans et sectaires et se sont focalisés sur le pouvoir pour le conserver ou ne pas le céder et cela à n’importe quel prix au lieu de mettre le curseur sur la constitution d’un front national voire international de résistance contre la prédation impériale et contre l’agression sioniste.

Allah (swt) nous ordonne la vigilance, la lucidité, la probité pour voir les phénomènes dans leur genèse, leur déploiement et leur conséquences. La Fitna est ce phénomène que nous pouvons traduire, selon le contexte par subversion, persécution, troubles, discorde, sédition, guerre civile, litiges, conflit, épreuve de force, opposition, désordre. C’est est un cancer idéologique, politique et social qui ronge insidieusement le tissu social et le divise en factions divergentes  avant de le faire plonger soit dans la confusion globale , l’insenséïsme et l’insécurité, soit dans la dictature d’une faction sur une autre  en désacralisant la vie, la dignité, la croyance et les biens  en opprimant par la force physique ou par  la violence morale et idéologique :

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 {Et prenez garde à une épreuve qui n’atteindrait pas uniquement ceux qui ont été injustes d’entre vous. Sachez qu’Allah punit sévèrement.} Al Anfal 25

On a l’habitude de traduire Taqwa par la crainte alors que celle-ci relève du domaine psychologique (individuel ou social) qui exprime son inquiétude face à un danger qui se manifeste. La lecture attentive montre que ceux qui se croient « justes » ne sont ni inquiets ni susceptibles de s’inquiéter d’un danger dont ils pensent être préservés. On traduit aussi le terme par redouter qui signifie avoir peur des conséquences d’une force qui se déploie ou d’un danger manifeste. Ce n’est pas un exercice de style. Les mots coraniques sont un canevas de sens et d’idées, ils ne sont ni interchangeables ni synonymes comme les mots de la langue courante.

La Taqwah signifie l’espérance dans la crainte, la  crainte dans l’espérance, et le respect scrupuleux de ce que Allah a interdit et a ordonné. Il s’agit de prendre garde à Allah et de prendre garde à Ses prescriptions en développant la connaissance, la lucidité, la vigilance et le sens de l’ensemble des responsabilités qui rendent l’être scrupuleux dans toutes ses démarches, ses paroles et ses actes où il voit le salut ou la perdition selon ce qu’il a visé par son intention et ce qu’il a réalisé dans son existence en bien ou en mal. La crainte seule n’est ni la garantie ni le chemin exclusifs du salut.

La taqwa englobe la peur d’un danger qu’on redoute, l’espoir en une miséricorde et en une promesse ainsi que le mode d’emploi praxique pour éviter la crainte et se remplir d’espoir. Jusqu’à l’instant présent je n’ai pas trouvé un terme plus signifiant que « prendre garde » qui englobe aussi bien  l’étendue des significations psychologiques et spirituelles de l’être ontologique et social que celle des procédures idéologiques et socio-politiques du faire individuel et collectif et les comportements qui s’y associent.

Effectivement l’expérience nous montre que depuis des siècles nous manifestons alternativement nos craintes et nos espoirs ou que les uns d’entre nous expriment des craintes et vivent des peurs alors que d’autres expriment des joies et vivent des espoirs. Mais, sans exagération, presque tous nous avons vécu toutes les formes de peur sans prendre garde aux causes et aux conséquences de nos émotions et de nos actes. La Taqwah a déserté nos cœurs remplis de haine, de mensonge ou de formalisme.

La Taqwah  est l’élan spirituel que confirment les pratiques sociales et qui témoigne de la vitalité, du scrupule de la communauté qui prendre garde à Allah, qui prend toutes les mesures de précaution et qui avance résolument dans sa quête de salut.

La Fitna est la consécration de la peur qui refuse de prendre ses responsabilités, de l’insenséïsme de l’improvisateur qui se laisse guider par les souhaits, de la subversion idéologique, sociale et politique que l’ennemi construit sur les peurs et les vains souhaits d’une société pour ne lui offrir que la peur et les espoirs qui conduisent à la capitulation.    Sans la Taqwah la Fitna non seulement bouleverse chaotiquement l’ordre social et politique de fond en comble, mais rend la religion otage des passions et source de discorde.

Encore une fois il ne s’agit pas d’un exercice de style, mais de  la posture la plus objective qu’il faut tenter de faire pour tirer enseignement de la crise vécue par le Prophète (sws) et ses compagnons face aux mêmes manipulations idéologiques et médiatiques des idolâtres transgresseurs contemporains. Où nous nous plaçons sur le terrain de la psychologie sociale et de la manipulation qui poussent à se soumettre pour se libérer de la crainte, où nous nous plaçons dans le système de précaution raisonnée qui analyse les données opérationnelles pour s’en prémunir et qui implore Allah de lui donner force et lucidité pour trouver patience et espoir à surmonter la crise. Il faut imaginer le Prophète (saws) exilé confronté aux stratagèmes des riches et puissants chefs de guerre arabes.

Nous avons vu en Egypte, ces derniers jours, comment les Salafistes supposés ne pas faire de politique investissent le champ politique, pour le compte de l’Arabie saoudite, et s’unir aux sans religion qui reprochent aux Frères musulmans l’Islam politique. En parallèle nous voyons les démocrates demander et soutenir un coup d’Etat. Chacun vit dans la peur de l’autre et dans la volonté de terroriser l’autre, mais très peu ont de la Taqwah qui leur permet de construire une feuille de route pour sortir de la crise. Joumaa, le grand Mufti d’Egypte, qui avait considéré la destitution de Moubarak comme une Fitna (sédition) contre un gouvernant légitime, considère que la destitution de Morsi et le coup d’Etat sont légitimes au regard de la chariâa. Comment les gens du commun vont-ils trouver leur chemin ?

Nous avons vu les positions diamétralement  opposées des savants sunnites sur la Syrie s’inverser sur l’Egypte comme ceux des partis islamiques et laïcs. La tendance dominante est de soutenir la répression contre les Frères musulmans et d’appeler à une intervention américaine pour renverser Bachar Al Assad qui a utilisé des armes chimiques contre son peuple.

Nous avons vu en Algérie les militaires et les civils, les islamistes et les non islamistes, les gouvernants,  et leurs opposants participer à la Fitna qui a provoqué la sédition armée d’un côté et qui a enraciné la subversion idéologique et le terrorisme comme méthode de gouvernance et comme moyen d’existence politique à ceux qui n’ont pas d’existence sociale dans la société algérienne. Nous avons vu l’émergence du bigotisme infantile religieux et du paternalisme politique qui détourne les Algériens de leurs devoirs et de leurs droits.

Nous avons vu la collaboration des classes moyennes, des parvenus et des spoliateurs dans le partage de la rente et la paupérisation du peuple. La Fitna a mis en marge de l’histoire l’Algérie, malgré ses ressources, son emplacement géostratégique, son capital historique, son unité confessionnelle,  et le sacrifice de ses hommes pour se libérer du colonialisme.

Comme en Algérie, en Syrie et en Egypte nous voyons les Arabes et les Occidentaux refuser le dialogue qui aurait pu permet de surmonter la Fitna ou du moins la résoudre avec moins de dommages.

Dans l’histoire humaine, il n’y avait que les Juifs de Khaybar qui se soient attelés à détruire leur territoire et leur demeure avec autant d’énergie et de stupidité. Trahir ses idéaux et aussi tragique que traduire les serments faits aux martyrs ou trahir le pacte de vivre ensemble en paix. Les Arabes contemporains ont surpassé l’auto destruction des tribus de Khaybar sauf que celle des Arabes dessert leurs intérêts alors que celle de Khaybar les servait.

Nous voyons le même phénomène dans le monde arabe. L’aboutissement dramatique des calculs mesquins et irresponsables visant à s’appuyer sur l’Empire pour instaurer la démocratie (ou l’Islam), visant à attiser le sectarisme et l’esprit partisan pour faire valoir son clan, sa tribu, son école de pensée ou son parti,    visant à placer le curseur d’analyse et d’action sur des divergences idéologiques internes et oublier l’impératif de se fédérer contre l’Empire et le sionisme sur le plan militaire, diplomatique, économique et financier en construisant l’Etat de droit tout  en donnant aux peuples les possibilités de construire leur émancipation, de conjuguer les possibilités de leurs territoires contigus, de leurs mentalités similaires, de leur histoire commune, de leurs économies complémentaires, de leurs réseaux sociaux et culturels, et de mobiliser l’élan libérateur et civilisateur de leur religion.

La Syrie et le Liban plus au cœur du monde arabe, plus au cœur des divergences confessionnelles, plus à proximité de l’entité sioniste, plus impliqués dans la cause palestinienne, plus en relation avec l’Iran, dans la charnière géographique et historique entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe subissent donc davantage les pressions tectoniques de la géopolitique impériale et sioniste.

Les savants musulmans et les élites politiques et intellectuelles se sont avérés minables devant la globalité et la dimension de la Fitna. Ils ont attisé la désintégration des territoires et des mentalités tout en amplifiant l’effusion du sang des musulmans. Ils ne parviennent toujours pas à voir les mêmes facteurs de régression et les mêmes causes de la Fitna qui opèrent en Egypte et en Syrie à titre d’illustration avec les mêmes vassaux du Qatar et de l’Arabie saoudite qui jouent au même jeu de destruction du monde arabe et pour les mêmes intérêts.

Il est remarquable de voir comment les Frères musulmans égyptiens ont été conduits, par leur inconséquence politique et leur esprit partisan, à devenir les amplificateurs de la dislocation de la Syrie et de la Libye et de la rivalité sunnites-chiites avant d’être jetés en pâture à la répression qu’approuvent et soutiennent les Salafistes Egyptiens travaillant pour l’agenda saoudien. Le gouvernement d’Ennahda, plus pragmatique et plus politique que celui des Frères égyptiens, est mis lui aussi dans le choix cornélien de se désister ou de subir la « contre révolution », malgré ses concessions. La gauche et les libéraux tunisiens,  plus immatures que les bigots islamistes, tombent dans l’imitation servile et mécaniste de l’expérience égyptienne au lieu d’en tirer les conséquences.

Il faut être sectaire ou sénile pour ne pas avoir vu et ne pas continuer de voir le « talent » de l’empire et du sionisme à récupérer les « révolutions » arabes menées  sans guide, ni idéologie, ni programme politique, ni planification ni cap, ni boussole, ni cartes de navigation… Il faut être inculte politiquement et pris sous les feux de sa passion pour ne pas voir   l’Empire et le sionisme disloquer la Syrie et la Libye après avoir disloqué le Soudan et l’Irak dans un plan transparent : maintenir le monde musulman et arabe dans les querelles internes le rendant incapable de voir les missiles  de l’Empire et du sionisme lui tomber sur le crâne, le démembrer et piller ses ressources. Il faut être un monstre pour ne pas voir l’acharnement des élites arabes à saper non seulement leur expérience démocratique, mais les fondements sociaux de l’existence de leur pays.

L’Empire et le sionisme ne complotent pas, ils planifient en analysant et en jouant sur nos contradictions internes, sur notre débilité. Ils ont l’intelligence, en plus de leur capacité de nuisance, de préparer tous les scénarios possibles et de s’y adapter. Nous ne préparons ni scénarios ni moyens, mais  nous improvisons, nous importons et nous confondons. L’art des autres est de voir clair dans nos confusions et  de nous conduire vers davantage de confusions. Le Hezbollah libanais semble échapper à cette règle, mais si l’environnement lui impose des choix difficiles, notre paresse intellectuelle et notre convulsion affective nous rendent impossible la compréhension de ses choix. Il faut juste lire les analyses sur les derniers attentats à Beyrouth et à Tripoli.  Certains d’entre nous refusent de se libérer de la Fitna et continuent de lire la tragédie comme des auxiliaires de la lutte idéologique que mènent l’Empire et le sionisme contre l’éveil du monde arabe et sa fédération en une force de résistance régionale.

Brezinski,  Bernard Levy et Daniel Pipes ont tracé les contours et les artifices de la guerre idéologique, médiatique, psychologique et militaire qui permettent à l’Administration américaine et sioniste de conduire les opérations et de fournir la logistique sans manifester leur présentiel sur le champ de bataille. L’Europe vassale joue son rôle traditionnel. L’innovation est de voir le Qatar et l’Arabie saoudite  intervenir d’une manière aussi forte et directe. Ils agissent comme deux rivaux qui veulent montrer à leur maitre qui est l’esclave le plus servile et le plus criminel méritant les faveurs exclusives du maitre.

Il faut suivre les déclarations d’Hussein Barack Obama pour voir que le Soft Powerment qui succède au Hard Powerment de Kissinger est une réalité : l’Administration américaine laisse ses vassaux se manifester donnant l’illusion qu’elle n’intervient que pour répondre à la demande des Européens et des Arabes. Ces derniers ont une capacité de subversion médiatique de l’ampleur des minutions à l’uranium appauvri lancés contre l’armée de Saddam Hussein. Les médias parviennent à réaliser l’effet blitz du jeu d’échec et que les Américains ont introduit dans leur doctrine de guerre après l’avoir importé et modernisé de l’Allemagne nazie : le Blitzkrieg ou effet de concentration massive des puissances de feux focalisées sur un petit point pour l’anéantir et interdire toute possibilité de résistance en terrorisant l’ennemi.

Dans la guerre subversive il s’agit de frapper le plus loin et le plus fort dans le dispositif des arrières de l’ennemi. Dans la guerre médiatique il faut frapper les esprits, les choquer et les maintenir sous un déluge informationnel propagandiste qui rend impossible l’écoute d’une autre voix ou la formulation d’un raisonnement lucide échappant au sensationnel. Dans toutes les guerres, militaires, subversives, médiatiques, psychologiques et idéologiques il faut frapper vite, fort, loin, concentré et avec surprise. Dans le jeu d’échec il s’agit de jouer contre la montre et de faire abandonner la partie à son adversaire en quelques coups. Il ne s’agit pas de faire mat, mais de faire tomber les pièces maitresses et de laisser le roi sans défense.

C’est sans doute une des  dernières batailles qui se jouent en Syrie. La plus grande organisation islamique dans le monde est mise « hors d’état de nuire » en Egypte après l’avoir poussée à la faute et livré au sensationnel médiatique,  Ben Laden est officiellement assassiné afin qu’aucune voix ne viennent dire non au Djihad sous la bannière de la confusion et de l’OTAN : l’Empire et le sionisme peuvent en finir avec la Syrie et commencer à réfléchir aux choses sérieuses : l’Iran, la Chine et la Russie.

L’histoire ne se déroule pas selon le rapport des forces. Il arrive qu’elle se déroule à contrario du rapport des forces et que le détenteur de la puissance et l’acteur offensif le plus déroutant se trouve lui-même dérouté par l’imprévisible et qu’il finisse par connaitre la déroute militaire et historique. Pour l’instant les Arabes et les Européens font tout pour faire oublier que le principal bénéficiaire de l’effort de guerre syrien est le Hezbollah qui a changé l’équation de la terreur non seulement en Palestine occupée, mais dans la région. Les Arabes et les savants musulmans refusent de voir en Syrie la réédition de plus en plus probable de l’intervention américaine en Irak et les mobiles avancés. Les sunnites et les chiites comme les islamistes et les nationalistes continuent de ne pas lire l’histoire, de ne pas regarder une carte de géographie, de ne pas méditer la biographie du Prophète (saws).

Les grands esclaves et les petits esclaves de l’ensemble du monde arabe, esclaves de l’Empire ou de leurs passions, préfèrent écouter et répercuter la voix de l’idole ou de leur inconscience au lieu de chercher à se réveiller et à se libérer de la Fitna. C’est plus facile de se conduire en bêtes animées par l’instinct de prédateurs ou de proies qu’en êtres humains raisonnables et consciencieux. Allah (swt) a montré le lien indéfectible entre d’une part la Fitna et d’autre part les insouciants qui refusent de voir la vérité et les  pervers qui se consacrent à cultiver le faux et l’injustice refusant de dire la vérité après avoir refusé de l’entendre :

{Certes, les pires des créatures, au regard d’Allah, sont les sourds, les muets, qui ne raisonnent point. Si Allah avait trouvé en eux quelque bien, Il les aurait fait entendre.} Al Anfal  22

Ces animaux politiques non seulement ne veulent ni entendre la vérité ni la dire, mais préfèrent la falsifier et préfèrent devenir l’écho de l’Empire et du sionisme.  L’effusion du sang des musulmans écrit le récit, les causes et les conséquences de la Fitna dans le monde arabe : l’Islamophobie. L’islamophobie est la subversion totale qui présente le musulman non comme une victime agressée, mais comme un personnage hideux ne méritant pas la pitié aux yeux de ses prédateurs. L’Islamophobie c’est pire encore : rendre les musulmans méfiants et défiants les uns contre les autres pour les occuper à se déchirer et à déchirer toutes les possibilités de leur développement et à saper toutes les ressources de leur territoire que l’Empire et que le sionisme convoitent en qualité de prédateurs aguerris.

La stratégie d’institutionnaliser la méfiance envers les Musulmans et la défiance entre les musulmans pour les marginaliser après les avoir criminalisés puis les agresser après les avoir dispersés est le processus de l’Islamophobie. C’est une machination diabolique pour mener une guerre totale – idéologique, médiatique, politique, diplomatique, psychologique, culturelle, religieuse et militaire – contre toute forme et tout esprit de résistance, et contre tout espoir d’éveil civilisationnel. Là où notre esprit indolent voit ou trouve raison pour diverger, l’Empire et le sionisme voit et trouve opportunité et pertinence à diviser, à provoquer, à faire de la subversion idéologique, sociale et militaire.

N’est-ce pas que le Coran nous dit que la subversion est pire que la guerre :

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 {Ils t’interrogent au sujet du combat durant le mois sacré. Dis: « Combattre en ce mois est un vrai sacrilège ! Mais éloigner les hommes de la cause d’Allah, Le renier,  et détourner les fidèles de la Mosquée sacrée,  expulser ses habitants, tout cela est un sacrilège plus grave encore au regard d’Allah ». La subversion est plus grave que le combat. Et ils  n’auront de cesse à vous combattre tant qu’ils ne vous auront pas détournés de votre foi, si toutefois ils y parviennent. Quiconque d’entre vous qui apostasie de sa religion et meurt tout en étant renégat : alors ceux-là sont vaines leurs actions dans ce monde et dans l’autre ; ceux-là sont les hôtes du Feu ; ils y demeurent éternellement.} Al Baqara 217

Lire la suite (Partie 2/2]

Quoi, qui, pourquoi, comment, dans quelles circonstances et pour quelles conséquences.

Tout phénomène qui se produit bouleversant la réalité sociale, économique, politique ou militaire appelle les questionnements que la société est appelée à y trouver des réponses si elle ne veut pas basculer dans l’horreur de l’incompréhension et dans les ténèbres des crises qui s’accumulent  et s’alimentent mutuellement. Ces questions sont universelles : Quoi, qui, pourquoi, comment, dans quelles circonstances et pour quelles  conséquences. Si les élites font l’impasse sur ces questions et si la société ne demandent pas des réponses à ces élites alors tous subissent la malédiction :

{Ceux des descendants d’Israël qui sont devenus renégats ont été maudits par la bouche de David et par celle de Jésus, fils de Marie, parce qu’ils désobéissaient  et qu’ils agressaient. Et cela car ils ne s’interdisaient pas mutuellement le mal qu’ils commettaient. Que leurs agissements étaient donc exécrables !} Al Maidah 78

La justice ne peut résoudre un crime, la science ne peut comprendre un phénomène, l’histoire ne peut le cœur humain ne peut trouver résilience ou sérénité, s’ils ne répondent pas à ces question qui mènent à la vérité.  Restaurer la  justice est davantage plus complexe et plus exigeant en termes de quête de la vérité. Des médias sans éthique, sans amour de la vérité, sans esprit de justice et d’équité, sans devoir d’informer se transforment en armes qui assassinent les consciences, les esprits, les cœurs et les corps.

Les mathématiques modernes, la psychologie sociale, la linguistique et l’illusion optique ont découvert ce qu’ils appellent le « piège de la raison » qui introduit un biais dans  les conclusions d’une démonstration, d’une enquête ou d’une observation qui a manqué de vigilance ou qui s’est laissé dominer par les impressions,  les préjugés ou les routines.

Que dire alors de la déraison qui anime les médias à qui on a confié la mission du matraquage idéologique, psychologique et médiatique pour ne pas se poser les questions sur les auteurs et les motivations  d’une violence politique ou sociale, d’une agression militaire ou policière, d’un acte terroriste, d’une manipulation psychosociale, d’une subversion… pour criminaliser ceux qui veulent se poser les question, pour les intimider et les confiner au silence.

Quoi, qui, pourquoi, comment, dans quelles circonstances et pour quelles conséquences sont des questions importantes pour comprendre une révolte affublée de révolution ou de printemps. Ces questions sont à poser en ce qui concerne la compétence de désinformer des médias nés des révoltes arabes. En Algérie, après octobre 1988, en Egypte,  après février 20011, la majorité des médias n’ont pas joué leur rôle d’informer, d’éduquer, d’accompagner la démocratie et de participer au débat d’idées. Elles sont venues confisquer la volonté du peuple et le manipuler. Par quoi, pour  qui, pourquoi, comment, dans quelles circonstances et pour quelles conséquences ces médias se sont avérés les ennemis de la démocratie. Avec quel argent ces médias sont devenus un escadron avancé pour saper les valeurs du peuple et ses espoirs. Au nom de quelle morale, de quelle idéologie et de quel peuple ces médias ont cultivé la haine et la discorde dans la société et ont poussé à l’affrontement entre militaires et civils.

A qui profite la guerre civile ? A qui profite la confusion ? A qui profitent la corruption des mœurs politiques et économiques, la pollution des esprits,  et la diabolisation de l’adversaire politique ?

Par qui, pourquoi, au profit de qui, comment, dans quelles circonstances et pour quelles conséquences est poursuivie  la guerre idéologique que menait le colonialisme contre les indigènes qui refusaient de demeurer ses axillaires de pensée, ses assistés, ses vassaux… contre la langue de l’indigène… contre la religion de l’indigène… contre la liberté et la dignité de l’indigène…

Est-ce qu’il est raisonnable et juste  d’imputer aux partisans de l’Islam politique les actes de vandalisme contre les édifices publics et les Eglises alors que le plus ignorant de l’histoire des Frères musulmans sait qu’il n’est ni de leur intérêt ni de leur culture religieuse, sociale  et politique de s’attaquer aux Coptes. Les mouvements sectaires et infantiles ont toujours reproché aux Frères musulmans leur rapport bienveillant envers les Chrétiens et en particulier envers les Chrétiens d’Orient qui partagent avec eux l’arabité, la citoyenneté et la civilisation musulmane.

Qui a intérêt à rompre le fil du vouloir vivre ensemble et du partage d’un certain nombre de dénominateurs communs dont le territoire et les interactions socio-économiques entre musulmans et non musulmans ?

J’ai pris position par écrit contre les Frères musulmans leur reprochant leur empressement à conquérir le pouvoir, leurs arrangements avec l’armée et leur démarche confrérique qui approfondit la discorde sociale et cela m’a permis de voir suffisamment tôt ce qui allait se produire et comment la presse arabe annexe de la presse islamophobe allait manipuler et exploiter la réalité. Voici quelques  extraits des pages 72 à 90 de mon livre «  Le dilemme arabe et les dix commandements américains » :

… La dérive démiurge s’auto justifie par l’illégitimité du pouvoir politique, par la prétention à être le seul détenteur de la vérité et par l’aura de l’Islam sur une population assoiffée d’Islam mais dépossédée des moyens d’appropriation de la vérité coranique. La dérive narcissique permet de jeter l’anathème sur les autres et de les traiter d’hérétiques alors qu’Allah n’a permis à aucun homme de percer le secret du cœur d’un autre ni admis qu’une secte se considère comme la secte du salut et les autres des condamnés à la perdition et à être perdus :

{Ne faites donc pas votre propre éloge. Il Est Plus-Scient de celui qui a été pieux.} (53, 32)

Allah a scellé les pensées intimes et les secrets des cœurs sinon la vie serait infernale ou dramatique. Les Salafistes bigots sont une césure dans les mentalités collectives et dans le corps social, mais ils veulent être une interposition entre le cœur de l’homme et son Créateur, entre sa liberté d’agir et leur conception sectaire et bornée du libre arbitre ou de l’exercice politique sans tutelle théocratique et sans bornage militariste. Ils sont loin de comprendre cette sagesse :

« Il se peut que Dieu te montre les mystères de Son Royaume céleste (malakût) et qu’Il ne permette pas de voir les secrets des hommes. Quiconque percevrait les secrets des hommes sans que son âme se soit conformée à la Miséricorde divine, cette perception serait pour lui une tentation (fitna) et pourrait lui attirer de graves dommages. » (Atta-Allah d’Alexandrie)

C’est cette dérive démiurge qui leur permet de juger à la place de Dieu et de se substituer à l’État. C’est dans cet esprit pervers que nous lisons la Fatwa d’Ahmad Farid cheikh d’Alexandrie autorisant l’armée à tirer à balles réelles sur les Manifestants. Moubarak et tous les tyrans du monde n’ont jamais eu la folie de le dire si ouvertement. Autoriser le meurtre de manifestants sous prétexte qu’ils troublent la paix civile ou qu’ils sèment la « Fitna » est une hérésie qui vient s’ajouter à celle de Qaradhawi demandant, en direct d’Al Jazzera, d’assassiner Kadhafi chef d’État.

Le nouveau ministre de la Justice installé par la Junte militaire lance les mêmes menaces contre les Manifestants qui en l’espace de quelques semaines ne sont plus des héros, mais des traitres, des agents de l’étranger.

Dans ce climat délétère, nous voyons les Frères Musulmans s’ériger en gardiens du temple : ils assurent la sécurité des Coptes d’Égypte au lieu et place de l’armée qui est au pouvoir. Nous sommes face à une théâtralisation, une dramatisation de la violence, pour occulter les arrangements d’appareils entre des « islamistes » infantiles, mais fourbes, et des militaires despotes.

La logique de la politique et de la responsabilité exige des Frères Musulmans de demander à l’armée, qui a le pouvoir réel, de garantir la sécurité à l’ensemble de la population égyptienne ou de céder le pouvoir aux civils. C’est participer à la confusion qu’inverser le rôle et se croire plus royaliste que le roi avant d’entrer dans la cour des courtisans du roi. C’est participer à la clarification que de dire au détenteur du pouvoir réel lorsqu’il assure son devoir de maintien de l’ordre tu as bien agis et le contraire lorsqu’il est défaillent au lieu de se substituer à son rôle. L’astuce politicienne devient vassalisation et le peuple qui a donné sa voix risque de voir que le mensonge continue sous le manteau de l’Islam et à ce moment il risque de pénaliser de la manière la plus inattendue ceux qui se réclament de l’islamisme. Je n’ai pas voulu publier ce livre achevé en 2011, car l’intuition me dit que le peuple égyptien et en particulier les jeunes ne vont pas se laisser duper et, de leur initiative ou poussés par les forces anti islamiques, ils vont revenir à la charge contre le Conseil militaire supérieur et puis se retourner contre les Frères Musulmans devenus otages des Qataris et des Turcs.

[…]

Mohamed Al Ghazali connaissait l’Islam, l’Égypte, les mouvements islamiques et la réalité du monde et par conséquent il avait osé s’attaquer à ceux qui croient défendre l’Islam et qui en réalité, consciemment ou inconsciemment le desservent :

« Ils sont tels des gens qui bloquent une route sans en ouvrir une autre […] D’autres également ne font point de distinction entre les problèmes périphériques et les problèmes centraux, ni entre les sujets fondamentaux et les branches secondaires, ni entre les problèmes majeurs et ceux qui sont mineurs. Ils dépenseraient toute leur énergie pour combattre les problèmes secondaires. Ainsi, il est probable qu’ils attaquent par la mauvaise direction, là où le véritable ennemi attaque par une autre direction. Il leur arrive parfois d’attaquer même des ennemis imaginaires. Tous ces prêcheurs sont un pénible fardeau pour la Prédication Islamique. Ceux-là doivent être corrigés, tout comme ceux qui prêchent pour leurs profits personnels et non pour des principes islamiques sincères ».

[…]

Rien ne peut s’opposer à la volonté populaire : ni le pourrissement voulu par l’armée, ni le jeu maladroit de ‘Amr Khaled de remettre le peuple en état de travailler en proposant des arrangements d’appareils, des médiatisations de l’armée faisant du social, en galvanisant le patriotisme teinté d’Islam pour remettre l’appareil économique à produire alors que les antagonismes de classes sont toujours présents, l’injustice sociale est présente avec ses causes et ses processus…

[…]

Mais de la même manière que Malek Bennabi a vu le ferment de la révolution algérienne dans la sombre nuit du colonialisme nous observons le même ferment que le colonialisme tente de dénaturer en présentant la révolution arabe sous forme d’une simple « fermentation pour distiller certaines idées que le colonisateur recueille soigneusement pour en faire les idées directrices de la «boulitique». Astuce d’ailleurs cousue de fil blanc, et capable tout au plus d’abuser ses auteurs, qui sonnent inlassablement les douze coups fatidiques de minuit en croyant encore pouvoir assoupir la conscience musulmane. Naïf et entêté, le machiavélisme colonialiste ne se laisse abattre par aucun échec et mobilise encore et tous les jours des sonneurs de minuit, à qui l’on distribue des sommes importantes au lieu de les consacrer à des tâches plus utiles […] Le colonialisme et ses intellectuels font encore sonner minuit, mais dans le monde, musulman, l’heure du sommeil et des fantômes est passée, sans rémission…»

J’ai osé remuer le couteau dans nos plaies bien avant que ce couteau nous égorge de nouveau, mais  nous ne sommes pas encore dans une société apaisée qui cherche à comprendre ni dans un processus de clarification qui pose les questions et cherchent les réponses. Il est logique donc que les pratiques totalitaires et les agissements pour compte du colonialisme et du sionisme continuent de se manifester en revêtant des apparences fallacieuses de nationalisme, de modernité, de démocratie, d’islamisme.

Les Frères musulmans ont commis des erreurs stratégiques et politiques qui demandent à être traités par des voies politiques démocratiques. Leur criminalisation et leur répression ne servent ni la vérité,  ni la justice, ni les intérêts de la nation et du peuple. Il y a une volonté de conduire l’Egypte vers la guerre civile. Il faut reconnaitre que les Frères musulmans ont fait échouer cette volonté, jusqu’à présent, en refusant d’aller à la violence armée et en montrant qu’ils ont encore la capacité de mobiliser et d’être entendu pour que la violence ne soit pas une fatalité vers laquelle conduisent le matraquage médiatique  et la répression policière.

En brisant le principe pacifique et consensuel de l’alternance démocratique et en imputant aux Frères musulmans et au HAMAS des actes  terroristes contre l’armée et la police, le général Sissi, le  Ministre de l’Intérieur et les médias aux ordres ont signé un chèque à blanc aux sionistes. Voici ce que je notais dans mon analyse sur la « révolution » égyptienne :

« C’est le ministre chargé de la Défense passive, Matan Vilnaï, qui a exprimé son désespoir de ne pas voir le maréchal Tantaoui maîtriser le nouvel élan révolutionnaire : « La situation est problématique, sensible et pas claire. Tantaoui tente d’éviter le chaos et de transmettre le pouvoir de la façon la plus ordonnée possible. Nous espérons qu’il va réussir et les Égyptiens doivent aussi l’espérer, sinon ce sera le chaos général et ce sera très mauvais, pour l’Égypte » »

Les sionistes continuent d’appuyer le chaos en Egypte en décourageant l’Administration américaine à condamner les violences

Le Figaro : L’Aipac (American Israel Public Affairs Committee), le très influent lobby pro-israélien à Washington, participe à cette campagne. Dans un récent message adressé aux sénateurs, cette organisation affirme que le gel des subsides américains «pourrait aggraver l’instabilité en Égypte, affecter les intérêts américains et avoir un impact négatif sur Israël notre allié».

Mediapart : En Egypte le putchiste Sissi soutenu par Israël s’attaque aux journalistes occidentaux

Par hasard l’Arabie saoudite menace les Européens s’ils envisageaient de supprimer leur aide à l’Egypte.

Par hasard on active le front médiatique en guerre contre la Syrie en imputant au régime syrien le recours aux armes chimiques.  Diversion pour faire oublier l’Egypte ou provocation pour achever le plan de dislocation du monde arabe. Il suffit d’attendre la suite : opérations de l’OTAN sur Damas ou mouvement des pseudos Djihadistes et transfert des armes de la Libye vers l’Egypte. Le plan diabolique est en souffrance et il se dévoile même si la presse arabe veut lui donner une autre lecture.

Le mensonge et la paresse ne peuvent continuer de  cacher le piège médiatique qui a préparé la récupération de la « chute » de Moubarak,  la diabolisation des Frères musulmans une fois qu’ils aient retrouvé un semblant de cap politique, l’angélisation du coup d’Etat. Il faut juste taper  Mossadegh ou  Allende  pour retrouver le même scénario médiatique orchestré par la CIA et les mêmes objectifs de l’Empire. Cheikh Al Ibrahimi avait trouvé le meilleur qualificatif qui soit : « le pire sabotage contre l’humanité »

Quel que soit le résultat de la diversion ou de la subversion, la presse arabe ne peut pas continuer à vendre le mensonge qui consiste à dire que la gauche ou que les libéraux sont partie prenante et déterminante dans le conflit politique et idéologique en Egypte. Ils ne sont que des opportunistes qui jettent de l’huile sur le feu pour masquer la nature réel du conflit et en tirer bénéfices mondains et immédiats.

Quoi, qui, pourquoi, comment, dans quelles circonstances et pour quelles conséquences est sans doute le chemin qui va éclairer les consciences, les discours, les analyses dans les prochaines semaines et les prochains mois, une fois que les arguments fallacieux auraient épuisé leur fonds de commerce ou qu’ils auraient atteint le seuil de saturation. Plus tôt ou plus tard les réponses aux principales questions s’imposeront à la conscience humaine et ni l’Administration américaine, ni le sionisme, ni  l’Arabie saoudite, ni les médias arabes,  ni les faucons dans l’armée et la police ne pourront les faire taire ni les cacher :

{Dis :  » La Vérité est venue, et le faux s’est évanoui. Certes, le faux est évanescent « .} Al Isra 81

Al Zahq signifie : arriver à l’article de la mort, affaibli sans chance de retrouver force, être à l’agonie, alangui,  tombé  assourdi par un coup mortel, arrivé à l’expiration, s’épuiser,  tomber comme un  moribond, devenir soudainement périclitant, assommé… disparaître…

L’école marxiste de Samir Amin continue de croire dans le déterminisme de la lutte des classes et ne voient pas les autres forces qui animent l’histoire et la conduisent à son aboutissement contraires à leurs souhaits.  L’alternance est la loi qui gouverne l’Univers. Vérité et mensonge s’affrontent jusqu’à la fin des temps avec des moments forts où la vérité frappe symboliquement le mensonge à la tête  comme un coup de bélier qui porte un coup fatal à son provocateur.

Ce n’est que lorsque l’opprimé et l’oppresseur se retrouvent réunis dans la quête des réponses du quoi, qui, pourquoi, comment, dans quelles circonstances et pour quelles conséquences de l’oppression qu’émerge de la conscience le refus de l’oppression et que Malek Bennabi appelle le sentiment démocratique. L’humain en refusant d’être la proie ou le prédateur peut alors construire la paix dans sa cité et envisager d’autres questions sur la gestion de la cité. Ce sont les réponses à ses questions lorsqu’elles sont consensuelles et respectées qui construisent le processus démocratique et l’alternance pacifique au pouvoir.

Ces réponses  exigent du courage, de la lucidité et de la morale. Elles exigent le respect du peuple,  l’amour de la vérité et la soif de justice. Ces qualités ne peuvent se manifester dans une société où les insensés et les irresponsables embusqués dans les médias confisquent en toute impunité la parole de la religion, de la justice, de l’histoire, de la politique, de la culture et de la morale pour en faire de l’audience marchande, de la haine idéologique, du spectacle sanglant… du mensonge.

Pour l’instant, rares sont les Arabes, dans le camp islamiste ou non islamiste, qui font du questionnement objectif sur ce qui s’est passé, sur ce qui se passe et sur ce qui va se passer leur priorité. Chacun dénigre l’autre et s’imagine que le dénigrement travaille à son avantage. Le dénigrement n’a jamais été une politique de sortie de crise ni une méthode  de conscientisation  du peuple. Les Frères musulmans ne doivent pas  croire  que leur position de victime sauvagement réprimée aujourd’hui  fasse amende honorable à leur posture blâmable lorsque Saïd Ramadha al Bouti a été assassiné ou lorsqu’ils ont donné caution morale et religieuse à l’OTAN et aux pseudos Djihadistes de détruire la Syrie et la Libye. La vérité est au dessus de toute considération partisane ou conjoncturelle.  Se réclamer de l’Islam n’est pas suffisant pour se croire à l’abri des mêmes fautes que ceux qui ne s’en réclament pas :

{Ceux des descendants d’Israël qui sont devenus renégats ont été maudits par la bouche de David et par celle de Jésus, fils de Marie, parce qu’ils désobéissaient  et qu’ils agressaient. Et cela car ils ne s’interdisaient pas mutuellement le mal qu’ils commettaient. Que leurs agissements étaient donc exécrables !} Al Maidah 78

Les Frères musulmans doivent donc répondre aux questions : Quoi, qui, pourquoi, comment, dans quelles circonstances et pour quelles conséquences ils ont facilité la mission de l’Administration américaine pour approfondir les césures dans les géographies, les cultures, les politiques, les économies et les mentalités collectives des Arabes alors que l’urgence était de fédérer… S’ils ne clarifient pas les phénomènes dont ils ont été les acteurs, les témoins ou la victime, ils seront l’otage des autres qui ne manqueront pas de noircir le tableau et de les accuser justement ou injustement.

Dr Ramadan A. Shallah : la nation vit les moments les plus critiques de son histoire

Extraits de l’allocution, à  l’occasion de la journée mondiale d’al-Qods du Dr. Ramadan Shallah, secrétaire général du mouvement du Jihad islamique en Palestine, invité par le Comité de Soutien à la Résistance (Liban)  :
Quelle que soit la durée du temps et quels que soient les événements, il ne faut pas oublier que la Palestine reste la cause des Arabes et des musulmans. La Palestine est même la cause première de toutes les autres causes.
1 – Notre peuple a été victime, il y a plus de 65 ans, d’un terrible processus de déracinement de sa terre, et même de la plus grande opération de rapine dans l’histoire, lorsque le projet occidentalo-sioniste s’est emparé de notre terre et notre patrie. En conséquence, notre peuple palestinien a été transformé en réfugiés, à l’intérieur et à l’extérieur de la Palestine. Et c’est pourquoi nous sommes ici aujourd’hui.
2 – Malgré les nombreuses étapes historiques et les phases que le conflit sur la Palestine a traversées, quatre événements clés ont fondé la tragédie de la Palestine, ou plutôt ont dessiné ce qui fut appelé le Moyen-Orient du XXème et XXIème siècles : a) l’accord Sykes-Picot en 1916, b) la Promesse Balfour en 1917, c) la Nakba de la Palestine en 1948 et d) la seconde Nakba, avec la chute d’al-Quds et la défaite de juin 1967.
3 – Aujourd’hui, en cette étape délicate et complexe de l’histoire de la nation, nous assistons à une nouvelle recomposition de ces quatre événements, mais de manière plus grave et plus néfaste ; le monde arabe est face à un nouvel accord Sykes-Picot, plus grave que le précédent, car d’abord, il ne se limite pas aux pays du machrek mais peut atteindre l’Égypte et les pays au nord de l’Afrique. Ensuite, il est conçu pour effriter et diviser encore plus nos pays, en divisant ce qui est déjà divisé et en remplaçant le conflit avec l’ennemi sioniste par des conflits confessionnels et ethniques.
Puis il y a une nouvelle Promesse Balfour, pire que la première, qui porte un nom arabe, cette fois-ci. La nouvelle Promesse Balfour porte le nom de l’Initiative arabe, qui est bien pire, car lors de l’ancienne Promesse Balfour, celui qui ne possède pas a donné (la Palestine) à celui qui n’y a pas droit. Quant à la nouvelle promesse, et sur la base que la Palestine est une terre arabo-musulmane, c’est celui qui possède qui concède à celui qui n’y a pas droit. Quant à la Nakba de 48, il y a pire aujourd’hui : c’est lorsque le propriétaire de la terre cède sa terre, remettant en cause son droit sacré à y retourner.
A présent, le projet sioniste est en passe de récolter les dernières conséquences de la Nakba, en proclamant la Palestine comme un État juif et raciste, « épurée » des Arabes et des Palestiniens, et des gens. Ce qui ouvre la possibilité d’expulser ce qui reste de notre peuple sur la terre de Palestine, qu’ils soient les Palestiniens de 48 ou tous les autres Palestiniens.
Concernant le seconde Nakba, ou la défaite de 67, où l’ennemi a achevé l’occupation de la ville d’al-Quds, aujourd’hui, il n’y a même plus de Quds pour y verser les larmes. La ville a été judaïsée, et ses habitants sont en train d’être expulsés. La bataille à propos de la mosquée al-Aqsa tourne autour de son partage comme le fut la mosquée al-Ibrahimi dans la ville d’al-Khalil, ce que les sionistes n’avaient pas osé faire, alors qu’ils étaient au fait de leur victoire, lors de leur entrée dans al-Quds, en 1967.
4 – Nous assistons, en ce moment, à une activité fébrile, dans l’attente de la reprise des négociations entre l’entité sioniste et l’Autorité palestinienne, qui a abandonné plusieurs de ses conditions, suite aux pressions américaines. Qu’y a-t-il de nouveau, dans ce retour aux négociations, alors qu’il a été prouvé leur échec et leur inutilité ? Ce qui est nouveau, c’est le fait que le dossier palestinien va être proposé, non pas sur la table des négociations, mais sur celle du troc avec d’autres dossiers dans la région. Je pense que la direction palestinienne en est consciente et qu’elle ne tombera pas dans le piège. Sinon, le résultat sera, non seulement la liquidation de la cause de la Palestine, mais la destruction et l’effondrement d’autres entités dans la région. C’est pourquoi nous devons reconnaître que :
5 – la nation est dans un état des plus graves, sinon des plus néfastes, de toutes les étapes de son histoire. L’état de division et de l’alignement confessionnel dans la région risque de nous entraîner, tous, vers l’inconnu. La responsabilité de cela est partagée par tous. Il est réclamé de tous d’opérer une révision critique de tout ce qui se déroule et s’est déroulé dans la région.
Quant à nous, en tant que résistance palestinienne, le devoir légal et la responsabilité nationale nous imposent de protéger la Palestine en tant que dépôt que nous ne devons pas égarer. Il ne faut pas la jeter dans les conflits ou les querelles internes de toutes sortes, pour qu’elle reste chère aux yeux de tous, et qu’elle garde sa place dans les cœurs de tous. Et non qu’elle soit une accusation pour laquelle est jugé quiconque s’en approche ou qui demande des nouvelles de son peuple, sous le prétexte « d’échanger de renseignements », comme si les Palestiniens étaient des ennemis. Face à une telle situation, nous ne pouvons que patienter et endurer, en attendant que Dieu intervienne en notre faveur, pour que la Palestine revienne à nouveau et qu’elle soit notre boussole pour tous, la qibla de notre lutte, jusqu’à la victoire et la libération, par la volonté de Dieu.
En conclusion, malgré tous les défis et les dangers, nous sommes certains que notre nation saura surmonter cette étape difficile de son histoire comme elle a surmonté d’autres étapes similaires.

La fin justifie-t-elle les moyens ?

 

Mylène Sebbah dans « israel-infos » numéro 1251 – 02.07.2013 – 24 Tammuz 5773 – sous le titre « Syrie : il parait que les rebelles n’ont pas de problèmes avec Israël… » dit :

La Brigade des martyrs de Yarmouk, qui opère près de la frontière, fait l’éloge de l’aide médicale apportée par Israël aux réfugiés et… aux combattants.

rebelles-syriens

 

Le groupe rebelle syrien opérant dans le Golan, le long de la frontière israélienne dans le Golan le meme groupe responsable de l’enlèvement de casques bleus de l’ONU,assure n’avoir aucun différend avec l’état hébreu.
Son combat l’oppose seulement au président Bachar al-Assad et non à l’Etat juif et qu’il en sera de même, « y compris dans dix ans », selon les propos d’un porte-parole de la milice sunnite, Laeth Horan.

Cela confirme la déclaration qu’avait faite en juin à la radio israélienne un porte-parole anonyme d’un autre groupe rebelle syrien, opérant lui près de la frontière turque, qui affirmait  » espérer la paix et la sécurité avec Israël après la chute du régime Assad  » .,, à condition qu’Israël n’intervienne pas dans leur  » révolution  » .
La Brigade des martyrs de Yarmouk opère dans la région délimitée à l’ouest par la frontière entre Israël et la Syrie, au sud par la frontière jordanie-syrienne, la rivière Yarmouk (d’où il tire son nom) et la ville de Daraa où le soulèvement contre Assad a commencé il y a deux ans.

Laeth Horan, interrogé en arabe par le Times of Israël, va jusqu’à faire l’éloge des efforts accomplis par Israël pour fournir une assistance médicale aux Syriens blessés près de la frontière israélienne dans des affrontements entre les forces rebelles et Assad.
À ce jour, Israël a admis près d’une centaine de Syriens dans ses hôpitaux et l’armée israélienne a mis en place un hôpital de campagne à la frontière pour le traitement des cas relativement mineurs.

Le 6 juin, lors des affrontements entre les rebelles syriens et les forces d’Assad au poste-frontière de Quneitra, Tsahal a soigné vingt combattants rebelles syriens, selon un rapport récemment publié par le Secrétaire général de l’ONU.

Les analystes, cependant, sont divisés quant à savoir si la Brigade des Martyrs de Yarmouk, comme les autres groupes sunnites de l’Armée syrienne libre ont vraiment l’intention d’enterrer la hache de guerre avec Israël.

Le Professeur Moshe Maoz de l’Université hébraïque estime que ces déclarations  » sont sincères  » et que, comme d’autres groupes rebelles, la Brigade des martyrs de Yarmouk pourrait être disposée à un compromis avec Israël après la chute d’Assad.
Il rejette en revanche la menace représentée par les groupes radicaux comme Jabhat al-Nusra notant que  » dans l’ensemble, ce sont des djihadistes étrangers et que leur aspiration à un État pan-islamique incorporant la Syrie n’est  » pas à l’ordre du jour pour la plupart des Syriens « 

L’analyste Aymenn al-Tamimi se montre en revanche plutôt sceptique et met en avant la coopération de la Brigade des martyrs de Yarmouk avec Jabhat al-Nusra, lié lui à Al Qaïda.
Après tout, rappelle-t-il,  » la grande majorité des Syriens arabes en veulent à l’existence même d’Israël donc je ne prendrai pas de tels propos pour argent comptant ; ces déclarations de non-belligérance sont destinées aux occidentaux  » .
Il préfère quant à lui se souvenir que ce groupe a, il y a peu,  » accusé l’ennemi israélien d’actes de provocation et d’agression à partir du Golan occupé contre leur territoire  » .

De son côté, le porte-parole de Tsahal s’est contenté de rappeler de façon laconique que  » la guerre civile syrienne est une question interne, et qu’ Israël n’est pas impliqué dans ce conflit « .

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